^ Digitized by the Internet Archive in 2010 with funding from University of Ottawa littp://www.archive.org/details/biographienation16acad BIOGRAPHIE NATIONALE. • V w I » } ^ f ^) BIOGRAPHIE MTIONALE PDBLIÊE PAR L'ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES, DES LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQUE. TOME SEIZIEME. NUCBNUS - PBPYN. f 22«Qiues% I BRUXELLES, BRUYLANT-CHRISTOPHE & C««, IMPRIMEURS-ÉDITEURS, SUCCESSEUR EMILE BRUYLANT, RUE DB Xk. StOCNCI, 67. 1901. ftffiLIOTHCCA cr Nlr3 ifU LISTE DES MEMBRES DE LA COMMISSION ACADÉMIQUE CHARGÉE DE LA PUBLICATION DE LA BIOGRAPHIE NATIONALE. (DÉCEMBRE 1901) MM. G. De-walque, délégué de la classe des sciences, président. H. Hymans, délégué de la classe des beaux-arts, vice- président. Ferd. Vander Haeghen, délégué de la classe des lettres, secré- taire. Fr. Crépin, délégué de la classe des sciences. C. Le Paige, délégué de la classe des sciences. Edm. Marchai, délégué de la classe des sciences. G. Vander Mensbmgghe, délégué de la classe des sciences. St. Bormans, délégué de la classe des lettres. E. Gossart, délégué de la classe des lettres. H. Pirenne, délégué de la classe des lettres. J. Stecher, délégué de la classe des lettres. F. -A. Gevaert, délégué de la classe des beaux-arts. J. Robie, délégué de la classe des beaux-arts. M. Rooses, délégué de la classe des beaux-arts. FI. van Duyse, délégué de la classe des beaux-arts. Secrétaire adjoint .- Paul Bergmans, docteur en philosophie et lettres. LISTE DES COLLABORATEURS DU SEIZIÈME VOLUME DE LA BIOGRAPHIE NATIONALE. (Les noms précédés d'un astérisque sont ceux des collaborateurs décédés.) Alvln (Frédéric), conservateur-adjoint à la Bibliothèque royale, à Bruxelles.- Nymmegen (J. van). — Oosterwijck (d'). — Oprode (van ou ab). — Oresmieux (d'). — Paludanus (A.). — Partoes (H.-L.-F.). — Peeters (Charles). Arenbergh lÉmile Van), juge de paix, à Anderlecht. Nutius (Ph.), théologien. — Parys (Jean van). — Pauwels (Jean-E.). Auger (A.), président du Séminaire de Bonne-Espérance. Odon de Cambrai. Beeckman (Ed.), avocat, à Bruxelles. Oeyenburch (van). — Oliverius. — Ooms (J.-B.). — Oonsel (van). — Ophemert, — Opho- vens (van). — Opstal (Ant. van). — Otten. — Overloop (E.-J.-I. van). — Overloop (G. -M. -A. van). — Overloop (P. -F. van). — Pauwens. Bergmans (Charles), professeur honoraire, à Gand. Paque. Bergmans (Paul), second sous-bibliothécaire à la Bibliothèque de l'Univer- sité, à Gand. Nuceus— Nys(J.). — Odon. — Oeyenbrugghen (van). — Olieschlager. — Ondereet(B.-C.-J.). — Onghena (J.). — Ongoys (d'). — Ooghe. — Opberghem (van). — Ophem (M van). — Opiter (de). — Orsaeghen (van).— Os (van). — Otfride. — Otho (Jean). — Otho (Jeanne). — Ots. — Oltonis (G.). — Ottonis (J.). — Oudaert. — Outers (E. van). — Overstraeten (R. van). — Oyen (K. van). — Paludanus (L.). — Paradis (J.). — Parival. — Pasquier d'Orange. — Pauli-Stravius (G.). — Pauli-Stravius (Richard). — Pauwels (Jeanne-C). — Pauwels (Joseph). — Pauwels (Noé). — Peetermans (N.-J.). Bemaert (général Frédéric), à Bruxelles. Nypcls (D.-H). — Nypels (L.-E). — Orban. — Ory. — Osten (J.-O.). — Osten (P.-J.). — Olreppe de Bouvette (F. -G. d'). — Outies. — Paluiaert. — Pauraen. — Peissant(J. de). LISTE DES COLLABORATEURS Béthune (baroD Jean), membre de la Députation permanente, à Bruges. Pape (F.-C.-F.-J. de). Béthune (baron Joseph), juge, à Courtrai. Patin (vicomte de). Bi^^-ood (Georges), avocat, à Bruxelles. Paridaens (A.-J.). Borchgrave (baron Emile de), membre de l'Académie royale, à Vienne. Oexmelin. — O'SuUivan de Grass (A. -A. -H. comte). — O'Sullivan de Grass (.1.-1'.). — Oultremont (comte d'). — Pamele (G. de). — Pépin le Vieux. — Pépin le Gros. — Pépin le Bref. Borman (chevalier C. de), à Schalkhoven. Pas (Humbert de). Brants (V.), membre de l'Académie royale, à Louvain. Paillot. — Peck (Pierre), jurisconsulte, — Peck (Pierre), homme politique. — Pedro de Tolède (don). Brassinne (J.), docteur en philosophie et lettres^ à Liège. Otreppe de Bouvette (A. d'). Caloen de Basseghem (P. Vincent-M. van), dominicain, à Bruxelles. Parmentier (T.). — Pelicby (J.-M.-F.-T.-G. baron de). Chauvin (Victor), professeur à l'Université, à Liège. Paquot (Jean-N.). Chestret de Haneffe (baron J. de), membre de l'Académie royale, à Liège. Ophoven. — Oreye (d'). — Paix (de). — Patras. — Pauli (T.). — Peecks (J.). — Pèlerin (A.-L.). Closson (Ernest), conservateur-adjoint au Conservatoire royal de musique, à Bruxelles. Parent (E.-C.-L.-M.). — Parent (P. J.-J). Coppieters Stochove (Hubert), docteur en philosophie et lettres, à Gand. Onghena (G.). Crépin (François), membre de l'Académie royale, à Bruxelles. Nyst (H.-J.-P.), naturaliste. — Olbrechts. — Parmentier (André-J.-G.). — Parmentier (J.-J.-G.). Crombrugghe (Albéric de), juge au tribunal, à Gand. Olimaert. Deffernez (d' Edmond), membre correspondant de l'Académie royale de médecine, à Charleroi. Palfyn. — Peeters Laurent). LISTE DES COLLABORATEURS Defrecheax (Joseph), aide-bibliothécaire à la Bibliothèque de l'Université, à Liège. Peclers (F.-J.-A.)- — Peclers (H.-L.-J.). Delehaye (Hipp.), bollandiste, à Bruxelles. Papebrochius. Delesclase (A.), chargé de cours à l'Université, à Liège. Ode (Sainte). — Odile. — Odulphe. Destrée (Joseph), conservateur aux Musées royaux, à Bruxelles. Pannemaker (F. et A. de). — Pannemaker (G. de), hautelisseur. — Pannemaker (P. de). Devillers (Léopold), archiviste honoraire de l'État, à Mons. Obert. — Ode (La bienheureuse). — 0'Dw7er. - Ofiîgnies (J. d'). — Offignies (T. d'). — Olivier (E.-A.-A.). — Olivier (T.-E.). — Onulphe. — Ordin. — Ouvertus. — Oye (J. d'). — Paquié. — Parent (N.i. — Paridaens (F.-C.-H.-J.). — Parmentier (Ph.), écrivain. — Parmentier (Ph.), sculpteur. — Patoul-Fieuru (de). — Patralie (Sainte). — Paulet. — Payen (N.). — Payez. — Pennequin. De'walque (Gustave), membre de l'Académie royale, à Liège. Nyssen (J.-J.). — Nyst (H.-J.-P.), paléontologue. — Nysten (P.-H.). — Palude (A. ex). — Parent (G.). Diegerick (Alphonse), conservateur des archives de l'État, à Gand. Peereboom (A. vanden). Donnet (Fernand), administrateur de l'Académie des beaux-arts, à Anvers. Oliva (Ph.). — Oortelnians (A.). — Oortelmans (D.). — (Jost (F. van). — Oosten (van). — Ort. — Paesschen (J. van). — Paesschen (T. van). — Palerme (van). — Parys (G. van). — Parys (v« G. van). — Parys (Jacques-1. van). — Parys (Jean-B. van), chanoine. — Parys (S. van). — Pauvvels (Jean-A.-F.). — Pauwels (L.). — Pennemaker. Doyen (chanoine F.-D.), curé-doyen, à Wellin. Olivier (J.E.). — Paradis (G.). — Paradis (G. de). — Parizel. Duchesne (Eugène), professeur à l'Athénée royal, à Liège. Ongnies (comte de Mérode et d*). Duyse (Florimond van), membre de l'Académie royale, à Gand. Ockeghem (van). — Orlo (de). — Peellaert (A. baron de). Even (Edouard van), membre de l'Académie royale, à Louvain. O'Hearn. — Pauwels (E.). ♦Frederlchs (Jules), Oucle (van). Fris (Victor), professeur à l'Athénée royal, à Ostende. Onredene (D.). — Onredene (R.). — Outre (d'). — Pehaert. LISTE DES COLLABORATEURS Goemans (Léon), professeur à l'Athénée royal, à Louvain. Nys (C.-A.-H.)- — Oevelen (van). — Olinger. — Ondereet (G.) — Oostenrijk (van). — Opstal (Aug. van). — Orinus. — Oslaeyen (van). — Oulerraan. — Oye (K. van). — Paeps. — Paeuw (B. de). — Paeuw (P.-C.-B. de). — Palmers. — Paludanus (F.). — Paludanus (H.), écrivain. — Paludanus (J.), théologien. — Paludorpius. — Pape (Jean- B. de). — Papens. — Parfondry (de). — Parisot. — Paul! (P.). — Pauw (F. -F. de). — Pauwels (Nicolas). — Pecqueux. — Peemans (H.-L.). - Peemans (J.-J.-C). Gossart (Emest), membre de l'Académie royale, à La Hulpe. Payen (P.). Gnequier (J.), préparateur à l'Université, à Gand. Omalius d'Halloy (d'). Haeghen (Victor Vander), archiviste de la ville, à Gand. Olischlaegher (J. d"). — Olischlaegher(J. II d'). — Parraentier (C). — Pauwels (P.). Heins (Maurice), docteur en droit, à Gand. Paeiinck. Helblg (Jules), archéologue, à Liège. Obée. — Panhay de Rendeux. — Patenier (J.). — Pépin (Jean), sculpteur. Hulin (Georges), professeur à l'Université, à Gand. Pauli (C.-F.-H.). — Pauwels (Joseph), peintre. Hymans (Henri), membre de l'Académie royale, à Bruxelles. ^uyts(D.). — Nuyts (G.). — O'Gonnell (M^e). — Odevaere. — Ofhuys (J.). — Olivier de Gand. — Onghers(J.). — Onghers (0.). — Oorloft. — Uost (D.-J.). — Oost (G. van). — Oosl (J. van), dit le Vieux. — Oost (J. van), dit le Jeune. — Opdebeeck. — Ordonic (van). — Otteren (van). — Overschee (van). — Paludanus (B.). — Paludanus (G.). — Palu- danus (H.), peintre. — Panileren (van). — Pas (Henri van). — Paul. — Pauwels (André). — Pauwels (Jean-B.). — Payen (Antoine-A.-J.). — Pée (E. van). — Pée (J. van). — Peeters (Gatherine). — Peeters (Glara). — Peeters (Fr.-L.). — Peeters (Jacq.). — Peeters (M.). — Peeters (Ph.-J.). — Pelichy (G.-C.-M. de). Iseghem (Charles van), à Ostende. Ocket. Jacques (d"" Victor), à Bruxelles. Onsenoort (van). — O'SuIlivan (J.). — Pape (G. de). — Pasquier (Â.-V.-J.). — Pas quier (C.-I.). — Peeters (Léon). La Vallée Poussin (G. de), membre de l'Académie royale, à Louvain. Oyen (Jean-H. van). Linden (Hermann Vander), professeur à l'Athénée royal d'Anvers, à Louvain. Odwin. — Oostende (vanden). — Ophem (M. van), frère mineur. — Orp (d'). — Oudegherst. — Oudenburg (d') — Pasquiui. — Pelckmans. LISTE DES COLLABORATEURS Lonchay (Henri), professeur à l'Université, à Bruxelles. Uliva (don Rodrigue Calderon, comte de La). — Pastur. *Loomans (Ch.). Nypels (J.-S.-G.)- Lyon (Clément), homme de lettres, à Charleroi. Parraentier (Antoine). Maeterlinck (Louis), conservateur du Musée de peinture, à Gand» Papeleu. Mansion (Paul), membre de l'Académie royale, à Gand. Pagani. Marchai (chevalier Edmond), secrétaire perpétuel de l'Académie royale, a Bruxelles. Nys (E.-A. de). — Nys(P.-A.-F.). — ^ys (Jacq.). — Olivier (P.-J.-A.)- — Ondermaerck. — Ophem (C.-A. van). — Opslal (Gér. van). — Oudenaerde (van). — Overstraeten (H.-D.-L. van). — Overslraeten (P.-l. van).— Paludanus (G.). — Paludanus (R.). — Pans. — Papenhoven (A. van). — Papenhoven (G. van). — Parant. — Parez (A.). — Pastenaic- ken (G). — Pastorana. — Pauli (Rombaut). — Pauw (Jean-B. de). — Pede (van). — Peene (Henri van). — Peelers (Jean), architecte. — Pennekyn. — Pepers. Masoin (E.), secrétaire perpétuel de l'Académie royale de médecine, à Louvain. Parigot. Matthieu (Ernest), avocat, à Enghien. Oedins. — tlivier(B.). — Overdalz. — Page (J.). — Page (M.). — Parez (F.-E.).— Paris. — Parraentier (Adèle-M.-A -J.-G ). — Parraentier (N.). — Paternotte. — Pépin (Jean- Ant.-Jos). Mesdach de ter Kiele (Ch.-J.), membre de l'Académie royale, à Bruxelles. Orts (A.). — Orts (P.). — Orts (L.-J ) — Pardon. Monchamp (Mgr Georges), membre de l'Académie royale, à Liège, upstraet. Neuss (Henri van), archiviste de l'État^ à Hasselt. Nypels (L.-P.-A.-A.-V.). — Paesmans (B.). — Paesmans (G.). — Palude (J. de). — Pan- hausen (van). — Pauli (M.). — Pelt. Nève (Joseph), directeur honoraire de beaux-arts, à Bruxelles. Patenier(H.). Ortroy (F. van), chargé de cours à l'Université, à Gand. Oierschaden. — Peeters (Gustave-Adolplie). — Peeters (J.). — Pelsaert. •Piot (Charles). Oignles (d'). — Ooge. — Osy (de). — Outrepont (C.-L.). — Outrepont (C.-T.-F. d'). LISTE DES COLLABORATEURS Pirenne (Henri), membre de l'Académie royale, à Gand. Olbert de Gembloux, — Olivier le Dain. — Olivier de Dixmude. — Otbert. — Othelbold. Piters (Armand), professeur à l'Athénée royal, à Gand. Oppelt. — Pasquet. RaMenbeek (Charles), homme de lettres, à Bruxelles. Olivier (A.)- — Orley (Ph. d'). — Ortzen. — Pallant (de). — Panueel. — Pardieu (de). Renier (J.-S.), homme de lettres, à Verviers, Odllon. — Oger. — Olivier (L.-J.). — Ortmans-Hauzeur. Renterghem (A. van), docteur en philosophie et lettres, à Hal. Pauw (Jean de). — Pauwels (Adrien). Ridder (A. de), chef de bureau au ministère des Affaires étrangères, à Bruxelles. Odrade. — Outers(F. van). — Overloope (,d'). — Pattey. Roersch (Alphonse), chargé de cours à l'Université, à Gand. Ogier (S.). — Pallantia. — Paludanus (J.), professeur. — Paludanus(J.), maître d'école. — Pantin (G.). — Pantin (P.)- — Papa. — Papeus. — Pelgrom. Rooses (Max), membre de l'Académie royale, à Anvers. Nutius (M.). — Nutius (Ph.), imprimeur. — Nutius (M. 11). — Nutius (M. IIl). — Ogier (B.). Ogier (G.). — Ommeganck. — Opstar(Gasp.-J. van). — Overlaet. — Panneels. — Peeters (Bonaventure). — Peeters (Bonaventure II). — Peeters (Gilles). — Peeters (Jean), peintre. — Pepyn. Schrevel (chanoine A.-C. de), secrétaire de l'Évêché, à Bruges, Pachtere (de). — Pamele (J. de Joipy de). — Pauv? (P.-J. de). — Peeters (Barthélemi). — Pelsers. Soil (E.- J.), juge, à Tournai. Ofhuys (G.). — Pallavicini. — Payen (Antoine- M. -J.). — Payen (Auguste), né à Tournai. — Payen (Auguste), né à Bruxelles. — Peeters- Wilbaux (Charles). — Pels. Spilbeeck (R. P. Fr. Waltman van), prémontré, à Tongerloo. Peeters (Jean-Fr.-Ch.). Tandel (Emile), commissaire d'arrondissement, à Arlon. Ozeray. Tierenteyn (Louis), docteur en droit, à Gand. O'Kelly d'Agrim. — Orient. — Orssaghen (van). — Oudart. — Page (F.-J.-G. baron de).— Panne.— Paquet.— Paquot (Jul.-rsic.). — Paradan. — Parent (J -J.-F.). — Parez (F.-C.). — Partoes (G.-J.). — Pauw (N.-L.-B. de). — Patiwels de Vis (Jean). - Peeters (Ad.-B.). — Peeters (H.). — Peeters (P.-E.). — Pellens (J.). *Varenbergh (Emile). Ottevaere (A. -F.). — Ottevaere (F.). LISTE DES COLLABORATEURS Vlietinck (Ed.). homme de lettres, à Ostende. Oliviers. Vreese (Willem de), chargé de cours à l'Université, à Gaud. Numan. — Onraet. — Pennitic. Wauters (A.-J.), homme de lettres, à Bruxelles. Oriey (B. van).— Orley (J. van).— Orley (Pierre van). — Orley (R. van).— Orley (V. van). WauAvermans (lieutenant-général), à Bruxelles. Ortelius. — Oyen (S. van). — Oyen (Jacq. van). — Pauwels(F.-C.-C.). Willems (Léonard), avocat, à Gand. Oesbroecli (van). — Omazur. — Ooms (C). — Paepe (de). — Paludanus (M.). — Panne- raalier (G. de), poète. — Pape (Josse de). — Parys (Jean-B. van), jésuite. — Pauli (S.). Paullus. — Pauly. — Pauw(M. de). — Peene (Hipp.-J. van). — Peene (Jacq. -H. van). — Peene (Jean-B. van). — Peene (M. van). — Peeters (Arm.). — Penneman (Franc.), pré- dicateur. — Penneman (Franc.), religieux. Wilmotte (Maurice), membre de l'Académie royale, à Liège. Parlaus. — Pausace. N(siiite) WlCEWCS {Sébastien- Auguste). Voir Nelsen (Sebastien- Auguste de). xv€t:t}»{Alard), ou Du Gaucqdier, compositeur de musique, né à Lille, florissait dans la seconde moitié du xvie siècle. 11 fut attaché à la chapelle de l'archiduc Mathias d'Autriche, à Prague, en qualité de ténor, à partir du 1er décembre 1564. Le l^r juin, il fut en même temps chargé des fonctions de deuxième maître de chapelle et sup- pléa ainsi l'illustre Philippe de Monte. Nuceus occupa ces deux places jusqu'en 1576. Où possède de lui un recueil de quatre messes, à cinq, six et huit voix, dont la Bibliothèque royale à Bruxelles possède un exemplaire dans la collec- tion Fétis (n ' 1664) : Quatuor missa qvinque, sex et octo vocum, aurtore Alardo Nuceo, tulgo Du Gaucquier, hisulano, sereniss. Principis Matthia Austrii wu- sicorum pr/efecto, jam primum i?i lucem édita. Anvers, Ch. Plantin, 1581; in-fol. Les messes sont précédées d'un motet à six voix in aspersione aqvœ benedictce. Paul Bergnians. F.-J. Félis, Biographie universelle des musi- riens. 2* éd., t. VI (Paris, I8C4), p. 3H)-3M. — Edm. Vander Straeten, la Musique aux Pays- Bas, l. V (Bruxelles, i880), p. 103-104. wi;w.«:« (Philippe), poète flamand et écrivain ecclésiastique, né à Bruxelles, BIOGR NAT. — T. XVI. vraisemblablement vers le milieu du xvie siècle, mort le 20 février 1617. Peut-être était-il de la famille de ce Gérard Numan qui fut audiencier-secré- taire du duc Philippe le Bel. Dans tous les cas, il doit avoir appartenu à une fa- mille patricienne ou de » clergie » , puis- que, après la capitulation de Bruxelles, en 15 83, il fut nommé, par Alexandre Farnùse, secrétaire de sa ville natale. On a dit que Numan devint d'abord greffier et plus tard secrétaire, mais au- trefois ces deux mots étaient souvent employés indifféremment pour désigner les mêmes fonctions. Maximilien de Vriendt, qui lui a dédié quelques dis- tiques dans ses Epigrammata parus er 1603, l'appelle Senatui Bruxelîensi a secretis ; Costerus, dans la préface de sa Ferautwoorde (1605), l'appelle secre- taris deser stadt Brussel; lui-même s'in- titule sur le titre de ses ouvrages ^?"e/'- fier, en 1606et 1607; en 1613, une fois greffier et une fois secrétaire; en 1614, secrétaire; en 1617, de nouveau ^r<^er et secrétaire. En cette qualité, Numan prit une part très active à l'organisation des fêtes qui eurent lieu à l'entrée du prince Ernest à Bruxelles, en 1594, et à celle des archiducs Albert et Isabelle, en 1599; de ce chef, il reçut du magis- trat chaque fois 600 florins. Il rédigea une relation de la première de ces céré- NUMAN inonies en latin, et chanta la seconde dans son Panegyricus in adventum sere- nissimurum principum, Jlberil et Isabel- le, archiducum Austrice, Ducnm Braban- lia. In civitatem Bruxellensem{V>rwy:.t\\t?,, J. Moinmaert, 1599), dont les vers dénotent une connaissance réelle de la langue latine. Philippe Numan débuta, en 1583, par Den Spieghel der Menschen, Innehou- dende den generalen staet van V mensche- Hjck çhfnlachle. Nu onlancx gemaect door llippophiliis Neander van Brueasele (An- vers, Jean Coesinans, réédité à Dor- drecht, chez Gaspard Troyen, 1595), écrit en couplets de quinze vers, dont le dernier résume le couplet. Le titre indique suffisamment ce dont il est question : l'auteur tâche de montrer l'inanité des choses de ce monde; tout ce que l'homme désire et recherche avec tant d'ardeur, n'a aucune valeur, puis- cju'il faut tout abandonner au moment de la mort. Il vaut donc bien mieux ne s'occuper en cette vie que de ce qui peut servir pour l'autre. En 1590 parut un second ouvnige du même genre : Den Striil des Gemoels inden wech der duechden (lîruxelles, Jan Momraaert). Dans sa dédicace au magistrat de Bru- xelles, Nuuian dit qu'il l'avait composé déjà six ou sept ans auparavant, lors- qu'il s'exerçait à la poésie, afin de mieux supporter les misères et les diffi- cultés journalières causées par la guerre civile continuelle; son but était de mon- trer die corthcyt ende verganckelijckheyt ran des loerelis sondigc ydflheyt, ende die weerde ende prijsUjckheyt vande deucht : MitKgnders de irncht ende V gewelt dat- men moet ghebruyrken om die le rercrijgen : Dwelck de hnuchslf aenschouwinghe ende rolmitecule oelfeniyighe es, daer hem den mensch in dit katijrich 1er en mede mach becomnieren : want willen icy, oft niet, wy iiioelen een» commen daermen niet dan van deucht vrnghen en zal. (es deux poèmes n'ont pas procuré à leur auteur une place bien importante dans l'histoire de la littérature néerlan- daise ; si l'on ne peut lui contester le mérite d'être bon v<;rsificateur, il faut constater qu'il manque absolument d'élé- vation et d'originalité. A l'encontre de l'esprit nationaliste de l'époque, sa lan- gue fourmille de mots français néerlan- disés : Numan ne sympathisait pas du tout avec les puristes de son temps ; il croyait au contraire enrichir sa langue de cette façon. Il dit notamment, dans la dédicace du Slriit des Gemoets, qu'il a suivi en écrivant la manière et l'usage du temps présent, sans s'en tenir avec un soin vain aux limites de l'ancienne langue néerlandaise, et qu'il n'a fait en cela que suivre l'exemple d'auteursd'au- tres pays. Il semble que Numan ait eu quelque connaissance de l'ancienne lan- gue et de la littérature flamande du moyen âge, ce qui n'est pas commun à cette époque. Ainsi, s'adressant à ceux qui pourraient s'étonner qu'il osât trai- ter en langue vulgaire un sujet aussi élevé que le bonheur éternel, il leur rappelle que d'autres ont fait de même plusieurs siècles avant lui. Notons enfin encore cet argument typique de Numan en faveur de sa façon d'écrire : puisque les mots sont faits pour s'entendre, il n'y a pas de raisons pour préférer un mot à un autre, pourvu qu'on emploie ceux qui sont d'un usage courant chez nous, et puisqu'il est notoire que le néerlandais d'il y a trois et quatre siè- cles dirtéraitde celui d'il y a un siècle, et que dans un siècle il différera de celui d'aujourd'hui, tout dans le monde chan- geant continuellement, il n'est ni inutile niinsensé-de se servir de la langue telle qu'elle existe. Et il est bon de dire cela, ajoute-t-il, puisqu'il y en a tant qui font grand bruit des particularités et de l'ancienneté de la langue, et dédaignent tout ce qui a été emprunté à d'autres idiomes. Il faut reconnaître que ce point de vue ne laisse pas de présenter quelque originalité, voire de l'indé- pendance vis-à-vis des idées reçues alors. Numan paraît avoir voulu suivre l'exemple de Ronsard; mais comme il n'avait nullement le génie poétique de son modèle, il n'est pas étonnant qu'il ait fait naufrage. Mais il ne faudrait pas voir chez Numan un manque d'af- fection pour sa langue, un défaut de patriotisme. C'est en termes éloquents NUMAN qu'il fait l'éloge de sa langue mater- nelle dans une pièce de vers adressée à Richard Versteganus, en tête des Keder- Dtiytsche Epigrayvmen de celui-ci (1617) : H'y achten seere de iiytheemsihe spraken. En prijsen. al tiat lotnt van nemder liaudt : Wti vaochieu. als met tint toi ghcne sakeii, Ofis eygheti laie : maer met ijroot mistersiant. Out is die sprake raii het Delgisch latit, Meer schierals eeniijhe daerat meti inach lesen : KijckuoordUh, viaulijck en crachtich acn elc- ken kani, Met het uoort uytdruckende der dinghen wesen : Int segghen seer eyqlien, emte tôt desen Sterck lan bintsel met levende cirael. Van dit misachten waer sy ghenesen, Worde sy ghebruyckl tôt geestighe dael... Notons cependant qu'en employant le mot rijckwDordicJi , Numaii aura surtout pensé aux mots qu'il tâchait d'intro- duire. Mais le Spieghel der Menschen et le Striit des Gemoets ne sont pas les ou- vrages (|ui caractérisent le mieux Nu- uian. Celui-ci a été ffurtout un catholique fervent, apologiste enthousiaste de sa religion, croyant encore à la possibilité de faire rentrer les protestants au sein de la vraie Eglise. Si nous ne pouvions le présumer par le fait qu'il fut du ma- gistrat imposé à Bruxelles par Alexandre Farnèse, nous pourrions le voir claire- ment dans ses autres écrits. En 1588, il publia la traduction d'un traité ascétique du père Louis de Grenade, intitulée : Deti Leyd Umnn der Sondaeren. Waer in ijheleert wordt allé V i/ene dat een Kersten met)srh schnldich is te doen... GJiemaec/it duur den lier. Vader B. Lotiys van Gre- vaden.. . Ende nu cortelinghe in DuyUcher tnlen overyheset . . . Door Philips Niimuji van Bruessel. T Anticerpt-n... by C/iristoffel PZtf«/y«... M. D.LXXXVIll(la dédicace est datée du 2 janvier de cette année). L'avis au lecteur est de la plus grande importance pour la connaissance des sentimeuts de Numan sur les événe- ments de son temps. Il commence par déclarer que, ayant appris à connaître la traduction française (le l'ouvrage par un certain l'aul du Mont, de Douai, parue environ douze ans auparavant, il y trouva tant de quiilités, qu'il se sentit encouragé à communiquer ces trésors à ses compatriotes; il avait déjà achevé une bonne partie de sa traduction lors- que surgirent dans notre patrie les tristes et sanglantes discordes qui ren- dirent impossible toute espèce d'études. Fuis il continue : Dan also God den heere beliefl heeft ons verdruct vnderlant eensdeeh, ende nameutlijck dese stadt van Bruessel te verlossen van de slaeffelijcke ende tyrannige oppressie der wederspan- nigher lieretijcken, ende wcderoin te laten scliij)ien dat licht des waeraclitighen Ca- thol. Afiostol. Roomschen gheloofs : îieb ghedaclit mijn eerste propost ende vour- netnen te vervolghen, ...te meer door dien t' selve boecxken nu onlanghs in Latijn wlgecomen zijnde, my deerde dat de gheiie die Latijn, Spaensch noch fFalsck en connen, dese vrucJit langlier souden bhj- ven dervende... Numan s'évertue ensuite à démontrer que le petit livre de Louis de Grenade est éminemment propre à nous aider à atteindre ce but. Là où il y a beaucoup d'aveugles et où le cheminest étroit et dangereux, on ne peut se passer de guide ; à plus forte raison, il en faut un dans les temps difficiles que nous tra- versons : Ende waer saclimen oyt meer blinde inde werelt {blinde segghe ick, die hun eyg/ien welvuen ende sulicheyt ver- snymen ende reronac/etsamen icaer te nemen) dan daer tegenvwordich en zijn ? Was oyt de Hefde Godts ende des naesten meer verjiaut? icasser oyt inde werelt meer boos-Jitjidts, meer onghereckticheyts, meer valscheyls, meer bedrvchs, mter woeckerije, meer etinghe, meer hooverdije, meer onkuysrheyis, wellusticheyts ende andere onyoddelijcJieyt, als daer heden s' daegJis is ? Noch tans wy weten loel dat wy sterven moeten, ende eens van hier gaen vjor den Rechterstoel van dien stren- gen Rechter, die niet alleen van boose loercken, waer oock van een ydel woordt snl rekenivghe Iieysschen. Maer overdenc- ken 7iy dat;' ghelooven wy dat:' Certeyn het is dwoort Godts, dwoort der eewigher woerheit, daer tn is geen oorsaecke om aen te twiifelen. En lisant cette préface en entier, on sent que le Spieghel der Menschen et le Striit des Gemoets ont été pour Numan plus ([ue de simples ou- vrages de rhétorique, qu'il n'a pas été poète, mais morr.liste avant tout; aussi sa prose est-elle bien supérieure à ses vers. NUMAN 8 Numan doit avoir eu conscience de la position difficile où se trouvait la reli- gion catholique dans les Pays-Bas vers la fin du xvie siècle, et, en chrétien sincère et convaincu, il estimait devoir faire ce qu'il pouvait pour y remédier. Dès lors il n'est pas étonnant qu'il ait cru utile de décrire les miracles qui avaient lieu à Montaigu, en Brabant : Historié van de Miraculen die onlancx in grooten (jelale ijheheurt zyu, door die inter- cessie etide voorôidden van die H. Moi/et Maria. Op een plaetse ghenoemt Scherpen- heuvel by de Stadt van Sichen in Bra- bant. Bruxelles, R. Velpius, 1604. Une deuxième édition parut l'année suivante à Louvain, chez J.-B, Zangre, quoiqu'il y ait des exemplaires qui portent le millésime 1604, mais tous portent à la dernière page l'indication : Tôt Bruessel, in de drnckerye van Rntyeert Felpius. Anno M.]). CF. Une troisième, aug- mentée d'un supplément, paruten 1606, Bruxelles, H. Velpius ; des suppléments en 1614 et 1617; des traductions fran- çaises, faites par Numan lui-même, en 1605 et 1613; une traduction du der- nier supplément, par P. Varroy, en 1618; une traduction espagnole en 1606. Il lui était tombé entre les mains, nous dit Numan dans sa préface, un petit livre fait par un méchant calvi- niste bollan32, inspecteur gé- néral. Arrivé à Bruxelles, il ne tarda pas à se lier avec des amateurs de sciences naturelles de la capitale, qui bientôt constituèrent entre eux un cercle ayant pour titre : Société linnéenne. Les mem- bres de celle-ci, au nombre d'une dou- 41 NYST 42 zaine environ, se réunissaient chaque lundi, en hiver, au Musée d'histoire naturelle, qui, à cette époque, était un établissement cominunnl. A la mort de Dekin, directeur de l'ancien Jardin botanique, l'administra- tion communale confia la direction scientifique de cet établissement à Nyst, bien connu par ses connaissances bota- niques. Le nouveau directeur, imitant ce qui se faisait à l'étranger, publia, en 1S26, le Catalogue des plantes culti- vées dans le Jardin botanique de Bruxelles (in-S-, vi-91 p., Bols-\Aittouck). En considérant l'exiguïté du jardin, il est vraisemblable que les 4,500 espèces énumérées dans ce catalogue n'étaient pas toutes réellement cultivées et qu'un certain nombre d'espèces y avaient été inscrites pour marquer en quelque sorte des desiderata. Ce catalogue, rangé par ordre alphabétique et dépourvu de re- marques scientifiques, est la seule publi- cation de isyst qui nous soit connue. L'herbier délaissé par ce botaniste pas- sait pour être perdu, quand il fut re- trouvé par hasard chez une personne qui n'en connaissait pas la provenance. Aujourd'hui, cette collection a été intercalée dans celles du Jardin bota- nique de l'Etat. Quoique Nyst n'ait à peu près rien publié, on peut néanmoins dire de lui qu'il a rendu de véritables services à la botanique, en propageant le goût de cette science. Fr. Crépin. F. Crépin, Guide du botaniste en Belgique, (1877), p. 238 et 239. — Ed. Dupont, Notice sur la vie et les travaux de Pierre- Henri iS'yst {An- nuaire de l'Académie royale de Belgique, i88!2). xvsT {Henri- Joseph-Pierre), paléon- tologue, né à Arnhem (Néerlande), le 16 mai 1813, décédé à Molenbeek- Saint-Jean lez-Bruxelles, le 6 avril 1880. Il était fils de Pierre-Henri-Jo- seph Nyst, dont la notice précède, et de Pétronille Rasch. Son père, attaché à la garantie des matières d'or et d'ar- gent, fut obligé à de fréquents déplace- ments ; c'est ainsi que sou fils naquit à Arnhem ; il opta plus tard pour la Bel- gique. Son éducation souflfrit de ces conditions; il termina ses humanités à dix-huit ans et ne dut (|u'à lui-même ses connaissances en histoire naturelle. Son père l'introduisit dans un cercle de naturalistes, la Société linnéenne de Bru- xelles, et il s'occupa d'abord de recueil- lir des plantes et des insectes; son bio- graphe raconte que, ayant excité la jalousie de son père, il abandonna la botanique et l'entomologie pour se livrer exclusivement à l'étude des coquilles. Survint la révolution de 1830. Il ac- compagna Gérard, de la Société lin- néenne, pour visiter Anvers après le bombardement, et il rapporta des bar- ricades de nombreux exemplaires de Cy- prina tumida, qui le remplirent de joie; après la prise de la citadelle par l'armée française, il retourna dans cette ville avec son père, et en un seul jour recueil- lit dans les terrassements non moins de septante-cinq espèces ; on n'en connais- sait qu'une trentaine ; il revint enthou- siasmé et acquis à la paléontologie. A l'exemple de son père, il entra, en 1832, à la garantie des matières d'or et d'argent, en qualité d'aide-essayeur volontaire ; trois ans après, il fut nommé sous- contrôleur. En 1 «36, il fut nommé contrôleur de troisième classe à Lou- vain, au traitement de 1,800 francs; il y resta quinze ans, pendant lesquels il fut promu à la deuxième, puis à la pre- mière classe, avec un traitement de 3,500 francs. Mais son bureau ne lui prenait que quelques heures par se- maine, et il sut mettre à profit ses loi- sirs. Déjà en 1S35, il avait publié ses Recherches sur les coquilles fossiles de la province d'Anvers, dans les(iuelles il décrivait et figurait cinquante-six es- pèces. L'année suivante, il publiait ses Recherches sur les coquilles fossiles (au nombre de 105) de Hoesselt et de Kleijn- Spauwen [Messager des arts et des sciences de Gand), et une notice sur une nou- velle espèce de moule trouvée à Anvers (Mytitus cochleatus, Kickx, aujourd'hui Lreisserisia), puis quelques autres espèces vivantes, du pays ou de l'Amérique. Il fut nommé correspondant de l'Académie rovale des sciences et belles-lettres de 43 NYST 44 Bruxelles, le 15 décembre 1842, et non en 1839, comme l'a écrit son biographe; il en devint membre cinq ans plus tard et directeurdelaclassedessciencesen 1869. Vers le même temps, en réponse à une question de concours, il présenta à l'Académie sa Description des coquilles et des polypiers fossiles des terrains ter- tiaires de Belgique. Ce grand travail, qui est resté la base de notre paléonto- logie du groupe tertiaire, fut couronné le 9 mai 1843; il donne, en 675 pages in-4o, la description de cinq cent trente espèces de coquilles et de vingt-quatre espèces d'oursins et de polypiers, avec leur répartition dans les divers étages que A. Dumont distinguait alors dans notre tertiaire. Ce travail parut dans les Mém. cour, et Mém. des savants étrangers de l'Acad. royale de Bruxelles, t. XVII (et non, comme on l'a écrit, dans les Nouv. Mém. de Vjcad. roy. de Belg.). Il y est accompagné de quinze planches, représentant les espèces nouvelles ; mais les exemplaires tirés à part pour l'au- teur contiennent quarante-neuf plan- ches, sur lesquelles toutes les espèces sont figurées. Plus tard, Nyst fut transféré à An- vers ; malheureusement, presque tout son temps y fut réclamé par ses fonc- tions. Il prit part à la fondation de la Société paléontologique de Belgique, dont il fut vice-président jusqu'à son transfert H Bruxelles, et où il fit de nombreuses communications. Il put explorer lon- guement les travaux de creusement des bassins et ceux de la nouvelle enceinte des fortifications et il y recueillit une immense quantité de fossiles. Il explora en même temps une vaste briqueterie établie à Edeghem pour le service des fortifications, et, grâce aux ouvriers, il y recueillit cent cinquante-deux espèces fossiles, dont il établit les rapports avec les dépôts miocènes du midi de l'Eu- rope, dans une note importante pour la géologie de notre pays. En 1863, il fut appelé au bureau de Bruxelles et s'adonna à l'exploration des environs de la capi- tale. Comme fruit de ses longues recher- chea, il était parvenu à réunir quatorze cents espèces de notre tertiaire. Malheu- reusement, la détermination en fut con- trariée par le manque de collections types et de grands ouvrages modernes; il parvint cependant à se faire, par voie d'échanges, une collection et une biblio- thèque personnelles assez étendues. Il s'attacha à noter la répartition de ces fossiles dans les divers étages admis par les géologues, et il en fournit des listes à J.-J. d'Omalius, comme à notre Pro- drome d'une description géologique de la Belgique. Ses recherches de synonymie l'amenèrent à dépouiller tons les ou- vrages qui s'occupent des coquilles actuelles ou fossiles, en vue de dresser le catalogue général des espèces et de signaler les doubles emplois ; les cin- quante mille fiches qu'il avait réunies sont aujourd'hui au musée royal de Bru- xelles. Dès 1847, il en avait tiré le Tableau synoptique et synonymique des espèces vivantes et fossiles de la famille des Arcacés ; celui du genre Scalaria est de 1871. En 1879, un grand changement sur- vint dans sa situation : le bureau de la garantie fut supprimé. Il allait être nommé receveur des contributions, mais le gouvernement réorganisa le musée, et Nyst accepta, avec empressement, l'offre du nouveau directeur, Mr Ed. Dupont, et fut nommé conservateur des collections malacologiques du musée. Dès 1875, il avait déterminé et classé l'importante collection des coquilles actuelles. Il s'oc- cupa ensuite du classement des fossiles belges, entreprit la revision de notre faune pliocène et en décrivit deux cent soixante espèces, en dirigeant l'exécu- tion de l'atlas volumineux qui les repré- sente ; il s'en occupait encore lorsqu'il fut emporté au mois d'avril 1880. Ce travail parut après son décès. H. Nyst avait été nommé chevalier de l'ordre de Léopold en 1870; il avait reçu, en 1874, de la Société géologique de Londres , dont il était membre étranger depuis 1871, le fonds Wol- laston. Il était membre de la Société d'histoire naturelle du duché de Nassau et de celle des sciences naturelles, anti- quités et beaux-arts de Douai. Il avait épousé Alceste-Julienne de Madré, qui I 45 NYSTEN 46 le précéda dans la tombe; il eut d'elle trois filles et un fils, Arthur, aujourd'hui contrôleur à la Monnaie, à Bruxelles. C'était un excellent homme, bien- veillant et affable, mais faible et d'une timidité et d'une modestie extrêmes. Il comptera parmi les savants qui ont le plus contribué aux progrès de la paléontologie belge, La liste de ses publications est trop longue pour prendre place ici. Elle a été donnée par M"" Ed. Dupont dans sa notice biographique, mais cette liste demande des additions et des rectifica- tions. Plusieurs notes sont accompa- gnées de planches, qui n'ont pas été indiquées. La Notice sur une nouvelle espèce de moule et celle sur le genre Trigonoceelia se trouvent dans le Bull, de VAcad., t. II,1S35 et non 1836. Cette dernière est suivie de l'énumération des espèces vivantes et fossiles du nou- veau genre et d'un supplément. Elle est de Nyst et Galeotti, de même que la Description de quelques fossiles de Tehua- can. Les Nour elles Recherches sur les co- quilles fossiles de la provi?/ce d'Anvers, avec 3 planches, sont de Nyst et Westendorp. La Notice sur deux co- quilles nouvelles du genre Crassatelle est suivie d'un Tableau des espèces vivantes et fossiles de ce genre. Associé à M Mourlon, Nyst a publié une Note sur le gîte fossilifère d'Aeltre. Bruxelles, 1872; in-S" {Ann. Soc. malac. de Belg., t. VI, 1871). Le Bulletin de la SoAété paUontologique de Belgique, qui a paru à Anvers jusqu'en 186-I-, mais dont le titre du vol. I (et unique) porte seule- ment la date 1858, renferme de nom- breux articles dont nous citerons : 1. Ta- bleau explicntif des différents terrains rencontrés dans le creusement du puits artésien que Von exécute à Ostende, par MM. Nyst et de Wael, suivi d'une Notice sur une coquille du genre Cyréne. . . , par M. H. Nyst, p. 25-30, fig., 25 juil- let 1858. — 2. Notice sur le genre Neaera, Gray, et description d'une espèce fossile nouvelle pour la fauue belge, suivie de la nomenclature des espèces que renferme ce genre, qui fait partie de la famille des Corbulidœ, p. 49-62, pi. double, 12 dé- cembre 1858. — 3. Liste des fossiles d' Autreppe et de Tournay marnes grises ou bleuâtres, étage Turonien d'Orb. , 8 juillet 1860. — 4. Notice sur deux espèces encore peu connues et inédites de radiaires du genre Spntaw^us , p7'ovenant du terrain tertiaire {système bruxellois) des environs de Bruxelles et de Louvain ; 24 février 1861. — 5. Communication sur un Spirialis, probablement Hetero- funus noatratis Egd. de Heuk, des sa- blonnaires du fort Hérenthals, et revue des espèces récentes et fossiles de ce genre; 14 avril 1861. — 6. Liste de co- quilles et polypiers fossiles observés (?« 1 8 6 2 an fort de Wyneghem dans le crag rouge, p. 189-192, juin 1861. - 1 . Liste des foraminifères du crag noir, d'après le mé- moire d'A. E. Reuss, p. 203-206; liste complémentaire, p. 229-235, 30 mars 1862. — 8 . Tableau synoptique général des foraminifères du crag d' Anvers, décrits par A. E. i2fw««, 236-238, 31 mai 1863. G. Dewalque. Les ouvrages de Nyst. — Ed. Dupont, Police sur la vie et les travaux de Pierre-Henri IS'yst [Annuaire de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, '188;2, p. 307- S'-H). — Nous tenons du bureau de l'étal civil de Molenbeek-Sainl-Jean les prénoms de noire per- sonnage. MifSTEHi [Pierre- Hubert), médecin, né à Liège, le 30 octobre 1771, décédé à Paris, le 3 mars 1818. Il était fils de Jacques Nysten, charron, originaire de Beck (Lirabourg néerlandais"), et de Marie-Joseph Debuisson, née à Fisenne. Grâce à l'appui d'un oncle, chanoine à Liège, il s'adonna aux sciences physiques et médicales, qu'il étudia d'abord dans sa ville natale, puis à Strasbourg, où il se lia avec Schvvilgué; tous deux se rendirent ensuite <à Paris (1794), 011 Nysten se livra avec ardeur à l'étude de la physique, de la chimie et de la physiologie. Il perdit bientôt l'oncle qui était son protecteur. Son activité et la rectitude de son juge- ment le firent distinguer; au concours de 1798, il fut nommé prosecteur à l'Ecole de médecine, et il obtint le diplôme de docteuren 1802. Il fut aus- sitôt adjoint à la commission médicale envoyée en Espagne pour étudier la fièvre jaune, (/'est sans doute comme 47 NYSTEN 48 thèse, dédiée à Halle, qu'il publia, en 1803, ses Nouvelles Erpériences galra- niques faites sur les organes musculaires de V homme et des animaux à sang rouge, dans lesquelles, en classant les divers or- ganes sous le rapport de la durée de leur irritabilité galvanique, on prouve que le cœur est celui qui consei've le plus long- temps cette propriété. Paris, Levrault, brumaire an xi ; in-8°. Les données relatives à l'homme résultaient de ses recherches sur les corps de suppliciés. Il devint ensuite aide au laboratoire de chimie de l'école et fut amené à l'étude de la matière médicale, ce qui lui per- mit de l'enseigner avec succès. Dès 1806, la Faculté lui avait permis de faire son cours dans l'amphithéâtre de son hospice de perfectionnement, et la foule des élèves s'y porta constamment. Surlafindel806eten 1 807,ilfutenvoyé dans le département de la Drôme, sur la recommandation de Tessier et de Vau- quelin, pour y étudier la muscardine et \esmorts-Jîats, qui détruisaient les vers à soie; ses recherches, précises et métho- diques, lui permirent de rédiger une instruction, qui fut accueillie a vecgrande faveur, sur les précautions à prendre pour se préserver de ces deux fléaux. Son rapport. Recherches sur les maladies des vers à soie et les moyens de les préve- nir, suivies d'une instruction sur l'éduca- tion de ces insectes {V uns, Impr. impér,, 1808; in-8''), fut publié par ordre du ministre de l'intérieur. En 1819, il fut envoyé à Joigny (Yonne) pour diriger le traitement d'une épidémie dont on avait méconnu la nature et qui faisait les plus grands ravages : il en reconnut le carac- tère inflammatoire et en triompha par la saignée. Deux autres fois, il fit partie de commissions nommées à l'occasion d'épidémies alarmantes. Le Traité de matière médicale de Schwilgué ayant été rapidement épuisé, Nysten fut chargé, après la mort de son ami, de revoir la seconde édition (Paris, 1809; 2 vol. in-8o) ; il y fit peu de changements. Bientôt, il publia ses Recherches de physique et de chimie patho- logiques, pour faire suite à celles de Bi- chat sur la vie et la mort (Paris, 1811; in-8°j, dédiées à G. Cuvier. On y remar- qua des expériences sur l'eff^et de l'in- troduction de divers gaz dans les voies circulatoires et des recherches curieuses sur la rigidité cadavérique après divers genres de mort ; elles furent accueillies très favorablement. Il publia ensuite un précis: Manuel médical (Pari?, 1814"; in-8°;— 2eéd.,1816; in-8<'),qui eutune grande vogue, et la troisième édition du Dictionnaire de médecine, chirurgie, chi- mie, botanique, art vétérinaire , etc. (Pa- ris, lSl4; in-8°). La première édition était de Capurou ; mais on lui reprochait d'être trop riche en termes de mathé- matiques, d'astronomie, etc., qu'on ne va pas chercher dans un livre de mé- decine. Nysten travailla à la deuxième édition, puis entreprit la troisième avec Savary, Les deux auteurs étaient arrivés à la fin de la lettre C, lorsque Savary mourut. Ce dictionnaire, remar- quable par la précision des définitions, eut le plus grand succès. La quatrième édition, revue par Bricheteau, est de 1824; la onzième, revue par Littré et Robin, est de 1858. Depuis lors, croyons-nous, le nom de Nysten a dis- paru du titre ; la dix-huitième édition, sous le nom de Littré, est de 1898. On a reproché à ses continuateurs d'avoir inutilement donné à certains articles un caractère matérialiste qu'ils n'avaient pas. Nysten reprit ensuite le Traité de matière médicale de Schwilgué et en donna une troisième édition (Paris, 1818 ; 2 vol. in-8"), revue et augmentée de formules du nouveau codex pharma- ceutique. Les progrès de la chimie et les changements apportés à la nosographie par Pinel, Corvisart et Cullerier avaient nécessité une refonte complète de ce traité. Nysten venait de rendre ce nou- vel hommage à la mémoire de son ami* lorsqu'il fut emporté par une apoplexie foudroyante, laissant une veuve et deux enfants en bas âge, et regretté des nom- breux amis que l'aménité de son carac- tère lui avait valus. On doit encore à notre compatriote des articles insérés dans le Diction7iaire des sciences médicales, dont quelques- 49 NYTS 50 uns écrits en collaboration avec Halle. Dans les épidémies de fièvre typhoïde qui effrayèrent Paris après 1815, Nys- ten fut chargé presque seul du service de Bicétre : son zèle ne connut ni borne ni obstacle. Attaché au service des pauvres secourus par la Société philanthropique, il remplit cette tâche avec le même dévouement t;t sans viser à aucune récompense personnelle. Enfin, Halle le fit nommer médecin de l'Hos- pice des enfants malades, grâce à la protection de Monsieur, frère du roi. Il était membre de la Société de la Fa- culté de médecine, de l'Athénée de mé- decine, de l'Institut de médecine et de la Société philomathique de Paris, cor- respondant de diverses académies et de la Société libre des sciences physiques et médicales de Liège. En 1821, la Société libre d'émulation de Liège ins- crivit son nom parmi ceux des illus- trations liégeoises que l'on voit dans sa salle, et, en 1863, l'administration communale de cette ville donna son nom à une des rues nouvelles du quar- tier du Jardin botanique. G. Dewalque, *** (Halle?) dans Schwilgué, Traité de matière médicale, 3e éd., p. X à XV, 1818. — Comhaire. Notice historique sur le D^ Nijsten, dans le procès- verbal de la séance publique du 25 avril 18ÎI de la Société libre d'émulation (Liège, 1821; in-8" . — Delvenne, Biographie du royaume des Pai/s- Bas. Liège, 18"29, in-8o. — E. Regnard, dans la ISouvelle Biographie générale, publiée )iar MM. Firmin Didbl frères, sous la direction de M. le dr Hoefer (Paris, 186i; in-8o). !*iYTS {Gilles). Voir Netts. 0 OBÉE {Martin), peintre, né à Liège en 1729, décédé à Paris en 1806. Bien que le baron de Villenfagne, contemporain de l'artiste, donne son nom avec cette orthographe, la signa- ture du peintre, que nous avons relevée sur plusieurs de ses tableaux, est inva- riablement Auhée ou plutôt Avbée. Ce- pendant, l'orthographe des noms pro- pres étant à cette époque encore peu fixe, il se peut que, lors de ses débuts, le peintre ait écrit son nom comme l'a fait le baron de Villenfagne. Le père de Martin s'appelait Jean Aubée et sa mère Marguerite Lambotte; leur fils ayant, dès l'enfance, montré du goût et des dispositions pour le des- sin, ils se décidèrent à le mettre en ap- prentissage chez J.-B. Coclers, peintre et conseiller de Georges-Louis de Ber- ghes, prince-évêque de Liège, et fort en faveur à sa cour. Au bout de quelques années cependant, cet enseignement ne paraissant pas répondre aux aptitudes (le l'élève, Martin Aubée fut envoyé à Paris, où il s'appliqua à la peinture d'histoire dans l'atelier de Berthon, membre de l'ancienne académie de Saint- Luc. Berthon, pas plus que Coclers, ne réussit à faire de Martin un peintre de grande envergure. Aubée se mit donc à peindre à Paris des pastorales et des pe- tites scènes de genre dans lesquelles il cherchait à mettre de l'esprit, mais oii généralem.ent il n'aboutissait qu'à être trivial, il revint à Liège, où il s'adonna indifféremment à tous les genres, cher- chant surtout à vivre de son travail. A. cette époque, la peinture était l'un des éléments les plus en vogue du décor des hôtels patriciens et même des bonnes maisons bourgeoises. On décorait par des sujets peints les dessus de portes, les cheminées et parfois des salons en- tiers : des toiles, marouflées aux murs, formaient une tapisserie historiée, où se reflétaient souvent les mœurs du temps; leur valeur était naturellement en raison de l'habileté, de l'artiste. Aubée s'appliqua à ce genre de pein- ture avec quelque succès; il réussit assez bien à peindre les animaux, no- tamment les chiens. Il peignit aussi bon nombre de ta- bleaux meublants; à son retour à Liège, il avait exposé à la Société d'émulation quelques peintures représentant des forges qui furent bien accueillies par les amateurs liégeois; mais dans aucun de ses tableaux on ne trouve une pensée, une situation remarquable ou des caractères off'rant de l'intérêt. Lorsque Aubée fut en possession d'une certaine clientèle, une assez violente rivalité se produisit entre lui et le peintre Léonard Defrance, plus jeune de quelques années et beau- 53 OBEL — OBERT 54 coup mieux doué qu'Aubée. Tous deux cultivaient le même genre; il3 étaient animés du même esprit et cherchaient à vivre au moyen des mêmes ressources. Aussi, le baron de Villenfagne ayant, dans un écrit, fait mention des peintures exposées par les deux artistes, en émet- tant sur leur compte une appréciation par laquelle le talent d'Aubée n'était pas mis à un degré d'infériorité suffi- sant comparé à celui de Defrance, ce dernier prit violemment à partie le critique liégeois. Il était, au surplus, dans la destinée des deux rivaux d'être aussi éloignés l'un de l'autre par les sentiments que rapprochés par le sort : lors de l'institution d'une académie de dessin, fondée en 1778 par le prince Velbruck, Aubée fut nommé professeur de cette académie en même temps que Defrance. Plus tard, il arriva que, pour donner une plus-value à des tableaux d'Aubée qui offraient une certaine ana- logie avec la manière de Defrance, on effaça le nom d'Aubée pour y substituer celui de sou rival : ce fait s'est produit notamment pour deux pendants, repré- sentant des • Botteresses et porte-hottes » se rafraîchissant au cabar-et » et des * Botteresses faisant des hochets « . L'une de ces peintures, d'assez bonne couleur, porte aujourd'hui la signature Defrance fecit. Elle a été substituée il y a une quarantaine d'années à celle d'Aubée, qu'on lisait autrefois sur la plaque du tombereau qui se trouve dans le tableau des botteresses pétrissant la houille pour en faire des hochets. On pourrait citer un assez grand nombre de tableaux d'Aubée, mais il serait difficile d'en noter qui missent son talent en relief particulier. La pos- térité a ratifié le jugement que les con- temporains ont porté sur ses travaux, et lorsque les panneaux d'Aubée parais- sent dans les ventes publiques, ils n'at- teignent pas un prix élevé. Dans la vente des tableaux qui s'est faite au château de Colonster, le 20 avril 1894, se trou- vaient quatre tableaux d'Aubée. Deux pendants, représentant un » bal rham- • pêtre », signé : Inventé et peint par M, Aubée, l'an 1755, et l'autre des • Baigneuses », peints avec une certaine facilité et d'une couleur agréable, ont été vendus 120 francs. Deux autres pendants du même peintre, deux pasto- rales où des jeunes filles couronnent de fleurs un berger et enguirlandent un agneau, n'ont pas atteint des prix plus élevés. Ils étaient signés : M. Avbée inv. et pinxit 1757. Lorsque le pays de Liège fut agité par les troubles de la Révolution, en 1789, les artistes et les artisans qui vivaient des classes élevées de la société, émigrèrent, cherchant leur subsistance ailleurs. Aubée, qui avait conservé quelques relations à Paris, alla s'y fixer avec sa femme et ses enfants; il conti- nua à y peindre des tableaux de cheva- let, et se fit de la restauration des tableaux, dans laquelle il était habile, une industrie lucrative. Il mourut à Paris en 1806. J. Helbig. Mélanges historiques et littéraires, par M. de Villenfagne. — Histoire de la peinture au pays de Liège, par J. Helbig. — Catalogues des venles de tableaux Lhoest van Weddingen, 189:2, et au châ- teau de Colonster, 189i. OBEL (Mat/lias de e,'). Voir De L'Obel, OBERT, évêque de Liège. Voir Ot- BERT. OBERT {Antoine), médecin, né en Artois, s'établit à Saint-Oraer, au com- mencement du XVII® siècle. La date de sa naissance et celle de sa mort sont inconnues. Antoine Obert s'occupa spécialement des questions qui partageaient les méde- cins de son temps au sujet de la saignée dans la pleurésie. Il a publié : \. De venaesectione in pleuritide eudoxa, contra pnradoxam Fuschii, Fernelii et aliorum sententiam. Saint-Omer. 1629: in-4". — 2 . Anastichiosis apologetica pro Parœvesi contra I). L. du Gardin decretnm, qtio oppositavi m pleuritide revulsionem con- demnat, qunm Parcpnesis apprvbnt. Saint- Oiner, 1631; in-8o. — 3. De ve>iœsec- tione in pleuritide Parcpnesis secundo. Accessit de venœsectione in variolis admi- 55 OBODE — OCKEGHEM 56 niftranda contra popularem errorem as- sertio. Saint-Omer, 1635; in-8°. Lcop. Devillers. Eloy, Dictionnaire historique de la médecine, t. m, p. 410. «ROUE (Saint). Voir Autbode. OCH AIN ( Charles- Joseph-Benoit , comte de Mercy-Argcnteau d'). Voir Merct- Argenteau. ocu AIN {François-Joseph - Charles - Marie, comte de Mercy-Argeateau d'). Voir Merct-Argenteau. oCKEGHRin {Jean van), composi- teur de musique, fiorissait dans la seconde moitié du xv? siècle. On ne connaît pas exactement la date ni le lieu de sa naissance. De ce que Jean Lemaire de Belges, en ses Ilhistratio7ts de Ga^de, dans son épître à Maistre François Le- rouge, datée de Blois 1512, appelle Van Ockeghem •> mon voisin et de nostre • Dation " , Fétis avait d'abord conclu que ce dernier, aussi bien que Lemaire lui-même, était né à Bavay. Mais les dé- couvertes faites dans la suite par le che- valier Léon de Burbure aux archives de la cathédrale d'Anvers et aux archives générales du royaume, convainquirent Fétis que Van Ockeghem était né en Flandre. Les archives de la collégiale de Notre-Dame d'Anvers fournissent la preuve que, du 24 juin 1443 au 24 juin de l'année suivante. Van Ockeghem figurait parmi les chantres du côté gau- che du chœur. Le nom de l'illustre mu- sicien n'étant mentionné que pour cette seule année, De Burbure en inféra, et avec raison semble-t-il, que Van Ocke- ghem cessa de faire partie du chœur à l'époque de la mue delà voix, vers l'âge de treize ou de quatorze ans, et qu'en conséquence il vit le jour aux environs de l'année 1430. De l^urbure fut ainsi amené à considérer comme étant le ber- ceau de la famille de notre musicien le village d'Okeghem, sur la Dendre, à une lieue de Ninove. De fréquents rapports avaient existé depuis le xif siècle entre ces deux dernières villes. Aux archives générales, De Burbure put se con- vaincre qu'un boulanger du nom de Guillaume van Ockeghem avait fourni, à deux reprises, en 1381, du pain à l'ar- mée de Philippe le Hardi, campée de- vant Termonde. Charles van Ockeghem figure aux comptes de 1398 comme ayant payé un droit d'entrée à raison de tonneaux de bière venus de Hol- lande; d'autre part, en 1395, Catherine van Ockeghem, fille de Jean, reçoit les intérêts d'une rente viagère à charge de la ville de Termonde. Cette rente s'éteint en 1430 par le décès de la bénéficiaire. Fétis et De Burbure incli- nent à croire que notre musicien est né à Termonde et qu'il est le petit-fils ou le neveu de Jean. Il est cependant resté un doute dans l'esprit de Fétis, résul- tant de ce qu'aucun des contemporains du maître ne le nomme Fan Ockeghem. Mais l'incertitude disparaît lorsqu'on considère que Van Ockeghem a passé en France la plus grande partie de sa vie, et que des documents de l'époque mentionnent son nom précédé de la par- ticule de, traduction de la particule fla- mande. De nos jours encore, cette par- ticule est supprimée pour les noms les plus illustres. C'est ainsi que la parti- cule ran, qui témoigne de l'origine fla- mande de Beethoven, est généralement omise. L'orthogra|)he « de Ockeghem », adoptée par Michel Brenet dans sa belle étude sur le maître, est celle de la pro- pre signature de ce dernier, telle qu'on peut la voir reproduite en fac-similé dans l'ouvrage de Mr Giraudet Les Jrtisles tourangeaux, p. 312. Mr Michel Brenet n'a pas rencontré moins de vingt-sept versions dittérentes du nom de notre mtisicien : Hokeghem, Hokeghen, Ho- quegan, Hobreghan, Obghuen, Obre- ghem,Ocheghen,Ochgen, Ockeghem, etc. Ces variations dans l'orthographe des noms propres étaient autrefois générales. Le chartrier de l'abbaye de Ninove {Re- cueil des chroniques de Flandre, publié sous la direction de la Commission royale d'histoire, par J.-J. de Smet, II, 1841), que M' Frans de Potter, l'histo- rien de nos communes flamandes, a bien voulu signaler à notre attention, four- nit la preuve qu'à partir du xii* siècle 57 OCKEGHEM 58 le nom qui nous occupe a été ortho- graphié de différentes manières. Une charte de IIS8 indique, comme témoin à l'acte, le nom de Wilhelmus de Okenyhem ; deux autres chartes de 1197 mentionnent comme témoins (îozwinus de Okcngem et Walter de Oktiighein. Une charte de 1200 porte le nom de Gozuinus de Hockengem (p. 799, 812, 813, 818). Le chartrier dont il s'agit, désigne le plus souvent la commune sous le nom de Okeghem. et quoique ce soit là actuellement l'orthographe offi- cielle, il n'en est pas moins vrai que de nos jours encore, d'après la prononcia- tion flamande, la consonne qui suit la voyelle initiale de ce nom est générale- ment redoublée. On ignore également le nom du maître qui fut chargé de l'éducation musicale de Van Ockeghem. Fétis con- clut d'un passage de Tinctor, Liber de arte conlrapuncti, écrit en 1476 (publié par Edm. de Coussemaker, Scriptorum de nmsica medii ceci, t. IV, p. 77), que trois artistes seulement, Dufay, Dunstable et Binchois étaient capables de diriger les études de notre musicien. L'auteur de la Biographie conchit en fa- veur de Binchois, par le motif que ce dernier était maître de chapelle de Phi- lippe le Hardi. En 1444, ce prince tenait sa cour à Bruges, et Binchois rési- dait également en cette ville. D'autre part, Dufay mourut en 1435, tandis que Dunstable, Anglais de naissance, paraît avoir constamment vécu dans son pays. Il est établi aujourd'hui que Du- fay a vécu jusqu'au 27 novembre 1474; qu'en 1440 il habitait Cambrai; qu'il s'y fixa en 1450 et qu'il fit également un séjour à Paris. V'an Ockeghem a donc pu connaître Dufay. soit à Cam- brai, soit à Paris, et a pu^aussi bien s« placer sous la tutelle musicale de ce dernier que sous celle de Binchois. Telle est l'opinion de M"" Michel Brenet, qui ajoute qu'à ne pas s'en tenir à la lettre du texte de Tinctor, on doit admettre que Van Ockeghem a pu trouver à la cathédrale même d'Anvers, alors au rang des meilleures maîtrises des Flan- dres, un maître capable de donner un enseignement de musique sérieux. C'est grâce à l'étude de Mr Brenet, dûment appuyée de documents d'une incontestable authenticité, que la la- cune existant dans la biographie de Van Ockeghem, de l'année 1444 à l'année 1461, se trouve aujourd'hui comblée. Il résulte des comptes royaux produits par l'éminent musicologue français, que, durant plus de quarante années, le maître fit partie de la cha- pelle des rois de France. Son nom et celui de tous les autres musiciens som- meliers de la chapelle figurent aux comptes des années 1452 à 1496. Dès l'année 1454, V^an Ockeghem est men- tionné comme compositeur : » A Johan- « nés Hoquegan, premier chappellain « du sgr. (le roi), lequel a donné au roy " notred. sgr., pour don à lui fait par - icelui sgr. en XXXI I escus pour » IIII aulnes d'escarlate, valent XLIII » 1. t., à luy paiez par mandement du " roy (du 7 janvier 1454). » De 1454 à 1459, Van Ockeghem est porté aux comptes en qualité de premier chape- lain. En 1461, il figure parmi les « ofiî- " ciersde la maison du roy Charles VII, " qui ont eu robes et chaperons faits de " drap noir pour les obsèques et funé- « railles du corps du feu roy « . Peu d'années avant sa mort, Charles VII avait récompensé les talents de son premier chapelain par le don d'une des plus hautes dignités que le roi eiit à sa disposition dans les églises de son royaume : la trésorerie de Saint-Martin de Tours. Ce bénéfice était accompagné de nombreux privilèges, qui en faisaient un des offices les plus lucr.^tifs des églises de la France. Si l'on admet, avec Fétis et De Burbure, que Van Ockeghem naquit vers l'année 1430, ce dernier aurait été revêtu d'éminentes fonctions avant même d'avoir atteint l'âge de trente ans. Par un induit donné l'année même de sa mort f 18 avril 1461), le roi dispensa Van Ockeghem du devoir de résidence. Sous Louis XI, de 1461 à 1464, notre musicien continue à figurer aux comptes en (jualité de premier cha- pelain. Le compte de 1465 lui attribue le titre de « trésorier de l'église mon- 59 OCKEGHEM 60 " seigneur Sainct-Martin de Tours et " maistre de la chappelle de chant du " roy nostre Sire «, et lui alloue de ce chef « la somme de LXXVII livres • tournois ». Le compte de 1466-1467 le mentionne simplement comme « pre- « mier chapelain «. Il en est de même pour lesannées 1469-1470, 1472-1474. Les comptes de 1468-1469 et de 1470- 1471 font défaut. Des documents plus explicites, datés de 1477 et 1481, ajou- tent au titre de • premier chappellain et " maistre de la chapelle du roy nostre Il sire « le titre de » trésorier de l'église " monsieur Sainct Martin de Tours « . Le compte de 1469-1470 porte : ' A ' M.Jehan deOkeghen, trésorier, etc., " pour un voyage au royaume d'Espa- « gne en janvier 1469 (v. st.), 275 1. " En 1484, le maître entreprit un voyage en Flandre. Il visita successivement Damme et Bruges. L^n document tiré des comptes de la première de ces villes porte : • Den viijen dach vander zelver " raaendt (oust), ghepresenteert mijnen " heere de provost van Tours, eerste ' oapellaen vanden coninc van Vran- " kerijcke, hier commende met zijnen " gheselscepe, iiij kannen wijns van vj » grools den stoop; comt ij liv. viij s. " paris. " Un extrait des comptes de l'église iSaint-Donat, de Bruges, en date du 15 du même mois, se rapporte à la visite faite en cette dernière ville : Sex canna vini, pro subsidio sociorum de miisica, in cana facta Domino tf/esaïa'ico Turonensi, Domino Joanni Okeghem, primo capellano Régis Francia, miisico eccellentissimo ,curn suis. Le document de Damme, d'ailleurs rectifié par celui de Bruges, parle par erreur du prévôt de Tours. La qualité de prévôt, dit M"' Bre- net, était celle d'un sous-ordre dans la hiérarchie de Saint-Martin. Cet auteur n'est pas éloigné de croire que le musi- cien, qui avait été autrefois subsidié ■I pour un voyage de Tours au royaume " d'Espagne «, se rendait en Flandre met sijnen gheselscepe, ciim suis, avec ses compagnons, chargé de (juelque mission ou accompagnant une des ambassades envoyées par Charles VIII pour prépa- rer la paix signée le 25 octobre 1484. Les séjours de Louis XI à Plessis lez- Tours permirent à Van Ockeghem de concilier plus étroitement les devoirs de sa charge de trésorier avec ses fonctions musicales. De 1459 à 1494, le nom du musicien se retrouve, à peu près chaque année, dans ce que l'on possède encore des registres de Saint-Martin. Sous la date du 9 février 1496 (v. st.), figure auxdits registres la présentation, faite par Charles VIII au chapitre de Saint- Martin, de la personne d'Evrard de la Chapelle, » officiarum nostrvm domesti- n cum, pour remplir la trezorerie de • Saint Martin vacante par le deceds de » Mr De Okenghem ». La date de ce décès se trouve ainsi fixée entre les an- nées 1494 et 1496. Elle concorde avec la date indiquée par Guillaume Crétin, en sa Déplo?-aiion sur le trépas de Jean Okeghem, poème de plus de quatre cents vers, consacré à la gloire du musicien : Par quarante ans et plus il a servy Sans quelque ennuy en sa charge et office ; De trois Roys a tant l'amour desservy Que aux biens le vis appeler au convy. Mais assouvy estoil d'un bénéfice. Depuis son entrée à la chapelle de France 1 1452) jusqu'à la datede sa mort, Van Ockeghem avait effectivement passé plus de quarante années au service des rois Charles VII, Louis XI et Charles VIII. Il reçut, le premier, le surnom de prince de la musi(jue. Ce titre lui fut donné dans la Déploration musicale de Johannes Lupi, intitulée : Ncenia in Joamiem Okegi Musicorum principem. Josquin Deprés, sinon l'élève de Van Ockeghem, du moins le continuateur de son école, écrivit en son honneur une lamentation à cinq voix, sur des paroles françaises. Un musicien, que Burney appelle Guil- laume, mit en musique un couplet du poème de Crétin. Avec Ernest Thoinan, qui donna une édition nouvelle de la Déploration de Crétin (Paris, 1864), M' Breuet croit ici à une erreur de nom de la part de Burney. A Tours, un monument, détruit depuis, fut élevé à la mémoire de Van Ockeghem. C'est du moins ce qui résulte d'un couplet de Crétin. Si M"^ Brenet a rectifié en plusieurs points et a complété en beau- I 61 OCKET 62 coup d'autres la notire consacrée à Van Ockeorbem par Fetis, du moins l'émi- nent musicologue français se trouve-t-il d'accord avec l'auteur de la Biogra- phie universelle des musiciens, lorsque celui-ci appelle le maître flamand • un • des musiciens les plus illustres du . quinzième siècle, proclamé par ses • contemporains comme par les écrivains • des siècles postérieurs, la lumière de • l'art ». L'appréciation du grand his- torien musical allemand Ambros, égale- ment rapportée par M"" lîrenet, s'accorde entièrement avec les paroles de Fétis. • Ce qui élève Okeghem au-dessus de ses • prédécesseurs, • dit Ambros, » ce ne • sont pas les artifices canoniques et • autres que nous remarquons chez lui. • La vigueur de son esprit fait passer • dans sa musique une âme qui chante, • il lui donne un corps harmonieux, il • la revêt d'un tissu délicat de dévelop- • pements thématiques ingénieux, d'imi- • tations plus ou moins serrées. Dans • les voix intermédiaires, les œuvres de • Van Ockeghem présentent fréquem- • ment des périodes entières inerveilleu- ' sèment mélodiques, d'une douceur, • d'une pénétration de sentiment t^xtra- • ordinaire • . L'étude de M"" Michel Brenet se termine par la liste des œuvres de Van Ockeghem connues jusqu'à ce jour, avec l'indication des sources, liste ù laquelle nous renvoyons le lecteur. 1/énuraération compreiul environ vingt messes, huit motets, dix-neuf chansons françaises et quelques morceaux ou frag- ments divers. Aucui:e des œuvres con- nues de Van Ockeghem n'est écrite sur texte flamand. Il n'y a là rien de sur- prenant lorsque l'on considère que le maître a passé en France la presque totalité de son existence artistique. A propos de la messe Cnjusve toni, yV Brenet se demande dans combien de maîtrises ou de conservatoires on trou- verait aujourd'hui des chanteurs capa- bles de résoudre le problème de solfège que soulève cette œuvre. Il est certain que bien des compositions de moindre envergure de nos anciens maîtres ne sont pas exemptes de réelles difficultés. Je n'en veux d'autre preuve que la sim- ple chanson L'nuter danlanl, de Van Ockeghem, publiée par Ambros {loc. cit. , V, p. 12), dans laquelle les ligatures se traduisent par des syncopes dont l'exécution, de nos jours, exigerait des chanteurs exercés. Le placement des paroles sous la musique, laissé autrefois pour la plus grande partie, sinon pour la totalité, aux bons soins de l'inter- prète, n'est pas non plus sans présenter de sérieuses diflacultés pour l'exécutant moderne. La chanson Je nay deuil, de Van Oc- keghem, publiée sans texte par Ambros {loc. cit., V, p. 10), citée par M' Brenet comme figurant dans le uis. Basevi de Florence, et dans le recueil de Petrucci, Cauti cento cinçuanta (V'^enise, 1503), se trouve également, cette fois avec le texte, dans l'un des recueils de musique conservés à la Bibliothèque royale de Bruxelles et ayant appartenu à Margue- rite d'Autriche. FI. van Duyse. R.-G. Kieseweller, Die veidienste der ISieder- lu'uder (Amst., i8"29 , Musiknlisclie Betlageii, p. "2^2. — V. Fetis, Mémoire lArnsl., -18î29). p. 13. — Ern. Thoinan, Dtploration de Guillaume Cré- tin sur le trépas de Jeun Ockegem, remise au jour, précédée d'une introduction biographique et critique, et annotée (Paris, 1864). — F. Fétis, Biographie universelle des musiciens, S*" éclit., t. VI (18?:;, p. 3o7. — Ed. Van (ier Slraelen. la Musique aux Pays-Bas, t. I (1867), t. IV (1878), et t. V (1880). — W. Ambros. Geschichte der Musik, -2o éd., t. III (1881), p. t72-!203; t. V (18^2), p. i-lQ. — Michel Brenet, Jean de O'keghem, maître de la chapelle des rois Charles Vil et Louis \l. Elude biu-bibliographique d après des documents inédits, dans les Mémoires de la So- ciété de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France (Paris, 1893), t. XX, p. l-S'i. OCU^ET {yJndré-François),cheî-Y>\\ote , né à Ostende, le 30 septembre 1805, décédé à Anvers, le 18 juin 1862. Il fut le créateur du pilotage belge dans les bouches de l'F^scaut. Avant la conclusion du traité de paix entre la Belgique et la Hollande, le pi- lotage hollandais avait seul le droit de passer des pilotes de mer et de l'Escaut abord des navires en destination d'An- vers. Cette administration isolée, n'ayant à redouter la concurrence de personne, était loin d'ofi'rir au commerce toutes les garanties désirables. Elle laissait, au OCKET 64 contraire, beaucoup à désirer sous tous les rapports. Les bouches de l'Escaut, jonchées d'écueils, manquaient souvent de bateaux-pilotes, qui avaient, à cette époque, leurs stations à Blankenberghe pour l'Ouest, et à la hauteur de West- capelle pour l'Est. Les capitaines de navire étaient continuellement soumis aux caprices des pilotes, qui, étrangers au port d'Anvers, n'avaient aucun inté- rêt ni aucun stimulant pour faire leur parcours avec célérité. Il en résultait naturellement de grands retards, aggra- vés par ce fait que tous ies bâtiments étaient forcés de jeter l'ancre en rade de Flessingue et perdaient ainsi une ou deux marées, selon l'humeur et les ca- prices des pilotes. Heureusement, le traité de 1839 vint mettre fin à cet état de choses qui fai- sait cruellement souflfrir le commerce d'Anvers. L'article 9 autorise le gouver- nement belge à établir un pilotage dans tout le cours de l'Escaut et à son em- bouchure. Aussitôt furent jetés les premiers jalons d'une administration jusqu'alors inconnue en Belgique. Cinq navires des- tinés à servir de bateaux-pilotes furent achevés en 1840. Bourdonner l'instruc- tion aux pilotes, on choisit André Ocket, homme très expérimenté et très dévoué, pilote à la station d'Ostende, et un cer- tain nombre de pécheurs appartenant à ce port formèrent le premier noyau d'élèves pilotes. Le premier bateau, ayant à son bord dix-huit élèves, quitta Ostende, le le"" février 1841, pour une croisière dans la mer du Nord et les bouches de l'Escaut, qui, sous l'habile direction d'André Ocket, furent sondées dans tous les sens. Le bateau-école forma successivement des élèves capables, qui furent placés sur d'autres bateaux, et la flottille, composée de cinq navires, ne cessa de parcourir la mer du Nord et les bouches de l'Escaut et d'y faire des son- dages. Les pilotes hollandais, qui rencon- traient à chaque instant nos bateaux- pilotes en mer, ne pouvaient se figurer que leurs opérations fussent sérieuses, tant ils étaient convaincus des difficultés de l'entreprise. Mais grand fut leur étonnement quand, le 15 août 1842, la flottille belge entra dans le port de Flessingue, pour y revendiquer, au nom (lu gouvernement belge, le droit quenous accorde l'article 9 du traité de 1839. Devant cette concurrence redoutable, ils eurent recours à la violence et, aidés par les habitants, dont la haine contre les Belges était à cette époque mal éteinte, ils essayèrent de chasser de leur port les nouveaux débarqués. Une rixe, qui manqua de devenir sanglante, s'en- gagea entre les pilotes hollandais et belges, et il ne fallut rien moins que l'intervention d'un bataillon de soldats pour protéger la vie et la propriété des Belges. D'autre part, le gouvernement hollandais, s'appuynnt sur le traité de 1839, contesta au gouvernement belge le droit d'établir une station à terre à Flessingue. Si le principe avancé par le gouvernement hollandais avait prévalu, l'administration, avec le personnel et le matériel, aurait été forcée de se tenir constamment en rade de Flessingue, et les sacrifices faits jusqu'alors auraient été perdus. Heureusement, l'administra- tion belge triompha de tous les obstacles. Les élèves, ayant passé l'examen re- quis de pilote de mer, commencèrent, à la date du 15 août 1842, leurs opéra- tions en face de leurs concurrents, sur lesquels ils ne tardèrent pas à prendre l'avantage. Mais nos pilotes de mer, ayant joui jusqu'alors comme pécheurs d'une entière liberté, se pliaient diffici- lement à la discipline nécessaire dans tout corps constitué. Ne pouvant se faire aux mœurs de la région où ils étaient obligés de vivre, ils murmurèrent hau- tement et manifestèrent l'intention de retourner chez eux. Il fallut tout l'as- cendant (le leur chef, Ocket, en qui ils avaient placé leur confiance, pour les retenir à leur poste. C'est à Ocket que la Belgique doit de posséder des pilotes de mer et de rivière capables, expérimentés et bien discipli- nés, et, à ce titre, son nom méritait de figurer ici. cil. van Iscgliem. Journaux de l'époque. b5 O'CONNELL — ODE 66 *o'ro:«iii:iii. (Mme Frédérigue-Emilie Miethe), peintre et graveur, née ii Pots- dam, le 22 mars 1S23, morte à Paris en 18S5. Arrivée en Belgique à la suite de débuts remarqués en Allemagne, où elle fut élève de Herbig et de Ch. Begas, la jeune artiste reçut à Bruxelles, à dater de lS-t2, les conseils de Gallait, Deve- nue M'"e Auguste Connell (O'Connell), on la vit bientôt se produire avec dis- tinction dans les rangs de l'école belge. Ses figures de nymphes, d'un coloris superbe, d'une ampleur de formes où se traduisait l'iiitlaence des maîtres fla- mands, ses portraits brossés en pleine pâte se distinguant par un éclat et une franchise d'allure où s'accusait peu le sexe de l'auteur, lui créèrent une vogue réelle. Remarquée au salon de Bruxelles de 1S4S, davantage au salon de 1851, où figurèrent, sous sa signature, divers portraits, dont le sien, elle fut du nombre des artistes qui, à l'issue de l'exposition, vinrent recevoir, des mains du roi Léopold 1er, la médaille d'or dans une cérémonie solennelle. Ses figures de Pierre le Grand et de Cai/ierine 1 1 a\ aient été acquises par le prince Demidoft", le célèbre collectionneur de San Donato. Des succès plus grands encore l'atten- daient sur la scène parisienne. Elle y fut, sous l'Empire, une personnalité en vue. Un portrait de Rachel, la grande tragédienne, mit le sceau à sa réputa- tion . A l'Exposition universelle de 1855, elle figura dans les rangs de l'école fran- çaise, s'étant, à ce qu'il semble, donnée comme originaire du département du Bas-Rhin. Bien posée dans l'entourage impérial, elle vit défiler par son atelier les notabilités du jour. Le duc de Morny, Mgr Sibour, Arsène Houssaye, le Dr Cabanis, Edm. Texier, Théophile Gautier furent au nombre de ses mo- dèles. La Gazette des Beaux- Arts lui con- sacra une étude, due à la plume autori- sée de Ph. Burty ; en un mot, elle était en passe de devenir célèbre quand les événements de 1870 lui ravirent ses espérances avec la raison. Frappée de démence au cours de 1871, elle finit ses jours dans un asile d'aliénés, au mois d'octobre 1885. Les peintures de Frcdérique O'Con- nell, assez rarement rencontrées, por- tent l'empreinte d'une incontestable maîtrise. Un portrait de femme la repré- sente au musée de Berlin ; une figure en pied de Rembrandt, vigoureusement charpentée, décore les salons du Cercle artisti((ue et littéraire, à J^ruxelles, Les eaux-fortes au bas desquelles figure la signature de l'artiste sont au nombre de neuf; on en trouve la description dans le travail de Ph. Burty. Le portrait du philosophe W'ronski, que le critique français déclare n'avoir pu rencontrer, fait partie des collections de la Biblio- thèque royale. Les diverses estampes de Mme O'Connell se distinguent par des qualités remarquables d'eflet, de style et de facture. Henri Hynians. Gazette des Beaux-Arts. Paris, -1860, p. 3i9.— Chronique des Beaux-Arts, éd. 1885, p. "Kj'i. — Comptes rendus d'expositions. onE (Sainte), fondatrice de l'église d'Amay, vivait au vii^' siècle. Elle n'eut pas, comme d'autres, la bonne fortune de trouver un biographe parmi ses contem- porains; sa vie, œuvre anonyme assez modeste, a été écrite beaucoup plus tard, au xe siècle selon les Bollandisles, à la fin du xiiie d'après M"" le chanoine Daris. Ces deux conjectures sont égale- ment possibles, mais la première semble plus probable et la vie anonyme pour- rait avoir été la source où ont puise les historiens liégeois du xie et du xiie siè- cle, plutôt que la paraphrase des mai- gres renseignements que ceux-ci donnent comme par hasard. S'il fallait croire son biographe, Ode serait fille de Childebert et aurait épousé Boggis, duc d'Aqui- taine. Mère de saint Arnoul de Metz, elle serait tante de saint Hubert. Ces parentés sont fantaisistes, le livre de Rabanis sur les Mérovingiens d'Aqui- taine le montre. Notre sainte ne peut en tout cas pas les posséder toutes; femme de Boggis, elle ne pourrait être mère d'Arnoul. Les Bollandistes ont conjecturé qu'elle était fille de Childe- bert III, mais c'est une simple hypo- thèse. Dans son testament de 63.3, Adal^i- 67 ODE - ODEVAERE 68 sel, chanoine de la cathédrale de Ver- dun, mentionne l'église Saint-Georges à Amay, où repose sa tante. Si cette fennme est sainte Ode, la fondatrice de l'église, comme tout semble l'indiquer, celle-ci ne serait ni la fille de Childe- bert III ni la femme de Boggis. Devenue veuve. Ode vint s'établir à Amay. De sa vie, un seu) souvenir est resté; elle se consacra tout entière aux pauvres, les visitant malgré les dangers des routes, les vétissant et les nourrissant de ses mains. Riche, elle fonda et dota plu- sieurs églises, celle de Saint-Georges d'Araay lui doit son existence. Les Bol- landistes avaient placé sa mort vers 722, mais le testament d'Adalgisel nous force à faire remonter cette date jusqu'au premier quart du vue siècle. A. Delescluse. Acta sanctornm des Bollandisles, 23 octobre. — M igné, Potrolof/ie latine, t. L\\>LY1I. — Da- ris, iSotices sur les cfiUses dit diocèse de Liéqe, t. XIV. ODE (la Bienheureuse), ou Oda, née au château d'Alleu (dépendance d'An- derlues), au commencement du xiie siè- cle, de Wiberl et de Thescelina. Ses parents, nobles et pieux, lui donnèrent une éducation très soignée. Bien jeune encore, ses vertus et sa beauté la fai- saient remarquer parmi les jeunes filles qu'elle avait choisies comme compagnes. Un gentilhomme, nommé Simon, voulut l'épouser, avec l'assentiment des pa- rents d'Ode. Mais plus il laissait voir l'ardeur de ses sentiments, plus Ode le fuyait, plus elle voulait se détacher en- tièrement du monde et offrir sa virginité à Jésus-Christ. En vain l'amena-t-on au pied des autels pour consacrer l'union tant désirée par Simon: la jeune vierge déclara qu'elle était vouée à Dieu seul. Ses parents ayant voulu la contraindre, elle eut recours à un moyen extrême, en s'efforçant de détruire sa beauté, afin d'éloigner son prétendant. Peu de temps après, Odon, abbé de Bonne-Espérance, de l'ordre de Prémontré, la bénit et la conduisit au monastère de Riveroëlle, qu'il avait fondé en 1140 pour des reli- gieuses du même ordre. Ode passa dans cette sainte maison une vie austère. Une maladie cruelle, semblable à la lèpre, vint l'éprouver, mais elle sortit de sa cellule parfaitement guérie et rentra dans la ci)mmunauté. Ses sœurs l'ayant élue prieure, elle gouverna la maison avec zèle et dévouement. Elle se considérait comme étant la servante des servantes du Seigneur. Panser leurs plaies, adoucir leurs douleurs, les en- tourer de soins affectueux, laisser tom- ber dans leurs cœurs de douces paroles, c'était sa joie, son bonheur. Elle se pri- vait du nécessaire pour donner du pain et des vêtements aux pauvres. La sainteté qui brillait sur son visage, la perfection de ses actions, la sagesse de ses conseils, la pureté de sa conscience, son inépui- sable charité révélaient une perfection éminente : tel est l'éloge que fait d'Ode un contemporain, Philippe, qui fut le deuxième abbé de Bonne-Espérance. Durant dix-huit mois, Ode supporta avec résignation une maladie cruelle. Entourée de toutes ses consœurs, elle reçut les derniers sacrements et s'étei- gnit le 20 avril 1158. Ses funérailles furent célébrées par les abbés de Bonne- Espérance et d'Àlne, au milieu d'une nombreuse assistance. Son corps fut inhumé dans le chœur de l'église de Bonne-Espérance. Léofiold Devillers. D. Philippi abbaiis Bonœ Spei Opéra omnia (Douai, 4620, 2e éd., d621), p. 779-787. — ^cw satictoium, Aprilis, t. Il, p. 770-778 : Vita vene- rabilis Odœ. — Brasseur, Origines omnium Han- noniœ cœnobiorum, p. dSl. — Maglie, Clironicon ecclesiœ beatœ Mariœ virginis Bonœ Spei, p. 70. — Delewarde, Histoire générale du Hainau, t. II, p. 432. — C.-L. Decléves, ISotre-Damc de Bonne- Espérance, p. 47. ODEVAERE {JosepJt-Désîre), peintre et dessinateur, né à Bruges, non le 2 oc- tobre 1776, comme on le lit sous son portrait, ni en 1778, comme l'assure Immerzeel, mais le 2 décembre 1775, d'Anselme, conseiller-pensionnaire et greffier criminel du Franc, et de Marie- Anne de Brouwer, — mort à Bruxelles en 1830. Peintre du roi, membre de l'Institut des Pays-Bas, de l'Académie de Saint-Luc, à Rome, il occupa une place considérable sur la scène artis- tique, sans que son œuvre ait laissé une 69 ODEVAERE 70 trace bien profonde. Il fit ses humanités au collège des Augustins et fréquenta l'académie de sa ville natale. Lauréat, en 1796, du cours de dessin d'après le modèle vivant, il s'en alla chercher un complément d'instruction à Paris, chez son concitoyen Suvée, lequel, ap- pelé à prendre la direction de l'école française à Home, lui procura l'accès de l'atelier de David. Ce fut comme élève de ce dernier qu'il participa au grand concours de peinture, d'abord en 1S02, ensuite en 1804, et remporta la palme en cette année avec la Mort de Phocioti, » tableau sagement composé, • d'un dessin correct, d'une couleur • vigoureuse et faisant concevoir les • meilleures espérances du talent de • l'artiste ». Ainsi s'exprime Landon, dans les Annales du Musée ; ce qui n'em- pêche pas la composition d'être d'une extrême froideur et de rappeler beau- coup trop la Mort de Socrate, de David. Venu à Bruges pour embrasser ses pa- rents, Odevaere y fut accueilli en triom- phateur. Il fit hommage à la ville de l'esquisse de sa toile de concours, pei- gnit le portrait de M. Chauvelin, préfet de l'Empire (1805), et tint à commémo- rer ses attaches avec l'académie par un portrait collectif de MM. Wynckelman et VanderDonckt,président et directeur, qu'il représenta délibérant sur la mani- festation préparée en son honneur. Ces diverses créations appartiennent au musée de Bruges. Les années qu'il passa en Italie, s'inspirant aux sources où s'était abreuvé son maître, ne firent que l'imprégner davantage des principes pui- sés à l'enseignement de celui-ci. Ode- vaere pourtant fait preuve de quelque initiative dans le choix de ses sujets, souvent heureusement choisis. Au salon de Paris, en 1810, il exposa une vaste toile, le Couronnement de Charlemagyie, œuvre bien ordonnée qu'on dit avoir plu à Napoléon, En ettot, le peintre avait choisi le moment où le souverain-pontife fléchit le genou devant l'empereur. La mort presque simultanée de ses parents prolongea le séjour d'Odevaere en Italie. 11 participait régulièrement aux salons, et après avoir figuré à celui de 1812 avec un ensemble dont faisaient partie le Christ sur les yenonx de la Vif-rye, Iphigénie en Aulide, le lioi de Rome an Capitole, il reçut la médaille d'or. Une Romaine au bain, œuvre gravée par De Vlamynck et datant de la même époque, atteste un sens médiocre de la grâce féminine. La chute de l'Empire le ramena en Belgique. Bruges lui fit grand accueil et les travaux lui vinrent en abondance. Sa grande toile de Saint-Sauveur, le Christ expirant sur la croix, est d'assez mince portée, considérée au point de vue du style religieux. Présenté au roi, Odevaere soumit au souverain l'esquisse de l' Union d' Utrecht, qu'il fut ensuite chargé d'exécuter en de vastes proportions pour le palais de Bruxelles. Lui-même nous en a laissé une gravure au trait. Honoré, au lendemain même de Waterloo, du titre de peintre du roi (25 juin 1815), il se vit confier la tache de retracer par son pinceau l'épi- sode de la bataille où le prince d'Orange est blessé à l'épaule. Bien que de con- ception médiocre, cette toile valut à son auteur une continuité de succès. A la suite du salon de Gand, où avait paru \a Bataille de Waterloo {lill)^ la Société des beaux-ans fit frapper en l'honneur d'Odevaere une médaille d'or, et la gravure répandit sa composition jusque dans les villages. Des toiles de moindre importance : le Martyre de saint Laurent, Raphaël présenté au pape Jules II par Bramante furent accueillies avec faveur. Un des commissaires délégués à Paris pour recouvrer les œuvres d'art enlevées à la Belgique, Odevaere s'acquitta de sa mission avec un plein succès; il reçut en récompense la croix du Lion beliïi- que, tandis que plusieurs villes lui dé- cernaient des médailles coramémora- tives. C'est de Paris, 1816, qu'il date son grand portrait lithographie, sorti des presses d'Engelmann, travail de mé- rite et récemment encore jugé disiiie d'être reproduit pour illustrer un article de M. Henri Bouchot sur la lithographie française, inséré dans les Graphibchen Kunste, de Vienne. Le roi, pour donner un pendant à la 71 ODEVAERE 72 Bataille de Waterloo comme décoration de son palais, fit une fois de plus appel .■\u pinceau d'Odevaere, lui confiant la mission de faire revivre en peinture la Bataille de Nieuport. La toile, exposée en 1820, avait les défauts inhérents à l'époque et, force est de l'ajouter, montre l'auteur passablement dépaysé dans ce genre d'épisodes. Un portrait en pied du prince d'Orange, dans l'uniforme des hussards, peint en 1817, fit l'objet d'une très grande planche de Lignon, L'original périt peu après dans l'incen- die qui consuma le palais du prince hé- réditaire (29 décembre 182Uj. En 1821 parut à Bruxelles le Fauboury de V Allé- gresse à Florence, plus justement le Triomphe de Cimabuë, suivi de près d'une nouvelle commande royale, la Fondation de la maison d'Orange, tableau de 24 pieds sur 16, dont il existe une no- tice explicative en lithographie (Bru- xelles,Stapleaux,1824). De 1823 datent Phèdre et Narcisse, toiles reproduites en gravure par De Vlamynck, rangées parmi les meilleures du peintre et ses derniers succès. Les vastes compositions : Dévouement de Thémistocle et des Athé- niens à la liberté de la Grèce et Les der- niers défenseurs de Missolonghi , exposées en 1826 à Gand, se signalèrent surtout par leurs dimensions. Elles appartien- nent à l'Etat, mais ne figurent point au musée. Missolonghi reparut à Bruxelles l'année suivante, avec plusieurs autres peintures dont une Galathée, que le public accueillit avec froideur. Les jour- naux de 1829 annoncèrent l'exhibition par Odevaere, dans le local des Messa- geries, rue de la Madeleine, à Bruxelles, d'un • Monorama » de l'inauguration du roi Guillaume, peinture appartenant également au musée de l'Etat, mais non exposée. On jugea ce genre d'ex- ploitation peu compatible avec la di- gnité de l'artiste. Odevaere avait la plume facile et incisive, il se défendit dans une brochure où il invoqua le pré- cédent de David, exposant à son profit Ifes Sabines, dans un local du boulevard parisien. Les relations les plus cordiales n'avaient cessé d'exister entre le maître et l'élève ; Odevaere nous a laissé un grand portrait en pied du peintre des Horaces, représenté dans son atelier, à Bruxelles, création reproduite en gra- vure par Jazet et fort intéressante. » Je « voyais David le plus souvent que je « pouvais, Il écrit-il, « et quand j'avais « passé quelques heures avec lui, je « rapportais chaque fois de ses entre- I tiens de nouvelles lumières et plu- u sieurs anecdotes qu'on retrouvera dans " mon ouvrage et qui ont été pour ainsi " dire dictées par lui-même. » L'ouvrage en question , De la splendeur des beaux-arts en Italie, etc., est resté manuscrit; il appartient à la Bibliothèque royale. Odevaere, à la mort de David (29 dé- cembre 1825) et à la suite du refus de la France d'accueillir ses cendres, prit l'initiative d'une souscription qui devait aboutir à l'érection d'un monument exis- tant encore au cimetière de Bruxelles. L'appel qu'il fit au public était remar- quable tant par la forme littéraire que par l'élévation de la pensée. « A la suite « des discordes civiles, » y lisons-nous, « le Dante expira banni de sa patrie, et " le siècle qui l'avait vu mourir n'était « point écoulé que Florence réclama, II mais en vain, ses dépouilles dont " Ravenne, son dernier asile, s'enor- « gueillit encore aujourd'hui. Que Bru- " xelles aussi s'honore de conserver Il celles de David. David est mort au Il milieu de nous, artistes mes cama- II rades, et vous tous, amis des arts, qui » pleurez sa perte ! Que le ministère en « France lui accorde ou non un peu de I terre refusée à Molière, à Voltaire, à « tant d'autres grands hommes ; c'est II parmi nous que ces cendres précieuses » doivent être honorées, doivent rester Il à jamais ! C'est nous qui lui devons, u après de nobles funérailles, un mau- II solée, dépositaire de nos regrets et u de notre reconnaissance. C'estainsi que « nous prouverons à l'Europe que si la Il Belgique était heureuse de posséder ce Il grand homme, elle était digne de cet « honneur. Et si un jour un autre Mé- » dicis vient redemander ses restes ché- II ris, on lui répondra comme le Sénat « de Spolète le fit cà Laurent le Magni- II fique, qui réclamait l'honneur d'élever 73 ODILE 74 • un raonuraent à Lippi dans Florence : • • Noussomraes tiers lie montrer la tombe • • ileDavid, qui passa au milieu île nous • • ses dernières années et guida nos ar- • » listes dans la carrière des talents ! » Parmi les manuscrits d'Odevaere. dé- posés à la Bibliothèque royale, il y a lieu de citer une traduction annotée de la Fie de Baphaël, d'Angelo ComoUi, publiée ù Rome en 1 790; des notes à V Histoire Je fart dans l'antiquité, de Winckelniann ; de très copieuses notes marginales à un exemplaire du Discours sur les progrès des sciences, lettres et arts depuis 1789 jusquà 1808, rapport présenté à l'em- pereur par l'Institut de France. L'artiste y juge, avec une grande sévérité, l'école française. Chose bizarre, le système aca- démique, à ce moment de sa carrière, compte en lui un adversaire décidé. Au chapitre XXXVI de l'étude sur la Splendeur des beaux-arts en Italie, nous relevons ce passage : « Il faut le dire, • les systèmes académiques ont ruiné • les arts et il a fallu de grands ett'orts » pour les en affranchir, même à ceux • qui en ont subi l'absurdité, tant l'ha- • bitude a de pouvoir sur les hommes « . De même, dans un portefeuille de compositions assez médiocres conçues dans le goût antique, appartenant, elles aussi, au dépôt de l'Etat, on relève cette note : » J'ai gardé ces composi- » tions pour faire voir à mes élèves à • quelle raideur mène la mauvaise ha- » bitude de faire des traits, qu'on • cherche à faire le plus purement • possible, quand de mauvais conseils • enseignent cette méthode vicieuse • qui ne peut qu'engendrer un dessin • raide, sans vie et sans souplesse ». Odevaere mourut à Bruxelles, le 9 fé- vrier 1830, âgé de 55 ans à peine. Une commission se forma pour élever un monument à sa mémoire; elle eut recours à une loterie. Le sculpteur Van Geel fut chargé de l'exécution d'un buste, que Mme Odevaere, né Silvie Delarue, dans une lettre à Xavez, déclara rendre par- faitement les traits de son mari. Nous ignorons où se trouve cette sculpture. A diverses reprises, le portrait de l'ar- tiste a été gravé et lithographie. Outre celui qu'il dessina lui-même sur pierre en 1816, le prinripal est dû à la colla- boration de ses élèves, le peintre Diez et le graveur De Vlaniynck. Odevaere a laissé quelques planches lithographiées : un portrait de Qiietelet, exécuté d'après nature en 1822, et une composition Alcibiade chez Aspasie, da- tée de 1825. Henri Hyninns. W.-H.-J.Weale, Cntdlorjiie du musi'c de Drui/es (18G1). — Nagler, Allgemeincs h'i'iuislei-Le.tilioii. — Vanden Eymle el Vander Willifien, Gesihic- dcnis dcr radirUindschc scltildcrktiusi (ISW); I. III, p. 19o. — Immerzeel, Ltvem en ireikcn dcr liollaiidsclie en vlaamsche kunstschilders, etc. (Amslerdain, l&W). oniLE, pieuse Liégeoise, morte eu 1220. Sa vie où, selon l'expression d'un historien moderne, on reconnaît le bavardage d'une vieille femme, a été écrite par un chanoine de Saint- Lambert, ami intime de son fils, et en quelque sorte sous sa dictée. Les Bollandistes en ont publié les deux premiers livres dans leurs Anulecta, et Heller le troisième dans les Monuiitenla German'ae historica. Mariée contre son gré, Odile eut au moiiis deux tils. Encore jeune, elle devint veuve et passa toute sa vie pieuse, mais mouveuuMitée, aux côtés de son tils Jean, qui devint prêtre à la cathédrale. Ensemble ils visitaient les églises de Liège, notam- ment Saint-Lambert, Saint-Denis et Saint-Gangulphe. Ils étaient eu rela- tions avec une recluse de Saint-Denis et avec un certain nombre de prêtres et de personnes religieuses; ils jugeaient sévè- rement le clergé de leur temps, se pré- tendaient honorés de visions et doués d'esprit prophétique. Ils s'intéressaient aux événements politiques et les appré- ciaient a leur manière. Leurs contemporains ne semblent pas leur avoir accordé la même attention que leur bénévole biographe. Odile et son fils Jean, s'ils ne furent pas réellement persécutés, peuvent au moins être rangés dans la catégorie des incompris. A. Delescluse. Analecla Bollandiana, 1. XIII. — Monumentu Germaniac liisiovica, t. X\V. — Daris, Examen critique de la lie d'Udile et de Jean sonjils {Bul- letin de l'Institut archéologique liégeois, t. XI). 75 ODILON - ODON 76 ODiLOiv (Saint), XXXIIe abbé de Stavelot et Malmedy, mort en 954. Il était prieur de l'abbaye de Stavelot, lorsqu'en 945 il en occupa le siège, grâce à l'empereur Othon 1er, dit le Grand. En 950, celui-ci confirma, pour cette principauté, les limites tracées par la charte du roi Cliilpéric, et le diplôme de Louis le Débonnaire, daté du Ipr octobre 814. 11 y accorda aussi, en cas de vacance du siège, de lui choisir un abbé selon les prescriptions de la règle de Saint-Benoît. Odilon contribua beaucoup à l'édifica- tion de son église, rétablit les écoles, raviva les études très affaiblies à cause des incursions de divers peuples qu'Othon combattait, parmi lesquels les Hon- grois. Ceux-ci, en 953, vinrent brûler Malmedy avec son monastère. Odilon mourut le 13 octobre de l'année sui- vante. J.-S. Renier. * ODON DE CAMBRAI (Le bien- heureux), né à Orléans, mort à Anchin, le 19 juin 1113. Dès sa plus tendre jeunesse, il s'adonna à l'étude des arts libéraux ; il y fit de si grands pro- grès qu'il fut bientôt appelé aux fonc- tions d'écolâtre, d'abord à Toul, ensuite à la cathédrale de Tournai. Ici, il s'ac- ([uit une grande célébrité, principale- ment dans l'enseignement de la philoso- phie. Il avait embrassé la théorie des réalistes, et il la défendait avec succès contre l'enseignement nominaliste de Kaimbert de Lille. Or, un jour qu'il donnait sa leçon, il en vint à expliquer un passage de Boëce sur le libre arbitre, au IVe livre de De Consolatione philoso- phiœ. Il se fit apporter le livre que saint Augustin a composé sur ce sujet, le lut avec délices et fit part à ses élèves des richesses qu'il y avait trouvées ; mais, (juand il fut parvenu au passage où saint Augustin compare l'âme pécheresse à un esclave condamné pour ses crimes à faire les ouvrages les plus vils desti- nés à l'ornementation de la maison de Dieu, il fondit en larmes, courut à l'église, et résolut de renoncer à jamais au siècle. Odon embrassa la vie religieuse, de- vint chanoine régulier et fonda bien- tôt une abbaye qui adopta la règle de Cluny : l'abbaye d« Saint-Martin, à Tournai. En 1105, le mérite et les vertus de l'abbé de Saint-Martin le firent élever au siège épiscopal de Cambrai. Elu le 29 juin par les suffrages des clercs ortho- doxes, Odon fut consacré trois jours plus tard, et se rendit immédiatement dans la ville épiscopale. Il y trouva un rival, Gaucher, autour duquel s'était rangé le parti schismatique. Il dut se retirer devant lui, regagna Tournai et continua à vivre au milieu de ses reli- gieux, tout en exerçant sa juridiction sur le diocèse de Cambrai. L'année suivante, Gaucher se rendit à Liège pour implorer l'appui de l'em- pereur Henri IV. L'empereur ne répon- dit pas à ses instances. Bien plus, vou- lant obtenir le concours de Robert II, comte de Flandre, dans la lutte qu'il avait à soutenir contre son fils rebelle, il céda à Robert la seigneurie de Cam- brai et quelques autres fiefs du diocèse : Robert en profita pour installer Odon dans la ville épiscopale. Après la mort de Henri IV, le prélat schismatique continua ses démarches; il se rendit à la cour de Henri V pour se plaindre des empiétements du comte de Flandre et de l'installation d'Odon, Il fit si bien qu'il le décida à marcher con- tre Robert. L'expédition aboutit à un traité de paix, aux termes duquel le comte pouvait conserver les fiefs cédés jusqu'à ce que le roi eût établi à Cam- brai un évêque de son choix. Henri se rendit alors à Cambrai ; à son approche, l'évêque Odon, la majeure partie du clergé et du peuple s'enfuirent. Après son départ, Odon voulut rentrer dans la ville, mais les Cambraisiens s'y oppo- sèrent. Le pieux évêque alla s'établir alors au monastère d'Anchin, d'oii il semble avoir continué à gouverner son diocèse ; Gaucher avait renoncé à ses revendications. Odon mourut ù Anchin, le 19 juin 1113. Il y fut inhumé dans l'église, devant le crucifix, sous une tombe de 77 OnON — ODRADE 78 marbre blanc, où l'on fit graver ses traits avec cette iascription : me TEcrrcR pr.ïsul odo, on PERSPECTl'S OMM MUSDO, FlIT EXIL, DEO FIDUS : FILGET CCELO QUASI MDIS. Dans sa jeunesse, Odon doit avoir •écrit un poème sur la guerre de Troie, •qu'un de ses amis, Godefroid de Reiras, vante dans un autre poème : Somnium de Odone Aurelianensi. C'est à l'époque de son professorat à Tournai qu'il faut probablement attribuer la composition de trois écrits, dont le titre nous est donné par son biographe Hériman : So- phista. Liber complexiorum. De re et ente. Les ouvrages qui nous sont conservés ont été publiés au tome CLX de la Pa- Irologie latine, de Migne, dans l'ordre suivant : 1. Expositio in canonem Misses (c. 1053), avec un prologue à Odon, moine d'Afflighem. C'est une explica- tion claire et détaillée des prières litur- giques du canon et du symbolisme qu'elles renferment. Beaucoup d'éditions out été faites de cet ouvrage. — 2. De Peccato originali libri très (c. 1071). C'est la production la plus importante du génie littéraire d'Odon. C'est là que nous trouvons ses opinions réalistes le plus nettement formulées. — 3. Dispu- tatio cotitra Juda-um Leonem nomiue, de adveniu Okristi Filii Dei (c. 1103). Odon, dans un dialogue, expose au juif les différentes raisons de l'avèneraeut du Christ ; il a recours aux raisonnements philosophiques plutôt qu'aux preuves d'autorité. — i. De Blasphemia in Spi- ritum Sanctum (c. 1111), écrit à Anchin. L'ouvrage explique les antilogies appa- rentes qui se trouvent dans les différents évangiles, à propos du blasphème contre le Saint-Ksprit. — h. De Canonibus Evangeliorum (c. 1117), écrit probable- ment à Anchin, où il s'occupait surtout des saintes Ecritures. — C'est sur des sujets tirés de la Bible que roulent aussi les homélies, les conférences et les para- boles qu'on lui attribue. On cite de lui des homélies sur la Chananéenne et la passion du Sauveur. La Patrologie re- produit : 6. Homilia de F illico iniqui- tatis (c. 1121). — 7. Liber sive homilia de villico iniquitatis (c. 1131). De l'avis de Martène, la seconde est l'œuvre d'Odon, la première est douteuse. A. Augf^r. Herimannus, Liber de RestauratintieS. Martini Toriiaceusis, dans d'Achery, Spicilefiimn, I. XII, v. II, éd. il'^i, et éd. Wailz. dans P'ertz, ss. XIV (Hanovre, -1883). Une traduction de cet ouvrage a été faite par Dom Le Roy, prieur de Saint-Mar- tin au xve siècle. — Amandus de Casteiio, De Odoiiis episcopi Cameracensis vica vel moribus, dans Acta sanct., lOjiinii, et éd. Holder-Epger, dans Perlz, ss. XV (Hanovre, 1888). — Ccstn pontificum Cameracensiiim, éd. De Smedl (l'aris, ^880). — Legiav, Cameraciim christinunm ; Ma- bilion. .4Nna/es' O. S. B., t. V; D. Hivet, dans l'Histoire liicéraire de la France^ t. IX. notices reproduites an t. CLX de la Patrologie latine de Migne. — Paquet, Mémoires pour serrir à l'hts- toirc littéraire des Pays-Bas..., éd. IT^^S, t. II. — Labis, le bienheureux Odon, évéque de Cambrai, dans la Revue catholique, i8o(i, t. XIV. — Gau- chie, la Querelle des investitures daiis les diocèses de Liège et de Cambrai iLouvain, 1891, '2^ part.) — Auger, Etude sur les Mystiques des Pays-Bas au moyen âge, dans les Mémoires couronnés et autres mémoires publiés par l'Académie royale de Belgique, in-S", •i89!2. ODOiv DE GAWD (Le bienheureux), vivait vers le milieu du xiiie siècle. Ce fut, dit Choquet, un célèbre professeur de droit qui devint ensuite Dominicain et se distingua, au témoignage de Tho- mas de Cantimpré, son contemporain, par l'austérité de sa vie. Le moment de sa mort lui fut, parait-il, révélé lors de son entrée dans l'ordre; il le fit coU' naître à ses frères et mourut en effet à la date indiquée, mais celle-ci ne nous est pas connue. Paul Bergm^ins. Thomas de Cantimpré, Bonum unirersale de proprietatibus apum (Cologne, J. KoelhoH', vers ii80), fo d!2. — H. Choquet, Sancii Belgii ordi- nis prœdicatorum (Douai, 1618), p. "0-7"i, avec portrait de fantaisie. ODOi«,abbéde Stavelot.Voir Andon. ODBADC (Sainte), née vraisembla- blement à la fin du xie siècle ou au com- ruencement du xii* siècle à Scheps, hameau de la paroisse de Baelen, située près de Moll. Elle appartenait à une famille riche et noble. Elevée chrétien- nement, elle manifesta, dès sa plus ten- dre jeunesse, des sentiments d'une piété très vive. Parvenue à l'adolescence et remarquable par sa beauté ainsi que par ses grandes qualités, Odrade fut l'objet de nombreuses demandes en mariage, 79 ODULPHE 80 mais elle les repoussa toutes, voulant consacrer son existence à Dieu. Sa mère mourut, son père se remaria. Sa belle- mère, qui se montra pour elle une marâtre, la maltraitait et, par ses ius- tilat civil d'Ençchien, aux archives communales (le celte ville. — Registre des consaux et comptes (le la ville aux aicliivcs de Tournai. — E. Mal- lliieu, Ici Topissicrs liaulelisseurs d'Euqhien à l'vtriiuijer (Annalcsi dit Cenlc. nrch. d'Hnghien, t. IV). — E. Soil, les Tapisseries de Tournai, les ca/tissiers et les liaittelisseurs de celte ville (Tournai, t8!)l). oEHiinoErK {Daniel vam), poète flamand du xvifi siècle. Il fut bourg- mestre de Merchteraet écrivit un poème intitulé : Antiquileyten der vrijheid tende prochie van Merclden beschreven indichte. {Antiquités de l'immunité et de la paroisse de Merchtem), décrites en vers. Cette œuvre est divisée en strophes de treize vers et comporte trois mille quatre cent quarante-cinq vers, sans compter la pré- face et une ajoute de trois cent vingt-cinq vers qui date du mois de décembre 1565; elle est encore en grande partie inédite. Wauters en a publié cinquante vers dans V Histoire des environs de la ville de Bruxelles, t. II, p. 84, d'après un ms. appartenant à Mr Brambella, de Lierre; Stallaert en a publié un millier de vers dans le Klauwaert, 1856, 2, p. 31 et suiv., d'après un ms. lui appartenant. Le poème, commencéen 1563, futachevé le 23 juin 1565. D'après le titre, on pourrait croire que Van Oesbroeck a fait des recherches consciencieuses sur les antiquités de sa paroisse dans les ar- chives communales ou paroissiales et dans les vieux historiens. Il n'en est rien. Le poète ne connaît guère l'his- toire de son village ; toutefois, son poème est précieux pour l'historien, en ce qu'il fournit des détails précis et circonstanciés sur de petits faits con- temporains. Léonard Willems. A. Wauters, Environs de Bruxelles, l. II, pas- sim (v. t. m, table, voce Oesbroeck). OEVEi^EN (Mathieu -Edouard vaw), littérateur flamand, naquit à Anvers, le 12 septembre 1834, et mourut à An- gleur, près de Liège, le 25 novembre 1888. A l'âge de seize ans, il devint commis dans une maison de commerce de sa ville natale. Il consacra sesheuresde loisir àla littérature et, en 185 6, il fonda, avec quelques amis, le Folksblad. C'est alors qu'il devint collaborateur du quo- tidien De Schelde, qu'il quitta bientôt cependant pour entrer, en qualité de chef comptable, dans la Société des charbonnages et hauts fourneaux d'Ou- grée. Outre les nombreux articles que sa plume facile écrivit dans les jour- naux cités plus haut, nous avons de lui deux nouvelles qu'il signa du pseu- donyme de Frederik Faras : Het On- gelukskind (Anvers, L. De la Montagne, OEXMELIN - OFFIGNIES 86 85 1854\ et Zaterdagavond (ibitl., itl-, 1854; in.l2). !.. Goemans. Frederiks en Vanden Branden. Biographisch „.oo,dn,hoek der ,mml- n, zutd-ncderlaudsche leilcrkuvde. - Frans de l'oller. Mammclcb,- bUoqraphie. — Biblionraphie nationale, t. IV, p.it>4. OEXMELIN (JUrandre-Olivier), Ex- QXJEMELIN ou ESQUEMELING, VOyagCUr, que l'on croit flamand. Il naquit vers 1645 et mourut en 1707. Tandis qu'il était au service de la Compagnie dos Indes orientales, il fut fait prisonnier par les boucaniers, conduit à l'île de la Tortue et vendu trente écus à un habitant de l'Ue(16Gt^). Au bout de trois ans, il s'échappa et s'enrôla parmi les flibustiers. Après avoir vécu de leur vie et fait la course avec eux jusqu'en 1674, il revint en Europe sur un vaisseau hol- landais. Toutefois, il fit encore trois voyages en Amérique, tant avec les Es- pagnols qu'avec les Hollandais, et as- sista à la prise de Carthagène en 1697. On lui doit une histoire des flibustiers : De americaensche zee-roovers (Amsterdam, J. ten Hoorn, 1678; in-4o), qui fut traduite successivement en espagnol, en anglais et en français. Cette dernière traduction, due à M. de Frontignières, est intitulée : Histoire des avanturiers (sic) qui se sont signalez dans les Indes, contenant ce quils ont fait de plus remar- quable depuis viwjt années. Avec la vie, les mœurs, les coutumes des habitans de Saint-Domingue et de la Tortue, et une description exacte de ces lieux : où l'on toit l'établissement d'une Chambre des comptes dans les Indes, et un état tiré de cette Chambre, des offices tant ecclésias- tiques que séculiers où le roy d'Espagne pourvoit, les revenus qu'il tire de l'Amé- rique et ce que les plus grands princes de l'Europe y possèdent. Le tout enrichi de cartes géographiques et défigures en taille- douce. Paris, Jacques Le Febvre, 1686; in-12, 2 vol.; il en existe plusieurs édi- tions, dont la dernière est celle de Tré- voux, 1775; in-12, 4 vol. Baron Emile de Uorcbgrave Brunet, hlanuel du libraire, t. II, col. ilM)- 4141. _Van derAa, Dioyr. woordenboek, l. \lv, p. 47. OEVEWBKUCGHEW {Jean ' Georges VA m), écrivain ecclésiastique, né à Lou- vain, le 24 mars 1667, mort dans cette ville, le 21 décembre 1735. Il entra dans l'abbaye de Parc, de l'ordre des Prémontrcsi et devint bachelier en théo- logie. Il fut successivement curé de \Ymghe-Saint-Georges, proviseur de son abbaye et curé de Rhode-Saint- Pierre. lî prononça, en 1702, l'oraison funèbre de l'abbé de Parc, Van Tuycum, qui fut imprimée à Louvain. Paul Uergmans. C-F-A Piron, Alyemeene levensbesdmjvimi dermannen en urouwen ran BeUjie, suppleinenl. oEYENBURru {Henri VAHi), prédi- cateur et écrivain ecclésiastique, mort à Bruxelles, le 30 avril 1715. D'après Echard et Quétif {Scriptores ordinis do- minicorum, t. II, p. 784), citant De Jonghe(5e/^. domiti., p. 448), il serait né à Bruxelles. Mais Paquot {Mém., t. YIII, p. 17) fait- observer que De Jonghe'nedit rien de pareil. On en est donc réduit à des conjectures sur le lieu de naissance de Van Oeyenburch, qui faisait partie de l'ordre des dominicains et mourut avec le titre de prédicateur [Général. Il a laissé un ouvrage, imprimé à Bruxelles en 1708, sous ce titre ; Manuale concionatorum tvangelicmn dog- maticum, sive concio/ies morales et doctri- nales in omnes anni Dominicas. L'ouvrage est inachevé : Van Oeyenburch y tra- vaillait quand la mort vint le sur- prendre. Ed. Beeckniaii. OFFIGXIES (/m» d') , homme d'Etat, né à Mons dans la première moitié du xvie siècle, de Jean d'Offignies, écuyer, et de Jeanne Fisseau. En 1535, il était homme de fief du comté de Hainaut et se servait d'un sceau armorié. Nommé échevin de Mons en 15 64 et en 1565, on le voit ensuite figurer aux assemblées des états de Hainaut, en qualité de dé- puté du conseil de cette ville. Il assista à l'assemblée des états généraux, qui fut tenue à Bruxelles les 21 et 22 mars 15 69, et dans laquelle le duc d'Albe proposa la levée du centième denier de 87 OFFIGNIES 88 tous les biens meubles et immeubles, du dixième sur la vente des biens meubles et du vingtième sur celle des immeubles. On sait le mécontentement que cette proposition souleva dans toutes les pro- vinces. Durant l'occupation de Mons par le comte Louis de Nassau, Jean d'Offignies s'éloigna de cette ville. A son retour, il fit partie du magistrat établi par de Noircarraes, le 26 septembre 1572. Il était premier échevin en 1578. Sa si- gnature se trouve au bas de l'acte d'ac- cession des états de Hainaut (26 avril 1578) au traité d'union des états géné- raux, du 9 juillet 1577. Il prit une part active, comme député des états de Hai- naut, aux conférences tenues à Mons pour l'éclaircissement du traité conclu à Arras, le 17 mai 1579, portant réconci- liation des provinces d'Artois, de Hai- naut et des villes de Lille, Douai et Orchies. Mais la maladie l'cloigna de ces réunions, dont il ne devait pas voir la fin. Il mourut à Mons, le 21 avril 1580, et fut inhumé en l'église collé- giale de Sainte-Waudru. Jean d'Offignies avait épousé Cathe- rine des Champs, dame de Calienelle. Il était seigneur de Marcq. Ses armoi- ries étaient : â'aznr à la Jleur de h/s ira7'(/e7it ac.coni'paynée de. deux trèfles de même en chef. Son fils Gui fut seigneur (le Calienelle. I.copold Devillcrs. De Boussu, Histoire de Mous, p. 39% 393 et 39 i. — Ch. Piot, Histoire des troubles des Pays- Bas, par messire Hetiun de France, t. II, p. 303.— Archives de l'Etat et de la ville, à Mons. — Génia- lof/ies bdiinieoises, nis. de la bibliothèque pu- blique de Mons, t. III, p. GO. OFFiGKiES {Thierri »'), homme d'Etat, jurisconsulte, né à Mons vers 1555. de Gui d'Offignies, seigneur de Calienelle, et de Marguerite-Yolande de Fourneau. Après avoir fait de brillantes études, il prêta serment en qualité d'avocat à la cour souveraine de Hai- naut. Des 1577, il était député aux états (le Hainaut par le conseil de sa ville natale. Nommé greffier des états, il assista au.K assemblées des états géné- raux qui se tinrent à Bruxelles et à An- vers, en 1577 et 1578. Le 8 mai de cette dernière année, il écrivit au comte de Lalaing, remplissant les fonctions de grand bailli de Hainaut, pour lui faire connaître ce qui s'était passé à Anvers et lui donner des nouvelles du prince d'Orange, etc. Le 16 octobre suivant, il rendit compte à ses commettants du résultat de la communication qu'il avait faite de leurs lettres à l'archiduc Ma- thias et aux états généraux. Le 20 du même mois, il fit part au comte de La- laing de la situation des affaires tant à Anvers qu'en Flandre, et des négocia- tions des états généraux pour pacifier les Gantois et éviter la désunion des pro- vinces. Sa lettre, fort longue, contient des particularités curieuses sur les déli- bérations des états généraux. Thierri d'Offignies prit part aux réu- nions qui furent tenues à Arras, en 15 79, dans le but de parvenir à une réconciliation avec le roi, par l'intermé- diaire du prince de Parme. En 1597 et 1598, il était premier échevin de la ville de Mons. Il fit partie de la députa- tion qui se rendit aux états généraux, à Bruxelles, en août 1598, avec charge de recevoir le serment à prêter par l'archi- duc Albert, au nom de l'infante Isabelle, et de le faire réciproquement au nom des états de Hainaut. Mais bientôt après, il abandonna les fonctions éche- vinales pour remplir celles de conseiller- avocat fiscal. En 1602, il était premier clerc du grand bailliage de Hainaut. Lors de la réunion de l'ancienne cour souveraine et du conseil ordinaire, sous le nom de « noble et souveraine cour « de Hainaut » , il fut appelé à y siéger, en qualité de conseiller de robe longue, par lettres des archiducs, du 24 janvier 1612. 11 prêta serment le 21 mai sui- vant. Le conseil ayant été séparé de la cour, en 1617, il fut nommé premier conseiller de celle-ci et demeura en fonc- tions jusqu'à sa mort. Thierri d'Offignies a laissé un ouvrage, savamment écrit, d'après de Boussu, mais qui n'a pas vu le jour. Cet ouvrage a pour titre : Observatio)is sur les loix et coitstumes de liainant. Il en existait des copies dans les bibliothèques des anciens jurisconsultes. 89 OFHUYS 90 Thierri d'Offigjnies mourut à Mons, le 23 avril 1632, et fut iuhumé eu l'église de Saiute-Waudru. De son ma- riage avec Jeanne de Campen, il eut une tille, Catherine, qui hérita de la terre de Callenelle et fut mariée ii Jean de Ma- rotte, seigneur d'Acoz. Léopold Devillrrs. De Boussu, Histoire de Mons, p. 2oI, 33:2, 333, 397 et 43o. A cette dernière page, on a imprimé Théodore, iu lieu de Thierri. — Paquot, iléinoires pour serrir à l'histoire littéraire des Pays-Bas, t. JI, p. 473. — Pincliart, Histoire du conseil sou- verain de Hainaui, p. 56, 149. — Ad. Matliieu, Bioijraphie vtontoise, p. 237, a, par erreur, ap- pliqué a dOrtignii;s les prénoms de Théodore- Thiry. — Gachard, Actes des états généraux, de 4376^i383, 1. 1, p. 36(j. — Généalogies bourgeoises, ms. de la bibliothèque de Mons, t. III, p. 60. — Stanislas Bormans, Les fiefs du comté de yamur, xMi« siècle, p. 103, 106. — Archives de Mons. OFHCTS (Gaspard), ou Ophuts, écrivain ecclésiastique , religieux de l'ordre des chanoines réguliers de Saint- Augustin, né à Tournai en 1456, mort dans cette ville le 1er novembre 1523. Il se livra d'abord au commerce, puis, sur les conseils de sa sœur, qui fut prieure du couvent de Sainte-Elisabeth à Bruxelles, il embrassa la vie religieuse chez les chanoines réguliers de Saint- Augustin, au monastère de Houge-Cloître, près de Bruxelles, dans la forêt de Soi- gnes. C'était en 1475. Il compléta dans ce couvent son instruction, y apprit les langues latine, française et Hamande, et exerça la charge d'infirmier. Après avoir été sociui, pendant quatre ans, à Tirle- mont, il fut nommé prieur et recteur des religieuses chanoinesses de Lens-Saint- Remy, où on le trouve eu 1490. Rap- pelé à Rouge-Cloître, il reçut la charge de procureur; puis il fut envoyé à Bois- Seigneur-Isaac en qualité de prieur, et en 1499, à la demande de la duchesse Marguerite d'York, élu prieur du mo- nastère d'Oignies, en vue d'y restaurer la discipline. Il réussit dans le principe, mais plus tard s'étant permis d'aliéner les biens sans le consentement du cha- pitre, il fut forcé d'abdiquer et revint à Rouge-Cloître. C'est alors qu'il com- mença à écrire la chronique de ce mo- nastère. Plus tard, il fut donné comme socîui au P. Serveels, recteur des reli- gieuses de Sainte-Agnès, à Gand, où il demeura trois ans. Après quoi, il fut transféré en la même qualité à l'abbaye des Prés porcins (chanoinesses de Saint- Augustin, à Tournai). Il acheva dans ce couvent la chronique de Rouge-Cloître et composa d'autres ouvrages, notamment l'histoire de la fondation de l'abbaye des Prés, dont le manuscrit est à la bibliothèque royale (ms 13762, f° 15 8- 160). Voici la liste des ouvrages de Ofhuys : 1. Originale sive de oriyine canolii Ruheœ vallis. — 2. Catalogtis frairura coralium ejiisdem ccBnobii (édité par les bollandistes dans les Anecdota de Jean Gielemans), — 3. Histoire de la fonda- tion du monastère des Prés porcins. — 4. Sermones de tempore et sanctis. — 5. Sermones partiadares B. M. Virr/iitis. E.-J. Soil. D. Berlière, Monnsticon belge, t. I, p. 437. — Goelhals, Lectures relatives ù l'histoire des sciences, t. I. — Archives de Tournai, ms. Wauc- quier, t. XII, p. 162. OFUVY!!^ (Jean), peintre verrier de Bruxelles, vivait au xvie siècle. Il est renseigné à plus d'une reprise comme ayant exécuté pour Marguerite d'Au- triche dos travaux de sa profession. C'est ainsi que, par ordonnance du 24 décem- bre 1520, la tante de Charles-Quint, sur une supplique des RécoUetsde Bruxelles, leur attribue 40 livres à l'efïet de parer leur chapelle d'une verrière d'Ofhuys, représentant le Christ au tombeau. llonge- Cloître eut sa part des largesses de la gouvernante. Ofhuys, à la date du 28 mars 1524, était appelé par elle à placer dans ce prieuré, de construction récente, « une belle et grande verrière « du Crucifiement, aux armes de Margue- rite d'Autriche, pour faire suite à une autre aux armes de l'empereur. Le nom d'Ofhuys, fréquemment ren- contré dans les archives de Bruxelles, compta des représentants nombreux dans la gilde des tapissiers de haute-lice et lui donna plus d'un doyen. Les vitraux mentionnés ci-dessus comme œuvres de Jean Ofhuys ont dès longtemps cessé d'exister. L'église des Récollets périt dans l'incendie allumé par le bombarde- ment de 1695; Rouge-Cloître, supprimé 91 OGER — OGIER 92 par Joseph II, fut dévasté par la Révo- lution française. Henri Hymans. Alex. Pinchart, Archives des arts, sciences et lettres, t. I (Gand, -1860) —Alex. Henné, les Arts en Belgique, sous Charles-Quiut [Revue univer- selle dès arts. t. I, p. 30), où l'artiste est désigné sous le nom d'Uf reins. OGEK Des viviERiii. Voir Viva- Kiis (Oger DES Viviers ou De). OGCR (J.-J.), imprimeur, mort à Verviers en 1795. Après avoir été établi à Dinant, il vint se fixer, en 1788, à Verviers, dont il fut le second impri- meur. Sa veuve, née Leroux, puis sa fille Thérèse y continuèrent cet art jus- qu'au milieu de notre siècle. Après la mort d'Oger, son beau-frère, Loxhay- Leroux, ouvrit une autre imprimerie, qui prit fin peu après la première. Les portraits de Thérèse, de sa mère et des époux Loxhay, sont au musée de Ver- viers. J.-S. Renier. Le Bibliophile belge, t. II (Bruxelles, -1860, p. 358-304. ociiEit (Barbe), poète dramatique, fille de Guillaume (voir l'article sui- vant), baptisée à Anvers le 17 février 1648. Elle épousa, le 10 septembre 1680, le sculpteur Guillaume Kerrickx. Barbe Ogier marcha sur les traces de son père et fut comme lui, pendant de lon- gues années, le fournisseur en titre des œuvres dramatiques représentées par la chambre de rhétorique VOlyftak, et des pièces eu vers récitées en l'honneur des hôtes illustres que recevait la gilde des peintres anversois. Elle avait pris pour devise Deught voeyhl yder. Les registres de VOlyftak nous ont conservé les titres de plusieurs de ses œuvres. Le 18 octobre 1677, la chambre représente la tragédie De Getrouwe Panthera; à la même date de l'année 1680, la tragédie De Dood vatt AcJdlles. A l'occasion de la réception de l'électeur Maximilien de Bavière, gouverneur de nos provinces. Barbe Ogier avait composé une bienve- nue, qui fut récitée le 21 février 1693, et qui fut publiée sous le titre de Ver- wellecominyhe op de Sae/e van Fictura aen den Keurvorsi Maximiliaen hertog van Beyeren. Le 18 octobre de la même année, la chambre représenta d'elle la pièce Philemon en Baucis, et la farce Hei verweri Faradys ; le 26 août 1694, De dolende Poesis ; le 21 novembre de la même année, la poésie scénique Zeghen- praelende Académie in de openinghe van liaeren nieuwen houw opghedraglien aen den Raedt van Antwerpen ; le 25 mars 1699, Overwounen Mai's door den langh ghewenscîiten Vrede, opgedraghen in de Ve7'wellecominghe van den Edelen Heer Jonkheer Joannes Carolus van llove, Oudi-Borgermeesler, Dienende Schepen, deser Sladt Antwerpen, Eooftman van Sint- Lucas- Gîdde op de Camer der veree- nighde Consten; le 19 décembre 1700, une tragédie sur la mort de Clytus, Den betwisten dootslag in het schuldig gemoet van den grooten Alexander. De toutes ces pièces, il n'a été imprimé que le Ver- wellecominghe aen den Kewvorst Maximi- liaen Hertog van Beyeren (Anvers, Dieu- donné Verhulst, 1693; in-4o). Pour les tragédies De Getromoe Panthera et De Dood van AcMUes, Barbe Ogier avait écrit des préfaces, qui furent transcrites dans les registres de VOlyftah et pu- bliées dans l'histoire des Violieren, par J.-B. Vander Straelen. C'est tout ce qui nous est parvenu de notre auteur. Les vers conservés donnent une médiocre idée de son talent. Le fils de Barbe, Guillaume-Ignace Kerrickx, sculpteur, peintre et archi- tecte, futégaleraent poète. En 1 700, il fut nommé facteur de VOlyftak, et à partir de cette année jusqu'en 1705, il fournit plusieurs pièces à la chambre. Il écrivit sous la devise Konst wint Jonst. Les registres de VOlyftak mentionnent plu- sieurs de ses œuvres dramatiques, repré- sentées parles amateurs de la corporation de Saint-Luc. En 1700, la tragédie Het ongestadig wankelrad of den onderdrukten xoeer herstelden Cambysus koning van Per- sien,et la farce Don Quicot de la Manche; en 1702, la farce De beschaemden Min- naer of verliefden Droguist ; en 1703, les deux farces De Klucht van den heerschen- den Vasten-Avond of onttoektenKryghslust uyt den Slag van Eeckeren, ainsi que la tragédie De volbruchte itraf in Jerusa- 93 OGIER 94 Unis onâergangh; en 1704, la farce Berouicden Krygslust ttyt den Slag van Eeckeren; en 1705, la farce Suffenden min en stinkfnden Cupido. Max Rooses. Registres des chambres de rhétorique de Vio- lieren el de Olyftak, aux archives de l'Académie royale d'Anvers. — J.-B. Vander Siraelen, Ge- schiedetiis der rederykkamer de Violieien (Taal- verbond, l. Vllp. — Fredcriks et F.-Jos. Vanden Branden. Biographisch noordenboek. — Jan- Frans Willeras, Yerhandeling over de nedetduit- sche timl- en letteikunde. — H.-J. Piron, Alge- meene levembeschnjviiuj. OGIER ((7//t7/ouai en 1585, chez la veuve J. Bos- card, et il eut un tel succès que Simon en écrivit immédiatement un autre du même genre : » Ares ». On y retrouve les mêmes idées et des flatteries à l'adresse de tous les chefs espagnols. En 1587, la formation de V Invin- cible Armada lui mit de nouveau la plume en main. Mais il n'écrivait que tourné vers le soleil. Il partit pour Bruges où se trouvaient réunis les offi- ciers de Philippe 11 et il y fut reçu par Antoine Kex de Berlaymont. 11 nous a laissé le piquant récit de ce voyage eu un joli morceau de cent quatre-vingt- huit vers : Briigae ubi Jutoris lier An- domaropoli Brugas, et reditus inde donium describitur {Donni, J. Bogard, 1597, à la suite d'Epita/j/nor/im liber 1). Les vers de ce poème riment entre eux : c'est là une invention malheureuse d'Ogier. 11 l'appliqua à plusieurs de ses ouvrages qui perdirent par là toute leur saveur; il lui sembla néanmoins qu'elle le met- tait en progrès sur Virgile et les meil- leurs poètes classiques. Les contempo- rains admirèrent fort cet artifice et s'em- pressèrent de l'imiter. Deux homn.es qui ne man([uaient ni de science, ni de goût, l'évèque Torrentius et Victor (jiselin, en firent les plus pompeux éloges quand parut, en 15 92, chez Bogard, à Douai, le livre suivant, écrit d'après le même procédé : Cantilenarum piarum, ac pudicarum enneades duae ad lit. V. Ludov. Barlaemonlium , Cartier. Archiep. Item Feridera : Ad Alectryonas Coronidis Jidem, ac amicitiam sequentes (96 p. in-8'0. Lntetia, que J. Bogard imprima en 1590 (47 p. in-8°), est consacrée aux malheurs de Paris affamé par Henri IV 103 OGIER 104 en 1588 et à la défense de la Sainte- Ligue. Ogier, on le voit, s'était donné le rôle de chantre officieux du parti espagnol, et il le prenait au sérieux. Il voulait être le Virgile des nouveaux Césars. Cela lui valut sans doute plus que des paroles d'encouragement et de félicitation, et il en profita pour mettre au jour, l'année même du siège de Paris : 1. Melon lib. III, Douai, veuve J. Bos- card; in-8°, 68 ff.. — 2. Un recueil de 447 p. in-8°. Douai, J. Bogard, conte- nant : Irène et Jres, trois livres d'odes (57 pièces), les Pluies d'été, trois livres de prières (Euchon libri III, 46 pièces) et douze livres de Siloae. Ce volume mit le sceau à sa réputation et renferme d'ailleurs ce qu'il écrivit de mieux. Les œuvres d'Ogier — on ne peut le mé- connaître — se font remarquer par de grandes qualités de style, beaucoup de clarté, de facilité et une certaine élé- gance. On sent en les lisant qu'il était un homme d'esprit et un érudit, et l'on s'explique la faveur et presque la gloire qu'elles lui valurent à son époque. Sou- vent prolixes et monotones, ses vers sont déparés toutefois par un manque frap- pant d'imagination et une réelle pau- vreté d'idées. Cependant le vide s'était fait autour de lui; il perdit son père le 28 octobre 1586, et sa mère le 8 juin 1590; entre ses frères et lui, peu ou point d'entente. Il épousa, le 12 mai 1592, une demoi- selle de compagnie de dame Léonore de Noyelle, Marie d'Ausque, fille d'An- toine, appartenant à une vieille famille bourgeoise de Saint-Omer. Il avait qua- rante-trois ans. Certes, ce choix était heureux, mais il ne semble pas que cet établissement mit un terme aux agita- tions et aux déplacements incessants du poète. L'aîné des fils issus de cette union, Jacques, naquit à SaintOmer, le 22 avril 1593 ; le second, François, à Aire, le l^r juillet 1595; le troisième, Antoine, à Douai, lo 28 novembre 1597; le quatrième, Pierre, à Saint-Omer, le 24 janvier 1600. On le voit, durant les années qui suivirent leur mariage, les époux ne se fixèrent nulle part. Simon nous fait part, dans un de ses livres, des dangers qu'il courut à Douai avec sa jeune famille pendant la peste de 1597, et nous raconte sa fuite de cette ville au milieu des plus tragiques événements. La fatalité me persécute, écrit-il encore en 1601. Il semble que vers la fin de son existence il ne connut le repos et le calme que dans deux endroits chéris des Muses, où il séjourna parfois : Cuincy et Colfontaine. A Cuincy, aux portes de Douai, Antoine, baron deBlondel, pos- sédait une charmante maison de cam- pagne, où il avait érigé solennellement, le 20 septembre 159b, « le banc des i> Muses ", académie de fins lettrés et de beaux esprits. Ogier eu fut l'un des assidus et y écrivit notamment ses Fa- l'osfiesees, sonnets religieux et moraux. Arras, G. de la Rivière, 1596; in-4o, 27 p. Colfonlaine, au Bois-1'Evêque, à une lieue et demie de Mons, était aussi le rendez-vous des littérateurs de la con- trée. Simon lui consacra tout un livre : Nicoleocrene {poemalion haud illepidum, ubi fons ille gelidiKsimus in nemore Epu- copali mille et quingentos passas à Monti- bus Hannoniae dintanii argenteas fundens aquns celehralur) ad doctiss. et humaniss. Petrum Nisartium (Douai, J. Bogard, 1597; in-8", 8 ff.). Ogier ne fut jamais, quoi qu'on en ait dit, professeur à l'université de Douai : il se borna à faire de fréquents séjours en cette ville et à dater plusieurs de ses préfaces » de la florissante académie « douaisienne « . 11 passa dans sa ville natale les dernières années de son exis- tence. Ses trois derniers nés y virent le jour : Pierre en 1600; Marie, baptisée le 13 juin 1602, et Simon en 1603. Ce dernier, enfant posthume, fut baptisé le 4 juin 1603, ce qui laisse à penser que le poète mourut à la fin de 1602 ou au commencement de 1603. Sa veuve lui survécut longtemps; elle ne mourut qu'en 1655. Les fils de Simon réhabilitèrent sa race, ils firent souche de nombreux per- sonnages qui portèrent avec honneur le nom des Ogier. Au commencement du xviiie siècle, sa descendance se divisait en deux branches également considé- 405 OGIER 406 rées : celle des seigneurs du Bray et celle des seigneurs du Braudrel. Son arrière petil-Hls, Philippe-Joachim, eche- vin de Douai, fit enregistrer en 1699, au grand armoriai, les armes suivantes : d'azur à un ci/çne d'argent, becqué de sable, a'essorant et sans pieds, surmonté de trois étoiles d'or à six rais rangées en chef. Elles appartenaient sans doute depuis long- temps à la famille. Simon Ogier s'était donné comme devise : Solor Olor, je suis un cygne qui se console par son chaut. Il inscrivit au bas de chacun de ses ou- vrages, comme une signature, ces deux mots qui sonnaient bien, rappelaient les initiales de son nom et le blason des siens et résumaient d'une façon si frap- pante les occupations et préoccupations de son existence. C'était une heureuse trouvaille et il en fut fier : Snlor Olor, toute sa vie tient en ces neuf lettres. Il nous reste à donner quelques indi- cations sur celles de ses œuvres dont nous n'avons pas encore parlé : 15 94 : Elegiarum ckristianarum lib. I. Arras, Guil. Riverius, 37 p. in-4o. Vers rimes dédiés à l'abbé Vaast de Grenet. — 1595 : Galalea, id., ib., 30 p. in-4o. — 1595 : Threnodion, lib. I. Id., ibid., 50 p. in-4o. — 1595 : Calliopesackea, id., ibid., 27 p. in-4°. — 1595 : Ele- giar. christianar . [quibus Deus Opt. Max. et sanctissimi caelites, atque inlegerrimi homines cum pietate ac pudicitia ac omni honestate TibuUiano carminé celebrantur), lib. 11, id., ibid., 24 p. in-4°. — 1596 : Eitgiar. Christian, lib. 111, id., ibid., 29 p. in-4o. _ 1596 : Eeldora, id., ibid., vœux pour le succès des armées espagnoles dans le Cambrésis. — 1596 : Caletum, Douai, Balth. Bellère, 8 p. in-4°. Poème dédié à l'archiduc Albert, lequel avait pris Calais dans le courant de l'année. — 15 97 : Artesia ubi Pro- tincia TibuUiano versu queritur de cala- mitate sibi a Gallis nuper illata; accedit TibuUus, ubi ostenditur quisjiam princi- patum teneat in FAegia tam apud Graecos quam Latinos. Douai, J. Boyard, 1597. Le second écrit est une dissertation en prose sans valeur historique. Vers la fin de sa vie, bimon Ogier, quémandeur infatigable, » sentant peut- » être décroître en lui la verve poétique, • s'avisa d'un genre d'ouvrages qui « n'exigeait pas grand talent et offrait • en même temps l'avantage de renfer- « mer les louanges d'une foule de per- » sonnages. « (E. Robineau). Au nom- bre de ceux-ci, la plupart des écrits suivants : 1597 : Fpitaphiorum liber 1. Douai, J. Bogard, 39 p. Vingt-six épi- taphes en prose suivies du poème Bru- gae. — 1597 : Douai, J. Bogard, un recueil de 24 pages renfermant : Came- racum, ou éloge du nouvel archevêque Sarrazin ; Alpes, épître de quarante-cinq vers hexamètres adresséeà Valer.Duflos, chanoine de Cambrai, sur son voyage en Italie; Ad Petr. Nysardum, quatorze vers; Ad Falenrenas., qiiatorze vers. — 1597 : Encomiorum [quibus homines laude et honore digni , dignis konestantur lau- dibus) liber I. Accessil Symmicton li- ber 1. Douai, J. Bogard; 46 p. in-8o, — 1598 : A Douai, chez le même, un recueil de 17 pages contenant : Ferii- num, poème de trois cent cinq vers dédiés à Georges d'Autriche célébrant la paix conclue à Vervins, le 2 mai 1598; C/mrjwaé', soixante-six vers pour les noces d'Albert et Isabelle; In auream pacem , epigramma Petrarchicum . — 1600 : Charisteria quibi/s Léo Opt. Max. car- mine pio gratine ayuntvr. Douai, J. Bo- gard, 40 p. in-8o. Quatorze actions de grâces ayant trait aux événements sur- venus en Artois pendant la vie de l'au- teur ou à des faits qui lui sont person- nels. — 1600 : Albertns et Isabella, Panegyricus carminé expressns. Accessit Encomiorum liber 11, dédié <à Ph. Cavre- lius, abbé de Saint- Vaast, id., ibid., 38 p. in-8°. -- 1601 : A Douai, chez le même, un recueil de 172 pages ren- fermant : Symbolo, explication de cent trois sentences et devises dédiée au pré- sident Richardot; Encomiorum liber 111; Elymologiae, vingt-cinq étymologies de noms de personnes et de lieux ; Dorico, castra, ubi Virgilius et Cicero, et optimi quique scriptores a Cacophonia et ineptis- sima Grammatistarum calumnia defen- duntur. — 1602 : Symbola, livre second avec l'explication de cent quarante et une devises ou attributs de personnages des 407 O'HEARN 408 temps anciens et modernes, suivi de Momi, dix-sept satires dirio;ées contre des contemporains, et de Nicolans, sivc orfl^io... (voir ci-dessus). Pouai, J. Bo- g^ard; 130 p. in-S". Edition réimprimée en 1603 à Anvers, par M. Nutius. — 1602 : Francisci Operii, Simotiis Jilii, Trancis- casmata ad Franciscum Moschnmpoetnm. Douai, J. Bogard, 38 p. in-8o. L'auteur attribue ces vers, qui étaient son œuvre, à son fils François, filleul du ojrand phi- lologue Modius. L'enfant n'avait pas sept ans et ne fut certes pour rien dans ce mélange d'épigrammes et de flatteries à l'adresse des ennemis ou des protec- teurs de son père. Simon parle souvent dans ses écrites d'un grand poème épique en préparation destiné à célébrer l'alliance des maisons d'Autriche et de Bourgogne. Cette œu- vre, qui devait s'appeler Flo7'ias, ne vit jamais le jour, mais le poète en donna des fragments dans plusieurs des ou- vrages que nous venons de citer. Alphonse Roersdi. Les biographes belges. — Dulbi'lœul, Bibl. douais., t. I, p. 37. — Bioqr. poétique de S. Oqier, par A. Courtois, Mém. Suc. atuiqii. !\loririie,\. X, p. •141--197 (renferme une bonne bibliographie et la traduction en vers français de nombreuses pièces). — E -M.-D. Robinean, Simon Ogier, dans Mémorial artésien (Saint-Omer, 1879). — Abbé Bled, L'n dernier mot sur Simon Oqier, Bull. Soc. nntiqu. Morinie, t. VII, p. 437-453. — H. Po- tez, Qualis floreret ai>ud Dtiacenses res poetica... (Douai, 1897), p. 2o et suiv. * o'hrark (François), professeur, poète latin et flamand, né à Lismore (Irlande) en 1753, mort à Watcrford, le 22 octobre 1801. Son frère Thomas, prêtre, fonda la cathédrale actuelle de Waterford. Dès sa plus tendre enfance, François montra une vive intelligence et un grand désir d'apprendre. Ce fut son oncle maternel W. Brondu, curé de Cleshnore, qui lui enseigna les premiers éléments de la grammaire. A cette épo- que, la mission catholique d'Irlande po!>sédait à l'université de Loiivain un collège destiné aux jeunes Irlandais se destinant à l'état ecclésiastique. Le curé Brondu plaça son neveu à cet établisse- ment, ce (|ui lui permit de continuer sfis humanités au collège de la Sainte- Trinité de l'université de Louvain. Dans cet établissement, il ne tarda pas à se montrer un élève du plus brillant ave- nir. En 1771, il fut primus perpetuns de la classe de rhétorique. La même année, il entra à l'université comme élève en philosophie, lettres et arts. Au concours général entre les élèves des quatre péda- gogies de V Aima Mater, il se distingua d'une manière brillante. L'étudiant commença ensuite ses études en théolo- gie, afin de pouvoir entrer dans le clergé de son pays. En 1776, la chaire de syntaxe au collège de la Sainte-Tri- nité était devenue vacante. Un homme influent, qui avait appris à connaître le jeune Irlandais, le signala, pour occuper cette place, au comte de Neny, commis- saire royal de l'université. Ce fonction- naire ne tarda pasàle signaler, àson tour, aux curateurs du collège, et O'Hearn fut nommé professeur de syntaxe, le 2 octobre 1776. Le 5 du même mois, il obtint le titre de docteur et devint mem- bre du conseil de la Faculté des arts de l'université. On ne s'était pas trompé sur la valeur du jeune Irlandais. L'en- seignement était sa vocation. C'était un professeur d'élite par l'étendue et la va- riété de son savoir ; il l'était davantage encore par l'intérêt et l'amour qu'il portait à ses élèves. Il savait pénétrer dans leur âme et semer autour de lui l'enthousiasme dont il était lui-même animé. Arrivé jeune en Belgique, il s'était attaché à nos mœurs, nos usages, nos traditions, et surtout à notre lan- gue, qu'il parlait comme un véritable Flamand. A cette époque, l'enseigne- ment de la langue maternelle était très négligé. On se bornait à expliquer quel- ques éléments de la grammaire, mais de littérature, il n'en était pas question. Au collège de la Sainte-Trinité, O'Hearn commençait à expliquer aux élèves des morceaux de nos anciens poètes, notam- ment de Cats, son auteur favori, et cet enseignement eut du succès. Cet étran- ger, mieux avisé que la plupart de ses collègues flamands, prétendait qu'on avait l'obligation d'enseigner la langue flamande, non seulement parce que c'est une langue forte et virile, mais surtout parce que c'est la langue du pays. Non I 409 O'HEARN 110 seulement il avait appris à connaître à fond notre langue littéraire, mais aussi nos dictons et nos proverbes, dont il ne négligea pas de faire usage dans ses poésies. O'Hearn avait la passion de la poésie et la cultivait avec succès. A cette épo- que, il était le chantre de toutes les fêtes. A l'occasion des solennités acadé- miques, il écrivit un nombre considé- rable de pièces latines, et à propos de l'inauguration de curés ou de la prise d'habit de religieux ou de nonnettes, il composa un plus grand nombre encore de pièces flamandes. Ces pièces ont été imprimées en brochures ou sur feuilles volantes, le plus souvent sans nom d'au- teur. Ses pièces flamandes sont pleines d'esprit et d'humour, ses pièces latines prouvent sa familiarité avec les chefs- d'œuvre d'Athènes et de Rome. 11 publia, in gratiam stHdinsorum humanilatis, les panégyriques des saints Patrice et Bonaventure qu'il avait pro- noncés, en 1784, à l'église des Recollets irlandais, à Louvain. O'Hearn était également un polyglotte distingué, un précurseur de Mezzofanti. Il parlait l'irlandais, l'anglais, le flamand, l'ita- lien, l'espagnol, l'allemand, l'arabe, le turc, le rus«e, etc. C'était en outre un voyageur passionné, consacrant ses va- cances à parcourir l'Europe, de Madrid à Moscou, du Bosphore à la Baltique. Il faisait ces voyages à pied comme un pèlerin, le bâton à la main et le sac sur le dos. Un jour, il s'attira la colère du grand Turc, qui l'envisageait comme un révolutionnaire. Afin d'éviter d'être arrêté, il se réfugia en Russie. De là il gagna la Sibérie et parvint à revenir en Belgique en traversant la Norvège. Le 23 avril 1781, O'Hearn fut ap- pelé à la chaire de rhétorique au col- lège de la Sainte-Trinité, qu'il occupa avec le plus brillant succès jusqu'en 1793. Dans notre jeunesse , nous avons connu à Louvain un médecin, ancien élève du professeur. Il nous parla avec vénération de son maître, vantant sa haute érudition, sa bonté, son zèle, sa grande charité (au commencement de 1798, O'Hearn faisait partie de l'administration du bureau de bienfai- sance de Louvain). Au collège de la Sainte-Trinité, le pro- fesseur compta pendant quelque temps au nombre de ses élèves le célèbre agita- teur Daniel O'Connell. C'est O'Hearn qui inspira à son jeune concitoyen cet atdent amour du sol natal et delà langue maternelle, dont il ne cessa de donner des preuves pendant toute sa carrière. Les mesures vexatoires décrétées par Joseph II contre l'université de Lou- vainirritaientvivementO'Hearn, dévoué corps et âme à VAlma Mater. On com- prend qu'il applaudit au mouvement national qui aboutit à la révolution brabançonne. Non seulement il ap- prouva l'insurrection, mais y prit une part active. Il suivit d'abord la poli- tique de Vonck. Mais ayant constaté que les principes de ce dernier étaient trop radicaux, il se rallia à la politique de Henri Vander Noot, dont il devint l'ami et le confident. Après le succès de l'armée patriotique à Turnhout, le lea- der résolut d'invoquer l'intervention de l'Angleterre, delà Prusse et de la Hol- lande pour assurer l'indépendance de la Belgique. Notre O'Hearn remplit la charge d'ambassadeur des états de Bra- bant à la cour du stadhouder, à La Haye. On connaît l'insuccès de cette insurrection. En 1790, l'université appela O'Hearn à la chaire d'éloquence sacrée. A cette époque, il était le savant le plus litté- raire et le plus éloquent de l'^^wflil/rt/er. Au commencement de 1793, la place de président du collège d'Irlande, à Lou- vain, était devenue vacante par le décès de Pierre Macvé. A l'université, tout le monde désignait O'Hearn pour rempla- cer le défunt. Mais le pays se trouvait de nouveau sous la douiinatiou de la maison d'Autriche et la collation de la place dépendait un peu du nonce apos- tolique. Sans doute pour être agréable à la cour, le prélat s'opposa énergique- ment à la nomination d'O'Hearn, qu'il traitait de révolutionnaire. Dans une lettre au prince de Metternich, alors ambassadeur d'Autriche, le nonce disait 414 OIGNIES 442 » qu'il fut un des plus grands boute- u feu de l'insurrection de 1 7 89 et ne mé- » ritait certainement aucune faveur du » gouvernement ». Le prince de Met- ternich ne se montra pas si rigoureux que le nonce : O'Hearn obtint la prési- dence du collège d'Irlande, ainsi qu'une prébende à la cathédrale de Bruges. Pendant la première occupation fran- çaise en Belgique, en 1792, O'Hearn a fait partie de l'autorité communale de Louvain. Après la seconde invasion de l'armée française en Belgique, Fr. O'Hearn quitta le pays et séjourna pendant peu de temps en Allemagne. Alors son collège fut converti en magasin de four- rages de l'armée. De retour à Louvain, il demanda d'être rétabli dans la pos- session de son établissement. Le repré- sentant du peuple Lefèvre, de Nantes, lui octroya l'usage temporaire d'une par- tie seulement L'autre partie continuait à servir de magasin de fourrages et de demeure du préposé en chef de l'agence des subsistances générales. A un moment donné, les bâtiments étaient tellement surchargés de grains que, le 14 sep- tembre 1796, se produisit un effondre- ment partiel. L'université de Louvain fut sup- primée le 25 octobre 1797. Les prési- dents des divers collèges durent éva- cuer leurs établissements à bref délai. O'Hearn sollicita la faveur de pouvoir continuer pendant quelque temps encore à habiter son collège. Dans sa requête, qui se trouve aux archives de Louvain, il disait : « Très éloigné de sa terre 0 natale, fort peu favorisé de la fortune, • privé de tous les fruits de ses longs • services envers ces contrées, à l'excep- » tion de cette seule présidence, il es- • père que vous voudrez bien l'y conti- • nuer provisoirement «. La municipa- lité de Louvain lui accorda le délai demandé. Quelque temps après, O'Hearn éprouva la douleur de devoir quitter sa chère ville de Louvain, où il avait passé vingt-six années de sa vie et où il ne comptait que des amis. Rentré dans 80n pays, il trouva un protecteur dans le docteur Hussey, Tévêque de Water- ford, qui lui confia la charge de curé de l'église de Saint-Patrice, de la même ville, La première signature apposée par lui sur les registres de cette pa- roisse est du mois de mai 1799. Les grands revers qu'il éprouva en Belgique avaient miné sa santé et le conduisirent avant l'âge au tombeau. ï\ mourut à la cure de Waterford, le 22 octobre 1801 et fut inhumé près de son frère devant l'entrée de la sacristie de la cathédrale. Une plaque placée dans le mur y rap- pelle sa mémoire. On y lit : Hic jacel Révérend"^ Pranciscus O'Hearn dodrina erga pauperes ckari- tate, omnique virtutum génère conspicuus, parochiam Sancfi Patricii pastorali zelo gvbernabat : obiit 22 oct. a. d. 1801, atatis 54. Ed. van Even. Archives de l'ancienne université de Louvain. — Archives de la ville de Louvain. — Ed. van Even, De lerlander Francis o'Hearn, dans les Verslaqen en mededeelhigen der koninklijke vlaamsche Académie, de 1889. — M. Hogan, Journal oj tke Waterford und South East of Ire- land archœlcKjical Society. OIGNIES (Gilbert d') ou d'Ongnies, fils de Jean et de Marguerite de Lau- nir, évêque de Tournai, naquit en cette ville ou à Lille vers l'an 1520, et mou- rut à Courtrai, le 26 août 1574. Elevé dans des sentiments très pieux, il em- brassa l'état ecclésiastique, fut nommé chanoine de la cathédrale de Tournai, ensuite vicaire général de Charles de Croy, évêque de ce diocèse, qui lui con- fia toute la direction de son siège. C'est à ces circonstances que le vicaire géné- ral dut, au moment du décès de ce pré- lat, mort le 11 décembre 15 64, de le remplacer. H fut sacré, le 21 octobre 15 65, dans l'église abbatiale de Saint- Amand, et reçu à Tournai le 11 no- vembre suivant. Sa devise était : Qua sursum sunt. Dès son entrée en fonc- tions, il manifesta beaucoup d'ardeur pour la réforme de son clergé. Sévère à l'égard de lui-même, il voulait l'être envers tout le monde, spécialement lorsqu'il s'agissait d'ecclésiastiques et du peuple. Bientôt il fut désillusionné complètement à propos du peuple. A H3 OIGNIES 114 peine installé, des troubles sérieux, eicités par les partisans de la reli- gion reformée, commencèrent à Tour- nai et aux environs de cette ville. Le pillage des églises ayant été organisé partout, la cathédiale de Tournai ne fut pas épargnée, à la grande douleur du nouvel évéqne. Un Tournaisien pro- testant très exalté, nommé Amhroise Wille, s'était mis à la tête d'une bande d'iconoclastes, qui dévastèrent toutes les églises du Tournaisis et des envi- rons. 11 fut accusé • d'avoir, comme • ministre, séduit et ému le peuple à • sédition et rébellion contre S. M., • fait brûler et jeter au feu les livres, • cartulaires, lettrages, privilèges et • autres papiers en l'église de Notre- • Dame, d'avoir chargé la popiilace » d'aller par le plat pays ravager et « briser les images et autres objets » dédiés au saint service de Dieu, d'avoir • mis la main sur les argenteries • de la dite église de Notre-Dame et • les régir et gouverner sous sa direc- • tion, même de s'être transporté dans » l'église et abbaye de Saint-Martin eu • cette ville, en faisant ouvrir la porte » à plusieurs saccageurs et donnant » ordre à ceux-ci de briser la pierre du » grand autel, avec ordre à l'abbé de • composer moyennant mil florins ». La situation des affaires religieuses était si mauvaise à Tournai que les chanoines abandonnèrent leur église ; l'évêque fut obligé de se réfugier à Lille. Il continua de résider en cette ville, malgré les sollicitations souvent renouvelées de revenir dans sa cathé- drale. Il n'y rentra qu'au mois de jan- vier 15 67, lorsque, par suite de l'arri- vée d'une garnison et de la réaction chez le peuple, la tranquillité fut réta- blie grâce à l'intervention du seigneur de Noircarmes, envoyé sur place par Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas. A partir de ce moment, l'évê- que résida constamment à Tournai, sauf pendant les inspections qu'il était obligé de faire dans les abbayes et églises de son diocèse et des environs. Durant \me de ces inspections et au moment de revenir de Mariembourg, il fit une chute qui faillit lui coûter la vie ; mais il échappa au danger. Dévoué à son souverain légi- time, l'évêque se consacra à son service. Néanmoins, à l'exemple de plusieurs ecclésiastiques, il n'était nullement bien disposé à l'égard du gouverneur général, le duc d'Albe. En 1566, il fut prêt à lui faire del'opposition à propos des placards en matière d'impôts, sans pousser l'op- position au point de rompre toute rela- tion. Sous ce rapport, il s'entendait fort bien avec le cardinal de Granvelle, qui, de son côté, lui montra toujours la plus grande bienveillance. D'Oignies ne con- tinuait pas moins à se donner beau- coup de peine pour combattre l'hérésie dans son diocèse et mettre à exécution les décisions du concile de Trente. Il fit entrer dans son chapitre des ecclé- siastiques instruits et capables. Dans ce but, dit Paquot, il unit un canonicat de cette église à la charge du théologal, après avoir obtenu à cet effet le consen- tement de son chapitre, et y érigea un nouveau archidiaconat. De cette ma- nière, il divisa l'évêché en deux parties, l'une française, l'autre flamande. A la première, il assigna, en 1572. les trois doyennés île Tournai, Lille et Seclin, à la seconde, Courtrai et Helchiu. Il publia aussi la bulle de Sixte-Quint, décidant que, pour être admis au chapi- tre, il fallait appartenir à la noblesse du côté paternel et maternel, ou être gra- dué dans une université. Il tint aussi un synode. Enfin, il se rendit à Courtrai et mourut de la peste en cette ville. Son corps fut transporté à Tournai, où l'ar- chevêque de Cambrai, Louis de Berlai- mont, lui fit faire un service funèbre très solennel, auquel le peuple accourut avec d'autant plus d'empressement qu'au- cun évêque n'avait plus été enterré dans la cathédrale depuis plus d'un siècle. Une plaque gravée portant l'inscription suivante fut placée sur sa tombe : Quis jacet hic? Ego Giiilbertus coqnnmine Don- Quœ tibi conditio? Prœsiil in iirbe fui. [qmjes. Quod pietacis npus ? Christo judice ilarum est. F.qtiid opum? Tenipliim, paiiper et liospex habent. Qnid fuit in voto? Sanctic perfeciio ritœ. Luge, et, qiiœ sursnm sunt, boue pastor, habe. Le corps fut placé dans un superbe mausolée en marbre, sur lequel l'évêque i^*) OIGNIES — OLBERT 116 était représenté les mains jointes. Cou- sin en donne la description détaillée, d'après les renseignements communiqués par Jean Scohier, chapelain du prélat. En vertu de son testament, il lé2;ua à sa cathédrale divers objets précieux, entre autres une magnifique tapisserie représentant l'histoire de Dina, fille de Jacob et de Lia. Les actes de son synode ont été imprimés sous le titre de : Décréta et statnta synodii diœcesis tornacensis, per reverendissimnm in Christo patrem D. Guilbertum d'Ongnyei, episcopum. tornn- oevxem. Douai, 1574, et Louvain, 1589. Paquot en donne un résumé. Ch.Piot. Gazcl, Histoire ecclésiastique des Pays-Bas. — Gallia chrisiiatia, t. 111. — Paquol, Mémoires }ionr servir a l'histoire littéraire des dix-sept provinces des Pai/s-Bas, t. XI. — Mémoires de Pasqiiicr de Ut Barre. — Cliolin, Histoire de Tournai. — Le Maislre d'Anstainft, liecficrches sur l'histoire et l'architecture de l'cglise cathé- drale de Tournai. — (Joiisin, Histoire de Tour- nai. — Exiraits des consanx de Tournai, dans les Bulletins de la Commis.sion d'histoire, i^e sé- rie, I. II. — .Strada. Supplément, t. 11. — Le t. II de la Correspondance de Granvelle, publié par l'oiillet. — Hennn de France, Histoire des trou- bles des Pays-Bas, publié par Piot. «iGwiRN {Frère Huffo o'j.Voir Hugo u'OiGNIES. oiuiviES (Marie o'). Voir Marie d'Oignies. oiRMruoT (Henri i»') ou d'Oor- SCHOT, historien du xve siècle. Voir Henri de Meric.\. oiNV {Hugues n'). Voir Hugues d'Oist. OKEUHKn (Jeati), compositeur de musi(|ue. Voir Ockeghem [Jean van). o'kkli.v n'ACiitiM {Jean-Frosper- Désirê, comte), historien et héraldiste, né à Bruxelles, le 5 mai 1807, mort dans cette ville, le 20 janvier 1843. En 1823, il fut attaché au conseil su- prême de noblesse des Pays-Bas et se voua dès lors entièrement à l'étude de l'art héraldique. Après la révolution belge, il abandonna ces fonctions lucra- tives et préféra rester dans sa patrie. En 1838, le gouvernement le chargea des recherches héraldiques auprès du ministère des affaires étrangères. 1\ se lia d'amitié avec les plus hauts person- nages de l'époque, notamment avec le comte de Merode, le baron de Reiffen- berg et le chevalier de Sauvage. Dans le but de rassembler les souvenirs de l'ancuenne noblesse belge, il fonda la Société héraldique et équestre du royaume de Belgique, dont il devint le secrétaire, et qui fut le berceau du collège héral- dique officiel. En 1843, il commença un travail de longue haleine, intitulé : Nobiliaire général des Pays-Bas et de Belgique depuis le xve siècle jusqu'à nos jo/irs, ouvrage que la mort ne lui per- mit pas d'Hchever. La noblesse de la famille O'Kelly, originaire d'Irlande, a été reconnue par diplôme du roi Guil- laume, donné à La Haye, le 10 février I 826. Elle porte : de gueules à la tour dotijortnee d'argent, soutenue par deux lions d'or. Sa devise est : Turris est for lis mihi Deus. O'Kelly d'Agrim a publié les ouvrages suivants : l. Annales de la maison d' Hy- Mancy, issue des anciens rois d'Irlande et connue depuis le xie siècle sous le nom de O'Kelly... précédées d'un essai historique sur r Irlande. La Haye, M. de Lyon, 1830; in-40. — 2. Armoriai général du royaume des Pays-Bas, tiré des archives. En collaboration avec Van Weleweld. L'ouvrage comprend 204 planches in- folio et un supplément de 13 planches. — 3. Essai historique sur l'Irlande, con- tenaiit l'origine de toutes les familles nobles de ce pays. Bruxelles, D. Wiart, 1S37; in-80. I,. Tiereiili'yn. Piron, Alqemeene leveusbeschnivimj . — Mes- sager des sciences historiques, i^i3. — Papiers de famille communiqués par M"" André O'Kelly de Galway. — Bibliographie nationale, t. III. — Moniteur du ■19 octobre 188"2. — Armoriai de Belgique, pi. iil), 4. oi^BKnT DK GEnBL.ou'X, écrivain ecclésiastique, né à Leernes (Hainaul), mort en 1048. Il appartient à cette brillante lignée de clercs érudits qui jetèrent au xi^ siècle un si vif éclat sur les écoles deLiége,et contribuèrent tant I U7 OLBERT 418 à cette époque, an maintien des rela- tions littéraires et scientifiques entre la France et l'Empire. Né à Leclerna, au- jourd'hui Leernes. il entra tout d'abord au monastère de Lobbes, où il étudia avec Wazon sous la direction de Héri- ger, puis il alla compléter son instruc- tion en France, où on le trouve succes- sivement à Saint-fiermain de Paris, à Troyes et à Chartres où enseignait alors le célèbre Fulbert. Peu après son retour dans le diocèse de Liège, il fut désigné par l'évêque Paldéric II à Bur- chard de Worms, qui cherchait un maî- tre instruit à mettre à la tête de ses écoles. 11 séjourna probablement aux bords du Phin de lOOS à 1012, et prit une part considérable à la rédaction de la collection de canons qui a rendu fameux le nom de Burchard. Il venait de rentrer à Lobbes lorsque, l'abbé Erluin de Gembloux étant mort, Pal- déric l'appela à la direction du célèbre monastère (1012). Tout y était alors dans le plus triste état : les domaines étaient amoindris, la discipline relâ- chée, les études en pleine décadence. Bien que fort mal accueilli par des moines dégénérés, Olbert entreprit cou- rageusement la lutte contre le désordre et les abus. En peu de temps, d'impor- tantes propriétés furent acquises, les bâtiments furent réparés. Une nouvelle église fut consacrée en 1022. De vastes viviers furent creusés et l'abbé lui- même, se conformant strictement aux prescriptions de la règle l)énédictine sur le travail manuel, mit la main à la pioche. Bref, comme son ami le futur évêque Wazon, et comme d'ailleurs tant d'autres ecclésiastiques de cette époque où l'Eglise exerça une si profonde action sur la société et sur l'Etat, Olbert se révéla aussi bon administrateur qu'il était savant homme. Les succès qu'il avait remportés à Gembloux engagèrent sans doute l'évê- que Wolbodon. successeur de Baldéric, à l'appeler, en 1020, à la tête du mo- nastère de Saint-Jacques, récemment fondé à Liège. Depuis lors jusqu'à sa mort, arrivée en 1048, Olbert gouverna les deux abbayes. Les résultats de sa gestion à Saint-Jacques ne furent pas moins remarquables que ceux qu'il avait obtenus à Gembloux. En 1030, il fit consacrer l'église du monastère, où il avait appelé des moines de Saint- Vannes, formes par le célèbre réforma- teur Richard de Verdun. Si lourde qu'elle ait été, l'adminis- tration de ses deux abbayes fut pour- tant bien loin d'absorber tout entière l'activité d'Olbert. 