CHIRURGIE

DE

PAUL D’EGINE

TEXTE GREG

RESTITUE ET COLLATIONNE SUR TOUS LES MAM.'SCRITS DE LA BIBLIOTHEQUE IMPERIALE,

ACCOMPAGNE DES VAR1ANTES DE CES MANCSCRITS ET DE CELI.F.? DES DEUX EDITIONS DE VENISE ET DE BALE,

AINSI QCE DE NOTES PH1LOLOGIQUES ET MEDICATES ;

TRADUCTION FRANCAISE EN REGARD,

PRECEDE DINE I NT RO DICTION

ren£ briau

M DCCC I.V.

MONSIEUR C. R. EASE,

MEMBRE DE L’INSTITUT ,

PRESIDENT DE L’ECOLE IMPERIALS ET SPECIALE DES LANGUES ORIENTALES VIVANTES, PROFESSEUR A LA FACULTE DES LETTRES,

CONSERVATEUR DES MANUSCRITS A LA BIBLIOTHEQUE IMPERIALS , COMMANDEUR DE LA LEGION D’HONNEUR, ETC., ETC.

C’est aux savantes legons que je vous ai entendu professer a I’Ecole des langues orientales ; c’est a l’extrdme bienveillance avec laquelle vous avez facilite mes recherches , en mettant a ma disposition les documents confies a votre garde ; enfin c'est aux encouragements qui m’ont ete prodigues par l’amitie dont vous voulez bien m’honorer , que je dois d’ avoir pu accomplir ce travail.

Veuillez done en agreer la dedicace comme une faiblc marque de ma profonde et inalterable gratitude.

Paris, lc 5 jaavier 1855.

R. Bat At .

PREFACE.

Je dois declarer, en commencant , que 1’idee premiere du travail que je publie ne m’appartient pas. Un de mes bons amis, le docteur Demarquay, jeune chirurgien des hopitaux de Paris, qui avait senti en plusieurs occasions le besoin de remon- ter aux sources de la science, se trouvant mal satisfait des ele¬ ments qu’il avait a sa disposition, me pria a differentes l’eprises de publier une traduction de la Chirurgie de Paul d’Egine. Je finis par ceder a ses bienveillantes sollicitations , sans avoir encore la conscience des obstacles de toute sorte que j’aurais a vaincre pour faire un travail vraiment utile. M’etant done procure a la bibliotheque de 1’ Arsenal l’edition grecque publiee a Bale en 1538, edition qui, par unhasard veritablement singu- lier, n’existe pas a la Bibliotheque imperiale , je me mis avec ardeur a la besogne, n’ayant alors d’autre projet que de publier une traduction francaise aussi exacte que possible du texte grec imprime ; mais des les premieres lignes je fus arrete par des difficultes auxquelles je n’avais pas d’abord pense. En effet, je m’apercus bien vite que le texte que j’avais sous les yeux, bien qu’imprime pour la seconde fois , contenait des lacunes et de nombreuses erreurs de mots qui en rendaient le sens obscur, fautif et parfois tout a fait inintelligible. G’est alors que la pensee me vint de recourir aux veritables sources pour resoudre les problemes que je rencontrais.

La Bibliotheque imperiale est riche en manuscrits de notre auteur. Dix-neuf d’entre eux , ecrits a differentes epoques et

1

PREFACE.

con tenant la ehirurgie, furent mis suceessivement sous mes yeux, et les differences que je constatai des les premiers mots furent assez nombreuses et assez importantes pour me faire comprendre l’impossibilite de suivre le plan que je m’etais d’abord trace; etilme fut demontre que je n’avais point en realite de texte suffisant pour faire une traduction satisfaisante. Jel’avoue, en presence d’un semblable embarras, ma bonne volonte fut prise de defaillance, et je fus sur le point de renoncer a moil travail. Mais en considerant combien sont peu repandus, parmi les eontemporains, les procedes operatoires de la chi- rurgie ancienne , de quels obstacles sont entourees les recher- ehes sur ce sujet, combien de fois de jeunes chirurgiens labo- rieux se sont egares, en poursuivant comme nouvelles des idees deja explorees , puis abandonnees par suite de la sterilite des resultats qu’elles donnaient , perdant ainsi leur temps et leurs efforts ; enfin , combien il serait utile de vulgariser parmi nous les methodes des anciens maitres, afin de nous enriehir de leur experience et afin que tous les sentiers deja pareourus lussent bien connus, le courage merevint en vue de l’utilite qui devait, suivant moi, resulter de mon travail. Jeprisdoncla resolution de revoir en entier le texte de la Chirurgie de Paul d'Egine , de collationner mot a mot tous Les manuscrits que j’avais a ma disposition, d’en relever toutes les variantes et de les comparer avec l’edition de Bale ; puis, a l’aide de ces ele¬ ments, de reconstituer un texte qui servirait de base a tout mon travail. Et pour que le fruit de ces penibles recherehes fut per¬ manent, pour qu’il fut toujours possible de recourir aux memes sources que moi et de verifier a l’instant rexactilude de ma traduction , en meme temps que pour permettre a ceux qui ne seraient pas satisfaits de uia maniere de voir, de la corriger sans peine, je resolus de publier en notes au bas des pages toutes les variantes que je reneontrerais dans les manuscrits et dans les deux editions imprimees.

PREFACE.

C’est ce travail quo j’ai accompli avee tout le zoic et tout le soin dont je suis capable, et que je presente au public. Dieu me garde de croire cependant que j’ai resolu tous les problemes , aplani toutes les difficultes, et que j’ai rendu mon auteur aussi accessible a mes contemporains qu’il l’etait sans doute aux chi- rurgiens de son temps ! Cela ne peut pas etre I’ouvrage d’un seul homme ; le concours de plusieurs est indispensable, non pas pour toucher ce but , mais pour en approcher. Car pour comprendre parfaitement un auteur ancien en quelque genre que ce soit , il faudrait etre familiarise non pas seulement avec la langue , mais avec les idees , les moeurs , les habitudes , les eroyances et les institutions de son temps , connaissance abso- lument impossible. On peut approcher indefmiment de ce re- sultat, mais sans jamais l’atteindre.

La nature de mon travail ne me permettait pas de discuter toutes les questions qui demanderaient a 1’etre. La concision de mon auteur, malgre sa clarte, exigerait de longs cOmmentaires. Mais si je m’etais laisse aller au desir d’expliquer tout ce qui ne me paraissait pas suffisamment precis, j’aurais ete entraine a faire de longues dissertations, et j’aurais noye le texte dans un deluge de notes et d’arguments qui 1’aurait fait perdre de vue par le lecteur. II m’a semble plus sage d’eviter les commentaires et de confier a l’intelligence des chirurgiens, a qui ce livre est adresse, le soin de les faire eux-memes. J’ai seulement tache de leur faciliter ce travail , en leur mettanl sous les yeux tous les elements que j’ai pu rencontrer, et en leur epargnant autant que possible toutes les recherches que j’ai ete moi-meme oblige de faire.

Je dois dire que , bien qu’il existe des manuscrits de Paid d'Egine en Allemagne , en Italie et en Angleterre , je n’ai pas cru devoir recourir a ces sources. Outre les depenses conside¬ rables qu’il m’aurait fallu faire pour les collationner, le nombre de ceux que j’avais a ma disposition m’a parn suflfisant pour

4 PREFACE.

donnerun bon texte demon auteur. Cette collation d’ailleurs pourra toujours etre faite, et venir completer eelle deja si varie'e dont je publie le resultat. Toutefois je ne la crois pas indispen¬ sable a l’intelligence de cet ouvrage. Je ne sais si je in’abuse ; mais je pense que presque toutes les difficultes provenant seu- lement de la lexicographic de Paul d’Egine peuvent etre levees a l’aide du texte et des variantes que je soumets au public.

Quant a ma traduction, les lecteurs la jugeront. Je n’ai rien a en dire, sinon que j ’ai cherche a la rendre aussi litterale et aussi claire que possible. J’ai essaye de m’identifier avee mon auteur autant que le permettait la nature de ce travail. Quoique j’aie en grande estime les qualites litteraires et que je prise fort le pre- cepte d’Horace : Omne tulit punctum qui miscuit utile dulci , il m’a semble que n’avant pas a exprimer mes propres pensees, mais a rendre dans ma langue maternelle celles d’un auteur etranger, je devais avant tout me preoccuper d’etre exact. Heu- reux si, apres avoir acquis cette premiere et indispensable qualite de 1 ’exactitude , j’ai pu la revetir d’une forme qui rende la lecture de ce livre agreable et attrayante ! La traduction d’un auteur ancien est plus difficile que eelle d’un contemporain , parce que l’expression de la pensee differe de plus en plus a mesure que les temps ou les distances separent davantage les auteurs de leurs interpretes. Telle phrase qui etait claire et lu - mineuse pour les Grecs anciens, offre aujourd’hui des difficultes presque in surmon tables au traducteur qui veut la faire passer dans une langue moderne. C’est la ce qui rend si ingrat et si penible tout travail de traduction.

II m’etait impossible de ne pas faire preceder la Chirurgie de Paul d’une introduction qui fitconnaitre la vie et la personne de ce chirurgien , autant du moms que le permettent le peu de do¬ cuments qui soient arrives jusqu’a nous, ainsi que d’une courte appreciation de sa maniere d’ecrire , de ses ouvrages , de l’in- fluence qu’ils ont eue sur les hommes de son siecle et des temps

PREFACE.

posterieurs. J’aurais du peut-etre aussi retracer a grands traits les principales phases de lachirurgie anterieure; maisj’avouequej’ai ete effraye de ce qu’un pareil travail pouvait avoir de long et de penible. En effet, malgre les travaux de Dujardin et de Peyrilhe, qui sont a mes yeux d’une grande valeur, une bonne histoire des progres de la medecine operatoire et de la pathologie ex- terne est encore a faire. Je vais plus loin: les elements indis- pensables pour marquer sieele par siecle chaque pas de la science chirurgicale ne sont point encore reunis d’une maniere complete et satisfaisante. C’est pourquoi , quelle que fut l’eru- dition des hommes illustres que je viens de nommer, leurs ouvrages n’ont point cette clarte et cette methode qui permet- tent de elasser et de suivre les diverses operations et leurs per- fectionnements successifs, de saisir avec facilite la decouverte des signes precis et les differents traitements adoptes avant l’emploi de la main. Personne ne pourra accomplir parfaitement cette tache , tant qu’on n’aura pas d’abord rassemble tous les fragments appartenant plus ou moins direetement a la chirurgie, qui sont epars dans les grandes compilations, dont une partie des textes n’a meme jamais ete imprimee. L’homme qui aurait le courage de relever dans ce but et de publier dans un recueil ad hoc tous les morceaux de chirurgie dissemines dans les reuvres des ecrivains grecs , rendrait un immense service a la science, et aurait plus fait pour son histoire que les Freind , les Leclerc , les Schulze , les Goelike , les Dujardin , les Peyrilhe et beaucoup d’autres qu’il serait trop long d’enumerer, malgre leurs immenses recherches. Mais il est malheureusement a craindre que ce benedictin de la science chirurgicale ne se fasse longtemps attendre.

Une observation que j’ai eu occasion de faire dans le cours de mes recherches a surtout servi a me convaincredel’extreme utilite qu’aurait une publication faite dans le sens et dans le but que je viens d’indiquer. En effet , en etudiant avec attention

preface.

1’histoire des operations chirurgicales qui se trouve dans l’on- vrage de Kurt-Sprengel, j’ai ete frappe des nombreuses erreurs que renferme cette histoire, en ce qui eoncerne surtout deux au¬ teurs avec lesquels je me suis partieulierement familiarise : je veux dire Celse et Paul d’Egine. Bien qu’il soit evident qu’il a lu leurs ecrits, eependant il se trompe souvent en decrivant leurs precedes operatoires; et , sous ce rapport , on doit le lire avee mefiance. On se convaincra de la verite de mon observation si Ton compare ce qu’il dit avec le texte de ces auteurs. Ma re- marque s’applique egalement a des ouvrages contemporains emanant d’ecrivains recommandables et justement estimes , mais qui n’ont peut-etre pas suffisamment etudie les ecrits des auteurs dont ils parlent, ou du moins qui ne les ont pas lus avec toute la reflexion et toute la maturite desirables. Cela s’explique au reste par la multiplicity des details que comportent les me- thodes chirurgicales, details dont il ne faut rien oublier sous peine d ’inexactitude. Cet inconvenient ne se rencontre pas a beaucoup pres au meme degre dans les histoires de la medeeine proprement dite. La, en effet, il y a de grandes divisions de sectes, d’ecoles et de doctrines. On peut v negliger beaucoup de particularity sans denaturer le fond des choses : c’est un tableau ou les grandes masses ont seules de l’importance. Il n’en est pas de meme en chirurgie : rien n’y doit etre oublie ; chaque omission y engendre une erreur ; l’oubli d’un detail peut donner le change sur un precede operatoire et preter a un au¬ teur un precepte qui ne lui apparlient pas. C’est la evidemment la cause des inexactitudes que je viens de signaler.

Si je n’ai entrepris de publier que le livre de la Chirurgie de Paul d’figine , ce n’est pas que j’aie peu d’estime pour le reste de son oeuvre ; mais c’est que ce livre est incontestablement le plus important et le plus interessant de tous , comme I’ont d’ailleurs remarque tous ceux qui se sontoccupes de cet auteur. Toutefois mon opinion est que l’neuvre ehirurgieale de Paul

PREFACE.

laissera quelque chose a desirer, tant qu’on ne publiera pas aussi les quatrieme et einquieme livres de son ouvrage, dans lesquels il traite des maladies externes et des plaies , en tant qu’elles peuvent etre gueries par les medicaments et sans l’em- ploi de la main. Ils renferment veritablement la pathologie ex- terne des anciens; et a ce titre ils sont un prelude en quelque sorte necessaire a la medecine operatoire. Si je ne me suis pas fait illusion sur 1’utilite du travail que je livre en ce moment au public, et si les chirurgiens, mes juges, pensent, comme j’en ai l’esperance, que j’ai fait une oeuvre digne d’encouragement , malgre la longueur et l’aprete d’un pared labeur accompli au milieu des soucis quotidiens et des tracas que me donne la neces¬ sity absolue dans laquelle je me trouve d’exercer ma profes¬ sion pour vivre , je poursuivrai ma tache, et sans me reposer, apres ce premier travail , je ferai pour le quatrieme et le cin- quieme livre ce que j’ai fait pour celui-ci.

- .... -n X'A.

ODUCTION.

^tMsiderations generales.

Plus on lit et plus on medite les ecrits des anciens medecins en se placant au point de vue de la medecine operatoire, plus on est etonne des resultats auxquels ils sont parvenus , si Ton considere surtout le peu de progres qu’avait fait chez eux la science anatomique. La hardiesse de leurs operations, la multi - plicite de leurs ressources , leurs inventions merveilleuses , l’etendue de leur genie, tout vous saisit, vous surprend et vous oblige a reconnaitre la profonde verite de cette idee deja bien des fois exprimee par de grands ecrivains, que « il n’est pas un developpement le plus avanee de la medecine contemporaine qui ne se trouve en embrvon dans la medecine anterieure l. » Gela devrait etre, pour tout homme desireux de connaitre a fond la science, un motif puissant d’etudier les premiers maitres, de se familiariser avec le peu d’ecrits qu’ils nous ont laisses et de bien se penetrer de leurs idees. Malheureusement il n’en est point ainsi, et aujourd’hui moins que jamais on sepreoccupe de leurs doctrines et de leurs methodes ; moins que jamais on suit le precepte general donne par Horace dans un but purement litteraire , et qui pourtant s’applique egalement aux sciences et aux arts :

. . . Vos eiemplaria grseca

Noctuma versate manu, versa tfe diurna. »

Dans les siecles qui ont precede le notre , le respect des

1 Littre, Introduction aux CEuvres d’Hippocrate, p. 223. Voyez aussi Lemons de M. AndrcU, recueillies et publiees par le docteur Tardivel.

10 INTRODUCTION.

anciens, pousse jusqu’a une espece de fanatisme, faisaitquel’on eherehait tout dans leurs ecrits; le « magister dixit » s’appli- rpiait a tout , et la constatation de ce fait a fourni a Moliere une bonne partie des excellentes plaisanteries qu’il a dirigees contre les medecins. Par une reaction facheuse, aujourd’hui on cherche tout dans les faits , dans la pratique , et rien dans les ecrits et les doctrines des premiers maitres : deux exagerations aussi funestes l’une quel’autre aux progres de la science. La premiere, parce qu’elle donne tout a l’autorite, sans rien laisser a la spon¬ taneity et a 1‘initiative individuelle ; la seconde, parce qu’en rompant la tradition elle accumule les faits sans les unir par leurs liens naturels, morcelle la science , laisse dans l’oubli les experiences deja tentees, les efforts aceomplis, et engage dans des voies temeraires et purement empiriques les esprits aven- tureux. « La science , dit M. Littre 1 , n’est jamais ni un fruit spontane, ni la creation d’une epoque ou d’un homme , mais un heritage que nous avons recu et que nous transmettons. »'

En effet, rien ne s’improvise dans le vaste champ des sciences : une decouverte en amene une autre ; un enchainement naturel plus ou moins apparent met tous les progres du meme ordre dans la dependance les uns des autres, et fait proceder par une genese universelle un developpement nouveau d’un developpe- ment anterieur. Ce sont ces relations intimes, ces liaisons sans fin qui constituent le progres indefini et l’agrandissement per- petuel des connaissances humaines.

Telle idee eminemment feconde se trouve quelquefois deposee dans un livre pendant un temps plus ou moins long , et y reste a l’etat d’inertie et de sterilite , parce qu’elle ne rencontre point les circonstances favorables a son accroissement. 3Iais si un homme superieur vient a arreter son esprit sur cettc idee, il en comprend la portee, se Tassimile, la fertilise par son genie, lui

1 Loc. cit.j p. no.

CONSIDERATIONS GfiNfiRALES. 11

communique une impulsion vigoureuse, et fait bientot 1’admi- ration du monde par les immenses resultats qu’il sait lui faire produire. Qui ne serait saisi de surprise et d’admiration , par exemple , en lisant dans Celse cette simple phrase perdue au milieu de son ouvrage ? II parle des hemorrhagies et des moyens de les arreter par diverses applications locales, telles que les compresses vinaigrees , et continue ainsi : Quod si ilia quoque profluvio vincuntur, vena quae sanguinem fundunt apprehen- denda, circaque id quod ictum est duobus locis deligandce inter ci- dendaque sunt , utet in se ipsa coeant etnihilominus orapraclusa habeant1 : « Si ees moyens n’arretent pas l’hemorrhagie, il faut » saisir les vaisseaux qui donnent du sang et les lier en deux en- » droits dans le lieu ou se trouve la blessure ; puis on les coupe » entre ces deux ligatures , afm qu’ils se resserrent et que leurs » ouvertures demeurent fermees. » 11 est certainement impos¬ sible d’indiquer avec plus de precision la grande et feeonde decouverte de la ligature des arteres ; et cependant pour la faire arriver a produire toutes ses consequences, il a fallu quinze siecles d’incubation et le genie d’Ambroise Pare.

La lecture et l’etude des anciens ont done deja cet avantage d’attirer l’attention des liommes rellechis sur les idees utiles et fecondes qui y sont simplement exprimees sans aucun des de- veloppements qu’elles peuvent comporter. Mais elles en ont d’autres encore. C’est la en effet que se trouve deposee l’em- preinte des premiers pas de la science et des tfdonnements des premiers maitres; c’est la seulement qu’on peut trouver le pre¬ mier terme de la comparaison des progres de l’art a ses diffe- rentes epoques, comparaison si propre a eclairer l’esprit, a feconder les idees et a provoquerdes inductions positives. C’est la aussi qu’est expose le tableau des resultats acquis, des efforts tentes par ceux qui nous ont precedes, efforts heureux ou

1 Celse, lib. v, sect. 26, ch. 21.

INTRODUCTION'.

malheureux , mais don I l’examen a pour consequence : dans le premier cas, de fortifier notre jugement et d’assurer notre marche dans une voie tracee par une longue experience dans le second cas, de nous montrer les fausses routes et d’empeeher les esprits ardents de s’egarer dans des tentatives deja faites , et de se livrer a d ’inutiles travaux pour arriver en definitive a des conclusions deja posees , mais dont l’oubli a fait justice. « Combien , dit Dujardin , en lisant cette histoire , on pourra trouver de decouvertes modernes qui ne sont rien moins que des decouvertes , a moins qu’on ne les suppose avoir ete faites deux fois 1 ! » Ces travaux , ainsi perdus dans des essais regret- tables, auraient pu, en changeant de but et d’objet, avoir peut- etre des suites plus profitables a la science et plus utiles a leurs auteurs. Un autre avantage enfin de l’etude des anciens est de perpetuer les traditions scientifiques et de faire de nos connais- sances une chaine non interrompue, dont chaque anneau est un progres, et qu’on peut ensuite embrasser d’un coup d’oeil.

Toutefois , malgre mon admiration pour les travaux des me- decins de l’antiquite , je suis loin d’etre le detracteur des mo¬ dernes, et c’est avec un veritable enthousiasme que je considere les decouvertes et les progres faits dans les sciences medicales depuis trois siecles. Mais l’epoque meme de cette renaissance de la medecine et surtout de la chirurgie , apres un long en- gourdissement , n’est-elle pas une presomption que les ecrits des Grecs et des Latins doivent y avoir eu une grande part ? N’est-ce pas , en effet , apres la publication de ces oeuvres en langue vulgaire que l’art des operations a fait surtout de grands pas? Et en verite, il ne pourrait en etre autrement, car si les faits et les circonstances sont variables, les principes gene- raux qui les expliquent et les coordonnent sont immuables et forment dans chaque branche de nos connaissances une base

i Histoire de la chirurgie, preface, p. xvij.

CONSIDERATIONS GEnErales. IS

inebranlable, sur laquelle toutes les deeouvertes nouvelles vien- nent s’appuyer. Or ces vrais principes generaux de la science medicale etaient precisement deposes dans les ecrits qui, apres avoir ete pendant de longues annees caches aux Occidentaux, leur furent tout a coup reveles au xve siecle.

II faut le dire pourtant, cette revelation des ouvrages anciens ne fut certainement pas la seule cause de la renovation chirur- gicale dont Ambroise Pare est la personnification la plus com¬ plete. A part le genie de cet illustre chirurgien , plusieurs cir- constances , dont il est impossible de meconnaitre l’influence , eurent une part directe 4 ce grand mouvement et produisirent une veritable revolution dans Fensemble des faits qui avaient jusque-la ete l’objet de l’observation des praticiens. La plus im- portante de ces cireonstances, et c’est une consideration qui n’a ete encore developpee par personne , que je sache , fut le chan- gement complet produit dans l’art de la guerre par l’invention des armes a feu. En effet, cette decouverte avait produit tout un nouveau systeme de blessures et de plaies , un ensemble de phenomenes aussi imprevus , aussi neufs que les armes meme qui les produisaient. La profondeur et la gravite de ces plaies en apparence si petites ; la marche variee et souvent singuliere et surprenante des balles a travers les tissus ; le broiement des os et 1’enlevement meme des membres entiers par les boulets ; l’immensite des desordres produits et leurs complications ; la contusion et l’attrition des chairs resultant du choc des masses metalliques lancees par la poudre, ainsi que les eschares qui en sont la suite ; la commotion du systeme nerveux et la stupeur qui viennent compliquer ces blessures ; l’eritree de fragments de vetements dans le trajet des projectiles : toutes ces circon- stances etaient autant de nouveautes qui ne ressemblaient a peu pres en rien a ce qu’on avait vu dans la chirurgie anterieure. Au lieu de blesses presentant le corps herisse de fleches et de jave- lots qu’on avait l’habitude de rencontrer sur le champ de ba-

INTRODUCTION'.

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taille, on n’y trouvait plus que des patients frappes par des pro¬ jectiles invisibles qui restaient souvent caches dans la plaie avee d’autres corps etrangers, et qui v exercaient d’autant plus de ravages, que la chirurgie, alors pleine de timidite et d’inexpe- rience, n’osait les y aller chercher.

II resulta de la que l’extraction des traits et des fleches, qui formait une des principales sections de la chirurgie ancienne, perdit tout a coup la plus grande partie de son importance. Cette serie d’observations entierement nouvelles de pheno- menes formidables, devant lesquels les procedes connus etaient frappes d’impuissance, et le plus souvent meme inapplicables , offrit aux chirurgiens un champ inattendu et considerable a de- fricher. Des lors, tout en se renfermant dans les memes prin- cipes generaux, il fallait entrer dans un systeme d’application tout a fait neuf, et creer pour ainsi dire de toutes pieces les pro¬ cedes capables de remedier a ces blessures jusque-la inconnues. La necessite des grandes operations devenait beaucoup plus frequente qu’autrefois. LCs amputations des membres surtout , ces operations si redoutees des anciens, qui ne consentaient a les pratiquer que dans des occasions supremes, devenaient de jour en jour plus imperieusement indiquees; et l’urgence de res- sources plus puissantes que celles qui avaient ete mises gene- ralement en usage jusque-la dut preoccuper vivement tous les chirurgiens intelligents et veritablement animes du desir d’etre utiles. Les accidents pour lesquels on reclamait leurs secours ayant completement change de nature , toute leur attention dut etre absorbee par la necessite de trouver une pratique nouvelle, ou du moins de modifier les anciennes methodes pour les ap- proprier aux besoins actuels.

Sans aucun doute, c’esta cet enehainement, aceconcours d’evenements sans analogues dans l’histoire du monde , qu’on a du le renouvellement de l’art operatoire, qui ensuite a pro¬ file des grandes decouvertes anatomiques et physiologiques

CONSIDERATION'S GfiNERALES.

des xyic, xvn* et xvm* sieeles ; ear toutes les branches des con- naissances humaines furent entrainees dans cet immense mou- vement intellectuel. Je suis d’autant plus fonde a, dire que les plaies d’armes a feu , eonjointement avee la vulgarisation des livres des anciens maitres , sont le veritable point de depart de la renaissance chirurgicale , que la generalisation de la ligature des arteres a precede la decouverte de la circulation du sang, au lieu d’en etre le eorollaire, et qu’elle a ete par consequent, non point le resultat de ce merveilleux progress de la physiologie , mais uniquement la suite de la grande frequence des amputa¬ tions de membres rendues urgentes par la gravite et l’etendue des desordres que causaient les blessures des nouveaux projec¬ tiles employes a la guerre.

Qu’on le remarque, en effet, le plus grand danger de ces graves operations avait pour cause Fimminence des hemorrha- gies, suite inevitable de la section des vaisseaux arteriels. On connaissait le moven d’arreter ces hemorrhagies par la ligature ; mais une induction severe et logique n’ avait pas generalise l’emploi de ce remede indispensable. La nature des blessures et des plaies qu’ils rencontraient dans leur pratique journaliere n’imposait que rarement aux chirurgiens de l’antiquite l’urgence absolue de faire ces amputations, et leur genie ne fut point suf- fisamment stimule pour arriver a l’application conslante, dans ces cas, des moyens qu’ils possedaient pour arreter les hemor¬ rhagies. Certes, si les anciens hesitaient devant les amputations de membres, il ne viendra a l’idee de personne de croire qu’ils fussent effraves de la grandeur de ces operations. Leur har- diesse a cet egard fut au moins egale a celle des modernes , et la vraie raison qui les rendait pusillanimes dans ces circon- stances, c’est que leur experience ne trouva point un aliment suffisant pour se developper sur ce sujet , parce que la raretc des cas d’amputation ne leur permit pas de saisir l’indication precise qui s’offrait alors d’cmployer le remede qu’ils avaient

INTRODUCTION.

trouve contre ces hemorrhagies dont ils eprouvaient avee raison tant de frayeur. II ne fallait pour lever cet obstacle rien moins qu’une revolution radicale dans l’art de la guerre, etpar suite, dans 1’ ensemble des blessures qui avaient ete jadis 1’ unique objet de l’observation des praticiens, revolution qui rendit les amputations d’une necessite pour ainsi dire quotidienne.