11 consaci'a le meil- leur de ses forces à développer autour de lui la culture littéraire qui faisait alors la gloire du clergé liégeois. Il enrichit la bibliothèque de Gembloux de cent manuscrits d'auteurs ecclésias- tiques et de cinquante d'auteurs pro- fanes. Sous sa direction, l'école monas- tique devint un des foyers les plus actifs de la vie scientifique de l'époque. Les étudiants y aflUuaient, et il semble même que de jeunes laïques, élevés à la cour impériale (curiales), aient été confiés aux soins du savant abbé. Parmi ses élèves les plus martjuants, il faut citer les deux frères Missac et Folcuin dont le premier lui succéda comme abbé de Gembloux, tandis que l'autre, après avoir été appelé comme professeur à Stavelot par Poppon, mourut abbé de Saint-Vincent de Metz, puis Liétard et Guérin, qui jouirent de leur temps d'une grande réputation, mais surtout le fa- meux Sigebert qui, dans ses Ges/a Ma- tum Gemblacensucm et dans son De scrip- turibns eccfesiasticis, n'a pas ménagé à son vieux maître les témoignages de sa reconnaissance et de son admiration. Olbert ne se contenta pas de former des élèves : il se distingua aussi comme écrivain. Nous savons qu'outre des hymnes et des répons, il composa une histoire de l'ancien et du nouveau Testament, ainsi que plusieurs œuvres hagiographioues. De tout cela, il ne s'est conservé qu'une Historia sancti Fero)/i, écrite à la demande du comte de Hai- naut, Régnier IV. H. Pirciinc. SiReberl de Gembloux, Gesta abbatum Genibla- censium, Mnriiivienta Germmiiœ hisiorica, Scrip- tores, I. VIII, p. 33.") et suiv., et Liber de recioribus ecclesiasticis, dans Mipne. Pairoloqia latina, t. CLX.— S. Wtrsch.Jahrbiicher des dèut- 119 OLBRECHTS - OLIESCHLAGER 120 schen Reichs unier Heinrich II, t. II, p. ■lOi et suiv. — A. Biltner, Wazo und die Schulen von Lûttich (Breslau, 1879). — Dute, Die Schulen im Bisthum Lûttich im XI Jahihundert (Marburg, <88-2i.— W.Watlenbach, Deutschtands Gescliichts- quellen im Miitelalter, 6^ éd., t. II. — L'Hisioria s. Veroiii d'Olbcri. a été publiée a Mons par G. Galopin en 1030, in-i'i; puis par HensHien dans les Acta Snnctontm, mars Hl. p. 8io el suiv.. el enlin parliellement par Holder-Egger dans les Mon. Germ. hist., Script., t. XV, p. 7S0- 753. OLBitECMiM {Pierre-Joseph), admi- nistrateur et agronome, né à Nederhem- beek (Brabant), le 7 août 1744, et mort en ISl.'^. Il vint s'établir à Bruxelles comme négociant. Durant le régime français, il fut élu par ses concitoyens membre, puis président du conseil muni- cipal de la ville. Les services qu'il ren- dit comme administrateur lui valurent d'être envoyé par trois fois à Paris comme membre du Corps législatif. Vers la fin de sa vie, il se retira à la cam- pagne pour s'occuper d'agriculture. Nous ne connaissons de lui qu'une bro- chure ofticielle, datée du 14 fructidor an VI, dans laquelle il se défend contre la plainte d'un artiste du théâtre de Bruxelles (collection iSteven de la Bibliothèque royale). Il paraît n'avoir rien écrit sur l'agronomie. Krançois Crépin. Delvenne, Biographie du royaume des Paijs- Bas. OLiF.>4€Hi.AGER (Jean), en latin Olirarius, poète latin et philologue, né à (iand vers 1545, mort à Cambrai avant 1624. Valère André nous apprend (ju'Olieschiager se rendit fort jeune à Paris et qu'il y suivit les cours d'Adrien Turnèbe et de Pierre La Ramée; il fit de tels progrès que, dès l'âge de dix-sept ou de dix-huit ans, il donnait des leçons de grec et expliquait les auteurs les plus ditliciles ; Callimaque, Pindare, etc. Après avoir voyagé ensuite en Allema- gne, Olieschlager rentra dans sa ville natale, où il ouvrit une école. D'après Handcnis, il aurait déjà été sous-maî- tre, hypodidasculvs, dans l'école de Jean Otho, à CJand, avant de se rendre en Allemagne. Ce voyage avait-il exercé une influence sur ses convictions reli- gieuses? Il est permis de le croire, puis- que Paquot nous rapporte qu'à la suite des troubles de 15 66, notre philologue se retira à Duisbourg, dans le duché de Clèves, oii il continua d'enseigner le grec et le latin sous Jean Otho. Quoi- qu'il en soit, vers 15 75, son concitoyen et parent, Liévin Pontanus, l'attira à l'université de Douai et lui céda sa chaire de grec et d'éloquence. Tout en s'acquérant une grande réputation par ses leçons, Olieschlager entama l'étude du droit et conquit le grade de licencié à un âge déjà avancé. Il fut alors appelé à Cambrai pour y devenir syndic ou conseiller pensionnaire de cette ville, où il mourut probablement avant 1624. Dans ses Parcœ, parues en cette dernière année, Josse Rycquius lui consacre le sixain suivant : Quem loties Graiœ ramis prœcinxit olivœ Pallos, Athenœi prœses et ingenii; Quem toties Latios spaiialum duxit in hortos Incola Thespiaci turba novena jugi; Cernis Olirari bustum : venerare, Vialor, iSon eienim arcana religione caret. Nous connaissons d'Olieschlager une édition des œuvres de saint Prosper d'Aquitaine : Bivi Prosperi Aquitanici episcopi Rhegiensis opéra, accuiata vetus- torum exemplarium collatione a wendis pêne innumeris rep/irt/ata. Douai, Jean Bogard, 1577; in-8o. Le nom de l'édi- teur ne figure pas sur le titre, mais il a signé l'épître dédicatoire au prieur de Saint-Vaast, d'Arras, Jean Sarracenus, qui hii avait fourni des notes nom- breuses pour son travail. Sanderus lui attribue encore deux tragédies sacrées; d'un style très châtié, qu'Olieschlager fit représenter à Gand, avec le plus grand succès, par les élèves de son école : Mic/iceas et Nabuchodonosor , ainsi que de très nombreux vers de tout genre : infinitos omnis generis versus politissimos, que Sweertius désigne sous le nom de Foemata varia in gratiam amicorum. Nous n'avons rencontré que deux spécimens de la poésie latine de Jean Olieschlager. Le premier est une pièce composée de douze distiques, en tête du Liber proverbiorum Sa/omonis mis en vers par le poète berlinois Joachim Ty- dichius, professeur à Douai (Gand, Gis- lain Manilius, 1573); elle est signée i 424 OLIESLAGHER — OLIMAERT 492 Joanne» Oliarius, Duacensis AcademifC Profeuor, et chante les louanges des jîoètes oriiïinaires de l'AUeinagne. La seconde pièce, de dix distiques, se trouve dans les liminaires du De riris illustribux vrbis Roma, publié à Douai, en 1577, par André Schott ; cette édi- tion avait été entreprise par Schott, sui les conseils d'Olieschlager. Ce maigre bagage ne permet guère d'émettre une appréciation sur la valeur littéraire de notre personnage, qui paraît cependant avoir joui d'une grande réputation parmi ses coutemporains. Les anciens biogra- pheslui prodiguent en eft'et leurs éloges, notamment Sweertius qui le qualifie de : Fir utriusque lingna peritus, poeta ele- gans, orator gravis, philosophus non vul- garù, in hislijriis omnibus versatissimns. Mais il ne faut pas oublier que ces épi- thètes se rencontrent fréquemment acco- lées au nom d'auteurs d'ordre tout à fait secondaire, et qu'il serait dangereux de les prendre à la lettre. Il importe de ne pas confondre notre Jean Olieschlager ou Olivarius, avec deux homonymes qui ont vécu au xvie siècle : le poète latin Jean Olive- rius, ou Olivier, évéque d'Angers, et le philologue Pierre- Jean Olivarius, auteur de notes sur Pomponius Mêla. Paul Bergnians. f alère André, UibBatheca belgica (Louvain, les;, p. 518; 2e éd. (1643), p. 5io. — A. Sande- rus, de Gandat-ensibiu eruditionis fama clans (Anrers, 16i4;, p. 75. — Fr. Sweerlins, Athenœ belgicœ (Anvers, iC'28;. p. 437 et 468. — J.-Fr. Foppens, Bibliotheca bdgica (Bruxelles, 1739 , p. 706 et 793. — J.-Fr. Faquot, Manoires pour servir à l'histoire littéraâe des Pat^-Uat, it. XI (Louviin, 1768. p. 113-130.— A.-J. Vander.Aa, Biographitch uoordenboek der Sederla»étn t. XIV (Haarlem, 1867;, p. 82-83. OLif':8L.4GUER [Jean o'), tapissier. Voir Olislaegher [Jean d'). OLLWAEBT iJactjues), nommé en re- ligion Jacques DE bAiNT-AxTOiNE, écri- vain ecclésiastique, né à Bruxelles, le 15 avril 1632, décédé à Anvers en 1703. Aussitôt ses études terminées, il entra dans l'ordre des carmes de l'ancienne observance et fit sa profession, le 7 no- vembre 1652, à l'âge de vingt ans. Quatre ans plus tard, le 10 juin 1656, il fut ordonné prêtre, et ses supérieurs le chargèrent d'enseigner d'abord la phi- losophie et ensuite la théologie et l'écri- ture sainte au couvent de Louvain. Depuis lors, le père Jacques de Saint- x\ntoine fut élevé successivement aux premières places de la province : prieur du couvent de Bruxelles en 1677 et de celui de Malines en 1689, il fut nommé définiteur, puis assistant du provincial et enfin provincial lui-même. Il fut revêtu jusqu'à trois fois de cette dernière dignité. Le père Jacques de 6aint-An- toine se rendit à Home, sous le pontifi- cat d'Innocent XI, et reçut de ce pape (les marques nombreuses de la plus haute bienveillance. Il mourut a Anvers, le 17 août 1703, âgé de soixante et onze ans. Ce n'est pas seulement à l'étude de la théologie que s'était appliqué le père Jacques de Saint-Antoine, mais il était également très versé en droit canon et possédait surtout la partie de ce droit qui concerne les Réguliers, comme l'at- testent les nombreux ouvrages sortis de sa plume : 1. Liber pro vuHu Deiparce Firginis apologeticus , peculiariter ex R. Pétri Canisii operibus concinnatus. Bruxelles, 1675; in-12. — 2. ConsnUa- tiones cannnicae pro reyjdarium, praeser- lim ordinum nieiidicantium, a jurisdic- tiorie illnstrissimorum ordinariorum post concilium Tridentinura exemplione ; ubl etiam agitur de dotibus regularium contra D. Antonium Godefrog, ductorem pari- ■siensem. Lyon, Hort. Boissat, 1680; in-12. — 3. Amussis eupistina, ad quam revocatur Joannis Ired. Knrg-Bamber' gensis Franconis Fecialis pacis religiosœ cindicaia. Cologne, Arnold Metternich, 1684; in-12. — 4. Appendix consulta- toria in qua deducitur in primes quantam jidem ac observantiam universi catholici debeant bu/lis, brevibus, constitutionibus, decretis summorum pontijicum nec non dfclarationibus D.D.S.R.E. cardinalium. Cologne, 1682; in-4». — 5. Resolutio, an mutuce conventiones circa dotem pueU laruni ingredientium monasterium sint simoniacœ. Et qvadam alia. Cologne, 1684; in-12. — 6. Dissertatio régula- ris... (encore sur la même matière). Co- logne, 1684; ia-12. — 7. Repagulum iS3 OLINGER 424 canonicum repagnlo canonico clarissimi 1). Zegeri Bernurdi van Espen. J. U.D. h S. S. canonum profeas. adversus nimiam [nt belle prcetexil) exempiionum a juridic- tione epixcoporiim extensionem objertum. Cologne, J. W. Kriessem, 1689; in-12. — 8. Idée originale, essentielle et morale du tiers ordm de Notre-Dame du Mont- Carmel (en flamand). Anvers, Michel Cnobbaert, 169l;in-i2. — 9. Exercices ipirituels pour la retraite annuelle de dix jours, (]ui est propre aux religieux (en fla- mand). Anvers, Michel Cnobbaert, 1695; in-12. — 10. Breviariitm ad usum F. F. ordinis B. M. F. de Monte Carmelo. Anvers, Franc. MiiUer, 1696; 2 vol. in-8'>. — 11. Diurnum F. F. ordinis B. M. V . de Monte Carmelo. Ibid., id., 1696. Outre ces différents ouvrages, le père Jacques de Saint-Antoine laissa plu- sieurs manuscrits : Compendium tlieoh- gicum. ms. au couvent de Malines; in-4o. — Theologia moralis. ras. au couvent d'Anvers; in-8°. — Prolcgo- mena in S. scripluram, ms. — De Deo irino et uno, ms. Albéiic de Crombiugghe. Paquol, Mémoires, l. III, p. 174-178. oi.iiVGF.n {Philippe), lexicographe, né à Bettborn (grand-duché de Luxem- bourg), le 25 novembre 1794, mourut à Bruxelles, le 4 juin 1873. 11 fit une partie de ses études au lycée de Metz, où il obtint, en 1812, le diplôme de bachelier es lettres. J'ignore où il fit ses études ecclésiastiques. Entré en 1 8 1 5 au collège d'Ath, l'abbé Olinger y remplit successivement les fonctions de profes- seur, de sous-principal et de principal. En 1823, le gouvernement lui confia la direction de l'athénée de Luxembourg ; l'année suivante, il fut nommé principal à l'Athénée royal de Bruxelles, qu'il dirigea jusqu'au mois d'octobre 1830, épo(|ue où le gouvernement provisoire supprima sa place. On suppose que ce fut alors qu'il s'établit comme directeur de pension à Bruxelles. Sa disgrâce dura jusqu'en J838 : il fut appelé cette année, en qualité d'aumônier et de professeur de flamand à l'Ecole centrale de commerce et d'industrie et, le 15 sep- tembre 1851, il fut nommé à la chaire de langue flamande à l'Athénée royal de Bruxelles. L'abbé Olinger faisait partie de plusieurs sociétés savantes, telles que la Société de littériiture hol- landaise de Leyde, etc. Le gouverne- ment hollandais avait reconnu les ser- vices rendus par lui à l'instruction publique en lui donnant la croix de chevalier de l'ordre de la Couronne de Chêne, et, le roi Léopold 1er le fit également chevalier de son ordre. Il a d'ailleurs porté le titre de • professeur » de L. A. R. le duc de Brabant et le " comte de Flandre », et l'on peut voir qu'aucun encouragement, aucune ré- compense n'a manqué à sa longue et heureuse carrière. Depuis l'âge de vingt-quatre ans jusqu'à sa mort, il n'a cessé d'écrire et de publier des livres d'enseignement. C'est à un moment heureux qu'il a commencé ses publications en langue néerlandaise. Le gouvernement hollan- dais avait rendu nécessaire la connais- sance de cette langue pour un grand nombre de Belges qui jusqu'alors n'a- vaient pratiqué que la langue française ou qui, du moins, ne connaissa.ient que très imparfaitement le néerlandais. Dès 1818, Olinger publie à Bruxelles un manuel comprenant les racines de la langue hollandaise et une grammaire simplifiée, et, bientôt après, il fait pa- raître une partie du Télémaque, avec traduction néerlandaise littérale et inter- linéaire. Il appliquait, comme on voit, à l'enseignement d'une langue vivante une méthode employée alors uniquement pour le latin et le grec. Ses manuels eurent du succès et la publication d'un nou- veau dictionnaire néerlandais-français et français-néerlandais fut décidée. Jus- que-là, on s'était surtout servi en Bel- gique du dictionnaire flamand de Des Roches, qui n'était pas trop mauvais pour l'opoque. Mais le besoin se faisait sentir d'un ouvrage plus développé et écrit dans une orthographe plus conforme à celle des Hollandais. L'abbé Olinger entreprit de le rédiger et, eu 1822, parut la première édition de la partie hollan- 1 1Î5 OLISLAEGHER 426 daise-française, en 1825-1826 celle de la partie française-hollandaise du nou- veau lexique. Depuis, exploitant cette riche mine, l'auteur ne cessa de réédi- ter son premier travail, de le remanier, S5, il prit la direction de la maison gantoise. Nous le trouvons à Londres en août 1677, en juillet, août et septembre 1679, de novembre 1690àjuillet 1691. On voit par sa correspondance que le négoce est souvent contrarié par les divers événements politiciues dont l'An- gleterre fut le théâtre depuis les der- nières années du règne de Charles II jusque sous Guillaume III. Mais ce qui faisait le plus de tort à l'industrie de nos tapissiers, c'était un changement dans le goût des Anglais, spécialement la mode adoptée dans les constructions nouvelles de remplacer les tapis par des panneaux en bois. D'autre part, les droits établis par Colbert (1) avaient rendu difficile le commerce d'exporta- tion en France. Dans les Pays-Bas, les campagnes de Louis XIV sont néfastes. Un dépôt de marchandises de d'Olislae- gher est détruit en 1695 par le bom- bardement de Bruxelles. Heureusement que la maison vendait aussi d'autres (t) Ces droits s'élevaient à deux patacons par pièce. Les tapis de Bruxelles et d'Anvers payaient double (lettre du 17 août dOSi). 131 OLISLAEGHER t32 tissus, notamment les » legatures « ; elle trouvait également des ressources dans la location des tapis pour fêtes et céré- monies.Vers la fin du siècle, les embarras financiers sont de plus en plus fréquents. Le 20 octobre 1691, d'Olislaegher offre de mettre en garantie à Londres de belles tapisseries valant 4,000 livres sterling, si l'on veut lui prêter pour un an seulement 5 ou 600 livres. Il cherche à emprunter de l'argent à des correspondants dans diverses villes. Le mont-de-piété lui e?t aussi d'un grand secoure ; le cahier des nombreuses mar- chandises qu'il y dépose de 1695 à 1701 est curieux à plus d'un titre. Ainsi un lot du » plus fin Bacchus • en- gagé le 10 octobre 1696 pour 100 flo- rins, est dégagé à l'efi'et d'être vendu à M. Wyckersloot, à Copenhague. Le 5 décembre 1696, le mont-de-piété prête 60 florins sur un paysage avec figures, mesurant 4 aunes et demie, des- tiné à être envoyé plus tard en Angle- terre ; ce dernier engagement est renou- velé le 28 janvier 1698, etc. Atteinte par des faillites de corres- pondants étrangers, la maison était aussi engagée dans un nombre considé- rable de procès. En 1708, d'Olislaegher demanda au souverain de tenir en sur- séance des procès en Flandre, afin qu'il pût vaquer pendant quelque temps à ses affaires en Angleterre (1). L'avoir de d'Olislaegher était en outre grevé de rentes viagères au profit de ses sœurs qui s'étaient retirées dans des couvents. Tout cela ne l'avait pourtant pas empêché d'acquérir des biens fonciers. Propriétaire de l'importante seigneurie de Tollieu (ou Tolbeké), près de Pope- ringue (2), et d'un grand nombre de fiefs, il acheta encore en 1695 la sei- gneurie de Darupt, à Afsné lez-(jand. Obligé à la suite dos ravages commis par les armées d'occupation de cultiver par- fois lui-même ses terres, il finit par abandonner la maison paternelle, située au Brabatidam, près du couvent des (1) En \l\ï>, il y avail encore à Londres un dépôt de tapis de la maison d'Olislaegher, dont fi fit alors l'inventaire. (t2) 11 signait : Jean d'Olislaegher Tollieu. capucins, et, vers la fin de sa vie, ne conservant à Gand qu'un appartement, il vécut en gentilhomme campagnard. Bien qu'il continuât à s'occuper toujours des affaires, sa place dans le négoce de tapisserie est peu à peu prise par plu- sieurs autres tapissiers d'Audenarde, Alexandre et Jean Baert, Louis Blom- maert, François Vander Stichelen, Ma- caire Gimbercy, à la fois tapissier et peintre de patrons, Catherine Vande Kerchove, veuve de Pierre van Coppe- noUe, qui tous s'installent à Gand entre les années 1684 et 1699. Jean d'Olislaegher (II), (lui avait conservé dans ses archives des minutes de lettres — en français et en flamand, vers et prose, voire avec des citations la- tines — relatives à ses divers projets de mariage manques, mourut célibataire à l'âge de 55 ans. Quelques jours après son décès, par acte du 25 octobre 1712, un curateur fut désigné pour liquider la succession, qui était très embrouillée, et tous les papiers de la famille furent consignés à l'hôtel de ville (1). Les registres et papiers d'aff'aire des d'Olislaegher, père et fils, qui s'éten- dent sur plus d'un demi-siècle, rensei- gnent des milliers de pièces de tapis- series, presque toujours citées par » chambres • de quatre à six pièces, auxquelles viennent parfois s'ajouter des » entre-deux », des soubassements, des « entre -fenestres ». Les dimensions sont indiquées en aunes. Dans l'état des biens de la femme de Jean d'Olislae- gher I, dresïé en 1671, on expertise environ cent trente lots de tapisseries comprenant presque tous des chambres complètes. Voici quelques sujets qui reparaissent fréquemment et que nous avons classés par genres : Histoire biblique : Histoire d'isaac^ fils d' Abraham, et de Rebecca, fille de Buthud. — Rebecca arec l'ange. — His- toire de Jacob. — Moïse. — Sam son. — David. — Holopherne . Histoire ancienne : Achille. — Le (i) Quarante-cinq ans plus tard, en 1737, sur la proposition du lils du curateur, on attribua aux pauvres de la ville une somme de 2 livres G esc. 5 gr. G den., revenant à des créanciers qui n'avaient pas été retrouvés. 133 OLIVA 134 roi Cyrus. — Alexandre et Darius (en six pièces). — Bomulus. — Deciiis. — Tapisserie romaine. — Les Sabines. — Marc- Antoine et Cléopdtre. Mythologie : Bacchanales, — Kais- iOHce de Bacc/tus. — Pomone. — Flore. — Vénus et Adonis. — Nymphes et satyres. — Diane à la chasse (en six pièces). — Céphale et Procris. Sujets divers : Armide et Renald. — Médor et Angtlica. — La conversation française. — La conversation d'Italie. — La chasse royale. — Léopard et serpent. — Cerfs, lièvres, chiens, paons, oi- seaux, etc. — Combat d'une jument contre un sanglier. — Ve7'dures, feuil- lages, fleurs, arbustes, paysages, avec ou sans personnages. — Danses. — Scènes villageoises. — Allégories. — Châteaux. — Batailles. Les documents relatifs aux artistes qui peignirent les patrons ne sont certes pas les moins intéressants. Jean d'Oli- slaegher I travailla d'abord beaucoup d'après les patrons de son beau-père F. de Moor et d'autres vieux modèles rapportés d'Audenarde. Dès 1655, il est question de " patrons anversois », et successivement des dessins nouveaux sont commandés à des peintres de la cité de Ruhens. Parmi ceux qui pei- gnirent le plus souvent pour la maison gantoise figurent deux De Witte : des paysages sont peints par Pierre de Witte en 1668; Gaspard de Witte écrit d'An- vers, le 29 mai 1670, qu'il vient d'ache- ver un patron de six aunes. Nous ren- controns Pierre Spiering depuis 1676; en 1677, il est chargé d'exécuter (1) V Histoire de Don Quichotte de la Man- che (en six pièces), sujet qu'on avait signalé d'Angleterre comme » agréable • et plaisant ■/,et dont les esquisses avaient été envoyées de Londres. Spie- ring est encore en correspondance avec d'Olislaegher pour d'autres patrons, en {\) Dans une lettre de Londres, 2G février 1C77 (n. st.), il est question de confier l'exécution des personnages à un « bon maître • de La Haye qui séjourne en Angleterre, tandis que les paysages seraient peints par Spiering. — Une autre lettre de Londres, 4 juin 4077, proteste contre l'idée de supprimer la scène des moulins, qui est l'une des plus plaisantes de l'histoire. I 1679-1680 (1); on cite plusieurs fois ses œuvres en 1695. Des dessins d'un » De Clef « sont cités dans les lettres anversoises de 1682. Viennent ensuite deux Vander Cruyssen, également d'An- vers : Jean-Charles Vander Cruyssen peint de nombreux patronsdepuis 1684, entre autres une Chasse aux cerfs et Narcisse se regardant dans l'eau (1691). — Jacques Vander Cruyssen livre à d'Olislaegher, en 1695, un Combat de coqs, des renards, des taureaux, des bor- dures avec anges et festons. Pour ce qui concerne les patrons du peintre bruxel- lois AchtschelUnck , ils se rapportent à des tapisseries faites a Bruxelles pour compte de d'Olislaegher (2). A (iand, François deDryverhii des dessins de bor- dure en 1679; Adolphe de Grief, divers patrons en 1685; Antoine Beirisfort, des chiens et des potiles en 1689. Une quittance pour peinture de patrons est signée/, de Coxie, 17 décembre 1679. Divers travaux sont exécutés en 165 8 par un peintre de Hulst, Olivier Van- den Driessche. Jean de Vroye, de Scho- risse, qui est payé en 1686 pour avoir peint six patrons, était en même temps tapissier. On peut en dire autant de Georges Guys, dont les peintures sont signalées dans les comptes de la maison depuis 1656. Victor Vander llaeglien. Archives de la ville de Gand. — Registres d'atlaires et papiers de la famille d'Olislaegher, consignés à l'hôtel de ville de Gand. oi.iVA {Philippe) naquit en Zélande, à Middelbourg, mais vint fort jeune s'établir à Anvers pour s'y adonner à la peinture. 11 fut reçu franc-maître de la gilde Saint-Luc pendant l'exercice 1622- 1623. Quelques années plus tard, il sollicita son entrée dans la bourgeoisie d'Anvers, et les registres scabinaux (1) Pendant l'occupation française, un laisser- passer est délivré le i3 septembre iC78, au nom du roi de France pour un patron de tappicerie vaillable seize florins, venant d'Anvers et destiné à la maison d'Olislaegher. ('2) Parmi ces tapisseries bruxelloises citons : Une chambre représentant les douze mois de l'année, ainsi que les quatre parties du monde, saroir : l\Asie, l'Afrique, l'Amérique et V Europe, ensemble dix pièces, le tout liaut de siu- auues, très richement travaillé avec or et artjent. 135 OLIVA 136 prouvent qu'il y fut admis le 4 juillet 1642. L'année suivante, il accepta dans son atelier, en qualité d'élève, un de ses parents, Thomas Oliva. Il mourut, en 1655. Oliva {Philippe II), fils du précé- dent, fut également peintre. Il entra à la gilde Saint-Luc en qualité, de maître en 1655. Oliva (Philippe III), fils du précé- dent, fut peintre enlumineur. C'est dans l'atelier de François van Wesenheeck qu'il s'initia aux secrets de son art; il y entra en 1663 et fut reçu, la même année, à la gilde Saint-Luc en qualité d'apprenti, fils de maître; en 1668, il fut admis à la maîtrise. Il avait épousé Jeanne Denys et mourut en 1713. Il délaissa plusieurs enfants, parmi les- quels il y en eut deux au moins qui adoptèrent la carrière artistique; ce furent : Joseph Oliva, qui fit son ap- prentissage, à partir de l'année 1693, chez François van Aken, et épousa plus tard Françoise de Smeth, et François Oliva. Celui-ci fit, comme ses prédécesseurs, partie de la gilde Saint-Luc; il y entra, en 1 67 1, comme apprenti et passa maître en 1681. Il eut pour professeur Jean Vermeeren. De sa femme, Anna Mu- ninx, il n'eut qu'une fille, Suzanne Oliva. A la même famille appartiennent encore : Oliva {Michel), second fils de Phi- lippe II, reçu maître de la gilde Saint- Luc en 1667 et mort en 1712. Sa femme, Christine de Grande, l'avait précédé dans la tombe depuis 1704. Il habitait à Anvers, une maison située au rempart du Lombard et qui portait pour enseigne : de Guide hant. Oliva {André), fils de Philippe I Oliva, peintre comme son père et son frère ; il olitint, en 1648-1649, le titre (le maître dans la gilde Saint-Luc d'An- vers, Il épousa Sara Munincx. IMusieurs autr-^s artistes anversois portant le nom d'Oliva et appartenant à la même famille se trouvent encore inscrits sur les registres de la gilde Saint-Luc; mais ils n'ont joué qu'un rôle artistique tout à fait effacé. Fernand Donnet. Rombouts et van Lerius, de Liggeren van Sint- Lucas gilde. — Sirel, Dictionnaire des peintres. — Mois, Artistes flamands peintres (manuscrit). — Archives communales d'Anvers : vierschaer- boeken, scbepenbrieven, minutes des notaires Buytas et HuUegarde. — Registres de l'état civil. — Ed. Fétis, les Artistes belges à l'étranger. OLIVA (Don Rodrigue Caldkron, comte de La), naquit à Anvers d'un capi- taine espagnol, Francisco Calderon, qui avait pris une grande part au sac du Pand des tapissiers, lors de la Furie espagnole, et d'une Flamande, Marie de Aranda, née Sandelyn. Vers 1598, ce Calderon entra au service du duc de Lerme, favori de Philippe III, et de- vint successivement comte de La Oliva, chevalier de Saint-Jacques, comman- deur d'Ocana, et, plus tard, en 1614, marquis des Sept Eglises. Il fut, pen- dant plusieurs années, tout puissant à la cour de Madrid ; mais, après la mort de son protecteur, il fut accusé de nombreux crimes, notamment d'avoir empoisonné la reine Elisabeth, jeté en prison et appliqué à la torture. On ne put le convaincre que de la mort d'un gentilhomme, et il eût, sans doute, ob- tenu son pardon, sans la mort du roi. Le nouveau souverain, Philippe IV, et son premier ministre, Olivarez, écoutèrent les ennemis de l'ancien favori comme de tous ceux qui convoitaient ses im- menses richesses, et firent recommencer la procédure. Malgré les supplications de sa femme et de ses enfants, Calderon fut exécuté, le 21 octobre 1621. Le courage avec lequel il subit le dernier supplice frappa l'imagination populaire, et, dans la suite, il fut de mode de dire de quelqu'un qui prenait des airs de grandeur : » Il marche plus fièrement B que don Rodrigue au gibet • ; anda mas honrado que don Rodrigo en la horca. L'histoire de cet aventurier appar- tient à l'Espagne. Nous n'avons à rap- peler ici que le voyage qu'il fit aux Pays-Bas en 1612. La cour de Madrid l'envoyait dans notre pays pour annon- 1S7 OLIVERIUS - OLIVIER 138 I cer aux archiducs le double mariage projeté par les cours d'Espagne et de France. Calderon passa par Fontaine- bleau, où il fut reçu avec de grands honneurs, et Anvers, sa ville natale, lui fit cadeau d'un tableau de grand prix, nne adoration des Mages, que Rubens avait peinte pour orner la salle des états de l'Hôtel-de-ville. Le pensionnaire de la ville, de VVeert, l'avant complimenté à son arrivée et à son départ, le favori répondit chaque fois par quelques phrases empreintes de la plus franche cordialité et qui nous ont été conservées, avec l'allocution du pensionnaire, dans les archives communales. La remise du ta- bleau avait été l'objet d'une délibération spéciale au conseil de la cité. Le crédit du fils fit oublier les rapines du père; les .\nversois voulaient s'attacher un si puissant personnage, et ils espéraient, par son influence, obtenir le monopole du commerce des épices. Il n'y eut d'op- position que de la part des doyens des merciers. Après la mort de Calderon, cette Adoration des Mages fut achetée par Philippe IV ; elle appartient aujour- d'hui au musée de Madrid. H. Lonciiay. Quevedo, Grandes anales de quincc dias. — Cabrera de Cordoba, Relaciones de la Corte de Etparia. — La Fuente, Historial gênerai de Es- pana, t. XV el XVI. — Genard, Bulletin des ar- chives d'Amas, l. VI, p-S-oOet s. — Fernand Donnet, les Tapisseries de Bruxelles, d'Enghien et d'Àudenarde pendant la Furie espagnole, dans les Annales de la Société d'archéologie de Bru- xelles, 489i. — Max Rooses, l'Œuvre de Rubens, l. I, passim. oLiVEBiCiB (Arnold), prédicateur et écrivain ecclésiastique, mort k Maes- Iricht, le 14 avril 1600. Il appartenait à l'ordre des Augustins et remplit les fonctionsde prieur au cou vent d'Utrecht, d'après Burman [Trajectum eruditum, p. 253), à celui de Haarlem, d'après Toppens (Biblioth. belgica, t. I"",p. 100). Il occupa ensuite le poste de définiteur de province ou provincial de l'ordre, à Maestricht. Oliverius est l'auteur de deux ouvrages, non publiés, dont les manuscrits furent conservés au couvent de Maestricht. Ce sont : 1<* Exegesis in Psalmum XLIP^; 2° Commentarius in Canticum Canticorum. Ed. Beeckmin. OLivEniOM (Jean-Englebert). Voir Olivier [Jean-Englebert). OLIVIER LE UAi!« (et non le Daim), naquit, suivant des traditions posté- rieures au xve siècle, à Thielt, dans la châtellenie de Courtrai. On ne connaît ni la date de sa naissance, ni sa famille, ni l'époque à laquelle il entra au service de Louis XI, ni les circonstances qui, après l'avoir amené à la cour de France, en firent un des confidents du roi. Le mépris avec lequel Philippe deCommines parle de lui suffit à attester qu'il était de très basse extraction, mais on sait que Louis XI aimait à s'entourer de gens d'humble origine, qui, lui devant tout, se dévouaient tout entiers à ses intérêts et ne se laissaient arrêter par aucun scrupule pour conserver les com- plaisances de leur maître. Si Olivier le Dain dut bien certainement la faveur royale à son intelligence et à la souplesse de son esprit, il est pourtant très pro- bable que son origine flamande contri- bua aussi à sa fortune. Louis XI fit tou- jours bon accueil aux sujets de Charles le Téméraire, dans lesquels il voyait avec raison d'utiles instruments à em- ployer au besoin contre leur ancien maître. Il agit, en somme, à l'égard de l'humble Olivier de la même manière qu'à l'égard du noble Philippe de Com- mines. Il n'avait pas de préjugés. Les textes du xv^ siècle ne donnent pas à Olivier le nom de » De Necker «, que lui ont attribué, sans raisons con- nues, certains historiens de notre temps. Une lettre de Louis XI, du mois d'oc- tobre 1474, nous apprend qu'il s'appe- lait » Le Mauvais", — nom dans lequel il ne faut voir très probablement que la traduction d'un patronymique flamand, tel que » De Kwaade «. Le même texte nous fait connaître également qu'Olivier devait avoir pris ses grades dans quel- que université, puisqu'il le qualifie de » Maistre «. Il fut donc l'un de ces clercs es lois (|ui ont tant contribué à favoriser les progrès de l'absolutisme à la fin du moyen àgo et c'est par une étrange méprise qu'on a conclu de cette épithète de « Maistre « que notre per- 139 OLIVIER 140 sonnage avait appartenu, dans sa patrie, à un corps de métier. A l'époque où fut expédiée la lettre d'octobre 1474, Olivier se trouvait de- puis quelque temps déjà au service du roi. Elle se réfère, en effet, à un acte antérieur par lequel Louis XI avait ano- bli son • cher et bien aimé varlet de 1/ chambre, maistre Olivier le Mauvais, " et sa postérité née et à naistre en loyal « mariage ". Mais, dans cet acte d'anoblissement, il avait oublié de donner des armes à Olivier, • ce qui luy est nécessaire " d'avoir pour porter un signe et démons- " Irance dudit estât de noblesse perpé- « tuel à luy et aux siens descendants «. La lettre de 1474 a pour but de répa- rer cet oubli. Elle confère au favori des armoiries héréditaires (1) et comme son nom « Le Mauvais i- siérait mal à un aussi noble personnage, elle y substitue celui de » Le Dnin ", et fait défense de se servir désormais de l'appellation ro- turière qu'elle supprime. Ce ne furent point là, de beaucoup, les seules faveurs dont Olivier fut redevable à son maître. 11 en obtint, au mois de novembre 1474, la terre de Meulan, et, en octobre 1482, la forêt de Sénart. De plus, il était, au plus tard depuis 1480, capitaine du pont de Meulan et grenetier de Paris, titres que lui donne un acte officiel de cette époque, et il remplit également les fonctions de garde de la garenne de Rouvray (bois de Boulogne). Il y a loin, on le voit, de ce docteur en droit, de ce conseiller du roi, riche- ment doté, à, l'humble barbier de la légende. Cette charge de barbier, pour- tant, Olivier l'exerça, mais sûrement à titre honorifique, et de la même manière que tant de grands seigneurs de l'époque s'acquittaient de leursfonctionsd'écuyer, ou de valet de chambre. (•1) La description de ces armoiries est omise dans l'édition de cette lettre (Commines, éd. LenRlcl-niifresnoy, 1. 111, p. S-'il). Mais nous savons qu'au xvii« sii'de le l)lason d'Olivier fipurail en- core sur l:i porte du corps de garde du château de Meulan. • Il était d'un chevron accompapné « en pointe d'un daim passant, l'écusson au coté « droit, et d'un rameau d'olive et au pauclie une « corne de daim ; l'écusson couronné d'une cou- • ronnc comtale. » {Ibid., t. 1, p. 301.) Les bienfaits dont Olivier fut comblé par son maître prouvent éloquemment qu'il dut lui rendre d'éminents services. Mais le poste de conseiller intime se dérobe presque toujours à l'historien. Plus une mission est confidentielle, moins il en reste de traces et nous ne connaîtrons sans doute jamais les secrets du roi et de son barbier. Une seule fois Olivier paraît au grand jour sur la scène. Philippe de Commines nous a conservé, en effet, le récit de l'ambassade dont ce- lui-ci fut chargé par Louis XI, après la mort de Charles le Téméraire, auprès de Marie de Bourgogne et des Gantois. Le célèbre historien, manifestement envieux de l'honneur échu à son compatriote et de la preuve éclatante de confiance que lui donnait le roi, n'a pas eu la généro- sité d'imposer silence à sa rancune. Son récit trahit manifestement le dépit et la mauvaise humeur. Olivier y apparaît comme un sot et grotesque personnage, aussi outrecuidant et vaniteux que mal avisé. Après s'être vu refuser une entre- vue confidentielle avec la princesse, après avoir échoué dans sa tentative pour soulever les Gantois, notre héros, couvert de ridicule, fut, suivant Com- mines, obligé de fuir la grande ville, * car il fut adverty que, s'il ne l'eust » faict, qu'il estoit en péril d'être gecté Il en la rivière » . Il n'était pas si dé- contenancé pourtant qu'il n'ait réussi, au retour, à rendre un service signalé à son maître en introduisant subtilement, contre le gré des bourgeois, une garni- son française à Tournai, et, quoi qu'il en ait, Commines est bien forcé de reconnaître « qu'un bien plus saige et " plus grant personnage que luy (ne n serait-ce pas à lui-même qu'il songe ?) « eust bien failly à conduire cest u œuvre », Si un esprit supérieur tel que Com- mines ne peut dissimuler son antipathie pour le parvenu qu'était Olivier, on ; comprend facilement quelles devaient être, à l'égard de celui-ci, les disposi- tions de la masse de la noblesse. Sûr de la protection de son maître, le favori ne s'en émouvait guère et ne mé- nageait personne. II ne craignit pas de ut OLIVIER m s'attirer l'inimitié du duc de Bretagne, etde violer la juridiction de l'archevêque de Paris. Kn vrai juriste qu'il était, il maniait d'ailleurs volontiers une arme redoutable et il fit poursuivre pour crime de lèse-majesté plus d'un malheu- reux, dont il s'appropriait ensuite les biens sans vergogne. A ce compte, sa for- tune s'accrut rapidement. En 1480, il venait d'acheter in terre de Vayres et se proposait d'y faire construire une « belle • maison ». Autour de lui vivaient une foule d'individus passablement suspects, parmi lesquels quelques bannis de Flandre, tel que ce Daniel Baert, qui semble avoir été l'exécuteur de ses vo- lontés. Ajoutons à cela qu'Olivier paraît avoir été vulgaire et vaniteux, amou- reux de faire briller son luxe récent et d'éclipser la noblesse par la richesse de ses habits et la somptuosité de son train de vie. Pourtant, il a mieux valu que sa réputation. De bonne heure, une légende sinistre s'est formée sur son compte et nous ne possédons guère sur lui que le témoignage de ses ennemis. Les pièces de son procès, récemment mises au jour, le réhabilitent en partie. Elles ne permettent plus d'ajouter foi à ces histoires sanguinaires et mal- propres qui ont eu cours pendant si longtemps à propos du célèbre bar- bier. Elles prouvent « qu'il commit • moins de crimes que de vols, de ra- • pines oppressives et d'abus de pou- • voirs ». Mais les haines qu'il avait soulevées se donnèrent libre carrière à la mort de Louis XL Bien que sur son lit de mort, le roi, s'il faut croire la Chronique scandaleuse, ait recommandé spécialement Olivier à la bienveillance du dauphin, le sort du favori n'était pas douteux. Dès les premiers jours du nou- veau règne, il fut jeté en prison. Le 12 mai 1484, il fut pendu, et ses biens confisqués passèrent au duc d'Orléans. H. Pircnne. Ph. de Commines.éd. Lenplel-Du Fresnoy (Pa- ris, 1147; 4 vol. in-i»), et éd. Dupont (Paris. 1840- ISÏT; 3 vol. in-S"'.— Chronique scandaleuse^ dans l'édilion de Commines, éd. Lengiet, I. III. — Kervyn de Letlenhove, Histoire de Flandre, t. V, p. 232. — G. Picot, l.e procès criminel d'Olivier le bain [Comptes rendus de l'Académie des sciences morales et politiques, -1877). — H. Slein, Olitier le Dain, seigneur de Vayres [Annales de la Société historique du Gdtinais, 1899-1900,. OI.ITIRR DE DI^nVDE. En 1835, .T. J. Lambin, archiviste de la ville d'Ypres, publia, sous le titre de Merk- waenUge gebeu7-tenissen vonral in VJaende- ren en Brahanl van 1377 fot 1443, une chronique dont il attribua la rédaction à un patricien d'Ypres nommé Olivier de Dixmude. Cette attribution, il est vrai, ne repose que sur une hypothèse. Lambin avait remarqué qu'à deux re- prises, aux années 1423 et 1438, sou auteur dit qu'il faisait partie du magis- trat de la ville, et, comme le nom d'Olivier de Dixmude figure précisé- ment dans les listes scabinales de ces deux années, sa conjecture ne manque pas de vraisemblance. On ne peut l'ad- mettre, toutefois, qu'avec les plus ex- presses réserves. Olivier n'est pas, en effet, le seul échevin qui ait été en fonc- tions en 1423 et en 1438. .loris de Eijcke se trouve dans le même cas (1), et cela suflîit, sinon pour enlever à Oli- vier de Dixmude la paternité des Merk- waerdicje rjeheurtenissen, au moins pour la rendre infiniment douteuse. On pour- rait faire observer de plus, que tandis que l'auteur de la chronique parle de lui-même à la première personne aux endroits indiqués plus haut, il lui ar- rive, à l'année 1419, de citer Olivier de Dixmude, qui prit alors part à un tour- noi organisé par la ville. Pourquoi, s'il s'agit de lui-même dans ce dernier cas, a-t-il employé la troisième personne comme s'il était question d'un étran- ger? Quoi qu'il en soit, il est certain que la chronique publiée par Lambin est l'œuvre d'un magistrat d'Ypres. C'est un monument de cette historiographie urbaine dont les Staedtechroniken d'Alle- magne nous offrent de si nombreux spé- cimens, mais qui, dans les Pays-Bas, où les villes ne sont pas arrivées, comme dans l'empire, à se constituer en républi- ques indépendantes, est beaucoup moins bien partagée. La chronique nous a été (1) Renseignement fourni par M"" G. Des Marez. 143 OLIVIER 144 conservée dans un manuscrit en papier écrit au xv* siècle, et appartenant au- jourd'hui à la bil)liothèque de la ville d'Ypres. Le titre de Merhwaerduje ge- beurtenissen lui a été donné par Lambin. Le manuscrit porte seulement comme entête : JHt es een boucxkin van den ylionen die t'Ypre in de wet r/hezijn he.hben sijdert dat men screef 't jaer M.CCC.LXFI. Dans son état actuel, la chronique s'étend de l'année 1377 à l'année 1443. Elle présente des lacunes pour les an- nées 1386 à 1391, 1393-1404 et 1415 à 1419. Lambin semble ne pas l'avoir publiée intégralement, car à la page 112, en note, il dit avoir passé quelques dé- tails qui lui ont seml)lc superflus, et rien ne nous garantit qu'il n'ait pas, ailleurs encore, pris de semblables libertés avec le texte. Celui-ci ne constitue pas à pro- prement parler une chronique urbaine, mais plutôt une chronique de Flandre entremêlée de particularités relatives à Ypres. Il n'est pas sûr qu'il soit tout entier l'œuvre d'un même auteur. A partir de l'année 1403, le style, en effet, se modifie et le récit devient beau- coup i)lus détaillé. L'auteur n'a pas écrit d'un seul jet. Il est visible qu'il a plus d'une fois laissé et repris son tra- vail. Il ne faut lui demander ni art ni rétiexions profondes. Mais, étant donné le petit nombre de chroniques flamandes que nous avons conservées de l'époque bourguignonne, son travail, rédigé avec une évidente bonne foi, est précieux pour nous comme représen- tant l'opinion de la haute bourgeoisie à l'époque de Jean sans Peur et de Phi- lippe le Bon. H. Pirenne. OLiYiRn nE GAND, sculpteur, tra- vaillait en Portugal, à Evora, en 1508. Outre l'encadrement du maître-autel, il sculpta, dans l'église de Saint-Fran- çois, les stalles du chœur et composa les lutrins et les grilles du cloitre. Henri Hymana. N. Hcyniiens, de l'Art en Portugal et de l'in- fluence de l'Ecole flamande dans ce pays (Bruxelles, 1851), p. 29. OI^IVIKIl DE Mi%IMT-A[VAMTi%8E. Voir De Ckock. OLIVIER (Antoine), dit de Bouzt, peintre et conspirateur, né à Mons en Hainaut, mort en Hollande, les armes à la main le 7 mai 1573. Où sont ses œuvres? On l'ignore absolument. Ce ne sera donc pas de l'artiste, mais du pa- triote que nous parlerons ici, son inter- vention dans les troubles des Pays-Bas au XVI® siècle ayant appelé sur lui l'attention de ses contemporains. Le général espagnol Bernardino de Men- doça le cite à plusieurs reprises dans ses Commentaires ; il lui donne même la qualification de « roi d'armes de Sa » Majesté », qu'il ne prit jamais et qui eût fait de lui un personnage. Il est certain toutefois, qu'Antoine Olivier était un bon cosmographe. La preuve en est qu'ayant offert au duc d'Albe quelques cartes routières de nos con- trées dressées par lui, il trouva moyen de s'insinuer dans ses bonnes grâces. Comme les despotes et leurs suppôts sont naturellement portés à croire à la bassesse et à la lâcheté humaines, le duc d'Albe chargea, en 1572, Olivier de se rendre à la cour de France pour y sur- veiller les agissements du comte Louis de Nassau et des seigneurs belges qui l'accompagnaient. Or, Olivier et les siens avaient embrassé de bonne heure la Réforme et entendaient lui rester fidèles dans la mauvaise comme dans la bonne fortune ; on le savait dans le camp orangiste; il fut, en conséquence, bien accueilli par le frère du Taciturne, et mis par lui en rapport avec l'amiral Coligny et d'autres chefs huguenots. La surprise de la ville de Mons, pré- parée par lui de longue main, fut alors décidée afin d'aider au soulèvement des provinces belges, très irritées par les cruautés, les injustices et les exactions du du(! d'Albe et de ses agents. Quand, après cela, on apprit en France que les Gueux venaient de s'emparer de la ville de La Brielle, on pressa l'expédition de Mons, afin d'appuyer ce coup d'audace d'un autre plus étonnant encore. Olivier était l'âme de cette entreprise, et, s'il se remuait beaucoup, il n'oubliait pas d'adresser au duc d'Albe des rapports où un subtil mélange de vrai et de faux 145 OLIVIER 146 I contribuait à endormir ses soupçons. Enfin, l'heure de l'action vint à sonner. Le 23 mai 15 72, le jour même où les gueux s'emparèrent de Valenciennes, Olivier fit entrer dans Mons trois cha- riots chargés d'armes et de munitions de guerre et s'assura de la porte de Bertaimont, par laquelle, le lendemain, dès le point du jour, le comte Louis de Nassau put faire son entrée. Aussitôt les cris de : • Ville gagnée, liberté au • peuple, mort aux Espagnols», appuyés de quelques coups de pistolet tirés en l'air, réveillèrent les bourgeois. Ceux- ci témoignent tout d'abord plus de sur- prise que de joie. Le comte Louis, décon- certé, se demandait s'il ne ferait pas mieux d'abandonner la partie, quand les chefs huguenots de Genlis et La Noue vinrent le rejoindre avec raille à douzt! cents soldats. On a rapporté ces faits de façons diverses. Ce qui paraît certain, quoi qu'en dise Boussu en son Histoire de la ville de Mons, c'est qu'il n'y eut ni résistance, ni désordre, ni violences. Le comte de Nassau présenta Olivier à ses officiers comme étant son conseiller principal et le fit assister, en cette qualité, à ses entrevues avec les magistrats de la cité. Au bout de quel- ques jours, cependant, il jugea à propos de l'envoyer en mission en France. Oli- vier fit ce voyage en compagnie du comte de Montgomraery et se rendit ensuite avec ce dernier en Angleterre. Le mas- sacre de la Saint-Barthélémy, qui rompit les mesures prises et les intrigues déjà nouées, l'obligea d'y demeurer. On le constitua prisonnier, en janvier 1573, pour complaire à l'ambassadeur d'Es- pagne, avec lequel on négociait un accord en vertu duquel tous les sujets des Pays-Bas qui auraient conspiré ou porté les armes contre leur souverain légitime devaient être expulsés pour le moins; mais on ne tarda pas à le rendre à la liberté. Comme à ce moment-là les nouvelles venues de Hollande étaient mauvaises, Olivier prit la résolution d'intervenir en Zélande, les armes à la main, afin de modifier l'aspect des clioses si faire se pouvait. Son ami, le comte de Montgommery, l'approuva et mit à sa disposition quelques-uns des bateaux qu'il l'avait aidé à trouver et à faire armer pour aller au secours de La Rochelle. Olivier s'embarqua avec le capitaine Ewout Worst, de Dordrecht, et bon nombre de bannis, tant flamands que wallons. L'expédition était à peine arrivée à bon port, que ses deux chefs furent reconnus et signalés au duc d'Albe, qui s'empressa, par un placard du 17 mars 1573, de promettre quatre mille carolus d'or à quiconque livrerait l'un d'eux vivant et la moitié de cette somme à celui qui les tuerait. Le capi- taine Worst mourut de maladie. Quant ?.u pauvre Olivier, il tomba, les armes à la main, le 7 mai 1573, ayant été jusque-là plus heureux sur mer que sur terre. Le comte de Noircarmes constata l'identité du défunt pour l'avoir autre- fois « beaucoup vu et fort bien connu ". Le soldat d'Amsterdam ([ui l'avait tué, reçut alors la prime de deux mille caro- lus, et les Espagnols s'emparèrent du corps d'Olivier, le coupèrent en mor- ceaux et détachèrent la tête pour aller la jeter aux bourgeois de Harlem, vou- lant dire sans doute par ce raffinement de barbarie que l'héroïque peintre mon- tois étant mort, ils n'avaient plus qu'à se rendre. Nous avons cru devoir insister sur l'intelligence, le dévouement et la rare énergie de notre personnage pour prou- ver à quel point se sont trompés ceux qui n'ont voulu voir en lui qu'un vil espion ou, comme s'exprime le duc d'Albe, " un homme très pernicieux et « pestiféré ». 11 avait été, d'ailleurs, en si bons termes avec bon nombre de grands personnages que la princesse Sabine de Bavière, la noble veuve du comte d'Egmont, lui écrivait, le 25 mai 1572, de Braine-le-Château, qu'elle avait invité sa femme à venir partager sa retraite pendant son absence, et qu'une fille d'Egmont correspondait, de son côté, avec lui, l'appelant son com- père. Sa femme et ses enfants l'avaient très probablement rejoint en Angleterre, puisque nous rencontrons le nom d'Oli- vier souvent mentionné, au xvie siècle, dans les registres de l'église wallonne 147 OLIVIER 448 de Southampton, ville d'où partirent, en mars 1573, pour la Zélande, les vaisseaux montés par Olivier et Worst. Charles Rablenbeek. J.-J. Altmeyer, Une Succursale du tribunal de sanq (Hruxclles, -1893), p. 144. — C. Piol, Cotres- pondnnce du cardinal de Granvelle, t. VI, p. 039- 6io, — Guillaume, Commentaires de Dernardino de 3/endofrt (Bruxelles, 1860-1863), t. I. p. 279; t. II, p. bl. — Gachard, Correspondance de Phi- lippe II, I. II. p. 2o9, 200, 3;i6, 3;;8. — Bulletin de la Commission royale d'histoire de Belqique, ire série, t. XVI, p. 107. — Boussii,//w■ 78. Gand, I.-S. Van Doosselaere, 1862; in-16, 48 p. — S. De familie Dykmans, drama in drie bedrjiten en vier tafereelen. Gand, Hoste, 1850 ; in-18, 77 p. — 9. Alexius onder den trap, blyspel met zang, in een bedryf, Bruxelles, "j. -H. Dehoii, 1853; in-18, 48 p. Paru dans la collection Vlaamsrhe Tooneeïbibliotheek, wr 16. — 10. De Ge- volgen der tooroordeelen , drama in twee bedryven en drie tafereelen met een voor- spel. Gand, H. Hoste, 1853; in-18, 62 p. — 11. Nog een Speler, drama in drie bedryven en tier tafereelen. Gand, F.-L. Dullé-Plus, 1854; in-12, 73 p. — 12. Een ticeegerecht onder Boudewyn Hapkin, lyrisch drama in vier bedryven. Gand, I.S. Van Doosselaere, 1855; in-18, 64 p. (En collaboration avec Destanberpc). Réédité dans la collection Bibliotheek van oorspronkelijhe iooneel- atukken,iu^ jaer, «r 8. Anvers, W. Mar- chand et Cie, 1867; in-16, 76 p. — 13. Lieten Bauwenu, ofde oorsprong der katoen-spinnery in België, tooneelspel met zang in drie bedryven. Gand, F.-L. Dullé-Plus, 1857; in-12, 64 p. — 14. Plechtige uitreiking van kleedingen aen de kinderen der utedelijke bewaer- nnholen van Gent, door den kring » De Zonder Naem, ni et zonder hert «, den 13 July 1857, in de voorzaal der Hoo- geschool. I}erinnering aan het feest. Suivi de Jan en Piet, eene toare gebeur- tenis. Gand, I.-S. Van Doosselaere, 1857; in-8'>, 8 p. — 15. De vierde Maert 1848, tooneelspel in éen bedryf, vertoond op den 1 Avgustus 1856 door de koninglyke maetschappy de Fontei- nisten, op het Minard's schouwburg ter gelegenheid van den 25teD verjaerdug van Koning Leopold's troonbekli^nming , ge- volgd door iwee alleenspraeken (ce sont les monologues De onteerde Moeder et De UitwykeJing). Gand, I.-S. Van Doosselaere, 1858; in-16, 45 p. Paru dans la collection Tooneeïbibliotheek, ive jaer, «r 44. — 16. De Bultenaer, drama in vyf bedryven , muziek van K. Mry. Gand, F.-L. Dullé-Plus, 1860; in-18, 75 p. — 17. De Boerenkermis, zangspel in éen bedryf, mvziek van He- meisoet. Gand, F.-L. Dullé-Plus, 1861; in-18, 21 p. — 18. Keus uit de tooveel- wer/îew. Eerste deel. 1. De kapitein van Waterloo. 2. De vlaemsche Lionne. 3. Nog een Speler. 4. De Gentsche kermis. Gand, I.-S. Van Doosselaere, 1860; in-18, 258 p. Tweeda deel. 1. Eu- gonet en Himbercourt. 2. De vierde Maert 1848. 3. Lodeicyk van Nevers. 4. Alexius onder den trap. 5. De gevol- gen der tooroordeelen. 6. Lieven Bau- wens. Gand, I.-S. Van Doosselaere, 1861; in-18. 264 p. — 19. De Krank- zinnige van Leiden, drama in drie bedry- ven en vier tafereelen met een voorspel. Gand, I.-S. Van Doosselaere, 1862; in-18, 90 p. Paru dans la collection Tooneeïbibliotheek , vue jaer, «''73. — 20. Julia van Schoonhoven, drama in vier bedryven, Anvers, L. de la Montagne, 1864; in-12, 68 p. — 21. Suzette, Vaudeville in éen bedrijf. Gand, l.-S. Van Doosselaere, 1864; in-80. — 22. Jaloerscheid , blijspel in éen bedrijf. An- vers, L. de la Âlontagne, 1865; in-18. — 23. Juffer Wantje, blijspel in éen bedrijf. Gand, F.-L. Dullé-Plus, 1865: in-16, 32 p. — 24. Suzette of het dub- bel Huwelijk, blijspel in éen bedrijf. An- vers, 1866. — 25. De schat van den Vrek, tooneelspel in twee bedrljven. An- vers, J. W. Marchand et C'ic, 1867; in-12, 48 p., paru dans la collection 173 ONDERMAERCK — ONGHENA 176 Bibliotheek van oorspronlcelyke tooneel- stukken. — 26. Naaisters Mestdar;, blij- spel met zang in éen bedrijf. Anvers, L. Legroset J. de Deken, 1867; in-4o, 8 p., paru dans la collection Vlaamsch toonee'reperiorium , w"" 4. — 21 . De dood eena Spelers, drama in éen bedrijf. An- vers, J.-W. Marchand, 1868; in-18, 28 p., paru dans la collection Biblio- theek van oorspronkelijke tooneehtuk- ken. K. Goemaiis. Frederiks et Vanden Branden, Bioqraphiscli woordenboek der Noord- en Zuidnederlandsche Letterkunde. — Jonckbloet, Geschiedenis der Ne- derlandsche letterkunde, herzien door Honigh, 4e éd.. t. VI, p. 326, 33i.— Patria Beltjica, t. III, p. 5ol2. —Ida von Dùringsfeld, Das geistige l.eben der Vlamingen, l. 111, p ;^!28. — Journal de Gand du 17 el lO août ISCS. — Bibliographie nationale. — Les œuvres d'Ondereet. ONDEniNAERCK {Jacques), compte parmi les sculpteurs gantois auxquels il fut fait appel pour travailler aux prépa- ratifs de la Joyeuse-Entrée des archi- ducs Albert et Isabelle à Gand, les 28 et 29 janvier 1600 ; il y fut occupé du 2 décembre 1599 au 2 février 1600. Il modela, entre autres, avec un confrère du nom de Jacques Vander Hoechstraete ou Haustrate, les statues allégoriques desquatre rivières qui traversent la ville : l'Escaut, la Lys, la Liève et la Moere ; chacune de ces statues fut payée onze livres de gros. Il modela aussi, avec le même Vander Hoechstraete, une statue de la Fortune, pour la même orne- mentation, ainsi que les armoiries de Philippe III, roi d'Espagne, faites en collaboration avec un sculpteur brugeois du nom de Mathieu Vander Haeghen. . Ondermaerck avait orné en 1591, l'église Saint-Michel, à Gand, d'un ta- bernacle pour le Saint-Sacrement. Cette œuvre, divisée en cinq étages, était surmontée des statues de l'archange Saint-Michel et du Christ. De gran- dioses proportions, elle était reliée à une clôture architecturale ornée de colonnes, de pilastres, d'arcades, de vases et d'au- tres sujets. Eilinoml Marclial. Kervyn de Volkaersbeke, les Enlises de Gand, t. II. OMGUENA [Charles), graveur et orfè- vre, fils de François et d'Isabelle Dierens, naquit à Gand le 6 juin 1806, et y mou- rut le 16 décembre 1886. Dès son en- fance, Onghena manifesta des disposi- tions spéciales pour la gravure. A peine âgé de douze ans, il se livra à \m premier essai. Cet essai fut suivi de plusieurs autres et d'études de différents genres. En 1822, il fit un médaillon représentant la tête de Cérès, d'après un dessin de F. Braemt ; puis un buste de buveur, d'après un tableau de Teniers; puis une jeune Transtévérine filant sa quenouille d'après P. Van Hanselaere ; enfin Eu- charis et Télémaque, d'après L. David. Deux années plus tard, il débuta dans le portrait par la tête de Napoléon I" et un buste de béguine. En 1824, la rédaction du Message^' des sciences et des arts lui confia à titre d'en- couragement, trois planches au trait. Le jeune artiste répondit si bien à l'attente que, dorénavant, on lui confia la repro- duction des tableaux, dessins et objets d'art destinés à figurer dans la revue, Charles Onghena resta jusque vers la fin de sa vie le collaborateur assidu de celle-ci, et lui fournit près de trois cent cinquante planches. En 1832, ayant pris part à l'exposi- tion triennale des beaux-arts, qui eut lieu à Gand, le jury lui décerna à l'una- nimité les premiers prix pour la gravure au trait et sur bois. Mais, à en juger d'a- près les rares occasions où nous voyons son nom figurer parmi les exposants, nous pouvons conclure qu'Onghena ne recherchait pas ce moyen de s'illustrer. Il préférait le travail d'atelier dans l'ou- bli et la solitude. Son œuvre est immense : elle com- prend au delà de mille planches de diffé- rents genres, mais surtout des repro- ductions de tableaux et objets d'art, médailles et monnaies; nous avons de lui également des fac-similés de chartes, de lettres, des cartes et des plans cadas- traux, des plans d'églises, et, dans un genre de dimension plus restreinte, des ex-libris, des formules, des factures, des quittances et même des cartes de visite. I I 477 ONGHENA 178 Charles Onghena collabora par ses gravures à un grand nombre d'ouvrages, dont voici les principaux : 1. Het dis- trikt van Sint-Nikolaes roorheen land van JTaes, door A. J. L. Vnnden Bogacrde. Saint-Nicolas, 1825; in 8» (10 plan- ches représentant entre autres la carte du pays de Waes, une copie d'un ta- bleau conservé -a l'Hôtel de ville de Saint-Nicolas, une vue de l'église de Lokeren, des antiquités.) — 2. De Lum- frici terrestris historia tiaturali nec non anatomia tradatus, par Ch. Morren. (îand, 1826; in-4° (32 planch. d'histoire naturelle). — 3. Zeldzaamheden verza- meld en uitgegeven doorJoan d' Huyvetter, Gand, 1S29; in-4o (32 planches, cru- ches-aiguières, verres de Venise, etc.). — 4. Verzameling van fraaie schriften, door F. Odeyu. Gand, 1829 (12 mo- dèles d'écriture). — 5. Annales de V école flamande, par A. Voisin. Gand, 1835; in-8°(l5 planches, copies de tableauxi. — 6. Le livre de Baudouin comte de l'iandre, par C. P. Serrure et A.V^oisin, Gand, 1836; in-4o (19 planch. sur bois). — 1 . Le livre du très chevalereux comte d^ Artois et de ia femme, fille au comte de Boulogne. Paris, 1837; in-4o (28 plan- ches encadrées d'arabesques). — 8. Es- quisses biographiques extraites des tablet- tes généalogiques de la maison de Goe- tJials, parl'Evêquede la Basse Moûturie. Paris, 1837;in-8o (Fan-simile de char- tes, pierres tombales, etc.). — 9. La Châsse de Sainte- Ursule, d'après J. Mem- ling, par O. Delepierre et A. Voisin. Bruxelles, 1S41 (panneaux et médail- lons de la châsse). — 10. Notice sur le cabinet monétaire de S. A. le prince de Ligne, par C. P. Serrure. Gand, 1847; in-S" (Le titre et trois planches de mon- naies). — 11. Les seize volumes in-8o des ouvrages historiques de M. J. Wolters, publiés de 1846 à 1855. — 12. Lissewegke, son église et son abbaye, par Léopold Van Hollebeke. Bruges, 1865; in-4o(vue de l'église). — 13. Re- cueil descriptif des antiquités et curiosités du xiiie au xixc siècle, formant la col- lection Minard. Gand, 1866 ; in-4° (42 planches au burin et un supplément sur bois), un des chefs-d'œuvre d'On- ghena. — 14. Les médailles historiques de Belgique, publiées sous les auspices de la Société royale de numismatique, Bruxelles, 1869-90; in-S» (48 planches de médailles). Charles Onghena était non moins ha- bile dessinateur que graveur. En 1826, il sortit premier d'un concours de des- sin d'après la figure antique. Ses des- sins aussi bien que ses gravures se distinguent par la sûreté du trait, l'élégance et surtout la fidélité de repro- duction que nous ne trouvons chez aucun contemporain. En 1828, il s'essaya dans un autre genre, la gravure à l'eau-forte. Il produisit cinq planches de grand for- mat : La révolte à Madrid, d'après un dessin de J. Madou, une Vue de Clea- ring Cross à Londres, le Palais du lord- maire, V Eglise N.-D. de Paris, et la Cathédrale de Milan ; mais ces essais n'ayant pas eu le succès attendu, il re- nonça à l'eau-forte. Grand amateur d'antiquités, Charles Onghena sut encore, <ù une époque où le goût de l'ancien était presque nul, réu- nir une collection de chefs-d'œuvre, qui excitait l'admiration des connais- seurs. Les objets les plus précieux de son cabinet furent, peu de temps avant sa mort, achetés, par l'entremise de mar- chands d'antiquités, pour quelques ri- ches amateurs parisiens. Le reste de cette collection fut vendu du 19 au 22 octobre 1885. C'est ainsi que le ^lusée de la ville de Gand s'est enrichi de plusieurs pièces intéressantes et que la bibliothèque de l'université est entrée en possession de ses dessins originaux et d'une collection complète de ses gra- vures. Onghena était membre de la commis- sion directrice du Musée d'antiquités de l'Etat. Hubert Coppieler». Cf. Messager des sciences historiques, ■1878, p. 333-37!2, article de M"" F. Vander Haeghen (sur la ire partie de la vie «l'Onghena). — Collection de ses œuvres, à la bibliothèque de Gand. OWGHEMA (Jean), poète flamand, chef de gueux, mort à Gand, le 2 août 1568. Nous n'avons guère de renseigne- ments sur lui avant la période des trou- 179 ONGHENA 480 blés des iconoclastes. Nous savons qu'il habitait à Gand près de la Turrepoorte, ou porte de la Tour, et qu'après avoir, pendant quelque temps, tenu une école, il s'adonna exclusivement à la poésie. Suivant le témoignage des chroniqueurs contemporains, il était le • fou » en titre d'une chambre de rhétorique gantoise, et il accompagnait également la confré- rie de Saint-Sébastien quand les tireurs à l'arc faisaient quelque sortie. Nous avons relevé le nom de Jean Onghena dans la liste des membres de la cham- bre de Marien theere, établie à l'église Saint-Jacques à Gand. Doué d'une bonne voix, il avait beaucoup de succès comme chanteur populaire. Mais il frondait volontiers l'Espagne etl'Eglise. Aussi eut-il plus d'une fois maille à par- tir avec les échevins. C'est ainsi, que le 16 novembre 1564, on lui interdit de composer aucune chanson, ou de réciter aucune chanson composée par un autre qui fût de nature à causer du scandale. Ayant, malgré cet avertissement, rimé une satire sur les couvents de Gand, où il mariait irrévérentieusement les reli- gieux et les religieuses, et où le doyen de Eenaix, le célèbre inquisiteur Pierre Titelmans, était mis en scène, il fut arrêté sur l'ordre de Titelmans et con- damné ; mais il obtint la remise de sa peine, grâce à l'intervention do quel- ques seigneurs qui aimaient ses chants et sa verve. Son frère, Liévin, après avoir guer- royé en Allemagne et daus le Levant, était revenu à Gand, où il était cor- royeur de son état. Dès les premières prédications protes- tantes à (iand, on voit Liévin et Jean Onghena à la tête des gueux. Ils vont à Deinze et en rentrant en ville, par la porte de Bruges, ils chantent et crient: rive les gueux! Le 1" août 1566, les deux frères se rendent, avec deux pas- teurs réformés et l'un des fils du comte deBatenburg, chez le président du Con- seil de Flandre, Jacques Martins, afin de lui demander un temple pour l'exer- cice du culte protestant. Lors du pillage des églises de Gand, le 22 août 1566, Jean Onghena est aux côtés de Liévin, qui dirige la bande des iconoclastes, et le nom des deux frères est attaché au souvenir de cette terrible journée où tant d'oeuvres d'art furent détruites. Il paraît cependant que Jean tenta de s'opposer à la destruction des orgues des Augustins et au sac du cel- lier des Dominicains. En vain: le peu- ple, excité, n'écoute pas sa voix. Après l'émeute, Liévin et Jean Onghena pren- nent la fuite et cherchent un refuge à Anvers. Dès le 30 août, le magistrat de Gand écrit au margrave d'Anvers pour lui demander de faire arrêter les deux frères; mais le margrave refuse de les livrer, de crainte de surexciter davan- tage les esprits et de causer des désor- dres. A partir de ce moment, on perd les traces de Liévin Onghena. Après l'entrée de la duchesse de Par- me à Anvers, Jean Onghena y fut arrêté le samedi 24 mai 15 67. Pour échapper aux poursuites, il s'était déguisé en matelot, mais il fut reconnu par un échevin gantois, Jean Damman. Etant en prison, Jean Onghena n'oublia pas la poésie et il rima notamment un refe- reyn, ou chanson, dont le texte parvint le 21 juin à Vaernewyck. Le conscien- cieux et pittoresque annaliste des trou- bles gantois l'analyse en détail : le poète y déplorait la diversité des croyances religieuses, et terminait en rappelant ses malheurs et en demandant à Dieu de veiller à son salut. La chanson était signée d'une devise, où le poète jouait sur la signification de son nom [ongenade veut dire en flamand défaveur) : Lie/de verwint onghena (l'amour triomphe de la défaveur). Ce n'est que plus d'une année après que Jean Onghena fut transféré à Gand ; il y entra le 31 juillet 1568 et fut con- duit à la prison du Chàtelet. Le jour suivant, il fut mené devant la chambre criminelle de la Keure, qui le con- damna à mort. Par un raffinement barbare, le greffier des échevins ne lui notifia l'arrêt que le soir, après avoir soupe joyeusement avec le condamné et quelques autres personnes. Ragaillardi par le vin, Onghena s'était mis à chan- ter, quand le greffier, Prysbier, le tirant 48i ONGHERS 482 brusquement à l'écart, lui nnnonça qu'il serait pendu le lendemain. Ong[hena pâ- lit, et revenant près des convives : • Assez bu », leur dit-il, » je dois mou- • rir demain. • Vaernewyck, qui nous a conservé cette anecdote, ajoute qu'on blâma fort la cruauté du g;refïier. Le 2 août 1568, le malheureux poète expia son és:arement ; il fut pendu au Marché- aux-Grains, vis-à-vis de sa prison. Il paraît avoir reo;retté sa conduite et avoir abjuré avant de mourir. Philippe van Campene assure qu'il mourut en bon catholique. Le fait est vraisemblable ; car, après le supplice, son corps fut mis en bière et porté au couvent des Carmes, où il fut inhumé dans le caveau de ses parents. Il est regrettable qu'aucune œuvre d'Onghena ne nous ait été conservée. Nous connaissons par Vaernewyck les trois pièces suivantes: 1. La chanson sur les couvents de Gand : Een referei/n van aile de cJoosters deser stede, voughende hy manière van huicelicke de monijclcen metten nonnen ofte religieusen . — 2. Une poésie, en forme de songe, dirigée con- tre les gens d'église ■■ Een rheiorijcJcelicke droom, ludende schimpich ofte spottich je- ff/ien die geestelicheyt ende dierglielijcke. Pour l'avoir récitée dans des tavernes, Liévin Vander Venne, » facteur « de la chambre de rhétorique Marien theere, à Gand, fut arrêté le 6 mars 15 67. — 3. Le rejeretjn composé en prison à An- vers. Mais les productions du chanson- nier populaire ont dû être bien plus nombreuses, et leur découverte serait des plus intéressantes pour l'histoire de la littérature néerlandaise du xvie siècle. Paul Bergnians. Les chroniqueurs gantois, notamment : B. de Jonglie, Gendsche geschiedenissen (Gand, s. d.), t. I. — Vlaemsche kronyk door Ph. de Kempe- naere, ovet-gezet door J.-P. va» Maie, uitgeqeven door Ph. B. [Blommaert] (Gand, -1839). — Î.-Fr. Willems, Delgisch Muséum, l. X (Gand, 1846), p. i:20. — Verslag van 't Manistraet van Cent (publ. des Bibliophiles flamands, 2e série, n» dl; Gand ;i8o0:), p. 41, 14s, 147-148. — Ph. Blom- maert, De nederduitsche schryvers van Gent (Gand, 18«1;, p. 108-109.— Annales de la Société d'émulation, t. XXI (Bruges, 18C9). p. 399. — Dngboek van Cornelis en Philip van Campene, uilg. door Fr. de Potier (Gand, 1870). — M. van Vaernewyck, Van die beroerlicke lijden in die Sederlanden, uitg. door F. Vander Hafghen (publ. des Bibliophiles flamand ; Gand. 1872-1881), pas- sim. — Messager des sciences historiques, 1890, p. 340-342 (notice de Pr. Ciaeys). — Verslagen en mededeelingen der koninklijke vlaamsche A ca- dcmie, 1891, p. 94. — Begistre des confrères de la Chambre de rhétorique Marien theere; manus- crit du xvie siècle, aux archives de l'église Saint- Jacques, à Gand, f» 16. ONGHERS {Jean) et non Ouqers, comme orthographie Parthey [Deutscher* Bildersaal), peintre d'orisrine flamande, né en 1651, mort en 1730, à Prague, où il s'était fixé en 1691. Nous n'avons pu découvrir s'il y a quelque lien de parenté entre Jean et Oswald Onghers (voir ci-après), lequel travailla à Wurz- bourg et à Bamberg. La concordance des noms et des circonstances tolère la supposition. D'où venait Onghers en arrivant à Prague? On l'ignore, mais il s'y acclimata au point d'être, en 1714, élu doyen de la corporation des peintres. Ses pages religieuses se rencontrent dans quantité d'églises de la Bohême ; elles nccusent une préférence marquée pour les fonds d'architecture, extrême- ment bien rendus. Coloriste médiocre, Onghers abuse des tons roux. La cathé- drale de Saint-Vit, à Prague, eut de lui, en 1719, un tableau d'autel, La glorifi- cation de Saint-Jean-Népomncèney toile commandée par l'évêque. M. Parthey renseigne de notre peintre deux tableaux appartenant à la galerie Millier von Nordegg, à Prague même, sujets de genre peu développés. Le musée de la Bohême ne possède aucune production de son pinceau. Onghers mourut âgé de septante-neuf ans. Son souvenir s'est totalement perdu dans son pays d'origine. Meni'i Hymans. Dlabacz, Allgemeincs historisches Kïtnstler Lexikon fur Bôhmen {4813). t. 1, p. 409-440. — Parthey, Deutscher Bildersaal. owGUERS iOsivald), peintre, né à Malines en 1628, mort à Wiirzliourg (Allemagne), le 27 décembre 1706. On relève ses traces en Ravicre dès l'an- née 165;-), date sous laquelle Jacques Sandrart grava d'après lui un poi trait de l'Electeur de Mayence, Jean-Philippe de Schonborn, également évêque de Wurzbourg. Onghers se fixa dans cette ^83 ONGNIES 184 dernière ville en 1660, selon les histo- riens locaux, obtint le titre de peintre de la cour épiscopale et le droit de bour- geoisie en 1667. Maniant le pinceau avec une facilité extrême, il amassa de grands biens et vécut dans l'opulence. Wurzbourg conserve de lui un nombre considérable de productions, entre les- quelles on cite particulièrement V As- somption de la Fierge , décorant le maître-autel de l'église du chapitre de Haug, toile qui lui fut payée trois mille trois cent vingt-neuf florins, et quatre scènes de la Passion , dans le chœur de la même église. Dans la cathédrale, V Assomption et la Purification ; le Christ au Jardin des Olives ; le Christ dans le Prétoire ; la Pentecôte ; le Martyre de Sainl-Kilian. A Bamberg, il peignit le portrait de l'évêque Philippe Valentin, reproduit en gravure par Sandrart, et nombre de toiles pour les églises. On- ghers est également représenté dans la galerie de Schleissheim. Ses œuvres se ressentent de l'influence de Rubens. En- traîné par sa grande facilité, il fut iné- gal; mais les auteurs sont d'accord pour lui assigner une place très honorable parmi les artistes du temps. Henri Hymans. C. Becker, Deutsches Kunstblatt, dSol, p. 414. — Niedermeyer, Kmistgeschichte der stadt Wirz- burg (i86t)), p. SCI. — Allgemeine deutsche Bio- graphie, t. XXIV (1887), noiice de W. Schniidt. oNGiwiES [Anne-François, comte de Merode et d'), écrivain, né à Douai vers 1610, mort après 1665. La date certaine de sa naissance ne nous est pas connue, pas plus que l'année et le lieu oij il mourut. 11 appartenait à la branche de Merode-Frentzen. Richard de Me- rode, baron de Frentzen, qui eut une querelle célèbre avec don Rodrigue de Bénavidès était son grand-père (voir la notice Richard de Merode, dans le tome XIV). Son père s'appelait Richard également; sa mère, Hélène de Mont- morency. Il est connu par des mémoires datés de 1665 et intitulés: Mémoires du comte d'Ontj/nies, opuscule d'une centaine de pages, devenu très rare, que le baron de Reifl'enbcrg a réédité en 1840 dans le n" 9 des publications de la Société des Bibliophiles de Mons. On les confond souvent avec les Mémoires du comte de Merode, qui leur sont postérieurs de quelques années (1674-1732), et qui ont été publiés à Bruxelles, en 1840 également, par les soins du comte Henri de Merode (voir la biographie du feld- maréchal Eugène de Merode, dans le tome XIV). Ces mémoires furent écrits à Ongnies, en Artois, • dans le séjour des champs, » pour se désennuyer d'une profonde « mélancolie », et dédiés au marquis de Castel-Rodrigo, qui fut ministre des Pays-Bas pour le roi d'Espagne, Char- les II, de 1664 à 1668. L'auteur, qui les signe « comte de Merode et d'On- gnies « , les présente comme une sorte de mémoire justificatif où il expose les contrariétés, comme il dit, qu'il a essuyées en voulant servir le roi, sous les yeux de ses ministres, dans les em- plois qu'il a occupés. C'est la relation, assez terne et assez banale, de la vie et des menus faits d'un homme qui ne fut mêlé que de très loin, et dans un rôle fort modeste, aux événe- ments de son temps, n'ayant pas eu » assez de fortune et de bonheur pour y « être employé », ainsi qu'il s'en excuse lui-même. La forme ne brille ni par la correction, ni par l'élégance ; le récit est très relâché et coupé à tout instant de réflexions ou de propos en mauvais espagnol ou en mauvais itahen. L'œuvre enfin paraît conçue sans plan métho- dique et écrite au hasard des souvenirs ou de l'inspiration. Quant au fond, à l'exception des dé- tails de famille, il ne révèle guère que deux faits généraux, qui méritent de fixer l'attention des historiens : la déplo- rable ineptie du gouvernement et des gouverneurs de l'époque, et l'état per- manent de suspicion, pour ne pas dire d'ostracisme, dans lequel l'administra- tion espagnole tenait les Belges, qu'elle écartait systématiquement des emplois pour les réserver aux étrangers. Le comte d'Ongnies écrit quelque part que son père fut par intérim gouverneur de Cambrai et du Cambrésis, » chose nou- 185 ONGNIES 486 • velle pour un Flamand, et jamais • accordée à un du pays qu'à lui seul • . De même, on lit dans l'avertissement qui sert de préambule aux Mémoires : • Il nous manque généralement à tous • de ce pays de l'emploi, pour être la • plupart d'icelui destiné, dévolu et » conféré aux étrangers. Aussi ne pou- • vant savoir que par moi-même, ni ré- » pondre que de ce qu'il m'est arrivé, • et à quoi j'ai été employé (qui n'a été • presque rien), il n'est donc point • étrange que ces Mémoires ne grossis- • sent et ne contiennent que mes fortu- ■ nés particulières ». Et plus loin, dans l'avant-propos, on relève ce tableau de la cour de BruxeUes au xvii'' siècle, bien digne de faire pitié, même si l'on fait la part de la mauvaise humeur, bien légi- time, qui a inspiré l'écrivain. » J'en • connais qui n'ont su on voulu garan- • tir leur père, mère, frère, tante et • soeur, d'aucune oppression ou d'acci- • dents qui leur sont arrivés. D'autres, • qui se détruisant volontairement eux- • mêmes, ont profité généreusement de • tous ces désordres. D'autres, qui ne » sachant ce qu'ils font, ce qu'ils sont, • ni de quoi ils se trouvent capables, • s'ingèrent néanmoins en toutes choses » dont ils font particulière profession. • Il en est de ceux qui, à peine gentils- • hommes, ne se contentant point d'être • faits princes, comtes et marquis, y • voudraient encore ajouter des gouver- • nements de province, des clefs dorées • et des Toisons d'or. Bref, c'est la • vraie cour du roi Pétant que la nôtre, » oii chacun veut être le maître ». Au demeurant, le comte d'Ongnies n'en avait pas moins un tour d'esprit et des façons cavalières qui sentaient son geutilhorame. Témoin ce passage où, ayant l'occasion de citer Molière et d'in- voquer son exemple, il se hâte de faire aussitôt observer qu'il n'y a nulle com- paraison entre un homme comme lui et • ce comédien » . Laissons-le au surplus se mettre en scène. Il commence par s'étendre lon- guement et à plaisir sur » l'origine, l'antiquité et la noblesse » de sa maison, qu'il fait remonter à une de ces familles patriciennes venues, au temps de l'em- pereur Trajan, de Rome à Cologne, » comme en fait foi», dit-il, » la chroni- » que de la dite ville • . Lui-même naquit à Douai • le jour et l'année », écrit-il, • qu'il plaira à ma bonne cousine d'Isin- » ghien de vouloir nommer, pour me • charger de quelques années de plus » . Son père, que » deux vies en Espagne » avaient fait nommer chevalier et com- - mandeur de Calatrava, le fit, à peinesorti de l'enfance, admettre dans cet ordre. Le jeune comte se trouvait à Courtrai, pour apprendre le flamand, quand son père mourut, tué en 1 622 devant Bergen- op-Zoom. 11 vint alors à Bruxelles, avec son frère, pour servir de minime ou d'enfant d'honneur à l'infante Isabelle et acheva ses études au collège des Jé- suites. Il reçut l'épée des mains du duc de Neul)ourg, au nom de l'infante. Après avoir terminé sa philosophie à Pont-à-Mousson, il se mit à voyager sous la conduite d'un gouverneur fran- çais nommé Bienville, qui avait fait éga- lement l'éducation des jeunes ducs de La Rochefoucault. Il traversa Paris, Lyon, Grenoble et le Mont Cenis pour se rendre en Italie, à Turin, Milan, Parme, Florence et Rome, d'où il revint, après une excursion à Naples, par An- cône, Padoue, Venise, Vérone, Trente, le Tyrol, la Suisse, l'Alsace et la Lor- raine, accueilli partout avec distinction, grâce aux lettres de recommandation de l'archiduchesse Isabelle dont il était I porteur. Son oncle et tuteur, le seigneur d'Es- taives, depuis prince de Robecque, vou- lut qu'il achevât ses études à Paris à l'académie de Poitrincour, où il eut une querelle, se battit et » fut fouetté d'im- portance, comme je le méritais «, écrit- il. Malgré les marques récentes des étrivières, il fut alors question de le marier; en conséquence, il fut rappelé à Bruxelles. Mais le projet n'ayant pas eu de suite, il obtint, en lfi29, d'entrer à l'armée et fit ses premières armes de- vant Bois-le-Duc. On le • mit de cama- » rade », comme on disait alors, avec le prince de Barbançon, c'est-à-dire dans son régiment. 187 ONGNIES 188 11 continua de servir sous les gouver- nements successifs du marquis d'Aytona, du cardinal-infant, de Francisco de Mello, du marquis de Castel-Kodrigo, de l'archiduc Léopold et de don Juan. Aucun de ces gouverneurs ne lui accorda de fonctions importantes. A l'issue d'une campagne, son oncle, le prince de Ro- becque, ayant été envoyé en ambassade à Madrid, il le suivit en Espagne. Quand il en revint, il eut à soutenir contre sa cousine d'Isinghien un procès concernant la succession du vicomte d'Esclay, leur cousin germain à tous deux, qui leur avait laissé la terre de Frentzen. Ce procès se plaida d'abord à Dusseldorf, durant plus d'une année; puis il fut porté en appel devant la cour aulique à Vienne, où le comte fut obligé d'aller le soutenir. Il s'y lia avec l'ambassadeur espagnol Castaneda qui, dit il, » ne laissa de recommander mon * procès, que je gagnai ». A son retour, en 1640, il reçut du cardinal-infant, au siège d'Arias, une compagnie de quarante hommes d'ar- mes. Le comte de Mello, qui gouverna ensuite, le fit capitaine de trois cents hommes pour garder » la rivière « que l'on faisait depuis Douai jusqu'à Pont- à-Vendin. Les Français, conduits par le maréchal de Guébriant, ayant franchi le llhin à Wesel, il fut dépêché en mission auprès des princes allemands du Rhin, le duc de Neubourg, l'électeur de Colo- gne et le duc de Bavière, pour les déter- miner à se joindre à l'Espagne contre la France. Il échoua complètement, les trois princes ayant déclaré vouloir per- sister dans leur neutralité. A Francisco de Mello succéda le mar- quis de Castel-Rodrigo, père de celui à qui le comte d'Ongnies dédie ses mé- moires. Castel-Rodrigo le fit maître de camp d'un » terce » wallon, c'est-à-dire d'un régiment, puis le réforma. L'archiduc Léopold fut ensuite appelé au gouvernement. Ce fut, au jugement du comte d'Ongnies, le plus nul des gouverneurs des Pays-Bas, incapable de commander ni de se faire obéir, « n'étant » bon que pour le cloître ou pour le col- « loge ".Quoique protégé par ses oncles. jésuites très influents, « dont l'archiduc weirdige Moeder der Relifjieusen Pénitente n gezeid Capu- cinerssen. Gand, 1717, 1721. Ed. Beet'kiii:iii. Paquot, Mémoires, i.W\, p. 327. — Blommaert, î\ederduijtsclie schnjrers van Gent, p. 317. — F. Vander Haeghen, Uiblioqraphie gantoise, pas- siin. S09 OONSEL 210 oo^'fliEL {Guillaume %'Ai>), dit aussi OoNSELius, prédicateur et écrivain ecclé- siastique, né à Anvers, le 9 août 1571, mort à Gand, le 3 septembre lfi30. Parti tout jeune pour l'Espagne afin d'étudier la philosophie, Van Oonsel, de retour dans son pays natal, entra dans l'ordre des dominicains et prononça ses vœux au couvent de Gand, le 29 mars 1593. T)e là il se rendit au cou- vent de Louvain et y suivit les cours de théologie, science que bientôt lui-même enseigna à Anvers, jusqu'en 1613, avec le titre de bachelier. Promu licencié, puis docteur, il remplit successivement la charge de sous-prieur au couvent de Maestricht et celle de prieur aux cou- vents de Gand et de Bruges (1617), pour devenir enfin définiteur de pro- vince. En cette dernière qualité, on signale sa présence à Termondeen 1630. De retour à Gand, il y mourut subite- ment au moment où il s'agenouillait de- vant le prieur du couvent pour obtenir sa bénédiction. Les diverses charges que remplit Van Oonsel ne l'empêchèrent pas de s'adonner, avec autant de zèle que (le talent et de succès, au ministère de la prédication qu'il exerça pendant une longue suite d'années. Il écrivit en outre de nombreux ouvrages dont nous donnons la nomenclature d'après Paquot: 1. Claris cellarii dii'ina et humanœ sapi- entice, ad conciones fnrmandas fer totum annum. Audore Rmo P. F. Michaelc Irancisci, Insuleftsi, ordinis 'prœdicato- rum, episcopo Salubriensi . A R. P. F. Guil. Oonselio, ab injinitis mendis resti- tuta et tribus indicibus adornata. An- vers, 1613, in-12. Dédié à Ophoven ou Ophovins, alors provincial des domi- nicains et plus tard archevêque de Bois- le-Duc, cet ouvrage fut réimprimé à Gand ,en 1627, sous le titre : Aureum mortis cellarivm sive de arte moriendi adcentuale et quadragesimaJe. C'est à tort que Van Oonsel attribue ce guide de morale à Michel Franchois ou François. ■ — 2. Paradisus concionum, olim ser- mones sensati dictus, complectens omttem doctrinam praedicabileni super Epistolas et Evangelia totius anni. Anvers, 1613; in-12. — 3. Consolatorium anima Jiinc migrantis, id est, brevis ac succincta me' thodus visitandi ac consolandi cegrotos, maxime circa horam mortis, qva agoni- zantes dihponuntur ad pie fideliterque nioriendum. Gand, C. Vander Meeren, 1617; in-12. — 4. Pratum fioridissimum concicnum de tempère, editum olim aprce- stantissimo Theologo, Hvgone de Pralo fiorido, Ordinis F. F. Prcedicatornm : ab imiumeris mendis et taediosis abbreviatio- nibiis restitulum, adjectis ad singulas con- ciones summariis quibus unico intuitu concionis materia coram exhibe tur . An- vers, 1617; in-12. C'est l'édition la plus complète et la plus commode des serm.ons du dominicain toscan Hugues de Prato. — 5. Encîiiridion conrionato- rnm ex Roseto aureo F. Silvesii Prieratis, Ord. Praedic. Anvers, G. van Wols- schaten, 1619; in-12. — 6. Tuba Dei, siresummff veritatis vox monitoria. Gam] , J. Dooms, 1629; in-8o. — 7. Si/n- taxis instructissima, ad expedilam verbi Dei tractationem, ex variis concept ibtis sacrœ scripturre ordine alpluibetico con- cinnata. Anvers, 1622, 1624 et 1627. Une quatrième édition fut publiée à Paris en 1665 ; le même ouvrage fut encore réimprimé à Paris en 1682. — 8. OJficiria sacra Biblica locupletis- sima, in duas partes divisa; in qua signi- jicata Litteralia, Etymologica, Doctri- tialia, Moralia, Mystica et Allegorica prœcipuarum dictionum totius sacrce Scrip- turae, ordine alpkabetico digesta, nna cum Exemplis historicis, erplicantur. Douai, B. Bellère, 1624; in-12. — 9. Per- spectiva christianne nobilitatis, qua vera Imago virtutis ac probitatis et umbella vanitatis glorio" mnndanee, in propria forma et ad vivum perspicitur. Anvers, Jcr. Verdussen, 1626; in-S^. Texte la- tin, français, flamand et espagnol. — 10. Hieroglyphica sacra, id est, rerum sacrarum et divinœ sapientirp arcanornm sacrœ notœ. Anvers, Guill. de Tongres, 1627; in-12 . — 11. Concionum moralium brève et succinctum compendium, in quo seusus moralis et litteralis Erangeliorum Dominicaruni. totius anni et feriatum Q.uadragesimœ explicantur. Accedunt me- ditationes XI in Evangelia quatuor anni temporum. Anvers, 1630; in-12. — 211 OORLOFT — OORTELMANS 212 12. Victorie ende triumphe van de Bruydt Christi, d' apostolische catholijcke roomsche Kercke. Gand, J, Vanden Kerchove, 1625; in-12. — 13. Petit livre de prières, tiré des soliloques intérieurs avec Dieu, qui se trouvent dans V Ecriture Sainte (en flamand). Gand, J. Vanden Kerchove, 1626; in-12. Van Oonsel a encore écrit un grand nombre de ser- mons dont le recueil manuscrit est con- servé au couvent des dominicains à Gand. Il avait également préparé une nouvelle édition du traité du dominicain Jean de Tambaco ou de Dambach, inti- tulé : De Consolatione Theolv(jiœ. Ed. Beeckmaii. PaquoI, Mémoires, t. X, p. dO^. — Quélif et Echard, Scriptorcs ordinis piœdicatonim, t. II, p. ^j6o. — l'iron, Levensbescliryiing van UeUjie, p. 284. OORLOFT {J oseph-Philippe) , peintre miniaturiste, né à Bruxelles, le 12 fé- vrier 1793, mort dans la même ville, le 8 février 1861. Elève de l'Académie des beaux-arts de sa ville natale, il adopta comme genre la miniature, alors très en vogue, et qui lui permit de se signaler avec quelque succès. Ses portraits se rencontrent assez fréquemment dans les familles ; ils se distinguent par leur précision et passent pour avoir été d'une parfaite ressemblance. Oorloft prit part à presque tous les salons de Bruxelles, à dater de 1824, toujours comme minia- turiste, indiquant rarement les noms de ses modèles. En 1845, il exposa le por- trait du fameux nain Stratton, mieux connu sous le nom de « général Tom Pouce ». En 1860, il essaya d'un pro- cédé nouveau, la peinture sur papier- ivoire, que la mort ne lui permit pas d'exploiter. Henri Hymans. Livrets des salons belges. — Archives de l'état civil de IJruxelIes. OORHCUOT {Henri I»'), ou d'Oih- sciioï, historien du xv« siècle. Voir Hen'ki de Merica. oonT (Les va!\), peintres. Voir No()kt(van). ooRTELiMAMS {Adrien) ou Wortel- MANS, fils du suivant, s'adonna à la peinture. C'est à ce titre qu'on le trouve déjà renseigné en 15 85 sur les listes de membres de la gilde Saint-Luc. Quelques années plus tard, en 1594, il recevait dans son atelier un jeune élève, nommé Godefroid Vermeulen. Adrien Wortelnians avait également une bou- tique dans laquelle il vendait tous les accessoires nécessaires aux peintres, car, dans son testament, il lègue à un de ses fils, de fjerietschappe dienende iotlen schil- ders winchele by hem testateur achterte- laten . 11 avait épousé CatlierineVermeeren, avec laquelle il habitait une maison appelée de Crnone et située en face de l'église Saint-André à Anvers, au coin de la rue du même nom. Il testa avec sa femme, le 7 mars 1623, ajoutant un codicille à ses volontés dernières, le 26 septembre 1624. Il mourut en 1626. Il avait eu huit enfants. Roch qui le pré- céda dans la tombe, Philippe, Guillaume né en 1602, .\nne, femme de Mathieu W'illenhout, Marie qui épousa Gaspard Verschulden , Catherine , épouse de Charles Couchet, Elisabeth et Fran- çoise. Son fils aîné avait eu de Madeleine Janssens, sa femme, trois enfants : Henri, Jean-Baptiste et Anna Wortel- mans. En procédant en 1626 au règle- ment des comptes de tutelle de ces orphelins qui avaient eu pour tuteur leur grand père , on procéda à la vente de leurs biens meubles , et enti'autres d'un petit tableau peint sur- cuivre par Paul Bril pendant son séjour à Rome et représentant un paysage. Sans doute l'artiste, au cours de son voyage , avait envoyé cette œuvre d'art à son professeur, Damien Wortelraans et c'est ainsi qu'elle était devenue la propriété de ses arrière- petits - enfants. Le tableau que l'in- ventaire décrit : Een cleyn slnaeken sclùlderye van Pavwels Prit tôt Roomen, îcesende een lantschapkeu op copere plaet, fut vendu pour vingt-quatre florins et ([uinze sous. Kernaiid Uonnct. 213 OORTELMANS — OOST 214 BOUT t:i.^ .*.%!>> (Damien) ou Wortel- MANS, père d'Adrien Oortelmans, pein- tre, et de Cornélie Huybrechts, petit tils de Gauthier Oortelmans et de A^jathe Vernieeren, naquit à Anvers dans la paroisse Saint- André, au Rivage, dans une maison qui portait pour enseigne Zeelant. Jeune encore, il voulut mettre en pratique les exemples artistiques qu'il avait reçusau foyer paternel, et, en 1534, il se fit inscrire dans la gilde Saint-Luc comme apprenti du peintre Jean Zielens. Quelques années plus tard, en 1545, il fut reçu franc maître de la même corpora- tion. Cet artiste s'occupait spécialement de la peinture des couvercles de clave- cins. On sait qu'Anvers était le siège à cette époque d'une importante industrie artistique et que plusieurs luthiers cé- lèbres fabriquaient des clavecins dont la renommée était grande. Ces instruments de musique étaient ornés de peintures exécutées par des artistes en renom et constituaient ainsi des œuvres d'art fort luxueuses. W'ortelmans travailla surtout pour les Ruckers, et ce sont ces relations qui lui valurent le privilège d'être le parrain d'André Ruckers, fils de Jean Ruckers le Vieux, facteur de clavecins de grande réputation. Damien Wortelmans eut plusieurs élèves, notamment Quentin Jansen qu'il reçut en 1577, et surtout Paul Bril.qui fit son apprentissage dans l'atelier du maître en peignant des couvercles de cla- vecins. Les auteurs lui donnent aussi pourélève le peintre G-uillaume van Herp, mais nous croyons que c'est une erreur, le jeune artiste n'ayant été reçu comme apprenti dans la gilde Saint-Luc qu'eu 1625. Or, à cette date Damien Wortel- mans devait évidemment être mort et nous supposons que c'est plutôt dans l'atelier d'Adrien Wortelmans que Van Herp s'initia aux principes de la peinture. Damien Wortelmans épousa en 1551 dans la paroisse Sainte-Walburge à An- vers, Elisabeth Verryen ou Verryt, fille d'Adrien Verryen. Fernand Oonnel. Rombouts eiVanLerius, De Ligrieren der Siute Lucas nilde. — Sirel. Dictionnaire des peintres. — Vanden Branden, Geschiedenis der Antwerp- sche schildcrschoot. — Max Rooses, Geschiedenis der Antwerjïsche schilderschool . — Mois, Artistes painands peintres (manuscrit). — Archives com- munales d'Anvers -. Schepenbrieven . wcer.ka- mrrs. minutes du notaire De Witle. — Registres de l'élat civil, etc. oo»T (Dominique- Joseph), peintre, fils de Jacques le Jeune (voir ce nom) et de Marie Bourgeois, né à Lille le 8 août 1677, décédé dans la même ville le 30 septembre 1738. Le musée de sa ville natale possède de lui un portrait du jurisconsulte Paton, signe D. J. Fan Oost; c'est une peinture médiocre. Cer- taines églises de Lille possèdent de ses pages religieuses. Marié deux fois, il eut de nombreux enfants qui perpétuè- rent son nom dans le chef-lieu de la Flandre française, mais ne suivirent point la profession paternelle. Henri nyiiiaiis. L. Quarré Revbourbon, Les peintres Van Oost à Li7/e (Paris, 1898; in-8o). oo!«T (François vam), fils d'Tsaac van Oost et frère du peintre du uièine nom, naquit à Anvers. Il s'adonna à la peinture, s'appliquant spécialement à reproduire des paysages qu'il animait de petites figures dans le genre de celles qu'exécutait Brueghel de Velours. Son talent dut être fort apprécié par ses con- temporains, car un grand nombre d'élèves se firent inscrire dans son ate- lier pour y apprendre les éléments artis- tiques. Ce furent notamment Jean Ca- vel et Jean-Baptiste Wans, que les registres de la gilde Saint-Luc rensei- gnent pendant l'exercice 1640-1641, et François La Roy en 1654-165 5. Il mourut en 1679 ou 1680. Il ne faut pas que cet artiste soit confondu avec François van Oost, qui s'adonna égale- ment à la peinture et fit son apprentis- sage à Anvers, en 1694-1695 dans l'atelier d'Alexandre van Bredael. Fernand Donnut. Liggeren der Sint Lncasqilde. — Sirot, Dic- tionnaire des peintres. — Vanden Branden, Ge- schiedenis der Antwerpsche schilderschool, etc. OOST (Guillaume VAiw), peintre, fils de Jacques le Vieux, sixième des enfants issus de son mariage avec Marie de Tol- lenaere, né à Bruges, le 8 mars 1651, OOST 216 mort dans la même ville, le 31 août 1686. Guillaume van Oost entra comme frère- lai aux Dominicains, à Bruges, y prit l'habit le 1 6 novembre 1 67 3 et fit sa pro- fession l'année suivante, le 21 novembre. L'unique peinture qu'on puisse ap- précier de lui est au musée de Bruges, Exécutée en collaboration avec Luc Achtschellinck, elle représente une fo- rêt, peinte par ce dernier. A l'avant- plan, Guillaume van Oost a introduit une figure de Saint-Dominique, un livre à la main; des anges planent au dessus de sa tête. L'œuvre est d'exé- cution facile et agréable. Elle mesure deux mètres quarante cinq centimètres de hauteur, sur un mètre nonante-six de large. Elle provient de l'église des Dominicains où le peintre fut inhumé auprès de plusieurs des siens. Henri Hymans. W.-H.-J. Weale, Bnujes et ses environs [\%V6), p. 81. — Id., Cataloqne du musée de l'Académie de Bruges [i&Gi), p. fe. OOHT {Jacques w A^) , dit leVieux, pein- tre, né à Bruges, vers 1600, mort dans la même ville, en 1671. Il fut inscrit à la gilde brugeoise des peintres, en 1619, comme élève de son frère François, mort en 1625 et reçu franc-maître en 1621. Les biographes assurent qu'il se forma principalement par la copie des œuvres de Rubens et de Van Dyck, surtout du dernier. Il eut peut-être l'occasion de connaître Van Dyck en Italie où, durant un long séjour, il se livra d'une manière persistante à l'étude des productions d'.\nnibal Carrache. De retour à Bru- ges, il y fut, à diverses reprises, choisi par ses confrères pour exercer les fonc- tions de doyen ou de gouverneur de la gilde de Saint-Luc. On a peu de ren- seignements sur sa vie. J.-li. Descamps consacre des pages élogieuses à l'énu- mération de ses peintures, mais ne nous procure sur les faits de son existence que de très sommaires données. Les églises, les hospices, les couvents et les musées de Bruges sont peuplés de créa- tions de son pinceau; on ne peut les apprécier que favorablement. Dans le portrait, sans aller jus(ju'à le comparer à Van Dyck, on ne saurait disconvenir que, dans ses images féminines, parti- culièrement celles des filles dévotes, les- quelles formèrent une partie considé- rable de sa clientèle, tant par le style que par le coloris, il évoque le souve- nir de l'illustre maître anversois. Bien que certaines galeries importantes : le Louvre, la Galerie impériale de Vienne, celle de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, la Galerie Nationale, à Londres, les mu- sées de Bruxelles, de Lille et de Nancy, livrent à notre étude un certain nombre de pages de Van Oost, c'est à Bruges qu'il faut le juger. Chabert lui donne une place dans sa Galerie des peintres, et observe combien sa réputation mériterait d'être plus étendue. « Admirable pour le « clair-obscur, des draperies bien jetées, " des attitudes nobles, des accessoires » ingénieux et simples, voilà », dit cet auteur, « ce qui distingue en général les » productions de Van Oost » . Le couvent de Saint-Trond, à Bruges, où une des filles du peintre avait fait profession, et où lui-même reçut la sépulture, fut de sa part l'objet d'une décoration remarqua- ble, décrite par Descamps et dans la- quelle l'inrtuence de l'école italienne se faisait particulièrement sentir:» un beau " portique, à l'entrée d'un temple qui Il commence depuis le bas jusqu'en haut; Il l'entablement est soutenu par quatre Il colonnes de marbre blanc, le reste de Il l'architecture est de marbre blanc et » noir, avec des ornements d'or; les pro- ./ fils et les formos de cette architecture Il sont admirables. L'entrée du temple " est masquée par un rideau noir qu'un Il jeune homme ouvre (ce jeune homme « est le fils de Van Oost). Ce rideau « entr'ouvert fait voir le dedans de ce « bel édifice, dans lequel est représenté » le St-Esprit qui descend sur la Vierge " et sur les apôtres. La grande lumière n que produisent les rayons du ciel, " soutenus par les oppositions des mar- II bres du portique, en rend les effets « surprenants. Au bas se trouvent cinq » marches pour monter, sur lesquelles Il on voit quatre apôtres qui sont surpris Il de ce qui se passe en dedans : un " d'eux monte les marches avec précipi- " tation et se soutient à la première co- I m OOST — OOSTEN 218 • lonne. Sur les marches le peintre a . cherché à interrompre les formes froi- • des et rée;ulières ; ici c'est un livre • entr'ouvert, l» sont des papiers ou • manuscrits. Ce morceau trompe tous » les jours les artistes mêmes. Van Oost • s'est peint sous la forme d'un des apô- • très qui sont sur le pas de l'entrée; • la perspective y est aussi bien obser- • vee que l'harmonie de la couleur ; il • peignit ce grand tableau l'année que • sa tille fit profession en 1658 ». Le même auteur cite parmi les œuvres principales de Van Oost, une assemblée des magistrats de Fraufe, jugeant un criminel. Cette page était datée de 1 (în9 ; nous ignorons ce qu'elle est devenue. Edelinck a gravé d'après J. Van Oost le portrait de Remy du Laury, seit>neur de Waufercée ; Corn, Van Caukercken, un Saint-Augustin recevant Je feu sacré; HoUar, le portrait du célèbre voyageur Vincent de Stochove (1650) ; P. de Bruyne, une intéressante image de Jack Hall, fameux danseur de corde. Lui- même a gravé à l'eau-forte une tête de Saint-Jean, reproduisant les traits de Hans Memling, à en juger par une ins- cription qu'on croit de sa main, sur l'unique épreuve connue de ce morceau, appartenant à la collection impériale de Vienne. Marié deux fois, Jacques van Oost eut de sa seconde union quatre filles et deux fils, Jacques et (ïuillaume, peintres l'un et l'autre. Ilpnri llymaiis. Jean-Baptiste Descamps, la Fie des peintres flamands et hollandais, t. II, p. M. — W.-H.-J. Weale, Catalogue du musée de l'Académie de Bruges. — 1(1., Bruges et ses environs. oo««T (Jacques Vax), dit le Jeune, peintre, troisième des enfants issus du mariage de Jacques (voir ci-dessus) avec Marie de lollenaere, né à Bruges le 11 février 1639, mort dans la même ville en 1713. Elève de son père, il poursui- vit ses études à Paris et à Rome. Re- venu à Bruges il y exécuta diverses pein- tures pour les églises. N.-D. de la Po- terie conserve de son pinceau une lilé- ration de la Croix (1666); l'église de Notre - Dame une Sainte Marguerite (1667); la cathédrale de Saint-Sauveur Saint -Hubert recevant Vétole des mains de la Vierge (1668); le musée des hospices le Portrait d'Antoine Danneels daté de 1669. C'est peu après que l'artiste prit la résolution de s'expatrier. On assure que se trouvant isolé à Bruges, il au- rait songé à se fixer à Paris. Le motif plus probable de sa résolution a été cherché dans la difficulté de se produire à côté de son père, dans un même ordre de travaux. Quoiqu'il en soit, le jeune artiste prit le chemin de la France, s'arrêta à Lille, y trouva faveur et s'y maria le 9 janvier L670, prenant pour épouse une Lilloise, Marie Bourgeois. Sa vogue y fut constante, à la fois comme portraitiste et comme peintre de sujets religieux. La plupart des églises de Lille eurent de ses toiles ; plusieurs ont passé au musée. Sur deux de ces der- nières nous relevons les dates de 1688 et 1693. Sur un portrait d'homme au musée de Bruges le millésime 1697. Atteint de nostalgie après vingt-sept ans de séjour à Lille, sa femme étant décédée (19 jan- vier 1697), Jacques van Oost reprit le chemin du lieu natal. Il y mourut le 29 septembre 1713. Sa dépouille repose aux Dominicains. Le musée possède de lui un portrait d'homme. » La manière de Van Oost le Jeune « approche de celle de son père » , dit Des- camps. Il II est cependant plus pâteux » et sa touche est plus franche; il drapait " de grande manière ; ses compositions « ne sont pas abondantes, mais réflé- » chies ; ses figures sont correctes et ex- II pressives; son trait de dessin tient de Il la grande école ; sa couleur est bonne Il et produit de beaux effets ». Jacques van Oost eut un fils, peintre de peu de valeur. Henri Hynians. Mêmes sources que pour Jacques van Oost le vieux. — L. Quarré Reybourbon, Les peintres Van Oost à Lille (Paris, i898). oo por- trait en plâtre du professeur Kluyskens à l'âge de cinquante ans, « ovale eu " forme de médaillon avec ornements et Il figures " (ibid., 1844). Enfin {'Inven- taire archéolofjique de Gand (fasc. XI, fiche 108) signale, comme l'œuvre de Van Ophem, l'aigle surmontant la pompe qui se trouve sur la place du Sablon, dans cette ville (1810). Toutes ces productions ont peut-être constitué des travaux estimables pour leur temps mais non, à notre avis, d'un mérite supérieur. Edmond Marchai. opueh [Michel vaw), médecin, pro- fesseur, né à Louvain, vivait dan» la première moitié du xviie siècle. Il fit ses études à l'université de sa ville na- tale, où il reçut en 1618, le bonnet de docteur en médecine. Il y devint profes- seur d'anatomie et de chirurgie, puis succéda, en 1631, àThomasde Fiennes, comme professeur ordinaire de médecine théorique. En 1624, il fut recteur de l'université. Il appartenait à une famille noble du Brabant, dont un autre membre, Jean van Ophem, fut un mé- decin distingué de la fin du xviie siècle, également à Louvain. Paul DergmaiiH. Valère Andi-é, Fasii «caf/enijcj (Louvain, i6îJ0), p. 47 el li'JI. — Annales de l'académie d\irchéo- loijie de Belgique, t. 1 {Anvers, d8G3), p. 70-71. OPHEM {Michel vai«), frère-mineur, vivait à Bruxelles dans la seconde moitié du xvii" siècle, et appartenait proba- blement à la famille de son homonyme, dont la notice précède. Il a laissé deux manuels de dévotion dont voici les titres : 1 . Mnnunle devotionis ad S. Anto- nium de Padua in quatuor partes distri- bntum ; nddita methodo actiones diurnas pie in Deum referendi, ac testamento ves- pertino... per fratrem minorem Recollée- tum Conventus Bruxellensis . Bruxelles, P. Vande Velde, 16S7; in-24, av. grav. — 2. Mnnuale seu viaticum Franscisca- num ad se die noctuque in pietate exercen- dum: non tantum religioso Francisrano, ve?'um etiam. cuilibet ecclesiastico vira, spiritualem profectum des\d4 et s. OPBCYN [Gaspard). Voir Ofhuts. opiTEB {Chrétien de), écrivain ecclésiastique, vivait dans la seconde moitié du xve siècle. Paquot croit, mais sans apporter aucune preuve à l'appui de sa conjecture, que son véritable nom était d'Opliuter, et qu'il était originaire du village brabançon de ce nom. Les seuls renseignements que nous possé- dons sur ce personnage sont ceux que nous fournissent Quétif et ]']chard. Chré- tien de Opiter, d'après eux, était entré dans l'ordre des Frères prêcheurs, au couvent de Maestricht, où il passa son existence, et où on conservait de lui quelques petits manuscrits que Quétif vit, reliés en un volume, à la fin du xviie siècle, et qu'il décrit de la ma- nière suivante : 1 . Expositio ceremonia- rum missce spiritualis et myslica (13 p.). — 2. Tractatus de materia ecclesiastici interdicti. Daté à la fin : 1451 (19 p.). — 3. Tractatus de matet'ia eucharisties (16 p.). — 4. Historia seu miraculum Guidonis de Corvo in civitate Alcstensi, qufE Buiona jam dicitur. Daté à la fin: 1452. Dans la souscription, l'auteur se nomme Chrétien de Oputer (28 p.). Peut-être les œuvres de Chrétien de Opiter pourront-elles se retrouver un jour; en tout cas, les recherches faites sur ce personnage n'ont abouti à aucun résultat. Paul Bergmans. J. Quétif et J. l5chard, Scriptores ordinis Prœ- dicatornm recensiii (Paris, 1710-1721), I. I, col. 810. — Paquot, mémoires pout sertira l'his- toire littéraire des Pays-Bas (Louvain, 1703-1770), t. \, p. 111-113. — A.-J.Vander Aa, Biographisch woordenboek der ISederlanden, t. \III (Haarlem, 1868;, p. 182. OPPELT {Gustave- Louis), littérateur, né à Bruxelles, le 15 avril 1817, décédé en la même ville, le 15 novembre 1888. Il débuta comme employé dans une mai- son de commerce ; il travailla ensuite dans l'atelier du peintre Lauters. Entré en 1836, en qualité d'expéditionnaire, au ministère des finances, il y gravit les divers degrés de la hiérarchie administra- tive jusqu'au grade de sous-directeur, bibliothécaire. 11 occupait en même temps les fonctions d'archiviste du sy- node et du consistoire évangélique et celles d'historiographe de la cour de Saxe-Cobourg-Gotha. Il était décoré de la croix du mérite de la branche Ernes- tine de Saxe, de l'ordre du Medjidié, de la croix civique de première classe de Belgique, chevalier de l'ordre de Léo- pold et de la Légion d'honneur. Tout jeune, Oppelt aima les lettres et leur donna ses loisirs. Le théâtre l'atti- rait surtout. Il a laissé un très grand nombre de pièces : Z'y/ccorrfe'ow, comédie- vaudeville en deux actes, musique de 231 OPPELT 232 Fauconnier (1838) ; La Muette d' An- tibes, drame en deux actes, d'après un roman de Cîuénot (1839) ; Le Barigel, ■opéra-comique en un acte, en collabora- tion avec A. De Peellaert, musique de ce dernier, imité des Brigands sans le savoir, de Scribe (Théâtre de la Mon- naie, 1842); Zes Joyaux de la reine, drame en cinq actes, tiré d'un roman de Gonzalès et Muléri (Thécitre du Parc et Théâtre de la Monnaie, 1849)j Le docteur Wespe, comédie en cinq actes, traduite de l'allemand, en collaboration avecLavry (Théâtre desGaleries, 1851). Cette pièce a été publiée, dans le bulle- tin de la Société des gens de lettres belges sous le titre de Dieu le veut ; Une bague, comédie ; A course de plume, co- médie en un acte, imitée de l'allemand (Théâtre du Parc, 1877); Trois magots, comédie en un acte ; Mademoiselle d' Jlbe, trois actes ; Mûrie de Hongrie, un acte ; La marquise de Fillette, comé- die ; Le Scamandre, un acte, en collabo- ration avec Jouy ; Casildu la bohémienne, grand opéra en quatre actes, traduit de l'allemand, musique du duc Ernest de Saxe-Cobourg-Gotha (Théâtre de la Monnaie, 1852) ; Diane de Solatiges, musique du même ; Sainte-Claire, grand opéra en trois actes, traduit de l'alle- mand, musique du même (Opéra de Pa- ris, 1855); Stradella, grand opéra en trois actes, traduit de l'allemand en col- laboration avec Iloyer, musique de Flo- tow (Théâtre de la Monnaie, 1859); Martlia, Indra et le meunier de Merun, musique du même ; Henriette d' Entra- gués, grand opéra en cinq actes, poème adapté à la partition italienne d7/ giu- rumento de Mercadante (Théâtre de la Monnaie, 1847); Les Normands à Paris, grand opéra en cincj actes, traduit de l'italien, musi([ue du mêsne; Les Capu- lels et les Montaigus, grand opéra en quatre actes, traduit de l'italien, musi- que de liellini (Théâtre royal de Gand, 1 8 15) ; Béatrice di Tenda ti La Straniera , musique du même; Le Furieux de Vile Saint-Domingue, graïul opéra eu trois actes, traduit de l'italien, niusi([ue de Donizctti (Théâtre de la Monnaie, 18-14); Gemma di Vergg, Don Sebastien et Le Tasse, musique du même ; Les T^ombards et NabucJiodonosor, traduits de l'italien, musique de Verdi ; Le Moine, opéra de genre, en un acte, musique de Willent- Bordogni (Théâtre de la Monnaie, 1844); L' Abîme de la Maladetta, opéra en trois actes, musique de Deprez (Théâtre de la Monnaie, 1851), représenté au théâtre lyrique de Paris en 1852, sous le nom de Joanita ,- Emilia Galotti, grand opéra en quatre actes, en collabo- ration avec Plugelmann, musique de Chiaromonte (1862). Il a aussi adapté des paroles françaises aux Stabat mater de Pergolèse, d'Haydn et de Kossini, au Tantum ergo de ce dernier, au Mise- rere de Donizetti et à Faust, ode sym- phonique de Litolff. Le principal mérite d'Oppelt est la fécondité. De ses nombreux ouvrages écrits pour la .scène, il en est bien peu d'ailleurs dont le fond lui appartienne et, loin de chercher à se défendre de l'esprit d'imitation, il le confesse ingénu- ment dans plusieurs de ses préfaces. Il ne revendique d'autre part dans la composition de ses pièces que celle du plan et de l'invention d'incidents, que l'action réclame comme éléments essen- tiels. A la liste, bien fournie déjà, de ses co- médies et de ses opéras, il faut ajouter celle de ses œuvres historiques et scien- tifiques : Annales historiques du moyen âge ; Cours d'histoire générale du moyen âge; Histoire générale et chronologique de la Belgique de 1830 à 1800; Relation historique des solennités nationales qui ont eu lieu en Belgique d/el853fll856; Gale- rie historique, généalogique et biogra- phique des souverains européens ou origi- naires de l'Europe, actuellement régnants (1860-1865), ouvrage dans lequel l'éloge nous paraît trop souvent décerné au dé- triment de la justice; Leduc de Gotha et son peuple, traduit de l'allemand ; Léopold 11, chef de V Etat indépendant du Corigo; Notre siècle, revue biogra- phique internationale; Album monu- mental, historique et descriptif des pa- lais, châteaux et abbayes de Belgique; Musée industriel et commercial; Traité général de comptabilité commerciale, Ilis- 233 OPRODE - OPSTAL lU toire âe la banque nationale Se Belgique (f^lSSO à 1865. A. Pilers. Bibliographie nationale. — Faber, Histoire du théâtre français en Belgique. — Potvin, Du théâtre en Belgique. — Dupont, Bépertoire dra- matique belge. — Archives du niinislèrc des finances. OPRODE {Joachim vik.% ou ab) écrivain ecclésiastique, né, selon toute vraisemblance, à Anvers, vers 1 5 1 5 , mort àUtrecht,le2 juillet 1576. Il fit sa phi^ losophie à l'université de Louvain, et fut admis à faire partie de son conseil, le 28 mars 1542. Appelé, dix ans plus tard, à desservir la cure de Saint-André à Anvers, il alla s'établir en cette ville, où il remplit, jusqu'en 1559, les fonc- tions sacerdotales qu'on lui avait con- fiées. Il passa ensuite à Utrecht, pour y prendre la direction spirituelle de la pa- roisse de Xotre-Dame-la-Petite ; quittant son nouveau poste en ]5 63, il fut sacré évéque d'Hébron et devint sutfragant de Frédéric Schenck de Tautenburch, lui- même évêque puis archevêque d'Utrecht. Ce prélat, qui le tenait en très haute estime, lui conféra une prébende de sa métropole, l'engagea à se faire recevoir docteur en théologie à l'université de Louvain, ce qui arriva le 25 juin 1571, et en fit son vicaire général, le 7 sep- tembre de la même année. Joachim van Oprode se distingua au- tant par sa vertu que par son zèle pour la religion catholique. Il fut inhumé dans l'église métropolitaine de Saint-Martin d'Utrecht, où son tombeau se voit encore aujourd'hui. Il nous a laissé sous le titre de : Cate- ckismus oft die somme Ser chrixteUjcJcer onderwijsin(/he int corte met vraghen ende antv:oorden, une traduction flamande du livre de Pierre Canisius, intitulé Summa doctrince christiav œ per quastiones tradita et in usum pueriiice édita, traduction qu'il fit à la demande du roi Philippe II d'Espagne, et dans laquelle il a inséré un certain nombre d'explication? ou de petits suppléments de sa façon. Il paraît d'après l'édit de Philippe II, portant la date du 16 décembre 1557, que l'on trouve au commencement de cet ouvrage imprimé pour la première fois en 1558, à Louvain, chez Martin Verhasselt, qu'avant la publication, aux Pays-Bas, des catéchismes réformés, on n'y avait encore mis entre les mains des enfants, aucun catéchisme ou abrégé de la reli- gion catholique, et que la traduction de celui du Père Canisius, est le premier dont on s'y soit servi. Outre le premier catéchisme flamand. Van Oprode aurait encore écrit plu- sieurs petits traités de piété demeurés manuscrits. Frùd. Alvin. Valére André, Fasii, p. 42^2. — Foppens, Bihl. belgica, l. I, p. So8. — PaquoI, Mémoires, t. XVI, p. iVi. — Vander Aa, Biographisch woordenboek. OPSTAE. {Antoine vax), peintre de l'école flamande, qui vécut au xviie siè- cle. D'après Kraram, cet artiste n'est connu que par l'inscription : Anthonius Van Opstal B?'!/.reUensi8, pictor iconvm, que l'on trouve sur un portrait de lui gravé, d'après Antoine van Dyck, par Nicolas de Helt-Stokade. Siret confirme cette assertion tout en attribuant la gravure à Jean Meyssens, qui avait été l'élève de Van Opstal. Suivant le même auteur. Van Opstal se rendit en Alle- magne, où il fut pendant trois ans au service de Charles, archiduc d'Autriche, évêque de Ereslau, résidant à Neuss. En 1626, sur la recommandation de l'archiduc-archevêque, ilfut agréé comme peintre de l'archiduchesse Isabelle, gou- vernante des Pays-Ras et séjourna en cette qualité à Bruxelles. Quant aux œuvres qui portent la signature de Van Opstal, sans addition de prénom, il est assez malaisé de dire si l'on peut les attribuer à Antoine ou à Gaspard-Jacques (le vieux et le jeune) ou à Gérard. Ed. Beeckman. Kramm, Hollatidsche en vlaamscbe hioisie- naars, l. V, p. -1224. — Siret, Dictiomxiive des peintres, t. II, p. Wi. 0PSTi%i. {Augustin vam), écrivain flamand, fut prieur de l'abbaye d'Aftli- ghem et édita l'ouvrage : Historié ende mirakelen van Onse L.-V. van fFaver. Bruxelles, 1665 ; in-S». Piroii cite en outre comme étant de lui : De Arche des Verbonds van het Nieuio Testament of 235 OPSTAL 236 Triomph-wagen van de Kasse van Neder- icaver. L. Gocmans. Vander Aa, Biographisch woordenbnek. — Pi- ron, Algemeene levensbeschrijviug der mannen en vrouwen van België. oPf^TAii {Gaspard-Jacques vam), peintre de portraits et d'histoire du xvii-xviiie siècle, naquità Anvers et fut baptisé à l'église Saint-Georges, le 2 juillet 1654. Il était le fils naturel de Jeanne Robatto et de Gaspard-Jacques van Opstal, peintre dont les Lujgeren de la corporation de Saint-Luc nous apprennent qu'il fut reçu comme apprenti chez Simon de Vos en 1632- 1633 et comme maître en 1644-1645, mais dont nous ne savons rien de plus, si ce n'estque, le 23 juin 1 661, il épousa la mère de son fils et légitima celui-ci. Gaspard-Jacques le jeune étudia fort probablement son art dans l'atelier de son père, et fut reçu maître-peintre en 1676-1677. Il eut une grande réputa- tion comme professeur et, de l'année 168làl717, les Liggeren àQ Saint-Luc mentionnent les noms de trente-cinq élèves qui se placèrent sous sa direction. En 1698-1699, il se racheta de la charge de doyen de la corporation de Saint-Luc et paya de ce chef trois cents florins; ce qui dénote une situation de fortune florissante. Il s'engagea en outre à peindre gratuitement le portrait du chef-homme de la corporation Charles- Nicolas van Hove. Le 27 février 1681, il épousa Anne-Marie llofmans, dont il n'eut pas d'enfants. 11 mourut au com- mencement de 1717 et fut enterré le 12 janvier de cette année. . Van Opstal peignit le portrait et les tableaux religieux. Le musée d'Anvers possède de lui le portrait du secrétaire de la ville André-Eugène van Valcke- nisse, daté de 1699; celui de Jean- Charles-Nicolas van Hove, et celui de Mme Verbiest. Dans l'église Saint-Charles Borroraée de la même ville se trouve de lui une Sainte Famille entourée d'anges, signée et datée de 1693. Dans l'oglise Notre-Dame de Termonde, Saint-Michel terrassant le Dmon ; au musée de Darm- stadt, une Sainte Famille avec Saint-Jean et l'enfant Jésus auquel des anges amè- nent un agneau, daté de 1692 ; le cata- logue du musée de Marseille lui attribue sans motifs sérieux une généalogie du prince d'Orange. J.-B. Descamps mentionne de lui un grand tableau représentant les Quatre Pères de V Eglise et ornant la cathédrale de Saint-Omer. Le même auteur rap- porte qu'en 1704, notre peintre fut chargé, par le Maréchal de Villeroy, de faire une copie de la Descente de Croix, de Rubens, qui se trouve dans la cathé- drale d'Anvers. Le tableau de Darmstadt est l'œuvre la plus remarquable que nous connais- sions de lui. C'est une espèce de tableau de genre, aux figures gracieuses, aux cou- leurs chaudes et claires. Les personnages principaux ressortent bien sur un fond de paysage d'un gris sombre. Il y a une recherche évidente des eftets de clair- obscur ; l'influence des grands maîtres de la première moitié du xviie siècle se fait encore sentir, mais elle est mitigée par le désir de plaire, par une certaine co- quetterie dans les figures, leurs poses et leurs couleurs. Le tableau qui se trouve dans la cha- pelle de la Vierge à l'église Saint-Char- les Borromée à Anvers, se distingue par les mêmes qualités. Le Saint-Michel de Termonde est une composition aux poses hardies, aux lu- mières vives, contrastant avec des om- bres fortes. Le portrait de Van Valckenisse, au musée d'Anvers, est d'une tonalité brune roussâtre, d'où émergent de rares taches claires; l'expression de la figure est fort rébarbative, l'ensemble absolument dé- plaisant. Le portrait de Mme Verbiest du même musée appartient aux hospices civils d'Anvers; il est d'une tonalité lu- mineuse et fort supérieure au précédent. Celui de Van Hove est éloigné des salles d'exposition et relégué au magasin. Van Opstal dessina trois planches pour le Pindus Gharitatis de Î\-D. de Sevin (Anvers, 1675-1 700); une vignette en tête du livre II, gravée par P. Bouttats ; une planche en tètedu livre XI, représen- tant Joseph I écrasant lesmonstreseigruvée 237 OPSTAL 238 parHnrrewyn; une autre au livre XIII, gravée par le même ei représentant la Belgique pleurant la mort de Marie- An- toinette d' Autriche , duchesse de Bavière. Max Kooies. Liqqeren de la corporation de St-Luc. — Théod. van Lerius, Catalogue du Musée d'Ativers. — F.-J'>s. Vanden Branden, Geschiedenis der ant- werptche schilderschoul. OP!«T.4i. {Gérard vax), certaine- ment l'un (les plus remarquables ivoi- riers belges du xviie siècle, et qui, d'après l'ouvraore : Les noms des peintres les plus célèbres, (1679, Bibl. nationale à Paris, p. 390 A) • ... estoit.. particu- • lièrement estimé pour les bas reliefs » . Êtait-il Anversois ou Bruxellois, c'est ce qui n'a pu encore être déterminé. Le billet suivant de faire part de l'annonce de son décès à Paris, le dit né en 1597 : • Vous estes prié d'assister au couvoy, service et enterrement de def- funt Monsieur Van Opstal, vivant sculpteur ordinaire du Roy et l'un des quatre Recteurs en son Académie Royale de peinture et de sculpture ; décédé en sa maison, rue delà Chaize, proche les Petites-Maisons, qui se fera jeudy, deuxième jour d'aoust 1668, à dix heures précices du matin en l'église de Saint-Sulpice, sa Paroisse, où il sera inhumé ; auquel les Dames se trouveront s'il leur plaist. — Un De Projondis. — De la part de l'Aca- démie. — Mort le V août 1668, âgé de 77 ans ! • Tandis que, selon A. Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire (Paris, 1867), il aurait étéâgé d'environ 64 ans lors de son décès ! D'après les Liggeren de la gilde de Saint-Luc à Anvers, Van Opstal y fut admis en qualité de franc-maître en 1635-1636. 11 fut élève à Anvers de Jean van Mildert dont il épousa la fille, Elisabeth. En outre, Antony ou Antoine Leffen, sculpteur, figure comme son apprenti dans le • Compte et justifica- • tion tant des recettes que des dépenses • faites par Jacques Spaeingaerts », comme doyen de la gilde de Saint-Luc et de la Fioliere (Gho^ét) , commençant le 18 septembre 1641 et finissant le 18 septembre 1642. D'autre part, Gérard van Opstal, quali- fié de bourgeois, avait été reçu en qualité d'apprenti chez Nicolas Diodone le 30 novembre 1621 selon le registre d'admission du métier des Quatre cou- ronnés à Bruxelles, qui se trouve aux archives générales du Royaume. Cette antériorité de date déciderait peut-être en faveur de Bruxelles comme son lieu de naissance (1), opinion qu'admettent déjà deux auteurs anciens qui ont lon- guement parlé de cet artiste : Florent Le Comte dans son Cabinet des singularités d'architecture, etc., et Félibien, dans ses Entretiens sur la vie des peintres, etc. Baert, seul, s'appuyant sur Guérin : Des- cription deV Académie des arts de peinture (Paris, 1715), le fait naître à Anvers. Le 5 juin 1 645, sa femme lui donnait un fils qui fut baptisé à l'église Saint- Roch. 11 habitait donc déjà à Paris, où l'avait appelé le cardinal de Richelieu, lequel le recommanda à François Sublet de Noyers, trésorier général de Frau(;e, et général des finances à Rouen. On assure que Van Opstal travailla d'abord au Louvre et aux Tuileries d'après des modèles de Sarrazin. Il exé- cuta ensuite de nombreuses composi- tions dessinées par lui-même, à l'hôtel Carnavalet, bâti par Androuet du Cer- ceau, dans l'ancienne rue Culture Sainte- Catherine au Marais, actuellement Musée municipal; chez le fermier général Jacques Berdier au château de Raincy, ainsi qu'à son hôtel qui se trouvait place Royale ; à la Salpétrière, au Jardin des Plantes, à la Grotte du château de Versailles, au Palais Royal, au couvent des religieuses de l'Assomption de la rue Saint-Honoré, au château de Maisons, (1) Dans les Liggeren de la gilde de St-Luc, à Anvers, figurent aussi : Abraham van Opstal, sans qualification de métier : Recette des dettes mor- tuaires des comptes et justifications fûtes par Pierre van Breekevelt, doyen : 1670-1071. Barthélemi van Opstal, admis comme apprenti sculpteur en -I6'il--1G4!2. Gaspard-Jacques van Opstal (I), peintre, franc- mail re en lOiUftiîi. Gaspard-Jacques van Opstal (H), aussi peintre, né a Anvers, oii il fui baptisé le 2 juillet i6oi, et enterré en janvier 4717. Il avait été admis franc-mailre en 1C7G-1C77. Son atelier dut jouir d'une certaine notoriété, car plus de trente de ses apprentis furent reçus dans la gilde, de 1G81 a 1717 (voir plus haut). 239 OPSTAL 240 à l'église des Incurables, dans l'hôtel Lambert (toute la sculpture décorative, dit Jal) à diverses maisons de l'île Notre- Dame (île Saint-Louis), à la porte Saint- Antoine eu 1660, etc., etc. Guillet de Saint-Georges, dans ses Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de V Académie royale de peinture et de scul- pture (t. 1er, p. 18 0), a donné une longue énumération de ses travaux. A cette lecture, dit M' Courajod {Le cabinet his- torique, xxe année, p. 10), on se prend à regretter de ne pas voir recueilli par le Louvre un seul spécimen du talent d'un artiste qui a tant travaillé pour Paris ! Guillet de Saint-Georges ajoute : Ce n'est pas seulement dans les cabinets particuliers qu'on voit de sa main des ouvrages digne d'estime; on en trouve aussi, d'une distinction particulière au cabinet du Roi, dans l'ancien hôtel de Grammont. On y voit... dix-sept bas-re- liefs en marbre, de différentes grandeurs, sur divers sujets, entre lesquels il y en a un qui représente les trois Grâces cou- ronnées par de petits amours, La plus grande partie des autres représentent des enlèvements de Nymphes par des Tritons ou par des Centaures. On y voit aussi quatre bas-reliefsd'ivoireappliqués chacun sur un fond de velours noir, représentant différents sujets, et neuf groupes de figures d'ivoire; quelques uns de ces groupes sont isolés et les autres en bas-reliefs, tout cela sur divers sujets. On a tiré de ce cabinet deux bas- reliefs en marbre qu'on a portés à Ver- sailles et posés sur des devants de che- minée de l'appartement de la Reine. — « Que peuvent bien être devenus ", se demande M. Courajod, " les marbres du u cabinet de dessin du Roi que Guillet Il de Saint-Georges et Caylus ont vus et » maniés? « Le catalogue des objets appartenant à la Nation et qui existaient dans la galerie des dessins du Louvre, invento- riés le 26 septembre 1792, renferme de Van Opstal, la mention des objets sui- vants : Deuxième armoire basse du côté du quai : — Bas-relief : La Sainte-Fa- mille, no 4. — Autre Sainte Famille, n° b. — Centaures enlevant des nym- phes, no 6. — Triton enlevant des naïades, no 7. — Même sujet, no 8. — Troisième armoire basse du côté du quai: — Triton enlevant des naïades, n» 9. — Un triton, une nymphe et un amour, no 10. — Les trois Grâces liées par des amours, n° 11. — Les trois Grâces cou- ronnées par des amours, n° 12. — Un satyre et trois enfants tenant une chèvre, n** 13. — Petits amours conduisant un chien (il y a une cassure de huit pouces delongà l'angle supérieur), no 14. — Deux enfants tenant, l'un une palme et l'autre un arc, n» 15. — Une femme qui trait une chèvre, n" 16. — Petits amours dont l'un tient une couronne, no 17. — Deux enfants qui luttent et deux qui se baissent, no 18. — Quatre enfants qui s'arrachent un arc, n° 19. — La Vierge et l'Enfant Jésus, n» 20. — Quatrième armoire basse ; — Terres cuites. — Quatrième armoire du pre- mier; — Ivoires et bas-reliefs: Les deux premières tablettes. — Une femme liée par des satyres, n® 1. — Un petit faune et trois enfants enlacés de pam- pre et une chèvre, no 2. — Deux Cen- taures dont l'un enlève une nymphe, no 3. — Un Triton et une naïade accom- pagnés de deux dauphins, no 4. — Groupes en demi bosse: Groupe d'enfants sur velours noir, n^ 5. — Idem., n° 6. — Idem., n" 7. — Un homme et une femme qui s'embrassent accompagnés d'amours ronde bosse, n° 8. — Satyre portant Sylène, accompagnés de Bac- chantes, bas-relief, ivoire, n° 9. — Enlèvement de femmes accompagnées d'amours, ivoire, n° 10. — Plusieurs enfants se tenant par les mains, ivoire, no 11. — Des enfants se tenant par les mains, idem, no 12. — Idem, n" 13. — Des enfants se tenant par les mains, bas-relief, ivoire, n° 14. — Enfants, l'un monté sur une chèvre et l'autre sur un aigle, idem, n° 15. — Enfant jouant avec un dauphin, idem, n° 16. — Qua- trième armoire supérieure, troisième tablette ; — Un crucifix sur une croix d'ébène, n° 1. — Bas -relief, un enfant conduisant une chèvre, n° 2. — Bacchus Ui OPSTAL Uî posé sur un tonneau , soutenu par deux en- fanta, a" S. — Semblable bas-relief, n" 4. — Peux amours qui luttent et deux qui se baissent, n«> 5. — Deux amours qui se battent, une chèvre grou- pée avec eux, no 6; lesquels objets sont provisoirement restés sous la garde du sieur Vincent, etc., etc. Tous ces objets ont été mis depuis au Louvre. • Que • sont-ils devenus • , comme le disait plus haut M' Courajod ? D'après Jal pré- cité, le Louvre garde cinq petits ou- vrages en ivoire, d'un assez haut relief, d'un style (|ui rappelle celui de Rubeiis, et d'une exécution tout à la fois ferme, large et délicate. Ils semblent ajoute-t-il, qu'ilsaient été faits par Van Opstal pour une cassette revêtue d'un velours sur lequel ces morceaux très jolis auraient pu être appliqués. Jal écrivait ceci en 1867. Quant aux autres œuvres de Van Opstal, nous connaissons de lui quatre bas-reliefs eu marbre, exécutés sur des dessins de Rubens et qui furent gravés par Van Kessel ; ils représentent le Triomphe de Galathée, une Sirène entre les bras d'un Triton, une Nymphe accompagnée d'un Dieu marin et un Faune assis au bord d'un rocher, ayant à ses côtés deux enfants qui tiennent un bélier par le cou; pour le président Thorigny, dont l'hôtel fut acquis en 18 42 par le prince Czartoryski : un bas-relief représentant Hercule étouf- fant le lion de Numidie, vainqueur de l'hydre de Lerne, apportant vivant le sanglier d'Erymanthe à Euristhée, arrêtant la biche aux cornes d'or du Mont Ménacle, domptant le taureau qui désolait la Crète, punissant Diomède qui nourissaitses chevaux de chair humaine, tuant le dragon qui gardait les pommes d'or du jardin des Hespérides, enchaî- nant le chien Cerbère, et, enfin, se repo- sant de ses travaux. La porte Saint-An- toine à Paris, démolie en 1778, avait été ornée par Van Opstal en 1666, d'un grand buste de Louis XIV, placé sur la console servant de clef de voûte au grand porticjue, et de deux figures à demi-cou- chées au-dessus du fronton représentant la France et l'Espagne se donnant la main en signe d'amitié et d'alliance (Traité des Pyrénées de 1659). L'Hy- men, placé au milieu de l'attique, sem- blait approuver et confirmer cette union qu'il avait fait naître; d'une main il tenait un flambeau allumé et de l'autre un voile. Les • Comptes des bâtiments du Roi, sous le règne de Louis XTV », publiés par Jules Guiffrey, donnent le détail des sommes considérables payées à Gé- rard van Opstal, de 1666 à 1669, pour travaux faits à la Grotte de Versailles, à Vincennes et à Fontainebleau; les der- niers comptes portent: » 1669, 11 feb- vrier pour plusieurs pièces de sculpture de bas-reliefs de marbre blanc, d'yvoire et de bronze, 18,502 livres, 18 sous, 4 deniers; 1669, 4 mars, aux héritiers de deffunt Gérard van Opstal, sculp- teur, pour payement de quarante quatre pièces de sculpture, tans bas-reliefs que figures en marbre, bronze et d'yvoire, 18,350 livres; 1670, Vincennes, à Van Opstal, pour son parfait payement des ouvrages de sculpture, 350 livres ». On attribue à Van Opstal le bas-relief ayant appartenu à M'" le baron de Zé- rézo de Tejada, qui a figuré à 1 exposi- tion d'art ancien, à Bruxelles, en 1880 Il existe des productions de cet artiste dans le palais Rondi, à Brescia. Gérard van Opstal partageal'honneur, avec le sculpteur Gérard-Léonard Evrard ou Hérard de Liège (1637-1675), de faire partie, dès sa création, de rancienue. Académie royale de peinture et de sculp- ture de Paris. Ils formèrent avec Le Brun, Sébastien Bourdon, de la Hire, Sarrazin, Corneille Perrier, Henri de Beaubrun, Eustache Le Sueur et Juste d'Egmont, le groupe portant le nom d'anciens, lesquels avaient été choisis au mois d'avril 1648, par cette académie pour diriger et conduire l'école qu'elle venait de fonder. Van Opstal y remplit les fonctions de recteur depuis 1650 jus- qu'à sa mort. Lorsque Colbert proposa à l'Académie de donner des conférences sur la peinture et sur la sculpture. Van Opstal lut un discours sur le Laocoon dans lequel il fit valoir ses profondes connaissances anatomiques. Félibien a 243 OPSTRAET 244 inséré ce discours à la suite de ses Entretiens sur la vie des peintres. L'éloge de Van Opstal, confié à Guil- let de Saint-Georges fut lu le 2 août 1692, en séance de l'Académie précitée de peinture et de sculpture. Le troisième de ses fils, Louis, fut aussi sculpteur. Edmond Maichal. oi>NTR.4ET {Jean), théologien, né à Beeringen, au diocèse de Liège, le 3 oc- tobre 1651, mort à Loiivain, le 29 no- vembre 1 720. Il acheva ses humanités à Louvain au collège de la 7'rinité, et fit son cours biennal de philosophie (1669- 71) à la Pédagogie du Parc. Au concours général entre les quatre pédagogies, il obtint la dixième place sur 170 concur- rents. Après quatre années d'études théologiques à l'université de Louvain, on le nomma, en 1675, professeur de troisième, en 1676, professeur de poésie au collège de la Trinité. Pendant les dix années qu'il séjourna dans cet établis- sement, il s'acquit une grande réputation comme poète latin : on l'appelait com- munément la plume d'or. Cependant il poursuivait ses études ecclésiastiques : Ordonné prêtre en 1680, il obtint en 1681, le grade de licencié en théolo- gie. Au mois de mai de l'année 1685, Gommaire Huygens, écrivain jansénisant bien connu, lui confia la vice-présidence du collège du Pape. L'année suivante, l'archevêque de Malines, Alphonse de Bergues, lui conféra une chaire dans son grand séminaire. Il n'y professa que quatre ans: en 1690, le nouvel arche- vêque, Humbert de Précipien, le ren- voya au collège du Pape pour le rem- placer par le docteur en théologie Martin. De 1694 à 1701, il fit au collège de Viglius l'intérim du président Hen- nebel retenu à Rome pour les affaires du parti rigoriste. Dans l'entretemps (1698), il se disposa à soutenir les thèses du doctorat en théologie, mais un arrêté royal lui en interdit la soutenance : on le savait incliné aux erreurs jansénistes. Ses opinions lui valurent même en 1704 une lettre de cachet le bannissant de tous les territoires soumis à Philippe V. A l'avènement du roi Charles, après la bataille de Ramillies (1706), il rentra pour la troisième fois au collège du Pape, et finit par être nommé président de la Pédagogie du Faucon en 1709. Il y ter- mina ses jours le 29 novembre 1720, à l'âge de 79 ans, administré des Sacre- ments de l'Eglise. Il fut enterré à l'église Saint-Michel. Opstraet est sans contredit un homme remarquable. Amiset adversaires recon- naissent ses talents d'administrateur et même d'écrivain, son austérité de vie et son incroyable ardeur au travail. D'autre part, il faut avouer que la plu- part de ses nombreuses publications sont consacrées à la défense des doctrines rigoristes, jansénistes et gallicanes, et l'on ne peut s'empêcher de regretter que tant d'esprit et de travail ait été dépensé au profit d'opinions maintenant à tout jamais discréditées, non seulement au tribunal de la foi, mais encore à celui de la droite raison. Nousnepouvonssongerici à reproduire la longue série des titres de ses ouvrages. Le n\eilleur travail bibliographique sur l'œuvre d'Opstraet est celui du chanoine Reusens, paru au tome 21 des ^nalectes. Il comprend quatre parties: les ouvrages publiés avec le nom de l'auteur (n°* 1 à 24) ; les ouvrages anonymes (nos 23 à 76); les ouvrages attribués à Opstraet par l'un ou l'autre de ses biographes (nos 77 à 79); les ouvrages restés en manuscrit ( 4 numéros). On devra com- pléter ces renseignements par ceux que donne le P. Hurter dans son Nomenclator litterarius et surtout Goethals dans son Histoire des lettres, des sciences et des arts en Belgique. La seule inspection des titres de ses livres donne une idée fort nette de ses prédilections doctri- nales et fait connaître quels furent ses compagnons d'armes et ses adversaires. Elle montre aussi combien grande fut la notoriété d'Opstraet non seulement aux Pays-Bas catholiques et dans la princi- pauté de Liège, mais même en France, en Allemagne et en Italie. Rome s'émut plusieurs fois des nouveautés dogma- tiques et morales du professeur louva- niste et condamna plusieurs de ses 245 ORANGE — ORDIN 246 propositions et de ses livres. En Belgi- que, il soutint des polémiques ardentes contre le carme Alexandre de Sîiinte- Thérèse, le jésuite Liévin de Meyer, l'augustin Bernard Désirant, le docteur Antoine Parmentier et surtout l'illustre Martin Steyaert. Il refusa aussi de signer la bulle Unigenitus. Ces quelques lignes suffisent pour faire voir qu'Opstraet constitue une des personnalités les plus importantes du monde théologique de notre pays dans la seconde moitié du xviie siècle. Georpeie de fâcheuses conséquences : dès qu'il eut quitté la ville, elle reconnut l'autorité épiscopale, et les Liégeois, accourus en force sous la conduite du mambour Jean de Rochefort, brûlèrent le village de Rummen et le château de Hamal (16 et 17 mai). Un échec plus sensible attendait Ar- nould dans son action en revendication du comté de Looz. Sur les instances du nouvel évêque de Liège, Jean d'Arckel, et du pape Urbain V, Charles IV ordonna à l'archevêque de Mayence de surseoir à l'exécution de la sentence portée par la cour impériale, et défendit i53 OREYE 2S4 au seigneur de "Ruramen de rien entre- prendre contre l'évèque, avant une déci- sion ultérieure (14 et 15 janvier 1365). Celte défense avait-elle été précédée ou fut-elle suivie d'une seconde entreprise à main armée du prétendant? Tout ce qu'on peut affirmer, c'est qu'avec l'aide du sire de llaraal, il essaya sans succès de s'emparer de Reeringen. Une autre fois, il arriva qu'un bourgeois de Saint- Trond fut tué près de Rummen par un chevalier qu'on vit rentrer dans le ch<à- teau. Aussitôt les Saintronnaires de courir aux armes et de marcher à l'at- taque de la forteresse. Traversant les fossés pleins d'eau, ils se ruent sur les ouvrages extérieurs et y allument l'in- cendie, malgré les traits d'arbalète et le feu des assiégés. On prétend même, qu'avec un peu plus de persistance ils auraient emporté la place, dont prescjue toute la garnison était à une noce dans le voisinage. En revenant, les soldats trouvèrent cinq jeunes gens de Saint- Trond cueillant des cerises et les mas- sacrèrent. Ces nouvtdles étant arrivées à Liège au momentoù les états se trouvaient assemblés, on se prépara immédiatement à la guerre. L'armée, conduite par Jean d'Arckel et précédée de l'étendard de Saint-Lambert, investit le château de Rummen le 11 août 1365. Tandis que les assiégeants comblaient les fossés, Arnould et son protecteur, le duc Wen- ceslas, eurent avec l'évèque, entre Herok et Halen, des conférences qui n'abou- tirent point. Alors les Liégeois poussè- rent le siège avec vigueur et, à l'aide de puissantes machines, ils ébranlèrent si violemment deux des tours, qu'elles s'écroulèrent. Les assiégés se réfugièrent au sommet du donjon, et de là firent pleuvoir, entre autres projectiles, des pots de poudre et des tisons ardents sur les engins des assaillants. Enfin, après une résistance de neuf semaines, la gar- nison, composée de cent vingt-quatre hommes, se rendit à condition d'avoir la vie sauve, et fut conduite au fort de Moha (14 octobre). Quant au château, il fut livre aux flammes et démoli de fond en comble. La dame de Rummen, qui avait rêvé une couronne comtale, fut tellement accablée de ce désastre, qu'elle se retira en Flandre. Elle y mourut de chagrin le 27 mars 1366, et fut ensevelie auprès de son premier mari dans la collégiale de Sainte-Pharaïlde, à Gand. Sa fortune avait été engloutie dans la lutte inégale soutenue par le prétendant. Celui-ci, ré- duit à accepter les conditions du vain- queur, fit la paix avec l'évèque le 8 octobre 1366, Par ce traité, Arnould d'Oreye, Jean de Hamal et son fils renoncent, en faveur de l'église de Liège, à toutes leurs prétentions sur le comté de Looz ; ils sont admis à rentrer en possession de leurs seigneuries, mais ne pourront jamais reconstruire une forte- resse à Rummen ; Arnould obtient une pension viagère de l.OOO petits florins d'or, successivement réversible sur son beau-frère de Hamal et sur son neveu. En conséquence, il releva, le 39 novembre, tous les biens qu'il possédait au pays de Looz du temps du comteThierry. Mais ces biens, de même que ceux qu'il avait en Brabant, étaient tellement grevés d'hy- pothèques, qu'il n'en retirait plus aucun revenu. Pour faire face à ses dépenses, il avait assigné au comte de Namur diverses rentes sur sa terre de Quabeek, qui resta finalement la propriété de son cré- ancier. Son hôtel de Bruxelles, rue des Chevaliers, fut saisi pour dettes, en 1371. Vogelsanck, Zolder et Zonho- ven passèrent, de son vivant, dans les mains de Jean de Hamal. Le domaine de Rummen fut en grande partie aliéné. Enfin, pour se procurer de l'argent, Arnould d'Oreye eut recours à une opé- ration d'autant plus lucrative qu'elle est faite avec moins de loyauté : il battit monnaie à Rummen, en or, en argent et en billon, non pas, comme on pourrait le croire, à titrede comte deLooz.maisin- dîinient, comme seigneur particulier. Ses dernières années se passèrent à Liège dans l'obscurité. Il y mourut sans lais- ser d'enfants légitimes, avant le 5 mai 1373, jour où l'évèque approuva son testament. Suivant la volonté qu'il avait exprimée, son corps fut enseveli dans l'abbaye d'Orienté (Rummen), où, sur sa pierre tombale, on le voyait repré- -255 ORIDRYUS — ORLENT 256 sente tenant un écu écartelé d'Oreye et (le Looz. Baron de Chesiret de Haneffe. J. (le Hemricourt, Miroir des Hoft/es, p. 223et2G!2. — Wolters, Soiice historique sur la commune de linmmeu. — Wolters, Codex diplomaticus los- scnsis. — Wilieins, Codex diplomaticus. (Jans Brabantsche Yeesten, t. II. — Bormans el School- meesters, Cariulaire de l'éfjlise Saint-Lambert, t. IV. — De Borman, Le Livre des fiefs du comté de Looz sous Jean d'Arckel. — Chronique de l'ab- baiie de Saint-Trond, éd. de Borman, l. II. — Mathiasde Le-\\\s, Chronique, p. -123. — Radulphe de r.ivo, Chronique, dans Chapeauviile, t. III. — Zantlliet, dans ïAmplissima collectio, t. V. — Manlelius, Historia losscnsis. — Daris, Notices sur les églises du diocèse de Liège, t. VI, p. IGl et iÇ)"!. — .Vlphonse Waulers, Géographie et his- toire des communes belges, canton de Léau. — Biographie nationale, art. Mirabello. ouiDRYU$i [Arnould), poète latin. Voir Arnould de Berghetck. ORiKiiiii {Thomas), poète flamand, vivait à Bruges, dans la seconde moitié du xviie siècle. Il est connu par la tra- duction suivante : Artentycke ,ofte flerecyn van Lucianus, in vlaemsche rymen over- (jhntell, dont une deuxième édition parut à Bruges, chez la veuve de Jean Clouwet, en 1667. L. Goemans. Frederiks el Vanden Branden, Biographisch K'oordenboek der noord- en zuidnederlandsche letterkunde. OKLÉAivs {Louise-Marie d'). Voir Louise-Marie d'Orléans. ORi.EiiT { Jean- Adolphe) , avocat, jurisconsulte, né à Termonde, le 10 avril 1804, mort à Bruxelles, le 28 mai 1841. Après avoir fait de bonnes études moyennes, il fut attaché au gou- vernement provincial de la Flandre orientale. Doué d'une rare énergie, il suivit en même temps les cours de l'uni- versité de Gand et fut reçut docteur en droit. En 1830, il se fit admettre comme avocat à la cour d'appel de cette ville, où il figura au tableau de l'ordre jus- qu'en 1839. Le jeune avocat, d'une santé assez délicate, ne se sentit guère attiré vers les luttes âpres du palais, quoi(iue, dans les affaires qu'il traita, il se distinguât toujours par un talent d'exposition et une science juridique peu communes. Sa vocation l'appelait dans une autre direction. Il se consacra avec une ardeur étonnante à l'étude des questions juridiques, administratives et historiques. Il produisit notamment des travaux de longue haleine sur la légis- lation en matière de milice, œuvre émi- nemment utile qu'il dédia au Roi et qui eut un succès retentissant. Ce travail est d'autant plus remarquable, que Or- lent fut le premier en Belgique qui osât entreprendre d'expliquer et de coordon- ner tantde matériaux disparates, emprun- tés à diverses législations. Grâce à sa compétence spéciale, il attira sur lui l'attention de la haute cour militaire de Bruxelles qui le choisit comme conseil. 11 appartenait depuis deux ans à peine au barreau de cette ville, quand la mort vint briser cette carrière pleine d'ave- nir. Orient mourut âgé de 36 ans. Il faisait partie de plusieurs sociétés sa- vantes, et était notamment membre cor- respondant de la première classe de l'Institut historique de France, depuis l'année 1839. Il laisse les ouvrages suivants: 1. Code de milice ou recueil complet des lois sur la matière, avec des notes présentant tous les arrêtés et toutes les décisions, inter- prétations et instructions ministérielles, émanées depuis 1817 jusqu'en 1834, ainsi qu'avec les modèles des registres, des états et des certificats, et le règle- ment relatif à l'examen de l'aptitude ou de l'incapacité des hommes sous le rap- port du service militaire, dédié à Sa Majesté Léopold I", etc. Gand, Vander- haeghe-Maya, 1835; in-8o, 230 p. En collaboration avec P.-J. Cornille,chefde division à G and. — 2. Complément du code de milice. Gand, Vanderbaeghe-Maya, 1843 ;in-8o 11-101 p. — 3. Loisur le do- micile de secours, avec des notes présen- tant la solution des différentes questions auxquelles elle peut donner lieu, et le mode de procéder à la preuve en cette matière. Gand, Vanderhaeghe- Maya, 1836 ; in- 8°, 70 p. — 4. Des exemptions du service de la milice nationale, d'après toutes les lois, les arrêtés et les instruc- tions données depuis 1817 jusqu'en 1839, avec les modèles des certificats requis pour en obtenir l'exemption. Bruxelles, Demat, 1840; in-8°, 108 p. Le texte flamand se trouve en regard du «57 ORLEY 258 texte français. Une première édition a paru en 1839, en flamand et en français sous le titre de : Traité des questions con- cernant Vaj^el et les exemptions du service dam la milice nationale. Bruxelles, Slin- gceneyer, 1839; in-S°, 160 p. — 5. Ma- nuel des gardes-chawpetres, comprenant les devoirs, les droits et les obligations de ces gardes d'après les lois, arrêtés, ins- tructions et la jurisprudence qui exis- tent sur la matière, avecles modèles de leurs procès-verbaux et rapports. Bru- xelles, Ad. Sèves, ISiO; in-8°, 93 p. — Idem. Nouvelle édition, augmentée des lois, arrêtés et règlements généraux qui ont été produits depuis 1840, et enrichie d'une préface. Bruxelles, J. A. Slingeneyer aine, 1861; in-8°, 101 p. L'ouvrage a été également pul)lié en flamand. (Ibid.) L. Tierenliyn. Archives communales de Gand : registres de populalion, 1830. Arcsect.. fol. :2I. — Tableau de l'ordre des avocats a la cour d'appel de (iand. — Biblioçfraphie nationale, t. III, p. "o, 76. — Bi- bliograjihic générale du droit beUjf, parE. Picard et Larcier, p. 378. ORLEY {Bernard Vax), le plus cé- lèbre des peintres bruxellois, au xvic siècle, fils légitime de Valentin, ainsi que le dit un acte du 2 5 mai 1.532. Le nom de sa mère n'est pas indiqué, mais il est certain que c'est Catherine van Pynbroeck, que Valentin épousa, à Bruxelles, le 13 mai 1-190. Bernard n'est pas l'aîné de la famille, attendu qu'il est établi par un autre document que son frère Everard naquit en 1491, c'est-à-dire un an après le mariage de ses parents. L'année de la naissance de Bernard doit donc être reculée au moins jusqu'à 1492. Cette date cadre avec l'âge connu de son père, qui avait vingt-six ans au moment de son mariage, ainsi qu'avec l'âge d'environ trente ans que donne à Bernard un portrait du musée de Dresde, peint par Albert Du- rer, en 1521. On ignore chez qui il apprit son art, les registres aux inscriptions de la gilde bruxelloise relatifs à cette époque n'existant plus; on peut supposer que son père fut son premier maître. La plupart de ses peintures dénotant l'in- BIOGR. NAT. — T. XVI fluence des artistes italiens, il faut ad- mettre que Bernard visita l'Italie, ce qui, du reste, est confirmé par un rap- port du magistrat de Bruxelles, de 1602, où il est dit, à propos de Jérôme van Orley, qu'il était fils de Bernard qui avait été deux Jois à Rome, et apprit la peinture chez Raphaël d'Urôin. Ce do- cument est le seul où il soit fait mention (le la présence de Van Orley dans l'ate- lier do Raphaël : ni Van Mander ni Vasari n'en parlent, (ioethals fixe la date de sou départ pour l'Italie à 15US et Alph. VVauters entre 1509 et 1514. Ce ne sauraient être là que des probabi- lités déduites des dates connues de sa biographie, mais non des faits acquis. Les monographistes du peintre ont aussi admis assez facilement l'ofiiiiioii que Kaphaél chargea Van Orley de sur- veiller l'exécution, à Bruxelles, de la série de tapisseries connue sous le nom de : les Joies des Apôtres, dont Léon X avait commandé les cartons au maître d'L'rbin. Grâce aux travaux de Mr Muiitz. on sait que ce magnifique tra- vail fut payé à Raphaël, en 1515 et 1516, et exécuté les années suivantes, à Bruxelles, dans les ateliers de Pierre van Alst, tapissier de Charles-Quint. Les ateliers de Bruxelles qui, en ce moment, étaient seuls à même, en Eu- rope, de mener rapidement à bonne fin une œuvre aussi gigantesque, achevèrent en deux ou trois ans les dix tentures, qui furent placées au Vatican en 1519. Aucun document ne dit que van Orley fût mêlé à l'afiàire. Au xviiie siècle, Félibieii, le premier, émit la supposi- tion que peut-être J^ernard conduisit les travaux. Il n'est pas impossible, en eftet, que le Pape ait prié la cour de Bruxelles de faire surveiller le travail chez Van Alst et que Van Orley, qui précisément à cette époque venait d'être nommé peintre en titre de la gouver- nante, ait été chargé par elle de cette mission. Il y aurait de sérieuses pré- somptions en faveur de cette supposi- tion, répétée depuis l'époque de Féli- bien par tous les monographistes, si, comme l'assure Goethals, les cartons de Raphaël se trouvaient encore, un siècle 9 259 ORLEY 260 plus tard, chez les héritiers de Van Or- ley; seulement l'auteur ne dit pas sur quel document il appuie son renseigne- ment. Ce qui est certain, c'est qu'à l'exception de trois d'entre eux qui sont perdus, ces cartons demeurèrent long- temps à Bruxelles, où, en 1630, Char- les I", roi d'Angleterre, en fit l'acqui- sition. En réalité, l'histoire documentée de Vsn Orley commence en 1515. En cette année, l'artiste est établi à Bruxelles et il ne tarde pas à partager, aux Pays- Bas, avec Jean Gossart, l'honneur de portraiturer le prince Charles et les autres enfants de Philippe le Beau. Il résulte, en effet, d"un document publié par Altraeyer, qu'en 1515 et 1516 Bernard exécuta les portraits de Charles et de Ferdinand, ceux de leurs sœurs Eléonore, Marie, Catherine et Isabelle et de Christian II de Danemark, mari d'Isabelle. Ces portraits historiques si intéressants n'ont pu être retrouvés jusqu'ici, sauf celui du futur Charles- Quint, alors âgé de quinze ans, que nous avons reconnu parmi les récentes acquisitions du musée du Louvre. Ce serait, dès lors, la peinture la plus ancienne que l'on connaisse de Van Orley. En cette même année 1515, l'artiste reçut la commande d'un triptyque de la confrérie de la Sainte-Croix, qui avait son autel dans l'église Sainte-Wal- burge, à Fumes, construiteau ixe siècle, par Baudouin à la Hache, comte de Flandre. 11 fut payé six cent quatre livres parisis, ainsi qu'il résulte de do- cuments publiés par MxM. Carton et "Vande Puttc. Le triptyque disparut de Fumes avant l'époque de la domination française et longtemps on le crut perdu. Nous en avons retrouvé le panneau cen- tral à la pinacothèque de Turin. Il re- présente divers épisodes relatifs aux reliques célèbres conservées dans l'église de Fumes : la liemixe de la châuxe de sainte Walbnrge à (Charles le Chauve et BonJouin Brns-de-fer; V /Ir rivée procen- fiio)t7i('Ue de In rhânse à Fumes ; V autel de la confrérie de la Sainte-Croix et le frag- ment (hi bois sacré rapporté de la 'l'erre Sainte, par le comte Robert de Fumes; enfin la Dévotion des infirmes et des ma- lades aux reliques de Véglise. Les volets sur lesquels sont peints \t Portement de la Croix, Je Crucifiement et la Descente de Croix, noni pas été retrouvés jusqu'ici. A la même époque des débuts de la car- rière du maître, paraît appartenir un second triptyque, exécuté pour la cor- poration des charpentiers de Bruxelles. Ouvert, il montre sur les trois pan- neaux décorés de riches pavillons, quatre sujets (il y en a deux sur le panneau central) ; ceux de droite sont consacrés à saint Thomas et représen- tent son Incrédulité et sa Mort; ceux de gauche, à Saint Mathieu et représentent son Election le jour de la Pentecôte, et sa Décollation. Dans le fond, on voit divers épisodes de la vie de chacun des deux saints, dont les figures, en grisaille, sont peintes au revers des volets, (^et ou- vrage vient de l'église du Sablon ; actuel- lement, ses panneaux sont séparés: ce- lui du centre, signé, est au musée de Vienne; les volet?, d'une exécution très inférieure, sont au musée de Bruxelles. Tandis que l'artiste travaillait à ces deux peintures, Marguerite d'Autriche, que le roi Charles, au moment de son départ pour l'Espagne, en 1517, avait chargée du gouvernement des Pays-Bas, nomma Bernard van Orley son peintre, par lettres patentes du 28 mai 1518. Celui-ci jouissait, à ce titre, de modestes émoluments, s'élevantà un sou par jour. Il habitait une propriété située au bord de la S^nne, près de l'église Saint-Géry, avec sa femme Agnès Zeghers. Deux documents le renseignent comme faisant partie, dans cette même église, de la Confrérie des Sept-Douleurs et de celle de Saint-Sébastien. En 1519, en même temps qu'il si- gnait le joli petit portrait de son voisin, le docteur Georges Zelle, médecin de la ville, il recevait une importante com- mande d'Anvers. Une pièce des archives (le l'hôpital Sainte-Elisabeth, mise à jour par Mr Geudens, nous apprend que les aumôniers ou maîtres des pauvres de cette ville, lui demandèrent, en cette an- née, un triptyque pour l'autel de leur I S6i ORLEY 562 chapelle, à Notre-Dame; l'œuvre est actuellement au musée d'Anvers. Ses trois panneaux intérieurs montrent, dans leur partie inférieure, les Aumô- niers pratiquant les sept eexvres de misé- ricorde ; dans leur partie supérieure, le JiH/ement dernier. Au revers des volets, aontreprésentés sainte £/isaf)et// , \es saints Etienne, Lambert et Marc faisant la charité. Le triptyque, qui compte parmi les plus développés que ^ an Orley ait exécutés, lui fut payé la somme de six cents florins, couverte par des cotisa- tions annuelles que, pendant six ans, s'imposèrent les aumôniers. Tandis que le jeune maître — il n'avait pas trente ans — était ainsi fort occupé par les commandes qu'il recevait des corporations laïques et religieuses, il ne cessait de travailler, pour la gou- vernante, H des ouvrages divers dont les registres de Jean de Marnix, trésorier de Marguerite et secrétaire de son conseil privé, fournissent de nombreuses men- tions. En 1521, notamment on trouve qu'elle lui fait payer un acompte pour • un beau tableau où il est peinte et fi- • gurée la Rememhrance de Marie morte, • lequel la dicte dame a envoyé au cou- • vent des Sept Douleurs Notre-Dame, » à Bruges • ; p Le repas fut si " magnifique que je doute que maitre » Bernard en ait été quitte pour dix flo- " rins. A ce repas assistèrent plusieurs " personnages que Bernard avait invités » pour me tenir compagnie, entre autres " le trésorier de madame Marguerite, " dont j'ai fait le portrait, le grand « maître un palais et le trésorier de la " ville..... Diirer revint aux Pays-Bas l'année suivante et fit alors un second séjour à Bruxelles, au mois de juillet. C'est lors do cette visite qu'il peignit le portrait de Van Orley, que M.r Ephrussi croit avoir retrouvé au musée de Dresde; MM. Hymans et Woermann ont admis cette identification. Dans sa main gau- che, le modèle tient une lettre portant l'inscription : Jhm pernh... zw..., ce que l'on a traduit par Dem Bernh (ard) zù {Brussel); dans le haut du panneau se trouve le monogramme de Diirer et la date 1521. La physionomie rappelle assez bien les traits que donne à Van Orley le portrait gravé par Wiericx et publié par Jérôme de Cock, dans le vo- lume de Lampsonius (1572). A l'époque de la seconde visite du maître allemand, le peintre travaillait à un triptyque représentant, sur ses trois panneaux intérieurs, divers épisodes de la vie de Job: au centre, le Festin des enfants de Job ; à droite, Job et ses amis; à gauche, Vîhilècement des troupeaux de Job par les Sabéens. Sur les revers des volets, sont interprétés deux épisodes de la parabole du pauvre Lazare et du mauvais riche; à gauche, Lazare à la porte du mauvais riche; à droite, la Mort et les torturer du mauvais riche. Van Orley semble avoir été particulière- ment satisfait de cette œuvre, car tandis que, d'ordinaire, il se montrait peu pro- digue de sa signature, il signa cette peinture en diverses places et dans trois formes différentes. Il y introduisit même son propre portrait et celui de sa femme, que l'on croit reconnaître dans les deux personnages assis à la table du mauvais riche. Le triptyque est daté du 4 mai 1521. Alph. Wauters l'a identifié avec « un g grand tableau exquis sur la Vertu de patience « que Marguerite d'Au- triche commanda à son peintre pour être offert par elle à son ministre favori, le comte Antoine de Jjalaing, et que le trésorier Jean de Marnix paya en 1531- 1532. Job est, en effet, la personnifica- tion la plus célèbre de la patience; ce- pendant il est difficile d'expliquer que cette commande, datée de 1521 , n'aurait pas été payée du vivant de la princesse et n'aurait été acquittée que dix ans après sa livraison. En 1843, l'œuvre fai- sait partie de la collection du roi des Pays-Bas Guillaume III; elle appartient maintenant au musée de Bruxelles. Un petit portrait historique intéres- sant, celui de Jean Carondelet, évêque de Palerme, président du Conseil privé, dont Jean de Marnix, l'ami de Van Or- i65 ORLEY 266 ley, était le secrétaire, prend place ici chronologiquement. Il est à la pinaco- thèque (le Munich où . après avoir été ca- talogué sous le nom de Holbein, il figure maintenant sous cel ui de Quentin Metsys. On connaît le rôle politique considérable joué par Carondelet, le fidèle conseiller de la gouvernante. Après la bataille de Pavie et la captivité de François I*"^, celle-ci le désigna, avec Antoine de La- laing et le comte de Berg, comme pléni- potentiaire à la conférence qui se réunit, en 1525, à Bréda, dans le château du comte Henri de Nassau, stadhouder de Hollande, commandant des armés de Charles-Quint aux Pays-Bas. C'est là que fut signé l'armistice qui préluda à la paix de Madrid. Van Orley qui, à cette époque, avait déjà peint le trip- tyque de Joh pour de Lalaing, exécuta vers 1525 le portrait de Carondelet, âgé alors de cinquante-six ans. Et nous allons le voir commencer, pour le comte de Nassau, un important travail de dé- coration, destiné au susdit château de Breda. Tandis qu'il portraiturait ainsi les personnalités les plus en vue de la cour, il ne cessait de reproduire les traits delà gouvernante qui, à certaines occasions, oifrit son portrait à quelques-uns de ses familiers. C'est ainsi qu'on sait par les comptes de Jean de Marnix que, dans les dernières années de sa vie, Margue- rite lui en commanda huit exemplaires destinés à Claude de Poligny, archidiacre d'Arras, membre du Conseil privé; à la comtesse de Hornes; à la femme de Jean de Marnix ; à maître Jean Ruf- fault, trésorier de l'Empereur ; au bailli deTermonde; à madame de Praet, re- tirée au couvent de Galilée, près Bruges; à un gentilhomme lorrain inconnu, éga- lement à Bruges. Que sont devenus tous ces portraits ? Il est vraiment curieux que les effigies de Marguerite d'Au- triche, qui admit tant de peintres à sa cour, soient devenues si rares. Celles que le musée d'Anvers attribue à Gossaert, et dont il y a une répétition au château d'Hampton-Court, pourrait bien être une de ces nombreuses répliques exécu- tées par Van Orley. C'est, au surplus, tant au point de vue physionomique qu'au point de vue artistique, une image d'assez médiocre intérêt. En 1524, disent les vieux comptes, Marguerite fit donner à son peintre cinquante- cinq livres « pour plusieurs belles « peintures et tableaux qu'il luy a • fait 1/ ; en 152fi, elle lui en alloue quarante » en récompense de certaines " painctures (pi'il a naguère faictes et " livrées à icelle dame ». Comme spéci- men de cette période de sa carrière, on connaît un tableau signé et daté 1526, une Sainte Famille avec le petit saint Jean, que conserve le musée de Stock- holm et qui offre une certaine analogie, au point de vue de la composition et du style, avec une seconde Sainte Famille, au musée de Bruxelles. Après avoir, en 1 525, àCanibrai, avan- tageusement terminé les affaires diplo- matiques de l'Empereur avec la France, par la conclusion de la célèbre Paix des Dames, Marguerite d'Autriche se consa- cra de nouveau à la lourde tàclie d'arrê- ter les progrès du luthéranisme qui, malgré les édits les plus sanglants, ne cessait de se propager dans les Pays-Bas. En 1527, prescpie toute la Hollande fut accusée de calvinisme à la Cour de Bru- xelles ; des édits très sévères furent por- tés et des poursuites ordonnées contre ceux qui propageaient ou seulement accordaient leur attention aux idées nouvelles. C'est ainsi que la famille Van Orley, qui paraît n'être pas restée in- sensible au mouvement réformiste, fut impliquée tout entière dans une accu- sation de complicité d'hérésie qui, le 4 mai 1527, l'amena, à Louvain, devant l'inquisiteur Nicolas à Montibus. Ber- nard était accusé d'avoir accueilli un certain prédicateur réformé, nommé Van der Elst, introduit chezlui par un envoyé du roi de Danemark, et d'avoir toléré que ce pasteur fît, en sa demeure, à qua- tre reprises différentes, des prêches clandestins, auxquels le peintre, sa fa- mille et de nombreux confrères et amis avaient assisté. Suivant des renseigne- ments fournis par Pinchard, Valentin van Orley et sa femme, Bernard et sa femme, Everard et Gomraaire van Orley, 267 ORLEY 268 les peintres Jean van Conincxloo, Jean et Henri Tons, l'orfèvre Van Onkele, le verrier Rombauts, les tapissiers De Pannemaker, Baes, Dermoyen, Vanden l?ossclie, Van Lentiicke, Leemans, Van OpheiD furent compromis dans l'affaire. Ils en furent heureusement quittes à assez bon marché; on les condamna à aller faire amende honorable à Sainte- Gudule et à payer chacun deux cents florins carolus. Marguerite tint-elle rigueur à son peintre pour cette question de religion? II semble qu'on doive répondre négative- ment à cette question, bien qu'on ne trouve trace d'aucune nouvelle com- mande de la cour à Van Orley, jusqu'au moment du décès de la Gouvernante, qui se produisit le l" décembre 1530. Par testament, Marguerite ordonna l'inhumation de son corps dans la somp- tueuse église de Brou en Bresse, qu'elle avait fait élever à la mémoire de son époux Philibert de Savoie, et le dépôt do son cœur au couvent des Annonciades, ;\ Bruges. Elle fut remplacée, le 7 octo- bre 1531, dans le gouvernement des Pays-Bas, par une de ses nièces, Marie, veuve depuis cinq ans de Louis II, roi de Hongrie. Une lettre recueillie par Al. Pinchart dans les archives du royaume, nous apprend q\ie Van Orley sollicita de la nouvelle Gouvernante les mêmes fonctions que celles qu'il occu- pait près de IMarguerite. Nous reprodui- sons in extenso cette pièce curieuse, de- meurée jusqu'ici inédite et qui est la seule lettre de Van Orley qui nous ait été conservée: « A la royne, remonstre » vostre très humble serviteur Maistre .' Bernard d'Orley, de Bruxelles, painc- I. tre, comme feue Madame vostre bonne u tante (que Dieu ait) en l'an xV^ xviij, • estant advertie et certioréede ses sens, » sufiisance, preud'hommie, liaulté et " bonne diligence et mesmes de son ex- « perience audict art le retint d'eslors • en l'office de son peintre aux gaiges " d'ung patart par jour compté pour ses • escroz et aux aultres droiz, préhé- » minences et franchises y appartenans, « comme peult apparoir par les lettres " patentes de raadicte feue dame cy- " attachées duquel office il a tousiours « bien et duement servy en tout ce que " luy a esté mis en mains, ordonné et " commandé, et pour ce. Madame, qu'il « désireroit bien vous servir comme il a " faict madicte feue dame pour les mes- " mes gaiges d'un patart par jour, " qu'est bien petite chose, il supplie " Vostre Excellence le vouloir retenir " en vostre service dudict mestier de " vostre painctre, et il espère bien vous " y faire à vostre contantement, et en ce, " Madame, le préférer a tous qui n'ont Il servy comme Ihy et vous ferez œuvre « très-vertueuse. « Pinchart a publié dans le deuxième volume de ses^rckires des arta le fac-similé de la signature de l'artiste. La faveur sollicitée lui fut accordée par lettres patentes, datées du château de Binche, le 13 octobre 1532, et un document des archives de Lille, publié par Mr Houdoy, nous montre le peintre en relation avec la nouvelle Gouver- nante, dès les débuts de son administra- tion, à propos du legs fait à l'église de Brou par la défunte Gouvernante, d'une partie de sa galerie de tableaux. Marie, non moins amateur d'œuvres d'art que sa tante, essaya de retenir ces tableaux au palais de Bruxelles, et, par ordon- nance, nomma » Estienne LuUier, garde « de la librairie et des cabinets de Ma- « Unes, et Me Bernard Dorlet, peintre " résidant à Bruxelles • pour faire l'es- timation des peintures afin » que s'il " plairoit à la royne retenir les dits " tableaux, faire le pourroit ». Le bibliothécaire et le peintre durent remplir leur mission selon le secret désir de leur souveraine, car Marie garda les tableaux à Bruxelles. Seulement, comme elle n'entendait pas porter un trop grand préjudice à Brou, le 12 janvier 1534 les exécuteurs testamentaires de Marguerite, le comte Antoine de Lalaing et J. Ruf- fault, passèrent à Van Orley la commande » d'un beau, exquis et puissant tableau » de bois de Danemark pour servir sur « le grand autel de l'église du couvent « de Brou lez-Bourg en Bresse «. Un second document, publié par MM. Car- ton et Vande Putte. nous révèle d'abord S69 ORLEY 270 que huit ans plus tard, en 1542, lors- que le peintre mourut, l'œuvre n'était pas encore terminée et, ensuite, qu'en 1550, lorsque l'on s'occupa du trans- fert des restes de Charles le Téméraire de Nancy à Bruges, et à cette occa- sion, de la décoration de l'église Notre- Dame, le chapitre de celle-ci songea au tableau inachevé commandé pour Brou, et l'acquit des enfants de Van Orley, pour la somme de 286 livres tournois. C'est un immense triptyque, l'ouvrage le plus vaste que Van Orley ait entre- pris; il représente sur son panneau cen- tral, le Chi-ist en Croix ; chaque volet montre deux sujets superposés : à droite, le Couronnement d'épines et le Portement di-la Croix; k gauche, la Descente aux limbes et la Déposition. Les trois lourds panneaux du • puissant tableau en bois • de Danemark « furent transportés à Bruges, disent les vieux comptes, sur trois chariots; au lieu d'aller orner la tombe de Marguerite à Brou, ils furent placés sur l'autel au pied duquel se trou- vaient alors les superbes mausolées de sa mère et de son aïeul. Par contrat en date du 16 juillet 1561, et pour la somme de 228 livres tournois, le peintre brugeois, Marc Gi;erhaerdts, s'engagea à les ter- miner et, au haut de chaque volet, il peignit un ange tenant un losange aux armes d'Isabeau de Bourbon, femme du Téméraire, d'une part, et de Marie, sa fille, d'autre part. L'extérieur fut décoré d'écussons aux armes de Bourgogne, de Bourbon, d'Allemagne et de Portugal. Comme, vingt-huit années plus tard, l'œuvre était déjà fort détériorée, le panneau central fut repeint et les volets furent restaurés par François Pourbus le jeune. Ces restaurations expliquent pourquoi il est aujourd'hui assez malaisé de reconnaître dans le triptyque de Notre-Dame de Bruges " l'exquis ta- bleau » commandé, en 1534, par Marie de Hongrie, pour l'église de Brou. D'autres documents, conservés à Lille et publiés par L. Gachard, nous font connaître toute une série de portraits que l'artiste exécuta, à la demande de la même princesse, de 1533 à 1535. Ce sont six portraits de la gouvernante; dix autres de l'Empereur, de Ferdinand, roi des Romains et d'Anne de Bohême, sa femme; du roi Louis de Hongrie, l'époux décédé de Marie ; d'Antoine de Croy; plus un portrait en pied du roi Louis, et un autre, également en pied, de Christine de Danemark, fille de Christian et d'Isabelle; soit en tout seize portraits, pour lesquels il toucha 240 livres. Les petits lui étaient payés 13 livres, ceux de grandeur nature, de 26 à 30. Que sont devenues toutes ces effigies? Marie de Hongrie a eu, sous ce rapport, moins de chance encore que Marguerite d'Autriche. Nulle part on n'en signale une seule. Elles ne doivent cependant pas avoir péri toutes ; c'est à peine si Mr Hymans croit en avoir re- trouvé deux : une à l'académie de Ve- nise, sous la fausse attribution d'Hol- bein et qui pourrait, d'après lui, être le portrait de Christine ; une seconde, parmi les anonymes de la galerie Borg- hèse, à Rome, qui serait celui d'un des princes. Après la mention, eu 1535, du payement de ces seize portraits, ni les archives, ni les musées ne nous four- nissent plus aucune indication relative aux peintures du maître. Il est probable, cependant, qu'il continua à peindre, mais il semble qu'il ait été sollicité surtout, pendant la dernière partie de sa carrière, par l'activité manifestée aux Pays-Bas par deux industries d'art, à cette époque fort en honneur à Bru- xelles, et dont les somptueux produits valurent aux ateliers de cette ville une renommée européenne : celle des tapis- series de haute-lisse et celle des ver- rières peintes. Dès les débuts du siècle, la capitale du Brabant avait, en effet, conquis le monopole de la fabrication des tentures d'apparat; toutes les grandes suites célèbres sortirent de ses ateliers que dirigeaient alors les plus célèbres des hauts lisseurs flamands : Pierre van Aelst, Geubels, Pierre de Pannemaeker, Antoine Leyniers, qui fut le neveu par alliance de Van Orley, ayant épousé Josine, la fille de son frère Gommaire. Félibien a défini en ces termes, évidemment exagérés, le 271 ORLEY 27Î rôle capital que le maître bruxellois semble avoir joué dans l'histoire de ces deux industries somptuaires : « C'est » lui, dit-il, qui a fait exécuter toutes 1 les tapisseries que les papes, les em- « pereurs et les rois firent faire en « Flandre, d'après les dessins d'Italie — » C'est lui qui prenait le soin de tous " les ouvrages de peintures et d'étoffes " que l'empereur Charles-Quint faisait " faire et même des vitraux qui sont » dans les églises de Bruxelles. « La plus lointaine indication de la participation de Van Orley aux travaux des hauts lisseurs nous est fournie par un contrat passé, en 1520, avec le ta- pissier Pierre de Panneraaeker, pour livraison de tentures à la gouvernante, à la signature duquel le peintre fut présent. Quatre années plus tard, celui- ci data et apposa son monogramme sur quatre dessins conservés au musée de Munich et exécutés pour des tentures représentant l'Histoire de Romulus et de Remua, non identifiées jusqu'ici. Si la magnifique suite de la Bataille de Pavie (1525) a été tissée sur ses cartons — comme c'est probable — ceux-ci ont été exécutés peu de temps après, car les tentures furent offertes à Charles-Quint, en 1531; en cette année, l'empereur étant à Bruxelles et ayant convoqué une assemblée des Êtats-généraux, ceux- ci saisirent cette circonstance pour lui remettre un cadeau lui rappelant la grande victoire que venaient de rempor- ter ses armes, et ils lui présentèrent une chambre de tapisseries tissées en soie, laine et or. Elles ornèrent longtemps le palais de Bruxelles, puis passèrent en la possession de la famille Pescaire.qui les conserva, jusqu'à lafindrt xixe siècle, en son palais de Naples. Elles sont ac- tuellement au musée de cette ville. Sur l'une d'elles, on voit la prise de Fran- çois I"; le Louvre en possède six des- sins. Les tentures ne portent ni marque ni initiales. Les tapisseries dites des Grandes Chasses datent de quelques années plus tard, car elles portent, elles, la marque (l'écu entre deux B) des ateliers de Bruxelles, laquelle fut imposée à partir de 152 8. Il est probable que la com- mande en fut faite par Marie de Hon- grie, qui était une chasseresse passion- née. Van Mander, le premier, signale Van Orley comme étant l'auteur des cartons : « Pour Madame Marguerite, » pour l'empereur et pour d'autres, dit- >/ il, il dessina et peignit de superbes « cartons de tapisseries, travaux dans « lesquels il fit preuve d'une fermeté et " d'une ampleur de procédés bien rares. n On les lui paya largement. Pour " l'Empereur, il fit diverses chasses " ayant pour fond des bois et des sites " dos environs de Bruxelles, où se fai- " saient les chasses impériales, œuvres " dans lesquelles l'empereur et plu- » sieurs princes et princesses étaient « peints d'après nature, et que l'on re- " produisit très remarquablement en K tapisseries «. Onze des croquis que fit Van Orley pour ces chasses sont au musée du Louvre. Quant aux tentures, exécutées à Bruxelles chez un tapissier qui les signa des initiales W. G. (Wil- lem Geubels?), elles nous sontparvenues intactes. Du palais de Bruxelles, elles passèrent, vers la fin du xvie siècle, en la possession d'Evrard de la Marck, évéque de Liège, avec lequel Marie était en relation d'amitié, et appartinrent ensuite à la maison de Guyse, ce qui les fit longtemps désigner sous le titre de Les belles chasses de Guyse. Elles font partie maintenant du Garde-Meuble, à Paris, et quelques-unes sont exposées au Louvre. Il y a douze pièces représen- tant des épisodes de chasse dans les en- virons de Bruxelles : Le Départ, la Poursuite, V Hallali, V Attaque du san- glier, la Curée, la Flambée, le Bepas dans la foret, le Retour, etc. Au point de vue historique, les deux plus inté- ressantes sont celles qui montrent dans leur fond le palais et le parc de Bru- xelles. On est généralement d'accord pour considérer comme ayant également été tissées d'après des cartons de Bernard, les dix tentures représentant V Histoire d' Abraham, qui sont exposées dans la chapelle du château d'Hampton-Court. Une d'elles porte la marque de Bru- i73 ORLEY 274 xelles. On suppose qu'elles furent ache- tées par Henri YIII et offertes par le roi au cardinal Wolsey; elles figurent déjà dans l'inventaire dresse après la mort du cardinal qui arriva en 1530. Elles ont donc été tissées entre 1528 et 1530. Il existe une réplique de l'une d'elles au musée Maxirailien, à Mu- nich. La même ville conserve quatre car- tons de tapisseries dessinés par Van Orley et représentant des seigneurs et des dames à cheval dans un paysage. Ce sont les cartons de tapisseries dont parle Van Mander et qui furent exécu- tés, à la demande de Henri de Nassau, pour le château de Breda. 11 y en avait huit; les quatre autres sont perdus et l'on ne sait pas davantage ce que sont devenues les tentures. Citons encore comme ayant été exécutées d'après ces cartons : dix tentures représentant V Histoire de Jacob provenant de la fa- mille Malvezzi de Bologne et apparte- nant au comte Tiele-Winckler (Haute Silésie) et une magnifique représentation de la Cène, appartenant à la couronne d'Espagne. \\ n'est pas douteux que l'étude comparée des nombreuses tapis- series flamandes dispersées en Europe, révélerait encore maints ouvrages fa- briqués d'après ses modèles. C'est également à la dernière période de sa carrière qu'appartiennent les belles verrières qui décorent l'église Sainte-Gudule, et sur lesquels Henné et Wauters ont fourni les premières données précises. Celle du transept de gauche, représente Charles-Quint et sa femme Isabelle de Portugal, accompa- gnés de leurs patrons; elle fut placée au mois de décembre 1587 ; celle du tran- sept de droite, qui montre Louis de Hongrie et sa femme, Marie d'Autriche, également accompagnés de leurs pa- trons, date de l'année suivante. L'une et l'autre furent faites, dit une chronique du temps, par • maître Bernard van Orley, peintre et bourgeois de Bru- xelles ». Le musée du Cinquantenaire, à Bruxelles, possède le carton original de la première de ces verrières. A la même époque, on construisit à Sainte-Gudule, à la gauche du chœur principal, la chapelle érigée en l'honneur du Saint-Sacrement de Miracle. Van Or- ley reçut également pour cette chapelle la commande de cartons pour quatre verrières, offertes à l'église par les en- fants et beaux-enfants de Philippe-le- Beau : la première, par Jean de Portu- gal et Catherine, sa femme; la deu- xième, par Marie de Hongrie ; la troi- sième, par François I^'', roi de France, et Fléonore, sa femme ; la quatrième, par Ferdinand, roi des Romains, et Anne de Hongrie, sa femme. Les dona- teurs y sont représentés à genoux avec leurs saints patrons, dans de vastes et riches décors d'architecture. Le vitrail donné par les souverains français fut achevé sous la direction du maître, en 1540; les autres furent exécutés après sa mort, en 1546 et 1547, sous la direction de Michel Coxie, son élève. Une inscription que l'on rencontre dans les listes des artistes de Harlem, pu- bliées par Mr Van Willingen et où l'on trouve, en 1537, le nom de ■' Baer- naerto van Oerlen, peintre de sa Majesté, demeurant à Bruxelles » , dé- montre les relations de la fabrique de l'église de Harlem, avec l'artiste bru- xellois qui exécuta, en effet, en 1541, pour St-Bavon, un vitrail, malheureuse- ment détruit, représentant la Sainte Trinité adorée par téiéque d'Edgmond. On sait également qu'il dessina un autre vitrail pour l'église Saint-Rora- baut, à Malines, représentant Ventrée de Jésus à Jérusalem, don probable de Marguerite d'Autriche et de Philibert de Savoie, qui y étaient représentés. Tandis qu'il se livrait à ces divers travaux, Van Orley perdit sa femme, Agnès Zeghers, le 13 septembre 1539; mais déjà deux mois après, le 25 no- vembre, il contractait une nouvelle union avec Catherine Hellinck. Il était à peine remarié de deux ans, qu'il mou- rut, à Bruxelles, le 6 janvier 1542; il n'avait que cinquante ans. Il fut ense- veli dans l'église St-Géry. Sa tombe fut ornée d'une de ses peintures, représen- tant une Nativité qui, ainsi que le cons- tate Ch. Piot, fut enlevée par les corn- 275 ORLEY 276 missaires français, en 1795, et envoyée à Paris. Mr H. Hymans pense que le tableau demeura en France et croit l'avoir retrouvé dans une petite compo- sition conservée au musée de Lille (no 577). Il se pourrait aussi que la Nativité de St-Géry fût revenue à Bru- xelles, en 1815, avec la plupart des autres ouvrao-es enlevés aux églises, et serait une Nativité, peinte par Van Orley, provenant des anciens dépôts et conservée parmi les anonymes du musée de Bruxelles, sous le 11° 336. Un épita- phier copié en 17 63 et appartenant aux archives communales de Bruxelles, ren- ferme, au folio 181, une reproduction de la pierre sépulcrale qui fut placée sur la tombe de l'artiste, probablement au siècle suivant, par quelque arrière- petit-tils, fier de la renommée artistique de son aïeul et désireux de rappeler que le nom qu'il portait était d'origine aris- tocratique, car il y fit graver l'écubson armorié de la famille d'Orley : d'anjenl aux deux pals de gueules, au heaume chargé d'une croix rouge, cantonnée de quatre point ronges se détachant sur un fond d'argent et aux angles quatre écus- sons. Le descendant glorieux négligea d'y ajouter la barre de bâtardise. Sa première femme donna à Van Orley sept enfants : 1° Jeanne, femme de Thierri de lloovere; — 2" Anne, femme de Josss Coppens; — 3" Michel, qui fut peintre et épousa Elisabeth Tons, probablement une parente des paysa- gistes de ce nom; — 4o Jean, qui épousa Agnès van Ryppelmonde, puis Claire Carron; — 5o Barbe, femme de Jean Spinoy, huissier au conseil de Brabant, à Tubize ; — 6° Bernard, qui épousa Catherine Stevens ; — et 7^ Jé- rôme, marié à Elisabeth de Donckere et doyen du métier des peintres, en 1602. Il eut deux enfants de sa seconde femme : Laurence et Gilles, qui fut peintre. Les noms de ces neuf enfants sont tous mentionnés dans un acte delà chambre des tonlieux de Bruxelles, daté de 15 66 et que signale Binchart. Van Orley laissa à sa famille quelque l)ien : outre son hal)itation à Bruxelles, il possédait ù Weramel une ferme, ache- tée en 1531, des terres à Wolverthem et à Leeuw-Saint-Pierre. Les renseignements bien rares fournis par les anciens chroniqueurs et les quelques faits nouveaux révélés au cours du xixe siècle , à la suite des patientes investigations de MM. Alt- meyer, Pinchard, Alphonse Wauters, Geudens et Houdoy, dans les archives de Bruxelles, Anvers et Lille, n'éclairent encore que bien faiblement les événe- ments de la vie de Van Orley. Quant à son œuvre, tableaux, tapisseries et vi- traux, elle n'a fait l'objet, jusqu'ici, que d'insuffisantes recherches et de commen- taires sommaires , les monographistes s'étant bornes, le jdus souvent, à se répéter les uns les autres. Félibien assure que " d'abord sa ma- « nière était gothique, mais qu'à force " de voir des ouvrages de Raphaël et de " Jules Romain, il la changea «. Passa- vant complète cet avis en disant » qu'il I. avait fait déjà des œuvres remar- 'I quables avant d'aller en Italie, où il Il adopta un style nouveau; sa couleur. Il de brillante et transparente qu'elle » était auparavant, devint, dans les » chairs surtout, sèche et métallique ". Cela est assurément intéressant; seule- ment les deux auteurs, dont le second ne semble avoir fait que démarquer le premier , négligent complètement de nous dire sur quels documents ils basent leur opinion, ce qui, en somme, enlève toute valeur à celle-ci. Le maître, suivant l'exemple de ses prédécesseurs, ne signa guère ses ou- vrages. Nous n'avons relevé que quatre exceptions : le Job et le portrait du doc- teur Zelle sont signés Bernardus Orley; le panneau central du triptyque des me- nuisiers, à Vienne, est signé Bernardus van Orley, et la Sainte Famille de Stock- holm : B. V. Orley. On rencontre ensuite deux spécimens de son monogramme, composé de trois initiales enlacées : B V (renversé) et 0, un sur le tableau de Job et un sur les dessins de tapisseries, à Munich. Tels sont les seuls guides que la cri- tique moderne ait eus à sa disposition pour retrouver les autres œuvres du 577 ORLEY 278 maître et lui reconstituer un catalogue. De cette insuffisance de prototype, dou- blement regrettable lorsqu'il s'agit d'un artiste appartenant à une époque d'évo- lution et de transition, il est résulté une foule de restitutions hasardées , qui , finalement, ont eu pour résultat l'at- tribution à Van Orley d'une série d'oeuvres aussi disparates sous le rap- port du dessin et de la facture que sous celui du coloris et du style. De même qu'il fut un temps où toutes les peintures gothiques flamandes , hollandaises et même françaises étaient des Van Eyek ou des Memling, de même la plupart des tableaux anonymes flamands du premier quart du xvie siècle furent, à la même époque, baptisées Van Orley : Mensaert lui attribue le triptyque de la famille Haneton, représentant une PiWa, sur fond d'or, au Musée de Bruxelles; Passavant, le triptyque du Jvgement der- nier, à l'église Saint-Jacques, à Anvers; Waagen.ceux de V Adoration de la Sainte Trinité, à l'église Notre-Dame, à Lu- beck; à\x Mariage de la Vierge, k l'église Saint-Gomniaire, à Lierre, et de la Dea- cente de Croix, du Musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg ; Van Lérius, l'Ado- ration des mages, du musée d'Anvers ; Fétis, les Srèties de la Vie de la Vierge, au musée de Bruxelles; le dr Schlie, les volets des rétables en bois sculpté des églises de Giistrovv et de Lubeck; Alphonse Wauters, le portrait de Charles- Quint, du musée de Pesth. Nous pensons qu'aucune de ces œuvres n'est de lui, et nous nous refusons également à considé- rer comme sortis de sou pinceau la Sainte Famille, du musée de I)resde ; le Saint Norbert, de la pinacothèque de Munich ; la Madeleine, de la Natioiu^l Gallery, le Portrait de Guillaume Nor- man, du musée de Bruxelles, ainsi que deux séries de fresques qui sont à l'hôtel Busleyden, à Malines, et dans un hôtel particulier, à Sienne, et que quel- ques auteurs lui attribuent. Il n'y a aucune analogie entre ces différents ou- vrages et les peintures authentiques de Van Orley ; il n'y en a même pas entre elles, et elles appartiennent certainement à six ou sept peintres diS"érents. Les œuvres les plus importantes de Van Orley ont été mentionnées au cours de cette notice ; quelques autres pein- tures, d'un intérêt moindre, lui sont encore attribuées avec plus ou moins de raison : on en trouvera l'énumération dans les commentaires du Van Mander de M'' Hymaus (t. I, p, 129), ainsi que dans l'annexe de la dernière étude consacrée au maître par Alph. Wauters (p. 107). C'est à Bruxelles que l'on peut le mieux se rendre compte du talent de l'artiste. En dehors de la Belgique, ce sont les musées de Turin et de Vienne qui contiennent ses ouvrages les plus intéressants. Dans l'histoire de lapeinture flamande. Van Orley, entre Gossart et Josse van Clève, est établi au confluent de deux âges : le gothique qui disparaît, et la renaissance qui commence. En 1492, lorsqu'il naquit, Memling vivait encore à Bruges, où venait d'arriver Gérard David; Quentin Metsys avait quitté Louvain pour s'établir à Anvers, dont il allait fonder la renommée artistique. Taudis que Bernard étudiait à Bruxelles, sous la direction probable de son père Valentin, les formules gothiques étaient encore la loi. Mais voici que l'exode vers l'Italie commence : Gossaert, Van Orley et Van Clève partent les premiers; ils y furent vraisemblablement ùki même époque. Au moment où tous trois rentrent au pays, vers 1510-1512, Metsys vient de clôturer la série des grands chefs- d'œuvre gothiques. Des trois pèlerins flamands, ce fut Van Orley qui semble avoir résisté le plus longtemps aux séductions de l'art italien, car le rétable de Sainte-Wal- burge, achevé en 1520, demeure, en somme, fidèle aux formules du xvesiècle, de même que la Remembraitce de Marie morte, exécutée en la même année. Mais voici le triptyque des menuisiers, celui des aumôniers et surtout celui des Epreiives de Job, et immédiatement les architectures renaissance , en même temps que les attitudes et le sentiment des personnages, marquent l'abandon des traditions nationales, l'évolution accomplie. De même que Gossart et 279 ORLEY 280 un peintre contemporain anonyme, que | nous avons appelé le » Maître de la Lé- gende de Marie-Madeleine » , Van Orley apporte, dès lors, dans la conception et l'agencenaent de ses architectures, l'ima- gination la vive qui, dans certaines tapisseries et dans les verrières, at- teint parfois à la beauté. Par contre, la composition de ses tableaux est généralement insignifiante, sans origi- nalité. Ses personnages, le plus souvent, gesticulent follement, croyant rappe- ler, par leurs attitudes extravagantes, leurs mouvements généralement désor- donnés, leurs gestes presque toujours déséquilibres, le caractère dramatique et le style grandiose des maîtres de la renaissance italienne. Il faut reconnaître, néanmoins, que si, dans ses tableaux, l'influence de Rome l'a peu servi, il en a, par contre, retiré quelque profit lors- qu'il s'est agi pour lui de mettre son talent au service des tapissiers, dont les ouvrages sont comme les fresques des Pays-Bas. Il y a fait preuve de réelles qualités d'inventeur et de metteur en pages, non seulement dans l'interpré- tation des sujets et le caractère qu'il a su (lonneraux figures, mais également dans l'agencement des riches bordures de fleurs et de plantes, animées de figures et d'animaux, dont il les a encadrés. Parmi ses portraits connus, celui du docteur Zelle est incontestablement le meilleur. Van Orley s'y montre, à la fois, physionomiste intéressant, coloriste raftiné, exécutant savant et personnel. Le musée de Bruxelles conserve égale- ment la peinture considérée, à juste titre, comme l'œuvre capitale du maître, la Patience et les Epreuves de Job; il y manifeste, mieux qu'ailleurs, ses talents divers d'architecturiste , de paysagiste et d'animalier; le panneau représentant le banquet du mauvais riche nous le montre, en outre, peintre de genre, et, dans celui de l'Enfer, il continue la lignée des peintres fantastiques, dont .férôme Bosch est la souche et que le vieux Breugel et Teniers vont clôturer; enfin, dans son ensemble, le triptycjuc affirme la maîtrise de Van Orley sous le rapport de l'exécution et du coloris : en dépit des influences troublantes de Rome et de Florence, le maître bruxel- lois y affirme le tempérament flamand, tant par la puissante harmonie de cer- taines gammes de couleurs personnelles, que par l'habileté à manier le pinceau et à appliquer sur le bois de belles pâtes transparentes. Les anciens auteurs citent les noms de plusieurs peintres de renom qui ap- prirent leur art dans son atelier et qui furent, par la suite, ses collaborateurs. D'après Van Mander, Michel Coxie, né à Malines en 1497, fut son élève. Nous avons dit qu'après la mort de Van Orley, ce fut celui-ci qui acheva les cartons des vitraux qu'il avait commencés pour l'église Sainte-Gudule. D'après Félibien, " Van Orley avait eu sous lui un nommé Il Tons, grand paysagiste, qui travailla " aux chasses de l'empereur Maximilien, » et un autre de ses élèves, Pierre Coecke, Il natif d'Alost, fort bon peintre et archi- » tecte n ; si le premier l'aida dans l'exé- cution de ses fonds de paysage, il est pro- bable que l'autre le seconda surtout dans la composition et l'exécution des riches décors d'architecture qui abondent dans son œuvre. Contrairement à l'opinion de quelques historiens, nous ne pensons pas que Van Orley ait jamais eu pour collaborateur le paysagiste Joachim Pa- tenier, qui habita Anvers, où il se fit inscrire à la gilde, en 1.515, et où il décéda dès 1524. L'influence que Van Orley a exercée, en Brabant, sur ses contemporains semble avoir été considérable, non seule- ment comme peintre, mais comme dessi- nateur de cartons pour tapissiers et verriers. Coecke, Coxie, Vermeyen, Campana dérivent de lui, ainsi que le « Maître de Marie-Madeleine « et le " Maître de Gustrow » , deux artistes dont les noms demeurent inconnus jus- qu'ici et dont les œuvres lui ont été attribuées par plusieurs auteurs. Si comme peintre ses monographistes ont quelque peu exagéré ses mérites, il ne nous semble pas qu'en général on lui ait suffisamment rendu justice comme chef d'école, car il n'est pas douteux qu'il joue le rôle le plus considérable à 981 ORLEY 282 Bruxelles, au moment où cette ville, résiilence de Charles-Quint, fut un cen- tre artistique, actif et renommé. A.-J Wauiers. Albrecht Dùrers Tagebuch der Reise tu die yiederlànde (laiO-iîl), pjr le d' Leitschuh iLeip- zig, ^SSi\ p. 57. — K. van Mander, Het Schil- derboeck iHarlem, i»!04). — Félibien, Entretiens sur les vies et sur les ouvrages des plus excellents peintres ancietis et modernes. ÎSouvelle édition (Paris, nio). t. II. p. 3-28. — Dr Passavant, Kunstreise durch England und Belgien (Franc- fort, i833). — Id., Raphaël (Francfort, 1839 . — Altmeyer, Marguerite d'Autriche (Liège, 18i0). — Gachard, Rapport à ilonsicur le Ministre de l'In- térieur sur différentes séries de documents qui sont conservés a Lille (Bruxelles, 18M). — Goet- hals. Histoire des lettres, des sciences et des arts en Belgique (Bruxelles, 18W), t. III, p. 43-oo. — Henné et Wauters, Histoire de la ville de Brujcelles (Bruxelles, 1845), t. III, p. 2G'2el .suiv. — Carton el Vande Pulte, Collégiale de Sainte Walburge iÀntiales de la société d'Eniulaiion, Bruges,"48oO. t. Mil, 2e série, p. d91-2iG; 1862- 4863, t. XII, 2e série, p. 6i--io2). — A. Pinchart, Tableaux et sculptures de Marie de Hongrie Re- vue universelle des arts, t. UI, p. iVà]. — Id., Les hi-itoriens de la peinture flamande aux \'S^ et XM« siècles ; notes à l'ouvrage de Crowe et Cavalcaselle : Les anciens peintres flamands (Bruxelles, 18G3). t. II, p. CCLXXXVI. — Alph. Wauters, Bernard van Orlcy, dans Ch. Blanc: les Peintres de toutes les écoles. Ecole flamande (Paris, 4864^ — Id., les Tapisseries bruxelloises (Bruxelle.*, 1878). — A. Pinchart, Archives des arts. t. II, p. 8; l. III, 1881, p. 197 (Bruxelles, •1863). — Id., Notes manuscrites. — Darcel, les Tapisseries du Garde-Meuble (Paris, 1878). — Muntz, Histoire de la tapisserie. Ecole italienne (Paris, 1878-84), p. 19. — Woermann, Geschichte der Malerei (Leipzig, 1882), t. 11, p. olo. — Dr F. Schlie, Das Altariverk der beider Brusseler Meistei- Jan Borman und Bernaert van Orley, in der Pfarrkirche zu Giistroiv (Gustrow, 1883 . — Weale, Bruges et ses environs, 4e édition. — Génard, les sept anivres de miséricorde et le jugement dernier de Bernard van Orley, à Lierre, dans Taurel, l'Art chrétien en Hollande et en Flandre (Amsterdam, -1881) t. II, p. 43. — Alph. Wauters, Bernard van Orley, sa famille et tes œuvres, dans le Bull, de l'Acad. roy. de Bel- gique, 3e série, t. I (Bruxelles, 1884), p. 369-444. — Ephrussi, Albert Durer et ses dessins (Paris, 4882), p. 275-278. — H. Ilymans, le Livre des peintres de Cari van Mander, traduction, no- tes et commentaires (Paris, 188i), t. I, p. 126- 435. — Alph. Wauters, Bernard van Orley (Pa- ris, 1893,. — Ed. Geudens, le Jugement dernier et les Sept Sacrements de miséricorde, par Van Orley, dans le Bull, de l'Acad. d'archéol. de Belgique, 4* série des Ann., 2» partie, t. V, p.l26- 134 '4889;. — L. Beltrami, La Batlaglia di Pavia Miian,189G,. — A.-J. Wauiers, /e/{eiat/e de Sai>ue- f>V//6urj/e commandé en i;jl5 a Bernard van Orley, pour la Confrérie de la Sainte-Croix de Furnes Bruxelles, 4899). — Id., le Musée de Bruxelles. Tableaux anciens. Catalogue (Bruxelles, 4900). onLRY [Jean \'i^%), peintre, fils de Pierre etde Josiiie Cricx, né à Bruxelles, le 4 janvier 1665, y décédé le 22 fé- vrier 1735. Il commença par dessiner et par peindre des miniatures et se fit, dans ce genre, une certaine réputation. On connaît de lui une suite de 28 sujets empruntés à V Histoire du Nouveau Testa- ment, habilement composés et que grava son frère Kichard. D'autres dessins sont signés J. F. 0. Plus tard seulement, il s'adonna à la composition historique, allégorique et religieuse; c'est ce qui explique sans doute son inscription tardive comme maître dans la corpora- tion des peintres, le 24 juin 1710. Quel- (|ues années après le bombardement de Bruxelles par les Français (1695), et lors de la reconstruction des édifices dé- truits, le magistrat, les métiers, les couvents et les fabriques d'églises firent appel au peintre, et Mensaert qui, en 1762, fit un inventaire des richesses artistiques contenues dans les princi- paux édifices de Bruxelles, cite environ trente de ses peintures, exposées dans les églises, chapelles et abbayes de Bru- xelles et des environs, ou décorant les locaux des Serments et Métiers ; au dire de cet auteur, ses œuvres principales étaient: une Adoration des matjes qu'il fit pour la salle chapitrale de l'abbaye d'A.fflighem, et un Crucifiement , qui or- nait le maître-autel de la chapelle des Sœurs Noires, à Bruxelles. Presque tous ces tableaux ont disparu ; on en trouve encore deux à l'église de Saint-Nicolas, un autre à l'église d'Assche. Il fit aussi de nombreux modèles pour les tapissiers bruxellois, qui l'employè- rent beaucoup. On en connaît encore huit qui lui furent commandés, en 1731, par MgrVanSusteren,évêque de Bruges, pour le chœur de'l'église Saint-Donatien; ils décorent actuellement les transepts de l'église Saint-Sauveur. Bruxelles et Bruges conservent également quelques tapisseries faites d'après ses cartons; il y en a six chez Mr le duc d'Arenberg, représentant les Amours de Vénus et d^ Adonis, tissées par Josse de Vos, et une chez M"" le comte de Spoelberg, re- présentant le Triomphe de Neptune et d' Amphitrite, tissée par V^ander Borght. C'est à ce tapissier qu'on doit égale- ment les huit pièces de la Vie du Christ, conservées à Saint-Sauveur de Bruges, 283 ORLEY 284 où on les expose dans le chœur, les jours de fête. On sait, en outre, par un mémoire du temps, que le tapissier Pierre Vanden Hecke tissa pour Marie- Thérèse une chambre de sept tapisse- ries représentant V Histoire de Psyrhé, « d'après les patrons du fameux sieur » Jan van Orlai " . L'exécution rapide flo tous ces modèles influa fâcheusement sur le talent de l'artiste qui, au début, dit Mensaert, était assez délicat, mais qui tomba par la suite dans le goiit des couleurs burlesques. En efl'et, les gran- des compositions qu'il développait d'ha- bitude dans des perspectives d'architec- ture et de paysage sont d'une mise en page banale et d'un coloris insipide. Par contre, lorscjue, (juittant le domaine de la fantaisie décorative, il se plaçait sur le terrain de la réalité, en d'autres termes, lorsqu'il peignait des portraits pour les hôtels de ville et pour les locaux des cor- porations, il ressaisissait parfois les tra- ditions de la grande école nationale ; les portraits éc|uestres du roi Char- les II à l'hôtel de ville de Bruxelles, celui de l'empereur Charles VI, et sur- tout celui du roi Philippe V, ces deux derniers à l'hôtel de ville de Malines, ne sont pas des œuvres sans mérite. Jean mourut célibataire et fut en- terré h iSaint-Géry, dans la chapelle Saint-Maur, où reposaient déjà son célèbre ancêtre Bernard, son père Pierre et son frère llichard. Sa sœur Marie- Anne, née à Bruxelles en 1667, avait épousé un nommé De Haese, dont le tils Maximilien, reçu maître-peintre, en 1726- 172 7, et nommé, plus tard, peintre de Marie-'l'hérèse, fut l'héritier de ses oncles Jean et Richard van Orley. Maxi- milien de Haese, qui mourut en 1787, fut le dernier descendant artiste d'une famille dont "Valentin van Orley, le père de Bernard, avait été la souche, plus de trois siècles auparavant. A.-J. W.Hiiois. Mensaert, Le Peintre amateur et curieux, t. 1, p. .'-JO. — A. W ailiers, Les Tapis'iiera bruxel- lois, p. 272. — Pincharl, Notes manuscrites. oiti>i::Y { P /i i lippe n'), homme de loi et homme de guerre, né vers 1490 et décédé en 1558, fut seigneur de Senefl'e, de Tubize et de la FoUie. Sa mère était une de Withem et sa femme une niar- gravine de Bade. Son père, Bernard, exerçait la charge de pannetier en titre de l'empereur Maximilien P', qu'il accompagnait dans ses campagnes et ses voyages. Notre personnage fut d'abord écuyer de ce même souverain, puis, très jeune encore, nommé en 1509 bailli de Nivelles et du Brabant wallon. Ayant été autorisé en 1513 à aller servir le roi d'Angleterre contre ses ennemis, c'est-à dire le roi de France, il demanda et obtint d'être remplacé dans sa charge de bailli par Gaspard Scamp. Son absence dura deux ans. A son retour au pîiys, Charles-Quint, qui venait d'être éman- cipé, lui fit bon accueil, le nomma son echanson, sans doute en récompense de sa belle conduite à la bataille de Guine- gatte. Mais Philippe d'Orley tenait à reprendre ses fonctions de bailli de Ni- velles ; il s'entendit avec son successeur et Charles-Quint, par lettres patentes du 30 avril 1515, consentit à le rétablir dans ses anciennes fonctions. Il prête le serment d'usage le 25 juin suivant, et, à partir de ce moment jusqu'à la fin de sa vie, à la cour et à l'armée, il sera pour tous le bailli de Nivelles, bien qu'il soit en même temps colonel des bandes alle- mandes. C'ei,t ainsi qu'il est envoyé en 1521 à Ivoix. Ily reste deux ans, surveil- lant avec zèle notre frontière du côté de la Lorraine et de la Champagne. En 1528 il faitla campagne de Gueldre et est blessé assez grièvement au siège de Hat- tem. Nous le retrouvons en 1537 au siège de Saint-Pol sur Ternoise, et cinq ans plus tard au Luxembourg où son beau-frère, le marquis de Bade, a laissé les plus tristes souvenirs. Sa correspon- dance avec la reine Marie de Hongrie est très intéressante. H ne cache rien à la reine de ce qu'il voit et de ce qu'il apprend, l^oin de pouvoir attaquer, dit- il, on n'est pas en état de se défendre; tout manque à la fois : les hommes, l'ar- gent, les vivres et les munitions. Ses frc(|uentes incursions sur le territoire français dissimulent tant bien que mal ce triste état de choses, et il est fort pro- bable que le roi Henri II se soit sou- S85 ORLEY 286 venu de lui, quand en 1552 il ordonne que l'abbaye de Gorze soit brûlée et rasée de fond en comble. Le frère de notre personnage, (luillaume d'Orley, qui était à la tète de cotte communauté, avait invoqué en vain le traité de Crépy qui lui assurait tous les bénéfices de la neutralité. 11 mourut bientôt après à Luxembourg où il s'était réfugié. Le bailli de Nivelles ne tarde point à le suivre dans la tombe. 11 a été en 1554 gouverneur intéri- maire du Luxembourg et il a pu, en cette qualité, rendre de bons services; cela suffit à sa gloire. Son gendre, Charles de Rubempré, seigneur de Bièvre, lui succéda comme bailli de Ni- velles et du roman pays de Bral)ant, mais déjà au bout d'un an il céda sa place à Louis de Stradio, seigneur de Malonne. Philippe d'Orley n'avait eu qu'une fille de sa femme, la raargravine de Bade. Charles Rahleiibeek. Ch. Rahlenbeek, Metz et Thionville sous Cliarles- Qiiim (Bruxelles. 1880;. p. 48. — Le Blon, ÛEk- vies généal., nis., t. VII, p. 108. — Archives gê- ner, de Belgique. Chambre des comptes. Reg. nos 12813 et 1281 i. — Liasses de l'Audience de 15-ii a loo'l. — A. Neyen, Biographie luxem- bourqeoise, t. II, p. 27. ORLCv (Pierre »'.%:«), paysagiste, fils de François, dont on n'a pas établi jus- qu'ici la parenté avec Bernard, et de Barbe Caulaert, né à Bruxelles le 7 mai 1638. Il fut reçu maître le 13 février 1661 et épousa Josine Cricx. Doyen de la corporation de Saint-Luc en 1678 et 1688, il fit partie du. Alagistrat de la ville en qualité de conseiller ; receveur en 1698 et 1699, et décédé après 1708, il laissa quatre enfants, dont deux, Ri- chard et Jean, s'adonnèrent à la pein- ture. Le musée de Bàle possède de lui deux miniatures sur parchemin, signées et datées 1702. Il eut un frère nommé Jérôme, religieux récollet, qui se livra également à la peinture et qui, d'après Mensaert, fut le maître de ses neveux, Richard et .Jean. A.-J. Waiilers. ORLEY [Richard VAiî), peintre et graveur, fils de Pierre et de Josine Cricx, né à Bruxelles, le 16 juil- let 1663, y décédé le 20 juin 1732. Il paraît avoir séjourné en Italie. C'est surtout comme miniaturiste, dessinateur et graveur que cet artiste s'est fait connaître. Mensaert énumère quelques- uns de ses travaux : V Histoire de Télé- mnque, en 86 planches, à l'encre de Chine; l'Histoire des accroissements de Rome, en 68 planches; V Histoire du Ponti/icat romain, l'Histoire du juif Jo- seph, gravées par Berthram. La biblio- thèque de Gand conserve de lui un recueil de 16 dessins, représentant des Scènes de la vie de Charles- Qnint. Comme peintre, on sait qu'il fut em- ployé par l'abbaye des Prémontrés de Tongerloo, pour laquelle il exécuta une série de panneaux relatifs à l'histoire de saint Norbert ; un d'eux, représentant la rentrée du pape Innocent H à Rome, figure au musée d'Anvers. On voit aussi de lui deux petits sujets mythologiques, les Piérides et Junon et Jryua, au musée de Gand. 11 a beaucoup gravé. On connaît de lui, notamment, une suite de douze charmantes pastorales, d'après ses pro- pres compositions; un recueil de douze planches, d'après des dessins d'Augustin Coppens, intitulé Perspectives des mines de la ville de Bruxelles désit/iiées au natu- rel, souvenir très intéressant du triste spectacle que présentait le centre de la ville, après le bombardement de 1695 ; une suite de 28 sujets empruntés à V Histoire du nouveau Testament, d'après des dessins de son frère Jean. Toutes ces petites gravures sont exécutées d'une pointe fine et spirituelle. Il était beau- coup moins heureux lorsqu'il abordaitdes formats plus grands, (,'ertaines de ses planches sont signés du monogramme R. V . O. Descamps a pul)lié son portrait. Richard vanOrley mourut célil)ataire et fut enterré dans l'église Saint-Géry. Descamps dit qu'il fut contrôleur de la ville. A.-J. Waiilers. Descamps, La Vie des peintres, 1700, t. III. p. 300. — Mensaert, Le Peintre amateur et cu- rieux, 1. I, p. 39. — Nagler, Kùnstler-Lexikou.— A. Wauters, Les Tapissiers bruxellois,^. 27 i. ORLEV {Valentin vaiw), peintre, issu de la famille luxembourgeoise des 287 ORP — ORSAEGHEN 288 sei2;neurs (l'Ourle ou d'Orley, nom qui, par le fait de l'élection de domicile du titulaire dans une ville flamande, est devenu bientôt van Orley ; Valentin et ses fils sio;naient indifféremment d'Or- ley ou van Orley. Vers 14-2 5, un nommé Everard d'Or- ley prit pour femme une patricienne bruxelloise, Barbe Taye ; leur fils Jean, reçu bourgeois de Bruxelles en 1464, est cité, en 1482, parmi les membres du lignage patricien de Sleuw. Jean eut lui-même deux fils, Everard, enfant lé- gitime, ([ui hérita de ses titres et biens, et Valentin, enfant naturel, né en 14(58, qui fut la souche des peintres de la célèbre famille des van Orley, la{|uelle se perpétua à Bruxelles jusqu'à la fin du xviiie siècle. Le 13 mai 1490, Valentin épousa, à Sainte-Gudule, Marguerite Van Pyn- broeck et, après le décès de celle-ci, Barbe Van Cappenborgh, le 26 avril 1502. Vers cette époque, on trouve son nom dans la liste des membres de la confrérie des Sept Douleurs, à l'église Saint-Gcry. Plus tard, il alla s'établira Anvers, où il fut reçu maitre dans la gilde de Saint-Luc, en 1512. 11 reçut des apprentis, en cette même année, ainsi qu'en 1516 et 1517. En 1527, il était de nouveau fixé à Bruxelles, où il mourut en 1531 ou 1532. On ne con- naît aucune peinture de sa main. Il eut de ses deux unions six enfants, dont quatre fils, qui furent peintres comme leur père : 1° Everard, qui naquit en 1491 et qui épousa, d'abord, Elisabeth Schreyers, ensuite, Barbe Geerts; 2° Ber- nard, qui naquit en 1492 et auquel une notice spéciale est consacrée plus haut ; 3'> Philippe, (lui épousa Marguerite Merteiis et fut, en 1532-1534, provi- seur de la confrérie de Saint-Eloi, for- mée de peintres, à Bruxelles ; il vivait encore en 1556; 4'> Gommairc, qui épousa, en 1533, Elisabeth van Conninx- loo, sœur du peintre Jean, et qui eut pour gendre le célèbre tapissier Antoine Leyniers A.-J. Wsuters. Alex. Pincharl, Archives des Ans, l. Il (d803), et iS'oies manusciiies. — A. Waulers, Bernard van Orley. ORP {Gilles DE Liège ou d'), frère prêcheur, vivait dans la seconde moitié du xiiie siècle. Il naquit probablement à Orp, commune située au Sud-Est du Brabant dans l'arrondissement de Ni- velles. S'il est nommé parfois Gilles de Liège (Egidius a Leodio), c'est qu'il est entré sans doute au couvent des Frères- Prêcheurs à Liège. Neuf de ses sermons sont parvenus jusqu'à nous; ils ont tous été prononcés en diverses églises de Paris au cours des années 1272 et 1273 et quelques-uns d'entre eux ont dû avoir assez de succès, à en juger par ce fait que Pierre de Limoges a reproduit, dans son recueil intitulé JJistinctiones, le ser- mon prononcé le jour de la fête de saint Luc à la chapelle des Béguines. Cepen- dant le style de toutes ses œuvres man- que de distinction : les comparaisons sont vulgaires et parfois même plus que triviales. Il est vrai qu'il faut tenir compte, pour les apprécier à leur juste valeur, de l'époque et du public auquel l'orateur s'adresserait. Herman Vander Linden. Ms. no 4G481 (sermons 4. 26, 54, 6% 66, 102, 141, M bis, 203). fonds latin, Bibliothèque na- tionale, à Paris. — Quélif et Échard, Sa-iptnrcs ordinis prœdicatorum, t. I, p. 2C6. — J. Echard, Siimma S. Thornœ siio aucturi vindicata (Paris, 1708). — Histoire littéraire de la France, t. XXVI, p. 41o, 416. ORMAEGUKiv {François vaw), écri- vain ecclésiastique, né à Malincs en 1645, mort à Anvers, le 18 décem- bre 1690. Il fit sa profession dans l'or- dre des Carmes déchaussés, à Louvain, le 11 mars 1663, et prit en religion le nom de Marc de Saint- François, Marcus a S. Francisco, sous lequel il est connu des bibliographes. Il fut lecteur en théo- logie et définiteur de son ordre. On lui doit les ouvrages suivants : 1. Sumario de la vida, virtudesy milagros del B. Padre Fr. Juan de la Cruz. Louvain, Adr. de Witte, 1675; petit in-12. La même année parut, chez le même éditeur, une édition flamande de cet opuscule sur les vertus et les miracles du bienheureux Jean de la Croix. — 2. Une petite chro- nique carmélitine, en flamand, publiée à Anvers, en 1685. — 3. Aurifodina, in qua delegilur magnus anima r uni prof ec- S89 ORSSAGHEN — ORT 290 tus ex crehra frequentalione confession i s et communionii. Arwers, 1685; in-12. Cet ouvrnge fut, paraît-il, traduit en fla- mand et en français ; Gilles De Witte, le célèbre janséniste gantois, l'ayant attaqué violemment dans son petit livre: De goude myrte ondergraven en in de locht gespronghen (1688), le P. Marc de Saint-François répondit par un Libellus svpplex adressé au recteur de l'université de Louvain, auquel De Witte répliqua par une Refutatio libelli R. P. Marci a S. Francisco. Le Père porta alors plainte au Grand Conseil, qui commença à pro- céder contre De Witte. Mais celui-ci re- fusa de comparaître, ne reconnaissant pas la compétence du Grand Conseil dans une affaire où il s'agissait d'un dé- bat purement théologique ; c'est la thèse qu'il soutint dans un Factum imprimé à cette occasion, et dans sa Deductio pro immunitate ecclesiastica. On réimprima alors des extraits de la Goude myne on- dergraven pour montrer les innovations de De Witte en matière de foi et de mo- rale ; le janséniste riposta en 1689 par une Responsio ad summariu n excepto- rum... Enfin, les PP. Carmes ayant fait afficher un placard injurieux pour le doyen malinois, celui-ci publia encore une réponse, imprimée en flamand. Mais la polémique fut clôturée définitivement par la mise à l'index le 27 novem- bre 1689, de la Goude myne ondergraven. On doit encore au P. Marc de Saint- François une traduction flamande de la Consolatio pusiUaniminm de Louis de Blois, abbé de Liessies. Paul Bergmani'. C. de Villiers, Bibliotheca caitnelitana (Or- léans, \T6%, t. II, p. 310, et additions manus- crites de Jacq. Goyers sur cet ouvrage (bibl.univ. Gand), f» 20. — [P. Le Clerc], Idée de la vie et des écrits de M. G. de Witte (Rome [Amsterdam], 17o6;, p. -I0-21. — F.-V. Goethals, Histoire des lettres, etc., t. I ^Bruxelles, 1840), p. 268-269 et p. 279. — Le Bibliophile belge, t. IV (Bruxelles, m-), p. 309. onsMAGHEN (<7^an van), rhétoricien du milieu du xvie siècle. En 1552, il était doyen de la gilde Saint-Jean de Peoene à Malines. Il fut chargé en cette année par le magistrat de la ville de re- présenter le mystère de Tobie et reçut, BIOGR NAT. — T. XVI. comme rémunération, une somme de vingt florins. \i. Tieienteyn. Vander Aa, Biographisch woordenboek. — Melckebeeke, Geschied. aanteeken. betreffende de St-Jans gilde, p. 35. * ORT {Arnould) ou Ortkens, pein- tre verrier, natif de Nimègue, vint s'établir à Anvers au commencement du xvie siècle. Il y acquit bientôt une bril- lante réputation, et Guicciardin qui, à cette époque, visitait cette ville, le cite parmi les principaux artistes qui y flo- rissaient, ajoutant que, dans son dessin, ce peintre verrier imitait trop servile- ment les maîtres italiens, tandis que, d'autre part, il avait réussi à découvrir un nouveau procédé, permettant dans la cuisson des vitraux, de dissoudre et d'assimiler des couleurs diverses. On ne sait pas exactement quand il s'établit à Anvers. Dès les premières années du xvie siècle, on retrouve dans cette ville un peintre verrier qui n'est désigné que sous le nom de derdt de gelaesmakere. Albrecht Durer en fait mention dans son voyage aux Pays-Bas. D'autre part, le même artiste reçut dans son atelier, en 1506, un élève qui avait nom Thysken Mathys. Plus tard, d'ac- cord avec Thierry Jacobsson, il dessina le modèle de divers sceaux d'Etat qui furent exécutés en argent par Jean Van Vlierden, alias Van Nimeghen. S'agit- il ici d'Arnould Ort? C'est possible, mais jusqu'à présent les preuves cer- taines permettant de l'affirmer man- quent encore. Quoiqu'il en soit, on sait positive- ment qu'Arnould Ort ou Ortkens fut reçu comme franc-maître dans la gilde Saint-Luc en 1513. La réputation dont il jouissait lui attira un grand nombre d'élèves ; malheureusement plusieurs d'entre eux ne sont connus que sous un surnom qui leur était attribué d'après l'enseigne de la demeure leur servant de logis. Parmi ces jeunes artistes nous relevons les noms de Heunen Paresys en 1516; Wautier Kocxenl521; Hennen in 't Sterre et Tonen in 't Beerken en 1523 ; Frans in 't Vosken en 1527 ; un autre François en 1518; Hanneken in 40 291 ORTELIUS 292 de Voetboge en 1531 et Thomas de Keysere en 1531. En 1533, un violent incendie avait détruit en grande partie l'église Notre-Dame. Peu après, on se mit à l'œuvre pour réparer les dégâts que le feu avait commis, et il fallut notamment placer de nouveaux vitraux dans la plupart des fenêtres. Un grand nombre de peintres verriers furent char- gés de cette besogne artistique, Arnould Ort en reçut sa part, et les comptes de l'église renseignent qu'en 1536, il ob- tint la commande d'un vitrail, à placer dans la chapelle de la Vierge, et qu'on lui paya à valoir sur ce travail une somme de 41 livres 13 escalins et 4 de- niers. En 1538, le travail était terminé, et la fabrique d'église lui payait le solde lui revenant soit 25 livres. Fernand Donnet. Rombouts et van Lerius, De Liggeren van Sinte Lukas guide. — Siret, Dictionnaire des peintres. — Cl. van Cauwenberghs, Notice histo- rique sur les peintres verriers d'Anvers. — L. de Burbure, Toestand der beeldende kunscen in Ant- werpen omirent 1434. — Lud. Guicciardinus, Om- nium Belgii sive inferioris Germaniœ regionum descriptio. — Comptes de l'église Notre-Dame. ORTELICN [Abraham Oktels ou WoETELS, dit), géographe et antiquaire, né à Anvers, le 14 avril 1527 et décédé en cette ville, le 4 juillet 1598. Il appar- tenait à une classe modeste de la bour- geoisie, instruite et intelligente, mais quelque peu frondeuse et jalouse, en des temps troublés, de soustraire les secrets du foyer à la surveillance d'un gouver- nement intolérant. On sait peu de chose de la jeunesse d'Ortelius ; jusque dans ces dernières années, bien des erreurs s'étaient accréditées sur les débuts du grand géographe. François Sweerts ou Sweertius son ami, qui le connut seule- ment dans un âge avancé, comblé des avantages de la fortune, écrivit son panégyrique et nous le représente « menant une vie dissipée, dépensant • follement sa grande fortune dans des • voyages à l'étranger et ne commen- » çant à se livrer à des études sérieuses • qu'à l'Age de trente ans «. Cette ver- sion a été acceptée par la plupart des biographes d'Ortelius sur la foi de son cousin Emmanuel van Meteren, le compagnon de ses jeunes années, qui exilé par les persécutions religieuses, accepta sans examen, les dires d'un té- moin oculaire de sa vie. Cependant Or- telianus,son neveu, qui fut sou héritier et presque son fils adoptif, mieux infor- mé par les traditions de famille, conçut quelque doute sur cette fable et ayant retrouvé un ancien ami de son oncle, Jean Kademacker, il l'interrogea sur cette prétendue dissipation d'Ortelius. La réponse à cette enquête, restée iné- dite jusqu'à nos jours,' nous repré- sente le grand géographe sous un jour très différent, qui ajoute beaucoup à sa gloire. Loin d'être un privilégié de la fortune, il préparait laborieusement l'éclosion de son génie, qui lui valut plus tard l'honneur de figurer avec Mer- cator (voir ce nom) parmi les réforma- teurs de la géographie, et comme l'un des fondateurs de la science moderne. La correspondance d'Ortelius, heureuse- ment retrouvée dans les archives de la petite Éijlise Batave de Londres d'Aus- tin-Friars, aujourd'hui déposée dans la bibliothèque de l'université de Cam- bridge et publiée par Mr J.-H. Hessels, ainsi que les patientes recherches de P. Génard dans les archives d'Anvers, nous permettent d'écrire l'histoire de la vie du grand géographe avec beaucoup plus de chance de vérité. La famille Ortels (ouWortels) était ori- ginaire d'Augsbourg. Les archives d'An- vers signalent un Mathieu Wortels, mort en 1564, agentdes riches banquiers Fug- ger à Anvers, qui acquit de la fortune. Il habitait une grande propriété place de Meir (désignée sous le nom de Geley huis), et institua diverses fondations religieuses. De là naquit sans doute la légende de la fortune héréditaire attri- buée à Ortelius, — La parenté très pro- bable d'Ortelius avec Mathieu Wortels n'a jamais été bien établie. L'aïeul du géographe, Guillaume Ortels, était pharmacien rue Kipdorp, de condition moins fortunée, mais ayant cependant de l'aisance. Guillaume eut plusieurs enfants parmi lesquels nous citerons Imbert (ou Hubert) qui, suivant la cou- tume de l'époque hérita de l'officine pa- S93 ORTELIUS 294 ternelle. — Odile (ou Godelle) qui épousa en premières noces Nicolas Van- (1er Voorden, mercier à Bruxelles, et en secondes noces Jacques van Meteren, de Bréda, un chaud partisan de la réforme, — et Léonard (né en 1500) père d'Or- telius. La profession de Léonard Ortels n'est pas bien connue ; Sweerts en parle comme d'un homme ayant reçu une éducation distinguée, possédant un grand savoir, connaissant le latin et le grec. Il concourut avec son beau-frère Jacques van Meteren, dont il partageait les opinions religieuses, à la traduction de la célèbre bible anglaise de Miles Coverdale. En 1535, l'un et l'autre furent l'objet de poursuites ordonnées par Charles-Quint, comme possesseurs de livres suspects d'hérésie. Grâce au sangfroid d'Odile, épouse de Van Me- teren, les livres renfermés dans un coffre échappèrent aux perquisitions et l'af- faire n'eut aucune suite. Tout porte à supposer que Léonard Ortels faisait le commerce d'antiquités, très lucratif alors à cause de la mode adoptée par les riches marchands d'Anvers, d'orner leurs habi- tations d'objets rares et précieux. Léo- nard mourut jeune en 1539, laissant à sa femme, Anne Herreweyer, trois enfants : Abraham qui fut le grand géographe, Anne qui resta célibataire et la fidèle compagne de son frère, Elisabeth qui épousa le négociant Jacob Cools (le vieux). A son lit de mort, Léonard lé- gua à son beau-frère et ami Jacques van Meteren le soin de protéger sa jeune famille. Abraham Ortels fit ses premières étu- des dans les écoles de la ville, dont plu- sieurs étaient dirigées par des maîtres devenus célèbres, et sous la surveillance de son père qui, d'après quelques histo- riens, lui enseigna les rudiments du latin, du grec et des mathématiques. Suivant la coutume de l'époque, il fit en même temps, l apprentissage de la profession paternelle. Abraham n'avait pas douze ans quand il perdit son père ; la direction de ses études passa alors toute entière à son oncle Van Mete- ren. Une tejidre amitié unissait les fa- milles des deux beaux-frères, avivée probablement par la conformité des croyances religieuses et aussi par le sou- venir des périls communs courus en 1535. Des liens tout fraternels s'établi- rent entre Abraham Ortels et son jeune cousin Emmanuel van Meteren, le futur historien plus jeune de dix ans. Dans leur correspondance, qui se poursuit pendant toute leur carrière, apparaît déjà leur surnom scientifique : Emma- nuel prend celui de Metri et signe Em- manuel Demeirius. Abraham adopte pour signature Bnrtohis Aramacns ana- gramme de Abraliamus Ortelius. Tandis qu'Emmanuel continuait ses études d'humanité, à Tournai et à Duffel et entrait en 1550 en apprentissage à Londres, chez un marchand d'Anvers nommé Dankaert, Abraham commençait sa carrière dans un atelier de graveur de cartes, et dès 1547 était inscrit dans la gilde Saint-Luc en qualité d'enlumi- neur de cartes [afsetter van karteri), A cette époque il reprit pour le compte de sa famille, la direction de l'industrie paternelle, tout en augmentant son im- portance par la création d'un petit ate- lier de cartographie et d'enluminure avec le concours de ses deux sœurs, qui étaient et restèrent ses meilleures colla- boratrices. Son commerce l'obligeait à de fréquents voyages, souvent richement rétribués pour les missions dont le char- geaient certains marchands opulents d'Anvers; le but .en restait mystérieux pour le public, qui, mal informé les attribuait à des goûts de plaisir et de dissipation. Chaque année Ortelius se rendait à la foire de Francfort, l'un des plus grands marchés de cette époque; il y trouvait les meilleures cartes gravées dans toutes les contrées de l'Europe, qu'il rapportait dans son atelier d'An- vers pour les enluminer et les revendre ensuite à haut prix. Ces années, loin d'être vouées à la dissipation, ainsi que le supposait Sweertius, furent des années très laborieuses. Au témoignage de son ami Rademacker, tous les loisirs que lui laissait son travail matériel, étaient con- sacrés à l'étude de l'histoire et de la géographie qui le passionnait, à se per- fectionner daaa les langues, pour les- 295 ORTELIUS 296 quelles il avait une aptitude extraordi- naire. Il parlait et écrivait couramment le flamand, le français, l'allemand, l'es- pagnol, le latin et peut-être même le grec. En 1550 un événement douloureux, la mort de Jacquec van Meteren, vint tout à coup frapper cruellement la fa- mille Ortels, et priver Abraham de l'ami et du conseil de sa jeunesse. A peine âgé de vingt-trois ans, il se trouva ainsi chef de famille et le soutien de sa mère et de ses deux jeunes sœurs. Son courage et sonéuergie ne faillirent point à cette tâche. François Sweertius nous a laissé un portrait d'Ortelius, qu'il nous représente d'un commerce très sûr, très affable, très aimable et fort sociable : ■< Ortelius, » dit-il. Il était d'une haute taille et avait « les manières faciles et gracieuses ; ses » yeux étaient bleus, sa barbe blonde, " ainsi que sa chevelure de même teinte, « que relevait la blancheur de sa peau « et la beauté de son front. D'un abord « agréable, il avait aussi une conversa- » tion variée et affable. Grave sans pé- » dantisme, sa conduite se ressentait Il continuellement de son éducation « éminemment chrétienne «. Cette manière d'être valut à Ortelius de nombreux amis, non seulement par- mi les marchands, mais aussi parmi les artistes de la gilde de Saint-Luc, dont l'association formait la célèbre Chambre de Rhétorique des Violieren, société à la fois très remuante et très intelligente. Elevé dans une famille essentiellement protestante, il savait se soustraire aux exagérations théologiques qui avaient conduit ses cousins à l'exil, comme il réprouvait les erreurs du fanatisme cruel des catholiques et trouvait la satisfaction d'une conscience honnête et pacifique dans son amour du travail, en dehors de la fureur des partis, au point qu'aujourd'hui encore il serait très dif- ficile de décider s'il fut protestant ou s'il resta catholique. Modeste, il n'avait pas la prétention, et ne se sentait pas la force de réformer l'humanité ; sa sa- gesse lui valait des amis dans les camps les plus opposés et contribua au progrès de sa fortune. Jusqu'à cette époque Abraham Ortels avait été en quelque sorte l'enfant de ses œuvres. Mais l'extension de ses affaires, les voyages auxquels ses affaires mêmes l'obligeaient, le mirent en contact avec deshomraesdistinguésde l'étranger, dont il était parfaitement accueilli pour son aimable caractère et sa générosité, et contribuèrent ainsi à développer son savoir et son instruction. Parmi ses nou- veaux amis, il faut citer Hubert Goltzius, élève du célèbre peintre liégeois Lambert Lombard, qui aida puissamment Orte- lius à acquérir les connaissances d'anti- quaire. Lombard s'était épris d'art et d'antiquité dans ses grands voyages en Europe; il avait recueilli des objets an- ciens et avait formé une riche collection; précurseur des archéologues modernes, il s'efforçait d'en tirer des enseigne- ments destinés à contrôler l'histoire. Formé à son école, Goltzius était venu s'établir à Anvers où il avait fondé un commerce très lucratif d'antiquités, qu'il récoltait dans tous les pays pour les revendre aux marchands d'Anvers, tels que les frères Schetz de Grobbendonck. La similitude du commerce et des goûts établit tout naturellement des relations d'amitié entre Ortelius et Goltzius; fré- quemment, ils firent des voyages de re- cherches en commun, voyages que le secret commercial imposait de garder mystérieux. Dans leurs entretiens, les deux compagnons s'occupaient d'his- toire, leur étude de prédilection, et Golt- zius, plus instruit, transmettait à Orte- lius les enseignements puisés chez Lombard. Il en fut ainsi de la numis- matique qui bientôt devint une passion chez le jeune Ortelius. Quelques années après, Gollzius, attaché au service des frères Laurin de Watervliet, à Bru- ges, quitta Anvers pour se rendre dans cette dernière ville, laissant à Ortelius sa riche clientèle anversoise, qui fut une source de fortune pour notre antiquaire. Ortelius trouvait parmi les jeunes ar- tistes, qui chaque année se répandaient dans tous les pays de l'Europe et prin- cipalement en Italie (d'où leur vint le surnom de romanistes), des agents pour le renseigner ou pour acquérir des ob- 297 ORTELIUS jets d'antiquité, en même temps que les cartes géographiques nouvelles qui pa- raissaient, et intéressaient son industrie d'enlumineur de cartes. L'antiquaire évitait ainsi des voyages coûteux et les jeunes artistes voyageurs, dont la bourse était souvent fort légère, en bénéficiaient. Emmanuel van Meteren, apprenti chez Dankaert établi à Londres, revint en 15 52 avec son patron à Anvers, où il séjourna, tout en faisant de temps ù autre des voyages à Londres pour les affaires de son maître, notamment en 1556 et 1558. Emmanuel devint ainsi l'agent de son cousin en Angleterre, et lui procura entre autres la direction de la vente de la riche bibliothèque délais- sée par sir John Roger, père de sir Daniel Roger, ambassadeur de la reine Elisa- beth près de l'empereur Maximilien II, vente qui eut lieu à Francfort et mit Ortelius en relation avec les savants les plus distingués de la Grande Bretagne. Bien plus encore que Goltzius, Gé- rard Mercator, donl Ortelius fit la con- naissance à la foire de Francfort en 1554, exerça une influence heureuse sur son développement intellectuel et lui ouvrit la carrière de gloire dans la- quelle tous deux devaient s'illustrer. Mercator, plus âgé qu'Ortelius, était alors dans tout l'épanouissement de son talent ; il venait de publier sa belle carte de l'Europe dont l'apparition fut un événement dans le monde scientifique et commercial. Il vivait déjà à cette époque retiré à Duisbourg, résigné à l'exil pour se soustraire aux persécutions religieu- ses. Mercator saisit avec empressement l'occasion d'étendre ses relations avec la Belgique et surtout avec Anvers devenu le meilleur marché des cartes. Ortelius lui offrit son concours pour l'enlu- minure et la vente, et lui ouvrit le mar- ché de l'Angleterre; enfin, il mit Merca- tor en rapport avec le célèbre imprimeur- éditeur Christophe Plantin avec lequel il était entré lui-même en relation vers 1558. Le nomd'Ortelius,dit MrM. Roo- ses, est inscrit à cette date dans le journal de Plantin, avec la mention de peintre de cartes. • Les achats faits à diverses re- » prises sont tantôt en exemplaires mul- • tiples, ce qui indique un but commer- » cial, tantôt en exemplaire simple, ce • qui suppose une collection person- » nelle. • De ce commerce d'affaires naquit une véritable amitié entre Mercator et Orte- lius. Ils étaient doués, l'un et l'autre, d'un cœur généreux, aux aspirations élevées et indépendantes, que l'esprit de jalousie ne pouvait atteindre. Merca- tor entretenait son ami de ses espérances d'avenir pour le progrès de la géogra- phie, qu'il prétendait transformer en une science rigoureuse, basée sur les principes de la géométrie des projec- tions. Ortelius concourait à ces études par la communication des cartes nou- velles qui, chaque jour, lui fournissaient des détails inédits sur les belles décou- vertes de cette époque en Amérique et aux Inde?. Eclairé parles conseils de son ami, Ortelius, qui, jusqu'alors, s'était borné à l'enluminure d'œuvres d'autres géographes, comprit les avantages qu'il pourrait retirer du tracé des cartes nou- velles, au courant des découvertes du jour ; ne possédant pas l'instruction scientifique que Mercator avait acquise à l'université, il s'appliqua, suivant le témoignage de Radeniacker, à y suppléer par l'étude de la géométrie. La correspondance d'Ortelius nous fournit quelques renseignements sur ses nombreux voyages. Dans une lettre da- tée de Francfort, le 8 avril 1.566 et adressée à son cousin Van Meteren à Londres, il raconte qu'il a assisté au couronnement de l'empereur Ferdinand, frère de Charles-Quint, puis il donne des renseignements sur son commerce de cartes géographiques : « Votre dernière " lettre me demande c/e«j; i,'wro;?e«, que je a penseque mes sœurs vous enverront (di- " rectement d'Anvers) ; . . L'Anglais peut » dire ce qu'il lui plaît ; il m'a acheté " les dernières au prix de 70 sous; " voyez le dernier compte anglais que " vous avez reçu. Je mets le tout à votre « disposition, comme si vous étiez mon " facteur à Londres. Je vous adresserai « d'ici un Dijon {Dion) à 28 sous, un " Rome, à 16 sous et quelques autres ambert Lombard figurent en compa- gnie des hommes les plus célèbres de cette époque : Rembert Dodoens, Juste Lipse, Otto Venius, le maître de Ru- bcns, Charles de l'Ecluse, etc. Enfin on a retrouvé, dans les collections de la même université de Cambridge, une grande partie de la bibliothèque d'Abra- ham Ortelius (bibliothèque de l'cvêque Moore) qui paraît avoir également passé par les mains de son neveu. Il se produit donc cette curieuse coïn- cidence, ainsi que le remarque M' Hes- rels, que par des voies diverses, les papiers et les collections du grand géographe sont en ce moment rassemblés à l'université de Cambridge. Tl est impossible d'imaginer une sourre plus féconde pour rétablir l'his- toire d'un grand homme, tronquée et faussée depuis près de trois siècles. En 1890, la ville de Bruxelles a ho- noré la mémoire d'Ortelius, en plaçant sa statue, œuvre du sculpteur Joseph Tiambeaux, à côté de celle de son ami Mercator. dans le panthéon de nos gloires nationales, place duPetit-Sablon. I.ieulpnant-(sén^ral Waiiwprmans. OEiivres diverses d'Ortelius. — .T. -H. Hpssels, Ahrnhnmi Orlelii epistnhp (r.amhridgp, 1887\ — ffénard. Généaloqie d'Ortelhis. dans le Bulletin Hp la Snriéti' rnvalf. de qéoqravhie d'Anvers, lS8n, i8Sl. —Max Roosfis. Orielim et Plntitin. 1S80. — Fplix van Hulst. Ortelins. dans les Belqess illiisirci, 3p partie. — Ad. QnelelPt. Histnirv des xriences mnthémniiniies et nhpsiffiies riiez les Belqes (Bruxelles. -1864). — Emm, van Meleren, Hi.ttoria helqira (Amsterdam. 1(i70V — I.plpwel, Génqraiihie du mnyen-àqe CBruxeUes. -ISSl). — Vivien de St-Marlin, Histoire <^e la qénqrnrihie (Paris, -18721 — Waiiwermans, Histoire de l'Krnle carinnrnphiqve belqe et onversoise' Anvers, -1893). — F. Vander Haeghen, Bibliothera belqica. ORTKEiiS iJrnoulâ). Voir Ort [Ar- nould). OKTiHAi«8i-UAi.'zeiJR {Jean- Fran- çois), bourgmestre de Verviers, né à Verviers, le 5 août 1806, mort le 4 fé- vrier 1885. Il voulut d'abord s'appli- quer à la peinture, à Anvers, d'oii il fut bientôt rappelé pour se livrer à l'indus- trie de son père, qui possédait le plus grand établissement de teinturerie de la ville. Dès lors, l'étude de la chimie fut le but de ses soins. En 1855, il fut ins- tallé bourgmestre, et, pendant trente an- nées, il accomplit cette charge sans voir diminuer sa popularité. L'instruction publique fut un objet auquel il voua des soins particuliers. Sous son administra- tion la ville prit un développement inattendu, et de belles améliorations s'y produisirent. En 1874, Ortmans- Hauzeur fut élu membre de la Chambre 333 ORTO - ORTS 334 des représentants; il eut le bonheur de contribuer pour une bonne part à l'éta- blissement du barrage de la Gileppe, si indispensable à la cite industrielle. Ort- mans-Hauzeur fut décoré de plusieurs ordres. La ville lui a dédié l'une de ses rues et élevé, à côté de la demeure qu'il ha- bita, un superbe monument allégorique de la Gileppe, avec sculptures eu pierres blanches et buste en bronze, exécuté par Clément Vivroux, de Verviers. J.-S. Beoier. ORTO OU uoiiTO {Giovanni i»e), fut un remarquable coutrapuntiste des xve et XTie siècles. Fétis le croit origi- naire des Pays-Bas, parce que de nos jours encore il existe en Belgique plu- sieurs familles du nom de Dujardin. Mais l'auteur de la Biographie des musi- ciens s'empresse d'ajouter que ce nom est également fort connu en France. Vander Straeten fait remarquer que le nom de Van den Hove est non moins ré- pandu en Belgique, La forme de Orto pourrait être tout aussi bien la traduc- tion italienne du nom flamand. Les listes des chantres de la chapelle sixtine men- tionnent, pour les années 1483, 1486, 1491, le nom de Marbriano de Orto. D'un autre côté, ce nom figure, à partir de l'année 1505, parmi les noms des musiciens formant la chapelle de Phi- lippe le Beau et on le retrouve en 1514 parmi les musiciens au service de Char- les V. Il semble donc que Marbriano de Orto ait quitté la chapelle sixtine pour rentrer au pays natal. Aussi Fr. Pfaberl est-il d'avis que le prénom de Jean donné par Fétis à de Orto, doit faire place à celui de Marbriano. Cette opinion est partagée par Riemann, qui parle de Giovanni de Orto, • connu aussi sous le nom de Marbriano ». On connaît de G. de Orto un Are Maria à quatre voix; cinq messes imprimées par Petrucci (1505); onze chansons françaises conte- nues dans VOdhecalon du même impri- meur (1501-1503); une lamentation de la collection Lamentationum Jeremiae prophetae, 1(1506); des messes manus- crites conservées à lu bibliothèque de la chapelle pontificale à Home ; la messe Mi mi et quelques morceaux figurant à la bibliothèque de la Cour de Vienne. FI, Tan OuTM. Fétis, Bibliogr. univers, des music, "2^ édit. (■187o), p. 83'2. — Ambros. Gesch. der .Musik, 2« édit.. t. III (1881), p. 2S8. — Fr. Haberl. Die rômische t Schola cantorum • und die papstlichen Kapellsànger bis zur Mille des i6. Jahrhtmderis, Vierteijahrsschrifl fUr Musiitwissenschaft, (. III (1887), p. 189 et suiv. — Le même, Bibliogra- phischer und ihemalischer Musikkaialoq des piipsilichen Kapellarchives im Vaiikan zu Rom (Beilage zu den Monatscheften fiir Mus. -Gesch., 1888), p. 137. — Vander Straeten. La musique aux Pays-Bas, t. VI, p. 292; t. VII, p. 275, 299. — R. Eitner, Monatshefle fur Mus.-Gesch., t. XXIV (1892), p. 32; t. XXVII (1893), p. 73. — H. Riemann, Dicl. de mus., traduct. G. Humbert, (1899), p. 584. OHTS {Auguste), avocat, historien et homme politique, né à Bruxelles, le 7 avril 1814, y décédé le 3 novembre 1880. Il appartenait à une famille patri- cienne de la capitale, dont la notoriété, qui remonte aux premières années du xviiie siècle, doit son origine à l'exercice de hautes charges de juridiction desser- vies avec honneur, telles que de con- seiller ordinaire au conseil souverain du Brabant. P[EKRE Orïs, son bisaïeul, licencié ès-lois à Louvain, le 5 avril 1720, en fut investi par lettres patentes du 20 mai 1735; quelques années plus tard, et, par résolution du 12 avril 1749, nommé commissaire des charges publiques du Quartier d'Anvers. Son souvenir fut reli- gieusement conservé à l'église de Sainte- Gudule, par une pierre funéraire scellée dans la grande nef, en face de la chaire de vérité, ornée d'un écusson d'argent à la fasce ondée de sinople, accompagnée de trois coquilles (bibl. de Bourgogne, manuscrit n° 9937, Foppens, p. 379), avec l'inscription suivante, sous l'écus- son : D. 0. M. Monumentum prcenobilis ac amplissimi Dni Orts suprême Brabantiœ concilio, duyn. viverel, consiliarii, defuncti 9 martii 1768, et Isabellae Vander Wae- ren, uxoris ejus defunctœ, eorum que pos- terorum. Semblable pierre tombale était, anciennement, enchâssée dans le seuil de l'église paroissiale de Saint-Josse-ten- Noode, aujourd'hui démolie; toutes deux ont malheureusement disparu. 335 ORTS 336 Englebert-Pieerb Orts fils du pré- cédent, n'apporta pas moins de dis- tinction dans l'exercice des différentes charges qu'il desservit. Avocat près de l'ancien conseil, conseiller-assesseur de l'office criminel du prévôt général de Brabant et du Drossart, par patentes du 15 mars 1781, conseiller-maître de la Chambre des comptes, le 12 janvier 1788 et, l'année suivante, conseiller- maître ordinaire au dit conseil souve- rain, par patentes du 19 juin 1789, il épousa en premières noces Elisabeth Maeck, fille de Jacques. Louis-Joseph Orts, continua cette tradition pleine d'honneur. Né à Bru- xelles, le 8 mars 1786, il émigra avec son père lors de la révolution française et commença à Prague, ses humanités, qu'il acheva au lycée impérial de Bru- xelles. Son diplôme de licencié en droit, signé de la main de l'empereur, le 5 avril 1809, lui ouvrit l'accès au bar- reau près la cour impériale. 11 n'y de- meura que le temps d'accomplir son stage, ses préférences l'attirant vers la magistrature, où il débuta, le 1er oc- tobre 1814, avec l'avènement du prince- souverain, dans les fonctions de substi- tut du procureur général près la cour supérieure de justice à Bruxelles. Le 20 août 1821, il devint conseiller au mêmesiègejusqu'àla révolution de 1 830, qui le détermina à rentrer au barreau. Il n'eut qu'à s'en applaudir ; quoi d'éton- nant qu'il s'y éleva au premier rang, non moins par son grand sens juridique et la droiture de son caractère que par les souvenirs retenus par lui de son séjour au sein de la magistrature. Appelé au conseil communal, le 30 octobre 1840, promu, le 29 juillet 1841, à l'échevinat, il y acheva sa carrière publique (1836) en même temps qu'il siégeait, depuis le 6 décembre à la Chambre des représen- tants. Trois générations s'écoulèrent, sans incident notable, dans la pratique in- interrompue de toutes les vertus civi- ques, préparant à leur descendance un héritage plein d'honneur et de considé- ration. Nul ne se montra plus digne de le recueillir que le patriote dévoué dont nous avons charge d'esquisser rapide- ment l'existence. La nature l'y prédes- tina à merveille et l'on conçoit aisér ment de quel secours il dut être, dès son début, à un père qui n'eut rien de plus à cœur que de diriger ses premiers pas dans la pratique du devoir. Si, à raison de son jeune âge, il ne fut pas appelé à l'honneur de concourir à la fondation de l'Université libre (1835), il ne tarda pas à témoigner, par son zèle à ressaisir le passé, de quel secours il eût été à l'édification de cet établissement scientifique, si décrié à son origine, et que nous voyons aujour- d'hui rayonner d'un incomparable éclat, ne recrutant son personnel que parmi les plus hautes illustrations. Dès 1838, à un âge où tant d'autres se complaisent à s'attarder sur les bancs de l'école, docteur encore bien novice, nous le voyons rentrer à l'université, non plus pour y étendre ses connais- sances, mais pour enseigner à ses con- disciples de la veille une science qui ne faisait que de naître, et dont la pos- session importe tant au développement de la prospérité des nations. Que de fois, dans la suite de sa car- rière, n'a-t-il pas témoigné, par de lu- mineuses éclaircies, combien elle lui était familière et que d'écarts regret- tables sont épargnés à ceux qui en pos- sèdent les vrais principes. A commencer par le conseil communal, dont il fut une des plus solides colonnes, soit qu'il s'agît de supprimer le tantième des indigents sur la recette des spectacles (14 novembre 1863), soit de procurer à la capitale des ressources nouvelles, en remplacement des octrois (21 novembre 1863). Nous allions passer sous silence celui de tous les mandats politiques qui lui était le plus à cœur : la place éminente qu'il occupa dans ce conseil démocratique, dès 1856, et treize années plus tard, en 1869, en qualité d'écheviu du contentieux. Encore n'était-ce là pour lui qu'un jeu facile et comme un délassement parmi de nombreux travaux, autrement ardus, tant il y apportait d'aisance et de 337 ORTS 338 joyeuse humeur. Ce sont ces derniers qui occupent, dans son existence, la place la plus considérable ; à eux seuls, ils l'eussent remplie tout entière, à rai- son de leur portée soci^xle et de leur valeur juridique. Ses collègues au conseil ne l'ignoraient pas et, par un vote una- nime, ils lui votèrent des reraercîments pour le talent qu'il avait déployé dans la défense des intérêts de sa chère cité, engagés dans divers démêlés judiciaires (3 avril 1865). Adversaire convaincu de la main- morte avec tous les abus qu'elle entraîne à sa suite, l'immuabilité inflexible de sou patrimoine et l'immobilisation des biens, retirés de la circulation, il estima, non sans raison, que pour qu'une asso- ciation, quel que soit le but de son institution, soit capable de recevoir une libéralité, il faut qu'elle ait une exis- tence légale, reconnue, avouée par la puissance publique. De bonne heure, il comprit que c'est là plus qu'une loi, mais un principe social, éternel, indé- pendant des lois positives. Admis en France, sous la royauté de droit divin, comme par toute la législation ulté- rieure, il a passé dans le droit commun de l'Europe entière. — Mais aujourd'hui, il ne suflit pas de reconstituer les ordres monastiques, à la faveur du droit d'as- sociation, il faut aussi leur assurer un patrimoine durable, au grand dam de la fortune privée, comme de l'activité so- ciale et de la richesse nationale, en créant des corps vivants au cœur de l'Etat; accaparer sans cesse, sans jamais restituer. Il faut rebrousser en arrière et reveniràun régime condamné à toujours. La forme du fidéicommis tacite est devenue ainsi la grande ressource des établissements incapables, de manière que les biens ne puissent faire retour à la famille. L'occasion de percer à jour cette fraude colossale se présenta à la sagacité de cet esprit éclairé, par suite d'une interposition de personne tendant à gratifier d'une libéralité un établis- sement religieux non reconnu. Cette affaire eut un retentissement immense et est demeurée célèbre dans nos an- nales judiciaires. Un ci-devant pré- montré s'était proposé de léguer à la Compagnie de Jésus, dans la personne de trois profès, les Eév. PP. Gilliodts, Boone et de Frankeville, un château dont il lui avait déjà consenti, de son vivant, la jouissance depuis plusieurs années. Quoi d'étonnant que cette entre- prise, pleine d'audace, fut imprégnée de nullité; par contre, rien ne fut négligé pour lui faire obtenir, de la justice, sa consécration suprême, sous l'invocation de la liberté du droit d'association, jointe à elle la capacité individuelle des bénéficiaires, etc., etc. Mais tous ces eflbrts vinrent échouer devant l'inexo- rable dialectique du docte jurisconsulte, demeuré maître du terrain {Belg. jud., 1853, p. 133."^). Ce fut un de ses beaux triomphes à la barre de la justice, et qui ne manqua pas de produire une im- pression profonde sur cette grande àme, qui n'abhorrait rien tant que la fraude, et qui avait fait de l'observance de la loi le culte de toute sa vie. Ni dupe, ni complice d'une comédie, dont la probité publique était appelée à faire tous les frais, son argumentation s'est montrée implacable, et demeurera comme un mo- nument indestructible d'élévation juri- dique. Malgré la loi, malgré les tribunaux, la main-morte, supprimée par la révo- lution, se reconstituait sournoisement à nos côtés, à l'ombre de la justice, avec son cortège hideux de pièges, de dissi- mulations et d'entorses données à tous les principes du droit. Ce n'était donc pas assez, pour en avoir raison, d'une victoire gagnée en passant, parmi tant d'autres, au cours d'une longue et belle carrière judiciaire, Orts comprit le dan- ger et, de crainte de quelque retour ottensif, illui opposa une de ces barrières qu'aucune puissance au monde ne par- viendrait à détruire. Sans autre arme qu'une logique irréductible, secondée par une rare vigueur d'argumentation, treize ans plus tard, après y avoir bien réfléchi, il entreprit d'écrire sous le titre de : Traité de l'incapacité civile des congrégations religieuses non autorisées (1867), une des œuvres les plus considé- rables de notre bibliographie juridique 339 ORTS 340 contemporaine, mais dont la connais- sance n'est pas suffisamment répandue, eu égard aux enseignements précieux dont elle fourmille ; on ne saurait y recourir trop souvent et nous n'hésitons pas à attribuer à leur ascendant le nombre relativement restreint des ten- tatives faites depuis lors, en vue de déjouer la sagesse de nos ordonnances. Avec une incomparable netteté de style et un art merveilleux, l'auteur excelle à mettre en relief les infinies cautèles mises en œuvre à cette fin. A ses yeux, la loi, si elle est juste, peut tout ce qu'elle veut, par le motif que, tant qu'elle existe, elle est la viva vox de la conscience publique, l'expression quin- tessenciée de la souveraineté du peuple, la seule que reconnaisse la société mo- derne, si bien que tout ce qui va à ren- contre est nul de droit et non existant. Voilà son principe dirigeant, sur lequel il n'admet aucune transaction. Adepte fervent d'un libéralisme sage et modéré, à l'exemple de Théodore \^er- haegen, dont il partageait étroitement le programme politique, il porta à la réaction et à l'intolérance religieuse les plus rudes assauts, tout en repoussant avec lui l'enseignement obligatoire, comme une atteinte à la liberté indivi- duelle (20 janvier 1859). Son patriotisme, qui ne l'abandonna jamais, se manifesta, non sans éclat, à l'occasion d'accusations injustes et téméraires, dirigées au Congrès de Pa- ris (avril 185 6) contre la Belgique et la presse belge. L'un des premiers au Par- lement il en conçut ombrage à l'endroit des réformes dans notre Constitution attribuées à l'étranger; et comme de crainte que nos pouvoirs publics n'y apportassent une résistance quelque peu insuffisante, il ne put se dispenser d'adresser au Cabinet une interpellation sur ses dispositions éventuelles. La réponse ne se fit pas attendre, et par un de ces fiers apophtegmes dont la Belgi- que retient, avec orgueil, le souvenir, l'honoraljle comte V'^ilairi XlIIl donna » la Nation toute assurance (|u'il ne serait apporté à son intégrité aucune atteinte (7 mai 1856). Cet attachement aux institutions du pays et à son indépendance, fut une de ses grandes préoccupations; nul ne s'en montra plus jaloux; tous les actes de sa vie en témoignent avec éclat. C'est sous l'empire de cette inspiration géné- reuse qu'il se laissa entraîner à écrire une des créations les plus vibrantes de notre histoire nationale : La Guerre des paysans. Que de pages éloquentes n'a-t-il pas tracées avec une indignation superbe, au souvenir de l'invasion de notre terri- toire par un peuple voisin ! La Consti- tution de 1791 n'avait-elle pas donné l'assurance formelle » de n'entreprendre " aucune guerre dans la vue de faire des « conquêtes et de n'employer jamais de » forces contre la liberté d'aucun peu- « pie? « (20 avril 1792. Déclaration de guerre contre le roi de Hongrie et de Bohême). Et Dumouriez lui-même, fou- lant aux pieds notre sol (8 novembre 1792), n'avait-il pas déclaré aux Belges : Il Nous sommes vos frères, vos amis et u vos soutiens ; nous respecterons vos " propriétés et vos lois ». Et bientôt le recrutement de l'armée par voie de réquisitions, si hostile à nos mœurs, donna à la Belgique la mesure des re- grets qu'elle devait au gouvernement de l'archiduchesse Marie-Christine, Dans un élan d'émotion dont un noble cœur est seul capable, nous redirons, avec Auguste Orts, » qu'un coin de terre Il natale baigné du sang de nos pères est " chose deux fois sacrée et qu'il faut « doublement défendre » (p. 393). Epi- graphe touchante d'un récit qui fait à la Belgique le plus grand honneur. C'est avec un sentiment patriotique non moins profond, qu'il célèbre la résistance héroïque de notre campagne de Flandre et de Brabant contre l'oppres- sion étrangère et dont le seul tort fut de revendiquer fièrement le maintien de leurs antiques privilèges. Avec quelle indignation, il nous retrace les grandes lignes de cette injure jetée, par la Con- vention, au front de la patrie, lorsque, dans une ironie sanglante, elle déclare accueillir le vœu des belges, tout en confisquant leur nationalité. Curieux de fouiller, au plus profond, 341 ORTZEN Ui le» sources de notre vieux droit public flamand, il ne pouvait demeurer indiffé- rent à ce plagiai effronté, l'opprobre de notre ancierne biblio^^raphie juridique, dont fut, passé quelques siècles, victime, bien à son insu, une de nos illustra- tions judiciaires, le docte Wielant, con- seiller au Grand Conseil de Malines dès l'époque de sa fondation, dont certains travaux, jusque-là peu répandus, furent mis au pillap:e, sans pudeur ni vergop;ne, par une légion d'imitateurs peu scru- puleux, qui lui empruntèrent tout, hormis son nom. {Belg. jud., 1867, p. 1393 et 1873, p. 209). La grande supercherie littéraire du trop fameux conseiller Darahouder est demeurée légendaire. Magistrat, historien, diplo- mate, lui aussi, défenseur résolu des prérogatives du pouvoir civil contre la puissance ultramontaine.Wielant a laissé des écrits d'une incontestable valeur, dont le dernier, la Pratique civile, publié en 1558, a tardé si longtemps à lui être attribué, qu'un contemporain de bonne foi en a publié une traduction fran(;aise, comme formant une œuvre originale. Enquelquestraitsadroitementesquissés, l'habile critique n'a pas seulement réin- tégré la victime en son entier, mais redressé, en passant, de colossales erreurs échappées à deux savants académiciens habitués à plus d'exactitude, MM. Haus et Thonissen. Cette étude, comme toutes celles de la même plume, porte l'em- preinte de la méthode rigoureuse de son auteur et de la sage ordonnance de ses déductions. La Belgique judiciaire, dont il eut à cœur de demeurer, jusqu'au bout, l'un des collaborateurs les plus assidus, après avoir puissamment con- couru à la fonder (1843) avec trois autres jurisconsultes de marque, eut la bonne fortune de recevoir la confidence de ces épancbements pleins de savoir. — Recueil inestimable, dont le souvenir bienfaisant s'éloigne de nous et qui pour nous, comme pour nos jeunes confrères, a guidé nos premiers pas dans la science du droit et la carrière du barreau. Que n'a-t-il conservé ce souftie puissant de dialectique judiciaire qui firent sa re- nommée? Au barreau, comme à la tribune parlementaire, Auguste Orts parcourut avec aisance tous les degrés, avant que d'être porté à la p^us haute dignité du pays (1856). Nul mieux que lui ne posséda la connaissance de ses précé- dents, indispensable à la bonne direc- tion des débats ; personne, non plus, n'apporta à l'exercice de celte charge éminente un plus haut degré d'impar- tialité. Ministre d'Etat, grand officier de l'Ordre de Léopold, aucun honneur ne lui a manqué, et son nom demeurera gravé dans les annales de l'histoire, au nombre de ceux dont la Belgique est la plus justement fière. Voici la liste de ses écrits '. \. La Guerre des Pa^/sffH* (1798-1799). Epi- sode de l'histoire belge, 1863. — 2. De Vincapacité civile des congrégations reli- gieuses non autorisées. Office de publicité, Bruxelles, 1867. — 3. PrùctijJce crimi- nele van Philips Wielant. Oand, Annoot- Braeckman, 1872. Publication de la Maatschappij der Vlaamsche bibliophi- len. — 4. Concours quinquennal des sciences morales et politiques. Période de 1871 à 1875. Rapport du jury à M. le Ministre de l'Intérieur [Moniteur belge, 11 mai 1876). Aug. Orts a collaboré à IJ" Observateur belge, journal quotidien (imp. Coché- Vermeiren, 1835-1842); k La Belgique judiciaire, gazette des tribunaux belges et étrangers (depuis son origine, 1843; Bruxelles, imp. de Raes, rue de la Fourche), recueil bihebdomadaire, et à Za libre recherche, revue trimestrielle. Mesdarh de 1er Kiele. Bibliographie nationale. Dictionnaire des écri- vains belges, 1830-1880, 1. 111. OBTKEN (Iman) ou Orcenius, ou bieu encore Sclandus Egrinus, suivant le caprice de ses doctes correspondants, était un théologien né à Oude Tonge, dans la Flandre zélandaise, en 1505, et décédé à Wesel, dans le duché deClèves, en 1571. Les registres de l'église réfor- mée de Wesel donnent sur son compte les renseignements suivants : Dominus Imanus, natione Zelandm filius légitimas 343 ORVAL — ORY 344 et primogenitua Pelri Ortzeni, civis Ton- gensis ,m.iniste.r ecclesia Christi Fesatienais ao 1536-1548. Avant d'appartenir au clergé protes- tant de Wesel où le nombre toujours croissant de compatriotes avait nécessité sa présence, Ortzen avait passagèrement desservi les églises clandestines de Mid- delbourg, de La Haye, de Deventer et de Cologne. Il avait, dans sa prime jeunesse, porté l'habit de saint Augustin , sous lequel il avait étudié aux universités de Padoue et de Salamanque; il parlait cinq à six langues modernes, possédait à fond ses auteurs classiques, et avait poussé fort loin ses études théologiques Le chancelier du duc de Clèves, le savant Olieschlager, l'avait recueilli à Duisbourg, dans sa maison ; c'est là que de Wesel on vint le chercher pour faire de lui le ministre des réfugiés flamands. Il se montra dès le premier jour et resta toute sa vie un disciple fervent d(; Zwingli. Cette attitude, plus conforme à nos traditions nationales que la réforme luthérienne ou calviniste, lui valut chez nous de chaudes amitiés. Une lettre que lui adressa de Londres, le 30 avril 1551 , Jean à Lasco, et que Gerdès a publiée, montre aussi le cas qu'on faisait de lui à l'étranger. Nous n'avons rien retrouvé de ce qu'il a publié. Ses sermons de Wesel en langue flamande sont restés célèbres. Ce sont eux qui, dans cette ville, firent tomber en désuétude les pèlerinages à l'honneur de saint Antoine et permirent au magistrat de supprimer les processions dominicales sans soulever la moindre opposition. Vers 1548, l'em- pereur Charles-Quint, ayant eu connais- sance de ces faits, ordonna à Ortzen de sortir de Wesel. Son œuvre était si solidement établie ([u'elle résista aux eftets de son absence et qu'après des années il la retrouva florissante. C'est à Wesel que Ortzen s'éteignit à l'âge de soixante-six ans. Ch. Itahlenbeek Sai'demann, Gencliirfile dcr lie forma lion <1er aladt Wesel, WiO. p. 32-36. — Ocnles. Ilist. réfonn., l. III, i». il!). — Le mf^me, Scriniinn antiquaiium, I, II, pars II, p. 672-74.— Archives lie la ville de Wesel. ORVAL {Gilles d'). Voir Gilles d'Orval. OR V Ali {Guillaume »'). Voir Guil- laume d'Orval. ORY {François-Joseph), homme de guerre, né à Liège, le 1" avril 1782, s'engagea au service de la France le 15 avril 1794, au 1er régiment de hus- sards et, après avoir valeureusement conquis les grades inférieurs, obtint la sous-lieutenance le 12 février 1813 et fut promu lieutenant le 1er avril 1814. Pendant cette partie de sa carrière militaire, il assista, non sans gloire, aux batailles d'Austerlitz, d'Iéna, de Friedland et reçut plusieurs blessures. Faisant partie de l'avant-garde, il entra seul dans la ville d'Osterode (Pologne), où il prit et ramena l'ambulance russe qui était escortée par un détachement de grenadiers qu'il mit en fuite. La juste récompense due à sa valeur ne lui par- vint que le 23 mars 1833 par sa nomina- tion de chevalier de la Légion d'honneur, témoignant des courageuses et héroïques actions rappelées ci-dessus. Licencié le 10 novembre 1814, Ory passa le 13 avril 1815 au service des Pays-Bas, comme lieutenant au régiment de carabiniers de milice, et fut promu capitaine en second au régiment de cui- rassiers no 9, le 17 mai 1828. Le 26 octobre 1830, une chute de cheval le mit hors d'activité pendant plusieurs mois et ce ne fut que le 3 1 janvier suivant qu'il obtint, sur sa demande, la démission de son grade dans l'armée néerlandaise. Dès le 13 avril 1831, Ory était admis au service de la Belgique comme capi- taine commandant la compagnie des guides de la Meuse qui, sous ses ordres, livra d'admirables charges à Kermpt, abordant par trois fois la ligne hollan- daise pour finir par la mettre dans une déroute si complète qu'elle abandonna 36 voitures après avoir coupé les traits des chevaux. Promu major le 2 sep- tembre 1831, Ory resta à la tète de sa courageuse compagnie, devenue escadron des guides le 2 8 août précédent, jusqu'au 1 1 juillet 1835, date de sa mise à la 345 ORYDRYDS — OS 346 I retraite. Nommé chevalier de l'Ordre de Léopold le 17 décembre 1833, • pour • s'être particulièrement distingué, avoir • reçu des blessures graves, dans les • combats du mois d'août 1831, et en • récompense de sa bravoure, de son • dévouement et des services rendus », le major Ory, surnommé le sabreur, par ses compagnons d'armes , mourut à Oreye (Liège), le 17 novembre 1862. Général Frédéric Bernaerl La matricule. — Les journaux de 1831-1835.— L'Annuaire militaire. — Le Moniteur belge de 1864. — Ulysse Capitaine, yecrologi- lirgeois de 4868. — Charpiny. Les Combattants de 1830 devant l'histoire. (Bruxelles, 1880). ORTDRVCM {Arnottld). Voir Ar- NOLLD DE BeRGHETCK. OS, OU Vax Os, famille d'impiimeurs néerlandais de la fin du xve et du com- mencement du xvje siècle. Leur nom est celui d'une commune du Brabant sep- tentrional, mais c'est de Bréda, dans la même province, que sont originaires les typographes que nous allons mentionner; celte origine est du moins certaine pour deux d'entre eux (1). Os {Pierre), de Os, ou van Os, de Bréda, imprima à Zwolle, dans l'Over- yssel, de 1480 à 1510. Campbell men- tionne de lui soixante-quatorze impres- sions, dont quarante-sept sigaées. Elles comprennent, d'une pari, des livres à usage d'école : grammaires, vocabulaires, édi- tions d'auteurs classiques; — de l'autre, des recueils de sermons et des ouvrages de piété ; la plupart de ces derniers sont écrits ou traduits en néerlandais, tandis que tous les autres sont écrits en latin. Comme l'a fait remarquer Steiff, seul Gérard Leeu a dépassé Pierre van Os au point de vue du nombre des impres- sions en langue vulgaire. Pierre van Os a employé diverses variétés de caractères gothiques, dont on trouvera des spéci- mens dans le recueil de Holtrop. Ce (1) C'est ce qui a sans doute déterminé Nord- hoft'à apparenter aux Van Os Jacques de Breda, imprimeur des plus imporlanls, qui travailla à Devenler de 1483 a 1ol9; l'hypolnese est plau- sible, mais aucun document précis n'est venu la coDiirmer jusqu'à présent. dernier reproduit également quelques lettrines , et notamment des initiales xylographiques, dune forme très parti- culière, tirées du Sterfboeck de 1488, et qui se rencontrent encore dans d'autres productions de Pierre van Os, — ainsi que des vignettes, parmi lesquelles nous signalerons celle qui représente Jésus sous le pressoir mysiigue. Les marques typographiques de notre imprimeur sont au nombre de deux : la première porte, suspendus à deux branches d'arbre entrecroisées, deux écussons, l'un avec la croix de Zwolle, l'autre avec cinq tampons à encrer (que Steiff considère à tort comme des maillets) , armoiries parlantes du typographe. La seconde marque, plus grande et réservée aux éditions in-folio, figure un ange dans une arcade, tenantdevantlui l'écu deZwolle; au-dessus, deux petits écussons avec les armes de Van Os et celles de Zwolle. C'est à tort, comme l'a démontré Holtrop , que l'on a parfois identifié Pierre van Os avec l'imprimeur inconnu de Hasselt (Overyssel), qui signait P.B. {Petrus Bredensis?) Os {Godejroid de ou van), dont on connaît dix impressions exécutées à Gouda de 1486 à 1489, paraît pouvoir être considéré comme le frère de Pierre. Sa marque représente, entre les initiales G. et D., un éléphant portant une tour avec des hommes d'armes, au haut de laquelle flottent deux bannières, aux armes, l'une, de l'archiduc Maximilien, l'autre de Gouda. Ses impressions sont d'une très haute importance pour l'his- toire de la gravure sur bois. Il faut particulièrement noter, sous ce rapport, la Scoenre historié herloghe Godevaerts van Boloen et surtout Le chevalier délibéré d'Olivier de La Marche. Les bois de ce dernier sont spécialement exécutés pour l'ouvrage, et sont tout à fait conformes aux indications de l'auteur; ils sont d'un mérite artistique incontestable et ré- vèlent la main d'un graveur maître de son burin : chaque vignette forme un petit tableau, bien ordonnancé et groupé; les figures sont expressives et n'ont rien de conventionnel ; les costumes sont 347 OSSANEUS — OSTAEYImN 348 tlrapés avec talent; la perspective est remarquable si on la compare avec d'autres productions de cette époque. On retrouve ces bois dans des éditions postérieures du Chevalier délibéré, puis dans d'autres ouvrages, notamment dans la Cronycke van Hollandt, Zeelandt ende Frîei/aw^ (Leiden , J ean Se versoen , 1 5 1 7 j , où ils sont tous sciés en plusieurs mor- ceaux. La marque à l'éléphant se voit également, mais avec des cassures, et avec les armes de Leiden remplaçant celles de Gouda, dans Die seven sacra- menlen, Tpuhiiés en 1511 par Jean Sever- soeii, qui semble donc s'être rendu ac- quéreur de tout le matériel de Godefroid van Os. l^our Holtrop, Godefroid van Ghemen, qui imprima à Gouda en 1486-1490, à Leiden en 1490, puis à Copenhague de 1490 (?) à 1510, serait le même per- sonnage que Godefroid van Os, mais cette identification a été rejetée par Campbell. Os [Tyman), fils de Pierre, né à Bréda (Tymanus Pétri Os de Breda), im- primad'abord à Zwolle, puisa Zutpben, à quelques lieues de Zwolle. Ses impres- sions connues sont au nombre de qua- torze ; cinq seulement sont signées, et deux datées : ce sont le Secunda Farthe- nices opusde Baptiste de Mantoue(Zwolle, 1497), et un traité de KoDert de Cologne, Die coUelicken ncat der geedelicker rijck- dom (Zutphen , 1518). Les caractères sont les mêmes que ceux emploj'és par son pèie, et sa marque à Zwolle est ana- logue à la première des vignettes de celui-ci; seulement l'écusson aux cinq tampons est remplacé par un autre, assez difficile à décrire exactement: H. Helbig, qui a nié à tort la parenté de Tyman avec Pierre, y a vu deux glaives entre- croisés, séparés par un bâton, mais ces détails pourraient également être la représentation d'un monogramme ou de tout autre cliose. Le Contelicken «apporte la marque employée à Zutphen j elle représente au milieu les armes du duché de Gueldrc; en haut, à gauche, celles de Zutphen, et à droite un écu parti, où se voient ù gauche les cinq tampons de Pierre van Os, et à droite une fleur de lys. Os {Grégoire), de Bréda, imprima à Munster, en Westphalie, au commence- ment du xvie siècle. On ne connaît de lui qu'un ouvrage, Vlsagogicus libellm in eloquenti a prace/ita d'Augustin Datus, suivi d'un Adnolamenlorum libellus de J. Murmellius, qui semble pouvoir être placé en 1507. D'après Nordhotf, Gré- goire Os aurait travaillé jusqu'en 1515. Paul Bergnians. Messager des sciences, 1860, p. 83-84 (article de H. Helbig).— J.-W. doltrop, Monuments typo- f/rafjhiques des Pays-Bas au xve siècle (La Haye, 1868J, passim, — M.-F.-A.-G. Campbell, Annales de la typographie néerlandaise au xv» siecU (La Haye, 1874;, passim, et les quatre suppléments de cet ouvrage. — Allgemeine deutsche Biogra- phie, t. XXIV (Leipzig, 1887), p. 455-458 (notice de Steift'). ossAWEllii {Jean- Richard), juriscon- sulte. Voir KicHARDS {Jean). o8TAEYEi«{^M^me van), instituteur et littérateur flamand, naquit à Wuest- wezel, dans la province d'Anvers, le 12 juillet 1807 et mourut à Anvers, le 15 mai 1864. A l'âge de deux ans, il perdit son père et, tout jeune encore, il lut livré à lui-même. A peine adolescent, il voulut chercher carrière à l'étranger, parcourut une partie de la i'rance et séjourna pendant trois ans à Paris. 11 revint dans le pays en 1830, après la révolution , et fut nommé instituteur dans une école française des environs d'Anvers. Après avoir rempli pendant six ans ces fonctions, il fonda lui-même une école à Anvers. Ce fut à cette époque qu'il se maria. Sa femme mourut jeune, vers l'année 1855, et Van Ostaeyen resta veuf avec cinq enfants. Xilabli a Anvers, il ne fut pas indiflerent au mouvement intense qui se produisit dans cette ville, quelque temps après la révolution, en vue d'une renaissance littéraire et artis- tique flamande. D.jà en ls39 il colla- bore à un recueil de vers et de prose paru à Louvaiu sous le titre de : Dicht- en Prozaatukken. En 1852, il publia sous son nom, chez l'éditeur Aug. Jans, à Anvers, un recueil de contes eu vers et 349 OSTEN 350 de chansons, intitulé : Luim en Ernst, mengeldichten (108 p. et 1 p. de table, avec 4 figures par Pavid Col). Il rédigea aussi, en collaboration avec J. Mees et Ed. van Rijswijck, la revue bi-mensuelle Eet Klaverblad, qui parut à Anvers dans les années 1859-1860. Quelques unes de- ses chansons furent mises en musique. Les vers de Van Ostaeyen ne sont pas sans esprit ni humour; l'art y fait trop souvent défaut et il ne manque pas de l'avouer lui-même (1), mais ils ont du naturel et, gais ou touchants, ils disent quelque chose. Van Ostaeyen est de l'école de Théodore van Rijswijck et on peut dire que ce n'est pas un de ses moins bons élèves. Conteur et chanson- nier populaire, le peuple a goûté long- temps ses récits naïfs et ses refrains. L. Goeniang, Frederiks et Vanden Branden, Biographisch uoordenboek der noord- en zuidnederlandsche Uuerkunde. — Ida von Dûringsfeld, Das geistige Leben der Vlàminqen. •«TESf (Jacques- Octare), homme de guerre, fils de Pierre-Jacques, naquit à Middelbourg le 27 janvier 1798. Il entra le 28 août 1813 comme soldat au lOâe régiment d'infanterie et, après avoir été successivement nommé caporal et ser- gent, fut promu sous-lieutenant le 1er dé- cembre de la même année. Après avoir été mis à l'ordre du jour de son régiment pour sa belle conduite à la prise et à la reprise du village d'Insbuttel, près Ham- bourg, le 16 janvier 1814-, il fut cité de nouveau à l'ordre du jour du 13e corps, pour la valeur qu'il déploya dans la journée du 9 février 1814. Dès le 1 6 mars suivant, ildevintaide-de-camp du prince d'Eckmûhl. Resté dans les rangs de l'armée française jusqu'au 6 novembre 1816, Osten passa à celte date au ser- vice des Pays-Bas et fut pensionné le 23 avril 1827. Retiré à Gand, nous le retrouvons capitaine adjudant-major de la garde communale, en 1830, se mettant à la tête de quelques paysans, et s'emparaut du Capitalendam , dont les \, Veitchoont toch, bid ik l\ Apollo't gumle- ilyn kumteloozen toon... Jingen Cf. Luim en Emil. Voorwoord : Aan de Dichters, écluses étaient menacées de destruction. Admis dans l'armée belge, le 29 oc- tobre 1830, comme major commandant la place de Termonde, il fut nommé major d'infanterie le 4 février 1831, et, en avril suivant, chef d'état-major du corps d'observation sur la ligne de Zé- lande. Redevenu commandant de place le 5 septembre de la même année et major d'infanterie le 22 mars 1832, il fut mis à la tête du bataillon de l'Escaut le 28 avril 1836. Promu lieutenant- colonel le 26 mai 1837, il commanda le 2e régiment de chasseurs à pied jus- qu'au 14 octobre 1840. Mis en non- activité pour infirmité, il fut pensionné le 16 janvier 1841. Chevalier de l'Ordre de Léopold du 15 décembre 1833, décoré de la Croix de fer, Osten reçut la croix de la Légion d'honneur le 22 juillet 1836 et fut élevéau rang d'officier dans l'Ordre de Léopold le 20 juillet 1862. Il est mort à Chaudfontaine le 9 juillet 1863. Général Frédéric Berniert. Matricule des officiers. — Annuaire militaire. — Veldekens, le Livre d'or. OSTEW [Pierre- Jacques) f homme de guerre, né àMenin, le 4 avril 1759, était entré au service, en 1789, en qualité de sous-lieutenant dans le régiment de Na- mur et avait obtenu le grade de capitaine en 1790. De même que Dumonceau, La- hure, Prévost, il passa au service de la France et devint chef d'un bataillon de chasseurs composé de Belges. Il se dis- tingua aux sièges d'Anvers et de Valen- ciennes, et fut nommé, le P"" janvier 1793, par les représentants du peuple français, colonel commandant en chef les troupes de la Flandre. Le grade de général lui fut accordé peu de temps après (17 novembre 1793). A partir de cette époque, Osten fut presque toujours employé en Hollande, tsa conduite à Flessingue, en 1809, lors du débarque- ment des Anglais dans l'île de Walcheren, lui fit beaucoup d'honneur. Passé à l'armée d'Illyrie en 1810, puis dans la 17e division militaire en 1811, il fut de la grande armée en 1812 et du corps d'ob- servation du Bas-Rhin en 1813. Nommé général de division, le 23 juin de cette 351 OSTENDANUS - O'SULLIVAN DE GRASS 352 dernière année, il fut chargé de la dé- fense de Willerabourg, point le plus important du blocus de Hambourg où, le 17 février 1814, après avoir eu deux chevaux tués sous lui, il reçut une bles- sure mortelle à laquelle il succomba le 14 mars 1814. Lors de ses funérailles, le prince d'Eckmuhl lui rendit ce pré- cieux hommage : » La France a perdu " un de ses plus fidèles et plus braves « guerriers ; sa bonne renommée et ses " nobles et glorieuses actions honoreront » sa mémoire qui sera toujours chère à Il la France «. Osten, qui avait été créé membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an xii (11 décembre 1803), devint commandant dans l'ordre le 25 prairial suivant (14 juin 1804). Général Frédéric Bernaert. Le Journal de l'armée belge. — Les fastes de la Légion d'honneur. — Les hommes remar- quables de la Flandre occidentale. — Guillaume, Histoire des ràjimeiils nationaux belges. — Fietfé, Histoire des troupes étrangères au service de la France. osTEKUAi*»» (Hunorius). Voir De MuLDER {Jacques). o'!m}L.L.iv.%M DE GBASJ^ [Jlpfionse- Alberi- Henri, comte), baron de Séovaud, diplomate et négociateur, né à Bruxelles, le 18 brumaireanvii(8 novembre 1798). Il était fils de Jean-Fatrice (voir l'article ci-après) et de Charlotte-Marie-Thérèse- Joséphine de Grass. Il entra de bonne heure dans la carrière administrative. Il fut attaché, à dix-neuf ans, comme sur- numéraire, au ministère de l'intérieur. Le 31 décembre 1818, il devenait com- mis d'Etat, au conseil d'Etat, délégué au département de l'intérieur. Il fut transféré aux affaires étrangères le 24 septembre 1825. C'était son début dans la carrière diplomatique. Il fut envoyé, en qualité de secrétaire de léga- tion à Berlin, le 12 mai 1826, et passa en la même qualité à Saint-Pétersbourg, le 14 mars 1823. Lorsque la séparation de la Belgique et de la Hollande lui parut un fait définitif, il demanda et obtint la démission honorable de ses fonctions. Toutefois, le gouvernement du roi Lcopold ne tarda pas à faire appel à son patriotisme et le nomma chargé d'affaires à Vienne, le 26 décembre 1833. Il eut ainsi l'honneur d'inaugurer les relations diplomatiques entre la Belgique et l'Au- triche. Grand, beau, intelligent, élégant, il était fait pour plaire. Après un séjour de moins d'un an dans la capitale autri- chienne, il épousait, le 30 octobre 1834, M'"* Françoise-Séverine-Barbe-Joséphine Schwartz de Mohrenstern, fille de Jean- Jacques, de Mulhouse, et de Joséphine, vicomtesse Goupy de Quabeck, de Bru- xelles. Le 31 mars 1836, il était nommé ministre résident, et le 17 juillet 1837 promu au grade d'envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire. Quelques mois après (4 avril 1838), il fut chargé d'une mission spéciale à Coustantinople. Il y négocia et signa le premier traité de commerce et d'établissement entre la Belgique et la Sublime Forte Ottomane. Vers la fin de la même année, il fut crée baron avec autorisation de joindre à son nom celui de. Séovaud (lettres- patentes du 10 novembre 1838). Son oncle, le général-major de Séovaud de la Bastide, frère de sa mère, élevé au titre de baron par l'empereur d'Autriche (3 mai 1817), avait exprimé le vœu que ce titre fût reporté sur son neveu, et le roi Léopold 1er déférait gracieusement à ce désir. Far patentes du 15 octobre 1847 , le baron O'Sullivan fut créé comte. En vertu d'instructions du 15 juillet 1839, il eut à remplir une mission spé- ciale près les cours de Munich, Stuttgart et Carlsruhe. Il devait sonder la cour de Bavière quant à l'établissement de rela- tions otticielles avec la Belgique. Lé 20 août 1845, il représenta le gouver- nement du roi à l'inauguration du che- min de fer d'Olmiitz à Frague. Il signa à Vienne, le 16 juillet 1853, le traité d'extradition conclu entre la Belgique et l'Autriche. Il fut chargé, la même année, de négocier le mariage de S. A. R. le duc de Brabant avec S. A. I. et R. Ma- dame l'archiduchesse Marie-Henriette- Anne. L'accord étant établi entre les deux Hautes Parties, le baron O'Sullivan fut nommé ad hoc ambassadeur extraor- 353 O'SULLIVAN DE GRASS 354 dinaire de S. M. le roi des Belges et il fut reçu, en cette qualité, le 6 août, pour la remise de ses lettres de créance, par S. M. I. et K. A. Chargé, en outre, de représenter sou souverain et S. A.R. le duc de Brabant aux négociations ayant trait aux preliininairesdu mariage, il prit part à la cérémonie de la renon- ciatiou au ïrône. Il signa, le 8 août, les conventions matrimoniales, en commun avec le prince Charles de Liechtenstein, plénipotentiaire de l'empereur, et il assista au mariage , célébré à Schôn- brunn par procuration, le 10 août 1853. O'Sullivan avait, de plus, été nommé, par le roi, commissaire, pour recevoir l'archiduchesse Marie-Henriette- Anne, et la remettre, à Verviers, au plénipo- tentiaire belge, dans la salle préparée k cet effet et déclarée neutre pour la durée de la cérémonie. En souvenir de ces services, l'empereur, par décret du 10 août 1853, conféra la grand'croix de son ordre de Léopold au comte O'Sullivan, qui reçut en même temps du roi les insignes de grand-officier de notre Ordre national. Il fut promu grand cordon lors de la naissance du comte de Hainaut (21 juin 1859). O'Sullivan fut également chargé de négocier le mariage de l'archiduc Fer- dinand-Maximilien avec S. A. K. la princesse Charlotte de Belgique. L'em- pereur le distingua, en août 185 7, par le don d'une tabatière, ornée du portrait de S. M. A l'avènement au trône de Léopold II, O'Sullivan fut réaccrédité auprès de la cour de Vienne, en la qualité d'Envoyé (29 décembre 1865). Il mourut quelques jours après, le 11 janvier 1866, Il avait représenté son pays à Vienne pendant plus de trente ans. Il était le doyen du corps diploma- tique. Ses obsèques eurent lieu en grande pompe, le 14 janvier, à l'église des Ecossais, avec le concours de trente-deux ecclésiastiques. On remarquait dans l'assistance, outre la famille, un aide-de- camp de l'empereur, le duc d'Ursel. le duc de Gramont, lord Bloomfield, le comte Stackelberg, les autres représen- tants des missions étrangères et de nom- breuses personnes de l'aristocratie. BIOGR. «AT. — T. XVI De son mariage avec M'"' de Schwartz, le comte O'Sullivan eut cinq fils : Lionel, Alphonse, Charles, Arthur, Alexandre, Trois d'entre eux moururent en bas-âge. Arthur succomba, à Venise, aune raaladiede langueur. C'harles-Jean- Jacques, secrétaire de légation, épousa, en 1867, Charlotte Wolter, la tragé- dienne bien connue, et n'en eut pas d'enfants. Elle lui survécut pendant près de quinze ans. L'intelligence du comte O'Sullivan et l'influence qu'il exerça dans son milieu ont été appréciées, au lendemain de sa mort, par un grand journal viennois auquel nous ne pouvons que nous réfé- rer : " Le comte O'Sullivan, disait la Neue freie Presse (13 janvier 1866, nu 492, édition du matin), avait l'hon- neur de connaître de près le premier roi du peuple belge et il professait pour lui un culte enthousiaste. Il avait reçu une éducation toute française, ayant été élevé en France; et comme sa famille devait mainte faveur au premier Napoléon, il ne faisait pas mystère de ses sympathies pour la cour napoléonienne. En ce qui concerne son rôle en Autriche, il importe de faire ressortir ce rapprochement cu- rieux que lui, aussi bien que le ministre des Pays-Bas, baron de Heeckeren, exer- cèrent notoirement une très grande in- fluence sur le comte Buol, ministre des affaires étrangères, influence telle que des personnes bien informées lui attri- buaient l'attitude que le cabinet de Vienne adopta tout à coup en faveur de la France. Personnalité aimable, homme de salon agréable, aussi amusant que « gourmet « , conteur incomparable , plein d'esprit et bourré d'expérience, le comte O'Sullivan s'était fait une place éminente dans la haute société viennoise. « Il avait suivi d'un regard attentif les événements qui s'étaient déroulés sous ses yeux. Se fiant à son coup d'œil, il disait, en 1848, au comte Szécsen, qui fut depuis grand chambellan de la cour : • Mon rôle est des plus simples; j'an- nonce aujourd'hui ce qui se passera demain... • . Il a écrit plusieurs comédies et des saynètes représentées par des amateurs au palais Cobourg et qui n'ont 12 O'SULLIVAN DE GRASS - OTBERT 356 35S pas été publiées. Son portrait peint par Canon, dans les dernières années de sa vie, fit partie de la succession de Mme Wolter. , „ ^ Baron Emile de Borchgrave. Stein et Poplimont. - Renseignements fournis par lès Ministères des Affaires Etrangères de Bruxelles et de Vienne et par la famille. o'f^ci'LiVAN DE GBASS {Jean- Patrice), administrateur. Il naquit à Bruxelles et fut baptisé à Sainte-Ciudule le 31 janvier 1776. Sa famille était d'origine irlandaise et attachée aux Stuart. Après la prise de Limenck, perdue par Jacques il, quelques-uns de ses membres se réfugièrent aux Pays- Bas; on les trouve à Ostende à la fin du xviîe siècle. Le père de Jean-Patrice, Denis, né à Kilgarvan, en Irlande, le 16 août 1731 , mort à Prague, en 1801, épousa à Saint-Bavon à Gand, au mois de juillet 1766, Elisabeth Cantillon, et fut avocat au conseil souverain de Bra- bant Jean-Patrice, nommé conseiller d'Etat sous Guillaume 1er, devint membre de l'Ordre Equestre pour la Flandre orientale, par arrêté royal du 20 no- vembre 1816. Il épousa à Bruxelles, le 21 nivôse an v (10 janvier 1797), Char- lotte-Marie-Thérèse-Joséphine de Grass, née à Mons le 10 novembre 1776, fille de Charles-Frauçois-Louis et de Marie- Thérèse-Joséphine de Séovaud. Il fut autorisé à joindre à son nom patrony- mique celui de Grass. Il mourut a Bruxelles le 19 décembre 1846. Baron Emile de Borchgrave. Baron de Stein, Annuaire de la ISoblesse de Belgique, t. XL!, année 1887. - Poplimont, La lielgique héraldique, l- MU. 1" o'svi'i'iVAiv (Jérémie), médecin, naquit à Kerry, province de Munster (Irlande), en 1697, et mourut à Bruges, le 17 novembre 1769. Il étudia la méde- cine à l'université de Louvain et y prit le grade de licencié le 23 novembre 1724. n'alla s'établir d'abord à Ostende, puis k Bruges, où, en 1742, il fut nommé médecin de l'hôpital Saint-Jean. En 1746, il fut appelé à la présidence de la Société médicale de Saint-Luc et il conserva ces fonctions jusqu'en 1765. De son mariage avec dame Marie Hauwyck, il eut quatre enfants, dont il existe en- core plusieurs descendants aujourd'hui. Il fut enterré à Bruges dans l'église Saint-Sauveur. D' Viilor Jacques. i Demeyer, Analectes médicaux, t. II, p. 217. OSY (Jean de), architecte, né pro- bablement en Brabant, pendant la pre- mière moitié du xive siècle ; la date de sa mort est ignorée. Il fut un des auteurs de la belle église de Notre- Dame du Lac à Tirlemont, édifice au- quel il travailla pendant l'année 1360. Au mois de septembre de cette année, les chanoines de l'église précitée se réunirent et s'entendirent avec l'archi- tecte au sujet de ce qui lui était dû du chef des travaux qu'il avait exécutés pendant les années précédentes. Ces comptes constatent que les honoraires dus à Jean de Osy consistaient en une robe d'apparat et une somme de dix oboles d'or, soit 5 6 livres 16 sous. Logé aux frais des chanoines, il touchait en outre une indemnité pour ses voyages faits à Bruxelles, en Hainaiit et à Ma- lines, où il présidait probablement à des travaux, sur lesquels l'histoire garde le silence le plus absolu. Ch. Piot. Bels, Histoire de Tirlemont, t. II. OTBERT, OtBERTUS, OuBERTUS , AuTBERTUS, évêque de Liège de 1091 à 1119, a partagé le sort de tous ceux qui, ayant vécu dans une époque de troubles politiques et religieux, ont eu la franchise de leurs convictions et pris énergiquement parti. Honni par les uns comme un mauvais prêtre, comme un prélat brutal, avide et fourbe, il a été exalté par les autres pour le dévouement et le courage qu'il a mis au service d'une cause perdue. Mais les témoignages de ses ennemis nous sont parvenus en bien plus grand nombre que ceux de ses partisans : il ne faut pas l'oublier, si l'on veut reproduire avec quelque vente les traits de cette figure en tout cas pleine de vigueur et d'audace. Nous ne savons presque rien sur la jeunesse d'Otbert. A la difterence de tant d'autres évêques de Liège au 357 OTBERT 358 xie siècle, cet homme qui manifesta une fidélité si passionnée à l'empereur Henri IV, n'était pas d'origine alle- mande. Sa naissance doit être cher- chée sans doute dans quelqu'une des familles nobles de la Hesbaye , car suivant l'excellente chronique de l'abbé Rodolphe de Saint-Trond, il était pa- rent [consanguineus) d'un certain Henri, vassal du monastère et probablement allié au comte de Duras. Otbert dut entrer de bonne heure, peut-être pen- dant l'épiscopat de ïhéoduin (1048 à 1075), à l'école cathédrale de Saint- Ijambert, qui ne se faisait pas moins remarquer à cette époque par la science de ses maîtres que par la profondeur et la loyauté de ses sentiments impérialistes. La suite de sa carrière prouve, en etl'et, qu'il dut recevoir dès l'enfance l'em- preinte indélébile de ces sentiments, ou, tout au moins, que ses idées se for- mèrent dans un milieu réfractaire aux tendances clunisiennes qui s'introdui- sirent, au cours du xie siècle, dans les abbayes du diocèse de Liège. Quoi qu'il en soit, sous l'épiscopat de Henri de Verdun (1075 a 1091), nous trouvons Otbert revêtu de la double dignité de chanoine de Saint-Lambert et de prévôt de la collégiale de Sainte-Croix. Nous savons aussi qu'il éclata entre lui et son évéque, à une époque qu'il n'est pas impossible de préciser, de graves dissen- timents. On peut supposer, sans trop de hardiesse, que ce conflit eut pour cause le changement d'attitude d'Henri qui, après avoir reçu l'évèché des mains de l'empereur et avoir participé au synode de Worms à la condamnation de Gré- goire Vil par l'église impériale, se rap- procha peu après du pape (1076). Pen- dant longtemps il n'est plus question d'Otbert, puis, en 1090-1091, nous le voyons dans l'entourage de l'empe- reur Henri IV, occupé à cette époque à combattre le pape Urbain II eu Italie. C'est la que la cour apprit la mort de l'évêque Henri de Verdun , décédé à Liège le 31 mai 1091. Otbert n'hésita pas à solliciter de l'empereur la crosse et l'anneau et il les obtint sans difficulté. L'ardeur de ses convictions impérialistes n'explique pas toute seule son succès. Henri exigea de sa créature la somme énorme de 300 marcs d'or. Ils furent payés, semble-t-il, par Wolbodon, abbé intrus de Saint-Laurent de Liège , moyennant la promesse d'Otbert de le réintégrer dans son monastère dès qu'il aurait pris possession du diocèse. La promotion d'Otbert au siège de Liège s'accomplit, on le voit, en oppo- sition avec tous les principes du droit ecclésiastique. Non seulement il n'avait pas hésité, comme si l'on eût vécu encore au temps d'Henri III, à recevoir les fonctions épiscopales de la main du souverain temporel, mais il s'était rendu coupable de simonie, et il avait contracté, à l'égard d'un abbé déposé, des obliga- tions qui allaient, dès les premiers jours, le mettre en conflit avec tout ce que son diocèse comptait d'hommes gagnés aux idées clunisiennes et grégoriennes. Néan- moins, tel était encore l'attachement du clergé séculier de Liège à l'empereur, que la nomination du nouvel évêque fut admise sans protestation. Après sa con- sécration, au commencement de 1092, par le métropolitain de Cologne, Otbert fit dans sa capitale une entrée solennelle et pleine d'éclat. Mais il y arrivait irré- médiablement compromis aux yeux des partisans d'Urbain II, comme complice d'un empereur excommunié et de l'anti- pape Clément. Rien d'étonnant, dès lors, si, presque aussitôt, les chefs du parti réformiste , Bérenger, abbé de Saint- Laurent, et Thierry II, abbé de Saint- Hubert, adoptèrent à son égard une attitude nettement hostile. Otbert ne dut pas s'en étonner. Il s'attendait cer- tainement à la lutte. D'un tempérament énergique et même brutal, il ne crai- gnait pas ses adversaires. D'ailleurs, il comptait sur l'empereur, sur la noblesse laïque, sur tout le clergé séculier et même sur cette partie des moines qui partageaient encore les idées impéria- listes, et dont Sigebert de Gembloux était à ce moment le plus brillant et le plus célèbre interprète. A peine inauguré, il eut recours sans scrupules aux moyens qui lui parurent les plus propres à vaincre la résistance 359 OTBERT 360 qu'il sentait se former contre lui, autour de Bérenger et de Thierry. Il expulsa le premier de Saint-Laurent où, suivant ses engagements, il réinstalla Wolbo- don. Il chercha à terroriser par la violence les moines de Saint-Hubert. Il vendit à des hommes sûrs les abbayes de Brogne et de Florennes. Ces mesures restèrent sans effet. Bérenger, retiré à Saint-Hubert qui formait le centre le plus actif de l'opposition au nouvel évêque, ne céda pas. Thierry II, réfugié de son côté au prieuré d'Evernicourt, resta iné- branlable. Informé par eux des événe- ments qui se déroulaient dans le diocèse, Urbain II lança l'excommunication contre Otbert et engagea les Liégeois à l'expulser. Dans ces conditions, il fallut bien se prêter à quelques ménagements. Une partie des vassaux du diocèse et le duc de Lotharingie lui-même, Godefroid de Bouillon, blâmaient la conduite de l'évêque, si bien que celui-ci se résigna enfin, en 1095, à déposer Wolbodon et à réinstaller Bérenger à Saint-Laurent. Quant à Saint-Hubert, Thierry II en abandonna la direction en 1096, et quoiqu'il ait persisté depuis lors dans son opposition à Otbert, il ne se trouva plus en mesure de lui porter des coups bien dangereux. Bref, àpartir de 1097, la position de l'évêque était plus solide qu'elle ne l'avait jamais été, etil pouvait envisager l'avenir avec confiance. Son dévouement à l'empereur s'était encore affermi pendant ces années de lutte, et les diplômes d'Henri IV attestent la faveur dont il jouissait à la cour. Il ap- paraît alors comme le représentant par excellence de la politique allemande en Lotharingie. En 1101, il prend part, avec Henri iV, à une expédition contre le comte Henri de Limbourg et, la même année, il conduit à Cambrai 800 cheva- liers au service de l'évêque impérialiste (îaucher. Cette intervention le mit en confiitavecle comtede Flandre Robert II qui , par dévouement au Saint-Siège autant que dans l'espoir de s'emparer du (.'ambrésis, soutenait depuis longtemps contre (iaucher, l'évêque grégorien Ma- nassès. Il parut même un instant, en 1103, que la guerre allait éclater entre le pays de Liège et la Flandre. Le 21 janvier de cette année, en effet, le pape Pascal II ordonnait à Robert de tourner ses armes contre le clergé ex- communié de Liège. Quelle que fût la puissance du comte, ni Otbert ni son église ne se laissèrent effrayer par le péril. La menace du pape eut même pour effet de renforcer leur dévouement à Henri IV. Pourtant, à la veille d'une lutte que chacun s'attendait à voir écla- ter, les Liégeois voulurent se concilier l'opinion publique et justifier leur atti- tude. C'est à ces circonstances que nous devons le plus vigoureux et le plus pathétique des pamphlets de Sigebertde Gembloux. Au moment où Sigebert adressait » à « tous les hommes de bonne volonté » les véhémentes protestations de « l'église Il de Liège inébranlablement attachée à " la vraie foi et à l'unité catholique • , la cause défendue par Otbert avec tant de constance, allait définitivement être tranchée. A la fin de 1104, Henri V se révoltait contre son père qui, abandonné par ses partisans, traqué de toutes parts en Allemagne, venait chercher sur les bords de la Meuse son dernier asile et son suprême refuge (mars 1105). L'évêque se montra digne de la con- fiance que le vieux et malheureux prince avait mise en lui. 11 ne craignit pas de braver les forces de l'empire ; il sut inspirer son dévouement au duc Henri de Limbourg, à ses vassaux, à la popu- lation de Liège. Lorsque Henri V mar- cha contre la ville pour en enlever son père, il rencontra, au pont de Visé, des troupes décidées à la résistance. Ses chevaliers furent repoussés, et il s'éloi- gna sans chercher à renouveler ses atta- ques (22 mars 1106). Peu de temps après (7 août 1106), Henri IV mourait dans la cité romane qui lui conserva jusqu'au dernier jour une fidélité et un attachement que l'Al- lemagne lui refusait. Des scènes tou- chantes se passèrent autour de son cer- cueil : une foule immense assista aux funérailles solennelles qu'Otbert fit (félé- brer le 14 août, dans la cathédrale. Mais la mort de sou maître lui enlevait le 364 OTBERT 362 seul motif qu'il pouvait alléfçuer encore pour justifier sa rébellion à Henri V et à la papauté. La fidélité inébranlable et, quoi qu'on en ait dit, héroïque, qu'il avait témoignée à Henri IV, devenait sans objet; la cause de l'empire était perdue ; celui qui l'incarnait venait de disparaître: il n'y avait plus qu'à se soumettre et à obtenir le pardon. Sur l'ordre du lésfat du Saint-Siège, Otbert fit, dès le lendemain des obsèques, exhu- mer le cadavre d'Henri, qui fut porté — en attendant son transfert à Spire — dans une chapelle non bénite, située hors de la ville, sur le mont Cornillon, Il envoya, peu après, une députation au pape qui accepta sa soumission. Le 10 novembre, l'archevêque de Trêves le releva de l'excommunication, ainsi que son clergé et son peuple, à condi- tion qu'il signât une formule d'obéis- sance à Pascal II et à ses successeurs. L'engagement pris alors fut religieuse- ment tenu. Jusqu'à la fin de son épisco- pat, qui dura encore treize ans, Otbert ne donna plus à la papauté aucun sujet de mécontentement. Si l'administration spirituelled'Otbert fut, pour le diocèse de Liège, une époque de conflits et de luttes passionnées, son administration temporelle eut incontes- tablement d'heureux résultats, et c'est peut-être par elle que s'explique le courage avec lequel les Liégeois sou- tinrent leur prince pendant les années les plus tragiques de la guerre des in- vestitures. L'énergie et la rudesse qui faisaient le fond du caractère de l'évêque, sa fermeté devant le péril, sa constance dans ses desseins, son sens de la réalité, lui firent remporter de remar- quables succès. C'est sous son règne que la principauté de Liège acquit l'étendue territoriale qu'elle conserva presque sans changements jusqu'au xive siècle , et c'est certainement à lui qu'elle dut, plus heureuse que celle de Cambrai, d'avoir pu résister au xne siècle aux attaques répétées des maisons de Kra- bant, de Naraur et de Limbourg. Il suffira de rappeler ici qu'Otbert enleva, en 1095, le comté de Brunengerunz au comte deLouvain, et que, peu de temps après, il acquit de Godefroid de Bouillon partant pourlacroisade et de Baudouin IT (le Hainaut, les châteaux de Bouillon et de Couvin (1096). Ajoutons qu'il fit réparer, en 1097, malgré les protesta- tions des moines de Saint-Hubert, la forteresse de, Mirwart et que, dès la fin de 1095, il s'était rendu maître de celle de Clerinont-sur-Meuse. Ainsi, les fron- tières de l'évêché furent solidement ga- ranties au sud et à l'ouest. Il semble de plus qu'Otbert favorisa de tout son pouvoir les aspirations de la bourgeoisie et s'employa activement à protéger son commerce naissant. Nous savons (ju'il assiégea Clerraont pour mettre fin aux exactions que la garnison de ce château exerçait sur les bateliers de la haute Meuse. Plus tard, en 1103, nous le voyons obtenir, de l'archevêque de Cologne, une réglementation plus équitable des droits que les marchands de Liège et de Huy avaient à acquitter dans cette ville. La culture littéraire, si active à Liège jusque dans le cours du xiie siècle, attira aussi la sollicitude de l'évêque. S'il faut renoncer à voir en lui, comme l'ont démontré de récents travaux, l'au- teur de la Vie (T Henri IV, on doit en revanche lui faire honneur d'avoir appelé aux fonctions d'écolâtre de Saint-Lam- bert, cet Alger qui jeta tant d'éclat sur la cité par ses travaux littéraires et scientifi(|ues et que cherchèrent vaine- ment à lui disputer de nombreux évê- ques allemands. La biographie d'Otbert, à partir de Il 06, devient fort obscure. Le seul épisode de quelque importance qu'elle présente est une querelle avec l'arche- vêque Rodolphe de Reiras (1108-1116), qui l'accusait d'usurper l'autorité spiri- tuelle dans une partie de son diocèse, mais sur laquelle nous n'avons pas de détails. Otbert mourut, non en 1117 ni en 1118, comme le prétendent quelques- uns, mais en 1119, probablement le 31 janvier. H. Pirenne. Rupert, Chromcon Sancti Laurentii Leodiensis, Mon. Genn. llist. Script,, l. VIII. — Chromcon S. Huberli Andaginensis [Cantatorium S. Hu- 363 OTERSCHADEN — OTHELBOLD 364 berti), Ibid., t. VIII. — Rodolphe. Gesta abbatum Trudoneminm. Ibid., t. X et éd. C. de Borman, t. I (Liège, 4872). — Triumphus S. Lamberti de Castro Bullonio, Mou. Germ. Hist. Script., t. XX. — Canonici Leodiensis chrotiicon rhythmicum, Ibid., t. XII. — Gilles d'Orval, Gestà episcopo- i-um Leodiensium, Ibid. t XXV. — Vila Heirt- rici IV imperatoris, Ibid., t. XII. — P. KroUick, Die Klosterchronik von St. Hubert und der Inves- tiliirkampf im Bisthum Lùttich (Berlin, -1884). — A. Gauchie, la Querelle des Investitures dans les diocèses de Liéqc et de Cambrai, t. II (Louvain, iSÎM). — W. Waltenbach, Deutschlands Ge- schichtsquellen im Mittelalter (G- édit.) , t. II Berlin. 1894. — H. Pirenne, Histoire de Belgique, t. I (Bruxelles, igOO). OTEK!sruAnEN [Jean). Il est l'au- teur de deux globes en fuseaux, l'un terrestre, l'autre céleste. Ils portent l'ins- cription : Noua et intégra vnivirsi Orbis descriptio, et cette dédicace : Reueren- dùs. et illustriss. || IP D° JJrbano San- geJasio \\ Episcopo Cominijiensi Joanes || Oterschaden Belga humillime . || D.D. || Sans date ni lieu d'impression ; mais la dédicace permet de placer la pièce entre les années 1580 et 1613. 11 est impos- sible également de déterminer si Oter- schaden est graveur, libraire, imprimeur ou cartographe; aucune biographie ne renseigne le personnage. La carte est une bonne gravure sur cuivre; elle ne constitue pas iin document de premier ordre : les grandes découvertes géogra- phiques, qui ont marqué les xve et xviR siècles, n'y sont portées que par- tiellement. Deux exemplaires seulement en sont connus : l'un à Paris (Bibl. nat. , section des cartes et coll. géogr.); l'autre à Munich (à lalibrairieancienne Ludwig Rosenthal ; ce dernier exemplaire est coté 500 marcs). F. van Ortroy. OTFRiDB, parfois appelé Odfride ou Olfride, savant religieux, mort près de Gand, le 22 novembre 1085. Origi- naire du diocèse de Tournai, il embrassa la carrière ecclésiastique et fut ordonné prêtre. Après avoir visité plusieurs mo- nastères, il se retira à Watten, dans le diocèse de Térouanne, où il fonda, en 1072, une communauté de chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin, Il obtint des donations importantes du comte de Flandre, Robert le Frison, et de divers seigneurs; il parvint aussi, en 1076, à affranchir Watten de sa dépen- dance vis-à-vis de l'abbaye de Bergues- Saint-Winoc. Pendant huit années , Otfride gouverna le monastère en qualité de prévôt ; on lui a parfois donné aussi les titres de prieur ou d'abbé. Ayant rencontré des difficultés dans la direction intérieure du couvent, et s'étant brouillé avec l'évêque de Térouanne Hubert, qui l'excommunia pour avoir encouragé les moines de Bergues-Saint-Winoc dans leur résistance contre l'évêque, — Otfride abdiqua en 1080. Il consacra le reste de ses jours à la prédication en divers en- droits. Au cours d'un de ses voyages, il mourut près de Gand, le 22 novembre 1085, et fut inhumé dans l'abbaye de Saint-Pierre au mont Blandin, sur le territoire actuel de cette ville. Otfride avait acquis un grand savoir, qu'il employa surtout à revoir et à cor- riger les ouvrages composant la biblio- thèque du monastère de Watten. D'après les auteurs de V Histoire littéraire de la France , sa tâche aurait surtout consisté à enrichir les manuscrits de notes inter- linéaires et marginales, et à y établir une ponctuation régulière , afin d'en faciliter la lecture. Paul Bergmans. Histoire littéraire de la France, t. VIII (Paris, 1747, p. 143-445). et les sources y indiquées. — Mémoires de la Société de.s antiquaires de la Mo- rinie, t. IV (Saint-Omer, 1839), p. 68-74. — A. Leroy et À. Dinaux, Archives historiques et littéraires du Nord de la France et du Midi de la Belgique, 2e série, t. VI (Valenclennes, 4847), p. 268-269. OTHELBOLD, abbé de âaint-Bavou, à Gand, de 1019 à 1034 (5 décembre), n'est connu que par une lettre qu'il adressa à Otgiva, femme du comte de Flandre Baudouin IV, pour lui commu- niquer, sur sa demande, les noms des saints dont les reliques étaient conservées au monastère. 11 expose rapidement, à ce propos, l'histoire de l'abbaye, en insistant surtout sur les malheurs qui l'ont accablée depuis l'invasion des Normands, sur la sécularisation d'une grande partie de ses biens par le comte Arnulf 1er, et sur une foule d'usurpations (|u'il indique en détail et qui, en dépit de restitutions postérieures, n'avaient J 365 OTHO 366 laissé au couvent que 200 manses de terre. Cette lettre, d'un intérêt histo- rique cousidérable. semble ne pas être sans rapport avec la querelle séculaire que le monastère de Saint-Bavon soutint contre le monastère voisin de Saint- Pierre au mont Blandin. La lettre d'Othelbold a été publiée plusieurs fois, entre autres dans Miraeus, Opéra diplomatica, éd. Foppens. t. I, p. 348 ; dans le cartulaire inachevé de Saint-Bavon, par Serrure, p. 16, et plus récemment dans le Neveu Archiv der GeseUschaft fiir altère deutsche Geschiclits- kunde, t. VÎII, p. 370, où l'on en trou- vera le texte le plus pur. H. Pirenne. OTHO {Jean) , philologue, maître d'école, né à Bruges dans la première moitié du xvie siècle, mort à Duisbourg le 6 juin 15 81. La forme flamande de son nom parait être Oste ou Hoste. II ouvrit, vers 1545, à Gand, une école o\x il enseignait les langues anciennes. Le 3 mars de cette année (1546, n. st.), il achète une maison Calle Bon- tincxsteen, située dans la Talboomstraet (rue des Ursulines actuelle), près du Sablon, qui était alors le quartier de prédilection des maîtres d'écoles gantois. Dès l'année suivante, Otho publiait son premier ouvrage , les Partes orationis latin0>>E FITT MEUtlS VfSERE PERPETIO'.' MORTE SIO REPETl'NT ORTUS, MENS ASTRA REVISIT, L'SDI SIRl VIT.Ï H.€C FLUXIT ORIGO PRIUS. AT TENERIM WU CONCRETLM EX PLLVERE CORPUS, HAUD LONGO RIRSCM TEMPORE PULVIS ERIT. SULICET LN CCELI TERRAQUE MARISQL'E RllNA, RURSIM ERIT IN SICCO HOC PL'LVERE VITA TIBI. .€TERS.€ MORTIS. MORS SIC EST CORPORIS EXPERS, UT VEHAT AD VITAM QUOD FUIT ANTE CINIS. VIVE ITAQCE OTHONIS ^^V1 MODO FUNERE, LECTOR ADMONITUS, ^TS•AT SIC QUOQUE VITA TIBI. Voici la liste des œuvres de Jean Otho, dont nous avons pu rencontrer un exem- plaire : 1. Brevis descriptio eor. quae a S. P. Q. Gand. Pliilippo Ji/siri. Caro. V. Caisar. Princip. F/andriar. Jilio et hcpredi et futur o principi Flandriar. ex- hibita fuere Gandaui. tertio Idus lui. An. M. D. XIXXFIIIJ. Gand. Corn. Manilius, 1549; pet. in-4». — 2. De puerorum iustitutione Plutarchi Charovei liber, quem omnes scholarum gubernatores patresque familias studiose pervohant et ub- serrent dignns, e Greeco tra'nsyatus .G&nû , Corn. Manilius, 155 5; pet. in-4". Idem, teditio secunda. Ibid., 1556 ; pet. in-4'. — 3. Plutarchi Chceronei de comphirium amicitia liber ... annotationibus illustra- tus. Gand, Henri Chœrius ou Van den Keere, juillet 1556; pet. in-4". — 4. Plu- tarchi Chceronei de esu carnium comme?)- tarii duo, e Grceco in Latinum concersi. Gand, Henri Chaerius ou V^anden Keere. août 1556; pet. in-4o. — 5. Plutarchi Chfsronei de superstitione commentariim latine e G rœco interprétai ur X'i'ànA , Henri Chaerius ou Van den Keere, août 1556; pet. in-4'i. La bibliothèque de Gand possède les n'js 1-5. — 6. Introductio iu historiamromanam. Post primam edilio- nem innumeria locis ex Jide marmorum, numi'. d'Otreppe d£ Botiretie , fragments des diverses biographies recueillies et mis en ordre par son collègue et ami le d' Alexandre (Liège, S'aillanl-Carmanne, 1875). 01REPPE DE BOCVETTE {Frédé- ric-Gustaten ),h.ommtdit guerre, frèredu précédent, né à Nnraur, le 30 mai 1785, décédé à Liège, le 4 octobre 1868. Il entra au service de la France en 1803, au moment de la création à Bruxelles, par le colonel Jean- Baptiste- Joseph L'Olivier, de l'héroïque 112^ régiment de ligne, et y parcourut la plus grande partie de sa carrière militaire. Nommé sergent, puis sergent-major après moins d'un an de service, d'Otreppe reçut le brevet de sous-lieuteuant en 1805 et devint lieutenant le 26 mai 1807 : c'est dans ce grade qu'il assista à la bataille de Raab, 1-t juin 1809, et fut blessé d'un coup de feu à l'avant-bras gauche, dans une action méritoire qu'il lui valut — de la main même de l'empereur, sur le champ de bataille de Wagram le 17 juillet 1809 — la croix de chevalier de la Légion d'honneur, alors que, déjà huit jours avant, il avait été promu capitaine. Vers la fin de 1811, d'Otreppe manifesta l'intention de quitter la car- rière militaire, mais son ancien colonel, baron de Penne, alors général de brigade, l'en dissuada. Notre compatriote parti- cipa, toujours dans les rangs du 112e, aux campagnes de 1812 et de 1813, et le 10 octobre de cette dernière année, il fut promu à la dignité d'officier de la Légion d'honneur, récompense très rarement octroyée à des officiera subal- ternes. Cette distinction, il la justifia d'ailleurs encore en se faisant remar- quer par sa bravoure accoutumée, le 18 octobre 1813, à la bataille de Leip- zig, où il fut blessé de nouveau d'un coup de feu qui lui fractura l'avant- bras droit. D'Otreppe qui appartint pendant près de onze années à l'inoubliable 112<' de ligne et qui y était devenu capitaine de grenadiers, passa le 10 septembre 1814 nu 7'' régiment de la mcme arme; il fut nommé chefde bataillon le 3 avril 1815, et obtint sa démission honorable le 15 janvier 1816, époque à laquelle il revint au pays natal, après avoir toutefois coopéré aux campagnes de 1814 et de 1815 en France. Admis au service des Pays-Bas avec la demi-solde, il fut dési- gné, le 16 août 1817, pour passer, avec le grade de capitaine, au 3e bataillon d'infanterie nationale ; il fut pensionné le 5 décembre 1820. Le 19 octobre 1814, d'Otreppe avait reçu la décoration de la Fleur de lis, et au moment de sa mort il était porteur (le la médaille de Sainte-Hélène. Général Frédéric Bernaert. Etats de services de France et de Hollande. — ("ruyplants, Histoire de la cavalerie belge. — de Slein, Annuaire delà noblesse, t. XL, p. -100. — Renseignements dus à l'obligeance de M^ le iia- 1 on d'Otreppe de Bouvetle, pelit-tils du capitaine Krédéric-Gustave. OT» [Châties), compositeur de mu- sique, né à Bruxelles, le 13 mai 1776, mort, suivant Fétis, dans cette ville en 1845, Il s'établit à la fin du xviiie siècle à Gand, où il se livra à l'enseignement (le la musique. Une annonce du Journal du commerce, du 2 8 avril 1809, nous apprend qu'il donnait des leçons de chant, de piano, de violon, de guitare, d'accompagnement et de composition musicale. Son nom n'apparaît cependant qu'à partir de 1813 dans le IVeijinjzer ou livre d'adresses de fîand. Il n'avait pas vingt ans quand il fit représenter sur le théâtre de cette ville, le 2 janvier 1796, la Ruse villageoise, opéra en un acte. Vingt ans après , il donna sur la même scène, le 18 décembre \.'i\'n,Jean Second ou Charles-Quint da>/s les murs de Gand, opéra en un acte, sur des |)m rôles de Dandelin et C^uetelet, le futur direc- teur de l'Observatoire ; ce fut uu grand succès, s'il faut en croire le Journal de Gand -. « La musique de M. Ots a » rempli et surpassé toutes les espé- « rances; elle est pleine de charme et • de ce sentiment sans lequel la musique » chantée perd tout son charme. 11 a été 375 OTTEN — OTTEREN 376 « facile de remarquer que l'imagination « de cet agréable compositeur est remplie . du plus parfait modèle qu'il soit pos- . sible de se proposer pour la musique . instrumentale.Chacunde ces morceaux ■ a une empreinte originale. Sa romance . a toutes les beautés du genre qui rejette . les tours de force et le luxe musical. . Une simplicité douce et vraie en forme « le caractère.... ". Le théâtre de Gand joua encore de lui, le 28 octobre 181 S, un opéra comique en un acte, David Teniers. A cette époque, Ots était chef d'orchestre du théâtre; il fut remplacé en 1820 par Charles Hanssens. Citons encore la cantate de Ots, intitulée : la Roue enlevée, pour basse-taille avec ac- compagnement d'orchestre, qu'il signa, comme plusieurs de ses œuvres, de l'ana- gramme Chorasselti, ainsi que celle qui fut exécutée dans la séance de la Société des Arts, le 10 juin 1811, à l'occasion de la naissance du roi de Rome. Ots composa de nombreuses romances, dont quelques-unes lui valurent une certaine renommée en son temps, telles que Henri quatre ; Je Vaimerai ; les Beaux- Arts, etc. Un recueil de six mélodies fut gravé à Paris au commencement du xixe siècle, sous ce titre : Six romances nouvelles, avec accompagnement de forté- piano ou harpe, paroles de Demoutier et Laharpe, dédiées à M. William de Nayer. \" Recueil de Romances. Paris, Brun, 3. d.; in-fol., 16 ff. Suivant Fétis, ou conserve, dans les maîtrises des églises gantoises, des compositions religieuses de Ots, écrites dans le style italien concerté du xyiik siècle; ce musicologue cite notamment un Dixit Dominus, un Laudate pueri, des Tantum erijo et 0 sulutaris, avec orchestre. Vr. Fétis dit qu'Ots, dans sa vieillesse, retourna dans sa ville natale et y mourut en 1S45; mais les registres de l'état civil de Bruxelles ne renseignent aucun acte de décèsde Charles Ots de 1796 à 1860. En tout cas, son nom ne figure plus, à par- tir de 1 823, dans le Wegwy:er de Gand. La fille de cet artiste, Emilie Ots, née à fiand, le 24 avril 1808, fut élève de son père et se voua au théâtre. Après avoir fait ses débuts à Gand, à l'âge de quatorze ans, elle chanta sur les scènes d'Amiens, de Rouen, du Havre, etc.; elle appartint, en 1827, à l'Opéra-comique de Paris. Paul Bergnians, État civil de Bruxelles. — F -J. Fétis, Bioijra- phie universelle des musiciens, 2e éd., t. VI (Pa- ris, 1864), p. 383-386 et supplément par A. Pou- gin, t. H (Paris, tSSO^ p. 290. — Ed. Grégoir, les Artistes-musiciens belges au xviiie et nu xixe siècle (Bruxelles, 1883;, p. 324. — Pr. Claeys, Histoire du théâtre à Gand, t. II (Gand, 4892), passim. — Benseignements personnels. OTTEM (Thomas), prédicateur réfor- mé, d'origine belge, mort vers la fin du xviie siècle, à Sittard, petite ville du duché de Juliers. Il est l'auteur d'un opuscule qui fut imprimé à Utrecht, en 1693, sous ce titre : Een gezigt van de toekomende dingen, tôt aen de einde van de wereld , van de Heere vertoond aen een van zijne onweerdigste dienaers in 't jaer des Beeren 1688. Nu tôt opiceHing van Godskerk uitgegeven en met aenmerkingen, zoo wegens H gezigt als m zijn H. Woord gedane belofte en derzelver tyd. T)ans cet ouvrage, dit Paquot(i¥m., t. IV, p. 50), Otten fait part au public des choses qui lui furent révélées en songe pendant la nuit du 26 au 27 sep- tembre 1688 : une femme lui apparut en habits de deuil , avec une épée dont la garde était penchée sur sa joue gauche; en même temps, le visionnaire apercevait des charbons ardents, des vaisseaux sans voiles et nombre d'autres choses qu'il décrit en détail. A son réveil, il se rap- pela parfaitement son rêve et conclut de là que celui-ci était prophétique. Il se confirma dans cette idée parce que, à ce moment même, des luthériens de Lune- bourg avaient eu des visions semblables, et que Simon de Vries, dans son Traité des monstres, des spectres, y avait attaché une certaine importance. C'est en s'ap- puyant sur son autorité qu'Otten inter- préta sa vision et en appliqua une partie à la révolution d'Angleterre de 1689 et le reste à l'établissement de la nouvelle Jérusalem, au règne de l'Antéchrist et à d'autres événements futurs. Kd. Becckmin. OTTKRF.'V (Hubert va:«), graveur lié- geois, travaillait au xvii' siècle. Plusieurs I 377 OTTEVAERE — OTTO VENIUS 378 I planches gravées par lui fiorurent dans le célèbre herbier de Kobert Morison, publié à Oxford en 1672. Remarquables par leur précision, elles sont indistinctement signées Bub. tan Oiieren Leodiensis sculp. Guil. Sonmans en fut le dessinateur. Le nom même de Van Otteren suffit à dire que celui qui le portait n'était point de souche liégeoise. Un Laurent van Otteren séjournait à Amsterdam en 1642, et il ne saurait être douteux que la manière de graver de notre artiste le rattache plutôt à l'école hollandaise. Vécut-il en Angle- terrePNous n'oserions l'affirmer, attendu que le burin de divers graveurs néerlan- dais fut mis en réquisition avec le sien par Rob. Morison. En revanche, il tra- vailla sûrement en Italie, comme l'in- diquent plusieurs de ses planches datées de Bologne, et, selon Nagler, il con- courut à l'illustration des Memorie deyli academici gelati , de V. Zani. Le Blanc renseigne encore de lui un portrait de . Hieronymus de Pratis. A Venise, tra- vaillait, à )a même époque, un Léonard Henri van Otteren, également graveur, dont nous connaissons un certain nombre de portraits, d'ailleurs médiocres. Henri Hymans. Nagler, Neues Allgemeines Kunsiler-Lexikon. — Id., die Monoiiramviisteu. — Zani, Encyclope- dia meiodica ragionaia délie belle Arti. — Le Blanc, Manuel de l'Amateur d'estampes. OTTEt'AEKE (Augnate-Ferdinand) , peintre animalier, naquit à Paris en 1810. Il accusa de bonne heure des dispositions artistiques, et devint l'élève d'Eugène Verboeckhoven , à l'école duquel il se perfectionna comme peintre animalier. Il prit part à un grand nombre d'expositions du pays et de l'étranger, et obtint une médaille d'or à une des grandes expositions de Paris. Auguste Ottevaere habitait alternative- ment Paris et les deux résidences pater- nelles de Gand et d'Evergem ; il mourut à Gand, le 3 août 1856, à l'âge de 46 ans, des suitesd'une congestion cérébrale dont il fut frappé au bain. Ce peintre amateur avait du talent ; ses œuvres, en général, respirent la fougue de son ca- ractère, Ses tableaux sont fort dispersés; il n'y en a ni au musée de Bruxelles, ni à celui de Gand, ni à celui d'Anvers ; il en figura un àl'Kxposition provinciale de (îand en 1899, appartenant au séna- teur ISoupart; il en existe un petit chez un autre amateur gantois, Mr Janson ; un certain nombre se trouvent dans quelques maisons du village d'Evergem; nous nous rappelons aussi un Saini- Gcoryes (errassant le Dragon, toile d'assez grandes dimensions appartenant jadis au greffier de la cour d'appel, Mr Fa- razyn. Emile Varenbergh. Messaqer de Gand, dSoG. — Vander Aa. — Imraerzeel. — Kramni. OTTEVAEKE {Ferdinand) , né à Pete- gem lez-Dey nze en 1766, décédé à Gand le 24 novembre 1863. Il était fils de Josse, fournisseur des armées de la répu- blique française, et fut père du peintre Aug. Ottevaere. Il a laissé, outre une publication intitulée : Kort honduj ler- hael der laelste neerhiudsche beroerte met een inleyding vercieid, plusieurs mémoires relatifs à des questious d'intérêt privé, tels qu'une réclamation contre le bourg- mestre de Meerdonck au sujet de cer- taines mesures prises par celui-ci, et attentatoires aux intérêts d'Ottevaere à Meerdonck et Wachtebeke. Les pro- priétés qu'il possédait dans ces deux communes, ainsi que le château d'Ever- gem, avaient été acquises après la con- fiscation des biens de l'évêché de Gand. Ce factura d'Ottevaere est intitulé Aux nobles et très honorables neignrurs les Etats députés de la Flandre Orientale. Evergem, 10 septembre 1810. Nous con- naissons encore un mémoire adressé, en 1811, à l'Empereur, au sujet de deux polders dans l'arrondissement de Cad- zant ; deux autres, dates de 1821, rela- tifs à la voirie vicinale et au commerce des grains ; des observations sur un pro- jet d'écluse à Daknam (1852), etc. Emile Varenbergli. Bibliographie ywtionale, t. III. OTTO (Jean). Voir Otho. OTTO VEi%nj<«i, peintre. Voir Veen [Otto van). 