Aussi est-ee dans les camps, au milieu des armees, que le celebre chirurgien du xvie siecle passa une partie de sa vie et fit ses remarques les plus capitales. II est tres vraisemblable que la pratique civile ne l’aurait point aussi heureusement in¬ spire, malgre son genie incontestable. La ligature des vaisseaux etait connue depuis l’ecole d’Alexandrie ; seulement son emploi n’avait pu encore etre generalise. Tous les auteurs anciens qui se sont occupes de chirurgie en parlent et la recommandent. C’est ainsi que dans plusieurs cas bien precis et decrits par Celse, par Paul d’Egine et par plusieurs autres ecrivains, la ligature des arteres etait le but ou la circonstanee principale d’un certain nombre d’ operations. Je citerai, par exemple , l’operation de l’anevrysme t, ainsi que l’ablation de certaines tumeurs pendant ou avant laquelle ils prescrivent de pratiquer la ligature des vaisseaux2. Bien plus, ils recommandent de faire la ligature prealable, meme dans les amputations de membres, ces operations qu’ils pratiquaient si rarement et qu’ils redou- taient plus que toutes les autres, comme on en a la preuve par le silence presque complet.que Paul d’Egine garde sur ce sujet. En effet, Archigene d’Apamee dit en propres termes dans son ehapitre sur les amputations . « II faut lier ou coudre les vais¬ seaux qui portent le sang a la partie qu’on doit amputer 3 » . De telle sorte qu’il ne manquait veritablement a cette methode que

' Paul d’Egine, Chirurgie, ch. 37. Aetins, Telrabiblos, serm. 3, ch. 10.

2 Paul d’Egine, ibii., ch. 33, 5i, 6*, 88, etc. Conf. Celse, lib. v, sect. 21, 26; lib. vii, sect. 19, 22, etc., etc.

3 A-oSfcx’-ovscv V, r, 8ia.$a.irriii rx esjov tx r< sv rr.i icu.ii , ctt.

Cocclii, Collection de Nicetas (Florence, 1734, p. 157).

CONSIDERATIONS GENERALES. 17

sa generalisation pour l’elever a la hauteur d’une des plus belles creations de la chirurgie ancienne ; et c’est pour avoir comble cette lacune qu’Ambroise Pare aura des droits eternels et in- contestables a notre admiration. Si done les anciens n’ontpas pu arriver a generaliser la ligature des vaisseaux , c’est qu’ils n’eurent pas, comme les modernes, l’occasion sans cessere- naissante de sa necessite , circonstance qui , au contraire , servit admirablement le genie du chirurgien francais.

Au reste, le passage suivant demontre clairement que la de- couverte d’Ambroise Pare lui fut suggeree par la meditation des cas ou les ecrivains anciens prescrivaient de faire la ligature des vaisseaux. Je l’emprunte a l’introduction de M. le profes- seur Malgaigne. «Un jour, dit-il *, qu’il discutait sur ce sujet (l’emploi du cautere actuel contre i’hemorrhagie) avec Etienne de Lariviere et Francois Rasse, tous deux chirurgiens de Saint- Come , il leur soumit cette idee si simple et si lumineuse , que, puisqu’on appliquait bien la ligature aux veines et- aux arteres dans les plaies recentes (suivant le precepte de Celse et de Paul d’Egine cite plus haut), rien n’empeebait de I’appliquer egale- ment apres les amputations. Tous deux se rangerent de son avis. II ne fallait plus que trouver une occasion. Elle se presenta au siege de Damvilliers. Un gentilhomme de M. de Rohan avait eu lajambe broyee d’un coup de coulevrine ; Ambroise Pare fit l’amputation, et, pour la premiere fois, il n’appliqua pas le cau¬ tere. II eut le bonheur de sauver son malade, qui, tout joyeux d’avoir echappe au fer rouge, disait qu’il en avait ete quitte a bon marche. » Yoila par quel procede un homme superieur sait agrandir et systematiser, de maniere a en faire une methode vraiment neuve, une idee ancienne qui n’apas rencontre encore les occasions favorables a ce developpement au moyen duquel seulement elle peut donner tous les fruits qu’elle recele en germe.

1 Introduction aux OEuvres d’Ambroise Pare', p. 246.

3

INTRODUCTION'.

Ainsi done, gardons-nous avec un soin egal des deux exage- rations que je signalais toul a l’heure. 11 faut lire et lnedifer les ouvrages de nos anciens mailres, non point pour y tretiver une pratique toute faite et pour abriter notre indolence derfiere leur autorite , mais pour comparer leurs idees avee 'nos idees mo- dernes, pour suivre pas a pas les developpements successifs de la science, pour etudier les fails qu’ils nous ont transmis, pour nous enrichir de leur experience, et enfin pour demeler et ap- precier tout a la fois les erreurs et les verites, les idees fecondes et les pensees steriles qu’ils ont deposees dans leurs ecrils.

Les oeuvres de plusieurs des medecins anciens ont ete l’objet de travaux et de commentaires considerables. Mais quoique Paul d’Egine ait ete fort souvent cite dans les ecrils des chirurgiens de toutes les epoques , eependant son texte n’a ete le sujet d’aucune etude speciale depuis les deux editions imprimees que nous possedons, et dont la plus recente porte la date de 1538. C’est uniquement dans les traductions arabes et latines de cet auteur , et surtout dans la Chirurgie fran- caise de Dalechamp, qu’ont ete prises les mentions plus ou moins exactes de ses precedes chirurgicaux, qui se trouvent dis- seminees dans les divers ouvrages de medeeine operatoire et de pathologie externe. Ainsi que je l’ai explique dans la preface ci-dessus , c’est l’insuffisance de ees deux editions imprimees, eomme aussi des differentes versions latines et francaises, qui m’a determine a publier cette nouvelle edition du Traitede chi¬ rurgie. Mais avant de donner mon texte et ma nouvelle ver¬ sion, je dois entrer dans quelques details sur la bibliographic de mon auteur, et dire d’abord quelques mots de sa personne et de ses ecrils.

VIF. DE PAUL O’EGINE.

II nous reste tres peu de documents sur la personne et sur la vie de Paul d’Egine. Malgre ia eelebrite dont il a joui de son viVant comme pratieien, malgre le credit et la renommee que ses ouvrages ont acquis apres sa mort , nous sommes reduits a quelques notes eparses dans ses propres ecrits et dans les plus anciens manuscrits , ainsi qu’a de cdurtes mentions d’un petit nombre d’ecrivains du moyen age , pour avoir sur les princi- pales circonstances de sa vie des notions encore tres incom- pletes. Les medecins del’ecole arabe eux-memes, qui ont tire un si grand parti de ses livres, nous laissent sans renseignements sur sa personne. Ibn-abou-Oceibia etl’auteur du Kitdb al fihrist, dans les notices biographiques qu’ils ont laissees sur la plupart des medecins de l’antiquite , ne donnent sur Paul d’Egine que des notices sans valeur historique et dont on ne peut tirer aucun eclaircissement. Je vais passer en revue le petit nombre de notes et de documents qui nous restent, et je tacherai, en les analysant, d’eclairer quelques particularites interessantes de la vie de notre auteur.

M. Dezeimeris, dans la courte notice qu’il a consacree a Paul 1 , s’exprime ainsi : « Paul d’Egine , le dernier auteur parmi les Grecs qui se soit rendu celebre en chirurgie, etait ne a Egine, comme I’indique son nom. Les historiens ont beaucoup varie sur l’epoque de sa naissance. Les uns la font remonter aux iv% V et vie siecles; d’autres la fixent au commencement du vii'. On ne sait ni sous quels maitres , ni dans quelle ecole il puisa les

1 Dictionnaire historique de la medeeine, t. Ill, p. 680.

INTRODUCTION.

eonnaissances solides qui caracterisent ses ecrits. 11 vit celle d’Alexandrie , et c’est lui qui nous l’apprend. Mais a quelle epoque de sa vie ? Est-ce comme disciple , comme maitre , ou simplement comme voyageur? C’est ce qu’on ne saurait dire. » Voila tout ce que l’ancien bibliotheeaire de la Faculte de mede- cine de Paris a trouve a dire d’un homme dont les ecrits ont cependant a ses yeux une haute valeur ; car, en parlant de sa Chirurgie un peu plus loin, il affirme que nul autre ouvrage de Pantiquite ne presente Part a un degre aussi avance et n’en traite tous les points d’une maniere aussi complete. Comme on le voit, il pose toutes les questions relatives a la personne de notre auteur non-seulement sans les resoudre, mais meme sans en discuter aucune. Certes cela est assez etrange de la part d’un savant qui a compose un dictionnaire historiquedela medecine, et qui a eu a sa disposition des documents qu’il a ete impossible a d’autres ecrivains de se procurer *. Reprenons une a une toutes ces questions , et voyons pourtant s’il n’y aurait pas moyen d’en eclaircir au moins quelques-unes.

L’epithete constamment ajoutee au nom de Paul dans tous les manuscrits et une tradition non interrompue, dont nous retrou- vons les traces a differentes epoques , ainsi que nous le verrons plus loin, ne peuvent laisser aucun doute sur le lieu de sa nais- sance. Il vit le jour dans 1’ile d’Egine. Quant a Pannee ou il na- qiiit, il est absolument impossible de la fixer d’une maniere pre¬ cise; cependant nous verrons tout a l’heure qu’il v a des raisons suffisantespouraffirmer qu’ellene peut etre reculee plus loin que le commencement du vne siecle. Il est pourtant vrai que quelques biographes et historiens , Andre Goelike 1 2, et Daniel Leclerc 3,

1 Je fais ici allusion au manuscrit de Peyrilhe, qui devait former le second volume de son Bistoire de la chirurgie, et le troisieme de celle de Dujardin et Peyrilhe. Il parait quece manuscrit est la propridte de M. le professeur Paul Dubois, a qni j’en ai fait en vain la demande.

2 Historia chirurgiai, p. 70.

3 Bistoire de la medecine, edition de la Have, 1729, p. 565.

VIE DE PAUL D’P.GINE.

entre autres, le font vivre vers l’an 420, sous l’empereur Theo- dose le Jeune , et que Rene Moreau 1 le recule meme jusqu’a l’annee 360. Mais les uns et les autres ne donnent aucune preuve a l’appui de leur assertion ; et pour la refuter d’une maniere peremptoire, nous nous servirons des propres paroles de Paul d’Egine. En effet, au livre IIP de son ouvrage (chap. 28), ou il traite du coryza et de la toux, il s’exprime ainsi : A Xe£«v- dpog de xat HQov viva fapitv ohv xov ev xoig ovpvxw-otq 71V0- [aevo’v ovjfftv ini ypoAccg avzveydvva. 1 fa yog, etc. : « Alexandre » rapporte qu’une pierre aussi pesante que celles qui viennent » dans les urines fut rejetee dans un acces de toux chronique. » Or cet Alexandre mentionne par Paul n’est autre qu’Alexan- dre de Tralles ; car, au livre Yc (chap. 4) de ses oeuvres, il raconte dans les termes suivants ce fait d’un calcul expulse par la toux : Etttu<7£ xig avvp HQov xr,v ideav ay.pizaq,' cvyj Trcryp'j yvpbv xai ■'j’kicypo'J, akl’dvxmg Xi0ov, ov xpxyvv aXka xa'i tocvu ).c«5v , y.xi cry.lv pbv, ocvxixwtov, axxe v.x'i yxvnov irotecv pimo-

f lzvov XYi'jy. O'Jxcg 6 av vpmlvv ypevov dyfahig v~b xrjg fa yog, oJy. vdwrM xov faaa&iv iayvpag amzXXapjvat sag oxov x'ov li 0ov avenxvaev 2 : « Un homme cracha une pierre parfaitement dis- » tincte , non point une humeur epaissie et visqueuse, mais une » veritable pierre. Elle n’etait pas raboteuse, mais tres lisse, » dure et resistante, de telle sorte que , jetee a terre, son choc » etait bruyant. Cet homme, tourmente depuis longtemps par » la toux, ne put etre delivre de ses efforts de toux que par l’ex- » puition du calcul. »

Ainsi done, Paul d’Egine , sans aucun doute , cite Alexandre de Tralles dans ce passage. Il le fait encore dans beaucoup d’ autres 3, quoiqu’il ne le nomme pas toujours. La consequence

*

1 Demissione sanguinis in pleuritide. Paris, 1622.

2 AXe^aviJfou TpaXXiswcy taTpcO fiiSXJa <?uoxau?exx. Paris, Robert Estienne , 1548.

3 Voyez livre IU, ch. 78; livre VII, cb. 5; id., ch. 11 ; id., ch. 12.

22 INTRODUCTION.

de ce fait, c’est qu’il veeut apres lui. Mais 1’epoque ou florissait ce dernier ecrivain est parfaitement fixee. Tout le monde sait qu’un de sesfreres, Anthemius de Tralles, fut un des archi- tectes a qui l’empereur Justinien coniia la construction de 1’eglise de Sainte-Sophie a Constantinople , edifice commence en 532 ct aeheve en 552, la premiere annee du patriarcat d’Eu- tychius. II resulte de la necessairement que la naissance de Paul n’a pu avoir lieu avant la seconde moitie du Vi* siecle. Un autre document que nous allons maintenant examiner demontrera qu’il florissait vers le milieu du Vii' siecle.

II s’agit d’un passage eonsacre a notre auteur dans VHis- toire des dynasties, par Gregoire Aboulfaradj *. Cet historien , qui fut a la fois medecin et eveque , apres avoir raeonte la mort de Tempereur Heraclius et la prise d’Alexandrie par Amrou, continue ainsi : E medicis autern qui hoc tempore floruerunt , fuit Paulus JEgineta, medicus suo tempore Cele¬ bris. Insigniter autern peritus fuit in mulierum ntorbis, rriUl- tumque illis curve impendit. Convenire ipsum solebant obste- trices-, et eum de rebus quce mulieribus post partum acciderent consulere, quibus respondere dignabatur et quid facerent in Us de quibus qucesierant indicare; unde eum alkawabeli (quod est obstetricium) appellarunt. Scripsit librum de medicina in novem distinctum traclatus, quern transtulit Honain-ebn-Ishaak, et librum de affectibus mulierum : « Parmi les medecins qui s’il- » lustrerent a cette epoque, se trouve Paul /Eginete, medecin » celebre en son temps. II fut surtout tres habile dans les ma- » ladies des femmes et il leur prodigua ses soins. Les accou- » cheuses avaient l’habitude de venir le trouver et le consulter » sur les accidents qui surviennent aux femmes apres 1’accou- » chement. Paul daignait^eur repondre et leur indiquer les » movens convenables aux cas qui lui etaient soumis : de la vint

Htsloria dynastiarwn, edition Pococke, Oxford, 1663, p. 11* et US.

VIE DF, PAUL D’gGINE. 23

»que ces sages-femmes l’appelerent alkawdbeli (<^>1^1), » c’est-a-dire , accoucheur. II ecrivit sur la medecine un » livre divise en neuf traites, qui a ete traduit (en arabe) par » Honain-ebn-Ishaak , et un livre sur les maladies des fem- » mes. »

En analysant ce passage de l’historien arabe, nous constatons d’abord que Gregoire Abotilfaradj fixe l’epoque ou Paul d’Egine etait dans tout l’eelat de sa renommee vers la tin du regne d’He- raclius et les premieres annees de son suceesseur; en effet, il place cette notice avant le khalifat d’Otliman qui commenca 1 ’an 23 de l’hegire (644 de J.-C.), e’est-a-dire deux ans apres la mort de l’empereur grec. Cela semblerait contredire l’opinion de Fabricius1, qui cependant prend a temoin Aboulfaradj, et qui place Paul d’Egine au temps de Constantin Pogonat, c’est-a-dire vers 680. Mais il est possible que Fabricius ait eu en vue l’epoque de la mort de notre auteur et non point le temps ou il florissait, ee qui ferait disparaitre toute dissidence. Quoi qu’il en soit , il me parait incontestable, en suivant le temoignage de l’historien des dynasties, rendu plus certain encore par les raisons que nous avons donnees plus haut, que Paul etait a son apogee vers le milieu du vne siecle.

Nous tirerons une autre consequence de ce temoignage, pour repondre a une des questions que se fait M. Dezeimeris dans la note citee plus haut : c'est que Paul fit ses etudes de medecine a l’ecole d’Alexandrie. Portal 2 l’affirme sans nous dire ou il a pris cette conviction. Elov 3 exprime la meme opinion, en ajou- tant qu’il y copia une partie des ouvrages d ’Alexandre de Tralles ; mais il ne donne aucune preuve a l’appui de ces deux assertions. Quant a moi , en me fondant , d’une part , sur plu- sieurs endroits de l’ouvrage de Paul , ou il nous apprend lui-

1 Bibliotheca grceca, t. XIX, edition de 1724, p. 575.

2 Histoire de I’analomle et de la chirurgie, t. I", p. 123.

3 Diclionnaire de la medecine ancienne etmoderne, in-4°, t. Ill, p. 494.

INTRODUCTION.

meme qu’il resida dans cette ville , et notamment au livre IV (chap. 49), dans lequel, enparlant des remedes contre les fistu- les, il s’exprime ainsi : ccXko o IXaSov s v AXs|avfygta, « autre re- » mede que j’ai appris a Alexandrie 1 ; » en considerant, d’autre part, que, puisqu’il etait deja un medecin celebre vers 640, et que d’ailleurs l’ecole d’ Alexandrie fut aneantie par 1’ invasion arabe vers la merne epoque, il est necessaire que le sejour de Paul en cette ville ait eu lieu dans les annees anterieures , je me range avee pleine conviction a 1’avis des auteurs que je viens de citer. En effet , on ne comprend pas ce qui aurait pu attirer notre auteur dans une ville prise et pillee par les barbares, depouillee de son ecole , de sa bibliotheque et de tous les etablissements qui avaient fait sa reputation scientifique, et lorsque deja lui- meme etait arrive a 1’age mur ayant une grande renommee de praticien. Il est au contraire naturel de penser qu’il y alia lors¬ que Alexandrie etait pour ainsi dire la seule ville grecque qui , par l’eclat de son enseignement et par la collection de livres de medecine qu’elle renfermait, fut en position d’attirer de toutes les parties de l’empire les jeunes gens avides destruction ; lorsque lui-meme etait jeune, desireux d’apprendre et de se fortifier dans la science dont il devait etre plus tard un des maitres. Ces considerations ne me paraissent pas de nature a laisser un doute dans 1 ’esprit sur la question qui nous oceupe.

La notice d’Aboulfaradj nous apprend ensuite que Paul d’Egine s’etait fixe pour exercer son art, et qu’il se livra a la pratique des accouchements et des maladies des femmes. C’est le premier exemple, a ce que je crois, que nous puissions trou- ver dans les auteurs anciens, d’un homme exercant Part des accouchements. Ce eoncours de sages-femmes qui se faisait

1 Voyez aussi livre IV, ch. 25, et livre VII, eh. 17, ouil s'exprime d’une maniere analogue.

autour de lui, et le prix qu’on attachait a ses.conseils, prouvent combien sa reputation d’habilete etait repandue et solidement etablie. On l’appelait par excellence V accoucheur (al kawdbeli). Mais quoique cette qualification appartienne a l’idiome semi- tique, il ne faudraitpas en conclure que Paul exercait son art dansun pays arabe. L’expression employee par Aboulfaradj n’est evidemment qu’une traduction de l’appellation grecque appli- quee a notre chirurgien, Nous reviendrons plus loin sur d’autres circonstanees signalees dans le passage que nous yenons d’examiner, et qui se rapportent aux ecrits publies par Paul.

II se rencontre iei une difficult® a resoudre 5 elle a encore rapport au temps ou vecut notre auteur, et presente aussi a un autre point de vue quelque interet, Aharoun ou Aaron, qui etait pretre chretien et medecin a Alexandria, sous Heraelius , au commencement du vn- siecle , ecrivit , sous le nom de Pan- dectes, une compilation medieale dont les ouvrages des medecins grecs avaient fait tous les frais. Or ce livre, dont l’Arabe Rhazes a copie plusieurs fragments, parle, pour la premiere fois, de la petite verole, tandis que Paul, qui, d’apres les preuves que nous avons donnees, vivait quelque temps apres Aharoun, ne fait aueune mention de cette maladie. Comment est-il possible qu’un medecin aussi exact et aussi instruit que l’etait notre auteur ait omis de parler dune affection importante et remar- quable comme la petite verole? J’avoue que cette objection presente quelque chose de specieux et aurait une valeur tres reelle, s’il n’etait pas demontre par des preuves positives que Paul ne peut pas avoir vecu avant le medecin auteur des Pandectes. Toutefois, si Ton eonsidere que notre eerivain grec a eu surtout en vue de resumer dans un compendium succinct la doctrine des anciens, lesquels, suivant lui, n’avaient rien omis de ce qui est relatif a Part ; que la petite vqrole etait peu ou n'etait pas du tout connue dans le monde grec, puisqu’aueun des ecrivains

26

INTRODUCTION.

de cet empire n’en fait mention, meme longtemps apres Paul d’Egine , eux qui sont si empresses de rapporter en detail les histoires des pestes et autres epidemies , on comprendra que Paul ne l’ait point connue ou n’en ait point parle, faute de l’avoir observee. Comme cette maladie fut apportee dans l’empire gree par les sectateurs du Coran, et que le premier auteur qui la de- crive est precisement un homme de race semitique qui ecrivit en syriaque, il est facile de s’expliquer qu’un auteur grec ne se soit pas cru autorise a en faire mention , lors meme qu’on ad- mettrait qu’il en aurait entendu parler. On connait, en effet, le respect exclusif de notre auteur pour la science de ses compa- triotes, etle mepris que ceux-ci professaient en general pour les eonnaissances des autres peuples, qu’ils appelaient tous indis- tinctement barbares. Du reste, ces observations s’appliqueraient a beaucoup d’autres auteurs, si Ton admettait comme certain, que la Gaule et l’ltalie furent ravagees par la petite verole au commencement du vie siecle, ainsi que l’ont avance quelques ecrivains dont ce n’est ni le lieu ni le moment de discuter les opinions. La difficulty soulevee par cette question est done plus specieuse que reelle, et ne merite pas de nous arreter plus longtemps. En tout cas, je dois ajouter que Goelike, Daniel Leclerc et Rene Moreau, qui font vivre Paul aux ive et ve siecles, ne se servent nullement de cet argument pour etayer leur opinion.

Plusieurs manuscrits donnent a notre auteur le titre de iatro- sophiste; d’autres le qualifient de p&riodeute, e’est-a-dire, me- decin ambulant. 11 paraitrait, en effet, qu’il fit de longs voyages, a Limitation de son predecesseur Alexandre de Tralles. Outre l’epithete que lui donnent ces manuscrits , et qui est deja une forte presomption en faveur de cette opinion, puisqu’en defini¬ tive cette qualification ne peut etre autre cbose que la conse¬ cration d’une tradition ancienne, basee sur quelque fait reel, on trouve en tete des oeuvres de Paul, dans detres anciens

VIE DE PAUL D’EGINE.

manuscrits *, l’epigraphe suivante sous forme de distique i'am- bique :

n anion TOVov [as yvS&i, tqu y rt<; to ttIeov A'.adpap.GVTO$, ipuvTO? sx y/fe Aiyivvi;.

« Connaissez le travail de Paul qui parcourut la plus grande » parde de la terre et qui naquit a Egine. »

Pierre Duchatel 2 ne fait aucune difficult^ d’affirmer que cette epigraphe est de l’auteur lui-meme. J’avoue que je n’oserais etre aussi affirmatif ; je l’oserais d’autant moins que dans plusieurs manuscrits tres complets et tres corrects cette epigraphe manque, tandis que dans d’autres elle est remplacee par une elucubration poetique dont nous parlerons plus loin, qui evidemment ne peut provenir de Paul, mais est l’oeuvre de quelque copiste admira- teur du medecin grec. Toutefois ce n’est pas la un motif pour ne tenir aucun compte des faits qu’elle enonee. On n’invente pas de semblables faits pour le plaisir de faire un distique. Cette epigraphe d’ailleurs est d’ancienne date, puisque nous la trou- vons dans un manuscrit du xie siecle : sa concordance avec le titre d eperiodeute, donne generalement a notre auteur, consacre certainement une tradition serieuse et reelle qui a pour base une circonstance vraie. Aussi je crois etre en droit, en m’appuyant sur ces deux documents, d’affirmer que Paul d’Egine passa en effet quelques annees de sa vie a voyager.

Haller 3 va plus loin : il dit en propres termes que notre auteur vecut a Rome et a Alexandrie : Romce et Alexandrice vixit (certe in Latio, ex lib. VI, cap. 25, monenteCel. Yogelio). II m’a ete impossible de decouvrir ou cet historien a trouve la preuvede cette assertion; il indique bien Cel. Yogel, maisje n’ai pu me procurer aucun ouvrage de cet auteur pour verifier

1 Voyez plus loin : Notice sur les manuscrits de Paul d'tgine.

2 « Prater Graciam omnium artium parentem, remotissimas orbis regiones pera >> gravit, quod ipsius de se breviter senariis operi suo prafixis testari voluit. » (Petri Castellani vitoe illustrium medicorvm , Anvers, 1618.)

3 Bibliotheca chirurgica , ad verbum Patilus .Egineta.

INTRODUCTION.

la citation d’Haller. Au reste, si Vogel n’a pour appuyer cette opinion que le texte du chapitre 25, livre VI, auquel il renvoie* j’avoue que cetle preUVe n’a aticutie valeur a mes yeux. En effet, dans ce chapitre , Paul parle du trochisque de Musa, qui etait a la verite un medecih remain , probablement le meme que le medeein de 1’empereur Auguste- mais cette mention d’un re- mMe pdrtant le nom d’un Romain he petit eh aticune maniere prouver que Paul viht a Rome ; et c’est faire un etrange abus des citations qtle d’en tirer de pareilles consequences.

II ne serait pas difficile de trouver dans les eerits de notre aiitedr des indices plus propres que celui-la a etayer la conjec¬ ture d’Haiter ef de Vogel. Dans plusieurs passages il donne les denominations latines des remedes qu’il indique *; et meme datis son chapitre stir* les poids et mesitres, il donne en meme temps leS mesures et les poids egyptiens, attiques et romains. Tout cela prduve une corthaissance reelle des choses et des ha¬ bitudes de lapeninsule italique, etdonnerait quelque probabilite a l’opinioh des auteurs dont je viens de parlcr. Mais il est pos¬ sible aussi que Paul ait pris toUtes ces notions darts d’autres auteurs, et il n’y a veritablement aticun argument positif pour de'mdhtrer le fait qu’il voyaged en Italic et qu’il visita Rome. Au reste, je viens de mettre sous les yeux dulecteur tout ce que j’ai pu trouver de relatif a la question qui nous occupe; je lui laisse le soin depronohcer, ne trouvant pas moi-meme, dans les passages que je viens de citer et dans l’objection qu’on peut y faire, des elements suffisants pour affirmer ou pour nier.

1 ©af.jrrwi ct Satftii xsSvf«,> ct Pau-aTct ij&tfat&xi tfom-

to ri Pujudlst paSim xoO.oua : a Le lhapsus dont se servent les teinturiers, et que » les Romains appellent herba rubia. La plante & couleur d’or que les Romains nom- » ment rubia. » (Paul d’Egine, liv. Ill, ch. 2.) Tsri o |u-pzXa xtd rr.i -api PMuaic.; xaXcuf«.svr.v [As'Xxav : « Et le petit-lait, et ce que les Romains appellent melca. » (Ibid., liv. Ill, ch. 37.) lu.u.it, r, v svict 6upcv, Ptou.xTct Si ra?tcv xaXmai : «Le smi- » lax, que quelques-iinS nomment thymium, et que les Romains appellent taxium. » (Ibid. , liv. V, ch. 30). £<rh Si xn). irapx Pa'fialiiz Z/lr, ft; (JsTrovocYi xnO.cutj.iir,, r,i o AicaxoctSr; xia rpcv ovoitot^i : « Il y a encore Chez les Romains une autre Mtoine que » Dioscoride appelje kestron. » (Ibid., liV. VII, ch. 3, dd litteram B.)

VIE Dfe PAUL D’fiGINE.

29

Fabricius 1 rapporte, d’apres un certain Gaspard Barthius, sur lequel il m’a ete impossible de me procurer aucun eclaircisse- ment, que Paul d’Egine etait chrefien. II ajoute que cet auteur n’en donne aucune preuve. Le fait peut etre considere comme fort vraisemblable, en raison du temps et des pays ou notre auteur a vecu ; mais il n’est pas possible de le demonfrer, at- tendu qu’il n’y a pas un mot dans tous ses ecrits qui soit relatif a la religion.