379 OTTONIS 380 OTTOWis {Gérard) ou Othonis, écrivain ecclésiastique, né à Maren, près de Bois-le-Duc, le 25 mars 1592, mort à Anvers, le 7 décembre 1675. Le P. de Backer dit que son vrai nom est Gérard, mais le P. Sommervogel fait remarquer qu'il est inscrit sous celui à.^ Otho7iis à&ns le catalogue des admissi de la province belge de la compagnie de Jésus, et sous celui d'Oltonis, dans le nécrologe de la même province; cette dernière forme est celle que nous trouvons sur les titres de ses publications; elle correspondrait à la forme flamande Otthens, ou plutôt Ottetis. Ottonis fut admis au noviciat au couvent des jésuites à Malines, le 15 jan- vier 1619, et fut envoyé comme mission- naire en Hollande. Il y fut arrêté par les protestants. Après sa captivité, il se retira à .envers. Gérard Othonis est l'auteur de nom- breux ouvrages de dévotion, qui sont probablement tous écrits en flamand, quoique de certains d'entre eux il ne nous soit parvenu que les titres latinisés des anciens biographes. En voici la liste sommaire : l. De fine hominis et regno Dei. Louvain, Bouvet, 1646; in-16. — 2. Claves ceeli de amore Dei et contriiione. Louvain, Coppens, 1647; in-16. — 3. Spreucken van alderhande passien , sonden, cnde deugliden , seer dienstich voor die van dese wat goets toillen lesen oft mediteren. Anvers, C. Woons, 1648; in-12. — 4. Cœlum extra ceelum de attribvlis Dei. Louvain, 1648; in-16. — 5. Deliberatio de statu vita deligendo. l^ouvain, Vriembergh, 1648 ; in-16. — 6. Dies diurnus seii praxis omnia opéra diurna bene peragendi. Lou- vain, Vriembergh, 1648; in-16. — 7 . Dcn geestelijcken onderwijser der dévote zielen, door dcn salighen Francisais de Sales... uyt de française tael in H neder- duytsch overghestelt. Anvers, C. Woons, 1648 ; in-12. Nouvelles éditions en 16.. (2' éd. sans date), 1662, 1668 et 1676. — S. De nmatoribus crucis. Louvain, Coppens, 1649; in-16. — 9. Excilator laiiguidorum . Louvain, Coppens, 1651; in-16. — 10. Hemelen buylen liemel met tekere en oprechle middelen om in den oprechle hemel voor aile eeuwicheyt te gaen. Louvain, Wickman, 1652; in-16. Nouvelle édition en 1671. Est-ce le no 4? — 11. Schole van 't verschil des gheloofs. Louvain, v® J. Coppens, 1655; in-12. — 12. Praxis utendi exercitiis S. P. N. Ignatii. Louvain, 1655; in-12. — 13. Régula virginum sacra- rum. Anvers, 1655; in-16. — 14. Sor- ror peccatorum. Louvain , Sassenus, 1658; in-16. — 15. Cœlum vénale. Anvers, Cnobbaert, 1665; in-16. — 16. Deus bonus œque ac snavis. Anvers, 1666 ; in-16. — 17. Thésaurus ad dites- cendum cito in ceelestibus. Anvers, Cnob- baert, 1669; in-16. — 18. Geuse-valle oft on-weder-leggelijcke vastigheyd der Roomsche kerke in 't Gheloof. Anvers, G. Verhulst, 1670; in-12.— 19. Vita S. Genoveva>, ex gallico belgice reddita. Peut-être traduit du P. Cerisiers. Paul Berginans, A.-J. Vander Aa, Biograpkisch woordenboek der ISederlanden, t. XIV (Haarlem, d867), p. 5s39- 1241. — C. Sommorvogel. Bibliothèque de la Com- pagnie de Jésus (BruxeÙes, i82o), col. i4-16. *OTTOWis {Jean), pédagogue, né à Cologne, vivait dans les Pa^'s-Bas au xviie siècle. Après avoir été longtemps précepteur des pages du gouverneur des Pays-Bas, l'archiduc Léopold-Guillaume, il obtint, grâce à celui-ci, un canonicat à la cathédrale de Saint-Bavon, à Gand. Il fut mis en possession de cette pré- bende le 15 novembre 1652, et la résigna en 1668 en faveur de Jean de Bejar Lerma. Il a publié : L'éducation héroïque, dédiée à Son altesse Serénissime. Recueillie d'un manuscrit, et mise en lumière par J. Ottonis. Bruxelles, Fr. Foppens , 1655 ; petit in-12. C'est une suite de considérations sur l'éducation de la jeu- nesse, qui ne sont pas l'œuvre d'Ottonis, comme il l'indique sur le titre même; la préface nous apprend qu'il n'a fait que mettre en ordre et revoir le style d'un manuscrit anonyme qu'une dame d'il- lustre maison lui a communiqué. Ottonis n'était pas à Bruxelles quand le livre y fut imprimé, car un petit avis, placé après l'approbation, dit : • Les fautes survenues à (sic) mon absence seront corrigées à la nouvelle édition « . Mais le succès de l'opuscule ne fut sans doute 381 OUCLE — OUDAERT 382 pas considérable, car la • nouvelle édi- tion • ne vit jamais le jour Pourtant V Education héroïque contient des choses fort sensées, exprimées dens une forme agréable et parfois même pittoresque; elle est devenue très rare aujourd'hui. Haul Bergmans. L'œuvre de J. Oltonis (Bibl. de l'univ. de Gand). — J.-Fr. Foppens, Bibliotheca hclgica (Bruxelles, •1739), t. II, p. 708; notice reproduite dans Van- der Aa et Piron. — ^E.-A. Hellin), Histoire chro- nologique des evdques ir du chapitre de ieglist cathédrale de S. Bavori (Gand, 177'2), p. 263. oiCLE {Dominique %'Aii), mort à Anversle 14 septembre 1544. Il habitait probablement cette ville au moment où Eloi Pruystinck {Loy de Schaliedecker), le chef de la secte libertine des Loïstes, y répandait ses doctrines. Pruystinck était un illettré, mais il fit rédiger par Dominique van Oucle ses livres de pro- pagande. Dans une lettre de Pierre Dufief, procureur général du Conseil de Brabant, adressée à Louis de Schore, président du Conseil , il est appelé : esrripvain de ticis les livres. Ces livres s'imprimaient en Allemagne, surtout dans les villes du Nord. Us nous sont restés totalement inconnus jusqu'ici. Dominique fut arrêté à Kozendaal, entre le 15 juillet et le 14 septembre 1544. A la nouvelle de l'arrestation de Pruystinck et de quelques-uns de ses adhérents, il aura sans doute voulu s'enfuir vers la Hollande. Il fut ramené à Anvers pour être mis à la disposition du magistrat ou du Conseil de Brabant. Le 14 septembre, il s'étrangla dans sa prison. Nous savons, en effet, que ce jour-là l'écoutète d'Anvers vint trouver Dufief à Alsemberg, près de Beersel, pour lui apporter des nouvelles de quatre Loïstes arrêtés à Anvers, entre autres de Dominique, dont il ignorait la mort, Dufief ne l'apprit que deux heures plus tard de la bouche du fermier des prisons d'Anvers, qui était venu également à Alsemberg pour voir Dufief et l'écoutète. Celui-ci fut fort embarrassé à la nouvelle de ce suicide, ne sachant que faire du corps de Dominique. Dufief l'engagea à le pendre à une » estaicque • et à faire un petit feu dessous, pour combattre la puanteur du cadavre et en même temps » demonstrer son delict et ses erreurs » . L'écoutète n'avait qu'une crainte, c'était de voir le seigneur de Bréda réclamer le corps, ce qui doit nous faire supposer que Dominique était sujet de ce seigneur. Mais Dufief le rassura, disant que, vu le crime, il était aisé de s'opposer à cette prétention. J. Fredericbs. Julius Frederichs , De Secte der Lo'isten of Antwerpsche Libertijuen [i^'io-ioio]. Elirjius Pruystinck [Loij de Schaliedecker) en zijne aan- hangers (Gand et La Haye, ^SDl); voyez l'annexe no XXX : texte de la lettre mentionnée dans la notice et extrait des Archives du royaume à Bruxelles, Papiers d'Etat et de l'Audience, liasse n» 22. OUDAERT (Nicolas), poète latin, né à Bruxelles, mort à Malines, le 1er juil- let 1608. Docteur en droit civil et canon, il devint chanoine gradué et officiai de Saint-Kombaut, à Malines. Il fut secré- taire des archevêques Jean Hauchin et Mathieu Hovius, et vicaire capitulaire après la mort d' Hauchin. Nicolas Ou- daert fut enterré dans l'église métropo- litaine Saint-Rombaut, où on lui éleva, ainsi qu'à son frère Christophe, un mo- nument. Celui-ci se composait d'une pierre sépulcrale ornée à sa partie supé- rieure d'un ange tenant les armoiries d'Oudaert, avec, au-dessous, une épi- taphe gravée sur une plaque de laiton, ainsi que de deux pierres blanches por- tant des vers latins dûs à Christophe Oudaert; ces deux dernières ont disparu lors de l'invasion française, époque à laquelle on martela probablement les armoiries de la pierre qui subsiste en- core dans l'église Saint-Kombaut , à l'entrée de la grande nef. Voici le texte exact de l'épitaphe, que Mr le chanoine G. van Caster a bien voulu me commu- niquer : d. 0. m. sacram et memori.€: r. d. nicolal oudart i. v. doctoris, Officialis et canonici metropoutani Mechlin. Et KEVEan'is DD. archiepiscopis Joanni [ILL^'S Havchino privs, dein Mattiu.e Hovio a consiuis, nec non sede inter dvos illos vacante, eivs bon(»rvm administratoris et chrisrophori oudart, ipsivs fratris qvos vnicvm iiic sepvlchrvm nvnc habet. quidmiri? ANIMVM QVANDIV VIXERVNT VNVM HABVEHVNT: ALTER DESllT KAL. IVLII CID . D [C] VIU, Al.TER 26 AVGVSTI 1(517. VT AMBO COELVM TANDEM COHABITENT PRECARE QVl VIS POSTUVMAS TIBI PRECAS. 383 OUDART 384 On doit à Nicolas Oudaert un petit ouvrage intitulé : Ephemerides ecclesias- tica, Sfu fastorum sacrorum compendium (Anvers, Jean Moretus, 1601; in-12); dans la dédicace à Gisbert Maes, évêque de Bois-le-Duc, se rencontrent des ren- seignements intéressants sur Oudaert et sa famille. Les Ephemerides compren- nent un calendrier ecclésiastique, une méthode pour trouver le jour de Pâques et les fêtes mobiles, une série de poésies latines sur les jours de fête, etc. En relations suivies avec la plupart des littérateurs de son temps, Oudaert enrichitde ses poésies lesœuvresdeJuste Lipse, Jean Bernartius, Ant. Sanderus, J, V'erepaeus, Er. Puteanus, Henri Se- dulius, etc.; on trouvera également des pièces qui lui sont adressées dans Jean Bochius, Maximilien de Vriendt, Juste Lipse, etc. Oudaert était particulière- ment lié avec Juste Lipse, dont il fut l'exécuteur testamentaire ; il consacra à la mémoire de son ami de nombreuses pièces insérées dans la Junti Lipsii fama fiosthunia (Anvers, J. Moretus, 1601; in-4o; 2e éd., 1618; 3e éd., 1629). Les poésies de Nicolas Oudaert n'ont pas été recueillies en volume, mais on en trouvera un choix dans les Delitia poelnrum belgicorum de Gruterus (t. III). Il avait pris pour devise poétique l'ana- gramme de 8on noha : Jtis laude coronat. Paul Berginans. J.-Fr. Foppens, Bibliotheca belgica (Bruxelles, 1739), t. II, p. 97 (reproduisant Valère André et Sweertius) — P. Hofmann Peerlkamp, De vita ac doctrina omnium Delqarum qui latine caiinina compo*tter«n« (Bruxelles, 1822), p. 201. — J.-J. Vander Aa, Biographisch wooidenboek, t. XIV (Haarlern, ■I8C7), p. 262-2G3. — Renseignements communiqués par Mf le chanoine G. van Caster, à Maliiies. oviiAHT {Charles- Victor), écrivain, philanthrope, directeur général au mi- nistère de la justice, inspecteur général des établissements de bienfaisance et des asiles des aliénés, né ii Bruxelles, le 2 fé- vrier 1815, mortàSchaerbeek.lc 6 août 1886. Fils de ses œuvres, les débuts de Oudnrt dans la carrière administrative eurent lieu dans des circonstances fort particulières. C'était lors de la révolution belge, en 1830. Le gouvernement pro- visoire ayant fait appel au dévouement des patriotes pour l'expédition des dé- pêches et des proclamations urgentes, Oudart,âgédequinze ans à peine, se pré- senta et s'acquitta de ses fonctions avec une telle activité et une telle intelligence que Lesbroussart, alors administrateur de l'instruction publique, le fit entrer au ministère de l'intérieur, d'où il passa, en 1840, au département de la justice. Dans ce dernier département, il fut attaché à Ducpétiaux, inspecteur général des prisons et des établissements de bienfaisance. A partir de ce moment, la vocation de Oudart se fit jour. Il devint l'aide éclairé de deux hommes qui ont laissé dans toutes les matières touchant à la bienfaisance et à l'aliénation men- tale des noms impérissables : Guislain et Ducpétiaux. Nommé, le 17 mars 1853, secrétaire de la commission per- manente d'inspection et de surveillance des établissements d'aliénés, il sut s'as- similer rapidement les principes de l'illustre médecin et coopéra, comme fonctionnaire du gouvernement, à leur réalisation. Il devint, le 27 décembre 1868, inspecteur des établissements de bienfaisance et des asiles d'aliénés. Dès lors, il incarna en lui ce service et le dirigea, pendant une période de près de vingt années, avec un talent auquel tous les ministres qui se succé- dèrent au département de la justice, se plurent à rendre hommage. Les rapports qu'il adressa pendant cette période au gouvernement peuvent être considérés comme des modèles au point de vue de la clarté du style et de la justesse des opi- nions émises L'amélioration du régime des aliénés en Belgique fut l'objet des préoccupations constantes de Oudart. Il a attaché son nom à deux œuvres aux- quelles il voua toutes ses forces et toute son intelligence : la création de l'asile de Tournai, et cette œuvre plus impor- tante et plus essentiellement nationale : la colonisation des aliénés. Grâce à ses efforts persistants, il parvint, avec le concours de l'administration provinciale de Liège, à créer, à Lierneux, un éta- blissement semblable à celui de (iheel. La mort l'empêcha d'installer une troi- sième colonie dans une autre province, 383 OUDEGHERST — OUDENAERDE 386 Les fonctions de Oudart ne se bornaient point à l'inspection des établissements des aliénés; elles comprenaient aussi celle des dépôts de mendicité de Bruges et de Reckheim, et des importants éta- blissements de bienfaisance de Hoog- straeten -Merxplas et de Ruysselede - Beernem. La part qu'il prit à l'œuvre de centralisation de ces dépôts fut des plus larges ; il donna à nos colonies et à nos écoles agricoles la réputation qu'elles ont acquise tant en Belgique qu'à l'étran- ger. Sa participation aux travaux des dift'érents congrès des sourds-muets et d'aveugles, sa présence dans le sein du comité de l'œuvre de l'hospitalité de nuit, la mission de président du bureau de bienfaisance de Schaerbeek , qu'il remplit pendant de longues années, prouvent que cet homme de cœur n'était indiiférent à aucune œuvre de vraie phi- lanthropie. Nommé inspecteur général, le 23 août 1875, Oudart fut promu à la place de directeur général, le 28 décem- bre 1879. Le roi reconnut les services éminenls de ce haut fonctionnaire en lui conférant successivement le grade de chevalier et d'officier de son Ordre ; il était, en outre, porteur de plusieurs autres décorations. On trouvera dans la Bibliographie nationale la liste des ouvrages de Victor Oudart. houis Tierenteyn. Moniteur beUje, -1886, 3* trim., p. 3072, 3094 et suiv. — Juiirnal de Bruxelles, 11 août ISSC. — Bibliographie rinciotialc, t. 111, p. 11 et 78. — E. Picard et Larcier, bibliographie générale du droit belge, p. 382. OIIDEGHERI9T (Jeav), historien et juriste, mort le 21 avril 1559. Il est l'auteur des Annales de Flandre, publiées en 1571 par son tils Pierre et sous le nom de celui-ci (voir Biographie nationale, art. Pierre d'Oudegherst). 11 apparte- nait probablement k une famille de ma- gistrats; il était rtls d'un certain Bauduin Oudegherst, au sujet duquel ou n'a pas de détails, mais lui-même occupa plu- sieurs fonctions élevées dans la magistra- ture. Licencié es lois, il remplit, en 1550 et 1551, la charge de lieutenant-général du bailli de Tournai et du Tournaisis ; il devint ensuite pensionnaire du franc de BIOGR. iNAT. — T. XVI. Bruges (oct. 1551) et obtint, en 1558, la place de conseiller et procureur général du Grand Conseil de Malines. Peut être avait-il eu précédemment un emploi à la Chambre des Comptes à Lille, comme il résulte des notes publiées par Pinchart {Messager des sciences historiques, 1858, p. 397). Jean Oudegherst s'occupa acti- vement de travaux juridiques. On a conservé (Bibliothèque royale, n" 6498) sa Briejve instruction pour ceux qui se veulent façonner de lapractiqtie judiciaire, observée en matière civil es cours de Flandre, d'Artois et autres de l'obéissance de l'empereur; extraite des notes de Jean Oudegherst, lieutenant-général es bailliages de Tournay et Toui'nésis, l'an 1550 , trouvées jointe aux coustumes desdits bail- liages escrites de sa main. Il consacra ses loisirs à la confection de son grand ou- vrage, les Annales de Flandre, qu'il rédigea en français, mais en prenant pour modèles les historiensde l'antiquité latine : son récit manque d'exactitude et de clarté et il est entrecoupé de discours moraux et politiques qu'il place dans la bouche des personnages historiques. Heiman Vander l^inden. P. Oudegherst, Annales de F/a/^d/e (Anvers, Chr. Planlin, lb71; 2e édition, par Lesbroussart, Gand, 1789, 2 vol.). — Messager des sciences his- toriques. 1838, p. 397 ; 1800, p. 139 — Butkens, Trophées du Brabani, X. IV, p. 31.i. — F. y\n- chaM, Annales du Hainaut, puhl. par la Société des Bibliophiles de Mens, t. VI, p. 304. OUDEGHERST (Pierre n'). Voir D'OuPEGHERST (Pierre). ntJot:sM.Ks{Buôert) .Yoir AvDEJ A.SS. OUDENAERDE {Jean VAiv), archi- tecte (maître des œuvres, selon les uns, maçon, selon les autres), de la chapelle du Saint-Sang à Bruges, où son caveau polychrome fut retrouvé dans la cha- pelle inférieure consacrée à la gilde des maçons, mourut vers l'an 14 12. La pierre qui recouvrait la sépulture de Jean van Oudenaerde fut détruite en 1877, année où ce caveau a été ouvert pour la pre- mière fois. M"" le chanoine Duclos a donné, dans la revue aujourd'hui dispa- rue : Rond d en heerd , une reproduction exacte de ce caractéristique caveau, con- 13 387 OUDENBORCH — OULTREMONT 388 serve aujourd'hui au musée archéolo- gique de Bruges; il en a même repro- duit l'ange qui figure sur les parois intérieures. Jean van Oudenaerde se maria deux fois : la première fois à Marie Calcken qui mourut le 3 janvier 1402 et la seconde fois à Goedricx, dont la date du décès est restée inconnue; tous les deux étaient d'origine noble. Edmond Marchai. Weale, Guide de Bruges, p. 413. — Rond den heei-jd, revue publ. par le chanoine Duclos. t. X, p. 409. — Colens, Caveaux avec peintures mu- rales découverts au cimetière de l'éijlise Xolre- Dame à Bruges. — G. Vanden Gheyn, Les ca- veaux polychromes de la chapelle du Saint-Sang a Bruges, dans les Annales de l'Académie royale d'archéologie de Belgique, 4« série, t. X, p. 293 (1897). OVDEMBORCH {Adrien n'j. Voir Adrianus de Veteri Busco. 0I;DE:«BBRG (/ea»D')0uJ0HANNES Aluenburgius, théologien, carme, né probablement à Oudenburg, vivait au xiiie siècle. La date de sa mort a été fixée approximativement à 1296. Il pro- fessa, croit-on, à l'université de Paris et écrivit des ouvrages de philosophie, de théologie et de mathématiques; voici ceux dont les titres nous ont été conser- vés : Be svfficientia syllogismorum liber 1; De sensu et sensnto Jibri duo ; De for- malitalibus liber 1. Herman Vander Linden. Foppens, Bibliotheca belgica, p. 562. OVLTREMONT (Charles • Ntcolas - Alexandre, comte o'), prince-évêque de Liège. Né au château de Warfusée, le 26 juin 1716, il y mourut le 22 octobre 1771. Il était le huitième enfant de Jean-François Paul-Emile, comte d'Oul- tremont et du Saint-Empire, baron de Han sur-Lesse, seigneur de Chevetogne, pair du duché de Luxembourg, grand bailli de Mohn, etc. ,et de Marie-Isabelle (le Bavière, dite de Schagen, baronne de la ville et terre de Schagen, (jualifiée comtesse de Warfusée et de Druynen. Il fit ses études aux collèges de Reims et liOuis-le-Cirand à Paris. Le pape le nomma chanoine de la cathédrale de Liège en 1733, suivant Daris ; selon d'autres en 1737. Il fut ordonné diacre le 2 2 avril 1764 et prêtre le 24 du même mois. Jean-Théodore de Bavière venait de décéder (27 janvier 1763). Le prince Clément de Saxe , fils de Frédéric- Auguste, roi de Pologne, se mit sur les rangs pour lui succéder ; mais il ne réunissait pas les conditions requises par les lois ecclésiastiques. Il n'avait que vingt-quatre ans, n'était pas encore dans les ordres sacrés et ne faisait pas partie du chapitre de la cathédrale. Il présenta requête au pape, le priant de lever ce triple obstacle par une dispense. Clément XIII lui accorda un bref d'éli- gibilité; mais il écrivit en même temps au chapitre de n'avoir en vue, dans l'élection, que « la gloire de Dieu et le salut des âmes et de choisir le plus digne «. Lu candidature du prince Clément de Saxe fut appuyée par les ministres d'Au- triche et de France et par le commissaire impérial à Liège. Mais la plupart des tréfonciers préféraient un candidat in- digène et leurs vues se portèrent sur Charles d'Oultremont Celui-ci fut élu, le 20 avril 1763, par trente et-un suffrages contre dix-neuf. Il y eut des protestations. Le prince Clément, appuyé par quelques chanoines, en appela au pape et l'empereur intervint en faveur de son protégé; toutefois le Saint-Père ne se rangea pas à l'avis de la minorité et, le 8 avril 1764, Charles- d'Oultremont prit possession de son siège épiscopal. Une bulle papale du 80 mai valida son élection et permit le sacre solennel, à Saint-Lambert, du nouveau prince-évêque, le 10 juin suivant. Le lendemain eut lieu la grande fête de l'inauguration, au cours de laquelle le souverain jura la même capitulation que son prédécesseur. Néanmoins, lechapitre y inséra des clauses qui avaient été refusées par Jean-Théodore de Bavière, à savoir qu'il aurait l'administration de la principauté en l'absence du prince et qu'il serait consulté dans toutes les affaires importantes, entre autres quand il s'agirait de donner un sufi'rage aux diètes de l'empire et à celles du cercle 389 OULTREMONT 390 de TVestphalie, dontla principauté faisait partie. Le prince s'engageait, en outre, à défendre l'autorité et l'indépendance du territoire contre les usurpations du gouvernement des Pays-Bas, contre les prétentions de l'abbé de Saint-Trond et de l'abbesse-princesse de Munsterbilsen. Le règne de Charles d'Oultremont eut, dans son ensemble, une couleur plus ecclésiastique que poli tique. Evêque, il lutta contre le jansénisme et le fébro- nianisme et contre la propagation d'ou- vrages contraires à la foi et aux bonnes mœurs dont la France inondait la prin- cipauté. Il assura le service régulier des paroisses, prescrivit de nouvelles for- mules en vue d'améliorer la tenue de l'état civil, protégea les collèges et les écoles, favorisa l'érection de nouveaux établissements d'instruction et de cha- rité, et travailla particulièrement à rehausser le niveau des études théolo- giques. Il institua plusieurs confréries pieuses, entre autres celle de » l'Adora- tion perpétuelle du baint-Sacrement » dans l'église de Saint-Martin à Liège. Prince séculier, il eut de fréquents démêlés avec le gouvernement des Pays- Bas, au sujet de la juridiction de l'abbaye de Saint-Hubert. Il envoya à Vienne le comte de Hoensbroech, chancelier de la principauté, mais sans résultat. La France l'engagea à s'entendre avec la cour de Bruxelles, mais ce n'est qu'après sa mort que le conflit fut aplani (14 mars 1772). Il défendit les prérogatives de la prin- cipauté contre les empiétements des sou- verains voisins : deux cent cinquante paroisses étaient situées dans les Pays- Bas autrichiens, un certnin nombre au duché de Juliers, d'autres dans des ter- ritoires dépendant du roi de Prusse, d'autres encore étaient sous la domina- tion des Provinces-Unies. De concert avec les trois Etats, il fit exécuter d'importants travaux destinés à favoriser le commerce, l'industrie et l'agriculture. Il continua le pavage des chaussées vers la France, l'Allemagne et la Hollande ; mais fut peu secondé par les administrations de Bruxelles et de La Haye. L'industrie métallurgique fut l'objet d'une étude spéciale de sa part. Il chargea le dr J. Ph. de Limbourg (voir ce nom) de chercher à remplacer le charbon de bois pour la fonte et la pré- paration du fer par la houille ; mais les essais n'eurent pas le succès désiré. Peu bienveillant à l'égard d'un prince qui avait été élu malgré l'empereur, le gouvernement de Bruxelles se maintint en possession de la terre de Saint-Hubert et deNassogne, s'empara de La Rochette et de La Vaux-Sainte-Anne et éleva, en outre, des prétentionssurplusieursautres localités de la principauté. Nous avons vu que les protestations du prince de- meurèrent sans résultat. Les intérêts commerciaux du pays ne furent pas mieux ménagés. La fabrication des clous était des plus florissantes. Le prince désirait terminer par un traité les nom- breux conflits que la question des tarifs avait fait naître entre Liège et Bruxelles. Le vice-chancelier Van der Heyden en informa le comte Cobenzl ; Hoensbroech fut de nouveau envoyé à Vienne, mais n'obtint aucune satisfaction. Grâce à ses nouvelles instances, on concéda au prince que des conférences s'ouvriraient à Bru- xelles entre les délégués des deux pays en vue d'aplanir toutes les difiîcultés pendantes. Les négociations furent rom- pues en 17 68. Elles n'eurent d'autre effet que la conclusion d'une convention pour dessécher les terrains inondés par le Dénier et pour régulariser le cours de cette rivière. Le gouvernement des Pays-Bas se montra plus conciliant envers la France, grande puissance, qu'envers la petite principauté. La France lui avait cédé, en vérité, par le traité du 16 mai 1769, toutes ses prétentions sur les terres de Saint-Hubert, Nassogne, Montigny-sur- Meuse , Cugnon , Bertrix , Memeau , Blamont, territoires princiers; mais ce fut en échange d'avantages pour son commerce. Elle stipula notamment que la principauté de Liège pouvait établir une chaussée de Givet à Dinant par Blamont et Falmignoul. Le ministre résident du prince-évêque à Paris, de Hensy, négocia aussi un traité avec la France, afin de régler les intérêts com- merciaux et les contestations territo- 394 OUTERMAN 392 riales. Le prince protesta à Vienne, pour la forme, contre les préjudices que le traité entre les Pays-Bas et la France causait à la principauté. Le gouvernement de I.iége fut en conflit avec l'Ordre Teutonique, dont les membres, possessionnés dans la princi- pauté, prétendaient être exempts , en vertu de leurs privilèges, des impositions publiques. Une transaction intervint le 5 mars 17^8. 11 continua le procès contre l'abbé de Saint-Trond qui réclamait, devant le conseil aulique, à Vienne, la cosouve- raineté de la ville de ce nom. L'affaire n'était pas terminée à la mort du prince. L'abbesse de Munsterbilsen, en sa qua- lité de princesse de l'empire, poursuivit encore, devant le conseil aulique, la contestation que son chapitre avait avec la cour de Liège. Elle prétendait au droit de porter des règlements d'admi- nistration dans quatre villages, confor- mément au diplôme impérial de lldi et soutenait que ses ordonnances en cette matière ne pouvaient être annulées par le princc-évêque. Malgré la décision affirmative du conseil aulique, le prince maintint sa souveraineté absolue sur les quatre villages et annula tous les actes de l'abbesse qui y portaient atteinte. Il en fit de même concernant Saint-Trond et les populations lui donnaient raison. Ces litiges dataient de loin. Déjà Jean- Théodore de Bavière avait dû jurer, à 8onavènement,qu'ildéfendrait les droits de la principauté contre l'abbé de Saint- Trond et l'abbesse de Munsterbilsen. Sous le règne de Charles d'Oultre- mont, l'état noble se réduisit à une quin- zaine de familles. Cédant aux suggestions de son frère, le prince porta de huit à seize le nombre des quartiers nécessaires pour être admis à l'état noble, et peu de familles étaient en mesure de fournir ces preuves, ('elles tiui le pouvaient formaient une sorte de coalition qui em- pêcha parfois des mesures utiles. L'em- pereur confirma le décret princier le 6 mars 17fifi. Les douze villes flamandes suivirent jusqu'à un certain point l'exem- ple du prince pour l'élection de leurs magistrats. Pendant les trois dernières années de sa vie, une disette désola la principauté et eut comme conséquence le renchéris- sement des vivres. Le prince adoucit la misère publique par d'abondantes au- mônes et sson clergé l'imita. Peu de temps avant sa mort, il reçut la visite du stadhouder de Hollande, accompagné des princes de Brunswick et de Hesse. Charles d'Oultremont mourut subite- ment, le 22 octobre 1771, au château de Warfusée où il aimait particulière- ment à résider et où son appartement est soigneusement conservé dans son état primitif. On raconte que le frère aîné du prince, bien jeune encore, son- geait à une transformation, qu'il accom- plit plus tard par l'adjonction, au castel primitif, d'un grand corps de logis conçu dans le style Louis XV le plus pur et le plus riche. Un jour que le futur évêque visitait son frère, étonné de la splendeur des nouvelles constructions, il lui dit : " Pourquoi ne pas vous montrer satis- " fait de l'habitation de nos pères? Il — Ce sera votre palais, répondit son " frère, quand vous serez prince-évêque " de Liège «. Charles d'Oultremont fut inhumé, le 26 octobre, au chœur de la cathédrale. Ses funérailles eurent lieu le 1 0 novembre ; son oraison funèbre fut prononcée par le jésuite Hennuy. Il fut un prélat de mœurs exemplaires, dévoué au bien de tous, charitable et son admi- nistration fut paternelle; maisBecdelièvre opine qu'il manquait d'énergie. Ses héritiers lui érigèrent un mausolée en marbre blanc, dû au ciseau du sculpteur Evrard. Ce monument, après la démoli- tion de l'ancienne cathédrale de Saint- Lambert, fut transformé et réédifié dans la chapelle d'Oultremont, au domaine de Warnant. Baron de Uorehgi'avc. Daris, Histoire du diocèse et de la principauté de Lieqe (1868j. l. 1, p. 205-'2;i9; t. Il, p. 40 - Berdeliévre, Ùiixjraphic liégeoise — Slein li'AI- lensteiii. Annuaire de la iSohlesse de Belgique. — l'opliinont, 1(1 ISehjique héraldique, l. VIII, |). !2U.';, 237. OUTERiHAlV (Jarf/ites), ou aussi \^\N Remnoiien, selon Van der Aa {Biot/r. woord.), théologien mennonite, ministre 393 OUTERMAN 394 des mennonites flamands de Harlem et rnartyrologiste, était flamand de nais- sance. Le lieu exact et la date de sa naissance, ainsi que la date de sa mort, ne nous sont pas connus ; nous savons seulement qu'il florissait à la fin du xvie et dans la première moitié du xviie siècle et qu'il prit une part très active aux luttes théoloiriques des mennonites néer- landais. On sait que, déjà du vivant de Menno, des schismes s'étaient produits dans ses doctrines. A l'époque d'Outer- man, disciple de Menno, les divergences des Baptistes se formulèrent en Hollande dans l'opposition des Fins, c'est-à-dire des Flamands (et des West-Frisons) et des Grossiers, c'est-à-dire des Waterlan- ders ou Ost-Frisons. Les premiers considéraient comme nécessaire la submersion complète lors du baptême de l'adulte, tandis que les autres se permettaient divers adoucisse- ments à cette doctrine. Outerman était à la tète des Flamands et, en 1609, il publia un opuscule concernant la ques- tion en litige : Verklaarivge met bewijs vit den droevigen handel van Triezen en Vlamingers , etc. , avec un Appendix dienende tôt conclusie van de verklnaringe . Eu ce même temps, il commença à s'occuper de la rédaction d'un martyro- logemennonite. En effet, les persécutions religieuses ayant pris fin, les mennonites voulurent suivre l'exemple des calvinistes qui, déjà à cette époque, étaient en pos- session d'un martyrologe assez complet. Quelques réformateurs allemands, parti- tisans du baptême à l'âge de raison, avaient publié, il est vrai, dès l'année 15 62, un petit recueil destiné à faire connaître les supplices et la mort endurés par certains de leurs coreligionnaires et on l'avait appelé VOffer des Heeren. Mn'\s cet ouvrage parut insuffisant et quelques ministres, secondés par leurs ouailles, s'empressèrent de recueillir les relations, testaments, lettres, etc., des martyrs téléobaptistes qui n'avaient pas trouvé place dans VOffer des Heeren. Outerman se mit à la tête du mouvement. Assisté de ses collègues et des nombreux flamands exilés à Harlem, il rassembla tout ce qui avait rapport aux martyrs flamands. Josse Govertsz, ministre à Amsterdam, se chargea de ceux duBrabant, et quelques ministres de la West-Frise s'occupèrent plus spécialement des autres provinces des Pays-Bas, de l'Allemagne et de l'Au- triche. Les auteurs réunirent un grand nombre de notices et remanièrent, en les augmentant, les récits anciensde VOffer. Cependant les dissensions qui existaient à cette époque entre les mennonites néerlandais empêchèrent, selon toute apparence, les principaux auteurs de ce martyrologe (lesquels appartenaient à la nuance des Fins ou Flamands) d'en soi- gner l'impression; ce furent les ministres des Waierlanders, ayant à leur tête Jean de Ries, qui se chargèrent de cette mission. L'ouvrage parut en 1615, sous le titre de : Historié der Martelaren ojte icaerachlige Getuygen Jesu Ckristi die d' Evangelische îoaerheyt in veelderley tor- menten betvygt ende met haer bloet beves- ticJit liebben sint het jaer 1524, toi desen tyt toe loaer by oock gevoecht syn haer bekentenissen, disputatien ende schriften uyt druckende haerl. levende hope crachtih (sic) geïove ende brandende liefde tôt Godt endesyne heyliye waerheyt. Harlem, Jacq. Pauwelsz. Hauwaert pour Daniel Keyser, 1615; in-4o. C'est le martyrologe menno- nite connu sous le nom de : Haarlemsch martelaarsboek; il est divisé en trois parties avec une préface et poursuit l'histoire des martyrs jusqu'en lannéel614. Les principaux rédacteurs en furent Outer- man, Josse Govertsz et Jean de Ries. La deuxième édition de l'ouvrage fut faite à Hoorn et imprimée chez Jean Joachimsz, Byvanck pour Zacharie Cornelisz. , en 1617. Ce martyrologe, vulgairement appelé Hoornsch martelaarsboek , est en réalité, d'après M'^ F. vander Haeghen {à?tx\ss?iBibliotheca helgica, à laquelle j'ai emprunté pour le fond et la forme, les détails concernant le martyrologe) une contre-façon du Haarlemsch martelaars- boek. Les différences se bornent en résumé aux points suivants : préface et épilogue modifiés et plus développés; suppression de la division en trois parties; addition d'une confession de foi, d'une petite table supplémentaire et d'un certain nombre de notices nouvelles. La troisième 395 OUTERS 396 édition de l'ouvrage fut publiée égale- ment à Hoorn en 1626. Au fond, c'est une réimpression de celui de 1617. Ces deux éditions auraient pour auteurs principaux Outerraan, Govertsz, P. J. Twisck et S. Pietersz. Enfin, en 1631, le martyrologe fut réédité à Harlem, chez Jean Passchiersz van Wesbusch, sous le titre de : Martelaers Spiegel Der Werelose Christenen fzedert ^" 1524. Cette édition, qui contient le Haarlemsch et le Hoornsch Martelaarsboek fusionnés, doit être considérée comme le premier martyrologe général des mennonites, et comme la base de celui publié, en 1660, par T. Jansz. van BrMgbt. Elle eut ponr principaux auteurs Outerman, Govertsz, de Ries, Twisck et Pietersz. L'apostolat d'Outerman ne fut pas sans tribulations. Il fut, entre autres choses, accusé par le prédicateur Accro- nius, de Harlem, de s'être servi de termes insolites en parlant de la divinité et de l'incarnation du Christ. Cette accu- sation avait sans doute pour cause son ouvrage : Eene waerdighe christelyke verantwoordingjie (fait et titre cités par Van der Aa), condamné en 1626 par la faculté de Leyde comme hérétique et sacrilège, ou encore son martyrologe même qui déplaisait à un grand nombre de réformés, l^es Etats -généraux lui envoyèrent des commissaires pour s'en- tretenir avec lui sur certains articles contenus dans la confession de foi qu'il avait remise aux Etats en 1626, signée par 19 autres ministres flamands. L'en- trevue eut pour effet de donner plein apaisement aux Etats qui ne l'inquié- tèrent pas davantage, ni lui, ni ses core- ligionnaires, ('e lut cette confession de foi qui procura la liberté de conscience aux mennonites des Pays-Bas. En effet, elle cimentait l'union désirée depuis longtemps par les deux partis, flamands et waterlanders, et mettait fin à toutes les disputes dangereuses pour l'ordre public. Le rôle joué par (Juterman dans toute cette question religieuse est aussi intéressant que considérable, et on doit regretter de n'avoir pas plus de rensei- gnements biographiques sur son compte. A la liste de ses œuvres, il convient d'ajouter, d'après Vander Aa, une chan- son insérée dans un recueil de chansons des baptistes, par P. Gryspeer. Léon Goemans. F. Vander Haeghen, Dibliotheca belgica. — Vander Aa, Biographisch woordoiboek der Neder- laiiden. — Dictiomiaire de la Théologie catholique (yo Memio et Mennonites). OUTERS (Emmanuel yaiv), écrivain ecclésiastique et poète latin , né à Bruxelles, le 24 décembre 1654, mort dans cette ville, le 21 juillet 1693. Il entra dans la société de Jésus, à Malines, le 80 septembre 1672, et professa l'écri- ture sainte à Louvain. Il est l'auteur de deux thèses : Thèses sacra in epistolam S. Jacobi et Isagoge compendiosa ad S. Scripturce ad y ta penetranda, soutenues par ses élèves en 1 691 et en 1692. A la même époque, il eut une polémique avec le professeur J .-Fr.deLadersous,àpropos de thèses du P. Alexandre Macs ; à cette occasion , il fit imprimer deux lettres, dontl'uneest adresséeàson frèreCharles, chanoine régulier de Rouge-Cloître. Comme poète latin, on connaît de lui quelques pièces insérées dans les Acta sandorum, et énumérées par le P. C. Sommervogel, ainsi qu'une élégie adres- sée au P. Liévin de Meyer. Paul Berginaos. C. Sommervogel, Bibliothèque de la Compa- gnie de Jésus, t. VI (Bruxelles, i89.5), col 30-31. OUTERS {François VAi«), né à Bru- xelles, le 15 avril 1639, dans la paroisse de Saint-Nicolas. Il était fils de Adrien van Outers et de Jeanne Gilemans, neve\i de Christophe van Outers qui fut abbé du monastère norbertin de Grimberghe. On cite aussi parmi ses parents Charles- François van Outers, prieur de Rouge- Cloître dans la forêt de Soignes, mort le 15 août 1728, à l'âge de 68 ans. Or- phelin de bonne heure, il grandit sous la tutelle d'un frère aîné qui l'envoya faire ses études à l'université de Louvain, d'abord dans la pédagogie du Lys, puis au collège du Château, où il étudia la philosophie.C'est là que, le 12 novembre 1658, il obtint la septième place dans la promotion générale de la facultédesarts. Il est probable qu'après avoir terminé 397 OLTERS 398 ses cours de philosophie à Louvain, il y étudia le droit pendant trois ou quatre ans. Son jeune âge ne lui permit pas de conquérir le grade de docteur et s'il posséila ce dernier, comme l'affirme un de ses biographes, il dut l'obtenir plus tard, au cours de ses pérégrinations à travers les écoles de la France et du nord de l'Italie. Dans le but de perfec- tionner son instruction, il entreprit, en effet, de longs vo_vas:es, et se rendit successivement à Orléans et à Lyon ; pénétrant ensuite en Italie, il visita no- tamment Turin, Milan et Rome, où il sé- journa pendant seize mois; c'est là qu'il résolut d'embrasser l'état ecclésiastique. La lecture de la vie menée par les 'pères du désert, lui inspira le désir de se faire ermite. Après avoir fait un pèlerinage à Lorette, il se présenta au couvent des ermites de Moute-Luco, aux environs de Spolète, où il fut admis après avoir obtenu les dispenses d'âge nécessaires, car il n'avait que vingt-quatre ans. Dès le moment de son entrée à Monte-Luco, François van Outers s'imposa une exis- tence de constantes mortifications et, refusant tout secours de sa famille, il fît dépendre son entretien uniquement de la charité publique. Trois années après son entrée à Monte-Luco, il fut promu au sacerdoce par l'évêque de Spolète et, deux ans plus tard, envoyé à l'abbaye de Ferentillo pour y exercer le saint ministère. François van Outers resta dans ce monastère pendant quelque temps, puis revint à Monte-Luco. La vie que menait dans cette retraite l'er- mite bruxellois était toute de prière et de contemplation. Un jour, il se trouva Atteint d'une affection que l'on crai- gnit de voir dégénérer en phtisie. Ses supérieurs lui conseillèrent d'entre- prendre un pèlerinage. François van Outers donna comme but à son voyage deux sanctuaires illustrés par Saint- François, Assise et le Mont Alverne. Chemin faisant, il s'arrêta à Pérouse, où il fut mis en rapport avec le P. Charles de Lodi, ermite établi dans cette ville, qui désira l'avoir pour compagnon. En ayant obtenu l'autorisation du cardinal Facchinetti,évêque de Spolète, François van Outers vécut pendant sept ans sous la direction de Charles de Lodi et, lorsque ce dernier mourut, il lui succéda dans ses fonctions spirituelles et chari- tables. La prière, la méditation, le soin des âmes, qu'il pratiquait à un degré extrême, occupaient tous ses instants. En 1716, il se distingua tout particu- lièrement par son dévouement pendant une épidémie qui, durant six mois en- tiers, décima Pérouse. Le renom de sainteté qu'il acquit bientôt lui donna sur la population de cette ville une influence considérable : il fut le conseil des humbles et des grands, des gens du peuple comme des évêques. François van Outers devint malade le 1 9 octobre 1729, et mourut le 23 du même mois, 11 fut enseveli à Pérouse, au pied du maître autel, dans la petite église de Notre- Dame de la Paix et de Saint-Sébastien, attenante à l'ermitage, sous un marbre qui portait l'inscription suivante : P. Franciscus VAN Outers H s F A. D. MDCCkxiX. Son biographe raconte que, peu après la mort de François van Outers, divers miracles furent obtenus par des personnes qui invoquaient son intercession. Déjà, de son vivant, on lui attribuait des pro- diges. On prétend qu'il possédait le don de prophétie; que, plusieurs fois, il se trouva ravi en extase et soulevé de terre. Aussi sa mémoire fut-elle l'objet d'une vénération qui s'est perpétuée à Pérouse jusqu'en ce siècle. En 1852, l'ermitage et l'église qui avaient été témoins de sa vie existaient encore; on y montrait divers souvenirs de l'ermite, notamment son buste en plâtre exécuté d'après le masque pris au moment de sa mort, ainsi qu'un portrait à l'huile, portant, dans sa partie supérieure, l'inscription suivante: Vr. Franciscus ex nobili familia tan Outers de Bruxella, eremita S. Sebas- tinni, Bibliothecam augustam selectis co- dibiis ex legato relictis locuplefavit. Obiit A. D. CIO L CCI IX. Die XXIII ocio- bris non sine magna pie satis fatna, Mla- tis suce LXXXXI, men-i. VI dies XII. Le biographe de l'ermite affirme qu'au 399 OUTIES 400 xvirie siècle déjà on commença un procès de canonisation en sa faveur et que le pape Léon XIII, alors qu'il était arche- vêque de Pérouse, fit reprendre l'in- stance. Cependant des recherches faites au Vatican et à la chancellerie des rites n'ont pas permis de retrouver des traces de ce procès. Il est certain en tout cas qu'il n'aboutit point. A.DeKidder. Lucquet, y'otice biographique sur le véiiirable serviteur de Dieu Fruuçois van Outers, de Bru- xclles, dans la Bévue catholique de 48.52. — Ma- nuscrits conservés à la bibliolhèque de l'univer- sité de Louvain. — Foppens, Vitœ savctorum Belqii, manuscrit de la bibliothèque royale de Bruxelles. — Renseignements donnés au Vatican. — Archives de l'élat civil de Bruxelles. OKTIES {Antoine-Joseph-Juîien), in- génieur géographe et militaire, né à Mons, le 29 avril 1796, mort à Saint- Josse-ten-Noode, le 27 octobre 1871. Après avoir fait de brillantes études moyennes, il fut, dès l'âge de seize ans, employé au corps des ponts et chaussées, comme élève, à différents levés, projets de routes, etc. C'est à cette époque qu'il se lia d'amitié avec le peintre Madou, également employé au même travail , ce qui ne l'empêchait pas, tout en tirant des plans, de dessiner des mennekes, jetés au panier après avoir été froissés ou déchirés par leur auteur. Outies, collec- tionneur par tempérament, redressait les papiers froissés ou en collait les débris, se faisant ainsi une collection de dessins priniesantiersdesonami, œuvres qui doivent avoir acquis grande valeur aujourd'hui, puisqu'elles marquent les débuts du talent de notre grand artiste national (1). Après 181.5, Outies, placé sous les ordres du colonel néerlandais Van Gor- kum, fut employé, comme ingénieur géographe, nu levé de la carte de la délimitation entre la France et les Pays- Bas, travail terminé en 1823 et pour lequel il recevait le traitement de capi- taine. Dès cette année, on vit Outies attaché à l'état-major général y restant [\] {>.s dessins devinrent la propriété du lieu- tenant ifénéral retraité .Mabille, dont les étudps lurent dirigées par Outies ; la mère de celui-ci était lu marraine du général précité. en fonctionsjusqu'au 30 septembre 1830. Le lendemain, entré au service de la Bel- gique, comme employé au ministère de la guerre, nommé capitaine d'état-major par arrêté du gouvernement provisoire en date du 27 janvier 1881, il fut suc- cessivement attaché à l'état-m.ajor géné- ral, le 27 octobre suivant; à Tétat-major du corps expéditionnaire du Luxera- bourg, le 20 décembre 1887. Mis à la disposition du général baron Prisse le 26 juin 1838, on le détacha au corps d'observation du Luxembourg, le 13 dé- cembre de la même année. Placé sous les ordres du général JoUy, le 27 juin 1839, pour les travaux topographiques de la délimitation de la Belgique d'avec la Hollande, il entra au dépôt de la guerre le 15 février 1844. Outies , q\ii fut promu major, le 18 juin 1845, et lieutenant-colonel, le 21 février 1850, obtint sa retraite le 11 septembre 1555 ; il reçut le brevet de colonel honoraire le 21 janvier 1868. Il avait, des premiers, été nommé che- valier de l'Ordre de Léopold, le 5 février 1833, pour le récompenser de ses ser- vices, notamment pendant le siège de la citadelle d'Anvers; ses mérites hors pair furent reconnus, le 24 avril 1855, par son élévation au rnng d'officier dans l'Ordre de Léopold. Notons ici que, concurremment avec ses fonctions d'officier d'état-major , Outies avait été chargé de la rédaction des plans du cadastre et qu'un arrêté royal du 21 février 1850 le maintint dans cette mission spéciale. Artiste dans l'àme, Outies fit un peu de tout dans le cours de sa longue et laborieuse carrière; aimant tout ce qui était beau, il s'occupa, non sans succès, de peinture, de musique, de galvano- plastie, de daguerréotypie. Déjà avant 1820, il avait monté, à Gand, un atelier de lithographie pour la reproduction des cartes ; feu le lieutenant-général Ma- bille en possédait des spécimens — vé- ritables chefs-d'œuvre d'exécution — ainsi que de petits portraits en minia- ture, merveilles de fini. Outies publia quelques travaux remarquables, entre autres une description de la grotte de 401 OUTRE - OUTREPONT 402 Reinouchamps, et un avant-projet de chemin de fer de Bruxelles à Louvain. Général Krédéric Bernaert. Matricule des otliciers. — Ainiuaiie militaire. — Biblioijraphie nationale. — Renseignements dus a feu le lieulenanl-générai Mabille. OUTRE {Gilbert d'), prêtre, curé de Oultre, près de Ninove, vivait vers la fin du xilie siècle. Nous avons de lui quarante vers latins sur les débuts de la guerre entre Philippe le Bel et Cîui de Dampierre, écrits vers 1297, et publiés par Holder-Egger.à la suite de la Chro- nique de Bfiudouin de Ninove. V. Fiis. Monumenta Germaniœ historica, t. X\V, p. 5i9 et 347. OCTREM.4N {Antoine n'). Voir d'Où - TREMAN {Antoine). OCTREMAW {Henri o'). Voird'Ou- TREMAN {Henri). OCTREMAN {Philippe d'). Voir d'Ou- » TREMAN {Philippe). oVTREM.'iiv {Pierre n'). Voir d'Ou- TREMAN {Pierre). OVTRE-MECSE {Jean d'). Voir Des- PREZ [Jean). OCTREPOWT (Charles-Lambert d'), jurisconsulte, né à Hervé, le 1 6 septembre 1746, fils de Thomas et de Marie-Fran- çoise Debeur, mort à Paris le 4 mars 1809. Après avoir terminé ses études à l'université de Louvain, où il entra au collège du Lys, le 22 janvier 1765, à l'âge de dix-neuf ans, et prit le grade de licencié en droit, il prêta serment, 18 décembre 1771, en qualité d'avocat admis au conseil souverain de Biabant. Constamment il résida à Bruxelles s'oc- cupant d'une manière très active de son état. Imbu des idées nouvelles, qui se firent jour dans notre pays pendant le xviiie siècle, il publia, en 1780, un écrit intitulé : Essai historique sur l'ori- gine des dimes, question dont le clergé et la magistrature s'occupaient beaucoup à cette époque. Cet Essai, qui fut traduit en allemand et en anglais, eut un grand retentissement dans le monde catholique aux Pays-Bas. Des luttes, des animosités, des ciuestions de droit furent soulevées à ce sujet de part et d'autre par les parti- sans de l'abolition de ces redevances et par leurs adversaires. L' Esmi historique, imprimé en 17 80, fut attaque par l'abbé Ghcsquière, un des ecclésiastiques belges les plus instruits du xviiie siècle. ïSon travail intitulé : Observations historiques et scientifiques sur la brochure ayant pour titre : Examen de. la question si les déci- mateurs ont l'intention fondée en droit à la perception de la dîme des fruits insolites en Flandre (Bruxelles, 1780), combattit vigoureusement les opinions de d'Outre- pont. Celui-ci ne se tint pas pour vaincu; il répliqua par un travail intitulé : Défense de l'Essai historique sur l'origine des dimes, à M. l'abbé Ghesquière (sans nom d'auteur). La lutte prit un caractère si sérieux que Massez , conseiller du conseil de Flandre, crut devoir interve- nir, en 1780, sous le voile de l'anonyme, par la publication d'un livre intitulé .• Examen de la question si les décimateurs ont l'intention fondée en droit à la per- ception des fruits insolites en Flandre (Gand, 1780). Néanmoins, la guerre de plume continua. Ghesquière publia : La vraie notion des dimes établie sur les prin- cipes de la jurisprudence canonique et civile, sur la doctrine constante de l'antiquité, sur l'usage non interrompu des juifs et des chrétiens. Réponse à deux brochures de M. d' Outrepont, avocat, par M. l'abbé Ghesquière, historiographe {h\é,g(i, 1782). Ghesquière fit suivre cette publication de Lettres historiques et critiques , pour servir de réponse à l'Essai historique sur l'origine des dîmes (Utrecht, 1784). D'autres bro- chures furent publiées sur cette ques- tion. Cette polémique n'empêcha pas d'Ou- trepont de s'occuper, en 1783, de la solution d'une question posée par l'aca- démie de Bruxelles, conçue comme suit : « Depuis quand le droit romain est-il " connu dans les provinces des Pays-Bas « autrichiens, et depuis quand a-t-il « force de loi? « De Berg, amman de Bruxelles, remporta le prix. Heylen, 403 OUTREPONT 404 Hettema, d'Outrepont et Verhoeven obtinrent une mention honorable. Grand admirateur des réformes de Joseph II, d'Oiitrepont prit la défense de ce sou- verain à propos de l'édit du 2 6 sep- tembre 1784, concernant les empêche- ments dirimants en matière de mariauje. Il rencontra à ce sujet un contradic- teur très décidé dans la personne de Duvivier, secrétaire de l'archevêque de Malines, qui, dans un écrit intitulé : Apologie du mariage clirétien ou mémoire critique , canonique et politique contre l'édii de Joseph II du 2S septembre 1784 (Strasbourg, 1784), attaqua la rnp.nière de voir de l'empereur et ded'Outrepont. Notre jurisconsulte n'en persista pas moins dans sa manière de voir. Lorsque la révolution, dite brabançonne, éclata en Belgique, il ne se contenta pas de prendre la défense des principes de Jo- seph II; embrassant le parti des vonc- kistes, il écrivit plusieurs brochures, et entre autres un mémoire intitulé : Qu'al- lons-nous devenir? ou avis essentiel d'un belge à ses concitoyens. L'irritation du clergé et du peuple fut grande, et l'au- teur devint l'objet de la haine publique à Bruxelles. Pendant le mois de mars 1790, au moment où les volontaires allaient monter la garde, un attroupe- ment considérable de bourgeois et de peuple eut lieu près de l'église des Jé- suites supprimés. Tandis qu'amené par la curiosité, d'Outrepont se rendait sur la place, il fut signalé <à la vindicte pu- blique par un personnage du nom de Van Hamme ou par un prêtre, selon le récit des vonckistes. La populace l'atta- qua violemment, à tel point qu'il fut obligé de se réfugier dans une maison de la rue de l'Empereur, où il parvint à échapper aux investigations des assail- lants. Cette mésaventure le rendit plus prudent, sans le décider à renoncer à ses opinions en fait de politique. Lors de la restauration autrichienne, il reprit sa profession d'avocat jusfju'au moment de l'invasion des troupes françaises dans notre pays, en 1792. A cette époque, il fut élu un des quatre-vingts représen- tants du peuple belge, et envoyé, en compagnie de Walkiers et de Balza, à Paris, dans le but d'y faire des repré- sentations à la Convention nationale en faveur de la souveraineté du peuple belge. Démarches inutiles ! La réunion de la Belgique à la France était décidée. Devenu Français, d'Outrepont dut à ce revirement d'être nommé membre de l'administration coitrale de la Belgique (1794), commissaire du Directoire exé- cutif près le tribunal de la Dyle (1795), professeur de législation à l'école cen- trale de Bruxelles (1797), député au Conseil des cinq-cents (1798), enfin juge au tribunal de cassation (1800). Lorsqu'il entra au Conseil des cinq- cents, il lit adopter (an vu), l'ordre du jour sur un référé du tribunal criminel de la Somme, prit part à la discussion d'une polémique élevée contre Sherlock, relativement au cumul des qualités de général et de député ; il présenta des vues nouvelles sur la question de la liberté de la presse, s'occupa de l'abus du pouvoir remis au Directoire et proposa de faire consacrer les [)OUvoirs législatif et exécutif à la répression des délits. Son discours, prononcé le 1er fructidor de l'an VII contre le principe du droit de successibilité entière et absolue accordé aux enfants illégitimes, mis sur le même pied que les enfants légitimes en vertu des lois des 4 juin 1793 et 12 brumaire an ii, produisit un grand effet sur ses collègues. Au moment de sa mort, le premier président de la cour de cassation prononça son oraison funèbre. Ch. Piot. Delvenne, Biographie du royaume des Pays- Dos. ■ — Dictionnaire universel et classique d'his- toire et de (liographie, publié par Parent. — l'iron, Levensbeschryvinq. — De Becdelièvre, Biographie liégeoise. — Hrilz, Mémoire sur l'an- cien droit belgigtte. — Henné et Waulers, His- toire de Bruxelles. — Moniteur français. — Ma- tricules (Je l'université de Louvain. conservées à la Bibliothèque royale a Bruxelles. — Ar- chives (lu conseil-souverain de Brabanl, aux Archives du royaume à Bruxelles. ouTREPOtVT {Charles- Tkomas-Fran- çoisu'), homme de lettres, né à Bruxelles, le 26 juin 1777, fils de Charles-Lambert et de Barbe-Monique-Joseph Thimus, mort à Paris, le 4 avril 1840. Par suite du séjour de son père à Paris à partir de 405 OUVERTUS 406 l'au IV de la Képublique, il reçut une éducation toute française. Il entra d'abord dans l'administration des droits réunis, où il devint sous-chef. Ayant abandonné cette position, il se jeta en- suite dans des spéculations de bourse, qui le ruinèrent complètement; à bout de ressources, il s'occupa de littérature. Il a publié : 1 . Jrtus et Nicolès aux enfers, Paris, 1821; in-8°, 32 p. — 2. Dialogues des morts, suii-is d'une lettre de J.-J Rousseau, écrite des Champs Elysées à M. Castil-Blaze (œuvre dans laquelle il démontre que cet auteur a pris les deux tiers de son travail au Die- tionnaire musical de Jean-Jacques Kous- seau). Paris, 1825. — 3. La mort de Henri III ou les ligueurs, drame en plu- sieurs scènes et en prose. Paris, 1826. — 4. La mort de Charles I" , roi d' An- gleterre, drame en 42 scènes. Paris, 1827.— 5, Nouveaux dialof/ues des morts, Paris, 1828. — 6. Promenades d'un so- litaire. Paris, 1829. — 7. Christieru et d'Alenihert dans l'autre monde. Paris, 1829. — 8. Huasoar ou les frères enne- mis, drame en 5 actes et en prose, Paris, 1829. — 9. La Saint- Barthélémy, drame en plusieurs scènes et en prose. Paris, 1829. — 10. Mélanges ou suite des pro- menades d'un solitaire. Paris, 1830. — 1 1 . io métempsycose ou dialogue des bétes par un pythagoricien. Paris, 1830. — 12. Discours sur les rois de Rome. Paris, 1833, — 13. Caius Caligula, drame en 5 actes et en prose. Paris. 1833. C'est son dernier travail imprimé. Il a laissé en manuscrit un drame intitulé : Jules César, et un écrit intitulé : Morale et philosophie. Son frère Théodore Gustave, né comme lui à Bruxelles, en 1779, mort à Paris le 17 avril 1832, suivit aussi son père en France, et y obtint le grade de capi- taine de cavalerie ; sous la Restauration il fut mis à la retraite. Celui-ci fut auteur d'un Almanach des guerriers français (Paris, 1819) tt A' Observations critiques et raisonnées sur l'ordonnance provisoire des services et des manœuvres de la cavale- rie du 1er vendémiaire an XIII, impri- mées en 1824. Suivant Fétis, il culti- vait le violon avec succès et publia, à Paris, quelques morceaux pour cet ins- trument. cil. Plot. Dictionnaire des hommes de lettres et des ar- tistes, p. 143. — Mourelle biographie (jvnerale, par Firmin Didot, t. XXXVllI. — Bournuelol et .Maury, la Littérature fran<;aise contemporaine, t. V, p. 508. ov\'w:viTVH [Charles-François-Marié) , architecte et géomètre, né à Mons, le 1er août 1759, y décédé le 9 avril 1820. Ou vertus avait montré, dès sa pi us tendre jeunesse, un goût prononcé pour l'archi- tecture. De 1775 à 1780, il fit trois projets de porche extérieur pour la façade septentrionale du transept de l'église collégiale de Sainte- Waudru. Deux de ces plans sont conservés à la bibliothèque publique de Mons (n°s41S0 et 4181 du catalogue), et le troisième appartient aux archives de l'Etat, en la même ville. A la même époque, des pierres s'étant détachées des pyramides qui surmontaient les quatre tourelles angulaires de la croisée, les chanoinesses, au lieu de les faire restaurer, en ordonnèrent la démo- lition en 1782. Mais avant que cet acte de vandalisme fût accompli, Ouvertus fit un plan d'élévation de ces aiguilles de pierre. Ou lit, en efl'et, dans le compte de la fabrique de Sainte-Waudru, de 1781-1782 : » A l'architecte Ouvertus, » pour la levée du plan et élévation des » piramides démolies, paie selon son état « et quittance du 15 novembre 1782, « 39 livres 12 sous » . Tout porte à croire que l'intention du chapitre était de faire replacer ultérieurement ces pyramides ajourées; mais ce ne fut que de 1881 à 1883 que cette restauration a eu lieu, sous la direction et d'après les dessins de M' Joseph Hubert, architecte de la ville de Mons. Les travaux d'Ouvertus avaient attiré l'attention des connaisseurs, ce (|ui lui valut la protection des états de Hainaut. Dans leurs séances des 2 S novembre et 8 décembre 1787, ils lui accordèrent un subside de vingt louis pour se perfec- tionner dans son art à Paris. A son retour, l'artiste fit divers travaux pour les particuliers. En 1791, il présenta aux états un plan pour le théâtre des- 407 OVERDATZ 40^ tiné à l'inauguration de l'empereur Léopold II, à Mons. Ce dessin, fort important, appartient à la bibliothèque de Mons (n-2. — Archives des états de Hainaul et du chapitre de Sainte-Waudru, à Mons. ovEKDATE {Louù), docteur en mé- decine, tils de Pierre et de Jeanne de Clercq, naquit à Enghien, le 1*'^ mai 1618 (l)et non vers 1630, ainsi que ses biographes l'ont fautivement répété; il décéda à Bruxelles après 1682. 11 ap- partenait à une famille influente, qui compta plusieurs représentants dans la magistrature communale de sa ville natale. Après avoir terminé ses huma- nités au collège des Augustins à Enghien, il fut immatriculé, le 1 1 décembre 1 636, parmi les étudiants de l'université de Louvain comme élève de la pédagogie du Faucon. 11 y fut promu à la licence en médecine le 30 août 1640. Malgré son jeune fige, Overdatz se fixa sans hésitation à Bruxelles, où il parvint à gagner la confiance des habitants et à se créer une belle clientèle. A cette époque, l'art de guérir y était professé sans contrôle sérieux; plusieurs empi- riques et alchimistes s'étaient installés dans la capitale du Brabant et y prati- (1) (iomine une date laulivc a oie d'ordinaire donnée, nous croyons devciir Iraiiscru-e ici le texte de son acte de naissance, « d(il,S, \ inay « Ludovicns ()v(Tdaet f. l'elii et Joane que s. « Ludovic!) de Clercq et Catherina Overdaet. » Kegistre de l'élal civil, n» 3, fo 79, aux archives communales d'Lnghien. qnaieut ouvertement la médecine. Pour obvier à de tels abus, Overdatz, d'accord avec ses confrères, finit, non sans dé- marches et sans peine, par obtenir du magistrat bruxellois, en novembre 1648, la création d'un collège de médecins. Ses collègues l'appelèrent aux fonctions de syndic dès 1649 et de vice-président ou vicaire en 1655. Non content de tra- vailler à sauvegarder la dignité profes- sionnelle et de la défendre contre les intrusions des charlatans, il sut s'élever, par ses études et ses observations, au- dessus des praticiens ordinaires ; il fut un partisan zélé de Paracelse. Ses succès lui valurent une réputation méritée, et don François de Moura-Corteréal, mar- quis de Castelrodrigo, gouverneur des Pays-Bas de 1664 à 1668, se l'attacha comme médecin, de préférence aux doc- teurs espagnols fixés à Bruxelles. Il fut en outre médecin de l'artillerie du roi des Pays-Bas. Ses mérites et les services qu'il rendit dans la pratique de son art lui méritèrent l'octroi, par Charles II, le 20 juillet 1677, de lettres patentes d'anoblissement et le droit de porter pour armes : écartelé au \ et ^ d'argent à trois papillons de gueules; au 2 et S de gtieules à une hache d'armes d'argent emmanché d'or, posée en hande. Une épidémie pestilentielle avait dé- cimé la population bruxelloise pendant les années 1667 et 1668. Louis Over- datz se dévoua, nuit et jour, à don- ner des soins aux malades, à étudier les caractères de ce fléau et à s'efi['orcer d'en diminuer les ravages. Il prit la peine d'annoter ses observations, afin de con- server, pour le cas où le mal reparaîtrait, les résultats d'une triste expérience. Le magistrat de Bruxelles, informé du tra- vail rédigé par notre médecin et jugeant que nid mieux que lui n'était capable d'écrire un manuel utile sur cette ma- tière, n'hésita pas à solliciter de lui, le 6 septembre 1668, la publication du résultat de ses études et de ses remarques. Cette demande flatteuse répondait trop aux besoins des habitants pour qu'Ovor- datz ne s'empressa d'y satisfaire. Il traduisit en flamand le traité qu'il avait d'abord composé en latin et le publia 409 OVERLAET 410 I sous le titre : Kort verhael van de peste met haer geneesmiddelen diensdg voor aile arme rerlaten memchen, Bruxelles, J. Momraaert, 166S,- in-S", 87 pages. C'est un manuel populaire propre à cal- mer l'inquiétude d'une population alar- mée, en lui indjcjuant les moyens prati- ques pour se préserver du fléau. Overdatz habitait à Bruxelles la Nieuwstrale (rue Neuve), près du Finis- tère; il était marié et laissa, outre deux enfant?, morts en 1652, deux autres descendants, un fils et une fille. Il mourut après 1682 : une lacune des registres de décès de la paroisse de Sainte-Gudule, du 10 avril 1683 au 28 décembre 1694, ne permet pas de déterminer l'année de sa mort. Ernest Matthieu. Paquot, Mémoires, l. III, p. 3CG. — Eloi, iHc- tionnaire historique de la médecine (Mons, 1778], t. m, p. 441. — Foppen^, Bibliutlieca belqica, t. Il, p. 83o. — C. Broeckx, Soticif sur Louis Orerdatz (Anvers, 18^ , dans les Aiinnles de la Société de médecine d'Anvers.— C. Broeckx, His- toire du coUegium medicum Bruselleyise [Xnwers, iiH>i\ — E. Matihieii, Histoire d'EiKjfiien, p. 7:28. — Dictionnaire encyclo/icdique des sciences mé- dicales sous la direction de A. Dechainbre (Pa- ris, 188-2, I. XIX. — Elal civil a'Engliieii. oiFEBLAET {Antoine), dessinateur et graveur du xviiie siècle, naquit à An- vers. Il fut baptisé le 31 décembre 1720; le 1 5 septembre 1 7 6 1 , il fut reçu dans la corporation de Saint-Luc, comme maître graveur; il mourut le 17 décembre 1774. Dans le catalogue Terbruggen, Frédéric Verachter donue comme jour de sa naissance le 31 décembre 1720, comme jour de son décès le 1 7 décembre 1775 ; c'est grâce aux données fournies par l'archiviste actuel, M'F.-Jos.Vanden Branden, que nous avons pu rectifier ces dates. Overlaet est fort connu dans sa ville natale comme dessinateur à la plume. Le nombre de ses œuvres est fabuleux ; nous en avons rencontré environ deux cents chez un seul amateur, M' Henri Schuermans d'Anvers. Il reproduisait de préférence des gravures d'après Te- niers, Brouwer, Breughel de Velours, Saftleven, Paul Bril et d'autres petits maîtres hollandais et flamands; il des- sina quelques figures d'après les grandes planches de l'école de Rubens, et s'ap- pliqua avec une prédilection marquée et avec un talent remarquable à copier les eaux-fortes de Rembrandt, spéciale- ment celles de petite dimension. On rencontre encore dans son œuvre des dessins d'après des médailles, quelques tours de force dans le goût de son temps, représentant une tête du Christ, de la Vierge ou d'un autre personnage et exé- cutés en un seul trait circulaire concen- trique, quelques vues de ville et un petit nombre de sujets dessinés d'après nature. Parmi ces derniers, il convient de citer en première ligne une grande et superbe reproduction du maître autel de l'église Saint- Jacques, à Anvers, faite eu 1756 pour le jubilé de la confrérie de Veertieiidaagsche Berechting (collec- tion Schuermans). Il existait et il existe encore à Anvers, dans chaque paroisse, un certain nombre de ces pieuses associations. En général, chaque année elles changent de préfet et le nouveau venu est tenu de faire exécuter, dans le registre de la confrérie, une feuille où se trouve mentionnée sa nomination et celle de ses collègues dans la direction. Au jour de la fête patronale, le registre est exposé à l'admiration des fidèles sur une table placée dans l'église paroissiale. Beaucoup de ces volumes ont été conservés; les plus anciens re- montent jusqu'au milieu du xviie siècle. Au xviii® siècle, les dignitaires des confréries mettaient un louable zèle à faire faire de ces feuilles qui rappelaient leur pouvoir éphémère de véritables œuvres d'art. Il naquit ainsi une école de dessinateurs à la plume, qui périt dans la tourmente de la Révolution française, mais qui eut ses célébrités et son époque de grande vogue. Il nous a paru intéressant, en rédi- geant la notice du plus célèbre de ces artistes, du seul dont le nom a été sauvé de l'oubli, de tracer un court aperçu de cet art très spécial et de rappeler en peu de mots ceux qui s'y sont distingués. Dans les premiers temps, on s'était con- tenté de faire exécuter les inscriptions dans les livres des confréries par un cal- ligraphe en belle écriture, sans orne- 411 OVERLAET 412 mentation d'aucune sorte. Dans la se- conde moitié du xviie siècle, les grandes pages se décorent de lettrines, d'enca- drements tracés à la plume, à l'encre noire ou en couleur, par des maîtres de calligraphie. Dans les dernières années (le ce siècle et dans les premières du xviiie, ces ornements de fantaisie se compliquent et sont parfois entremêlés de vignettes représentant des sujets de sainteté, exécutés également en traits de plume continus, à la manière des modèles d'écriture qui faisaient l'or- gueil des maîtres d'école. Un excellent exemple de ces différents styles est fourni par le registre de la confrérie de Notre- Dame de Hon Succès, qui avait son siège dans l'ancienne église de Sainte- Walburge. On peut suivre la transition qui s'opère dans la manière de ces illus- trations calligraphiques en examinant les plus anciennes feuilles de ce volume. Elles sont datées de 1657 à 1741 et sont signées par François-Herman Mo- reus, calligraphe de la ville d'Anvers; par\Vynants,parM.-N. van Thielen, par Charles van Thielen, par 0. van Schen- del, par J.-B. .lanssens et par J. Borrée. En 1712, une nouvelle manière d'or- nementer les registres des associations se produit. Le maître d'école Dominique Verpoorten, le vieux, exécute, dans le livre de la confrérie de la Feertiendaag- sche Berechting de la paroisse de Notre- Dame nord, une feuille où, pour la pre- mière fois, des figures se mêlent aux rinceaux de l'encadrement; il continue jusqu'en 1727 à orner de cette manière, ou de simples lettrines les pages qu'il exécute dans différents volumes de l'espèce. En 1722 se révèle un maître dans l'art du dessin à la plume, Henri Casteels, qui, dans le registre de la confrérie de Feeriiendaaffsche BerechtivgàtX^ paroisse de Notre-Dame sud, insère une planche ornée de superbes vignettes et de lettri- nes. Casteels avait la spécialité des majus- cules formées de figurines de saints ; il en a répandu des centaines dans les in-fo- lios des pieuses congrégations d'Anvers. Parfois des figures profanes ou allégo- riques remplacent les personnages cé- lestes : dans une de ses compositions figurent les douze Césars; dans plu- sieurs autres, des personnifications des vertus. Il n'était pas seulement un calligraphe hors ligne, exécutant une variété infinie de caractères ornés, il était encore un artiste de réelle valeur. Nous voyons dans maint registre de grandes planches dessinées à la plume et composées par lui; parfois, il repro- duit les portraits des dignitaires de la confrérie ou de l'église. Casteels était un vrai miniaturiste : son travail est d'une délicatesse charmante , sans effet de clair-obscur, mais riche d'invention et élégant de forme. On ne connaît guère la vie de cet artiste; les Liggeren de Saint-Luc mentionnent son nom une seule fois, à la date de 1732, quand il fut reçu maître sous la désignation d'en- lumineur [rerllchter). Les travaux que nous venons de mentionner datent de 1722 à 1757 ; nous n'en avons pas ren- contré d'autres que ceux qu'il fournit aux registres des confréries. Il fut le digne précurseur d'Overlaet. Comme lui, ce dernier exécuta beaucoup de dessins pour les annales des asso- ciations pieuses. Nous en avons trouvé dans le registre de la confrérie de la Feertievdaagsche BererMivg de Notre-Dame, quartier sud, aux années 1757, 1758, 1762, 1764, 1765; dans ceux de la même confrérie de Notre-Dame, nord, en 1761 et 1762; de Sainte-Walburge, de 1757 à 1773 sans interruption ; de Saint-Jacques, en 1751 ; dans les registres de la confrérie de \' Annonciation de la Vierge, de l'église des Augustins,aux années 1761 et 1762; dans celui du Saint' Sacrement de l'église de Sainte-Walburge, en 1752 et 1753; dans celui de la Doctrine chrétienne de la même paroisse, en 1753 ; dans celui de V Agonie bienheureuse ( Gelukzalige Bood dryd) de la paroisse Saint-Jacques, on 175S; dans celui de Notre-Dame de Lorette, à l'hospice de Saint Julien, en 1756, 1758, 1760, 1761, 1762, 1763, 1769 et 1773. Les sujets traites par Overlaet dans ces grandes feuilles sont empruntés à l'histoire sainte et en partie de son in- 413 OVERLAET 414 vention ; un bon nombre sont copiés d'après les çravures religieuses exécutées par les grands burinistes de l'école de Rubens ; quelques compositions décora- tives se trouvent dans le nombre. Overlaet exécutait des travaux sem- blables pour d'autres associations. Nous avons rencontré le livre des statuts et des comptes de la Société de musique • Sainte-Cécile • (collection l'aul Van- den Bossche, à Anvers), dans le(|uel, en 1760, il dessina le titre. Les 23 articles du règlement de cette société sont écrits en 23 caractères différents, les uns plus fantaisistes et plus baroques que les au- tres, mais toujours admirablement exé- cutés et composés avec goût. Nous n'oserions affirmer qu'elles sont de la main d'Overlaet : moins que Henri Cas- teels, il cherchait à briller par ses let- tres excentriques ou ornées de figurines; d'habitude, son écriture est sobre, mais belle. Les dates que nous venons de men- tionner prouvent qu'Overlaet exécuta ses grandes et belles illustrations pour les confréries de 1752 à 1773, Il avait l'habitude de dater également ses feuilles détachées ; les plus anciennes sont de 1750; les plus récentes de 1773. Il est assez probable que certaines pièces sans millésime et de facture plus lâchée furent exécutées avant 1750. Overlaet ne fut pas le plus ancien artiste de la plume au xviiie siècle; nous venons de nommer deux de ses pré- décesseurs : Dominique Verpoorten et Henri Casteels; nous pouvons y ajouter l'artiste fort remarquable F. -F. -A. van Bonn (travaux datés de 1741-1769); Joseph Driessens, père et fils, maîtres d'école (1719-175 5). Les dessinateurs contemporains sont plus nombreux en- core. Parmi eux se distinguent P. van Ryn (1757-1792); J.-K. Pompe, le fils du sculpteur (1763-1 797); J.-.T.Vanden Bergh, le graveur (1768-1782); J.-A.de Wilde (1767-1768). Ils cultivent le même genre, mais Overlaet les dépasse tous. Ses copies d'après les grands bu- rins de Rubens, d'après les eaux-fortes de Rembrandt et d'après d'autres gra- vures, ne sont, il est vrai, que des tours de force d'exactitude et de finesse dans la reproduction du style et des pro- cédés des divers artistes; mais lorsqu'il exécute ses compositions originales ou qu'il reproduit des œuvres d'architec- ture et (le sculpture, son faire estadmi- rablede moelleux et d'une grande richesse de nuances. D'habitude, il dessine au bistre et obtient ainsi des effets plus fondus, plus doux à l'œil que les illus- trations de ses rivaux. Plus rarement il emploie l'encre de Chine et se fait re- marquer alors par le brillant de son exécution. Il distingue lui-même diffé- rents genres dans ses travaux ; il en est qu'il appelle <• à la plume noble », trai- tant soigneusement des sujets impor- tants, une grande kermesse de Teniers, par exemple; d'autres qu'il appelle » à la plume hardie " , où il se laisse aller davantage à sa fantaisie. Nous connaissons un petit nombre de portraits dessinés par lui à la plume d'après nature: celui du chanoine Pierre- André-Joseph Knytt', fait en 1760 pour la confrérie de Notre-Dame de Lorette signé : Door d'hand en pen van Overlaet (hospice de Saint-Julien); celui de Jean- François Joseph Vinck , seigneur de Wustwezel, fait en 1765 pour la con- frérie de la Veerliendaagsche Bereciiting de la paroisse Sainte-Walburge (église Saint-Paul, à Anvers) et le sien propre signé AnthoniuH Overlaet advivum deline- avit.Ant. 1756 (collection Schuerraans). Overlaet, qui paraissait posséder toutes les qualités requises pour devenir un excellentgraveur, a peu gravé lui-même. Son œuvre connu se compose de trois eaux-fortes: » Un gueux et une gueuse » d'après l'eau-forte de Rembrandt datée de 1760; un paysage où l'on voit à gauche une chaumière dans laquelle un homme et une femme sont assis auprès d'un feu aux vives lueurs, avec l'ins- cription, au second état : Gravé d'après le dessin original de Rembrandt, par Overlaet d' Anvers, 1761 ; un autre pay- sage où l'on voit, à droite, un château et un pont-levis jeté sur un canal , à gauche, un groupe d'arbres autour d'une ferme, avec l'inscription aii second état : Gravé par Overlaet diaprés le dessin original de il 5 OVERLOOP 416 Rembrandt, de même gravdeur, sous la direction de Martetmsie d' Anvers, 1761. Cette dernière inscription permet de conclure qu'au moment d'obtenir la maîtrise comme gjraveur, Overlaet avait pris ou prenait encore des leçons de gravure de Pierre-François Martenasie, qui obtint la maîtrise le même jour que lui. De la dernière de ces trois pièces, le cabinetdes estampes de la ville d'Anvers possède, en même temps que l'eau-forte, un dessin fi la plume qui l'emporte de beaucoup sur la gravure, par la délica- tesse de l'exécution et par la manière admirable de rendre le caractère du dessin du grand maître hollandais. La même collection possède aussi deux pe- tites figures en buste, un homme et une femme, dans le genre de Callot, impri- mées sur vélin et attribuées à Overlaet, mais ne portant pas son nom. Dans le registre de la confrérie de la Veertiendaaijache Berechiingàe la paroisse de Saint-Jacques, à Anvers, se trouve une fort belle planche au lavis signée Jvdocus Overlaet f^, 1778. L'auteur de cette feuille était proba- blement un descendant d'Antoine ; il fut reçu dans la corporation de Saint-Luc le 12 mai 1791 , comme élève de Joseph Bonnecroy, peintre décorateur [huys- schilder). M ax Booses. OTERi.oop ( Eugène - Jean - Isidore VA!%), homme politique, néàVilvorde, le 1 2 septembre 1814, décédé à Schaerbeek lez-Bruxelles, le 25 novembre 1878. Après avoir suivi les cours de l'uni- versité de Gand, Isidore van Overloop vint terminer son droit à Bruxelles ; il fut proclamé docteur en droit, le 8 sep- tembre 1837, et inscrit au tableau des avocats exerçant près la cour d'appel de Bruxelles, le 4 novembre 1841. Il ne tarda pas à s'y faire remarquer tant par la profondeur de ses connaissances que par sa parole facile, et, en 1846, le gouvernement l'appela au poste d'avocat du département des afi'aires étrangères. La carrière politique de Van Overloop commença en 1849 : il fit partie d'abord du conseil provincial du Brabant, oii il fut envoyé par le canton de Vilvorde et au sein duquel son activité se manifesta surtout dans l'examen des questions administratives; trois ans plus tard, en 1852, l'arrondissement de Saint-Nico- las lui confia le mandat de membre de la Chambre des représentants et le lui continua sans interruption jusqu'en 1874, époque à laquelle ses électeurs l'envoyèrent au Sénat, dont il fut par- tie jusqu'à sa mort. Dans l'une et l'autre assemblée législative , le dé- puté de Saint-Nicolas, qui appartenait à l'opinion catholique conservatrice, se fit une certaine place ; ardent milita- riste, il soutint avec ardeur et vota toutes les mesures favorables à l'armée; il prit également une part active à l'élaboration de la loi de 1854 sur les brevets d'in- vention et fut pendant plusieurs années président de la commission permanente des naturalisations. A la Chambre, Van Overloop prit part à la discussion de presque toutes les questions importantes, et spécialement à celle que souleva le projet de loi sur la réorganisation des établissements de bienfaisance, connu sous le nom de » loi des couvents «. Eu 1870, lors de l'avènement au pouvoir du parti catholique, un portefeuille fut ofiert au représentant de Saint-Nicolas; il déclina cet honneur, se contentant de l'influence que sa situation lui donnait dans la marche des affaires publiques. Nommé chevalier de l'Ordre Léopold en 1S5 6, Van Overloop fut promu, en 1874, au grade d'ofïicier. Isidore van Overloop a publié divers ouvrages et brochures sur des questions d'ordre diftérent : 1. Examen de la ques- tion de savoir si les anciens cimetières appartiennent aux communes ou s'ils sont la propriété des jabriques d'église. — 2. Mémoire pour M. P.-I. Hanicq, im- primeur à Matines, et La Gauche, impri- meur à Namur, contre M. JFesmael-Le- gros, imprimeur de l'évérhé de Namur. ('et opuscule traite la question de la contrefaçon littéraire. — 3. Notices his- toriques sur les institutions de bienfaisance et spécialement sur les hôpitaux en Bel- gique. — 4. Examen critique du projet 417 OVERLOOP — OVERIOOPE 418 de loi sur î'eiueiynement moyeii . — 5 . Ex- posé des motijs de la Constitution belge par un docteur en droit . — 6 . Ajschaffiiig der militaire piaatsverrantjing. Een woord aen htt rolfr. — 7 . Coup d'œil si/r les pol- ders, spécialement dans le pays de fVaes. Ed. Beecknian. 9\Ewti.oov (G uillaume-Marie- Auguste v.*%), écrivain ecclésiastique, né à V^il- vorde, le 26 juillet 1816, y décédé le 16 décembre 1855. Après avoir fait ses humanités aux collèges episcopaux de Maliues et de 8aint-Nicolas, il suivit le cours de phi- losophie à l'université de Louvain, puis celui de théologie au séminaire de Ma- lines; il fut sacré prêtre en 1841. Nommé professeur au collège de Basse- Wavre, il y enseigna la poésie latine jusqu'en 1844. A cette époque, le gou- vernement le nomma aumônier de la maison de détention deVilvorde: il rem- plit cette fonction avec beaucoup de zèle et de dévouement. Il se dévoua éga- lement pendant l'année 1849, lors du choléra qui sévit aux environs de Vilvorde et spécialement dans la com- mune de Grimberghe. En novembre 1854, Van Overloop se rendit à Rome et assista aux fêtes et cérémonies qui accompagnèrent la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception (8 dé- cembre 1854); quelques semaines après son retour à Vilvorde, il mourut âgé de moins de quarante ans. Une pierre tom- bale,érigée dans lecimetièrede Vilvorde, perpétue sa mémoire. On doit à Auguste van Overloop les ouvrages dont la nomenclature suit : 1 . Essai sur une réforme de V enseignemeut moyen (Brux . , 1 843). La Revue historique et littéraire, du 1" novembre 1843, fait de cet ouvrage un compte rendu élogieux . — 2. Philosophie des prisonniers, par C. Leuillies , publiée avec des notes et additions, par A. van Overloop, aumônier de la maison de détention de V^ilvorde. Bruxelles, 1856. — 3. Mélanges d'his- toire et de philosophie. C'est une suite d'études nirinuscrites qui sont conservées par la famille Van Overloop. Ed. Beeckmaii. BIOGR. NAT. — T. XVI. ovEitLeoi» (Pierre- François vam), médecin, né à Assche (Brabant), le 5 dé- cembre 1785, mort îv Vilvorde, le 1 1 no- vembre 1818. Il fit de brillantes études à l'école de médecine de Bruxelles et, en 1805, fut proclamé lauréat du con- cours qui eut lieu entre les étudiants de dernière année. L'année suivante, le jeune médecin vint s'établir à Vilvorde et y fut nommé successivement médecin de l'hospice civil, de la maison centrale de détention et du refuge des pauvres in- valides : il occupa ses diverses fonctions juscju'à la lin de ses jours. En 1808, profitant d'un congé de quelques mois, Van Overloop se rendit à l'université de Strasbourg pour y compléter ses études. Le 7 décembre de la même année, il soutint une thèse publique et fut pro- clamé docteur en médecine. Revenu à Vilvorde, il continua, comme par le passé, à s'y faire remarquer par sa cha- rité et son dévouement. Il en donna des preuves spéciales en 1817 et 1818, lors (le l'épidémie de typhus et de dyssenterie qui décima les communes de Dieghem et Melsbroeck et les paroisses environ- nantes. Ce fut k Dieghem eu soignant ses malades que lui-même contracta le germe du typhus qui devait bientôt l'emporter. Van Overloop a laissé divers opus- cules relatifs à la médecine et à la bo- tani(|ue; les suivants ont été publiés : 1 . Dissertatio de febri intermittente. Bruxelles, 180S. — 2. Mémoire sur la dyssenterie, 1816. — 3. Un coup d'ceil sur la fiècre typhoïde, 1817. Ed. Beeckman. Piron, Levensbeschryving vati Belgiê, p. 289. ovEiiLOOPE {Pierre w'), seigneur d'Overloope, de Hamme et de Sainte- Anne, né pendant la première moitié du xvie siècle, mort à Bruxelles, sans pos- térité, le 25 décembre 1600. Il apparte- nait à une famille d'origine gantoise, dont un membre fut échevin de la keure en 1467. Il épousa en 1559 Marie ou Antoinette van der Eycken, fille du sei- gneur de Rivieren, Saint-Georges, Jette et Ganshoren. En 1552, Pierre d'Over- , loope prit rang parmi les secrétaires du U 419 OVERSCHEE — OVERSTRAETEN 420 conseil privé et fut promu, le 5 février 1554, à la charge de premier secrétaire et d'audiencier. Le l^^ juillet 1578, il passa au conseil des finances en qualité de conseiller, lldevint, le 24 mars 1584, trésorier et garde des chartes et lettrages. Albert et Isabelle lui confièrent à nou- veau, le 30 septembre 1600, la charge de conseiller et commis ordinaire des domaines et finances. Les services que, pendant près de soixante années, il rendit au gouvernement des Pays-Bas dans ces diverses fonctions, lui valurent le titre de chevalier. A. De Riddei'. Bulkens, Supplément aux Trophées. — Ph. de l'Espinoy, Recherches des antiquités et noblesse de Flandres. — P. Alexandre, Histoire du conseil piiie. — Archives générales du royaume. — Archives de l'Ktat, à Gand. — Archives héral- diques du Ministère des Affaires étrangères. OVEBNCUEE {Pierre vam), Over- SCHIE (?), peintre, sans doute anversois, dont un excellent tableau de la galerie Lichtenstein, à Vienne, est désigné comme appartenant à l'école hollandaise. En l'année 1640, notre artiste est reçu en qualité de fils de maître, wynmeester , à la gilde de 6aint-Luc, à Anvers, où, probablement, son père .se trouve inscrit vingt années plus tôt, comme » Biaise • van 0 versée, marchand de tableaux " . Pierre van Overschee peignit avec un talent remarquable les sujets dits de " nature morte », si l'on peut ainsi désigner l'unique production que nous ayons vue de son pinceau, un déjeuner : fruits, peàté, verres de vin, etc., le tout disposé sur une table. Cette fort jolie œuvrelte, signée au long : Pieter van Oceri>cltee, appartient, comme nous l'avons dit, à la collection du prince de Lichtenstein. Henri {lymansi. ovERfiiTRAETEN {Henri - Désiré- Louis *'am), architecte, né à Louvain, le 2o mai 1818, était incontestablement destiné à parcourir une brillante carrière si la terrible cpidemie de choléra, (jui ravagea la Belgique en 1849, n'était venue interrompre brusquement son exis- tence. Louis vanOverstraeten, qui habi- tait alors Gand, s'était dévoué à l'orga- nisation du cortège historique qui eut lieu en 1849 à l'occasion des fêtes com- munales, et avait fait, notamment, le plan du beau char de la Pucelle de Gand; il mourut presque subitement dans la nuit du 24 au 25 juillet qui suivit la dernière sortie. L'édifice auquel le nom de Van Over- straeten restera attaché, comme celui de Poelaert au palaisde justice, ainsi que celui de Balat au palais des beaux-arts, rue de la Régence, à Bruxelles, est l'église Sainte-Marie, bâtie au point de raccor- dement de la rue des Palais et de la rue iloyale,à Bruxelles. Un concours, auquel avaient été conviés tous les architectes du pays, avait été ouvert à cet effet ; les plans de Van Overstraeten furent choisis à l'unanimité, non seulement à cause de leur nouveauté de style, mais aussi en raison de leur conception tout à la fois grandiose et harmonieuse. Les conditions imposées, par suite de la disposition du terrain, offraient des dif- ficultés presque insurmontables, sur- tout en ce qui concernait la forme du vaisseau de l'édifice ; c'est ce qui avait engagé Van Overstraeten à choisir le style byzantin comme pouvant le mieux répondre sous le rapport du plan terrier, non seulement à l'emplacement arrêté, mais aussi par sa nouveauté en Belgique, ainsi que par l'obligation esthétique de faire pendant à l'église Saint-Jacques sur Caudenberg, placée à l'autre extré- mité de la rue Royale. D'autre part, ses plans complétaient la trilologie des styles qui se sont alors succédé : Dumont venait de donner un exemple du style gothique par son église Saint-Boniface, à Jxelles, et Tilman-François Suys un exemple du style classique par sou église Saint- Joseph, au quartier Léopold. L'innovation architectonique de Van Overstraeten ne fut pas sans soulever des critiques auxquelles il répondit, avec le plus heureux a propos, que c'est dans ce type qu'il a cherché à puiser des réformes applicables au climat du pays et à ses industries sous le rapport des matériaux à employer; et il en considérait les éléments comme les plus favorables des styles pour amener l'art de l'archi- 4i1 OVERSTRAETEN 422 tecture à une originalité progressive, idée qui alors n'était pas sans hardiesse, mais aussi d'une haute vérité par ses résultats. En effet, Cluvsenaar s'en ins- pira en élevant bientôt son marché de la Madeleine, ainsi que dans les deux bâtiments des bas-fonds de la rue Royale en contre-bas de la colonne du Congrès. La comparaison des graphiques d'élé- vation de son église Sainte-Marie, et de son clocher, dont Louis van Overstraeten avait dessiné toutes les épures et qui figurent pages 186 et 191 de son Ar- chiiectonographie des temples chrétiens, avec ces parties mêmes de l'édifice telles qu'elles viennent seulement d'être termi- nées, prouve que d'assez grandes modi- fications ont été apportées dans l'œuvre » primitive par l'architecte Hansotte, à qui l'archèvement avait été confié par le conseil de fabrique. Ces changements sont profondément regrettables, car ils ont dénaturé le caractère même de l'édifice tel qu'il avait été dessiné par l'auteur. Elles sont, également, d'autant plus étranges qu'un artiste de la valeur de Van Overstraeten ne se serait jamais permis d'introduire, dans un temple romano-byzantin, des gargouilles nette- ment gothiques sur le pavillon style té- nilien! qui remplace le campanile du plan primitif. Les seuls emprunts que Van Overstraeten a faits au style ogival de la belle époque, et c'est Schayes qui le proclame dans son Histoire de l'archi- tecture en Belgique, t. II, p. 467, sont les grands arcs-boutants qui soutiennent le tambour central ainsi que les vastes fenêtres à nombreux compartiments, fe- nêtres qui ofi'rent de superbes surfaces pour la peinture sur verre. Van Over- straeten fit aussi quelques emprunts à la période de transition du style romano- byzantin au style gothique; mais il en est résulté, comme le dit encore Schayes, une œuvre toute exceptionnelle et dont on trouverait vainement ailleurs l'analogie. Lorsque le gouvernement et la ville de Bruxelles s'entendirent pour combler les bas- fonds de la rue Royale en vue d'y élever la colonne du Congrès et de la Constitution, un concours fut ouvert pour l'appropriation de la partie du terrain qui restait en contrebas de la colonne même. Louis van Overstraeten, dont le projet de concours portait le n° 43 sur soixante-dix concurrents, eut l'honneur de se voir couronner à la suite d'un rapport très motivé de l'échevin Blaes, de la section des travaux publics. Van Overstraeten avait donné un carac- tère de grande simplicité à la partie usuelle de ce bâtiment que l'on destinait à des marchés couverts. Son plan ne fut pas exécuté, par la raison qu'on lui fit un grief de l'emploi qu'il avait fait du fer pour disposer et couvrir les grandes ailes des deux corps d'édifices. Van Overstraeten ne fut pas seulement un architecte de réel talent, c'était encore un érudit. Il avait réuni les matériaux d'une Architectonographie des temples chrttiens, ou Etude comparative des diffé- rents systèmes d'architecture applicnbles à la construction des églises, spécialement en Belgique. Comme le disait Louis Roelandt — dont Van Overstraeten fut l'élève préféré — dans l'Avis du 1er décembre 1850, qui termine cette première partie de V Architecto7iographie : » Une mort rapide " et cruelle a frappé le jeune auteur de n ce livre au moment où il venait de » réaliser la moitié de son plan tel, " exactement, que nous le livrons au " public. Cette mort, dont l'art, la pa- « trie et le culte ont porté le deuil, nous » lègue la triste tâche d'achever, autant « qu'il est en nous, les deux dernières n parties de cet ouvrage. En invoquant » d'avance l'indulgence des juges com- •> pétents, nous espérons remplir ce « difficile devoir dans un temps plus ou » moins rapproché. C'est la seule cou- » ronne que nous puissions désormais « déposer sur une tombe où sont hélas! « englouties tant d'espérances et tant » de joies. « Ce volume, constituant la première partie, parut à Malines, en 1850, chez Van Velsen-Vander Elst (viii-96-369 pages). Roelandt avait alors soixante-cinq ans. On comprend pourquoi, à cet âge, il n'a pu réaliser son précieux désir d'en achever les deux dernières parties. 423 OVERSTRAETEN 424 Ce même volume renferme, comme Introduction , une magistrale Étuâe sur Varchitectiirereligie^ise de l'antiquité (96 \idig.),%\gnét hidorevan Overdraeten, attaché (alors) de légation de Sa Majesté le roi des Belges (mai 1849), digne association du talent et de l'érudition de deux frères aussi éminents par les qua- lités du cœur que par l'intelligence. Louis van Overstraeten durant sa si courte existence — il mourut avant d'atteindre sa trente unième année — , fit montre de son haut savoir architec- tonique dans un projet, couronné à An- vers, de restauration du château du comte de Flandre. Il dressa les plans et surveilla la construction des églises de Lokeren, de Saint-Nicolas (Waes), de Middelkerke, de Baerle, etc. 11 avait aussi dessiné les plans d'une gare cen- trale à Gand et d'un grand campo santo ou cimetière près de son église Sainte- Marie, à Schaerbeek ; ces plans ne furent pas exécutés. Toutes ses conceptions étaient on ne peut plus heureuses de dessin, solide- ment raisonnées et déduites de sa pro- fonde connaissance des grands styles qui constituent l'histoire de l'architecture. Elles étaient marquées aussi au point de vue d'une inspiration neuve et féconde ainsi que du goût le plus pur. Toutes ces qualitésétaientlerésultatde sa solide ins- truction. Après avoir fait ses humanités et sa philosophie, il avait suivi les cours de l'Académie royale des beaux-arts de (jand , dirigée alors par son vénérable maître Louis Koelandt, dont il épousa la fille Mathilde. Louis van Overstraeten fut aussi un musicien ainsi qu'un peintre d'un réel mérite. Il avait été l'élève d'Edouard De Vigne. Son nom figure dans les livrets des expositions triennales de Bruxelles de 1842 et de 1845, par deux tableaux : Paysages et ruines; au Salon de Gand de 1842, il avait également exposé un paysage. Ediii. Mnrcbal. OVEHMTRAETRK (Fierre- Mdore v*i%j, diplomate, publiciste, naquit à Louvain, le 24 avril 1817, et mourut le 21 février 1878, à Pise, où il s'était retiré vers 1855, lorsqu'il dut abandon- ner, par suite de paralysie et de cécité, ses fonctions de ministre de Belgique près du Saint-Siège. Il appartenait, comme son frère Louis précité, à la bour- geoisie aisée de sa ville natale par sou père Martin van Overstraeten et par sa mère Thérèse Carlier, tous les deux d'ex- cellentes familles louvanistes. Les apti- tudes d'Isidore aux études lui valurent de bonne heure d'heureux succès. Il com- pléta son éducation en faisant ses huma- nités au collège des Jésuites à Alost. Attiré par ses goûts vers la carrière di- plomatique, il fut attaché à la légation beige auprès du Saint-Siège et du roi de Naples, dès le 15 avril 1846. Pie IX le créa baron et le nomma commandeur de l'Ordre de Saint- Grégoire- le -Grand ; François II le décora de son ordre de Saint-Janvier. 11 remplit ensuite les fonctionsde ministre de Belgique à Rome. Il fut atteint à deux reprises de la fièvre des marais pontins. Sur le conseil de ses médecins, il demanda à pouvoir résider à Turin, puis à Naples, afin de changer de climat. Les progrès du mal lui firent abandonner la carrière qu'il avait si ardemment recherchée et, durant vingt- trois ans, le supplice de la cécité et de la paralysie vint frapper cette organisa- tion d'élite. C'est alors qu'il alla s'instal- ler définitivement à Pise, qui devint pour lui un lieu de retraite laborieuse, comme le prouvent ses nombreux écrits, à peine connus en Belgique, et qu'il dicta, puis publia depuis 1855. Parmi ses meilleurs amis, dont les entretiens journaliers venaient faire trêve à ses douleurs et à ses labeurs quotidiens, figurait le cardinal-archevêque de Pise, Van Overstraeten mourut le 21 février 1878 et repose dans le préau des cloîtres du Campo santo. L'œuvre de Pierre-Isidore van Over- straeten est considérable : elle touche tour <à tour à l'art, à la haute littérature, à l'apologétique, à la politique générale, à la mystique chrétienne. Presque tous ses livres ont été édités en Italie. La série des publications faites en Belgique, devenues depuis longtemps introuvables, 415 OVERSTRAETEN 4-26 commence par une Etude sur Varchitec- ture religieuse de V antiquité, publiée à Malines, rhez Van Velsen, en 1849; elle a servi, en quelque sorte, de prototype à son frère Louis (voir ci-dessus), plus jeune que lui d'une année, pour son cé- lèbre livre intitulé : Architectonographie des temples chrétiens La même année, il rendait un Hommage funèbre public à la mémoire de ce frère chéri, à qui le pays doit, entre autres, la belle ég;liseromano- byzantine de Sainte-Marie, à Schaer- beek. Une autre étude a pour titre : Les orateurs attiques et les Saints Pères, on Etude sur l'éloquence grecque; elle parut en 1852, chez Van Velsen, à Malines. Déjà, en 1 84 6, il avait publié un ouvrage portant pour litre : Fleurs à Marie cueillies dans le champ des Ecritures. On considère son parallèle des orateurs attiques et des pères chrétiens, dans son Elude sur V éloquence grecque (1850), comme un • monument • de l)eau lan- gaoje, de critique philosophique et de solide érudition. Deux brochures virent le jour à cette époque : Electeurs, élections, élus (1850), et Souveraineté temporelle du Pape (1852). La première a pour but de combattre les électeurs indifférents, poltrons ou indécis, et de mettre en relief les de- voirs civiques. La seconde est un plai- doyer en faveur du pouvoir temporel. En 1857, il fit paraître sa remarquable traduction des Quatre livres du gouver- nement des souverains de Saint-Thomas d'Aquin, (|u'il publia avec un Arant- propos sur les caractères et Vinfluence de Véglise chrétienne (Malines, Steenackers). C'est dans cet avant-propos qu'il ap- pelle, à bon droit, dit-il, l'église chré- tienne • la grande école de la civilisa- tion • . C'est en mai 1853 qu'il écrivit, à Frascati, son Coup d'œil littéraire sur <• Ch.\^rlemagxe », l'épopée de Lucien Bonaparte, prince de Canino; mais cette brochure ne fut imprimée à Turin, chez Louis Ferrando, qu'en 1858. C'est un traité complet de l'épopée suscité par l'œuvre du prince de Canino i\\\\, pnr son • Char[,emagne « , unissait le génie de la France à celui de l'Italie. L'œuvre de Lucien Bonaparte fut imprimée en 1814. et en 1815 à Rome, à Londres et à Paris, aux applaudissements de Pie VII et du monde lettré. Lucien, estime-t on, a trouvé en Isidore van Overstraeten un juge sympathique et l'étude de celui-ci sur l'épopée est un morceau de rare éloquence. Douze années après, en 1870, parut un Essai poétique, philosophique et reli- gieux sur l'immortalité de l'cime. Cf poème en quinze chants avait été dicté par Van Overstraeten dont la cécité était alors devenue complète. Une immense érudi- tion a présidé à l'élaboration de cette œuvre. Désormais Van Overstraeten ne s'oc- cupa plus que de travaux d'apologétique et de piété, ("est alors, en effet, que commence sa série d'ouvrages écrits dans cette langue italienne qui lui était de- venue si familière depuis sou établisse- ment à Pise. Ces travaux ont pour titre : 1 Studio di critica letterarin snlV elo- qnema greca, profana e sacra, l'^73. — 2 Lettere su diversi soggetll di religione, di plosofia e di politirn indirizsate ad unn Principessa Romann (la princesse Andréa Corsini). Pise, Ungher, 1 S75. — 3. SuUa questione JlaH.ana, ossia V Italia deV pas- sato, del présente, delC avenire. Pise, Mariotti e Cie, 1877. — 4. Esame razio- nale délie religione, Jilosofie e politiche nntichristiane, per un libero credente. Ibid., 1877. — 5. Il sovrano Pontejice Pio IX, apprezzato tielV ordine religioso, politico e filosofico, da un cattolico Belga. — 6. Filosofia del chrislianesimo . Pise, Mariotti &i\>, 1877. Ses lettres, au nombre de trente-deux, à la princesse Corsini, ont pour ol)jet la religion, la philosophie, la politique. A cet objet se rattache sa brochure sur la question italienne : Italia del passnlo ..., (lui renferme en abrégé toute l'histoire de l'Italie depuis l'antiquité. Les mé- rites, les vertus, la grandeur de Pic IX, sous le rapport religieux, forment l'objet de sa brochure : Il sovrano Pontejice Pio IX. Dans l'examen comparé des systèmes antichrétiens de politique et de philosophie, il réfute à sa manière les religions autres que le christianisme au 427 OVERSTRAETEN 428 point de vue religieux, au point de vue philosophique, le rationalisme, le maté- rialisme, le panthéisme, et, au point de vjie politique, le faux libéralisme, le faux socialisme et le césarisme. A ce ecroupe se rattache sa Philosophie du chriiiianisme, laquelle est une histoire de l'art chrétien dans ses diverses ex- pressions. Tl y passe en revue les chefs- d'œuvrederarchiteciure,de la sculpture et de la peinture. Ce fut sa dernière œuvre, considérée comme une éloquente défense de la papauté, lo'sque la mort vint lui ouvrir les portes de l'éternité. Nous tenons à déclarer que c'est grâce à la brochure portant pour titre : Un puhliriste helc/e, Etude sur les œuvres du baron Van Overstraeten (Bruxelles, im- primerie PoUeunis, Ceuterick et Lefé- bure, 1 887), que nous avons pu retracer, aidé de nos souvenirs personnels, la vie et les travaux de l'érainent diplomate belge. L'auteur déclare s'être principa- lement servi pour sa brochure de la no- tice consacré à Van Overstraeten, par M' le chevalier Milani de Pise, dans la Croce Pisana. Voici la liste complète des ouvrages de Pierre-Tsidore van Overstraeten : 1 . Fleurs à Marie cueillies dans le champ des écritures, ou paraphrase des litanies de la Sainte Vierge. Gand, Van- ryckegem-Lepère 1846, in-12 (ano- nyme). — 2. Etude sur V architecture religieuse de V antiquité. Malînes, Van Velsen-Vander Rlst, 1849. In-8o. — 3. Hommage funèbre à la mémoire de Henri - Désiré - Louis van Overstraeten , auteur de la coupole Sainte-Marie, à Schaerbeek , né à Louvain, le 23 mai lftl8, mort à Gand, le 24 juillet 1849. Brux., Ch.-J.-A. Greuse, 1849; in-S». — 4. Petit dis''OHrs sur la souveraineté temporelle du pape, par Criton. Louvain, C.-.T. Fonteyn, 1849; in-18. — Tbid., 2eédit., 18.'ï2. — 5. Les orateurs at- tiques et les Saints Pères ou Etude d'his- toire littéraire sur l'éloquence grecque. Malines, Vnn Velsen-VanderElst, 1850; in-80. — 7o'(»m,2p édition, 1852; in-8o, 144 p. 6. Studio di storia e di critica letteraria aulV eloquema grecn , profana e snrtn, ossia la vita e la opère degli orntori attici edeipadri délia chiesa, analizzate da un academico Romano. Pise, L. Un- gher, 1873; in-8o (anonyme). — 1 . Elec- teurs, élections, élus, 1850. Malines, Van Velsen-Vander Elst ; in-S». — 8. Quatre livres du f/ouvernement des souverains , traduit de saint Thomas d'Aquin. Malines, Steenackers-Klerx, 1 858; in-8o. — 9. Cot/pd'^il littéraire sur Charlemagne, épopée de Lucien Bonaparte , prince de Canino, écrit à Frascati, en 1853, par un membre de l'Académie des Arcades , à Rome. Turin, Louis Ferrando , 1858; in-8° (anonyme). — 10. Essai poétique, philosophique et reli- gieux sur l'immortalité de Vdme , par l'aveugle des Cévennes. Poème didac- tique en XV chants et en vers français. Pise, Léonard L^ngher, 1870; in-8o. — 11. L'antisofisia, ossia Lettere su diversi suggettî di religione, di filosofa e di politira, indirizzate ad una prtncipessa Romana, da un già diplomatico Belga. Pise, L. Ungher, 1875; in-8°. — 13. Sulla questione italiana , ossia Vltalia del passato, del présente. deW avenire, alcuni cennr storici, morali e giuridici, d'un amico délia verita. Pise, Ungher, 1876; in-8«> (anonyme). — 13. Esame razionale délia religione, flosofe e poli- tiche antichristiane , per un libero cre- dente. Pise, F. Mariotti, 1877: in-16. — 14. 7Z sovrano Pontefce Pio IX, apprezzato nelV ordine religioso, politico e flosofico , da un cattolico Belga. Pise, Mariotti, 1877; in-16. — 15. Filosofta deir christianismo. Pise, Mariotti, 1877: suite de 22 longs articles publiés dans le journal la Croce Pisana, du 2 8 juillet au 22 décembre 1877; n'a pas été ter- miné. Van Overstraeten collabora aussi à l'Harmonica, de Florence. E. March»t. OVER9STRAETEIV (Roland), traduc- teur, né à Bruxelles, le 14 février 1568, mort dans cette ville, le 27 novembre 1634. 11 entra au noviciat de la compa- gnie de Jésus le 11 octobre 15 85, et fit sa théologie à Alcala. Revenu en Bel- gique, en mai 1599, il enseigna les humanités et la philosophie à Douai, et mourut ù Bruxelles en soignant les pes- 429 OVERYSSCHE - OYEN 430 tiférés. Tl a traduit de l'espapnol en flamand rouvras:e de Sainte-Thérèse de Jésus, la célèbre réformatrice des car- mélites : El ramino del perfeccion (1 5R3"). P'après Sotwel . la première édition serait de Bruxelles, Velpius, 1 fil 9. Le P.Som- mervogel n'a vu qu'une édition posté- rieure, intitulée : Ben Wech âer roU mnectheyl, beschret^n door de IJ. Moeâer Tereêa vnn Jésus... overqhfixtelt uyt het Spnensch in onse nederduytsche taele... Ettde nu roor de ticeede reyse JterdrucJct. Anvers, H. Aertssens, 1634; in-8". Paul Bergmans. C. Sommervnprpl, Bibliothèque de la Compa- gnie de Jésus, t. YI (Bruxelles. 189o), col. 4i. OTERY!a!srHE (Arnonld n'). Voir Arxould d'Isque. O'VkI Félicien VAi«), écrivain flamand, naquit en 1 fi44 et mourut à Gand en 1713. Il prit la robe des carmes à Au- denarde et devint plus tard directeur du couvent des carmélites à Vilvorde oii il était connu sous le nom de Feliciamis a Wnlburfji. Nous n'avons de lui qu'un ouvrage intitulé : HiMorie en MiraJcelen van O.-L.-V. ten Troost, geëert te Vil- voorden hy de religieuse» van den Berg Carmeli. Bruges, lf583; in-12. il. Goemans. Frederiks et Vanden Brandpn. Binqrnphisch V'oordenhoek der .Vooerf- en Zuidvedevlandsche lelterkundfi. — Pirnn, .Alnemeene lerensbesi-hrij- vinq der mannen en vrouwen uit België. OYE (Jean d'), écrivain ecclésias- tique, vivait dans la première moitié du xviie siècle. Il entra de bonne heure dans l'ordre des Dominicains et fit profession au couvent de Saint-Paul, à Valen- ciennes, dont il devint prieur en 1637. Ce relio^ieux mourut le 10 janvier 1648. On a de lui : \ . La vie du très saint père pape Pie V , de l'ordre des ff. prescheurs ; traduite de V italien du R. P./. Archange Caraccia de Kipalta, du mesme ordre. Va- lenciennes, Jean Vervliet, 1627; in-12. — 2. Histoire véritable de la vie et mi- racles du h'enheureux Père f. Louis Ber- trand de l'ordre de Saint- Dominique , et de sa béatification faicte par nostre Saint- Père le pape Paul cincqviesme. Composée en In langue EspagnoUe par le R. P. f. Balthazar-Jean Roca, du mesme ordre, traduite en nostre langue vulgaire, pour la consolation des âmes dévotes , par un S'en affectionné, du mesme ordre, du couvent de Saint-Paul en Vnlenciennes. Tournai, Adr. Quinqué, 1628. Petit in-S». 8 fi"., titre et limin., 536 p. et 2 ff^. de table. — 3. Recueil des mirades faits par l'intercession de saint Domi- nique, fondateur de l'ordre des ff. près- cheurs, et à la vénération d'une sienne image apportée du ciel par la Mère de Dieu au bourg de Soriano en Calabre, descrits et divisez en deux parties... Avec une addition tant de quelques autres viiracles du mesme sainct advenus es Pays- Bas, que d'autres faits en la cité de Pa- lerme en vertu de ses sainctes reliques, et à son invocation. Première partie. Valenciennes , Jean Vervliet, 1637; in-4'' de 306 p. Tout porte à croire que la seconde partie de cet ouvrap^e n'a point paru. f/opoli) DeviUer». Paqunt, Mémoires pour servir à l'histoire lilté- rnire des Pnys-Bns. t. I, p. 6^8. — E. Desma- /ii'res, Biblioqravhie tournai sienne, dans les Bnllelins de la Société hist. et litt. de Tournai. t. XVIII, p. J81. *OYEx (Florent va w), écrivain ecclé- siastique, né à Leyde, mort à Malines en 1595. Il entra dans l'ordre des frères mineurs de Saint-François et fut, en 1570, élu provincial de la Basse-Ger- manie. Son triennat achevé, il devint snrdien du couvent de Malines; en 1580, il fut nommé commissaire général. On lui doit une histoire du martyre de quel- ques franciscains des Pays- Bas, massacrés par les Gueux au xvie siècle, écrite d'après les récits de témoins oculaires. La première édition, très incorrecte, fut imprimée à Naples, probablement en l.'î81, et est introuvable aujourd'hui. Elle a été réimprimée en 1582, sous ce titre : Historia passionis novorum in Ger- mnniœ inferioris provincia constantissi- viorum marlyrum ordinis sancti Francisci ev Observantia. Ingolstadt , W. Eder, 1582; pet. in-12. Suivant le P. Dirks, Florent van Oyen a encore laissé un opuscule inédit sur les diverses voies qui 431 OYEN 439 conduisent au ciel : Wegen die ons leyen in t' Hemels Hierusalem. Paul BergmaDS, S. Dirks, Histoire littéraire et biblioqraphique des Frères mineurs de l'observance de St-Fran- çois en Belqiqne et dans les Pays-Bas (Anvers, [4886]), p. -l'iS-llO. oye:v (Jean-Benriwjk%), né à Heldeu (Limbourg hollandais), le 8 septembre 1816, mort dans la même localité, le 25 octobre 1858; professeur à l'univer- sité de Louvain. Fils d'un père médecin qui contribua à développer de bonne heure en lui le goût de l'observation, il étudia successivement les humanités et la philosophie à Weert et à Rolduc, en donnant une telle opinion de ses apti- tudes dans ce dernier établissement qu'il y fut désigné comme professeur n'ayant encore que dix-neuf ans. Peu d'années après, on l'y chargeait du cours de phy- sique après la retraite du professeur Erens. Cette précocité dans la carrière de l'enseignement répondait, ch.ez Van Oyen, à une intelligence éminemment assimilatrice. Esprit actif et des plus ouverts, il s'intéressait également à des branches très variées de la science, comme les mathématiques, la météoro- logie, la physique et la chimie, la bota- nique, la zoologie et la géologie. Le Traité des 24 Articles ayant imposé la séparation de la Belgique et d'une portion du Limbourg, Van Oyen conserva la qualité de Belge; il fut installé l'un des premiers, par l'évéque de Liège Van Bommel, comme professeur au nouveau séminaire de Saint-Trond, établissement diocésain jouissant, comme l'on sait, d'une réputation méritée. Van Oyen y enseigna les mathématiques aux classes supérieures, en même temps que les notions de physique et d'histoire natu- relle. Bien que déjà professeur, il avait fréquenté quelque temps, en simple étu- diant, les cours de l'université de Lou- vain pour s'exercer aux manipulations chimiques et se familiariseravec la cons- truction des instruments de physique. 11 avait fait marcher de front l'étude de la théologie avec ces occupations si variées, et avait été ordonne prêtre à Liège le 6 mars 1841. En 1854, on l'appela à la chaire de minéralogie et de géologie de l'université de Louvain, chaire devenue vacante par la mort de l'abbé Waterkeyn ; et un peu plus tard , il fut nommé professeur ordinaire de physique et d'astronomie en remplace- ment du physicien Crahay. A Louvain, comme à Saint-Trond, et déjà à Rolduc, Van Oyen manifesta les qualités d'un esprit didactique, l'habileté d'un expé- rimentateur et le goût de la recherche scientifique. Ceux de ses collègues que j'ai connus, comme Van Beneden et Gilbert, étaient unanimes à cet égard. A lui, comme à quelques autres, il a manqué une carrière plus longue. Bien que robuste en apparence, sa santé s'al- téra subitement après quatre années d'enseignement universitaire, et il mou- rut en octobre 1858, à Helden, où il était allé chercher, au milieu des siens et dans l'air natal, un repos qu'il ne devait plus trouver ici-bas. Les renseignements consignés dans V Annnaire de V université de Louvain (xxiiie année), établissent incontestable- ment que Van Oyen était un esprit plein de ressources et d'une capacité scienti- fique très remarquable. Témoin, par exemple, le programme détaillé de ses leçons, à Saint-Trond, faites en 1851, 1852, sur la chimie et la physique, l'astronomie et la météorologie, la bota- nique, la zoologie et la géologie. On ne lit pas sans surprise ce large et judicieux plan d'enseignement, appliqué dans un petit séminaire à une époque déjà bien éloignée de nous. A Saint-Trond, Van Oyen avait organisé un petit cabinet de chimie, un cabinet d'histoire naturelle et un petit jardin botanique. Mais la physique était sa science de prédilection. Il avait adjoint au cabinet de physique un atelier où il confectionnait, avec l'aide d'un horloger, les appareils que les ressources de l'établissement ne permet- taient pas d'acquérir. Rien de plus pré- cieux pour dresser au maniement des instruments et inspirer de nouveaux procédés d'expérience. Van Oyen était devenu un expérimentateur de premier ordre et, dans une certaine mesure, un inventeur. Il imagina et construisit des 4SS OYEN 434 appareils pour manifester aux yeux les vibrations des molécules d'air dans la propagation des cordes sonores, et des dispositions ingénieuses et simples pour produire le phénomène des réseaux lu- mineux. • Il avait acquis, • dit (îilbert dans une note remise au recteur de Ram, « une habileté incroyable pour repro- • duire les phénomènes de ditfraction et • d'interférences, phénomènes délicats • que peu de physiciens parviennent à • observer convenablement, surtoutdans • les leçons publiques. A la fin de sa • vie, il travaillait particulièrement la • théorie des ondes lumineuses, et il « avait conçu le plan d'une expérii'nce • au moyen de laquelle il espérait ma- • nifester l'existence des vibrations de • l'éther et le mouvement de translation • de la terre ; mais la mort ne lui per- • mit pas de réaliser son idée ". Nous savons aujourd'hui que ce résultat, en ce qui regarde les distances variables entre deux astres, est obtenu grâce aux progrès de l'analyse spectrale. En fait de travaux publiés par Van Oyen, on ne possède que ces observa- tions, relevées à Saint-Trond , concernant l'atmosphère et les phénomènes pério- di((ues, pendant les années 1 848 à 1853. [Mémoires de V Académie pour 1849, 50, 51, 52, 53. 54 et 55). Il fut un des premiers physiciens qui concourût au système d'observations inauguré en Bel- gique par Quetelet, le directeur de l'Observatoire royal. Tous les jours de l'année, pendant six ans, il fut fidèle à enregistrer, à quatre reprises chaque jour, la pression atmosphérique et la température, endéduisant de l'ensemble, par le calcul, la température et la pres- sion moyennes, par jour, par mois, par année. Il y ajoutait, avec la même ponc- tualité, des observations sur l'état du ciel, la direction et l'intensité du vent. Quetelet manifesta les regrets que lui inspirait la perte d'un collaborateur aussi précieux. Prise dans l'ensemble, cette existence de travailleur décèle, avec une intelligence des plus actives, une véri- table vocation de savant; et l'on n'est pas surpris que dans le discours prononcé à la cérémonie funèbre, Van Beneden, dont il était l'ami, l'appelle un homme supérieur. C. dels Vallée Punssiii. Annuaire, de l'Université cath«Uqite de Loii- vain. XXIlle année, 4839. p. 'Mi-'ù.'i-l. — Discours prononcé à In salle des Promotums le "> nnrembre tSîiS, par \. (ip Ram. recleur de l'université. — Discours prononcé le même jour, par 1». van Beneden. — Note du professeur Gilbert. * ovEN {Sébastien VAw), architecte et ingénieur militaire, né à Utrecht en 1493 et mort à Bruxelles le 15 juin 1557. !Son nom a été orthographié de manières très diverses : Van Noyé, Van Noyen, Van Oye ; les Espagnols le dé- signent sous le nom espagnolisé de Baslien d'Oya. La biographie de cet artiste, que Vasari place parmi les plus célèbres sculpteurs et architectes fla- mands, est demeurée très obscure. 11 (lut probablement sa première éducation à Perrenot deGranvelle, à la famille duquel il demeura fidèlement attaché pendant toute sa vie. On suppose que ses protecteurs l'envoyèrent terminer ses études artistiques à Rome. A peine Agé de vingt-deux ans, on le trouve déjà dans la Franche-Comté, pays originaire des Granvelle, sous le titre iV architecte gé- néral et Ingéniaire de l'Ewpereur. En 1523, il fait partie de l'armée impériale en Italie et se distingue comme ingénieur sur le champ de bataille de Biagras et au siège de Pavie oij, pour sa belle conduite, il obtient des lettres d'anoblis- sement, octroyées par l'empereur, avec e'cu d'azur aux trois fleurs de lys d'or. En 1527, il accompagne l'empereur à Rome. Durant ses divers séjours eu Italie, Sé- bastien van Oyen poursuivit les études d'architecture commencées dans sa jeu- nesse et y dessina de nombreux monu- ments anciens ; on a conservé quelques- uns de ces dessins, parmi lesquels on peut citer les Thermes de Lioclétien, gra- vés par Jérôme Cock, en 15 58, aux frais du cardinal de Granvelle. Van Oyen rap- porta d'Italie les projets du palais que le chancelier Nicolas Perrenot le char- gea de construire à Besançon en 1 5 34; ce millésime se lit encore sur un fron- ton du rez-de-chaussée: - La bâtisse », dit A. Castan, archiviste à Besançon, 435 OYEN 436 » se poursuivit six années sous la direc- t tion de dame Nicole Bonvalot,«a digne » épouse ' . Ce palais où le cardinal Antoine de Granvelle aimait à séjourner, fut achevé et embellien 1540 par Jacques van Oyeti, fils de Sébastien, dont le monogramme I. 0. A. se trouve sur le chapiteau d'un des pilastres de rétao;e. La qualifie tion d'épouse Je Sébastien, donnée àladame Bonvalotpar MTastan, paraît contestable; tout au plus pourrait- on supposer une union illégitime. Divers documents recueillis en Belgique sem- blentdémontrerque Sébastien van Oyen, pendant un court séjour qu'il fit dans les Pays-Bas , épousa Anne Van der Linden, appartenantà une famille noble de notre pays, qui fut la mère de Jacques van Oyen, né en 1523, le continuateur de l'œuvre de son père. Vers 1540, Sébastien van Oyen fut appelé à Bruxelles par le cardinal Granvelle, pour y ériger un palais sur le Coperheke (rue de l'Im- pératrice, entre la rue de la C.%E«firHEN (Jean VAW). également connu sous lenomdeJoannes Paschasius, Pascha ou Pasqua, ou même, d'après une indication erronée qui le fait naître à Malines, désigné parfois sous le surnom de Joannes a Malinis.vit le jour à Bruxelles au milieu du xvesiècle. Il étaitfils de Ar- nold van Paesschen etde Marie Picqiiot. Jeune encore et poussé par la vocation religieuse, il prit l'habit dans le couvent (les (armes, à Malines. C'est dans cette institution qu'il entreprit ses études théologiques et fut reçu prêtre. Pendant les longuesannéesqu'il résida à Malines, il fut plusieurs fois chargé de remplir les fonctions de prieur de son couvent. Plus tard, il poursuivit l'étude de la théologie et réussit à se faire proclamer docteur à Louvain, le 6 février l.'i04. Il résida alors pendant quelque temps dans cette dernière ville et y fut même élevé à la charge de régent des études du couvent des Carmes. Mais c'est surtout à la prédication qu'il s'adonna ; il prêcha avec un grand succès dans diverses loca- lités des Pays-Bas, et notamment à Ma- lines et à 'Anvers. Il fit preuve, dans_ l'accomplissement de cette mission , d'une ardeur infatigable, s'appliquant surtout à combattre les doctrines luthé- I riennes qui alors, pour la première fois. 459 PAESSCHEN 460 tentaient de s'implanter clans les Pays- Bas. 11 s'opposa notamment avec énergie à la propagande protestante que diri- geaient, à Anvers, quelques religieux du couvent des Augustins saxons. Plusieurs auteurs prétendent que Jean van Paesschen fut, vers l'année 1520, nommé inquisiteur par l'empereurChar- les-Quint. Nous croyons qu'ils sont dans l'erreur et que le prieur des Carmes n'occupa jamais semblable fonction. En effet, le premier inquisiteur apostolique qui fut nommé dans nos provinces, Fran- çois Vander Hulst, ne fut désigné pour remplir cette charge qu'au mois d'août de l'année T52.3. Et parmi ses succes- seurs ne se rencontre pas davantage le nom de Jean van Paesschen. Mais celui- ci ayant pris une part active aux contro- verses religieuses qui naquirent à la suite de la propagande entreprise en faveur des idées nouvelles par les Au- gustins d'Anvers, fut naturellement dési- gné pour faire partie du collège de théo- logiens adjoint à l'inquisiteur Vander Hulst, lors du procès de ces religieux. C'est ce que confirme une lettre dont le texte a été conservé, et dans laquelle l'inquisiteur annonce à Van Paesschen que deux des religieux condamnés à périr sur le bûcher avaient, avant de mourir, rétracté les erreurs luthériennes. Cette missive est arlressée à : Eximio domino, religioso patri, maghtro no-itro, M. Paschn, S. Theologia professori spec- tatisdmo . conv. rarmelUarum Mechli- niensum prier. Jean van Paesschen, à la fin de cette lettre, a ajouté de sa main une note constatant quelle était la com- position du tribunal qui interrogea les Augustins : Jeta sunt haecper M. Fran- ciscum de Hulst, principnlem inf/uisitorem kereticee pravitatin, presentibus doctorihns in theologia quorum Jiaec sunt nomina : magistri nostri Joannes de Pasrha , prior carmelitarum in Mechlinia La procédure était donc encore une fois ici dirigée par l'inquisiteur qui était laïque, et celui-ci était aidé par \ine commission de théologiens dépourvus de titres offi- ciels. C'est on 1532 qu'on trouve pour la dernière fois trace du nom de Jean van Paesschen dans les registres du convent des Carmes, à Malines. Il dut décéder peu après. Van Paesschen laissa plusieurs ou- vrages théologiques on historiques. Les principaux sont : 1 . Sermones quadragesi- maies, liber I. — 2 . Sermones dominicales, liber 1. — 3. Sermones per adventum, li- ber I. — 4. Sermones de Sanrtis, liber I. — .*). Specnlvm historiale ordinis carmeli- tarum, libri X. — B. Een dévote manière om gheestelych pelgrimagie te trecken tôt den lieylighen lande, ah te Jherusalem , Bet- hléem, ter Jordanen, etc., met die redite nJieleghenthegt der herjUglier plaetsen, so besclnelyck bescTireven, al ofte mense voor ooglien saghe. Ce dernier ouvrage qui, plus d'une fois, a erronément été consi- déré comme la relation d'un voyage fait en Terre Sainte par l'auteur, et qui n'est que le résumé d'ouvrages antérieurs d'autres écrivains, mais ausrmenté de considérations religieuses, a été à diffé- rentes reprises réimprimé, notamment à Louvain en 15R3 et 157fi et à Gand en 1.612. Il existait encore dans le couvent de Maline? un manuscrit qui était attri- bué à Jean van Paesschen et qui portait pour titre : Liber memorabilium, quœ contingerunt in conventu Mechliniensi ah anno 1508 ad annum 1580. Fernand Dnnnil. Claere beschryvinqhe der aenhomste. vonrt- nonck, verwoestinqhen van de orden der H. Maqet Maria der Berqex Carmeli in Etiropn. — Alex. Henné. Histoire du règne de Chorle.i-Quinl en Belgique. — Ch. Claessens, L'inquisition et le régime pénal pour la répression de l'hérésie dons les Paiis-Bns du passé: — Joanres Foppens. Bi- lAiothecn beloica. — Paqiiot. Mémoires pour ser- vir à l'histoire littéraire des dix-sept provinces des Pays-Bas. — Alph. de DPrker. Les Auqus- lins d'Anvers et la Réforme. — Diercxsens, Ant- verpia Christo ttascens et crescens. *PAE»îBrHiEi« {Thierry vaw), fils de Roger van Paesschen, vit le jour dans la petite ville de Calcar, au duché de Ju- liers. Jeune encore , et désirant sans doute s'adonner h. la carrière commer- ciale, il vint s'établir à Anvers où il se fit recevoir bourgeois pendant l'exer- cice 1 502-1503. Il songea peu après à mettre à exécution un projet qui ne manquait pas de hardiesse et qui avait pour but de créer un service de transport 46t PAESSCHEN 462 pour voyasrenrs vers l'Orient. "Des pèle- rins en assez grand nombre visitaient réffulièrement la Terre Sainte; d'autres fois, des criminels étaient condamnés, en expiation de fautes s:raves, à visiter la Palestine; c'est à ces voyageurs et à tous ses concitoyens que Van Paesschen s'adressa, en répandant dans le public un grand nombre d'invitations rédigées en français, en allemand et en latin, dans lesquelles, après avoir annoncé qu'il était prêt à transporter en Terre Sainte tous ceux qui seraient tentés d'accom- plir ce périlleux voyage, il énuraérait les prix et conditions auxquels il consentait à organiser cette lointaine expédition. Thierry van Paesschen, que les écrits de l'époque nomment een pilot vm Ant- tcerpen, arma un vaisseau de fort tonnage dont on peut trouver la représentation dans des gravures de l'époque. La proue et la poupe étaient considérablement relevées en forme de château ; des pein- tures, des sculptures ornaient le pont ; de nombreux pavillons et d'énormes ban- nières aux armes d'Espagne, de l'Empire, de Jérusalem, etc., flottaient aux trois- mâts ou étaient fixés aux bastingages. Une puissante artillerie meublait les sabords ; elle avait été prêtée à l'arma- teur par la ville d'Anvers et consistait en deux serpentines en fer fondu tirant des boulets de 3 ponces; une serpentine sur affût, lançant des boulets de plomb de 4 livres, un corteau pour boulets de 5 pouces et un second pour boulets de 6; huit serpentines munies de boulets de 2 livres, plus vingt-quatre arquebuses en fer. De nombreux passagers appartenant à toutes les classes de la société répondi- rent à l'appel de Van Paesschen et s'ins- crivirent pour faire le voyage sous sa direction. C'étaient notamment: Adrien Vander Noot et Adrien van Berchem, le chevalier Colibrant, Jean Cant, Jean Vander Gracht, Thierry Vanden Bare, etc. Le prix du voyage avait été fixé à 80 ducats de Hongrie ; toutefois , ce taux ne fut pas invariablement observé. C'est ainsi qu'un chirurgien malinois, AntoineKobyns, obtint le passage moyen- nant 50 florins de Hongrie, en échange desquels on lui garantissait âevsehen vry te houdm van srhiphuere, monteoste enâe hootgelâe. Ce prix était payable au retour à Anvers et réductible de moitié en cas de décès. Cette condition de crédit devait provoquer des difllicuUés dans le genre de celles que suscita l'un des pas- sagers. Henri van Outmeer. Celui-ci avait obtenu de faire le voyage en payant 40 ducats, mais lors du retour, au lieu de s'exécuter, il réclama une réduction, et il fallut que le magistrat intervînt et le forçât par jugement à s'acquitter de sa dette endéans la quinzaine. TjP navire de- vait faire escale en Espagne, à Saint-Jac- ques de Corapostelle, puis à Rome, pour débarquer les voyageurs à Jaffa, d'oii le vovage se continuerait par voie de terre. On ignore la date exacte du départ du navire anversois. Quoi qu'il en soit, le voyage, à part le décès de trois passagers, s'accomplit dans les meilleures conditions et la caravane reparaissait dans l'Escaut le 24 mars 1512. Les chroniqueurs rapportent que dès que l'approche du navire de Van Paesschen fût connue, le magistrat et bon nombre de bourgeois s'avancèrent à sa rencontre jusqu'à Calloo où on salua les voyageurs par des cris de joie et des salves de mousqueterie. Une foule im- mense les attendait sur les quais d'An- vers et ils furent conduits solennellement à l'église Notre-Dame où des prières furent dites pour remercier le ciel de l'heureux résultat du voyage. Le succès de sa première tentative engagea Van Paesschen à la renouveler. Tl fit un nouveau voyage tout aussi heu- reux. Une troisième fois, il prit la mer en 1516, mais son navire échoua sur un banc de sable en vue de la côte an- glaise et périt, après toutefois que les passagers eurent pu gagner sains et saufs la terre ferme. Ce malheur ne découragea pas Van Paesschen; il équipa en 1518 un nouveau vaisseau de fort grandes di- mensions : d' meestedat oyt in Antwerpen geweest hadde. Le voyage s'accomplit sans encombre. Mais débarqués à Jaffa, les pèlerins furent tous faits prisonniers par les Turcs et ne purent recouvrer leur liberté qu'en payant de fortes rançons. 463 PAEnW 464 Ce fut la dernière fois que Van Paes- schen conduisit des pèlerins en Terre Sainte; il continua néanmoins à navi- guer. En 1 5 2 1 , il s'engagea avec son vais- seau dans la flotte que l'amiral Adolphe de Bourgogne réunissait pour protéger contre les Français les pêcheurs de ha- rengs. Mais à peine la flotte eut-elle pris la mer qu'elle fut dispersée par une vio- lente tempête. Le bateau de Van Paes- schen fut jeté à la côte anglaise, près d'Yarmouth, et il fut complètement détruit. Thierry van Paesschen avait épousé, en 1510, Martine Vanden Bare, qui l'accompagna lors de son premier voyage en Terre Sainte et mourut en 1512. Il 86 remaria plus tard avec Marguerite Daems, veuve de Martin Claus. Van Paesschen habita d'abord à Anvers, dans la rue aux Laines, une maison qu'il acquit en 1510 et qui portait pour enseigne : den Wyngaert. Plus tard , il déménagea, achetant en 1513 une autre maison, rue Pisterne. Ses expéditions maritimes ne semblent pas lui avoir apporté la fortune, et on le voit peu après aliéner ses propriétés pour se créer des ressources en vue de ses armements. Il mourut à Anvers, le 15 mai 1526, et fut enterré dans l'église du couvent des Falcontines, sous une pierre tombale portant les armes de Jérusalem. Sa femme lui survécut pendant plu- sieurs années. Il eut plusieurs enfants, entre autres un fils, Gérard van Paes- schen , qui fut organiste de l'église Notre- Dame, et un second fils, nommé Guil- laume, qui habita Merxem. 11 est incontestable que par son esprit entreprenant, par l'initiative hardie dont il fit preuve, Thierry van Paesschen rendit de signalés services au commerce anversois. Son exemple courageux pro- voqua d'autres expéditions et créa un mouvement puissant en faveur de l'ex- tension des armements maritimes, qui bientôt se développèrent grandement et contribuèrent notablement à la prospérité de la ville d'Anvers. Feniand Donnel. Aug. Thys, Le navùjateur Dierick Paeschen en Uiii. — Merlens et Torfs, Geschiedenis van Aut- werpen. — Reygersberiçh, Chionyke van Zee- lant. - Bertryn, Chronyk der stad Anttverpen. — Archives communales d'Anvers : Poorters boeken, Vonnis boeken, Schepen brieven. — Ar- chives de l'église Notre-Dame : comptes. PAEV^v {Benoit de), écrivain ecclé- siastique, né à Bergues- Saint -Winoc, le 25 avril 1733, et mort à Ypres, le 20 mars 1810. Il fut admis au noviciat des Jésuites, à Malines, le 5 décembre 1753 ; il enseigna les humanités à Ypres et la philosophie à Anvers (1769-1 773). Il devint ensuite professeur de théologie au séminaire d'Ypres et remplit ces fonctions jusqu'à sa mort. Nous avons conservé de lui les ouvrages dont le titre suit : 1. Jllustrissimo ac reverendissimo do- mino D. Felici Jose-pho Hvherto de Wa- vrans décima septimo Iprennium episropo in solemni ad catjiedram suam ndventu gratulatur et applaudit cum siio (/ymnnsio societatis Jesu Iprio MBCCLXII. Ypres, J.-F. Moerman, 1762 ; in-4o de 27 p. avec emblèmes. — 2. Lessen van den MecJielschen CatecJiismusopverscheiide aengenaeme liedekens fjesteld en hyzonder- lyk ten roordeele der Christelyke jotigheid uitgegeven door eenen priester van H Bis- dom van Ipre. Ypres, J.-F. Moerman, in-12o, 98 p. (édité vers 1790). --- Le même, 2® édition, in-S», 98 p. — Le même, 3e édition, in-8o, 83 p. avec titre gravé par Barbier, à Saint-Omer (cet opuscule contient la musique pour quel- ques pièces). — 3. Leven van den eer- weerdigen heer Joannes BartJiolomeus van Roc, kanonik Graduée! en Aertspriester der katedraelekerke tôt Yper. Y'^pres , Walwein, 1797 (d'après Soramervogel), in-8", 225 p. avec portrait. Léon Goemnns. C. Sommervogel, Bibl. de la Compagnie de Jésus. — A. Diegerick, Bibl. yproise. PAEvvf [François-Charles- Benoit oe), ou De Pauw, pédagogue et écrivain, né à Rozendael (Pays-Bas), le 12 juin 1808, et mort à Bar-lè-Duc, le 29 avril 1883. Il fut successivement instituteur com- munal et chef d'institution dans cette dernière localité. Au début de sa car- rière, il s'occupa surtout de l'enseigne- ment des mathématiques et fit plusieurs 465 PAGANI 466 publications sur cette matière. Il avait également étudié les langues allemande, anglaise et française, et il publia des anthologies ou des grammaires pour sim- plifier et faciliter leur enseignement. Nous avons aussi de lui une grammaire de la langue néerlandaise. Dans l'ensei- gnement d e l'histoire et de la géographie , il ne fut pas non plus sans rendre des services, entre autres en traduisant en néerlandais le manuel d'histoire univer- selle de Jean Mœller. En 1872, il fonda à Bar-le-T>uc une revue pédagogique intitulée : BeNieuweSchool- enLetlerbode, tijdichrijt aan oproeding e» ondertcijs ge- wijd, et qui subsista jusqu'en 1880. Il collabora à la rédaction d'un grand nombre de périodiques, par exemple : de 1827 à 1840, au Tijdschrift voor de Re- kenkunde;en 1840, à V Aheilledela Cam- pine ; del847àl848,au Tijdschrift voor Onderwijzers ; de 1862 à 1864, au Pro- grès, etc. Pendant plus de quarante ans. De Paeuw ne cessa d'être à la peine et de travailler à l'essor de l'enseignement du degré inférieur. Malgré les multiples soucis de ses fonctions absorbantes, il trouva le moyen de fournir une carrière d'écrivain pédagogique très honorable et de produire des travaux aussi inté- ressants que nombreux sur à peu près toutes les matières du programme de l'école primaire. On trouvera dans la Bibliographie nationale la longue liste de se.s œuvres. Léon Goemans. Frederiks el Vanden Branden, Bioqraphiscit wourdenboek. — Bibliographie nationale. p A G A % I ( Gaspard - Michel - Marie) , mathématicien, né le 12 février 1796, à Saint-Georgio, division de Mortara, province de Loraellina, dans les Etats du roi de Sardaigne, mort à Woubrech- tegem, près d'Alost, le 10 mai 185ô. A l'âge de quinze mois, il perdit son père. Il fut élevé avec grand soin par sa mère et un grand-oncle maternel. Après de solides études moyennes au collège de Valence, il suivit pendantquelque temps les cours de l'université de Turin. Mais il les abandonna bientôt pour s'engager dans la garde d'honneur de Napoléon, afin d'exonérer son frère aîné du service militaire. Rien qu'il fût âgé seulement de dix-sept ans, il fut chargé de faire des leçons à l'école militaire d'Alexandrie. Il ne resta guère au service et reprit bientôt ses études universitaires sous Plana et Ridone ; il conquit le grade d'ingénieur civil à la suite de brillants examens sur l'analyse (12 août 1816), la mécanique rationtielle(9janvier 1817) et l'hydraulique (23 juin 1817). Il fut nommé provisoirement aux fonctions de conseiller-maître de la monnaie à Turin; mais, ayant pris quelque part aux agita- tions politiques de cette époque, il crut prudent de s'éloigner de son pays. Il séjourna deux ans en Suisse, puis, à la fin de 1822, vint à Bruxelles où il fut très bien accueilli par Quetelet, Nieuport, Dotrenge, etc. Dès lors, la Belgique devint pour lui une seconde patrie; il s'associa de tout cœur aux efforts qui se faisaient autour de lui pour développer l'esprit scientifique dans la nation. Coup sur coup, il envoya à l'Académie de Bruxelles, en 1824 et 1825, de savants mémoires, dont deux, en réponse à des questions de concours, furent couronnés par la savante Compa- gnie. Le 28 mars 1825, il fut élu membre à l'unanimité. Moins d'un an après, le 17 janvier 1826, Pagani fut nommé professeur extraordinaire à l'Université de Louvain, en même temps qu'il obte- nait la petite naturalisation. Le 1 9 avril suivant, il épousa MfUe de Waepenaert de Termidel Eupen d'Alost. En 1831, le gouvernement provisoire de Belgique supprima a faculté des sciences de Louvain ; la chaire de mathématiques fut transportée à Liège où Pagani s'éta- blit le 17 septembre 1832. Il n'y resta que trois ans : il accepta une chaire à l'université de Louvain. Sa nomination, signée de tous les évoques de Belgique, est du 28 novembre 1835. Moins de deux ans plus tard, le 17 février 1S37, il fut élu, sur la proposition de Ridone, correspondant de l'Académie de Turin. Jusqu'en 1839, Pagani ne cessa d'enri- chir de ses travaux les recueils de l'Aca- (iémie et d'autres publications savantes. Mais à partir de cette èpocjue, l'état 467 PAGANI 468 précaire de sa santé eut une influence déprimante suv sa productivité scientifi- que. En 1 853 , il dut renoncer à son ensei- gnement à l'Université de Louvain pour prendre un repos bien mérité. Il mourut dans sa maison de campagne de Wou- brechtegem. près d'Alost, le 1 0 mai 1855. Pagani fut à la fois un mathématicien distingué, un professeur éminent, un homme d'un caractère élevé et original, un chrétien convaincu. « Les qualités qui • brillent dans les écrits du géomètre, « on les retrouvait dans les leçons du » professeur : la clarté, la précision, • l'élégance dans les transformations » analytiques, un art particulier pour « se rendre maître des perfectionnements » apportés chaque jour à l'exposition de « la science et les faire passer dans ses » leçons avec un cachet de simplicité qui » lui était propre. » Il cherchait » à » imprimer à tout ce qu'il faisait un u caractère systématique. Tel était le • géomètre, tel était l'homme : en toutes Il choses poursuivant l'unité et la rigueur « des déductions, il aimait, soit en phi- » losophie, soit dans les matières scien- « tifiques, à se construire des systèmes u d'un enchaînement remarquable et • d'une forte ordonnance. Pagani pos- » sédait, en outre, une grande rapidité » de conception; il ajoutait encore atout • cela des connaissances étendues sur » les sujets les plus variés, car il avait » beaucoup lu et bien lu ; son patrio- » tisme lui avait rendu la littérature • italienne particulièrement familière. » 11 était • sincèrement et profondément • religieux, d'une austère sévérité pour • lui-même, d'une impartialité et d'une • délicatesse extrêmes vis-à-vis de tout • le monde. • (Ph. Gilbert). On doit à Pagani un ouvrage élémen- taire sur la géométrie et la mécanique appliquées et une cinquantaine de notes ou mémoires qui ont été publiés dans les recueils de l'Académie de Belgique, dans la Correspondance mathématique et phy- sique de Quetelet, dans le Bulletin de Jf'n/Aâflr (Sciences mathématiques, 182fi, t. V, p. 4-12), dans les Mémoires de l'Académie de Turin (1 829, I, p. 355- 372) et enfin dans le Journal de Crelle (1834, XI, p. 351-352, 384-387, 388- 393; XII, p. 342-345,350-352; 1835, XIII, p. 270-273; 1836. XV, p. 84- 99: 1837, XVII, p. 243-247; 1839, XIX, p. 185-200, 201-204; fac-similé du commencement de la page 243 du t. XVII, 1855, LI). Quetelet, dans sa notice sur Pagani, n'a donné une liste détaillée que des écrits publiés dans des recueils belges. Voici une indication sommaire des sujets traités par Pagani dans ses prin- cipaux mémoires : Analyse des lignes spifigues (Mém, cour de Brux., t. V). Dans ce travail, couronné par l'Académie en 1824, l'auteur étudie, par la géomé- trie analytique, les sections planes du tore et en donne une classification natu- relle en trois familles. — Sur le mouve- ment du fil flexible (ibid.). Sur V équilibre des systèmes flexibles (Mém. de Brux., t. IV). Sur V équilibre d'un système dont une partie est supposée inflexible et Vautre partie est flexible et extensible (id., t. VIII). Equilibre d'un corps solide sus- pendu à un fil flexible (id., t. X). Ces divers mémoires, dont le premier fut couronné par l'Académie en 1825, con- tiennent les recherches les plus originales de Pagani. Grâce à l'emploi des mé- thodes analytiques nouvelles deFourier, il parvient à corriger, compléter, étendre on éclaircir les résultats obtenus avant lui par Lagrange et Poisson. Pagani n publié deux mémoires étendus sur les méthodes mêmes de Fourier, pour le développement des fonctions arbitraires en série (Mém. de Brux., t. V) et pour Vintégration des équations du mouvement de la chaleur (\h.,i.^\\l). Plusieurs des écrits de Pagani sont consacrés aux prin- cipes mêmes de la mécanique analytique. Dans son Mémoire sur le principe des vitesses virtuelles (Mém . de Brux . , t. III), il démontre ce principe et celui de d'A- lembert, en prenant pour point de départ le moins de postulats possible. Le travail sur la théorie des projections algébriques contient un algorithme pour simplifier les équations où se présentent des per- mutations tournantes et l'application de cet algorithme nu problème de la rotation des corps. Dans le Mémoire sur quelques 469 PAGE 470 tramprmations généralea de la formule fondamentale de la mécanique (Méin. de Brux., t. XII), Paojani a introduit le premier croyons-nous, la considération du trièdre fondamental formé par la tan- gente, la normale principale et la binor- male. En 1852, il s'est occupé du mou- vement relatif et du pendule de Foucault dans un petit Mémoire sur le mouvement d'un point matériel rapporté à trois axes fixes dans un corps mobile autour d'vn point (Bull, de Brux., t. XIX). Bien que Pasrani se soit intéressé toute sa vie aux questions de mécanique appliquée et industrielle et à la physique, il n'a publié qu'un seul travail qui y ait rap- port. C'est son Mémoire sur V équilibre des colonnes, où il prouve a priori que la somme des carrés des pressions suppor- tées par les colonnes est un minimum parmi tous les systèmes de forces qui, appliqués aux mêmes points, feraient équilibre aux mêmes poids. On doit aussi à Paorani des recherches diverses sur l'équation exponentielle, la théorie algébrique des logarithmes et celle des logarithmes : il y généralise d'une ma- nière naturelle des résultats d'Euler et de Cauchy; mais cette généralisation n'a pas été adoptée par les géomètres, parce qu'elle est trop compliquée : les cas particuliers connus avant Pagani suffisent aux besoins de l'analyse. En résumé, Pagani occupe une place distinguée dans l'histoire de la science, d'abord à cause de ses recherches sur le principe fondamental de la mécanique analytique où il se montre le digne continuateur de son illustre compatriote Lagrange, ensuite à cause aussi des ap- plications ingénieuses qu'il a faites des méthodes de Fourier, perfectionnées par lui-même , à l'étude des systèmes dé- formables. P Mansion. Biblioqrai)hie académique, iSoi (Bruxelles, Hayez, ISoo), p. 9--H 'moins compiei que le sui- vanll. — Qnelelet. Ao«ce sur G. -M. Pagani (An- nuaire de l'A cadémie royale de Bdqique, i8S6, 22e année, r. ^\-\\&\ — P. Gilbert, f^odce sur la vie et les travaux de M. le professeur Michel Pa- qani. Mai, -ISoo (Annales des universités de Bel- gique, i^s, 3e partie, p. 5-3d). - A. Leroy, Liber memorialis. L'université de Liéqe depuis sa fondation (Liège, Carmanne, 1869), col. 496-508 (résumé de la notice de Quetelet). — Catalogue of Scientific Papers compiled and published by the Royal Society of London. t. IV. 1870. p. 73t- 735. (Pour avoir la liste complète des travaux de Pagani, on doit combiner la li.ste de Quetelet avec relie de ce catalogue.) p.%GE (Ferdinand- Joseph- Ghislain baron i»e), magistrat et jurisconsulte, né à Bruxelles le 28 mars 1794, mort dans cette ville le 3 février 1874. Après avoir fait de brillantes études juridiques et s'être distingué au barreau par son talent oratoire pendant plus de treize années, il fut, lors de la chute du gou- vernement hollandais en 1830, attaché à la cour d'appel de Bruxelles, successi- vement en qualité d'avocat général et de conseiller. Le 14 août 1836, il fut choisi par ses pairs comme président de chambre et six ans après, le 8 août 1842, la première présidence lui fut conférée. De Page — dit M' le procureur général Faider dans son discours d'adieu — se montra toujours vrai magistrat et occupa ces fonctions si importantes avec une supériorité reconnue. Comme organe d'une cour souveraine, il fut digne de cette magistrature forte et indépendante. Homme du monde et de haute culture, il joignait la finesse à la science, la grâce à la dignité, sachant avec tact el pru- dence prévenir les difficultés et adoucir les froissements. Appelé à introduire dans la magistrature les jeunes membres du barreau, il s'étudiait, par des appré- ciations réfléchies et en se plaçant au- dessus des influences de parti, à discerner le mérite pourle signaler et le conciuérir. Il ne quitta jamais les voies de l;i modé- ration : ses opinions fermes et constantes étaient celles d'un vrai patriote. Aussi les électeurs de sa ville natale l'appe- lèrent-ils, durant vingt-deux années consécutives, au conseil communal, où il exerça toujours une légitime influence. Il prit également part aux travaux de plusieurs commissions législatives et de jurys universitaires. Les distinctions honorifiques l'accom- pagnèrent : depuis 1840, il parcourut tous les degrés de l'Ordre de Léopold jusqu'au grade de grand officier. En 1867, il fut un des premiers fonction- naires qui durent abandonner leur siège à la suite delà nouvelle loi surl'éméritat 471 PAGE - PAILLOT 472 de la rangistratuFe.il avait occupé, avec un talent incontesté, pendant un quart de siècle, une des plus hautes et des plus difficiles positions judiciaires du pays. En sa qualité de premier président, il prit part à la confection de tous les arrêts rendus en matière civile par la cour d'appel de Bruxelles. Plus d'une décision citée comme modèle dans les recueils de jurisprudence de l'époque, est due à la plume à la fois élégante et logique de De Page. Lorsque ce haut magistrat fut admis à l'éméritat, le roi, voulant couronner cette vie toute de dévouement à la chose publique, le créa baron. I.oiiis Tierenlcyn. Moniteur belge, der trim., 1874. p. 425 el 567. — Belgique judiciaire, -1874. col. !239 et "liO. — Discours prononcé par M"" le procureur général De Le Courl, a l'audience .'solennelle de rentrée de la cour d'appel de Bruxelle.s, le do octobre 1874. — Moniteur belge, 8 août 1807, p. 4474. PAGE [Jacques], poète, né à Enghien, le 8 décembre 1708, y décédé le 4 jan- vier 1785, était le frère de Martin (dont la notice suit). A l'âge de vingt- deux ans, il entra dans l'ordre des Au- gustins et fut ordonné prêtre en 1732. Il obtint, le 13 août 1742, le grade de licencié en théologie, et professa la phi- losophie et la théologie à l'abbaye de Saint-Trond et au couvent de son ordre, à Louvain. Ce religieux cultiva les lettres et laissa un recueil de poésies politiques, intitulé : Lessus ffallictis, dont plusieurs éditions parurent au xviii' siècle. Eriiesl .Matthieu. Analectes pour servir à l'hist. ecclés. de la Bel- gique, l. XX, p. 268. - Etat civil d'Enghien. — B. de Housla, Histoire du couvent des Augustins d'Enghien, l. Il, p. t8 (ms. conservé à la biblio- thèque du collèRe d'Enghien). PACE [Martin], professeur, né à En- ghien, le 21 juin 1705, décédé à Louvain le 14 août 1761. Il était fils de Charles et de Marie-Anne de Lan. Il commença ses humanités au collège des Augustins de sa ville natale et les termina <à Mons au collège de Houdain. I^e 13 novembre 1 725, il fut proclamé ;?rm?<« de la faculté des arts de l'université de Louvain -, ce succès lui valut une entrée solennelle à Enghien, puisa Mons Après sa promo- 1 tion à la licence en théologie, au mois de février 1731, il fut chargé, cette même année, du cours de grammaire au collège de la Très Sainte Trinité, et en décembre 1734, il devint professeur à la pédagogie du Porc. Ses connaissances étendues en firent bientôt un maître dis- tingué; mais modeste dans ses goûts et d'un esprit jovial, il ne songea guère à écrire. Il donna ses soins en 1737 à une édition du traité de P. L. Danis : De peccalo originali, legibus et gratia, et y ajouta des annotations. Un canonicat à la cathédrale d'Anvers lui fut conféré, mais Page n'alla pas résider en cette ville. Ernest Na'thieu. Catalogus omnium primorum Lovanii. — Reu- sens, Notice sur le nouveau collège de la T. S. Tri- nité à Louvain (Gand. 1874), p. 34. — Archives communales d'Ensrhien. — De Boussu, Histoire de Mons, supplément publié par Hoyois, p. 2. — E. Matthieu, Histoire de la ville d'Enghien, p. 728-732. * PAiLiiOT [P.-Hippoh/te-L), né à Condc, le 21 mars 1759, y décédé le 23 avril 1815. Ce personnage appartient à la Biographie nationale comme auteur d'un écrit d'émigration, qui nous donne q uelques curieux détails sur les incidents de la vie sociale sous le Directoire en Belgique. Hippolyte Paillot était fils de Louis, fils lui-même d'Etienne. Celui-ci était né à Lessines, où sa famille appa- raît à la fin du xviie siècle, et y fut échevin. Hippolyte habitait Condé où il diri- geait une tannerie. Pendant la guerre qui amena la conquête française, l'ad- ministration autrichienne le fit cchevin de Condé. Il dut fuir devant le vain- queur. De 1794 à 1800, par suite de diverses infortunes, il dut rester en exil ; il traversa les provinces belges, séjourna en plusieurs villes où il avait des amis ou parents, notamment à Les- sines et à Péruwelz où habitait son beau-père Dubuisson, seigneur de Fon- teneUe, fief situé à Roucourt, près de Péruwelz. Son récit est simple mais pittoresque et appartient à cette collec- tion de mémoires intimes toujours atta- chants. Le manuscrit a été publié en 1878 par M' Leroy, petit-fils de l'au- 473 PAIRE — PAIX 474 teur, sous ce titre : Récits d'un grand- père. Livre de famille, in-S". Valencien- nes, Giard et ^eulin. I,e fils d'Hippolyte Paillot, Hippolyte- Louis, né le 7 septembre 1796, à ('onde, naturalise en 1820, appartenait en 1830 au barreau de Tournai et fut élu membre du Congrès national ; mais n'ayant pas les conditionsd'indigénat requises alors, il fut invalidé (1) et se retira dans la terre de Fontenelle. 11 mourut à Ilou- court, le 14 janvier 1854. VAiLLOti Pierre- Claude), né à Lessines le 15 octobre 1742, neveu d'Etienne susnommé, avait été avocat à Mens, et fut nommé secrétaire ordinaire du prince Charles de Lorraine par lettres patentes du 10 août I77fi, reproduites dans les Récils cités plus haut. V. Brants. p.*iRE(rTMt//fl«OTrDE). Voir De Paire. PAIX (Hubert -Joseph oe), publiciste et poète, né à Liège, où il fut baptisé à Saint-Adalbert, le 8 octobre 1743, mort à Dorsten (Westpbalie), le 2o mai 1799. Il était fils de(Jilles-Joseph de Paix, che- valier du Saint-Empire (2), membre du conseil ordinaire, et de Marie-Anne- Catherine - Ida de (iroutars. Neveu d'Hyacinlhe-Barthélemi baron de Haxhe de Hamal, tréfoncier de Saint-Lambert et prévôt du chapitre de Saint-Pierre, il fut admis, dès 1758, au nombre des chanoines de cette collégiale. Nommé ensuite coadjuteur de son oncle dans le chapitre cathédral, le 6 avril 1770, il lui succéda, comme chanoine gradué, le 18 mai 1781. Dans la liste des digni- taires delà principauté, en 1786, il est inscrit comme conseiller privé et membre (le la chaud)re des finances. Son nom figure parmi ceux des francs-maçons qui assistèrent, ie 12 octobre 1775, à l'inau- guration de la loge de la Parfaite Inlel- liyetKe, à Liège. Cette association, alors sans caractère révolutionnaire, avait été autorisée par le prince-évèque de Vcl- bruck, prélat éclairé, qui favorisa aussi, (I) Huyltens, />j«t«M«joM« du Congrès national, 1. 1, p. d06 el ■107 (séances des -10 el 1-1 novembre 4830i. ("L Les armoiries de la famille de l'aix élaienl : d'argent semé de fleurs de lis de gueules. en 177 9, la création de la Société d'Emu- lation, dont notre chanoine fut un des fondateurs. Lorsque la question des jeux de Spa, soulevée en 1785, divisa la nation lié- geoise en deux grands partis, celui du prince de Hoensbroech et celui des Pa- triotes, de Paix fut naturellement en- traîné dans la mêlée. Du château de Hamal, où son oncle le baron Ferdinand- Conrard de Haxhe, prévôt de Saint- Lambert, s'était retiré, il prit en mains la défense des principes conservateurs, tout en inclinant à transiger sur les points où la chose était possible. Au rapport d'un historien qu'on ne suspec- tera pas ici de partialité (Ad Horgnet), « de Paix comptait parmi les hommes « les plus intelligents du chapitre eathé- « dral, quoiqu'il eût plus d'esprit que « de jugement. Maniant la plume avec " facilité, il devint l'écrivain du corps au- « quel il appartenait, le principal polé- 11 mistede son parti.et le directeur d'une " véritable fabrique d'écrits contre-révo- » lutionnaires. Disposé, par la nature .' de ses goûts, à s'exagérer la puissance » du pamphlet, il fut, malheureusement 11 pour lui, entraîné dans des rapports 11 avec de misérables intrigants. Hàtons- « nous d'ajouter que sa correspondance II atteste souvent le dégoût que lui inspi- u raient ses odieux acolytes, et sa répu- « gnance à autoriser les publications - calomnieuses dont la caisse du chapitre il faisait les frais; maintes fois sa con- « science se révolta à la lecture des « épreuves où étaient traînés dans la boue u des hommes dont il avait jadis été 1/ l'ami, et qu'il ne pouvait s'empêcher » d'estimer, quoique les dissentiments • politiques l'eussent séparé d'eux » . Le 13 avril 1790, à la nouvelle desdésordres dont la ville de Liège avait été le théâtre, de Paix alla rejoindre les tréfonciers qui s'étaient enfuis à Aix-la-Chapelle. Il revint à Liège le 19 janvier 1791, après larestauration de l'ancien gouvernement; puis il émigra en Allemagne avec l'évêque de Méan, le 27 novembre 1792, à l'ar- rivée des Français. Rentré dans sa patrie en mars 1793, il reprit le chemin de l'exil au mois de juillet de l'année sui- 475 PALANDA — PALERME 476 vante, lors de la seconde invasion fran- çaise, et mourut à Dorsten, en Westpba- lie,le23 mai 1799. De Paix a laissé plusieurs opuscules dont voici la liste : 1. Eloge de lafranche- maçonnerie^ petit poème d'une versifica- tion fac' le, qui fut tiré à peu d'exemplaires et distribué aux loges. 11 a été réimprimé dans le Bulletin de V Institut archéolo- gique liégeois, t. I, p. 433. — 2. Stances sur V inauguration du buste de François Charles des comtes de Velhruck, prince évéque de Liège, faite /e 1 8 juillet 1 7 7 9 , c la salle delà Société d' Emulation ; in-4°. — 3. Essai fiur un projet d'études et d'occu- pations pour ta Société d' Emulation de Liège , publié dans les Mémoires lus à la séance publique de la Société, le 25 février 1782 ; in-8o. « Si l'on eût pu réaliser ce • plan, dit Villenfagne, peu de compa- » gnies littéraires en Europe l'eussent » emporté sur la nôtre » . Malheureuse- ment ce projet, trop largement conçu, embrassait l'histoire politique, littéraire, commerciale, industrielle et agricole du pays de Liège. Pour l'exécuter, il eût fallu au moins une dizaine d'hommes de talent, et la Société ne les possédait pas. De Paix eût surtout désiré voir publier une histoire politique de Liège. Dans Y Almanach de la Société pour 1787, pages 44-49, il propose de diviser ce travail en onze parties qu'on eût mises successivement au concours. Ce plan échoua comme le premier; il offrait d'ailleurs l'inconvénient de toute œuvre historique rédigée par plusieurs écri- vains qui n'ont ni les mêmes capaci- tés, ni les mêmes principes. — 4. Eloge de Jean - Baptide • Théodore baron de Tschoudy, conseiller intime et envoyé du prince-évèque en France, dont on trouve des extraits dans V Almanach de la Société d'Emulation de 1786. Celui de 1789 renferme une pièce de vers adressée par de Paix à la comtesse de Looz-Corswarem. — 5. Quelques pièces anonymes en vers et en prose, insérées dans V Esprit des journaux, qui s'imprimait a Liège. — 6. Le voyage de Chaudfontaine , composé vers 1779 et publié par X. de Theux. Chaudfontaine, de l'imprimerie des francs-maçons (Bruxelles, Gobbaerts), 1875; pet. in-12, tiré à 60 exemplaires. Nous ne pouvons que répéter avec l'édi- teur de cette bluette, • que la vieille « gaieté des Liégeois , jointe à la caus- « ticité ecclésiastique et à l'élégance » d'un homme de bonne compagnie, y est » relevée par le style coulant d'un écri- » vain exercé a manier la plume. » — 7. Quelques poésies légères, recueillies par l'auteur de cette notice dans les Glanes poétiques liégeoises. Liège (Cor« maux), 1884; pet. in-12, tiré à 60 exem- plaires . — S. De la souveraineté desprinces- évéques de Liège et du pouvoir de ses états, 1787; in-4i'. Mémoire signé J. J. Piret et publié à l'occasion de la querelle des jeux de Spa. Nicolas Bassenge y répondit par les Lettres à Monsieur l'abbé de P..., chanoine de la cathédrale de Liège. — 9. Projet d'une lettre que S. A. C. le prince-évéque de Liège pourrait écrire, ou parodie de la lettre que les étals de Liège ont adressée à S. M . le roi de Prusse, en date du 30 août 1790 ; in-8'>. Un portrait de l'abbé de Paix, aux yeux bleus, aux lèvres minces, fait au- jourd'hui partie des collections de l'Ins- titut archéologique liégeois. L'ensemble n'est pas beau : on y reconnaît le Faible avorton en butte à la migraine, Au corps débile et qui végète a peine, dont parle notre poète lorsqu'il se repré- sente gravissant les rochers de Chaud- fontaine. Baron de Chestrel de Haneffe. Ad. Borgnel, Histoire de la révolution liégeoise. — m. Capitaine, Aperçu historique sur la franc- maçonnerie à Liège, dans le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. 1. — X. de Theux, Bi- bliographie liégeoise. — (X. de Theux). Introduc- tion au Voyage de Chaudfontaine. — Archives provinciales, à Liège. VALAXUA (Anna). Voir Pallantia. PALEUME {Antoine van), peintre, fils d'Antoine et de Digne Scheelkens, naquit à Malines, suivant certains actes en 1503, et, suivant d'autres, en 1513. 11 vint ensuite s'établir à Anvers où il fut reçu bourgeois le 2 septembre 1547. Les registres scabinaux portent, eneft'et, à cette date mention de l'inscription de : Anthonis Palerme , Anihoniss van Mechelen, Schilder. Deux ans plus tôt, 477 PALERME 478 en 1545, il avait obtenu son entrée à la gilde Saint-Luc. Il devint pour la pre- mière fois doyen de cette corporation ar- tistique en 1555, et c'est pendant qu'il occupait cette dignité, conjointement avec Adrien van Hellemont, que fut célébrée à Anvers l'entrée solennelle du roi Philippe II. Les registres de la gilde ont conservé le récit de cet événement important, et cette pièce débute en ci- tant le nom des doyens en charge : Als men schreef fyfthien hondcrt vyf en vyftich h dat al geschiet. doen dekens waereu Ijaeren Ànthoni van Palerme en Adriaen van Hellemont 'T uaer onreden, dat tôt gheen memorie en slont. Antoine de Palerme fut plusieurs fois encore appelé à présider aux destinées de la gilde, notamment en 1561 et 1570, quand il remplit les fonctions de sous- doyen, et eu 1562 et 1571 celles de premier doyen. Il obtint en mainte occasion des com- mandes du magistrat d'Anvers. C'est ainsi qu'il fut chargé, en 1549, de dessi- ner le modèle des costumes des bourgeois qui, tant à pied qu'à cheval, devaient prendre part au cortège organisé à l'oc- casion de l'entrée de l'infant Philippe. Ce travail lui fut payé 1 9 livres 1 4 1/2 es- calins et 6 deniers. Les comptes de la ville renferment, en eftet, pour l'exercice 1548-1549, mention de cette dépense : 1 9 jult/. Anthony de Palerme schilder, van seiere patroonen die hy deur bevel vanden heeren gemaeckt heeft, te îcetene vanden tottcolckeende peerde tolck dieden princ/ie jegens gaen ende ryden zuUen XIX " XIIJI 1/2 *. n o'. 11 Ht à cette occasion encore diverses dépenses qu'il oublia alors de réclamer et dont il n'obtint la restitution que pendant l'exercice 1549- 1550, comme en font foi les comptes communaux : Jnthonia de Palerme e.v Jtromino Cocx Schilders voor hunne ver' schofen penninghen (en iyde vander blyde incompst de wd/re zy rergeten hadden in rekennin/ihe te alellen. XXI/Il se. VI d. Il reçut en 1555, comme élève dans son atelier, son gendre, le peintre Pierre Goetkint, le vieux. Antoine van Palerme produisit des œuvres de divers genres; il peignit des tableaux religieux, des scènes histori- ques, des compositions symboliques et même des cartes de géographie. En juillet 15 77, un marchand d'An- vers. Diego Fernando de Mirando, ex- pédiait par chariots à Rouen, à son cor- respondant Christophe de Mendiola, toute une série d'objets de nature fort disparate, tels que des tapisseries, des vases, des tapis, des chapeaux, du satin et enfin une collection de tableaux peints sur toile ou sur panneaux par Antoine van Palerme. Ces nombreuses œuvres d'art représentaient : douze pieches pain- ti/res des victoires de Vempereur Charles- Quint ; — quatre pieches des quatre temps de Vannée; — deux pieches des quatre élémens ; — deux pieches de la conversion de sainct Paul ; — deux cartes de luni- versel monde; — tout painct sur toille avecq vingt molures ou listes dorées serrans aux dictes paintures; — ujig tableau à portes de l' Annunciation ; — Notre-Dame painct sur ais. Ces quantités inusitées d'œuvres dues au pinceau de Palerme et exportées en même temps, rappellent le souvenir de circonstances qui paraissent légendaires et que Van Mander a consi- gnées dans la biographie de Jacques de hacker. Ce peintre anversois serait entré au service d'Antoine van Palerme, qui le faisait travailler outre mesure, vendant facilement et avec bénéfice ses œuvres, tout en cachant à son élève l'heureux résultat de ces transactions. De Backer se serait tellement surmené à cette be- sogne ingrate qu'il aurait succombé à la tâche, à peine âgé de trente ans. Cette tradition semble ne pas avoir la moindre apparence de vérité. D'abord les listes de la gilde Saint-Luc ne renseignent pas le peintre De Backer en qualité d'élève de Palerme. Il y a de plus lieu de se souvenir que, lors de la mort de Catherine van Palerme, fille d'Autoine, en 1621, son tombeau en marbre, élevé dans l'église des Grands Carmes, futorné d'une peinture de De Backer, représentant le jugement dernier. 11 n'est pasà supposer que ce tableau eût été placé sur la tombe de la fille d'Antoine van Palerme, si, quel- ques soixante années plus tôt, les diffi- cultés dont parle Van Mander s'étaient élevées entre le peintre et son élève. 479 PALERMO — PALFYN 480 Antoine van Palerme, suivant toutes probabilités, devait habiter à Anvers, place de Meir. Il avait en effet acheté, le C novembre 1546, une propriété avec jardin in de Meere. Seize ans plus tard, en 1562, il devint encore propriétaire, en compte à demi, avec Chrétien Queeck- borne, de deux maisons situées à proxi- mité de la Bourse. En 1583, Antoine van Palerme avait vendu pour 300 florins un tableau à Guillaume Coxcie; c'est le frère de ce dernier, Raphaël Coxcie, qui en acquitta le prix. Du reste, les rela- tions de la famille Coxcie étaient fort intimes avec Palerme et l'on peut plus tard voir le père de ceux dont nous venons de parler, le peintre malinois Michel Coxcie, comparaître devant le magistrat d'Anvers pour certifier l'honorabilité de l'origine d'Antoine van Palerme. D'un autre certificat daté du 23 septembre 1583, il résulte que Palerme eut égale- ment, pendant plusieurs années, pour élève le peintre Gilles Coignet. Antoine van Palerme épousa en pre- mières noces, à Malines, le 16 juillet 1540, Catherine Wolborn, fille d'Her- man. Lors de la signature du contrat, le futur comparut accompagné de ses deux oncles Rémi et Antoine îScheelkens, tandis que la future avait pour témoin son parent Antoine van Dortmont. Catherine Wolborn mourut le 23 mai 1548 et fut enterrée dans l'église du couvent des Grands Carmes, à Anvers. Son mari se remaria peu après avec Marguerite Goet- kint, qui décéda avant 1606. Antoine van Palerme succomba à son tour en 1589. Il eut du premier lit deux filles : Catherine et Marie. La première mourut le 19 avril 1621 et fut enterrée sous un monument en marbre orné du tableau de Jacques De Backer et placé dans l'église du couvent des Grands Carmes. Elle s'était mariée deux fois; la première avec le peintre Pierre Goet- kint, qui mourut le 15 juillet 1583, et la seconde fois, en 15 88, avec Bartholo- meo l'amphi. Elle eut de son premier mari (juatre enfants, dont une fille, Sara ijoelkint, qui en 1602 épousa le peintre Abraham Janssens. De son second ma- riage*, Antoine van Palerme avait eu quatre enfants. L'aîné était un fils qui reçut le même prénom que lui. Celui-ci épousa Marguerite Luens; dans divers actes, il prend la qualification de mar- chand, cooprnan; dans d'autres, il est qualifié de peintre. Cependant il s'occu- pait surtout du commerce de tableaux et devait avoir sous ce rapport une cer- taine importance, car en 15 82 il acheta de Pierre van Cantelbeke, pour 200 flo- rins, tout un lot de toiles, dont il dut garantir le payement en engageant sa maison appelée het hamerkcn, et située inde strate loepen van den Eemere naer Goidshuys van Sente Michieh toe jegens over de munie aldaer. Le second fils d'Antoine van Palerme et de Marguerite Goetkint, Scipion van Palerme, naquit en 15 62; il s'occupa du commerce de tableaux et voyagea beaucoup à l'étranger. En 1584, son père demanda pour lui au magistrat un passe- port lui permettant de sortir du pays pour se rendre à la foire de Francfort: Plus tard, il s'établit à Paris et s'installa pendant la foire de Saint-Germain-des- Prés dans trois loges que son père avait antérieurement achetées à Pierre Bonen- fant (Goetkint) le jeune. Fernand Donnel. Archives Communales d'Anvers : Schepenbrie- ven, 1586, 158», 1583, 1540, 1575. 1582, 158i, 1565, 1576 ; Comptes communaux, 1548-1549 et 1549-1550; Vierschaerboek, 1547; Requeslboek, 1584; tollectanea, 1530 1549; Minutes du notaire Nicolai, 1598. — Rombouts et Van Lerius. De Liggereu der antwerpsche Sini-Lucasgilde. — Karel van Mander, Het leven der schilders. — Le Livre des peintres de Carel van Mander, tra- duction, notes et commentaires par H. Hymans. — Siret, Dictionnaire des peintres. — Fernand Donnel, Les tapisseries de Bruxelles, Enghien et Audenarde, pendant la furie espagnole. — Ins- criptions funéraires et monumentales de la pro- vince d'Anvers. — Vanden Branden, Grschiedenis der antwerpsche schilderschool, etc. PALERHO (Jacques DE B.4CHRK, dit). Voir De Backer {Jacques). PALFYN {Jean), médecin, chirur- gien, anatomiste, professeur, inventeur du forceps, fils de (JiUes Palfyn et de Marguerite de Roe, né à Conrtrai le 28 novembre 1650, mort à Gand, le 21 avril 1730. Le siècle qui donna le jour à Palfyn marque une étape importante dans l'his- 481 PALFYN 482 toire de la médecine. Harvey venait de découvrir la circulation du sang, et Plempius, qui avait été son détracteur, déclarait soleniiellenieut qu'il croyait entin au mouvement du sang, tia mémo- rable conversion, à la suite de vivisec- tions dans le but de prouver la circula- tion sanguine, avait exercé la plus grande influence sur les praticiens de son temps. Sur ces entrefaites, un autre astre s'était levé à l'horizon des sciences médicales: Van Helmont, dont la doctrine fit le plus grand bruit. Avec lui s'annonce une ère nouvelle et féconde pour la saine observation et l'étude des faits positifs. 11 met à jour l'inanité des nombreux systèmes médicaux de ses prédécesseurs, basés sur l'empirisme et l'occultisme; il se montre le plus fougueux adversaire de l'humorisrae de fialien, alors le plus accrédité, • et sans s'aft'ronchir des idées • superstitieuses qui dominaient alors • la médecine et les autres sciences «, il devient en quelque sorte le précurseur de la médecine vitalisteet physiologique, que continuèrent plus près de nous, Bichat, Barthez et l'école de Montpel- lier. C'est en plein de cette période de luttes et de tâtonnements, presque en même temps que le célèbre anatomiste Verheyen, que naquit, à Courtrai, Jean Palfyn, un autre anatomiste et chirurgien distingué. Combien incomplèteset futiles furent les premières notions de l'art de la chirurgie données par le père — un chirurgien-barbier — à celui qui devait devenir un jour une des gloires de son pays ! C'est que Palfyn avait au front la flamme du génie, et que briilaut d'arri- ver à son but, c'est-à-dire à l'étude ana- tomique du cadavre, qui lui procurerait lesconnaissances requises » pour exercer • la chirurgie avec sûreté et sécurité «, il avait décidé de ne connaître aucun obstacle, afin d'arriver à sonder la mer- veilleuse organisation du corps humain. Doué d'une intelligence très souple et d'une grande facilité d'assimilation, qui secondait admirablement son esprit inventif et chercheur, tenant pour peu de chose le mince bagage scientifique que lui léguait l'auteur de ses jours, BIOGB. NAT. — T. XVI. seul, sans maître, sans guide, il se mit à l'étude des langues; il parvint rapide- ment à connaître le français et le latin qui étaient alors les clefs nécessaires pour mener à bonne fin son entreprise. Il faut se reporter à cette époque du XVII* siècle pour juger de la puissance et de la multiplicité des obstacles que dut rencontrer le jeune étudiant, après avoir épuisé les quelques ouvrages que son père pouvait mettre à sa disposi- tion, n'ayant pas de quoi s'en procurer d'autres, abandonné pour ainsi dire ù lui-même, dans une petite ville sans ressource, sans Mécène généreux, sans école où il pût recevoir l'instruction dont son àme avait soif, privé des moyens de communication qui lui auraient facilité de nos jours son étude favorite, oblige de lutter contre les goûts du siècle, les impatients ou les aventureux de l'occul- tisme, devant enfin suppléer à tout par un courage indomptable, une constance inlassée et une activité intellectuelle qui ne se démentit jamais, jusqu'à ce qu'il posséda* les notions élémentaires de son art — et cela, en vue d'arriver à une réforme complète de la chirurgie et de son enseignement. Lui, qui regardait déjà la médecine en vogue comme une science trompeuse, il n'avait guère appris que des mots, et, à l'instar de Van Helmont, « il voulait « arriver aux choses ». 11 alla donc jusqu'à violer les cimetières. La police, qui avait eu vent de ses intentions, le surprit une nuit au moment où il déter- rait un corps récemment enterré. C'était en 1666, à l'époque de la peste qui ra- vageait alors les Flandres. Palfyn fut reconnu et l'on juge du scandale qui éclata, à la suite de cet acte blessant les nombreux préjugés qui régnaient encore à cette époque. Dénoncé aux magistrats, il comprit la réprobation générale qui l'attendait et le châti- ment qui allait l'atteindre, et, pour se soustraire à la vengeance des lois, « il • quitta furtivement et à la hâte sa « ville natale » et se réfugia à Gand, où l'un des professeurs de l'école de chi- rurgie l'accueillit généreusement chez lui, et l'employa comme élève. On croit 4G 483 PALFYN 484 généralement que son bienfaiteur, re- connaissant son mérite et ses aptitudes, en fit son aide, favorisant ainsi son avide désir de dissection. Rien alors n'entrava sa marche. Il est à supposer qu'il exerçn la médecine à Gand, et parvint ainsi à se mettre à l'abri des difficultés de la vie, et même à se créer quelques res- sources, car au bout d'un laps de temps assez court, nous le retrouvons à Paris, après avoir fait le voyage à pi^d dans les plus modestes conditions ; Paris, alors le centre des lumières, le seul foyer des sciences, des arts et de la civilisation. Le grand roi y avait réorganisé l'école de chirurgie, (ju'illustraient les sommités scientifiques du royaume. Palfyn redou- bla de zèle et d'activité, devint sans doute interne à l'Hôtel-Dieu, et fit avec rapidité de prodigieux progrès, consa- crant son esprit et ses facultés entière- ment à l'œuvre de réforme qu'il ambi- tionnait. A son retour de Paris, en 1675, il vint se fixer à Courtrai. Seulement — et la chose est à noter, puisqu'il semblait rapporter avec lui une certaine notoriété et les éléments nécessaires à la réputa- tion naissante d'un débutant — il fut loin d'obtenir, en tant que praticien, tous le succès qu'on était en droit d'attendre de lui. Il fut déçu dans ses espérances. Palfyn doit avoir eu, d'autre part, des démêlés avec le Collège royal des méde- cins de Courtrai, soit au sujet de la violation de sépulture dont il a été question plus haut, soit concernant la possession non autorisée d'un squelette humain qui servait à ses études. En efl'et, il est invité, à quatre reprises différentes, à se présenter devant ces messieurs, en 1683 et en 1684. Palfyn refusa, à chacune des sommations, il fut alors condamné — d'après un extrait du Collège royal de médecine de Courtrai, institué par le roi d'Espagne en 1683 — à une amende de six fiorins; et dans le libellé du jugement, il est établi que c'est pour son - inobédience de s'expli- • quer au sujet du scjuelette » . On peut se demander ce que signifie cette affaire lu squelette, et elle vient, nous semble- t-il, corroborer les assertions de ceux (|ui prétendent que Palfyn a été surpris violant des cadavres, et qu'il a dû quitter la ville devant la réprobation publique et la menace des lois. Un squelette à domicile lui était ce- pendant nécessaire, en vue de la publi- cation de son ostéologie. Cette ossature, provenant ou non d'une profanation, avait probablement excité le fanatisme étroit qui régnait à cette époque, et Pal- fyn, qu'une seule idée enfiévrait, préféra s'expatrier que d'abandonner son projet de réforme et sa publication. Découragé, sans ressource, Palfyn quitta la ville de Courtrai, où il s'était marié, en 1676, avec Marguerite Wallaert, pour une ville de second ordre. Il alla tenter la fortune à Ypres, où il semble végéter de nouveau pendant une assez longue période d'an- nées. Pour obtenir le droit d'exercer à Ypres l'art de la chirurgie, il devait avoir le droit de bourgeoisie, car les communes flamandes étaient encore sous la puissance des corporations qui, ja- louses de leurs privilèges, possédaient toujours le monopole des professions et des métiers. Palfyn devra donc passer son examen de chirurgien-barbier et, en 1686, il était déclaré maître dans cette corporation. En 1690, il obtint la qualité de bourgeois. Il traina la chaîne pendant des années, vivant très médiocrement dans la petite ville d'Ypres, peu apprécié sans doute, peu couru vraisemblablement; et c'est de là que sont parties, plus tard, les premières flèches lancées contre son droit à l'invention du forceps. Nous le retrou- vons à Paris, l'élève, l'ami et même l'égal des professeurs et des célébrités de l'école de chirurgie ; nous citons, entre autres, les liens d'amitié durable et d'estime réciproque qui Punissaient à Devaux. On le signale encore à Paris, à l'hôpital de la Charité, suivant avec le zèle d'un élève les opérations de Mares- chal, le« cours de Duverney , de Winslow, de Miri, de Petit, de Morand. Il est honoré de l'amitié de Saviard,de Verduc et de François Volet. Les maîtres de l'université de Louvain l'accueillent avec la plus grande sympathie et s'ho- norent à leur tour de sa visite et de ses 48-: PALFYN 48G conseils. 11 correspond à Londres avec les sommités médicales les plus en vue. 11 obtient en Allemagne l'amitié de lleister, de Haller; en Hollande, celle de Kuysch, de Boerhaave et d'Albinus qui voulaient l'attacher à l'université de Leyde. Mais, avant d'avoir conquis cette place au soleil, que de déboires dans cette exis- tence, labourée par les dirticultés et les oDstacles qu'il rencontra pour mettre son projet à exécution ! Toutes ces causes, croyons-nous, jointes a des embarras d'argent, le décidèrent à quitter les gens d'ïpres, et à aller de nouveau, ainsi que nous venons de le voir, se perfectionner à Paris où il resta probablement trois ans, de 1694 à 1697. Après ce second stage, il remit le cap sur la bonne ville de Gand,qui 1 ac- cueillit cette fois avec tous les égards dus à son mérite et à ses talents. Est-ce le repos? Non, il avait pris pour devise celle de Marnix. Est-ce le salut, l'ai- sance, avec la renommée? 11 restait bien des obstacles encore à surmonter; mais c'était le chemin de la gloire et de la célébrité. Le destin plus clément parait devoir lui sourire. Le gouvernement s'émeut de son exode ; de concert avec les magistrats gantois, il lui confère le droit de bourgeoisie; c'était une véritable exception, car, pour prétendre à cet honneur, il fallait avoir habité la ville pendaut une année au moins. Comme, d'un autre côté, il est tenu par les cou- tumes locales à suivre, pendant trois ans, les leçons d'un maître dans l'art de la chirurgie, il adresse au roi une re- quête demandant en grâce à être dispensé de cette condition. Quand on pense que Falfyn approchait alors de la cinquan- taine, qu'il avait donc exercé la méde- cine pendant plus de vingt ans, et qu'il en était réduit à cette extrémité ! En 1698, il fut admis à l'examen, et le roi, après cette formalité remplie, lui conféra le titre de chirurgien. Aujour- d'hui que la presse est répandue partout, que l'impression d'un manuscrit n'est plus qu'uae question d'heures, et que le prix en devient beaucoup plus acces- sible, on semble oublier par quelles dif- ticultes de tout genre on passait jadis pour voir son œuvre au jour de la publi- cité. Aussi l'alfyn ne se décida-t-il qu'a- près bien des hésitations ; il consulte des amis, il s'en rapporte à l'avis de Devaux qui l'encourage ouvertement et va trou- ver son collègue Verheyen, célèbre pro- fesseur de l'université deLouvaiu, à qui il expose ses idées et lui confie même son iraiic mairnscrit : Nouvelle odéologie. La dédicace de ce livre « qui portait » presque atteinte à sa réputation d'écri- • vain de mérite et de talent «, jetait d'abord pour le monde scientiHque une note défavorable. Ce n'est pas un brevet d'incapacité, mais cette dédicace exaltée a du inHuencer les auteurs qui, cédant aux tendances de l'époque, ont commenté et critiqué son premier ouvrage, sans se placer au-dessus de l'esprit de leur temps. Portai, qui ne conteste cependant pas le mérite de ses découvertes, le juge avec sévérité. Il l'accuse tout simple- ment d'avoir pillé les écrits de Kau et de Vésale, à bon droit regardé comme le créateur de l'anatomie humaine. Il y a une exagération évidente dans la criti- que de Portai, qui jugeait avec l'intolé- rance et l'exclusivisme de la philosophie régnante, l'antagoniste d'un scepticisme qui, de par 1 autorité de Voltaire, enva- hissait alors la France et les classes les plus élevées de la société. Velpeau fut aussi un des détracteurs de Palfyn, mais il huit par lui rendre justice. La Nouvelle ostéologie, qui arriva après le JJe humani corporis fabrka libri septem, de Vésale, est un copieux exposé très méthodique des notions courantes sur la nature, les conformations et les maladies des os. Regnard dit que c'est l'ouvrage le plus complet et le plus exact qui ait été publié sur la matière. Il est agrémenté de planches très curieuses. 11 ne faut pas seulement chercher la nouveauté dans ce précis, Vésale ayant déjà relevé nombre d'erreurs de Gallien; il y a des aperçus neufs sur les sutures du crâne, les sinus de la face, les mouvements de la mâ- choire, mais il n'y a rien de bien saillant comme documents inédits. Palfyn s'y révèle comme anatomiste, et cette publication qui se fit à Gand en 487 PALFYN 488 1701, à Leyde en 1702 et à Paris plus tard, en 1731 (traduction française de l'auteur), le mit en relief, facilita son avancement et augmenta ses chances à la dignité de professeur à l'école de chi- rurgie de Gand. 11 est patent que la notoriété de Palfyn prend dès lors une extension beaucoup plus grande, sous la protection ostensible des magistrats de la ville. Ce n'est que dans les ouvrages posté- rieurs à la Nouvelle os/e'o/o^ie qu'apparaît le grand chirurgien. La spécialité de son talent s'y dessine, et c'est là que s'affirme de plus en plus sa tendance à montrer et à faire ressortir les liens étroits qui rattachent l'auatouiie à la chirurgie. C'est assurément le côté le plus intéres- sant des observations diverses et des publications qui furent traduites en hol- landais et éditées à Leyde. L'hisloire impartiale dira qu'il a rendu un signalé service aux sciences médicales, a la suite de ses travaux de dissection. Au nombre de ses publications, on compte la relation de deux enfants monstrueux qui na- quirent à Gand en 1703. Il existe aussi une autre histoire, non moins importante — vu la rareté du cas — et fort détaillée du même auteur, au sujet d'un monstre étudié et disséqué par lui, et qui présentait une imperfora- tion de l'anus et flu vagin avec une double matrice. Palfyn fut ensuite amené à donner une nouvelle édition du traité de Korlunio Liceti, concernant la tératolo- gie, en même temps qu'il annonçait un mémoire sur la circulation du sang chez le fœtus. Mis en lumière par ces productions successives, auxquelles il faut encore ajouter une Description anatornùpie den parties de la femme qui servent à In f/éné- ration, imprimée à Leyde en 1708, défi- nitivement apprécié en Helgique comme à l'étranger, recevant les hommages les plus flatteurs de ses contem[)orains qui reconnaissaient sa hauteur de vue, son érudition et son talent, Palfyn fut cette année-la attaché à l'école de médecine de (iand,avcc les honneurs dus à son rang de professeur. Il avait alors presque soixante ans. C'est l'a-ro ou d'habitude on aspire à l'éméritat. Or, cette promotion ne fit encore qu'exciter son zèle, son ar- deur au travail, son incessant désir de colligerdans un important recueil toutes les données scientifiques de l'art chirur- gical de ce temps-là, ses observations personnelles, ses vues et ses déductions, l'analyse et la synthèse de la réforme qu'il voulait instaurer. Palfyn amplifia l'œuvre de ce grand génie, Vésale, qui en voulant s'assurer de l'exactitude des descriptions du médecin de Pergame, qui n'avait dis- séqué que des singes, était devenu le créateur et le révélateur de l'anatomie humaine. Comme lui, le chirurgien gan- tois ne se borna pas à étudier l'anatomie normale, mais il fit de l'anatomie mor- bide ou pathologique, alois absolument négligée et à laquelle il attribua une importance plus grande que ses prédé- cesseurs, dans l'étude et le traitement des maladies chirurgicales. Professeur, Palfyn donna des leçons remarquables par leur clarté; il y joi- gnait, en même temps, une clinique essentiellement pratique, et, à l'exemple de Van Biesen, il institua un cours de pathologie générale. Son Jnatomie chirurgicale eut un im- mense succès pendant plus d'un demi- siècle, considérée qu'elle était, par les savants de l'époque, comme le recueil le plus complet de ce genre. Au nombre de ceux-ci, on peut citer (îeottroy, T)u- verney, J.-L. Petit, Boerhaave, Albinus, Verheyen, etc., contemporains de Palfyn, sommités scientifiques bien en situation pour juger son œuvre. J.-L. Petit dit de son ■ excellent traité ", qu'il y a trouvé des vérités concernant l'anatomie et la chirurgie, jointes aux découvertes de l'auteur. L'Académie de médecine de Paris, qui n'accordait pas facilementson approbation, comparaît volontiers Pal- fyn au célèbre Riolan. Duverney, recon- naît aussi que ce livre sera » le moyen « de faire naître aux jeunes gens le dé- » sir de savoir à fond la structure des " parties dont la connaissance est si « nécessaire pour opérer avec certitude " et discernement. • Presque tous font remarquer, après lecture, que l'impres- sion de ce bon ouvrage sera utile à tous 489 PALFYN 490 I ceux qui veulent apprendre l'anatoniie. Il y a lieu de noter surtout l'apprécia- tion d'Herman Boerhaave, dont la gé- niale puissance jetait tant d'éclat sur l'école hollandaise, et dont l'immense réputation remplissait l'Europe entière. Quant à l'université de Louvain, un des corps enseignants les plus en vue de l'époque, elle ne tarit pas d'éloges sur cet ouvrage, • sur l'élégante explication • des maladies chirurgicales, qui n'a été • traitée par aucun auteur, avec autant • de méthode et de précision. » De toutes ces appréciations, il ressort que l'anatomiste gantois, qui avait saisi avec tant d'intelligence et expliqué si nettement les relations de l'anatomie avec la chirurgie, s'appliquait aussi avec une supériorité remarquable à faire valoir les avantages que la pratique était appelée à retirer de la connaissance de ces rapports. Dans ce but, il rédigea son cours public de chirurgie, et le fit impri- mer à Leyde en 1710, plus tard à Ams- terdam, à Leipzig et à Francfort, sous le titre de : Traité des principales opérations chirurgicales. Il s'attache à y mettre en valeur les améliorations et les perfection- nements qu'il préconisait dans son cours de chirurgie, et ses conseils étaient suivis parles chirurgiens les plus habiles de son temps, les Heister, les Ledran et les Samuel Cooper. On y trouve une description intéressante et détaillée des diverses hernies étranglées. Il donne même la figure et l'explication d'un instrument nouveau qui paraît être de son invention : c'est une sonde bouton- née, incurvée, avec un bistouri con- cave, caché dans les cannelures, mû par un ressort placé dans le manche. Dans la paracentèse, il détermine avec beau- coup de clarté le lieu d'élection de la ponction, qu'il pratique, non pas avec les lancettes habituelles, mais avec le trocart, au milieu d'une ligne qui va de l'ombilic à l'épine iliaque antérieure. C'est encore le procédé suivi actuelle- ment. On accordera une mention spéciale à la partie de ce livre réservée à la des- cription des sutures, et surtout des sutures de l'intestin. Il donne d'excel- lentes raisons pour proscrire la suture du pelletier, dont ses prédécesseurs se seraient abstenus, dit-il, « s'ils avaient • mieux examiné la manière dont la réu- • nion de ces plaies s'opère. En eftêt, il « est inconstestable que les lèvres de • la plaie des intestins ne se réunissent «jamais entre elles, mais qu'elles se « soudent au péritoine, ou aux bords • de la plaie du ventre, ou à une autre « partie voisine. • Il s'élève justement contre la perforation alors en usage, dans le cas de tuméfaction ou de météo- risme de l'intestin, fait un véritable précis particulier du sarcocèle, de l'hy- drocèle, de la pierre, des fistules, de l'extraction des polypes et traite avec beaucoup de compétence les chapitres des amputations, des luxations et des fractures. Il s'étend aussi sur l'em- pyème; il indique les différentes sources de collections liquides, pus, sang, séro- sité, et détermine le lieu d'élection pour l'ouverture » à la partie inférieure » et postérieure de la poitrine, entre la u seconde et la troisième fausse côte, à " partir d'en bas, et à environ quatre ou a cinq travers de doigt des apophyses ■I épineuses de la colonne vertébrale. » Il détaille encore la façon d'arrêter les hémorragies et d'extraire les corps étrangers; il donne son opinion sur le traitement du cancer du sein, en décon- seille l'extirpation lorsqu'il est invétéré, adhérent aux muscles et se prolongeant jusqtie dans l'aisselle. Enfin, il regarde comme dangereuses les pâtes arsenicales et mercurielles qui peuvent occasionner la mort par empoisonnement. On possède aussi du professeur gantois des notes concernant la cataracte, qui, pour lui. " consiste dans une altération » des propriétés physiques du cristallin; puis sa correspondance avec Woolhouse, l'oculiste de Jacques II d'Angleterre, le savant anglais qui n'admettait pas l'opa- cité du cristallin, signalée pour la pre- mière fois par Lasnier, comme cause de la cataracte, et défendue par le médecin tournaisieii Brisseau. Enfin , il traduisit en flamand l'ouvrage de Antoine (Maître Jean) et l'enrichit de nombreuses observations personnelles. 494 PALFYN 49S l'alfyii est-il réellement l'inventeur du forceps? La pratique des accouchements était alors presque nulle pour les chirurgiens et les barbiers; ils n'intervenaient que dans les cas graves, et surtout dans les enclavementsducrâne. Les sages-femmes et les matrones les plus ignares se char- geaient seules de délivrer les partu- rientes, et le nombre des victimes devait être considérable. Palfyn faisait les accouchements avec les • mains « et sou instrument était employé par des célébrités, ileister écrit qu'il réussissait parfois à tirer des enfants dont la tête était fixe et immobile dans le passage, sans les blesser ou les déchi- rer. Dans sa publication, Palfyn raille les accoucheuses qui assuraient, avec l'autorité de leur expérience, que les os du pubis s'écartent pendant l'acte de la parturition. Là, il appelle l'attention sur les phases modificatrices de la matrice pendant la grossesse, et l'épaisseur des parois de cet organe, qu'il a mesurée pendant une opération césarienne, alors courante lorsque la lacération de l'en- fant n'avait pas réussi par les crochets aigus; là encore, il écrit que les accou- chements naturels n'ont guère besoin du secours d'un médecin, et qu'on n'est pas d'accord concernant la position la plus favorable, en obstétrique : la tête ou les pieds. Une idée d'ailleurs semble avoir dominé toute la vie de Palfyn, qui fit toujours preuve d'une grande fermeté d'âme dans les persécutions qu'il endura depuis le commencement de sa pratique : c'est l'amour de l'humanité, l'intense désir de lui être utile. Rien ne rebute le savant que l'étranger glorifiait haute- ment. C'est ainsi qu'il se rend à Paris, sous l'inspiration de cette idée géné- reuse : l'accoucheur sera le sauveur de la mère et de l'enfant; l'art ne doit pas borner son intervention à l'emploi de moyens désespérés. Ceux-là, certes, sont des hommes marquants qui, à l'instar de Palfyn, fixent l'attention du monde entier sur leurs écrits, leur labeur et leurs décou- vertes, et entre ces vaillants et les intri- gants que l'éclat des autres peut seul mettre en relief, on n'hésite pas quand il s'agit de priorité en matière d'innova- tion. Non seulement Palfyn pratiquait l'art des accouchements, mais, comme nous l'avons vu, il s'attachait à déraciner les préjugés, à redresser les erreurs exis- tantes, ce qui lui suggéra l'étude et l'analyse toute particulière des os du bassin dans son Ostéologie et plus tard la Description anatomique des parties de la femme qui servent à la génération . Por- tant ses vues plus haut, comme le fait très justement remarquer le D'GoflGn, il a voulu fixer l'attention des savants sur ce que sa perspicacité lui avait fait apercevoir de défectueux dans la pratique obstétricale, le plus difficile et le plus épineux des arts, ainsi dénommé par lui- même. Il comprit que si l'on parvenait à enlever la tête du fœtus entre les deux mains, ou entre deux cuillères, sans nuisance pour la tête et pour la matrice, son extraction serait rendue plus simple et plus facile, et la sauvegarde de la mère plus assurée. Ce fut cette simple conception — et nous ne voulons pas prétendre qu'il fût le seul et le premier à imaginer quelque instrument libérateur — qui devait renouveler la face de la science obstétri- cale. Les chirurgiens et les accoucheurs contemporains se servaient évidemment d'engins quelconques, mais ils opéraient en cachette, de crainte d'être surpris et de voir leur secret divulgué. Palfyn mit sa découverte au grand jour. Avant sa notification à l'Académie de Paris, il n'est nulle part question des • mains • et du • tire-tête », mais aussitôt après, plusieurs voix s'élèvent pour en récla- mer la priorité. De toute façon, elles venaient trop tard. Il ne faut pas hési- ter à dire, avec cette belle assurance de la plupart de ses historiographes : Pal- fyn est l'inventeur du forceps. Voyons rapidement quelques-unes des contradictions les plus plausibles qui se sont érigées contre cette priorité légiti- mement accordée à notre savant. Naturellement une question se pose : Comment se fait-il que Palfyn, dans ses travaux, n'ait fait aucune mention de 493 PALFYN 494 son incomparable découverte? D'après le judicieux auteur de Jean Palfyn, sa vie et ses traratix, qui contribua pour une large part à l'édification de sa statue, la découverte du forceps ne datant que de 1721 , les écrits antérieurs sont hors cause, et on ne pourrait qu'incriminer la traduction française de V Anatomie chirurgicale , qui fut publiée à Paris en 1726, et à laquelle Devaux collabora pendant plusieurs années. Comme ils avaient sans doute encore présent à la mémoire le scrave échec subi par le chirurgien anglais Hugues Chani- berlen qui, de passage à Paris en 1670, avait échoué honteusement, après avoir vanté les mystérieuses pratiques qu'il possédait pour mener une dystocie à bonne fin, n'ont-ils pas cru, en omettant de parler de l'invention dans V Anntomie chirurgicale, que, n'ayant pas fait ses preuves, elle serait de nature à engager leurs noms et celui des membres de l'Académie dont on allait solliciter la recommandation? On sait, en effet, que la découverte des » maiïis <> fut accueillie avec peu d'empressement par les accou- cheurs. On s'en défia, et il est aisé de se rendre compte que son imperfection amena dès le début de nombreuses diffi- cultés d'application. Reiss établit qu'on ne commença à se servir du tire-tête qu'une dizaine d'années après sa publi- cation. Palfyn n'avait-il pas, d'ailleurs, assez fait pour répandre la connaissance de son instrument, en le présentant à l'Académie de Paris, qui était alors, et pour notre pays, et pour l'Europe en- tière, le tribunal le plus réputé et le plus compétent? Un chirurgien-barbier de la ville d'Ypres, nommé Gilles Le Doux, pré- tendit aussi l'avoir inventé, mais cette réclamation vient raalheureuseraentaprès la visite de Palfyn à l'Académie de Paris. On ne trouve dans les annales de celle-ci aucune notification de la compé- tition de Le Doux, maisbien des louanges, qu'elle n'a jamais rétractées, à l'inven- teur des • mains ». Pas de trace non plus dans les documents de l'université de Louvain ou du Collège médical de Gand. Il est à supposer que, si le chirurgien d'Ypres avait été réellement l'inventeur, il se serait adressé au corps professoral louvaniste ou à la corporation des chi- rurgiens gantois, pour demander justice, et il aurait ainsi protesté dans son pays, désireux de prouver la priorité de son instrument. Et Rroeckx ajoute que, si la réclamation de Gilles Le Doux avait eu quelque fondement, la corporation gan- toise se serait bien gardée de faire à son compatriote l'injustice de couler en bronze l'image du tire-tête, pour le placer comme, un titre impérissable à la reconnaissance publique, sur le monu- ment qu'elle éleva à la mémoire de Palfyn. L'Angleterre tenta également d'enle- ver à Palfyn le mérite de son invention, pour l'attribuer à l'un de ses enfants, Hugues Chamberlen, chirurgien renom- mé dont il est fait mention dans les pu- blications de l'époque. Levret — un nom connu dans l'art obstétrical — qui regarde l'un des Chamberlen comme le correcteur de l'invention de Palfyn ou de Le Doux, aurait le premier, au dire de Dezeime- ris, auteur français, écrit l'histoire du forceps, mais il objecte qu'il l'a écrite en sens inverse de la vérité. L'invention de Palfyn ne serait qu'une grossière imita- tion de celle de Chamberlen. Non seule- ment Levret n'est pas le premier histo- riographe du forceps, — nous possédons à ce sujet le témoignage de Heister, — mais Dezeimeris, qui suspecte amèrement l'honnête affirmation de Levret, oublie même la date de la découverte de Palfyn (1721), puisqu'il signale des auteurs anglais décrivant un forceps bien supé- rieur à celui de notre compatriote, mais dans des ouvrages datant de 1733 à 1735. Les allégations légères de Dezeimeris demandaient donc un sérieux contrôle, et elles ne résistent pas à la réfutation victorieuse de Broeckx, le médecin d'An- vers, qui, en 1846, protesta contre les affirmations du bibliothécaire de la fa culte de médecine de Paris, et jeta un nouvel éclat sur les titres de Palfyn à la priorité de l'invention. H y eut aussi, en 1833, une publica- 495 PALFYN 496 tion de Kigl\v, constatant que l'on avait trouvé des forceps dans une vieille ar- moire d'une maison ayant appartenu, de 1683 à 171 5, à des membres de la famille Chamberlen. Nous ne nous arrêterons pas à la pauvreté de pareils arguments; on n'a guère de peine à écarter de sem- blables adversaires. Quant aux Cham- berlen, il est certain qu'ils employaient des moyens inconnus et mystérieux dans la pratique de leurs accouchements, ce qui leur valut une renommée qui avait franchi la Manche. Kn 1674, les Cham- berlen se servaient évidemmentd'instru- ments quelconques pour opérer en cas de dystooie. Pour preuve de cette décla- ration, il y a l'assertion de Mauriceau, qui fit l'autopsie, à Paris, d'une femme que le chirurgien anglais avait en vain tenté de délivrer, après son interven- tion. « A l'autopsie, je trouvai, « écrit- il, " la matrice toute déchirée, etpercée • en différents endroits par les instru- « raents dont ce médecin s'était servi » si aveuglément sans la conduite de sa main. « Il ne s'agit pas ici de version par les pieds. D'un autre côté, il est inconcevable qu'on puisse arriver au délabrement utérin, détaillé par Mau- riceau, avec le forceps. Cette lacération et cette transforation s'expliqueraient mieux avec le levier. La matrice était percée en différents endroits. Peut-être pouvait-on, à la rigueur, accuser le crochet-mousse d'Ambroise Paré, qui se recourbait brusquement, dont la destination était de tirer la tête de l'en- fant, lorsqu'elle était restée seule dans la matrice, et dont le bec, par con- séquent, pouvait indifféremment s'en- foncer dans les parties privées de vie. N'est-ce pas le cas pour l'opérateur anglais? Si les Chamberlen étaient en possession d'un instrument libérateur, il nous semble pouvoir conclure des as- sertions de Mauriceau, qu'il ne devait avoir aucun rapport avec le forceps de Palfyn, et qu'il faut plutôt le considérer comme une arme terrible, et, à coup sûr, à double tranchant. Le tire-tête, ou les « mains « de Palfyn, dont le dessin a été fourni par Heister et qui mesurait dix-huit pouces, — longueur calculée pour dépasser le détroit supérieur — était formé simple- ment, dit Rist, de deux branches ter- minées supérieurement par des cuillers (non fénêtrées) dont la concavité s'adapte à la tête du fœtus; il appliquait une branche après l'autre sur les côtés de la tête, et tirait ainsi le fœtus, sans blesser ce dernier ni la mère. Ces cuillers avaient vingt-et-un centimètres de long sur cinq de large. Nous pensons que les Chamberlen se servaient tout bonnement des engins meurtriers alors en usage, et auxquels Palfyn s'était attaché à substituer un instrument qui pût aider à retirer un fœtus vivant du sein de la mère, sans le blesser. L'histoire nous enseigne que le Chamberlen qui vintà Paris, en 1670, avait des instruments, mais sans en donner la moindre description. Et nous ne concevons pas, à moins de manœuvres brutales et inintelligentes que réprouve- raient des vétérinaires, comment, avec les mains de Palfyn, il serait possible de percer la matrice en plusieurs endroits. On peut prétendre que les chirurgiens anglais opéraient avec le levier ou avec des crochets, ou peut-être employaient- ils déjà la version, devenue si fréquente aujourd'hui? S'ils n'ont pas droit à la priorité, ils semblent avoir les titres les plus sérieux au perfectionnement du tire-tête. C'est aussi l'opinion de Morand. D'après Smelli, l'accoucheur anglais, ce fut Chapman qui, en 1735, donna une véritable description du forceps et de la manière de s'en servir. Or, son ins- trument, qui a porté le nom de » forceps de Chapman «, était le même que celui des Chamberlen. Ils n'avaient fait que perfectionner les mains de Palfyn, dont on se servait depuis plusieurs années, dit Smellie, en France, en Allemagne et ailleurs. Heister, professeur à Altdorfï" et Helmstadt, savant éminent et honnête, n'hésitent pas à déclarer Palfyn le pre- mier qui ait inventé le forceps. C'est à lui que l'on doit très probablement l'idée d'unir les deux branches par le moyen d'un axe mobile. Il n'entre pas dans nos intentions de 497 PALFYN 498 nier ([u'aiix mêmes dates des savants différents aient pu avoir les mêmes idées, mener probablement les mêmes recherches, et aboutir ensemble peut- être aux mêmes moyens d'exécution ; mais on ne peut, à notre avis, enlever honnêtement cette priorité à notre il- lustre compatriote. C'est aussi l'avis de Goffin. Enfin, il faut voir Palfyn opérer lui- même, il faut connaître les détails de ses manœuvres exactement décrites, l'intro- duction des deux branches, l'une après l'autre, la préhension de la tête entre les • mains • — expression absolument neuve, due à Palfyn — les précédents mouvements de traction dirigés dans le sens des axes du bassin, pour n'avoir plus aucun doute sur la nouveauté et l'ingénieuse originalité de son inven- tion. Nous sommes heureux de payer ainsi notre modeste tribut d'hommage au savant estimable et désintéressé qui ho- nora si grandement son pays. Ame noble etgénéreuse, bienveillante et attectueuse, ardente au travail , apte à supporter toute» les privations, Palfyn est mort pauvre, aux prises avec la nécessité qui semble le suivre et l'étreindre depuis sa naissance jusqu'au dernier moment de sa vie. Ce fut le 21 avril 1730. Il avait alors quatre-vingts ans et non soixante-dix-huit, comme le constatait erronément l'inscription, corrigée de- puis, de l'église Saint-Jacques. On l'enterra à Gand, selon son désir, dans le coin des indigents, au cimetière de la dite église, du côté du marché au Fil. Palfyn fut longtemps méconnu; c'était un de ces hommes qui, semant un grain pour la postérité, prennent un siècle pour le laisser mûrir. Il dormait depuis plus de cinquante ans, dans l'effacement des haines, des jalousies et des souve- nirs, lorsque les médecins du Collège de Gand ravivèrent sa cendre délaissée, par une protestation énergique contre ceux qui voulaient attaquer sa renom- mée et lui érigèrent un cénotaphe, qui existe encore aujourd'hui, à l'églis^ Saint-Jacques. On y voit la figure du forceps avec cette inscription : D. 0. H. ET Plis MANIBUS JOANNIS PALFYN, SCRIPTIS ANATOHiaS ET CIIIRURGICIS PER EUROPAM [CLARI. «BUT DIE 21 Aprilis 1730, ^tatis svje 80, POSUIT COLLEGIUM MEDICUM GANDAVENSE 1783. L'année suivante, le Collège des mé- decins gantois lui éleva un riche et su- perbe mausolée, œuvre d'art d'une giande impression, due àCh. van Poucke. L',\ca- démie royale de médecine de Belgique a fait graver son effigie dans son sceau, à côlé de la rayonnante pléiade des Vé- sale, des Van Hclniont, des Rega, des Verheyen et des Vander Spieghel. Sa place était au panthéon national, et son nom figure au livre d'or, à côté des Van Eyck, des Rubens, des Grétry, des Van Dyck, des Memling et de tant d'autres dont nul n'oserait contester l'éclat. Cour- trai donna son nom à l'une de ses rues. Les docteurs De Mersman et Goffin lui consacrèrent un vibrant hommage, très noblement ému, et c'est une des contri- butions les plus sincères à l'indéfectible gloire de notre savant. Pour populariser son souvenir parmi les masses, l'airain perpétua ses traits qui clament dans la nue bleue la solennelle protestation de ses concitoyens, et voici qu'aujourd'hui, pour éterniser cette réhabilitation et le prestige de sa renommée, s'élève sur l'une des places publiques de la vieille cité, la statue en bronze de son illustre fils, à jamais désigné de cette façon à l'affection des mères et des enfants dont il est le sauveur, à la reconnaissance de l'humanité dont il fut le bienfaiteur, à l'admiration du petit peuple belge qu'il a contribué, avec tant de célébrités ar- tistiques et scientifiques, à mettre au rang des premières nations du monde. Point d'esprit national, point de pa- trie sans le culte de la gloire : Immortali genio Palfyni, D' Elmoiid Dc-ITui iK'/ Eloy, Uict. Iiist. de la médecine anc. et mo- derne. — Mor- ri, Grand dictionnaire historique. — Annalef de la Société d'émulation de C.ourtrai. — Hoefer, !\'ourelle bioqraphie t/énerale. — Bio- qraphie des hommes remarquables de la Flandre occidentale. — De Feller, Dict. histori» {Barbe), ou Vanden Broeck, graveur au burin, née à An- vers en 1558, du mariage de Crispin et de Barbe de Bruyn. On peut croire qu'elle eut pour premier maître son père, peintre réputé (voir ci-après), et, plus spécialement pour la gravure, son aïeul Abraham de Bruyn, représentant non moins notable de cet art. Elle- même s'y distingua de façon peu ordi- naire parmi les artistes de son sexe. Le Jugement dernier, la Prise de Carthage, la Continence de Scipion, d'après Cris- pin Vanden Broeck, sont traités d'un burin souple et coloré. Observons, en passant, que la date de 1608, qu'on peut lire sur une enseigne romaine, dans le dernier de ces sujets, n'y figure qu'au deuxième état, paru bien des années après sa production. Il y a moins de bien à dire d'une estampe des Eléments, dont le dessinateur nous est inconnu. En 1581, Barbe devint l'épouse du peintre Daniel V^anden Queeckborn , qu'elle suivit en Hollande, après la reddition d'Anvers, en 1585. Ce fut là que naquit et se forma son fils, Crispin, le second, graveur du plus série\ix mérite. Barbe finit ses jours en Hollande, probablement à La Haye, où son mari fut peintre de Maurice de Nassau. L'année de sa mort nous est inconnue. Henri Hymans. F.-J. Vanden Branden, Gesc/iiet/cH/s der Ant- werpsclie schildeischool, p. 293. — Sources per- sonnelles. 509 PALUDANUS 540 ♦ p.«LC»ANCS {Crispiti), ou Vanden Broeck, peintre, dessinateur et archi- tecte, originaire de Malines, dont la date de naissance, fixée à 1530 par Mr Emmanuel Neefs, a été, par AP Van den Branden, avancée de six ans; il aurait donc vu le jour en 1524. C'est erronément encore que l'historien, d'ail- leurs si méritant, de la peinture mali- noise, le fait mourir en 1601 , et à tort aussi que Van Mander, lequel au surplus déclare n'avoir pu être renseigné de pre- mière source, le montre achevant sa carrière en Hollande. Des pièces retrou- vées par M^ Vanden Branden tendent, au contraire, à établir que Van den Broeck finit ses jours à Anvers en 1591. Elève de Frans Floris, admis à la fran- chise en 1555, par la gikie de Saint- Luc, il n'avait point tardé à prendre pour femme la fille du graveur Abraham de Bruyn, l'interprète fréquent de ses des- sins. Bourgeois d'Anvers à daterde 1559, il occupa, dans cette ville, une situation importante. Chargé, à la mort de Floris, de terminer les œuvres de ce peintre, as- socié aux entreprises de Plantin, il con- courut par un nombre considérable de planches à l'illustration des beaux livres de ce fameux typographe. De son crayon procèdent une bonne partie des planches des Sacrarum antiquitatum monumeuta de Louis Jlillessemius (15 67), des Hu- mnnœ saluiis monumenta d'Arias Monta- nus (1571), de la Bible latine de 1583. Il dessina le frontispice du grand ou- vrage de Guichardin sur les Pays-Bas. Au lendemain de la Furie espagnole (1576), il marqua le souvenir de ce cruel événement par une estampe cu- rieuse où la Patience et la Misère sont vues assises sur des monceaux de ruines; au fond, l'Hôtel de ville d'Anvers en flammes. » Bon compositeur, habile en • l'art de peindre de grandes figures « (Van Mander), il prit une part active aux travaux de décoration de la ville à l'oc- casion de l'entrée du duc d'Alençon, François, fils de b'rance, en 1582. Cette même année il fut, conjointement avec Michel Coxcie, chargé, par la munici- palité, de l'exécution d'une toile destinée au Palais municipal; cinq cents livres d'Artois lui furent comptées de ce chef. Ayant quitté la ville au moment de sa reddition au prince de Parme, en 1585, il fut, comme les autres fugitifs, sommé de réintégrer ses pénates, sous peine de confiscation de ses biens. De Middel- bourg, où il se trouvait alors, il envoya la promesse de rentrer sitôt après l'exé- cution de travaux en cours, lesquels, disait-il, avaient motivé sa présence dans la ville zélandaise; la promesse fut tenue. Comme peintre, Vanden Broeck n'est connu que par un petit nombre de créa- tions. La plus importante, aussi la plus intéressante , une Sainte Famille, en figures de grandeur naturelle, est au Musée de Madrid. La composition, de six personnages, est signée. Le Musée de Bruxelles possède de son pinceau un Juyement dernier, daté de 1560; celui d'Anvers, un sujet similaire avec le millésime de 1571; il a été reproduit en gravure par Barbe, fille aînée du peintre (voir ci-dessus). Un troisième Jugement dernier se trouve au Musée d'Arras. Ces compositions, peuplées de petites figures, ont pour point de départ la célèbre fresque de Michel- Ange et trahissent l'infiuence de l'enseignement de Frans Floris. Paludanus, sans avoir séjourné en Italie , compte parmi les liomanistes. Il décora même des figures de saint Pierre et de saint Paul l'ar- moire aux archives de cette confrater- nité. \j Adoration des mages, exposée sous le nom du peintre au Musée de Vienne, ne peut être acceptée qu'avec réserve; c'est une copie d'après un Ber- nard van Orley du Musée d'Anvers, Les compositions de Crispin — c'est ainsi qu'il signe d'ordinaire — attestent une remarquable richesse d'imagination, ser- vie par un talent très sûr de mise en scène. Les compositions de la Prise de Cartkage et de la Continence de Siipion, connues par les estampes de Barbe, échappent à la banalité, chose rare pour les produits de l'abondante imagerie de l'époque. Hondius a donné place, dans le Tkeatrtim honoris, au portrait de Van- den Broeck. Crispin fit souche d'artistes. Sa fille aînée Barbe, graveur d'incontestable 54i PALUDANUS 512 talent, épousa, en 15 81, le peintre \ Chrétien Vanden Queeckbojn, deuxième du nom; après 15 85, elle suivit son mari en Hollande, où naquit sou fils Crispin, graveur dont les productions sont recherchées. Isabelle, la seconde, devint, en 1587, la femme de Jean de Vos et fut la mère du fameux por- traitiste, émule de Van Dyck, Corneille de Vos et du peintre d'animaux Paul de Vos, enfin la belle mère de l'illustre Snyders. Henri Hynians. Max Rooses, Christophe Plantin, imprimeur Amersois dSSS), p. 264-:266. — F.-J. Vanden Branden, Geschtedeuis der Antwerpsche schil- derschovl, p. 3±2-32C. Sources personnelles. VAVtinJkXvt-i (François), ou Vanden Broeck, écrivain ecclésiastique, naquit à Anvers dans la seconde moitié du XVI* siècle et y mourut en 1631. Il fut de bonne heure profès dans l'Obser- vance de saint François et remplit avec zèle beaucoup d'offices de l'ordre. En 1618, nous le trouvons comme gar- dien du couvent des Frères mineurs, à tiaint-Trond; en 1615, dans cette même qualité, à Louvain. 11 occupa ensuite les mêmes fonctions à Bruxelles, puis fut élu Provincial de l'ordre. Il achevait à peine son triennat quand il mourut. Voici les ouvrages que l'on connaît de lui : 1 . I)e Fonc/ix/cens der Goddelycker liefden by manière van Ghebtdt uyt het francliois in Duyische oceryheset. Anvers, Jér. Verdussen, 1613; in-12. — 2. Het leten van den H. Jont-ph, BruydegJiom onzer lieven f^rouwe ; ghemaect eemt inl s/iaensche door den seer Eenoeerdiyhen Pater F. Andréas a Suto, minderùroeder, biechttader van de Alderdoorluclitichste Injante van Spanyien, ende int duytxciie ocergheset. Bruxelles, Jean Mommaert, 1615; in-12. — 2e edit., ibid., 1628. — 3. Handtboexki-h der broederschap ran de Coordc van Sinte-Fruiiciscun. Louvain, Jean Maes, 1616; in-8°. — 4. Leten ran dt H. Ktiz'ibi-th tan Porlngael. — 4. Scliem,a aen H/iecuInni Jignns expresnum , quo Beatce Joauna Falenice, Fruncorum a/iijuandu Reyinci', iJuciima' Bituricemsis, Ordinis B. Virginis Annuntiatœ Funda- tricis, proyenies ustendilur , ex, antiqua Falesiorum et GalU/s Regum stemmate, ejuaque cum potentissimis orbis Impera- toribiis, Reyibus, Principibun coynatio et affinitas (Tableau généalogique de sainte Jeanne de Valois, cité par Sanderus dans sa Choroymphia sacra contentuum fratrum tninorum.) — 5. Relatio ad Re- gem Hispaniarum super conversione Novi Mexici. Léon Goemans. S. Dirks, Histoire des Fr h- es mineurs, p. -tS-l. PAi.VDA^vs {Guillaume), alias Van DEN Broeck ou Van l-en Poel, sculp- teur malinois, figure en ces termes dans les Liygeren de la gilde de 8aint-Luc à Anvers, publiés par Rombouts et Van Lérius, lors de son admission comme franc-maitre en 155 7 : « Gilliarae vanden • Broeck, beeltsneder, alias Paludanus. » Les mêmes auteurs ajoutent en note : » (juillaume van den Broecke, fils de » Henri, né à Malines, sculpteur, fut « reçu bourgeois de cette ville (Anvers), • le vendredi 15 décembre 1559. /^em, 1 payé à maître Guillaume de Palude, « pour avoir sculpté les trois statues « placées au-dessus de la poutre du cru- o cifix, non compris la pierre, XV livres « (Compte de l'église Notre-Dame de la • Noël, 1566 1567). Guillaume vanden « Broecke, alias Paludanus, se bâtit, en « 1567, dans la rue du Canal, nommée • plus tard rue Kubens, une maison à u l'enseigne de la Charité , section 3, • n" 1447. Cette maison fut démolie » en 1832, comme il résulte des : Ins- » criptions funéraires et monumentales 0 de la province d'Anvers. Edifices pu- » blics, p. 40 » . C'est tout ce que l'on sait des tra- vaux de cet artiste durant son séjour aux Pays-Bus. D'après sa pierre tu- mulaire, il mourut le 2 mars 1579, et fut inhumé, à l'âge de cinquante ans environ, dans l'église Saint-Jac- ques d'Anvers; il en résulterait que sa date de naissance remonterait vers 1529. Guichardin en parle avec éloge comme » tailleur et SbUUieux et dili- » gent «. 513 PALUDANUS 51 4 Son épitaphe dans l'église Saint- Jncques d'Anvers portait : Merct wle rust hier door de doot subifctf T'IS GriLLlAM PaLI DANUS BELDSNYDER GHEPRESEN Int leven orwT ontkem l jaeren perfect. STERFF DE-N U MtERT SOO ELC HAG LESEN GOD WIL DOOR CHRISTI'M SYN SALICHEIT WESEN MDLX\1\. GuillauniePaludanus voyageaen Italie et puis en Espagne où on l'appelait Guillermo Paludano. Il exécuta de 1571 à 1573, pour l'ancien monastère de San Leonardo, à Alba de Termes (province de Léon), une reja, cloison, grillage ou balustrade, et, en 1572, une cabeca, tête sculptée (buste), en marbre. Edmond Marchai. Les Liggeren de la gilde de Saint-Luc à An- vers, publiés par Rombouls et van Lerius. — Baert, Mémoire, etc. — Emm. Neefs Histoire de la peinture et de la sculpture à Malines. — Mar- chai, La sculpture et les chejs-d' œuvre de l'orfè- vrerie belges. p«L,i;i»A!«u« (Betiri) ou Pâli dam, Pallude, Pollidano, Pollidami, Ar- RiGO et Enrico Fiammingo, Vanden Broeck, peintre, selon toute apparence frère aîné de Crispin (voir plus haut), né à Malines en 1522, mort à Rome en 1600. Guichardin le range parmi les Malinois et, avec Crispin, entre les élèves de Frans F'ioris : • Encore jeune • d'âge, mais de grand et subtil esprit; • se tint un temps à la suite du duc de ■ Florence, où ayant fait bon essay de • sa valeur, s'en alla à Rome ». Nos recherches confirment l'assertion. Elles font sortir de l'oubli un représentant notable de l'école flamande à l'étranger, à ce point confondu avec les maîtres italiens que son souvenir paraît s'être totalement perdu danssoup^ys d'origine. Non inscrit parmi les artiliés à la gilde de Saint-Luc, à Anvers; non représenté par sesœuvres dans les églises flamandes, il a dû. de bonne heure, franchir les Alpes, bien qu'en réalité la plus ancienne de ses toiles, à Saint-François, à Pérouse, soit datée de 1564. Elle est signée Henricus Mahnis. » Fiammingo » ne se rencontre sous aucun de ses noms parmi les artistes néerlandais dont Bertolotti releva la trace dans les archives ro- maines. Ge ne fut que très postérieure- BIOGR. NAT. — T. XVI ment à la publication de son précieux ouvrage que le hasard d'une recherche lui mit entre les mains un document relatif au séjour de » Pallude « à Home. Il s'agit d'un contrat par lequel , au mois de janvier 1579, Enrico s'engage en- vers Gondisnlvo Alberus, noble romain, à exécuter diverses peintures à l'huile pour l'église de Sainte-Marie des Anges, aux thermes de Dioclétien, travail à livrer pour le mois de juillet de l'année suivante. Sous le nom d'Arrigo Fiam- mingo, Baglione s'occupe assez longue- ment de notre artiste, « pittor b?'ave e di (jran nome ». Il arriva à Rome sous le pontificatdeGrégoireXIlI (15 72-1585), ne possédant, dit cet auteur, qu'un léger bagage artistique, mais, très appliciué à l'étude, ne tarda pas à devenir un maître accompli. Pour l'église de Notre-Dame des Anges, aux thermes de Dioclétien, il fut chargé de peindre sur la voûte de la première chapelle de gauche le Christ chez le Pharisien, avec la Madeleine et de nombreux personnages ; le Christ apparnissatitàla Moffdeine,V\inet l'autre sujets très bien traités. Dans la dernière chapelle, à gauche, Saint-Michel vain- queur des démons., le tout à l'huile, » dans • une belle manière italienne «. Van den Broeck se vit bientôt appelé à l'honneur de concourir à la décoration du Vatican. Dans la chapelle Sixtine, à droite en entrant, il peignit la Résur- rection, et, sous le pontificat de Sixte- Quint, une fresque de dimensions consi- dérables, dans la bibliothèque, où elle occupe ttn panneau entier. C'est un Concile avec de nombreux cardinaux de grandeur naturelle, » de fort bon goût » et d'un excellent fini » (Baglione). L'œuvre est, en ettét, très importante et la Belgique peut la revendiquer avec quelque fierté. A la chapelle Siste, sur l'Esquilin, au-dessus de la statue du pape Pie IV, à droite de la fenêtre, Van den Broeck peignit les figures A' Aminadab et de Nanson, et au dessus de la statue de saint Pierre martyr, Erson et Aram. Ces personnages de l'ancien Testament sont représentés plus grands que nature. A l'église du Campo Santo, la Fuite en \1 515 PALUDANUS 516 Egypte et un Saint- Charles, tous deux à fresque; enfin, à Saint-Laurent iwZwcîwa, l'autel de la chapelle du Baptistère est de Van den Broeck et représente la Vienje sur le Croissant, environnée d'an- ges; dans le bas, les figures agenouillées de saint Laurent, saint François et saint Jérôme. Baglione qualifie cette peinture d'excellente. Dans les galeries publiques italiennes, nous ne trouvons à signaler d'Henri Paludanus que l'unique tableau du Musée de Naples : un Sai/it moine en prière, figure à nii-corps, de grandeur naturelle, l^es caractères de l'école fla- mande du xvie siècle y persistent visi- blement. Nonobstant son incessant labeur , notre compatriote mourut dans une situation voisine de l'indigence, sous le pontificat de Clément Vllï (1592-16U5), à l'àgc de 78 ans. Ce fut, dit M. Nagler, en 1600. Henri Hymans. L. Guicciardini, Description de tous les Pays- Bas (Anvers, 4.o82), p. -103. — Baglione, Le vite de' PtUori, scnUori, architecti ed iniagliatori del poniificato di Gregorio XIV del -IST'i Jino a tempi di l'apa Urbano VIII del 1(>42 (Naples, 4733). — BertololU, Artisti Bolognesi Ferraresi ed alcutii aliri del gia stato pontijicio in Roma nei secoli XV, XVI e XVII (Bologne, 1883). PALi;i>«!Vi)!< (Henri), Des Mai.êts, Van den I'oel, Van den Broeck, ou encore, selon Paquot, Von dem Broich (qui fut sans doute le nom de Paludanus pendant son séjour en Allemagne), écri- vain ecclésiastique, naquit dans la ville ou du moins dans le pays de Liège vers 1570. La date et le lieu de sa mort ne nous sont pas connus. Quand il eut achevé son cours d'humanités, il résolut d'embrasser la vie religieuse, reçut (ap- paremment à Liège) l'habit de récollet, et fit sa profession entre les mains du P. Matthias Sylvius, le gardien du cou- vent de Liège. Piron prétend à tort qu'il a prêché pendant douze ans au couvent de Liège. Ce biographe a mal lu Paquot et attribue à Paludanus ce que Vnuitur des Mémoires dit de Matthias Sylvius. Celte même année, le P. Paludanus était lecteur en théologie au couvent de Briihl dans l'archevêché de Cologne, où ses supérieurs l'avaient envoyé au moins dès l'année précédente. Il publia une traduction latine des sermons du fran- ciscain espagnol Diego de la Véga, dont les œuvres oratoires eurent beaucoup de vogue à cette époque. Voici les titres des ouvrages que nous conservons de lui : 1. R. P. F. Didaci de la Fega, or- dinis S. Francisa, S. Theol. Lectoris, Conciones et Exercitia pia super Evangelia Dominicalia totius anni. Tomns primus, ail Adventu Dowini usque ad Festum Fen- tecostes. 0/ius novum... in Latinum con- versum. Cologne, H. Crithius, 1610; in-S", 731 p. sans les tables. Avec une dédicace datée du couvent de Briihl, le 1 6 septembre 1 609, et adressée au prince Ferdinand de Bavière, coadjuteur de l'archevêché de Cologne et de l'évêché de Liège, qui avait fait beaucoup de bien a ce couvent. — 2. Totnus secvndus, à Feslo Pentecostes usque ad adcentum Domini. Ibid. id. 1610; in-12, 710 p. Dédié au P. Jean de Negen, commis- saire génèral-des Récollets pour les pro- vinces Belgiques et négociateur de la trêve entre les Provinces-Unies et l'Es- pagne. — 3. Item, deuxième édition. Ibid. id. 1612. — R. P. F. Didaci de la Vega, Tolelani, ordinis S. Francisri de Obseriiantia S. Theol. lectoris. Para- disiis Gloria' sanctorum , eorumque trium- phiis Conciones et exercitia pia super festa totius anni. Opus novum, multiplici eru- ditione refertum, in quo de eximiis sanc- torum meritis lucnlenter agitur... in latinum conversum. Cologne, chez H. Crithius, 1610; in-8°, 986 p. Quelques exemplaires portent 1612. Cet ouvrage est dédié au P. Matthias Sylvius, par une lettre datée de Jjiége en 1610. Il avait déjà paru en français, et c'est peut-être sur cette version que le P. Paludanus nous l'a donné en latin. Léon Goeniaas. Paquet, Mémoires, t. IX. — S. Dirks, Histoire littéraire et bibliographique des Frères Mineurs de robseriance de Saint-François en Belgique et dans les Pays-Bas. — [Nouvelle biographie géné- rale de DiUoi. — Valere André, Bibl. belg. — Foppens, Bibl. belg. — Sweerlius, Athenœ, — Piron, Mannen en vrouwen uit België. 517 PA LU DAN US 518 p.«LiD«Ni.i4 [Jean) ou Desmarais (Desmarez), professeur à l'université de Louvain, né à Cassel (France), décédé à Louvain le 10 février 1525. Il n'est connu que sous la forme latine de son nom , auquel il ajouta fréquemment l'épithète de C'asdlttensis. Il faut se garder de confondre ce personnage avec ses nombreux homonymes et surtout avec Jean Paludanus ou Desmarez, qui fut presque son contemporain et naquit à Tournai (Nervius). Elevé à la dignité de rhetor publicus ou professeur public de rhétorique, Pa- ludanus de Cassel exerça cette fonction pendant de longues années. C'était une position des plus considérables, à la- quelle était attachée une prébende de chanoine de Saint-Pierre : son titulaire n'était astreint qu'à des conférences faites les dimanches et jours fériés de- vant un nombreux auditoire. Lambert Hortensius qui l'entendit dans sa vieil- lesse expliquer les livres de rhétorique ad Herenitium le considérait comme le Nestor de la faculté ; le 23 décembre 15U4, il fut investi de la charge de dic- tator, ou rédacteur des lettres officielles, écrites au nom de l'université et la con- serva jusqu'à sa mort. Le 4 mars 1525, le magistrat de Louvain et la Faculté des Arts attribuèrent sa succession à Adrien Barlandus, son ancien élève. Paludanus fut en relations intimes et suivies avec Morus et Erasme, et c'est ce qui fit passer son nom à la postérité. Quand l'illustre homme d'état anglais envoya le manuscrit de 1' Utopie à Pierre Gillis, en le priant de le faire paraître en Belgique, celui-ci s'empressa de le communiquer au professeur de Louvain. Il intervint activement dans sa publica- tion ; la lettre qu il écrivit le 1er dé- cembre 1516 à Pierre Gillis à cette occasion et qui a été insérée au commen- cement du volume en fait foi. Nous avons trois lettres d'Erasme à Paludanus; elles datent de 1504, 1506 et 1517. Dans la première, le célèbre écrivain dédie à son ami son Panégyrique de Philippe le Beau ; dans la troisième, il lui envoie l'épitaphe de Jacques de Croy, évèque de Cambrai. Ces épîtres témoi- gnent d'une haute estime et respirent une vive amitié. A ditlérentes reprises, Erasme jouit chez son correspondant de la plus cordiale hospitalité. Ce fut au cours d'une de ces visites que Paludanus l'engagea — et il faisait en cela preuve d'un jugement accompli — exacto jud aio — à se mettre à l'étude du grec. Tout ce que nous savons de Paludanus nous indique, d'ailleurs, que cet homme énii- neut avait parfaitement conscience des grands intérêts scientifiques qui étaient en jeu à son époque. Alphuiise Rovrscli. Valère André, Fasti Academici, p. 50 el 247. — Érasme. Ejnstnlœ (Londres, i&i'2), col. lOi, 4717, 4778-1782. — Thomas Morus, Utopia, publiée par Michels et Ziegler (Berlin, 189o). — De Ueitlen- bei'g, /re mémoire, p. 79-80. — F. Nève, Mém. hist. et lilt. sur le Collège des Trois- Langues, p. 130. — Le même, La Renaissance des lettres, p. 49, 74, 132.— F. Vander Haeghen, Bibliotheca belgica, v" Adr. Barlandus. ■>Aiii.D.«ivvfii (Jean), ou Desmakez, maître d'école, né à Tournai [Nerviun), mort probablement à Mons vers 1586. Il enseigna successivement à Gand, à Tournai et à Mons. Il devint recteur du collèged'Houdainen cettevilie.en 1564, à la mort de Jean Loquet. On a de lui : Di'iionariolum Rerum Maxime Vulyarium In Communem Puerorum, Fsum, Ex opti- mis quiùusque autoribus c'ogestum , cum Flandrica et Gallica interpretatione . (Gand, Josse Lambrecht, 1544. in-4o ; réimprimé en 1561 chez Gérard van Salenson). Dans la préface datée de Gand, è nostro musœo, 1544, calendis Maij, l'auteur dit qu'il est le premier à publier un lexique latin-françaia-fla- mand. • Ce dictionnaire «.dit Mf Ferd. Vander Haeghen, " ressemble beaucoup » aux vocabulaires en trois ou quatre » langues, qu'on publie de nos jours à » l'usage des voyageurs; il est divisé par « chapitres dont le premier traite de « Dieu et des choses divines; le second du » temps; plus loin, nous trouvons des » chapitres sur les végétaux, les miné- « raux, les vêtements, les boissons, les « arts libéraux, les monnaies, etc. • Sv\reertius, Valère André et Foppens mentionnent un autre ouvrage de Pa- ludanus, malheureusement perdu : Sen- tentia Elegantiores ex hocrate collectée 519 PALUDANUS 520 (Gand, Jospe Lambrecht, 1551). Peut- être aussi écrivit-il un Donat et faut-il voir en lui l'auteur des Leges Morales, cum aliqnot dialoyis puerilibus, qui pa- rurent chez Lambrecht en 1545 (16 fl'. in-8"). Il s'adonna aussi à la poésie latine, comme le témoignent quelques pièces insérées dans les Catonis Disticha de Crucius (Gand, 1546) et dans les Fleurs morales et sentences préceptices de Jean Bosquet (Mons, 1581). Alphonse Roersch. Valère André, 2e éd., p. 548. — Sweertius, p. 439. _ Foppens, p. 709. — F.-F.-J. Leconvet, Messager des sciences historiques, 1858, p. 23- "27. — F. Vander Haeghen, Bibliogr. gantoise, t. I, passim. pal.vi»a:«1;'M {Jean), ou Yanden Broeck, théologien, écrivain ecclésias- tique, né à Malines, le 10 juin 1565, mort à Louvain, le 20 février 1630. Il ne faut pas le confondre avec les deux Jean Paludanus qui précèdent. Sorti septième du Collège du Faucon à l'uni- versité de Louvain, en 1585 ou 1587, Jean Paludanus enseigna pendant un certain nombre d'années l'éloquence dans ce même collège. Puis il devint successivement curé de l'église Sainte- Gertrude à Louvain, de l'église Notre- Dame à Malines et de l'église des SS. Pierre et Paul dans la même ville 11 occupa cette dernière fonction aux envi- rons de 1602, année dans laquelle il fut promu, le 21 mai, docteur en théo- logie à l'université de Louvain. Le 30 septembre 1605, il y devint profes- seur et régent de la Faculté de théologie. Il enseigna la théologie comme professeur ordinaire et l'Ecriture sainte comme pro- fesseur du Collège du Roi et succéda à Jaccjues Jansonius ou à Jacques IStaple- tonus dans une des deux chaires créées en 1546 par Charles-Quint. Il eut lui- même comme successeur le célèbre (Jor- neille Jansenius. Paludanus fut par deux fois appelé aux fonctions de recteur de l'université de Louvain : la première fois, en février 16(J7, il fut présenté par la Faculté de médecine — il cumula alors le rectorat avec la charge de pléban du chapitre de Saint- l'ierre, à Louvain; la seconde fois, eu août 1615, il fut présenté par la Faculté de théologie. Devenu curé et chanoine de Saint- Pierre, il occupa cette charge pendant vingt ans. On lui confia enfin l'archi- prêtrise du district de Louvain qu'il occupa jusqu'à sa mort. Son corps fut déposé, selon le désir qu'il en avait ex- primé, devant l'autel de l'église de l'hô- pital de Louvain, dont les religieuses l'avaient eu jadis pour directeur. Une épitaphe y vantait ses vertus de prêtre et ses talents de professeur , d'orateur et d'écrivain : Optime de Ecclesia scholaqne meritus Ecclesiasies voce facundus ac stylo disertus. Et selon Foppens, en effet, ses sermons sur les mystères de la foi et surtout sur les Pères de l'Eglise avaient une grande valeur. Il écrivit, en outre, plusieurs ouvrages de piété et de controverse qui eurent beaucoup de succès à cette époque. Les principaux écrits de Paludanus sont : 1 . Vindiciœ theolofjieE adversus verôi Dei corruptelas. Anvers, Henri Aerts, 1620-1622; in-S", 2 parties. C'est un commentaire de presque tous les passages de la Sainte Ecriture sur lesquels dispu- taient les catholiques et les hérétiques. — 2. Apologeticus Marianus. Louvain, Henri van Hasten, 1623; in-4°. Cet ouvrage traite des louanges et grâces de la Sainte-Vierge. — 3. De Sando Ijjnatio conrio sacra Louvain, Henri van Hasten, 1623; in-8'. - 4. Ojficina Spi- ritualis sacris concionibus adoplata. Lou- vain, Van l)ormael, 1624; in-4o. Léon Uoemans. Valère André, Bibliotheca belgica. — Id. Fasti Academici. — Foppens, Bibliotheca belgica. — Sweerlius, Athenœ belgicœ. — Molanus, Historiée Lovaniensium, édit. De Ram, t. II — Didot, TSoiwMe biographie générale. — Reusens, Ana- lectes l'onr servir à l'histoire de V Université, 2e série, t V el XI. — De Reiffenbeig, VI» mé- moire sttr les deux premiers siècles de l'univer- sité de Louvain. — Paquol, Mémoires. ■■AL.tJD.«ivi'M {LyntJierides Arnold), ou A Palude, poète latin, vivait à Bruxelles au xvie siècle. Aucun bio- graphe n'a jusqu'à présent relevé son nom, dont la forme flamande serait Vanden Broeck, suivant une annotation manuscrite du poète Prudent van Duyse; I 521 PALUDANUS 522 l'auteur l'a surcessivement latinisé lui- même (le façons différentes : Paludnnus et fl Palude, sur les titres des deux opus- cules que nous connaissons de lui. Quant À Lytitherides, nous ne parvenons pas à expliquer ce mot, à moins qu'il ne faille y voir une allusion à l'un des deux villages brabançons de Neerlinter et Oplinter. C'est par ses œuvres que nous avons quelques détails sur la biographie de Paludanns : il était prêtre et tenait à Bruxelles, au Sablon, une érole. Ayant fait un voyage en Italie, il fut pris de la fièvre et dut sa guérison à un vœu dont il ne se souvint qu'après son retour à Bruxelles, quand il fut de nouveau tombé malade, d'un accès de rhumatisme cette fois, en 1542. Pour s'acquitter de son vœu, il écrivit un pftit poème sur le Saint-Sacrement de Miracle, et il tient à constater dans sa préface, quoi qu'en puissent penser les incrédules, qu'il fut débarrassé de son rhumatisme aussitôt qu'il eût terminé soti travail. Celui-ci parut en 1543, sous ce titre : De sacro- Hantœ lynaxeos sacramento,aund Brnxella apud Belqas in Advciiich et coJitur hodie, et rniraculis célèbre est, h htorici. Ijouvain, Rutger Rescius, mars 1543; in-4°, 7 ff. et 1 f. blanc. Dédié au jurisconsulte Jacques Vorstius, le poème débute par une courte description du Brabant et de ses villes, avec un éloge du poète Chris- tophe Longolius; puis l'auteur s'occupe des Juifs, du sacrement de l'Eucharistie, du crime de Jonathas, et de son châti- ment par le duc Wenceslas; une se- conde partie raconte les merveilleux effets du isaint-Sacrement de Miracle lors de l'épidémie de suette, en 1530, et se termine, après une apostrophe à Martin Cools, curé de Sainte-Gudule, par une courte prière. Paludnnus reprit plus tard les quel- ques versqu'ilavait consacrés à l' Eucha- ristie, les corrigea et les augmenta au point d'en faire un nouveau poème, spécialement consacré à démontrer la réalité de la présence corporelle du Christ dans le Sacrement. Cette amplification, terminée en 15fiO, fut imprimée deux ans plus tard : Carmen votivum paucis ex Erangelio demonstrans veritatem et pree- sentiam corporis Christi in sacrametito sytiaxeos. Louvain, M. Verhasselt, 1.^)62; pet. in-S", 12 ff. La dédicace à (iérard Casens, avocat (palronus causarum) au Conseil de Hrabant, nous apprend qu'Ar- nold Paludanus avait autrefois enseigné à Casens la grammaire. Sur le titre figure un quatrain rie Josse Schellincq, curé de Saint-Nicolas, à Bruxelles. Paul BerKiiians. Les œuvres de Paludanus, la première à la Bibliollicque royale de Bruxelles, la seconde à la Bibliothèque de l'université de Gand. PAi.VDAiiiiia {Michel), théologien et poète latin, ne à (iand le 23 septembre I 593, mort à Louvain le 1 7 avril lfi52. II entra dans l'ordre de Saint-Augustin, devint moine à Cand et s'y consacra à l'enseignement Ce fut pour ses élèves qu'il fit paraître, en 16Î^1, un traité de logique ou dialectique : Isayoge sive in- troductio diolertica (Anvers, Verdussen). Il en partit plus tard d'autres édi- tions (entre autres Verdussen, 1687) à l'usage dC'* étudiants de l'université de Louvain (ad ustitn tyronum, etc.) En 1621, il écrivit également quelques distiques latins pour la tragédie Rosi- munda, de Zevecote, qui à cette époque était encore moine dans le même cou- vent. En 1622, Paludanus obtint le grade de docteur en théologie. Valère André cite déjà notre auteur dans sa Bibliotheca Belgica (1623). Svveertius {Alhenœ Bélgicœ, 1628) reproduit sa notice, en ajoutant qu'il est étonnant qu'un esprit aussi fécond ne produise pas davantage : Mirum est tant fcecundum itigenium non plura partiirire. Sweertius reproduit aussi les vers que Daelhemius écrivit en l'honneur de Paludanus : ISulla tuo inqetiio non tacta scientin mansil Te bona dicendi tantus adussit amor. Paludanus fit paraître en 1628, à Louvain, chez Hastenius, un traite sur la chronologie de l'histoire sainte depuis le roi Snïiljusqxi'k Cyrus: Sacra et théolo- gien chrovologia et concordatitia temporum regum Juda et Israël... En 1634, il devint provincial de son ordre. Puis il fut appelé à donner des cours à l'uni- versité de Louvain. Il donna une nou- 523 PALUDANUS -- PALUDE 524 vellf édition (l'iiii ouvrage de saint Au- gustin : Sntirti Auyudini contra secrnidam Juliani Responsiotiem , operin imperfedi Vif). II, priores pod primnm , anni lfil7, editioiiem, deâit emendatiores (Louvain, Coeupsteyn, lfi42.j En 1635, le poète l,oots lui dédia sa tragédie de Pompeius MayniiH. Dans les dernières années de sa vie. Paludanus intervint dans les polémiques que suscita V /iu(/ustinus de i'cvêque d'Ypres Jansenius. 11 s'attaqua aux jansénistes et défendit vivement le pape Urbain VIII qui, par une bulle {in Eminenti) de 1642 avait donné tort à Jansenius. Les ècrils de Paludanus sur cette question sont : 1. Veritas bullce Urbuniana demonstrata in eo guod asserit In j4vguslino Jnnsenii, miittas e proposi- tionibus a Pio V, et Gregorio XIII dam- natis contineri. Namur, Jean Godefrin, 1650; in-4<> (le 59 p. — 2. Jppendix ad veril'item BuU(r Urbonianœ démons- tratam seu notœ ad Aurelii Avili Moli- vomachiani . Ouvrage de polémique contre la molinomarhie de Jean Sinnich, doc- teur il>- de Borcbgrave Vander Vynckt, Hist. ms. du Conseil de Flandre (Bibl. de Gand). — Foppens, llisi. ms. du Grand Conseil, fotll et Hist. ms. du Conseil privé (Bibl. de Boursogne). — Slein d'Allenslein, An- nuaire de la Noblesse de Belqique. - De Jonghe, Gentsche geschiedenissen, t. II, p. ■IQS, 200, 46(5. — Brilz, Ancien droit belgique. t. 11, p. 442. i»Ani<:i.liothèques des Pays-Ras et dépensa des sommes considérables pour se procurer des ou- vrages inédits. On lui avait envoyé de l'abbaye cistercienne de Sept- Fonts (Allier), un opuscule liturgique attribué à Kaban Maur, dont il recherchait les écrits. Il s'aperçut bientôt que l'indica- tion était erronée, puisque l'auteur y parlait de Grégoire VU, postérieur de plusieurs siècles à l'illustre archevêque de Mayence. Toutefois, dans le but de sauver de l'oubli l'ouvrage pour lors encore anonyme (1) et de rendre service à la commission romaine chargée de la réforme du bréviaire et du missel, Pairie- iius le publia sous ce titre : Microloyus de ecclesiastiris observa tioniôus. Opuscu- lum. aide annos prope quinr/entos ronscrip- tiim ab humine antiquilalis Ecchsiaslicœ stu/fiosUsinio, nuiic primum rero integrum in lucem editum, opéra Jacobi Pamelii. Anvers, Christophe Plantin , 156.5; in-12, 135 p. Ces débuts font honneur au savant brugeois.Jusqu'alorsou n'avait édité que des fragments du Mirroloyus . Pamelius donna l'édition la plus complète de ce précieux commentaire liturgique de Vnrdo romain, tant de la messe que de l'oHice. Ce n'est (|u'en 1S91 que T)om Suitbert Baëumer publia deux nou- v. aux chapitres. J. de Pamele prépara une seconde édition de cet ouvrage, qui fut publiée en 1568 par Hittorp, dans [il 11 parait aujourd'hui prouvé que l'auteur en est Bernold de tonslance 't ^100), moine de l'abbaye de Saint-Blasien [Rente bénédictine, d891, p. 38o). sa collection : De Ecclesite Cotkolicfr divinis oj/iciis, etc ("est cette seconde édition ([ue Migne reproduit d'après la Bibliotheco Patrnm, XVIil, p. 469, dans sa Palroh)(/ie latine (T. ("LI, col. 973 sqq.l, sous le titre : Microhxjiis... stu- diosiisimo, opéra Jacobi Pamelii... in ■ lucem primum edilnm et jam serntido ad matmscripla e.rem/ilaria ab eodem recof/vi- tum . En 15 6r), Pamelius livra A l'impression un travail inédit de Cassiodore : Alnf/itl Aurelii Cassiodori senatoris instilutionis divinarum lectionum liber I. . . Nnnc rero primum typis evnliiatnm . per Javobum Pa- melium Brugensem. Catalogns commenta- torum veterum .selertiorum. in iniirersa Bihiia, ab eodem. Pamelio eoigedus. An- vers, Christophe Plantin, 1566; in-S", 108 p. Iv'ouvrage est dédié à Richard Creagh, archevêque d'Armagh et primat d'Irlande, ancien condisciple de Pamelius au collège du Pape, et qui venait de s'évader de la Tour de Londres, où il avait été emprisonné par les salellites de la reine Elisabeth. Etant encore aux études, J . de Paraele trouvait ses délices dans la lecture des œuvres de saint Cyprien. Dès 15 60, il s'était proposé de publier les Opéra omnia de l'evèque de Carthage. Mais la préparation à la licence et ses voyages aux universités étrangères retunlèrent l'exécution de son dessein l^aus l'inter- valle parurent les éditions de Paul Ma- nuce(Rome, 15 63 jet deGuillaunieMorel (Paris, 15 64) Cette circonstance ne l'arrêta point. Son manuscrit était prêt en 1566. Les troubles du wander jaer l'empêchèrent del'éditer. Entin. en 1568, le fruit de ses labeurs sortit de presse sous ce titre : D. Cœcilii Carthaginiensiis episcopi, totius Africce primatis ac glorio- sissinii marlyrin opéra, jam denno quam accuratissime recugnita, colla tione fada editio)ium Paull Mauntii et Gvilielini Morelli ad eremplari" aliqnol mavuscriida vetuslisnima , certoqiie ordine, habita lem- poriim ratiove, in très Tomoa nuiicprimvm distiticta. /i d nota lion es Jn vola Pamelii.. loti operl sparsim iiiterjecta- ; qnibuH liihi cai^ligationiim ratio et lerlionnm rarielaa obiter indicatur, tum qiiidquid ad Anti- 531 PAMELE 532 quitatem ecchaiasticam pertinet, panris explicatur . Ab eodem recens aâjertn D Cypriani vit a e script is ipsius collecta.. Anvers, veuve et héritiers de Jean Steel sius. L'ouvrafïe est dédié à Vi<>;lius, pré sident du Conseil privé. Après Manuoe et Morel, on ne trouva plus rien d'inédit L'édition Pamelienne n'est donc pas plus complète ; mais elle revêt une forme nouvelle par la distribution des lettres et des traités de saint Cyprien d'après l'ordre chronologique et par d'excellents sommaires placés en tête de chaque épîtrc et de chaque opuscule; elle contient en outre une vie du martyr par Pamelius, des notes pleines d'érudition et des tables très utiles. C'est pourquoi Schoenmann appelle J, de Pamele le vrai sauveur (vere sospitator) de l'évéque de Carthage. Quant au texte, Dora Maran (1726) et Schoenmann (1 792) disent que l'éditeur brugeois le rendit pins exact au moyen des manuscrits trouvés dans les biblio- thèc|ues belges. Hartel, (|ui en 1871 a publié un nouveau texte desaint Cyprien, l'attaque au contraire assez vivement; mais d'après Mercati {UJlcuni nnoii siissidi per In critica del teslo di S. Ci- priono, Roma, 1*^99), la critique n'au- rait pas encore dit son dernier mot. Quoi qu'il en soit, Pamelius réimprima les Opéra S. Cypriani à Paris, en 15 74, et prépara une troisième édition, qui fut publiéeà Anvers après sa mort, en 15 89. D'après une lettre du 7 mars 1585, de Pamelius à Latinus Latinius, l'édition de Cologne, 15 75 (citée par Baluzius) n'a jamais existé. Migne, dans sa Patrologie latine (t. in,.p. LXXVII sqq.), ne mentionne pas moins de onze éditions ([ui virent le jour de 1593 à 1644. Sept (l'entre elles sont purement Pameliennes; les six autres sont appelées Pameliana Goulartii, parce que, outre le texte et les notes de Pamelius, elles contiennent les observations de Simon Goulart, dans lesquelles celui-ci tâche de réfuter celles du chanoine de Bruges et de faire passer saint Cyprien pour calviniste. Dans l;i préface à son Micrologus, .1. de Pamele promet de publier sur la même matière des ouvrages anciens iné- dits, il avait vainement engagé (Claude de Sainctes fplus tard cvêque d'Evreux) à éditer les témoignages liturgiques des Pères latins, comme suite à ce que celui- ci venait de faire en 15 60 pour quelques Pères de l'église grecque. D'autre part, il s'était entendu avec Melchior Hittorp, chanoine de Cologne, pour se partager la publication des écrits sur l'office divin. Plittorp, dans un avant-propos à sa cé- lèbre collection : De catholica Ecclesice dirinis officiis varii i^etustiorum aliquot Ecclesiœ Patrum ac scriptorum libri, Co- logne (Quentell), 1568, annonça l'appa- rition prochaine des œuvres liturgiques de Pamelius. Celles ci, dédiées au cardi- nal Granvelle, parurent, en effet, chez le même imprimeur, sous ce titre : Liturffica Latinonim Jncobi Pamelii... Cologne, fiervin Calenius et héritiers de Quentell, 1571 ; 2 vol. in-4" de 672 et 651 p. Ces deux collections de Pamelius et d'Hittorp forment le plus important ensemble liturgique de l'époque. Le premier volume contient l'historique du saint sacrifice de la messe d'après les Pères latins, avec le rite Ambrosien, Mosarabn etc. Pamelius se proposait, s'il n'était pas prévenu par Claude de Sainctes, de publier en deux volumes les Liturffica Gracorum et en un volume la Concordia Grœcorum cum Latinis in Liturffia prœcipuis ritibus, mais seule- ment après avoir achevé la revision des œuvres de TertuUien et de Raban Maur. Le second volume comprend le Lection- iiaire de saint Jérôme, l'Antiphonaire de saint Grégoire, les Sacramentaires du même pape, de Grimold et d'Alcuin, tous inédits jusqu'alors. Dans sa TÂturgia Romand vêtus, Venetiae, 1748, Mura- tori, adoptant l'avis du cardinal Thoraasi et de Mabillon, affirme que le texte du Sacramen taire grégorien reproduit par Pamelius est plus exact et plus ancien que celui édité successivement par Ange Rocca et Dom Hugues Ménard. Les con- temporains de J. de Pamele, comme les liturgistes modernes, louent à l'envi l'ouvrage du chanoine de Bruges. Dom fîuérangor dit que Pamelius est un des hommes qui ont le mieux mérité de la science liturgique en donnant au public son importante collection, intitulée : 533 PAMELE S3i Lituryica Lafinorum. Eusèbe Renaudot (1716) est plus sévère : tout en accor- dant que ce travail contient des docu- ments qui apportent une sfrande lumière, il soutient que Famelius n'est pas par- venu à la pleine connaissance de la vérité, parce qu'il n'était point au courant de la liturscie orientale et que d'ailleurs il savait peu de grec. Cette observation, dont le dernier détail est tout gratuit, (Sweertius (162 8) appelle Pamelius : utriusque linguee et historùe cof/nitione fxcellens), ne peut viser que le premier volume ; encore est-on tenté de croire que Renaudot a ignoré l'intention qu'avait exprimée Pamelius dv. pul)lier les Liturgira Greecoruni . Ces travaux absorbants n'empêchaient cependant pas le chanoine .T. de P.-imele de se rendre utile autrement. Pierre Curtius, premier évêqne de Bruges, l'admit, malgré son jeune âge, parmi les examinateurs des orninands. Pendant la vacance du siège, les vicaires capitulaires le nommèrent, le 12 mars 1568, doyen de la chrétienté de Bruges. Il n'accejila cette fonction que sous la réserve de pou- voir s'en décharger en temps opportun, l^orsq'i'en 1571 le doyenné de Bruges fut divisé en archiprêtré do Bruges et chré- tienté de Dainme, Pamelius profita du changement intervenu pour se retirer. Durant les trois années de son décanat, il montra le pins grand zèle et prêcha d'exemple en se dévouant à la conversion des hérétiques et à l'extirpation des abus. En 1570, il assista au synode provincial de Malines, où le chapitre de Saint- Donatien l'avait délégué avec son doyen Nicolas de Heere et le chanoine Robyn. Le discours qu'il prononça devant l'assemblée ne nous est pas conservé ; mais les sages et savantes réponses des Brugeois au questionnaire du concile nous disent qu'on avait fait un choix excellent. Déjà en 15 68, de concert avec le célèbre Roger de Jonghe et André Bottyn, il avait adressé au duc d'Albe nn mémoire sur les livres prohibés, devant servir à la confection du Libro- rum prohibitorvm index àe 15 69. Nommé par Rémi Drieux, deuxième évêqne de Bruges, membre de la commission des examinateurs des livres, en vertu de l'ordonnance du 19 mai 1570 réglemen- tant la lilirairic, .T. de Pamele apporta également sa part à la publication de V Index expitrf/atorius àt 1571. H était aussi régulièrement désigné comme dé- légué pour l'absolution do l'hérésie, notiiuiment lors du pardon général en 1570, 1572 et 1574. Le 4 mai 1574, Driutius le nomma écolàtre, en rempla- cement de Georges de Vrieze, décédé. Si le 12 mars 1575 l'évêque eut la conso- lation d'inaugurer à Bruges un collège de Jésuites, il le doit en })artie à Pame- lius, qui s'employa généreusement à recueillir les capitaux nécessaires. Lors- que les sectaires devinrent maîtres de la ville de Bruges, livrée par trahison à Ryhove, le 20 mars 1578, Pamelius se dévoua particulièrement pour la cause de la religion et des malheureux II fit les plus grands eflorts pour arrêter les ravages de l'hérésie et confirmer les fidèles dans leur foi. A l'occasion de l'inique procès monté par le magistrat calviniste contre les Frères-Mineurs, en haine du frère Corneille Adriaensz, il tenta les démarches les plus périlleuses aux fins d'empêcher la condamnation des innocents. Aussi, le parti protestant ne toléra-t-il pas longtemps la présence du zélé défenseur des catholiques. Pamelius est le premier prêtre qui dut s'exiler volontairement. Au grand regret de ses amis, il partit pour Douai, probablement le jour même auquel les Dominicains, les Ermites de Saint-Augustin et les Carmes reçurent l'ordre de quitter la ville, à savoir le 8 octobre 1578. C'est pendant son exil à Douai que Pamelius mit la dernière main à la revi- sion des œuvres de Tertullien, à laqtielle il travaillait depuis longtemps. Les l.'î et 14 septembre 1579, il écrivait les dédicaces de son travail adressées respec- tivement aGrégoire Xlllctà Philippe II. Ces dates ont été l'occasion do l'erreur universelle des auteurs qui mentionnent une édition du Tertullien de Pamelius imprimée à Anvers en 1579. Le Privi- lège du Jini est daté du 20 juillet 1583. Delà, seconde erreurde ceux qui parlent d'une édition parisienne de 15 8;:i, à la- 535 PAMELE 536 quelle seraient ajoutées les Proverbiales formula d'André Hoyus. Quoimie l'im- pression de la première édition fût ache- vée en juillet 1583, celle-ci ne parut pas la même année, ou, si elle parut, elle portait le millésime de 1584. En voici le titre : Ç. Septimi F/ormtis Ter- tulliani, Carthafjiniensis preshyteri, opéra quœ haclenits reperiri potueruni omnia... Cura Jacobi Pamelii Brugensis, Theologi, Jrchidiacotii Audomarapolitani , argu- wentis et nd notationibus toti operi inier- iectis, quibns tum loci obucuriores erpli- cantur, lum quidquid ad antiquitatem Ecclesiasticnm spécial, ilhislratnr . Ab eodem Pamelio recens adjecta TerlulUarii vita... Paris, Michel Sonnius, 1584. Dans la correspondance de Paraelius avec Latinus Lntinius, en 1585, il n'est question que d'une première édition pa- risienne et d'une seconde, en préparation, dans laquelle le brupjeois se propose d'insérer les Conjectura du savant italien . Cette dernière parut à Paris, en 1598, avec les Lori ex conjectura Lalhii Lati//ii Viterbiennis resliluti et le ^d TertuUiani librum de Palllo Joannis Mercerii comm.cn- tarius. Ainsi tombe également la préten- due édition parisienne de 1585. Migne cite encore les éditions suivantes : Pa- meliana-Vraneckerœ (Franeker en Frise), 1597 et l GO 7, avec les notes de Rhénan us et de Junius; Para.-Genevensis, 1597; Pam.-H:^idelbergensis, 1599, 1601; Pam.-Parisiensis, 1608, 1610, Ifilft; Pam.-Antverpiensis, 1609; Pam. -Colo- nise, 1617; Pani.-Rothomaoensis, 1662, réimpression de celle de Paris, 1598, à laquelle on a ajouté : Edmundi Richerii in librum Tertnlliani de Pallio nota. Pa- melius est le premier qui divisa les livres de Tertullieu en chapitres, précédés d'excellents sommaires. Il y ajouta des tables très développées, une vie de l'au- teur, un avertissement touchant les er- reurs dogmatiques du montaniste avec leurréfutation, qu'il appelle • antidote « . Comment se fait-il que l'édition, prête en 1579, ne parut qu'en 1584? Nous pensons qu'il faut en attribuer la cause !i André Hoyus. Celui-ci, invité par son Mécéni- à donner des notes philologiques 'DEnEW {Egbert v.*!¥), graveur au burin, né à Harlem en 1 579, mort à, Anvers vers 1637. Ce sont les dates fournies par Fréd. Verachter, archiviste d'Anvers, à E. Terbruggen, pour le ca- talogue de sa collection d'estampes an- versoises.en 1874; elles semblent devoir être précises, et infirment la version d'Immerseel et des auteurs hollandais qui, à sa suite, font naître l'artiste en 1606, année de son admission à la gilde de saint Luc. Par le style de ses œuvres, Van Panderen trahit son origine néer- landaise, qu'il se soit ou non formé à l'école de son concitoyen, l'illustre gra- veur Henri Goltzius. On possède même de lui une suite intéressante de compo- sitions d'après ce maître, le Médecin tour à tour divinisé ou répudié avec horreur selon que son malade, de rao- .H43 PANELS — PANHAY DE RENDEUX 544 ribond qu'il était, entre en convales- cence. A Anvers, Van Panderen, grave d'après Tobie Verhaecht et Josse de Momper des paysages intéressants (les Parties dv jour; les Mois), et se confond rapidement avec l'école locale. Sans doute fervent catholique, il contribue à enrichir la série des images pieuses qu'elle s'applique à répandre avec une étonnante profusion. Otto Venins l'ap- pelle à concourir largement à sa Vie de saint Thomas d'Aquin {Vita D. Thomœ Aquinatis. Aniv., 1610), et Rubens l'ad- met à graver quelques planches d'après des compositions aujourd'hui perdues, dont la plus importante, la Fierge aux pieds du Christ, intercédant en faveur du (jenre humain, reste encore de valeur secondaire. D'ailleurs, Van Panderen n'a pointde système invariable et sesœuvres, en l'absencede signature, seraient parfois ditticiles à identifier. Une série de grandes figures à mi-corps du Christ, de la Fierge et des Apôtres, d'après Pierre Feddes d'Harlingen; La Sainte Famille, d'après Louis Finson, n'ont rien de commun avec ses planches moins développées telles que le Serpent d^ airain. Saint Louis, évéque, la série des Eoangélistes et des Pères de V Eglise d'après Pierre de Jode, siirtout le grand portrait équestre de Maurice de Nassau, adaptation de l'effi- gie d'Henri IV d'A. Tempesta et ses planches de grand format pour V Aca- démie de l'Epée, le superbe ouvrage de (iérard Thibault (1628), auquel partici- pèrent les principaux graveurs du temps. Cette diversité de manière nous porte à croire que Van Panderen n'a point sé- journé d'une manière ininterrompue dans nos provinces. Si (jérard Thibault était originaire d'Anvers, son livre vit le jour en Hollande et fut dédié à Mau- rice. Toutefois, si Van Panderen ne figure point à Anvers comme y ayant formé des élèves, en Hollande non plus on ne le trouve affilié à aucune corpo- ration artistique. La plus vaste de ses estampes repro- duitunccomposition curieusede François Franck : Senlt-ucp ou urrest des sangui- naires juifs contre Jésus- Christ le sattiieur du monde. Dans cette pièce, fort rare, le Christ, comme un accusé vulgaire, est environné de tout l'appareil de la justice : juges, greffier, témoins à charge et à décharge. Voici, à titre de curiosité, la sentence : » Je Ponce Pilate, préteur " et juge en Jérusalem, dessoubs le très • puissant Empereur Tybère, le règne « duquel soit bienheureux et bendict a éternellement; assis au Tribunal du » siège judiciaire, afin de prononcer et » déclarer sentence pour la synagogue " du peuple judaïque, au faict et cas » contre Jésus-Christ de Nazareth icy -/ présent et par eux mené lié et accusé a devant moy ; que n'estant né que de » père ei mère de pauvre et basse con- " dition, s'est fait par paroles glorieuses " et blasphémeuses fils de Dieu et Roy » des Juifs et se vanté de deifaire le « temple de Salomon ; ouy et entendu le " cas, dis et déclare par ma sentence » qu'il soit crucifié avecq deux bri- " gands « . Henri Hymans. Verachter et Terbruggen, La gravure d' Anvers H874-187S1. — Kramm. Levens en iverken... — Hymans. Histoire de la gravure dans l'école de Rubens (Bruxelles, d879 . v.KJHEi.** (Guillaume). Y oir Pannee/.s. PAWHitBiaRN [Jacques w.\k) ou Pan- HUTSEN, écrivain ecclésiastique, né vers le commencement du xvi^ siècle, à Opoe- teren, près de Brée, prit l'habit religieux dans l'abbaye de Prémontrés de Steinfeld, dans le diocèse de Cologne. Après avoir rempli dans cette maison divers emploi*, il fut élu abbé, en 1540. Plus tard, il obtint la charge de vicaire général de son ordre pour les provinces de Wesl- phalie, de Saxe, de Cologne et de tout le Nord. H mourut à Steinfeld, le 22 juin 1582, en laissant, dans son abbaye, en manuscrit, plusieurs ouvrages théolo- giques, Menri von Neusi. Paquot, Mémoires, t. XI, p. 296. — Piron, Alg. levembeschryving., p. 292. PAiVH.%Y DE nEiiDEVU [Renier], sculpteur et peintre, né à Liège en 1684, mort dans cette ville, le 20 mai 1744, 11 est très probable que la famille était originaire du village de Rendeux, situé 545 PANHAY DE RENDEUX 546 dans la province de Luxembourg, entre Marche et Laroche. On n'a pas de ren- seignements sur sa jeunesse ; on sait seulement qu'il fut élève de maître Ar- nold Hontoir, sculpteur qui jouissait d'un assez grand renom dans la princi- pauté de Liège. En 1702, il partit pour Kome, où il étudia la sculpture auprès de Pierre Legros, statuaire français ; pour la peinture, il se mit sous la disci- pline de Cari Maratte, l'un des peintres de l'école romaine les plus célèbres à cette époque. Panhay de Kendeux demeura dix ans à Eome; on manque également d'informations relatives à, cette période de sa vie. De retour au pays natal, il trouva im- médiatement du travail, car on a de lui des statues et des ouvrages plastiques importants de l'an 1712, date qui cor- respond à celle du retour de l'artiste à Liège. Il lit alors pour l'église collé- giale de Saint-Paul quatre groupes de figures plus grandes que nature, repré- sentant la Foi, l'Espérance, la Charité et la Religion. Deux de ces groupes étaient placés à l'entrée du chœur de l'église ; les deux autres se trouvaient dans le transept, à côté des autels latéraux où ils ont figuré jusqu'au milieu de ce siècle, époque de la dernière restauration de l'église, aujourd'hui cathédrale. Rendeux a exécuté, pour la même destination, deux statues colossales de la Sainte Vierge avec l'Enfant Jésus et de saint Jean-Baptiste. Ces statues en bois étaient placées dans les niches de l'arcature dé- corative qui règne au soubassement du transept. Il avait fait pour la même église le buste de saint Capraise. Panhay de Rendeux avait acquis à Rome un talent facile, gracieux et maniéré, entièrement dans le goût de l'époque et de l'Italie, qui faisait loi alors. Il jouit bientôt dans sa patrie d'une vogue considérable et fut appelé à travailler pour la plupart des églises de Liège. Au Séminaire, ancienne église des Jésuites, il fit les statues de saint Joseph et de sainte Anne ; pour l'église des Carmes-en-Isle, celle de la Vierge Marie, placée sur un autel latéral ; il a sculpté la statue de saint Adalbert pour BIOGR. NAT. — T. XVI. l'église de ce nom, aujourd'hui démolie. D'après les comptes de la construction de l'Hôtel de ville de Liège, 1724-1725, Rendeux fit quatre bas-reliefs et la statue de la Prudence, destinés à décorer cet édifice; ces travaux furent payés la somme de 1,300 florins. Pour l'église Sainte-Catherine, Ren- deux exécuta une statue en bois de la Sainte Vierge, qui s'y trouve encore ; il fit pour l'église Saint-Thomas les statues de cet apôtre et celle de la Vierge Marie avec l'enfant Jésus ; cette dernière est signée et datée : Rendeux sculpebat 1733. La statue de saint Thomas est simple- ment signée. Après la suppression et la démolition de l'église de Saint-Thomas, ces deux figures ont été transportées au porche de l'église Saint-Barthélémy, où elles se trouvent actuellement. Ces sta- tues sont de grandeur naturelle, bien mouvementées et drapées dans le style lourd et maniéré du xviiie siècle. La Sainte Vierge, d'un visage agréable, tient sur le bras droit l'Enfant Jésus qui, dans une pose excessive, lève le bras droit au ciel. La statue de l'apôtre n'a pas d'attribut qui puisse la caractériser; de la main gauche le saint tient un livre ouvert, tandis qu'il élève le bras droit dans l'attitude de la prédication. Le style un peu lourd et mou de ces figures est rendu plus sensible encore par les couches de badigeon blanc qui les couvre, sans doute pour rappeler le marbre blanc , et que l'on a soin de renouveler de temps à autre. On pourrait citer d'autres sculptures de R. Panhay; c'est ainsi que le mausolée d'Adrien de Ghysel et de sa femme dans l'église Sainte-Catherine est un ouvrage de sa main, Panhay de Rendeux a laissé un grand nombre de dessins. L'Académie des Beaux-Arts, à Liège, en possède une série considérable provenant de la collec- tion du chanoine Hamal. M' J. -S. Renier a compté cent et treize croquis, com- positions, études, etc. On y voit des esquisses, des dessins au crayon de cou- leur et des lavis qui dénotent une ima- gination féconde et une main liabile; ce sont généralement des compositions pour 48 547 PANNE - PANNEEL 548 (les travaux plastiques destinés à des églises aujourd'hui démolies, notamment l'Assomption de la Vierge, composée pour la partie supérieure d'un bas-relief; une gloire d'anges rayonnant autour du monogramme du Christ, uneVierge assise sur un croissant entourée d'un groupe d'anges; elle a posé sur ses genoux l'Enfant Jésus lequel, de la lance qu'il tient à la main, perce la tète du serpent que Marie écrase de son pied ■ plusieurs projets de mausolées et de cénotaphes. Une remarquable collection de dessins appartenant à un amateur de Liège a toujours été attribuée à Rendeux ; ce sont des académies et des études faites à la sanguine d'après le modèle vivant, parmi lesquelles on distingue deux groupes de deux figures, et quatre études pour le Christ en croix ; elles portent presque toutes les initiales J. D. L. E,. D'après la tradition, ces dessins auraient été faits à Rome. Dans le domaine de la peinture, on cite une très grande composition que Rendeux exécuta en 1724' pour l'église du couvent des Sœurs de Hasque, à Liège. Cette peinture, représentant le Jugement dernier, couvrait tout le mur au fond du sanctuaire. La peinture a été perdue lors de la démolition de la chapelle ; l'on ne connaît aucune toile de cet artiste qui aurait été conservée. Panhay avait fait, pour cette même église, la statue de la Vierge et celle de saint Joseph. Panhay de Rendeux s'est marié après son retour d'Italie; il a épousé Catherine Demeuse, qui lui donna plusieurs en- fants, nés à Liège entre les années 1714 et 1734. Le sculpteur CognouUe figura comme parrain à la naissance de deux de ces enfants, et il a épousé la fille aînée de Panhay, baptisée a l'église Saint-Adalbert le 22 mai 1714. Panhay a travaillé jusqu'à sa mort. L'année même de son décès, on plaça à l'église de Momalle, village situé entre Liège et Warerame, une statue de la Vierge commencée par Panhay et qui fut terminée par son élevé Joseph-Thomas d'Esneux. J. Helbig. Mémoire pour ser-vir à l'histoire des artistes de la province de Liège, par H. Hamal, ms. (brûlé dans l'incendie du château de Quinquenipoix, le o décembre 188o). — Extrait des comptes commu- naux de la cité de Liège des années 4643 à 1793. par S. Bormans (Bulletin de l'Institut archéolo- gique liégeois, t. VII, p. 403).— J. Helbig, La scu/p- ture et les arts plastiques au pays de Liège et sur les bords de la Meuse, 2<= édit. (Bruges, 1890). — Simon CognouUe, sculpteur liégeois, par H. Schuermans [Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéologie, 2ie année, p. 100 et s. — Essai historique sur l'église St-Paul, ci-devant collégiale (Liège, 1887), p. 190. — Registres pa- roissiaux de l'église de Momalle. — Ms. 1165, bibl. de l'Université de Liège, f» 88. PASiwE (Pierre), conspirateur, né à Ypres, vivait dans la seconde moitié du xvie siècle. D'abord négociant et arma- teur, puis tonnelier à Leyde, il fut arrêté, dans cette ville, le 25 mai 1598, sous l'inculpation d'attentat à la vie du prince Maurice de Nassau. Panne avoua son crime. Il prétendit toutefois que, traqué sans relâche par ses créanciers, traîné de prison en prison, il avait été recueilli à Douai par les PP. Jésuites. Ceux-ci, par des promesses de faveurs temporelles et spirituelles, l'auraient déterminé à assassiner le prince au moyen d'un couteau empoisonné, armé d'un triple crochet. Il était ensuite parti pour la Zélande et s'était enfin fixé à Leyde. Il fut condamné à être décapité et écartelé, jugement qui reçut son exé- cution le 22 juin 1598. La sentence fut imprimée et répandue à profusion. Le P. Jésuite Coster la réfuta dans une bro- chure écrite en flamand et en latin et imprimée à Anvers en 1598. Cette bro- chure a été traduite en français et éditée l'année suivante à Douai. Elle tend à démontrer que la conspiration a été in- ventée de toutes pièces en haine des PP. jésuites et pourjustifier de nouvelles mesures de rigueur contre les catho- liques. Cet attentat célèbre a servi de sujet au roman historique néerlandais de J. van Lennep, De Pleegzoon (le Fils adoptif). Louis Tierenteyn. Vander Aa, t. IIJ, p. 80. — Vander Haeghen, Btbl. belgica, v» Coster. — Bildf^rdyk, Geschie- denis des Vaderlands, t. VIII, p. 192, 174.— Bor, ^ed. hist., I. XXV, p. 20 (4o3); I. XXXVI. p. 28 (î>43). — Wagenaar, Vad. hist., t. IX, p. 12. li. PAWWEEL (Michel), théologien pro- testant, né en Flandre et mort àMiddel- 549 PANNEELS S50 bourg, en Zélande, en décembre 1604, était d'origine patricienne. Il tenait à sa noblesse, la faisait sonner haut en toute rencontre, et ses fils firent comme lui. A cause des persécutions déchaînées par le duc d'Albe, il se réfugia en An- gleterre, y compléta ses études, et, en 1571, vint se fixer à Norwich où des Flamands se trouvaient en grand nombre. Il-ee maria dans cette ville et y exerça les fonctions pastorales. Le malheur vou- lut qu'il eût là comme collègue le fameux Dathenus, dont il ne tarda point à par- tager l'exaltation. En 1577, l'église réformée de Middelbourg lui adressa un appel auquel il s'empressa de répondre favorablement. Il fut installé comme pasteur dans cette ville zélandaise, le 3 novembre de la même année. En 1578, les protestants d'Eccloo voulurent l'avoir chez eux, et le demandèrent au synode de Gand. Cette assemblée répon- dit qu'elle avait déjà accorde Panneel à la ville de Bruges comme pasteur sufFra- gant. C'est en cette dernière qualité que notre personnage assiste, le 26 février 1579, à Gand, à une conférence pasto- rale présidée par Dathenus, et appose sa signature sur un acte adressé aux Etats de Hollande et de Zélande, dans lequel on donnait à entendre que le prince d'Orange trahissait la cause commune par trop de tolérance et de mansuétude. Cette signature nous montre à quel point, dans ce temps-là, l'orthodoxie s'occupait de politique et pratiquait l'in- gratitude. En juin 1581, Panneel en a assez de Bruges; il rentre à Middelbourg pour n'en plus sortir. Il y assiste, en qualité de secrétaire, au synode général des églises réformées des Pays-Bas. Il avait deux fils : Jean, qui étudia la théo- logie àHeidelberget fut pasteur à Baarle et à Axel; et Gédéon, qui s'était fait inscrire à Leide comme anglo-flamand, ce qui signifie sans doute qu'il était né à Norwich, en Angleterre. Ch. Rahlenbcek. G. Janssen. De Kerkliervormimj in Vlaandercn (Ârnhem, 1868), p. 423. — Le même, De licrvor- ming te ISrugge (RoUerdam, iS^iOi, t. I, p. i-H- 2^. — Le livre synodal des églises wallonnes (La Haye, 18%), t. I. p. 82, 9k— Moens, The Walloons and tlieir church al Norwich (1887), t. U, p. 315. PAWXEEI.S {Guillaume), peintre- graveur, né à Anvers en 1600. En 1627-1628, il fut reçu maître dans la corporation de Saint -Luc à An- vers. Les Liggeren mentionnent ce fait en ces termes : • Guillaume Paneels, » peintre chez Kubens », constatant ainsi que le nouvel agréé travaillait et habitait chez le grand artiste. D'autres documents confirment les rapports étroits entre Kubens et Panneels. En 1630, ce dernier étant sur le point de quitter Anvers, sollicita des échevins une attes- tation de bonne conduite ; il comparut devant ces magistrats en même temps que son maître. Pierre-Paul Rubens déclara que, durant cinq ans et demi, Panneels s'était appliqué chez lui à la peinture, avait fait son apprentissage de manière à mériter toute espèce d'éloges et avait fait de sérieux progrès en son art. En témoignage de la grande con- fiance qu'il mettait dans son élève, Ru- bens ajoute que, peu de temps aupara- vant, lorsqu'il dut se rendre en Espagne et en Angleterre pour le service du roi, il avait confié sa maison avec tout ce qu'elle contenait à Panneels et que celui- ci s'était acquitté de sa mission à la plus grande satisfaction de son maître. Cor- neille Vander Geest, le protecteur bien connu des arts, lui rendit un témoignage non moins favorable. Panneels s'établit à Cologne où il termina une de ses eaux- fortes en 1630; enl630 et en 1631, il se trouve à Francfort-sur-le-Mein; en 1631, à Bade et à Mayence, où il est attaché au service du prince-évêque ; en 1632, à Strasbourg. Après cette dernière année, nous ne trouvons plus trace de lui. Nous ne connaissons avec certitude aucun de ses tableaux. J'ai découvert l'année passée au Musée de Budapest le seul dessin actuellement connu de lui ; il représente V Assomption de la Vierge et, sauf de légères variantes dans les accessoires, il est entièrement conforme à l'eau-forte que l'artiste exécuta de la même composition. Par un singulier hasard, je rencontrai quelques jours plus tard, au Musée d'insprùck, une Assomption delà Vierge; mise sous le nom de Domenico Pozzo, 551 PANNEELS 552 mais incontestablement peinte par un Anversois du xviie siècle. Dans ses traits généraux et dans ses détails les plus marquants, ce tableau reproduit l'œuvre de notre artiste dont je venais de trouver le dessin. La composition est rubénienne, la peinture fait songer à Erasme Quellin ; dans son ensemble, l'œuvre, qui doit avoir souffert, est mé- diocre. Je la tiens pour un travail de Panneels sans autre mérite que d'être probablement l'unique tableau conservé de lui. Les seules œuvres qui portent son nom sont des eaux-fortes qu'il exécuta, au nombre de trente-quatre, d'après ses propres compositions ou d'après celles de son illustre maître. Panneels mettait son orgueil àse déclarer élèvede Rubens; il répondait ainsi par un témoignage de vénération et de reconnaissance à l'affec- tion que le grand peintre lui avait mon- trée. Ce bon sentiment devait lui être fatal. L'éditeur qui publia ses estampes, François Vanden Wyngaerde, trouvant avantage à faire croire que toutes les gravures produites par Panneels étaient faites d'après des œuvres de Rubens, ne se fit pas scrupule d'altérer le texte que notre artiste avait gravé sur ses planches. Par le changement ou l'introduction de certains mots, il chercha à enlever au pauvre Panneels la paternité de ses com- positions pour les joindre à l'immense patrimoine de son maître. Ainsi quand Panneels avait pieusement écrit sur l'état primitif de sa planche : Excellentissimi picioi-is FP. Rubeni oUm discip. Guil^ Panneels inven. jecit 16B1 Francofurti od Mœnum; au mépris des lois de la morale et de la grammaire, Vanden Wyn- gaerde inscrivit au second état : Excel- lentismni picloris PP. Rubeni invent. Guilieh Panneels Irancofurti fecit anno 1C31. iMême le texte des gravures faites d'après Rubens fut modifié pour mettre mieux en évidence le nom du peintre. Quand Panneels avait écrit : Ex. inv. Rubeni Je Guiliel* Panneels discip. ejus, Vanden Wyngaerde sentit le besoin d'en faire : Rubeni invent. Guiliels Panneels Francofurti fecit anno 1631. Los iconographes firent un pas de plus et attribuèrent encore à Rubens les com- positions de Panneels gravées par lui- même, dont Vanden Wyngaerde n'eut pas l'occasion de falsifier les inscriptions et qui attestaient en toutes lettres que notre graveur avait reproduit ses propres peintures. Eu égard à cet état de choses, nous croyons qu'il y a utilité à donner la liste des eaux-fortes de Panneels en indiquant de quel artiste émane la composition : Panneels grava d'après Rubens qua- torze pièces : 1 . David étouffe un ours. — 2. David tranche la tête à Goliath. — 3. Un ange nourrit Elie dans le désert. — é.Esther devant Assuérus. — h.V A- doration des Rois. — 6. Le Baptême du Christ. — 7. Madeleine chez Simon. — 8. V Assomption de la Vierge. — 9. ia Sainte Famille. — 10. Saint- Georges. — 11. Sainte- Cécile. — 12. L'Enlèvement de Déjanire. — \Z. La Charité romaine. — 14. Le Portrait de Rubens. Les eaux-fortes que Panneels grava d'après ses propres compositions sont au nombre de vingt : 15. L' Adoration des Bergers. — 16. La jille d' Hérodiade ap- portant la tête de saint Jean- Baptiste. — 1 7 . Saint- Sébastien. — 18. Sainte- Agnès. — 19. Sainte- Barbe. — 20. Sainte-Ca- therine. — 21. Jupiter et Junon. — 22. Jupiter et Antiope. — 23. Apollon et Daphné. — 24. Vénus à sa toilette. — 25. Vénus pleurant la mort d' Adonis . — 26. Psyché recevant d'un aigle la coupe de la beauté. — 27. Méléagre et Atalante. — 28. Za Chute de Phaéton. — 89. Sa- tyre jouant de la double Jlute (anonyme dans Voorhelm-Schneevoogt. Fables 113). — 30. Bacchus ivre soutenu par un Faune et par un Satyre. — 32. Cléo- pâtre se laissant piquer le sein par deux aspics. — 33 . Victoire assise au pied d'un trophée. — 34. Cursus Mundi, jeune garçon allumant une chandelle à celle que tient une vieille femme. — On peut y joindre une Vierge allaitant V Enfant Jésus, dont le Cabinet des Estampes de la ville d'Anvers possède une épreuve non terminée, mais signée par Panneels. Il convient de mentionner encore une pièce douteuse et passablement énigma- tique, c'est une Vierge assise par terre 553 PANNEMAKER 551 tenant l'Enfant Jésus sur les genoux et donnant à boire à saint Jean dans une écuelle. Elle est exécutée d'une manière absolument semblable à celle de Guil- laume Panneels, mais elle est signée Annib. Caracius in. Joannes Panneels fec. francf'K De ces quatre derniers mots, les deux premiers sont d'une autre forme que les deux derniers et au-dessus de francfi, on voit faiblement transparaître les lettres G. P. A-t-il existé un Jean Panneels, fils et imitateur de Guillaume, qui aurait vécu à Francfort et qui n'au- rait produit que cette pièce ? L'eau-forte en question est-elle de Guillaume Pan- neels, dont on aurait fait disparaître le nom pour le remplacer à tout hasard par un • Joannes Panneels «? Mystère ! Tou- jours est-il que nulle autre trace ne se retrouve de Jean Panneels. Citons enfin, d'après Nagler, des por- traits d'anciens ducs de Brabant et de Bourgogne, gravés par Conrad Waumans d'après Panneels. Comme graveur, Panneels ne fait pas preuve d'un mérite bien élevé; ses eaux- fortes manquent en général de finesse; elles sont tantôt trop lourdes, tantôt trop maigres et généralement trop pâ- teuses. Les plus belles sont le Portrait de Rubens et Jupiter et Antiope. Rubens fit subir à la gravure de son temps une véritable métamorphose ; il fit faire à l'art du burin un progrès im- mense et exerça une influence non moins puissante et favorable sur le seul graveur sur bois qu'il employa; mais il ne donna aucune impulsion nouvelle à l'eau-forte. Ceux qui reproduisirent ses tableaux d'après ce procédé : Guillaume Panneels, François Vanden Wyngaerde, Rombout Eynhoudts et Théodore van Thulden furent des praticiens sans grande origi- nalité et sans mérite marquant. Max Rooses. P. Génard, Petnts-Pauhis Rubens en Willem Panneels lUulletiu Rubens, t. I, p. 2:20). — Max Rooses, Guillaume Panneels' Radirungen nach Rubens (Chronik der vervielfalligenden Kunst. Wien, t. III, p. 73). PA^viiEiMAKEit (François et André df), hautelisseurs flamands du xviie siècle. En 1679, deux hautelisseurs, François et André Pannequin, dont le nom flamand, Pannemaker, comme le suppose Alexandre Pinchart, aura été tronqué, reçurent du magistrat de Douai la promesse de certaines exemptions « à » proportion des ouvriers et autres per- » sonnes quy travailleront chez eulx et » de la jouissance d'une grande maison » pour y installer leur industrie de « tapisseurs ». On leur fit même une avance sur une tapisserie qui resta en nantissement entre les mains du magis- trat. Si la rectification proposée par Pinchart est exacte, François et André Pannequin doivent s'identifier avec Fran- çois et André Pannemaker qui, en 1684, demandèrent au magistrat de Lille de recevoir les avantages et privilèges ac- cordés à Blommaert, qui venait de se retirer, attiré par les avantages qu'on lui oftrait à Beau vais. Comme on le verra par le texte ci-dessous, les deux hautelisseurs ne font aucune allusion aux relations qu'ils ont eues avec le magistrat douaisien. Voici le document dont il s'agit et qui renferme d'ailleurs des données fort intéressantes pour la biographie des deux hautelisseurs t « Remonstant très humblement Fran- « çois et André Panemacker père et fils. Il maistres tapissiers de haute-lisse, de u profession dans la ville de Bruxelles, » que dès leur tendre jeunesse ils se Il sont entremis à la fabrique de tapis- H série de haute-lisse en dessoubs les » meilleurs maîtres tant au dit Bru- » xelles qu'aux Gobelins à Paris, en « quoy ils ont si bien réussy, qu'ils en » ont appris une parfaite connaissance » et adresse d'en faire et fabriquer des Il plus fines et des plus belles qu'il se u puisse faire esdites villes, tant en « figures qu'en paysages, ausy qu'ils en » ont fait voir les efl'ets dans la dite » ville de Bruxelles et ailleurs où, pen- « dant plusieurs années, ils ont exercé » la dite profession en qualité de mais- » très, et comme ils ont entendu que » Georges Blommaert va quitter cette Il ville pour demeurer à Beauvais, ils « souhaitaient pouvoir icy établir en sa " place, pourvue que vos Seigneuries » leur feraient la grâce de les y admettre 5SS PANNEMAKER 556 » et de leur donner les droits et ad- 11 vanches que le dit Bloramaert at eu de 11 cette ville. C'est pourquoi, etc., etc.". La manufacture des de Pannemaker fonctionna pendant plus de trente-cinq ans. Au décès de François Pannemaker, l'établissement fut dirigé par son fils André et par son gendre Jacques Des- tombes ou Deletombe. Cette manufac- ture avait adopté, à ce qu'il paraît, le genre des paysages qui étaient exécutés avec habileté. Dans l'inventaire du mo- bilier de Jean Volans, seigneur de Wer- quin, argentier de la ville de Lille, on cite une tenture de cinq pièces apparte- nant à la première période de cette ma- nufacture. Destombes reçut une com- mande de tapisseries pour garnir la salle du Conclave, laquelle était ornée de belles boiseries et de toiles dues au pin- ceau d'Arnould Vuez. A la mort de cet industriel, qui survint en 1719,sa veuve se trouvait avoir à réclamer de ce chef la somme de 2,100 florins. J. Destréc. Houdoy. Les tapisseries lilloises. — Jules Guiffrey, Histoire de la Tapisserie. — Alexandre Pinchart, Histoire générale de la Tapisserie. Pays-Bas. i>A:vi;EiiAKi^R(G»27^a//»26DE), poète dramatique du xve siècle. Le nom de cet auteur a été signalé pour la première fois par Ed. Vander iStraeten en 1864'. Nous savons par un compte communal de la ville d'Alost qu'il composa au xve siècle un myslerie spel. Cette œuvre est sans doute perdue. Léonard Willeiiis Ed. Vander Straclen, dans De Eendrucht, t. XVIII (1863-'1864j, p. 4o. PAiVNEnAKRR [Guillaume i»r:),hau- telisseur bruxellois du xvie siècle. On ne possède pas de renseignements sur la date de sa naissance. 11 était selon toiite vraisemblance le fils de Pierre De Pan- nemaker (voir plus loin). Comme ce dernier, il jouit de la faveur des princes grâce à l'habileté (pi'il a déployée dans les diverses tâches qui lui furent con- fiées. V.n 15.".9, la reine Marie de Hon- grie, gouvernante des Pays-Bas, lui fit l'acquisition d'une tenture d'une très grande valeur : " A Henry, Jean et Guil- " laume De Pannemakere, tapissiers à « Bruxelles, la somme de viijciiij'^'^i li- I vres viij sols, de XL gros, pour II ciiij>*''vij aulnes desix riches faictes de 11 soye et de fine sayette de l'Histoire de « la Jeunesse de Paris Alexandre (sic) n laquelle tapisserie Sa Majesté a acheté 11 d'eulx. 11 II résulte encore de ce do- cument que Guillaume avait deux colla- borateurs de son nom, des parents, sans doute ses frères, qui continuaient de concert avec lui les aft'aires de leur père, Pierre De Pannemaker. Quant à Henry et à Jean, c'est la seule mention qui en soit faite dans les documents mis au jour. En 155 6, Guillaume s'occupa de la restauration de l'Histoire d' ^gamemnon et de Psyché et il reçut pour ce dernier travail 18 deniers l'aune, soit 43 livres 7 sous 6 deniers, etc. Deux ans plus tard l'Histoire du roi Clovis et de C/otilde, sa femme, de la Ba- taille de Liétje, de V Arbre de Jessé, de l'Histoire de Jose])h le Juste, du Purga- toire, (les Sept Ages, furent restaurées par Henri et Guillaume Pannemaker. Le nom de ce dernier hautelisseur reste attaché à la confection de la célèbre tenture de la conquête de Tunis. Charles-Quint se fit accompagner sur le continent africain par le peintre Jean Vermay ou Vermeyen qui était né à Beverwyck, près de Haerlem, en 1500. Cet artiste nota et dessina avec une conscience extrême les grands événe- ments et les incidents de la conquête de Tunis. De retour en Europe, l'artiste exécuta, au petit pied, une série d'es- quisses. Après avoir tenu compte des observations de l'empereur, il dessina douze cartons sur une grande échelle, et Guillaume De Pannemaker s'engagea par contrat à exécuter la tenture par contrat intervenu le 20 février 1548- 1549. Cette suite comprenait douze pièces qui devaient être tissées de fil d'or, d'argent, de soie et de » la plus " fine sayette « mélange de laine et de soie. En outre De Pannemaker s'enga- geait i\ n'employer que des soies prove- nant de Grenade, à ne se servir que de 557 PANNEMÂKER 558 laines de premier choix, et pour la trame à prendre du fillet de Lyon le meilleur et leplui exquis que V on pourrait trouver, quelque prix qu'il put coûter. De son côté, l'empereur devait fournir le fil d'or et d'argent, et De Pannemaker reçut cinq cent cinquante neuf livres et une once de soies lesquelles avaient été filées à Grenade. Les soies comprenaient dix-neuf couleurs et chacune de celles-ci avait de trois à sept nuances. Il y eut cent et soixante livres de fine soie noire au rebut après qu'on eût tenté, mais en vain, d'en produire de la couleur bleue. La dépense pour la fourniture de la soie s'éleva à la somme de 6,687 florins. Comme l'empereur avait hâte d'entrer en possession de la tenture, il avait eu soin de faire stipuler que le travail s'effectuerait simultanément à chacune des tapisseries, de telle sorte que quatre vingt-quatre ouvriers, soit sept par ta- pisserie, étaient constamment employés. Les diverses pièces furent soumises au contrôle des jurés ou doyens du métier, et le maître hautelisseur dut y apporter plusieurs corrections. Le fait n'a d'ail- leurs rien de surprenant lorsqu'on con- sidère la foule d'éléments, les innom- brables personnages qui tiennent dans ces pages d'un rendu si précis et si mi- nutieux. Pour prix de son travail Pan- nemaker avait droit à 12 florins l'aune, et, en plus, à une rente viagère de 100 florins pour le cas où l'empereur serait satisfait du travail. L'exécution de la tenture demanda un peu plus de cinq ans. Les douze pièces furent terminées, en eff'et, le 21 avril 1554. Les doyens Hubert Vander Tommen, François Geubels et André Mertens examinèrent la tenture ; ils constatèrent qu'elle re- présentait une surperficie totale de mille deux cent quarante-six aunes carrées, ce qui portait le prix à 14,952 florins. Les tapisseries furent emballées avec un soin tout spécial. De Pannemaker reçut l'ordre de les con- duire en Angleterre d'où elles furent envoyées en Espagne. Ces tapisseries ont figuré souvent depuis le xvie siècle dans diff"érentes cérémonies, et, en 1900, on a pu voir l'une d'elles au pavillon d'Espagne à l'exposition uni- verselle de Paris. L'exécution de cette tenture se recommande par une finesse remarquable d'exécution et par une to- nalité très claire. Les cartons de Jean Vermeyen, conservés à Vienne dans les riches collectionsde la maison impériale, ont été interprétés de nouveau au xviiie siècle par Josse Devos. Cette suite fait aussi partie des trésors antiques de la maison princière. Guillaume Panne- maker exécuta pour le cardinal de Gran- velle une tapisserie unique représentant divers épisodes de la suite de Tunis. Cette pièce, qui porte le monogramme du maître, appartient à M"" le marquis de Contades ; elle coûta la somme de 730 florins. La suite de Tunis comprend, comme on l'a dit plus haut, douze pièces : lo la quarte ou carte, qui nous montre le théâtre de la guerre; on y voit repré- sentée la figurede Jean Vermeyen; 2° un monstre ou revue que Charles passa à Barcelone avant de prendre la mer pour Tunis; 3o la navigation; 4° l'escar- mouche; 5® le camp; 6>' le. Jourragement ; 6o la,prise de la Goulette ; 7° la bataille des puits de Tunis ; 8° la prise de la Gou- lette ; 9° la prise de Tunis; lOo le sac de Tunis; 11° les vainqueurs se rendant en rade, et enfin, 12" l'embarquement. Il convient de citer maintenant deux tapisseries représentant : l'attaque et la tictoire, appartenant à la suite des victoires du duc d'Albe, qui, il y a peu d'années, faisaient encore partie des col- lections Berwick et d'Albe ; elles portent le monogramme du maître bruxellois. Ces vastes compositions qui racontent les incidents des campagnes soit de Charles-Quint, soit du duc d'Albe, ont joui d'une grande vogue dans nos con- trées. Ce genre, comme le fait remar- quer M' E, Mùntz, " est au style hé- » roïque ce que les chroniques sont à » l'histoire : il provoque l'intérêt par » la minutie des renseignements mis en » œuvre, non par la supériorité des vues « ou la noblesse des sentiments «, De son côté, Charles Blanc a fort bien ca- ractérise cet art si pittoresque par ses informations si précises et si variées : 559 PANNEMAKER 560 " Il y en a pour des heures, dit-il, à re- » garder les infinis détails des tapis- « séries tissées en l'honneur du duc 1/ d'Albe ; le campement et le mouve- » ment des troupes, la cavalerie et ses » bannières, les batteries de canons et « le sol jonché de morts, des fantassins n en fuite, des escadrons en déroute, et » le passage d'un fleuve défendu par » l'artillerie, et le pittoresque désordre « des vaincus contrastant avec la régu- II larité des bataillons sous les armes, » qui n'ont pas encore donné, et les u épisodes que forment, çà et là, des " reîtres qui interrogent des paysannes « et des officiers qui les trouvent jolies. 0 II n'est pas jusqu'aux bordures qui ne n soient intéressantes, plus encore que » ne le sont, par exemple, les estampes Il de Délia Bella et de Callot, parce qu'on " y voit en couleurs tout ce qui suit ou u accompagne la marche d'une armée : Il les chariots de bagages du train des Il équipages, et ceux qui traînent les « affûts, les prisonniers qu'on amène, " les paysans à qui l'on fait porter le » butin, et les femmes qui voyagent de » conserve avec les soldats écloppés et " les conducteurs de fourgons. Cepen- II dant ce défilé de figures et de chariots Il n'occupe que la frise inférieure de la Il tapisserie. La partie verticale de la Il bordure est égayée par des images qui » ont été mises là pour distraire un ins- » tant l'attention. Ce sont des volatiles. Il des quadrupèdes, des serpents, des n paysages avec des ponts et des tou- " relies, des villages et des lisières de " bois ». Jamais les auteurs des cartons n'eussent songé à livrer de sembla- bles modèles à des hautelisseurs s'ils n'avaient été convaincus de leur goîit et de leur habileté. Et l'on peut dire tant pour la tenture de la conquête de Tunis que pour les victoires du duc d'Albe, que l'interprète a rendu fidèlement et agréablement le modèle qui lui était proposé. On conserve à Vienne dans les col- lections de la maison impériale d'Au- triche dos tapisseries représentant les armoiries de Charles-Quint et portant le monogramme du hautelisseur bruxellois. Sur une suite appartenant au même fond et connue autrefois sous le nom des • sept péchés mortels » , on rencontre aussi la même marque. L'on est qu'imparfaite- ment renseigné sur les œuvres de Pan- nemaker faisant partie des tapisseries de la couronne, les monogrammes des ta- pissiers n'ayant pas été, à Madrid, l'objet d'une étude spéciale. L'artiste bruxellois exécuta pour Philippe II V Histoire de Noé dont plusieurs pièces ont été repro- duites. Les sujets sont : Dieu ordonnant à Noé de construire l'arche, Noé présidant à la construction de l'arche, Noé sortant de l'arche. Pannemaker éprouvait parfois de grandes difficultés à se faire payer de son royal client, témoin le passage em- prunté à une lettre du 9 juin 1566 de Morillon : « Je suis scur que Panne- « raaker ne délivrera la tapisserie s'il " n'est paie, et il a grande raison. Il aïant tant de temps attendu son " paiement. « Le célèbre tapissier tint bon et bien lui en prit. A peine avait-il touché la somme qui lui était due qu'éclata à Anvers la fameuse furie espagnole, dont un épisode des plus caractéristiques fut précisément le pillage du Pand aux tapisseries. Ce fut une perturbation gé- nérale dans le commerce des productions de haute lisse, lesquelles étaient dirigées vers cette ville, des divers points du Brabant et de la Flandre, pour être ex- posées et vendues dans cet entrepôt. La tenture visée dans la lettre pré- citée et connue sous le nom de tapis- serie de Noé, fut expédiée; mais à la date du 9 juin 1569 on n'en avait pas encore de nouvelles. « M, de Mende- « nesse enjoignit, dit A. Wauters, pro- » bablement sur les ordres du roi, d'en " reprendre les cartons et de les garder » avec soin ; et on les déposa au garde- • joyaux ou garde-meubles. Marguerite " de Parme les avait trouvés beaux et « aurait désire les faire reproduire en Il soie par Pannemaker. Mais Morillon, Il comme il le dit dans une lettre en date " du 21 août 15G7, refusa d'acquiescer " à sa demande ne voulant pas, sans le . •I consentement de Philippe 11, laisser 561 PANNEMAKER 562 » imiter un travail qui avait été exécuté » pour lui » . Grâce à De Pannemaker et à ses émules, l'industrie de tapisserie était très florissante à Bruxelles. Cette pros- périté suscita des fraudes ainsi que cela résulte d'un incident auquel le célèbre hautelisseur fut directement mêlé. De Pannemaker dénonça à Marguerite de Parme Nicolas Hellinck, marchand de Bruxelles, pour avoir fait vendre par le courtier Vrauckx sous le nom de tapis de Bruxelles une tenture fabriquée à Enghien. La gouvernante générale des Pays- Bas, qui était entrée en possession des tapisseries litigieuses, ordonna d'ouvrir sur-le-champ une enquête, laquelle fut suivie de la comparution de Hellinck et de Vranckx devant le président Viglius. Interrogé sur l'origine des tapisseries qui étaient devenues la propriété de la duchesse, le premier répondit qu'elles avaient été faites à Enghien ; et comme on le questionnait au sujet des marques qui auraient été enlevées, il répondit qu'il n'avait pas de raison pour cela puisque, ajouta-t-il, * on y fait (c'est-à- » dire à Enghien) aussy bon ouvraige • qu'en ceste ville et que autrement les • tapisseries pourraient sembler trop » faictes en lieu iucongneu ». Ainsi, il résulte des productions d'œuvresqui nous sont parvenues de cette époque que les productions d'Enghien n'étaient pas, il s'en faut, à dédaigner. Il ne peut être question de reproduire les explications du courtier ; mais il convient toutefois de noter cet aveu bien caractéristique. Quand Pannemaker, rappelé par le président Viglius, affirma que des huit pièces litigieuses plusieurs ne portaient pas de marques, et que, sur cinq ou six, les marques étaient • hostées avecq l'encre et qu'il n'avoit • trouvé aucunes marques (sic) de la » marque de Bruxelles, sinon les mar- » ques d'Enghien hostées » . L'incident provoqué par Pannemaker eut des suites durables, car les hautelis- seurs bruxellois veillèrent avec plus de soin que jamais à prévenir les fraudes. Les doyens et jurés du métier des tapis- siers de Bruxelles d'accord avec les bourgmestre , échevins , receveurs et conseil de cette ville, représentèrent au conseil de Brabant que l'ordonnance que l'empereur Charles-Quint avait fait pu- blier le 28 juillet 1551, n'était pas ob- servée à Anvers. Le conseil de Brabant parvint, après d'opiniâtres résistances, à faire publier le 28 juillet 1562 un édit relatif aux fraudes commises au détriment des hautelisseurs. Jusqu'à présent il n'a pas été dressé de liste complète des œuvres sorties de l'atelier de Guillaume de Pannemaker. Le plus grand nombre se trouve dans le garde-meubles de la couronne d'Es- pagne. Seulement il n'a pas été publié jusqu'à présent d'inventaire des ten- tures. Mais étant données la longue car- rière du maître et la faveur dont il a joui auprès de Charles-Quint, de Phi- lippe II et de Marguerite de Parme, il y a lieu d'admettre qu'il a dû par- ticiper à divers travaux dont le souvenir n'est pas parvenu jusqu'à nous. On voit le monogramme de Guillaume de Pan- nemaker sur plusieurs pièces de la suite de l'Histoire de Vertumne et de Pomone, sur la première pièce de V Apocalypne , sur l'Histoire de Noé qu'il a exécuté en collaboration avec François Geubels,sur V Histoire d'Abraham, sur les Tables d'Ovide. Toutes ces pièces appartiennent à la couronne d'Espagne. Le monogramme de Guillaume de Pannemaker consiste en un w surmonté d'un p dont la partie inférieure est traversée par deux lignes. Dans V Histoire d' Abraham dont il vient d'être question, le p est remplacé par un grand quatre. A vrai dire, on peut douter que cette marque appartienne au maître cité. Selon A. Wauters, il ne pourrait planer aucune incertitude. J. Désirée. Houdoy, Les tapisseries représentant la con- queste du liot/aulme de Thunes, par l'empereur Cliaiies-Quint. — Alph. Wauters, Les tapisseries bruxelloises. — Alexandre Pincliart, Histoire (jt)iérale de lu Tapisserie (Pays-Bas). — Jules Guirtrey, histoire de lu Tapisserie. PAWKEMAKER (Pierre we), haute- lisseur bruxellois des plus habiles du début du xviL- siècle. On ignore les par- 563 PANNEMAKER — PANS 564 ticularités qui se rattachent à son ori- gine et à ses débuts. On sait qu'il habi- tait la capitale de Brabant, et il résulte des documents connus qu'il jouissait d'un renom excellent. Il balança même la réputation de Pierre d'Enghien dit Van Àelst, à qui était échu la tâche déli- cate d'interpréter les cartons de Raphaël représentant les actes des apôtres. Marguerite d'Autriche lui acheta, vers 1519, deux scènes de la vie du Christ, et un peu plus tard la gouver- nante acquit également de lui deux ta- pisseries représentant l'une le Christ au Jardin des Oliviers et le Portement de Croix. Ces deux dernières furent payées près de 2,000 livres. Les cartons de ces tapisseries, conservés dans la collection de la couronne d'Espagne, ont été at- tribués erronément à Roger Vander Weyden. On a proposé avec beaucoup plus de vraisemblance le nom de Bernard van Orley. En tout cas, ces pièces sont contemporaines de cet artiste. En 1523, Pierre Pannemaker reçut le titre de ta- pissier de » Madame la gouvernante des Pays-Bas ». Six ans plus tard, Pierre de Pannemaker est chargé de restaurer la célèbre tapisserie de Gédeon, com- mandée jadis par Philippe-le-Bon, en 1448, aux hautelisseurs tournaisiens Robert Dury et Jean de l'Ortie. Ce mo- nument textile était tellement détérioré, que le peintre van Ghiesterghe fut chargé de dessiner certaines parties afin de combler le? lacunes qui existaient dans la tapisserie, de Pannemaker fut se- condé dans ce travail par Jean de Hanes, van Ophomen et un nommé Zacharifes. Le fait que de Pannemaker ait été chargé de ce travail suffirait à établir, à défaut d'autre témoignage, l'autorité dont jouissait ce hautelisseur. La ten- ture dont il s'agit fut longtemps exposée dans le Palais; elle faisait dire à un auteur du xvie siècle » qu'elle était la plus riche et exquise tapisserie qu'on ne sauroit avoir vue • . En 1551, Pierre Pannemaker vendit à l'empereur ('harles-Quint une riche pièce de tapisserie d'or, d'argent et de soie contenant XXVIII aulnes. Cette tenture représentait « la Cène que N.-S. feist à apôtres le blanc jeudi • (le Jeudi- Saint) ; elle lui fut payée 1,038 livres, à savoir 38 florins l'aune, ce qui était le prix le plus élevé à cette époque. Le hautelisseur exécutait également des travaux d'un travail moins précieux. Eix 1525, il livra cent tapis de mulets des- tinés au voyage de Charles-Quint en Italie. En 1536, on le voit livrer cent vingt tapis de mulets armoires des armes de l'empereur, longs de IIII aulnes et larges de III aulnes et demye. Cette fourniture était vraisemblablement des- tinée à la fameuse campagne de Tunis. i. Dairée. Alph. Wauters, Les tapisseries bruxelloises. — Houdoy, Les tapisseries lilloises, p. 144. — Hou- doy. Les tapisseries de la conquête du royaulme de Thunes, p. 5 et 89. — Jules Guiffrey, Histoire de la Tapisserie. PAivNEMAKEB, peintre. Voir Pen- NEMAECKER. PAM8 {Wautier), sculpteur. Cet ar- tiste ne nous est connu que par sa par- ticipation aux travaux d'ornementation extérieure de l'église de Notre-Dame du Lac, à Tirlemont, dont les parties les plus belles sont le porche, le côté méri- dional et la tour. Dans les plus anciens comptes qui se rapportent à la façade (1362-1363) et que P.-V. Bets cite dans son Histoire de la ville et des institutions de Tirlemont (Louvain, 1861, t. II, p. 105), on trouve, en ce qui concerne cet artiste, la mention suivante dans le détail des sommes payées pour les élégantes sculp- tures du grand portail : » Item Waltero « Pans ... sabbati post omnium sancto- « rura de II foliis ante liptam VI lib. ». Ces comptes portent, en outre, l'indica- tion de dix-neuf statues dues au même sculpteur, lequel toucha cinq livres pour chacune. La statue de laVierge, qui était plus considérable que les autres, lui fut payée dix-huit livres, douze sous. » Item « de una imagine magna, videlicet de » B. Virgine Maria, III ob. aureos va- « lentes XVIII lib. XX s. *.. Wautier Pans contribua aussi à l'exécution des moulures des dais, des consoles et des niches, lesquels furent surtout l'œuvre ses PANTIN S66 de Botson de Racourt, de Jacques Lau- reys (appelé Laureutii dans les comptes, mais désigné le plus souvent sous le prénom de Jacques), et Jean d'Utrecht. Kdmoiul Marchai. P.-V. Bets, Histoire de la ville et les institu- tions de Tirlemont, t. Il, p. lOlï. v/klUTi^ (Guillaume), médecin et phi- lologue, naquit à Thielt au coromence- ment du WK siècle et mourut à Bruges le 2 octobre 15S3. 11 fit ses études mé- dicales à l'université de Louvain et s'y lia d'étroite amitié avec Pierre Dacquet qui devait plus tard devenir médecin de la ville de Fumes. 11 s'y attacha tout spécialement à l'enseignement de Charles Gosinus et de Jérémie Triverius ou Brachelius (de Dryverevan Braekel).Ces deux maîtres devaient avoir une haute idée de la valeur et des aptitudes de leur élève, car ils l'engagèrent vivement, par la suite, à monter en chaire à son tour. A leur demande, Pantin donna une série de leçons publiques sur le de Arte Medica, de Celse, son auteur de prédilection. Bien qu'il ait expliqué pendant assez longtemps ce traité, il ne porta jamais le titre de professeur à la faculté et c'est par erreur, sans doute, que Valère André, dans ses Fasti Aca- demici (page 364), cite son nom parmi ceux des professeurs qui, le 29 novembre 1567, jurèrent solennellement fidélité aux décisions du concile de Trente. Valère André aura confondu avec Guil- laume Bernartius,né également à Thielt, reçu professeur ordinaire à la faculté de médecine le 28 février 1559, décédé à Louvain le 15 mai 15 72, à l'âge de 52 ans, et inhumé ù Sainte-Gertrude. En efl'et,dès le commencement de 1551 ,nous trouvons Guill. Pantin établi ù Bruges avec le titre de médecin-pensionnaire de la ville. Il y continua ses travaux sur sou auteurfavori et publia peu de temps après le fruit de ses recherches en un impor- tant volume in-folio : Aurelii Cornelil Celui de Arte Medica libri odo, rnidtis m locis iam emendaiiorenlotifjé, (jnàrii urK/nam avtea, edlli, etc. 6 H'. lini.;5r)4 p., 18 H', n. ch. L'ouvnigc p;inil ù B;ile en mars 1552, chez J. Herbst (Oporinus), et fut dédié au Sénat de Bruges. Pantin y établit le texte de Cclse en se basant sur les éditions de t^olingen et de Venise, accompagne les deux premiers livres d'un abondant commentaire et donne sur les autres de brèves annotations. Partout où il le peut, il joint à son interprétation des rapprochements avec Galien et Hip- pocrate. Par l'étendue et la variété de ses connaissances médicales, il montre qu'il était parfaitement à la hauteur de sa tâche. Son livre hii valut les témoi- gnages les plus flatteurs. Uevu avant et pendant l'impression par les doux maîtres préférés de l'auteur, à Louvain, ainsi que par Vésale et Corneille Baesdorp, il reçut les suflrages de ces deux illustres méde- cins de Charles V. La latinité du com- mentaire est fort élégante et digne du grand écrivain romain. A Bruges , Pantin alliait la pratique de son art avec l'étude des belles-lettres et le culte des Muses. Il avait d'intimes relations avec les philologues et poètes qui faisaient de cette ville, à cette époque, un si brillant foyer de culture intellectuelle, les Lernutius, les Meet- kerke, les Xans, les Giselin,lesModius, les Goltzius. Il dédia à Hubert Goltzius quelques vers latins que celui-ci imprima en tête de deux de ses ouvrages. Tout ce petit cénacle ménagea, en 1577, une mémorable réception à Juste Lipse quand il dut quitter Louvain pour se rendre à Leyde. Le célèbre professeur inséra la même année une lettre adressée à Pantin dans ses Epistolica' Quceationes. Guillaume Pantin mourut à Bruges, célibataire, et fut inhumé en l'église Sainte-Walburge. On rapporte, dit Pa- quot, que quelques années avant sa mort, les rebelles étant entrés à main armée dans Bruges, il alla à leur ren- contre sans autre arme que deux livres, l'un au devant, l'autre au derrière de sou pourpoint. Nous ne savons au juste quelle est l'origine et la portée de cette anecdote racontée par tous lesbiographes et que nous avons trouvée pour la pre- mière fois dans Valère André (1623). AI|>lionse Uocisrii. Valère André, Diblioihcca bcUjicd, ICSS, p. 3r('2 et 1G43, p. ifâl. — 1(1., t'asii Academici, p. SJilJj 567 PANTIN S68 el 3&i. — Sweertius, 1628, p. 346. — Mercklin, Lindenius renovatus, 1686, p. 381- — Foppens, 1739, p. 418. — Paquot, in-fol., t. III, p. 495. — Biogr. des hommes remarquables de la Flandre occid., t. II, p. 79. — Goltzius, Thésaurus rei antiquariœ, 1379. — Id., Julius Cœsar, lo63- 1374.— Lernutius, Carmîna, lo79,2eel4e élégies. p.%MTi.ii (Pierre), helléniste et poète latin, naquit à Thielt en 155 6 et mourut à Bruxelles le 25 décembre 1611. Il était petit-neveu du précédent. Ses pa- rents étaient pauvres et subvinrent avec peine aux frais de son éducation. Il commença ses études à Gand, ville où il compta toujours de nombreux amis et les continua à Louvain où il entendit à la pédagogie du Château le cours de rhé- torique d'André Schott. A l'âge de 20 ans, il quitta la Belgique avec son maître pour aller à l'étranger compléter son instruction. Schott n'avait que quatre ans de plus que lui : Pantin devint le compagnon de ses voyages et de ses travaux et le suivit à Douai, où il vécut dans la famille de Philippe de Lannoy, et à Paris, où il habita chez Augier de Busbecq. Nul doute que Pantin n'ait été mêlé, comme l'était Schott, au monde des savants qui vi- vaient alors dans la capitale de la France : les Pithou, les Lefèvre de la Boderie, Scaliger, Passerai, Masson, etc. II mena de front l'étude des lettres et celle de la théologie et fut ordonné prêtre vraisem- blablement avant 1580. 11 est probable que, vers cette époque, il rentra dans notre pays déchiré alors par les guerres civiles, mais il dut le quitter précipi- tamment. Il se réfugia en Espagne où Schott l'avait précédé et était depuis un an professeur de grec à l'université de Tolède. Pantin y fut reçu à bras ouverts tant par celui-ci que par Antoine Covar- ruvias, chanoine et écolàtre, qui l'ac- cueillit à sa table et mit à sa disposition les trésors de son érudition et de sa bibliothèque. Pantin put y étudier no- tamment un manusorit de .Jean Damas- cène qu'il publia plus tard avec la tra- duction latine. En 1584, Schott étant parti pour Saragosse, son élève lui succéda et se vit allouer par Covarruvias des subsides extraordinaires. Il occupa la chaire de grec pendant douze années, exerçant en même temps les fonctions de lecteur et de bibliothécaire deDon Garcia de Loaysa Giron, archidiacre, puis ar- chevêque de Tolède. En outre, il eut l'honneur de devenir chapelain de Phi- lippe II. Les couvents et les palais de l'Espagne étaient alors fort riches en manuscrits grecs et latins. Pantin mit à profit le long séjour qu'il fit dans la péninsule et la haute situation qu'il y occupait pour les rechercher, les inven- torier, les copier : il le fit avec autant de zèle que de succès. Il put en acquérir un grand nombre et ce fut avec une abondante moisson de précieux docu- ments qu'il rentra dans notre pays. Le fonds de Don Garcia n'était pas un des moins remarquables : Pantin y trouva plusieurs pièces rares provenant du car- dinal de Mendoza ; entre autres, une homélie de Germain de Constantinople qu'il devait mettre en valeur par la suite. Il écrivit en Espagne un court traité de Bignitailbus et ojficiis Regni ac domus regia Gothorum, qui parut dans les conciles d'Espagne de Garcia de Loaysa (Madrid, 1593) et qui fut réimprimé dans le tome second de V Hispania Illus- trata (Francfort, 1603), p. 195-205. En 1587, le corps de sainte Léocadie fut transféré de l'abbaye de Saint-Ghis- lain en Hainaut, à Tolède, ville natale de la sainte. Ce fut pour Pantin le sujet d'un poème : de D. Leocadiœ e Belgica in Hispaniam ad pristinos avitonque lares reversione, qui vit le jour à Anvers chez Plantin eu 1587 et à Paris chez D. a Prato en 1588. D'Espagne, Pantin continuait d'être en relations avec les savants de nos pro- vinces et surtout avec Nicolas Oudart et Juste Lipse. De Tolède, il mande à Lipse, le 23 juillet 1589, combien ils sont l'un et l'autre appréciés dans la péninsule; il lui écrit le 31 janvier 1593 qu'il ne rentrera au pays que quandcelui-ciseracomplètementpacifié. En réalité, il n'attendit pas aussi long- temps. Il y revint en février 1596, à la suite de l'archiduc Albert qu'il avait appris à connaître à la Cour et à Tolède, à l'époque où le prince y était cardinal- I I 569 PANTIN 570 archevêque. En Belgique comme en Es- pagne,de hautes dignités et de flatteuses distinctions étaient réservées à Pantin. L'année même de son arrivée, il fut investi de la charge de doyen de Saiute- Gudule, à Bruxelles; il n'avait que quarante ans. Eu outre, il fut nommé successivement aumônier général des armées de S. M., protonotaire aposto- lique, prévôt de Notre-Dame de Coudé, chanoine de la cathédrale d'Ypres. En tant que philologue, son rôle fut considérable. Comme Nanninck, il fut de ces patients ouvriers de la première heure qui ouvrirent au public les trésors de l'érudition ancienne. Non seulement il édita, pour la première fois, le texte grec de plusieurs pères de l'église, mais, en regard de celui-ci, il en donna une version latine élégante et fidèle. Ces travaux ont été depuis lors remplacés avec avantage par des éditions meil- leures, mais ils attestent de la part de leur auteur beaucoup d'érudition et de perspicacité; ils étaient pour l'époque complètement nouveaux et de la plus haute utilité. C'est ainsi que Pantin donna successivement : 1. Homiliee qua- tuor snnctorum Patrum Episcoporum nunc primum édita Grœcè et Latine. Anvers, Joach. Trognaesius, 1598; in-8°. Ren- ferme des homélies de Méthode, saint Athanase, Amphilochius et saint Jean Chrysostome ou attribuées à ces pères. — 2. Conciones Grœcorum Patrum nunc primùm Grcece editœ, Latineque conuersœ. Anvers, ibid., 1601; in-S". Contient des homélies de saint Jean Chrysostome (d'après des manuscrits de Pantin), Jean Damascène, Antiochus (id.), Germanus de Constantinople et des observations sur la première homélie de Jean Damascène sur la nativité de la Vierge, publiée à Paris par Billius en 1577. — 3. ^\iyar}.ov 'AttootoXÎou Ilapotuîai centuriœ XXI proverôiorum cum F. C. Pétri Pantini Tiletani, ver- sione et notis ipaim ac alior. doctor. Item. PatriarchcE Gre'jorii Cyprii Proverbia. Leyde, J. et D. Elsevier, 1604 ; in-4o. D'après un manuscrit du roi de France, uneseconde édition parut chez les mêmes, en 1619, avec les notes et par les soins de Schott et de D.Heinsius; 3e édit. 1653. — 4. Basilii Seleuciee in Isauria Episcopi de Fita ac Mirarulis J). Thecla Fir^inis Martyr i s Iconienns libri duo. Simeonis Metaphrastce Logothelce de eâdem Martyre tractatus sivyuJaris. Anvers, J. jMoretus, 1608; in-i". Le texte a été souvent difficile àétablir et àcomprendre. Dans les endroits difficiles, l'auteur a été aidé par Lipse, P. Bouille, Phil. de Svevezele et J. Macarius. — 5. Themistii Euphrada Orationes aliquot non édita cum intei'pretatioTie Pétri Pantini et viri eruditi notis. Leyde, J. Patins, 1614; in-S^». D'après un manuscrit de Covar- ruvias. Œuvre posthume, publiée par les soins d'un anonyme (D. Heinsius). Suivant l'usage du temps, Pantin se plaisait à échanger de savantes épîtres et de courtes pièces de vers avec les érudits avec lesquels il entretenait des relations : P. Rubens, Dan. Heinsius, Lipse, Oudart, Lernutius, J. Marchant, B. Moretus, Ph.Numan, Er. Puteanus, Max. de Vriendt, pour ne citer que les plus connus. En ce genre, il était passé maître, comme on pourra en juger d'après les vers reproduits parGruterus, De/j7i«,t.III,796,et Paquot. Sa corres- pondance avec Lipse nous fait connaître quelques particularités de son existence. C'est ainsi que nous y apprenons qu'en 1596, étant souffrant, il passa l'été à Spa. Lipse aurait bien voulu aller l'y rejoindre et s'y promener avec lui, comme par le passé, sur les belles routes ardennaises, mais il n'ose se mettre en route par crainte des bandes hollandaises auxquelles il a récemment échappé à grand'peine. A la mort de Lipse, son ami lui consacra trois élégies touchantes. Le 25 octobre 1611, il composa lui- même son épitaphe en vers excellents que l'on pourra lire dans Paquot, de même que d'autres pièces inspirées par sa mort. Il rendit l'âme deux mois après, exactement, et fut inhumé à Bruxelles en l'église Sainte-Gudule, dont il avait été doyen pendant seize ans. Pantin légua ses livres et ses manus- crits à André Schott, en souvenir d'une amitié de près de cinquante années, A la mort de celui-ci, en 1629, cette pré- 571 PAPA 572 cieuse collection devint la propriété des Jésuites d'Anvers qui la conservèrent jusqu'à la suppression de leur ordre. Les manuscrits grecs de Pantin se trouvent actuellement à la bibliothèque royale de Bruxelles où ils constituent un fonds ex- trêmement important : plusieurs d'entre eux ont été récemment collationnés et étudiés par MM. Fr. Cumont et L. Par- mentier {Anecdota Bmxellensia. Gand, 1894). Nous en possédons un catalogue manuscrit, de 1606, de la main du philologue J. Macarius. Un autre cata- logue datant de 1611 a été publié, d'après Fabricius, Bibliotheca Grœca, par H. Omont, dans la Revue de l'Instr. publ. en Belgique, XXVIII (1885), p. 85 et suiv. Alphonse Roersch, Ouvrages cités et œuvres de Pantin. — Mirseus, Scriptor'es, p. 274. — Valère André, Bibliotheca belfiica, p. 753. — Sweertius, Monumenia, p. 286. — Le même, Athenœ, p. 629. — Foppens, Bibl. belg., p. 997. — Paquol, in-fol., t. 111, p. 496. — Lipse, Cent, ad Belgas, I, episi. 12, 22, 31. 40, 72; cent. III, 74 et cent. mise. 04, 06. — Corres- pondance manuscrite inédite de Lipse à Leyde. — Burmaiin, S////of/e, p. 407 et suiv. — Astaii Episc. Homiliiv (Anvers, iOlo), p. lOo et 207. — Œuvres poétiques des amis de Pantin. — Ra- guet, l\oiice sur André Schott [Mém. Acad. roy., t. XXIU, 4848). PAP.