Tels sontles details bien incomplets que j’ai pu me procurer sur la personne de notre auteur, par des rechefches minutieuses et prolongees. La perte de deux de ses ouvrages , celui sur les maladies des femmes dont parle Gregoire Aboulfaradj , et celui sur le regime des enfants dont M. Wenrich2 fait mention, nous prive sans doute de bien des notions interessantes que nous aurions trouvees dans ces ouvrages speciaux qui etaient 1 ’unique fruit de la pratique de Paul et de sa longue experience, Cette perte si re¬ grettable nous reporte involontairement a ces epoques de deca¬ dence scientifique ou Ton n’estime pas assez les sciences pour leur sacrifler beaucoup de temps, et ou par consequent on me- prise les traitds speciaux pour chercher une erudition toute faite dans des compilations generates. C’est ainsi qu’on s’explique tout a la fois la conservation du traitd general de medecine de Paul et la perte de ses deux ouvrages sur les affections des femmes et sur l ’hygiene des enfants. L’un donnait la science medico-chirurgicale tqut entiere sous forme de manuel; les autres ne traitaient que des points particuliers et restreints.

Apres avoir ainsi analyse tous les documents relatifs a la personne de notre auteur, je passe maintenant a 1’examen des questions qui se rapportent a ses ecrits.

2 De auctorum Groecorum versionibus et commentariis syriacis, arabicis, arme- niacis, persictsque commentatio, auctore Joanne Georgio Wenrich. Lipsia; , 1842, p. 29S.

INTRODUCTION.

II. - SES ECRITS EN GENERAL.

Je considererai d’abord ses ecrits dans leur ensemble , et je suivrai leur marche jusqu’aux temps modernes , reservant a un autre article tout ce que j’ai a dire de special sur le Traite de chirurgie.

Si l’on s’en rapporte a la notice de Gregoire Aboulfaradj , que nous avons transcrite plushaut, Paul avait publie deux ouvrages distincts : Le Traite de medecine qui nous est reste , un livre Sur les maladies des femmes. CependantM. J. G. Wenrich1 parle d’un troisieme Traite sur le regime des enfants; mais je crois qu’il a ete induit en erreur par une mention incomplete de Fauteur arabe Ibn-abou-Oceibia. En effet , ce dernier parait croire que le Traite de medecine n’est autre chose qu’un ecrit sur l’education des enfants et sur la maniere de les soigner quand ils sont malades. Yoici comment il s’exprime : « Paul Eginete : parmi ses ouvrages se trouve le Kendshal Tserid; c’est un Traite sur V education des enfants et sur la maniere de les soigner quand ils sont malades. » C’est la une confusion a laquelle les auteurs arabes sont fort sujets et qui a echappe a l’at- tention de M. Wenrich. Elle a pu venir de ce que les premiers chapitres de l’ouvrage de Paul d’Egine sont en elfet relatifs au regime des enfants, et 1’ecrivain arabe en auraconclu que c’etait la l’objet de tout l’ouvrage. Cette seule observation me porte a croire que Paul n’avait publie que les deux ecrits dont parle Gregoire Aboulfaradj.

De ces deux ouvrages, un seul est parvenu jusqu’a nous ; c’est le premier que l’auteur lui-meme appelle Memorial (irn6- P-vyjjjlk). Les auteurs arabes l’intitulent : Kendsh al Tserid (by) l ^y.LS'), c’est-a-dire, Recueil des Pleiades 2 . J’aiducher-

1 Op. cit., p. 29 S.

2 Voyez manuscrit arabe de Ibn-abou-Oceibia ; il porte le 673 dans leCata-

DES fiCRITS DE PAUL D’fiGINE.

cher a savoir d’ou les Arabes avaient pu tirer ce titre singulier de l’ouvrage de Paul; et je crois en avoir trouve l’explication dans une epigraphe qui se lit en tete du manuscrit grec, 2208 et qu’on trouvera plus loin dans la notice que je consacre a ce manuscrit 1 . On sait que la Pleiade elait pour les anciens une constellation de sept etoiles brillantes. Or l’ouvrage dont nous parlons est divise en sept livres, et « il a ete nomme Pleiade, dit l’auteur de Fepigraphe, en conformite avec les etoiles du Cha¬ riot , parce qu’il contient et embrasse la science, comme cette constellation embrasse le pole. » Au reste, cen’est pas une chose nouvelle que ces comparaisons d’ecrivains avec les etoiles. Elies etaient tres usitees chez les anciens, et Fon peut voir dans Fabri- cius 2 les noms de poetes composant plusieurs phalanges de sept, et formant autant de pleiades. De nos jours meme on donne le nom de pleiades a des reunions de poetes ou d’ecri¬ vains du meme pays.

D’apres la notice de Gregoire Aboulfaradj, le livre de Paul aurait ete divise en neuf traites distincts , in novem distinctum tractatus , lisons-nous dans la traduction de Pococke. Or, comme tous les manuscrits grecs, ainsi que les deux editions de Yenise et de Bale, n’en contiennent que sept, on devrait en conclure que deux de ces traites ne seraient pas venus jusqu’a nous. Mais cette conclusion ne peut pas se soutenir en presence du texte precis de Paul lui-meme, qui, a la suite de sa preface que nous

logue dn supplement arabe de la Bibliotheque imperiale , catalogue redigd par les soins de M. Reinaud, conservateur adjoint au departement des manuscrits de cette Bibliotheque. Le passage de ce manuscrit, auquel j’emprunte ces details, se trouve au 61 .

Voyez aussi le manuscrit du Kitdb al fihrist, n" 1400 bis du meme supplement, au 143 verso.

Les renseignements que j’ai puises dans ces deux manuscrits m’ont ete obligeaoi- ment fournis par le professeur d’arabe Iitteral a l’Ecole des langues orientales vivantes, M. Reinaud.

1 Voyez plus loin : Notice des [manuscrits de Paul d’Hgine, manuscrit designd par H.

2 Bibliotheca grceca, edition de Harles, vol. II, p. 317 et 318.

INTRODUCTION

examinerons tout a l’heure , declare positivement que son ou- vrage est divise en sept livres : Tivzg oi av.ono'i xav inxa. trig okyg npa-jauziiug StSXtcay, etc. : « Quel est l’objet des sept livres qui » composent l’ouvrage entier Cela est peremptoire et ne laisse aucune place au doute. Pour expliquer l’assertion d’Aboulfaradj, Fabricius 1 dit que les Arabes trouverent le sixieme et le sep- tieme livre trop longs et les diviserent chacun en deux, ce qui porta a neuf le nombre de ees livres. Cette explication nest qu’une simple conjecture , difficile a admettre pour quiconque a quelque connaissance de la literature arabe. D’ailleurs je crois avoir le moyen de resoudre completement cette difficult^.

En effet, dans le Kittibal fihrist, dont l’auteur vivaitplu- sieurs siecles avant Aboulfaradj , il est dit que le traite de mede- cine de Paul, intitule Kentish, est en sept livres. Cette assertion renverse immediatement la conjecture de Fabricius. J’en eon- clus, en outre, que le manuscrit d’Aboulfaradj , dont Pococke a fait usage pour sa traduction, renfermait une faute de copiste ; et cela est d’autant plus manifeste, que les mots qui , en arabe, signifient sept et neuf, ne se distinguent entre eux que par les points diacritiques , lesquels sont souvent omis ou deplaces. Ainsi : seb\ sept; tis', neuf. L’erreur etait done facile,

et le manuscrit du Kittib al fihrist 2 que j’ai consulte prouve evi- demment qu’elle a eu lieu. Ainsi, pour les Arabes comme pour lesGrecs, le livre de Paul etait divise en sept livres. Je ne veux point omettre de dire que les conseils et les lumieres de M. Rei- naud m’ont encore ici ete d’un grand secours pour resoudre cette difficulte.

Pour familiariser les lecteurs avec les intentions de notre au¬ teur, je crois devoir mettre ici sous leurs veux la preface dont il a fait preceder son ouvrage, et dans laquelle il rend compte des

1 Bibliotheca, grceca , edition de 1724, vol. XII, p. S75.

2 Le Kitdb al fihrist a pour auteur Aboulfaradj Mohammed-ibn-Ishaak, sur- nouamd al Nadym, qui ecrivait a Bagdad I’an de 1’hfigire 377, de J.-C. 987.

DES fiCRITS DE PAUL D’fiGINE.

motifs et du but pour lesquels il l’a entrepris , ainsi que du plan suivant lequel il l’a execute.

O’jy <a? twv iraXaiOTEpwv ev

TOl? 4 3MCT« TflV r&'/yw Tt w«-

p«>.£>.owroT£dv tviv irpay-

(/.areiav 2 STOt7)ca[A7)v , a'X'Xa ouvTopwu yap>.v ^i&wncaXia? 3 TOuvavTtov yap axsivot? l/.ev 4 op- Gco? ts 5 x.al ontYk’—oiz 6 airavTa TO<piXoTi:OV7)Ta'. . O'l Se V£(OT£p0l wpo? tw 7 p)5s T/jv apyr,v E~'.yE'.p£tv svTjyyavE w aurot?, Iti pajv 8 seal OL^oXecy tav auTwv 9 aa-r/iyopotjuiv. O0sv sirs to Trapov Wo> cuvrayp-a 10, toi? pt.sv, to? elxoc 11 , lyav auTO (JoiAopivot? 'j-oav/ipia y£vv)(7ou’.£vov 12, spool yup-vaoiov. Atottov yap too? ji£v 13 pvfropa? Tot; covTOptoi? xal <njv£x.^7ijA0[? o~’ aorfiv ovopta^opt.£voi? yp-?t>0a>. 5taavi- x. oi? oovTayp.acrtv, sv ol? axavTcov spupspexat 14 tSv vopuav Ta x.eoa- Xaia irpo? to tv;? ypeia? e-rotpiov,

77 pit? Ss TOUTtov xaTau.£>.£iv 15 *

x. a torso sx.elvcov u.ev ou irpo? o'Xtyov ptovov , aXV t$7) 16 /.at ooyvov O7r£pTi0£<r0ai ypovov orpo? eiricxatj/iv

^Ova[/.£VWV ' 771/. CO V pL7]^a[AlO? V)

Je n’ai pas compose cet ouvrage par la raison que les anciens au- raient omis quelque chose de ce qui est relatif a l’art , mais pour avoir un resume de la doctrine; car tout a ete au contraire par- faitement et completement elabore par eux. Toutefois les modernes, outre qu’ils ne cherchent pas du tout a se familiariser avec les anciens, les accusent encore de loquacite : e’est pourquoi j’ai fait le present ouvrage pour servir a ceux naturellement qui voudront l’avoir comme memorial , et pour m’exercer moi-meme. En effet, il est absurde que les rheteurs aient a leur disposition des traites abre- g6s de jurisprudence qu’ils appel- lent leurs compagnons de voyage, dans lesquels le resume de tou- tes les lois est dispose pour un usage immediat, tandis que nous negligeons une pareille ressource; et cependant ils ont la faculte d’ajourner une discussion non- seulement a un court intervalle ,

1 ev Tot; omis d. LP. 2 ora-popa-reiav P. 3 ejtti ctvt... Maa/.aXia? «v Touts. TG'JvavT... HK., <ft(fa<ncaXtta; E.— 4 aev omis dansP., i> paira; pour op8£>; LP. 5 re omis d. A. 6 aveXXereS; ABFNOVeBa. 7 oroo; to AEFLOP. 8 uiv FVeBa.

3 aurwv omis dans VeBa. 10 oovraxu-* omis d. 0. 11 euco? omis d. LP. 12 -yivo'uevov EF., tcT? pour eject dans LP. 13 ptiv omis d. 0. 14 exospsrat FJ.

15 zaTajesXXeiv E-, jesXeiv H. 16 feep pour r<5V, P.

5

INTRODUCTION.

~«vuye ctck viw?17 ttv TOiaur/iv mais meme a un long delai, tan-

^ovtwv sEoucrtav 18 yap to', dis que nous n’avons jamais, ou

ypaa? s~t Ttvwv vo<r/]u.aT<ov du moins tres rarement , cette

airapaiTfltov iroWtdxt; iy£t 19 TYjv liberte ; car une necessite im-

dy&m'av ' &to-£p op0w; i~~oxpa- perieuse nous oblige souvent a

Tvi; o^uv aiv£<p-dvaTO?0 tov xaipov. agir sans retard dans quelques

Exstvoy; 21 piv yap ev p.dvat; maladies : aussi Hippocrate dit

cysJov Tai; ttoXsoi xar«rety*i avec raison que F occasion est pres-

tSv Tpayp-a-Mv to22 ypijctaov, sante. Les rheteurs sont presses,

ivQa 23 xai tojv jicSXwv 24 ao0o- par l’urgence des affaires, presque

vc I; £<7uv sd-opia toT; taTpot; uniquement dans les villes ou il y

ou/. gv ~oA£(n [aovov , v! oypwg 23 a de riches collections de livres ;

vj x«t 26 T'.cr'.v ip^'pcois 27 yoi- tandis qu’a nous, medecins, non

plot;, y$yi xal xava fidXao- seulement dans les villes, dans les oav TroXXaxt; sv aurao; Tat; 28 campagnes , et meme quelquefois

vauolv l^atovt^to; 29 vofr/iptaTwv dans les deserts , mais encore sur

dvdyxY] Tcpoc-t-TTrci 30 , so’ div meretdanslesvaisseaux,ilincombe

'h avaSoAr, Oavavov i ravvco; subitement une obligation impe-

ys xtv&uvov loy arov airspya- rieusede soigner des maladies dans

i^Tat. lesquelles le retard amene la mort,

ou au moins un peril extreme.

Ildoa; $s Ta; 31 taTptxd; pts- Toutefois il est tres difficile, et (k*iou;, yi ~/jv xxtsc pipo; aita- meme tout a fait impossible, de re-

cav uXyiv dta ptvYj'jtYi; i'ystv tcov tenir dans sa memoire toutes les

yal£"u toctcov, in xal iravTairaotv methodes iatriques , ou toute leur

d&jvaTwv 32 £otl * ^io7t£p ttc'v^e substance detaillee, et c’est pour

ty;v £— tTou.ov 33 £7. tGv acyatcov cela que j’ai compose, d’apres les

ouvsffTzicdptv 34 ouvaycoyrlv. 0’jT£ anciens , ce recueil abrege. En

yap lad Tvap£0£p.r,v sv aura; y£v- effet, je n’y ai point mis mes pro-

vYipwtTa 33, tcXyiv oAtywv tivmv pres conceptions, excepteun petit

17 avdpomv co; pour citaws; P. 18 to pour Ta N. 19 ijir.wt P. 29 airsu- orvaro F. 21 i;.v.~>vA E, sx-slva F. 22 Tt pour to LP.— 23 £v6sv LP. 24 pt&.V, ABEFJLOPV e Ba. 23 r, oypcl; omis d. 0. 26 i attoi; Tict'v A., r, xat tvspdaot; LP. 27 a-j-o'ct; pour £Px;xci; d. E. 28 rat? omis dans EF. 29 !5«t?vxJtos 0., aitpv'- 5To; EFLP. 30 orepi-i— si E., orpccorUrTSiv F. 31 LP. omettent depuis edvsrrov jusqu’a <5s to? inclusiv. 32tmv a^uvotTwv K. 33 otitcjwv VeBa. 34 (Tjvsoty;- aotpiya F., Svscrwrafw ABEJOPVeBa., dya-pr' H., cSroi; pour c5« 0. 33 xal

DES fiCRITS DE PAUL D’fiGlNE. 35

Seems p lv 7015 vr; veyvvi? epyoi; nombre des choses que j’ai vues et

e!&sv 36 ts xai gTretpaua37, 77>eio<Jt experimentees dans la pratique de

Si tSv ev^o^wv iv-tTvyrr/MS 38 l’art; mais, familiarise avec la plu- xal iaoaagv OptSaotco, -/.a! aurw part des auteurs celebres, notam- Trauav a-av0icavTi (3t6>ov , ev ment avecOribase, qui alui-meme w 39 irauav -r/iv uyi£tv7jv Sy Ido- recueilli dans les autres le livre

p.sv uTTOTuroafftv ( tSv 40 yap entier dans lequel il nous donne en {i£Ta ra^Tjvov seal en vewrspwv detail le tableau des moyens de con- syevsTO j, toc xa»t<77a toutwv server la sante, car il vivait apres

£37£>£«;apiv 41, pi S'tv w; oldv ts Galien et meme a une epoque bien

vd<jr,p.a 42 77apadpap.cdv. plus moderne, j’ai choisi dans ces

auteurs ce qu’il yavait de meilleur, n’omettant, autant que possible, aucune maladie.

A pv yap 43 sS&opptovva- Effectivement, YHebdomecon- 6i£lo<; au too too OpiSamou iza.- tabiblos d’Oribase renferme, a oav piv 44 sv eau-rp Trspieyei la verite, toute la matiere de l’art, ■rife r&yy/ii {nro0£ctv, a>V oux 43 mais tous ne peuvent pas se pro- euTrdpicvos airaciv ’a “paypavs'-a curer cet ouvrage a cause de sa 7ro>uo7iyo5 40 u-apy ouca. ft ds grande etendue ; et quant a l’abrege 7007715 s 77170 p-vj 47 77pd; t’jova- de ce livre qu’il a ecrit pour son fils

0iov Tov uiov ocuto'j ypaosToa , Eustathe, outre qu’il omet beau-

tto»(ov si; 70 77av7c)i5 >.£1770- coup de maladies, l’examen des p.ev/1 48 voo7ip.a7tov, a7£>^ tvsv autres y reste incomplet, soitpour 7 tov >ot77wv 49 i7epi£jr£t 0£&>ptav, l’etiologie, soit pour le diagnostic ; •jrij psv amwv, tt r, St &iayvco- quelquefois meme on n’y trouve (7£(ovs0, £viQ7£ St xai 7 auva'p- pas ce qui est necessaire pour la xou; 51 £G7ep7)fAev7] 0$pa77£ia; 32 , therapeutique, comme aussi d’au-

~>,b LP. 36 tXfa. NO. 37 iircaxmv pour iiKtpiaa LP. 38 ■cevrfrv.in LP. 39 ,jo’ & K. 40 a pour tojv EF. 41 LP. omettent depuis *al oOtw iraoav jusqu’a sasX^aum inclusivement, et remplacent par : x*l aurou tcu A>i5*v(5,pc.; s^eAs? shmsv.

_ ^3 vooijji arev NVeBa., vo'erp-a omis d. F. 43 yap omis d. P., ioS’cu.r.r.earn-

gtgXo? Lp! 44 fisv omis d. ABEFJLNOPVeBa , sv omis d. J. « iXA’ c5v LP., aXX’ cux awofo' ts EF. 46 -afitrre.//.; LP. 47 u <Ss m th? i~'.7cu.r,; xfo; LP. 48 Xei7rou.=vinv F. 49 LP. omettent depuis -jjaoeisx jusqu’a rav 7.01-ai, et remplacent par : ypoipis anAriv rnv twv Xsitcwv. 71-n yvoaewv E.

_ SI -rry auTstpxffl? LP., s<rrs5r,u.svr,; K., sarsfvspsvxv LP. 52 Ssopias pour 6spa-

Ksia; A., 8sps«rs!av LP.

36 INTRODUCTION.

WGTCSp O'iv STSOCOV33 SI? fJLV7)p)V 34 sXti^’jOotwv .

To 8s -apov 33 Guyypap.ua $ta- yvcoGsi; te /.at ama? xat 0£pa- ~£ta; a-avTcov •jceptsyst t5v voGnaarcov, 6p.owpt.EpSv ° , opya- vuccov, sv Xu Get guve^ew? 0s&>pou- p-Evcov , 00 y.EoaXaiwfte; p.ovov, aXXa xai xa-ra to 37 sy/wpouv 7tXctTo;. Jlpo 38 8s ys to-jtcov t/jv uytc'.vviv a— ccg«v 39 e;£0sp.£0a &aiTav soya-rov 8s tov rapt twv a-).o,v te 60 xai gkvQetcov tpappaV.wv £7roiviGap.£0a Xoyov.

tres choses qui devraient etre men- tionnees.

Or le present ecrit contient le diagnostic, les causes etla curation de toutes les maladies similaires, instrumentales *, ou appartenant a des solutions de continuity et cela non pas seulement sommairement, mais avecl’etendue possible. Avant cela, nous avons expose le regime entier a l’aide duquel on conserve la sante, et, en dernier lieu, nous avons discouru sur les medica¬ ments simples et composes.

Dans cette courte preface, l’auteur nous fait connaitre claire- ment sa pensee , son plan et la maniere dont il entend mener a bout son entreprise. Ainsi , resumer aussi brievement que pos¬ sible la science telle qu’elle a ete elaboree par les anciens, pour lesquels il professe un grand respect , tel est son but principal. II fait un choix parmi les maitres de l’art , prenant ses descrip¬ tions tantot dans l’un, tantot dans l’autre, n’ayant egard qu’a la superiorite pratique, sans discuter les theories oules systemes , sans preference pour une ecole plutot que pour l’autre. On peut meme dire qu’il ne suit aveuglement les opinions de personne ; car il critique Hippocrate et Galien, et les refute meme comme un homme a qui la pratique a donne des convictions arretees. Il le fait avec sobriete etdans les limites qui lui sont tracees par la

S3 <a; ersfot; Et; u.v... HK., oWsf sTs'fct; 0.— 54 Et; jitnoua A., Et; (tvcttw ftbvov LP.

55 to Si Of a ouff... LP. 56 sjjtot u.sv xctt tojv off... L., eptot iti xat tSjv off a v... P.

57 -o omis d. P., Effcuv pour Efy.ufouv LP. 58 wfo; P. 59 pour areasav LP. 60 tbv a-X3v te omis d. P.

* Voy. dans Castelli, Lexicon gr. lat. med., Ia definition de ces deux mots au mot Instrcmestcm. Voy. aussi Galien, De diff. morb. cap., cap. 3 et i.

DES fiCRIXS DE PAUL D’EGINE. 37

nature meme de son livre et par la concision dont il se fait une loi. Aussi, quoique l’ouvrage de Paul soit, a proprement parler, une compilation, on se tromperait gravement sur le caractere de ce livre, si onle considerait comme une compilation ser¬ vile. II n’est pas plus une compilation que tous les traites gene- raux de pathologie oude medecine operatoire qui sont entre les mains de tout le monde aujourd’hui. Un homme n’invente pas la science, il en fait le tableau plus ou moins etendu, et c’est ce qu’a fait Paul , a sa maniere , et en citant les auteurs dont il rapporte les proeedes et les methodes ; car, outre le choix ju- dicieux des eerivains qu’il cite, il donne, quand ily a lieu, ses propres appreciations et les resultats de son experience. Sous tous ces rapports ses ecrits doivent etre nettement distingues de ceux des autres compilateurs , tels qu’Aetius , Oribase et meme de celui de Celse a un certain point de vue ; et cela seul suffirait deja pour lui donner un interet que ne peuvent . avoir les ouvrages qui se bornent uniquement a rassembler et a rapporter les idees des autres avec leurs propres paroles. Mais il a d autres titres anotre attention, et un des principaux se tire de lepoque ou il a ete compose.

En effet , il ferme l’ere de la medecine grecque classique , en la resumant tout entiere d’une maniere concise, il est vrai, mais aussi complete que possible. Apres notre auteur, l’ecole grecque est fmie et la science tombe dans les tenebres du moven age, pour ne plus projeter de lumieres que bien des siecles apres , lorsque refleuriront les lettres grecques dans l’occident de l’Eu- rope. Quelle que soit la reputation qu’on ait voulu faire aux me- decins arabes, ils ne peuvent a aucun titre etre regardes comme les continuateurs de la medecine grecque classique. Car l’ecole arabe, et je saisis avec empressement cette occasion de le dire, n’eut rien d’original, rien de spontane, rien qui lui fut propre , pas plus en medecine qu’en philosophic. Malgre l’eclat dont brilla cette ecole pendant pres de quatre siecles, tant en Asie

INTRODUCTION.

qu’en Espagne , il taut qu’on le sache , elle ne fut qu’un retlet bien pale et bien decolore du genie grec a qui eet eclat fut em- prunte. Les commentateurs arabes furent plus ou moins intelli- gents , plus ou moins ingenieux , profiterent avec plus ou moins de jugement des riches tresors que les traducteurs firent passer dans leur langue, mais tous furent denues d’esprit d’initiative et d’originalite : leurs ouvrages ne furent que d’imparfaites copies, que d’arides commentaires des ecrits helleniques, dont les textes memes leur etaient inconnus.

Heritiers collateraux des richesses litteraires et scientifiques de la Grece, les Semites se contenterent de jouir de cette bonne fortune, comme des gens qui n’etaientpas en etat d’en apprecier la valeur; pas plus qu’aujourd’hui encore, ils nepeuvent appre¬ cier les magnifiques et splendides developpements de 1’industrie europeenne ; leur genie infeeond associe a la male raison des Grecs ne retira de cette adulteration qu’un produit hybride, de- pourvu de caractere et frappe de sterilite, qui ne put transmettre aux Occidentaux qu’une image incomplete et defiguree de la grande ecole hellenique.

Aussi depuis que les etudes orientales se sont acclimatees dans nos pays , depuis qu’on a pu lire dans leurs textes memes les livres des Arabes, leur reputation a considerablement diminue ; etM. Ernest Renan n’a fait que resumer l’etat actuel de l’opinion des savants de 1 ’Europe , quand il a declare que nous navons rien ou presque rien a apprendre ni d’Averroes , ni des Arabes 1 . Et lorsque un peu plus loin il ajoute : « La philosophic chez les Semites n’a jamais ete qu’un emprunt exterieur et sans fe- condite, une imitation factice de la philosophic grecque2,® nous pouvons hardiment substituer le mot medecine au mot philo¬ sophic, et appliquer a leur ecole medicale le jugement que porte

1 Averroes el l’ averroisme , essai historique par Ernest Renan (Paris, 1852), Preface.

2 Ibid., ibid.

DES fiCRITS DE PAUL D’liGINE.

Ie savant orientaliste sur leur cede philosophique. C’est que les peuples semitiques sont surtout remarquables par l’imagination : autant ils ont ete puissants dans les conceptions religieuses et poetiques, et dans les choses de pure imagination, autant ils ont ete steriles dans les sciences err general, et surtout dans les sciences medicales et philosophiques. Leur plus grand merite , sous le rapport medical , a ete de faire connaitre, encore bien qu’imparfaitement, la medecine grecque aux nations occiden- tales , longtemps avant qu’elles aient pu en avoir une connais- sance directe par la lecture du texte des auteurs 1 ; et il faut bien l’avouer, cette notion si incomplete, communiquee par les Arabes aux Occidentaux, ne fut point infructueuse , et il lui re- vient une grande part dans le mouvement scieritifique qui eut lieu en France et en Italie aux xm' et xive siecles.

C’est done avec raison que je disais tout a 1’heure qu’un des principaux litres du livre de Paul a notre interet se tire de 1’epoque ou vecut 1’auteur. J’ajoute : et de la maniere dont ce livre a ete compose. En effet, contenant sous un mediocre vo¬ lume les resultats de la science pratique et de 1’experience de tous les medeeins anterieurs, il presentait , dans un moment ou toutes les choses intellectuelles etaient en decadence, un resume, un compendium succinct, mais fidele, de toute la medecine, fait par un homme fort instruit , tres intelligent et experiments. Il rendit l’acquisition de la science facile aux esprits indolents et deja demi-barbares de cette epoque , et servit ainsi a entretenir quelques lueurs des lumieres acquises , dans des temps ou les

1 Jerome Gemuseus avait deja exprim^ une opinion analogue dans son Upttre a Ph. de Cossd, dvAque de Coutances, en t^te de son edition du texte de Paul d’Egine, ou il dit « que s’il n’a manque aux maitres de l’dcple arabe ni jugement dans le choix des guides, ni art 4 les imiter, ils sont cependant bien loin de leurs modeles. Les Arabes n’ont rien fait que par les Grecs, et cependant e’etait aux Arabes qu’on allait demander la science, de sorte qu’elle n’arrivait cbez nous qu’en passant par eux. »

Voyez aussi les Letlres de Petrarque. On sail que cet illustre poete avait 616 initie a la connaissance de la litterature hellenique par le Grec Barlaam.