% (Jacques), ou le Pape, maître d'école et poète latin, né à Poperinghe à la fin du xve siècle, mort probablement à Ypres peu après 15 60. Dans l'un de ses écrits publié vers 1510, il se qualifie de Popringensis; dans un autre, qui vit le jour en 1534, il se nomme Sacerdos Hyperius et Hyprensis, sans nul doute parce qu'il habitait Ypres à cette époque et parce que sa ville natale était située dans le pays (plus tard le diocèse) d'Ypres. C'est dans le même sens qu'il faut entendre le vers que lui adressa l'imprimeur au- versois Symon Coquus : Quem tulit in lucem nobis Hypei œn tellus. Nous manquons de détails sur sa jeunesse et sur la date de son entrée dans les ordres. Selon Melchior Adam, bien informé, il commença sa carrière à Warneton, où il eut comme élève, en 1522, André Gheeraenlts ou Hype- rius (voir ce nom). Il enseigna pendant fort longtemps à Ypres et dut y finir ses jours peu après 1560. Le ms. 903 de la bibliothèque de l'université de Gand, contenant la correspondance de Joannes Loaeus, abbé d'Eversham (publiée par nous, Gand, 1898), renferme à la date de 1560 un poème de Jacques Papa : Ad Eucharistie sumpfÀonempreparatio autore Jacobo Papa. C'est la dernière pièce que nous connaissions de lui. Papa publia tout d'abord un recueil poétique contenant un long poème sur le voyage de Philippe-le-Beau en Es- pagne en 1501 et sur les espérances que fondaient ses sujets sur son retour : de Sperato Philippi archiducis Burgundie ab Hispania in Flandriam reditu carmenpa- negyricum, dédié à Antoine de Bergues, abbé de Saint-Bertin. L'ouvrage dut paraître avant 1503, car le duc rentra en Flandre en novembre 1503. Le vo- lume, 34 ff. goth., sans lieu ni date, renfermait en outre de nombreux vers qui nous font voir l'auteur en relations avec un grand nombre de personnages marquants de la Flandre et du nord de la France (coll. Serrure). Une édition plus complète du recueil vit le jour à Paris, chez Badins, en 1510 (?). On y trouvera un long panégyrique sur la mort de Philippe-le-Beau, dédié à Georges van Halewijn, sire de Comines, et de nom- breuses pièces et épîtres nouvelles (bibl. Tournai), 40 ff. in-8°. En 1534 virent le jour à Anvers, chez Symon Coquus, deux poèmes comiques sur la fièvre blanche et la goutte : De Alba febre et de podagra divitis carmen, aimable badinage d'une touche légère et délicate que l'auteur termine par ces mots : lam stériles nugas & Jruge carentia verba. Pauca tibi postliac sed meliora dabo. 7 ff. in-S" (bibl. Gand). La même année, en effet, il imprima chez le même : Elegiarum libri duo quo- rum priai' mendicabuluni pnblicum tuetur. Posterior vero melioribus consiliis, prasi- diisque tollendmn. docet. Suivi de : Enco- inion urùiumquarundam... in quibus citra mendicationem provisum est (bibl. Gand). Attribué erronément par Sweertius, Va- lère André, Foppens, à Pierre Papeus, poète dramatique de Menin (v. ce nom). Le magistrat d'Ypres avait en 1525 dé- 573 PAPE 874 crétéla centralisation et la sécularisation de la charité, en ordonnant que la men- dicité serait interdite et que toutes les aumônes formeraient désormais un fonds commun {gtmeene heurse) dont la distri- bution serait faite aux familles sous le contrôle du collège échevinal. Ce décret, attaqué avec la dernière àpreté par les ordres mendiants, fut soumis à l'examen des docteurs de la Sorbonne de Paris qui l'approuvèrent absolument. Papa fait ici le plus grand éloge de l'ordonnance et se réjouit de la sentence rendue à Paris. Les vers sont fort bien venus et dignes de l'approbation flatteuse que leur dé- cerna le célèbre historien Jacques de Meyere ,un des meilleurs amis de l'auteur. Enfin, deux recueils d'élégies poli- tiques devaient donner le sceau à la réputation de Papa et le mettre au rang des meilleurs poètes de la contrée. L'un vit le jour à Bruges, chez Hubert Crocus (bibl. royale Bruxelles); l'autre à Ypres, en 1553, chez Josse Destrée. Les deux éditions sont pour certaines parties sem- blables et se complètent pour d'autres. La seconde a été réimprimée en 1847 par les soins de la Société d'Emulation, de Bruges, d'après un exemplaire de J.-B. Malou. L'auteur y déplore les malheurs causés à nos provinces par les rivalités de Charles-Quint et de Fran- çois 1er. Il y fait un chaleureux appel à la paix. Ces petits volumes nous mon- trent en Papa non seulement un versi- ficateur rempli d'inspiration et d'habi- leté, mais également un homme de cœur et de caractère, osant dire à haute voix ce qu'il croyait être la vérité. La statue de Papa a été placée sur la façade nord des Halles d'Ypres (groupe 40, par M' Fiers). Alphonie Roersch. Sanderus, Flandria illustrata, éd. il32, t. II, p. 286. — Sweertius, A thème, p. 371. — Biofjr. des hommes remarq. de la Flandre occid., t. H, p. 85. — Ferd. Vander Haeghen, Bibliotheca bel- gica. Forma subventionis... — C. Looten, Jac- ques de Meyere [Annales du comité Jlamand, t. XXII, Ifâ.ï, p. 79). — Vandenpeereboom, Ypriana, t. I, p. 370. — Les ouvrages de Papa, tous rarissimes. — Diegerick, Bibl. Yproise. — Melchior Adam, Vitac tlieolog., p. 187. PAPE (André [André). de), Voir De Pape PAPE [Egide-Simon de) .Voir De Pape [Egide-Simon). PAPE [Ferdinand - Charles- Frauçois- Joi-l--2S. — A. Giry, 3lanuel de diplomatique, 1894; p. Gl-G". PAPEi.Ei; {Victor-Eugène), peintre, né à Gaud, le 27 février 1810, et y décédé, le 4 mai 1881. Il était fils de Benoît-Jean-Joseph et de Charlotte- Thérèse-Isabelle Goethaels. Ses parents appartenaient tous deux à d'anciennes familles gantoises aisées. Sa vocation artistique se dessina tard, car il avait quarante ans quand il se consacra com- plètement à la peinture. Il séjourna longtemps en France et fut des premiers à planter son chevalet dans la forêt de Fontainebleau où il travailla d'abord sans maître. Lorsque se fonda l'école de Barbison, il se trouva lié avec tous les plus grands maîtres paysagistes français de cette époque, et son intimité constante avec des artistes tels que Corot, Troyon, Daubigny, Dupré eut sur lui l'influence la plus heureuse. Il exposa bientôt avec succès à Paris, ainsi que dans diverses autres villes de France. Les catalogues du Salon de Paris le disent élève de M.-J. Dupré et A. Benouville. Quoique habitant Paris, Papeleu envoya régu- lièrement ses tableaux aux Salons trien- naux belges où ses œuvres furent égale- ment très appréciées. Etant relativement riche, il en profita pour aider les débuts des artistes de la jeune école de Barbison en achetant leurs premières œuvres, et se forma ainsi une galerie où brillèrent plu- sieurs de leurs chefs-d'œuvre. Papeleu acquit une villa à Saint-Raphaël (Var), où il alla s'installer tous les hivers et où il peignit plusieurs de ses pages les plus poétiques. Là aussi il fit un noble usage de sa fortune et laissa un souvenir du- rable de son amour du beau. Craignant que, par suite des travaux qui devaient transformer bientôt cette petite ville mé- ridionale en une station balnéaire im- portante, un groupe de pins d'Italie superbes, commandant toute la contrée, auraient pu venir à disparaître, il acheta la propriété sur laquelle ils se trouvaient, pour en faire don à la nuinicipalité de Saint-Raphacl. A la tin de sa carrière, il eut des revers de fortune et fut forcé de vendre ses Corot, ses Troyon. ses Dau- bigny, qui, alors haut cotés, lui rendi- rent une modeste aisance. Papeleu laissa des œuvres charmantes et plusieurs d'entre elles figurent dans les musées français. La ville de Gand acquit, au Salon triennal de 1877, une de ses plus belles pages : Marine ; Grosse mer. C'est une symphonie en gris pleine de finesse, d'une fraîcheur et d'une dis- tinction vraiment remarquables (no 204 de l'inventaire du musée de Gand). La bibliothèque de Gand possède du même auteur une vue du port : Le Bock à Gnnd, où les mâtures et les bâtiments du fond s'enlèvent en vigueur sur les reflets lu- mineux d'un soleil couchant. Cetteœuvre paraît appartenir à sa dernière manière. Parmi ses compositions les plus réussies, il faut citer encore une Vue de Saint- h'aphaël, appartenant au comte Oswald de Kerchove de Denterghem, de Gand. Ce tableau, actuellement à sa villa de Nieuport, représente le bouquet de grands pins d'Italie que l'artiste conserva si généreusement à la com- mune où il séjourna si longtemps. L'ensemble du tableau, avec son chemin creux à lavant-plan, ses beaux arbres se détachant sur la mer bleue et un ciel empourpré des rayons du soleil cou- chant, présente les plus belles qualités d'exécution et de sentiment. Victor Papeleu mourut à Gand, le 4 mai 1881. Dans la lettre de faire-part, on lui donne le nom de Papeleu de Poel- voorde. Il a été enterré à Aspre. li. Maclerlinck. Inventaire ms. des œuvres d'art du Musée de Gand, dressé en 1896, par le conservateur L. Mae- terlinck.—Petit catalogue du Musée de Gand, 1899. — Catalogues des expositions. — Farde Papeleu de la Bibliothèque de l'université de Gand. — Notes verbales de Mf le comte 0. de Kerchove de Dentergtieni qui connut personnellement l'ar- tiste. p.*i»Ei%uovi!:!%' [Alexandre ^^%), architecte et sculpteur, fils d'un faiseur de poupées pour enfants, naquit à Anvers 591 PAPENHOVEN — PAPEUS 592 le 14 juillet 1668. Elève d'Arnould Quellyn, il fut admis maître en 1698- 1699, dans la gilde de Saint-Luc dont il devint doyen en 1715-1716. Il alla habiter Copenhague pendant douze an- nées, puis vint diriger l'Académie d'An- vers en 1741. Frappé en 1752 d'une paralysie qui le mit complètement hors d'état de travailler, il mourut le 15 fé- vrier 1759. Schobbens, dont il était le parrain et qui fut son élève, le remplaça dans ses fonctions. On ne connaît plus de cet artiste que le beau banc de communion, exécuté, en 1709, pour la chapelle du Saint-Sacre- ment dans l'église Saint-Pierre à Lou- vain, attribué erronément par les uns à Jérôme Du Quesnoy fils, et par d'autres à Luc Faydherbe; l'achèvement en 17 21, sur les plans et dessins d'Henri Verbruggen, de l'autel de la chapelle de la circoncision dans la cathédrale Notre- Dame à Anvers ; le banc de communion, ainsi que le grand bas-relief représentant la Vierge avec l'Enfant Jésus apparais- sant à Saint-Ignacedansledésert, ornant la chapelle Saint-Ignace de l'ancienne église des Jésuites, actuellement Saint- Charles Borromée; les tribunes de la chapelle de Notre-Dame, dans la cathé- drale Notre-Dame, commandées par acte du 19 novembre 1742 et dont l'exécu- tion si prompte et si artistique obtint l'approbation générale. Il collabora avec de Cocx, Kerricx, Van Baurescheyt et Vander Voort le vieux, aux statues du calvaire de l'ancienne église des Domi- nicains, actuellement Saint-Paul, à An- vers; Van Papenhoven fut un des signa- taires de la requête de 1742 au conseil souverain de Brabant, pour la nomina- tion directe des directeurs [vryîoillige directeur). Son mandat en cette qualité date du 17 août 1741. Van Even, dans son Louvain dans le passé et dans le présent, dit qu'il est aussi l'auteur de la balustrade qui sert de bauc de communion dans l'église Saint-Michel, à Louvain. Ldiii. Marcbal. Jaarboek van Sinte-lAicax gilde, par J. -15. Van- der Slraelen. — Van Kven, Louvain (!). Manuscrit du savant pro- fesseur Paquot, contenant un commentaire sur V apocalypse de Bossuet ; in-4". Ma- nuscrit sur l'apocalypse. Où sont ces deux manuscrits? — 37. Manuscrit in-4''. J .-G. Graevii notationesin Pomp. Melam, cum notis mss. J.-N. Paqnot. Où? — 38. Mun. in-folio. De gratia ejfficaci.De auctoritate Sutnmi Pontijicis. De sacra- mentis. De sacrificiis Veteris Legis. En possession du Séminaire épiscopal de Liège. — 39. On a attribué à tort à Paquot l'édition des œuvres diverses de Divaeus. Ce qui aurait pu donner quelque appui à cette opinion, c'est qu'au no 41 9 du catalogue de la vente (p. 93) figure un manuscrit intitulé : Antiqua belgarum nomiua, aiit. Divaeo. Mais il n'est pas dit que ce manuscrit soit de la main de Paquot. Bibliothèque de Paquot. — Catalogue d'une collection de livres De S'tes Bibles, Interprète, Conciles, SS. Pères, Litur- gie, Théologie, Droit Canon, Civil, Poli- tique, Histoire sacrée et profane. Histoire lit fera ire , Philosoph ie , Belles- Lettres , Beaux-Arts, Estampes, etc. Dans cette collection se trouve une quantité de livres rares, précieux et singuliers, pi'ovenant du savant J.-N. Paquot, professeur des langues Grecque, Hébraïque et Historio- graphe de S. M. I. Dont la Vente se fera le \f) Floréal an XII {lundi 30 avril)... Le catalogue se dist?ibue chez la veuve Loxhay, rue delà Magdeleine, «o 103, et chez ledit Estimeur, à 20 centimes; in-8>'. Il y a 1675 numéros in-S», 425 in-4'» et 262 in-folio, en tout 2362. On admirera que Paquot, toujours dans une situation voisine de la misère, ait su former une aussi splendide bibliothèque, qui rend témoignage de la variété de ses connais- sances. Iconographie de Paquot. — Le seul portrait connu de Paquot a été peint en 1777 par L. Michaux. Découvert en 1843 à Verviers par M^ Henrotte, directeur du séminaire de Liège {Bull, de l'Acad. royale de Belg., t. X, l^R par- tie, p. 7), il a été donné par le Séminaire à l'université de Louvain, où il figure encore actuellement {Annjiaire de l'uni- vei'sité catholique, 1853, p, 186, n" 21). Des personnes autorisées croient cepen- dant que le buste qui surmonte Vex-libris de Paquot est son portrait (l). Cet ex-libris, que Paquot n'a pas fait graver, se compose d'une inscription (Ex libris Joliannis Natalis PaquotFlorinensis 1753) de l'écriture de Paquot ; elle se trouve au milieu d'un cadre, qui doit avoir été dessiné par lui (Cfr. Biblioth. Hul- (i) Cet ex-libris est en notre possession. 609 PAQUOT - PARADIS 610 tkem., p. 256, n» 875). Mais, s'il en est ainsi, il ne nous semble pas vrai- semblable que le buste en question soit son portrait. Victor CliauTin. ,1 De Villeiifagne, Journal politique du départe- ment de iOurte, âo avril ISl'i, ii'' 1*9. — Goelhals, Lectures, l. III, p. '273-'203.— Becdelievre, liiog. lieijeoise, p. 5Gi-o70. — Beuchol, Biog. unir, de ili'chaud. — Feller, 4« édil., ier suppl — Del- venne, l. U, p. ±2:i-:2"23. — Biographie générale des Seines, 18*9, p. :230. — Piron, p. :294'. — Regnara, iSouv. biog. gènér. de Didot. — Vander Aa, p. 87. — Bibliotheca HulUhemiana, t. VI, p. xiv-xvmel2o7. — Namur, Histoire des biblioth. publ. de la Belnique, t. II, p. 64-69 el 71. — Piot, Bulletin du bibliophile belge, t. II, p. li'9-lo2 el Revue de Liège, t. IV, p. 4o0. — Neve, Mémoire hist. et litt. sur le Collège des Trois-Langues, p. :27!2-:276 el 363. — Delgeur, Schets eener Ge- schiedeuis der Oostersche Taelstudien in Belgie, p. ±2. — Journal hist. et litt., l. VIII, p. o01-â03. — Daris, Histoire du diocèse et de la principauté de Liège il7'2i 18o:2). Liège, 1868, 1. 1, p. 36:2-363. — Saxius, Onomasticon, t. VII, p. 229. — Jôcher, Fortsetzung, t. V, p. Io43-lo44. — Dewez, His- toire du pays de Liège, t. II, p. 3^5. — Pollet, Histoire ecclés. de l'ancien diocèse de Liège, l. II, p. 313-314 (d'après Dewez). — Viclor Chauvin, Jean-Noël Paquot (Liège, Vaillant-Carmanne , 1901 ; in-8o, 39 p.). PAQiiOT {Julien- Nicolas), professeur, né à Helvique (France, département de la Marne), le 21 mai 1788, considéré comme Belge de naissance en vertu de l'article 133 de la Constitution. Porteur d'un diplôme en philosophie et lettres, Paquot s'établit de bonne heure comme précepteur privé à Tournai. Lors de la réorganisation de l'enseignement moyen dans les Pays-Bas, en 1816, il fut atta- ché à l'athénée de cette ville en qualité de professeur de quatrième. Il remplit ces fonctions pendant une période de plus de trente-huit années avec un talent auquel, lors de sa retraite en 1854, le collège échevinal de Tournai se plut à rendre un solennel hommage. Il mourut dans cette ville le 21 juillet 1865. Paquot a publié les travaux suivants : 1 . Méthode pour étudier la langue latine, à l'usage des collèges, sur le modèle de la méthode pour étudier la langue grecque de M. Burnouf. Deuxième édition. Tour- nai, Massart et Janssens, 1842 ; in-8^. Id., troisième édition, 1849. — 2. Mé- thode pour étudier la langue française à V usage des collèges, sur le plan de la mé- thode latine du même auteur et sur le modèle de la méthode grecque de M, Bur- BIOGR. NAT. — T. XVI. nouf. Tournai, Casterman, 1845 ; in-S''. Id., deuxième édition, 1849. — 3. Quel- ques réflexions sur la méthode pour étudier la langue française. S . 1 . n . d . I n - 1 2 , 7 p. (Ext. de VEcho tournaisien). L. TiercnlDyn. Rapport du collège échevinal de la ville de Tournai sur la situation de la ville au ier octobre 18o4. p. 22, el autres renseignemenls adminis- tratifs. — Bibliographie nationale, t. III, |). 86. p.%nADA:v [Pierre), savant prédica- teur, abbé de Vlierbeek près de Lonvain et seigneur de Kessele, Horissait vers le milieu du xviiie siècle. Après avoir fait de brillantes études théologiques à l'université de Louvain, il sollicita et obtint de ses chefs hiérarchiques la per- mission de se retirer dans la solitude, où il vécut, loin du bruit du monde, une vie de méditation et de recueille- ment, à la manière des ermites des temps primitifs du christianisme. Sa piété et son savoir ne tardèrent point à lui valoir la direction de l'abbaye de Vlierbeek, de l'ordre de Saint-Benoît, lequel fut le principal propagateur du catholicisme dans les Pays-Bas. Investi de cette haute dignité, il servit d'exemple aux religieux subalternes par sa con- duite, son désintéressement et la sévé- rité qu'il mettait à observer les règles. D'une vaste érudition, il possédait à fond les vies des saints et les œuvres des pères, ce qui donnait une valeur particulière à sa prédication. Membre des Etats du duché de Brabant et appelé le premier à donner son avis sur les questions qui intéressaient le pays, il sut toujours défendre ses opinions avec un talent et une vigueur qui faisaient l'admiration de ses contemporains. Ce fut à ce savant dignitaire ecclésiastique que Van Heussen dédia en 1754 son célèbre ouvrage intitulé Batavia Sacra et qui relate les faits et gestes des pro- pagateurs de la religion chrétienne dans les Pays-Bas. L, Tierenteyn. Fr, van Heussen, Batavia sacra, dédicace. PARi%Di.«i (Crespin), traducteur, na- quit à Namur sur la tin du xvie siècle. Il était, en 1620, curé de Gerpinnes, 611 PARADIS 612 paroisse qui était alors du diocèse de Namur. C'est en cette qualité qu'il publia La Vie de la noble Vierge saincte Rolende, illvstre en miracles, translatée ho7's d'un vievx manvscrit en latin qui se conserve en Gerpinne, où son corps Vii-giiial repose. Et de lan Mulanvs, docteur en théologie, traduite en François avecque aucuns lui- racles advenus par les intercessions et suffrages d'icelle Vierge, reueillies (sic) es ans 1619 et 162U. Namur, Henry Furlet, 1620; in-4o, 5 ff. lim., 40 p. et 2 tf. n. chif. Dédicace à Hélène de Huy, abbesse du Chapitre de chanoi- nesses de Moustier, souveraine de Ger- pinnes au diocèse et comté de Namur. F.-D. Doyen. Ouvrage de l'auleur conservé à la bibliothèque royale (Je Bruxelles. p.%R.4DiM [Guillaume de), écrivain ecclésiastique, né le 1^'' avril 15 83, à Namur, y décédé en novembre 1648. Il fit ses humanités chez les Jésuites à Liège et ses études théologiques à Lou- vain, où il prit le grade de bachelier en théologie. Ayant reçu la tonsure à Liège aux Quatre-Temps de la Pente- côte de 1595, Mgr Dave étant mort, le 3 mars de la même année, de Paradis fut reçu en chapitre, le 10 septembre 1596, comme chapelain de la chapelle et autel de Saint-Fiacre, en l'église cathédrale de Saint- Aubain et, le 15 fé- vrier 1597, il fut pourvu de l'autel ou chapelle de Saint-ÀIichel au château de Namur, bénéfice devenu vacant par la mort, en Italie, de Jean Flahuteau, au mois d'octobre 1596. Il fut choisi pour prévôt de Notre-Dame à Namur, le 2 avril 1617, et doyen de cette collé- giale, en 1631. L'évêque de Namur, Engelbert Desbois, ayant reconnu l'in- snttîsance d'un archidiaconé pour pou- voir administrer un diocèse aussi étendu que le sien, sollicita, en 1641, du pape Urbain V'ill, le pouvoir d'instituer deux archidiaconés; le pape chargea Jean de Chokier, vicaire géiuh-al et officiai de Liège, d'ordonner une enquête à ce sujet. Cette enquête fut confiée à Guil- laume de Paradis et au vicaire général du diocèse de Namur, Nicolas Turlot. Ces dignitaires reconnurent le bien fondé des allégations notifiées au Saint- Siège par l'évêque, et, après avoir obtenu l'assentiment du chapitre de la cathédrale, ils décrétèrent, le 4 octobre 1642, l'érection des deu.\ archidiaco- nés, celui du Brabant-Wallon et celui du comté de Namur. De Paradis mourut six ans après cette érection, après avoir, pendant dix-sept ans, exercé les fonc- tions de doyen de la collégiale de Notre-Dame. Par son testament du 6 octobre 1647, approuvé capitulaire- ment le 21 novembre 1648, de Paradis laissa toute sa vaisselle en argent et autre argenterie qu'il pourrait avoir à son décès, pour faire un crucifix et un symbole de paix et s'en servir au jour des plus grandes solennités. Ce symbole représentait la fiagellation de N.-S,; il fut fait sur le modèle de celui de la cathédrale. Il a laissé : Tractatus de Raervatione . Cujus prior pars de ejus nalura in génère. Secuiida de reservatio- nibns Fontificiis, Episcopalibus ac demûiu de Namurcensibus ex professa, accommo- datis ad usum aliaruni Belgii ecclesiarum. Auctore Guiliehno Paradis , JEcclesia B. MaricE Decano et Canonico. Namur, Jean Milst, 1644; in-4o, de 629 p., sans les liminaires ni l'index; 2e édit., Lyon, 1665. Epître dédicatoire à En- gelbert Desbois, évêque de Namur, abbé séculier de la collégiale de Notre- Dame en cette ville. F. D. Doyen. Papiers de famille. — Foppens, Biblioiheca belgica, t. 1, p. 418. — Paquet, Notes ms. à la bibliothèque royale de Bruxelles. — Aigret, His- toire de l'cylise et du chapitre de Saint-A iibuiu, à JSnnnir. — Annales de la Société archcoloyiqiic de y avilir, t. Mil, p. i21. — Doyen, Bibliogra- phie namuroise. p.*n.%i»is(/ea«)>o'^^ï*A^^i^ '''S» scribe, originaire de Hesdin. Il fut admis en 1470-1471 dans la confrérie des libra- riers de Bruges. Dans les comptes de la gilde publiés par James Weale et s'éteu- daut jusqu'en 1499, il figure régulière- ment, acquittant chaque année le droit de six, puis de huit sous; en 1494, il acquitta la dette mortuaire de sa femme s'éîevant à quarante sous. Paradis ne semble pas avoir été miniaturiste, mais 613 PARANT - PARDIELI 6U seulement écrivain. Il exécuta, pour le seigneur de la Gruthuuse, en 1471, une copie de la Somme rurale de Jeau Bou- tillier, et en 1473, la chronique de Jean de Courcy dite de la Bouquechar- dière, en deux grands volumes in-folio, conservés aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de Paris. On lit à la tin du prologue de cette chronique : • Lesquels • six livres dessusdits ont esté grosses • et mis en deux volumes... par le com- • mandement et ordonnance de... mon- • seigneur le conte de Wincestre, sei- • gneur de la Gruthuse..., par moy • Jehan Paradis, son indigne escripvain, • l'an mil quatre cens soixante-treize « ; exécuté en grosse bâtarde, sur deux colonnes de 36 ligues chacune, le ma- nuscrit est enrichi de belles miniatures et de divers ornements. Paul Bergmans. Van Praet, Recherches sur Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuyse (Paris, 1831 , p. 207- â09. — Biographie des hommes remarquables de la Flandre occidentale, l. IV (Bruges, 1849), p. 130 et 13". — Le Beffroi, t. IV (Bruges, 1872- 1873), p. 282 el suiv. PARAIT (Lambert-Joseph), sculp- teur, fut agrégé à la gilde de Saint-Luc de Malines dont il devint doyen en 1761. Emmanuel Xeeifs, qui le premier a parlé de cet artiste dans son Histoire de la peinture et de la sculpture à Malines, n'a rien trouvé au sujet de la date de sa naissance et de celle de son décès. Et c'est avec raison, dans ces condi- tions, qu'il dit : • Nous ignorons si ce • personnage, qui vivait à Malines au • xviiie siècle, était malinois ou étran- • ger (à la localité) ». La plus ancienne œuvre que Neeffs cite dans son ouvrage est une statue en pierre qui fut placée en 1728 sur la façade du Serment de l'arc à Malines. Parant entreprit, en 1760, à raison de 1,000 florins, la chaire à prêcher de l'église de Waerloos, entre Contich et Anvers. Neeffs donne également comme étant de lui l'autel de Notre-Dame dans le transept nord de l'église Sainte-Cathe- rine à Malines; cet autel, fort simple, n'est orné que de deux génies. A côté figure le monument funéraire qu'il exé- cuta pour perpétuer la mémoire de Charles van Pyperseel ; le rideau drapé contre le mur et exécuté en bois, qui en constitue la partie sculpturale, est orné d'un portrait-médaillon peint par Her- reyns. Indépendamment de la chaire de vérité qu'il exécuta d'après un dessin de E.-J. Smeyers, etdont le sujet principal représente saint Dominique prêchant la dévotion au rosaire dans l'église des Dominicains à Malines, Parant exécuta pour cette même église un autel placé dans le chœur, autel dont l'ordonnance est assez simple, et qui supportait le grand tableau de E.-J. Smeyers, lequel se trouve actuellement dans la cathé- drale Saint-Rombaut. Il résulterait du Resolutie Boeck de 3 773-1778, p. 65 verso, aux Archives de Malines, consulté par Em. Neefl's, qu'aux termes d'une requête du sculp- teur Pierre Valcke, en vue d'obtenir cer- taines franchises dont Parant avait joui, celui-ci avait quitté la ville avec sa famille le 10 avril 1774 afin de se sous- traire à des poursuites judiciaires qui lui avaient été intentées par le comte Cuy- pers. La ville lui avait accordé jusque-là, à cause de son art et surtout, à ce qu'il paraît, parce qu'il taillait en grand les planches servant à la fabrication des cuirs dorés, exemption annuelle des droits sur quatre aimes de bière forte et sur huit aimes de petite bière [pata- cons hier), dit le Resolutie Boeck. Parant, somme toute, ne fut qu'un sculpteur de mérite secondaire. Edmond Marchai. Emm. Neeffs, Histoire de la peinture et de la sculpture à Malines. PAR€Ei.Li«(/(ea«). Voir Porcellis. PARDiEV {Valentin de), seigneur de la Motte et d'Ekelsbeke et vicomte de Nielle, homme de guerre du xvie siècle, naquit en 1530 et fut blessé à mort devant les murs de Doullens en 1595. Ses débuts dans la carrière des armes se rapportent à la chasse des chanteurs de psaumes et des pillards d'églises. En décembre 1 5 66, le baron de Kassenghien avait convoqué les commandants des villes et les gentilshommes de son gou- 615 PARDIEU 616 vernement pour l'aider à disperser les protestants d'Armentières qui se pro- posaient de marcher au secours de Va- îenciennes, assiégée au nom du roi Philippe II. La conséquence de cette concentration d'hommes de guerre fut le massacre de Watreloos qu'on célébra en prose et en vers. Quelques mois plus tard, tînmars 1567, ValentindePardieu, qu'on avait vu à l'œuvre à Watreloos, reçut l'ordre d'aller prendre au Sas de Gand deux enseignes wallonnes du régi- ment du comte d'Egmont et de les con- duire au sire de Beauvoir chargé d'écra- ser les Gueux réunis aux portes d'Anvers. On sait que le combat d'Austruvveel, qui coûta la vie à Jean de Marnix, frère du célèbre homme d'Etat et pamphlé- taire orangiste, né fut qu'un massacre accompagné d'incendie et de noyades. Notre personnage s'était créé là une spécialité qui le rendit redoutable. Ancien élève des Jésuites, il passait, non sans raison, pour avoir été toute sa vie leur instrument. Le fait est qu'au- cun gentilhomme ne travailla avec plus d'ardeur que lui à ruiner la cause nationale. On peut même dire que la défection des provinces wallonnes fut en grande partie son œuvre. La preuve la plus sûre s'en rencontre dans sa cor- respondance avec don Juan d'Autriche, alors qu'il était encore au service des Etats. Quant à ses rapports avec le prince de Parme, qui aux Pays-Bas succéda à don Juan, ils ne flétrissent pas moins sa mémoire. C'est ainsi, pour nous en tenir à un seul fait, que le passeport d'Anastro, l'instigateur de la tentative d'assassinat commise en 15 82 à Anvers sur la personne du prince d'Orange, portait sa signature. Un manque absolu de droiture et de sens moral n'empêchait pas Valentin de Pardieu d'être un très remarquable sol- dat. Les services qu'il rendit au siège de Mons lui valurent, le 13 novembre 1573, la patente de lieutenant de l'ar- tillerie espagnole aux Pays-Bas. Ce fut en cette qualité qu'il assista au fameux siège de Ilarlem sous les ordres de Jacques de la Cressonnière. Celui-ci ayant été tué, Pardieu de la Motte lui succéda et devint, du même coup, gou- verneur et capitaine de Gravelines. Cette place de guerre n'était pas grande mais, comme elle était située à mi-che- min entre Calais et Dunkerque et séparait les Espagnols des Français et les Wallons des Flamands, son nouveau gouverneur lui accordait une importance très grande. Il en fit aussitôt un foyer d'intrigues politiques, et trouva ainsi le moyen de se consoler de l'inaction que lui imposait une grave blessure reçue au siège de Harlem. Sous le nom de parti des Malcontents, il se mit à forger une arme qu'il jugeait de force à ruinera la fois la Pacification de Gand et l'Union de Bruxelles, qui l'avait suivie de près. Il avait apposé sa signature sur ce der- nier acte, et cette signature est celle d'un traître par la bonne raison qu'il avait été au nombre des généraux des Etats qui désertèrent momentanément leur poste pour permettre à don Juan d'Autriche de remporter à Gembloux une victoire facile. Les Etats regrettent dès lors d'avoir fait de lui leur maréchal de camp; ce n'est toutefois que dans leur séance du 24 décembre 15 77 qu'ils jettent par dessus bord notre personnage en proclamant que » ses ruses, sous le « prétexte de la religion catholique, ne » tendent à rien moins qu'à un massacre « général « . Cela lui sert de recom- mandation dans le camp espagnol. Le duc de Parme oflfre à l'homme déclaré publiquement ennemi de sa patrie le grade de maître de l'artillerie royale aux Pays-Bas, qu'il s'empresse d'accep- ter. Philippe II, de son côté, fait de lui un chevalier de l'Ordre de Saint-Jacques, tandis que l'Espagne l'acclame le sau- veur de sa cause, et que les Malcontents saluent en lui leur chef. Ce dernier honneur lui revenait d'autant mieux qu'il était porteur d'un acte secret, par lequel le roi d'Espagne accordait son pardon et promettait ses largesses et ses bonnes gr.aces à tous les gentils- hommes qui viendraient à quitter la cause des Etats pour la sienne. Où le sire de la Motte n'intervient pas en personne, d'autres seigneurs désabusés 617 PARDIEU 618 le remplacent et font du zèle. Cela a été dit en ces termes dans une chanson de l'époque : Le bon seifcneur (le la Motte Et cesluy de Monligny Feront danser a leur notte, Avecq le seifrneur de Masnuy, La folie Flandre Pour leur apprendre Le branle des Wallons, Par leurs batteries D'artilleries Au lieu de violions. Ce branle des Wallons eut bien ce caractère. Partout où il passa, il détrui- sit les libertés publiques et le bien-être matériel qui en est le corollaire obligé ; mais ce que l'auteur de la chanson laisse de côté, c'est la danse des écus et des pistoles. Elle fut formidable, et il faut en croire les lamentations d'Alonso Curiel, l'agent financier du roi, disant que les seigneurs ne se gênaient pas pour mettre à un prix toujours plus haut leurs services. Un jour, l'argent manqua et Valentin de Pardieu se brouilla avec Alonso de Curiel à qui il réclamait, pour sa part, 150,000 écus. En attendant, pour battre monnaie, notre personnage essaya du métier de corsaire. Cela lui réussit assez bien. Les prises qu'il fit le remirent à flot, et lui permirent de s'emparer, sans coup férir, de l'importante place de Bergues-Saint- Winnocq. Des félicitations lui vinrent de tous côtés; les plus étonnantes sont celles de Bernardin de Mendoza qui y joint une requête. 11 a été en ambassade en Angleterre et, sachant la mer peu sûre, il charge son ami Pardieu de for- mer une petite escadre pour venir le prendre à Douvres. Ses fonctions de grand maître de l'artillerie arrachent souvent notre personnage à son gouver- nement de Gravelines; mais il y revient toujours afin d'être mieux en mesure de contrarier les entreprises du duc d'Anjou, du prince d'Orange et des Huguenots de France. C'est de Gravelines que sont dîitées les lettres qu'à la prière du pré- sident Richardot il écrit à son ami lord Cobham pour lui démontrer que sa souveraine, la reine Elisabeth, doit renoncer à ses griefs contre l'Espagne, si elle veut qu'on prenne au sérieux son amour pour la paix du monde. Le lord anglais le réfute au lieu de le servir. Il a, bientôt après,. de plus cuisants déboires. Le duc du Parme veut s'em- parer de l'Ecluse et l'appelle auprès de lui avec ses Wallons. Il accourt, et dès les premières nuits, ses gens sont sur- pris par l'ennemi; un combat s'engage et il a le pied traversé par une balle. Il est à peine guéri de cette blessure qu'une mousquetade lui brise le bras droit. Il se fait transporter à Bruges où les chi- rurgiens doivent lui couper le bras pour lui sauver la vie. Un homme ordinaire aurait profité de la circonstance pour arrêter là sa carrière militaire; lui n'y songe pas un seul instant. Dès qu'il sent ses forces lui revenir, il mande au duc de Parme qu'il est prêt à reprendre son service comme grand maître de l'artillerie. On lui laisse goûter un repos nécessaire, puis en 1590 et en 1592 on l'appelle à faire campagne en France. Devant Paris et devant Rouen, il commande l'une des trois divisions de l'armée espagnole. Entre ces deux expé- ditions, il trouve le temps de concourir avec son artillerie au siège de Nimègue et, successivement, Philippe II fait de lui un membre de son conseil de guerre et un commandeur de Steppa. Sa soif d'honneurs et de profits n'est cependant pas encore assouvie, puisqu'il réclame de son prince l'érection en comté de sa terre d'Ekelsbeke. Il obtient cette faveur et la mérite par de nouveaux exploits. Les Hollandais se sont emparés par surprise de la ville et du château de Huy et le prince-évêque de Liège implore le secours des Espagnols. Valentin de la Motte doit y aller avec le comte de Fuentès, mais celui-ci ayant été retenu à Bruxelles par la mort du gouverneur général, l'archiduc Ernest, il se pré- sente seul aux portes de Huy. Aussitôt, il s'en prend au château qu'on tenait pour imprenable et, le 20 mars 1595, après huit jours d'une incessante et habile canonnade, il s'en rend maître. Ce beau succès oblige trois mois plus tard notre personnage à suivre avec ses canons le comte de Fuentès en France. Il s'empare du Catelet et se dirige sur 619 PARDON 620 Doullens. Le 14 juillet, la nuit étant fort noire, il veut en profiter pour reconnaître la ville d'aussi près que possible : mais il est surpris et tué d'une arquebusadeà travers la tête. Son corps, transporté à Saint-Omer puis à Douai, fut inhumé dans la chapelle du collège La Motte qu'il avait fondé et donné aux R. P. Jé- suites poiir y entretenir leurs étudiants pauvres. De ses deux femmes, — Anne de la Porte et Françoise de Noyelles, — Valentin de Pardieu n'avait eu qu'une fille qui mourut avant lui : c'est pour- quoi il fit de son cousin et lieutenant Philippe Le Vassseur, seigneur de Guer- nonval en Artois, son héritier universel. Les Jésuites de Douai et leurs élèves chantèrent ses louanges en latin et en français, mais, à notre avis, aucun de ses contemporains ne le jugea mieux ([ue Emmanuel van Meteren, disant de lui : « C'était un des plus rusés et habiles » capitaines de son temps, mais homme " hautain et fort cruel » . Ch. Rahlenbeek. E. Poullet, Correspondance du cardinal de Granvelle, t. III, et Cli. Piol, même ouvrage, t. IV a \II. — J.-L.-A. Diegerick, Correupoodance de. Valentin de Pardieu. seigneur de la' Motte (Bruges, 18o7). — Strada. — Benlivoglio. — Ar- chives générales de Belgique, v. Réconciliation des provinces vallonnés, t. 1 el II. — Liasses de l'audience, •1507-1586. PARDOiv {Charles-Théodore-Effide) , néàTirleraont, le 8 octobre 180 8, décédé le 20 août 1890. Fils de Jean-Albert, néàTirlemont le 7 février 1776, secré- taire de la dite ville du l^r floréal an xi (21 avril 1803) jusqu'au 4 octobre 1843; décédéùTirlemontle l 7 novembre 1865. Docteur en droit le 11 juillet 1829, avocat le 16 octobre suivant; appelé, par le gouvernement provisoire, aux fonc- tions de commis près le comité de la justice, il déclina cet honneur (11 oc- tobre 1830). Toute sa carrière dans la magistra- ture, il l'accomplit à Bruxelles, en dé- butant par les fonctions déjuge suppléant près le tribunal de première instance (9 octobre 1 834), pour y remplir succes- sivement celles de substitut du procureur du roi (10 février 1 838), puis de juge au même siège (2 décembre 1840), et de vice-président le 2 novembre 1851. Le 23 juillet 1853, il passait à la cour d'appel de Bruxelles en qualité de conseiller, et le 14 septembre 1867 à la cour de cassation, où il demeura jusqu'en novembre 1883, époque de son ad mission à l'éméritat. La croix de fer lui fut décernée par arrêté royal du 2 avril 1835, avec cette moition honorable : « Vu le rapport de la commission des " récompenses honorifiques , instituée " par notre arrêté du 25 octobre 1833, " portant : le sieur Pardon (Théodore) " avocat à Tirlemont, l'un des fondateur? « de la réunion centrale, ordonna de » saisir les poudres (de guerre) et les " distribua lui-même aux volontaires. » Auteur et signataire de plusieurs pro- » clamations tendant à propager l'élan « national. Sur la nouvelle d'une se- « conde agression des Hollandais sur " Tirlemont, il adressa une circulaire. Il signée de sa main, aux bourgmestres Il des communes environnantes pour les Il adjurer d'envoyer des défenseurs dans " la dite ville. « Chevalier de l'Ordre de Léopold le 16 décembre 1858, officier le 27 dé- cembre 1875, commandeur le 29 dé- cembre 1880, il obtint la croix civique de première classe le 4 novembre 1885. D'une rare sûreté de jugement, il n'a cessé de se montrer à la hauteur de sa tâche; sa présence au sein du tribunal, dont il fut une des colonnes les plus solides, avec les de I« la réforme des asiles d'aliénés. Bruxelles, bureau de la Revue trimes- trielle, 1860. — 15. Des asiles d'alié?iés et de Gheel au point de rue moral et éco- nomique. Genève, H. Georg, 1873. E. Masuiii. Bibliographie nationale. Dictionnaire des écri- vains belges, 1830-1880, t. III. — L'iniversite de Bruxelles, notice historique par L. Vanderkin- dere. — Renseignements fournis par l'administra- tion des hospices civils de la ville de Bruxelles, par Mf le doct. Vanden Corput, membre de l'Aca- démie de médecine, et renseignements recueillis à Gheel. PARiJ^ {Henri), philantrophe, né à Tournai le 1"" avril 1799, décédé le 27 septembre 1885. La situation poli- tique du pays l'amena à entrer de bonne heure aux Ecoles militaires de la Flèche et de àaint-Germain; à sa sortie, il ob- tint, le 30 mars 1814, le brevet de sous-lieutenant au 7^ hussards. La chute deNapoléon lui fit renoncer à cette car- rière et il ne reprit les armes qu'en 1830 pour se mettre à la tête des volontaires tournaisiens qui apportèreut leur con- cours empressé à la cause de l'indépen- dance nationale. Peu après la révolution, il fut nommé bourgmestre de Bottes et dirigea avec intelligence et dévouement l'administration de cette importante commune jusque vers la fin de sa vie. Ses goûts étaient modestes et, malgré sa grande fortune, il menait une vie simple et retirée; il aimait à soulager les mal- heureux et à venir en aide à toutes les enivres de charité. Appréciant toute l'importance de l'enseignement élémen- taire, Henri Paris légua à sa ville natale un cîipital de 200,000 francs pour aider à la création et au développement d'éta- blissements d'instruction primaire, un autre capital de 200,000 francs pour l'institution de bourses à répartir entre les élèves les plus méritants de l'Ecole d'arboriculture qu'il avait avantagée dès 1875 par un don de 10,000 francs. Là ne s'arrêtèrent pas ses libéralités : il légua au Bureau de bienfaisance une somme de 10,000 francs pour l'ailecter à l'amélioration et au développement de l'œuvre des Crèches. Le conseil commu- nal, par délibération du 28janvier 1887, voulant perpétuer la mémoire de ce gé- néreux bienfaiteur, donna le nom de quai Paris à la voie longeant la Petite Kivière, de la rue lioyale à la porte du Château, à Tournai. Ernest MaUhieu. Discours de Mr Victor Carbonnelle, bourgmestre de Tournai, prononcé le jour des funérailles d'Henri Paris. — A. Hocquét, Les mes, places publiques et boulevards de Tournai (Tournai, 1899), p. 136. PARie^OT {Pierre), humaniste, pro- fesseur de belles-lettres, naquit dans le duché de Luxembourg vers la fin du xvie siècle, 11 fit sa rhétorique au col- lège du Parc, à Louvain, sous Vernu- laeus, son compatriote, comme on le voit, dit Paquot, par une harangue : Pro Arilhmeticu, qu'il déclama sous ce célèbre orateur. On le désigna lui-même pour occuper la chaire des belles-lettres au collège qui l'avait formé et il y pro- fessa jusqu'en 1657, année où fut cons- truit le collège de la Sainte-Trinité, qui remplaça le collège du Parc. Nous avons de Parisot une grammaire française inti- tulée : Linyuœ Gallicœ Inslitutiones ad usum luventutis Porcensis Zotaw», éditée à Louvain, chez Jean Olivier, en 1628, 639 PARIVÂL 640 et rééditée chez Coenesteyn en 1639, 1650 et 1662. Léon Goemans. Paquot, Mémoires. — Reusens, Analectes pour servir à l histoire ecclésiastique, etc. Il» série, t. IV. *p.*niv'Aii (Jean- Nicolas) ou de Pa- RivAL, historiographe et lexicographe, né à Verdun en 1605 ; on ignore le lieu et la date de sa mort. Il alla se fixer en Hollande en 1624, comme il appert de la préface de ses Délices, et résida à Leyde, où il connut notamment le pro- fesseur Gomarus. Veuf de Marguerite Vander Meulen, il épousa dans cette ville, le Ipr avril 1637, une Parisienne, Elisabeth de Leques, dite de la Croix; les deux conjoints firent leur testament, le 24. août 1653, devant le notaire Ni- colas Paedts. Parival n'acquit le droit de bourgeoisie qu'assez tard; ce n'est, en effet, que le 6 octobre 1645 que le registre de bourgeoisie de Leyde ren- seigna : " Johannes Perrival, spraeck- meester van Verduyn... «. Maître de langue française, il aurait, suivant les anciens biographes, été attaché succes- sivement aux universités de Leyde et de Louvain. Je n'ai pu retrouver de docu- ments confirmant cette double assertion. En ce qui concerne Leyde, nous le voyons inscrit deux fois sur le rôle des « citoyens académiques « , mais honoris causa, le 16 octobre 1663 et le 25 juin 1667; cette dernière inscription lui donne l'âge de 62 ans, ce qui nous permet d'établir la date de sa naissance. Sur le même rôle figurent encore Pierre Parival, âgé de 26 ans (1638), Jean Parival, âgé de 12 ans (1641), et Jean-Frédéric Parival, âgé de 43 ans (1674). Après avoir fait à Leyde un séjour si long, qu'il put consi- dérer cette ville comme sa seconde pa- trie, Jean-Nicolas Parival passa dans les Pays-Bas méridionaux, où il enseigna la langue française à Bruxelles et à Louvain. On lui doit des manuels sco- laires et quelques ouvrages historiques, tels qu'une description de Louvain, une description de la Hollande qui a joui d'une véritable vogue pendant la seconde moitié du xvn* siècle et au commence- ment du siècle suivant, et une histoire du xviie siècle. Sans aucune valeur cri- tique, ces dernières productions con- servent néanmoins un certain intérêt à cause des observations personnelles que Parival y a consignées. Voici la liste de ses œuvres : 1. Metliodus addiscendarvm conjuga- tiorium ffallicarum, cum syntaxi compen- diosa. Leyde, 1645 ; in-12. Cette petite grammaire eut de nombreuses éditions dont la dixième, intitulée : Grammatica gallica compendiosa methodo concinnata, parut à Louvain, chez G. Lipse, en 1667; in-16 ; en tête, une petite poésie gratu- latoire de Vitus Bering. Il se pourrait qu'il en existât des éditions françaises. — 2. Les délices de la Hollande, œuvre pané- gyrique, avec un traité du gouvernement et un abrégé de ce ijui s est passé de plus mémorable. Leyde, P. Leffen, 1651; in- 16. Extrait de Boxhorn, Strada, Ponta- nus, etc. Nous en connaissons les éditions suivantes : Seconde édition. Leyde, Abr. a Geervliet, 1655; in-12; — Leyde, Ch. Gerstecoren (des exemplaires portent l'adresse de P.deDier), 1660; in-12 ; — Leyde, P. de Dier (Elzevir), 1662; — Paris, compagnie des libraires du Palais, 1665 ; — Amsterdam, J. de Ravestein, 1669 (revue par Fr. Sav. d'Alquié); — Amsterdam, J. Bouman, 1678 (à partir de cette date, le nom de Parival disparaît (lu titre); — Amsterdam, Abr. Wolgang, 1685; — Amsterdam, H. Wetstein, 1697 ( " ouvrage nouveau sur le plan de l'an- cien » ); — La Haye, 1710; — La Haye, 1726; — Amsterdam, P. Mortier, 1728. Il en existe une traduction néerlandaise : Amsterdam, S. Imbrechts(G.Oostendorp, imp.àCampen), 1660-1661; in-12, deux parties. — 3. Abrégé de ce siècle de fer, contenant les misères et calamités des der- niers temps, avec leurs causes et prétextes. Leyde, 1653; in-S». Seconde édition (continuée). Bruxelles, Fr. Vivien, 1655; in-8o; — Troisième édition, Bruxelles, Fr. Vivien, 1658; \n-%°; — Quatriesme édition (deux parties). Bruxelles, Fr. Vivien, 1660; in-S". Une troisième par- tie parut chez le même imprimeur en 1665. L'ouvrage a été traduit en anglais sur la deuxième édition : T//e historié of this iron âge. . . rendered into english by 641 PARIZEL-PARME 642 B. Harrii. London, J. Crook, S. Miller et T. Davies, 1659; in-fol. — 4. Le vrcn/ interest de la Hollande élevé sur les ruines de celuy qui voit le jour sous le ttotn de F. D. H. [Vander Hoven, ou P. C. de la Court]. (Leyde), P. Gardier, 1662; in-12. Une édition néerlandaise de la même année chez J. Princen, à Leyde. — 5. Histoires facétieuses et morales, assem- blées et mises au jour par J. N. D. P. Avec quelques histoires tragiques. Leyde, Sal. Vaguenaer (imp. J. Maire), 1663; in-12. — Nouvelle édition. Leyde, 1669. — 6. Loutain, très ancienne et capitalle ville du Brabant. Louvain, G. Lips, 1667; in-12. Compilation faite d'après le Lotanium de Juste Lipse, Gramaye, les Fasti academici de Valère André, etc. La dédicace, envoyée au magistrat de Louvain en guise d'étrennes pour l'année 1667, valut à l'auteur une gratification de cent florins. Paquot émet sur l'ou- vrage un jugement que M'' Ed. van Even déclare trop sévère; le volume contient, selon lui, une foule de détails très inté- ressants, et que l'on chercherait en vain ailleurs, sur la situation de la ville au xviie siècle. A la fin, des pièces de vers latines de C.-B. Inghelbrechts , de Bruges, et une petite ode française d'un cousin deParival, Jean Louchart,» curé de la Gran ville ». — 7. Dialogues fran- çois selon le langage du tems. Troisième édition. Leyde, 1664; in-8°. Cinquième édition augmentée deV Ecole du rire. lieyde, 1676; in-12. Dixième édition. Leyde, 1709; in-12. Onzième édition. Leyde, Th. Haak. 1718; in-12. Dans YEcole du rire, Parival a voulu donner le moyen d'apprendre la langue française en riant; » pour exécuter ce projet », dit Paquot, • il a ramassé des histoires, qu'il appelle • choisies, plaisantes et récréatives, mais • qui ne sont en eô'et que des fadaises » . Nous en connaissons une traduction italo-allemande : Li Ragionamenti Te- desco-Italiani seconda la fivella Toscano- Rornana. Teutsch und Italiani&che Ge- sprache... che dessen in Franzosischer Sprach verfasset von ... M.J.D. Parival. Anjetzo ... iibersetzt von M. Kramern. Nuremberg, 1679; in-8o. J.-T.BodelNijenhuiscite encore, dans BIOGR. NAT. — T. XVI. sa Topographische lijst der plaatsbeschrij- ringen van het koningrijkder Nederlanden (nu 349), l'ouvrage suivant, dont nous n'avons pu autrement constater l'exis- tence : « J.de Parival, Fermakelijkheden van Brabant. Amst., 1661 ; 8° «. Nous croyons qu'il y a là une confusion avec la traduction néerlandaise des Délices de la Hollande, parue en 1661 sous le titre de De Fermaeckelijkheden van Hollant. Paul Bergmani. Paquot, Mémoires pour seriir à ihisioire litté- raire des Pays-Bas, I. X, p. 91-96. — J.-Kr. Fop- pens, Bibliotheca bclqica (Bruxelles, 173»), l. II, p. 70o. — Slaes, IVekeli/kscli uieuirs uiit l.oreii, ilTÔ, t. 1, p. 2d el !26;i-'2ii7. — Bulletin du biblio- phile behie. t. VIII, Wy\, p. 406-407. — De iVa- vorschcr.'l. lY, p. 167 ; t. V, p. 102; t. VI. p. 2W et 312; l. VII, p. 140, 202; t. XLIX, p. 42i).i-;l8.— A. Willems, Us Elzcviers. no866. — P. -A. Tiele, Mederlandsche bibliographie voor Innd- eu rol- kenkunde, passim. PARIKEL (Charles- Louis), prêtre du diocèse de Namur, ne à Bohan (Namur), le 18 janvier 1816, décédé à Meux, le 2 juillet 1886. L'abbé Parizel fut en- voyé, à l'âge de 21 ans, comme profes- seur, au Petit Séminaire de Bastogne, où il ouvrit, avec son collègue l'abbé Engling , la première école normale d'instituteurs créée en Belgique. Or- donné prêtre, le 15 mai 1839, il fut, en octobre suivant, promu à la cure de Laforêt, qu'il administra avec sagesse pendant 41 ans, c'est-à-dire jusqu'au 1er août 1881. On a de lui : Manuel des instituteurs, ou traité élémentaire de pé- dagogie et de méthodologie, imité de l'al- lemand de Demeter, par MM. J. Engling et C.-L. Parizel, professeurs au séminaire et à l'école normale de Bastogne. Namur, Wesmael-Legros, 1839; in-8ode266p. Idem. Nouvelle édition entièrement refon- due et mise en rapport avec la loi organique de l'enseignement primaire. Ibid., 1843; in-12 de400p. Idem. Troisième édition, revue, corrigée, augmentée, surtout dans • es rapports avec les lois et règlements en vigueur. Ibid., 1847; in-8''dexiii-312 p. F.-D. Doyen. Liber memorialis du séminaire de Bastoqne.— Archives de la paroisse de Laforêl. — Biblioqra- phie nationale. — Doyen, Biographie namuroite. PARME {Marguerite be). Voir Mar- guerite. 21 643 PARMENTIER 644 PARMENTIER [Adèle-Marie- Atine- Joseph-G/nislaiHe),û\\eâin.ée d'André-Jo- seph (dont la notice suit), née à Enghien , le 1er juillet 1814, décédée à Brooklyn (Etats-Unis), le 22 janvier 1892. Elle n'avait que 11 ans lorsque ses parent? quittèrent sa ville natale et l'emmenèrent avec eux en Amérique. Elle fit son édu- cation dans une école privée de New- York et apprit l'espagnol, l'allemand et l'italien. Son mariage avec Edouard Bayer, en 1841, fut le premier qui fut célébré en l'église de Saint-Ï'aul, à Brooklyn. Pendant plus de quarante an- nées, cette pieuse dame se dévoua à l'œuvre des marins, visitant chaque jour les malades de cette catégorie recueillis d'abord dans le Ciiy Hospital, puis au Long Island collège îlospital, enfin dans le Marine Hospital éi&hWh. Staten Island. Elle ne se laissa rebuter dans cette œuvre ni par les obstacles de tout genre, ni par les dangers auxquels sa vie ou sa santé était exposée pendant l'hiver pour apporter ses secours quotidiens, tant spirituels que temporels, aux marins de toute nationalité; ellelesaidaitdesescon- seils et de ses aumônes. Grands étaient le respect et la confiance qu'elle avait acquis près des officiers et des matelots; son nom était connu et vénéré de tous. A ses funérailles, les officiers de la flotte des Etats-Unis exprimèrent publique- ment tous les regrets que causait la perte d'une personne qui, sans ostentation, a travaillé à l'amélioration morale et ma- térielle des marins. Ernett Matthieu. Madame Bayer and Her Work in the Navy Yard dans The catholic review, de New-York, 26 février 4898. — L'Echo d'Enghien, n» du 27 mars 1892. PARiiEWTiER {André-Joseph-Ghis- Za/w), architecte de jardins, né à Enghien le 3 juillet 1780 et mort à Brooklyn (Amérique) en 1830. Il quitta la Bel- gique vers 1821 pour aller s'établir aux Etats-Unis, où il se fit connaître comme un habile architecte de jardins. Bowning, dans son Landscape Garde- ning, dit » que André Parraentier dota « les environs de New-York et diverses ' parties des Etats-Unis de jardins de » plaisance, qui ont exercé sur l'archi- «1 tecture des jardins en Amérique des « eff'ets tellementgrands, qu'il est permis » d'affirmer que personne n'a exercé sur » elle une semblable influence. » Il est vraisemblable que l'exemple et l'influence de Joseph Parmentier, son frère aîné, n'ont pas été étrangers aux succès qu'a obtenus André dans sa nouvelle patrie. Il s'est sans doute inspiré de ce qu'il avait vu dans le parc d'Enghien pour se diriger dans sa carrière d'archi- tecte de jardins. François Crépin. Pairia belgica, l'e partie (Bruxelles, 4873) p. 618. PARMENTIER [Antoine), écrivain ecclésiastique, né à Nivelles, le 29 avril 1668, de Adrien-Paul Parmentier et de Anne-Catherine D'or, mort à Namur, le 9 mai 1722. Il fit ses humanités dans un collège de sa ville natale et ses études théologiques à l'université de Louvain. Les biographes en disent peu de chose, sinon « qu'il s'est distingué par son zèle « pour la foi « . Nous en connaissons plus. En 1702, — il avait alors trente- quatre ans, — nous le voyons qualifié : licencié en théologie et curé de Braine- l'Alleud, à deux lieues de Nivelles ; c'était une cure importante, car, d'après Tarlier et Wauters (Les communes belges, p. 108), le curé de Braine-l'AUeud jouissait d'un revenu de 2.178 florins et était assisté de deux vicaires. Le 2 3 j uin de cette année 1702, après la démission d'Herman Damen, docteur en théologie, de ses fonctions de prési- dent du Grand Collège des théologiens de Louvain, dit du Saint-Esprit, An- toine Parmentier fut choisi pour lui succéder. Il quitta donc Braine pour Louvain où il reçut le grade de docteur en théologie le 21 août 1703. Son élé- vation à la présidence fut bien accueillie dans le monde universitaire, comme le prouve la pièce devers qui lui fut dédiée à cette occasion et qui fut publiée, en 1702, à Louvain. Son administration ne fut pas sans vigilance ; il apporta, dès son installation, une scrupuleuse atten- 645 PARMENTIER 646 tion à des réformes utiles; c'est ainsi que, le 8 juin 1703, la faculté de théo- logie porta un décret, approuvé par le Roi, le 15 du même mois, en vertu du- quel on changea le système des comptes du collège. Jusqu'alors, ceux-ci s'éta- blissaient au profit ou au détriment des boursiers ; il en résultait que le Grand Collège en était arrivé à devoir à plu- sieurs créanciers une somme énorme, plus de 20,000 florins, car bon nombre de ces boursiers s'étaient, à l'occasion, retirés sans payer avant la confection annuelle du compte. Par lamesure réfor- matrice que fit adopter le président An- toine Parmentier, l'administration se faisait au profit ou au détriment du Grand Collège ou de sa fabrique, à l'exemple de tous les autres collèges lou- vanistes ; en conséquence, le Grand Col- lège prit sur lui la dette mentionnée plus haut et le montant de chaque boursier fut fixé à 120 florins de change pour l'année académique. Parmentier se retira après avoir ob- tenu un canonicat à Nivelles. Il mourut à l'âge de cinquante-quatre ans seule- ment, ainsi qu'il résulte de VObituaire de Sainte-Gertrude de Nivelles, commencé en 1683 et conservé parmi les registres paroissiaux à l'état civil de Nivelles. Sa fin prématurée fut le résultat d'une cruelle maladie; son frère Alexandre Parmentier était abbé de l'abbaye de Boneff'e ; en vue de le faire soigner avec plus d'entente, il l'y fit venir et l'on consulta les chirurgiens les plus experts; en proie aux plus vives douleurs de la pierre, il mourut entre leurs mains, à Namur, le J2 mai 1722, après vingt ans de professorat à Louvain. Son frère tint à ce qu'il fût inhumé dans l'église de l'abbaye de Bonefte. Antoine Parmentier a laissé quelques écrits en vers sur la Bulle Unigenitus, contre Opstraet et autres opposants. Ces œuvres de polémique ont été publiées à Louvain, en un in-8°, en 1718. Nous avons dit que Antoine Parmen- tier avait un frère abbé de Bonefl'e; né, comme lui, à Nivelles, il s'était fait religieux à l'abbaye de Notre-Dame de Boneffe, près d'Eghezée, ou du Val Saint- Feuillen , comme on l'appelait aussi jadis; c'était une communauté de l'ordre de Cîteaux; le révérend abbé Dom Jean Du Kieu étant mort le 3 no- vembre 1719, Dom Alexandre Parmen- tier fut choisi, le 23 novembre suivant, par les quatorze religieux présents (nommés par lettre patente du 27 mars 1720), pour son successeur, installé, le 27 juillet suivant, par Dom Ignace Malfroid , abbé du Jardinet-lez-Walcourt, et consacré par le même au refuge de Namur, en présence de MM. Malfroid, prévôt de Walcourt , et Dom Robert Cochez, prieur de Boneffe. Les guerres et d'autres tristes événements avaient nui à la prospérité de l'abbaye ; aussi la Chronique de Botieffe, publiée par M*" Eu- gène del Marmol dans les Annales de la Société archéologique de Namur (t. IV, p. 120. Namur 1855-1856), s'exprime- t-elle ainsi à son sujet : « Il eut le » déplaisir de voir les dortoir, cuisine, " réfectoirs et chauflbir que son prédé- " cesseur avait fait battir, tomber en » ruines, ce qui a mis la maison dans « beaucoup de debtes, et l'at obligé à a prendre, parmy octroy, des agents à » frai dans divers endroits ; ce nonobs- « tant, il a acquit la seigneurie et terre » de Bonefte, pour mettre fin à des Il procès continuels qu'on avoit dû sou- « tenir contre le seigneur dudit lieu, » pour une somme de vingt-neuf mils » florins, argent fort « (14 février 1724). L'abbé de Bonefte ne tarda pas à suivre dans la tombe son frère le président du Grand Collège. » Peu de jours après » l'achat de la seigneurie de Bonefte, dit « la Chronique de cette abbaye, il mou- u rut (6 mars 1724), après avoir été 1 député des Etats de Namur ». Un Louis Parmentier, curé de Corbaix (Brabant), fonda en 1715 une bourse pour le Petit Collège des théologiens; elle subsiste toujours; elle donne droit à 154 francs seulement; nous ne savons si ce curé de Corbaix était de la famille de celui de Braine-l'Alleud. Clément Lyon, Delvenne, Biographie des Pays-Bas. — Notes de Mr Alph. Hanon de Louvet, échevin de Ni- velles. — Ed. Reusens, Analectes pour servir à l'histoire ecclésiastique de la BeU/ique (!2e série, 647 PARMENTIER 648 1. 1, iSSl, art. de Mgr de Ram sur le Grand et le Petit Collège des théologiens de Louvain, dits du Saint-Esprit, d'après des notes ms. latines de Jean- Lambert Bex, dernier économe de l'institution, p. ■lo3-'24S, t. XVII, p. 173). - Bibl. royale, fonds Goethals, supplément aux docteurs de Louvain des Fastes de Valere André, Paquot, etc. PARMENTIER (Ckarles), archiviste, né à Gand, le 1 2 fj;erminal an xii (2 avril 1804), décédéencette ville, le5 mai 1838, fils de Charles et de Thérèse Clays. Il fut le premier archiviste de la ville de Gand. Préposé au classement du dépôt en 1828, comme aide du secrétaire communal Hye-Schoutheer, il fut, après la mort de celui-ci, nommé archiviste le 31 dé- cembre 1831. Il s'acquitta avec zèle de ses fonctions et prépara l'inventaire des chartes et documents, continué ensuite par MM. Van Duyse et De Busscher. Quelques notes empruntées à ce travail préliminaire furent publiées par lui sous le titre de Documents relatifs à la hanse teutonique en Flandre. [Messager des sciences et des arti, 1833, p. 466-467). — En collaboration avec Auguste van Lo- keren, qui avait reçu le titre d'archiviste honoraire, il publia, en 1835, une No- tice sur le dépôt des archives de Gand {Messager, p. 54-88). Dans son dépôt, il fit, dit Gachard, u des recueils de pièces qui étaient dis- « persées et dont il doubla l'intérêt en Il les réunissant «, Il commença aussi à collectionner les registres de nos an- ciennes corporations de métiers qui, depuis la fin du xviiie siècle, étaient épars dans divers locaux. En vue de publier une série de documents intéres- sants pour l'histoire locale, il avait fait un assez grand nombre de transcriptions, qui furent utilisées plus tard par divers écrivains gantois. Mais le principal mé- rite de Parmentier est d'avoir pris des mesures intelligentes à l'ett'et d'assurer la conservation d'un très grand nombre de chartes et autres documents précieux qui étaient en fort mauvais état. Citons à ce propos le témoignage de Pr. van Duyse qui l'avait vu à l'œuvre : « On « peut dire de cet homme infatigable " qu'ilavaitunepatienceàtouteépreuve : u on lui doit la conservation d'une foule « de papiers qui périssaient de vétusté « et qui, dans des mains moins habiles, " moins patientes que lessiennes,eussent » été perdus pour la ville et le public. " Nous ne citerons de ces pièces que le " plan de Gand fait par Jacques Horen- " baultenl619, qui se voit actuellement • encadré sous verre au bureau des ar- I chives. Les personnes de l'art jugeant « qu'il était impossible d'en réunir les » lambeaux, l'archiviste lui-même ren- " toila ce vaste papier avec beaucoup de u succès. » Il restaura également, par d'adroits collages, plusieurs sceaux frag- mentés. — A notre tour, nous affirmons que Parmentier s'est ainsi acquis des droits à la reconnaissance de la posté- rité. Notre archiviste était aussi avoué près le tribunal de première instance et avait à s'occuper de procédure et d'une clien- tèle de plaideurs. Ces multiples occupa- tions furent nuisibles à sa santé et il mourut à peine âgé de trente-quatre ans. II avait épousé Marie-Antoinette Schau- mans. Victor Vander Haeglien. Messager des sciences et des arts, 1838, p. 226- 228 (art. de P. van Duyse). — Gachard, ÎS'otice hist. et descript. des archives de la ville de Gand, 1852, p. 24-25. — F. de Potter, Petit cartulairc de Gand, 488o, introduction. — V. Vander Hae- ghen. Inventaire des archives de la ville de Gand. PARIMCKTIER (Josepk- Julien- G/iis- Zam), amateur d'horticulture et adminis- trateur, né à Enghien, le 8 novembre 1775 et mort en cette ville, le 1er avril 1852. Parmentier fut pendant de longues années intendant de la famille d'Aren- berg pour le domaine d'Enghien. Grâce à son dévouement, lebeau parcd'Enghien put échapper à la destruction complète dont il fut menacé au commencement de l'occupation française dans notre pays. Par ses soins, ce parc fut rétabli dans sa splendeur primitive et même enrichi de constructions destinées à abriter de nou- velles collections de plantes. Tout jeune encore, Parmentier avait été pris de passion pour la culture des fleurs et des arbres. Dès le commence- ment du siècle, il s'était mis à réunir toutes les espèces qu'il avait pu se pro- curer. Au temps du blocus continental, il était devenu à peu près impossible 649 PARMENTIER 6no I d'établir des relations avec l'Anojleterre, mais, par l'intervention de l'impératrice Joséphine, Parmentier put obtenir une licence pour faire venir des plantes de ce pays. En 1S08, les coUectionsréunies par ce collectionneur passionné sont cataloofuéesdans l'ouvrage suivant publié à Bruxelles : Catalogue des plantes culti- vées par M. Joseph Parmentier, maire d'Enffhien, département de Jemmape, à l'époque du 1er janvier 1808. Le plus 2:rand nombre de ces plantes sont des espèces de pleine terre ou des arbres ; les plantes d'orangerie sont assez nom- breuses, mais on n'y voit guère d'espèces dites de serre-chaude. On peut estimer le nombre des espèces et variétés à deux mille environ. Parmentier, qui n'avait publié son catalogue que pour faciliter des échanges avec ses correspondants, nous apprend qu'il n'avait pas compris, dans ses cultures, les espèces indigènes en Belgique et les espèces annuelles ou bisannuelles. Ce petit livre, qui eut une nouvelle édition en 1818, reste un do- cument intéressant, parce qu'il nous fait connaître quelles étaient les plantes exo- tiques introduites en Belgique au com- mencement du siècle. A la mort de Parmentier, les collec- tions formées par celui-ci furent en grande partie acquises par la famille d' Arenberg. La réputation de cet habile collection- neur n'avait fait que s'étendre d'année en année. Ses cultures étaient justement appréciées de tous les amateurs. Van Hulthen, en 1817, en parlait dans ces termes : • M. Parmentier, maire d'Eu- • ghien, a réuni, dans un espace res- • serré, un nombre prodigieux d'espèces • rares, tirées la plupart des jardins • d'Angleterre, et qu'il a l'art de cultiver • et de multiplier avec beaucoup de ta- • lent •. Dans sa famille, Parmentier avait formé des émules. Louis, l'un de ses frères, cultiva avec succès les roses, et son frère André se fit en Améri(|ue une brillante réputation comme archi- tecte de jardins. En 1816, on voit Parmentier consa- crer ses loisirs à un tableau de statistique agricole dont le roi de Hollande accepta l'hommage. Ce travail d'économie rurale parut à Bruxelles en 1819, en un mince volume in-80, sous le titre de : Erpose succinct des produits du règne végétal et animal du canton d' Enghien . La carrière administrative de Par- mentier compte de nombreuses années consacrées aux intérêts de sa ville natale, dont il fut maire de 1802 jusqu'à la fin de l'empire français, puis bourgmestre pendant la réunion de la Belgique à la Hollande, et enfin conseiller communal de 1836 à 1842. Si comme administra- teur il a mérité la reconnaissance de ses concitoyens, comme collectionneur il a droit à la reconnaissance de l'horticul- ture, dont il avait été, pendant le pre- mier quart de ce siècle, l'un des princi- paux promoteurs dans notre pays. François Ciépin. Ernest Matthieu. Histoire de In ville d' Erir/hieti (Mons, I87(i), p. 733 et 73k — Ch. van Hiillhem. Discours sur iciat ancien et moderne de iaqri- rultnre et de la botanique dans les Pays-àas, :2e éd. (Gand. 1837), p. 7o, — Patria belgica, ire. partie (Bruxelles, d873), p. ;i97. p.%RmiRiVTiE:H (Nicaise), fils de Ni- colas, greffier de la ville de Braine-le- Comte, et de Marie Hanon, naquit en cette localité, le 13 mai 1661; il mourut à Bruxelles, le 15 mai 1742. Il appar- tenait à une famille noble, originaire de Mignault, portant d'argent au chevron d'azur cJiargé d'un autre chevron d'or et accompagné de trois trèfles de sinople. Son zèle pour la diffusion de l'instruction l'amena, en 1705, à s'oflfrir aux pasteur, mayeur, jurés et échevins de Braine-le- Comte pour remplir la charge de maître d'école. Sa généreuse proposition fut acceptée et, le 28 juillet suivant, une convention fixait les conditions pour la tenue régulière de cette école ; un prêtre Qnertinier l'aidait à y donner l'ensei- gnement. Jusqu'en 1710, Nicaise Par- mentier, qui était également prêtre, s'acquitta de ses fonctions ; il devint, à cette époque, chapelain de l'église collé- giale de Sainte-Gudule, à Bruxelles. 11 continua à se préoccuper des moyens de répandre l'instruction et, par testament (lu 11 juillet 1738, il institua quatre bourses d'étude pour la philosophie, la théologie, le droit ou la médecine et quatre autres bourses destinées, à défaut 651 PARMENTIER 652 de parents, aux enfants pauvres de Braine-le-Corate, pour apprendre à lire et à écrire et même pour apprendre un métier. Ces importantes fondations sub- sistent encore et sont actuellement ad- ministrées par la commission provinciale des bourses du Hainaut. Ernest Maltbiea. Ern. Matthieu, L'enseignement à Brnine-le- Comte, 2e éd. (-1890). — Dujardin et Croquet, La paroisse de Braine-le-Comte. — A nnales du cercle arch. d'Enghien, t. II.— H. Lentz, Fondations de bourses d'étude établies en Belgique (Bruxelles, i887), t. V. PAHiMEiVTiER (Philippe), écrivain ecclésiastique, né dans le Hainaut vers 1650. Il entra dans l'ordre des Frères mineurs récollets de la province de Saint- André, et remplit les fonctions de prédi- cateur et de confesseur. Il a publié : 1 . Diadème brillant de l'immaculée des reines ou couronne des douze estoiles, qui sont douze panégyriques dédiez à l'innocence originelle de la très pure Mère de Dieu. Mons, Jacques Gré2:oire, 1695; in-8'^ de vi-éSS p. — 2. Eloges de saint Joseph, déduits en ci7iq pièces , consacrées aux cinq personnes de lu sainte famille. Mons, Gilles-A. Havart, 1698; in-8o de viii- 171 p. Cet ouvrage est revêtu de la permission d'imprimer, donnée à Mons, le 15 avril 1698, par Zacharie Maes, censeur des livres. Léopold Devillers. Hip. Rousselle, Bibliographie montoise, p. 363 et 371, nos 465 et 49'*. — S. Dirks, Histoire litt. et bibl. des Frères mineurs, p. 30o. VAniMEKTtER (Philippe), sculpteur, né à Feluy, le 15 novembre 1787, mort en 1851. Il était fils d'Antoine-Fran- çois, sculpteur d'ornements d'un certain mérite. Philippe Parmentier alla suivre les cours de l'école des beaux-arts de Paris, puis il visita l'Italie et fit une étude approfondie des chefs-d'œuvre de l'anti- quité. De retour dans son pays natal, il s'établit à Bruxelles. Il exposa, au Salon de 1824, des œuvres qui appelèrent l'attention sur lui : Jason vainqueur venant d'enlever In Toison d'or ; Jeune nymphe aw bain (statue en marbre); Jeune fille jouant avec un papillon; Jeune nymphe faisant une couronne de fleurs. Il envoya, la même année, plusieurs morceaux im- portants à l'Exposition d'Amsterdam. En 1825, le roi Guillaume fit l'acquisi- tion de sa Baigneuse (statue en marbre). A la même époque, notre artiste sculpta, pour le jardin botanique de Gand, le buste d'AugerBusbecq.Il produisit, sans discontinuer, des œuvres dont la valeur accrut sa renommée artistique. Le tom- beau en marbre de l'évêque Pisani de la Gaude lui fut commandé pour la cathé- drale de Namur. Parmentier y donna des soins tout particuliers. Puis il fit une statue de la Religion, qui lui valut les plus grands éloges. En personnifiant la Religion, l'artiste a su lui donner à la fois l'expression sévère qui convient à la majesté du culte catholique et cette beauté céleste qui rappelle les grands maîtres de l'Italie. Parmentier entreprit ensuite le monument qui fut élevé, dans l'ancienne église de Laeken, à la mé- moire de Pierre-Louis Bortier, conseiller communal de Bruxelles , protecteur éclairé des beaux-arts, décédé en 1830. En 1837, Parmentier alla fixer sa résidence à Gand, oii il fut nommé di- recteur de la classe de sculpture à l'Aca- démie royale des beaux-arts. L'architecte Roelandt lui confia toutes les sculptures du palais de justice de cette ville, cons- truit de 1837 à 1845. En 1837, il pro- duisit un groupe en marbre blanc, devant servir de base à la chaire à prêcher de l'église de Fumes. Ce groupe représente saint Nicolas ayant devant lui les trois enfants traditionnels. Il y a une grande variété d'expression dans la physionomie des sujets et un rare bonheur dans les principales parties de l'exécution. Les draperies surtout méritent un éloge spé- cial. Les autres œuvres de Philippe Par- mentier, qui figurèrent au Salon deGand de 1835 à 1844, sont : une statue de Paris pour la Société royale des beaux- arts et de littérature; le buste du chanoine Triest; le bas-relief qu'il soumit au con- cours pour un monument funéraire à éri- ger à Charles van Hulthem; le buste de Kluyskens; deux autres bustes; une statue de \& Pitié. 11 sculpta, en 1842, avec son frère Léopold, pour la cathédrale de I 653 PÂRMENTIER — PARTAUS 654 Gand, un monument funéraire ii la mé- moire de Josse et d'Ambroise Goethals. En 1849, il fit le modèle en plâtre d'une statue à élever à Lié vin Bauwens. Philippe Parmentier était l'un des membres actifs de la Société royale des beaux-arts et de littérature de Gand. Les fonctions de vice-directeur de la section de peinture et de sculpture lui avaient été confiées. Léopold Devillers i. Pauwels-de Vis, Dictionnaire bioçpaphique des Belges, p. 173. — Le chevalier Edniond Mar- chai, La sculpture et les chefs-d'œuvre de l'orfè- vrerie belges, p. 7-11. — Messager des sciences et des aru de la Belgique, 1824, p. 122; 1833, p. o02 ; 1837, p. 522. P.4R«IE!VTIER {Thomas), écrivain ecclésiastique , né à Buvrinnes lez-Binche, en 1603, mort à Braine-le-Comte, en 1673. Après de brillantes études latines au collège des Dominicains de Braine- le-Comte, où il prit l'habit religieux, il suivit, à l'université de Douai, les cours de théologie et obtint le grade de licencié. Ayant consacré plusieurs années à l'en- seignement des sciences sacrées, il obtint dans son Ordre le grade de lecteur pré- senté en théologie. Il remplit, dès 1644, les fonctions de supérieur du vicariat dominicain de Vilvorde et ensuite celles de prieur du couvent de Braine-le-Comte. En 1649, le Père Vanden Heede, pro- vincial de la Germanie Inférieure, le désigna, avec les Pères Ambroise Druwé et Charles Montagne, pour alleràNamur y fonder une maison de l'Ordre. Ils ar- rivèrent à Namur le 24 novembre et louèrent, le 21 décembre, la maison d'un chanoine, située rue Hors-Postil. Le P. Thomas Parmentier fut nommé vicaire de la nouvelle communauté. Le 29 dé- cembre 1650, le P. Thomas Parmentier et ses religieux furent conduits solen- nellement par le prince de Chimay, alors gouverneur de Namur, dans la maison spacieuse de Madame d'Acoz, sur le Grand Marché, et en 1651, le P. Par- mentier devenait le premier prieur du couvent de Namur. A peine installé, il eut à subir les vexations du mayeur. des échevins, des bourgmestres, des maîtres des métiers, etc., qui sollicitèrent et ob- tinrent du conseil provincial l'expulsion des religieux. Le Père Parmentier en référa au prince de Chimay et à l'archiduc Léopold d'Autriche. Le roi Philip])e IV lui-même intervint par une dépêche au conseil provincial et le Père Parmentier put enfin établir définitivement ses reli- gieux dans la rue de l'Evêché. Dans la suite, ses frères de Braine-le-Comte lui confièrent de nouveau le priorat de leur couvent. Il y mourut le 21 janvier 1673. On a de lui : 1 . Le Thresor des grâces du T^osflîVe, traduit du latin du Père Thomas l.eonardideMaestricht, auquel il ajouta, (le son propre fonds, le : Directoire de dévotion pour les confrères du saint ro- mire. Bruxelles, Martin De Bossuyt, I 643 ; in- 16. — 2. Les points qui con- cernent les dmes qui sont du tiers-ordre de S. Dominique. . Bruxelles, Guillaume Scheybels, 1644; in-16. p. Vincent-M. van CalocMi, Paquot. Mémoires, t. XVIII. p. 328-329. - Quétif et Echard, Scriptnrcs Ord. Prn-d., t. Il, p. 6o2. — De Jontîiie. Belgium Domiuicanum, p. 366 et 371-372. — Chanoine Barhier, Le Cou- rent des Dominicains de iSumur, p. 26 et 62-63. — C. Dujardin, J.-B. ("iPoquet, P. Bourdeau, la Paroisse de Braine-le-Comte, p. Vol. - Archives de l'Etat, à Namur : Couvent des Dominicains, histoire et administration, ms. p.%RTAUM {Jehan) est cité par Ar- thur Dinaux comme » roy des menes- " trels « de la cour du Hainaut au début du xve siècle. Il figura, en effet, dans quatre quittances datées 1400, 1410, 1411etl412, quittances « accompagnées II du sceau du dit Roi, surmonté d'un /. cimier, avec un écu représentant une Il branche de Heurs, symbole de la pro-> « fession toute d'agrément de Jehan " Partaus » . M"" Devillers a retrouvé dans les comptes du massard de la ville de Mous des mentions non moins for- melles, se rapportant aux années 1407, 1408, 1410 et 1411. Comme il n'est plus question de Partaus en 1415-16, on peut conjecturer qu'il est mort à cette date, ou du moins qu'il avait cessé de bénéficier des faveurs communales, car le, roi des ménestrels est alors Piétrekin. A moins que de nouvelles recherches ne nous fassent découvrir l'une ou l'autre Q'uvre de ce personnage, nous en serons donc réduits à inscrire simplement son 655 PARTIBUS — PARTOES 656 nom dans nos annales littéraires; en- core reste-t-il incertain si le roi des ménestrels était lui-même un poète ou s'il se bornait à remplir les fonctions d'organisateur des fêtes que donnait de temps en temps son seigneur et maître, le comte de Hainaut ; en 1406, nous lisons dans une pièce comptable que le » roy des ménestrels de Hainaut • avait tenu école avec ses compagnons à Mons et reçu de ce chef 4 livres 1 0 sous; il n'est pas trop téméraire de supposer, comme le fait A. Dinaux, que ce roy si fréquemment subsidié était notre Jehan Partaus ; il l'est d'autant moins que les pièces communiquées par M"" Devillers font l'identification. M. W il motte. A. Dinaux, Trouvères, jongleurs et ménestrels du nord de la France et du midi de la Belgique, t. IV, p. 570. — Devillers, Souvenir du festival national, La musique à Mons fMons, 1879). PARTIBUS {Jacob de). Voir Des- parts. PARTOES {Ghislain- Joseph), consul et homme d'Etat, né à Bruxelles, en 1811, mort en cette ville, le 11 octobre 1858. Après avoir fait ses études au lycée de sa ville natale, Partoes prit, en 1830, une part courageuse à l'affranchissement de la Belgique. La même année, il fut attaché en qualité de commis au minis- tère de l'Intérieur. En 1 833, il sollicita et obtint de Eogier l'autorisation de s'embarquer comme simple passager sur un navire marchand affrété pour faire le tour du monde, dans un but d'explora- tion commerciale. Ce fut dans cette longue pérégrination que Partoes acquit en grande partie cette vigueur d'esprit et cette expérience des hommes et des choses qui devaient le rendre si apte aux diverses fonctions qu'il occupa dans la suite. Malheureusement, il contracta également les germes du mal qui ne cessa de le tourmenter toute sa vie. Bientôt après, il fut nommé consul de Belgique à Smyrne, emploi qu'il remplit avec une véritable distinction pendant plusieurs années. Ce fut pendant cette période qu'il publia divers travaux rela- tifs aux fonctions dont il était revêtu, travaux appréciés qui valurent à leur auteur sa promotion au grade de consul général. A l'époque de la retraite du ministère de 1840, Partoes remplaça Mr Veydt comme chef de la direction des consulats et du commerce extérieur au département des Affaires étrangères. Il se montra à la hauteur de sa mission nouvelle et la conserva pendant près de dix années, jusqu'à son entrée au mi- nistère des Travaux publics en qualité de secrétaire général. Sur les instances du gouvernement, il accepta le porte- feuille de ministre des Travaux publics qu'il avait refusé une première fois. D'abord ministre intérimaire, il devint ministre en titre le 26 avril 1858; il se révéla aux Chambres avec toutes les qualités qui font le véritable homme d'Etat : sûreté de jugement, netteté de vues, esprit lucide et pratique, honnê- teté de conduite et loyauté de caractère. Aussi convaincu dans ses opinions libé- rales que prompt et franc à les exprimer, il eut le rare destin de ne compter dans tous les rangs que des amis et de ne soulever autour de son nom aucune passion haineuse. Il était à peine depuis quelques semaines à la tête de son dé- partement lorsque sa santé s'altéra gra- vement. Une jaunisse se déclara lors de la discussion de son budget; esclave de son devoir, le ministre négligea de prendre les soins que réclamait son état pour se rendre chaque jour au parlement et aggrava ainsi le mal qui devait l'en- traîner au tombeau, à l'âge de quarante- huit ans à peine. La mort de cet homme de bien, victime de son patriotisme, fut un véritable deuil national. Partoes était membre de plusieurs sociétés savantes du pays et de l'étranger. Il faisait no- tamment partie de la commission royale de statistique, depuis l'origine de cette institution (1843). Il donna une impul- sion vigoureuse à ses travaux; d'une modestie extrême, il ne voulut pas que son nom figurât sur le dernier volume paru avant sa mort, quoiqu'il eût pris la plus grande part à sa confection. Par- toes était officier de l'Ordre de Lcopold et décoré de nombreux ordres étrangers. Ses obsèques solennelles furent celé- 657 PARTOES 658 bréesle 14 octobre 1858, en l'église de Saint-Jacques-sur-Caudenbero;, au milieu d'une foule immense. Trois discours retraçant la brillante carrière du défunt furent prononcés à la mortuaire. La dépouille mortelle fut inhumée au cime- tière communal de Laeken. Partoes laisse les ouvrages suivants : 1 . Bapport sur le commerce de Smyrne, pré- senté à M. le ministre des Affaires étran- gères. Bruxelles, De Mortier, 1841; in-S". — 2. Rapport sur le commerce de Trébizonde, d' Erzeroum et sur celui de Taufis, présenté à M. le ministre des Affaires étrangères. Bruxelles, De Mor- tier frères, 1S41 ; in-So, L. Tierenleyn. Moniteur belge, 13 et do octobre -1858, p. 3842 et 3867. — Indépendance belge, du \i octobre 1858. — Biblioqraphie nationale, t. III, p. 92. — Almanach roiial belge, 1899, p. 121 ; 1864, p. 88. p.*RTOEs(.ffe«ri-Zo?/?Vi'Vawçois), ar- chitecte, né a Bruxelles, le 24 août 1790, mort dans la même ville, le 29 décembre 1873. De bonne heure orphelin, on peut dire de lui qu'il se forma seul, par l'effet d'une volonté énergique. De son temps, les établissements publics d'instruction offraient d'ailleurs peu de ressources aux enfants qui se destinaieut à la carrière des arts, et ce qu'il avait appris à l'école primaire ainsi qu'à l'académie de dessin de sa ville natale constituait une éduca- tion tout à fait insuffisante pour qu'il lui fût permis d'exercer la profession vers laquelle il se sentait attiré. L'occa- sion d'acquérir les notions qui lui man- quaient pour entrer à l'école polytech- nique, la seule institution spéciale d'alors, lui ayant en outre fait défaut, il allait arriver à l'âge de la conscription et se voir obligé de renoncer complète- ment à sa vocation, lorsque le général Bernard, qui le connaissait et qui avait été chargé par Napoléon, ensuite du décret de Schoenbrunn (25 septembre 1809), de compléter les travaux de dé- fense de la ville et du port d'Anvers, le fit entrer dans les bureaux du corps du génie. Sans jamais avoir possédé un grade dans cette arme spéciale, Partoes fut assez heureux de pouvoir s'y former par la pratique; mais entraîné par les hasards de sa destinée dans les grands mouvements militaires qui sillonnaient l'Europe, le menant tantôt auprès de l'état-major de l'empereur, tantôt dans une ville assiégée, tantôt au milieu d'une bataille, il n'eut réellement le loisir d'aborder l'étude théorique de son art que lorsque la paix, huit ans plus tard, l'eut ramené dans son pays. Après la constitution du royaume des Pays-Bas, il vint se fixer à Bruxelles, préoccupé avant tout de se procurer les notions qu'il n'avait pu recueillir sur les bancs de l'école et de compléter son instruction au point de vue technique. L'ardeur avec laquelle il poussa ses études le mit. en très peu de temps, à même d'exercer sa profession avec d'au- tant plus de supériorité qu'il avait acquis une grande expérience dans la pratique des constructions. Sa réputation s'étant étendue, l'administration des hospices de Bruxelles eut confiance en ses talents et le nomma, en 1840, son architecte en titre. C'est pour cette administration, à laquelle il appartint jusqu'à sa mort, qu'il construisit : l'hôpital Saint-Jean, au boulevard du Jardin Botanique ; l'hospice dit de l'Infirmerie et la place adjacente, quartier du Béguinage; l'hos- pice Pachéco, aujourd'hui disparu, au boulevard de Waterloo; l'ancien hospice des Orphelins, rue du Midi; l'hospice des Petites-Sœurs des Pauvres, rue Haute. Les praticiens les plus compétents ont favorablement jugé ces œuvres diverses. L'hospice de l'Infirmerie, l'hospice Pa- chéco et l'hôpital Saint-Jean ont été rangés au nombre des beaux édifices civils de notre pays, notamment par A.-J.-B.Schayes, qui leur consacre une longue description dans son Histoire de V architecture en Belgique. Partoes fit encore, pour le compte de l'Etat, les appropriations nécessaires à l'installation de l'ancien bureau central des postes, rue de la Montagne, et éleva plusieurs hôtels au quartier Léopold, parmi lesquels il faut citer celui de feu le comte Desmanet de Biesme. Enfant de Bruxelles, il sut se concilier l'estime de ses concitoyens qui se plurent à rendre hommage à l'honorabilité de 659 PARVUS — PARYS 660 son caractère en l'envoyant, en 1840, siégjer à l'hôtel de ville, en qualité de conseiller communal. Là éojalement, son passage ne fut pas sans résultat, car s'il ne vit pas réaliser tous les projets qu'il soumit à ses coUègfues, entre autres celui qui devait relier, par une large rue d'une pente très douce, la place des Palais à la rue Cantersteen, il put voir exécuter son plan de prolongement de la rue Royale, de la place de Louvaiu à la porte de Schaerbeek, ainsi que le tracé qu'il avait fait de la rue et de la place Saint- Jean. La bienveillance du Roi reconnut le mérite et les services de Partoes à deux reprises; nommé chevalier de l'Ordre de Léopold en 1843, il fut promu au grade d'officier en 1865. Dansla sphère des arts, il obtint de non moins honorables distinc- tions : élu correspondant de l'académie royale de Belgique le 9 janvier 1846, il en fut nommé membre effectif le 8 juin 1S47. Agrégé aux académies d'Anvers et de Gand, il fut aussi plusieurs fois appelé à faire partie du jury chargé de décerner le grand prix de Rome. Enfin, choisi par le gouvernement pour faire partie de la commission royale des monuments, le 4 février 1846, il mourut vice-président honoraire de ce collège. Il a publié : 1 . Rapport sur la proposi- tion de M. le comte A. de Beauffort, concernant des inscriptions à mettre sur les anciens édifices civils et reliyieux (Bulletin de. l Académie royale de Bel- gique, t. XVI, 1849). — 2. Rapport sur un mémoire de M. Berote, consul belge dans le royaume des Deux-Siciles , , sur la possibilité de l'introduction de l'art du mosaïste en Belgif/ue (Bulletin dt l'Aca- démie royale deBelgiçue, t. XVII, 1850). — 3. Projet de rue présenté au conseil communal. Bruxelles, impr. Bols-Wit- touck, 1851: in-8o,12p., pi, — 4. Pro- jet d'ouverture d'une rue nouvelle allant de la rue des Carrières à la place des Pa- lais. (Brux.), s. d.; in-8", 6 p., plan. Fréil. Alvin. L. Alvin, Notice sur H.-L.-F. Partoes {Annuaire (le l'Académie royale de Belgique, 1875). — Vander Aa, Biographisch woordenboek der Neder- landen, l. XV. PARYiiJ^ (Lambertus). Voir Lambert LE Petit. PARYS (Guillaume ▼Aw), imprimeur et graveur, qui succéda à son père Sil- vestre dans ses diverses affaires, naquit à Anvers. Jeune encore, il voyagea à l'étranger et, en 1567, ses parent durent engager leurs biens en garantie de la promesse que Guillaume avait faite de ne plus quitter la ville. Comme son père, il fut employé à la Monnaie et il reçut, en 1570, un certificat fort élogieux des pré- vôts de cet établissement. Mais, déjà le 27 juin 1566, il avait obtenu l'autorisa- tion d'exercer la profession d' » impri- « meur et tailleur de figures » . Lorsqu'il prêta le serment exigé, le 30 juillet de la même année, il affirma « n'avoir poinct Il apprinsou exercé Testât de l'imprime- II rie, mais a tenu et tient des compa- " gnons qui l'exercent en sa maison et « les mect en besogne a imprimer les " sortes que feu Simon Cocq et Nicolas Il van Waure (Wauwere) ses prédéces- " seurs et alliés ont imprimé de leur " temps ". Les documents de cette époque at- testent que Guillaume van Parys parlait aussi bien le flamand que le français, et qu'il fut fort habile à graver sur bois. Il faisait partie de la gilde Saint-Luc; sur les registresde l'exercice 1585-1586 figure son nom : Guillaume van Parys, ôoekdruk/ier. Il habitait à Anvers une maison située au rempart du Lombard, qui avait été occupée avant lui par l'imprimeur Simon Cock. Le 6 juillet 15 80, il agrandit sa propriété en rache- tant à ses cohéritiers leur part dans un immeuble provenant des parents de sa femme et qui consistait en une mai- son, qui antérieurement en avait formé doux et qui portait pour enseigne : De pellicaen. Cette demeure était située à côté de la sienne et aboutissait par der- rière à l'ancien fossé de la ville. Van Parys imprima un grand nombre d'ouvrages de toutes catégories : livres de piété, traités de géographie, placards royaux, ordonnances ou édits, recueils de gravures, etc. Dès les premières années qu'il se fut 661 PARYS 66i établi, il employa comme marque d'im- primerie une vignette oblongue repré- sentant le jugement de Paris et portant pour inscription : Sapientie honorisfjz ignara voluptas 1566. Plus tard, lorsqu'il alla se fixer au rempart du Lombard et que sa boutique porta pour enseigne : In den gulden peUicaen, il adopta pour marque distinctive » un pellican nour- • rissant ses jeunes de son sang », et y ajouta la devise : Pellicanus alit suo aan- guine rerus. Le cartouche qui renferme cette marque typographique mesure six et un quart sur sept et trois quarts cen- timètres. Guillaume van Parys mourut en 1 5 8 6 . Il avait épousé Mathilde Vanden Wau- were, fille de l'imprimeur Nicolas Van- den Wauwere et de Catherine Cock. Fernand Donne). Mêmes sources que l'article suivant. p.%RYS (veiive Guillaume -vah). Elle continua les affaires commerciales de son mari. Le j5 octobre 1583, elle avait, conjointement avec lui, fait un testament réciproque par-devant maître Jacques Blyleven, secrétaire ordinaire du conseil de Brabant et notaire. C'est en vertu de cet acte qu'elle hérita de tous les biens de son mari et qu'elle continua d'habiter dans la maison de la rue du Lombard . Elle employa la même marque typographique représentant le pélican symbolique. Son nom figure, pendant l'exercice 15 88- 1589, sur les registres delà gilde Saint- Luc où elle est qualifiée de boecJcvercooper . A peine Mathilde A'^anden Wauwere fut- elle veuve, qu'elle fit don, le 17 octobre 1586, aux aumôniers de la ville, d'une rente annuelle de 18 florins carolus au profit des pauvres; elle l'hypothéqua sur sa maison du rempart du Lombard. Peu de temps après, elle se décida à se re- marier, et épousa Jacques van Witsen- borch. Cette nouvelle union étant de nature à l'empêcher de s'occuper active- ment de l'imprimerie, elle résolut de liquider ses affaires. Le 16 janvier 1595, elle vendait à JérômeVerdussen, libraire, habitant à Anvers, au cimetière Notre- Dame, et à sa femme Marie Scheyffs, la maison du rempart du Lombard, De guide peUicaen. En même temps, clic cédait aux mêmes acheteurs, et ce moyen- nant une somme (le 4-, 500 florins carolus, tous les livres, papiers et autres mar- chandises qui garnissaient ses magasins. Oès lors, l'imprimerie des Van Parys cessa d'exister ; une autre firme en con- tinua l'exploitation. Fernand Donnet. Rombouls et Van Lerius, De Ligqeren der Aut- verpsche Sint-Lucas gilde. — Chev. ("•. van Havre, Marques typographiques des imprimeurs et libraires anversois, vol. 11. — Frans OllliolV, Pe boekdnikkas, boekrerkoopers en uitgevers in Antwerpen. — Pli. Rombouts, Certificats déli- vrés aux imprimeurs des Patis-Bas par Chris- tophe Plantin. — J.-B. Vincent, Essai sur ihis- mire de l'imprimaie en Belgique. — Bulleign van de Maatschappij der .Àntwerpsche bibtiophi- Icn. — G.-D. Bom, ['lactnschc drukkers in hei t'vcede en der de tydvak der lirnaissaiice. — Alex. Pinchart, Archives des arts, sciences et lettres. Documents inédits, vol. 11. — Archives communales d'Anvers. Actes scabinaux : a» -1576, MNl, AM 1; -lîm, MMI; i;i79, KO 1, MK II; 1.")80. MN 1; 4581. MN I; 1583, MN 11 & KG I; t:;86, MN 1; 1o9.j, MN 1; Minutes du notaire Ger. Diemen, io82. PARYS (Jacques- Ignare va!\), né à Anvers, de Philippe van Parys, chevalier, et de Claire Rubens; mort à Gand, le 3 septembre 1702. Il était petit-fils de Jacques van Parys, seigneur de Merxem et de Dambrugge, qui fut créé chevalier par diplôme de Philippe IV, en date du 15 septembre 1629, et qui portait pour l)lason : d'or à trois écureuils assis de gueules mangeant chacun une noix ait na- turel. Il se destina à la carrière ecclé- siastique et obtint le grade de bachelier ès-lois.En 1677, il fut nommé chanoine de la cathédrale de Saint-Bavon à Gand, et le 17 mars 1702 il fut chargé de rem- plir les fonctions d'écolàtre. Il enrichit de ses dons la cathédrale de Saint-Bavon ety fit également construire la balustrade en marbre qui clôture la chapelle de Saint-Sébastien. Par son testament daté du 30 août 1702, il légua des sommes importantes avec obligation de les em- ployer en œuvres pieuses et de créer certaines fondations. Son corps repose dans le chœur de l'église Saint-Bavon. Fernand Donnet. Hellin, Histoire chronologique des érdqnrs et du chapitre exemt de l'église cathédrale de Saint- ISavon a Gand. — Is.'Verachler, Généalogie de P. -P. Rubens et de sa famille. — De Grez, Frag- ments généalogiques. 663 PARYS 664 PARYS [Jean vaw), écrivain ecclé- siastique, né à Anvers le 1er décembre 1586, y décédé, le 23 mars 1 670. Entré dans la compagnie de Jésus le 15 mai 1608, il se consacra pendantquaranteans à l'apostolat. On a de lui : Margarita Evangclicn sive Jesu Chridi D. N. Vitn, Dodrina, Historinqiie TJniversa e Sancto- rum quatuor Evangeliorum dispositintie concordl, una cum rerum 'prœci'puarnm, juxta locorum ac temporum seriem decla- ratione, compendiario , ordinateque, des- cripta, etc. Anvers, C'orn. Woons, 1657; in-4'', 394 p.; editio auclior, ibid., id., 1660; in -4°. — De BeaiissivKP Virginis Maria descensti in templum Toletanum et Vità S. Idelpîionsi... avctoreP. Francisco Portocarrero Medellinetisi S. J., inter- prète P. Joanne Parisio Antwerpiensi (à la bibliothèque des BoUandistes, dans le t. IV des recueils manuscrits des Acta Sanctorum). Emile van Arenbergli. Paquot, Mémoires, t. XII, p. 240. — De Bar- ker, Ecrivains de la Compagnie de Jésus, t. II, p. 1792. — Sommervogelj Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, t. VI, p. 32u. PAnYj« (Jean- Baptiste), naquit à An- vers, le 30 mai 1691, et mourut dans cetteraêmevi[le,le24avril 1717. Il entra dans l'ordre des jésuites le 27 septembre 1708, et professa la rhétorique à Malines. Le 1 cr août 1714, les élèves delà classe inférieure jouèrent une pièce latine de Parys, intitulée : Pastor bonus, dont nous ne connaissons que le programme im- primé à Anvers chez la veuve de Pierre Jacobs. Parys mourut fort jeune ; il n'avait que vingt-cinq ans. Léonard Willems. C. Sommervogel, Bibliothèque île la Compa- gnie de Jésus, t. VI, col. 248. p.%RYi« (Jean- Baptiste yaw), né à Anvers, était fils de Philippe van Parys et de Catherine Rubens. Il entra dans les ordres et obtint le grade de licencié en droit. Plustard,il occupa dans l'église collégiale de Saint-Jac(iues, à Anvers, la septième prébende de chanoine; il fut installé dans sa charge le 9 septembre 1 741 . Il donna sa démission de chanoine le 30 octobre 1763, et mourut à Anvers le 25 mars 1787. Il fut enterré à Deurne. C'est lui qui fit placer, en 1755, dans la chapelle funéraire de Pierre-Paul Rubens, en l'église Saint-Jacques, l'ins- cription composée par Gevartius à la mémoire de Philippe van Parys et de Claire Rubens, ainsi que de Philippe- Constant van Parys et de Catherine Rubens et de leurs enfants. Son souvenir y est rappelé par ce.« lignes : R D. JOANNIS BAPtae JaCbi DE PARYS J. U. LICENT. ET HUJUS INSIGNIS ECCLES. PER ANNOS XX!!"» CANONici. OBni XXV Martu Anni MDCCLXXXVli Fernand Donnei. Inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers- — Van Lerius, Naamhjst van de qeestelifke opper-bestuurders der kapel en kerk van Sint-Jacobs te Antwerpen. — Fr. Ver- achter. Généalogie de P. P. Rubens et de sa famille. — de Grez, Fragments généalogiques. PARY$it {Silvestre yaw), graveur, né à Anvers dans les premières années du xvie siècle. Fils de Guillaume van Parys et de Catherine van Tricht, il entra en 1528, comme apprenti , chez l'imprimeur Guillaume Liefrynck. Il y resta assez longtemps, car ce n'est qu'en 1537 qu'il fut reçu dans la gilde Saint-Luc où il s'inscrivit comme imprimeur. Dès lors, il put à son tour recevoir des élèves. C'est ainsi qu'en 1544 11 présenta à la gilde son aide, un jeune homme qui habitait à la Grande place, à l'enseigne des Quatre fils Aymon. Il avait eu pour tuteur son oncle Jean Peeters, brocan- teur, époux de Gertrude van Tricht. En 1539, il lui donna pleine quittance de sa gestion en même temps que son frère Jacques van Parys, teinturier, et que ses sœurs Catherine, épouse d'un Louvaniste, Henri van Louwe, Gertrude, femme de Jean van Aste, alias Vanden Bossche, et Anne van Parys. Mais si Silvestre van Parys figure sur les registres de la gilde Saint-Luc comme imprimeur, printer, il n'en est pas moins vrai qu'il était avant tout graveur, et que dans la plupart des actes officiels il prend la qualification dejiguersnydere. C'est dans l'exercice de cette profes- sion qu'on lui voit recevoir du ma- gistrat d'Anvers la commande de diver? 665 PAS 666 travaux. C'est lui, par exemple, qui fut chargé de graver la vignette dessinée par le peintre Adrien l'revoest et qui figurait en tête des billets de la loterie organisée en 154-9 par la ville. Le 13 septembre 1546, Van Parys obtint du conseil de Brabant un octroi l'autorisant à graver, imprimeretvendre à Anvers des petites gravures de diffé- rentes espèces. Peu après, un placard impérial, du 29 mai 15 70, enjoignit à tous les imprimeurs des Pays-Bas de passer un examen d'aptitude par-devant le prototypographe Christophe Plantin. Silvestre van Parys dut se soumettre aux prescriptions du pouvoir et adressa une requête à la Cour pour demander à être admis à l'examen. Dans cette pièce, il est qualifié de « tailleur et im- » primeur de figures et bourgeoisde ceste » cité d'Anvers • . Les examinateurs, dans leur rapport, assurent - qu'ayant • esté diligemment et suffisamment exa- • miné sur le faict de l'art de tailler et • imprimer les figures, ils ont trouvé • iceluy Silvester fort entendu et expert • audict art de tailler et imprimer figures • comme de ce soy journellement mes- • lant, et poinct d'imprimer livres, etc. » . A sa demande, Silvestre van Parys avait joint deux certificats. Dans le pre- mier, ses voisins affirmaient que Van Parys était de bonnes mœurs et qu'il jouissait d'une excellente réputation. La seconde pièce fait connaître qu'il était employé à la Monnaie d'Anvers, proba- blement à titre de graveur, et les deux prévôts de la Monnaie, Pierre Borremans et Pierre van Karbuck, attestent qu'il y donne toute satisfaction et qu'il y rem- plit la charge de muntere. Il avait passé son examen le 27 juillet 1570. Plantin se rangeant à l'avis des examinateurs, rendit justice à ses apti- tudes et lui fit obtenir l'autorisation do tailler les figures en bois et de les im- primer, sans que cette licence s'appli- quât à l'impression des livres. L'année suivante, en avril 1571, le conseil de Brabant lui octroya une nou- velle autorisation. Il fut autorisé à graver, imprimer et faire vendre des images , des feuilles dans lesquelles étaient consignés des faits d'histoire, d'art, etc. En somme, ce privilège lui donnait la faculté de » tailler et impri- • mer figures, comme de ce soy journcl- • lement meslant, et poinct d'imprimer • livres, etc. « , et il obtient l'autorisa- tion de » continuer Icdict stil et estât • de tailler et imprimer lesdictes figures " et semblablement son dict office de • libraire comme il a faict jusques à » présent ». Silvestre mourut avant 1576, ayant eu sept enfants, notamment Guillaume van Parys qui lui succéda (voir plus haut); Marie, épouse de Baptiste Vrints; Gertriide, femme d'Elie vander Heyden; Marguerite, qui épousa le relieur Lau- rent de Cecille; Jean; Anne, qui s'unit à Pierre vander Style, barbier, et Ca- therine, morte jeune. Fernand Donnet, Mômes sources que l'arlicle Parys [veuve Guillaume van). PAS ou PASruEiv {Henri vaw), architecte anver.sois, florissait entre les années 1560 et 1580. Guichardin le mentionne pour la première fois dans son édition de 1588, parmi les maîtres de notre pays. » Henrico van Paschen 1 d'Anversa, architettore excellente, che « fece il palazzo e fondaco de gli Ostar- • lini, e che fii poi chiamato a Londra in « Inghilterra a fare quella bella Borsa » gia mentionata « . Les sources anver- soises ne confirment pas ces renseigne- ments, pas plus en ce qui concerne la maison hanséatique, qu'en ce qui touche la Bourse de Londres. D'autre part, il est fréquemment question de « Maître Henri « dans la correspondance de sir Thomas Gresham, au cours des années 1566-1568. De ces passages ressort — on s'occupait alors à Londres du Royal Exchange — que l'architecte an- versois fit à diverses reprises le voyage d'Angleterre en vue des travaux. Il au- rait fourni, en outre, les plans d'une galerie au château de Burleigh, résidence actuelle du marquis d'Exeter. La Bourse de Londres était en quelque sorte cal- quée sur celle d'Anvers. Nous l'ignore- rions, Guichardin nous l'apprendrait. 667 PAS - PASQUET 668 i/ Parimente gli Inghlesi, autore e fon- . datore M. Tommaso Grassano (Gres- 1 ham) ad imitatione délia Borsa d'An- » versa e con ua architettore di questi • paesi hanno fatto frescamente a Lon- « dra. citta rcale in luogo e spatio pro- « pitio, una simil machina ed edifitio •I magnifico con le sue loggie a gallerie » alla foggia di questo » . L'auteur ajoute que la reine Elisabeth , quand elle vit la construction achevée, s'en montra extrêmement satisfaite ; mais que, pour dissimuler sa ressem- blance avec la Bourse d'Anvers, elle enjoignit de lui donner le nom de Royal Exchange, moins propre a évoquer le souvenir de l'édifice type. Gresham, pendant son long séjour dans nos pro- vinces, avait eu ample occasion de con- naître la Bourse d'Anvers, qu'il voulut reproduire dans presque tous ses détails, avec le concours de van Paschen. On en acquiert la preuve par deux estampes rarissimes, probablement gravées d'après les dessins mêmes d'Henri. Elles appar- tiennent au cabinet des estampes de la Bibliothèque royale et portent des ins- criptions en latin, en anglais, en fla- mand et en français. Les dernières sont ainsi conçues : Le seigneur Thomas Gres- ham, chevalier, pour le bien et usage pu- blique, et ornement de la Royale cité de Londres (qui accorda le fonds), jit à ses propres despês dresser cest Edifice, qu'il commençaleVIl dejuhigenVnn MBLXVJ et parachesva en Van MDLXIX. On voit, sur les deux planches, outre l'armoirie d'Angleterre, celle de Gresham lui- même, avec la devise à double entente : Fortun a my. Henri Hymans. Guichardin, Descriitione di tutti i Paesi Bassi, éd. de 1588. —John Burgon, The Life and Times of sir Thomas Gresham (London, 1839), t. II.— Piron, Levensbeschryving. p.%«» (Humbert de), clerc liégeois, né très probablement entre les années 1350 et 1360, était fils de Guillaume de Momsteghen, de Milieu, et de Catherine de Pas de Wonck. Pendant dix ans au moins, de 1374 à 1384, il fit les fonctions de clerc du grand maieur de Liège, devint ensuite secrétaire des Echevins de cette ville et obtint enfin le secrétariat des Douze juges des lignages, emploi qu'il exerçait quand Jacques de Hemri- court termina son Miroir des nobles de Sesbaye(].'è98). Lors de la réorganisation de la cour allodiale, en 1403, Humbert de Pas de Wonck fut désigné en tête de ceux qui devaient en faire partie, et y siégea jusqu'en 1432, date probable de sa mort. Ses enfants partagèrent sa suc- cession devant les echevins de Liège, le 9 novembre 1434. Après la bataille d'Othée (140S), nous trouvons Humbert de Pas parmi les otages liégeois qui furent internés à Mons, en exécution du traité de paix. Humbert de Pas écrivit une chronique de Liège " très ample et très curieuse • , dont le texte original est malheureuse- ment perdu et n'a pas été retrouvé jusqu'ici. On ne la connaît que par l'extrait qu'en fit Jean de Stavelot et qui, de la bibliothèque de M' Davreux, a passé dans celle du chevalier de Theux de Montjardin. Chev. C. de Borman. Hemricourt, Miroir des nobles de Hesbaye, édit. Salbray, p. 191, 194, 287. — C. de Borman, Les echevins de la souveraine justice de Liège, t. I, p. Ul, 41-2, 419. — Bovy, Promenades histo- riques dans le pays de Liège, t. U, p. 18, 19, 27, 208 et 233. - de Villenfagné, Nouveaux mélanges historiques et littéraires (1878,, p. 149 et 197. P.«8C 4 L DE BIERSCT. Voir BlERSET [Pascal de). p.%!«CH.%!iiiC!« (Jean). Voir P.\eschek (Jean v.\n). p.«sruE« {Henri t/k%). Voir Pas. p.%sw.4:\'S (Barthélemi) . Voir Paes- MANS (Barthélemi). PASQCET (Joseph- Emmanuel' Léon), né à Liège, le 29 septembre 1832, mort à Nice, le 1 1 janvier 1891. Nommé aux fonctions d'aide-bibliothécaire de l'uni- versité de Liège, le 1er août 1862, il passa bientôt à l'athénée royal de liand, où il enseigna l'anglaisde 1863 à 1868. Il fut ensuite chargé du même cours à l'athénée de Namur, puis à celui de Liège. Le 5 mars 1874, un arrêté royal le promut aux fonctions de professeur 669 PASQUIER 670 aux écoles spéciales annexées à l'univer- sité de cette dernière ville . L'état précaire de sa santé le força à quitter sa chaire en 1887; mais, pendant quelque temps encore, il reprit ses premières fonctions à la bibliothèque de l'université. En 1858,Pasquet avait fait imprimer, sous le pseudonyme de Nick Junior, la traduction de deux nouvelles de Thac- keray : DevT amis d'unicersilé, Lesbotte-'i JataUs, et, en 1863, la traduction d'un roman de G. Eliott, Les amours de il. Giljïl. La même année, il publia une conférence faite à l'Union des artistes liégeois sur L'esthétique et les tendances de l'art en Allemagne (Liège, Carmanne, 1863). La Chambre des représentants venait d'inscrire une somme assez rondo au budget pour d'importants travaux de peinture murale. A ce propos, un député de Bruxelles avait fait observer que le génie flamand étant réaliste, il convenait d'adopter, pour la décoration de nos monuments publics, un système de pein- ture destiné à faire briller avant tout les qualités de notre race. Pasquet com- bat cette tendance : c'est une erreur d'enchaîner l'art sous prétexte de pa- triotisme. Les peuples se donnent les uns aux autres un enseignement conti- nuel. Lee AUemauds sont admirables sous le rapport de la conception et du dessin; les œuvres de Cornélius, de Kaulbach, d'Overbeek sont riches d'idées et c'est pourquoi nos peintres feront bien de les étudier. En 1867, il publia une Grammaire anglaise , qui a servi de manuel classique dans plusieurs de nos athénées. Chargé par le ministre de l'Instruction publique d'aller étudier l'organisation de l'ensei- gnement de l'allemand et de l'anglais dans les royaumes Scandinaves, il adressa à ce haut fonctionnaire un rapport, publié dan? le Bulletin du ministère de l'Instruction (1882). Il profita de son séjour dans ces pays pour compulser dans les bibliothèques et dépôts d'archives les Documents manuscrits se rapportant à rhistoire de Belgique. On trouvera au tome X (4e série) du compte rendu des séances de la commission royale d'his- toire une notice sur ces recherches; elle est accompagnée de la copie d'un rapport diplomatique relatant la séance du 2 janvier 1595 des Etats réunis à Bruxelles. Ce rapport est extrait d'un manuscrit de la bibliothèque d'Upsala. Goupil et Reiiart est un essai philo- logique couronné en 1886 par la Société liégeoise de littérature wallonne. Dans cette étude, l'auteur établit que la forme holpiz, Tulpis, ulpy a dû tomber en dé- suétude au pays de Liège vers 1430 pour céder la place à la forme renart, popu- larisée par le héros de la célèbre épopée satirique du moyen âge. La même an- née, Pasquet avait écrit le rapport pré- senté à la Société d'Emulation au nom du jury chargé de juger le concours ou- vert pour une notice concernant la vie et les œuvres de Kouveroy. Le tome XLI des mémoires publiés par l'Académie royale ("octobre 1888) renferme une der- nière étude de Pasquet, intitulée : jSw- mom de carême. C'est la transcription de sept feuillets d'un manuscrit qui a ap- partenu à l'abbaye de Saint-Jacques à Liège et que possède aujourd'hui la bibliothèque de Gand (Fonds Serrure, n" 1). Ces feuillets, compris dans un volume petit in-i", formaient primitive- mentun cahierà part. Le texte enestde la première moitié du xiii* siècle. Ils ren- ferment neuf sermons en idiome wallon, prononcés à l'occasion du carême. Ils sont fort intéressants au point de vue philologique parce qu'ils servent à pré- ciser les traits caractéristiques du wallon à cette époque. A. Piters. PASQCIER { Auguste- Victor- Joseph) f pharmacien, naquit à Fleurus, le 22 juil- let 1808, et mourut à Namur, le 6 dé- ! cembre 1. S 74. Son père, Charles-Simon- i Joseph, était lui-même pharmacien; ! il avait épousé Thérèse-Rose Delvaux. ' Pasquier ayant terminé ses études I paraissait destiné à succéder à son père et à demeurer dans sa ville natale, quand les événements de 1830 vinrent modifier ses projets. Dès le 23 septembre, il s'engagea en qualité de volontaire dans une ambulance à Bruxelles. Le 22 oc- tobre suivant, le conseil de santé de 671 PASQUIER 672 l'armée le chargea d'aller prendre la direction de la pharmacie de l'hôpital d'Ypres,et,le30 novembre, un arrêté du gouvernement provisoire vint régulariser sa position en le nommant pharmacien militaire de 3e classe. Pasquier resta attaché à l'armée et parcourut successi- vement toutes les étapes de la carrière. Le 28 février 1835, il était nommé pharmacien de 2e classe et le 1er août de l'année suivante il était attaché, avec le rang de pharmacien de Ire classe, à l'hôpital de Liège. Le 1er août 1855, un arrêté royal lui confiait la direction de la pharmacie centrale à Bruxelles, avec le titre de pharmacien principal. Il prit sa retraite eu 1868 et alla se fixer àNamur. A Liège et à Bruxelles, Pasquier, dont les connaissances en physique et en chi- mie étaient très appréciées, rendit de grands services comme professeur dans divers établissements scientifiques. C'est ainsi qu'il fut choisi pour donner le cours de chimie générale et d'analyse chimique à l'école spéciale de pharmacie de Liège et les cours de chimie et de minéralogie à l'école vétérinaire qui existait autrefois dans cette ville. Il fut aussi professeur de première classe à l'ancien hôpital militaire d'instruction. Quand ses fonc- tions l'appelèrent à Bruxelles, il fut nommé répétiteur de chimie et de phy- sique à l'école militaire. Enfin il donna également un cours de chimie appliquée et de fabrication de produits chimiques à l'école centrale de commerce et d'in- dustrie. Pasquier s'intéressait particulièrement aux progrès de la pharmacie et aux in- térêts professionnels des pharmaciens. Dans la liste des ouvrages qu'il a publiés, on retrouve un grand nombre de bro- chures relatives à ces objets. A l'époque où il habitait Liège, il s'occupait aussi beaucoup de questions d'hygiène et il rendit de très grands services comme membre du conseil de salubrité publique de la province : il trouva en cette qua- lité l'occasion de publier de nombreux et intéressants rapportsqui contribuèrent à attirer sur lui l'attention de nos gou- vernants. Aussi fut-il nommé membre de l'Académie royale de médecine à la création de ce corps savant, en 1841. II fut plus tard vice-président de la com- pagnie. Pasquier fut également membre d'un grand nombre de sociétés savantes et notamment de l'Association générale pharmaceutique dont il fut le président d'honneur après avoir rempli à diverses reprises les fonctions de président effec- tif. Ses collègues de l'Association géné- rale lui offrirent son portrait à l'occasion de son élévation à la présidence d'hon- neur de cette société. Pasquier reçut encore au cours de sa carrière d'autres distinctions honorifiques : il était, à sa mort, officier de l'Ordre de Léopold, dé- coré de la croix commémorative, etc. Voici la liste de ses publications : 1. Du chloroforme, ses propriétés, sa préparation. S. 1. n. d. (1840); in-8", 4 pages. Signé V. P. — 2. Monographie du madi cultivé (Madia sativa, Molina). Liège, Oudart, 1841; in-8o. — Un agronome de Liège, M^ Reul, à la suite d'essais de culture faits en France et en Allemagne, avait demandé à la commis- sion provinciale d'agriculture, à Liège, d'examiner la valeur industrielle d'une huile extraite des graines de cette plante . Le gouverneur renvoya l'examen de la question au comité de salubrité, et Pasquier, nommé rapporteur, se livra à une série d'expériences de culture, d'ex- traction de l'huile et d'applications qu'il relate dans son travail. — 3. Analyse de V ouvrage du D' De Meyer, intitulé : Origine des apothicaires de Bruges. Bru- xelles, 1842; in-8°. Extrait de V Ekcy- clopédie des sciences médicales. — 4. iVo- tice sur V ivoire végétal. Bruxelles, De- mortier, 1843; in-8. Extrait du Bull, de VAcad. de médecine, tome II. — 5. Rapport fait au Cercle médico-chimique et pharmaceutique de Liège au nom de la commission chargée de l'examen du mé- moire envoyé pour le concours de 1844. Liège, Oudart, 1844; in-8°. — Ce mé- moire portait sur les améliorations que réclame la législation pharmaceutique en Belgique. — 6. Des matières colo- rantes employées dans la fabrication des bonbons, des liqueurs et des jouets d'en- fants. Rapport fait à l'Académie royale de médecine de Belgique au nom de la 673 PASQUIER t>7. cinquième section. Séance du 31 mars 18-i4.Bruxelle8,DeMortier,1844.;in-8<'. — "i . De r erphitation des animaux morts ou abattus. Liège, Outlart. 184-t ; in-S». Extrait des Annales du ('onseil de salu- brité publique de la province de Liège. Ce point avait dtjà fait l'objet de trois autres rapports de Pasquier en 1 840 et 1841, le dernier en collaboration avec Mr Everst. — 8. Examen critique de quelques points de l' histoire de la pharma- cie : Le premier pharmacien qui a écrit sur sou art. — Les premières pharmaco- pées officielles. — I^es premières pharma- cies. Àxi\Grs,Jj.-J . DeCort, 1845; in-So. Extrait du Journal de pharmacie publié par la Société de pharmacie d'Anvers. — 9. Rapport sur nue demande en auto- risation d'une fabrique de colle forte. Liège, F. Oudart, 1845; in-8^ Ex- trait des Annales du Conseil de salubrité de la province de Liéije. — 10. Sur la vente des médicaments dans les cam- pagnes. Liège, Oudart, 1846; in-8o. — 11. De la préparation et de la vente des médicaments destinés aux animaux domes- tiques. Liège, Oudart, 1847; in-8>^, — 12. Lettre à MM. les Rédacteurs de la Gazette médicale belge, en réponse à leur compte rendu des séances de l' Académie de médecine des 2o et 2 & Janvier, relative à la vente des médicaments dans les cam- pagnes. Liège, Oudart, 1847 ; in-8o. — 13. Recherches sur la gutta percha. Bru- xelles, J.-B. De Mortier, 1848; in- 8°. Extrait du Bull, de V Académie royale de médecine, t. VH. — 14. De la falsifica- tion et de l'impureté du chloroforme . Liège , Lardinois, 184S; in-S". — 15. Observa- tions Koumises à la Chambre des représen- tants, au nom de V Association générale pharmaceutique de Belgique, sur les modi- fications proposées par M. le ministre de l'Intérieur à la loi sur V enseignement su- périeur. Liège, A. Denoël, 1849; in-8o. En collaboration avec Eug. Gauthy. — 16. Rapport et notes sur le Rob de Laffec- teur. Bruxelles, r)e Mortier, 1851; in-S". Extrait du Bull, de V Académie royale de médecine, t. X. — \1 . De la priorité entre MM. Orftla et Stas des moyens de déceler la nicotine dans les empoisonne- ments. Rapport fait à l'Académie royale de médecine de Belgique. Bruxelles, J.-B. T)e Mortier, 1852; in-S». extrait du tome XIT du Bulletin. — 18. Dis- cours prononcé sur la tombe de Gustave VHoest, le 17 avril 1854. Anvers, De C'ort, 1854; in-8o. - 19. Travail de concours concernant l'essai des opiutn-i et des quinquinas Jaunes. Rapport fait à l'Académie royale de médecine de Bel- gique. Bruxelles, J.-B. De Mortier, 1859 ; in-8o. Extrait du Bulletin, 2e sé- rie, t. m. — 20. Note sur le pharmacien espagnol Pierre-Benoit M.dheo père. An- vers, L.-J. De Cort, 1861; in-8'>. Ex- trait du Journal de pharmacie d' Anvers. — 21. Etude sur la vie et les travau.v de Pierre Coudenberg . Au ve rs , L . - J . De Cort , 1861; in-80. Extrait du Journal de phar- macie d'Anvers. — 22. Notice sur le pharmacien belge Charles-Ignace Batius. Anvers, L.-J. DeCort, 1862, in-8o. Extrait du Journal de pharmacie d' Ati- vers. — 23. Notice sur le pharmacien Herman Stas. Anvers, L.-J. De Cort, 1862; in-8o. Extrait du Journal de phar- macie d'Anvers. — 24. Notice sur le pharmacien Salpeteiir. Anvers, L.-J. De Cort, 1862; in-8°. Extrait dn Journal de pharmacie d' Anvers. — 25. Question soulevée au sujet d'une des plus grandes découvertes de la chimie moderne. Lecture faite dans la séance solennelle de l'As- sociation générale pharmaceutique de Belgique, tenue le 29 juin 1873. Bru- xelles, H. Manceaux, 1873; in-8°. — 26. Recherche sur l'époque de la sépara- tion de la pharmacie d'avec la médecine. Bruxelles, H. Manceaux, 1874; in-8°. \{é,\ïn\}nm(i à\x J ournal de pharmacie d' An- vers.— 27. Précis des principaux points de la chimie organique {Atomes. Attrac- tions ynoléculair es . Electro- chimie . Théorie atomique. Histoire des oxy sels métalliques). S. l. n. d.; in-40, autographié. Paçquier collabora aussi d'une façon active à la publication des Archives belges de médecine militaire. D' Victor Jacques. Bibliographie nationale, t. III. — Journal de médecine d'Anvers, pagsim. — Archives belges de médecine militaire, i875. PAAQVIER (Charles-Isidore), phar- macien et professeur à l'université libre 22 675 PASQUIER — PASQUINI 676 de Bruxelles, naquit à Namur, le 5 août 1802, et mourut à Bruxelles, le 26 mai 1848. Il était le fils d'Audré-Joseph et de Marie-Béatrice Delvaux. Quand il fut nommé professeur agrégé à l'école de pharmacie à l'université de Bruxelles, le 26 octobre 1834, c'est-à-dire à la fon- dation de cet établissement scientifique, Pasquier était préparateur de matière médicale, de pharmacologie et de toxico- logie à l'université de Liège, oii il avait probablement fait ses études. Le 30 dé- cembre 1840, il fut chargé, par intérim, du cours de pharmacologie et de toxico- logie à la faculté de médecine, pendant la maladie du titulaire Henri van den Corput. Il fut nommé définitivement à cette chaire, avec le titre de professeur ordinaire, le 10 mai 1841. Enfin, en 184 5, il fut désigné pour donner le cours de mé- decine légale et de police médicale avec André Uytterhoeven et Van Huevel. Pasquier avait épousé Mademoiselle Adélaïde Jamar, dont il eut un fils qui n'était âgé que de quatre ans quand il mourut en 1848. D' Victor Jacques. Vanderkindere, l'Université de Bruxelles (c'est à tort que Vanderkindere attribue à Pasquier, Charles-Isidore, la publication de deux ouvrages. Ils sont de Pasquier, Victor). I>A<«Q1JIER d'orAMGE, DoRENGE ou AuRANTius, traducteur, vivait à la fin du xvie siècle. Il était religieux de l'ordre des Frères mineurs de l'obser- vance de Saint-François à Lille. On lui doit l'ouvrage suivant : Le pré spirituel du S. Père Sophronius, patriarche de Jhe- rusalem, escript ent/rec, puis translaté du grec en latin par le Fenerable Père Am- broise, moine de Camaldule. Enrichi de belles annotations, et traduit du latin en français par F. Pasquier Dorenge. Lou- vain, J. Maes et Ph. Zangre, 1598 ; pet. in-8o. La dédicace à Pierre Char- pentier, abbé du monastère de Looz dans la châtellenie de Lille, nous apprend que cette traduction est la première œuvre de Pasquier; on lit en tête un double sonnet contenant des jeux de mots, d'un esprit contestable, sur le nom de Char- pentier ou Carpentier. Paul Bergman*. L'œuvre de Pasquier Dorenge (bibl. de 'uni- versité de 20--1o21, publ. par Friedrich Campe. — The Portefolio. Gé- rard David, Pointer and Hluminator, by W.-H. JamesWeale. — Albert Durer, sa vie et ses a'uvres, par Moriz Thausing, traduit par Gust. Grnyer. — Albert Durer et ses dessins, par Charles Ephrussi. p.%.TWin%OTTE(Jntoine), poète latin, fils d'André et d'Antonia de Naraur, naquit à Ath, dans la paroisse de Saint- Julien, le 21 décembre 1641. Il entra dans l'ordre des récollets et résida long- temps dans le couvent de sa ville natale. Son nom ne serait pas sorti de l'oubli sans une publication singulière portant comme titre : Rosarium carolutarum vvli/o les patenôtres impériales. Invictis- simo potentissimo, gloriosissimoque roma' norum imperatori necnon liispaniarum régi Carolo sexto austriaco semper Augusto, dedicatiim et consacratum. Mons, veLaur. Preud'Homme, 1715; in-fol., 16 ff. non chiffrés. Ce n'est, comme l'écrit son bio- graphe, • qu'un recueil d'épigrammes, • d'anagrammes et de chronogrammes • en l'honneur de l'empereur Charles VI f et donnant l'explication d'autant de • vignettes gravures très médiocres ». Citons, à titre de spécimen, ce chrono- gramme : aVe CiESAR De CIVItate Mea athensI hannonIa. et cette épigramme : Urbs mea nomen Athum, mercatu florida,mire est Carole, in obsequum dedita tota tuum. La dernière vignette représente l'au- teur, un chapelet en main, s'inclinant devant l'empereur couronné. Paternotte avait remis aux échevins d'Ath plusieurs exemplaires de sa pu- blication ; on en conserve un à la biblio- thèque communale de cette ville. Il sol- lioita d'eux une subvention pour être désintéressé de ses frais. Une ordonnance de 4S livres avait été mandatée à son profit, le 4 janvier 1716, mais lors de l'approbation du compte de la massar- derie la dépense fut rayée et le 13 juin suivant le conseil de ville maintint cette suppression. Le P. Dirks fixe à 1743 l'année de la mort de ce religieux; elle doit être antérieure de plusieurs années; les re- sristres de décès d'Ath ne le mentionnent pas; le nécrologe des récollets de cette ville n'est conservé que deptiis 1745. Kniest M.iUhieii. H. Rousselle, Diblioqraphie nwnloisc, n» oto. — Dirks, Histoire littéraire et bibliographique des Frères Mineurs de l'observance, p. 373. — Archives communales d'Aih. PATix {Chirles' Philippe , vicomte de) (1), seigneur de Langhemarck, ter Reke, Burghcoutere, etc., descendait d'une ancienne famille du pays de Me- nin. Son père, Pierre Patin, seigneur de Langhemarck, etc., remplit les fonctions d'échevin de la salle et chatellenie d'Ypres et était bailli de la baronnie de Guise; il avait épousé en premières noces Catherine-Thérèse de Smidt, dont naquit Charles. Charles-Philippe de Patin vit le jour le 19 avril 1687, à Ypres, paroisse Saint- Martin, et non point à Noordschoote, comme le rapportent plusieurs biogra- phes. Il fut reçu licencié es lois à Lou- vain en 1709; nommé conseiller au grand conseil de Malines, le 8avrill721, il devint avocat fiscal en 1725. L'on discutait alors vivement une question capitale pour l'avenir de nos provinces : celle de l'érection de la Com- pagnie d'Ostende, et diverses puissances, instiguées par la jalousie commerciale de (\) Nous adoptons l'orthographe choisie par Ch.-Ph. de Patin et par ses descendants. Notons, toutefois, que de Patin signa ses ouvrages Patlyn, tandis que son père est désigné sous le nom de Patin .sur sa lame funéraire en l'église de Bix- schote; l'inventaire des biens de ce dernier est intitulé « Staet van Goede... ten sterfhuijse van d'Heer Pieter Pattyn, heere van Lanqhemarck, ter lieke, Burchcoutter, Schaepweidé, t\onne- lande, etc. ». 691 PATIN 692 la Hollande, tentaient de renverser la nouvelle institution. Le jeune conseiller de Patin descendit dans l'arène pour défendre les droits de son pays et publia, en 1726, son livre : MareUberum. 11 s'agissait en principe, on le sait, de la liberté du commerce maritime et, en fait, de l'interprétation du traité de Munster. Les intérêts de la Hollande avaient été défendus pnr Westerveen, Barbeyrac el Mably ; de Patin, lui, s'appuya sur l'autorité de Grotius, Puf- fendorf, Fénelon,Graswinkel, etc., pour réfuter les théories des adversaires de la Compagnie des Indes. A son avis, la liberté du commerce maritime est un droit inaliénable de l'humanité; aucun peuple ne peut défendre à un autre d'aller trafiquer par mer en des pays étrangers. D'autre part, le texte et l'es- prit du traité de paix de Munster prou- vent que l'Espagne ne s'est pas interdit la faculté de naviguer aux Indes Orien- tales ; l'evit-elle fait, la Belgique ne serait pas liée par semblable stipulation. Le courageux champion de la cause belge fut député, en 1728, au congrès de Soissons et chargé d'y défendre les droits de la Compagnie d'Ostende, en même temps que certaines questions in- ternationales de moindre importance. Mais ses efforts, pas plus que les argu- ments qu'il avait présentés jadis dans son Mare lihernm, ne purent avoir raison des prétentions égoïstes de la Hollande. Les résultats de sa mission sont consignés dans deux rapports, que la Bibliothèque royale de Bruxelles conserve sous les n"S 15988-15989 et qui ont pour titres : Rapport fait par le Conseiller Pattyn à son ylltesse Serénissime l' archiduchesse Gou- vernante des Pays-Bas au sujet de sa com- mission au congrès de Soissons; Rapport fait ...au sujet de sa commission au con- grès de Soissons, touchant les affaires en général et en particulier des dits Pais-Bas. Charles-Philippe de Patin fut appelé à siéger au Conseil privé, en 1729 et au Conseil suprême des Pays-Bas à Vienne, en 1733. Six ans plus tard, en 1739-1710, il représenta Charles VI au congrès d'An- vers. Puis, lorsqu'en 1741 l'impératrice Marie-Thérèse dut quitter sa capitale menacée, de Patin la suivit en Hongrie; on assure que ce fut lui, qui conseilla à l'infortunée souveraine de faire appel au patriotisme de la nation hongroise ; les quatre ordres du royaume furent donc convoqués à Presbourg et, à la vue de son empereur encore presque au berceau, la noblesse de Hongrie jura de la dé- fendre en poussant, dit-on, ce cri devenu légendaire : Moriamur pro rege nostro Maria Teresia . Par lettre patente du 20 septembre U'il, de Patin fut nommé président du Conseil de Flandre et membre du Conseil d'Etat; il demeura cependant encore un certain temps en Autriche et ne vint prendre possession effective de son siège que le 19 décembre 17-1-2. 11 était à Aix-la-Chapelle, en 1748, lors de la conclusion du traité qui pacifia riùirope; de retour en Belgique, il fut fait membre de la junte pour le gouver- nement des Pays-Bas, le 9 octobre 1749. L'invasion française lui avait fait quitter (iand peu d'années après son entrée au Conseil de Flandre; il y retourna en juin 1766, mais 'fut dis- pensé bientôt de l'assistance au Conseil à raison de son grand âge. Il obtint même démission de sa charge en 1772, Le vicomte de Patin décéda à Gand, le 17 juillet 1773, à l'âge de quatre- vingt-six ans; il fut inhumé en l'église de Langhemarck, où une épitaphe, placée près du maître autel, rappelle son sou- venir. Il avait épousé à Gand, le 10 avril 1715, Thérèse Waltrude du Bois, décédée à Bruxelles en 1737. L'empereur Charles VI avait concédé à Charles-Philippe de Patin le titre de " vicomte de son nom de Pattyn ou de Patin », par diplôme du 5 décembre 1735; il reçut également, en 1742, la faveur d'habiter la cour du prince à Gand. Le Mare lihernm. est le seul ouvrage important du président de Patin qui fût livré à l'impression ; il parut sous le titre : Régnante féliciter Carolo VI. Cce- sare, neque minus féliciter Belgiam gu- bernante Maria Elisabetha Archidiicissa Justriee, Mare liberuai, Ex Jure Na- 693 PATOUL-FIEURU 694 I turcp, Gentium et civili assertum, vindica- tum, redivivum ; Malines, Van (1er Elst, s. d.; la dédicace seule est signée; il comporte environ 200 p. petit in-lfi. Une traduction flamande fut publiée chez Wydts à Bruges, en 1727, avant le même titre : Carel den VI. voorspoedigh reynerende ende... de Vrt Zee bevae- RINGE, uyt de tcet der tiatuur, der volcke- ren, e» der borgereti bei'estigd, herutelt en Aerleretide, door C. P. Patfyii, raeds- Beer... Une traduction française fut donnée, également en 1727, à Malines, chez Van der Elst : Le commerce mari- time fondé sur le droit de la Nature et des Ge»s, sur l' autorité des Lois Cirilcs et des Traitez de Paix et rétabli dans sn liberté naturelle, traduit du latin de M. Pattyn, augmenté et enrichi df notes de V auteur dans cette édition. Elle ren- ferme notamment une importante an- nexe que ne contiennent point les autres éditions (1). De Patin a laissé diverses œuvres restées manuscrites. 1. Un commentaire de la coutume d'Ypres commençant à l'article 2 ; petit in-fûlio, sans titre; il est conservé au- jourd'hui par la douairière Cotteau de Patin, au château de Langhemarck. — 2. Diverses œuvres poétiques que l'on peut ranger parmi les meilleures pro- ductions latines de son siècle. Nous en donnons les titres d'après M. l'abbé Van de Putte, qui les a analysées dans le quatrième volume des Hommes remar- quables de la Flandre occidentale ; elles se trouvaient alors au château de Lan- ghemarck, où nous n'avons retrouvé, pour notre part, que des copies incom- plètes : lo Apparitio Themidis instruentis jutenem de tita et moribus, de virtute et vitiis, et iis denique quœ amplectanda sunt, contra, que? Jngienda ; — 2" Carmina miscellanea diversis temporiôus ab auctore elaborata partim séria, par timjocosa, nunc in unnm digesta; 2 vol.; — 3"* Theresiados (1) Nous croyons que l'on peut aussi allribuer à de Patin les deux plaquettes anonymes sui- vantes : Belgarum lucius et clolor, sive Elenia in obilum Aiifjustissimi Cœsaris Fraucisci I. Gand, s. d. (ITfwj; Carmina au,cutn primum imperatorem et Maria m Theresiaiii imperalricem Justos, clementts, pivs, felices, maxlmos, ab nuctore élabora- tum in perpétuant tanti belli Memoriam. — 3. On peut encore attribuer, pensons- nous, au conseiller de Patin la disserta- tion anonyme suivante, conservée en manuscrit parmi les papiers de la fa- mille : Beponse juridique à la prétendue déduction Fondamentale des droits et pré- tentions de la serenissime maison électorale de Bavière à la succession des roiaumes et provinces possédez ci-devant par rFm/ie- reur Ferdinatul Premier; petit in-folio. Baron .To+. — Bibliographie tiaiioiiale, l. I, p. 481-45:2. p.%TBAiiiE {Sainte), vierge et mar- tvre. Les actes et l'époque delà naissance et du martyre de celte sainte, de même que sa patrie, sont inconnus. Tout ce que l'on sait, c'est que son corps repo- sait eu l'abbaye de Saint-Ghislaiii, et que, le 25 janvier 1301, il fut transféré dans une nouvelle châsse. Le Père Willot et d'autres auteurs se sont trompés en disant que Philippe II, roi d'Espaoïie, donna le corps de sainte Patralie au monastère de Saint-Ghislain en échange de celui de sainte Léocadie qui fut envoyé à Tolède. L'acte de la translation, en 1301, et celui de la visite de la châsse par Louis de Eerlaimont, archevêque de Cambrai, le 7 novembre 1586, en four- nissent la preuve. Le culte de sainte Patralie ayant pris une grande extension, l'abbé Jean Hazart fit célébrer sa fête très solennellement, le 7 novembre 1589, et il ordonna que l'on ferait tous les jours mémoire d'elle comme d'une seconde patronne de la maison. En 1594, le même abbé fixa sa fête au dimanche le plus proche du 6 novembre, puis on la remit au 7 du même mois. Le 15 octobre 1617, un os de la sainte fut déposé avec d'autres reliques, par l'archevêque François Vander Burch, dans l'autel de Saint-Michel, en l'église abbatiale. Tels sont les souvenirs que l'on possède sur sainte Patralie. I.éopolil Devilk'rà. Dom Baudri. Aiitialcs de l'abbaye de Saiiit- Ghislain, dans les Moiiinucnis pour scrrir a l'Iiisl. dis pr«i\ de yoninr, de lliiiiitint et de Luxetn- boiirij. t. VIII, |) ni, 'M. T!I3 el 8IU. — Bandiiin AViJIol, /.(■ vuirtiiriddijc heh/eois .Mons, KJll), p. 81 — De IJousMi, Histoire de la ville de Saint- Gliislniti uMons, 1737), p. 'ôi-ld. — .41b. Poncelet, Ainiales de iabbaiie de Saiut-Gliislaiii, litres X à Ml (Mons, 18'J7), p. H. PATRAS (Lambert) est le nom que Jean d'Outremeuse donne à un célèbre fondeur de Pinant, oui Horissaiten 11 12. Nous savons par une chronique rimée, due à un chanoine contemporain, que Hellin, abbé de Notre-Dame à Liège, fit faire pour son église des fonts baptis- maux « coulés avec un art incomparable » et soutenus par douze bœufs oiî'rant le Il type de la grâce » . .Vutour de l'énorme cuve sont reproduites en haut relief cinq scènes du Nouveau Testament, re- latives au baptême. Le couvercle, au- jourd'hui perdu, représentait les apôtres et les prophètes. Malheureusement notre chanoine, préoccupé surtout de faire l'éloge du donateur, ne nous a pas con- servé le nom de l'auteur de cette œuvre admirable. Il faut descendre jusqu'à Jean d'Outremeuse pour apprendre que Hellin en contîa l'exécution à Lambert Patras, batteur de cuivre à Dinant, » qui astoit bon ovriers «. Ce noble ouvrage, conti- nue le chroniqueur, fut fait en 1112 et consacré la veille de Pâques de l'année suivante. Mais si l'on peut admettre ce dernier détail, puisque l'abbé Hellin mourut en 1 118, il n'en est pas de même des autres particularités dont Jean d'Outremeuse embellit son récit. D'abord le nom si étrange de l'artiste paraît ima- ginaire, et sur ce point nous n'hésitons pas à préférer le témoignage de La chro- nique liégeoise de 1402, qui attribue les fonts de Notre-Dame à un orfèvre de Huy, nommé Ilenier. Ensuite, toujours d'après Jean d'Outremeuse, les douze bœufs (dont il ne reste plus que dix au- jourd'hui) proviendraient de Milan, où le roi Henri V, lorsqu'il ceignit la cou- ronne de fer, les donna à l'évêque de Liège Otbert, qui les rétrocéda à l'abbé Hellin. Or, il suffit de comparer les yeux de ces animaux avec ceux des per- sonnages de la cuve, pour se convaincre que les détails en sont identiques et dus à la même main. Pieu plus, Otbert ne mit jamais les pieds à Milan, et le roi (les Romains n'y fut ni reçu ni cou- ronné. Ainsi tombe une vieille légende qui enlevait à Lambert Patras — ou à IJenier — l'honneur d'avoir, seul, conçu et exécuté un travail qui de tout 697 PATRICE — PATTEY 698 temps a passé pour un chef-d'œuvre. Ces fonts ont été souvent décrits et l'on a fait ressortir le caractère symbo- lique de leur composition. Bornons-nous à répéter que, par la pureté de style, par la clarté des scènes qui s'y trouvent représentées, par l'attitude et l'ajuste- ment des Hgures, ils révèlent un grand artiste. M"" J. Rousseau les considère comme une œuvre du moyen âge où les traditions grecques, que Byzauce avait cherché à conserver, se retrouvent les plus pures et les plus complètes. L'histoire est muette sur l'enlèvement de ce monument de la place où tant de générations étaient venues recevoir le baptême. Lorsc|ue l'église de Xotre- Dame-aux-Fonts fut démolie, en 1794, pendant la tourmente révolutionnaire, la précieuse cuve baptismale, dont le bronze aurait pu tenter les démolisseurs, avait probablement été mise en lieu sûr. Elle reparut en 1803 et fut alors donnée par l'évêque de Liège à l'église Saint- Barthèlemi, dont elle est le plus bel ornement. Baron de Clieslri'l ilf H.inelTe. Monumenta Germanim historica, Scriptorcs, t. XII, p. 4t9. — Jean d'Oulremeuse. /.;/ mijrvur des histors, l. IV, p 3U9 et siiiv. — La chronique liégeoise de iiO'2, publiée par Bâcha, p. 431. — Didron, Annales archéologiques, t. V, p. !2i. — Bulletin de iinst. arch. liégeois, t. XII, p. (51. — A. Pinchart, Histoire de la dinanderie, eXc.iBiill. des Comm. roy. d'art et d'arch., t. Mil). — J. Hel- bip, La sculpture et les arts plastiques au pays de Liège, p. :28. — Edm. Marchai, La sculpture et les chefs-d'œuvre de l'orfèvrerie belge, p. 91. PATHICE {Jntoine-Fernandes Vax HAMwr, alias). Voir Hamme {Jtit.- Fernandes van). PATTEV {Henri-Jacques) naquit à Mons, le 22 août 1657. Son père, Jacques Pattey, avait en 1660 rempli les fonctions d'cchevin de cette ville. Le collège des Jésuites de Mons le compta parmi ses élèves. Après y. avoir achevé ses études, il alla, poussé peut- être par cet esprit de croisade qui ani- mait a ce moment plusieurs nations eu- ropéennes contre la Turquie, s'enrôler dans les armées de l'Autriche, alors en guerre avec l'empire ottoman. Il fit ses premières armes dans le régiment de Stirum et prit part, en 1683, au siège de Vienne. Lorsque les cavaliers de Sobieski eurent défait, à la bataille du Kahlenberg, les troupes du grand vizir Kara-Moustafa, Henri l'attey suivit en Hongrie les régiments impériaux (jui allaient dans cette contrée continuer la lutte contre les musulmans. 11 assista à de nombreuses péripéties de cette cam- pagne terminée seulement en 1699 par la paix de Karlovitz. Il s'y fit remarquer par sa bravoure, notamment le 22 sep- tembre 1695, à la bataille de Lugos où le sultan Moustafa II écrasa sous le nombre le général autrichien \'eterani. Les faits d'armes, qu'il accomplit en divers combats, lui permirent d'arriver rapide- ment au grade de lieutenant-colonel. 11 fut incorporé en cette qualité en 1699 dans le régiment de dragons Herbcville. La guerre de la succession d'Espagne fournit à Henri Pattey l'occasion de donner de nouvelles preuves de son cou- rage et de ses capacités militaires. En- voyé en Italie, il y servit sous les ordres du prince Eugène de Savoye. La cam- pagne avait commencé d'une manière heureuse pour les troupes allemandes, mais le duc de Vendôme, succédant à Villeroi dans le commandement désar- mées françaises, parvint à reprendre l'avantage. Il battit les impériaux à Santa Vittoria et à Luzzara. Dans le premier de ces engagements, Henri Pattey, au moment où les soldats de Louis XIV allaient anéantir un corps considérable de cuirassiers allemands, fit mettre près du pont deCrostolo pied à terre au régiment qu'il commandait et, grâce à un énergique effort, parvint à sauver la cavalerie autrichienne d'un complet désastre. Pattey partagea pendant plusieurs années les vicissitudes éprouvées en Ita- lie par les troupes allemandes, déployant toujours une grande bravoure Jet méri- tant par ses services le grade de colonel qui lui fut conféré au moisde juin 1703. En 1706, les Français assiégeaient Turin. Le prince Eugène, campé derrière l'Adige, voulut se porter au secours de la capitale piémontaise. Pendant qu'il retenait l'attention des troupes chargées de le surveiller, en feignant une attaque 699 PATTEY 700 contre la ville de Masi, Pattey, dans la nuit du 5 au 6 juillet, réussissait à tra- verser le fleuve sans encombre avec cinq cents hommes et faisait construire un pont par lequel venait bientôt le rejoindre un corps de cavalerie et d'in- fanterie. L'ennemi, surpris, se retirait, laissant l'armée impériale passer l'Adige. Pattey, a la tête de deux raille cinq cents hommes, chassait en même temps les Français des retranchements qu'ils oc- cupaient sur le canal Bianco, les forçait à la retraite et s'emparait de leurs tentes ainsi que de tous leurs bagages. Le premier aussi, il franchit le Fô et le Tanaro. A la tête d'un détachement dont le commandement lui est alors confié, il s'empare de Carpi après un siège de trois jours et contribue notablement ainsi à ouvrir aux impériaux la route de Turin. Le triomphe du prince Eugène devant cette ville chasse les Françaisde l'Italie. A la suite de cette campagne, Henri Pattey fut élevé au grade de général maréchal de camp, le 20 juillet 1706, avec rétroaction jusqu'au 25 mai 1705. Il reçut, le 6 octobre suivant, la pro- priété du régiment de dragons Nicolas Palffy qui prit son nom et le conserva jusqu'en 1722, époque à laquelle sa dissolution fut décrétée. Lorsque les troupes de Louis XIV" eurent évacué le nord de l'Italie, Pattey fut envoyé dans le midi où il prit part à la conquête de Naples. La valeur qu'il montra devant Gaëte lui valut le titre de baron du b^aint-Empire et les fonc- tions de vicaire général des deux Ab- bruzzes. Il n'occupa point longtemps ce der- nier poste. Promu au rang de lieutenant feld-maréchal par patente du 22 avril 1708, il se vit appeler en Espagne pour y commander la cavalerie qui défendait dans la Péninsule la cause de Charles VI . Il y prit part à maints combats et se distingua particulièrement à Cardona dont il fit lever le siège au moment oii cette ville allait se rendre aux généraux de Philippe V. En 1716, Venise était en guerre avec les Turcs. L'Autriche, s'alliant avec la République, envoya en Serbie le prince Eugène de Savoie. La rencontre entre les impériaux et les ottomans eut lieu non loin de Belgrade, à Peter- Varadin, le 5 août 1716. L'infanterie allemande plia d'abord, mais la cavalerie, qui comptait parmi ses chefs le baron Pattey, nommé général de cavalerie le 16 mai précédent, ramena la victoire aux trou- pes chrétiennes. « L'impétuosité des » spahis » , écrit Dumont, un auteur contemporain, » n'avoit rien pu contre " la fermeté de ces anciens reîtres, hon- « neur du service allemand. Unis et « seriez comme des murs, ils avoient " toujours marché en avant, renversant Il tout ce qui leur résistait, et foulant " aux pieds ce qu'ils avaient renversé. " Sans le fea continuel qu'ils faisoient • sur leurs ennemis, on eut dit, à les u voir de loin s'avancer avec tant d'ordre, Il et d'un pas si égal, qu'ils relevoient " des postes plutôt qu'ils ne combat- » toient « . La victoire de Peter-Varadin permit au prince Eugène d'entreprendre, l'an- née suivante , le siège de Belgrade. Pattey y coopéra d'une manière active et, lorsque cette ville se fut rendue, le 18 août 1717, il en reçut le comman- dement avec le titre de gouverneur du royaume de Servie. Il remplit avec suc- cès cette tâche difficile jusqu'au moment où le traité de Passarovitz, conclu le 21 juillet 1718, termina la guerre entre l'Autriche et la Sublime-Porte. Le général Pattey rentra alors dans les Pays-Bas autrichiens, où le gouver- nement militaire de Charleroi lui avait été réservé. Il exerçait encore ces fonc- tions lorsr|u'il mourut inopinément à Mons, le 18 avril 1722. Transportée à Charleroi, sa dépouille mortelle fut en- sevelie dans l'église Saint-Christophe, sous une pierre disparue aujourd'hui et qui portait l'inscription suivante : Sia et herois monumentum mh-are! Hic jacet Excellentissimus , magnanimus , itt' victus D. Dominns Jacobus HenricmBaro de Pattey montensis; Ccesarea Catholi- creque Majestatis Et/ititum summus Pra- fectus. Fir Christianis dotions, militai'i scientià, virttite bellicd Insignis ; cujus multis in locis illustria sùjna edidit. In 101 PATTYN — PAULET 70-2 jmgnâ Lugaud, ubi Ottomanorum , in sanctà Fictoriann, ubi GaUorum iinpetus streuuè sustinuit, Lu::ar(e in Mantuano Ducat u. ad sancti Feiicis in Mutinensi, Hostiles répressif turmas. Despera/as res in Calcinatano discrimine erexit. Tau- rini, diutiirnd iam obsidione ad extrema redacti , superatis quatuor fluminibus , libertatem prorurarit. In Hispanià c^esis aggretsoribus, Cardonam imviinenii clade solrit Utramque Aprutii Frovinciam in Italia rexit, Serviam administravit, Aus- triacam ampUficavit dominationetn, Fa- moais Petencardini et Belloijradi victoriis piurimum coutulit. Quœ facta plane he- roica, ipsi Cassures pluribus ad Vidorem congratulatoriis lilteris comprobarunt. Tôt dtmum trophfsis clams, lot dejunctiis periculis Ovans Montes reservitur ; Ubi, quam inler tumultuantes armorum stre- pitus mortem non timuerat, enmdem in Patrice sinu qnieteoppetiit,XFll 1 Aprilis MDCCXXII. A. De Ki.Mer. Iconographie montoise. — Dumont, Histoire des campagnes du prince Eugène. — Mémoires mili- taires relatifs à la succession d'Esiiagne. — Ar- cliives du ministère de la guerre à Vienne. PATTif.% {Charles- Philifipe, vicomte be). Voir Patix. PAOï. {Eernard), peintre, né à Gand, le 8 mars 1737, mort dans la même ville, le 15 janvier 1820. On ne possède sur les débuts de cet artiste aucun rensei- gnement précis. En 17fi3,nous relevons sa présence à La Haye, où il acquitte le droit de maîtrise à la gilde des peintres, le 5 février. Les sources locales nous le montrent de retour à Gand au bout de peu d'années. Dès l'année 1771, le Nieuwen Almanach renseigne deux de ses peintures aux Dominicains : le Cru- cifiement et la Résurrection. Le Wegwyzer le mentionne pour la première fois en 1773. Abordant les genres les plus di- vers : paysage, portrait, compositions religieuses ou profanes et jusqu'aux pe- tites scènes familières, il participe à tous les Salons jusqu'en 1817. Le nombre et la variété de ses envois y sont infinis. En 1796, par exemple, il fait figurer au Salon de Gand Fénus et Adonis; le Meunier, son fils et Vdne; Judith et Holopherne, plus une figure académique au crayon rouge. En 180 G, c'est un Pai/sai/c; Hérodt et Marianne, sa femme, • d'après le tableau de Kubons, de « même grandeur, de la collection du ' dit Paul ", toile en haut. 4-8 pouces sur 21 id. Outre cela, V Intérieur d'un appartement avec une famille an- f/laise (?) et la Naissance du Christ. Ce que sont devenues toutes ces peintures, nous l'ignorous. Le musée de (ïand, depuis peu d'années, possède un portrait de B. Paul, par lui-même, don d'un membre de la famille. C'est très proba- blement la peinture qui figura au Salon de 1814; elle est d'un mérite incontes- table et révèle un praticien habile, un coloriste, enfin un homme de goût. Paul mourut célibataire. Un frère de Bernard, Lolis Paul, fut peintre également. Né si Gand le 10 décembre 1738, il y mouruten 1817. Au Salon de 1792 figuraient, sous sa signature : Le Christ et la Samaritaine, d'après Bourdon ; un portrait; V Adora- tion des bergers, d'après Gonzalès Coques. Au Salon de 1810, un Paysage, Œdipe à Colonne, Vénus couronnée de fieurs. Nous n'avons rencontré aucune peinture de cet artiste. Henri Hymana. Obreen, Archief voor nederlandsche kunstge- schiedenis, I. IV, p. IW; t. V, p. iGO. — Archives de l'état civil de Gand ; communications de M'' l'archiviste Vict. Yander Haeghen. PAVii nE MMBOiiRG. Voir Fol. PADLRT (Léon), littérateur, né à Ham (France) en 1822, décédé à Paris, le 24 octobre 1875. Il a séjourné à Mons de 1846 à 1862 et faisait partie de la Société des sciences, des arts et des lettres du Hainaut. En février 1846, le Cercle lyrique montois publia, au béné- fice des pauvres, un recueil de poésies dans lequel on trouve une excellente pièce de Léon Paulet, sous ce titre : Défense ici de mendier. Depuis lors, notre auteur se fit connaître par d'autres pu- blications, qui sont : Comment le diable bâtit une cathédrale et du peu de recon- naissance qu'on lui en eut. Légende. Mons, 703 PAULI 704 1849; in-18, 19 p. — Le bonheur est dans la famille. ÉpUre familièj-e à mon ami Antoine van Ysendyck. Moris, 1851; in-8", 7 p. — A Avrisseau le potier de Tours. In-8", 3 p. — Dissertation sur la naissance de Pierre V Hermite. Namur, 1854; in-S", 26 p. — Pierre V Hermite . Lettre à la Société des antiquaires de Pi- cardie. Amiens, 1854; in-8», 19 p. — Histoire de France. Recherches sur Pierre V Hermite etla Croisade. Tournai, 1856; in-8o de xvii-288 p. — Jacmart Pila- vaine, miniaturiste du xvc siècle. Bru- xelles, 185S; in-8", 55 p. — Labalance. Tohu-bohu. Grandvilledans les étoiles, etc. Bruxelles, 1862; in.8o, 284 p. — En 1861, Léon Paulet a mis au jour, clans la Revue trimestrielle, t. 30, une His- toire (le la miniature au moyen âge. liéopold Devillers. Suppléments à la Biblioç/raphie montoise. — Bibliographie nationale, t. ÏII, p. 96. PACLi (André), graveur. Voir Pau- WELS {André}. PACLi ( Charles • Frédéric - Henri), peintre de paysages, né à Gand, le 17 fé- vrier 1819, décédé à Tùbingen (Wur- temberg), le 22 décembre 1880. Charles Pauli était fils de parents allemands ; son père était venu se fixer à Gand comme banquier et y occupait les fonc- tions de consul de Prusse. L'éducation qu'il reçut le dirigeait bien moins vers l'art que vers l'industrie : ingénieur, il fut attaché à la Compagnie continentale de chauffage et d'éclairage par le gaz, dont il devint le directeur. Mais un in- vincible attrait le poussait vers la nature, vers la forêt surtout, qu'il aimait pas- sionnément. Cet amour de la forêt le fit d'abord ardent chasseur : tous les étés, il partait pour les solitudes de l'Eifel qu'il parcourut en tous sens, et où il apprit à connaître le bois, l'arbre, comme un bû- cheron. Au cours de ses chasses, il s'ar- rêtait [)our faire des croquis au crayon; puis, dès 1854, nous le trouvons notant ses impressions à l'aquarelle, genre dans lequel il acquit une grande habileté. Enfin, après vingt ans de chasses et de croquis, quand il avait déjà dépassé la cinquantaine , sur le conseil de ses amis, notamment de Xavier De Cock, il aborda la peinture à l'huile ; ses pre- mières œuvres datent, croyons nous, de 1875; dès la première fois qu'il les pro- duisit devant le public, au Salon triennal d'Anvers, elles attirèrent l'attention par la connaissance intime de la forêt comme par le sentiment poétique qu'elles révé- laient. Il fit depuis des progrès rapides; deux ans avant sa mort, il obtint, au Salon d'Anvers, la médaille d'or pour un Sous-Bois, qui fut acquis par S. M. le Roi. En 1880, à l'exposition nationale du Cinquantenaire, à Bruxelles, on re- marquait de lui un Grand chêne, et au Salon de Gand un important paysage, Ruisseau sous bois (appartenant au comte de Kerchove de Denterghem). Tout fai- sait prévoir de nouveaux progrès lorsque la mort vint le surprendre. Il mourut à Tiibingen des suites d'une opération au larynx. Le musée de Gand possède de lui un Sous-bois et celui de Bruxelles une Traque en prêt; mais la plupart de ses tableaux sont dispersés chez ses amis à qui il les donnait avec la même libéralité qu'il témoignait aux œuvres de bienfaisance. Après son décès, du 20 mars au 4 avril 1881, eut lieu à Gand une exposition d'une partie de son œuvre, environ cent cinquante tableaux, aquarelles et dessins. On y voyait aussi son portrait, peint par Louis Tydgadt. Charles Pauli avait été, en 1853, un des fondateurs de la Société royale pour l'encouragement des Beaux-Arts, et, comme membre du jury de placement, il contribua beaucoup au succès des Salons de Gand. Georges Hulin. PAiJi.i-i«TnAWiD!« {Georyes), évêque suffragant de l'archidiocèse de Cologne, né à Cuttecoven, dans la ferme de l'ab- baye de Herckenrode, en 1593, mort à Cologne, le 7 février 1661. Il fit ses études à Rome, en même temps que son frère Richard (voir plus loin); titulaire d'un bénéfice dans la collégiale de Looz dès 1609, il le résigne en cour romaine eu 1622. L'année suivante, il est à J 70S PAULl 706 I Bruxelles, remplissant les fonctions de régent de la chancellerie du nonce ; dès 1 62 6, il était chanoine de Cologne. Vers 1640-1641, l'archevêque Ferdinand de Bavière le nomma son vicaire général et évêque suffragant de l'archidiocèse, et son successeur, Maximilien-Henri de Ba- vière, le maintint dans ces mêmes fonc- tions. Le 17 février 1641, il fut sacré évêque de Joppé. fi eorgesPauli-Stravius fut aussi censeur des livres. Ce fut lui qui, en sa qualité de vicaire général, rédigea les lettres et mandements des archevêques Ferdinand et Maximilien-Henri de Bavière, ainsi que les décrets des synodes diocésains. Aussi peut-on considérer comme ses ou- vrages, ainsi que le fait remarquer baris, les publications suivantes : 1. Constitu- tiones de commissario et tisitatore episco- pâli. — 2. De triplici vicario geuerali . — 3. Décréta synodi Coloniensis , 1651. — 4. Décréta synodi Coloniensis, 1662. Pauli avait préparé les décrets de ce synode auquel la mort l'empêcha d'as- sister. Il avait été anobli en 1640 par l'em- pereur Ferdinand III, en même temps que son frère Richard. Paul Bergmans. J. Daris, Histoire de la bonne ville, de l'église et des comtes de Looz (Liège, 186i-486o), t. II, p. 43-47, elles sources y indiquées. PADLi (Matthias), écrivain ecclésias- tique et poète flamand, né à Hasselt en 15 80. Il entra au couvent des Augus- tins de sa ville natale, à l'âge de quinze ans, et acheva son cours de théologie à Louvain, où il fut nommé préfet du col- lège d'humanités, que les religieux de son ordre ouvrirent dans l'université de cette ville, en 1612, et qui subsista jusqu'en 1743. En 1622, il fonda, sous les aus- pices de son provincial, le P. George Maigret, docteur à Louvain, une école d'humanités à Bruges et, vers la même époque, il fut nommé détiniteur de la province de Cologne. Pauli remplit suc- cessivement les fonctions de prieur dans les couvents des Augustins à Bruges, à Louvain, à Termonde et à Maestricht. Il mourut dans cette dernière ville, le 14 janvier 1651. Il a publié de nom- BIOGR. NAT. — T. XVI. breux ouvrages de piété et d'apologé- tique, dont quol(|ues-uns eurent plusieurs éditions et furent même traduits eu français et en latin. Pauli écrit en prose avec une certaine élégance; on le cite, comme poète flamand, pour (juclques hymnes religieux et pièces riniées qu'on rencontre çà et là dans ses livres. Paquot dit qu'il a laissé, en manuscrit, un vo- lume de sermons qui était conserve chez les Augustins à Maestricht, nuiis le cata- logue des livres de la bibliothèque de ces religieux, dressé au siècle dernier, ne mentionne plus l'existence de ce volume. Voici \ine liste chronologique des principaux ouvrages de Pauli : 1. Het Botidelken van Derotie. (iand, C. Vandcr Meeren. 1615 et 1625; in-12. — 2. Den Boom des îevens voorts-breuffheiide twelj schooue viuchten met seer dévote meditatien ran 't hoochoeerdich H. Sah'ument des autaers, etc. Gand, C. Vander Meeren, 1618; in-S**. — 3. Ghebeden ende medi- tutien op de ceremonien van de Heylif/e Misse nue het roomsch ghebruycl;. (iand, C. Vander Meeren, 1618. — 4. Eet leren van den H. Nico/aus vati Tolentyn. Gand, C. Vander Meeren, 1619; in-12. — 5. Den chryclisriem, oft den spieghel der wercken van de chriatflyke rechiveer- digheyt. Gand,C. Vander Meeren, 1619; in-12. — 6. Processie hoek ofte reyzen ende pelgrimagien die onzen zdliymaeker gliedaen heeft van de aerde in den hemel, met de ugtlegginghe van zyn twaelfdeuyden, uytgeleyt door de eyyenschap van eene wffs/eer«, Gand, C. Vander Meeren, 1619; in-12. — 7. Vier historien ran het H. Sakrament van mirakel in de ahdye van Herckenrode, ten Augvstynen van Ghendt, etc. Anvers, Gérard VVolscha- ten, 1620; in-12. Cet ouvrage fut aug- menté et réimprimé sous le titre : Acht historien van het H. Sakrament^ etc. Gand, Max Graet, 1665; in-4°. — 8. De Be- klagingen Christi orer de ondanckbaerhf-yt der Joden ende quade Christenen, aer- moons-wys uylgeleyt. Louvain , Henri Van Hasten's, 1624; 2 vol. in-12. — 9. Bruylofts-Liedt van Jesva en Maria, speel-wys gedicht op Salomons sangen lee- rende de glieestelycke conste der minnen. Louvain, Corn. Coenesteyn, 1630; in-8°. 707 PAULI-STRAVIUS 708 — 10. Den Gheestelycken Sonnewyzer, etc. Louvain, 1631; in-16. — 11. De Pool- te âer Uemeh, dat is de glorieuse maghet Maria, ve7'ciert mettwelf costelycke gesteenten der uit.jliehsen dexcliden, etc. Anvers, G. Lesteens, 1634; in-12. — 12. Tractaet van de tetjenwoordi- (jlieyd Godts. Gand, 1613; in-12. — 13. Tractaet van de tioee perykeleiiste quadeh die den meubch in dit leven connen or.er cornen d'een na den lichaem, d'ander na der zieîen, ende ran Jiunder heide remedien. Liège, J. Ouwerx, 1685. — 1 4 . IJandhoel- van verscheydc yheheden ronr die(jhe1ooviye zielen , yetrocken meestendeel uit de boeken van den H . vader Anyusti- nus. Liège, L. Streel, 1635; in-12. — 15. 'T Snmensprekiiighe van de begrave- nis&e der overledenen, van 't Vagherier, van de cer estonien die in de misse geschie- den. Liège, L. titreel, 1637; in-16. — 16. Het leten van den H. Rochns,patroon teghen de peste. Liège, L. Streel, i6S5. Cet ouvrage fut traduit en français en 1637. — 17. Reqiteste oft verzoek-brief der afyvighe gheloovige cîiristenen aen de levende gheloovige christinen, etc. Liège, L. Streel, 1637; in-8°. — 18. Jublee oft vreughden-jaer ghehouden over synen vyftich-jaerigheii religieusen staet in 't orde van der eremyten ran S. Augustyn, van Paler Jrater Matlàas Pauli. Liège, L. Streel, 1645.; in-12.— 19. Ben Ho- nigh- Vloeyenden psalter van S. Augustyn, verklaart ende na de meyninglien van ver- scheydè out-vaders in 7 cort uytgeleyt. Liège, L. Streel, 1646; in-12. — 20. De cteyne yhetyden van deseven loee- en Onzer Liever Vrouwen. Liège, L. Streel, 1646; in-12. — 21. De leere des kernels, dat is de glorie des H. Crvys, verklaart in dry iamensprekingen iusschen eenen yherejor- meerden weerhaen ende eenen standvasti- ghen catolycken. Liège, L. Streel, 1650; 2 vol. in-8°. Henri von Neuss. Mantelius, Hasselelum, p. 83. — Paquot, Mé- moires, t. V, p. 83. — Kecdelièvre, Biogr. lié- f/eoisc, l. Il, p. 97. — F. Vander Haeghen, Bibl. gantoise. — X. de Tlieux, Bibl. liégeoise. — 'T Daghet in den Oosten, limbitrgsch iydschrifc, Ifs année. PAixi (Paul), poète flamand de la première moitié du xviie siècle. Il est l'auteur d'un recueil de poésies reli- gieuses intitulé : Brttyloft-lied van Jésus en Maria, speelioys gedicht op Salomons sangen, édité à Louvain eu 1630. Léon Goemans. Frederiks en Vanden Branden, Biogr. woor- denboek. PAiJLi-STR.*'»'n;s(i2ic/««rrf), évêque sufFragant de Liège, né à Cuttecoven, dans la ferme de l'abbaye de Hercken- rode, vers 1590, mort à Liège, le 24 jan- vier 1654; il était fils de Laurent Pau- wels et d'Anna Strauven, de Looz. Il fit ses études à Rome en même temps que son frère Georges (voir plus haut), et ob- tint, en 1618, en même temps ([ue la dignité de protonotaire, les fonctions de secrétaire de la congrégation des évêques et réguliers, qu'il remplit jusque vers 1632. Dès 1606, il avait reçu un canonicat dans la collégiale de Tongres, mais il ne put en jouir; dix ans plus tard, il obtint un bénéfice dans la collégiale de Looz ; il se vit successivement accorder la di- gnité d'archidiacre dans la cathédrale d'Arras et dans celle de Cambrai. En 1632, le pape Urbain VIII le nomma son iuternonce à Bruxelles, et il occupa ces fonctions pendant neuf ans sous le règne du prince cardinal Ferdinaiul. Les rapports et les lettres qu'il a adressés au Saint-Siège, de 1634 à 1641, sont conservés aux archives du Vatican. A la fin de l'année 1641, Ferdinand de Ba- vière, prince-évêque de Liège, le nomma son évêque suffragant, et, le 2 février 1642, Richard Pauli fut sacré évêque de Diorysie,dans l'église des Carmes chaus- sés à Bruxelles. S'étant rendu cette année il Cologne, il fut fait prisonnier par les troupes hessoises et ne fut élargi que contre une forte rançon. Comme suff'ra- gant, Pauli contribua à l'érection d'un couvent de Brigittines, à Looz (1643), consacra plusieurs églises parmi les- quelles celle de Cortenbosch (1648); ce fut encore lui que les Liégeois dépu- tèrent, le 24 avril 1649, à Huy, auprès de Ferdinand de Bavière, afin de rétablir la paix avec le prince-évêque. Il mourut à Liège, le 24 janvier 1654, et fut en- terré dans l'éslise des Ursulines dont il 709 PAULl 710 avait été le supérieur. Richard Pauli- Stravius fut anobli, le 18 mai 1640, par l'empereur Ferdinand III. Paul Bergmans. J. Daris, Histoire de la bonne ville, de itglisè et des comtes de Looz (Liège, t8()+-186o), t. Il, p. 35-43, et les sources y indiquées. p.%CL,i OU p.%kv«'I':l<« {Romb'vd), architecte et sculpteur, né à Malines, en 1625, et mort à Gand, en 1700, d'après Emm. Neeffs. Selon cet auteur, qui a repris et complété pour sa notice sur Pauli (dans son Histoire de la pein- ture et de la sculpture à Matines, tome II, p. 193-196), les notes que Baert avait déjà données sur cet artiste, celui-ci figure, à la date du 7 juillet 1636, comme apprenti dans la gilde malinoise de Saint-Luc (il n'avait donc alors que onze ans) ! Pauli entra d'abord en qualité de praticien dans l'atelier de Rombaut Verstappen, qu'il quitta, avant la fin de l'année, pour aller dans celui de Jacques Voorspoel. Il se rendit ensuite en Italie dans le but de se perfectionner, fut admis à Rome dans l'atelier de François Du Quesnoy et, lors de la mort de celui-ci (12 juillet 1 643), rentra aux Pays-Bas en même temps que son condisciple Jérôme Du Quesnoy avec qui il était lié d'amitié. Pauli se fixa à Malines où, après une infraction au règlement de la gilde de Saint-Luc, qui lui avait valu une amendede4florinspour avoir exercé son métier sans avoir acquis la maîtrise, il obtint celle-ci en 1643, soit dès l'âge de dix-huit ans. Il n'existerait de cet artiste, à Malines, assure Emm. Neett's, que deux groupes en pierre (à figures de soixante centi- mètres de hauteur environ), représentant » un enfant versant à boire à un autre • enfant • et • un enfant oflfrant des rai- » sins à un autre enfant • ; ils sont encas- trés dans une muraille du côté de la cour de la maison de M"" NeefFs du Trieu, rue de Beffer ; et « la tête de saint » Jean-Baptiste déposée sur un plat «, dans l'église Saint- Jean, pour qui cette sculpture en bois fut exécutée en 1654, au prix de 3 livres degros. Dans le cime- tière de cette même église figura, de Pauli, plusieurs stations d'un » chemin • de la croix • et, à la façade de l'église du Petit Béguinage, un • groupe d'anges • tenant un ostensoir ». Lc25 mai 1653, Rombaut l'auli passa contrat avec (ieorge Hreytlols, curé de l'église Saint-Michel, à (iand. pour l'exé- cution d'un autel en marbre destiné à la confrérie de la Sainte-Croix. Cet autel n'aurait été placé qu'en 1656, à la suite d'un procès intenté par Breydels à l'ar- tiste, lequel n'avait pas encore rempli alors ses engagements. Ce fait nous a été révélé par Finchart dans ses Archives (tome II, p. 304-305), où se trouve la sentence prononcée sur ce litige par le grand conseil de Malines, le 24 octobre de cette même année 1656. C'est (îand, où Pauli était venu habi- ter, poussé surtout, dit-on, par la rivalité artistique qu'il avait rencontrée à Ma- lines en Luc Fayd herbe, et où il fut admis en 165 6 dans la gilde de Saint- Luc dont il fut juré de 1685 à 1687, c'est Gand qui possède ses principales produc- tions, parmi lesquelles se distingue son célèbre monument funéraire de l'évêque Charles Maes, placé en 1666. En voici la description selon Kervy n de Volkaersbeke {Les églises de Gand, tome ler^ p. 37) .- " Couché sur un sarcophage, le prélat • revêtu de ses habits pontificaux, la « mître en tête, et s'appuyant sur la • main gauche, go(\te les douceurs d'un " paisible sommeil, symbole de la séré- » nité d'àme qu'une conscience pure » apporte au juste a son heure dernière. » C'est bien là le sentiment que l'artiste « a voulu exprimer, et il y a réussi avec • un véritable bonheur. Tout dans cette " belle œuvre est d'une vérité frappante. « La pose du vénérable prélat est natu- » relie. Les traits de son aimable visage • respirent bien le repos, cette tran- • quillité d'àme dont nous venons de " parler. Les draperies sont largement « traitées; en un mot, l'ensemble présente » un caractère imposant qui convient » parfaitement au sujet. Placé en face du » chef-d'œuvre de Jérôme Du Quesnoy • (le tombeau de l'évêque de Triest), ce » monument ne perd rien de son eflet: « c'est bien là le plus bel éloge qu'on » puisse lui adresser » . m PAULI 712 Pauli, à qui avait été confiée en 1657 — à peine établi à Gand — la restau- ration (lu tombeau élevé, en 1595, dans la chapelle Saint-Yves à Saint-Bavon, aux deux premiers évêques de Gand : Corneille Jansenius et Guillaume Lin- danus, ouvragea en 1669 la clôture en marbre de la chapelle SS. Pierre et Paul de la même cathédrale. Selon Baert, il sculpta pour l'église de l'abbaye Notre-Dame de Saint-Pierre six statues à la boiserie du chœur, savoir : saint Pierre, saint Paul et les quatre Evangélistes. D'après Edm. de Busscher, en 1781 le chœur de cette église était entouré de quatre-vingt-six stalles en bois de chêne, à l'usage des dignitaires et des religieux de l'abbaye. Ces stalles, très artistement travaillées, y avaient été placées durant la prélature de l'abbé Engrand et exécutées sous la direction de Roinbaut Pauwels, dit Paoli, de Ma- lines. La boiserie des stalles et du grand buffetd'orgue constituait, selon MeLecat, continue De Busscher, une reuvre admi- ]'able,un ensemble composé de variations infinies, où l'art du sculpteur et du me- nuisier avait rassemblé tout ce qu'il y a de beau en ce genre, où le ciseau de l'artiste et le rabot de l'artisan avaient rivalisé de précision de contours et de netteté d'exécution. Bordures, cadres, ornements, bas-reliefs, groupes et sta- tues, tout y était de main de maître. Parmi les nombreuses figurines et sta- tues, qui toutes se distinguaient par la pensée et l'impression aussi bien que par le dessin, la disposition et le jet des draperies, on signalait particulièrement les statues de saint Pierre et de saint Paul, placées à l'entrée du sanctuaire, et celles des quatre Evangélistes qui décoraient les sièges du prélat et du prieur. Ces stalles avaient été faites à l'instar de celles de l'ancien oratoire, confectionnées et sculptées en 1409 par Jean Biilteel, maître sculpteur de Bos- suyt, dans la chàtellenie de Courtrai. Egalement ornées de statuettes de saints, de figurines, de feuillages et d'animaux symboliques, les stalles deBulteel furent brisées et brûlées par les Calvinistes en 1578. « Au milieu du chœur se voyait un Il lutrin en bois, œuvre du même Pau- • wels, et non moins remarquable sous « le rapport de l'invention que les sculp- » tures des stalles. Assis sur trois dau- II phins entrelacés, un ange portait sur " la tête un globe sur lequel était posé Il un aigle aux ailes déployées et soute- II nant de la serre droite l'écu d'armes de « la puissante abbaye. Les ailes servaient « de pupitre, et une guirlande de fleurs « et de feuillages parfaitement imités, » qu'il tenait du bec, descendait jusqu'au " pied du lutrin «, selon Kervyn de Vol- kaersbeke {Les églises de Gand, tome II, p. 227). Baert parle aussi, comme étant de Pauli, d'un groupe en marbre placé à l'autel de la chapelle de l'évêché de Gand et représentant « la Vierge debout Il ayant entre les bras l'enfant Jésus «, et dans l'église Saint-Michel, un groupe en marbre représentant » la Vierge Il assise, accompagnée de l'enfant Jé- II *us ». Ce dernier groupe aurait été inspiré à Pauli par l'œuvre célèbre de Michel-Ange qui se trouve à l'église Notre-Dame, à Bruges. Pauli se maria deux fois. Le registre aux décès de la paroisse Saint-Rombaut, à Malines constate la mort, le 24 sep- tembre 1643, d'un enfant qu'il aurait eu de Victoire van Oppenroy, et le registre baptistaire de la même paroisse annonce la naissance de deux enfants, le 13 février 1654 et le 24 juillet 1655, procréés par son mariage avec Agnès Collaert. Parmi ses élèves à Gand figure Henri Matthys, l'auteur du beau monument funéraire du chanoine Joachim du Puget, baron de la Serre, dans la cathédrale Saint-Bavon. Neeffs assure que Jean Matthys, frère de Henri, fut aussi son élève. D'après une source aussi autorisée, Jean aurait été élève de Jérôme Du Quesnoy. Il mourut en 1710, tandis que Henri mourut en 1752. Quant aux apprentis que Pauli a eus à Malines, Jacques Vlerainckx qu'il admit dans son atelier le 2 jan- vier 1644, Antoine van Kercken entré le 13 février 1653 et Jean Vanden 713 PAULI 1\\ Steen, celui-ci seul acquit de la celo- brité. Edmond Marchai. Emm. Neeffs, Histoire de la peinture et de la sculpture à Maliues, t. Il : Lf* sculpieurs ntali- nois. — Ph. Baert, Mnn. sur les sculpteurs et ar- chitectes des Pays-Bas. — Pincharl, Archircs.— Edm. Marchai, La sculpture et les chefs-d'a'urrc de l'orftTrerie belge. — Le baron Kervjn de Volkaersbeke, Les églises de Gand. — Edm. De Busscher, l'Abbaye de Saint-Piare. p.%i'Li {Segerus) ou Zeger Pauwels, écrivain ecclésiastique, naquit, d'après Paquot, en 15 60 dans le comté de Flandre; il s'intitule du reste lui-même Flander dans ses écrits. Il émigra en Allemagne et vint s'établir à Cologne, où il se maria et eut un fils du même nom que lui. Le fils entra dans l'ordre des Carmes déchaussés et composa diver^î ouvrages. Xous ignorons quelle profes- sion Pauli exerça, Paquot nous dit qu'il fut imprimeur. Mais, malgré de nom- breuses recherches à Cologne même, nous n'avons trouvé aucune trace d'un imprimeur de ce nom. Peut-on émettre l'hypothèse que Pauli ait été employé ou directeur d'imprimerie? Paquot cite sa source: c'est un manuscrit du P.Norbert de Sainte-Julienne. La bibliothèque royale de Bruxelles n'a malheureusement pu sauver en entier l'œuvre du biblio- graphe carmélite. Le ms. Ifi490, Jsiotitia bmis virorum plurium celebricum carme- litarum in Belgio, contient p.ir ordre alphabétique les lettres A jusqu'à M, (S. Pauli, le fils, y fait donc défaut,) Le ms. 16493, descriptoribusbelr/icis et viris Ulustribus ex ordine carmelitano, est ar- rangé chronologiquement, mais il s'ar- rête déjà en 1458, avec Pctrus Andrée, au beau milieu d'une phrase. Nous igno- rons donc si Paquot a mal interprété le latin du P, Norbert ou si c'est ce dernier qui a commis une erreur. Zeger Pauwels est l'auteur de divers ouvrages qui sont aujourd'hui bien ou- bliés. Citons de lui un Freundiich Ge- apràch et nés ir rend en und calholischen, darinnen kurlzUch geliandelt icird vom Jiicliter aller Zwiespalts im CUnuben gemehret und in zwei bïick'eingetheilt durch Segerum Pavweh Flandrum (Irt partie, 164 p.; 2nie partie, 73 p.). L'ouvrage est sans date, mais d'après une annota- tion du chanoine von Riilliuger, il serait de 1597. 11 en existe une traduction flamande à peu près contemporaine : Een vriendehicke ' t samensprelàniihe (its- schen eenen diralenden chriaten met eeiieii roomschen rathnhjch- , overgheset door Fred. Reynenim. Anvers , (iuillaiimc Lesteens, 1()31. Le traducteur, Fred. Reynerus, est lui-même l'auteur d'un petit traité : Hondert en vier vraech- stucken aeti aile nieiiice vahchghenoemde reformeerde Calviniste predicunten. An- vers, 1612, Pauli fit paraître, en 1609, non moins de trois ouvrages : 1 , Christliche Anttcort Henrici dess rierdten Kônigs in Franck- reirh so er den Fresideuien zu Pariss tcegen Reslitnlion der Socield Jesu gehen hat a° 1603. Ex Ant. Possevini Â/>pfi- rntit sncro. Cologne, l^eter von Hra- chel, 1609; in-4o. — 2. Gnindlicher Bericht, tcelches das toaJive Mittel Ist, dardiirch tcas die Erl<àntniss dess Glanbem herkômpt, etc. Gespracîiioeiss anffs aller- kiirtzezt zugerirht. Cologne, Peter von Brachel, 1609; in-12. 3. Tractdtlein, dass Niemondl verletzt icirt denu von iir/t selben. Allen Frommen so in A/igst vud Leiden sind, zu sonderlichen Trost oiiss dem H. Chrysostomo in dieser Sprachen zugericht. Cologne. Peter von Brachel, 1609; in-12. Traduction allemande du traité de Saint-Jean Chrysostonie : Qtiod nemo laedatur niai a se ipso. l-ponard Willcms. Paquot, t. X. — Renseignements de .M"" le dr von Zarelzky, bibliothécaire de la ville de Co- logne, et du K. P. Vanden Gh(!yn, conservateur des ms. à la bibliothèque royale, à Bruxelles. *PAiii.i {Thfodoriciis) ou Francon'is, chroniqueur, dont le nom, eu langue vulgaire, était Thierry Pauwels. Lui- même nous apprend Cju'il naquit à Gor- cum.en Hollande; qu'il était vice-doyen du chapitre de Saint-Martin et Saint- Vincent de cette ville, et (ju'il commença la troisième partie de sa chronique en 1489, dans la soixante-treizième année de son âge et la quarante-septième année de son canonicat. Pauli naquit donc en 1416 ou 1417 et passa la plus grande partie de sa vie à Gorcum, où on le voit 715 PÂULLUS 716 exercer les fonctions sacerdotales en 1448. Compilateur infatigable, il semble avoir eu pour but de léguer à la posté- rité une grande encyclopédie historique. Son Chronicon universale, qui embrasse toute l'histoire, tant ancienne que mo- derne, se divise en trois parties. La première, intitulée : Spéculum historiale, se subdivise en deux sections. L'une, comprenant treize livres sous le titre : Liber de quatuor regnis maj oribns ,semh]e avoir définitivement disparu. L'autre, dont W. Focke a publié des extraits, a été retrouvée dans un manuscrit de Breslau. Elle comprend une histoire complète des papes et des empereurs de 325 à 1447, et va du livre xiv au livre xxvii. L'énuniération des pièces conte- nues dans les deux autres parties de la Chronique universelle, a été faite par De Ram, qui en possédait le manuscrit original. La troisième, intitulée : Liber bellorum Dei, se rapporte principalement à l'histoire des croisades et reproduit, sous un titre différent, V Historia Hiero- solymitana du moine Robert, de Reims. D'autre part, le savant recteur de l'uni- versité de Louvain constate que l'opus- cule Audoris incerti de vila et rébus gestis dominoi'um de Arlîél succinda tmrratio, publié par Matthteus {Analedes, t, V), est entièrement calqué sur une chrono- logie historique de la deuxième partie, et croit qu'il n'en est qu'une pièce dé- tachée. 11 eu est probablement de même d'un autre ouvrage de notre chanoine, que De Ram a publié dans ses Documents relatifs aux troubles du pays de Liège (Bruxelles, 1844; in-4"), d'après une copie, malheureusement très fautive, conservée à la Bibliothèque royale. Cet ouvrage a pour titre : Theodoric.i Pauli, alias Iranconis, canonici Gorcomiensis , historia de cladibus Leodiensium, anno il/C(7CCZXF-iXr77. L'auteur ditavoir rédigé ce travail d'après le témoignage d'un garde du corps de Charles le Témé- raire, nommé Jacques Deyn, qui accom- pagna ce prince dans toutes ses expédi- tions contre les Liégeois. Mais, comme on l'a justement observé, " nous ne pou- " vons admettre que l'homme d'armes " ait retenu avec une telle précision les « noms, les faits et les dates, et il n'est « pas douteux que Pauli, donnant car- » rière à son imagination, n'ait ajouté à « son récit une foule de particularités Il de son cru. Il nous présente les faits // tels qu'il lui semble qu'ils ont du se " passer. Par ses phrases inutiles, ses Il répétitions, ses détails oiseux, on voit « qu'il se préoccupait beaucoup plus » de sa réputation littéraire que de sa Il responsabilité d'historien. Son His- II toria ne nous inspire aucune con- « fiance «. Baron de Cheslrel de HaneBfe. Compte rendu des séances de la Commission roijale d'histoire, t. II, p. 98-108 et 216. — De Ram, Documents relatifs aux troubles du pays de Liège sous les princes-évéques Louis de Bour- bon et Jean de Home, p. XIV. — Wern. Focke, Theodericus Pauli, ein Geschichtsschreiber des XV Jahrhiinderis und sein Spéculum hystoriale (Halle, 1892). — Liégeois et Bourguignons en -14C8, étude historique de M. le D' Estrup, introduction par St. Bomians, p. XX. PAiJi>L.iJ!Si (Gautier), poète latin du xviie siècle, né à Huy, le 1 5 juin 1587, et mort à Douai, le 17 avril 1672. Il entra au noviciat de l'ordre des Jésuites, à Rome, le 28 novembre 1603. Il en- seigna la rhétorique, la philosophie, la théologie à Douai et à Vienne; ensuite il devint pendant cinq ans censeur des livres à Rome (1643-1648); il fut con- fesseur du duc et de la duchesse de Bouillon, à Paris, pendant trois ans et s'en revint à Douai, où il mourut âgé d'environ quatre-vingt-cinq ans. Paullus a beaucoup écrit ; ses œuvres ont eu un certain retentissement durant sa vie; à partir de sa mort, il est presque entièrement oublié. » Il y a de l'imagi- « nation, du feu, de la pureté, de l'élé- » gance et beaucoup de piété dans les » ouvrages de Pauli » , nous dit Paquot, 1/ mais ils ne sont plus de mise, depuis « qu'on est revenu des jeux de mots, Il des anagrammes, des concettis et du Il jargon emblématique « . En 1616,ànouai,sixélèvesde Paullus passent des thèses sur la phgsica acroama- tica de Saint-Thomas d'Aquin sous la présidence de leur maître : ce sont Pas- quase Maulroit, de Basècles, et Jean Gi- roul, de Tirlemont (le 11 mars); Charles Werpaeus et Claudius Grivel, bourgui- ] 717 PÂULY - PAUMEN 718 gnon (le 16 mars); Jacques Stalins, de Gand, et Jean Vander Halle, de fiand (le IS mars). Ces travaux ont été publics. En 1631, paraît chez Gelbhaar, à Vienne, les Septem dolores B. Virgbns, rythma nvmeroso erpressi. (Seconde cdit. à Douai, veuve Pierre Telu, 1631.) — La prennière édition du Canticum novtim animis salitntis a murtdo, a terra, a coelo, a seipso ad Devm, paraît à Vienne, chez Matthieu Formica, 1637. (2'' édition, ibidem, 1638; 3e édition, veuve Marc Wyon, à Douai, 1638; 4e édition, veuve Matt. Formica, à Vienne, en J64'0.) La Scalee et aïœ spiritus ascendentis in Denm ab infemo, editio nona qui parut en 1663 à Douai, chez la veuve Jean Serrurier (en tout 359 p.), n'est autre que le Can- ticvm novitm retouché. — Le Jnhilnm anima salientis ab inferno... parut à Douai en 1653. (2e édit. chez Corellius, à Elbing, 1656; 3e édit., typis S. J., Calissii, 1665.) — Les Ajfectus eucha- ristici parurent à Vienne, chez la veuve Matt. Formica, en 1640 (en tout 132 p.). — Le Cor Mancipium , en 1 6 5 1 , à Douai , chez la veuve Jacques Mairesse (2e édit., veuve Jean Serrurier, à Douai, 1667). — Les Coffitationes séria Bivinm et Juli- lumser. arcJi. LeopoJdo Ignatio, Cœsaris Jilio munusculum en 1653, à Douai. En 1661, PauUus publia l'une de ses œuvres les plus considérables : c'est un roman, moitié vers, moitié prose, où l'auteur introduit des personnages allégoriques, quelque peu à la façon du Roman de la rose, Il est intitulé : Jésus esus novus orbis famis et siiis attimi vera satietns in pusibnundo duce amorjîdo qitce- sila et inventa, diiobusque cantibus coni' mvnione et unione gustata.. . accedit trium- phus corporis Chrisli (à Douai, chez Laurent Kellam); 2e édit., veuve Jean Serrurier, à Douai, 1667. — Le Trium- pkits corporis Chriati fut également publié à part (8 p.) en 1661, à Douai. — Le Hortus Olivarum Doîoramor, Rosa spina parut en 1667 chez la veuve Jean Ser- rurier à Douai. — Le Cordolium Deiparœ en 1667, chez la même. Après la mort de PauUus parut encore, en 1686, une édition de ses œuvres complètes. {Typ. univ. Car. Ferd. à Prague.) Au dernier feuillet on lit: Om- nium opusrulorum R. P. Gualteri Patilli finis. En 1719, Samuel Molitor à jScu- stadt donna une nouvelle édition de Vlttr extaticuiH animi salientis a niundo, de terra... in Denni, avec ù la suite, p. 101, la Jubilum aniinae Sal't'ntis ab inferno; puis en 1721 parut encore : yi/ipendix ex eodem auctore : Cor mancipium Jesu et AJariae, le tout d'après les premières éditions de ces œuvres, chez le même Samuel Molitor. A partir de cette date, on ne réim- prima plus aucune œuvre de PauUus et son nom entra petit à petit dans l'oubli. 11 y a encore de lui quelques OMivres manuscrites dans les bibliothè(|ues pu- bliques de Douai et de Bruxelles, mais elles ne valent guère l'impression. Léonard Willenis. Paquot, t. VII. — Sommervojïel, Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, t. M. PACLV [André], écrivain ecclésias- tique, mort à Anvers en 1764. Il entra dans l'ordre des Frères Mineurs, devint lecteur jubilé et gouverna deux fois sa province en qualité de ministre. 11 fut également protonotaire apostolique jus- qu'à sa mort en 1764. 11 fit paraître des Prolegomena blpartita in S. Scripluram. Louvain, Jean Jacobs, sans date (1759), ou prolégomènes aux diverses parties des écritures saintes. Il laissa également un ouvrasre qui parut après sa mort, une Vie de Jésus: Epitome itinerarii Jilii Dei. Anvers, J. Grange (1765). Léonard Willemi. S. Dirks, Histoire des Frères mineurs, p. 3S't. PAOHKiv (André), combattant de 1830 et militaire, fils de Lambert et de Elisabeth EUen, né à Maeseyck, le 25 oc- tobre 1801, décédé à Bruxelles, le 2 août 1871. Il débuta par être commandant de la compagniede volontaires de Maeseyck; il fut ensuite créé capitaine de corps franc, par le général Nypels, le 1 8 février 1831, et enfin admis à ce grade dans l'armée régulière — au 3* régiment de chasseurs à pied — par arrêté royal du 9 septembre 1831. Détaché comme vaguemestre à la 719 PAUSÀCE — PAUW 720 3e division, le 22 juin 1836, et rentré au corps le 23 juin 1889, il fut admis à la retraite, le 21 avril 1841, après donc avoir participé aux campagnes de 1830, 1831, 1832, 1833 et 1839 contre la Hollande. Paumen arbora à Maeseyck le premier drapeau national, le 2 octobre 1830. Elu président de la commission de sûreté publique, il organisa — et solda à ses frais — une compagnie de volontaires qui captura un convoi de huit cents barils de poudre, en destination pour la Hollande, àla hauteur de Grubbenvorst, et qui entra le 11 novembre dans Venloo sous son commandement. Cet acte de générosité et de dévouement reçut bientôt sa récompense : le brave Paumen fut, dès le 15 décembre 1833, créé chevalier de l'Ordre de Léopold, et cette distinc- tion méritée fut confirmée par l'octroi de la croix de fer, le 2 avril 1835. Général Frédéric Bernaert. Matricule des officiers. — Pasinomie. — Vel- dekens, Le livre d'or de l'ordre de Léopold. PAC!8.%rE (Colin), de Cambrai, est le nom que porte, dans le célèbre manus- crit de Berne (n** 389), l'auteur d'une pastourelle débutant ainsi : V autrier par une sentele... Les attributions de ce ma- nuscrit ont trop peu de solidité pour qu'il soit permis de rien fonder sur elles; pourtant les auteurs de V Histoire litté- raire de la France ont admis Colin Pausace dans leur recueil, et P. Paris, qui l'appelle à tort Colin Pausaie, a voulu qu'il fût " un trouvère artésien « et que A. Dinaux l'eût omis dans sa Il nomenclature «. C'est bien possible, mais c'est ce qui reste à démontrer. La pastourelle attribuée à Colin Pausace ne manque, d'ailleurs, ni de fraîcheur ni de grâce poétique; elle est malheureuse- ment incomplète, et c'est tout ce que nous avons conservé de notre hypothé- tique auteur. M. Wilmollc. Histoire littéraire de la France, t. XXIII, p. 5S3. — Edition dans Sitzunsfisberichte der K. Bayer. Akademieder W'issenschalten zu Mùuchen, ite, t. Il, p. 'Ml (Holinann). — Archiv fur neiiere Sprachen,\. XLII, p.367 (Brakelmann).— Bartsch, Romances et pastourelles françaises des xiic et xmosiécle«, p. 344. PACTEREN (Jean vaiw), philologue. Voir Spauteken ou Despautekius. PAB%v ( Ferdinand- François »e), poète dramatique flamand, né à Gand, vécut vers la fin du xviiie siècle, à Bruxelles. Il écrivit les pièces suivantes : \. De Boere-Kerniis o/ de Zegepraelende liefde, blyspel in een deel. Gand, P. -A. Kimpe, s. d.; pet, in-8''. — 2. Den Mande- maeker oft de twee verliefde vrienden ; anders Ga^par den dronkaerd, klugt-spel i?i een bedri/f. S. 1. n. n., 1802 ; in-8o. — 3 . i)e trotse Amelia oft den getrouwen Knegt, comédie en trois actes, jouée le 18 janvier 1807 à Lierre par la Chambre d'Ongeleerden. Léon Goemans. Frederiks en Vanden Branden, Biographisch woordenboek. — Belgisch Uluseum, -1844. VAVW (François- Charles- Benoît de). Voir Paeuw (F7-ançois- Charles- Bernard de). PAnit«r (Jean de), habitant de Ma- lines, vivait au xvie siècle. H écrivit une histoire de la destruction de la Sandtpoorte de cette ville qui, servant de poudrière, sauta le 7 août 1546, la poudre ayant été allumée par la foudre au milieu d'un violent orage. Cet acci- dent, qui causa la mort d'un grand nombre de personnes (soixante, dit de Pauw) et détruisit une partie de la ville, fut relaté en flamand, en français et en allemand. La relation de Jean de Pauw est en flamand. Van Hulthem possédait deux manuscrits de cet ou vrage (n<'s 17216 et 17217 de la Bibl. Hulth.). Mais ce sont des copies. L'une (no 17216) est du xvie siècle et comprend quatre feuilles in-fol. Elle porte un titre écrit de deux mains différentes, Van die wonderlycke destructie, etc. Mais le vrai titre qui suit est : Van die wonderlyke krachtige wercken van de almogende handt godts, ende destructie, dewelcke hier toi mechelen is geschiet (gelyck ons poirters kennelyck genoech is geweest) mogen wy en ons naco- melinghen met reden gedencken , dewelcke gesciet es den 7 dayhaugusti 1546. A la fin, l'auteur du manuscrit indique que ce n'est qu'une copie. Deux dessins à la 721 PAUW 7-22 plume représentant la Sandtpoorte avant et après la destruction viennent à la suite (le cette relation. L'autre manus- crit (in-12, 17 feuillets), d'une écriture moderne, n'est qu'une copie abrégée de la relation de J. de Pauw. Elle porte deux titres sur deux pages ditlérentes, d'abord : Betchninnge van hel springen der Sandtpoorte biinien Mechelen, Antio 1546, 7. Aug. door Jan de Pauw oogk- getuyghen, puis le vrai titre auqiiel le copiste a ajouté « door Jan De l'auvv, testis ocularis » . A. vaa Rcnlerghem. Bibliothèque royale de Bruxelles, Bibl. Hulih., nos n:216 et 17-217. — Bibl. Ilulthcminna, cata- logue, I. YI. p. -2\8. — Vanijer Aa, Biotjr. woor- denboek, t. IX, p. 44. PAtw {Jean-Baptiste M»i£.), sculpteur, né à Termonde, le 30 septembre 17 8 fi; la date de sa mort est inconnue. Il s'appliquait depuis son enfance à des- siner et à modeler sans maître jus- qu'en 1800, année où il put suivre les cours de l'académie de Termonde qui venait d'être créée. Il en fut un des premiers élèves et il y apprit les prin- cipes du dessin, de la géométrie et de l'architecture. 11 obtint bientôt le pre- mier prix. Il commença la réelle pra- tique de la sculpture dans l'atelier de M"" Dubois. Il vint ensuite à Bruxelles où il suivit les cours de l'Académie des Beaux-Arts, tout en continuant son ap- prentissage chez Godecharle et chez Ple- tinckx. Il apprit la perspective chez J.-B. Rubens, de Bruxelles, réputé un des plus habiles dessinateurs. J.-Bte De Pauw prit part au Salon de Gand de 1812 où il remporta le prix du concours de sculpture. Les événements politiques d'alors l'empêchèrent d'aller se perfectionner à Paris et à Rome. Il rentra dans sa ville natale où fut bientôt nommé professeur à l'académie. On ne connaît que peu de productions de cet artiste. Il exposa au Salon de 1814 les bustes de ses parents et une statue de Bacchus; un buste de Guillaume Ifr, alors prince d'Orange, lui fut commandé par Mr Vilain XIIII. Au Salon de Gand de 1823 figura de lui un buste de l'archilecte-sculpteur Jacques du Breucq, l'auteur du célèbre jubé de l'église de Sainte-Waudru, à Mons. ËdiiiomI Marchiil. PAVW {Michel me), auteur drama- tique, né à Cologne, le 22 novembre l(i9S, mort à Alost, le 9 février 17 5 9. Il entra au noviciat de Malines le 7 oc- tobre 1718, professa la grammaire, les humanités et la rhétorique à C'ourtrai. Après sa théologie, il fut pendant un au professeur de grammaire ii Audenaerde, puis préfet à Bailleul ; prédicateur et préfet à Alost de 1737 à sa mort. M. de Pauw est l'auteur de trois pièces de théâtre dont nous possédons les résumés- programmes. Ce sont : Tlieophilns (re- présenté au collège des Jésuites par les élèves, le 27 juillet 1724); Adelphophilus (représenté le 17 juin 1725); et tFam- battus (représenté le 15 janvier 1728). liéonaid W'illems. C. Sommervogel, Bibliothèque de la Compa- gnie de Jésus. p 4 ni*' {Napoléon- Liévin- Bernard de) , avocat, échevin et professeur à l'univer- sité de Gand, né en cette ville, le 3 sep- tembre 1800, et y décédé, le 16 octobre 1859 ; il était fils de Bernard-Paul et de Sophie Bauwens, neveu et filleul du célèbre Liévin Bauwens. Il obtint, le 3 mai 1823, le diplôme de docteur en droit à l'université de sa ville natale. Dans sa thèse, il soutint la nécessité de la coexistence de deux assemblées légis- latives, dont la Chambre haute serait choisie par le sufl^rage direct, principes qui furent admis, huit ans après, par la Constituante belge. Il alla ensuite for- tifier ses études dans les principales uni- versités de l'étranger et notamment de l'Allemagne où il suivit les leçons uni- versellement réputées de l'illustre Savi- gny. Rentré en Belgique, il se fit inscrire au barreau de Gand. « Esprit original « , dit le bâtonnier, feu M" Drubbel, dans son oraison funèbre, « il donnait à tout » le cachet de son individualité. Profon- • dément versé dans les sciences mathé- » matiques, il en appliqua constamment » les principes au droit. Sa parole jail- 723 PAUW 724 « lissait, simple mais énergique et élo- » quente, de son cœur honnête et de son 0 esprit droit et élevé •> . Flamand de race et de caractère, de Pauw embrassa avec ardeur, lors des événements de 1830, la cause du parti orangiste; parmi les procès politiques qu'il plaida, il convient de citer celui du colonel Grégoire dont il obtint l'acquit- tement. En 1839, il rédigea une pétition dans l'intérêt de l'industrie cotonnière. Il ne désarma vis-à-vis du nouvel Etat que lorsque le roi de Hollande l'eut relevé de son serment par le traité des vingt-quatre articles. Cependant, éloigné peu après du barreau à cause d'une grande dureté d'ouïe, il ouvrit en 1842, à l'uni- versité de G and, un cours de philosophie de droit positif. Il prononça, lors de la rentrée solennelle de 1843, un discours dans lequel il défendit avec vigueur les universités de Gand et de Liège contre les attaques auxquelles leur existence était en bntte. Deux ans après, il fut nommé professeur extraordinaire et pro- mu à l'ordinariat le 27 juillet 1854. Ses aptitudes et ses idées libérales inébran- lables l'avaient également désigné au choix de ses concitoyens qui, en 1842, l'envoyèrent siéger au conseil communal; ratifiant ce choix, le roi le nomma éche- vin des travaux publics; mandat qu'il remplit pendant douze années. La ville de Gand lui doit son nouvel entrepôt, l'élargissement du canal de ïerneuzen et l'amélioration de son port, la trans- formation de plusieurs quartiers par la percée de rues nouvelles et l'araénage- raent de places monumentales ; le nwiuège militaire qu'il édifia de manière à conser- ver intact le petit béguinage menacé ; plusieurs écoles et enfin le Beffroi, qu'il sauva de la destruction et fit restaurer d'après les idées du temps, mais qu'il ne put achever. Il inventa aussi un système ingénieux de pont mobile qui fut adopté non seulement en Belgique, mais aussi à l'étranger. Notamment, un pont de ce modèle fut construit à Trieste et lors de son inauguration l'empereur d'Au- triche décora l'inventeur de la médaille d'or » Litteris et Artibus «. En politique, il soutint avec un atta- chement inébranlable la cause de la liberté et, en 1846, il représenta, avec son ami Metdepenningen, l'arrondisse- ment de Gand au congrès libéral qui se tint à Bruxelles. En 1854, il tomba avec toute l'administration communale du premier comte de Kerchove de Denter- ghera, sous les coups d'une coalition d'intérêts locaux. Frappé en 1857 d'une attaque d'apoplexie, il ne sut prendre le repos que commandait son état; il mourut à Gand, le 16 octobre 1859. Le roi l'avait noinméchevalierde son Ordre le 24 juillet 1849 et officier le 28 mars 1854. Sa mort fut un véritable deuil pour sa ville natale. Prudens Van Duyse se fit l'in- terprète du sentiment public lorsque, dans une notice nécrologique, il disait du rapport que N. de Pauw avait fait au sujet de la restauration du Beffroi : " La bouche qui a prononcé ces paroles " peut devenir muette, mais de telles B paroles ne périssent point ». De Pauw a publié : 1. DisserMio inaii- guralu jtiridira de necessitate superioris ordinum concilii. G and. Van de Kerchove fils (1823); in-40, 19 p. — 2. Consulta- tion, datée du 25 janvier 1832, et si- gnée par N. de Pauw et autres avocats, relativement à une affaire politique capi- tale (arrestation de Stevens, directeur du Messager de Gand). — 3. Principes administratifs et applications en matière de travaux publics . Gand, F. et F. Gyse- lynek, 1849; in-8o. — 4. Mémoire sur un nouveau système de pont mobile. Gand, Annoot-Braeckman, 1853,114 p., 7 pi. — Deuxième mémoire, etc., id.,ibid., 1856; in-80, 68 p., 1 pi. — Plusieurs rapports administratifs. Louis Tierenleyn. Papiers de famille et renseignements pri%-és. — Mémorial de la ville de Gand (iStS-lSoi). — Journaux de l'époque, entre autres : Messager de Gand, 20 octobre 1843 ; Messager des sciences et des lettres, 1850, p. i ; Indépendance belge, 2 sep- tembre -18S3 ; Journal de Gand, 20 octobre 1839 ; Journal de Eendracht, môme date. — Rapport de l'Univeisile de Gand. présenté par M. le recteur Roulez, an. -181)9-1860. — Veldekens, Livre d'or de l'ordre de Léopold, t. H, p. 231. — Kervyn de Volkaersbeke, Les églises de Gand, t. II, p. 315. — Anmiaire de la noblesse belge, •1896, p. 4802. — De Polter et Broeckaert, Histoire de la com- mune d'Exaerde, p. 25 à 27. - Belg.jud., IS^B, col. 1297 et s. — Flandre judic, 1897, col. 318 et suiv., etc. 725 PAUW 726 r.KWW {Pierre-Jacquet »e), théolo- gien, né à Thourout, le 9 juillet 1727, de Pierre et de Jeanne De Houck, mort à Paris, le 19 septembre 1810. Il était attaché comme acolyte à la collégiale de Saint-Pierre, en sa ville natale, lorsque Mgr Van Susteren, lors d'une tournée de contirmation. ayant remarqué l'air vif et intelligent de l'enfant, engagea les parents à appliquer leur tils aux études et à le confier au maître de chant de Saint-Donatien à Bruges. Sur la présen- tation du phonascus , Henri de Bruille, les chanoines admirent le jeune de Pauw au nombre des choraux, le 7 octobre 1734. Après avoir, pendant neuf ans, suivi les leçons de l'école latine du cha- pitre, l'enfant de chœur entra au sémi- naire de Bruges, en octobre 174-3. A raison de ses talents supérieurs, le sémi- nariste fut envoyé à Louvain.à la péda- gogie du Lis, en 1745. Devenu maître ès-arts en 1747, il continua ses études de théologie et obtint le grade de licencié en 1754. Dans l'intervalle, il avait passé un an au séminaire de Bruges oii, le 18 août 1751, il défendit des thèses publiques : De Sacramends in gevere, de baptismo, confirmatione et peenitentia in specie. A peine rentré de Louvain, il fut nommé secrétaire de Mgr Caimo, qui venait d'être intronisé le 80 juin 1754. Il remplit ces fonctions jusqu'à la mort du prélat (22 décembre 1775), sauf une interruption de cinq ans (août 1762, aoiàt 17H7), pendant lesquels il occupa une chaire de théologie au sémi- uaire. Pourvude la trente-et-unième prébende de Saint-Donatien (une des quatre mi- nores) le 30 décembre 175 6, il obtint la cinquième le 29 juin 1767. De Pauw jouissait de la haute estime de ses con- frères. Elu grand chantre le 30 avril 1764, il conserva cette dignité jusqu'au 24 décembre 1781, jour auquel il y renonça. Il exerça également les fonctions de secrétaire du chapitre, du 25 janvier 1779 au 6 avril 1786. Vers la fin de sa vie, Mgr Caimo avait confié les afl'aires du diocèse à son secré- taire, dont il appréciait la vertu, la science et l'habileté, et l'avait nommé vicaire général, ensemble avec Aug. van Tienevelt. Au décès de l'cvèque, les chanoines le maintinrent dans ratlmi- nistration diocésaine en choisissant, le 24 décembre 1775, comme vicaires capi- tulaircs sede vacante, MM. J.-B.de Vicq, doyen du chapitre, Aug. van Tienevelt, archidiacre, Pierre de Pauw et Pierre Siboons, archiprètre. Sous MgrBreuart(1777-1794) Pierre de Pauw continua de rendre de nombreux et précieux services, comme proviseur du séminaire, administrateur de l'otlice do choraux, etc. Le2 6 février 1788, l'évéque le nomma président du séminaire en remplacement de Pierre Siboons. Le doyen du chapitre, baron .T.-B. de Vicq, ne pouvant plus, à cause de son grand âge, présider les séances capitulaires, se fit remplacer par de Pauw. Celui ci fut l'àme de l'opposition aux empiétements de Joseph II, surtout dans la question du séminaire général de Louvain. 11 était régulièrement député par le clergé et le chapitre aux Etats de Flandre. En cette qualité, il assista à la proclamation de la déchéance de l'empereur comme comte de Flandre, qui eut lieu à (îand le 4 janvier 1790; à l'assemblée des Etats généraux à Bruxelles(7-10 janvier) où les provinces des Pays-Bas autrichiens se constituèrent en un état fédératif sous le nom A' Etatsbelgiquesntiis ; à la recon- naissance de Léopold II comme comte de Flandre età la prestation du serment, faite à Gand, le 6 juillet 1791, par les gouverneurs généraux Albert et Chris- tine. Lors de la visite que ces derniers firent à Bruges, le 5 août suivant, de Pauw fut chargé de complimenter Leurs Altesses. Trop occupé par les affaires politiques, de Pauw se démit, le 12 mars 1791, de la présidence du séminaire de Bruges. D'ailleurs, depuis le 4 octobre 1790, ses confrères l'avaient élu doyen du chapitre. Ce fut le dernier doyen de Saint-Donatien. Informés que Mgr Bre- nart était mort à Anholt le 2 6 octobre 17 94, les chanoines constituèrent vicaires capitulaires P. de Pauw, doyen, Jacques de Gryse, archidiacre, Willibrord Jooris, 727 PAUW 728 archiprêtre, et Pierre van Parys, péni- tencier (2 décembre 1794). De Pauw remplit avec sagesse et cou- rage les charges de doyen du chapitre et de vicaire capitulaire, particulière- ment lourdes pendant la tourmente de la révolution française. Lors de la pre- mière occupation de Bruges par les Français (17 novembre 1792-26 mars 1 793), de Pauw réussit à se soustraire à la persécution. Le 30 juin 1794, la ville fut de nouveau envahie par les troupes du général van Darame. Le représentant du peuple, Laurent, ayant exigé de la ville de Bruges et du Franc la somme de quatre millions de livres, à payer en cinq jours, le magistrat fixa la quote-part du clergé à deux millions. Afin d'en assurer le payement, le comité de surveillance arrêta un certain nombre de prêtres et les envoya comme otages à Lille et à Douai. De Pauw est de ceux qu'on en- ferma dans lacitadelle de Lille, le 23 jan- vier 1795. 11 fut relâché, avec ses com- pagnons de réclusion, le 1 8 février sui- vant. Presque tous les prêtres de Bruges refusèrent de prêter le serment de haine à la royauté exigé par la loi du 19 fruc- tidor an V (5 septembre 1797). Beau- coup d'entre eux furent enfermés dans l'hôpital de h\ Madeleine, le 10 mars et le 19 novembre 1798, et transférés au séminaire (le palais épiscopal d'aujour- d'hui) le 7 février 1799. Parmi les reclus se trouvait le vicaire capitulaire de Pauw . Le 6 juillet suivant, il fut mis aux arrêts, ensemble avec Jacques Lietaert, curé de Saint-Pierre-sur-la-Digue, et Charles Matthys, chanoine et vicaire capitulaire (en remplacement de van Parys, décédé), qui occupaient la même chambre. Le 8 juillet, on le traduisit devant le tri- bunal correctionnel, dont était président Guillaume Filleul; il était accusé d'avoir, dans une réponse à une lettre du curé dcThourout, A . De Busschere, prêtre as- sermenté, écrit une déclaration touchant le serment de haine réputée punissable aux yeux de la républi(|ue. Le 19 juillet, il dut comparaître de nouveau, en com- pagnie de son collègue Matthys, regardé comme complice. Le même jour on arrêta sa servante, coupable d'avoir porté la lettre de son maître. Réintégré au sémi- naire à 9 heures du soir, il fut réveillé à minuit et transféré, avec sa servante, à la maison de correction pour femmes. Filleul ayant été remplacé dans la pré- sidence du tribunal par Hennessy, de Pauw fut reconduit au séminaire le 7 janvier 1800. Il y demeura jusqu'au 4 avril suivant, jour auquel tous les prêtres reclus recouvrèrent la liberté. A la suite du concordat de 1801, l'exercice public du culte catholique, interdit depuis le 19 septembre 1797, fut rétabli dans toutes les églises de Bruges le dimanche de la Pentecôte, 6 juin 1802, Cette cérémonie se fit avec une pompe exceptionnelle, à Saint- Sauveur, la principale église de la ville depuis la démolition de la cathédrale de Saint-Donatien. De Pauw, en sa qualité d'ancien doyen , officia et prêcha un sermon français sur l'heureux événement qui mettait fin à la persécution religieuse. C'était lui aussi qui, le 3 avril 1792, avait prononce à Saint-Donatien l'oraison funèbre (le l'empereur Léopold II. Le concordat, en supprimant l'évêché de Bruges, l'avait incorporé, avec une partie de celui d'Ypres, au diocèse de Gand. Mgr Fallot de Beaumont, nouvel évêque de Gand, pour faciliter l'administration de son vaste diocèse, le divisa en trois districts, Gand, Bruges et Ypres, et le 8 juillet 1802 il confia celui de Bruges, avec le titre de vicaire général, à P. de Pauw, Le 15 du même mois, celui-ci fut nommé conseiller épiscopal, et le 21 décembre suivant il obtint une des dix prébendes du nouveau chapitre de Saint-Bavon, érigé par décret épiscopal de ce jour. Le prince Maurice de Broglie, successeur de Fallot de Beaumont sur le siège de Gand, confirma de Pauw dans ses fonctions de vicaire général, et ce fut comme tel que ce dignitaire eut des rapports avec Napoléon 1er. L'empereur et l'impératrice Marie- Louise firent leur entrée solennelle à Bruges le 18 mai 1810. Le chanoine de Pauw, en sa qualité de vicaire géné- ral, eut l'honneur de conduire les ecclé- siastiques de cette ville à l'audience 7i9 PAUWELS 730 impériale et de complimenter Leuis Ma- jestés au nom du clergé de son district. Ce fut encore lui qui, le 20 mai, jour du départ des augustes visiteurs, célébra la messe à la préfecture en présence de l'empereur et de l'impératrice. La vue de ce petit vieillard propret, sa démarche alerte et aisée en dépit de ses quatre-vingt-trois ans, son regard intellige)»t et l'à-propos de ses réponses, tout cela charma Napoléon qui le nomma chevalier de la Légion d'honneur et lui fit cadeau d'une bague de prix, en disant : • Acceptez cet anneau, M. l'abbé, il peut quelque jour vous venir à point ». La suite des événements trahit bientôt les vues de l'empereur. Celui-ci avait, de sa propre autorité et sans l'autorisation du pape, rétabli l'évêché de Bois-le-Duc, supprimé en 1662 et administré depuis lors par des vicaires apostoliques. Un décret impérial du 20 mai 1810 nomma à ce siège le chanoine de l*auw. Cet ecclésiastique n'ignorait pas que pareille nomination, contraire au droit cano- nique, était de nulle valeur, et il faut croire que celui qui s'était si vaillamment conduit dans la question du serment de fructidor n'aura pointaccepté unedignité illusoire, dont sa conscience lui prescri- vait le rejet. Il fut néanmoins forcé de se rendre à Paris. Les fatigues du voyage furent fatales au vieillard. P. de Pauw mourut à Paris, le 19 septembre 1810, et fut inhumé au cimetière de Montmartre. Son épitaphe se lit sur une pierre de marbre blanc encastrée dans le mur ex- térieur du bas-côté nord de l'église de Sainte-Croix lez-Bruges. P. de Pauw portait de (1) ... au che- vron ... accompagné de trois paons de..., deux en chef et un en pointe. Sa devise était : In cauda venenum. A.-C. DeSchrevel. Archives de l'évôché de Bruges. PACwei<« (Adrien), écrivain ecclé- siastique, vicaire auprès des Minorités de Malines, traduisit au commencement du xviie siècle le Spéculum disciplinae ad uovitios, le Deprofectu religiosorum et [i] Le blason qui décore la pierre sépulcrale n'indique pas les hachures. ' une lettre de saint Bonaventure du latin en flamand. Ces ouvrages furent publics à Anvers, en 1605, sous Ictitro : Spuujhel d&r goeder manierpti veur de Noiiitien, 1 daiis, Proff-ionghersder Minder-broedera Ordene. Met een boerkskfn van den Voord- gangh dergeestelycker persoonen ende ernen brief in-houdende XXl'^ snlighe vermatiin- ghen. Al te sacmen geschreven int Lntyn denr den heglighen Bonaventura, cardinael ende Dodoor der H. Kerrken . In Neder- landtsch over-ghesett. Anvers, Moeren- torf, 1606. A. van Keiilerghem. L'ouvrage de Pauweis cité dans l'article. - S. Dirks, Hist. des Frères mineurs, p. 1:27. PAUWEi.^ [André), plus générale- ment Pauli, graveur à l'eau-forle, né à Anvers, le 21 mars 1600, mort dans la même ville en 1 639. Nous ignorons sous quel maître travailla ce très habile re- présentant de son art. De la circonstance qu'en 1622 le premier des enfants de Pauli eut pour parrain Luc Vorsterman, Van Lerius {^Biographies d'artiutcn an- versoin) croit pouvoir induire que cet illustre graveur aurait été l'éducateur de notre artiste. La chose, d'ailleurs possible, ne repose sur aucune preuve. En réalité, c'est de Callot surtout que parait s'être inspiré Pauli; il a sa fan- taisie abondante, beaucoup de son élé- gance et n'est pas éloiguédesa dextérité de main. L'admission dumaître à lagilde de Saint-Luc d'Anvers n'eut lieu qu'en 1627 et, chose rare, sinon unique dans les annales de la corporation, les matri- cules le désignent expressément comme graveur à l'eau-forte : eiser oj byter op cooper. Doué d'un talent absolument original et d'un burin délié, il signe des planches qu'il est permis d'envi- sager comme les meilleures du genre produites dans nos provinces, celles notamment qui figurent dans le livre de Jacques de la Serre, V Entrée de la Reyne Mère du Roy très chreslien dans les villes des Pays-Bas; Anvers, imprimerie plan- tinienne, 16.32. Les réceptions à Mons, Bruxelles et Anvers, avec les centaines de figurines qui peuplent les places et les quais, font de ces estampes des mor- ceaux exquis. 1S\ PAUWELS 732 Sans être également heureux toujours, Pauli se montre artiste de sérieux mérite dans les nombreuses vignettes du Mundi Inpis lydius d'Ant. de Bourgogne, livre publié à Anvers, chez la veuve de Jean Cnobbaert, et qui fut la dernière de ses œuvres. Outre diverses réimpressions, il y eut aussi des copies de ces estampes, notamment par Jean Ulrich Krauss, à Augsbourg, jusqu'en 1712. Moins cor- rect dans les créations où les figures sont à une plus grande échelle : le Reniement de saint Pierre d'après Gérard Zeghers; V Arracheur de dents, d'après Théodore Rombouts; la Vierge et V En- fant Jéms d'après Kubens, et la copie de la fameuse eau-forte de Van Dyck, où le Titien est représenté avec sa fiJle, Pauli conserve tousses moyens dans une repré- sentation d'ensemble de la Bataille de Nordl'tngue, gravée pour le voyage du cardinal-infant, de Diego Aedo y Gallarte et tout particulièrement dans une char- mante vue de l'Ermitage de Marlagne, dédiée au jeune gouverneur-général des Pays-Bas. Entre les productions les plus intéressantes de l'œuvre du maître figu- rent la jolie pièce datée de 1625, inti- tulée : Le plaisant jeux (sic) des enfants des Pays-Ban; Het Vermaekelyck Kinder- spel van 't Nederland, publiée à Anvers chez N. Haye, et un portrait équestre du général croate Jean-Louis Isolani, d'après C. Paon. Nous mentionnons, enfin, le re- cueil : Livre de satyres et de grotesses (sic) inventé et déliniépar Pierre vanden Avant. Antv. Franciscus vanden Wyngaerde excu- dit. Le titre est signé du monogramme A. P. dont se servait d'ordinaire notre graveur. Il résulte d'un renseignement fourni à M' Van Lerius par M"' Vanden Brandeu, l'archiviste d'Anvers, qu'en l'année 1635 une somme de quatorze livres huit escalins fut octroyée à Pauli pour diverses épreuves d'un plan du siège de Louvain, dont il avait fait hom- mage à la municipalité. Nous ne con- naissons pas ladite pièce. Marié en 1621, Pauli laissa huit en- fants, dont un fils, André, peintre enlu- mineur, né en 1632, reçu à la gilde de Saint-Luc, comme fils de maître, en 1654. C'est lui, assure M"* Van Lerius, dont certains auteurs font le peintre N. ou Nicolas Pauly, dont il n'est fait men- tion dans aucune source authentique. Henri Hjmans. Th. van Lerius, Biographies d'artistes anver- sois, publiées par P. Génard, t. II (Anvers, 1881). — Sources particulières. PAW1VEI.S (Egide), architecte bra- bançon du xve siècle sur lequel on ne possède que peu de renseignements. En 144-5, il occupait le poste de maître ouvrier des maçonneries de Philippe-le- Bon dans le duché de Brabant. Ce qui est certain, c'est qu'il jouissait d'une certaine notoriété; un fait va le prouver: en l'148, l'administration communale de Louvain résolut de faire construire un nouvel Hôtel de ville. Elle en demanda les plan? à Mathieu de Layens, maître ouvrier des maçonneries de la cité. ]")ans le plan qu'il déposa, il avait utilisé toute l'abondance, toute la pompe, toute la délicatesse du style flamboyant. On trouva le travail si extraordinaire qu'on le crut irréalisable. Le conseil communal semble avoir partagé cet avis, car il résolut de soumettre le dessin à l'appréciation d'Egide Pauwels. Cet artiste se rendit à Louvain le 21 mai 1448, examina le travail de Mathieu de Layens et l'ap- prouva. Le conseil communal usa de courtoisie à l'égard du maître ouvrier du duc. n lui fit offrir, à la taverne Bloemendale , deux pintes de . vin de Beaune et la même quantité de vin du Rhin. L'artiste reçut, en outre, un Peter d'or pour frais de voyage et de séjour. La présence à Louvain de Pauwels fut fêtée par les maçons, tailleurs de pierres et autres ouvriers accourus à Louvain pour travailler à l'Hôtel de ville. Ces travailleurs s'assemblèrent et se rendirent en cortège à Bloemendale pour saluer le constructeur et lui donner une marque de sympathie. L'artiste les accueillit amicalement et les régala. La dépense monta à deux Peters. Elle fut supportée par la ville. Pauwels construisit en 1451, d'après ses plans, le local du Moulin de l'Ecluse, à Louvain. Cet édifice a cessé d'exister. H avait été reconstruit, en 1537, par Jean van Hoegaerden, d'après les plans 733 PAUWELS 73i de Louis van Bodeghem, architecte de Charles-Quint. Nous ignorons l'époque de la mort de Pauwels. Ed. Van Even, Compte de la ville de Louvain de 14-47-1448, ff. 79 et lio. — Ed. van Even, Louvain dans le passé et dans le présent, p. 561. v.hVWVKijm(Félix-C/ia)-les-Chrisiophe), architecte et ingénieur, né à Br)ixelles (rue Notre-Damo-aux-Neiges , encore presque exclusivement réservée à des ha- bitations ouvrières), le 25 juin 1820, et mort à Herbeumont (province de Luxem- bourg), le 9 octobre 1877. Nous n'avons connu personnellement cet artiste distingué qu'aux travaux d'Anvers, en 1858, c'est-à-dire à une époque où ses talents artistiques étaient en pleine maturité, et, appelé à l'honneur de rédiger sa biographie, nous crûmes nécessaire d'ouvrir une enquête près de ses contemporains, des membres encore vivants de sa famille, afin de connaître son passé artistique, le maître qui l'avait initié, ou l'établissement qu'il avait fré- quenté. Cette enquête était d'autant plus urgente que seule elle permettait d'ap- précier, dans l'œuvre de l'artiste, la part qui lui était personnelle et celle qui revenait à l'enseignement qui l'y avait préparé. Les résultats de ces recherches furent à peu près nuls, au point qu'il fallut un heureux hasard pour nous faire découvrir le lieu et la date de sa mort. La plupart de ses contemporains ont disparu ; seul l'architecte hollandais, M*" Gierling, son disciple et son collabo- rateur principal, vit encore; malheureu- sement nous apprîmes que ce témoin important, atteint d'une grave maladie, avait perdu la mémoire et s'était retiré dans sa famille, en Hollande ; il fallut renoncer à le consulter. Il nous fut dé- montré que, très modeste et peu sou- cieux de la postérité, Félix Pauwels n'avait laissé aucun écrit qui pût rensei- gner sur sa carrière. Cependant nous apprîmes par un de ses amis que l'appar- tement qu'il occupait dans sa maison, rue de Trêves, no 47, à Bruxelles, avait été religieusement conservé par ses deux filles, Melles Pauwels, dans l'état où il l'avait laissé et renfermait un meuble contenant la collection de tous les pro- jets de travaux qu'il avait exécutés. C'était une source de renseignements très précieuse à connaître. Nous nous I adressâmes à cet effet à Me'lfs Pauwels: [ elles nous remercièrent très gracieuse- I ment des bonnes intentions que nous : affirmions pour la mémoire de leur père, [ tout en nous déclarant cju'elles n'avaient I rien à nous communiquer. Vainement i nous recourûmes aux bons offices de leur cousin, M. Pauwels-Allard, pour vaincre cette résistance, inspirée par un respect filial plus exagéré que bien éclairé. l<'orce nous fut de renoncer à être renseigné de ce côté jusqu'au jour où ces documents tomberont dans le domaine public, s'ils ne sont dispersés par le hasard des héri- tages. Nous avons été ainsi réduit, pour retracer les premières années de Félix Pauwels, à procéder par intuition, en utilisant quelques rares documents et nos souvenirs personnels. Nous hésitons d'autant moins à livrer à la publicité cette partie de notre travail ([u'elle se rapporte à l'histoire fort mal connue de la renaissance industrielle qui se pro- duisit en Belgique après la révolution de 1830. Et tout en reconnaissant qu'une méthode historique, basée sur des ren- seignements verbaux, puisse entraîner à des erreurs, nous croyons qu'elle offrira une utilité à ceux qui un jour, plus heu- reux que nous, pourront peut-être rec- tifier la biographie de Pauwels, au moyen de documents précis et complets. Félix Pauwels appartenait à une fa- mille d'ouvriers d'origine wallonne (son père, Dominique Pauwels, naquit à Rosière, Brabant wallon, et sa mère, Jeanne d'Elderen, à Sterrebeek, près de Bruxelles) qui, sous le gouvernement des Pays-Bas, était venue se fixer à Bruxelles. Vers ) 830, François Pauwel.s, frère aîné de Félix, avait fondé un atelier de menuiserie et de charronnage à Mo- lenbeek-Saint-Jean, devenu un centre industriel important. L'atelier, dirigé avec beaucoup d'intelligence, prospéra rapidement, au point qu'après la mise en exploitation du chemin de fer de Bruxelles à Anvers, vers 1834, François 735 PAUWELS 736 Pauwels put agrandir son établissement et y adjoindre la fabrication du matériel des voies ferrées, à laquelle le dévelop- pement de nos railways procurait d'im- portants débouchés. Comme pour toutes les industries nouvelles qui s'établis- saient en Belgique, Fr. Pauwels fit appel à des contre-maîtres anglais pour diriger cette nouvelle fabrication encore inconnue dans notre pays; dès lors, le matériel des chemins de fer devint le buta peu près exclusif de l'industrie de Fr. Pauwels et lui fit faire rapidement une grande fortune. Parmi les hommes qui conseillèrent à Fr. Pauwels cette transformation de son industrie, il faut citer Félix Du Bois, fils d'un célèbre carrossier bruxellois, établi rue de May Boom, qui apporta à Pauwels l'expérience acquise dans les ateliers de son père dans l'art de la car- rosserie, intimement lié à la construction des wagons de voyageurs. Du Bois (voir ce nom, t. III, p. 190) avait été admis à l'école polytechniquede Paris, en 1806, où il fut l'un des meilleurs élèves de Monge, et en sortit en ISIO en qualité d'ingénieur maritime; en 1815, après la chute de l'empire, il fut admis dans l'armée des Pays-Bas avec le grade de capitaine du génie. Deux ans après, dégoûté de la vie militaire, il donna sa démission pour se livrer à l'étude des sciences et à l'instruction publique. Du Bois mourut dans les fonctions d'exa- minateur permanent à l'école militaire de Bruxelles. En 1825, le baron Charles Dupin avait fondé à Paris une association d'an- ciens élèves de l'école polytechnique et de savants, destinée à faire des confé- rences gratuites aux ouvriers dans tous les quartiers de Paris, dans un but de vulgarisation de la science, et adonner des cours élémentaires sur la technologie des divers métiers. Cette association, qui prit le nom iV Association philotechnique ou Société des arts, fonctionne encore au- jourd'hui avec grand succès. Du Bois rêvait la création d'une association sem- blable en Belgique ; il y rencontra de grandes difficultés, d'abord à cause du manque de professeurs capables et désin- téressés, et surtout à cause de la nécessité de doubler le personnel enseignant d'une école où les besoins de nos classes ou- vrières obligeaient de créer un enseigne- ment bilingue. L'extension donnée par Pauw(ds à son industrie lui fournit l'oc- casion d'en tenter l'expérience vers 1836. L'appel fait par l'intelligent industriel à des contre-maîtres anglais, largement rémunérés, engendrait la jalousie des ou- vriers belges qui, tous les jours, s'exci- taient à la révolte. Du Bois fit comprendre à Pauwels l'urgence de créer une école ouvrière, afin de préparer un nombre suffisant d'ouvriers nationaux à suppléer aux Anglais. Pauwels se rendit à son avis et fit construire dans son établisse- ment un local d'école, renfermant des salles d'étude et de conférences où tous ses ouvriers étaient admis gratuitement en dehors des heures de travail, ainsi qu'une bibliothèque d'ouvrages d'un caractère pratique qu'ils étaient autori- sés à consulter. Du Bois traça lui-même le programme de l'enseignement qui, indépendamment des séances de vulga- risation, comprenait, dans ses parties essentielles, le dessin et la géométrie descriptive de Monge appliquée à la charpente, à la menuiserie, à la carros- serie et aux travaux des métaux. Des professeurs furent désignés parmi les ingénieurs, auxquels vinrent s'adjoindre divers savants de passage, ainsi que Du Bois \m-mème. L'Illustration Jran- ^ çaise du 15 novembre 1851 nous a conservé les plans de cet établissement dont la création largement libérale fit grand bruit dans le monde scientifique. Elle exerça une sérieuse influence sur la carrière du jeune Félix Pauwels, frère puîné du propriétaire des établissements de Molenbeek. Après avoir achevé ses études pri- maires, Félix Pauwels entra comme apprenti dans l'atelier de son frère aîné et, comme me le disait un de ses pa- rents, « commença sa carrière en ma- u niant la scie et le rabot ». Très laborieux, tout en s'eflforçant d'acquérir la pratique manuelle de son métier, il suivait les cours de V école ouvrière fondée dans l'établissement, pour se perfection- m PAUWELS 738 ner dans l'art du dessin et acquérir les connaissances techniques de la rharpen- terie. 11 est remarquable de constater que sur tous les plans de construction qu'il projeta dans la suite, après avoir tracé à grandes lignes l'ensemble du tra- vail à exécuter, il ne manqua jamais d'y joindre l'épure des détails à grande échelle des travaux de menuiserie, établis de la manière la plus claire et avec une entente parfaite de l'emploi des maté- riaux. Pour l'observateur attentif, ces détails apparaissent comme le cachet de l'établissement dans lequel il commença sa carrière. Ils sont traités avec un tel soin qu'un entrepreneur, travaillant sous ses ordres, nous disait qu'il sullisait de mettre les plans dresses parFélix Pauwels entre les mains de ses ouvriers, pour qu'ils fussent exécutes de la manière la plus parfaite. A l'époque où François Pauwels créait son important atelier de cumtruction du matériel des chemins de fer , un autre éta- blissement, non moins important mais d'un caractère très différent, fut fondé à Molenbeek, qui semble avoir exercé une influence non moins importante sur le caractère de Félix Pauwels. L'étude des sciences, après avoir brillé d'un vif éclat en Belgique au xvie siècle, était tombée dans un profond marasme sous les dominations étrangères ([ue subit notre pays et surtout sous l'influence centralisatrice de l'empire français qui tendait à attirer à Paris les hommes les plus distingués de la nation. Beaucoup de bons esprits, tels que Félix Du Bois, à l'époque de la création du gouverne- ment indépendant des Pays-Bas, com- prirent la nécessité de faire renaître l'enseignement de la science par sa vulgarisation dans les masses populaires. Philippe et François Vanderraaelen, de Bruxelles, possesseurs d'une grande fortune, résolurent de la consacrer au progrès scientifique de la Néerlande. Philippe (né à Bruxelles en 1795. Voir ce nom, t. XllI, p. 49), dès sa jeunesse, s'était épris de l'élude de la géographie. Initié aux travaux de Senefelder, l'in- venteur de la gravure sur pierre appli- quée à la gravure des cartes et substituée BIOGR. NAT. — T. XVI. à la gravure sur cuivre très coûteuse, il conçut la pensée de cn-er un étahUsKement (jtnyraphique et de propager la connais- sance de la géographie dans la population et les écoles au moyen de cartes vendues à un prix très modique. Cette création fut faite, à Molenbeek, par les deux frères, dans une propriété (ancienne blanchisserie) acquise par leur père. Une importan te bibliothè(| ne, renfermant tous les actes et récits de voyages, tant anciens que modernes, fut adjointe à cet établissement. Comme Ortelius l'avait fait autrefois à Anvers, Philippe Vander- maelen y dirigeait un important bureau de dessinateurs de cartes, chargés de compléter les cartes anciennes, d'y ajou- ter et rectifier tous les détails des décou- vertes modernes au moyen des rensei- gnements recueillis dans les histoires des voyages, à cette époque fort mal connus; le travail était ensuite livré à l'impression lithographique. Passionnés pour les sciences, les deux frères réu- nirent en même temps d'importantes collections d'instruments, de curiosités naturelles et historiques qui bientôt constituèrent un verital)Je musiie des arts, généreusement ouvert à la curiosité du public. La première grande publication fut un Atlas de géographie universelle, conçu par Philippe Vandermaelen sur les plans les plus larges. Aux cartes physiques et politiques de chaque pays avaient été joints des statistiques et des tracés graphiques propres à faire con- naître les richesses animales, végétales, minérales de chaque contrée, rattachées entre elles par la géographie scientifique et la cosmographie céleste. (François Vandermaelen s'occupait spécialement de la botanique et de la culture des plantes dans les serres établies à Mo- lenbeek, tout en continuant l'industrie paternellej. C'était en résumé, la voie ouverte à toutes les sciences. Vers 1830, soit que le programme de l'établissement géographique de Bruxelles, avec son caractère international, eut été jugé trop vaste pour un établissement privé, soit qu'il n'eut pas répondu aux espérances financières de son créateur et que la crainte de la séparation de la Belgique 739 PAUWELS 740 et de la Hollande lui ait fait entrevoir la perte d'une partie du marché sur lequel il avait son principal débit, Philippe Vandermaelen résolut de réduire son établissement spécialement à l'étude de la géographie nationale. Des arpen- teurs furent envoyés à ses frais dans toutes les provinces pour rectifier et compléter la carte de Ferraris, publiée en 1780, la plus complète q-ue l'on pos- sédât du pays ; ils avaient pour mission de recueillir des échantillons de toutes les productions du pays, aussi bien dans le règne animal que dans le règne végétal et ie règne minéral, qui devaient complé- ter ces collections et qui, soigneusement classés par de jeunes savants appelés dans l'établissement, seraient utilisés à confectionner des cartes particulières complétant l'atlas politique et physique. Telle fut, par exemple, l'origine de la belle Carte géologique de Belgique, de André Dumont, commencée en 1849. Ces investigations s'étendirent dans les domaines les plus vastes, l'archéologie, l'architecture. Dans ces travaux, Phi- lippe Vandermaelen ne perdit jamais de vue sou but principal : la vulgarisation de la science. Des laboratoires, des salles de dessin furent créés pour opérer la clas- sification des matériaux recueillis; géné- reusement mis à la disposition des savants attaches à l'établissement, ils facili- tèrent leurs études personnelles. Avec leur concours, des cours gratuits furent ouverts à toutes les classes de la société et peu à peu l'établissement industriel se transforma en éiule normale libre, d'où sortirent les savants les plus distingués des premières années de notre indépen- dance nationale. Parmi les professeurs de cette école, nous retrouvons encore Félix Du Bois, contemporain et ami des frères Vandermaelen. 11 paraît hors de doute que Félix Pauwels, tout en restant attache à l'ate- lier de son frère, compléta ses études dans cette espèce d'unirerailé ouvrière, qu'il y perfectionna son (aient de dessi- nateur et y fit son apprentissage d'ar- chitecte, en étudiant les travaux des grands maîtres que lui fournissait la belle bibliothèque de l'établissement. Grâce aux collections géologiques mises à sa disposition, il y acquit la connais- sance étenduedes matériauxde construc- tion produits par notre pays ; cette con- naissance approfondie fut plus tard l'un des caractères de l'architecte et de l'in- génieur. On sait qu'en 1836, de concert avec l'ingénieur Le Hardi de Beaulieu, l'in- génieur Félix Du Bois présenta au pu- blic un projet d'extension de la ville de Bruxelles par le prolongement de la rue de la Loi au travers de la vallée des étangs d'ixelles, qui devint dans la suite le quartier Léupold et dont les plans furent gravés dans l'établissement de Vandermaelen. 11 est certain que Pauwels eut connaissance de ces plans, si même il ne concourut à l'exécution de ce pro- jet. Nous avons appris par le général Brialmont qu'il proposa de compléter la création du quartier Léopold par une promenade partant de la porte de JSamur et aboutissant au bois de la Cambre. La route, tout en épousant la forme du ter- rain (aujourd'hui couvert des construc- tions importantes du quartier d'Ixellesj, se prolongeaiten longeantlesnombreuses guinguettes de la vallée. du Malbeek, rendez-vous favori de la population de Bruxelles, et ménageait le caractère pit- toresque du site. Ce projeta donné nais- sance à celui, plus vaste mais moins pittoresque , de l'avenue Louise. Le dessin de Félix Pauwels, très intéressant au point de vue de l'histoire de Bruxelles, paraît perdu; espérons qu'il se retrouvera dans la collection de dessins conservée rue de Trêves. Vers 1850, tout en continuant ses fonctions dans l'atelier de construction de son frère, à Molenbeek, Pauwels résolut de se créer une industrie person- nelle en ouvrant un bureau d'architecte. Parmi les premières constructions con- fiées à la direction de l'architecte Félix Pauwels, nous citerons l'hôtel du marquis de J{hodes (coin de la rue de la Loi et de la rue de bpa, n° 2), de la comtesse de ûpangen (coin de la rue de la Loi et de la rue des Deux-Eglises, n" 2), de M"" Eugène (lodin (rue de la Loi, \ï° &6), de M' d'Hane de Steenhuyse (place de r4i PAUWELS 74-i l'Industrie), et sa propre maison (rue de Trêves, no47). — Le type d'architecture adopté par P'élix Pauwels, à peu près uniforme, avait un caractère tout per- sonnel : Pauwels était grand et fort et ses formes massives faisaient constrasie avec l'exquise simplicité et la modestie de son caractère. De forts soubassements en pierres de taille de gros échantillons, taillées à la pointe ou à la boucharde, donnent à ses façades un aspect de force. La superstructure de ses façades en briques ou en pierres de taille (dont on lui a reproché de faire abus) est d'une grande simplicité et toute son élégance s'obtient par une remarquable harmonie des ligues dessinées pour les fenêtres et des cordons de pierres de taille destines à eu accroître l'eflet ; les détails d'orne- mentation toujours fragiles en sont abso- lument exclus, ksous bien des rapports, Pauwels semble avoir adopté pour mo- dèle le beau palais Pitti de Florence (construit en 1440 par Philippe Bru- nelleschi). La distribution intérieure des corridors, escaliers, salons, appartements privés, très habilement conçue, présente une grande majesté de formes, sans exi- ger le concours d'aucun ornement. Chose digne de remarque, le talent de l'ouvrier apparaît à côté de celui de l'architecte, dans une grande ingéniosité à utiliser tous les recoins pour arriver au grand confort de nos habitations modernes : placementde tuyaux, de conduites d'eau, de gaz, ventilation, etc., sans altérer la pureté des lignes de l'architecture. L'année 1859 mit en relief les remar- quables talents de Félix Pauwels comme ingénieur. Après de longues études, le gouvernement belge s'était décidé à transformer le système défensif de la Belgique par la construction <à Anvers, d'une vaste place de refuge, substituée à l'ancienne place de Charles-Quint, dont les formes resserrées étaient deve- nues une entrave au développement de notre métropole commerciale. Un plan conçu d'après un système nouveau, en utilisant les progrès de l'art défensif réalisés au siège de riébastopol, avait été établi dans le cabinet du général baron Chazal, ministre de la guerre, par le | capitaine Alexis Brialmont, le plus re- nianiuable des élèves de notre jeune école militaire. Les travaux nouveaux, enceinte et forts détachés, devaient s'étendre dans un cercle considérable de 7 1/2 kilomètres autour de la cathé- drale d'Anvers. ].,a dépense in ylobo avait été estimée à 48.985.000 francs, dont 10 millions devaient être rembour- sés par la ville d'Anvers comme prix de la cession de l'ancienne fortification destinée à la démolition. Ce vaste |)ro- jet fut présenté au Parlement et défendu avec élo(|uence par le ministre de la guerre. Il fut voté par la Chambre des représentants le 3 août 1859, et par le Sénat, le 16 septembre suivant. Les circonstances politiques que traversait notre pays, imposaient la prompte exé- cution des travaux ; ils furent mis en adjudication le 30 novembre 1859, en un seul lot, à bordereau de prix, avec un terme d'exécution réduit à quatre ans, durée minimum estimée nécessaire pour terminer chacun des ouvrages de la nouvelle place forte. A cette époque, l'atelier de construc- tion du matériel des chemins de fer fondé à Molenbeek par François Pauwels, après avoir produit une belle fortune à son fondateur, était menacé d'accalmie par l'achèvement à peu près complet de notre réseau des voies ferrées. 11 résolut de le transformer en société anonyme pour augmenter son capital et concourir à tous les travaux publics. Les premiers administrateurs de la Société anonyme du matériel des chemins de fer furent Fran- çois Pauwels, Joseph Dupré, ancien ingénieur en chef des Ponts et Chaus- sées, et Félix Pauwels, spécialement chargé de la direction des travaux. La société soumissionna et le 30 novembre les travaux d'Anvers lui furent adjuges. Dès la fin de 1859, la brigade topo- graphique du génie avait été chargée de jalonner le terrain afin de préparer le travail d'expropriation et de dresser le devis global de la dépense. Les travaux nouveaux furent partagés en deux groupes : V enceinte et le camp retranché ; la direction des travaux de l'enceinte formant cinq sections fut confiée au colo- 743 PAUWELS 744 Hcl Poswick, commandant du génie d'Anvers, et celle des huit forts du camp retranché au lieutenant-colonel Chauchet (appelé, en 1861, au com- mandement général des deux groupes). Une commission composée du colonel Lagrange du génie, du lieutenant-colo- nel Neuens de l'artillerie et du (capitaine Brialmont fut envoyée en Allemagne pour s'enquérir des progrès nouveaux accomplis dans la fortification et l'artil- lerie. Tout avait été si bien préparé que dès les premiers jours de l'année 1860, il fut possible de rassembler à Anvers un état-major de cinquante officiers du génie appelés à participer aux travaux exceptionnels qui allaient s'exécuter, afin de préparer les projets de détails de leurs sections, sur les types généraux adoptés par le ministère de la guerre, de manière à mettre la main à l'œuvre sans délai. A ce travail très absor- bant, exécuté à la fois dans le cabinet et sur un sol encore très insalubre à cette époque, par défaut de drainage, se joignait, pour les officiers du génie, celui de former des écoles de maçons et de terrassiers, recrutés dans l'infanterie et destinés à prévenir toute suspension de travail par les grèves des ouvriers civils. IjCS ouvriers auxiliaires d'infanterie furent formés en compagnie provisoire. Cette compagnie d' Anvers (/e ] 860 restera glorieuse pour le corps du génie belge, très peu préparé à d'aussi vastes tra- vaux; elle est très comparable à une cam- pagne de guerre, si l'on remarque que, pendant les cinq années environ de sa durée, le génie y perdit plus de 20 p. c. de ses officiers, autant par l'insalubrité du sol, les fatigues, que par d'autres accidents. Ce court aperçu sur la cam- pagne d'Anvers était nécessaire pour comprendre toute l'importance acquise par Félix Pauwels comme deléyné de l'entreprise, c'est-à-dire dans un rôle généralement fort secondaire (1). (\) Il doit Être permis au dernier survivant des chefs de section du génie de lappeier les noms déjà fort oubliés de ses camaraiies de celle époque comme un hommage à leur mémoire. Euceinte. i'» section (citadelle du nord),capitneDe Keuwer. Les préparatifs des travaux de la Compagnie -entrepreneur , dirigés par son délégué général Félix Pauwels, riva- lisèrent d'activité avec ceux du génie militaire ; ils n'avaient pas une moindre importance. Pour assurer la régularité des approvisionnements dans les treize sections de travaux, il fallait créer un grand réseau de chemins de fer pour apporter, des principales stations de l'Etat, la pierre de taille, les briques, la chaux, le sable, les ciments et autres matériaux à mettre en œuvre; dans chaque section il fallait créer un chan- tier principal, avec bureau pour l'ad- ministration, magasins de tout genre, une importante baraque à mortier avec broyeur perfectionné mû par une ma- chine à vapeur, quelquefois des machines à vapeur pour épuisement des eaux. En outre, l'entrepreneur était tenu de fournir aux officiers du génie des pavil- lons pour leur logement et leurs bu- reaux, des camps baraqués pour le logement des troupes employées comme ouvriers auxiliaires. Enfin, pour préve- nir le renchérissement des matériaux par la coalition des fournisseurs, qui eût rendu l'entreprise désastreuse, il fallait ouvrir et créer, sur divers points du pays, des carrières nouvelles, des fours à chaux. On se fera une idée de l'importance de cette organisation, en rappelant que déjà au printemps de 1861 les travaux étaient en pleine activité sur tous les points avec un per- sonnel de treize raille ouvriers, sans compter cinq mille ouvriers employés dans les carrières et briqueteries nou- velles. A ce chiffre venaient se joindre six mille ouvriers d'infanterie comman- dés par trente-cinq officiers d'infanterie. 2e section (fronts -1-2-3), capitaine F. Ablay. 3e section (ironts 3-4-o;, capitaine Duweiz. 4e section (fronts 5-6-7), capitaine CareUo, nommé major et remplacé par le capitaine Casterman. oe section (fionls 7-8-à), capitaine Rousseau. Camp retranche. Fort n" i, capitaine G. Crets. Fort n» 2, capitaine en i^ Langhans. Fort no 3, capitaine en 2'' Gratry. Fo)-t no 4, capitaine Cocheteux. Fort no î), capilaine Bralion Fort H» G, capilaine Devillers. Fort n" 7, capilaine Mockel. Fort n» 8, capitaine en 211 Wauwermans. 745 PAUWELS 746 On avait construit soixante-quinze kilo- mètres de voies ferrées desservies par sept cents wa2:ons de transport et sept loconaotives. Dans cette vaste organisa- tion, Félix Pauwels déploya non seule- ment le talent d'un imjénieur organisa- teur de premier ordre, mais encore il rendit d'aussi grands services à l'Etat qu'à la Compagnie-entrepreneur. Les grands travaux d'Anvers avaient été accueillis avec enthousiasme par le com- merce d'Anvers dont ils devaient faci- liter le développement ; il n'en fut malheureusement pas de même des pro- priétaires suburbains qui, troublés dans la libre possession de leurs biens par une énorme population ouvrière tout à coup rassemblée, par la création de voies ferrées provisoires qui fermaient beaucoup de voies de transports maraî- chères, jalousaient les bénéfices considé- rables réalisés par la vente des terrains incorporés à la ville. Beaucoup de con- flits menaçaient les travaux que Félix Pauwels sut habilement éviter par l'aménité et la loyauté de ses rapports avec les administrations communales plus ou moins lésées. Sa loyauté vis- à-vis du génie militaire contribua aussi à établir entre les deux administrations une entente parfaite et à éviter les con- flits qui, trop souvent, naissent entre l'ingénieur et l'entrepreneur. On vit de jeunes officiers du génie inexpérimentés recourir à l'obligeance de Félix Pauwels pour les aider à résoudre quelque pro- blème difficile ; il s'y prétait avec une extrême complaisance et lorsque le jeune ingénieur, loué par ses chefs naturels de l'innovation qu'il avait adoptée, se fai- sait un devoir d'en rapporter le mérite à Pauwels, celui-ci se dérobait avec un rare désintéressement pour laisser tout le mérite à l'auteur responsable. Pauwels avait un grand prestige vis-à-vis de l'armée d'ouvriers qu'il commandait. Son expérience pratique et sa qualité d'ancien ouvrier, qu'il était loin de re- nier, réussirent constamment à prévenir les difficultés ou à les résoudre avec jus- tice; très rares furent les occasions où il fallut recourir à des mesures de rigueur. Les travaux d'Anvers donnèrent non seulement à Félix Pauwels roccasion de déployer ses talpntsd'/«/7 S. M. le Koi avait nommé Félix Pau- wels chevalier et officier de son ordre aux travaux d'Anvers. Lieul. -général Wtuwermini. Le Moniteur belqe de -1877, p. 3d81. — Van Bemrael, La Belgique illiutrée fart, sur la dé- 751 PAUWELS 752 fense d'Anvers, par le général Brialmont). — L'Illustration \française). année ■ISSa (art. la cité ouvrière de F. Pauwels, à Moienbeek). — F. Du Bois, Agrandissements et embellissements de Biitxelles (48io). — Id., Géométrie descrip- tive (le Montje et les Arts graphiques, 1834. — Gobert, Le Palais de Liège, sounenirs histori- ques. — Souvenirs personnels et renseignements divers. PAVWeLfi i»E VIS (Jean), juriscon- sulte, philanthrope, né à Bruxelles, le 27 noveraljre 1790, mort dans cette ville, le 13 avril 1857. Reçu licencié en droit le 2 février 1811, il se fit inscrire, âgé de vingt ans à peine, comme avocat près la cour impériale du département de la Dyle, laquelle devint dans la suite la cour d'appel de Bruxelles. Il pratiqua avec éclat au barreau de cette ville pen- dant près d'un demi-siècle, période in- terrompue par un intervalle de quelques années passées dans la magistrature. Homme du monde, plein de goût, Pau- wrels de Vis fut en relations avec toutes les personnes de son époque qui portaient un nom dans la politique, l'industrie et les arts. Il continua à grouper l'élite de la population belge sous le nom de Société royale pour l'encouragement des arts et de l'industrie, société dont il devint le président -fondateur. Aussi généreux que savant, il constitua, dans le but de soulager la misère, la Société de philanthropie placée sous le haut patronage du roi, et dont les membres lui offrirent la présidence en reconnais- sance de ses services érainents. Ce fut encore au profit des institutions de bien- faisance de sa ville natale qu'il fit son excellent dictionnaire biographique dédié à S. M. Léopold 1er. Cet homme de cœur, membre de plusieurs sociétés savantes, mourut à Bruxelles le 13 avril 1857- Il laisse les ouvrages suivants : 1 . Mé- moire sur la question -. Si l'usage de vendre des immeubles avec bénéfice de paumées et d'enchères enlève aux créanciers inscrits une partie du prix de vente. Bruxelles, 1820; in-4o. — 2. Journal analytique de jurisprudence adoptée par les cours de cassation et d'appel de France et des Pays- Bas. Bruxelles, Demanet, 1821-1823; 5 vol. in-8°. Seconde édition en 1824, chez le même éditeur. — 3. Notata over de costumen van Brabant. Bruxelles, 1 824; in-1 2 (anonyme). — 4. Album de bienfaisance. Bruxelles, 1826; in-24. — 5. Observations adressées au roi des Belges, sur quelques points de législation criminelle. Bruxelles, 1834; in-4°. — 6. Dictionnaire biographique des Belges, hommes et jemmes, morts et vivants, qui se sont fait remarquer, etc., depuis les temps les plus reculés jusqu à nos jours, suivi d'une notice sur diverses puissances de V Europe avec la chronologie de leurs souverains. Bruxelles, Perichon, 1843; in-8'', viii-283 pages. Lou's Tiererteyn. Bibliographie nationale, t. Ill, p. 97. - Picard et Lancier, Bibliographie du droit belge, p. o88. — Almanach impérial et royal. PAC^f^ELS {J ean- Antoine- François) , littérateur et poète flamand, était fils de Gaspar-AntoinePauvvels et de sa seconde femme Marie-Madeleine-Jacqueline De- bruyn. Il naquit à Anvers dans une maison du Canal au Beurre, le 10 octobre 1747, et fut baptisé le même jour dans l'église cathédrale. Ses parents, qui le destinaient à l'état ecclésiastique, lui firent faire ses études chez les Jésuites d'Anvers. Mais les goûts du jeune Pauwels ne le portaient nullement vers la vocation religieuse ; à seize ans, il quitta le collège et rentra sous le toit ])aterriel où il compléta son instruction par des études historiques et littéraires. Dès lors déjà il montrait des dispositions spéciales pour la poésie et profitait de toutes les occasions pour composer de petites pièces de vers de circonstance. C'est en 1769, à l'âge de vingt-deux ans, qu'il publia son premier ouvrage : De verkeerde wereld. Mais bientôt ses productions se multiplièrent et peu d'écrivains peuvent lui être com- parés sous le rapport de la fécondité littéraire. Il composa des ouvrages sur une foule de sujets religieux ou moraux; il s'occupa à maintes reprises du passé de sa ville natale. Pas un événement de quelque importance ne se passait à An- vers sans que Pauwels le célébrât dans ses vers. Pour les jubilés, les mariages, les fêtes de famille, on avait toujours recours au talent de celui que le peuple ne désignait que sous le nom de denpoeet 753 PAUWELS 754 Fauwels. Il écrivait indifféremment en latin ou en flamand. Pendant la période si troublée de la révolution brabançonne, il mit sa plume au service des partisans de vander Noot et Vnn Eupen. En 1819, il célébra avec éclat le cinquantième an- niversaire de son entrée dans la carrière littéraire. Possédant une jolie fortune, il fut exempt des soucis de la vie et put se consacrer à ses goûts et à ses études. Admirateur intransigeant des choses du passé, il ne sut jamais se décider à suivre les fantaisies de la mode, et jusqu'à la fin de sa vie on le vit déambuler à travers les rues de la ville, portant le cos- tume de l'époque de Marie-Thérèse : la perruque à catogan, le long manteau gris à collets, le tricorne, les culottes courtes, les souliers à boucle et le légen- daire parapluie vert qui ne le quittait jamais. 11 mourut le 7 mars 1823 dans la maison qu'il habitait depuis plus de trente ans, au pont de Meir, et qui portait autrefois pour enseigne le nom de Roome. 11 fut enterré dans le cime- tière de l'église de Saint-Willebrord et sur sa tombe fut placée l'inscription sui- vante qui avait été composée par F. van Cannart d'Hamale : nEO VERO ET vivo L'LTIM/EQUE MEMORI.« JOAN. AM. FKANCISCI PAUWELS. AKTVERPIE.NSIS QUI MULTA SOLUTA ORATIONE ET VERSIBL'S PIE SCRIPSIT. OBDT 8 MARTII 18!2c) AET'i 75 ANNORUM ERAM QUOD ES, ERIS OL'OD SUM QUI IN NOVISSIMO DIE DE TERRA SURRECTURUS SUM ET IN CAKNE MEA VIDEBO DEUH HEUH R. I. P. J.-A.-F. Pauwels testa le 6 février 1793, par-devant le notaire Van Yerschot à Anvers. Il stipula que les revenus de sa maison du pont de Meir devaient être affectés, après sa mort, à une fondation dont les bénéficiaires devaient prêcher en latin aux sept fêtes de l'année, soit dans l'église Saint-Charles, soit dans la sodalité des Jésuites. Pour assurer l'exécution de cette fondation, il légua sa maison au bureau de bienfaisance avec mission de distribuer aux pauvres l'ex- cédent des revenus. Ce sermon latin ne fut proche que deux fois et, dès le 10 mai 1824., en vertu d'une décision du princ»> de Méan, archevêque de Malines, il fnt permis nu prédicateur de substituer au latin le français ou le flamand. L'œuvre du poète Pauwels est considé- rable. Sans détailler les pièces fugitives, fort nombreuses mais peu importantes, voici la liste chronologique des ouvrages qu'il fit imprimer : 1 7 fi9 . De verkeerde toereld tôt h et goed aengewackeri . 1770. Jubilé vnn t'heylig iacrament van mirakel te Brussel . — Titha jubilcpi sire npplausus publictis quo... miraculosae hostiae per odaginta lustra... Bruxellis adoratae decornntnr . Deleclns epigram- matum . . . 1771. Jubilé vanden zegevprael van Lépanten. 1772. Nauwkeurige tydts rekeninge ofte onderzoek van Jupiter de twaelf maenden ondervrafcjeiide... — Delectiis epigramma- tnm... liber secundus. — Carmen panegy- ricum révérend issimo. . . Marcello de Fos. . . — Het lot van aile stervelingen de doud. . . — Berigt van constig gemaecKte sneeuwe beelden... — Antverpià succinente musa applaudens reverendissimo... Govardo Ge- rardo van Â'ersel... 1773. Lofschrift ter gelukkiger geheu- genesse van f dri/hondeert jaerig jubilé der instellinge van de confrérie tau Maria, in de cathédrale tôt Antwerpen... — Laus virtutiis doclrinaeque merces eximio... Carolo Kerckelbout... — Lof bazuyu uyt- gegalmt door de negen godt minnende musen... — Kort berigt van een nogt in druk gegeven werk. . . 1774. Glansch en verheventheyd des weerdig priesterschap... — Dolor in lae- titiam plausitun couvents... — Pessimo- rum pessimum et opti norutn optimum sive linguae vitia et remédia... — De heden- daegsche lang touge afgebeeldin tuelf zinne I beelden... — De noodzakelyke wed gcre- ! geldkeyd der tonge. . . — Inscriptio novo- \ rum operum triplex : de Deo patiente, de \ Firgine gloriosa, de sanctin ordinum fiin- datoribus j 1775. MarcelluH de Vos... — Klaer I blinckeude licht oft het leven... van den 755 PÂUWELS 756 heylighen Pumolâtis. . . — Zofredens aen de alderheyligste maegd Maria... — Elogia lientissimne Firyinis matri Mnriae attrt- buta... — Passio, mors et remrrectio domini nostri Jesu Christi. .. — Uet lydcn , de dood en vereyssenisse ons îieere Jesu Christi... — Fama heJgica carminé ebucci- nans wecliniensinm gaudia.. . 177 fi. Uet vergif der zeden ofte liet nadeel der kwaede hoeken ... — Ecloga sive carmenpnstoritium ... — Jacolo Wellens. . . — Zedige kortheyd ofte korte zedelessen.. . — Jlgemyn jubilé tôt de geheelecatholyke weireld. . . — Zeldzaeme doch openhartige snmenspraek tusschen de somer en den wintcr... — De fackel vnn liet voner gelooj of liet 1er en r'on den hei/ligen Norbertus... — Verzamelingderbezonderstechronica .. tôt Antwerpen gezien... ter gelengentlieyd van den intrederan Jacob'is Wellens... — Den zegenprael van Antwerpen veel ge- lucks biedende aen Itaeren... bisscliop Jacobns Wellens.. . 1777. lie bedroevene zeden — Jlet vergif der zeden... (2e édit.) — Sancti fundafores religiosornm ordinum... — De gelukznlige fondateurs der religieuse orden.. — Carmen panenyricum in lau- demMariœ Theresiœ...— Pessimorvmpes- simum et optirnorum optimnm...{2^éà\i.) — Nauwkeurige rekening. 1778. Sertum honoris in lilio virgini- talis,rosa maternitatis, heliotropro gloriœ connexum... — Demonstratio solemnitatis festo S. Joanuis Nepomuceni... Antver- pitje in ecclesia D. Walburgis... — Lof- schrift van 0. L. V. cathédrale Kerk. — liechtveerdig klagt dicht... gedaen aen den uytvinder van den drank, Bacrhus... 1779. Ferheffinge van het broeder- schap van den Roozenkrans...in f kasteel van Aydwerpen.. . — Beschryving der stad Antwerpen... — De loterye van de on- standvaslige wereld... ■ — Vyf en twentig rerscheyde en uytgeleze vrvgten der ael- moesse. . . 1780. Veertig verscheyde nieuwjaers giflen... — Ode futiebris in laudem prin- ripis Caroli Ale.randri . . . — Ode panegy- rica in obitum Mariœ Theresiœ... 1781. Vlergalmende. trompet over de inhaelinge van Maria Christ ina en Albertus Casimirus.. . — Applausvs anni sacerdotii (fuinquagesimi factvs... — Marcello de Vos... — Carmen gratulatorium... Gui- lielmo Rosa. 1782. Het lot van aile stervelingen... (2e édit.) — Den mensch ofte redelyke schepsel ... 1783. Den loaeren spiegel van oodmoe- diqheyd of hèt leven van... Benedictus Labre. . . 1784. De eerste der zeven hoofdzonden , de hooverdigJipyd... — Lacrymae Tityri ad tumulum Corydonis... — Applausus promeritus sincero corde exhibitus... Jo- sepho Tourbe. . . — Elogium . . . Jacobi Wellens. 1785. De ttoeede der zeven hoofdzonden , de gierigheyd. . . — Pyramis œternœ me- moriœ Alexandro Farvesio... — Beschry- vinge v-au derermnerde rivière de Srhelde. . . — Nedelyke christeh/ke aenmerkingen be- trel'kelyk op den norlog. 1786. De derde der zeven hoofdzonden, de onkuysl}<^yd . . . — Lofdicht aen.. . Maxi- miel Paternoster. 1787. Het bloejiende nederlandsche staet. .. — De vierde der zeven hoofdzonden , den nyd... — Ode gratulatoria de restau- ratioue Belgii Austriaci concordia .. — Herdersprake over de herstelde rust ... — Ecloga de restaurât ione Belgii Austriaci.. . — Kort berigt van een nieuw toerk : het vermnekelyk gezelschap... — De vyf de der zeven hoofdzonden, de gulzigheyd... 1788. Vertoog der vmter goden en godinnen met den ysgang van onze revier. . . — Beknopte chronologie of jaer lyste dat de rivière de Srhelde vastgevrozen gelegen lieeft... — Den zeven koppigen draek Hy- dradoor denvromen UercuUs overvallen... — De zesde der zeven hoofdzonden, de r/ramschap... — De zevenste der zeven hoofdzonden, de trnegheyd... 1789. Nau7okeurige beschryving vanden slag voorgevallen hy Turnhout... — Het herboyende Nederland. .. — De tv)ee eerste jaergetyden Lente en Somer in haeren ey- gendom verbeeld... 1 790. Kinderlyken eerbied hetoezen aen de yverzwhtigen... verlosser van het kwy- nende vaderland. — Aen den heer H. C. vnnder Noot en den Z. E. heer van Eupen. . . ConsuUissimo celeberrimoque viro H. van- der Noot... — Plegtige lyLitatie gehoude 7S7 PAUWELS lr>A in de Kfr^- der Minnehroeders^ binnen Anttrerpen . . . — Plegti^en toestel :uUende verrit/t en uvtçevaert wnrden dnnr een merlceJifk aentnl vnn ieverige dienat mneg- den binnen A*itwerpen... — Prot-l friin zuUende rerript worden dnor en vrtpndelifk gezeltchap tan raderlands lier end e rrou- ven... — Maeqden crans uytgevrocht ran horgelyl-ejoiiifrouicen ter eere van Henricus vander Noot .. — Gedenk teel-en van dankbaerheyd aen de mor'der vnn hermlier- tigheyd... — Befjiv en eynde der reqerivge van Josephus den II. . . — Veelgelukicetiacli aen H. vander Noot. — Lofkrans op den naemdag van H. rander Noot... — Eer- krans voor P. Fan Eupen... — De iioee volgende jaergetyden herft en teinter in haeren eygendom rerbeeld... — LykdicTit op het afsterven van . . . Bened ictus Neefs. . . -- Praeltreyn, aenspraeken , van patrio- tique giften van meyxsen... — Ti'sxera gratifudinis Ma tri miserinordifp postqiwn ajjîicto Belgio opem praesenfistimarn. tu- lisset... — Solemnele misse van danlbaer- heyd van vegeyis de eendragtige vaderlan- ders — Kortbondige beschryvinge van het casteel van Antioerpen . . . — Praeltryn van de minderpaeriqe jongheyd van Ant- werpen ... — Jjykstatie van major Mens . . . — Jubilé vnn den maegden crans . . . ter eere ran H. vander Noot... — Het herbloeyende Nederland. . . — Ben keyzer- lyken vlugtfUng . . . 1791. Vyf en twintig jnerig jubilé nopens de cerheffitiye der overblyfzels. . . van den heyligen Severns... — Geestelyke nieuwjaergifte. .. — De vreeselykste ge.es- seh van het menschdont... — Ecloga Lycidam inter et Sarnim vigilanti^ aephaesibaei et Palcemonis justa persol- venter. . . 1792. Encomia sanctornm sive delicta virtuti merces... Kort begryp van het wonderbaer leven ... vande zalige Maria ab Inrarnatione... 1793. Kort begryp van den plegtigen toestel van het jubilé vnn den H. Joannes Capistranus . . . — Jaerschrift wat is hier in de wereld dogh als lyen col hedrngh . . . 1794. OpKekkende lofverHaeringe ter orzaeke van de jubilé vnn het broederschnp onder de aenroepende begroetenisse der godzaelige naemen... — Honderjaerige jubelfeett van godsdierstighei/d. . . — foor den wehtanrl van het rnderland . . 1796. Ooude brw/hjf r.;« Jacobus Zeiiers en Anna Jnmhs... — Lykdirht op het af^prvni vnn Bened ictus Neefs... — Jubilé der XXXFI heyligen...' 1797. Beschryving ran het jubilé vnn hef broederschnp ter eere ran de H. nioeder Gods Maria in de kerk vnn de H. JFal- bnrgis... — ï)e dry vreezrlyks/e geesels ran het menschdom, oorloj , pest, dieren tyd. . . 1798. De hedroevene zeden . . . 1801. Den getrouwen leydsman ofden engel bewaerder.. 1802. Dnnk en eergalin de onherlekte mnegd... nopem de herstellinge van den eerdienst in de cathedraeke kerke. . , — Het nutlig en genoegelyk tyd verdryf of geestelyke punt dichten... — Den vonder- btieren almannch . . — Eergnlm nopens de erxfelling van der eerdienst. .. — Punt- dichten. 1803. Hond erd jaerigejtihil é vnn V broe- derschnp der chrislelyke leeringe.. . — Het licht op de kandelner of den getrouicen vriend Gods den H. Antonins... 1804. Het nuttig en genoegelyk tyd verdryf... {-^^ partie.) l'^O.T. Algemeyne rouw klngt orer het afsterven van Joannes Seerwnrt... — Het nuttig engenoegelyk tyd verdryf. . . (3f par- tie.) 1806. Dank oft'er aen de Prêt... — Den almogenden rerdediger of leren vnn Yrnncisrtis de Hieronywo... — Het nutlig en genoegelyk tyd verdryf... (4'' partie.) 1*^07. Tweevoudigen eerkrans... aen Joannes Ferlinden... — Hft nuttig en genoegelyk tyd verdryf... f.'c partie.) 1808. Jubelgalm voor de \^^^-jn érige plegligheyd ran de opkomst vnn de hestie- ring van den armen , . . 1809. Ben wneren troost der opregte christene catholyken... — De zeren t/eeste- lyke verken van bermhertighei/d . — De zeven lichaemelyke werken ran bermher- tigheyd. 1810. Den almoogenden verdediger vande zyne... 1811. In ohitum Huherti Collin... 1812. Lauwerkrans van ... Jacobus Brants. — Zegengalm heioezen aen... — 759 PAUWELS 760 vroone Aerd. — De stad en provincie van Mechelen ... — Juhelgalm ter eere van den H. Hubertus... — 0. L. V. van Hans- wijck. . . 1813. Samenspraek tussrhen openhart en waa^mard... 1814. De schoole der zedenleer. — Pins FI/. ~ Leven van den onvermoeyden zielemvinner Franciscus de Eiei-onymo... — Epigrammota sexaginta in laudem PU septimi... — God^dienst iver kerkelyk getoond door de gebueren vande vrydaeg- scf/e merkt... 1815. Besckryving van Jiet jubile van Jiet broederscliap van den zoeten naem Jésus. — Eerenjubelgalm opde feest van dnyzend jaer dat de inwoonders van Lier bezeeten hehhen de overblyfseh van den H. Gum- marus... — De hedorve zeden oorzaek van de plaegen en rampen der achtifnde eeuw.. . — Het zekerste borstweer van eenen bermliertigen christen menscli... 1816. Lof bazuyn van het jubel feest van 0. L. vrouw van Halle... — De Bel/en van ouds door hunne dappere oorlogs daeden vermaerd... 1817. Kortbondige gedichtjens tôt lof van P. Josephus Tourbe. — Den naem van Maria... 1818. Den vyfligstenpsalm van David. 1819. HonrJerd negen en twintigsten psalm van David. — Juhel galm voor Joannes Pautveh nu vyftig jaereit dichter. 1820. De schoole van zeden leer... — Het teeken der heyliy kruys... 1821. Den een en dertigsten psalm van David. . . 1822. Den zeven en dertigsten psalm van David... 1823. Den honderd en eersten psalm van David.,. Avant 1797. Lofschrift ter geheuge- nisse van het jubilé vande confrérie van Maria in de cathédrale tôt Aniwerpen... — Profytige bemerkingen dienstig voor aile christenen... — Verkondige van het Jubilé aengaende de instellinge van 't broe- dershap der XXX FI heyligen... Vers 1792. Teere devotie behelzeude. verscheyde lofzangen tôt opwekkinge van aile christi gelooringe. . . Vers 1797. Troost gebed tôt Maria onder den titel van goed succès. 1776 à 1784. Lofdichten ... aen den hishcop Wellens. Vers 1800. Den waeren spiegel van oodmoedigheyd... Sans date. Laus funebris ... Anthonii Varendonck. . . — Spiegel der zalichheyd. . . — Consul tissimo viro . . . Henrico vander Noot. . . — Korte zedelyke uytlegginge der litanie van 0. L. V. van Loretten. — Applausus premeritus ... Joseph Tourbe. — Carmen panegyricum in laudem Mariée Theresiœ ... ode panegyrica in obitum ejusdem... — Ode funebris in laudem principis Caroli Alexaudri... — Succi- nente musa, applausus ... Govardo van Eersel. . . — Eclogas sine carmen . . . Jacobo Wellens. — Een hnwelyk gedicht ter ecbtrerbintenis zyner zuster Theresia Pau- wels. — Redelyke aenmerkingen op den norlog. — Bidle van Pins Vil. — Troos- telyk gebed tôt Maria... — Tuba jubilaris sive applausus . . . sacrosanctee miraculosce Hostiœ... — Laus funebris ... Anthonii Varendonck. — Carmen panegyricum ... Marcello de Vos... — Applausus anni sacerdoti eidem. . . — Carmengratulatorium. Guillelmo Rosa... — Carmengratulato- rium ... Pedro vanden Perre... — Laus virtutis doctrinaque . . . Carolo Hercke- hout... — Profytige bemerkingen dienstig voor aile christenen... — Inscriptio novo- rum operum de Dei patientia... — Kort berigt van een nieuw werk. .. — Kampstryd der antwerpsche mecenen... — Lofdicht ter eere van 0. L. V. des Bergs Carmeli. . . — Het leven van den gelukzaligen Capis- tranus. . . Ouvrasses annoncés, mais non édités : Den leydsman tôt bestandige en voordee- lige weetenschappen... — Veritas emble- matica, rAginto quinque iconibus graphice adumbrata.. . — Belgium, Gallorum,armis destructum et libertate depravatum... Pauwels délaissa encore des manus- crits qui ne furentjamais publiés, savoir : Verscheyde stukken nopens ons land en stad et Transche en nederduytsche spreek- woorden. Fernanil Donnel. Taeymans, Aanteekeningen over den poeet .loan.-Ant.-Franc. Pauwels en zyne bloedver- tvanten (manuscrit de nntre bibliothèque). — L. Malhot, Jan-.intoon-Fvans Panuels. — Vis- schers, Biblioçjraphie du poète Pauwels (manus- crit de notre' bibliothèque). — Collection des 761 PAUWELS 76i œuvres de J.-A.-F. Pauwels (dans noire biblio- thèque"; la bibl. de Gand en possède une série nombreuse. — Frederiivs et Vanden Branden, Biogra/ihisch uoordetihoek . PACWELS {Jean- Baptiste), dit Pau- WELS VANDE BoRRE, peintre, né à Bruxelles en 1754, mort dans la même ville en 1832. Avant suivi avec succès les cours de l'académie des beaux-arts d'Anvers où, en 1773, il fut primus sur trente-trois concurrents, et remporta de nouvelles distinctions, en 1775, il devint, a Bruxelles, l'élève de Lens et alla ensuite poursuivre ses études à Home. Entre autres peintures, il exécuta un Christ pour le pape Pie VI. Rentré en Belgique, il se voua à l'industrie. Les églises de ôaint-Josse-ten-Noode, près de Bruxelles, et d'Everberg, près de Lou- vain, possèdent destoilesde son pinceau. Henri Hymans. Moens-Vander Slraelen, Luister der Situ Lucas gilde. — Pauwels de Vis, Dictionnaire biogra- phique des Belges. PAKDVELs {Jean-EiigUbert), compo- siteur de musique, né à Bruxelles, le 26 novembre 1768, y décédé, le 3 juin 1804. Admis en 1780 comme enfant de chœur à la chapelle de la cour, où son père était chanteur, il s'y initia à la mu- sique : Van Malder lui apprit le violon et, plus tard, Witzthumb les règles de l'harmonie. Il se rendit vers la fin de 1788 à Paris et s'y lia d'amitié avec des artistes célèbres , notamment avec Le- sueur dont les leçons perfectionnèrent son éducation musicale. De l'orchestre de l'Opéra italien, il passa, en qualité de chef d'orchestre, en 1790, au théâtre de Strasbourg. L'annéesuivante, il revint à Bruxelles. Il s'y révéla à ses compa- triotes dans une audition donnée au Con- cert Noble, où il exécuta un concerto de violon de sa composition : • L'origina- • lité, la grâce et l'expression », dit Fétis, • donnaient à son talent un ca- • ractère particulier qui ne s'était ren- » contré jusque-là dans le jeu d'aucun » violoniste du pays... Comme violoniste, • il eut un talent remarquable et l'on se • souvient encore que, dans un concert « donné à Bruxelles par Rode en 1801, • il joua une symphonie concertante • avec cet artiste célèbre et parut digne • de se faire entendre à côté de lui ». Directeur de l'orchestre du théâtre de Bruxelles en 1794, • il imprima ., au témoignage du même auteur, • un mou- • vement d'avancenient à la musiijue de • Bruxelles par le soin qu'il mit dans • l'exécution des beaux opéras do cette • époque. Pendant plusieurs années, • àpartirde 1799, il organisa et dirigea • au Concert Noble les meilleurs con- • certs », ajoute Fétis, " qu'on eut en- • tendus en Belgique jusqu'à ceux du - Conservatoire ». Il a publié à Paris, chez Naderman, six duos pour violons. Après son retour à Bruxelles, il y fit paraître, chez VVeissenbruch -. trois qua- tuors pour deux violons, alto et basse, op. 2 ; — premier concerto pour violon principal et orchestre; — premier con- certo pour cor et orchestre ; — trois polonaises pour voix de soprano et or- chestre; — L' Atnitié, duo pour soprano et ténor, avec orchestre. Il a composé, outre ces morceaux de musique instru- mentale, trois opéras comiques pour le théâtre de Bruxelles : La maisonnette dam lea bols, — L'auteur malgré lui, — Léonti?ie et Fourose, en quatre actes. Ce dernier ouvrage, qui date de 1804, est le meilleur qui soit sorti de sa plume. Voici comment Fétis apprécie son talent de compositeur : » Quoiqu'il y eût du • mérite dans ses productions, particu- » lièrement dans la dernière, où l'on » remarquait une bonne ouverture qui » a été gravée à grand orchestre et qu'on » a souvent entendue dans les concerts, » le finale du premier acte, un hymne à » l'Harmonie pour trois voix, un bon » air bouffe et un air soprano, elles n'ont » eu qu'une existence éphémère au ■ théâtre, parce que les livrets de ces . pièces étaient dépourvus d'intérêt... » Pauwels était pourvu d'une heureuse • organisation musicale : si ses études • eussent été plus fortes et mieux diri- • gées, il eût été certainement un cora- • positeur distingué ». Il a, de plus, laissé un nombre considérable d'œuvrea manuscrites : concertos de violon, sym- phonies, messes, airs de basse avec orchestre, composés pour ses concerts, 763 PAUWELS m et beaucoup d'autres morceaux déta- chés. Emile Van Arenbergb. Félis, Biographie des musiciens, t. VI, p. 469. jSouvellc liwgrapliie universelle de Uidot. — Choron et Fayolle, Uittionnaire historique des musiciens. PAiJ%"VEt,s (Jeanne-Catherine), musi- cienne, née à Bruxelles, le 11 juillet 1795, morte dans cette ville, le 18 juin 1839. Fille du peintre Jean-Baptiste Pauwels et de Bétronille Vanden Borre, elle étudia la musique sous la direction de Witzthumb et acquit une grande habileté sur le piano. Comme virtuose amateur, elle remporta de nombreux et brillants succès dans les salons bruxel- lois. Elle se livra également à la compo- sition et écrivit, outre une messe à quatre voix, avec accompagnement d'orchestre, des romances, des duos, ainsi que des pièces pour piano. Paul Bergn)an6. État-civil de Bruxelles. — (F. Delhassej, An- nuaire dramtuique, 1840, p. 299. — J. Pauweis- (Je \ I.S, Dictionnaire biographique des Belges (Bruxelles, iS46), p. iTii. — C.-F.-A. Piron, Alge- meene levensbtscUryiing (Malines, i860), p. l'ai — Ed. Gretçoir, Les artisles-musiciens belges au xvuie et au Xixe siècle (Bruxelles, -1883), p. 3"29. Tous ces ouvrages contiennent des renseigne- ments erronés au sujet de l'etai-civil de l'artiste. !• A 111%' Cl. M [Joseph), écrivain ecclé- siastique du xviiit siècle. 11 entra dans l'ordre des Frères mineurs de l'obser- vance de tiaint-François, et fut pendant de longues années lecteur de théologie. On n'a pas d autres renseignements sur la biographie de ce théologien à qui on doit les traites de casuistique suivants : 1. TraclaluN théologiens de labaïsmo, cuni deereiis ad idem objertum pertinetdiôun. Louvain, J. Jacobs, 1749; in-8°. Dis- sertation sur un cas réservé, le labaïsmus; c'étaient, d'après le P. Dirks, des réu- nions nocturnes où des jeunes gens des deux sexes, sous prétexte de travailler en commun, se livraient au désordre. — 2. Tractatus tkeoloi/icua de casibus reser- vaiis in dieecenibus Antver piensi , Busco- ducetièi, Camerucensi, Colomensi , Ganda- vensi, Leodiensi, Mechliniensi , Numur- censi, Rurcemundenai, Louvain, J. Jacobs, 175U; in-8u, 2 vol. On le cite aussi avec l'adresse de Maestricht, Jac. Lekens.Ea 1755 a paru la troisième édition. Le P. Fidelis de Maestricht ayant critiqué l'ouvrage du P. Pauwels, celui-ci répon- dit par un Tractatus theoloyici de rasibus reaercatis iomus tertius quo duo priores ab ohjectionibus vendicantur..., mais il signa ce troisième volume du nom de Guil- laume de Roore. Louvain, J. Jacobs, 1756; in-8°. — 3. Maynum matrimonii sacramentum reductum in casus, plerosque jactos, nonnuUos Jictos, omnes moraliter possibiles. Louvain, J. Jacobs, 1759; in-80, 2 vol. Paul Bergmans. S. Dirks, Histoire littéraire et bibliographique des Frères mineurs de l'observance de Si-Fran- çois en Belgique (Anvers, [1886] ), p. 390-392. PAiiiVEiiS(aunce) H^einsj, Catalogue de l'exposition historiques des peintres gantois du XIX^ siècle (Gand, 1888;, elc. PACKVEKiS (Louis) naquit, suivant toute probabilité, à Anvers vers le milieu du xviie siècle. 11 s'adonna a la peinture, et c'est à ce titre qu'il fut reçu franc- maître de la gilde ôaint Luc, à Anvers, pendant l'exercice 1661-1662. La con- tiauce de ses confrères lui valut d'être élu peu après doyen de cette corporation artistique; il remplit ces fouctious depuis le 18 septembre 1685 jusqu'à la même date de 1686. A l'expiration de son mandat, il fut chargé une seconde lois d'occuper le poste de doyen en rempla- cement du peintre Corneille de BaïUeux. Il resta à la tête de la gilde jusqu'au 18 septembre 1687. 11 fut un des seize artistes qui prirent sur eux d'organiser le programme artistique de l'académie des beaux-arts récemmentfondée. A tour de rôle, ils euseignaieut le dessin d'après nature. La huitième semaine fui dévolue à Pauwels et au peintre Pierre Ykens. Louis Pauwels mourut à Anvers, à la fin de l'année J 702 ou pendant les trois premiers quarts de l'année suivante. Feruand Donnet. Siret, Dictionnaire des peintres. — Rotnbouls et Van Lerius, Oe Liggeren der antwerpsche Sint Lucas gilde. — J.-ïi. Vai.den Branden, Ge- ichiedenis der académie van Antwerpen. p.%1 WEi.M (Nicolas) . théologien , écrivain ecclésiastique, na(|uit à Lou- vain , fut baptisé à Saint- Pierre, le 21 juillet 16.55, et mourut dans cette même ville, le 22 avril 1713. Il était fils (le Jean Pauwels et de Barbe Erc- mans. Toute sa carrière, sauf une inter- ruption de quatre ans, se passa à Lou- vain. Après avoir fait ses liuinanités, il entra au collège du Château, y acheva sa philosophie et remporta la huitième place au concours général de 1674. Reçu comme boursier au collège d'Arras, il y étudia pendant six ou sept ans sous la conduite d'habiles directeurs : Jean Lacuian et Barthélémy Paesinans. C'est surtout de théologie qu'il s'occupa depuis ce moment. En 1681, Nicolas Pauwels fut désigné pour remplir les fonctions de vicaire à Beyghem (à deux lieues au nord de Bruxelles). Il s'y fit une grande réputation d'orateur et ses prêches y faisaient affluer une si grande foule des villages d'alentour, que parfois il fut obligé de prêcher hors de l'église. Un pareil succès fit songer a lui pour la plébanie de Saint Pierre de Louvain devenue vacante, le 10 décembre 1679, par la mort de Philippe-Albert du Trieu. Il l'obtint le 2 janvier 1685, et pour exercer d'aussi importantes fonctions avec plus d'honneur, il se fit recevoir, le 4 décembre de cette même année, licencié en théologie. L'année suivante, les abbés de Parc et de Vlierbeek lui confièrent la présidence du collège de Marcel Craendouck, qu'il quitta en 1691 pour passer dans la même qualité au collège d'Arras. C'est alors qu'il fut nommé archiprêtre du doyenné de Louvain ; le 24 février 1703, il reçut en outre la charge de professeur royal du catéchisme. Dix ans plus tard, un catarihe l'enleva presque subitement. 11 fut enterré dans l'église de Saint-C^uentin à Louvain, par les soins de son frère, curé du (irand Bé- guinage de cette ville. C'était, selon Paquot, • un prêtre vertueux, doux, • civil, constamment attaché aux décrets » du Saint-biège sur les contestations » du temps et assez prudent pour éviter » de se faire des ennemis parmi ceux qui « pensaient autrement que lui sur ces 767 PAUWELS 768 • matières. Il était fort habile dans la « théologie morale et avait une oonnais- • sance raisonnable de l'histoire et de la » discipline ecclésiastique ». Il ne reste de lui qu'un grand ou- vrage édité après sa mort et qui renferme la matière de son cours de catéchisme. Il s'intitule : Theologia practica, et com- prend cinq parties : 1° Theologiae prac- ticae, de Fide etSijmbolopai's \a. Louvain, Guill, Stryckwant, 1715; petit in-12, 570 p.; 2o Theologiae practicae, de Sa- cramentis in génère et tribus primis in specie, pars 2a. Chez le même, 1716, 611 p.; 8° Theologiae practicae, de Sa- cramentis Paeniientiae, Extremae Unc- tionis, Ordinis et Matrimonii , pars Za. Chez le même, 1716, 657 p.; 4'j Theo- logiae practicae vi quâ de actibus humanis , Peccatis, Legibus, et Praeceptis decalogicis primae Tabulae agitur, pars 4«. Chez le même, 1716, 486 p.; 5° Theologiae practicae in qiiâ praecepta secundae Ta- bulae sigillatim explicantur, pars ba. Chez le même, 1717, 518 p. L'ouvrage fut réimprimé trois fois en cinq volumes in-12; la première en partie à Anvers et en partie à Louvain ; la deuxième à Cologne et la troisième à Louvain. Les tomes II, III et IV sont, dit Pa- quot, les plus estimés. « La morale n'y » est ni trop sévère, ni trop indulgente « , et ils sont remplis d' » observations fon- • dées sur l'expérience... Le style en u est fort intelligible : mais presque « toujours barbare et simple jusqu'à la " rusticité « . Léon Ooemans. Paquol, Mémoires, etc., t. X. en vrouwen tiii Belgiê. Piron, Mannen PAVV«'Ei>8 (Noé), orfèvre, vivait à Bruxelles au commencement du xviiie siècle. On n'a aucun renseignement bio- graphique sur cet artiste dont l'existence a été révélée par la Bibliotheca belgica. Les auteurs de cette publication ont, en effet, décrit un recueil de modèles d'or- fèvrerie, dû à Pauwels, et dont le seul exemplaire connu est conservé dans la bibliothèque de (iand. En voici le titre d'une orthographe fantaisiste : Livre dorfeferie gravée et desinée par Noe Pau- loels Compainion Orfefer : A Bruxelles, 1710. Les seize petits feuillets oblongs qui le composent contiennent une cen- taine de jolis modèles d'orfèvrerie, fine- ment gravés, et de la plus grande variété ; ce sont des pièces ciselées, des nielles et des filigranes, ou des bijoux sertis de pierres et de perles fines, d'in- vention ingénieuse et de forme délicate. Paul Bergmans. F. Vander Haeghen, elc, Bibliotheca belgica, p. 93. PABiîVELS [Pierre), artiste forgeur, florissait à Gand dans le premier quart du xvip siècle. Fils de Jean, il est inscrit, dès 1487, comme enfant de maître au registre des forgerons. Ce document étant incomplet, on ne sait si P. Pauwels devint dignitaire dans la corporation. En tout cas, il devait être très expert dans son métier, puisque c'est à lui que s'a- dressa l'abbé de tiaint-Pierre lezGand, Jean van der Cauwerburch, pour faire exécuter, d'après " certain patron et " projet « du peintre Gérard Horenbault, un " trésor « en fer ouvragé, de grandes dimensions, destiné à servir de reliquaire général pour les fiertés du monastère, et qui devait être placé dans le chœur de l'église abbatiale, derrière le grand au- tel. Le contrat y relatif — encore inédit — entre le prévôt Robert van Braute- ghera, au nom du prélat, d'une part, et Pierre Pauwels, forgeron, d'autre part, fut passé devant le magistrat de (îand le 27 mai 1513 et inscrit au registre scabinal de la keure au fol. 126^. Il y est stipulé que Pauwels donnera en ga- rantie sa maison et son atelier situés au carrefour près du couventdes Augustins; le doyen des forgerons, Pierre Letteljans, surveillera le travail du fer ; maître Gérard Horenbault sera consulté pour l'exécution des ornements. Le travail qui devait être livré avant la Saint- Bavon 1514, encore inachevé à la mort de l'abbé Van der Cauwerburch, ne fut terminé que sous son successeur Gérard Cuelsbrouck, élu abbé le 6 juin suivant. La construction en fer de P. Pauwels, maître « natif de Gand », appelée corn- 769 PAUWELS — PAUWENS 770 muQément den yzeren zohler van Sint- Pieters, fut considérée par les contem- porains comme un chef-d'œuvre incom- parable. C'était une espèce de tribune ornée d'arcatures et de culs-de-lampe et poséesurdespilierscouvertsde rinceaux; sur le devant se voyaient des fenêtres ajourées. Un comble et des pinacles sur- montaient le tout. Dix fiertés de saints y furent renfermées. Marc van Vaerne- wyc, au chapitre 48, livre iv, de son histoire de Belgique (156S), consacre un paragraphe spécial à ce monument. L'ensemble, dit-il, parfaitement agencé, paraissait pousser du sol et le fer avait été travaillé avec tant d'art qu'il semblait être devenu flexible comme de la cire. P. Pauwels, d'après le contrat, devait recevoir 4 gros par livre de fer, une somme de 25 livres de gros étant payée d'avance. Le prix total s'éleva, dit l'his- torien cité, à 4.800 florins, outre le coût de la dorure. Vaernewyc rapporte encore qu'un abbé venu de Liège aurait volon- tiers ofl'ert un prix double pour enrichir son couvent d'une construction sem- blable, mais il ne trouva personne qui osât l'entreprendre, Pierre Pauwels, le maître forgeur » aux mains d'artiste « étant mort peu après l'achèvement de son œuvre. Les iconoclastes de 15fi6 ne pa- raissent pas s'être attaqués à cet énorme reliquaire. 11 n'en fut pas de même en 1578 : les corps des saints qui y étaient conserves furent jetés au feu. Mais l'œuvre de Pauwels, bien que saccagée, ne fut pas détruite complètement, ainsi que nous l'apprennent Jean van den Vivere et le P. Bernard de Jonghe. Des arcades qui en provenaient furent em- ployées au siècle suivant à laconstruction du jubé qui fermait l'entrée du chœur de la nouvelle église abbatiale de Saint- Pierre. Mais le souvenir du fameux zolder n'était pas oublié. En 1664, le chroniqueur Juste Billet déclare que ce reliquaire de Saint-Pierre, si • artiste- ment travaillé au marteau « , et dont on voyait de son temps encore quelques parties, n'avait eu son pareil nulle part; aussi le cite -t- il parmi les • sept merveilles de Gand et même de tous les Pays-Bas «, en le rangeant immédiate- BIOCB. NAT. — T. XVI. ment à côté du fameux rétable des frères Van Eyck. Les derniers fragnuMils du reliquaire disparurent, en même temps que le jubé, dans la seconde moitié du xviiie siècle. Viclor Vander llnrghrn. Archives de dand. — Marc v.in Vaernewyc, llist. tau Beltiin. — Chroniickc laii C.liemtt, par J:m vanden Vivere ;éil. F. de l'oller'. — J. Itillet, Poliiietxu'k, I. V. — Id.. Chromqiivx. — P. B. de Jonche, (Jcntlsfhe (icsili. — Kd. de Hiisscher, L'abbaye de Saint-Pierre. — Id., Juste lliltet. — Kramm, Kunstscliilders, beeldhonwers. ~ A. Van l.okeien. Chartes et doe. de l'anbai/e de Saiiil- Pierre. — Vander Aa, Woordeiiboeki PAVWEL» (Rombaut). Voir Palm {Rombaiit). PAVWr.L!^ [Thierry). Voir Pauli {Theoderkus). PAVWEL!^ {Zeger). Voir Pauli (&- gerus). vw^KWM» [François), écrivain ecclé- siastique, né à Bruxelles vers 165.3, mort en cette ville, le 5 mai 1725. A l'âge de seize ans, il entra au couvent des Augustins, à Bruxelles, où vraisem- blablement il avait fait ses humanités; lorsqu'il eut achevé ses cours de philo- sophie et de théologie, le jeune moine fut chargé lui-même d'enseigner la rhé- torique au couvent d'Anvers, puis il professa la théologie à celui de Bruxelles. Le 6 novembre 1685, Pauwens reçut, à Louvain, le bonnet de docteur en théologie; il demeura ensuite, quinze années durant, au couvent des Augus- tins de cette ville et, pendant presque tout ce laps de temps, il y professa la scholatique; plus tard, on le chargea d'expliquer l'Ecriture Sainte , et son enseignement porta spécialement sur les Epîtres de Saint-Paul et sur l'Apoca- lypse. Pauwens revintensuiteàBruxelles pour instruire dansla théologie les jeunes moines de l'abbaye de Coudenberg; il enseigna la même science à l'abbaye des Prémontrés de Parc, près de Louvain, Outre le professorat, le moine bruxellois se consacra d'une façon suivie à la pré- dication ; il prêchait tantôt en français, tantôt en latin. 11 fut revêtu deux fois du titre de définiteur de son ordre et remplit une fois les fonctions de visiteur 25 771 PAYEN 77Î de la province, qui comprenait les Pays- Bas autrichiens et la principauté de Liège ; en cette dernière qualité, il pré- sida un chapitre provincial ; au moment de sa mort, il était prieur du couvent de Bruxelles. La réputation de Pauwens comme théologien était des mieux établies ; souvent l'internonce Jean-Baptiste Bussi — depuis cardinal — eut recours à ses lumières et à ses conseils; d'autre part, l'archevêque de Malines le nomma exa- minateur synodal du diocèse. Selon les coutumes du temps, Pauwens avait comme armoiries parlantes un paon faisant la roue, avec cette devise : Quid ffloriaris ? Pauwens a écrit les ouvrages sui- vants : 1. Oralio in Exequiis... Simonis de Fierlant, Brabantiae Cancellarii, dicta in D. Gudulae Bruxellis die 29 Avgusti 1686. Accessit Appendix Oratoris adcer- sus Gitatorias Reverendissimi ac Illustris- simi Archiepiscopi Mechliniensia, datas die 17 Septemhris 1686. Cologne, 1 686; in-4^. Dans cette oraison funèbre, le moine augustin avait fait un vif éloge du zèle déployé par de Fierlant pour combattre les théories du jansénisme et du rigorisme alors eu vogue ; cet éloge avait fortement déplu à l'archevêque de Malines, Alphonse de Bergues, qui cita le panégyriste pour rendre compte de certaines assertions exprimées dans cette oraison funèbre; c'est à cette citation que le théologien répond dans son Ap- pendix : l'affaire n'eut d'ailleurs pas de suite et fut étouffée à l'intervention du gouverneur des Pays-Bas et de Tinter- nonce Bussi. — 2. Concordia theologica Sanctorum Magni Pairis Augustini, et ejusdem filii Thomae à Villa nova. Lou- vain 1689; in-4o. Ce sont des thèses auxquelles Pauwens présida, à Louvain, les 22 et 23 août 1689. — 3. Theologia speculativa , sive Cuncordia Sanctorum magni Patris Augustini,et magni ejusdem filii Thomae à VUla nova. Louvain 1689; in-4o. Ce sont d'autres thèses soutenues à Louvain le 29 août 1689. — 4o Ap- pendix ad Imperti liens, et Iles/ionsio ad Epistolam Eximii Domini l'rancisci Mar- tin. S. Theol. Doctoriii,defendendalSmaiï 1693, apud P.P. Augustinianos. Lou- vain, 1693; in-4o. C'est une réfutation de certaines opinions émises par Martin sur la doctrine de saint Augustin. — 5. Cratio in Exequiis Rêver endissimi ac Consultissimi Domini D. Pauli de Bruyn, Bruxellensis , celeberrimi et perantiqui Parchensis monasterii, Ordinis Prae- monstratensis abbatis XXXIV, anno 1719, die 6 fehruarii defuncti, habita in Parcho,... die 24 julii 1719. Bruxelles, 1719; in-4o. Ed. Deeckman. Paquot, Mémoires, t. XVIII, p. 47. — Henné et Waulers, Histoire de Bruxelles, liste biogra- phique. PAVEM { Antoine- A .-J .) ,^t\niït, né à Bruxelles à la fin du xviiie siècle, mort dans la même ville en 1853. Cette date, que nous empruntons au Dictionnaire de Siret, n'est pas confirmée par nos recherches aux archives de la capitale. Elevé d'Henri van Assche, Payen, dès l'ann.ée 1814, envoya au Salon de Gand un paysage. Petite chaumière. L'année suivante, la Société des beaux- arts de Bruxelles lui décerna la palme dans le concours ouvert, pour un pay- sage d'après nature. 11 avait exécuté un Clair de lune, représentant le châ- teau de Marche-les- Dames, entre Na- mur et Huy. Appelé, bientôt après, au poste de peintre du gouvernement, à Batavia, le jeune artiste se consacra d'une manière exclusive à la traduc- tion des sites javanais. Un tableau exposé par lui au Salon de Gand, en 1820, figure au livret avec la mention : " Ce paysage représente une vue prise « dans la résidence de Buitenzorg (Sans souci), dans l'île de Java, terminée par " une chaîne de montagnes... Peint « pendant l'année 1818, ce tableau est « parti de Batavia en janvier 1819 et a " été sauvé du naufrage d'un navire dans " lequel ont péri un grand nombre d'ob- " jets d'histoire naturelle et plusieurs " caissesdepiantesdestinéesaujardin bo- » tanique de (îand « . Rentré en Europe et fixé à Bruxelles, Payen resta fidèle au genre de sou choix. Au Salon de 1827, il exhiba une Vue du volcan de Gounong Gouutow (Mont Tonnerre), à Java, avec 773 PAYEN 774 divers-véffétaux de ces localités, tels que coco- tiers, kaniiri. Ce tRhhau était la propriété du gouverneraeut. En 1832, alors qu'il habitait Etterbeek, près de Bruxelles, Payen envoya au Salon une vue des environs de Buitenzorg et, en 1836, encore, c'était aux souvenirs de son séjour aux Indes qu'était puisé le sujet de sa contribution à l'exposition de Bruxelles. Appréciant son œuvre dans le Compte rendu du Salon, Alvin est amené à dire : • Une vue prise dans l'île de • Java par A.-A.-J. Payen, nous montre • une nature qui ne nous est pas fami- • lière; nous ne saurions donc apprécier • la vérité de l'imitation , nous pouvons » toutefoisyreconnaitreun faire habile. « Il y avait autrefois de Payen une pein- ture au Pavillon, à Harlem; nous n'en retrouvons pas la mention au catalogue du musée d'Amsterdam, où ont été transférées les œuvres ayant composé cette galerie. Henri Hynians, Catalogues des expositions. — Ms. de Jean- Baptiste Picard, sur l'histoire de la Société des Beaux-Arts de Bruxelles, a la Bibliotlieque roj aie. PAYEN {Antoine-Marie- Joseph), dit LE Vieux, officier du génie et architecte, né à Tournai, le 5 mai 1749, décédé à Bruxelles, le 29 juin 1798. Il étudia les principes des arts à l'académie de dessin de Tournai, puis se fixa à Bruxelles où il exerça la profession d'architecte et acquit rapidement une grande réputation. On lui doit de nom- breuses constructions, toutes dans le style classique, et plus ou moins dans le goût italien qui florissait à la fin du xviiie siècle- Parmi celles-ci, on peut citer : le château de Laeken qu'il cons- truisit en collaboration avec l'architecte Montoyer (1781-1784), sur les ordres de la gouvernante Marie -Christine; il est orné de sculptures, de figures et de statues dans lesquelles se reflète la dernière expression du style classique; le château d'Hingene, près d'Anvers, du même style; l'église de ïJaint-Jacques sur Coudenberg, à Bruxelles(1785),dont il dirigea aussi la décoration intérieure, mais dont la façade fut élevée sur les plans de Guimard, comme toutes les autres constructions de la place Koyale. Payen est encore l'auteur des bâtiments à l'usage des chanoinesses de Nan\ur,des châteaux de Froyennes et de la nerlièrc, dans le Ilninaut; du château de Hartsche (Anvers), du pavillon Walkiors (1784), à Laeken, d'une grande maison au Mnr- ché-au-Bois, à Bruxelles, etc. K -J. Soil. Goplphebuer, Monuments des Paijs-lias. — Marchai. La sculpture ùtlije. — Bozn'ie, fouinai umiiu et moderne. — Annuaire de l'Acadunie roi/ale de Belgique, 1878. PAve:v (Juyvsle), architecte, né à Tournai, le 17 octobre 1759, décédé à Bruxelles, le 1 6 décembre 1812. Neveu d'Antoine Payen le Vieux, et architecte comme lui, il étudia les principes de son art à l'académie de Tournai et plus tard se fixa à Bruxelles. On lui doit le beau j château de Marche-les-Dames, près de Namur (1803), les «aubettes » de la porte de Ninove,à Bruxelles, et des habitations privées dans la même ville. E.-J. Soil. Goelgrhebuei', Monuments des Pays-Bas. — Bo ziere. Tournai uiieien et moderne. — Annuaire de l'Académie royale, 1878. PATESi [Auguste), architecte, né à Bruxelles, le 7 juin 1801, décédé à tiaint-Josse-ten-Noode, le 16 avril 1877. Fils du précédent, il fut envoyé à l'académie de dessin de Tournai, où il étudia sous la direction de Bruno Kenard, un des professeurs les plus dis- tingués de cette académie, qui forma tant d'élèves remarquables. Le style classique y était seul enseigné, Renard, qui devait plus tard restaurer les mo- numents romans et gothiques de Tour- nai, n'ayant pas encore repris l'étude des styles du moyen âge. Le gothique, d'ailleurs, était alors considéré comme barbare; on ne s'en occupait pas ; seul, l'art des Grecs et des Komains était en- seigné dans les académies et pratiqué par les architectes. La première éducation artistique de Payen décida de la forme dans laquelle il réalisa, au cours d'une longue car- rière, toutes ses conceptions artistiques, et à laquelle il montra, jusqu'à la fin, une fidélité exenaptede toute concession, 775 PAYEN 776 malgré le mouvement général qui porta nos constructeurs vers une restitution de nos anciens arts nationaux. Les nom- breuses constructions ([u'il éleva à Bru- xelles et sur tous les points du pays oft'rent les caractères du style classique, avec une raideur de formes, une absence presque totale d'ornements, qui leur donne un aspect correct, il est vrai, mais aussi trop sévère et trop froid. Dès que ses études furent terminées, Payen revint à Bruxelles et entra dans les bureaux de Koget, architecte de la ville. En 1829, il partit avec Gustave De Man pour Paris, en vue de continuer ses études et de se perfectionner dans son art. De retour à Bruxelles, Payen contribua avec Poget à l'agrandissement des bâtiments du musée, sur l'ancien jardin botanique. Il construisit ensuite l'observatoire, et fut chargé avec Eoget des travaux et de la décoration des gale- ries du musée, de la reconstruction des escaliers dits de la bibliothèque et des maisons qui l'entourent. 11 éleva la plupart des » aubetles " de l'octroi, à Bruxelles, restaura le théâtre du Parc, construisit les abattoirs, des écluses, etc. Payen succéda à Poget comme archi- tecte de la ville de Bruxelles en 1830 et démissionna en cette qualité pour entrer, en 1841, dans l'administration des che- mins de fer de l'Etat. On lui doit les stationsd'Ostende, Bruges, Lierre, (iand, Manage, Wetteren, Verviers, en partie remplacées aujourd'hui par d'autres, et enfin la gare du Midi à Bruxelles, qui fut sa dernière œuvre. Payen fut nommé, en 1835, professeur à l'académie royale des beaux-arts de Bruxelles et resta en fonctions, en cette qualité, jusqu'en 1877. En 1862, il fut appelé à faire partie de l'académie royale de Belgique et, en 1867, il fut agrégé au corps académique de la ville d'An- vers. Outre les monuments publics qu'il a élevés, Payen construisit encore un grand nombre de maisons particulières et de maisons de commerce, où il inaugura le système des vastes vitrines, toutes grandes ouvertes, ornées de bronzes et de marbres, où les marcliandises s'étalent au grand jour. Il érigea encore la maison communale de Lennick-Saint-Quentin, le kursaal de Blankenherghe, une fan- taisie dans le genre arabe ; l'hôtel Seyfert à Leipzig, le monument T'Kint de Ro- denbeke au cimetière de Laeken, etc. Chevalier de l'Ordre de Léopold dès 184 8, il avait été nommé officier en 187 l • E -J. Suil G. de Man, notice dans V.iiuiitaire de l'Acadé- mie, t878. PAYE* [Nicohs), musicien, né à Soi- gnies vers 1512, mort à Turnhout en avril 1559. Il paraît avoir été d'abord enfant de chœur à la collégiale de iSaint-Vincent de cette ville, d'où il fut envoyé à la chapelle royale de Madrid pour y remplir le même office vers 1526. Devenu prêtre, il était en 1547 cha- pelain des hautes messes, c'est-à-dire chantre en chape des messes solennelles. Des prébendes lui furent conférées à Béthune, à Lens, à Soignies, à Nivelles et à Valenciennes. Enfin, il devint doyen de Turnhout, eu 1558. Ses composi- tions se trouvent dans les recueils inti- tulés : 1. Coticenius oc/o, sex, guinque et quatuor vocum, omnium Jucundissimi, nuspiam ante sic eâiti. Augustce Vinde- licorum, Pliilippus Uhlardus excvdehat, 1545; pet. in-4", obi. — 2. Cimliones seleriisdmœ quatuor vocum. Ab eximiis et p}'cestaiitissimis C(psnrece majestalis cU' pella musicis M. Cornetio Cano, Thoma Crequill/one, Nicolao Payen et JoJianne Ledainier orgatiista, compodtœ. PhiJip- pus Uhlardus excudtbat Avgvstœ Vin- delicorum , 1548; pet in-4°, obi. Ce recueil contient cinq motets de Payen. — 3 . Ze //e livre de chansons à quatre parties, auquel sont contenues trente et une chansons, etc. Imprimé à Anvers par Tvlman Susato, 1544, in-4*'. — 4. Ca«- tinves lacra, qvas vutgo Moteta vacant, ex optimis quibusque hnjus cetatis musicis seleciœ. lAbri quatuor. Antverpiœ, apud Ti/lmanum Susatum, 1546-1547, in-4*'. Dans le second livre de cette collection est le motet à quatre voix de Payen : « Resurrectio Christi >< et dans le qua- trième « Quis dabit capiti « . — 5. Ec- clesiaUicarum cnnliotium quatuor qninque 777 PAYEN 77S et sex rociim Ubri 1-XV. Atitrerpiee, excudebal Tyîtnan Susato, 1545-1551; in-4". l.iS)|>. Dcvillers. F.-J. Félis, Biographie unirerscllr des musi- ciens,^ éô.. I. VI, p. i~i. — PinclKiil, Archires des ans. sciences et Itltres. I. I, p. iH. Edm. Vander Slraelen, La musique auj Paiis-lins nvaut le Xixe siècle. — Annales de la ^ocii te d'Emulation,3« série, I. IX (Bruges, 187 ^), p. 180. PAYEV (Puntus), seipiieur d'Essars, la Bucquière, Hautecotte, licencié es lois, avocat au conseil d'Artois, echevin d'Ar- rasen 1596, 1597, 1599, 1601, 1602, 1604, fils du procureur Jean Payen, dit Hector, mort à Arras le 9 mai 1609, d'après son épitaphe relevée dans l'épi- taphier de Lefebvre d'Aubrumetz, à la bibliothèque d'Arras; le 19 mars d'après la copie, très probablement fautive, que nous trouvons à la bibliothèque royale de Bruxelles. La date de sa naissance nous est inconnue, mais elle est approximati- vement établie par le fait qu'il recréanta sa bourgeoisie à Arras, le 27 avril 1571; comme cet acte s'accomplissait en général vers la vingtième année, on peut admettre qu'il naquit vers 1550.11 était de famille noble, ainsi que le rappel- lent les lettres de ratification qu'il obtint le 19 mai 15 82 et qui furent enregistrées à la Chambre des Comptes, à Lille, le 12 décembre 1607. Pontus Payen expose que • lui et ses prédécesseurs ont tou- » jours vécu en bonne réputation depuis • plus de cent cinquante ans, qu ils n'out • jamais exercé aucun stil ni art méca- • nique, qu'ils portent des armoiries, • mais que, pour éviter de faire la preuve • de leur noblesse, ce qui serait difficile • à cause des guerres qui depuis cent ou • quatre-vingts ans désolent le comté • d'Artois, il prie le souverain de ratifier • sa noblesse et, en tant que besoin serait, • de l'anoblir de nouveau ». Le manus- crit 1032 du fonds Goethals à la biblio- thèque royale de Bruxelles, cité plus haut, nous apprend que l'epitaphe, au- jourd'hui disparue avec l'église oii elle se trouvait, de • noble homme Pontus Payen, escuyer, sieur d'E-isart », était gravée • sur un grand marl)re reposant dans l'église paroissiale de Saint-Nico- las-sur-le-Fossé, en Arras, dans une chapelle estant au costé du grand autel d'icelle église ». Rien que Pontus l'aven ait laissé deux écrits relatifs aux troubles du xvi'-sièclo et qu'il ait rem|)li des fonctions impor- tantes, son nom n'apparaît ni dans les histoires ni dans les correspondances de cette époque. Il est certain cependant qu'il ne resta pas indifférent aux luttes passionnées qui éclatèrent dans son pays; c'est ce qui ressort à l'évidence du Dis- cours rérilable de ce qui s'est passé en la ville d' Arras depuis V union et confédéra' tion des estnlz d' Artois avec nultres pro- vinces du Pays-Bas (1577-1578), dont il est l'auteur. On y voit qt>e Payen contribua au rétablissement du magis- trat, renversépar les partisans du prince d'Orange ; on y trouve une peinture vivante de l'état des esprits dans les provinces wallonnes; on comprend com- ment s'est développé ce parti des Mal- contents qui, tout en étant loin de sympathiser avec les Espagnols, voulait trouver un moyen d'accomniodemeut, |)ar crainte de l'anarchie et par atfache- mentàla religion catholique. Le Z^'moMr* évidemment n'est pas une œuvre histo- rique : il n'en a pas le calme, et les jugements de l'auteur se ressentent du sentiment d'irritation qui les a dictés. Payen accuse ses adversaires de » couvrir » leur trahison par le fard de religion, " avec prétexte de bien public • ; il reproche au prince d'Orange d'aspirer à « l'usurpation de la principauté et • seigneurie des Pays-Bas », de s'être toujours appuyé » sur la faveur d'une . vile multitude, qu'il a gagnée avec « humilité et faincte courtoisie », d'avoir toujours eu l'église en horreur, dédai- gné la noblesse, tenu pour suspects les conseils, les magistrats et les ofilciers (lu roi; il le traite d'hypocrite; c'est l'homme le plus déloyal de la terre, il n'a ni foi ni loyauté. Quant aux » Oran- giens », gens hardis, audacieux, re- muants, il les montre toujours en alerte, si bien que le moindre bruit, le plug petit signal suffisent à les faire assembler en armes en moins d'un quart d'heure, eux et leurs quinze tribuns. Les catho- liques, au contraire, sont » longz en 779 PAYEN 780 1/ leurz affaires , pensantz gaingner le tt tout à temporiser, et, par ce moyen, es- « toient toujours prévenue par la vigi- B lance et célérité des héréticques « . Aussi avecquelle joie il salue lesdéfaites des " Orangiens » , le rétablissement de ■l'ordre à Arras, le retour à l'obéissance au .roi, la réconciliation finale ! Bien différent est le ton des Mémoires de la guerre civile des Pays-Bas, qui comprennent les années 1559 à 15 67. Ils ne sont pas le résultat d'une obser- vation aussi directe que le Discours, mais ils renferment pourtant bien des renseignements précieux. Ici, Payen excelle surtout dans les détails pitto- resques et dans les portraits, tellement frappants qu'ils semblent avoir été pris sur le vif, comme celui d'Escaubekc, le calviniste discoureur et facétieux, » non « pas de ces songereux , chagrins et tt revêches évangelicques qui ont ordi- « nairement la face morne, pâle et mé- » lancolique , signes évidents d'une • conscience mal assurée et esprit sans • repos «; — celui de Bréderode, » per- II sonnage escervellé, qui avoit esté si « bon mesnager en son temps qu'il se Il troavoit en debte de trente mille flo- « rins pour le moins, oultre la valeur de « ses biens » ; — celui de Robert de la « Marck, » aussy fol estourdy que per- II sonnage hardy, valeureux et remuant, » tel que l'on pouvoit souhaiter pour Il exécuter une entreprise hasardeuse « ; — celui d'Egraont, « très hardy soldat, Il au demeurant peu versé aux lettres, » grossier et ignorant en matière d'Estat Il et police civile, . . . personnage de grand n courage, cupide de gloire et haut à la » main , si oncques en fust , ouvert « néanmoins et sans malice «. Le prince d'Orange lui-même est jugé sans passion , car, à l'inverse du DîscoMrs, les il/effîofre.s sont l'œuvre d'un écrivain qui veut être impartial : » Personnage d'une merveil- II leuse activité d'esprit...; jamais parole « arrogante ou indiscrète ne sortoit de « sa bouche ni autrement... Il avoit la • parole douce et agréable, avec laciuelle " il faisoit ploier les autres seigneurs de » la court ainsy que bon lui sembloit; " aimé et bien voulu sur tous autres de n la commune pour une gratieuse façon Il qu'il avoit de saluer, caresser et arrai- « sonner familièrement tout le monde ; Il au demeurant d'un naturel craintif, » comme il avoit souventes fois monstre » dans la guerre de France «. Les informations de l'auteur lui vien- nent évidemmentdes meilleures sources, et, ce qui n'est pas un moindre mérite, son récit a une animation, une couleur qui lui donnent un intérêt particulier. Aussi une quantité de traits des Mémoires lui ont été empruntés par les historiens modernes, notamment dans les pages où Payen raconte l'existence des seigneurs, la ligue contre Granvelle,le Compromis des nobles, la présentation de la requête, l'assemblée des confédérés à l'hôtel de Culembourg, les excès du mois d'août 1566, l'entrevue de Termonde. où » le H prince d'Oranore déboucha les parolles Il mémorables prédisant la mort ignomi- •I nieuseducomted'Effmont : « Monsieur Il mon cousin, les Espagnols entreront •I vrayementau Pays-Bas, puisque vous Il le voulez, mais je vous asseure que Il vostre teste leur servira de pont " ; phrase bien autrement touchante dans sa simplicité que l'invraisemblable apos- trophe si souvent répétée : « Adieu, » prince sans terre » . Les Mémoires de la (/verre civile, restés inachevés, s'arrêtent à l'année 1567. Les copies qu'on en possède à Lille, Douai, Arras et La Haye comprennent trois livres et vont jusqu'à l'arrivée du duc d'Albe; celle de la bibliothèque rovale de Bruxelles, manuscrit 6041- 6042, cont'ent en plus l'établissement du Conseil des troubles, au mois de sep- tembre 15 67, qui forme le commence- ment d'un quatrième livre. Ils furent composés longtemps après la date à la- quelle ils s'arrêtent, car il y est question de VJpologie du prince d'Orange, pré- sentée aux Etats-généraux au mois de décembre 1580. Le? Mémoires tt le Dis- cours ont été publiés dans la Collection des mémoires relatifs à l'histoire de Bel- gique, sous ce titre : Mémoires de Pontus Payen, avec notice et annotations, par Alexandre Henné. Bruxelles, 1860- 1861; 2 volumes in-S». 781 PAYEZ - PECK 782 Suivant Ferry de Locres [Chronicon belçicum, p. 695),Payen avait entrepris et écrit en partie une Histoire de l'admi- nistraiion d'Alexandre Farnèse dans les Pays-Bas Ce troisième ouvrage n'est pas parvenu jusqu'à nous. Ern. Gou«r(. Souvenirs de la Flandre wallonne, t. IV, p. i45- i68.— Le Roux. Théâtre de la noblesse de Flandre et d'Artois. — Comte G. de Haiileclocque, Arras et l'Artois sous le gouvernement des archiducs Albert et Isabelle. — Pa(7iiol, Matcritiu.r pour l'histoire littéraire des Pays-Bas, nTï. lie la Bi- bliothèque royale de Bruxelles, ITfvi'â, t. III, p. -1613. — A. Leboncq de Ternas, Recueil de lu noblesse des Pays-Bas, de Flandre et d'Artois.— Henné. Mémoires de Pontus Payen. — Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publi- ques de France. Départements, I. XXVI. n^s ^uo, o8C. - Catalogue des manuscrits des bibliothè- ques publiques des départements. I. VI, n« 91" el p. 670-671. — Renseignements fournis par MM. A. Guesnon et J. Chavanon. PAYEE (Régnier), écrivain ecclésias- tique, né à Bossut-sur-Pyle. en ]fi42, mort à Bruxelles, le 16 avril 171 fi. Après avoir fréquenté avec succès l'uni- versité de Louvain, Eesrnier Payez prit l'habit de récollet au couvent de cette ville, en 1660. Lorsqu'il eut terminé ses études, il fut charo^é d'enseiofner la philosophie aux jeunes religieux de son ordre. De 1672 à 1675, il remplit les fonctions de lecteur de l'Ecriture Sainte. Nommé gardien à Venloo, en 1675, à Bruxelles, en 1683, et à Louvain, en 1693, il fut plusieurs fois investi des charges de définiteur, de commissaire et de visiteur des deux provinces dites d'Allemagne. En 1694, il assista, en qualité de vice-provincial, au chapitre général qui fut tenu à Victoria en Bis- caye. Il fut nommé provincial de l'ordre, en 1699, et se rendit, l'année suivante, au chapitre général qui eut lieu à Rome. Le zèle qu'il déployait dans l'exercice des diverses fonctions qui lui furent confiées n'empêcha jamais son assi- duité aux offices divins, et il trouvait encore assez de temps pour donner des soins tout particuliers à l'extension de la congrégation des tertiaires à Bruxelles et dans d'autres villes. Il mourut au couvent de Bruxelles, après avoir édifié ses confrères par sa piété. Reznier Payez a publié : ] . La Rèple du Tiers-Ordre, dit de la Pénitence, ins- titué par S. François et confirmé par le pape Nicolas IF pour les personnes sécu- lières de l'un et de l'autre sexe, qui désirent rirre religieusement dans le monde. Arec une Explication des autheurs qui ont écrit sur la dite liètjle, les cérémonies qui se (' ardent à la veïttre et profession des Frères et Sfpurs ditdit Ordre, et un catalogue des saints, des bienheureux et des personnes illustres qui ont professé cette Règle. Bruxelles, Pierre Vande Velde, 1685; in-12, 268 p. Avec une estampe qui représente les stigmates de saint Fran- çois, dessinée par A. van Diepenbeeck et gravée par P. van Lisebetten. Dans la deuxième partie de ce volume est une notice sur la vie privée de l'infante Isa- belle. Une seconde édition de l'ouvrage a paru chez le même imprimeur, en 1688; in-12 de 263 p. Une traduction fla- mande a été éditée en 1690 et réimpri- mée plusieurs fois à Malines et à Bru- xelles. — 2, Oraison funèbre de feue madame Marie- Anthoivette de Cardenas, princesse de Chimay et du Saint- Empire, vice-reine de Navarre, etc., prononcée en l'église des RR. PP. Récollets, à Malines, le 16 de juillet 1693. Malines, André Jaye, 1693; in-4o. Marie-Antoinette de Cardenas UUoa Balda Zunniga y Velasco était du tiers ordre de Saint François. Cette dame avait épousé Ernest-Alexan- dre-Dominique de Croy, duc d'Arenberg, prince de Chimay. Léop. Devlllers. Antonii Sanderi presbyteri chorographia sacra Brabavtiœ, l. III. p. 118 el ■(;». — Paquol. Mé- moires pour servir à l'hist. litt. des Pays-Bas, t. II (Louvain, ilUn), p. Wt. — I». F. iServais Dirks. Histoire litt. et bibl. des Frères mineurs de l'Observance de St-François en Belgique et dans les Pays-Bas, p. 333. PRrK (P/(?rre),PECQDius ou Peckius, jurisconsulte, né à Zierikzée en Zélande, en 1529, mort à Malines, le 16 juil- let 1589. Il étudia à l'université de Louvain oii il devint docteur en 1553, puis succéda, en 1555, à Hopperus dans la chaire dite de Paratitles ou exposition méthodique des titres du corpus juris. Elève de Mudaeus (Gabriel van der Muyden), il est un des adeptes de cette école élégante, dont le jurisconsulte brechtois avait inaugure la méthode 783 PECK 784 dans notre enseignement. Ce cours fut érigé par Philippe II en chaire royale. Peck le conserva jusqu'en 15 62. A cette date, il succéda, dans la leçon ordinaire de droit canon à Vendeville, nommé professeur à Douai. Bien que cette chaire fût à la collation du magistrat de Lou- vain, Philippe II assigna à Peck sur son domaine des gages de soixante livres de Plandre. Après vingt ans de ce nouvel enseignement, en 1582, il fut nommé conseiller au grand conseil de Malines, Il y avait près de trente ans qu'il ensei- gnait ; la date de sa nomination à Ma- lines paraît incertaine ; Foppens cepen- dant indique la commission en date du 25 février 1582, et cette précision semble donner une probabilité à cette date, de préférence à celle de 1586 qu'indique Valère André. Peck résida tantôt à Na- mur, tantôt à Malines où il mourut. Peck est un jurisconsulte qui a publié plusieurs ouvrages de droit civil et de droit commercial. Dans la préface de ses livres, il nous donne aussi quelques indications personnelles. Plusieurs de ses livres sont dédiés au président Jean Richardot dont il fut l'ami . Dans l'intro- duction RuirSiité De testamentis conjugum , datée de Namur efi 15 85, il nous dit que, dès le début de sa carrière, à Lou- vain, il avait pris pour règle de donner au travail de publication tout le temps dont les devoirs professionnels lui per- mettaient de disposer. Il passait pour un professeur soigneux et bienveillant. Nous n'avons pas à examiner ses idées. Quelques-uns de ses écrits eurent du succès et eurent même, après sa mort, des éditions annotées. On a fait remar- quer avec raison que le titre principal de Peck dans l'histoire du droit est que, l'un des premiers dans les temps mo- dernes, ils'est occupé du droit maritime, notamment dans ses Commentaria in omnes pêne juris civilis iitulos ad rem nauticam pertinentes , écrits en 155 6 et dédiés aux magistrats de sa ville natale. Les ouvrages de Peck ont été plusieurs fois publiés. L'édition des Opéra om.nia, Anvers, Verdussen, 1679, contient les travaux suivants : 1. De regulis juris. — 2. Partitiu titulorum utriusque juris . — ^. De continentia derir.orum. — ^. De reparandis ecclesiis. — 5. De amortiza- tione bonornm. — 6. De testamentis con- jugum lib. V. — 7. ParapJirasis in uni- versam Legatorum materiam. — 8. De jure sistendi. — 9. Ad partem juris de re NatUica commentaria. y. Brants. Valere André, Fasti academici. — Vernulaeus, Academia Loimnensis. — ■ Yoppens, Histoire du Grand Conseil de Sa Majesté fBibl. nat., Bru- xelles, ms.). — BrWz, Ancien divit belqiqne. — Messager des sciences historiques, dSGS, p. 4S5. — Rivier, Histoire du droit. Patria belgica, t. III. PECK [Pieyre], Pecquius ou Peckius, homme politique, né à Louvain en 1562, mort le 28 juillet 1625, fils du précé- dent. Il fit des études d'humanités très approfondies, s'adonna aux langues, aux muses et ne cessa même de les cultiver plus tard, au milieu de ses plus graves occupations. Puis il s'appliqua au droit, sans atteindre le titre doctoral ; il y acquit cependant de l'habileté qui se révéla dans la pratique du barreau à laquelle il s'adonna à Malines [Mechli- niœ ... ad usum forensem). S'il faut en croire le secrétaire du conseil de Bra- bant, Loyens, qui écrit en 1667, il y obtint une réputation considérable, principnlum jurisprudenliae, sa clientèle était très forte, et les archiducs voulurent faire profiter la magistrature de ses lumières, en l'appelant en 1601 au con- seil suprême de Malines. Loyens fait à ce propos un très vif éloge de ses mérites, de son honorabilité judiciaire. L'estime de son habileté et de ses qualités devait lui ouvrir une carrière politique et le désigner à des missions difficiles. Il fut spécialement protégé par Jean Richardot, président du conseil privé, ami de son père. Ce fut lui qui le mar- qua pour le poste de Paris. Sa plus laborieuse mission fut certes celle qu'il remplit près d'Henri IV, comme ambas- sadeur des princes des Pays-Bas. On sait combien peu était rassurante l'attitude du roi de France qui, malgré la paix de Vervins, restait hostile aux Habsbourg, sympathique aux Hollandais dissidents, etqui préparait la campagne de revanche. On a dit assez de cette politique pour qu'il soit inutile d'y insister, non plus 785 PECK 78n que sur la position délicate d'un ambas- sadeur des Habsbourg belges. La cor- respondance diplomatique de Pecquius, dont des fragments importants ont été publiés, est pleine de ces incidents diffi- ciles. La pnrùe inédite en contient bien d'autres (Ij. Parti pour Paris en 1607, il y demeura quatre ans. C'est la pé- riode la plus critique des relations de la Belgique a\ec la France. Henri IV, rusé, ne voulant pas la guerre immé- diate, mais ne voulant pas davantage fortifier les Habsbourg, proteste parfois de ses bons sentiments tout en ne laissant pas de montrer sa défiance et son hostilité. Ambassadeur d'un petit Etat, Pecquius n'en a que plus de diffi- cultés à se tenir, d'autant que le roi ne lui ménage pas toujours les vivacités. Plus tard les fâcheuses aventures que provoque la passion royale, la fuite de la princesse de Condé réfugiée en Bel- gique, rendirent cette situation plus difficile encore, et mirent à contribu- tion toute l'habileté et toute la fermeté de Pecquius comme des archiducs eux- mêmes. Au surplus, son attitude lui valut l'estime même de Henry IV, qui le qualifiait de « sage flamand « et qui avait rois sa présence d'esprit à plus d'une épreuve. Henrard et le duc d'Aumale ont publié une partie de ses lettres de cette époque, adressées à nos princes. Philippson en a analjsé aussi, mais dans une tendance très antipa- thique pour les Habsbourg et leur am- bassadeur. Il en reste bien qui mérite- raient de voir le jour; elles mettraient en nouvelle lumière la politiqued'Henri IV, si troublante pour la chrétienté. Le sort delà principauté belge était fort mêlé à tous ces intérêts. Henri IV ne voulait pas de la réversion à l'Espagne prévue par l'acte de 1598, au cas où les archi- ducs mourraient sans postérité. Pecquius se trouva mêlé, en 1608, à la négo- ciation d'un projet curieux, qui ne se réalisa point (2) : il s'agissait de marier 'i) La copie de beaucoup de lellres iniéres- santes se irouve réunie dans la collection formée par Gachard, aux archives du royiume, sous le nom ili; Documents higtoriques, vol. XVII. (•2; Au volume cité des Documents inédits, f" 69, M'*, elc. uue princesse française à un iafiiut qui viendrait aux Pays-Bas comme héritier des archiducs. Ce projet fut discuté avec le roi qui n'en était pas éloigné, appuyé par le célèbre P. Colton, bien accueilli aussi à Rome, où les archiducs deman- daient souvent l'appui contre Henry. Paul V ne se faisait pas d'illusion et les correspondances romaines le prouvent assez. De Rome, Pecquius reçoit sur le projet en question une lettre très encou- rageante du cardinal Barberini, qu'il avait connu à Paris du temps de sa nonciat\ire et qui lui gardera plus tard toute son estime, même quand il sera monté sur le trône de Saint-Pierre sous le nom d'Urbain VIII. Peckius résidait donc à Paris notam- ment pendant les négociations si labo- rieuses de la trêve de douze ans, conclue en 1609 entre l'Espagne, les Pays-Bas catholiques et les Provinces- Unies. On en trouve non seulement les éléments dans sa correspondance, mais dans celles des autres diplomates, tels que le prési- dent Jeannin. Cette trêve ne termina pas les difficultés. Nous en avons iious-mérae parlé ailleurs, llichardot lui-même re- tourna à Paris, où Peckius était encore pour détourner Henri 1 V' de la guerre de Juliers; la correspondance de l'ambas- sadeur de France à Bruxelles nous en parle aussi. Sur sa vie à Paris, son installation vers la porte Sainl' Michel, on trouve quelques détails pittoresques dans les lettres ??iac«row/yK^^$ si curieusesd'Aubert Le Mire qui alla visiter Peckius dans la capitale. Peckius n'avait pas abandonné les lettres; Juste Lipse l'en félicitecn termes flatteurs et chaleureux, regrettant que trop souvent les affaires détournent des arts et de la culture de l'esprit (1). Son amour des lettres persiste au milieu de ses occupations diplomatiques; à Paris, pendant son ambassade, il compose, sur la décadence des lettres, une pièce de vers que ses amis firent imprimer à (1, Tu uliuiini: jau.risti, dil-il Eiiist. lent. V miscdlaniM . epist. IW. au conseiller P. l'crkius, a MHlines, sept. if;0:2, dans les 0;/<)«, ('•ri. IManlin, 1637,1. H, p. 18aJ. 787 PECK 788 Anvers. Il se lamente de la décadence des lettres, des minuties des critiques de textes, des âpres conflits qui les di- visent. Litteraeindecores jacent . . . Lingua noxia, dens nocens, Uvidique acies styli docta parcere nemini ... Cette petite pièce porte pour titre : Pétri PecH pro studiis humanitatis votum (Antverpiae, apud Joach. Trognaesium, 1608). Elle donne un curieux aperçu des récréations d'un diplomate aussi gravement occupé. La mort d'Henri IV mit fin à la partie la plus laborieuse de l'ambassade de Pecquius. On sait combien les affaires de Juliers devenaient dangereuses pour nos provinces et quel soulagement la mort imprévue d'Henri IV y apporta. L'ambassadeur revint dans son pays occuper les fonctions de membre du conseil privé que lui attribuait la recon- naissance de ses princes. Sa commission de membre du conseil est datée de Ma- riemont, le 24 octobre 161 0(1). Ses qua- lités à la fois diplomatiques et juridiques y trouvaient leur emploi; il fut d'ailleurs appliqué à des missions de confiance et de choix . L'archiduc le chargea, en 1 6 1 2 , de se rendre à Vienne régler, près de l'empereur Mathias, la ([uestion de sue- cession ; en 1611, il fut dès son entrée au conseil chargé d'un travail juridique considérable. D'après une note de Fop- pens, il fut chargé, avec deux de ses collègues, de la rédaction du célèbre édil perpétuel de 1611, qui marque une étape importante dans l'histoire de notre droit privé (2). En 1614, Pecquius recevait une nou- velle promotion ; il était nommé chan- celier adjoint du conseil de Brabant et, en 1616, le dix-huitième titulaire de ce poste important. Peckius était alors à l'apogée de sa carrière. La présidence du Conseil privé était, on le sait, le vrai poste de premier ministre des Pays-Bas. Après la mort de J. Richardot, elle fut longtemps vacante, de 1609 à 1614. date de la nomination du président Macs. (1) Arch. roy. Belg. Conseil priv. Comm. des conseillers. {% P'oppens, noie manuscrite de la Chronique abrégée de Bruxelles, f" i29 (Bibl. roy. de Bru- xelles, ms. no i0281); cette note ne se trouve pas dans l'édition imprimée de ladite chronique. Pendant cette période, Pecquius, en sa qualité de conseiller privé et de chance- lier de Brabant, eut avec Macs, encore conseiller, une grande part aux affaires. L'archevêque Bentivoglio, le célèbre car- dinal historien, alors nonce à Bruxelles, nous atteste son active participation aux affaires publiques. « Il consiglier Peck, » dit-il, è di spedita natura, e di grand' » habilita né maneggi pubblici; e per » essersi acquistata egli particolar Iode " in Francia, dove e stato alcuni anni « ambasciatore degli arciduchi , vien 1 impiegato non meno in afifari politici, » che giuditiali «. Le témoignage de l'illustre diplomate ecclésiastique n'est pas banal, pour être moins ampoulé que bien d'autres. A ses autres fonctions, Peck joignait encore celles de juge de l'armée. Au surplus, il fut dans les années suivantes mêlé à des affaires multiples. Comme on l'a remarqué, il paraît l'avoir fait dans un esprit éloigné à la fois du désir de conquérir la popularité de la foule ou la faveur princière, et plutôt dans une pensée sévère et juridique. On le voit en deux circonstances remarquables prendre parti contre les communes et contre le prince dans des questions vivement dis- putées alors. Chancelier de Brabant, il avait, vu les privilèges de l'Etat brabançon, un pouvoir considérable. Il devait sceller les ordonnances pour ce duché. En 1618, il se trouva en conflit avec les princes, en refusant, malgré leurs instances réi- térées, de sceller une ordonnance rela- tives à certaines nominations. M' de Bavay, qui relate cet incident, croit que le magistrat eut gain de cause dans cette lutte. D'autre part, en 1619, surgissait, à propos de l'impôt dit du gigot, c'est-à- dire d'un « gigot » sur chaque pot de bière, le conflit violent entre l'archiduc et les nations de Bruxelles, qui se pré- tendaient lésées dans leur droit de vote de l'impôt. L'affaire émouvait fort les nations , car elle touchait à la grave question du droit financier, de l'autono- mie. Pecquius, chancelier, prit parti pour l'autorité princière et chercha à 789 PECK 790 négocier avec les nations dont l'opposi- tion avait des allures frondeuses. Ces négociations n'étaient pas faciles. En vain Pecquius harangua les nations en sa qualité de délégué des princes. Il fut même chargé par eux de recueillir les faits se rapportant à la rébellion de Gand sous Charles-Quint. L'affaire se termina, sans apaisement, par le ban- nissement des principaux fauteurs, la réduction du droit des nations par or- donnance du 25 octobre 1619 et la no- mination d'une commission chargée de faire droit aux plaintes concernant le régime économique de la ville, commis- sion dont Pecquius fit partie avec Pierre Roose. Galesloot et Gachard ont donné d'abondants détails sur ces trou- bles où le chancelier joue un rôle très actif. Les missions diplomatiques de Pec- quius n'étaient pas terminées. A la fin de sa carrière, il en reçut de nouvelles. En 1620, les affaires de Bohême trou- blaient l'Allemagne, et l'empereur Fer- dinand II demandait contre les révoltés de Bohême l'appui de la ligue catho- lique, que présidait le duc Maxirailien de Bavière. En deux réunions tenues à Wurzbourg, on discuta la conduite à tenir par la ligue. C'est à la seconde, réunie le 1 6 février 1620, que l'archiduc Albert se fit représenter par le chance- lier. Cette réunion fut presque aussitôt suivie d'un congrès des princes à Mul- house. C'est de ces deux assemblées que sortit la décision d'aider l'empereur à reconquérir, surles rebellesetle Palatin, son royaume de Bohême. L'autre ambassade, confiée en 1621 au chancelier, touche de plus près aux aflPaires des Pays-Bas ; elle a un caractère mystérieux. Une dame de t'Serclae; s'était dite autorisée par le prince Mau- rice de Nassau à informer les princes belges, sauf à ne pas dire qu'elle tenait de lui cette information , qu'il appuyerait une demande de réconciliation des Etats aven l'Espagne, si une récompense signalée hii était garantie. Gachard a raconté cet incident d'après les lettres inédites de la correspondance des archi- ducs avec le roi d'Espagne. L'histoire est curieuse. Désireux de donner suite à ses communications, les princes char- gèrent Pecquiu.s de se rendre à La Haye. La mission était délicate ; elle fut même périlleuse. A vertis, les protestantsavaient ameuté les esprits. A Rotterdam, Pec- quius fut insulté ; à Delft, on lui jeta des pierres. Mais les princes de Nassau vinrent à sa rencontre, et, le 23 mars 1621, reçu en audience aux Etats généraux, il leur proposa de reconnaître la souveraineté du roi et des archiducs. Le 2 5, une réponse, hautaine et énergique, rejeta sa proposition; le prince d'Orange lui exprima sa surprise d'une telle de- mande, ajoutantqu'à Bruxelles on devait être mal informé de l'état des esprits! Ilya évidemment des choses bien louches dans toute cette négociation. La propo- sition de soumission était-elle trop com- plète pour réussir? Pecquius avait-il été trop vite, comptant sur le succès? C'est ce que Maurice prétendit plus tard, rejetant sur l'attitude du chancelier l'échec de la négociation. Qu'y avait-il en tout cela de vrai et de sincère? Toute l'histoire laisse une impression de dissimulation à charge de Maurice de Nassau. » Les archiducs », dit Gachard, » s'étaient promis de grandes choses du » voyage de Pecquius ; leur déception » fut cruelle lorsqu'ils en surent le ré- » sultat ». Cette déception eut-elle son contre-coup sur la faveur dont jouissait le chancelier? Le prince Maurice a-t-il accrédité le bruit que l'échec de la com- binaison fut due à son manque d'habi- leté, comme il le disait en 1624 à l'am- bassadeur de France? (1) Toujours est-il que nous ne voyons plus le vieux homme d'Etat chargé de fonctions nouvelles. Son âge sans doute s'avançait, mais d'autres renseignements soulèvent des conjectures sans rien préciser. Parmi les nombreuses relations de Pecquius, il y en avait une d'un caractère intime; une amitié profonde le liait au célèbre jésuite et historiographe Charles Scribani, très mêlé, par les devoirs de ses missions.au grand monde politique de l'époque. Quelques lettres nous montrent la fin ri) Waddinglon, La république de» Province» Unies de 1630 a 1650 (Paris, 1893,, 1. 