INTRODUCTION.

intelligences, enervees et detournees des etudes paisibles par d’aufres preoccupations, se trouvaient dans l’impossibilite de produire quelque chose de saillant et de nouveau dans Ie do- maine medical.

C’est pour cela sans doute que Paul d’Egine fut un des pre¬ miers auteurs grecs traduits par les Arabes. Son ouvrage est un de ceux dont ils tirerent le plus de profit. Aussi est-ce avec pleine raison que Kurt Sprengel dit, en parlant des medecins arabes, que Paul etait leur oracle 1 ; et que Freind , de son cote, affirme qu’Albucasis copie cet auteur sans le nommer 2. II semble qu’en composant son ouvrage, il avait le pressentiment de la decadence litteraire et scientifique qui allait avoir lieu, tant il prend soin de nous dire qu’il veut que son livre soit portatif , que chacun puisse 1’avoir partout avec soi, et que cependant il ne veut rien omettre de ce qui a rapport a Part. Il atteignit certai- nement son but par 1 ’extreme concision de son style , par sa clarte , par sa methode , par le choix judicieux qu’il fit des re- sultats de l’experience des siecles, confirmee par la sienne propre, et par la sobriete dont il usa dans l’examen et dans la critique des opinions des autres maitres. Son ouvrage est de ceux qu’on aurait mis entre les mains de la jeunesse studieuse , pour l’initier a la connaissanee de la medecine , si les ravages des invasions et des guerres avaient pu laisser un asile aux etudes medicales.

Le seul ouvrage qui nous reste de Paul d’Egine, contenant le resume de toute la science medico-chirurgicale dans 1’etat ou elle se trouvait au vne siecle de notre ere , est divise en sept livres ou traites, dont le premier contient Part de conserver la sante ; le second traite des fievres , ou , pour me servir de son expression, des maladies des parties similaires ; le troisieme , des affections internes en tant qu’elles sont localisees ; le qua-

1 Histoire de la medecine, vol. IX, p. 220.

2 Histoire de la medecine, I" partie.

DE PAUL D’fiGINE.

DES fiCRITS

trieme, des maladies exfernes, qui occupent plusieurs parties, ainsi que des entozoaires; le cinquieme, des plaies , des mor- sures, des venins et des poisons ; le sixieme, de Ja chirurgie ; le septieme, des medicaments simples et composes. 11 a renferme dans ce cadre toutes les connaissances medicales acquises avant lui. Mais comme a son epoque la science etait deja riche de faits et que les travaux publies depuis Hippocrate, c’est-a-dire dans l’espace d’environ mille ans , avaient eonsiderablement agrandi son domaine , puisque Oribase , pour en presenter un tableau complet, n’avait pas employe moinsde soixante-dix livres, notre auteur, pour atteindre son but, qui etait de faire un Manuel, et en meme temps pour ne rien laisser passer de necessaire , dut ela- guer tout ce qui n’avait pas un but essentiellement pratique. Aussi est-ce avec un veritable interet qu’on le voit lutter avec tant d’avantage contre la difficulty d’etre tout a la fois elair et concis, complet et bref.

Grace a son esprit methodique et a l’ordre judicieux qu’il met dans ses descriptions , il vient a bout de surmonter toutes ces difficultes ; et apres l’avoir lu, on s’etonne de voir tant de choses contenues dans si peu de mots. Cette concision si remarquabie ne nuit en aucune maniere a la clarte. On peut meme avancer sans crainte que cette derniere qualite est une de eelles qui brillent le plus dans ses ecrits : car si parfois il se rencontre des passages obscurs, il est evident que cela vient, ou de quelques fautes de copistes, ou de l’ignorance dans iaquelle nous sommes de quelques details de la pratique des anciens. Sous ce rapport, tous les ecrivains de l’antiquite peuvent nous presenter le meme defaut, a quelque ordre d’ailleurs qu’ils appartiennent. L’obscu- rite n’est pas en eux, elle est tout entiere en nous. Paul sait admirablement fractionner un sujet pour en reprendre ensuite chaque section separement , et en faire un tableau dont 1’esprit le moins attentif peut saisir tout a la fois les details et I’ensemble. C’est ainsi qu’il commence par defmir son sujet, puis il le divise

6

INTRODUCTION.

en plusieurs parties, s’il y a lieu ; donne 1’explication de chaeune deses divisions, enpose leslimites naturelles; fait une description generate d’abord , entre ensuite dans les particularity essen- tielles; cite les opinions des maitres et les approuve ou les re- jette , et donne enfin les preceptes qui lui paraissent les meil- leurs. Telle est la marche logique dont il se depart bien rare- ment. Ce proeede est evidemment celui qui lui permet le moins de s’egarer, tout en lui laissant la liberte de dire tout ce qui est necessaire.

Le style de Paul se ressent inevitablement de l’etat de deca¬ dence dans lequel se trouvaient les lettres grecques au temps ou il ecrivait. Jene sais s’il s’est preoccupe beaucoup d’etre elegant! Dans tous les cas, les matieres sur lesquelles il s’est exerce ne le comportaient pas beaucoup : pour faire un recueil aussi serre , aussi precis , il n’y avait guere de possibility de viser a l’ele- gance, et il ne s’agissait pas pour lui de faire une composition litteraire. Toutefois sa diction est pure, et le mot propre lui fait rarement defaut. Son style me parait avoir les qualites du genre didactique qui convient aux recueils scientifiques abreges. Je sais bien que sous ce rapport d’autres ouvrages de medecins anciens se distinguent par une couleur litteraire fort remar- quable, et qu’Aretee, entre autres, s’eleve quelquefois jusqu’a la hauteur du style poetique. Mais qui sait si ce n’est pas souvent aux depens de la verite medicate? Quant a Celse, qui a merite d’etre appele le Ciceron des medecins , on sait que ce fut un polygraphe a qui tous les genres de composition litteraire etaient familiers, et qui ecrivit sur la medecine comme il avait ecrit sur l’agriculture et sur la rhetorique. Les passages ou il est question de lui dans les auteurs de son temps, tels que Columelle1, Pline 2 et Quintilien 3, donnent meme lieu de douter tres serieu-

1 De re rustica, lib. I, cap. 1 ; lib. m, c. 17 ; lib. IV, c. 8, £dit. Panckoucke,

2 Liste des auteurs en t4te de YHistotre naturelle, mSme Edition.

3 Institut. orat., lib. XII, cap. ultimum, in fine, mfime Edition.

DES ECRITS DE PAUL D’fiGINE.

sement s’il etait veritablement medeein , c’est-a-dire s’il avait etudie la medecine autrement qu’en philosophe.

J’ai entendu des savants estimables avancer que Paul n’avait pas mis un mot de lui dans son ouvrage , et que les passages memes ou il parle a la premiere personne sont copies textuelle- ment dans les auteurs, de sorte que le pronom personnel ne se rapporterait pas a lui, mais a l’ecrivain qui lui aurait fourni son article. On affirmaitque cela etait surtout vrai des trois premiers livres qui seraient entierement copies. Je n’ai pas besoin d’in- sister beaucoup pour demontrer combien cette assertion est peu fondee. Outre le passage si precis de la preface que j’ai trans- crite plus haut , dans lequel 1’auteur declare qu’il n’a point mis dans son livre ses propres conceptions , excepte quelques-unes des choses qu’il a yues et experimextees days la pratique de l’art, il ne faut qu’avoir jete un coup d’oeil sur son livre pour etre convaincu qu’il n’est pas copiste. Ainsi , dans le cha- pitre ler, livre II , il dit : « Nous nous servirons de nouveau et principalement du recueil abrege d’Oribase , fait d’apres Galien , et aussi de quelques autres auteurs , et nous ajouterons un tres petit nornbre de choses omises par eux : y.od ypsiq ika.yy.Gx6. xi va Tzapa’kelzip.p.iva. Tcpoabrjcroiivj. » Deja dans le livre Ier, cha- pitres 41 et 46, il rapporte des faits de sa propre pratique. 11 en est de meme dans le livre III , chapitre 3, et surtout dans le livre VI , chapitre 78 , qui se termine par une observation de l’auteur, dans laquelle il donne des details sur un cas particulier de fistule a l’anus. Mais il y a plus , ce que Paul prend dans les autres auteurs il ne le copie pas souvent textuellement , il l’ar- range presque toujours a sa maniere ; et si l’on compare les endroits des auteurs qu’il cite et dont les ouvrages sont venus jusqu’a nous, avee ce qu’il leur prend, on voit que s’il leur em- prunte le fond , il en change presque constamment la forme. C’est, du reste, ce qu’ont remarque avant moi presque tous les ecrivains qui ont parle de notre auteur et qui n’ont pas manque

INTRODUCTION.

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de mentionner qu’on ne pouvait en aucune facon le considerer comme un compilateur servile. J’ai voulu relever ici cette grave erreur qui ehangerait completement la physionomie de Paul d’Egine, au detriment de la verite et de 1’equite.

II faut croire qu’a part la brillante reputation que Paul d’Elgine avait acquise par sa pratique, les ouvrages qu’il laissa obtinrent egalement une tres grande celebrite. En effet, deux cents ans environ apres sa mort, ils furent traduits en arabe en meme temps que les ecrits de Galien et d’Hippoerate, et ce n’etait pas un mediocre honneur que d’etre mis ainsi sur la meme ligne avee le pere de la medecine et son savant commentateur, de preference a tous les autres medeeins grecs qui avaient laisse des ouvrages. L’homme qui eontribua le plus a communiquer aux peuples semitiques les connaissanees scientitiques de la Grece fut Honain-ebn-Ishaak, medecin chretien, Syrien d’ori- gine, qui vecut vers l’an de l’hegire 260, de J.-C. 873, sous le khalifat de Almotawakkel. Son maitre en medecine avait ete Jahiah-ebn-Masouiah , plus eonnu en Occident sous le nom de Jean Mesue : ce dernier pratiquait a Bagdad *.

Depuis longtemps deja les khalifes avaient ranime en Orient le gout des lettres et encourageaient ceux qui se livraient a l’etude. Almotawakkel, desireux de voir ses sujets se familia- riser avee les sciences des Grecs, invita Honain, qui etait ega¬ lement verse dans la connaissance des deux langues, a traduire en arabe leurs principaux ouvrages scientifiques. Encourage par les largesses de son souverain, celui-ci fit plusieurs voyages a Constantinople, et en rapporta un grand nombre de manuscrits traitant de toutes les parties de la philosophic. C’est ainsi que ce tradueteur infatigable fit connaitre aux Arabes Hippocrate, Galien, Paul d’Egine, Euclide et l’Almageste de Ptolemee1 2.

1 Yoyez Aboulfaradj, op. cil., p. 171 et suiv.

2 Voyez Wenricb, op. tit., et d’Herbelot, Bibliotheque orientate.

DES fiCRITS DE PAUL D’EGINE.

A partir de ce moment, notre auteur fut continuellement cite et surtout commente par les medecins arabes. Le premier qui en fasse mention est Jahiah-ebn-Serapion, appele aussi Serapion le jeune *. On ne sait pas au juste en quel temps il vivait. Rene Moreau 1 2 le place dans le vin* siecle et vers 1’an 762, ce qui est evidemment une erreur. D’autres le font vivre dans le xe siecle 3. Quoi qu’il en soit , dans le Breviarium, il parle d’une compo¬ sition pharmaceutique de Paul d’Egine : Paalus Alagintie adde- bat in ea cassie lignee , etc. Il n’est pas difficile de reconnaitre dans cette orthographe assez barbare la transcription arabe du nom de notre auteur, qui, dans cette langue, s’appelle Boulous ou Foulous , Aladjeniti ou Alagentia La traduction arabe de Paul d’Egine ne servit pas seulement a faire connaitre ses oeuvres chez les Orientaux. En effet, il arrivapour notre auteur ce qu’on avait vupour d’autres ecrivains grecs ; il fut traduit en latin sur cette version arabe4. La langue grecque etait devenue si etrangere aux peuples de l’Occident pendant le moyen age, qu’on ne connaissait pas meme de nom le plus grand nombre des ecrivains illustres qui avaient porte si haut la gloire litteraire de la Grece ; si bien que ce furent les Arabes qui nous initierent les premiers a la connaissance de quelques auteurs de ce pays. Mais on peut juger ce qu’est une traduction d’une traduction. Celle de Paul , dont 1’auteur est reste inconnu, etait tellement barbare, qu’elle ne put servir a faire connaitre notre auteur. Il est cependant tres probable que

1 Practica dicta breviarium. Venise, 1477, 61, verso, traits VII', ch. 9.

2 De missione sanguinis in pleuritide.

3 Biographie medicate i la suite du Dictionnaire des sciences medicates, Edition Panckoucke.

4 Georges Schenckius, Bibliotheque medicate, p. 433. « Extat alicubi vetus et barbara translatio ejusdem (Pauli). » Voyez aussi Fabricius, Bibliotheca graeca , loc. cit. II me reste quelques scrupules a Fendroit de cette version latine. Cepen¬ dant 1’assertion de Fabricius est trop imposante pour que j’ose la revoquer en doute sans preuves positives.

INTRODUCTION.

c’est dans cette version latine que Mathieu Sylvatieus etudia notre medecin grec ; ear il le cite assez souvent dans ses Pan- dectes *. J’ai fait de vaines recherches pour la trouver. Georges Schenckius, qui en parle, n’indique pas ou il l’a vue.

Les progres des Tures en Europe et l’aneantissement defi- nitif de 1 ’empire de Constantinople ayant fait emigrer en Occident un grand nombre de Grecs , ces exiles y introduisirent avec des manuscrits nombreux le gout des belles-lettres et le desir de remonter a la source des sciences dont ils etaient possesseurs. Tout le monde sait que c’est a ce grand evenement , ainsi qu’a la decouverte de I’imprimerie, qui eut lieu a peu pres dans le meme temps , qu’on doit la resurrection des lettres grecques et la diffusion des connaissances scientifiques dans l’Europe occi- dentale. Il arriva ainsi en Italie, en Allemagne et en France, un certain nombre de manuscrits de Paul d’Egine ; et cet auteur fut, avec Hippocrate et G alien, un de ceux qu’on imprima les pre¬ miers. L’edition princeps fut publiee a Yenise en 1528. Elle contient tout ce qui restait des oeuvres de Paul , c’est-a-dire le Memorial ou Manuel en sept livres , dont nous avons donne ci-dessus la preface. Quant a l’ouvrage sur les maladies des femmes, il etait deja perdu, et probablement depuis longtemps. Cette edition , comme on doit le penser, est fort defectueuse, et c’est avec raison qu’Hoffmann a pu dire 2, qu’elle n’a d’autre merite que sa rarete : Nihil aliud pretii editioni principi adju- dicant nisi raritatem. Elle est, en effet, remplie de fautes qui en rendent la lecture penible , difficile , et qui denaturent souvent la pensee de l’auteur. Tous les commentateurs de Paul d’Egine s’accordent pour exprimer cette opinion 3.

Plusieurs ecrivains ont pense qu’une seconde edition de cet ouvrage etait sortie des presses de Yenise en 153 h ; mais Hoff-

1 Liber cibalis et medicinalis Pandectarum; Lyon, 1478.

* Eoffmannn Lexicon bibliogr., art. Padlus jEgineta.

3 Voyez Gonlhier d’Andernach, preface de la version latine, et Gemuseus, loc. cit.

DES fiCRITS DE PAUL D’fiGINE. 47

mann1 et Renouard2 ont demontre que ce qu’on avait pris pour une seconde edition etait tout simplement un exemplaire de la premiere qui se trouvait reuni avec 1’edition d’Aetius , publiee en cette annee (1534). La veritable seconde edition de Paul d’Egine est cede qui sortit de l’imprimerie d ’Andre Cratander, a Bale, en 1538. Elle fut redigee par les soins de Jerome Gemu- seus, savant medecin, qui declare, dans son epitre dedieatoire, qu’elle est le resultat de la collation de manuscrits tres anciens. II est certain qu’en quelques points elle est preferable a la pre¬ miere. Mais on se tromperait beaucoup si 1’on prenait a la lettre l’assertion de l’editeur, qui declare que son edition a ete tene¬ ment corrigee et augmentee, qu’on peut dire avec raison que l’ouvrage semble pour la premiere fois voir le jour.

Dans cette meme epitre qu’il adresse a Philippe de Cosse , eveque de Coutances , il ajoute encore , que si l’on compare sa publication avec celle des Aides, on pourra a bon droit s’ecrier : Quantum mutatus ab illo!!! II faut bien l’avouer, c’estla de l’enthousiasme d’editeur, et le livre est bien loin de meriter de semblables eloges. En effet, 1 ’incorrection est flagrante a chaque page, les fautes y fourmillent, et l’alteration frequente du texte demontre que Gemuseus n’a pas eu les meilleurs manuscrits a sa disposition. II ne faut qu’avoir parcouru cette publication pour demeurer convaincu qu ’une bonne edition de Paul d’Egine est encore a faire. II n’est meme pas toujours heureux dans les corrections qu’il a cru devoir faire subir au texte de 1’edition des Aides. C’est ce que Fabricius et Cornarius n’ont pas manque de faire remarquer. « Je m’apergois, dit le premier, que beau- coup de choses pourraient etre ameliorees etrenduesplus pures dans cette edition de Bale , et Cornarius fait observer qu’en cherchant a la rendre plus correcte, l’editeur a rendu plus

1 Ibid., loc. cit. ^

2 Annales des Ald-es. Paris, 1825

INTRODUCTION.

vicieux certains passages : Video tamen. . . . non pauca etiarn in hac Basileensi editione meliora et inlegriora dari posse; eamque dum Pauluni studet emendate, vitiosius interdum qucedam cxpressisse notat Cornarius 1 . »

Ainsi done, jusqu’a ce jour, le texte de notre auteur n’a ete publie que deux fois ; et depuis 1538 personne ne s’est mis en peine de le faire imprimer de nouveau. En revanche, les ver¬ sions latines ont ete nombreuses et leurs publications se sont multipliees. Outre celle dont nous avons deja parle sur la foi de Georges Schenckius, et qui fut faite sur la traduction arabe, il en parut deux en 1532 : l’une a Bale, faite par Albanus Torinus, dans laquelle il manque le sixieme livre, qui fut publie a part l’annee suivante , a cause de son importance ; l’autre a Paris , faite par Gonthier d’Andernach. Dans les annees suivantes , ces deux versions furent reimprimees , tantot seules , tantdt avec des notes et des commentaires. En 1556, Cornarius publia sa traduction a Bale, chez Hervagius. Il ne peut entrer dans le plan que je me suis trace de donner ici la bibliographie complete de toutes les reimpressions de ces trois versions : on peut en voir la liste detaillee dans le Lexique d’Hoffmann , et cette nomen¬ clature ne pourrait que fatiguer mes lecteurs. J’ajouterai seule- ment que ces versions sont completes et comprennent l’ouvrage entier de Paul d’Egine. Je ne dois pas omettre de mentionner ici qu’un auteur anglais , sir Adams , a traduit dans ces demiers temps, en anglais, les sept livres de Paul d’Egine. Cette traduc¬ tion a etepubliee dans les annees 1845-1847 par les soins et aux frais de la Soeiete de Sydenham. Elle est aecompagnee de commentaires fort volumineux sur lesquels je n’ai point d’opi- nion a emettre. Je constate seulement que cette traduction a ete faite sur les textes imprimes, et qu’elle ne revele aucun tra¬ vail partieulier de revision sur les manuscrits.

0F.S fiCRITS nE PAUL D’EuINE. 49

A mon avis, la meilleurc de toutes les interpretations laiines de notre medecin grec est sans eontredit cede de Cornarius. Le style en est generalement clair et facilement intelligible, autant du moins quele permettaient les textes qu’il avait sous les yeux. Sa latinite est bonne relativement , et ses corrections souvent heureuses. C’est aussi celle que Henri Estienne a choisie pour l’inserer dans sa collection, intitulee : Artis medicos principes. Les versions de Torinus et de Gonthier d’Andernach , au con- traire , sont souvent obscures , embarrassees, penibles a lire , esquivant les difficultes au lieu de les aborder de front , et par- fois dies sont encore plus difficiles a comprendre que le texte lui-meme.

Alais outre ces diverses traductions completes , chacun des trades separes de l’ouvrage a ete l’objet de versions et de publi¬ cations particulieres. Le lexique bibliographique d’Hoffmann en donne la listc deiaillee ; et je renvoie a cet ouvrage ceux de mes lecteurs qui voudront etre eclaires sur ce sujet. Je me conten- terai seulement de faire remarquer que plusieurs de ces ver¬ sions partielles ont precede la publication du texte faite par les Aides. Cede du premier livre , entre autres , ouvrage de Guil¬ laume Copo, vit le jour des 1’ an nee 1510.

Enfin , le Traite de chirurgie , qui est seul l’objet de mon travail , a ete traduit en francais par Pierre Tolet, chirurgien de l’hopital de Lyon, en 1540 1 . Mais ee chirurgien nesavait pas le grec, et sa traduction fut faite sur une version latine. Je ne puis en donner une meideure idee qu’en eitant ici un passage de la preface qu’il a mise en tete de son interpretation : « Proesme au » chyrurgienfrancoys. Saichesamy, qu’en traduisant lesixiesme » liure de chyrurgie de Paulus /Egineta , docteur excellent , et » approuue par les medecins modernes (lequel toutesfois ie ne » tiens au nombre des medecins anciens) i’ay trouue grande

' A Lyon, chez Etienne Dolet.

INTRODUCTION.

» perplexite et certain langage amphybologicque. Ce que ne » pense proceder de l’authenr, mais de l’interpreteur latin : » combien que l’autheur ait uoulu estre brief et euiter toute

» prolixite de langaige . pour plus facile intelligence ay

» entrelasse quelque declaration mienne, oultre la lettre de l’au- » theur...., etc., etc. »

Dans une epitre qu’il adresse a M. Squironis, docteur royal, etc., il donne les motifs pour lesquels il a entrepris son travail : « Deux choses m’ont incite ( mon singulier precepteur » et arny) a traduire en langue francoyse le liure de chyrurgie » de Paulus Aigineta. L’une, la continuelle priere (pour leur ne- » cessite et usage) des compaignons cbyrurgiens de la uille de » Lyon. L’aultre (et la principale) a este pour ce que maintenant » plusieurs autheurs antiques et modernes sont illustres et pu- » blies par nostre langue uulgaire. »

Apres ce qu’on vient de lire, il me reste peu de chose a dire de cette traduction de Pierre Tolet : faite sur une version latine, elle n’est qu’une traduction d’une traduction. En outre, l’auteur y a ajoute des eommentaires , ce qui lui enleve toute fidelite. Au reste, elle est tellement tombee dans l’oubli, que personne ne la connait et ne la lit. J’ai meme quelques raisons de croire qu’a son apparition elle n’eut pas le moindre sucees.

Il n’en fut pas de meme d’une autre traduction faite par Jac¬ ques Dalechamps *, et publiee a Paris en avril 1610. Jusqu’a nos jours, cette version a ete la seule a l’aide de laquelle on a connu et etudie la chirurgie de Paul d’Egine , quoique Dale- champs n’ait pas mis le nom du medecin grec au titre de sa pu¬ blication ; et cependant ce qu’il dit lui-meme dans sa preface aurait du mettre en mefiance les lecteurs un peu difficiles, puis- qu’il convient de n’avoir eu a sa disposition qu’un texte deprave

1 Chirurgie franfaise, recueillie par M. Jacques Dalechamps, docteur en mede- cine et lectcur ordinaire a Lyon, avec figures, notes, et les Commentaires de M. Jean Girault, chirurgien jurt. Paris, chez Ollivier de Varennes, 1610, in-4°.

DF.S fiCRITS DK PAUL D’CGINE.

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et incorrect, ainsi que des traductions intideles. Void a cet egard comment il s’exprime dans cette preface : « Ce seroit veritable- » ment un grand avantage pour nous que les escrits de Leoni- » das, Meges, Antvlus, Soranus et autres de tel estoffe, desquels » Galien, Paul , Aece confessent liberalement avoir entendu , » copie et transcritplusieurs choses, ne fussent peris par 1’injure » du temps, ou que Galien eust laisse a la posterite sa chirurgie » qu’il auoit promise. Le cours des ans nous a priues de ceste » felicite ; le temps goulu a engouffre tout cela. II ne nous de- » meure autre chose de tels monumens et si precieux que quel- » ques pieces arrachees ca et la dans Aece et ce sixiesme liure » de Paul, Epitome ou A bbrege de tout ce que les anciens auoyent » mis en lumiere sur cest argument , liure fort incorrect et de- » praue en son grec, assez legerement et inconsiderement tourne » des traducteurs en plusieurs endroits , difficile a entendre et >3 declarer, ou pour ce qu’on a excogite quelque autre procedure 33 qui a este jugee plus aysee, etc., etc. 33 On le voit, Dalechamps se plaint de l’incorrection du texte et de l’infidelite des traducteurs. Mais il est cependant tombe sou- vent dans le defaut qu’il leur reproche, d’avoir substitue leurs propres idees a celles de l’auteur, quand ils ne le comprenaient pas bien. Il a surtout abuse de l’amplification en ajoutant plus d’une fois au texte grec et en l’allongeant d’une maniere peu mesuree. Aussi je suis convaincu que sa traduction n’aurait point eu de succes , s’il ne l’avait pas fait suivre de commen- taires souvent fort instructifs et qui denotent un homme verse dans la connaissance et dans la pratique de son art. Je n’ai pas pu relever toutes les erreurs dans lesquelles ce traducteur est tombe , cela ne pouvait entrer dans le plan de mon travail ; et si je l’ai fait quelquefois, c’est uniquement dans le but de justifier ma version, en discutant le sensdonne paries divers interpretes de mon auteur, et en les comparant les uns avec les autres ainsi qu’avec le sens adopte par moi. Au reste , je dois le dire , les

INTRODUCTION.

erreurs auxquelles je fais allusion ne sont point le fait de Dale- champs, dans le plus grand nombre des cas : elles tiennent a ce qu’il n’avait pas un texte correct a sa disposition ; et cette raison explique pourquoi j’ai ete forcement entraine a retnanier eom- pletement mon auteur et a faire une collation detaillee de tous les manuscrits. Sans ce travail preliminaire oblige , toute tra¬ duction nouvelle devenait inutile.

Le coup d’ceil historique que je viens de jeler sur les oeuvres de Paul d’Egine , et qui m’a permis d’en suivre les destinees depuis leur apparition jusqu’a nos jours, demontre que dans tous les temps ces ecrits ont attire l’attention etl’interet des me- decins , que leur reputation a constamment ete au niveau de celle des maitres de la science , et enfrn que , sous le rapport chirurgical surtout, ils restent en possession d’une renommee de valeur qu’aucun autre ecrivain grec ne peut leur disputer. Cette celebrite dont ils ont toujours ete entoures n’est point un eclat factice et emprunte , elle ne resuite point de circonstances fortuites et extrinseques ; ils ne la doivent qu’a leur valeur reelle et positive, qu’a la science profonde , au jugement eclaire, a l’experienee vaste et judicieuse de leur auteur. S’ils ont eu quel- ques rares detracteurs, cela tient a la fausse idee que ces hommes avaient concue de leur nature , a ce qu’on s’est persuade bien a tort qu ’ils n’etaient, comme tant d’autres, qu ’une servile compi¬ lation , et eela parce qu’on ne les avait pas lus ; car, des les pre¬ mieres lignes on a la preuve que 1’auteur y a depose les fruits de sa longue et fertile pratique en meme temps que le resultat de ses nombreuses lectures.

III. - LE TRAIT1S DE CHIRURGIE EN PARTICULIER.

Jusqu’iei je me suis occupede l’oeuvre entieredePaul d’Egine, sur laquelle il m’a paru neeessaire de donner quelques eclair- cissements. J’ai maintenant a parler du Traite de chirurgie qui

DC TRAITfi DE CH1RGRGIE.

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est seul 1’objet du travail que je publie, et qui , a tous egards, est pour nous le plus important de l’ouvrage. Ce livre de Paul est sans contredit , avee celui de Celse , tout ce que Pantiquite nous a laisse de plus complet sur la medecine operatoire. Bien que ni l’un ni l’autre ne soient des ouvrages originaux, comme ils presentent un resume net et precis de la pratique chirurgi- cale a deux epoques remarquables et distantes l’une de l’autre d’environ six cents ans, ils nous sont egalement precieux, en ce qu’ils nous permettent de constater les progres et les develop- pements successifs de Part depuis sa naissance jusqu’a son som- meil pendant la nuit du moyen age.

Entre ces deux auteurs, il y a bien encore d’autres ecrivains en possession d’une renommee plus ou moins eclatante qui se sont occupes de chirurgie. Ainsi , on trouvedans G alien , dans Soranus, dans Oribase, et dans Aetius, entre autres, des pages interessantes sur des points partieuliers de Part operatoire. Aetius surtout renferme dans son enorme compilation un grand nombre de morceaux de chirurgie qui ont droit a notre atten¬ tion. Mais aucun de ces ecrivains n’a rassemble dans un recueil particulier le fruit de ses lectures ou de sa pratique ; et c’est justement pour Pavoir fait, que Celse et Paul d’Egine ont tant d’importance a nos veux , et se recommandent d’une maniere toute speciale a notre interefet a notre examen. i Sous le rapport purement chirurgical , le livre d’Aetius a l’immense inconvenient d’avoir dissemine sans ordre et sans methode, comme sans suite, les diverses maladies externes et les precedes d’ operation , au lieu de les rassembler dans un cadre particulier, suivant un plan bien trace; de telle sorte que les re- cherches y sont difficiles, toutes les matieres y etant en quelque sorte confondues et melangees. En outre, Part operatoire parait n’avoir occupe l’auteur que d’une maniere tout a fait secon- daire ; il semble n’y attacher que peu d’importance, et ce n’est que d’une maniere pour ainsi dire accessoire qu’il copie dans

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les chirurgiens anterieurs les precedes d’operation meme les plus importants. On est etonne d’y voir completement omises des parties capitales de la chirurgie , telles que les fractures et les luxations, tandis qu’on y trouve, au contraire, decrites avec complaisance , des operations qui ne meritent guere d’attirer l’attention. Enfin, il est visible, par les omissions nombreuses qu’on y remarque , par le peu de soins que met l’auteur a de- crire les operations, par la complaisance avec laquelle il s’etend au contraire sur les sujets purement medicaux, que la chirurgie ne le preoccupait nullement, et qu’il voulait passer sous silence toutes les parties de l’art qui n’appartenaient qu’a la medecine operatoire proprement dite.

Quant aux ouvrages qui nous restent d’Oribase , ils n’offrent presque aucun interet au point de vue chirurgical. Les livres De laqueis et De machinamentis , qui font partie de ses oeyvres , ainsi que deux autres livres, De fractis et luxatis , qui se trou- vent dans la collection de Nicetas, publiee par Cocchi, sont les seuls qui aient un rapport direct avec la medecine opera¬ toire ; et pour le reste, la plupart des observations que je viens de faire sur la compilation d’Aetius s’appliquent avec plus de raison encore, si c’est possible, a celle d’Oribase. G’est, du reste, dans un sens analogue qu’en parlent le plus grand nombre des auteurs qui se sont occupes de la litterature medieale ancienne ; et je ne puis mieux faire que de citer ici ce que dit a ce sujet un des meilleurs historiens de la chirurgie. Yoici de quelle ma- niere Peyrilhe caracterise les ecrivains dont je viens de parler 1 : « Parmi les compilateurs medecins , les uns , tels qu’Oribase , » ont reduit un auteur en epitome , en gardant les propres » termes et les expressions de l’auteur original , uniquement » occupes d’en concentrer le sens avec les moindres change - » ments possibles.

Histoire de la chirurgie, p. 733.

DU TRAITfi DE CHIRURGIE. 55

» Quelques autres, comme Aetius , se contenterent de faire » des centons , ou , pour me servir d’une expression de Baillet, b des rapsodies de plusieurs auteurs dont ils emprunterent les » morceaux qui convenaient a leur dessein. II en est enfin qui » ont fait un choix judicieux des meilleures choses dont ils ont » enrichi leurs propres decouvertes. Tels ont ete Celse a quelques » egards, Aurelianus et Paul d’Egine. »

Ce jugement de Peyrilhe donne la mesure exacte du merite et des qualites qui appartiennent a ces auteurs, 'et confirme plei- nementles considerations que j’ai emises precedemment. Ainsi, pour avoir une idee exacte et precise de la chirurgie ancienne, il faut s’en tenir a Celse et a Paul d’Egine. Ils sont les seuls qui nous en aient laisse un recueil a peu pres complet , separe du reste de la medecine, et qui nous donnent les particularites essentielles des operations generalement pratiquees a leur epoque. C’est la qu’est pour nous le principal merite de ces deux ecrivains , et ce merite est si bien send , meme de nos jours , que les chirurgiens conlemporains ne manquent jamais de les citer et de recourir a eux toutes les fois qu’ils veulent faire l’historique d’une operation, ou juger un fait dont la nouveaute peut paraitre contestable.

Je ne pretends pas dire pourtant que les traites de Celse et de Paul d’Egine soient le dernier mot de l’art operatoire chez les anciens, et qu’ils nous initient a tout ce que les chirurgiens qui les ont precedes savaient et pouvaient faire. L’extreme sobriete de details dont ils usent, et la necessite ou ils s’etaient places d’etre extremement concis, nous privent evidemment d’une foule de notions speciales au defaut desquelles rien ne peut sup- pleer. Aucune particularite n’est indifferente en chirurgie, et la conjecture ne peut en aucune maniere remplacer la description.

1 II est bon de rappeler ici que le texte d’Adtius n’a jamais dtd imprime tout en- tier. Cet auteur n’est connu que par la version latine complete qu’en a donnee Cor-

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Mais tout incomplets qu’ils sont sous ce rapport , ils nous per- mettent cependant d’apprecier les resultats generaux auxquels la science etait arrivee de leur temps, de connaitre leurs moyens de diagnostic et les elements de leur pathologie externe , de juger le plus ou moins de hardiesse de leurs resolutions , ainsi que la valeur des signes sur lesquels ils se basaient pour operer ou pour s’abstenir, enfin d’avoir une idee positive de leur ma- nuel operatoire.

Si l’on eonsidere l’etat de morcellement et de specialisation dans lequel se trouvait alors la pratique de la chirurgie , nous devons nous estimer heureux que les ravages du temps, qui ont detruit tant d’autres ouvrages, aient laisse a notre disposition des recueils qui, en deiinitive, contiennent l’ensemble des prin- cipaux progres que l’art avait faits dans l’antiquite. En effet , l’immense majorite des cbirurgiens se livrait a la pratique exclu¬ sive d’une speciality restreinte. 11 y avait des lithotomistes , des oculistes , des herniaires , des dentistes , des aurisies , etc. ; et certes ce n’a pas ete un des moindres obstacles au progres de la science, et surtout a son enseignement par les livres que son extreme morcellement dans la pratique. Sous ce rapport encore les traites de Celse et de Paul d’Egine nous offrent un interet particulier, qu’aucun autre ouvrage, parmi ceuxdes anciens qui ont ete conserves, ne peut nous presenter.

S’il est vrai que Celse n’ait pratique ni la medeeine ni la chi¬ rurgie, comme on a peut-etre le droit de le conclure d’apres les passages indiques plus haut de Columelle, de Pline et de Quinti- lien, et je dirai meme d’apres certains endroits de son ouvrage, on ne peut du moins contester qu’il ait ete parfaitement au eou- rant de la science, qu’il l’avait etudiee dans tous ses details, et qu’il etait tres verse dans la lecture des ecrivains iatriques les plus eelebres , tant de la Grece proprement dite que de l’ecole d’Alexandrie et de Rome. Cela ressort evidemment du pream- bule qui se trouve au commencement du livre Ier de son ou-

DU TKAITfi DE CHIRURGIE.

vrage, ou il fait 1’historique abrege des principals sectes ou ecoles medicales, de leurs opinions, de leurs discussions et des changements successes qui eurent lieu dans les doctrines iatro- philosophiques. Dans un autre passage 1 il rapporte les noms de ceux qui ont enriehi le domaine de la chirurgie et qui avaient laisse sur cet art des ecrits plus ou moins importants, dont il a certainement profite pour composer son recueil. On peut done, a bon droit, considerer son Traite chirurgical comme le resume succinct de tous les progres qu’avait faits la medecine operatoire depuis les temps historiques jusqu’a l’ere chretienne.

Paul d’Egine, de son cote, quoique livre a la pratique active, n’etait pas moins familiarise avec les ouvrages des maitres an- terieurs , ainsi qu’on en a la preuve non-seulement par tous les noms qu’il cite, mais encore par les precedes operatoires qu’il decrit d’apres les autres et quelquefois sans les nominer. Nous en avons d’ailleurs pour caution ses propres paroles 2, par les- quelles il nous apprend que la lecture et 1’etude des medecins celebres lui etaient familieres. Mais en outre on voit dans ses ecrits 1’homme veritablement epris de son art : l’amour de la science respire dans ses paroles ; il est visible qu’il l’avait etudiee et qu’il la pratiquait avec passion , que par consequent rien de ce qui s’y rapporte ne lui etait indifferent. Ajoutons que ses voyages avaient du murir beaucoup son experience et le mettre au courant de tout ce qui se faisait dans les principaux centres medieaux de son temps. Place dans de telles conditions , il n’est pas douteux qu’il ait fait mention dans son Compendium de toutes les nouveautes utiles et acceptees, de tous les progres qui s’etaient produits avant lui. Ces considerations nous donnent le droit de eonclure qu’on peut , avec ces deux auteurs, avoir un tableau restreint, mais exact, de l’etat de la chirurgie chez les aneiens.

Il me semble qu’il n’est point hors de propos d’attirer ici

* Celse, liv. VII, Preface.

2 Voyez plus haut, preface de Paul d’Egine.

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INTRODUCTION.

1’ attention du lecteur sur les principaux faits chirurgicaux qui se produisirent pendant la periode de six cents ans qui separe Celse de Paul d’Egine , afin d’en deduire les progres accomplis dans la medecine operatoire, et de faire ressoriir la marche que suivit la science jusqu’a l’epoque ou les invasions barbares l’anean- tirent momentanement.

Dans ses sept premiers chapitres , Paul decrit des operations dont on ne trouve guere de traces dans Celse. 11 y a surlout un chapitre eonsacre a Thydrocephale , dont l’auteur grec signale les differentes especes admises de son temps, et pour lesquelles il prescrit l’ouverture de la collection. Cette ouverture n’est point decrite, mais seulement mentionnee dans 1’auteur latin.

Yiennent ensuite les operations pratiquees dans les maladies des yeux ; elles sont longuement decrites dans les deux ecri- vains, et Ton ne voit pas que la cbirurgie ait beaucoup modifie ses precedes dans l’intervalle de temps qui les separe. Toute- fois l’hypopyon est passe sous silence dans Celse , et Paul en parle , en se contentant de copier Galien et de rapporter d’apres lui le mode de suecussion mis en honneur par Justus, et l’incision de la cornee. Je remarque, au sujet de l’egilops , que le medecin grec rapporte, sans l’adopter, la perforation de 1’os unguis comme une operation commune de son temps. Dans 1’ectropion , Celse reeommande une incision semi-lunaire ayant les pointes tournees vers la machoire , tandis que Paul prescrit une incision en forme de lambda dont la pointe est tournee vers le globe de l’ceil et dont la partie large aboulit a la rangee ciliaire ; il excise ensuite la portion qui se trouve entre les jambes du lambda , et reunit par deux points de suture. C’est le precede d’Antvllus.

Dans le chapitre de la mutilation des levres, des preilles et du nez, l’auteur latin decrit clairement l’autoplastie, en disant de quelle maniere on amene une portion d’une partie voisine sur celle qui est ecourtee : TSeque enim, dit-il, creatur ibi corpus ,

DU TRAIT15 DE CHIRURGIE. 59

sed ex vicino adducitur. Chose singuliere! cette operation, si feconde en resullats, tomba bientot en oubii, si bicn qu’il n’en est plus parle dans Paul d’Egine; car au chapitre du colo- boma, il se contente de rafraichir les bords de la mutilation et de les rapprocher quand cela est possible. Ici la science avait fait un pas en arriere.

L’article de Celse sur l’extraction des dents montre combien Part du dentiste etait peu avance a son epoque, et quelle fausse idee on avait sur cette operation. Ainsi cet auteur veut qu’on ebranle peu a peu la dent douloureuse jusqu a ce qu’elle vacille. II declare qu’il v a extreme danger a enlever une dent qui est solide dans 1 ’alveole ; il indique mille precautions dirigees contre ces dangers imaginaires, et prouve bien ici qu’il ne parle que d’apres les autres. Le medecin grec, au contraire, decrit en quelques mots tout ce qui est relatif a cette operation , sans ou- blier d’indiquer qu’on doit limer les dents trop longues.

Quoique la tracheotomie ait ete pratiquee avant Celse par Asclepiade qui en est l’inventeur, au diredeCceliusAurelianus1, cependant. cet ecrivain n’en dit pas un mot. 11 est probable qu’elle tomba en desuetude jusqu ’au temps ou Antyllus la remit en honneur. Paul d’Egine, en rapportant le procede operatoire de ce chirurgien celebre, pose nettement l’indication de cette operation, en disant qu’il ne faut la faire que quand le larynx est obstrue par une maladie survenue dans cet organe ou dans les parties avoisinantes, et qu’il faut se garder de la pratiquer dans les suffocations qui ont pour cause une affection pulmo- naire. C’est la un progres dont 1 ’honneur revient en par tic a notre auteur.

L’extirpation des tumeurs strumeuses est decrite avec detail dans Paul, qui donne d’excelfents preceptes applicables a l’en- levement de beaucoup d’autres tumeurs, tant pour montrer les

Acut. morb., lib. Ill, cap. i. Conf. Arft6e, Acut- morb., lib. I, cap. 7.

60

INTRODUCTION.

confre-indicaiions a l’operation que pour donncr les lhoyens d’eviter les gros vaisseaux et les nerfs, et de Her les premiers, si par hasard onlesouvre pendant la dissection des tumeurs. Celse, au contraire, n’en dit pasun mot, non plus quedu cancer operable *, et de quelques autres tumeurs dont l’auteur grec s’occupe en divers endroits. On voit que les chirurgiens etaient devenus plus hardis et plus resolus.

Mais l’operation qui prouve le mieux leur sage hardiesse, en meme temps qu’elle constitue le progres le plus positif et le plus serieux de la chirurgie pendant le temps qui separe Celse de Paul d’Egine, est certainement celle qui fut appliquee a la guerison de l’anevrysme , je veux dire la ligature de l’artere au-dessus et au-dessous du sac anevrysmal. L’auteur latin, qui ne distingue pas les arteres des veines, quoique cette distinc¬ tion fut etablie bien avant lui (et pour le dire en passant , ce n’est pas la un des moindres arguments a i’appui de l’opinion qui veut que Celse n’ait pas pratique la medecine) , l’auteur la- tin, dis-je, ne fait aucune mention de l’anevrysme. Galien1 2 distingue deja les anevrysmes spontanes des anevrysmes trau- matiques; et Aetius 3 decrit sommairement la maniere d’operer l’anevrysme survenu au pli du bras a la suite d’une saignee malheureuse, apres avoir toutefois deplore l’impuissance de Part dans les anevrysmes qui ont un autre siege. II prescrit de decouvrir l’artere brachiale environ trois ou quatre travers de doigt au-dessous de 1’aisselle, de la saisir avec un crochet mousse et d’y appliquer deux ligatures, puis de la couper entre les deux liens , et de remplir la plaie avec de la fleur d’encens. Cette operation preparatoire une fois faite, on attaque alors avec

1 Au sujet du cancer , il dit settlement que les Grecs en distinguent plusieurs especes, et que la langue latine n’a pas de mots pour les exprimer. (Liv. V, sect. 26, ch. 31.)

2 Voyez Paul d’Egine, Chirurgie, ch. 37.

3 Tetrabiblos, IV, serm. 3, c. 10.

DU TRAITfi DE CHIRURGIE. 61

securite I’anevrysine du pli da bras, sans craindre desormais, dit-il, l’eruption du sang. On ouvre la tumeur, on evacue tous lescaillots sanguins, et l’on eherehe l’artere qu’on lie avec deux fds et que Ton coupe entre les deux ligatures, apres quoi on remplit la plaie de remedes suppuratifs. Deja, un peu aupara- vant , Aetius 1 avait indique la torsion comme moyen d’arreter l’hemorrhagie dans les plaies faites aux arteres.

Tel etait l’etat de la science lorsque Paul d’Egine Ini fit faire un nouveau pas en supprimant la ligature preparatoire. Mais ce n’est pas le seul progres que son experience ait impose a cette operation. D’abord il conseille d’ operer tous les anevrvsmes situes dans les membres ou a la tete ; il veut qu’on s’abstienne seulement dans ceux des aisselles , des aines , du cou et dans ceux des autres parties qui seraient tres volumineux. Son pre¬ cede pour operer les anevrvsmes spontanes est simple : il con- siste a isoler 1’artere , a la Her au-dessus et au-dessous de la tumeur, a faire une ouverture au sac pour le vider, et a appli- quer un pansement suppuratif. Sa methode pour operer les anevrvsmes traumatiques differe de eelle-ci, en ce que ses deux ligatures comprennent la peau et les tissus. L’auteur grec prouve dans ce chapitre qu’il etait un chirurgien consomme, car il n’est pas douteux, pour moi, qu’il soit le veritable auteur dps procedes qu’il decrit. Jesais bien que Kurt Sprengel2 n’est pasde cet avis, et qu’il attribue a Antyllus cette operation de l’anevrysme , en se fondant sur un passage de Rhazes. Mais j’avoue d’abord que l’autorite de Rhazes sur ce point ne me pa- rait pas imposante. L’inexactitude habituelle aux Arabes, quand il s’agit surtout de questions de chronologie ou de bibliographie, doit inspirer une grande mefiance et une legitime suspicion sur les opinions qu’ils expriment relativement a des attributions de cette espece, et dans le cas present, nous pouvons combattre

1 Ibid,., semi. 2, c. 51.

2 Histoire de la medecine, vol. VU, p. 336.

INTRODUCTION.

directement 1’assertion de Sprengel par des arguments positifs. En effet, si Antyllus avait fait une pareille decouverte, pourquoi Aetius n’en aurait-il pas parle dans le chapitre qu’il consacre a l’anevrysme? D’ailleurs ici Paul d’Egine parle a la premiere personne et en son propre nom : Quant a nous , dit-il , void comment nous distinguons, etc., etc... vjputg dk dixy.pivoy.ev,... ce qu’il ne fait jamais avec le pronom personnel quand il ne s’agit pas de sa propre observation. Du reste, Peyrilhe apar- faitement senti la force de ces raisons, et il declare que le chi- rurgien grec parle ici d’apres son experience, et que le procede operatoire lui appartient completement.

Dans le chapitre consacre a la phlebotomie, Paul defend, sauf necessity indispensable , de saigner les enfants avant quatorze ans et les vieillards apres soixante ans. Celse \ au contraire, dit que c’est a tort que les anciens defendaient de saigner les enfants et les vieillards. Il ajoute avec une grande raison, que ce n’est pas Page , mais la force du malade qui importe. Il veut done qu’on saigne 1’enfant et le vieillard s’ils sontvigoureux. Je ne sais sur quel fondement Etienne Pasquier, et en general les medecins de la renaissance, ont pretendu qu’au dire des anciens, la saignee etait mortelle chez les enfants , et ont attribue a l’Arabe Averroes la decouverte qu’on pouvait saigner les en¬ fants, erreur que Freind2 a relevee. Le passage de Celse, qui est formel a cet egard, avait sans doute echappe a ceux qui ont ac- credite cette erreur, ou plutot l’autorite des Arabes, qui etait encore grande a cette epoque, faisait negliger 1’etude des veri- tables maitres.

Liv. II, sect. 10.

2 Histoire de la mededne, 2' partie. E. Renan, Averroes, p. 34. « Combien de sifecles, dit Etienne Pasquier ( Lettres, t. II, liv. 19, p. 548), avons-nous exercd la m^decine, estimants qu’il ne falloit saigner un enfant jusques a ce qu’il eust atteint l’aage de quatorze ans, et que la saignee leur estoit auparavant ce temps non un remfede, ains la mort! Herdsie en laquelle nous serions encore aujourd’huy sans Averroes, Arabe, qui le premier se basarda d’en faire l’espreuve sur un sien fils, aage de six a sept ans, qu’il guerit d’une pteuresie. »

DU TRAITfi DE CHIRURG1E. 63

On trouve ensuite dans Paul d’Egine une serie de huit cha- pitres qui n’ont point d’analogues dans l’auteur latin. De ce nombre sont celui qui prescrit 1’amputation du sein hypertro- phie chez les hommes, et celui dans lequel il est question du cancer aux seins et de la maniere de l’operer d’apres Galien. II ne faut point oublier de constater ce nouveau progres chirurgi- cal fait apres l’epoque de Celse.

Je passe sans m’arreter sur les precedes de suture dans les plaies abdominales, ainsi que sur les articles consacres aux her- nies. L’absence de connaissances anatomiques precises chez les anciens rendait leur maniere d’envisager et d’operer la hernie grossiere et barbare. Celse, qui estle premier auteur dans lequel ce sujet soit traite, declare tout d’abord que les sentiments sont tres partages sur cette affection. II ne dit que deux mots sur la hernie inguinale simple, et s’etend longuement sur la chute de l'intestin dans les bourses. D’apres lui, toute hernie provient de rupture du peritoine. Paul d’Egine, au contraire, admet la dis¬ tension, du peritoine sans rupture. Ce double mode de produc¬ tion de la hernie par rupture et par distension du peritoine est formellement etabli dans notre auteur, et je m’etonne que Kurt Sprengel 1 pretende que, jusqu’au xvie siecle, on ait admis que le peritoine n’enveloppait plus les intestins hernies.

L’etude des maladies des organes genitaux avait fait quelques progres de Celse a Paul d’Egine. On trouve dans celui-ci plu- sieurs affections qui sont omises dans le premier, telles que l’hypospadias et le paraphimosis, ainsi que quelques maladies du prepuce. Le diagnostic et le traitement de plusieurs autres sont mieux entendus et plus developpes dans l’auteur grec. Je ne veux pas parler de la description qu’il donne du precede a l’aide duquel on fait les eunuques. II a beau s’en excuser et declarer que cette operation est en dehors des devoirs du chi-

Histoire de lamddecine, vol. VII, p. 131.

INTRODUCTION.

rurgien, il n’en est pas moins immoral de la voir figurer dans un traitede chimrgie. II est vrai que si Celse ne la donne pas, il decrit en revanche l’infibulation. Paul d’Egine traite encore de diverses tumeurs ou excroissances aux parties sexuelles tant masculines que feminines, de l’hermaphroditisme, du rhacosis, ducercosis, des maladies des ongles, etc., etc., et donne les differentes operations applicables a ces maladies, qui ne sont point mentionnees dans l’ecrivain latin , et qui constatent un progress assez notable dans les connaissances chirurgicales.

La methode de cystotomie qui a conserve le nom de Celse est tellement connue, qu’il est inutile d’en parler, sinon pour signaler deux points qui different entre la description de 1’auteur latin et celle du medecin grec. Le premier, c’est que Paul ne defend pas d’operer les malades ages de plus dequatorze ans; le second, c’est qu’il fait l’incision obliquement sur le cote gauche du perinee, au lieu de la faire en croissant sur le raphe. Ajoutons qu’il emploie la succussion avant d’operer, pour faire tomber la pierre sur le col de la vessie.

Les moyens de retirer le foetus mort dans l’uterus ne dif¬ ferent pas beaucoup dans les deux auteurs. Cependant il y a dans le chirurgien grec un progres qui a de 1’importance, en ce qu’il est possible qu’il ait donne l’idee de l’invention du forceps. C’est l’application simultanee de deux, crochets qu’on enfonce a droite et a gauche dans la partie du foetus qui se presente , et au moven desquels on 1’extrait en tirant peu a peu et avec pre¬ caution. En effet, de la a l’idee d’un instrument mousse a deux branches applicable au foetus vivant, il n’y a vraiment qu’un pas. Precedemment, Pbilumenus avait donne le precepte d’aller ehercher les pieds de 1’enfant en le retournant pour l’amener au dehors, et a ce sujet Peyrilhe s’ecrie : « Si cette manoeuvre est aussi salutaire qu’on le pretend, que de couronnes civiques ne merita pas Philumene, ou celui qui le premier apprit aux homines 1’operalion dont nous trouvons cbez lui les premiers

DU TRAITS DE CHIRURGIE. 65

vestiges ! ! ! » Le passage de Philumenus se trouve dans Aetius, Tetrabiblos , IV, serrn. h, c. 23 : At si caput foetus locum ob- struxerit, in pedes vertatur atque ita educatur. II paraitque le precepte de Philumenus ne fut pas accepte , car il a fallu bien des siecles pour que la version, qui rend tant de services, fut universellement adoptee.

Dans le chapitre des fistules en general, les deux auteurs sont d’accord pour prescrire le deployment ou 1’agrandissement du trajet et l’excision de la callosite ; mais lorsque la fistule aboutit a un os carie. Paul d’Egine prescrit la resection de l’os. II veut meme, si la maladie siege aux membres, qu’on enleve la totalite degjisAlans les cas ou ils seraient atteints de carie ou denudes de chairs. C’est la une hardiesse qu’on ne trouve point dans Celse, lequel ne va pas au dela de Fapplication du trepan.

Nous arrivons a un des passages les plus interessants de la Chirurgiede Paul d’Egine: c’est celui ouil traite de 1 ’extraction des projectiles. C’etait la partie de la chirurgie ancienne la plus etudiee, celle qui offraitla pratique la plus frequente et la plus etendue, et celle aussi ou elle etait appelee a rendre les services les plus signales et les plus eclatants. Aussi, dans les deux au¬ teurs , les procedes reposent sur les memes principes , et les changements ne portent que sur des points de detail. Toutefois le chapitre de l’auteur grec est beaucoup plus developpe et plus complet que celui de Fauteur latin. Paul y etablit les signes etle diagnostic des blessures des differents organes profondement situes, pose des regies generales pour le pronostic et pour les resolutions a prendre dans les cas douteux. C’est dans ce cha¬ pitre qu’il rappelle , en citant Hippocrate , le precepte en vertu duquel le pere de la medecine prescrit de mettre le blesse dans la position ou il se trouvait quand il a recu sa blessure, et, si cela est impossible, dans une situation rapprochee; ce qui prouve que M. Malgaigne1 s’est trompe cn attribuant a

1 Introduction aux QEuvres d’ Ambroise Pare, p. 236. <tA. Pareinsista sur cc prd-

INTRODUCTION.

AmbroisePare la decouvertede ce preceptequi remonte, comme on le voit ici, aux origines mernes de la medecine. A un autre point de vue , le passage de Paul dontie des notions qii’on ne trouverait nulle part ailleurs sur la maniere dont etaient faites les fleches et en general tous les projectiles dont se servaicnt les aneiens , sur les differentes matieres dont ils etaient composes, et sur les moyens a l’aide desquels on s’ingeniait a les rendre aussi meurtriers que possible.

Quant a ce qui eoncerne les fractures et les luxations, comme Paul d’Egine n’a guere fait que rapporter les methodes et les regies posees par Hippocrate , lesqiielles etaient parfaitement connues de Celse, il ne peut pas v avoir de grandes differences dans leur maniere d’envisager ces accidents . Toutefois il y avait eu entre eux un chirurgien renomme, Soranus , qui nous a laisse un fragment sur le traitement des fractures, sans parler de l’ouvrage publie par Ccelius Aurelianus, et qui est egaleiilent du a Soranus. Paul d’Egine a mis a contribution 1’ouvrage de ce chirurgien, comme on peut le voir dans le chapitre ou il traite de la fracture du bras. G’est au sujet du procede de Soranus que Peyrilhe 1 dit : « L’intention de mettre tous les muscles de la partie dans le relachement est si manifeste ici, qu’oii ne s’arre- tera point a la faire remarquer. Peut-etre pourrionsmous ajouter que les avanlages des extensions faites a la maniere de Soranus sont trop frappants , ont ete trop bien sentis par tous les prati- ciens jusqu’aPaul d’Egine, pour que l’habitude puisse maintenir encore la routine opposee. 11 est bien singulier que les aneiens, dont nous ravalons si fort les connaissances anatomiques, aient mille traits comparables a celui-ci, qu’on cbercberait vainement dans les meilleurs ecrits modernes , et que tout grands anato-

cepte special et tout nouveau dont il venait de faire une si heureuse application sur M. deBrissac, de mettre les blesses, pour extraire les balles, dans la position qu’ils avaient 4 l’instant de la blessure.

1 Histoire de la chirurgie, liv. V, p. 254.

DU TKAITfi DE CHIRURGIE.

mistes que nous sommes, nous sovons reduits a prendre ehez eux les connaissanees que nous leur refusons. »

En somme , la chirurgie de Paul d’Egine est plus complete , plus avancee en beaucoup de points que celle de Celse. II y avait eiT evidemment de notables progres accomplis pendant le laps de temps qui les separe. Maisen raison des circonstances poli- tiques et des revolutions desastreuses qui affligerent le monde pendant la periode de decadence de l’empire romain, ces progres ne porterent aucuns fruits et demeurerent steriles. La science suivit le mouvement politique, et tomba dans un etat de decheance telle , que les travaux et les developpements ante- rieurs devinrent une lettre morte. Elle subit un temps d’arret de plusieurs siecles ; et entre une societe qui s’eteignait dans des convulsions perpetuelles et une autre societe qui se constituait avec tant d’efforts , sa culture fut completement negligee : un grand nombre de livres, fruit de Fexperience et du genie des anciens , furent dissemines et aneantis pour toujours. L’art retomba, comme la societe elle-meme, dans une enfance relative pendant laquelle les empiriques de bas etage et les speculateurs de la credulite humaine s’emparerent de son domaine.

Le resume rapide que je viens de faire des principaux progres accomplis en chirurgie dans les six premiers siecles de Fere chretienne donne la mesure de Fimportance que doit avoir Paul d’Egine a* nos yeux. A tous egards, son ouvrage est aussi interessant pour nous que celui de Celse ; et il doit nous etre plus precieux encore, si l’on songe que jusqu’a la renaissance il fut le guide de tous ceux qui voulurent etudier et pratiquer se- rieusement la chirurgie , aussi bien des Arabes que des opera- teurs des autres pays. Les contemporains en sentiront mieux le prix, a mesure qu’ils le connaitront da vantage etqu’ilsl’etudie- ront dans tous ses details. En le lisant, ils auront une fois de plus la preuve de la profonde verite que renferme la phrase de

INTRODUCTION.

M. Littre, que j’ai mise comme epigraphe en tete de ce livre : « II n’est pas un developpement, le plus avance de la medecine contemporaine, qui ne se trouve en embryon dans la medecine anterieure. »

NOTICE

SUR LES MANUSCRITS DE PAUL D’EGINE

COLLATIONNfe POUR CETTE EDITION.

Je dois entrer dans quelques details sur les manuscrits que j’ai collationnes et al’aide desquels j’ai eonstitue le texte que je publie dela Chirurgie de Paul d’Egine. En effet, tout le rnonde sait que ces copies , transmises de main en main depuis l’auteur jusqu’a nous, sont les seules pieces authentiques sur lesquelles il est pos¬ sible de s’appuyer pour faire subir a un texte les epreuves d’une critique judicieuse et raisonnee. C’est en comparant entre elles leurs differentes lemons qu’on peut arriver a etablir une edition aussi bonne que possible d’un auteur, sans se laisser egarer par des hypotheses plus ou moins specieuses. En dehors de 1’ auto¬ rite des manuscrits, on est veritablement sans boussole et sans guide, on marche en tatonnant de conjectures en conjectures, et 1’on ne peut atteindre qu’un resultat de tous points contestable. Avec l’aide de ces documents , au contraire , et en les controlant les uns par les autres, la critique parvient a lever la plus grande partie des difficultes que presente un texte, lorsque surtout elle a a sa disposition un certain nombre de manuscrits. Or c’est preci- sement pour epargner aux lecteurs l’obligation penible d’aller eux- m6mes chercher a ces sources les moyens de rectifier les passages defectueux ou incorrects des deux editions imprimees de notre auteur, que je me suis decide a publier toutes les diverses leqons recueillies en collationnant ces manuscrits. Au moyen de ces va- riantes que j’ai mises au bas de chaque page, les lecteurs auront sous les yeux tous les elements positifs necessaires pour la rectifi¬ cation et la correction du texte.

Au lieu de repeter a chaque note le numero des manuscrits,

NOTICE

j’ai designe chacun d’eux par une lettre de l’alphabet ; et dans la notice qui va suivre, je donnerai la clef de cette substitution, qui m’a paru d’un usage plus facile, plus commode, et qui d’ailleurs a deja ete employee par d’autres dans de semblables circon- stances. Pour cette designation, j’ai, a peu de chose pres, suivi l’ordre chronologique des manuscrits, en commencjant par les plus anciens. Toutefois je dois prevenir que pour ce qui concerne Page de ces manuscrits, je n’ai point pris sur moi de le discuter : mes connaissances en paleographie ne m’auraient point paru suffisantes pour m’inspirer une grande confiance dans la solution que j’aurais pu donner a de pareilles questions, lors m6me que la nature de mon travail n’aurait pas du me les faire mettre de cote. J’ai done suivi avec un complet abandon les renseignements donnes par les notes qui existent dans les differents catalogues de la Bibliotheque imperiale, ou qui se trouvent en tete des ma¬ nuscrits. Ces notes, eneffet, sont 1’ oeuvre de divers bibliothe- caires, aussi savants hellenistes qu'habiles paleographes , qui se sont succede dans la direction du departement des manuscrits a cet etablissement.

Je croirais manquer a toute convenance et au devoir de la re¬ connaissance, si je n’adressais pas tout d’abord ici mes remerci- ments aux conservateurs et employes qui dirigent le depdt des manuscrits a notre Bibliotheque imperiale, pour l’inepuisable complaisance et pour l’extr6me bienveillance avec lesquelles ils m’ont mis a m6me de puiser a loisir a toutes les sources qui m’etaient necessaires. Je n’ai jamais demande en vain leurs con- seils , ef ils m’ont toujours prodigue tous les renseignements que j’ai reclames ayec une liberalite pour laquelle je nVempresse de leur temoigner ma plus vive gratitude.

X' SlfeCLE?

N” 2205 designe par A.

Sate en tete de ce manuserit. Codex membranaeeus 4 2s sasculo scriptus quo continentur Pauli JEginetae artis ipedicae libri septem una cum scholiis quae videntur esse recentioris manus.

> Les numeros sont ceux du Catalogue imprime.

SUR LES MANUSCRtTS Be PAUL D’fiGINE. 71

Autre note en me du manuscrit. Pauli iEginet® 6pera inedica. Deest caput 65 etultimum libri quinti folium unum. Deest finis iiltimi capitis libri ultimi. Codex membranaceus 11° saeculo sctiptus quo Cbhtinetur Paiili JSgi- netae artis medicse compendium.

Note du Catalogue imprimd. Codex membranaceus, olim Medicffius, quo continentur Pauli jEginetae rerum medicinalium libri septem. Conjectae ad marginem non paucae annotationes , idque recentiore iti&nu ; forte Mdrci Ca- basilae mediei, penes quern nostrum hoc exemplar quondam fuisse potest ex illius chirographo. Is Codex decimo ssbculo videtur exaratus.

Ce manuscrit, d’une tres belle ecriture, n’d pas fen tlte le distiqtte dont j’ai fait mention precedemment ; on y lit seulemeht : IIAYAOY AirlNHTOT ; et au-dessus de ces mots se treuVeht les signes employes pour designer les poids des substances medicamenteuses.

XI* SIECLE.

2206, design^ par B.

II n’y a pas de note eh t£te de ce manuscrit , le distique Jambique s’y trbhve au-dessus de la preface.

Note i du Catalogue imprime. Codex membranaceds , olim Colbertinus , qdo Continentur Pauli -Eginefe de re medica libri Septem ; ultimi finis desi- deratur. Singulis autem libris praefixus capitum index. Is Codex sceculo undefciiho exaratus videtur.

Ce manuscrit est tres elegammenl ecrit sur deux colonnes.

XP SlECLE.

2217; dCsigne par C.

Note en tele de ce manuscrit. Codex membranaceus 11° saeculo scriptus, quo continentur Pauli ,EginetaB collectionum medicarum libri quinque pos- trefni : tertii desideratur et septimi pars maxima recentioris est scripturae.

Le premier folio est numerote to. Il commence au chapitre 28 du iivre troisieme.

Note du Catalogue imprime. Codex membranaceus quo continentur Pauli JJginetae collectionum ad artem medicam pertinentium libri quinque ultimi : septimi autem pars major recentiore manu scripta est. Is Codex sceculo undecimo exaratus videtur.

XII* SIECLE.

446 du Supplement, designe par S.

Note du Catalogue du Supplement. Codex membranaceus quo conti¬ nentur :

Galenus ad Glauconem, de medendi methodo.

72

NOTICE

Ejusdem de febre laborantibus.

Ejusdem de palpitatione.

Ejusdem de morbis oculorum.

Ejusdem de variis remediis.

Organum astronomicum et epistola Petosiris ad Nechepso regem Assyriorum.

Hippocratis aphorism).

Ejusdem praenotiones.

Ejusdem epistola ad Ptolemaeum.

4 Galeni defmitiones medicae.

41* Stephani archiatri medica.

4 Leonis philosophi et medici compendium artis medicae.

4 Eclogae quaedam ex Oribasio medico.

Is Codex exeunte duodecimo saeculo exaratus videtur.

Le Catalogue a omis ici le fragment du VI* livre de Paul d’Egine , qui se trouve dans ce manuscrit , au folio 4 4 4, a la suite de : Stephani archiatri medica. En titre de ce fragment on lit : Ev toutm to> rap! ™-;

j^E'SSopyoxifiEvwv Xcytzat , zarj xaza capxa xa( rwv ev to?; oorotj Sewpovf. ti-jun , amp hi tm mp'c xa.zayp.az wv xat tuv t^apdpripdzwv cvuircpariczat Xoya- Ce fragment knit avec le chapitre 63. Les chapitres 4 5, 46, 47, 4 8, 4 9, 20 et 24 manquent.

Ce manuscrit est mutile en beaucoup d’endroits et d’une lecture difficile.

XIII* SIECLE.

2292, d&igng par D.

II n’y a pas de note en tAte de ce manuscrit. La preface manque , et il commence par le chapitre 4 er du livre I", au-dessus duquel on lit : IlauXo;

cazpcaotptazrii.

Xote du Catalogue imprime. Codex bombycinus quo continentur Pauli iEginetae opera eadem omninO cum editis. Is Codex saeculo decimo tertio exaratus videtur.

L’ecriture n'en est pas elegante et l’orthographe est vicieuse, mais son texte est d’une grande correction.

XIII* SlfeCLE.

2207, d&ignd par E.

.Vote en tete de ce manuscrit. Pauli jEginetae medicarum libri septem. Subduntur quaedam de pulsibus imperfecta. Codex chartaceus scriptus manu Michaelis Loullondae , anno mundi 6807, Christi 4 294, ut ad calcem volu- minis annotatur.

En UHe de la preface on lit : Hav).oo Aiytvr/rou IlEpto&uToO.

SCR LES MANUSCRITS DE PAUL D’fiGINE.

Sole du Catalogue imprime. Codex bombvcinus quo continentur : Pauli AEginetae de re medica libri septem. Libris Singulis prcefixus capi- tum index : Tractatus de pulsibus. Desiderantur initium et nomen auctoris. Is Codex Michaelis Loullardae manu, Christi anno 1294, exaratus est.

XIV SlECLE.

' N“ 2210, ddsigne par F.

Xoleen trie de ce manuscrit. Codex bombycinus Manuelis Pancralii

manu scriptus saeculo decimo quarto :

Pauli -figinet® rerum medicarum libri septem. . 1

Antiballomena . 364

De mensuris et ponderibus . 367

Nomina instrumentorum medicorum . 368

Damnasti excerpta ex Galeno de puerperis et infantium curatione. 368 Jacobi Psychristi Bvzantii remediorum quorumdam Confectiones. . 369

Index confectionum variarum . . . 378

En tCte de la preface on lit : Touvspa pm XlaS/.o; , Alyntx got

Hau/c'j AlyrsriTQv TztpiootozoZ. Les deux premiers tiers de la preface sont d’une autre ecriture que le reste.

Note du Catalogue imprime. Codex bombvcinus quo continentur :

Pauli JSginetee de re medica libri septem, praefixus capitum index.

Nomina instrumentorum variorum quibus chirurgi medici uti solent.

Excerpta ad medicinam pertinentia e Damascio, Galeno, Palladio iatrosophista et Jacobo Psvchresto.

Variae medicamentorum compositiones ; quse pars nostri exemplaris in membrana scripta est.

Is Codex Manuelis Pancratii manu, saeculo, ut videtur, decimo quarto exaratus est,

Le distique lambique ne s‘y trouve pas.

XIV« SlECLE.

2209, dCsigne par G.

Note du Catalogue ancien, manuscrit, sous le 2692. Pauli eEginetae rerum medicarum libri septem : Codex chartaceus.

II ne contient pas la preface et commence au chapitre 1er, livre Ier.

Note du Catalogue imprime. Codex chartaceus , olim Colbertinus , quo continentur :

Pauli .Eginetae artis medicae compendium libris septem comprehensum. Singulis praefixus capitum index.

10

Libanii sophist® opuscula quaedam nempe : irae vituperatio , bovis en¬ comium, ruris et urbis comparatio, aliaque id genus jampridem edita. Is Codex seculo decimo quarto exaratus videtur.

XIV* SlfcCLE.

N* 2208 , d&ign6 par H.

Xote du Catalogue ancien, manuscrit, sous le 2690. Pauli .Eginetae

rerum medicarum libri VII . 1

Galeni antiballomena . 380

De ponderibus et mensuris et eorum notis . 382

Adamantinus, de ponderibus et mensuris . 385

De trigonis . 388

Glossae botanic® . 388

Codex bombvcinus decimo quarto saeculo scriptus.

Note du Catalogue imprime. Codex chartaceus ab Antonio Eparcho , Francisco primo oblatus. Ibi continentur :

1 Pauli .Eginetae de re medica libri septem. Praefixus capitum index : praefixum quoque epigramma in laudem Pauli.

2“ Excerpta e Galeno de remediis succedaneis.

Opuscula quatuor de ponderibus et mensuris. Postrema duo e Galeni , Oribasii et Adamantii scriptis excerpta sunt.

Anonymi Lexicon botanicum.

Is Codex anno Christi 1360 exaratus est.

J'ai cherche a dechiffrer l epigramme dont on vient de parler et qui est mutilee en plusieurs endroits. Elle presente des difficultes que je ne me flat te pas d’avoir resolues entierement. Quoi qu’il en soit, j’ai lu cette epigramme de la maniere suivante : je mets entre parenthese les mots et les lettres restitues par nous.

IlauXo; mrpoj avr,p, iroXX.uv a-jra^io; a XXtov,

AvSpaan riSt ymai^tv vouacdv tupero -TrauXav.

[Horn] S’ aurov ?v£!x£, [3aSa i, roffov avSpot ; too) St AiyivijTou irpoj KaXXtpia^ov , itlr,'iag ij owEx&jpwj ;

[Tg> or, KaX]Xtpayw xftpjXtov wjtojce IlavXo;, IpiSaXwv (3 1- [©.otj irjaoav axtOTopir/ j . IlXvjVa; St xExXvjTat £ir&>vupt&>?

[toTj afffjpa at rr; apaifjiS ' on xat avxxuxXEt xat ittpiiytt [tt,v T£jfwj]v w; xaxEtiia tov T5(ov iroXov .

« Paul, medecin, qui en vaut plusieurs autres, a trouve la cure des maladies y> pour les hommes comme pour les femmes. Quel pays a produit un si grand

SliR l-ES MANUSCRITS DE PAUL D’EGINE. 75

» homme? Et un tel livre d’Eginete, compare a Callimaque, est-ce une Pleiade » ou un Manuel '? Certes, Paul a procure un tresor a Callimaque, en renfermant » dans son livre toute la medecine. Or cet ouvrage est appele Pleiade, comme » les astres du Chariot, parce qu'i la enveloppe et retourne la doctrine de meme » que cette constellation fait tourner le ciel. »

Autre epigramme en t6te de ce manuscrit :

Tovvopa [ioi TlaZX.o;, irarpi; Afyiva, iroXXa [toyr,aa; ,

II a<rav axtazopiriv, |3i5Xov Ircv^a ft&jv.

Ce manuscrit precieux est d'une grande correction et d’une ecriture tres elegante.

XV' SIECLE?

2211, d&igng par J.

.Vote en Ute du manuscrit. Pauli /Eginetae medici libri septem prout sunt editi. Codex chartaceus 1 saeculo scriptus.

.Vote du Catalogue imprime. Codex chartaceus, olim Medicaeus, quo continentur Pauli JEginetae de re medica libri septem .

Is Codex saeculo decimo quinto exaratus videtur.

Le distique Jambique se trouve en tfite de la preface.

XV' SIECLE?

N" 2047, d^signe par K.

Note en tele de ce manuscrit. Codex chartaceus 1 saeculo.

Lexicon botanicum . 25

Pauli iEginetae medici libri VII . 30

Anonymi iatrica initio mutila . 503

De trigonis . . . . . 505 v.

De tryphera . 509

Codex chartaceus eleganter scriptus licet haud antiquus. Prae-

mittuntur alia quaedam iatrica recenti omnino manu . 1

De vocibus animalium, de rerum inventoribus . S

Excerpta ex Alexandri Aphrodisaeensis problematis . 6

De XII lapidibus et eorum coloribus . 9

De Thessalonica et ejus conditoribus . 9 v.

Quaedam de viris illustribus antiquis . 10

Hippocratis epistola ad Ptolemaeum regem de hominis constitu-

* Cette phrase est evidemment incorrecte, et le vers n’est pas regulier; aussi je la traduis un peu au hasard.

NOTICE

tione (opus impressum laline ad calcem Meletti de structura

hominis. Venetiis, 1552) . 13

Ejusdem juramentum . 16

Theophilus , de phlebotomia sanguinis . 16

Note du Catalogue imprime. Codex chartaceus Fonteblandensis quo continentur :

1 0 Excerpta ex Alexandri Aphrodisaei problematum libro.

De duodecim lapidibus, illorumque coloribus .

Excerpta quaedam non magni momenti , de Thessaionica condita et de viris feminisque nonnullis illustribus.

Hippocratis epistola ad Ptolemaeum regem de hominis fabrica.

Ejusdem juramentum.

Anonymi lexicon botanicum.

Artis medicae compendium, libris septem comprehensum, auctore Paulo -Egineta.

Remedia quaedam ad certorum morborum curationem idonea. Initiunj et nomen auctoris desiderantur.

Is Codex saeculo decimo quinto exaratus videtur.

11 n’a pas le distique iambique ; mais en tAte de la preface on trouve les quatre premiers vers de l’epigramme transcrite plus haul du manuscrit 2208, design^ par H.

XV' SlfeCLE?

2212, designd par L.

Note en tele de ce manuscrit. Pauli .Eginet® rerum medicarum libri sep¬ tem. Finis desideratur. 16° saeculo scriptus.

En tAte de la preface on lit : Utaiiyu r, napoZs* (ZlSko$ outjj Ilauiou zou Alyiynzoo ircpi ^taipoca; xa! a!z!oc; voovipdzwv.

Auru r, (ZiQ.og vmxpXec UauXso zoo Aiynozou.

Note du Catalogue imprime. Codex chartaceus quo continentur Pauli AJginetae de re medica libri septem. Finis desideratur.

Is Codex saeculo decimo quinto exaratus videtur.

II n’v a ni le distique iambique, ni aucune epigrammeen tete de la preface.

XV' SlfiCLE.

2192, d&ignd par M.

Note en tete de ce manuscrit. Codex chartaceus decimo quinto saeeulo , quo continentur :

1 ° Aetii libri sexdecim.

Africanus, de ponderibus et mensuris.

Alter, de ponderibus et mensuris.

SUR LES MANUSCRITS DE PAUL D’fiGINE. 77

jEgineta, liber sextus, a capite 8 usque ad finem. Codex Telleriano- remensis.

Note de Vaneien Catalogue manuscrit, 2687. Aetii Amideni compen¬ dium librorum Oribasii ad Julianum, ad Eustathium et Eunopium, et Galeni de medicamentis et Archigenis et Rufi et aliorum aliquot veterum illustrio- rum, distributum in libros 16. Codex chartaceus.

Note du Catalogue imprime. Codex chartaceus , olim TeUerianus, quo cpntinentur.

Aetii Amideni rerum medicinalium libri sexdecim. Prmmittitur libro primo operis totius breve quoddam compendium. Singulis praeterea praefixus capitum index.

2o Excerpta ex Africano, de penderibus et mensuris.

Excerpta alia de eodem argumento.

Pauli /Eginetae operis medici liber sextus a capite octgyp usque ad finem (fol. 316, verso).

Is Codex saeculo deciino quinto exaratus videtur.

XV* SlfcCLE.

338 du Supplement, design^ par T.

Note en tdte de ce manuscrit. Liber Thomae Linacri IlauXou Myr;r,ro\>

‘KtptoSzwzov.

Note du Catalogue manuscrit. Codes chartaceus, ex bibliotheca ecclesiae Parisiensis , quo continentur Pauli JSginetae de re medica libri septem. Sin¬ gulis autem libris praefixus capitum index.

Is Codex soeeulo deeimo quinto exeunte exaratus videtur.

XV* SlfeCLE.

494 du Supplement, designe par X.

Note en Ute de ce manuscrit. TS iravayicoraTM pot avQzvz-n xai Szcicoz-n fniTpoiroXjTn Xpvpvus, ximprlua xai l£apya>

Le distique iambique se trouve en tgte de la preface qui commence au folio 1 0.

Note du Catalogue manuscrit. Codex chartaceus a Mynas e Graecia alla- tus, quo continentur :

1 ° Pauli Jiginetae de re medica libri septem. Initium deest.

Sinopsis ex arte medica Persarum graece versa.

Is Codex saeculo deeimo quinto exaratus videtur.

78

NOTICE

XVI' SIISCLE?

2213, desigue par N.

Note en tele de ce manuscrit. Pauli iEginetae rerum medicarum libri VII. Codex chartaceus decimo quinto saeculo scriptus.

Le distique i'ambique est en t6te de la preface.

Note du Catalogue imprime. Codex chartaceus , olim Colbertinus, quo continents Pauli jEginetae de re medica libri septem. Singulis praemittitur capitum index.

Is Codex saeculo decimo sexto exaratus videtur.

XVI' SlilCLE?

N" 2214, design^ par 0.

Note entetedece manuscrit. Paulus JJginela. Fol. 201 , deest capitulum ultimum libri 4. Codex chartaceus saeculo decimo quinto scriptus.

II contient le distique i'ambique en tote de la preface.

Note du Catalogue imprime. Codex chartaceus , olim Colbertinus, quo continents Pauli JSginetae de re medica libri septem quibus praefixus capi¬ tum index ; quarti autem caput ultimum desideratur.

Is Codex saeculo decimo sexto exaratus videts.

XVI' SlilCLE.

N" 2215, dgsignl par P.

Note en tdte de ce manuscrit. Codex chartaceus decimo sexto saeculo scriptus. Pauli .Eginetae libri septem de morborum diversitate et causa.

On lit en tOte de la preface : AStij -n (3i'?Ao; unapyzi IlauAou tou Atyivij-rou. ncpiextt <5e r, irapovea fitO.o, avm ictp'c Siafopis xai alrlot; vomjua-rav.

Note du Catalogue imprime. Codex chartaceus, olim Trichetianus , quo continentur Pauli iEginetae de re medica libri septem .

Is Codex saeculo decimo sexto exaratus videtur.

XVI' SlfeCLE.

2204, dfeigne par R.

Note en tete de ce manuscrit. Codex chartaceus decimo sexto saeculo scriptus, quo continentur :

!• Alexandri Tralliani therapeuticorum liber duodecimus initio et fine mutilus.

Theophilus protospatharius, de urinis.

Pauli .Eginetae artis medicae compendium.

SUR LES MANUSCRITS DE PAUL D’fiGINE. 79

Note du Catal^ue imprime. Codex chartaceus quo continentur :

Alexandri Tralliani therapeuticorum liber duodecimus; initium et finis desiderantur.

2” Theophili protospatharii tractatus de urinis.

Pauli JEginetae compendium artis medicae.

Is Codex saeculo decimo sexto exaratus videtur.

Ces deux notes sont erronees en ce que ce manuscrit ne conlient que le sixieme livre du Compendium de Paul d'Egine.

J’ai designe 1’ edition imprimee de Venise par Ye., et l’6dition imprimee de Bale par Ba.

Le MS 2205 est designe par A. Le MS 2047 esl designe par K.

2206 B. 2212 L.

2217 C. 2192 M.

446 Suppl. S. 2213 N.

2292 D. 2214 0.

2207 E. 2215 P.

2210 F. 2204 R.

2209 G. 338 Suppl.— T.

2208 H. 494 id. X.

2211 J.

Dans les manuscrits dont je viens de donner la notice , il n’est pas difficile de remarquer des analogies et des differences qui permettent de classer ces documents en plusieurs sections ou fa¬ milies, suivantles ressemblaneesquepresentent les textes de quel- ques-uns dans les divers passages ou ils ne sont pas tous d’accord entre eux.

II y a d’abord une section qui se distingue par la correction du texte et qui a servi pour ainsi dire de type a celui que je publie. C’est celle qui comprend les manuscrits DHKR , et jusqu’a un certain point le manuscrit J. C’est presque toujours a l’aide du texte donne par les manuscrits de cette section que je suis parvenu a resoudre les difficultes que j’ai rencontrees, et surtout a combler les lacunes qui existent dans les deux editions imprimees et dans les autres manuscrits. Les manuscrits de cette section, constam- ment d’accord entre eux, sont complets, les fautes y sont rares , et ils paraissent avoir ete copies par des hommes verses dans la science medicale.

LISTE DES AUTEURS CITES.

Une seconde Section, qui est pour ainsi direle contre-pied de la precedents, a cause de I’extreme corruption du texte, tant sous le rapport grammatical que sous le rapport medical, se compose des manuscrits GLP. Ces derniers sont constamment d’ accord entre eux dans leur incorrection. Us fourmillent de fautes , comme on peut le voit* paf mes notes , et ils dortnent presque toujOurs les lemons les plus fautives, comffie aussi ils presentent les lacunes les plus frequentes etles plus considerables.

Une troisieme section, qui parait avoir servi de modele aux deux editions itnprimees , avec Iesquelles seS textes sont tres soUvent d’ accord , se compose des manuscrits ABCT. Ils contiennent les mOmes lacunes et les memes incorrections que les editions de Venise et de Bale. De beaucoup superieurs sous tous les rapports aux manuscrits de la section precedente, ils sont evidemment in- ferieurs a ceux de la premiere section.

Enfm, une quatrieme section peut se composer des manuscrits EFMNOX. Leur parente, quoique moins frappante que celle des manuscrits qui formentles trois sections precedentes, sereconnait cependant et ressort principalement des passages oil le texte a ete le plus travaille. Leur correction est a peu pres egale a celle des manuscrits de la troisieme section.

LISTE DES AUTEURS CITES DANS LA CH1RURGIE DE PAUL d’eGINE .

AntyUus, ch. 33, 40, §3, 62, 67.

Faustinus. ch. 79.

Galieii, ch. 20, 21, 37, 40, 45, 86, 87, 90.

Hippocrate, ch. 34, 42, 45, 76, 78, 79, 88, 90, 91, 92, 95, 97, 1 0'?, 112, m, 115, 117, 118, 121.

Homere, ch. 88.

Justus, ch, 20.

Leonides, ch. 32, 44, 64, 67, 69, 78, 79, 84.

Marcellus, ch. 47.

Musa, ch. 25.

Soranus, ch. 96, 99.

CHIRURGIE

PAUL D’EGINE

nAYAOY AiriNHTOY

TO HEP1 TON XEIPOYPrOYMENQN BIBAION-

A'.

IIPOOIMION 1 TON XEIPOYPrOYMENfiN.

Toy T.Bp'l TMV 2 '/clpovp'j GVpjhoiV X070V OI/VJ 3 SisXo'v TEC, at; tc 4 -ra y.xzx axpy.x yapi^dpBVx y.xi Big zx z£>v ootmv i'j zb Y.a.ztx.-'ju.a.Gt y.x\ 5 klgxp9pr]px'Si 9Bapovph'M 6, oath zov 7 y.xzx 8 axpy.x viiv xpydp&9x 9, -ij <7 vvziSbi xdcjzxv9x y.Bypr\p.i- voc crvvzopcx 10 .

IlaXtv s5v rx ts5v Ufttprlpav xpydps'joi, ri jv 11 iv r/j zsyocXvj xim -rau-nj; (u. zkiczx 12 rriv sv r/j y.spvorj 13 -ytvo- pivvjv By.9ritjdp.B9x xccooi'j.

1 db/x wpociuicu ABCGHKNORVeBa., apx* tcu ircc... D. apx’i wspi tmv xstp... xpoctpucv LP. 2 twv omis d. DHK , aj . d. R. 3 Sry.r, X. S’uj.Oov-e; P. * ts omisd. AC. tmv aapxa X. « sv £... ABCFJLNOSVeBaT., aj. d.R. « 6sm-

nEPI THE KATA' THN2 KEO>AAHN KAY2E02 EHI3 0<J>@AAMI0NTON * , AYSIINOiKfiN 5 , KAI EAE<I>ANT02 6.

Em p.ev bo9xlu.S)'j 7 xvg>9bv BmppBou.hc.rj, km zb 8 ouo’- TTjdiySrj 9 zav dix mptzzup.xztxrjg 10 vypdzrizog mpiovxioof mp.mp.hrjg 11 be zr\ g xstpxlrjg y.xza 12 repbg 9d>pocxx y.xi

1 xxtsc omis d. LP. 2tt,v omis d. VeBa. 3 oaflxXutdvTa Ve. 3 sju 8. AC.— 5 fa amKXMi LP., £u<nrvccuvTuv F. 6 &«pavrtdvT»v S. 2 oefaXfiuivTuv DHKR.,

Nous divisons le traite de la chirurgie on deux parties : l’une qui traite des maladies de la chair; l’autre, des maladies des os, tant fractures que luxations , et nous allons eom- mencer par les premieres, en ecrivant avec notre concision habituelle.

Ainsi done, debutant de nouveau par les parties superieures, nous exposerons la maniere de eauteriser la tete et principale- ment le sommet.

fca|U»a 0. * tbv F., ri T. * x*t* omis d. GLP, 9 if louzOa GLP.

i°<rjvr,6s!a CF., auvrifos T. 11 tt; F„ tbv G., tov LP. sv omis'd. TX - 12 u....

ii«T« T... ESX., Tiv x*-ri x... F. 13 t r,v xopusiv -j. .. ABCEFGLOPS.

CHAPITRE II.

DE LA CAUTERISATION DE LA TETE DANS LES 0PHTHALM1ES,

LES DYSPNEES ET l’eLEPHANTIASIS.

Lorsqu’une liumeur tombe des parties superieures sur les yeux , lorsque la respiration devient difficile a cause de l’abon- dance d’liumidite superllue qui se porte de la tete vers la poi-

oaOxXtutov LP. 8 r(t P. 9 (Juffirvtx&v LP. 10 7rsptrT&p.aTWvS., 9rc£tT?...XG»v GL., .xto D. D. 12 xat ra poor xxn# GXP.

I1EPI THS KATA THN KESAAHN KAT2EG3.

Xu novtrtis xr, xvn/zyux*3 xx TvjSe ixdpix , yxtauxi xxxx to (7.£<70V tvjc xscotXvjg 14 0)03 7TO)g XpoZvpriG'X'J-cC 15 TTcOf xrjv xepvft )V pJpr, , xxvxrjpxg 16 rsjpyivoz&stg 17 iu&xXkovxt xxio'jxzg 18 swg bxxzov x o dipixx. Zicvxig xz 19 , asra tvjv £X7TT0)(7£V TYjg ZG/XpXg 20 , TO CXXOU'J. T I'Ac SI 21 XK£ KOTO TO 0(7T£0V JMWffWTSS , XeTh'Soc {JUCXpoCJ TtOtOVXlV 3X7T£7TT££V 22,

"ooc to 23 pcfiiccj zxztQsv tvjv 24 tSv uypav x&j iv tv; x£©ocXvj ^Z'JZxQxl OlX.-'JOTt'J XZ '/.XI X£D0X7£V, ©yXflfTTOVTSS 37K /jOOVOV 23 to sXxog , £t£’ oStws ocuto 26 oipovxzg 27 sig xnovXuaiv.

Etti 03 to5v z/.zoyyxixxzug 28 [xeXexi jy z/dvxw t.vjxz xv/zg 29 ip&odlovGrj zayxpxg sv 30 tvj x£©aXvj , pow [xzv xocto: to 31 hxTtpoxQzv 32 xvnxipto too y.akovp.('jov fipzyp.x' roc, zxipx'j S3 xccoTfi: yocxaxipxv 33, too 34 xxlovixz'jov [xzxamv atypb crjaxzpo) t: peg xa nipxxt to3v xpiyav, xxi aXXvjv y.xxx to /£yo'fJL3Vov bntx&c>y.pdvtov , xorl aXXotg Suo y.xxx xx XsmSosfSvj 33 xaXoypva 36 ~prjXyS)J:fi\J.x.xx 37 xvaxzpa ts3v o>to)v 38 , pay ftzv npbg x5> 39 SsSjm fxzpzt*0, zxzpocv SI 73,00c toj zuwvum 41 . Tvj twv nlzidvav Xoti'Smv xyatpzcrzi, to TiXvjSo'g ts xal ttx- /og 42 t5v yyooiv icxxixtCovxeg 43 xal ISo/STsyovTsg 44 lx toX fidGovg Tvjg X£<paXvjg, xat Six tooto tvjv ot|>£V XupaWfof 43 xo)XuoVT£g 46 .

IfyO(7§«XXoUO-£ 47 SI XK£ TO) C77rXvjV£ aXXoV XOUTij/JCt, I'JX. to 48 npaxovpybv 49 too u.z\x:j/oh.y.o~j mptxxa[xxxog 50 txd- picy oix r/jg 31 xoaa to Siptxx y£VopvvjgS2 ixyxpxg Bipx- Tizvxaxi 53 .

13 otwsx’-? VeX. M T. X. TT.N xcfjsr.v «<fc. S. <5 sj'4ufr.<mTa GLP., sjslr.oiaav- TS? X. 16 xat ra; pour xauTxpasD. 17 iruposs&t; 0. , wujt* ecSVii LP., nuptveet&ig XT— 18 xatcuatv GLP. 19<Se pour te ACDFGHP— 20 zs,;f 7_, X _2i ^0mis d. GLP. 22 E’a7i;-TEtv BJXNOSVeBaT Com. 23 TE p. -i p._ 24 ^ omis d. s. « xP»«ov D. 26 «ut6 omis d. DHK. 27 n?c?5'fc,T£; DHK., -octceV. R. 28 eXEoxvxtaaEBv ESX. - 29 Tlvi; DFHKR., ^gaXXcvTs; X. omis d. D. 31 TuvABCGJLNOPSVeBa.— “Ep-ir... au-r* EX— ^xa-aTepw BEG JMORTX.

DE LA CAUTERISATION DE LA 1’EtE.

85

trine, et qui, par son cours, en offense les parties, on pratique de cette maniere la cauterisation du milieu de la tete : on rase d’abord lesommet du crane, on y applique des cauteres a bou¬ tons et Ton brule le derme jusqu’a l’os; puis, quand l’eschare est tombee, on rugine l’os. Quelques-uns cauterisent l’os lui- meme de maniere a en faire tomber une lamelle, afm que par-la il se fasse une perspiration et une evacuation faciles des hu- meurs de la tete; et, apres avoir quelque temps conserve l’ul- eere, ils le font ensuite cicatriser.

A ceux qui sont affectes d’ elephantiasis , quelques-uns font cinq eschares a la tete : une a la partie anterieure au-dessus de l’endroit appele bregma ; une autre un peu plus bas, en haut du front, vers la racine des cheveux ; la troisieme vers la partie appelee occiput , etles deux autres vers les os appeles ecailleux , au-dessus de l’endroit ou sont attachees les oreilles , Tune a droite, I'autre a gauche. En detachant ainsi plusieurs croutes, on fait evaporer et sortir de l’interieur de la tete une grande quantite d’humeurs epaisses, et Ton empeche par la que la face devienne malade.

On applique aussi un autre cautere sur la region splenique, afin que par l’eschare faite a la peau , on guerisse 1’organe se- creteur de l’element melancholique.

xirrorspco LP. « too Si x. BJLNOVeBa. 33 Xsirroei^ D. 33 Xep'u.tva DHK. , x»6ouu.sv<x P. 37 orpotncoXap. sya D. , orpooxoXiiuiva F. 38 a to Ve., mvtmv X., mu.uv T.; T. omet depuis tmv Mttm jusqu'a rj tmv otXeiovmv inclusiv. 39 to BP., (h-Mv P. 30 p-spo? S. 41 oSovoum X. 42 to irXfflo; too -i6ou; tmv irvp.. S. 43 HaTfi^ovTK X. 44 fijcxeoTSOovre; Ve., T. 43 Xup«vtT«

BO., XtitsvtoOat X. _ 46 aoXuovTt D. 47 -posuSaXXoosi LP., xat omis d. T.

48 T a AGS. 43 sOMTO'jpfM S. 30 x“l«u au lieu de nspirr... S. 51 Sixivr.; au

lieu de tt; N. 52 -fevo(x.. GLP., iay apa; omis d. T. 33 flepairsoffouev D.

86

I1EPI YAPOKEiAAtiN.

r'.

IJEPI TAPOKE® AAfiN .

To vopoY.i'pxlov rnxSog wvo'pxxzxc 1 psv x no zrjg ioto’znzog joi i ytv&pivov 2 vypou uoxzwoovg tyjv oiixtxy xmxpyovrog. YtVizxi os z dig nxiolotg y.xz' on/r/jv 3 ttjv am'zefyv, xpvwg* $).t§opivri§ vtto ray pxtwv 5 -rife xsftxlrjg , v; !| aS^Xoy ctb'sts , ^ yxzx pficjy 6 cqyuov yj 7 a 77£to>v xat zig apyhv Gvxixv roS t/.yySivzog 8 xtpxzog pezaMSXripivov 9 , vj xara apxiwxiv 10 oitopovuJyng 11 Tijg SXrjg xat yzpo[Xsvriq pizxcv Mptj.x-.og you r.BpiY.pxviov 12. H yxp pizx*v Uspixpavtov xat Mppxzog 13 xuvixZxzxi 14 to tty/JOV , v? a£ca|y r.BpiYpxviov y.xi hxziov , 73 pezX%v hxziov y.xi p-nvr/yog.

Toig ply ovv p-zxcv 15 Mppoczog y.x\ HBpiYpaviov vpivog, Tixpinszxi 16 57x0c £u«©Y)g , bpoypovg , xvxlyrig , Big v6og YiY.vpzwp.iyog 17 , or oXiyov xwpxzog 18 vtso—izzwv y.xzx tyjv knipBtxtv 19 tmv Saxxy/.wv , pomiwg 20 iinziYwy y.xi tMzipiSi- xzxpsvog 21 .

Torg22 os tj.Bzxci> Tzepaipaviov y.xi hxziov zx pev x/.).x bpot'wg, 0 07x0c 23 ZYJ.-npxTX.p6g 24 xat fipxMwq biywv 23 cog av xat ota nmovwv vno-ir.zoM 26 xwpxzwv, xlyovxi zb P xklov.

To?g §£ psza^v p-nvty/og xat hxziov, oyv.og piv ixzcv27,

1 «v%to6$u J. u.lv omis d. GLP. 2 rfevou... ALG. 3 drew omis d. DEJRX. 4 au.csuS>; X. 5 iciav au lieu de (i-xtuv. GLP. 6 **w$i8si» B. _ 1 i-fi&At x omis d. BO. 8 Iqxuflevrc; DNVeBa., tcu omis d. T. 9 u.;ragx>.- Xoasvoy au lieu de tiETa§EgXxu.svou GLP. 10 apdouciv LP. 11 5u5fju.svx; A.', Jiiijpu*... CFX., fotffc-j... G JT., M9iif a... DR., Jiii&pcj... HK., 5ir,<5>...

S. _ 12 s. ajoute iu-svc; et met si pour x. 13 Sippin; Ba. 14 caviar... «.sra

to LP... A. omet depuis x -jap jusqu’a xxi corsca exclusiv... CDF. omettent de¬ puis p, -rap jusqu’a uinsvc; Saps-... exclusiv. ; N. omet depuis y.xi carloa jusqu’a uuivc; -Traostr. .. exclusiv.; XES. omettent [tETdja darscu y.xi.. 15 u.etx rev £ A. - 16 6 or/0? 0. 17 *acuiTTBu.svo; GLPT. 18 Dalechamps

veut qu'au lieu de <SV oXi-jou swaiTo; on mette <5V oXi-jou 5ia.arxu.aTc;, et G. d’An- dernach, qu’il n’y ait pas de virgule avant ?a5!o;, qu’elle soil au contraire avant

BE L’HYDRGCEPHAI.E.

*7

CHAPITRE III.

DE L’HYDROCEPHALE.

L’hvdroeephale prend son nom de la nature propre de 1’hu- meur qui la forme, laquelle est aqueuse. Elle vient aux enfants ou parce qu’au moment meme de l’accouchement, les sages- femmes leur compriment maladroitement la tete; ou par une cause latente ; ou par suite de rupture d’un ou de plusieurs vais- seaux, quand le sang qui en decoule se change en une humeur inutile ; ou par un relachement qui permet a la matiere de trans- suder et de se repandre entre la peau et le pericrane. En effet, Thumeur s’amasse ou entre la peau et le pericrane, ou entre le pericrane et l’os, ou entre l’os et la meninge.

Lorsque l’humeur se tiertt entre la peau et le pericrane, il s’ensuit une tumeur facile au toucher, sans changement de couleur a la peau , indolente , elevee et eonvexe , separee des doigts qui la pressent par peu de parties, cedant et se depla- cant facilement.

Lorsque l’humeur se trouve entre le pericrane et l’os , les autres choses se passent de meme ; seulement la tumeur est plus dure, cedant lentement parce qu’il y a plus de parties interposees, et la douleur est plus forte.

Si l’humeur se trouve entre l’os et la meninge, il y a bien une tumefaction, mais elle ne cede pas a la pression , elle n’est pas aussi facile au toucher : toutefois elle cede a une forte pres-

■/.cttx w; mais comme aucun manuscrit n’autorise k faire ce changement, je con¬ serve mon texte avec d’autant plus de conviction, que la phrase suivante emploie la mime locution. Je ne vois point non plus de raison suffisante pour placer la virgule avant xivi rr.v, puisque, dans les meilleurs manuscrits, je la trouve rem- plarfe avaut paiia? par la conjonction Je fais passer l’autorite des manu¬ scrits avant celle des commentateurs. 19 oirs'petou DR., sirepetrtv L., i-xi pr.-

T. 20**i pa«a? DHKR. ivTai6«iT<^Evc; ABCDFGHKLNPR Ve. 22 va au lieu de tol; GLP. 23 i cyxcs jiiXicv mc>. .. tous, k 1’exception de S. Cornarius veut qu’on mette p.ov cv au lieu de u.a>,Xev , ce que je ne trouve pas ndeessaire, et ce que n’autorise aucun manuscrit. 21 axr, po'repo? P. « *eav XT. 26 ava-HTTOvvav P. 22 ««r* t ABCEFGLTNOPSVeBaX.

ttEPt i'iPOt£$AAtiS.

»/>/.’ ov/ yjrsrxav , ov5s 28 6jj.mag sva ori? 99 , “Xyjv t? Sta/a

fXfyct »$0W JXSVOC StXSt 30 GO yap OOTSOV TWV WJfitWV 31

fit 32 vso ncc/k ov 33 svstxrov 81 rsa; iffrt, xat txi/.iGza otov v.pai wSstcwv twv pasojv ^ napofoc toO vypov npog 33 touxtoj Vwvjt at86, rtvfiisxs tat 5s 37 toSt© ©aotW t6 38 fyoutereustv 39 mzinapozy o'usvov elg to pa5o; Iv tyj ittXfoei 40 to 41 vypw. bo UVYJ 42 OS f/.St'£o)V TOUTOtC ylvizai , YJTS 43 xs^aXxi Traaa Stifftarae 44 xai to jxs'toxttov oanotg s£o) npaSsSXyrac 45 , xat ■axejkq 6o5>gi*6, xat oaxovovot Gvyyoxzpo'j 47 .

To-jTotc fxlv ouv tyjv yzipovpyiccj 00:07 opsuao/xsv , si 48 xat 49 p.akiGza Ttvsc tmv yzipovpyGm) 50 itspnpvitiiGcanss sxo-

JJLtTaV 51 TO OffTSOV , 0)0 SV TO) TTSOt TO)V SV TYJ XSaaXvj 82

xa TO7fJiaT0)V sto^asTat. Et os 7s fiEzaSv SspuaTo; xat crspt- y.poylau avvlezazai to vypov, [xiv.oou ptsv ovtos33 tou 07XOU, pttav otat'osotv xaTa picov 54 r/xapatav sp.8xXo5p.sv . Et 5s ps-ai-v 7iEpiy.pccnov xat ogzzov , xat pist£o)v 0 07x0c stv)33, 5uat yv/priuj.Bv. 5tatpsWt 56 Tspvouaat; 37 xara58 psVov aXX-^Xac39. Et 5’ STt60 pstt©)V xat TOtct, aty.ovasvatc 61 to H62 gzgi/zig'j.

ATsca 5s tyjv xjupovpytav sxxptvav tsg 63 to s/ypov xat 5ta- poroisravTSc npoatpopug S7:t5-fl5'©psv xat a/ot r/jc: 04 zpi'zyg otvsXato) 63 srtops'Soasv 66 ps5’ -5iv Xucravtsc 67 saacTO) 68 9sp«mvGG[JL£v ayayij 69. Kat st /povt'Cct 70 to octtsov p.rj aa/9- xovasvov, IX.affl/SMC auto 71 £uaopsv.

28 p. _ 29 eigsups FNVe. eoeat N., west TX. —31 r-icov G. - 32 |„i S.

33 Sv omis d. S. 34 suiaTcv DKRT. 35 ,pb5 « EUi; T. 36 ^vsTatGLF.

3) & omis d. GLP. 38 Tb a„ iieu de t£> B DENOSYe. 39 *pcuPr,ueiv Ve.— 40 sstXwrei T. 41 to3 67005 au lieu de to 5-yoov dans tous, excepts E. et Corn. 42 oiuvt; GLP., 6<Kvst NVe. 43 t.tj LP. 44 Dalechamps veut qu’on mette s|t- TTatett au lieu de ^ttoTarat; mais comme aucun manuscrit n’autorise cette substi¬ tution , je la repousse demon texte. 48 orjiooSs'SXxTat JKORSBa. 46 ouPo5at D.

47 ouyva; S. 48 i E. 49 xai Ta u.aX.. ESX. 50 y_s:ocuo-joyu.=vMv LP. 81 sy.o.u.i<javrc BEXHKPJNORSVeBa. 82 TTSO’ xsajoXfe y.3L7. RS., Trspt TTO xe<»aX7iv y.str. GLP., tk omis d. D. 53 o’vto; omis d. LP. 84 **Ta atav T.‘ 88 o i'f/.o? i?sty.9stif) ACF., £ omis d.DPR. 88 &aips'sst F., ^t*tPsotC. 87 Tsttvouoot; D. 58 jtarot ts jts'oov J., jtioev omis d. T. 89 iXXviXeti; GL. 60 et <Ss -t Ve., srt omis d. GLP. 61 ttiu-oituvoiD. 62 fir* omis d. LP., oriJocv au lieu de H. d. S. 83 .WavTs; F. 84 or: omis d. S. ** sXrt'w D.IR., sveXaia T. West-

DE L’HYDROCEPHALE.

sion , parce que les os des enfants nouveau ncs, etant recem- ment solidifies , cedent faeileipent , surtout lorsque l’humeur s’est fraye une route au dehors par les sutures entr’ouvertes. On constate facilement cet effet en ce que, pendant cette pres- sion, 1’eau repoussee reflue dans la profondeur de la tete. Une douleur plus forte a lieu dans ce cas : la tete entiere s’ecarte, le front se dejette en dehors et les yeux sont fixes et continuelle- ment larnioyants.

Nous ne pratiquons pas d’operation a ces malades, quoique cependant quelques chirurgiens perforent et enleyent une por¬ tion d os de la maniere qui sera decrite dans le chapitre 011 l’on traitera des fractures de la tete. Mais si l’humeur est deposee entre la peau et le perierane, et si la tumeur est petite, nous fai- sons, par son milieu, une seule incision transversale. Si la collection se trouve entre le pericrape et l’os, et si la tumour est gTosse , nous ferpns deux incisions qui se eouperont par leur milieu. Si la tumeur est encore plus grosse, nous ferons trois incisions imitant la Jettre H.

4pres avoir enleve Thumeur par cette operation, nous intror duirons de la charpie dans la plaie et nous la handerons comer nablement; puis, jusqu’au troisieme jour, nous 1’arroserons avec un melange d’huile et de vin ; apres ces trois jours , nous enleyerons le bandage et nous amenerons la guerison a l’aide de charpie enduitede medicaments; puis, si au boutde quelque temps 1’os nc se recouvro pas de chair, nous le ruginerons doucemenf.

ABCEFG JLNOTXPYeBa. ® h >.6?s.vr^ omis d. P. <* |W071y LP. ® aiTw 75 Ba., a-fo-jw P. ™xj5v,?sv Lp., TX. « sdr© JG.

Paul d’Egine omet de parler, daps ce chapitre, d’un quatrieme cas d’bvdrocd- phalie : c’est celui dans lequel la collection d’humeur se trouve entre le cerveau et les enveloppes, Des auteurs anterieurs A lui en ont cependant fait mention.

Plusieurs commentateurs pensent que ce chapitre est extrait des oeuvres perdues pour nous du chirurgien ancien Leonides, souvent cite par notre auteur, comme on le verra plus loin.

Comparez, sur le menie sujet, le chapitre extrait d’Antyllus, collection de Nicetas,

90

nEPI APTHPIOTOMIAI.

A'

nEPI APTHPIOTOMIAZ 1 .

Em ti 2 pzvtxc/.ot'j orpSrdqjMv ypoviotg 3, kru ts tm < ty.o- z'.o[J.c(ziy.'2 TiaOti \ tag omcQrj to>o wtojo Siar^jivstv orprypiot g £Jw5«jul£V. Tlpo^vpyriov 3 o3v 6 to or.t'iBzv rr,g Yzror/lyg u-ipog y.al <TYi[xstariov 7 Tofg oay-uXoig be 70:0 too yara too 8 to'jtoo Cfvy[xov pis to: Ya.rody(p9y<T£roti rrjg orprypiag y Biuig * Y.c/"tr.c/. ts'ulos£0 auTyjo a/pg 9 ootsoo 10, uvjy.og iypvay g ryg foaf/ssaso) g oaoo 000 §«xtuX&>v, rpoGyp-orvOuayg 11 admit 700:- otx-y . Tau-nog o: [xy vr-o-irrovayg 12, azr pziv 13 5e? 27:0 toSo 0>T0)V cog T|0£«V14 SoXTuXfiaV ScaTT^Ua YM -.on yz tpovpystv iS, kyYMpGtag titaipovvza. 16 Tag aprypiotg v/ptg av ts 17 too aiaarog 70vyp.</.r^yg ssavij 18 puctg 19, to' ti 0070000 r/y-j- pycy 20 t5) octso) 21 Msto: os to rjva.iii.rpoY aFaa pirijvoa , oisXo'oTsg 22 to 23 TisptYporJiov, vnlp too ay ~y 24 Taasi 3XS7- aatosto 25 , o.at coaaoTsg 26 to oots'oo, o^ijoFoyoo 27 sy. pr/y.ovg i[i§cdov[i£V Tofg zpoa>p.txrn , y.ai tyj iaaorrp Ospanevcroftzv 28 ayroyy. E £ 5s ir.iaivot y.ao-au9a >kXoo to ootsoo, ouo/cog y.oii ry rovrov 29 |uas£ 30 ypy^otazOu.

* apTnpoTGjwa; LP- 2 to omis d. GL. 3 xp&vttav D. 4 itaOr, AL. 5 ?up«~ ctsov 0 Ve. , spoEuptcavTs; T. 6 guv omis d. GLP. 7 ametcoTsov Ba. 8 tov omis d. GL JPS. 9 pts'y.p pour iy.pt; EJ. 10 oarsov Ye. 11 orpcanptavfeuni ES. 12 ureoTTToOm; BO. ‘3 usotosTv D. 74 Tsaaipuv DGHKLPR., tow x*t 'Ja/.T. R., a;m oarstov Tsaaipav <Sougt. T. 15 x^peup-ytav T. 16 ^tatpouvTS T., iJiaipouvTot; CF. 17 ts omis d. S. 18 ootvssr, HER , oolvj;; L., »i T. 19 p sti¬ nt; D., pafar, T. 20 dfioupmast D., a-ptupari E., s-yy.opaet X., efxupteni GLP., s'jxu- pr.aoi HER., iyyusr.ar, BCFNOSVeBa. , eyyuptaet T. 21 to cers'ov DNPVe. . to omis d. N. ajuLn tov EX. 23 tov ABCEFG LNOPSVeBa. 24 ts pour

DE L'A KTEKI0T0.V1 1 E .

CHAPITRE IV. de l’arteriotomie.

Dans les fluxions chroniques des yeux et dans la maladie vertigineuse, nous avons couturae d’inciser les arteres situees derriere les oreilles. 11 faut, en consequence, raser la partie posterieure de la tete et noter avec les doigts la place de l’artere que Ton trouvera facilement a cause de ses pulsations, puis la couper jusqu’a l’os par une incision longue de deux travers de doigts en suivant une ligne prealablement tracee avec de l’encre. Si Ton ne rencontre pas le vaisseau, il faut mesurer une dis¬ tance de trois doigts a partir des oreilles et inciser ensuite en coupant transversalementles arteres jusqu’a ce qu’on voie sortir le sang par saccade a la maniere du pouls , et jusqu’a ce que 1’ instrument ait touche l’os. Apres 1’ecoulement d’une suffisante quantite de sang, on divise le pericrane, de peur qu’il ne s’en- flamme par la tension ; puis , ayant racle l’os, nous introdui- sons dans la plaie un petit coin de chiffon et nous la guerissons avec le pansement de charpie medicamenteuse. Mais si l’os reste alors degarni, nous le ruginons de la meme maniere *.

t^E., Tf omis d. LP. 25 iptyaint BXEJOBa. * iavre; R. » c?y.- vtoy-iu; E. , atowroet D. 0s=*-£u<jr,u£v NVe. 29 tgutov F., touto C.

5# E'jpias’. S., ?u<rEi omis d. D.

Cette operation est decrite dans Aetius, d’apres Sev^rus.

* Les anciens ruginaient les os dans le but d'obtenir leur adhesion aux par¬ ties charnues et d’eviter la carie qni suit leur denudation lors m4me qu’ils sont reconverts de chair, mais sans adherer a celle-ci. (Vovez plus loin Paul d’Egine, ch. lixvii, Des fistules. )

nEPi ArrEioAoriAs kai kayzeus.

E'.

nEPI AITEI0A0TIA2 * KAI KAT2EI22.

Et:! ts twv ■/jixiy.pooitxSiv you twv ypovicog1 psvfxsai^ojxsveov ri ' you o§so>g Toug oo9z./jxovg 9epp.S> you opttxsi 3 pzvu.y-t, '■»zzz you §iptxr)V 4 Y.c/.zc/. zovg Ypozxac'zzg 3 ouv oioiiv.xzi 6 7 iyeg9xi [xvxg, tyjv 7 sv zovzotg ayyeioioyi'ccj ocxocvzig looxt- P-5C7ZV. t^oofu/j'-iqo'ocVTsg ouv 7«g yxzoc* tou Ypozz/pov9 zpv/z.g Gri[i£ta<70!j.e9(z zoig %ov.zv\oigx Tzporzvpixzx'JZEg yj xoc't tyj §£a- a'it'fcu 10 few zpxyjilov ypriGoi[xEVoi. T a §1 ayyeioi viz Z'biv t)Mvra [xeaccji Tn'XHvzc/jxz'joi M, YovzfcotxEv hi T»V TiXaryeW dspixz Sta ts t5v ty;; )2 z.pizzEpxg nuA ov yjipog doiy.zvXav 'Mx t»v 13 vmjpszov, you yz~’ ocvzov zov ccj^Eiov ooWo.asv i~l-o).aicej Sj y.ipi.'ji'j . E rra zeXeo'j 14 SesXovTsg 18 orjyfczpoig Tc (zvats/vaVTsg 16 zat St’ EcvixEViGzripoiY^ to o/sfjiiov y-jjxvm- cavTig 18 , p.EZEO)pr,Gop.E'j anoXAupjthov *9 xocjzayo9iv. K at

El jXEV XeTlZO'J SO) , TO) ZV'pXoC’jY.fczp'j} ZOVZO 20 OCVOLZElVOC'JZSg 'Mi T.Epidz pE’bocjz-g , y<p’ sv 21 b/.z£!Xotxev gxjze you 22 [xioog kvtov Xafsrv. E t os (xiya. zvyywtot , oia fisXc>vvig SwrXeuv vr.ozz/.ovzzg 23 fipoyov, vjzoc o»ao'Xr;ov 24 , vj aXXov tjvoc io/u-

/50V, xat Ttp&ZOV 23 oXeZ0Z0U/j) QlE/.OVZEg 2 6 671 ' Oo5oV 27 TO

OCffzlOY YOU GVp.lXEZpO'J ZOV OClfLZZOg 28 a7rOX6VO)(75tVT6g, XKT5C zor. 29 O’JO T.lprxzz. TO 30 '/VU.VG)9eV 0ffioXlV'J)7O[XS'J TO SI 31

* Xf&vi^oasvuv au lieu de xpcv‘0J’ fsuu... BVe. 2 s? BGNOSVeBa. , xal omis d. DR. ' 3 Ijtjiit D., ijiijifott L. , Jpifilfet P. 4 6ssuu D. 5 *f crocus S. xpwi&trsoj R. G «Av Sficn T. I t&v GLP. 8 x*t* omis d. GLPT. 9 xporatpvrco DHR. »° soi-^st S., L. 11 cr.u.siuocu.s6a DHKR.,

slra xcuo... DHK., x-k clacusv LPR. 42 L. 13 x. tuv tcu utr... AB CDEFGTHJKLNOPSYeBaX., t6v omis d. D. « TsXsaTaloi. GLP. 15 ^£>.- 6,’vte; BCDEFGILNOPRSVeBaTX. 16 dvarsivovTS? D. 11 D.

18 ppa<ra'<Ts;D., ueTEtoptir.. T. 49 airoXsiafutsvov ABCFGH JKLNOPRSYeBa., aitsXr.Xau.svuv D. , 'attoXsX'juivov ETX. 20 tout® CF. 21 G. Andemach veut uueva au lieu de 6c’ sv. Bien que je croie avoir saisi le sens de ce passage, je dois

DE L’ANGIOTOMIE ET DE LA CAUTERISATION.

93

CHAPITRE V.

DE l’aNGIOTOMIE ET DE LA CAUTERISATION.

Dansles hemicranies etdans les fluxions chroniques ou meme aigues avec rhume chaud et cuisant sur les yeux, produisant de la chaleur et de l’oedeihe dahS la region des muscles crotaphites, tous approuvent la section des vaisseaux. Ayantdonc prealable- ment rase les cheveux vers les tempes , nous cherchons avec les doigts, apres avoir d’abord use de fomentations chaudes, ou meme apres avoir exerce une constriction sur le eou. Quand les vaisseaux sont devenus visibles , nous les notons avec dc 1’encre et nous faisons a la peau un pli transversal avec les doigts de notre main gauche et avec ceux d’un aide ; apres quoi nous pratiquons une incision superficielle sur le vaisseau lui-meme. Ensuite, quand la peau a ete completement incisee, nous sou- levons le vaisseau avec des erignes et nous le denudons par la dissection; puis nous le tenons eleve et isole de toutes parts. S’il est petit ^ nous le tirons et le tordons avec un crochet mousse et nous ie coupons entierement, de maniere a en enlever une portion. Alais s’il est gros, on passe dessous une aiguille enfilee d’un lacet double, ou d’un fil de lin ecru, ou de quelque autre fil fort , et lorsque le vaisseau, d’abord coupe droit avec un phlebotome, aura donne une suftisante quantite de sang, nous lierons la portion denudee a ses deux extre-

convenir cependant qu’il offre une difficulte reelle ; aussi Dalechamps et G. Ander- nach ont-ils cherche k changer le texte pour le rendre plus clair. Le premier a sub- stitue le mot Xafiew 4 Xoigecv; le second, le mot iu-sva. a u<?’ ev. Le premier chan- gement n’^claircit guere le texts , et le second y jette de la confusion. En outre , ces deux substitutions ne sont justifiees par aucun manuscrit. 22 xav pour xaiDKft. 23 isoSa).. LP., Pfo'-p-ov C. && Xitvov P. » tiL.

; * 3'!eX8ovte; P. 27 i~’ eXSiv LP., is’ omis d. DHKR. 28 otou-aTo; au lieu de «ftt*T5s P. 29 t* omis d. S. » r& C;} te.5 LP. Sk omis d. T.

* Larraie traduction de ce mot serait attgiologie; mais les ariciens n’attachaient pas, a ce qu’il parait, a Cette expi-essiOh, le sens qti’eile a aujoiird’hui.

nEPi rnosnAeuMOr.

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tU£T«|y iy.UtJ.OV TEC, YJ £’}$£»?, VJ X«ta TOV YXtpb'J T%

<7£»c, af£).o[ uv. Ttvag 51 xot't ypp'tg zou zepjzty , jiUjOYjvoatSeVt Yxuzriptotg zx. xyyzia Qix/.x.touziu ayjpi ovyyov fixOoug.

Msra tyjv yv.povpylcrj otx.tj.oza'jxj-zg 32 |yj potg zilzoig yxi G-'/.ri'no'j 33 ir.tOi'Jzzg, ir.tQrlGou.vJ Meto: 5a 34 tyjv ijztkvmv zoXg (japY.azty.otg 35 Zrjpiotg 36 ts xat zuuozotg y.xt zoig omov- Xazty.otg Gapp.XY.oig tyjv x~.oOipx~.itxJ notrjxopOx 37, Qry.oubzt oOxzcrjzorj oixox.~rj'Jxi 38 y.xt iy.r.iGit'J 39 zau vrtg XTo/.tuaxzag Qiopau .

3* (JtaTtiftMoavTs; L-, $ 1aTMu.w3ivT7.vTc; P. 33 fntXr.vs DHKR. 37 xai ftiTi EJOSX. Je omis d. AGEHKRLST. 33 aapxMTtpot; D. 36 &ipoi; ABCEF GLNOPVeBaTX. P. omet depuis tiXtois jusqu'a Sap'-ot; inclusivement. 37 troni- <jgjaev OS. 38 JwcffaaExvxt omis d. R. 39 sjMtsffStv L., . . £,; aa— svtcov tSv..

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nEPi irnoxaAeisMOT.

T OV Op'jbrJOU zb £i5oC OUO[J.X. ZT, yilpOUp^tX. yi’ySYYjZXl. Ki-ypyaiOx. 5a za vnoxTtx.Otxaa ty »v 1 pzupx TtoXv ytat Oippb'j Y.azx. zoug bfOalp-ovg Gzpzzat, Y.xt zb rpoaar.O'J 5a wrote bjipivOlg 9 vitxpy&t, ycu 3 Tract zb pizar.ou xuvaixOrixig Tig* Y.xt oix.8potJ.ri Yy.0x.Tkip (TY.alrlY.a'j r, pjpp.riY.aj 5 ■jtvizxt.

YlpoivprtGxJZigG zobv'J ~ zxg y.xzx. zb uizomoj 8 zptyxg knt- zpl'bop'j 9 tyjv Y.xza 10 7 avuv 11 xtvaFv, Y.xt ozvyovzig zau Y.po- zx.Gtzav puau tyjv xtv vj<rtv, oloopj 12 zpzig oixipintg av za pzo'na, evOitxg, rxpx/.lriXovg, y.?jY.og 13 pv iyovxocJ ZY.xxzri'j quo oxY~u),av 14, to 5a fixQog sag bffziou, oiiz~rr/.vtag aXkri- lau oi7ov zptau 8txxzrip.x oyy.zvAav, Mata 5a tyjv to^yjv tov

1 he’ 6>r GLP.,^’ ov T. 2 spsuSs; ACEF., Euptfte; X.,£pEu8sv BNOTSVeBa. 3 **i to it. DR. <<nivxta6.. te xxlRT. SpuppwHttv LP. SttoXuSupiioxvTEsO., itpo|upC«.. T. 7 is au lieu detoivuv GLP. 3 xata rpoVov Tptxa? LP., ttpi/.a? Ba.

DE L’HYPOSPATHISME.

95

mites : puis nous enleverons la partie intermediaire, soit tout de suite, soit a l’epoque de la resolution. Quelques-uns * avec des cauteres a boutons brulent les vaisseaux sans les couper, jusqu’a une grande profondeur.

Or, apres l’operation , on met dans la plaie de la charpie seche, puis une compresse par-dessus, apres quoi on applique le bandage. Apres la resolution, c’est-a-dire lorsque les fils des ligatures seront putrefies et tombes, on amenera la guerison a I’aide des remedes incarnatifs soit secs, soit liquides, et appli¬ ques sur de la charpie, et a l’aide des eicatrisants.

DR. Le mode opdratoire ddcrit dans ce chapitre doit 4tre remarqud, parce que l’au- teur y renvoie souvent dans le cours de l’onvrage.

* Paul d’Egine fait ici allusion a Leonides, qui, d’apres Aetius, brulait les vais¬ seaux sans les couper.

CHAPITRE VI.

DE L’HYPOSPATHISME.

Cette operation tire son nom de la forme de I’instrument qui sert a la faire. On emploie fhypospathisme lorsqu’un rhume abondant et ehaud s’est porte sur les veux, que le visage devient rouge et qu'autour du front le malade a comme la sensation d’un fourmillement et d’un mouvement vermiculaire.

Avant done rase les cheveux du front, nous prescrivons au pa¬ tient de mouvoir sa machoire inferieure, afm d’eviter les muscles crotaphites, que nous reconnaitrons a ce mouvement; puis nous faisons sur le front trois incisions droites, paralleles, longues chacune de deux doigts, profondes jusqu’a l’os, et distantes entre elles de trois doigts. Apres cela nous enfoncons l’hypospathis-

5xtTP£X0jt£v DK., fanarg^.. T. 10 icati P. 11 -jsvr.v DP., yawuv JVeBa., f=wr,v GL. «Si#o5(mv, Orrmes. - 13 arxco? DHKR., jxtv omis d. S. w

■PCEFGJLNOP 7... DE.— » l«8

DE L’HY POSPATH ISME. 97

tere * dans l’incision voisine de la tempo gauche en allant vers celle du milieu, et nous detachons toute la peau et meme le pe- ricrane interposes. Ensuite nous repetons avec l’instrument la meme operation en partant de l’incision du milieu jusqu’a la der- niere. Puis , introduisant aussitot la pointe du bistouri etroit ** dans la premiere incision, de telle sorte que son cote tranchant soit dirige vers la partie charnue adherente a la peau, et son cote mousse vers l’os, nousle poussons jusqu’a l’incision mediane en coupant tous les vaisseaux qui descendent de la tete vers les yeux, mais toutefois en menageant la partie superficielle de la peau. Nous faisons de meme depuis l’incision mediane jusqu’a la derniere, en coupant egalement tous les vaisseaux.

Des que Ie sang a suffisamment coule, on exprime les caillots, puis on fait trois rouleaux de charpie que Ton insere dans cha- cune des incisions, et, apres les avoir recouverts de compresses imbibees d’eau, on applique le bandage. Le lendemain nous arrosons avec de 1’huile et du vin non-seulement les plaies, mais encore les tempes et les oreilles, de erainte d ’inflamma¬ tion. Letroisiemejour, nous levons l’appareil et nous lotionnons abondamment, puis nous amenons la guerison en mettant dans les plaies de la charpie enduite de basilieum dissous dans de l’huile rosat.

34 xitw'vti GLP. 34 Tr; omis d. ABCEFG JLNOPS VeBaX. 36 Six fcusv S.

37 euSixXXsjjiEv D., isruu-a T. 38 fUSss-juivoi S. 39 ejr'.SaXcyvvss E., s-:- SoXX...D. « I- igpslavrt d!, fan6P£?avra LP. 41 tt.v toCojv D. - 42 Wi

GLP. _ 43 IsKjcXXi; E., emirou G. 44 i773.-nJ.xif. XABCDEFGJLNOPVeBa.,

-r. ovrXwrsiT. 43" tmv P., Xuflsvra GLP. 46 S^craoavra GP., Swm-

TtooavTa L. 47 dxeXou#®? omis d. AG.; D. omet depuis Xioavrs; jusqu’a XdSs'vti inclusivement.

* Instrument a deus tranchants en forme de spatule.

** En forme de bee de beeasse.

13

98

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zara pioov zov ps.zrs>r.ov zy.zzzt zr,v § ty.ipzGiv . TvpvaSivzog os roD 21 OGZZOU, GO^vtGY.otg 22 -/} jxgtmc ~\uogi ynpiGoph* 23 arc’ yu.rp.oiv zy. T.lpy.zv z5>v ocyyztav vm zy. /ceXyj tyjc tityipiozug i~tdrloou.zv 2i, log iu.~poo9zv zipnzyt , ir.&piyov- zig 25 zip oivitm.'p. Mara os tJjv Ivotv, napyy.py.Gyor,g tjSyj r/jc 'S/.zju.ovr,g , \ioou.zv 26 to oozzov ay pig 27 av yygrr.vt

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ABCEFGiNOSVcBaXT. 3 £ti 6*800; L. 4 riv omis d. D. •SfttiM^lCk, irefUCGuC!<ju.ly E., T7£0'.OTO-fy.Gv N. 6 Xay.Savou.ay DHKR. 7 ctTpo'oou; E. 8 ivaSsSjbsva D. 9 i|dx9>i* ABCEFG JNOSVeBa., S's-y/.Sy.Eva N. 10 iu- mirr.. P. 11 Xetttov omis d. CF. 12 x*t omis d. N. 13 oeoou.evx P. 14 ri ij.y.u.%-7. LP. lS itraftto; owexfe ABCEFG JNOVeBaXx! 16 iTv.afG?a; P. 17 iromoottsv pour Trios;.. 0. 18 to N. 19 gu-[ovtmv DR. 20 o.vafjacr.v ATBCEFGHJLNOPSVeBaX. GLP. omettent depuis TSTafy.svvi jusqu’a ysTw-ou incl.

DU PfiRISCYPHISME.

CHAPITRE VII.

DU PERISCYPHISME.

Quand des vaisseaux nombreux et profonds envoient aux yeux une abondante humeur, nous pratiquons l’operation du periscy- phisme. Les malades presentent les signes suivants : vous trou- verez d'abord leurs yeux atrophies, petits, ayant la vue faible, les angles ronges, les paupieres ulcereeset les cils tombant; des larmes tenues, tres acres et chaudes s’y produisent; ils sentent dans la profondeur de la tete une douleur aigue et cruelle, et ils out des eternuements continuels.

Ayant done rase prealablement la tete et evitant, comme il a ete dit, de toucher l’endroit ou se meuvent les muscles crota- phites, nous ferons une incision transversale en commencant a la tempe gauche et finissant a 1’autre. Cette incision aura ses extremites aux endroits ou il n’y a pas de mouvement, et nous la conduirons un peu au-dessus du front, en ayant soin d’eviter la suture coronale. Leonides dirige l’incision par le milieu du front. L’os ayant ete mis a nu, nous separerons, par plusieurs coins ou meches de charpie, les extremites des vaisseaux et les levres de la plaie , et nous y appliquerons un bandage, puis nous arroserons avec du vin mele d’huile, comme il a ete dit plus haut. Apres avoir leve ce premier pansement, et lorsque deja l’inflammation sera affaiblie, nous raclerons 1’os jusqu’a ee qu’il recommence a se couvrir de chair, et nous

21 too aETti-c-j offrscu 0. 22 oor.vioxa GLP. 23 ^;a/.o)pwicu.cv D. Dans les deux editions imprimees et dans tous les manuscrits, excepte dans EX., le texte est comme suit : x,<opi<jc;.ASv ds’ iW.xXav. Ti (Jd tsXji ijaojisv, ce

qui le rend peu intelligible. J'ai done adopte la le^on des manuscrits EX., qui est non seulement facile a comprendre, mais encore conforme au but de l’operation indique plus baut par I’auteur. 24 imS-nmy-ii xai a; iu.-... ABCDFGJLN OPSVeBaT., i-Aiosy.i-, P., te /.a! <5>; EX. 23 i- iSpi^Ti D.

* posu-ev p., Tt> isria X. 27 ele'/.s B. et zizpio; D., au lieu de i'lf'-i-

13*

C$E<7EC05 TQ UV'/.pp'/.OT,, 7C0ZS OE £711

r/u'j oyjsxf joz ,u, a/.AoiE oe xsm tmv xs;

mv, oxav at xara yuutv xov j3oX§ov 17

r?txM»vr«v omis d. ABCXEFGHLNOPSVeBa. , «rl oi ioi; A., <5" WTai'/jad'.; R. , <5,t*OTCix,ta<s^ P., rptyjaci; T. 4 itscrrtvsMv* rsiyfiv ABCEFGXJKLNOPSYeBaT

DE LA SUTURE DE LA PAUPIfcRE SUPfiRJEURL . ETC. 101

traiterons par le pansement sarcotique, nous servant de medica¬ ments fails de poudres seches favorables a la regeneration de la

chair, parmi lesquels

X Farine de froment . 2 parties.

Colophane . 1 partie.

Tel est aussile remede appele cephalicum, ou bien les sarco- tiques tires de la pierre ponce. En effet, la peau etant rendue eompacte par une epaisse cicatrice, et les orifices des vaisseaux etant fermes, l’humeur ne peut plus se porter sur les veuxcomme auparavant.

manuscrit et n’est pas d’aillears necessaire. 3i ■sawnifc.u j. 36 nyy.vaSsvTc;

r.a tsW.; ABCEFG J LN OPS VeBa XT., -r.v/yAh D _ 37 D., -j-cv-.-

Jtsvat P. toj 0., -owl G LP. 39 xsXaii’Jdtv R.

CHAPITRE VIII.

DE LA SUTURE 1)E LA PAUPIERE SUPERIEURE ET DES AUTRES MODES D’OPERER jCECX QU1 ONT DES CILS ANORMAUX.

On appelle clistichiasis la croissance anormale de poils qui viennent se surajouter a la rangee naturelle des oils de la pau¬ piere. Cette maladie provient d’une disposition fluxionnaire lorsque afflue une humeur abondante, il est vrai, mais non cor¬ rosive ni mordante; car le sejour d’une humidite plus acre, plus cuisante, ou de quelque autre maniere corrosive, detrui- rait meme les cils naturels de la paupiere. Nous avons, en con¬ sequence, reeours a la suture, tantot dans cette affection, tantot dans la phalangose, lorsque le bord ciliaire se tourne en dedans de I’oeil et que la rangee des poils se retourne avec lui, et tantot encore dans les paupieres relachees , lorsque les cils naturels piquent le globe de l’ceil.

HK. 10 i’MttuTatcv X aXaupcsTatOM DHKR. ufpov omis d. ABCEFGJLN OPSVeBaTX. 12 c.5v omis d. D. ; R. omet depuis oiiv eii jusqu’A vsur, inclusiv. >3 BDGJLNOPRSVeBa. 14 <rr?£*o>evo; S. 15 S.

16 M.rk an lieu de J. ’** 3u.Si-i omis d. DR..., imvarrmt^ S.

102

nEPI ANAPPA<J>H2, K.. T. A.

KzSkopiOV ZOtVVV Gyy\fJ.a.ZlGCCJZZq ZOV V.CtfJ.VOVZO. 18 , YJ'5t

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fikitpapov , et piv f iocv.pdg i/oi rag zpiyjxg 22 , avz&v sxsi- v»v h/crj'p v.cd fteydlcp 5ontTuXo> 23 rflg dpiGzepag emhxr So'fisvot 24 yjipbq, st 5s jiovu fiptzydaq, |3sXovyjv iypmtccJ 23 pdfLfxx ota [istjov zov 26 zaps ov ioaQev km zdt sgo) 27 Sttwrst- pccuziq ziza ota too pdfj.fj.zzoq dvxzetvocvzsg zp dpttnepd 28 to |5 Xetpzpov , r?j osgta to5 mipjvt 29 Tijg ofiiXyg bztzSev zov pdp.fj.zzog ocvzo 30 vohzdzzvzeg exor/setpo/isv 31, xa't Soitroaev ttjv vnozofj.v\v ksazepa 32 tmv vuttou<7o>v 33 /ara too zapcov, omb zov fj.eydd.ov v.crjQov 34 oitjV.ovgocj dypi 33 too tj.iv.pov. To 5s pd.fj.fKx. vnolzSo'vzeg 36 p.s"a tyjv OTtOToptriv xai 37 t5 mntyetpi zr,q apiGzepzg yetpbq vnoZzXbvzzq 38 fi.iy.pdv zi -zvypdziov 39, avotrstvo/xsv tyjv btppvv 40 /at stso« 5a ar/pa nzvyfxdziz 41 zdtgzvzeg iv zypotg zocq xtzvSotg 42, xsXs ooo/xsv Tw 43 bmcOev eazazt virripizy St’ on/rav StaTStvstv 44 to |3Xs- fa/ocv - /at zdze 5t’ dycfppxcptxpv 45 GfiiXiov dcoeofiev 46 ttom- tov tyjv oSsXtatav xotXou/xsvYjv Sizi'pezcv fj.iv.pbv , zvaze'pa zS>v v.zzz tpvoiv zpty&v , a~o v.zvQov oir,v.ovGzv km v.ocvObv, fidOoq 5s tag pdvov zb oepfxz diaipeQyjvai. Kot't fxez’ avTYjv 47 ty/V pjvostSij 48 Tzapdcyojfj.ev , <zpydu.evot 49 fiiv Iv5sv 30 xat vj oSsXtatot rfpf otro, £-'t tocoutov 5s 51 utjiog tpepdfxevot 32 tag oXov to neptzzbv nepiy pzorjvzi Sepfxx, /at TsXsurSvrsg 03 btxotag

18 Tbv avflpoMtov TTOt rbv xsuvovt* T. 19 Ef«Tpoo«Ev DO. 20 siuvW? o. 21 EXTps'io;j.Ev DNRSVeBa., gte'^bv J. 22 sxct vi; to!**; omis d S. 23 jaxTuXu omis d.DHKR. 2‘ &&x»o>»si JX , emXaSoasva R. 23 ijceuo* Ve., pEufw pour pa(iu.a R. 26 too omis d. J. 27 e|o>9£v PR. 28 apurrEpw 0. 29 otoptvYi BCEGJLST., orjpivo) D., suptyt NO. cpuiXr,s BCFMVeBa., ooluXu; NO., u-i- Xn; E., u.D.r.; LPRT. II n est pas douteux pour moi qu'il s’agisse ici du bout da manche du bistouri, et non du bout uueleolaire de la sonde ; car, dans la position de l’op^rateur, il me semble qu’il lui serait bien difficile de changer d’instrument. D’ailleurs, on sait que les maoches de quelques bistouris anciens se terminaient en bouton , et pouvaient , au besoin , servir aus memes usages que les sondes. C’est ce qu'on peut voir dans V Armamentarium de Scultet, dans 1’ouvrage d'Artdrea della Croce, et dans beaucoup d’autres, 30 atbav GLP., pstjmaroi jKreoXsooavrs: J. 31 ExrpsConEv DNRVeBa "32 £5(aT£pwv GLP. 33 ry.jiri

DE LA SDTURE DE LA PAUPIERE SUPgRIEURE , ETC. 103

Ayantdonc place le malade assis soit devant nous , soitanotre gauche , nous retournons la paupiere superieure , si elle a de longs cils, en les saisissant eux-memes avec 1’index et le pouce de la main gauche 5 si elle en a de trop courts^ en passant une ai- gnille munie d’un fil par le milieu du bord eOiaire, de dedans en dehors ; puis, tirant la paupiere avec la main gauche au moyen du til , nous la renversons derriere ce fil, en la repliant avec le bouton du bistouri tenu de la main droite. Alors nous faisons l’in- cision interne plus en dedans quelespoils qui piquent, en l’eten- dant le long du bord ciliaire, depuis le grand angle de l’ceil jus- qu’au petit. Apres l’incision nous enlevons le fil et nous placons sousle pouce de la main gauche une petite compresse pour rele¬ ver le sourcil . Ensuite, disposant d’autres petites compresses aux extremites des angles de l’teil , nous prescrivons a un aide, qui doit se tenir derriere le malade, de tendre la paupiere au moyen de ces compresses, et alors, avec le bistouri a suture, nous fai¬ sons d’abord l’incision dite obeliee , un peu au-dessus des cils naturels, d’un angle de l’ceil a l’autre , profonde seulement de maniere a diviser la peau. Apres cette ineision nous faisons celle en forme de croissant, en la commencant a l’endroit ou commence l’incision obeliee., et en lui donnant une hauteur telle qu’elle circonscrive toute la peau jugee superflue, et en la ter- minant aussi au meme endroit que l’aufre. La peau circon-

zariX. 34 tnoooH pour zavflci D. 35 fiiyc i ponr ay.pt LP. 36 $ tszSsUXcvrs; EX., u-c€a>.).c'/T;; , tous les autres. J’avoue qu’ici j’ai du adopter l’opinion de Cor- narius et substituer le mot imoXaeovTs; a celui de EftrsoaXoVrsc, qui ne presente pas de sens. Je previens toutefois qu’aucuu manuscrit n’autorise ce changement , et qu’il n’a pour but que de rendre le passage intelligible* 37 zal omis d. A BCE FGJTLNOPSVeBaX. 33 avnSoXXovTsj ABCFGJ LNOP VeBa., ou.iO.tt VZi- vorrs; T. 39 *i>-jpwtTiov PR. 40 icspri N. 41 |*izpi omis d. S., j-ju-axi* OPR., -TU'^j.aT'.z S’j'j t. S. 42 5®v8gT; F. 43 to L. 44 avardveiY T. 45 i'lappatpazo’j CF., aum Xz? D., cu.iXlcu HKLP. 46 <5* t#o5fa.= v ABCDEFGJLN OPSVeBaTX. 47 ptsra tin P. 48 ptovost^ LPR. 49 apy.oWt omis d. P., apy.casV.v M. 50 oflsv BDG J L M N OPR VcBa. - 31 ion to tyes LP., - caoStov d'k omis d. LP. 52 ospou.svr,v M., rspirriv omis d. LP. 53 TsXsyTwoav M.

m nEPI ANAP1'A<I>H2, k. T. A.

ZvQa 34 xoxstvv} JJ sfT« tou Ttzpiy paohzog sx twv Suo §tat- pzGzav 56 oipparog f ivpGivozidovg 37 zvyyavovzog, tyjv 38 srpog T75 os5ta u9 vjptav ayxiGTpa nztpavzzg ycavtav 60, oXov touts to Ssouloctiov 61 ano$£ipo[X£V 6S. EtTa Toug pdXanag anoGTzoy- ytGoevzeg, zocgcv vj t ZGGapGiv pmaig 63 to: ^st'Xn tou zpavpazog <7uvor/oftev 64, otto tyjj uiovjg dpyjazvoc , yazarvzlpayzzg §£ t»)v fizXdvY)V 6i> £V outSj tvj 66 unozou-Yi to os pdppa kg kpiov zzza. Koc'l 67 Xo'liaVTSg TO IZZpiZZOV paU-UX U.Y) 7rXvj<7£OV TCOV pa®a>V, aXX’ OJO-Tc 68 TZZptZZZVZlV COC T/OIWV tWrvXwv OUTOtg 69 aijxog, tk izzoizrd StavaTEtvotVTsg 70 xara to pzzamv, ku.Tzld.Gzoa zt'A rdv zyexdXXav y.oXXrjG ap.zv Tag os tou filzydpov zpiyag dy.fJ.ri j3sXovYig coto twv pazpav kXzvOzpaGapzv .

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