1, p. 59. 791 PECLERS 702 de la carrière du chancelier affligée par la disgrâce; cette disgrâce ou du moins cette diminution de faveur atteignit, semble-t-il, un fils que d'ailleurs nous ne connaissons pas. « Ignorer les mœurs » de cour ne sied pas à ceux que la cour on Pedro demeura encore quelque temps à la cour de Bruxelles; la charge d'aumônier des princes, au sens liiteral, était assex lai^e, car la compta- bilité de rhôtel port€ en 1612, par exemple, la mention : A dom Pedro de Tolède, 560 florins • para la limosna • ordinaria deste présente mese de Jul- • lio 1612 ». Il y est encore en décembre 1612, où nous le voyons assister à la remise du corps de Saint-Albert de Louvain, au couvent de^ Carmélites de Bruxelles. Le 1 S juillet 1 6 1 5 , il présente le missel pour la prestation du serment des Ewts et de rarchiduc, au nom de Philippe III, comme futur prince des Pays-Bas. Puis nous n'avons plus trouvé meniiou de ce personnage, qui mérite sans dont*, par les fonctions qu'il a remplies, de figurer dans cette biogra- phie. V. Brints. Archiva générales du royamae : CrOnespoD- danee de Roae, vol. III et tS, jmssôm. — Ibid. Chambre des compte^; comptes de Phétei Q*i837; Libro de Raxoo. — Ibid. Cartolaires el maiMS- crits. DocDBents hi.'^toriques. vol. IVU, f^ 38, 42, etc. — >"a\^rrete. hoc. inaiit. pan la kùi. de Esp., L XLU. p. *ii. — Benu vogiio, Kébatme éi flamdra, part. I, cap. 3. — yegotàmtiomt de Jtmmmim, mém. relatifs a l'histoire de FV»Doe, eoU. Petitot. — V. Braiits, J. Richardot, .Voce sur ta migima de la legaàem des Paif*-Bas a JfanK. LonaîB, istas. 4891. FÉK {EHfffihtrt v.%x\ également de Pie, peintre, naquit à Bruxelles vers le milieu du ïvie siècle, et y fit, dit-on, ses premières armes. Attache à la cour de Bavière dès l'année 1581, il aurait été, à Munich, l'objet des vexations de ses confrères, jaloux des privilèges de leur corporation Contraint de solliciter la maîtrise, il l'obtint en 1 60 1 . On cite, conune ayant été exécutés par lui, les portraits de l'électeur et de l'électrice, peints en 1600; celui de la duchesse Madeleine et d'autres membres de la maison électorale, datant de 1601. Une de ses dernières créations fut l'effigie du cardinal de Lorraine, terminée en 1604; il mourut l'année suivante. On assure qu'avant de se fixer à Mu- nich, il avait travaillé à Landshnt, d'oii la conclusion qu'il fttait d'âge mûr au moment oiî l'on constate sa présence dans la capitale de l'électorat. Houbraken renseigne un Emmanuel van Pée, bruxellois également, fils du secrétaire de Marguerite de Parme. Il est difficile d'identifier ce personnage avec notre artiste, vu que, pour cause de myopie, il dut, selon l'auteur, renoncer à son art. Hesri HjBaiw. Nader. .Vmet Allgemeines Kimstler Lexikon, t.xiji^i;, p.4»^. PEK (Henri tax). Voir Pede. *PKE (Jean tais), peintre, de souche bruxelloise, né à Amsterdam vers 1630, mort à Anvers après 1714. Il était fils d'Emmanuel, peintre, mais surtout mar- chand de tableaux et paraît s'être formé par la copie des toiles de la boutique paternelle. En 1657, il habitait Leyde et y contractait mariage, le 10 avril. Pousse par son désir de visiter le Bra- bant, berceau de sa famille, il prit, à l'insu de sa femme, le chemin d'Anvers, la fameuse ville artistique, et y fit un séjour de huit mois au bout duquel, de retour au pays natal, il parvint à décider sa femme à l'accompagner sur les bords de l'Escaut. Elle y mourut en 1699. Van Pée s'était acclimate le mieux du monde à Anvers, et, par les registres-matricules delà gilde de Saint-Luc, où on le trouve, comme dans le catalogue du musée, ren- seigné sous le nom de • Van Penne », nous apprenons qu'à dater de 16S4-16S5 dfS élèves, en grand nombre, fréquen- tèrent son atelier. Un seul, J.-J. Hore- mans, fit quelque honneur à l'enseigne- ment du maître, lequel finit sa carrière s Anvers au mois d'octobre 1710, lais- sant pour héritiers deux fils dont le peintre Théodore van Pée. Celui-ci ap- partient à l'école néerlandaise. Nous n'acceptons pas sans réserve la date du décès de Jean van Pée, nonobstant la respectable autorité de M' F.-J. van den Branden , archiviste d Anvers. C'est qu'en efl'etjSousla date de 1713-1714, les registres de la gilde de Saint-Luc mentionnent l'admission de J.-B. Meuris et de Jacques Hertoghs, en qualité d'apprentis, dans l'atelier de Jean «Van Penne ». Le musée d'Anvers possède du pinceau. 805 PEECKS 806 de ce dernier une assez grande toile, la Faiseuise de crêpes, peinture de qualité ordinaire. Eu 1 747, à La Haye, parurent, à la vente des œuvres délaissées par Théodore van Pée, un bon nombre de créations de son père. C'étaient presque exclusivement des copies d'après Rubens et Van Dyck: les Trois ff races, la Charité, travaux de petites dimensions exécutés sur cuivre. On les paya en moyenne, de 16 à 17 florins. Henri Hyinans. ¥.-i. \'a.nden Brzïiûen, Geschiedenis dcr Ain- uerpsche schildcrschool. Anvers, 1883. — Cata- logue du ilusee d'Anvers, art. Van Penne. — Kombouls el van Lerius, Les Liggeren et autres archives de la gilde artistique de Saint-Luc d'An- vers. — Arn. Houbiaken, De qroote Schoubunjli der yederlantsche konstschilders en scitilderessen, 1. 111, p. 84-89, ou ligure le portrait de l'artiste. A.-D. de Vries, Biographische aanteekeningen , 1886. PEECKS {Jean), autrement dit Jean D£ Los, peintre et chroniqueur, naquit à Looz le 31 janvier 1459. Bien jeune encore, en 1466, il suivit à Liège ses parents, obligés d'abandonner le toit de leurs ancêtres pour échapper aux ravages de la peste et aux persécutions de la faction des Couleuvriniers ou compagnons de la V^erte-Tente. Après une absence de huit mois, il revint à Looz où, l'an- née suivante, un nouveau malheur vint frapper safamille. Son père, Jean Peecks, ayant été député pour sceller, au nom de la ville, la paix conclue entre les Liégeois et le duc de Bourgogne, se vit bientôt menacé de mort par le parti opposé et dut chercher un refuge à Diest. Sa femme éplorée se rendit à Liège avec ses enfants, dans l'espoir d'obtenir la grâce de l'exilé; mais Kaes de Heers, le chef des rebelles, se montra impitoyable et la malheureuse dut re- tourner à Looz sans avoir rien obtenu. Là, elle trouva sa maison et ses meubles conlisqués, et fut obligée de vivre sous la dépendance des Couleuvriniers, jus- qu'au moment où la défaite de Brusthera mit tinà leur tyrannie (28 octobre 1467). Ces calamités que Jean Peecks nous raconte en termes émus, ne furent pas sans influence sur sa destinée. Dès qu'il eut terminé ses premières études à l'école de la collégiale de Looz, il alla se pré- senter au monastère de Saint-Laurent, près de Liège, où il fut re(;u comme postulant, le 15 juillet 1477. Comme il n'avait pas encore Tàge requis pour prendre l'habit et qu'il s'était exerce, quoique sans maître, dans l'art de la l>einture, on utilisa son talent en lui faisant décorer plusieurs salles et même une porte extérieure de l'abbaye. En 1478, il fut admis au noviciat, et, le 29 septembre 1479, il fit sa profession, du consentement de tous les religieux, dont il avait gagné l'estime et l'amitié. Sousl'habitde bénédictin, Jean Peecks s'adonna aux travaux historiques et de- vint, avec son confrère Adrien d'Ouden- bosch, le continuateur de la chronique de Jean de Stavelot. Cependant il n'en persévéra pas moins à peindre pour le couvent. On cite de lui une Passion de Notre-Seigneur, les tableaux de la fonda- tion de l'abbaye, V Arbre généalogique de sainte Anne, et, dans l'église, la Chute de Lucifer et le Jugement dernier, qui se voyaient encore dans la seconde moitié du xvii* siècle, mais dont les ligures étaient si effroyables, au dire d'Abry, qu'on jugea convenable de les soustraire à la curiosité des fidèles. Ces productions étaient si prisées par l evêque Erard de la Marck, qu'au temps de Pâques 1507, il demanda à l'abbé de Saint-Laurent, Henri d'Oreye, la permission de faire décorer par frère Jean la chapelle de Saint-Côme et Saint-Damien du château de Huy, qui venait d'être restauré. Ce travail, que le modeste religieux n'en- treprit que par esprit d'obéissance, n'était pas achevé dans les derniers jours de septembre, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même en soupirant après les lieux qu'il avait quittés. L'abbé étant venu à mourir le 24 juillet 1508, Erard voulut assister, le lendemain, à l'élection de son successeur et fit si bien que tous les sufirages se portèrent sur Jean de Los. Après avoir été confirmé par le pape, l'élu reçut la consécration abbatiale des mains de l'évêque, le 3 1 janvier de l'an- née suivante. Dès lors, il s'attacha à gouverner sagement son monastère, sans toutefois abandonner ses études histo- riques ; mais, atteint depuis longtemps 807 PEELLAERT 808 d'un mal incurable, il expira le 14 juillet 1516. On l'enterra devant l'entrée du chœur de son église, sous une pierre tombale qu'il avait fait faire l'année même de sa promotion à la prélature. S'il n'est rien resté des peintures de Jean de Los (1), nous pouvons du moins nous féliciter de posséder encore sa chronique. Il avait d'abord écrit, sur les instances de son prieur, une histoire contemporaine de l'abbaye de Saint- Laurent , en y mêlant certains faits relatifs à celle du pays. Ce premier tra- vail ne l'ayant pas satisfait, il en re- trancha tout ce qui concernait son cou- vent, ainsi que les détails qu'il trouvait fastidieux. Sa chronique ainsi remaniée a été publiée par De Ram, à la tête des Documents relatifs aux troubles du pays (/eZze^e (Bruxelles, 1 844; in-4o), d'après le manuscrit, probablement autographe, de la Bibliothèque royale. Elle comprend les événements dont la principauté de Liège, en particulier, leBrabantetquel- ques autres contrées furent le théâtre, depuis 1455 jusqu'en 1514. La pre- mière moitié n'est guère qu'un abrégé de la chronique d'Adrien, mais dans un latin plus littéraire; la seconde partie (1482-1514) est un travail original, remarquable par l'abondance et l'exac- titude des renseignements, une exposi- tion claire et méthodique, la meilleure source, en un mot, que nous ayons pour l'histoire liégeoise de cette époque. Baron de Chestnt de Haicffe De Ram. Documents relatifs aux troubles du pays de Lirge suiis Us firiiices-errques Louis de Bourbon et Jean de Home, p. II el siiiv. — llis- toria insignis monasterii Sancti Laurentii l.eo- dieusis, dans Marlene el Durand, Amplissima collectio,l. IV, col. -Ilo^ el suiv. — Gallia eitris- tiatia, 1. m. col. Qai — Daris, Histoire de la bonne ville de Looz, t. Il, p. i {Uimiruphies los- saines). — Abry, Les hommes illustn-s de la na- tion liégeoise, p. 30. — .1. Helbitî, Histoire de la peinturcau pays de Liège, p. 7". — Renier, Ca- talogue des dessins d'artistes liégeois d'avant le Xixe siècle possèdes par V Aradnnie des beaux- arts de Lii-ge,\). fô. — Cf. U iogr a phic nationale, t. II, col. 8-2, an. Beeck [Jean). (i) Un dessin à la plume et au lavis, représen- tant le Retour de l'Enfant prodigue, lui était allritjué par le chanoine Haraal, colleclionneur éclairé de nos épaves artistiques. Il est aujour- d'hui conservé dans les portefeuilles de l'Acadé- mie des beaux-arts de Liège. peELli.%EHT (^u^U67^ baron de), né à Bruges, le 12 mars 1 79-3, est fils d'un ancien chambellan de l'empereur Napo- léon. Il reçut son éducation à Paris. Dès sa jeunesse il montra les plus heu- reuses dispositions pour la littérature, la musique et le dessin. Son séjour à Paris lui permit de fréquenter les divers théâtres et de s'initier aux œuvres dra- matiques de l'époque. Ferdinand Paèr, l'illustre auteur du Maître de chapelle, lui témoigna une vive amitié et l'encou- ragea de ses conseils. J.-J. de Momigny, auteur d'un Cours d'harmonie, éditeur de musique, à Paris, lui enseigna le piano et l'harmonie, et ce fut sous les auspices de ce dernier que de Peellaert publia ses premières romances et deux trios pour piano, violon et violoncelle. En 1813, il quitta Paris pour se fixer à Bruges. L'année suivante, il fit repré- senter, au château de Saint-André, par des parents et des amis, une comédie intitulée : Crispin Momie, et, vers cette époque, il écrivit les paroles et la mu- sique d'un opéra comique en un acte, mais qui ne fut pas représenté. A la suite des événements politiques de 1814 et de 1815, la fortune du père de de Peellaert, déjà compromise par des spéculations malheureuses, sombra et le jeune amateur des beaux-arts vit, avec l'aisance, s'évanouir ses rêves de gloire artistique. Il sollicita et obtint sou entrée dans l'arméenéerlandaise, en qualité de sous-lieutenant. En garnison à Courtrai et tout en se livrant aux études nécessitées par sa position nouvelle, il composa différents morceaux de musique religieuse, ainsi que deux comédies ; Les mariages supposés et La rosière de Nevelen. Ce fut à Courtrai qu'il fit la connaissance du lieutenant général Cons- tant de Kebecque, chef de l'etat-major général de l'armée néerlandaise. Celui-ci le prit en amitié et le fit entrerplus tard dans le corps d'état-major du quartier- maître général. En 1817, de Peellaert écrivit les pa- roles et la musique d'un opéra-comique en un acte, V Heure du rendez-vous, re- présenté à Gand,deux années plus tard. Ze soldat sorcier , opéra-comique en un 809 PEELLAERT 810 acte, paroles et musique de de Peellaert (1 820), fut successivement joué à Cour- trai, à Bruges et à (land. M. Prosper Claeys, Histoire du théâtre de Gand, t. II. p. 320. constate que la pièce obtint un grand succès. Chargé en 1822 de travaux à effectuer en vue des reconnaissances militaires, de Peellaert visita le Luxembourg. Dans ses moments de loisir, il composa la musique à' Agnès Sorel, opéra-comique en trois actes, représenté à Bruxelles en 1S24. Cette œuvre fut suivie deZe Bar- cémide, joué également à Bruxelles l'an- née suivante. Au Barcémide succéda Teniers ou les Noces flamandes, opéra- comique en un acte, représenté à Gand en 1826. Survint la révolution belge. Le baron de Peellaert demeura au service do l'ar- mée néerlandaise jusqu'au moment où celle-ci quitta la Belgique. Dès 1831, il fut nomme capitaine de l'armée belge. Il résida d'abord à Gand et ensuite à Bruxelles où il put se fixer d'une ma- nière permanente. Il ne quitta plus guère Bruxelles que pour entreprendre de fréquentes excursions en France, en Allemagne et en Hollande. Mettant à profit son talent de dessinateur, il rap- porta de ses tournées artistiques un grand nombre de dessins, reproductions de sites et monuments étrangers. En 1834 eut lieu à Bruxelles la pre- mière représentation de Faust, drame lyrique en trois actes, paroles de ïhéaii- lon, musiq\ie de de Peellaert, qui obtint du succès. En revanche, Le coup de pistolet , opéra-comique en un acte , Bruxelles 1836, ne fut joué qu'une fois. Louis de Maele, paroles de Jacques Van- derbelen, traité primitivement sous la forme d'opéra-comique, remanié et de- venu grand opéra en quatre actes, fut représenté avec succès, à Bruxelles, en 1838. Une comédie en deux actes, Z« truc du grand seigneur (théâtre du Parc 1840), réussit complètement. Le Barigel, opéra-comique en un acte, poème de G.Oppelt, musique de de Peellaert, fut représenté à Bruxelles en 1842. En 1844, de Peellaert fit jouer au théâtre des Nouveautés, également à Bruxelles, le Perruquier de l'Opéra, vaudeville en un acte. En 1847, le littérateur-musicien fut élu président de la • Société des gens de lettres belges -. Le 18 décembre 1851, la société, celébraiil le quatrième anni- versaire de sa fondation, offrit à ses membres une soirée dramatique où fut représenté entre autres L'exil d'une priuci'sse , proverbe en un acte dû au président. Pensionné avec le grade de lieutenant- colonel, de Peellaert voulut tenter le sort à Paris; mais tous ses efforts n'abou- tirent qu'à faire représenter, à l'Odéon, L'exil d'une princesse, pièce d'abord re- baptisée : Un mariage russe, devenue ensuite: IJ n abus de pouvoir Gi finalement jouée (1855) sous le nom de Mariage par ordre. Le directeur du théâtre Lyrique avait accepté Le mariaye par testament, opéra-comique en un acte, paroles et musique de de Peellaert, non sans agréer en même temps du poète-musicien une avance de fonds de six mille francs à prélever sur les bénéfices que devaient rapporter... La Tanchonnette de Clapis- son. Ladéconfitiire du directeur entraîna la perte de l'argent et la disparition de la partition acceptée. Parmi les œuvres musicales de de Peellaert, il y a lieu de citer, en outre, un grand nombre de romances, cantiques. Les trois clefs, opérette de salon (1855), Monsieur et Madame Putiphar, opérette en un acte (1857), Le jour naissant, ouverture avec chœurs, une messe solennelle à trois voix, avec accompagnement d'orgue, portant comme titre : A Dieu ma der- nière pensée. D'autres œuvres musicales encore figurent à la liste de ses compo- sitions dressée par de Peellaert lui-même et terminant deux volumes intitulés : Cinquante ans de souvenirs (Bruxelles, 1867). Aux œuvres que nous venons d'énu- mérer, il convient d'ajouter : Les trois rivaux, comédie-proverbe en un acte ( 1 849j; Les amis et les ennemis, comédie en trois actes (1854); Le choix d'un état, comédie en trois actes (1854); Orphée aux Champs- Elgsées, vaudeville en cinq actes (1855); Olivia ou les suites d'une 8H PEEMANS 8i2 faute, drame en trois actes (185 5); Les tribulations d'un héritier, vaudeville en un acte (185 8); A chacun ses devoirs, comédie en un acte (185 8); Femme et veuve, comédie-vaudeville en deux actes (1858), toutes pièces jouées à Bruxelles et imprimées dans la même ville chez Lelong; cinq comédies, publiées à Ârlon en 1866, sous le titre de : Œuvres dra viatiques de de Peellaert ; Le mort vivant légende luxembourgeoise, Bruxelles, s d. ; Le bourreau de Vérone , roman Bruxelles, 1854; Au château de Maele recueil de contes, Bruxelles, 1855 deux volumes de contes et nouvelle: intitulés : Œuvres de M. A. de Peellaert Bruxelles; Pensées et réjkxionsd'un soli taire, un vol., Bruxelles, 1869. Durant plusieurs années de Peellaert fournit les dessins publiés dans le Voyage pittoresque et Châteaux et monuments des Pays-Bas, dessins qui furent lithogra- phies par Madou. De 1851 à 1860, il publia sous le titre : Souvenirs de voyage, trois séries de dix dessins : vues et sites de Belgique, de France, d'Allemagne et des Pays-Bas, recueillis au cours de ses tournées artistiques. L'ouvrage n'est pas sans mérite. A la vérité, l'auteur ayant recouru à plusieurs artistes de grand talent : Fourmois, Lauters, Simonau, Stroobant et Van der Hecht, pour la mise sur pierre de ses dessins, on ne peut émettre un jugement décisif quant à la valeur des œuvres-types. Il semble toutefois que de Peellaert fut homme de goût et s'entendit à bien choisir le motif des planches composant ses recueils. S'il y mêle un peu de fantaisie, il ne fait, sous ce rapport, que se conformer aux idées de son époque. Il est hors de doute que de Peellaert fut un homme très actif. En août 1863, il offrit de céder, moyennant la somme de quatre mille francs, au gouvernement belge, une collection de vues dessinées d'après nature, comprenant deux mille cent quatre-vingt-quinze dessins, dont mille et trois vues prises en Belgique. Le gouvernement crut ne pas devoir accueillir cette offre, par le motif qu'il n'existait pas de collection dans laquelle ces dessins pouvaient figurer. Nommé, en 1832, membre de la com- mission administrative du conservatoire de Bruxelles, de Peellaert occupa ces fonctions jusqu'en 1870, époque à laquelle sa santé l'obligea à prendre sa retraite. L'ancien directeur du conser- vatoire, Fétis, constate que de Peellaert remplit ses fonctions avec zèle et dévoue- ment, y portant toute la bienveillance de son caractère. Le baron de Peellaert mourut àSaint- Josse-ten-Noode, le 10 avril 1876. Ses œuvres musicales sont déposées à la bibliothèque du conservatoire de Bruxelles auquel il les a léguées. Florimond van Duvse. A. (le Peellaert, Cinquante ans de souvenirs recueillis en 1866 iBruxelles, -1867). —Fétis, Bio- qrnphie universelle des musiciens, t. VI, p. 476- 477 et Supplément, t. Il, p. 318. — Galerie de portraits d'artistes musiciens du royaume de Bel- qique lithographies d'après nature par Baugniet, imprimés par Degobert (Bruxelles, s. d.), portrait et biographie signés A, X. PEEMiAWS {Henri- Louis), avocat et homme politique, naquit à Louvain, le 21 février 1810, et mourut dans cette ville, le 22 janvier 1880. Il y fit d'ex- cellentes humanités au collège commu- nal, d'oii il sortit pour entreprendre les études de médecine à l'université. Il préparait son premier doctorat lorsque éclata la révolution de 1830. Depuis quelque temps déjà il s'était fait connaître par des articles très agressifs contre le gouvernement néerlandais pu- bliés par le Journal de Louvain. Il fut de ceux qui, tout au début du mouve- ment révolutionnaire, attaquèrent et prirent d'assaut la caserne de l'infanterie à Louvain et en expulsèrent la garnison. Il fut également des premiers à s'enrôler dans le corps de volontaires formé à Louvain pour secourir la capitale en danger. Pendant les quatre journées de septembre, il se battit bravement. Le 14 octobre 1830, à la tête d'une poignée de volontaires, il attaqua l'en- nemi à Werchteret Wespelaer et le força à la retraite. Les combats de Schoo- naerde, Waelhem, Vieux-Dieu et Ber- chem le virent aux premiers rangs des patriotes. Il assista au bombardement d'Anvers et ne quitta cette ville qu'après 813 PEEMANS 8U son occupation par l'armée bels^e. Le 30 septembre 1 832, il fit partie en qua- lité de capitaine de la ^arde citoyenne, avec Van Bockel, Beckx et De Bruyn, de la députation qui alla recevoir, à Bruxelles, le drapeau d'honneur aci^ordé par le gouvernement à la s:arde civique de Louvain. Lorsque tout danger eut disparu, il déposa son épée de capitaine et se remit aux études. Mais les événe- ments auxquels il venait d'assister de si près avaient ouvert à son esprit d'autres perspectives ; et, tenté de suivre la car- rière d'avocat, il se fit inscrire à la faculté de droit de l'université de Lou- vain, où il obtint, le 11 août 1835, le grade de docteur. Le 2 avril précé- dent, il avait été décoré de la Croix de fer et déjà antérieurement de la mé- daille commémorative, pour sa brillante participation à la lutte pour l'indépen- dance de la patrie. Le 14 décembre 1837, un arrêté royal lui conféra le titre d'avoué. Il fut bientôt l'un des avocats les plus distingués du bnrreau de Lou- vain. Sa science juridique était solide, sa parole nette et vigoureuse. Homme de talent et de volonté, son caractère aussi bien que sa profession le portaient à la lutte politique. Le 22 août 1848, il devint membre du conseil communal libéral , se démit de ses fonctions le 28 septembre 1849, mais accepta un nouveau mandat le 28 octobre 1851. Dans les débats du conseil, il se dis- tingua par sa compétencedans les diverses branches de l'administration. Aussi , lorsque Charles de Luesemans quitta sa charge de premier magistrat de la cité louvaniste pour celle de gouverneur de la province de Liège, le conseil ne comptait-il aucun homme plus apte que Henri Peemans à recueillir cette succes- sion. Le roi le désigna aux fonctions de bourgmestre de Louvain, le 10 janvier 1863. Son administration se signala par des travaux d'assainissement et d'embel- lissement considérables. En 1869, il résigna son mandat à cause d'une mé- sentente avec la majorité de son conseil. Depuis 1854, il faisait partie du conseil provincial du Brabant et y révélait, comme ailleurs, l'énergie d'un homme de Ititte et la compétence d'un homme d'étude et de labour. C'est 1h qu'il mena cette campagne tenace pour l'abolition des octrois communaux qui, avec ses faits d'armes patriotiques, donna une signification particulière à sa vie. La question des octrois était à l'ordre du jour. Alphonse Vanden Peereboom avait déposé aux Chambres un rapport sur la question. C'est donc dans une sphère plus modeste que Henri Peemans prôna l'abolition de ces droits funestes au commerce; ses discours et mémoires n'en contribuèrent pas moins sans doute à répandre et fortifier l'idée d'une solution rapide. Le conseil provincial reconnut les solides qualités de Peemans en le désignant, de 18fi2 à 1864, au fau- teuil de la vice-présidence, et, de 1865 à 1868, à celui de la présidence. Le 19 juillet 1867, il fut nommé oHicier de l'Ordre de Léopold dont il était che- valier depuis 1840. En 1869, il renonça en même temps à son mandatde conseiller provincial et à ceux de bourgmestre et de conseiller communal, mais n'en con- tinua pas moins de se mêler activement delà politique locale. Le palais d'ailleurs l'absorbait beaucoup et son expérience des affaires l'avait fait élire plusieurs fois président de la chambre des avoués. Sa plume, occupée dans les polémiques locales, ne nous a laissé d'oeuvres à citer que trois brochures, concernant les oc- trois communaux. En voici les titres : 1 . Quelques considérations sur /.^abolition des octrois communaux. Louvain, veuve Massar, 1856; in-12, 28 p. — 2. Pro- position relative à l'abolition des octroie communaux et des taxes personnelles locales, qui sera présentée par M. H. Peemans, avocat, etc., dans la prochaine session du conseil proeincial du Brabant, 1856; in-8o, 16 p. — 3. Mémoires présentés à la commission provinciale pour l'abolition des octrois (en collaboration avec Fr.-J. De Gronckel). \jkoa Goeniini. Biblioqraphie nationale, t. III. — Le Libéral, journal politique fie l'arrondissemenl de Louvain, no du dimanche Sii janvier -1880. ■•KEMANfi {Jean-Joseph-Charles), écri- vain ecclésiastique, né à Louvain, le 815 PEENE 816 15 août 1801, et décédé à Malines, le 20 janvier 1871. Il fut ordonné prêtre le 20 novembre 1826. Nommé profes- seur de philosophie à la première section du séminaire archiépiscopal le 10 février 1830 (lors de l'ouverture de ce sémi- naire), il demanda et obtint sa pension le 6 mai 1859, et vécut pendant douze ans, à Malines, dans une retraitehumble et oubliée. Ce fut un savant modeste et un prêtre austère. Homme de médita- tion, tout absorbé par les problèmes les plus abstrus de la philosophie, il lui manqua parfois, comme il arrive aux esprits de ce genre, l'art de descendre jusqu'à ses jeunes auditeurs. Ses écrits, au contraire, recueillirent, à leur appa- rition, les suffrages les plus flatteurs et se rangent parmi les meilleures publi- cations philosophiques que cette époque ait vu paraître en Belgique. En voici les titres : 1 . Introductio ad philosophiam in qua universi systematis scientiarum constitutio , sive eorum relationes et praeci- puae partUiones exponuntnr, ad eos potis- simum philosophicis disciplinis initiandos qui ad studia theologica disponuntur. Louvain, Vanlinthout et Vandenzande, 1840 ; in-12. — 2. Institutiones logicae seu philosopJiiae rationalin. Louvain , 1 843 ; in-12 (en collaboration avec Jean- Victor De Decker). — 3. Institutiones logicœ realis , sive tkeoria certitndinis. 2e édit. Malines, Van Velsen-Vander- elst, 1849-1850; in-8o. — 4. Institu- tiones anthropologiae psychologicae ad usum eorum potissimum qui ad studia theologica praeparantur . Malines, Van Velsen, 1852-1853; in-12. Léon Goemans. Bibliographie nationale. — Renseignements parliculiers. PEENE {Henri vaw), architecte fla- mand. Il ne nous est connu que par une lettre de Sigismond III, roi de Pologne, adressée le 29 avril 1626 à la gouver- nante générale Isabelle, en vue d'obtenir un sauf-conduit pour la femme et les enfants de cet artiste qui devaient aller le rejoindre à Cracovie, où il travaillait en 1625 pour le duc de Zbaraz, châte- lain de cette ville. Pinchart a reproduit dans ses archives cette missive en latin laquelle figure dans le volume intitulé : Correspondance de Christian IF, Sigis- mond III et Gustave- Adolphe (secrétai- rerie d'Etat allemande aux archives du royaume, à Bruxelles). Edmond Marchai. Piron, Algem. levensbeschryvimj. — Pinchart, Archives t. I. — Messager des sciences, d8o6, p. 209. PEEME (Hippolyte-Jean van), mé- decin et auteur dramatique flamand, né à Capryck, le 1er janvier 1811, mort à Gand, le 19 février 1864. Son père, Jacques-Hubert van Peene (voir ce nom), le destinait à la profession de médecin qu'il exerçait lui-même. Hippolyte fut confié à sa grand-mère, à Gand, et suivit les cours de l'athénée. Il entra à l'uni- versité au mois d'octobre de l'année aca- démique 1831-1832 (registre matricu- laire, n° 1384). Le jeune Van Peene, qui déjà à l'athénée s'était livré à quel- ques essais littéraires, se réunit avec quelques étudiants pour fonder une so- ciété dramatique sous le nom Les bons amis. Van Peene en fut président. Le local était à l'estaminet c?é'w Duitsch; on y jouait en flamand, quelquefois en français, le vaudeville, la comédie, le drame. On y représenta, en 1833, la première pièce de Van Peene, intitulée: Le choléra. Le public gantois fit bon accueil aux jeunes débutants et il fallut chercher un local plus spacieux . La société s'installa alors au café Flora, rue de la Caverne. Van Peene composa dès cette époque plusieurs pièces françaises, qui toutes sont restées inédites, La dernière d'entr'elles était intitulée : La vieillesse de Stanislas. Elle fut représentée le 22 janvier 1835. A partir de cette date, sur les conseils de son père. Van Peene se retira des Bons amis et renonça mo- mentanément au théâtre. Il passa son examen final de docteur en médecine le 6 août 1835. Le 29 mars 1837, il se mariait avec Mel'e Virginie Miry, la tante du musicien gantois Charles Miry. Melle Miry était une actrice de talent au dévouement de laquelle le club des Bons amis avait souvent fait appel depuis 1833, pour les rôles d'ingénues, et qui 817 PEENE 848 depuis continua à jouer dans les pièces de son mari. En 1840, Van Peene fut amené par des circonstances singulières à s'occuper derechef de théâtre. Au mois de novembre de cette année se fonda, à Gand, un cercle du nom de Broedermin en taelijter, en vue de relever le théâtre flamand qui jusque là n'avait pour ainsi dire rien produit. On fit appel a Van Peene. A cette époque, Pr. van Duyse venait de publier son Faderlandsche poezie. Van Peene avait été frappe par une pièce intitulée : Keizer Karel en de Berchemsc/ie dique jamais ses sources, sauf une ex- ception : Clotilde, drama nnar het fratmh vas Frédéric Soulié. Pourquelques pièces, nous sommes parvenus à retrouver l'ori- ginal. De twee echtscheiditiyen (l84-5)est traduit presque littéralement des Deux divorces de Cogniard (1831), ^.-oo ne klont (1851) suit d'assez près ].e lingot d'or ; de même 9 9 heeslen en 1 Boer (1853) et 99 moutons et 1 Champenois ; l'idée du Fo}-tuno(us benrze (1852) est empruntée au Diable à Paris de Clairvilie. 11 en est de même pour De icereld bivnen duizend 5oer: c'est l'aventure arrivée à C'harles- \ jaar (\%h2,), inspiré par une revue de Quint lors d'une visite qu'il fit incognito dans une ferme près d'Anvers. A la suite d'un pari. Van Peene en tira, en quelques semaines, une pièce qu'il apporta au Broedermin, et qui fut jouée le 31 jan- vier 1841. Elle eut un succès retentis- sant. En peu de temps, elle fut reprise dans tout le pays flamand. C'est de cette pièce que date la renaissance du théâtre en Flandre pendant le xix« siècle. Van Peene ne s'en tint pas à ce suc- cès. Il se remit immédiatement à la besogne, et, depuis cette date jusqu'à sa mort, il fit preuve d'une étonnante fé- condité. Il ne composa pas moins de cinquante-quatre pièces de théâtre en flamand, sans compter cinq pièces en français. Une saurait être question d'ana- lyser ici en détail chacune des œuvres du dramaturge. Bornons-nous à un aperçu sommaire sur l'ensemble de son théâtre. Van Peene avait un talent spécial pour adapter à la scène flamande les vaudevilles et comédies français. L'ac- tion, qui dans les œuvres originales se passe à Paris, est transposée par notre dramaturge en Flandre, la plupart du temps à Gand, Le parler parisien est remplacé par le langage propre au bour- geois et au campagnard flamands. Les mots trop lestes sont souvent adoucis pour ne pas ofi'usquer le public spécial auquel Van Peene s'adresse. Tantôt la pièce flamande suit d'assez près le texte français, tantôt l'action est bouleversée, les scènes changées fie fond en comble. Il est souvent fort ditticile de se rendre compte exactement du travail auquel s'est livré le remanieur, parce qu'il n'in- (.'ogniard. Aujourd'hui et dans cent ans (1842j; de même aussi pour Een domme vent (1848) et Bruno le pleur de Co- g n i a rd ( 1 8 3 7 ) ; i>f Wûc// ter rerliest (1857) et La fille bien gardée de Labiche et Marc Michel (1850). De paraplu van P.Kram- mers , ib , Nieuwstraat (\ S&O) reprend une idée des Egarements d'une canne et d'un parapluie de T)nyert et Lausanne (1843), L'auteur lui-même renvoie à une source fi-ançaise dans sa préface de son Roosjen zonder doornen (1842). On peut juger par cette liste fort in- complète de l'importance énorme exercée par le théâtre français sur la scène fla- mande. Il ne faudrait néanmoins point conclure de ceci que Van Peene n'ait rien produit d'original. Le contraire est vrai; plusieurs de ses meilleures pièces lui sont bien personnelles, notamment 'Saronds in de mane (185 7), qui doit le jour à un pari (voir la préface), et, en général, les pièces pour les(juelles l'au- teur fit appel au concours d'un musicien : Wit en Zwart (1845) et Brigitlo {\?,M), musique de Ch. Miry; Holsebutse (1860) et Het Zomerlief {\8&2), musique de Frans van Herzeele. Toutefois, même quand Van Peene se laisse aller à sa propre imagination, ses effets de scène, l'agencement de l'action, la manière d'amener les couplets chantes, etc., tout nous fait voir en lui un disciple de l'école française. Il faut faire une place à part dans l'œuvre de Van Peene à quatre comé- dies, où l'auteur a mis à la scène des compositions littéraires flamandes. Nous avons déjà dit que Keizer Karel en de 819 PEENE 820 Berchemsche Boer est empruntée à Van Duyse; Tkijl Uylenspiegel (1842) trans- pose à la scène l'une des espiègleries racontées dans le livre populaire dont Uylenspiegel est le héros. Siska van Roo- semael (1844) est empruntée au roman du même nom de Conscience; le dé- nouement seul en a été changé parce que la scène ne comportait pas la fin tragique voulue par le romancier. JelJe en Mietje (1858) est emprunté au célèbre roman populaire du même nom (1808) par Charles Broeckaert. Cette dernière pièce est incontestablement le chef-d'œuvre de Van Peene. Notre auteur ne s'en est pas tenu seulement au vaudeville et à la comédie, il a abordé tous les genres. Il a fait du drame historique avec Jacob van Artevelde (1841) et a été le premier auteur flamand qui ait attiré l'attention sur le tribun populaire gan- tois. Le roman de Conscience, Jacob van Arterelde, n'est que de 1844. L'intrigue amoureuse de la pièce est des plus invrai- semblables : Van Peene suppose le comte de Flandre, Louis deNevers, amoureux de la femme de Van Artevelde et venant la trouver chez elle sous le déguisement d'un moine mendiant ! Il faut croire que notre auteur fut satisfait de son œuvre, car il en fit une adaption française qui fut jouée en 1846 avec de la musique de Jules Bouvery. Le Gek van'S Gravenhage (1846) nous ramène au temps de Jac- queline de Bavière et de son mariage secret avec Van Borsel (1428). Willem van Dampierre (1846) raconte la que- relle des d'Avesnes et des Dampierre. Van Peene en tira és^^alement une pièce française, Bouchard d'Avesnes, qui fut jouée en 1864 avec de la musique de Charles Miry. Jan IV (1849) nous ra- mène de nouveau à l'époque de Jacque- line de Bavière, mais au moment de son mariage avec le duc de Brabant, Jean IV, Het Belfort of de Koop van Vlannderen (1855) est tiré du Songe d'un antiquaire de Kervyn de Volkaersbeke. Charles Quint (185 7). opéra français, fut repré- senté en 1857 avec de la musique de Charles Miry. Matthias de Beeldstormer (1858) raconte un épisode des troubles des iconoclastes en 1567. Cette pièce obtint le premier prix au concours triennal de littérature dramatique. Quoi- que moins imprégnée de romantisme que les autres compositions historiques de l'auteur, elle est cependant bien faible. Nous pouvons ranger dans la même ca- tégorie de pièces Vondél (1861), le seul drame historique qui se joue encore quelquefois. Si les drames historiques de Van Peene sont aujourd'hui tout à fait démodés, on peut en dire autant de ses drames pro- prement dits : Everaerd en Suzanna (1841); Eet likteeken {\%U) ei Kafha- rina (1851). La psychologie des person- sonnages y est très élémentaire et l'au- teur semble ne vouloir arriver qu'à un but : amener des scènes larmoyantes. Deux fois. Van Peene s'est essayé à faire des parodies. Celle qu'il fit du Prophète sous le titre de : de Vrojeet woorden vangeenen Scribe, zonder muzieli van Meyerbeer (1851), eut un grand succès. Le juif errant d'Halévy, qu'il parodia dans Be wandelaar der Joden (1852), n'en eut aucun. Comme pièces de circonstance. Van Peene écrivit, en 1853, De Dragonder van Latour, à l'occasion du mariage du duc de Brabant avec Marie-Henriette d'Autriche; en 1856, La Belgique ou le règne de 25 ans, musique de Ch. Miry, à l'occasion de l'anniversaire de l'avè- nement au trône de Léopold 1er; en 1860, De Belgische Vrijschutter, à l'occasion de l'entrevue de Liège entre Léopold 1er et Guillaume III des Pays- Bas. Une seule fois Van Peene a essayé de la comédie de mœurs avec son Trefelyhe lieden (1860) : c'est une satire anticléri- cale fort mordante dans laquelle l'auteur s'est mis lui-même en scène sous le nom à' Ernest Franck, auteur dramatique fla- mand. Van Peene estimait que c'était là sa meilleure pièce : elle eut néanmoins peu de succès. Pour comprendre la sourde colère qui perce dans cette œuvre, il ne faut pas perdre de vue que notre auteur s'était jeté lui aussi dans la poli- tique et s'était fait ainsi de nombreux ennemis. Il fut l'inspirateur et le rédac- 824 PEENE 8M teur principal d'un petit journal flamand hebdomadaire, anticlérical et antirépu- blicain, De Dral-e, qui parut du 18 juin IS+S au 3 novembre 1848. Cet organe était surtout dirigé contrele Broedermi», que rédigeaient les disciples du profes- seur Huet, les adeptes du christianisme social. Van Peene se fit ainsi des enne- mis cbez les radicaux du temps et il ne s'en fit pas moins chez les conservateurs catholiques par des chansons politiques et des discussions de presse. Ajoutons qu'en général les vers de Van Peene sont fort médiocres : voir à ce sujet une méchante épigramme de Van Duyse dans ses Nngelaten Gedichten. Une seule fois Van Peene composa une comédie en vers, Eet portret (1851), mais ses amis lui firent comprendre qu'il faisait fausse route. Une seule chanson de Van Peene est restée populaire, son Vlaamsche Leeuw (1845); mais elle ne doit point cette po- pularité au texte, qui signifie peu de chose, mais à la mélodie entraînante et virile que composa pour elle Ch. Miry. Dans les dernières années de sa vie, Van Peene prit la politique en dégoût. On s'en aperçoit dans les almanachs qu'il rédigea entièrement de sa main depuis 1854 pour le bode de la Société Broedermin en taalyver, Ch. Rombaut, homme entièrement illettré. Le pseudo- nyme dont se servit l'auteur de ces pu- blications est Pier Lampet. Van Peene fut frappé d'apoplexie en pleine activité ; il n'avait que cinquante- trois ans. Il avait été nommé chevalier de l'Ordre de Léopold le 20 octobre 1859. Voici la liste chronologique desœuvres de Van Peene : 1. Keizer Karel en de Berchemsche ôoer (première représentation le 31 jan- vier 1841). Gand, K. Hoste, s. d. [1S41]. — 2. Eteraert en Suzanna , drame. Préface, 2 mars 1841 (première représentation le 28 mars 1841). Gand, H. Hoste, s. d. [1841]. — 3. Jacob van Artevelde, drame historique. Dédicace, 14 avril 1841 (première représentation le 12 septembre 1841 ). Gand, H. Hoste, s. d. [1841]; 2e édit., I.-S. van Doosse- laere, 1S63. — 4. Thijl Uylevspiegel, comédie. Dédicace, 4 janvier 1842 ; re- présentée le 23 janvier 1842. (înnd, H. Hoste, s. d. [1842]. - 5. Roosje :onder doornen, drame. Préface, 29 avril 1S43; représenté le B novembre 1842. Gand. H. Hoste, s. d. [1842]. — 6. Fonder 5/hV/-, comédie. A la fin, 1er août 1842; représentée le 20 no- vembre 1842. Gand, H. Hoste, s. d. [1842]. — 7. Klaes Kapoen, comédie; représentée le 29 janvier 1843. Gand, H. Hoste, s. d. [1843]. — Clotilde, drame traduit du français de Frédéric Soulié ; représenté le 29 janvier 1843. Gand, Dullé-Plus, s. d. [1843]. — 9. Siska van Roosemael, comédie. Dédi- cace, 20 août 1844; représentée le 22 décembre 1844. Anvers, Van Diereii et C'p, 1844; 2^ édit., Amsterdam, 1844. — 10. Hetlikteeken, drame. An- vers, Van Dieren et Cie, 1844 (couver- ture 1845). — 11. De twee echlschei- dingen, vaudeville. Gand, H. Hoste, s. d.[1845j; 2eédit., Amsterdam, G. Bom, 1875. — Wit en zwart, vaudeville, mu- sique de Ch. Miry; représenté le 9 no- vembre 1845. Anvers, J.-E. Buschmann, 1845 (n<'10). — 13. Een man te trouwen, vaudeville ; représenté le 1 2 octobre 1845. Anvers, Buschmann, 1845 (n° 11) (co\iverture 1846). — 14. De Gek van 'S Gravenhage, drame historique; repré- senté le 18 janvier 1846. Gand, Snoeck Ducaju, s. d. [1846]. — 15. IVillemvan Dampierre, drame historique. Préface, 26 mars 1846; représenté le 17 sep- tembre 1847. Gand, H. Hoste, 1850. — 16. Jacques d' Artevelde, drrme his- torique d'après Jacob van Artevelde, musique de J. Bouvery. Préface, 30 no- vembre 1846 ; représenté en décembre 1846. Gand, Dullé-Plus, s. d. (1847). 17. Brigitta, vaudeville, musique de Ch. Miry; représenté le 27 juin 1847. Gand, Snoeck-Ducaju, 1847.— 18. Een domme vent, vaudeville ; représenté le 22 octobre 1848. Gand, Dullé-Plus, 1848; 2e édit., ibid.. Ad. Hoste, 1S77. — 19. Jan de Vierde, drame historique; représenté le 11 mars 1849. (iand, H. Hoste, 1848 (couverture s. d.). — 20. Adam en Eva, vaudeville; représenté 823 PEENE 824 le 10 février 1850. Gand, H. Hoste, 1850. — 21. Ilet portret, comédie en vers; représentée le 10 novembre 1 850. Anvers, Buschmann, 1851 (extrait du Taelverbond , t. VII, 6® année). — 22. Ka- tarina, drame ; représenté le 6 février 1851. Gand, I. -S. vanDoosselaere, 1858 (nMS). — 23. De Profeet, parodie du Prophète de Meyerbeer; représenté le 10 mars 1851. Gand, Verhulst, s. d. [1851]. — 24. I)e sîotmaker de Wyne- ghem, vaudeville; représenté le 24 sep- tembre 1851. Bruxelles, J. -H. De Hou, 1852 (n° 8). — 25. Azoo ne klont, vau- deville; représenté le 5 octobre 1851. Gand, I. -S. van Doosselaere, 185fi (no 33). — 26. Be Wanâelaar der Jodev, parodie du Juif errant (VYi^Xévy \ repré- senté le 10 février 1852. Gand, Dullé- Plus, s. d. [1853]. — 27. Fortunaius beurze, vaudeville; représenté le 7 mars 1852. Bruxelles, J.-H. De Hou, 1852 (n" 5). — 28. De weerwolf, vaudeville ; représenté le 25 septembre 1852. Bru- xelles, J.-H. De Hou. 1853 (n0 9). 29. Be vioîier, vaudeville ; représenté le 6 janvier 1853. Gand, H. Hoste, 1858. — 30. 99 beesten en een bner. A la fin, 16 mars 1853. Gand, H. Hoste, 1854. — 31. Be dragonder van Latour ; repré- senté le 30 août 1853. Gand, H. Hoste, 1853. — 32. La lanterne magi(jue , libretto d'opéra, d'après La lanterne sourde de Desaugiers; musique de Ch. Miry; représenté le 3 mars 1854. Gand, I.-S. vanDoosselaere, 1854. — 33. Twee hanen en een henné, vaudeville. A la fin, 2 avril 1854; représenté le 23 avril 1854. Gand, H. Hoste, 1854. - 34. De zoon van dev gehanr/ene. A la fin, 2 avril 1854; représenté le 1er octobre 1854. Gand, H. Hoste, 1854.— 35. Tamhoer Janssens, vaudeville. A la fin, 17 juin 1854; représenté le 1er octobre 1854. Gand, H. Hoste, 1854. — 36. Fader Cats, comédie. A la fin, 5 avril 1855 ; représentée le 6 mai 1855. Gand, I.-S. vanDoosselaere, 1855 (no25).— 37.i^e< Belfort; représenté le 24 juin 1855. Gand, I.-S van Doosselaere, 1855. — .38. Baes Kimpe, drame ; représenté le 7 octobre 1855. Gand, l.-S. van Doosse- laere, 1855 (n" 36). — 39. la Belgique ou le règne de 25 ans, à-propos lyrique en un acte, musique de Ch. Miry ; re- présenté le 21 juillet 1856. Gand, I.-S. van Doosselaere, s. d. — 49. Be vrouw die haren mon doet herbaJcken, vaudeville; représenté le 12 octobre 1856. Gand, Ad. Hoste, 1877. — 41. Charles- Quint, libretto d'opéra comique, musique de Ch.Miry ; représenté le 27 janvier 1857. Gand. I.-S. van Doosselaere, 1857. — 42. 'S Avonds in de mane, vaudeville ; représenté le 4 octobre 1857. Gand, I.-S. van Doosselaere, 1857 (n» 38). — 43. Be wachter verliest. vaudeville; re- présenté le 1 5 novembre 1857. Gand, Ad. Hoste, 1877. — Be wereld binnen lOOOyflflr, revue fantastique; représen- tée le il mai 1858. Gand, I.-S. van Doosselaere, 1859 (no 52). — 45. Jellen en Mietje, comédie ; représentée le 3 oc- tobre 1858. Gand, I.-S. vanDoosselaere, 1858 'no46). — 46. Mathias de beeld- «^rwer, drame historique; représenté le 7 novembre 185S. Gand, I.-S. van Doos- selaere, 1858 (n°49). —47. Be Pas- tieljon van Maria Theresia, vaudeville. Dédicace, I't mai 1860; représenté le 8 juillet 1860. Gand, I.-S. van Doosse- laere, 1860 (n" 54). — 48. Be paraplu van P. Krammers , Nieuwstraat, 45 ; représenté le 8 juillet 1S60 Gand, I.-S. van Doosselaere, 1 860 (n° 60). —49. Be Belgiache Vrijs,chvtter , opéra de circons- tance; représenté le 21 octobre 1860. Gand, van Doosselaere. 1860 (n° 58). — 50. Be trefelyke lieden, comédie; représentée le 18 novembre 1860. Gand, Van Doosselaere, 1860 (n° 60). — 51. Hotsefiotse, vaudeville, musique de Fr. van Herseele : représenté le 30 dé- cembre 1860. Gand, Van Doosselaere, 1860 (no 65). — 52. Fondel, drame; représenté le 25 septembre 1861, Gand, Van Doosselaere, 1861 (n° 67).— 53.Z)>-Hibeit »A.%), mé- decin, naquit à Bouchoute vers 1786 et mourut à Gand, le 1er février 1838. Il était tils de Jacques-Bernard et deAnna- CalharinaSchijvinck.Aprè^avoir fait des études moyennes, il épousa Angélique- Josepha Lauwaerde qui demeurait à Caprycke. Plusieurs enfants naquireutde ce mariage, notamment Hippolyle-Jean, qui se fit un nom comme auteur drama- tique flamand (voir ce nom). Van Peene entra dans le service de santé de l'armée française. Il devint chirurgien-aide- major à l'hôpital militaire de Gand. Puis il alla passer son examende licencié en médecine à Paris, le 1 1 janvier 1814. Retourné dans son pays natal, après la chute du gouvernement français, il s'établit à Gand comme médecin en 1817, 1818, 1819. 11 retourna ensuite à la campagne. En 1835, il se fixa à ïronchiennes, puis de nouveau à Gand, 011 il mourut âgé de cinquante-deux ans. •T. -H. van Peene composa divers ouvrages dont voici la liste : 1. Dissertation som- maire sur les rapports ihirurgico-légaux , ou guide des officiers de santé pour juger du genre de mortalité- desblessures. Gand, de Goesin, 1814. — 2. Dissertation sur Vemménologie et sur les maladies les plus communes des JiUes pubères qui ont un rapport plus ou moins spécial arec la mens- truation. Gand, Houdin , 1815. — 3 . Suppellex sen verborum omnium collectio latinorum . . . Recueil ou collection de tous les verbes latins avec des locutions appro- priées à chaque verbe, tirées de\ meilleurs auteurs et traduites en françam. (iand, veuve Steven, 1818. C'est un diction- naire des verbes latins avec de nombreux exemples. L'ouvrage n'a pas moins de 810 pages; il est dédié ùGuillaume 1er. — 4. Journal général de médecine de la Belgique, par une société de médecins et d'hommes de lettres, sous la direction de M. Fan Peene, docteur en médecine de la faculté de Paris. Il ne parut de ce journal que deux volumes, 7 janvier et juillet 1819. Gand, veuve ^^leven et fils. — 5. Exposé sur la drogue Leroy, considérée comme poison dans plusieurs maladies et prescrite dans le royaume des Pays-Bas. Opuscule dans lequel on met en évidence les terribles effets et funestes conséquences fie l'administration de cette drogue dans la plupart des maladies assignées par son inventeur. Gand, Houdin, 1827. Van Peene publia également, dans les Mémoires de la Société de médecine de G«»c?(l 835, p. 78), une étudeintitulée: Mémoire médico-philosophi que sur les pas- sions ou affections de l'âme. Léonard Willems. Ferd.Vander Haegben, Bibliogr. gantoise, l.\l. PF.rNiE (Jean-Bernard *■.%!%), poète et littérateur flamand, né à Assenede, le 27 juillet 1815, mort dans la même localité, le 25 août 1845. Il était fils de Jean Bernard van Peene (né a Bouchoute vers 1785, mort à Assenede, le 27 avril 1857) et de Sophie-Françoise Schetters. Son père, qui fut bourgmestre d'Asse- nede de 1825 jusqu'àsa mort, s'occupait également de littérature et était poète à ses heures. A ce titre, il fut promu membre d'honneur de la société De taal is gnnsch hel volk. Ami de J.-F. Wil- lems, de liens, etc., il fonda dès 1834, à Assenede, un cercle littéraire sous le nom de lloris en Blancejtoer. Le fils en fut jusqu'à sa mort secrétaire-tré- sorier; il devint secrétaire communal et mourut fort jeune. A part quelques poésies de circonstance et quelques œuvres en prose, il fit paraître dans le Nederduitsch letterkundig jaerboefcje (1839june traduction du Rossignol de Lamartine {Jen den nachtegael) et une 827 PEENE — PEEREBOOM 828 autre traduction de Y Isolement [Een- zaemheid). Léonard Willems. Frederiksen Vanden Branden, Biograph. ivoor- denboek. — De Potier en Broeckaerl, Geschie- denis der gemeenien der prov. Oost-Vlaanderen, IJe reeks. Eecloo, 1. 1, p. 2H et 229. PEEXE [Mathilde vaw), femme poète flamande, née à Koeiwacht (Zélande), le 16 janvier 1829, morte à Aeltre, le 29 août 1885. En 1853, elle épousa Mr L.-F, David, instituteur communal à Aeltre, qui dirigeait en même temps un pensionnat. Elle fit paraître quelques poésies détachées dans divers recueils et revues, notamment cinq morceaux dans les Vaderlandache liederen uitgegeven. door het Maerlantsgfnootschap te Brussel (Bruxelles, 1857). Les poésies de sa pre- mière période ont été réunies en un volume de près de deux cents pages, intitulé : Mirtebïaden (1870). Celles de la seconde période, en un volume de près de cent cinquante pages, inti- tulé : Nevelbloemen (1886). Ce dernier travail était à peu près terminé pour l'impression, lorsque M^eDavid se sentit mortellement atteinte par la maladie; elle confia l'impression du livre au poète Karel Bogaerd, son ami, qui s'acquitta de la tâche qu'on lui avait confiée en fai- sant paraître, un an après la mort de Mme David, les Nevelbloemen, nagelaien gedichlen, précédés d'une courte notice biographique. Léonard Willems. Frefderiks et Vanden Brande, Biographisch woordenboek. PEEKEBOOfI {Alphonse T.%IVDE!V), homme d'Etat, historien, fils de Louis et de Joséphine Hynderick, né à Ypres, le 7 juin 1812, mort à Bruxelles, le 10 octobre 1884. Après avoir fait de brillantes études , successivement à Ypres, à Amiens, à Boulogne, à Paris et à Louvain, il obtint à l'âge de 21 ans le diplôme de docteur en droit. En 1834, le jeune avocat entra comme commis- rédacteur au ministère de l'intérieur, en prévision d'entrer un jour au Conseil d'Etat, qu'il était question de créer à cette époque. De cette façon, il s'ini- tiait rapidement à la pratique des affaires administratives. Toutefois, le Conseil d'Etat ne fut pas créé, et peu après démission honorable de ses fonc- tions fut accordée au jeune avocat après un an et quelques mois de service. Ren- tré dans sa ville natale, Vanden Peere- boom, à qui les luttes du barreau et les soucis administratifs souriaient fort peu, s'adonna avec bonheur aux études historiques et littéraires qui lui inspi- raient un attrait tout spécial. L'érection d'une bibliothèque publique, dont il fut nommé conservateur, l'institution d'un musée communal, l'étude des richesses que renferment les archives d'Ypres, occupèrent alors tous les loisirs du stu- dieux avocat. Certes, à cette époque, nul n'aurait cru aux brillantes desti- nées politiques et administratives qui allaient bientôt s'ouvrir devant le jeune Vanden Peereboom. De 1842, date le commencement de sa carrière politique. Une élection lui ouvre pour ainsi dire inopinément et à son insu les portes du Conseil provincial de la Flandre occidentale. La même année, ses concitoyens l'appellent à sié- ger comme conseiller communal à l'hôtel de ville d'Ypres. (Quelques mois après, un arrêté royal l'investit des fonctions de premier échevin. Vanden Peereboom se trouva donc engagé, en quelque sorte malgré lui, dans la vie publique. Le jeune échevin, qu'animaient une grande ardeur au travail et le plus vif dévoue- ment pour ses concitoyens, se montra bientôt un administrateur hors ligne. Aussi, le 26 février 1859, le Roi le nomma bourgmestre de la ville d'Ypres. Innombrables sont les services rendus par Vanden Peereboom à sa ville natale, comme échevin d'abord, -puis comme bourgmestre. Trois points surtout firent l'objet de sa sollicitude toute particu- lière : la restauration des immenses halles et de l'église de Saint-Martin, ensuite la réorganisation et le dévelop- pement de l'instruction primaire, ainsi que la vulgarisation des idées d'épargne au sein de la classe populaire. En 1848, les électeurs de l'arrondis- sement d'Ypres le nommèrent leur man- dataire à la Chambre des représentants ; 829 PEEREBOOM 830 il coutinua à remplir ce mandat sans interruption jusqu'en 1879. Dans cette nouvelle sphère d'action, Vanden Pee- reboom se signala par une activité et un talent des plus remarquables. Aussi, en 1861, le Roi lui confiait-il le porte- feuille de l'intérieur, dans le cabinet libéral Rogier. Ses collègues étaient Rogier, Frère-Orban, Tesch, Vandersti- chelen et Chazal. Durant les sept an- nées (1861-1868) que Vanden Peere- boom dirigea cet important département, de nombreuses et utiles réformes furent réalisées. Mentionnons, entre autres, les notables améliorations apj.ortées à l'en- seignement primaire et à la position des instituteurs, l'organisation des écoles d'adultes, la protection généreuse et les encouragements nombreux accordés aux arts et particulièrement à la peinture murale et monumentale et aux lettres flamandes. Rappelons enfin que ce fut grâce aux mesures énergiques prises par le ministre de l'intérieur que le pays fut préservé, en 1865-1866, du terrible fléau de la peste bovine qui menaçait notre agriculture d'une ruine complète. Tjn diff'érend relatif à l'application de la loi de 1842 aux écoltes d'adultes détermina Vanden Peereboom à re- mettre, le 3 janvier 1868, entre les mains du Roi sa démission de ministre de l'intérieur. Toutefois, notre souve- rain le maintint dans son conseil en le nommant, le 4 février suivant, ministre d'Etat. Pendant les onze années qu'il resta encore à la Chambre, notre repré- sentant prit part à de nombreuses dis- cussions. Les Annales parlementaires conservent les traces du rôle actif qu'il joua au Parlement, ainsi que du talent et de l'énergie avec lesquels il défendit en toute circonstance les intérêts de l'arrondissement d'Ypres. Déchargé du lourd fardeau du pou- voir, Vanden Peereboom reprit avec joie les études qui avaient fait le charme de sa jeunesse. Compulsant laborieusement avec l'aide de son ami, M. Diegerick, les riches archives d'Ypres, il réunit les matériaux qui allaient bientôt servir a édifier ces œuvres magistrales qui con- sacreraient sa réputation d'historien. Le 13 juin 1879, un revirenu-iil po- litique enleva à Vanden Peereboom le mandat politique que, depuis plus de trente ans, il remplissait avec un vrai patriotisme et un entier dévouement. Celui à qui la ville d'Ypres, depuis longtemps déchue de son ancienne grandeur, dut sa renaissance, celui qui fut de tout temps l'honneur du parti libéral et le bienfaiteur de tous ses con- citoyens indistinctement, échoua à l'avè- nement du parti catholique. Rentré entièrement dans la vie pri- vée, et emportant dans sa retraite la conscience du bien qu'il avait fait et du devoir accompli, Vanden Peereboom continua à se dévouer à sa ville natale en faisant connaître et aimer à ses con- citoyens l'histoire de leur antique et riche cité. Les Annales de la Société his- torique, archéologique et littéraire de la ville d' Ypre» et de V ancienne West- Flandre, société fondée sous l'inspira- tion de Vanden Peereboom, peu de temps avant son entrée au ministère, renferment un grand nombre de notices et de mémoires des plus documentés, dus à sa plume et témoignant de son savoir et de son infatigable activité. 8on style était élégant et facile. L'amour profond de la patrie et surtoutdu clocher natal perce dans tous ses écrits et donne souvent a sa phrase une élévation d'idées et d'expressions qui charme et entraîne. Un grand nombre de sociétés savantes de la Belgique et de l'étranger tinrent à honneur de l'inscrire au nombre de leurs membres. \J Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Behjiqve l'admit, le 9 juin 1879, parmi ses membres correspondants et le nomma, le 7 mai 1883, membre titulaire. La Société d'émulation de Bruges^ la Retue belge de numismatique, Fatria Belgica, \& BeUjique illustrée l'ont compté parmi leurs collaborateurs dévoués. Les trois œuvres les plus importantes dues à la plume de Vanden Peereboom sont : Le Conseil de Flandre à Ypres , précédé des cours de juitice qui ont exercé juridiction souveraine sur la ville d' Ypres et la West- Flandre. — L'essai de numitmatiçue 831 PEEREBOOM 832 yproise, — et enfin cette œuvre de lonpfue haleine et de profonde érudition, élevée à la gloire de la ville d'Ypres el géné- reusement offerte par son auteur à un grand nombre de confrères et d'amis s'occupant d'études archéologiques et historiques : nous voulons parler des Tpriana ou notices, études, notes et docw ments sur Ypres (7 vol. in-S», avec illus- trations). En 1878, la Société royale de numis- matique offrit à l'auteur de l'Essai de numismatique yproise une médaille com- mémorative en témoignage de recon- naissance pour les services qu'il avait rendus à l'archéologie et à l'histoire du pays. Enfin, le V6 septembre 1883, de nombreux amis et admirateurs de l'émi- nent auteur des Ypriana, accourus de tous les coins du pays, lui offrirent à Ypres, à l'occasion de l'achèvement de cette œuvre magistrale, un témoignage solennel de gratitude publique. Cette fête si touchante fut, pour ainsi dire, le couronnement de la carrière de l'illustre vieillard. Ce fut à cette occasion que notre Roi, voulant récompenser les ser- vices éminents rendus au pays par son ministre d'Etat, lui décerna le grand cordon de son ordre, ratifiant ainsi les vœux d'une population entière. Nous croyons utile de rappeler ici quelques passages de la touchante allocution que, en ce jour mémorable, Yanden Peereboom adressa à ses nombreux amis accourus pour le fêter à Ypres. « Si j'ai » pu faire quelque chose pour ma ville « natale, j'en ai peu de mérite, car je « me suis borné, en la servant, à suivre » la voie tratiée par mes sentiments Il natifs. Dès mon enfance, l'amour du Il clocher natal a été chez moi une pas- » sion dominante ; il m'en souvient » encore quand, assis sur les bancs de « l'école, je rencontrais le nom d'Ypres Il dans un livre d'histoire, déjà j'éprou- » vais un inexprimable sentiment de • bonheur, et le tableau de la grandeur » passée de notre ville, comme le récit « d'actes utiles posés par nos pères, » réveillait en moi l'enthousiasme le Il plus ardent... Plus tard, quand, jeune « encore, j'ai perdu ce que j'avais de ' 3 plus cher au monde, j'ai considéré et I chéri ma ville natale comme une « seconde mère, et mes concitoyens • comme des frères, formant ma nou- " velle famille. Durant toute ma vie, • ces sentiments innés sont restés vi- « vaces et je me suis simplement borné " à y obéir, en consacrant, sans mérite « aucun, quarante années de mon exis- « tence au service de mes concitoyens * . Voici en quels termes un de ses intimes, A. Henné, a dépeint le carac- tère de Vanden Peereboom, dans la no- tice biographique publiée dans V An- nuaire de V Académie royale de Belgique. II Doué d'un cœur honnête, appartenant • à une génération plus tolérante que « la génération actuelle, il resta tou- « jours étranger à la violence et aux " passions qui, trop souvent, s'agitent " autour des hommes politiques, et se " maintint dans les hautes sphères " d'une noble indépendance. Il ne se « montra jamais injuste envers ses » adversaires et on le vit toujours s'as- " socier aux mesures utiles qu'ils propo- « sèrent. Chacun, à son avis, était libre " d'honorer Dieu à sa manière; profon- " dément religieux lui-même, il n'atta- « qua jamais la religion des autres, » mais il méprisait les faux dévots pour " qui la piété n'est qu'un masque ca- " chant la cupidité ou d'autres raau- « vaises passions . Toujours juste et " impartial, il ne sacrifia jamais un « honnête homme à l'esprit de parti. » S'il se montra l'adversaire déclaré du " fanatisme et de l'intolérance, il n'ap- • prouva jamais les excès de ses amis. « Son cœur affectueux lui avait fait un " cercle d'amis dévoués, car jamais " homme, en amitié comme en amour, » ne vit mieux se justifier l'axiome : « Aimez et vous serez aimé. C'est dans " ce cercle d'amis qu'il se livrait aux Il épanchements de son cœur, et ceux « qui eurent le bonheur d'en faire partie " n'oublieront jamais combien son com- " merce était agréable, facile et sûr, " combien grandes étaient sa bienveil- « lance et sa bonté « . Vanden Peereboom mourut à Bru- xelles, après une longue maladie qui le 833 PEEREBOOM 834 condacuna les derniers mois à la retraite et au repos absolu. Par ses dernières volontés, il exprima le désir d'être enterré dans sa ville natale, sans aucun honneur civil ou militaire, sans qu'au- cun discours fût prononcé sur sa tombe. Il légua à sa ville natale sa riche biblio- thèque, ses collections de numismatique, d'antiquités, de tableaux et d'œuvres d'art. D'importantes libéralités furent, en outre, faites aux administrations cha- ritables de la ville et de plusieurs com- munes de l'arrondissement d'Ypres. De[)uis le 25 septembre 1892, une statue en marbre blanc, érigée par souscription publique, et représentant l'ancien ministre d'Etat debout, la main posée sur deux volumes des Ypriana, s'élève à Ypressur la place Van- den Peereboom, tout près de la maison natale de l'auteur des Ypriana. Voici la liste chronologique des publi- cations d'Alphonse Vanden Peereboom : 1843. P.-J.-A. Eynderick. Note bio- graphique. Ypres; in-8o, 14 pages. i854. Description des fêtes et cérémo- nies religieuses célébrées à L'occasion de la restauration de L'image de N.-D. de Thuyne, patronne de la ville d' Ypres, et des statues des ducs de Bourgogne repla- cées dfins la façade des halles à Ypres, le 9 août 1854. Ypres; in-S", 47 pages. Tuindag. 44 pages (Roman historique ayant paru en feuilleton dans le journal le Progrès d' Ypres). 1858. Notice sur la place d'Ypres et son démantèlement. 1830-1853. Ypres ; in-8°, 141 pages, avec plans. 1860. Claude de Clerck, poète Yprois. Y'pres; in-Si^, 8 pages. 1861. Jean Thomas, peintre Yprois. Ypres ; in-8°, 6 pages. Diplôme de la Société historique, ar- chéologique et littéroire de la ville d' Ypres et de l'ancienne fVest- Flandre. (Note ex- plicative.) Ypres; in-8°, 7 pages. Des (jildes. Origine , organisation , tirs, etc. Gilde de Saint- Sébastien d' Ypres. Ypres ; in-S», 91 pages, avec planches. 1869. Inauguration de la sallf échevi' nale d'Ypres, le 8 août 1869. Ypres; in-8°, 25 à 30 pages (3 éditions). Henri de Codt, greffier et conseiller BIOGH. NAT. — T. XVl. pensionnaire de la ville d' Ypres, conseiller au conseil du roi, etc. Biographie. Yprcs; iu-8°, 84 pages, avec portrait. 1872. Blocus d'Ypres, 1583-1584. Monnaie obsidionale. Ypres ; in-8<', 16 pages, avec gravure. Une vieille gazette (le Propagateur). Ypres ; in-^°, 5 pages. La gilde de Saint-Sébastien à Ypres. Ypres; in-8'>, 7 pages. 1873. Un mot à propos du mouvement flamand. Ypres ; in-8», 8 pages. 1874. Notice sur P.-L.-F. Boedt. Ypres ; in-8o, 25 pages (2 éditions). Visite du Roi et de La fumitl'' roi/ale à la ville d'Ypres, le 16 septembre 1860. Bruxelles ; in-S°, 68 pages, avec portrait. Gildes, corps de métier et serment. Bruxelles; gr. in-8o, 38 pages. Des cours de justice qui ont exercé juri- diction souveraine sur la ville d' Ypres et la fFest- Flandre. Le Conseil de Flandre à Ypres. Ypres; in-8°, 324 et cLxxxiii pages, avec gravures de sceaux. 1876. L'incendie de la halle d'Ypres en 1498. Ypres ; in-8o, 28 pages. Les noces de Mahaut, fille de Robert de Bélhune, comte de Flandre, aux halles d'Ypres, en 1314, Ypres ; in-8°, 19 p, La gilde de Saint-Nicolas à Ypres. Bruges; in-8o, 39 pages, avec gravure. Service funèbrede Monseigneur Philippe le Bon, duc de Bourgogne, célébré etiV église de Saint- Martin d' Ypres en 1467. Ypres; in-S", 12 pages. Historische aanteekeningen op de stad Ypre (1789-1791) door A.-J.de Bonck. Ypres ; in-8"*, xv et 77 pages. 1878. Essai de numismatique yproise. Bruxelles; in-8", 375 pages, avec 42 pi. Notice sur H.-J. Carton. Y prcs; in-8", 37 pages, avec portrait. Le collier {scl/akel) de la gilde de Saint- Nicolas à Ypres. Ypres ; in-8j, 1 1 pages, avec planche. Ypriana. Notices, études, notes et docu- ments sur Ypres. Tome Itr. Les halles d' Ypres. Bruges ; in-8°, 402 pages, avec 15 eaux-fortes et 4 plans. La notice suivante, imprimée dans ce volume, a été tirée à part : Notice sur les statues qui décorent les halles d'Ypres. ln-8o, 47 pages. «27 835 PEETERMANS 836 1879. Ypriana. Tome II. La cjiamhre des échevins. Bruges; in-S", 423 pages, avec 6 eaux-fortes et 2 grandes plan- ches. Tpres illustré. Coup d'ail sur son passé, ses monuments et ses œuvres d'art. Bruxelles; in-4o, 38 pages, avec nom- breuses gravures sur bois (Extrait de la Belgique illustrée). 1880. Ypriana. Tome III. Origines. Bruges; in-8o,442 pages, avec carte. Les notices indiquées ci-dessous et publiées dans ce volume ont été tirées à part. lo Les Romains dans les vallées de V Ypre et deVYser. In-8°, 19 pages; 2** Origine de Tpra. In-S", 34 pages; 3» Ypres an xii^ siècle. ln-%°, 5 8p.; 4o De V origine de la commune d' Fpres . Tn-8o, 88 pages; 5" Origine et développement des insti- tutions et des magistratures locales, puis communales, à Ypres, avant 1270. In-S", 178 pages. Distribution des eaux alimentaires et Jontaines d' Ypres. Ypres; in-8o, 78 p., avec 3 gravures. Ypriana. Tome IV. Du mouvement communal à Ypres. Esquisses historiques, 1271 à 1348. Bruges; in-8o, 447 pages. 1881. Ypriana. Tome V. Tuindag et Notre-Dame de Tuine. Bruges; in-8°, 427 pages, avec 10 planches. 1882. Guillaume du Tielt, graveur; notes sur sa vie et sur ses œuvres. Ypres; in-8°, 62 pages, avec gravures. Ypriana. Tome VI. Jansenius. Les Frères Mineurs Franciscains. Le chapitre de Saint- Martin. Bruges ; in- 8o, 460 p., avec 2 planches. Les trois études publiées dans ce vo- lume ont été tirées à part sous les titres suivants : 1° Cornélius Jansenius, septième évéque d' Ypres, sa mort, son testament, ses épi- taphes. In-80, 243 p., avec une planche; 2° Les Frères Mineurs Franciscains, leur couvent et leur église à Ypres. In-8o, 82 pages, avec une planche; 3o Le chapitre de Saint-Martin à Ypres, sa composition, son organisation, ses statuts. In-S", 140 pages. 1883. Ypriana. Tome VII. Ypres et ses comtes Léliaerts; attaque et défense des institutions communales. Bruges; in-S", 510 pages. 1884. Varia Yprensia. 7. Ypres et Warneton. Conflit de juridiction au xve siècle. Bruges; in-8°, 91 pages. Âlph. Diegerick. Manifestation en V honneur de Monsieur Al- phonse Vanden Peereboom, ministre d'Etat, au- teur des Ypriana. Ypres, 30 septembre 1883, par A. Diegerick (Bruges, -1883; in-8o). _ M. Alph. Vanden Peereboom, ministre d'Etat, sa vie, ses œuvres, manifestation du 30 septembre 1883 (avec portrait), par P.-P. Denys (Ypres, 1884; in-S"). — Notice nécrologique sur Monsieur Alphonse Vanden Peereboom, par A. Diegerick (Anvers, 1886; in-8"). — Notice sur A. Vanden Peereboom, membre de l'Académie, par Al. Henné (Bruxelles, 1887; in-12). PEETEKMAiV)* {Nicolas-Joseph),écn- vain, né à Seraing, le 20 septembre 1829, mort dans cette commune, le 29 novembre 1861. Fils unique d'un médecin, il fit ses humanités à l'athénée de Liège, puis son droit à l'université de la même ville. Après avoir obtenu le grade de docteur en droit, il revint à Seraing, dont il fut nommé bourgmestre a l'âge de vingt-huit ans. Libéral con- vaincu, il entra deux ans plus tard au conseil provincial, dont il fut élu secré- taire par ses collègues. Il venait même d'être désigné comme candidat à la Chambre, quand la mort l'enleva pré- maturément. 11 remplit ses fonctions avec une conscience dont témoignent ceux de ses rapports administratifs qui ont été imprimés. Mais ce sont ses pro- ductions littéraires qui conserveront sa mémoire, car il consacra aux lettres le meilleur d'un temps que sa situation de fortune lui permettait d'employer suivant ses goûts. Pendant son séjour à l'université de Liège, il avait pu entendre Sainte-Beuve qui y professait alors l'histoire de la littérature française. Les leçons du cé- lèbre critique exercèrent une grande influence sur Peetermans et il n'est pas téméraire de supposer que c'est à la suite de l'enseignement d'un pareil maître que le jeune homme ait décidé de se vouer à l'histoire littéraire. Il fut soutenu, dans cette voie, par plusieurs amis qui avaient les mêmes aspirations : H. Kuborn, E.Goffart, A.Gilman, plus 837 PEETERS 8HS tard H. Helbig. Le petit groupe s'atta- cha plus spécialement aux œuvres pu- bliées ou méconnues des poètes natio- naux, qui firent l'objet des causeries du soir. De ces lectures et de ces discussions en commun naquit en 1854 un recueil collectif iutitulé : Soirées bruxelloises, et comprenant quatre essais sur VVeusten- raad, le baron de Walef, Lainez et Clesse; ce dernier article forme la quote-part de Peetermans. Dans la pensée des auteurs, les Soirées bruxelloises n étaient que le premier vo- lume d'une série. Mais sur ces entre- faites fut fondée la Revue trimestrielle, où leur cadre était élargi et dont la publication rendait inutile celle des Soirées. D'autre part, le comité de litté- rature de la Société libre d'Emulation de Liège, dirigé par M. Polain, entreprit de réveiller la vieille société un peu endormie, et organisa des conférences que Peetermans inaugura. C'est donc dans V Annuaire de la Société d' Emulation et dans la Revue trimestrielle ({ue. parurent les études du jeune critique sur Philippe de Maldeghem, sur Henri de Wachten- donck, sur la Couronne margaritique de Jean Lemaire, sur Thomas des Hayons. C'étaient des chapitres détachés d'une histoire de la poésie française en Bel- gique à partir du xvie siècle, qu'il rêvait d'écrire comme complément du mémoire d'André van Hasselt. En 1857, Peetermans publia une no- tice étendue sur le Prince de Ligne ou un écrivain grand seigneur à la fin du xviii* siècle, dont une seconde édi- tion vit le jour en 1861. C'est certaine- ment un des meilleurs travaux de cri- tique littéraire parus en Belgique ; l'auteur a su donner une idée brillante et exacte à la fois de cet esprit charmant et inconséquent, mais si pétillant, et certains chapitres, tels que celui consacré au séjour du prince à la cour de Charles de Lorraine, étaient tout à fait neufs. Il faut relever encore Y Esquisse delà poésie française au pays de Liège pendant un siècle (1550-1650), qu'il écrivit en guise d'introduction pour les Fleurs des vieux poètes liégeois, publiées par H. Helbig en 1859; c'est une belle page, où l'élé- gance de la forme n'enlève rien à la solidité du fond. Un mal inexorable devait malheureu- sement emporter IVetermans avant (ju'il eût pu produire l'œuvre définitive qu'on était en droit d'attendre de lui : ronge par la phtisie, il mourut à 32 ans. Ce fut une perte réelle pour les lettres belges. Paul llerginins. Journal de Liège, reproduit dans le Motiitcni belge du 3 décembre \iHîl, p. îild't. — Hevue tri- mestrielle, t. XXXlll iBiuxelies. i8i\-2), p. 378- 398 (notice de H. Kuborn). — Annuaire de la So- ciété libre d'émulation de Liège, iiHi'2, p. tV^-K!" (notice d'Eug. GotVarl et di>coiiis d'A. Le Hoy).— Pour la ii>te complète des œuvres de l'eeier- mans, voir la bibliographie nationale , t. 111 (Bruxelles, t897), p. 100. vw.^TK.wiH{Adolfihe- Bernard), avocat, industriel, publiciste, né à Gand, le 2 mars lS2ô, mort à Naples, le 8 dé- cembre 1 875. Docteur en droit de l'uni- versité de sa ville natale (18 septembre 1849), il se fit admettre comme avocat près la courd'appel de Gand où siégeait, comme conseiller, son père Bernard- François. Il pratiqua pendant douze années environ, non sans succès. Mais le goût de l'industrie le prit bientôt, et après son mariage et le décès de son père, qui lui laissa une fortune assez considérable, Peeters se trouva en 1861 à la tête d'une filature de coton. Mis en relations avec de grands financiers belges et étrangers, MM. Philippart, le ministre d'Etat de Brouckère, Ashbury et d'autres, il fonda d'importantes com- pagnies de chemin de fer et se consacra aux entreprises les plus diverses. Dévoré par cette activité fiévreuse, il mourut à Naples, le 8 décembre 1875, âgé de 49 ans. Par son testament, il dota géné- reusement les loges maçonniques dont il était dignitaire et fit des libéralités à plusieurs œuvres de bienfaisance. Il constitua l'Etat son légataire universel, à condition que celui-ci consacrât sa fortune à l'érection d'écoles libérales et payât à sa veuve une modique rente viagère. Le gouvernement crut devoir refuser ce legs. Mais la ville de Gand, subrogée dans les droits de l'Etat, s'em- pressa d'accepter la libéralité, accepta- tion qui fut ratifiée par arrête royal du 4 décembre 1876. 839 PEETERS 840 Peeters a laissé les oiivragessuivants : 1 . La questio7i du traité franco-belge par un filateur de coton. Gand, Van Cleera- putle, 1861 ; in-8°, 16 p. — 2. Le traité anglo-belge et l'avenir de Vindnstrie coton- nière. Bruxelles, Pecq, 1862; in-8°, 5 5 p. (anonyme). — 3. Les intérêts du commerce dans la question de l'escompte. 71p. — 4. Za Belgique à l'exposition de Bruxelles, Muquardt, 1866; in-8o, Paris 1867 et la Mac.', belge. Discours prononcé dans la ten.- . du R.' . At.' . Les vrais amis de l'union et du progrès réunis, le 5 j.-. 12* w.-. 5867, Bruxelles, P.-A. Parys, 1868 ; in-8o, 45 p. L. Tierenteyn. ] État civil de Gand. — Acte de partage de la succession Peeters-Baerlsoen, passé par Me Ver- meulen, à Bruxelles, le def lévrier i879. — Bid- leci» communal de la ville de Gand, \9>1%, p. 13. — ?sote d'audience pour la société Ashbury contre j)/me veuve Peeters-Baertsoen devant la cour de Bruxelles (Bruxelles, imp. des Travaux publics, 1893). — Bibliographie nationale, t. Ill, p. 101. PEETEHM {Armand), ou Pétri, écrivain ecclésiastique du xviie siècle, qui mourut à Kureraonde, en 1700. Nous n'avons aucun détail sur sa vie et savons seulement qu'il entra dans l'ordre des Récollets. Il composa, en 1691, une vie de saint Jean Capistran, sous le titre de : Leven en lonnderen Roep van den H. Joannes Capistranus Belyder der rain- derboedertnorde... verlosser van t'ckris- ten bulwerck Belgruden (Bruxelles, Fop- pens). En 1692, il fit paraître un re- cueil de notices sur les saints et illustres tertiaires. Quatre tomes virent le jour. L'auteur voulut en ajouter un cin- quième, mais il mourut avant d'avoir pu terminer son œuvre. En voici le titre : Seraphinschen sterrenhemel waer in beschreven zyn de levens van de heyligen, salighen... in vier deelen (Bruxelles, Josse De Grieck). l.t'onard VVillems. Dirks, bibliogi-aphiedes Frh-es Mineurs, p. 322. PEETEHH [Barthélemi) , Petrus ou Pétri, théologien et exégète, né à Op- Linter (Brabant), en 1545 ou 1546, mort à Douai, le 24 février 1630. Elève de la pédagogie du Porc, à Lou- vain, il obtint, le 1" mars 15 65, la cinquième place sur cent soixante-sept concurrents, dans la promotion de la faculté des arts. Il s'appliqua ensuite aux études théologiques et devint li- cencié. Rappelé à la pédagogie du Porc, il y enseigna la philosophie du- rant l'espace de dix ans, et eut pour disciple le célèbre Léonard Lessius. Les malheurs du temps ayant forcé l'univer- sité à congédier la plupart des profes- seurs et des élèves, Peeters se retira à Douai, en 1580, en compagnie de Guil- laume Estius, de Gorcum. Il y prit le bonnet de docteur dans la promotion de 1584. Nous n'avons que peu de données pour déterminer en quelle année Pee- ters devint professeur de l'université de Douai et quelles chaires il y occupa suc- cessivement. Comme les écrits du chancelier Bos- semius, imprimés en 1586, portent l'ap- probation d'Estius, d'Antoine Surius et de Barthélemi Petrus, ne peut-on pas en conclure qu'à cette époque Peeters ap- partenait déjà au corps professoral? La nature de ses ouvrages insinue qu'il en- seigna la théologie, l'Ecriture sainte et le catéchisme ou la controverse. Il dé- buta probablement dans la chaire de catéchèse, qui, bien qu'instituée en fa- veur des jeunes gens se destinant aux carrières libérales, était toujours occu- pée par un professeur de la sacrée fa- culté. Foppens, en parlant de la nomi- nation de Peeters, dit que celui-ci devint professeur royal de catéchèse et chanoine de Saint-Amé. D'après Plou- vaiii, B. Petrus recueillit la succession de Jean Rubus ou Du Buisson, en 1595. Gaspar Nemius, dans sa préface à la première édition (1621) des Annota- tiones G.Estii, nous apprend que Peeters succéda à G. Estius (f 1613) dans la première chaire de théologie. François Sylvius (dédicace de son commentaire in l''"' 2*) affirme que G. Nemius rem- plaça Peeters dans la leçon sur l'Apoca- lypse, et Canquelain assure que cela eut lieu en 1623. Peeters était lié d'une étroite amitié avec G. Estius, François Sylvius (Du Bois) et François Lucas, de Bruges, 841 PEETERS 84-2 I doyen du chapitre de Saint-Omer. Sa correspondance avec ce dernier prouve qu'il s'occupait activement de la critique du texte de la Bible et qu'il rendit des services au célèbre Lucas Brugensis. — G. Estius institua B. Petrus un de ses exécuteurs testamentaires et le chargea de la publication de ses ouvrages qui n'avaient pas encore vu le jour. — Syl- vius étant promu au doctorat, en no- vembre 1610, les professeurs de théolo- giedésiraient beaucoup confier au jeune et brillant docteur une chaire de leur fa- culté. Mais il n'y en avait point de va- cante. B. Peeters, à l'effet de réaliser les vœux de ses collègues et les siens, céda sa leçon à Sylvius, à condition de la reprendre lorsqu'une autre chaire viendrait à vaquer. Le provisoire ne dura guère. D'après Foppens et Paquot, Sylvius ayant rem- placé Estius, en 1613, Peeters aurait repris ses fonctions. Nous préférons le témoignage du contemporain G. Ne- mius, cité plus haut, selon lequel Estius eut pour successeur B. Petrus. Peeters rendit encore des services à l'université de Douai comme proviseur du séminaire du roi et du séminaire provincial des évêques. Il mourut à l'âge de 85 ans accomplis, et fut inhumé dans l'église de Saint-Amé, à côté de la chapelle de Saint-Maurand. A raison de son âge avancé, les étudiants se plai- saient à l'appeler grand-père. Sa vertu et sa science lui avaient concilié l'estime universelle. On sait que la faculté de théologie de Douai, depuis son origine, professait la doctrineThomiste sur la grâce, la prédé- termination physique, etc. Peeters en fut un zélé défenseur. Il le montra même dans son testament, par lequel il laissa tous ses biens au collège de Saint- Thomas d'Aquin, fondé à Douai, en 1619, par les Dominicains, sous le prieurat de Philippe Petit. » J'exige, • dit-il dans l'expression de ses der- « nières volontés, que les professeurs de • théologie de ce collège enseignent et • défendent constamment l'ancienne • doctrine de Saint-Augustin sur la « grâce vraiment efficace, et sur la ma- • nière de concilier celle-ci avec le » libre arbitre, doctrine approuvée par • Innocent I", Zosime, Célestin P'", » Léon P*", Gélase 1er, Félix IV, le • Ilpconcile d'Orange, Bonifaceler.etc, • doctrine soutenue et expliquée par • saint Thomas, le docteur angélique ». L'ardeur de Peeters pour les doc- trines thomistes lui inspira-t-elle une certaine antipathie à l'endroit des Jé- suites ? Toujours est-il que dans une lettre à Lucas Brugensis il attribue à l'influence des disciples de saint Ignace le reirait de la célèbre Bible sixtine de 1590. Il fut mêlé aussi à la fameuse querelle soulevée à l'occasion de la Cen- sura Duacensis relative à trente-quatre propositions du jésuite Léonard Les- sius touchant l'inspiration des livres saints, la grâce et la prédestination. Cette querelle est exposée par Mr Bou- quillon dans sa notice sur Bossemius. Voici la liste des ouvages de Barthé- lemi Peeters : 1. Vincentii Lirinensis Galli, adcersus prophanas hœreseon novationes, Ubellus vere aureus, dist inclus hi capita et notis uberioribus opéra viri docti illustratus. Douai, Marc Wyon, 1611; in-8o de 136 pages. — Les titres donnés par Foppens, Valère André, Swertius et Paquot ne sont qu'approximatifs et plutôt descriptifs : Vincentii Lirinensis contra Jicereses liber aureus, cum notulis brevibus et dissertiuncula apologetica de Vincentio ejusque scriptis. Il en est de même de celui fourni par Migne, d'après Schoenemann et Cave : Vincentii... cum commentariolo lo. Costerii et Bartholo- maei Pétri notis breviculis et dissertatione apologetica... En effet, l'ouvrage publié à Douai contient, au fol. (II), un avis au lecteur : Bartholomœus Petrus Scholœ theologicae Duacenœ auditoribus; fol,(X) : une notice sur Vincent de Lérius : Ex Catalogo Gennadii ; p. 95 : In D. Vin- centii librum scholia auctoribus lo, Cos- terio et B. — 2. Apostolicce sedis dejî- nitiones veteres de gratia Dei. Douai, veuve de Laurent Bellam,1616 ; in-12. Tel est le titre donné par Duthillœul. Nous n'avons vu que la seconde édition, intitulée : Apostolicae sedis dejinitiones 843 PEETERS 844 veteres de gratia Bei. Secunda editio, Plu- rimum auda. Collectore Bartholomœo Pe- tro Lintren. S. Theol. Doct. ei in Acad. Duacen. Regio Prof essore. Douai, Lau- rent Kellam, 1627; in-8"de 88 papces. Cet ouvrage comprend page 3 : S. Coe- lestini pnpœ pro B. Augustino et de gratia Dei, Ephtola ad Galliarum episco- pos; p. 24 : B. Leonis primi, papa, Epis- tola, 84, alias 86; p. 30: Quibus aliis modis B. Léo adversus Pelagianismum egerit; p. 31: B. Gelasii papœ Episiola ad Eonorium; p. 33 : Quid S. Hormisda pontifex adversus Pelagianismum ; p. 39 : Capitula ah npostolica sede missa episcopis G allia, in concilio Arausicano secundo publicata; p. 62 : Annotationes historicœ. Encore une fois donc, les titres donnés par Valère André, Foppens et Paqnot sont descriptifs : AposloHcae sedis défi- ni tiones veteres de gratia, cum anvotatio- nibus in Epistolam, S. Coplestini pnpœ pro B. Augustino, et in Jùpistolam 84, alias 86 (Foppens et Paquot disent 129, alias 79). Leonis Pontijicis ad Nicetam, Episcopum Aquiléîensem. — 3. Actus Apostolorum a S. Luca conscripti; Et in eosdem commentarius perpetuus, Deo dante concinnatus per Bartholomaum Pe- trum Lintrensem S. Theol. Doctor. et in univers. Duacensi Professorem primarium. Douai, veuve et héritiers de Pierre Bor- remans, 1622 ; in-4° de 642 pages. — Duthillœul (Bibliographie douaisienne), dit que cet ouvrage fut réimprimé chez la veuve de Laurent Kellam. Peeters dédia son travail à Antoine de Hennin, évéque d'Ypres, dont il avait été le commensal à Louvain, d'abord chez le professeur Jean Molanus, ensuite au collège du pape Adrien VL — 4. Pr«- ceptioues logicœ svperiorum disciplina- rum, ac prœsertim S. Théologies exemplis illustratae, libri duo; in-12. Douai, Gérard Patte, 1625, d'après Duthil- lœul, réimprimé en 1635. Le but de l'auteur est de remplacer par des exemples plus riants et plus utiles les exemples insipides dont les vieilles Lo- giques et Dialectiques ornaient leurs propositions et syllogismes. — 6. Jé- rôme Stevart, de son vivant doyen de la métropole de Malines, possédait dans sa bibliothèque un manuscrit : Explicatio catechetica ad Decalogum, auctore Ex. D. Bartholomcpo Pétri Lintrensi, etc. — — 6. Autrefois on conservait à l'ab- bayed'Afflighera : Ex'mii D.M.N. Bar- tholomœi Lintrensis Tractatus de Peeni- tentia. Depuis la révolution française, ce manuscrit n'existe plus chez les Bé- nédictins d'Afflighem, ni chez ceux de Termonde,qui se sont partagé les restes de la bibliothèque de l'ancienne abbaye. — 7. En 1614, parut chez Marc Wyon : Thoma Aquinatis summa theo- loqica, etc., in très partes ah auctore suo distrihuta, publiée par les théologiens de Douai, François Silvius, Georges Calvenerius, Jacques Pollet et Earthé- lemi Peeters. Cette édition, collationnée avec plusieurs manuscrits, contenait, outre des remarques critiques après chaque partie de la somme, la quastio C de Purgatorio, encore inédite, à la fin du Supplementum 3* partis. L'ouvrage fut contrefait à Paris, en 1622, et dédié à Grégoire XV. Les pro- fesseurs de Douai publièrent l'année suivante une seconde édition, perfec- tionnée à l'aide de manuscrits qu'ils n'avaient pas vus auparavant, de deux éditions romaines de 1469 et des va- riantes de quelques exemplaires de la métropole de Cambrai, fournies par Jean Baccart, théologal de cette église et licencié en théologie de Douai. Elle est dédiée à Urbain VIII (et non pas à Grégoire XV, comme le dit Paquot) et est intitulée : Sancti Thomœ Aquinatis summa theologica : in qua Ecclesia catho- licœ doctrina universa, et quicquid in ve- tervm Patrum monumentis est dignum oh- servatu ; quicquid etiam vel olim vocatum est, vel hodie vocatur ah hœreticis in con- troversiam; id omne ut erudite, solide et dilucide, ita pie atque fideliter explicatur-, in très paries ah auctore suo distrihuta. Olim quidem ex manuscriptis exempla- ribus, quorundam Lovaniensium Theolo- gorum , deinde aliorum doctissimorum virorum, ac nuper nonnullorum Dnacen- sium Theologorum operd, et nunc eorun- dem. nova cura, a pluribus mendis repur- gata ; ita ut suum primeevum nitorem vel nunc haheat vel ad eum proxime accédât. 845 PEETERS 846 I — Douai, Marc Wyon, 1623; 5 vol. in-fol. de 216, 220,' 341, 208 et 168 pages, sans compter les préliminaires, les remarques critiques (plus nom- breuses que dans la première édition), les indices et le catéchisme de Hunnseus, qui se trouve à la fin. Cette édition sur- passe toutes les précédentes et ne doit céder tout au plus qu'à celles du père Jean Nicolaï. Pans un avertissement aux lecteurs, les professeurs se plaignent du plagiat commis à l'endroit de leur première édition. • L'édition de Paris (1622). disent-ils, contient une dédi- cace à Grégoire XV et un Encomium ou éloge de la publication parisienne; elle donne in extenso les Prolegomena du père Antoine de Sienne à la somme, tandis que les théologiens de Douai n'en reproduisent que les extraits jugés les plus utiles : c'est la seule différence entre l'édition de Paris et l'édition douaisienne de 1614. Le texte de celle-ci, les observations critiques avec références aux manus- crits de Cambrai, de Saint-Ghislain, de Georges Colvenerius (que les édi- teurs de Paris n'ont jamais vus), la note marginale mise en tête du pre- mier Index, le titre du svpplemenlum, même les fautes typographiques ; tout est reproduit dans l'édition pari- sienne. Par conséquent, les éloges que V Encomium prodigue à l'édition de Paris reviennent en réalité à celle de Douai. Mais, chose merveilleuse, le même Encomium, tout en exaltant l'œuvre parisienne, déprécie et discré- dite la publication douaisienne. Aussi, personne n'ose s'en déclarer l'au- teur. . — 8. En 1613, G. Estius pu- bliait son commentaire sur les Epîtres de saint Paul et les Epîtres catholiques. Lorsque la mort l'enleva, le 20 sep- tembre, il en était arrivé, pour l'impres- sion, au chapitre III de la deuxième Epître aux Corinthiens, et pour la rédac- tion, au verset 7 du chapitre V de la première Epître de saint .Jean. Barthé- lemi Peeters, qui avait dès le principe revu le manuscrit et les épreuves, soi- gna la continuation de l'impression et suppléa ce qui manquait au commen- taire des Epîtres de saint Jean. L'ou- vrage parut sous le titre général : In omnes Failli et septem catholicas aposto- lorum epistolas commentaria , anctore Guillelmo Estio, in academia Duacena professore, cum elogio aucloris ab Andréa Hoio cotmrripto, necnon BartJiolomœi Pétri in Joannem elucidationes. Douai, Balthazar Rellère, 2 vol. in-fol., 1614 et 1616. Le t. 1er est intitulé : In omnes divi Pauli apostoli epistolas commentario' rum. tomus prior, anthore Guillelmo Estio... ; le t. II : Tom7is posterior. Ac- cesseruni ejusdem authoris in quinque epistolas catholicas commentaria., necnon 1). M. N. Bartholomœi Pétri S. Tkeol. doctoris ac professoris primarii, inpartem prima ac secundam et tertiam Joannis r.larissimœ elucidationes. Le commen- taire est dédié par Peeters à l'archiduc Albert et muni d'une préface par le même. Jacques PoUet, qui donne l'ap- probation pour les additions de Peeters, en parle en ces termes : Doctissima sunt et pari stylo ac doctrina composita, adeoque censeo prœlo esse dùjnissima et lectoribus utilissima. D'après d'autres savants, le supplément de B. Petrus, tout en étant digne d'éloges, n'atteint pas à la hauteur d'Estius. — 9. Estius, étant président du séminaire du roi, avait recueilli, à l'occasion des confé- rences avec ses élèves au sujet des cha- pitres de l'Ecriture lus à table, des notes sur les passages les plus difficiles. A la demande de Peeters, Gaspar Ne- mius se chargea de les publier. Il en fit un choix, en écartant un certain nombre moins étudiées et les livra à l'impres- sion, sous le titre : Guilielmi Estii. . an- notationes in preecipua ac difficiliora sacra scripturœ loca. Douai, veuve de Pierre Borremans, 1621. Estimant que l'œuvre était mutilée, plusieurs amis d'Estius voulurent une édition plus complète. Nemius remania donc sa première pu- blication. Peeters en fit la revision, ajoutant ci et là quelques annotations rédigées par lui et qu'il signale dans le texte d'Estius par ces mots : Additio B. P. censoris. La nouvelle édition parut en 1629 chez Gérard Patte. — 10, En- fin, Peeters publia sous le titre de : 847 PEETERS 848 Guïlielmi Eslii S. Th. Boct. et prof, primarii, necnon cancellarii Buacensis orationes theoloyicee (Douai, veuve de Laurent Kellam, 1614), les discours académiques prononcés par le chance lier en diverses occasions. Au dis- cour? 14, de Maydalena evangelica, se trouve une additio censoris de Barthé- lemi Peeters, à propos de la question des trois Marie. On aura remarqué que B. Peeters dé- cline son nom latinisé. Cependant beau- coup d'auteurs l'appellent B. Pétri. A.-C. De Scbrevel. Bibliothèque de Douai -. Ms. n» 4449. Can- quelain, Hist. de Douai ; Ms. n» -1020, fonds Plouvain. — Bibl. royale de Bruxelles -. Ms. no l"o9!2, Foppens. Historia et séries doctorum academiœ Duacensis ab anno 1362 ad annnin 1750. — Foppens, Sweertius, Valère André, Pa- quot. — Les théologiens de Douai. Il, Malhias Bossemius par Bounuillon ; III, François Syi- vius; V, Guillaume Eslius; VIII, Gaspar Nemius, par Th. Leuridan. - Archives de Saint-Omer, Correspondance de François Lucas. PEETERS (Bonaventure), peintre an- versois de marine du xviie siècle, le représentant le plus connu d'une famille dont plusieurs membres cultivèrent le même genre de peinture. Bonaventure fut baptisé, dans l'église Sainte-Wal- burge, à Anvers, le 28 juillet 1614. Il était fils de Corneille Peeters et de Ca- therine van Eelen. En 1634-1 635, il fut reçu comme maître dans la gilde de Saint-Luc en même temps que son frère Gilles. Ils travaillèrent ensemble et probablement dans le même atelier. En 1641-1642, Jean Peeters fut inscrit dans les Liggeren de la corporation des peintres comme l'élève de ses deux frères. Le 5 juillet 163 8, Bonaventure Peeters fut chargé par le magistrat anversois de faire vingt-deux cartes représentant le siège et la bataille de Calloo. Aidé par son frère Gilles, il exécuta un tableau où le même siège était peint et qui, le 28 mai 1639, leur fut payé 480 florins. A la fin de sa vie, Bonaventure se retira à Hoboken, dans une maison de cam- pagne qu'il y possédait. Il y peignit la Bataille sous les murs d'une ville orien- tale, appartenant au musée de Dresde, qu'il signa ; " Bonaventura Peeters fecit " in Hoboken 1652 ». Il y mourut le 25 juillet de la même année, et fut en- terré dans l'église du village où l'on voit encore son épitaphe ornée d'une marine représentant le Naufrage de Saint- Paul près de Vile de Malte, due au pinceau de son frère Jean. Ce dernier fit égale- ment les vers qu'on lit sous le portrait peint par Abraham Mathys et ornant ce monument funéraire. Cette inscription l'intitule peintre de marine et poète. Corneille De Bie, qui l'avait connu, l'appelle également ex- cellent peintre de marine et poète har- monieux. Les seuls vers que nous ayons rencontrés de lui sont ceux qu'il écrivit au-dessous et sur le revers d'une aqua- relle que possède le Musée Plantin- Moretus, et qui représente une mer orageuse et des vaisseaux en danger. Les vers de notre artiste, dans le genre de ceux de Cats, contiennent une mora- lisation dans laquelle la vie humaine est comparée à une tempête qui ballotte l'homme comme le navire est le jouet des ondes. Ses peintures se rencontrent dans la plupart des musées. Elles sont souvent signées et datées. La plus an- cienne que nous connaissions appartient à M' Ludovic d'Ursel et porte la date de 1632 ; le musée de Berlin possède de lui une marine de 1636 ; dans la collec- tion Van Bellingen s'en trouvait une de 1639; une marine de 1641 faisait partie de la galerie de M^ Dubus de Cihisi- gnies ; une autre de la même date se trouve au musée impérial à Vienne; une Vue sur Bordrecht , appartenant au musée de Darmstadt, est datée de 1647; l'une des deux œuvres que possède le musée de Dresde est de i 643, l'autre de 1652. Les sujets ordinaires des tableaux de Bonaventure Peeters sont les bords des fleuves ou de la mer. Nous connaissons de lui des vues de l'Escaut devant An- vers, une vue de Middelbourg. une de Flessingue, une de Dordrecht. Les scènes placées dans les mers du Levant ne sont évidemment que des créations de sa fan- taisie ou des reproductions de gravures. Il aimait beaucoup représenter les mers fortement agitées, les orages près des 849 PEETERS 850 I côtes rocheuses, les batailles navales, les naufrages et autres sujets drama- tiques, quoiqu'il réussisse généralement mieux à reproduire les sites calmes. 8on talent est inégal : ses mers agitées, ses vaisseaux violemment secoués par la tem- pête sont d'un style maniéré et décla- matoire; ses vues de port et de rivages paisibles sont maintes fois pleines de grâce et charment par leur couleur et leur lumière délicates. Parmi les plus belles de ses pièces, on compte la Vue de Dor- drecht au musée de Dusseldorf, la petite marine du musée impérial de Vienne (n" 11 04) et le Port de mer au musée de Schleissheim. Quelques dessins de Bonaventure Peeters se rencontrent dans les collec- tions publiques et privées. L'Albertine possède des vues sur Delftshaven, Naarden et Schiedam, ainsi que des vues sur la pleine mer. Nous connaissons de lui deux eaux- fortes, l'une appelée la Redoute de fFil- lemstadt, l'autre un Navire voguant à voiles déployées près d'une côte rocheuse que domine un fort. Bon nombre de ses tableaux furent gravés. Son portrait fut peint par Jean Meys- sens et gravé par W. Hollar. 11 figure dans le Gulden Cabinet de Corneille De Bie. Max Rooses. Voir pour les sources sous Jean Peeters. PEETER<« [Bonaventure II), peintre de marine anversoisdu xvii* siècle, fils deGilles Peeters et neveu de Bonaventure qui précède. Il naquit le 17 octobre 1648; il prit service sur les bateaux hollandais et fit de longs voyages sur mer ; il mou- rut à Anvers le 2 septembre 1702. Nous ne connaissons aucun de ses tableaux. Peut-être sont-ils confondus avec ceux des artistes de la même famille. La seule œuvre que nous ayons rencontrée de lui est un dessin que possède le cabinet des estampes d'Amsterdam, signé : » Bon. • Peeters Wtseyle van de Galione in . Havana. 1662 ». Max Rooses. PEETEBt» [Catherine) est une artiste anversoise, louée par Corneille de Bie (1661), pour l'excellence de ses tableaux de fruits, de légumes, de comestibles, de nature morte, en un mot. Renseignée également par M'F.-J. vanden Brandon, elle naquit, suivant cet auteur, le 16 août 1615, comme sœur de Bona- venture et de Jean Peeters, avec qui elle vécut jusqu'à sa mort, arrivée en 1676. Par malheur, il se trouve que les œuvres désignées par M' F.-J. vanden Branden, comme émanant du pinceau de Catherine Peeters, ne concordent ni par leur signature, ni par leurs dates, avec les données susdites. Catherine et Clara Peeters (voir ce nom), ont pu exister l'une et l'autre; les confondre est impossible. Enfin, pour compliquer encore laquestion.un maître hollandais, Pierre Claes. le père de Herghem, pei- gnant aussi les natures mortes et signant du monogramme P. C, fut, jusque dans les derniers temps, confondu avec Ca- therine ou Clara Peeters. Cette question est maintenant tranchée. Henri Hymans. Corn, de Bie, Hei Gulden Cabinet van de edel vry schilderkonst (Lierre, 1661, p. b38). — F.-J. Vanden Branden, Geschiedenis der ant- tverpscke schilderschool, p. 1050-51. PECTKKJi [Charles) ou Carolus Pé- tri, écrivain ecclésiastique, né à Anvers, en 1633, mort dans la même ville, le 27 octobre 1703. Entré, à l'âge de dix- huit ans, au couvent des Dominicains de sa ville natale, il y prononça ses vœux et y fit ses études ; il fut chargé ensuite de professer la philosophie et la théolo- gie. Ayant encore passé quehiues années dans la maison de son ordre, il alla ensuite à Douai prendre le grade de licencié, puis fut envoyé, par ses supé- rieurs, à Rotterdam, où, pendant trente ans, il remplit les fonctions de curé- missionnaire. Le zèle dont il fit preuve pour la conversion des réformés l'ayant fait emprisonner pendant quelque temps, il quitta la Hollande pour rentrer au couvent d'Anvers où, vers 1690, il fut nommé lecteur des cas de conscience. Il occupa ces dernières fonctionsjusqu'à sa mort, employant ses loisirs à reviser 851 PEETERS 85S et à traduire en latin les sermons qu'il avait prêches. On a de lui les ouvrages suivants : 1 . Conciones Thomùticœ ; sive Discursus morales super omnes totiusanni Dominicas. Anvers, Jacobus Woons, IfigSjiu-S". — 2. Conciones Thomistica ; sire Bis- cumvs inorales in omnes totins anni So- lemnitntes ne Testa. Coloofne, Wilhem Friessem, 1698; in-S». — 3. Conciones Thomistica ; sive Discursus morales de Or- dinis S. Dominici Festivitatihus prœnipuis. Qui bus accéda Tractatus de Rosario, de Passione Domini, de Septem Verbis Christi in cruce. Cologne, Wilh. Fries- sem, 1698; in-go. Fret). Alïin. Paquot, Mémoires pour servir à l'histoire litté- raire des dix-sept provinces des Pays-Bas , t. XVIII, p. 441. — Piron, Alqemeene levensbe- schryving der mannen en vrouwen van Belgie. — — Vander Aa, Biographisch woordenboek. * PEETERS -'Wii.RAV'x (Charles), industriel et archéologue, né à Cam- brai, en avril 1804, décédé à Tournai, le 22 août 1868. Né à Cambrai, mais descendant d'une famille belge, les Peeters d'Anvers, Charles Peeters, après avoir étudié à Paris les sciences naturelles, vint se fixer dès l'âge de vingt-quatre ans à Tournai, où il se maria et se livra au commerce ; puis il s'adonna à la cul- ture industrielle, fonda l'établissement agricole et la sucrerie de Warcoing, où il appliqua, l'un des premiers, les théories nouvelles de culture et donna l'impulsion la plus grande à l'industrie sucrière alors à ses débuts. C'est en grande partie à lui, à son initiative et à son exemple, que l'agriculture, dans le tournaisis, doit d'avoir, plus vite qu'ailleurs, rompu avec des usages routiniers et surannés, malgré l'hostilitédescultivateursd'alors, à la culture de la betterave et aux pro cédés nouveaux préconisés par la science agricole. Doué d'une nature très active et très énergique, Peeters, dont la for- mation intellectuelle était très dévelop- pée, se livra à l'étude de l'archéologie, en même temps qu'il s'occupait activement d'affaires. En 1 84 6 , il fut au nombre des fondateurs de la Société historique et littéraire de Tournai et il prit une part active aux discussions et aux travaux de cette société. On lui doit plusieurs pu- blications marquées au coin d'une éru- dition profonde et sûre : Le tétramorphe et quelques chapiteaux historiques de la cathédrale de Tournai; Rajiport sur les églises d^ Erquelines et de Gallaix ; Pro- menade iconographique dans les rues de Tournai ; Note sur un carrelage historié où l'auteur a lu « hoc Opus Sandonis », et qu'il faut lire » Opus hoc Donissan « . Toutes ces notices ont été insérées dans les Bulletins de la Société historique. Peeters fit encore des communications sur le château de la Royère à Néchin, sur des nappes historiées du xve et du xvie siècles ; enfin il étudia d'une ma- nière approfondie l'art de la peinture sur verre aux xil^ et xiiie siècles et les caractères qui permettent de distinguer les vitraux de cette époque de ceux des époques postérieures et des œuvres des peintres verriers modernes. Il allait publier le résultat de ses recherches sur cette matière si intéressante, quand la mort l'enleva le 22 août 1868. E.-J. Soil. Bulletins de la Société historique et archéolo- gique de Tournai. — Huguet, Notice nécrologique sur Peeters- Wilbaux. PEETERS {Clai'a), peintre de fleurs, de fruits, de comestibles et d'accessoires divers, représentée au musée de Madrid par une série de quatre peintures. L'une de ces œuvres distinguées, représentant des oiseaux morts, est datée de 1611 ; sur une seconde sont figurés des fleurs et des fruits; la troisième représente des poissons; la dernière, enfin, des pâtis- series, verres de vin, etc. Toutes sont signées : Clara Peeters ou simplement Clara P. Aucune confusion n'est, dès lors, possible entre Clara et Catherine Peeters (voir ce nom), ou encore Chris- tophe Puytlinck (id. id.). La date de 1611 écarte, d'autre part, toute possi- bilité d'identification avec la dite Cathe- rine Peeters, née à Anvers, seule- ment en 1615, selon M. Vanden Bran- den. Christophe P(jytlinck, lequel pei- gnit également des natures mortes, s'est- il servi du monogramme C. P., attribué 853 PEETERS 854 à Clara Peeters? Nous l'ignorons. Ce monoçramme , fréquemment rencontré sur des tableaux d'accessoires, de fruits, de poissons, attribués jadis à Clara Pee- ters, a été naguère identifié avec celui de Pieter Claes, peintre hollandais, le père de Berghem. Disons, au surplus, qu'aucune confusion n'est possible entre les œuvres de ces divers peintres. Clara, pour ne parler ici que d'elle, est une artiste de première valeur, dont les pro- ductions n'ont été surpassées par aucun représentant du genre qu'elle cultiva. Nous n'avons sur l'artiste d'autre source biographique que ses œuvres citées. Henri Hymans. prETERM {François- Luc), aussi Pe- TERS, peintre de paysages et de figures, né à Anvers, non pas à Malines, comme le dit par erreur Immerzeel, en 1606, mort à Bruxelles en 1654. Elève de son père, un peintre obscur, ensuite de Gérard Zeghers, il aurait été très avant dans les bonnes grâces de l'archiduc Léopold Guillaume, au service de qui s'écoula presque toute sa carrière. A ces renseignements, puisés dans Piron, il n'en est aucun que nous puissions ajou- ter de science personnelle. Pas plus dans les sources anversoises que dans les documents divers, publiés en Au- triche, relativement à la galerie de Léopold-Guillaume, nous n'avons ren- contré le nom de F.-L. Peeters. Nous n'avons non plus trouvé de ses œuvres dans les galeries nationales ou étran- gères. Henri Hymans. J. Immerzeel, De levens en werken derhoUand- sche en vlaamsche kunsischilders, etc. — Piron, Levensbeschryving der mannen en vrouwen van Belgie. VKt:rEnm(GiUeso\i Effide), peintrede paysage et de marine du xviie siècle, frère aîné de BonaventureIer.il naquit à Anvers et reçut le baptême, à l'église Sainte- Walburge, le 28 janvier 1612. Comme nous l'avons déjà constaté, il travaillait en commun avec son frère et peignit avec lui, pour le magistrat de la ville d'Anvers, le tableau du Sièffe de CaUoo. De son mariage avec Elisabeth De Smidt naquirent quatre enfants, dont trois fils qui tous les trois devinrent peintres : Guillaume, né le 17 octobre 1642, Gilles, le Iprjuin 1645 et Bonaventure,le 17 octobre 1648. Il mourut en mars 165S et fut somptueusement enterré dans l'église Saint-Jacques, le 12 de ce mois. Outre le Siège de Calîoo, nous con- naissons de lui, au musée d'Amsterdam, un paysage signé • Gillis Peeters 1 638 « , à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg une rive boisée avec un petit navire à voile sur l'eau, signé » G. Peeters 1645 non encore mentionné dans le catalogut de 1895); au musée de Weiraar un paysage marqué » G. Peeters 1653 « . Le cata- logue de Dresde lui attribue avec raison un paysage signé » Peeters ». Il a gravé plusieurs eaux-fortes, notamment quatre grandes pièces représentant des chasses à courre dans des paysages boisés avec la ville de Paris ou des châteaux auX environs de cette ville et dans le lointain, et une cinquième pièce, plus petite, dans un site pareil avec un chasseur guettant du gibier d'eau. Gilles Peeters est un artiste trop peu connu et trop peu apprécié. Tous les tableaux que nous venons d'énumérer ont une valeur réelle; ils sont exécutés dans le genre d'Artois et de Huysmans, mais d'une tonalité plus fine; les effets de lumière sont remarquables, les ac- cessoires bien rendus. Max Roosea. Pour les sources, voir sous Jean Peeters. v^^T^wt» [Gustave- Adolphe), géomè- tre et cartographe, filsde Joseph-François et de Marie-Catherine Coppens, né à Vra- cene (hameau de Meerdonck,arrondisse- mentadministratifdeTermonde),le 18 fé- vrier 1819, mort, marié et sans enfants, à Meerdonck (érigée en 1 845 en commune distincte), le 13 juillet 1878. Après avoir fait ses études à l'ancienne école normale provinciale à Gand, il revint au foyer paternel et fut nommé peu de temps après géomètre juré. Pendant vingt-sept ans il seconda son père, qui était à la fois instituteur et secrétaire commu- nal, et lui succéda dans cette double fonction dès le 9 septembre 1850. Peeters 855 PEETERS 856 s'occupa beaucoup des questions d'hy- giène et fut, sous ce rapport, un bien- faiteur pour le pays de Waas. L'habi- leté qu'il acquit comme géomètre lui permit de dresser deux cartes. La plus ancienne a pour titre : Topographische Ifaert van het voormnlig Land van Waes ; hestaende in hef- bedierlyk arrondissement Sint-Nicolaes, met de gemeenten Waes- munster en Moerheke. Met hoogst deszdfs toestemming opgedragen a en den Eeer baron de T'Serclaes, koninklyken kommis- saris van gemeld arrondissement , door G.- A. Peeters, gezvwren landmeter te Meerdonckj 1848. Etablissement géogra- phique de F. Desterbecq, à Bruxelles. La carte est formée de deux feuilles grand aigle; elle est bien gravée. La seconde carte, dont la gravure a moins de finesse, a été publiée, en une feuille grand aigle, en 1870 : Topogra- phische Kaarl van het bestnurlijk arrondis- sement Dendermonde , Provint le Oostvlaan- deren, door G. A. Peeters^ gezworen landmeter en gemeente- sekretaris, te Meerdonk, auteur der kaart van het Land van Waas. 1870. Grav. door Mart." Ghys. Aardrykskundig gesticht van A. Scheepers, Antwerpen. Les deux cartes sont à l'échelle du ^-, et dressées avec soin. Relevons, entre autres détails, la superficie et la population des principales communes, de même que la superficie et la date d'endi- guement des polders. F. Van Oriroy. Etat civil de Vracene. — Fr. de Potier en J. Broeciiaert, Geschiedenis van de gemeenten der provincie Oosi-Vlaanderen, t. XXVI. — Rensei- gnements communiqués par M' R. van Duyse, secrétaire communal de Meerdonck. PEETER$a {Hubert), instituteur, né à Diepenbeek, le 10 mars 1796, mort à Looz-la-Ville, le 30 décembre 1875. Il remplit pendant plus d'un demi-siècle ses modestes fonctions dans la province de Limbourg et publia les ouvrages élé- mentaires suivants : l.Eerste oefeningen in het lezen door P.-J. Prinsen ... teu gebruike van lagere scholen, herzien en vermeerderd. Tongres, Demarteau, 1 84 1 ; in- 18. — 2. Voorschrijten ter oefening in het kunatmatig achryven. Deux livrai- sons. — 3. Nederduitsche spraeHeer met oefeningen , ten gebruiken der lagere en middelbare scholen. Anvers Peeters-Yan Brabant, 1857 ; in-12. En collaboration avec Julien-Guillaume Peeters. Louis Tierenteyn. Bibliographie nationale, t. III, p. 100. PEETERS {Jacques), graveur, né à Anvers, le 28 novembre 1637. mort dans la même ville en 1695. Il fut ad- mis, comme fils de maître, à la corpora- tion de Saint-Luc en 1660 et élu doyen en 1695, l'année de sa mort. Bien que ces dates soient très précises, nous ne saurionsaffirmer que toutes se rapportent au même artiste, le prénom de Jacques ayant été porté par plusieurs de ses ho- monymes. Que celui qui nous occupe ait été également peintre, nous en dou- tons, attendu que les estampes au bas desquelles figure son nom, indiquent un praticien de métier plutôt qu'un graveur occasionnel. On connaît de lui une série de dix planches du Siège de Vienne, d'après Romain de Hooghe. Henri Hym.-ins. Verachter et Terbruggen, Histoire de la gra- vure d'Anvers. — Rombouts et Van Lerius, Le« Liggeren et autres archives de la gilde anver- soise de Saint-Luc. PEETERS {Jean), architecte, né à Diest. Selon P.-V. Bets, Histoire de la ville et des institutions de Tirlemont, écrite dit l'auteur, d'après des docu- ments authentiques la plupart inédits, les fenêtres du chœur de l'église Notre- Dame-du-Lac, à Tirlemont, furent ou- vragées pendant les années 1467 et 1468, sous la direction de Jean Pee- ters de Diest, élève du célèbre Sulpice van Vorst de Louvain. Selon le même Bets, Jean Peeters commença en même temps la belle décoration de la vous- sure du grand portail où se remarquent de nombreuses sculptures trnvaillées avec une grande délicatesse. Jean Pee- ters traça aussi les dessins des meneaux des fenêtres et de nombre de sculptures du portail. » Item XX Februarii betaelt Meeste- • ren Janne Peeters van Diest, meester » wercman vanden steenraetsers, van 857 PEETERS 858 . (lat hy die miite gehaelt heeft vanden • grooten vinsteren iuden niuwen choor, • ende vanden welfsele onder den thoo- • ren om patroenen te makenen van • ozyven totten welfsele, vander vornien • totten selven grooten vinsteren, vi st. • Den selven noch betaelt om dat by . aen de voir vorme vander vinsteren • gewracht heeft, v dage, ii grypen, X plee. • Comptes de 1467 à 1468. Edmond Marchai. P.-V. Bels, Histoire de la ville et des insiiiu- ions de Tirlemont, 1861. l. II, p. 114-113. PEF.TER» (Jsan), peintre de marine anversois du xviie siècle, frère de Bo- naventure, Catherine et (iilles men- tionnés ci-dessus. Il naquit à Anvers, le 24 avril 1624, et fit son apprentis- sage dans l'atelier de ses deux frères où il entra en 1641-1642. Il mourut pro- bablement en 1677. Jean Peelers traita les mêmes sujets que son frère Bonaven- ture, mais avec moins de talent. Ses œuvres sont de couleur terne, de lu- mière n)ate. On les rencontre dans bon nombre de musées; peu d'enire elles sont signées; nous n'en connaissons que deux qui soient datées, l'une, une Côte orientale, signée 1. P. 1677, au musée de Schwerin, et une marine apparte- nant à M' J. Lind, à Stockholm, por- tant l'inscription JuanneK Peeters 1657. Le British Muséum possède de lui un dessin sur lequel on lit : Tripoli di Siria avec le • Monte Libano • dans le fond. Son portrait fut dessiné et gravé par Luc V^orsterman le jeune vX figure dans le Gulden Cabinet de Corneille De Bie. Celui-ci appelle Jean Peeters un peintre fameux et promet l'immortalité à son nom ; il lui consiicre l'amplification rimée la plus longue et la plus vide de sens qui figure dans son volume. Jean Peeters dessina beaucoup de vues de sites et de monuments destinées à figurer dans les recueils de gravures ou à illustrer des livres. Jacques Pee- ters, le graveur-éditeur, en publia deux : Vingt vues de la Méditerranée, gra- vées par Luc Vosterman, le jeune, avec un frontispice gravé par Conrad Lau- wers et Quatorze vues de la Palestine, gravées à l'eau forte par (Jaspar Bout- tats. Ajoutons-y encore une série de onze vues des villes de Candie, de Malte et de l'Archipel, un Théâtre des villes et forte- resses des Provinces-Unies, gravées par Gaspar Pouttats. Il dessina deux plan- ches pour les Casttlla et Pretoria nobi- lium Brabantice, de Jacques Le Roy. L'ouvrage qui renferme le plus grand nombre de vues de villes destinées par Jean Peeters, est la Topograpkia Gallia, par Martin Zeller (Francfort, 1655- 1661); 41 planches dans ce recueil portent sa signature. A voir la multitude de vues de villes et de pays qu'il reproduisit, on serait tenté de croire que Jeau Peeters voyagea beaucoup. Il est plus que probable que l'on se tromperait et que notre fertile dessinateur travailla d'après des modèles que d'autres lui fournirent. Pour les pays d'Orient et les ports de mer de la Méditerranée, il est bien possible que ses neveux Bonaventure et Gilles, qui prirent service sur les vaisseaux hollan- dais, lui envoyèrent des vues prises par eux au cours de leurs lointains voyages. Max Rooses. Les Liggeren de la corporation de Saint-Luc. — Corneille de Bie, Het Gulden Cabinet.— Ihéod. van Lerius, Catalogue du Musée d'Anvers. — F.-Jos. vanden Bramlen, Gesscltiedenis der Ant- werpsche schilderscfiool. PEETERM {Jean- François- Charles, en religion Bernard), théologien, de l'ordre de Prémontré, né à Lierre, le 26 janvier 1819, et décédé à Blau- berg (Hersselt), le 8 mai 1876. Après avoir terminé ses humanités au collège de Turnhout, et la philosophie au sé- minaire archiépiscopal de Malines, il embrassa la vie religieuse à l'abbaye de Tongerloo, en 1842. Il y occupa avec distinction la chaire de théologie dog- matique ; en 1860, il fut adjoint comme auxiliaire au curé de Blauberg. Sa science et ses talents auraient pu briller dans une position moins modeste, mais une surdité incurable l'en empêcha. Les instructions qu'il donna au peuple sont consignées dans l'œuvre qu'il pu- 859 PEETERS 860 blia de concert avec J. Monsieurs : De Chriaten onderwezen, of de Mechelsche (Jatechismus in onderwyzingen aan het volk vooryedragen . Lou vain , 1873-187Ô; in-8o, 3 vol. Id. Anvers, 1882; in-12, 4 vol. Fr. Waltman van Spilbeeck. PEETERJ9 (/.J, graveur, né à Bru- xelles (rue de Flandre), vers 1812. Il collabora, avec Doms (cf. Biogr. Nat., t. VI, col. 119) et de la Hoese, à tous les travaux, cartes, plans et ligures ana- tomiques, qui ont été exécutés à l'éta- blissement géographique de Pb. Van- dermaelen. Ces travaux, sauf les excep- tions que nousallons indiquer, ne portent pas sa signature. Il quitta Bruxelles, il y a une cinquantaine d'années, pour se rendre à Liège, où nous ne parvenons pas à retrouver sa trace. Travaux connus : Plan ijéométriquede la ville de Bruxelles, dressé en 1835, par W. B. Craan, ancien ini/énieur-vérijica- teur du cadastre de la province de Bra- bant, lithographie et publié par les soins de Ph. Vandermaelen, fondateur de V éta- blissement géographique de Bruxelles. Gravé par P. J, DomsetJ. Peeters ; s.d., mais édité en septembre 1836, d'après une légende du petit plan ci-dessous. Le plan géométrique est formé de quatre feuilles à l'échelle du ^ et mesure lni,72 X l'^.lô ; il est accompagné d'un tableau synoptique, en trois feuilles, indiquant, par ordre alphabétique, les rues, places publiques, édifices, etc. Nous connaissons une deuxième édi- tion de ce travail ; le titre a été com- plété par ces mots : mis au courant des changements survenus jusqu'en 1848. Il a été fait une réduction au -^^^ du plan que nous venons de signaler. Elle peut, en quelque sorte, tenir lieu de ta- bleau d'assemblage ; gravée par Doms et J. Peeters, elle mesure 0m,86 X 0m,56. La plus ancienne édition a paru de 1836 (date de la publication du plan original) à 1842, année où une nouvelle édition a été donnée. La dernière édition, que nous connais- sons, n'est ni signée ni datée ; mais elle est postérieure à 1847, la popula- tion de Bruxelles à cette date y étant renseignée. Ce plan a pour annexe un tableau synoptique en deux feuilles des rues et monuments. F. Van Ortioy. Les cartes gravées par J. Peeters. — Rensei- gnements communiqués par M"" Robbeels, gra- veur à l'Institut cartograpliique militaire. PEETERpi {Laurent), médecin, né à Louvain, le 21 mars 1641, mort dans cette ville, le 6 septembre 1718. Il était fils d'Englebert Peeters et de Jeanne Corbeel. Il eut pour parrain Laurent Zaenius, licencié en théologie et chanoine de la ville, et pour marraine Anne Van Darne. Peeters fut le professeur de Verheyen et après la mort de Pierre Dorlicx, qui eut lieu le 13 janvier 1677, il lui suc- céda comme professeur primaire de mé- decine. Quelque temps après, il perdit sa femme, Christine Danckaerts, qui lui laissa quatre enfants, et en février 1692, il fut nommé recteur de l'université de Louvain. L'impulsion qu'il donna à la faculté de médecine dont il devint le chef est incontestable. Tous ses efforts tendirent à la tirer du sommeil où elle paraissait plongée, à la pousser dans le courant scientifique qui s'annonçait par- tout à cette époque et à renouer ainsi par l'éclat de son enseignement son an- tique tradition de gloire et de science. Depuis la mort de Wolfs, il se trouva être le seul docteur de la faculté qu'il tâcha d'ailleurs de ranimer, en faisant admettre au doctorat, notamment Fave- let, Narez et Kéga. Laurent Peeters, qui jouissait de la plus grande considération, était fort laborieux; ses nombreux écrits en sont la preuve. Il ne négligea rien pour se tenir au courant de la science, entrete- nant des correspondances avec les prin- cipaux médecins de son époque et la collection de ses manuscrits peut servir à constater quel était l'état des doc- trines médicales à Louvain pendant la période de son professorat. Plusieurs écrits de Plempius ont des annotations de sa main, se rapportant à des cas spé- ciaux des maladies dont il est traité; entre autres le liber iertiua -. De ajfecti- 864 PEETERS 862 bui partium spiritalium . On lui doit aussi des copies des Orationes et des Ques- tiones quotlibt-ticœ du savant professeur. Laurent Peeters a laissé une trace brillante dans la succession d'hommes scientifiques dont les noms honorent les annales de l'université, et il se distin- gua autant par ses vertus que par ses talents. Voici la liste des manuscrits de Lau- rent Peeters : h' Expositio aphorismoi-um Hipporrn- tiê [1 cahiers). — ;2'' De morhia mulie- rum et prœcipue puerperarum (1 cahier). Il y a une table des matières écrite de la main du professeur Van der Peleu. — '6° Perioris morbi (1 cahier). A la suite de ce traité, il s'en trouve un autre dont le commencement manque, et qui porte pour titre sur une feuille volante, de la main du professeur Van der Pelen : Le physiologicis. — 4° Morbi inteitinorum. (1 cahier). Il y a un index de l'écriture du docteur Van der Pelen. — 5° Morbi capitix (1 cahier). A la suite de ce traité il en est un autre d'une écriture différente. Le professeur Van der Belen en a fait un index sous le titre de : Quadam pathologica. — 6° Morbi stomachi ; infimi veniris morbi (1 cahier). Ce dernier traité est muni d'un index de la main du professeur Van der Belen. — 7» Morbi oculorum, aurium, nasi et oris (1 cahier). A la fin se trouve une lettre adressée au profes- seur Plempius, signée Carolus Romanus M. et datée : Hui, 7 septerabris 1655.— 8° Viœ urinariœet venerei morbi ; arthritis (1 cahier). Chaque traité est accompagné d'un index de la main du professeur Vander Belen. — 9-^ Febres (1 cahier), A la suite de ce traité se trouvent : A) Un petit cahier intitulé : Historia felicis convalescentia rei/is Franciae, por- tant pour premier titre en français : r Heureuse convalescence du Roy avec V histoire de sa maladie. B/ Repetitio the- sium medicarum iti collegio Baccalaureo' mm m^dicenœ accademiœ Locaniensis ven- tilatarum ,pre'>ideFran(isco Ferhaijck ,etc. , dei 16 aprilis 1681. C) Tractulus Domn. Craem de omnium febrium speciebus. Ce manuscrit est écrit sur le verso de thèses imprimées. Le titre, sur une feuille volante, est de la main du pro- fesseur Vander Belen. — 10. Cahier contenant les traités suivants : Trnc- tatus de respiratione. Tractatus de alio caloris naturalis effectu scilicel evasutione. Tractatus de humore digestore acido sto- machi. Tractatus de urina. Tractatus de pulsibus, avec index de l'auteur sur une feuille volante. Tractatus de rulneribus. Index de la main du professeur Vander Belen. A la fin, lettre adressée au pro- fesseur Plempius, signée Ooms, et da- tée : Gelce, 10 martii 1661. -- 11. Ca- hier contenant d'après un index de Vander Belen : Index medicamentorum. Tractatus de m edica mentis. De quibusdam medicamentis. Mcdicamenta usualia ex- stantia apud D. Vander Vliet, 1665. Doses medicamentorum. Medicamentorum Jormulœ ex Morello. — 12. Cahier conte- nant diverses pièces relatives à la fa- culté de médecine ou au collège médical. Presque toutes ces pièces sont de la main du professeur Peeters et con- cernent les acta facultatis et collegii medici, de 1675 à 1715. On y trouve, en outre, différentes pièces concernant l'apparat doctoral et deux mémoires sur la question de savoir si le conservateur des privilèges de l'université peut faire partie du Conseil de celle-ci. Nous sommes loin de prétendre que tout soit parfait dans les doctrines de Laurent Peeters. Des erreurs s'y font jour, et elles seraient impardonnables si elles se produisaient de notre temps ; mais nous nous demandons aussi avec le biographe de Verheyen : Qu'est-ce que cela prouve? Sinon que la science est infinie, et que les siècles seuls sont en état de la perfectionner, et que la mis- sion des grands hommes se borne à re- culer d'un pas les limites de son do- maine et l'action de ses lumières. D' Elmond Deffernez. Annuaire de l'université catholique de Louvain, 1842, p. 1^6; 4863, p. 316. PEETERSi [Léon), pharmacien-chi- miste, né à Wanfercée-Baulet et décédé à Gosselies, le S mai 1878. Il était le 863 PEETERS 864 fils d'un pharmacien de Bruxelles; il fit ses humanités en cette ville, puis il alla à Mons terminer ses études de pharma- cien chez M'' Crequillon. Après avoir obtenu son diplôme en 1836, il fit son stage successivement dans l'officine de son père, puis chez M'" Gilleaux, à Gilly. 11 s'établit enfin à Wanfercée- Bauleten 1840. Peeters acquit un moment de célé- brité vers 1855-1856. Il avait publié un opuscule de 88 pages, sous le titre de : Salubrité publique. Guérison radicale de la maladie des pommes de terre et d^ autres végétaux ou moyens d'en faire disparaître la cause (Namur, D. Gérard, 1855; in-12), dans lequel il attribuait aux gaz répandus dans l'atmosphère par les fa- briques de produits chimiques qui allaient se multipliant, et notamment à l'acide chlorhydrique s'échappant des fabriques de soude, non seulement la maladie des pommes de terre qui déso- lait depuis un certain temps l'Europe occidentale, mais encore les épidémies de choléra, de cholérine et de fièvre ty- phoïde ! 11 montrait dans une planche jointe à ce libelle les lésions produites par les émanations gazeuses, dans le voisinage des établissements industriels, sur les feuilles de la pomme de terre, du trèfie et d'autres végétaux, et il s'éten- dait complaisamment sur les procès in- tentés aux fabricants de soude par leurs voisins. Cet opuscule eut un grand re- tentissement chez les populations de la Basse-Sambre et il s'engagea dans les journaux locaux une polémique des plus violentes, les uns, avec le docteur Boëns et l'avocat Vanden Broeck, de Charleroi, défendant les usiniers, les autres poussant les paysans à s'unir pour faire valoir leurs droits vis-à-vis des fabricants de produits chimiques. Le 15 août 1855, les habitants de Malonne avaient remis entre les mains du bourgmestre une protestation adres- sée au gouvernement, puis étaient allés en bande manifester dans le voisinage d'une fabrique à Florette. Le directeur requit le gouverneur de Namur de le protéger et on envoya dans toute la ré- gion de la troupe et de la gendarmerie. Le 1 9 août, des jeunes gens d'Auvelais venus en curieux à Jemeppe eurent maille à partir avec des gendarmes et, au cours d'une bagarre, deux individus furent tués. Le parquet fit une des- cente ; une visite domiciliaire fut prati- quée chez Peeters ; les exemplaires de sa brochure furent saisis ; enfin, Peeters lui-même fut arrêté et subit à Charleroi et à Namur seize jours de détention, après lesquels fut rendue une ordonnance de non-lieu. Au commencement de l'année sui- vante, Peeters fit paraître une nouvelle brochure : Les fabriques de produits chi- miques et autres établissements insalubres. Bruxelles, 185 6, imprimerie de Ch. Le- long, in-12 de 190 pages, dans laquelle il se défendait d'avoir été pour rien dans les troubles de la Basse-Sambre. Enfin, un dernier opuscule clôt la liste des pu- blications de notre pharmacien : Histo- rique de la lutte de V agriculture contre l'industrie des établissements de produits chimiques. ^xnx&W^i, Ch. Lelong, 1857; in-18o, dans lequel cet épisode est de nouveau commenté. D' Victor Jacques. Bibliographie nationale, t. III. PEKTERsIi/ar^îw), plus généralement Pétri, peintre, graveur, surtout édi- teur anversois, né vers 1500, sans doute à Gheel, mort après 1565. Son admis- sion à la gilde de Saint-Luc, en qualité de maître-peintre , est suivie des mots « van Ghelle •; Gheel est donc, selon toute probabilité, nous venons de le dire, le lieu d'origine de l'artiste. Nous ne savons rien des tableaux de Pétri, et nous n'avons rencontré son nom, en qualité de graveur, au bas d'aucune estampe. Sa situation dans le monde artistique anversois dut être considé- rable, à en juger par le fait que cinq fois, en vingt-cinq ans, de 1533 à 1558, il remplit les fonctions de doyen de la corporation de Saint-Luc. Les estampes issues de sa boutique, à la ï'ontaine d'Or, près la Bourse neuve (celle brûlée en 1858), In insigni Aurei Fontis, prope Bursam novam, sans pré- senter tout l'intérêt de celles publiées 865 PEETERS 866 I par Jérôme Cock, sont souvent de valeur artistique sérieuse , outre qu'elles donnent une idée précise de la direction du goût de leur temps. Très importantes sont, par exemple, la Bataille de Constantin d'après Raphaël, immense ensemble de l'ônigmatique • Karolus •; les scènes de l'histoire grecque, d'après Primatice, et nombre de planches d'après Frans Floris, Martin Heemskerck, etc. La réimpression de quelques originaux et de copies de cuivres de Lucas de Leyde et d'Albert Durer, semble avoir fourni à l'éditeur anversois l'occasion d'un commerce fructueux, à en juger par la fréquente rencontre des pièces de cette nature, revêtues de son adresse. Parmi les planches éditées de première main par Pétri figurent deux pièces des plus précieuses, les premières en date des vues de l'Hôtel de ville de Bruxelles et de l'Hôtel de ville d'Anvers, gravées, en 1565, par Melchisédech van Hooren. C'est la date extrême que nous relevions sur les estampes issues des presses de l'éditeur anversois. L'année de la mort du personnage nous est inconnue. L^n fils de Martin Pétri, également Martin , fut reçu franc-maître de la gilde de Saint-Luc en 1548. Henri Hymans. Rombouls et Van Lerius, Les Liggeren et autres archives de la gilde anversoise de Saint-Luc. VK.ETEm^{P/nlippe- Jacques), i>emire, à Anvers, où il fut, en 1786 et 1787, un des derniers doyens de la gilde artis- tique de Saint-Luc. Il semble avoir eu pour genre préféré, sinon spécial, la peinture des fleurs et des fruits. Deux de ses œuvres figurèrent au premier Salon de peinture organisé à Anvers en 1789. Henri HyinanF. Rombouls et Van Lerius, Les Liggeren et autres archives de la gilde anversoise de Saint-Luc. — F.-J. Vanden Branden, Geschiedenis der ant- tverpsche schilderscltool. PEETERSi [Pierre-Égide [Gilles]), écrivain, homme politique, né à Wester- loo en 1798, fut mêlé activement aux événements de la révolution de 1830. 11 fit toute la campagne qui se livra autour BIOCR. NAT. — T. XVI. d'Anvers, et dont il narra les émouvantes péripéties dans le Recueil des souvenirs du comte de Mérode de Westerloo (t. II, p. 215), sous le titre de : Journal de la campagne du co7nte Frédéric de Mérode. Il aida celui-ci à soulever la C'ampine et marcha avec lui, ainsi que trois de ses amis, Jenneval, auteur de la Braban- çonne, Dansaert et Spitaels, au secours du général Niellon qui voulait tenter un coup de main contre les Hollandais à Lierre. La tentative audacieuse réussit à merveille. Le courage héroïque des huit cents volontaires belges vint à triompher de la résistance opiniâtre de leurs huit mille ennemis. Ceux-ci durent se retirer de la ville pour faire place aux assiégeants qui y entrèrent, le 16 oc- tobre 1830, aux acclamations de la po- pulation. Les Hollandais se replièrent vers Anvers, non sans livrer des combats meurtriers où périt Jenneval. Le 26 oc- tobre suivant, une lutte particulièrement vive s'engagea près de Berchem. Dans cette lutte, Peeters déploya un courage et une énergie vraiment remarquables. Ce fut lui qui recueillit dans ses bras et releva le comte de Mérode mortellement frappé par une balle, le soir de la mêlée. Non content de se couvrir de gloire dans cette héroïque campagne, Peeters prit une part des plus considérables aux tra- vaux du Congrès; il en fut membre dès l'origine et contribualargement à affran- chir le pays du joug de l'étranger. Sa belle conduite lors des événements de 1830 lui valut la croix de fer. Après la révolution , il devint successivement notaire et bourgmestre de Westerloo et membre du conseil provincial d'Anvers. Le 16 novembre 1837, les électeurs de l'arrondissement de Turnhout l'en- voyèrent à la Chambre des représentants, assemblée où il brilla par sa loyauté, son éloquence et son amour de la patrie. a La Campine ", dit le ministre Rogier, 1/ le compta parmi ses plus généreux » défenseurs, et c'est peut-être dans les « luttes qu'il eut à soutenir en faveur « de cette intéressante contrée qu'il puisa » le germe d'une maladie qui le condui- « sit jeune au tombeau «. W mourut à Bruxelles, le 26 mars 1844. Sa dépouille 28 867 PEGHEM — PEHAERT 868 mortelle repose dans son village natal au sein de la Campine. Louis Tierenteyn. Moniieur belge des 27 et 29 mars 1S44; du 16 avril 183S. no \Q%bis, p. 17 ; no 691, liste des décorés de la Croix de fer. — Juste, Le comte de Mérode, passim. — Almanach royal, an. 1844, p. o5 et 303. PEGHEM (Adrien 'wam), Pete- ghem(?), peintre, cité dans les archives d'Audenarde en 1496-1497, comme ayant peint, pour la ville, des ban- nières, des blasons, etc., en vue d'une grande solennité. Henri Hyraans. L. De la Borde, Les ducs de Bourgogne. Preuves, t. II, 4983. PEHAERT (Matliieti) ou Petaert, né vers 1420, mort à Gand, le 10 mars 1488. Il devint doyen des brasseurs de Gand en 1450, et fut l'année suivante échevindelakeure; mais il ne semble pas avoir pris une part directe à la lutte des Gantois contre Philippe le Bon. Il rentra au Magistrat comme échevin des par- chons en 1459 et devint chef-doyen des métiers en 1468 ; on sait comment, la même année, Charles le Téméraire exigea qu'une députation de Gand vînt lui faire amende honorable à Bruxelles et lui remettre les principaux privilèges de la commune; en sa qualité de chef- doyen, Pehaert dut participer à cette humiliation le 8 janvier 1469. D'ailleurs il appartenait au parti bourguignon ; c'est, en effet, à cette occasion que l'électioti des échevins par commissaires fut abolie et remplacée par l'arbi- traire nomination du prince ; or, Pehaert fut nommé échevin de la keure cette même année. Il faut descendre jusqu'aux troubles qui caractérisèrent la régence de Maxi- milien pour le voir réapparaître sur la scène politique. Gand dirigeait la résis- tance des communesdeFlandrecontreles prétentions de l'archiduc j Maximilien déclare la guerre aux trois membres de Flandre, surprend Terraonde et Aude- narde (5 janvier 1485) et paraît bientôt sous les murs de Gand ; Philippe de Crève- cœur s'y jette avec une armée que lui avait confiée Charles VIII. La défection de Bruges (1er juin) et les excès des sol- dats français à Gand y provoquent une sourde agitation. Déjà une députation de laCollacedeGand s'était rendue à Malines auprès de Maximilien et avait proposé de le reconnaître comme raambour, quand le 7 juin éclata une émeute dirigée par Mathieu Pehaert, appuyé par les bate- liers, les bouchers et les tisserands. Plu- sieurs échevins furent emprisonnés au château des comtes, et le lendemain tout le Magistrat, les deux grands doyens, les petits doyens des métiers et les jurés des tisserands furent déposés. La Loi fut renouvelée, et Mathieu Pehaert fut élu chef-doyen du métier. Il fit déca- piter l'ancien premier échevin, Daniel Onredene, et Guillaume Rijm, premier pensionnaire de la keure; quelques jours après, dans une émeute, il s'em- para du capitaine de la ville, Adrien Vilain, seigneur de Rasseghem, qu'il dut pourtant relâcher. A la fin de juin, une députation, dont le grand doyen était le chef, fut envoyée à Maximilien, qui venait de faire son entrée à Bruges, pour remettre la ville entre ses mains. Le 7 juillet, le prince vint à Gand jurer la paix, et le lendemain Maximilien nomma Pehaert chevalier et lui pendit au cou une riche chaîne d'or. Le peuple salua cet acte par des risées, et prétendit que le prince lui avait donné l'accolade en le frappant de sa botte souillée. Quatre jours après, les gens d'armes de Maximi- lien ayant voulu délivrer quelques-uns de leurs compagnonsqueleurs excès avaient fait enfermer au Châtelet, Pehaert fait un appel au peuple pour soutenir le Magis- trat. Mais la foule se soulève, force le chef-doyen à fuir avec les conseillers de Maximilien et enferme pendant deux jours le régent à la Cour des Princes. Cepen- dant l'apaisement fut prompt et les chefs payèrent ce soulèvement de leur tête. La ville dut faire amende honorable et perdit d'importants privilèges (22 juillet 1485). Maximilien nomma de sa propre autorité huit commissaires qui chan- gèrent le Magistrat, et Mathieu Pehaert fut remplacé comme chef-doyen des mé- tiers. Néanmoins de nouvelles émeutes, aus- 869 PEISSANT 870 sitôt étouffées dans le sang, éclatèrent à Gand, en septembre 1486 et mai l-iS?. Entreteraps la situation du roi des Ro- mains devenait critique : à Gand, les an- ciens bannis et adversaires du prince rentrent en septembre liS?; les métiers se soulèvent et la commune procède au renouvellement de la Loi (4 novem- bre); les chaperons blancs sont réorga- nisés et les partisans de Maximilien, Mathieu Pehaert et autres anciens éche- vins, accusés d'avoir reçu de l'argent pour réduire les Gantois dans l'obéis- sance et détruire la ville, sont chassés (17 décembre). Maximilien s'était rendu à Bruges pour conjurer l'orage prêt à éclater dans toute la Flandre, mais les efforts du Roi pour négocier la paix avec Gand restèrent stériles. Bien pius, l'émeute triomphante envoya aux Brugeois des lettres dans lesquelles on exhortait ceux- ci à s'emparer des conseillers de Maxi- milien et surtout de Mathieu Pehaert. Le lendemain, le coup de force que le prince méditait contre Bruges échoua, et il fut emprisonne au Cranenburg (5 février 1488). Ses amis et serviteurs furent dirigés sur Gand où trois capi- taines venaient d'être élus. Celui des métiers, le cordonnier Rémi Hubeert, fit décapiter inhumainement, au Chà- telet, plusieurs personnages dont le seul crime était d'être partisan de Maxi- milien. Mathieu Pehaert fut décollé à son tour, puis écartelé au marché du Vendredi; sa tête fut clouée sur une des portes de la ville (10 mars 1488). Memoriebnek dei' stad Ghendt, t. I, p, SSi, 2oi2, 274, 340, a42, 344, 349. — Chronique d'Adrien de But (éd. Kervyn), p. C30-688. — Chronycke van Jean vanden Vivere, p. 39 41. — Olivier delà Marche, Mémoires, t. 111, p. 279-280, 290. — Dan- boek van Cent van liil tôt lolo, f. 27, 207, 220. 221. —J. Molinet, Chroniques (éd. Buchon), 1. 11, p. 4t3 sqq.; l. 111, p. 265 — Despars, Chronycke van Vlaenderen, t. IV, p. 2.j8 sqq. — Jean Siirquet, Histoire des queires de Flandres contre Maximi- lien, et Wielanl, Antiquités de Flandre, dans de Smet, Corpus, t. IV, p. 5i0 et 329-331. — Bouck der Brauwers et Registei- der Wijsdommen der Merinqen et Comptes communaux de 148^8.5 et 1487-88, aux archives de la ville de Gand. PEiii»0A%'T {Jacques - Antoine de), seigneur de Rianwelz, comte de Rumi- gny, fils de Jean de Peissant et de Clau- dine-Françoise Delvallée, naquit a Mons vers 1670 et y mourut le 4 août 1743. Entré très jeune au service militaire des Pays-Bas, il occupait déjà eu 1712 la place de lieutenant-colonel provisoire dans le régiment d'infanterie hollandaise Brouay. Eu 1716, il eut l'intention d'entrer dans les rangs de l'armée autri- chienne pour combattre les Turcs sous le prince Eugène de Savoie; le général hollandais comte de Hompesch adressa à ce sujet au prince la requête suivante, datée de Namur, le 23 août 1716 : " M"" de Peissant, que j'avais nommé « provisoirement lieutenant-colonel lors » du siège de la ville de Douai, après la » mort du lieutenant-colonel comte de « Brouay, s'est vu préférer un autre qui « n'avait pas pris part au siège, et s'est • décidé à combattre, sous votre Altesse, « contre l'ennemi héréditaire. 11 m'a • prié, à cet effet, de lui délivrer un u certificat constatant la bonne conduite » qu'il a tenue ; j'ai par conséquent » l'honneur d'assurer que le sieur de » Peissant a toujours bien fait son ser- » vice à l'occasion du siège en question, » en officier zélé et expérimenté, et j'ai « l'espoir que Votre Altesse daignera le " prendre sous sa haute protection.., n . Les actes qui se trouvent auxarchives I. L et R. R. de Vienne ne précisent pas si l'entrée de de Peissant dans l'armée autrichienne eut lieu à cette époque (1716). Ce n'est qu'en 1725 qu'il est cité comme lieutenant-colonel comman- dant le régiment de ligne (Se de Wur- temberg); il aurait rempli cette fonction provisoire jusqu'en 1726, date à laquelle il fut remplacé par le colonel Chanclos, qui resta à la tète de ce corps de 1726 à 1734, année de sa promotion de général- major. De Peissant ayant sollicité d'être nommé colonel, le conseil aulique de la guerre lui octroya un décret de rang, c'est-à-dire l'assurance que, dans le cas où il serait promu colonel, il reprendrait rang avant tous les lieutenants- colonels plus jeunes que lui en ancienneté et qui, par conséquent, auraient été avant lui élevés au rangsupérieur. C'est ainsi que, désignéenl 73 5pour remplacer legénéral- 871 PELARGIUS - PFXCKMANS 872 major Chanclos, de Peissant devint co- lonel en reprenant rang du 27 avril 1728, par un décret rappelé ci-après : » Nous nommons de Peissant colonel, Il avec le rang qui lui est attribué par u le décret du 27 avril 1728, en consi- 11 dération des services rendus à Notre B maison et à Nous, suivant en cela u l'exemple de ses aïeux, pendant qua- II rante ans, dont vingt-trois en qualité u de lieutenant-colonel, et des nombreux u services rendus lors des campagnes et a des sièges auxquels il a pris part, et Il aussi en considération de son dévoue- » ment et de sa bravoure, ainsi que de " l'expérience et des autres qualités qu'il Il s'est acquis au service militaire. « Vienne, le 20 juillet 1735. « Il resta à la tête de son régiment depuis cette date jusqu'au 28 mars 1748, époque à laquelle il fut mis à la retraite pour inaptitude physique. Gou- verneur de la ville de Mons, il ne sur- vécut pas longtemps à son admission à la pension, ainsi que le prouve l'épitaphe inscrite sur une pierre tombale de l'église Sainte-Waudru, où il fut en- terré : D. 0. M. Icy repose illustre seigneur Jacques- Antoine comte de Rumigny de Peissant, colonel au service de Sa Majesté impériale et royale la reine d^ Hongrie ; commandant le régiment du prince de Ligue infanterie, et de la ville de Mons par intérim ; décédé /e 4 août 1748, à Vage de septante-huil ans, services cinquante. R. I. P. En terminant cette notice, il nous faut ici signaler une erreur — ou plutôt une confusion — contenue dans une des œuvres dues à feu le général baron Guillaume. A la page 11 de V His- toire desrégiments nationaux belgespendant la guerre de sept ans{Br\\XQ\\&s,^iîn\)\ç,awx, 1854), on lit que Armand de Peissant, un parent puîné de Jacques-Antoine, fut le colonel du régiment de ligne. Non seulement les actes déposés aux archives impériales et royales de Vienne ne font pas mention d'un autre de Peissant que le Jacques-Antoine, mais ils constatent que ce dernier est mort en 1748, ainsi que le prouve d'ailleurs l'inscription tombale rappelée ci-dessus, tandis que Armand de Peissant mourut le dernier de sa famille, le 13 août 1768. On lit, en effet, dans V Annuaire de la noblesse de Belgique pour 1869 (page 175) : « Il fut enterré à Mons, ainsi que sa " femme et leurs trois enfants dans la Il chapelle de l'ancien cimetière de «T Sainte-Marguerite où l'on voyait leur " épitaphe : B. 0. M. Dans cette chapelle reposent les corps de Messire Armand de Rumigny de Peissant, décédé le \Z août 1768; de dame Cathe- rine-Françoise-Barthélerni Cornet, son épouse, décédée le 20 juin 1780; de Mesure Jean - Pierre - François- Jérôme, leur fils, décédé le 3 février 1768, et de deux autres enfants, décédés en bas âge. Priez Dieu pour leurs âmes. « Jacques-Antoine de Peissant avait épousé Anne-Philippine-ClairedeGrouff, tille de Nicolas-Guillaume, seigneur de Mecquignies, gentilhomme de l'état noble de Hainaut, et de Catherine-Fran- çoise de Boussu. Général Frédéric Beraaert. PELARGIUS [Arnold). Voir Retger {Arnould de). PEiiCKMAi«$4 {Michel-François), chro- niqueur, né à Louvain, le 14 août 1732, y décédé le 12 février 1808. Il ne fit que des études primaires, puis succéda à son père en qualité d'aubergiste. En 1 7 8 6 il monta une épicerie et abandonna son auberge pour devenir échevin. Il s'occupa beaucoup d'histoire locale , mais il s'intéressa particulièrement aux événements militaires et aux faits divers. Ses travaux sont restés à l'état de ma- nuscrits ; ils n'ont une certaine valeur que pour les détails contemporains des événements auxquels l'auteur a assisté. Les archives de Louvain conservent sa Lovensche Chronyke, hehelsende de hyson- derste gebeurlenissen zoo binnen Loven als elders, beginnende in 't jaer 1746 en eyndigende met het jaer 1808 (15 tomes en ] 7 vol. in-4°); à la Bibliothèque 873 PELEGROMIUS - PÈLERIN 874 royale de Bruxelles se trouvent ses Ouvâe memoriën getrocken uyt den boeck ran Mr Guill. Boonen, geteekend II B, berustetide op het stadhuis van Locen, nopens de oudheyd derzeher stad, met eenige uanmerkingen, vermeerderivgen en rerbeleringen (2 vol. in-4 •); à la Biblio- thèque de l'Université de Louvain, sa Nautckeurige Beschrijvinge van het Cas- trum Cœsaris en van de saint Janskercke , dewelke beyde alhier op de Borch gestaen hebben. Nous ignorons oii ont échoué ses autres manuscrits : Verhael van den inval in Brabanden van het beleg van Leuren door Merten van Rossum, in 't jaer 1542. (Cf. Vaderlandsch Musejim, II); —De beleg e- ringe, brandstigtinge en verwoestinge der stad Thienen door de légers der Franschen en HoUanders, op den 9 Jwiy 1635 en volgende dagen; — Dagregister der bele- gering der stad Loven door de légers der Franschen en HoUanders van den 20 juny tût 5 July 1635. (Cf. Dietsche Warande, 1895, p. 308.) Heiman Vander Linden. Frederiks en Vanden Branden, Biographisch u'oordenboek. — Piron, Leuensbeschrijuingen. — H. Vander Linden, Geschiedenis der stad Letaen, p. 308. PCLEGHOMiES (Simon). Voir Pel- GROM. PÈLERIN {Adrien- Louis), historien, né à Maestricht, le 10 janvier 1738, d'Â.drien Pèlerin et de Marguerite- Wil- helmine Benion, tous deux natifs de Leyde. Son père était directeur de l'hô- pital militaire de Maestricht et sa grand'mère.du côté paternel, étaitsœur de Warnier Chrouet ou Xhrouet, docteur en médecine à Olne et auteur de plu- sieurs ouvrages renommés. Avant pris son grade de licencié en droit à l'uni- versité de Leyde, il revint dans sa ville natale, oii bientôt il vit s'ouvrir devant lui les rangs de la magistrature. En 1762, au renouvellement biennal des magistrats municipaux, les commissaires- déciseurs des deux princes souverains de Maestricht le nommèrent échevin du tribunal brabançon, puis le confirmèrent dans cet office en 1764. Depuis lors, il alterna tous les deux ans les fonctions judiciaires avec celles de juré, jusqu'en 1776. Au mois de janvier de cette année, la régence le nomma pensionnaire de la ville, unedes charges les plus honorables qu'offrît à un jurisconsulte l'organisation municipale d'alors. Les pays d'Outre-Meuse voulurenr aussi compter Pèlerin au nombre de leurs magistrats. En 1770, il devint greffier des états du pays de Dalhem, et, cinq ans plus tard, lieutenant-avoué du pays de Fauquemont. L'avouerie était la plus haute charge administrative et judiciaire dans chacun des trois pays d'Outre- Meuse ; elle était à la nomination des Etats-généraux qui en investissaient ordinairement de grands personnages. Ceux-ci, tout en acceptant le titre, dé- daignaient de venir remplir leurs fonc- tions, mais déléguaient à cet effet un représentant qui jouissait alors des émo- luments attachés à cette charge. C'est ainsi que l'avoué du pays de Fauque- mont, Jean Walraven, comte de Welde- ren, ambassadeur à la cour d'Angleterre, nomma Pèlerin son lieutenant-avoué, par diplôme du 15 septembre 1775. Eu cette qualité, l^élerin fit une entrée solennelle dans la petite ville de Fau- quemont, le Itr octobre suivant, et sut toujours, par son caractère honnête et désintéressé, se concilier le respect et l'amour de ses administrés. Il conserva ses deux fonctions de pensionnaire et de lieutenant-avoué jusqu'à la prise de Maestricht par les Français, en 1794. S'étant alors éloigné de la ville, il ne tarda pas à y rentrer, pour éviter l'ac- cusation menaçante de suspect. Dans des temps plus tranquilles, vers 1798, il se retira à sa campagne de Kavensbosch (commune de Houthera), et y mourut, à l'âge de 66 ans, le 5 mai 1804. Pèlerin était de la religion réformée wallonne et avait épousé, le 15 septembre 1765, Anne-Elisabeth Collard, qui lui donna plusieurs enfants. Pendant les loisirs que lui laissaient ses diverses fonctions. Pèlerin s'occupait à rassembler des matériaux sur l'histoire des pays d'Outre-Meuse, mais surtout de sa ville natale. Retiré de la carrière administrative, il put s'adonner tout 875 PELGROM — PELICHY 876 entier à la rédaction de l'ouvrage qu'il méditait et qu'il eut le bonheur de voir sortir de presse un an avant sa mort. Son livre parut à Maestricht, en 1803, sans nom d'auteur et sous le titre : Esmis historùjups et critiqve-f sur le département de la Meuse- Inférieure en général, et la ville de Maestricht, chef 'lieu, en par- ticulier; in-So. Cet ouvrage est loin d'être complet ; mais il a le mérite d'être le premier monument historique élevé à l'antique ville de Maestricht. Les lacunes et les erreurs qu'il contient ne peuvent être reprochées à l'auteur, qui n'avait pas à sa disposition les documents que nous possédons aujourd'hui, et notam- ment le traité de Herbenus, De Trajecto instaurato. Pèlerin a laissé en outre deux volumes manuscrits, dont le second contient un mémoire sur les pays d'Outre- Meuse, intitulé : Beschrijninge van het staatsland van Overmaze in 't generaal, en van het land van Valkenburg in 't bij- zonder, metbetrekking tôt desselfs regeering en politique toestand. Ce traité, composé en 1786, par conséquent à l'époque où l'administration qu'il décrit fonctionnait en grande partie sous sa direction, a été publié avec la notice ci-aprés à la tête du tome P' (1854-1855) des Annales de la Société historique et archéologique à Maestricht. Baron de Cheslrel de Hanefle. G.-D. Franquinet, Notice biographique d Adrien Louis Pèlerin. — De Theiix de Monljardin, Bibliographie liégeoise (2* édit.), col. 1438. PEI.GBOM {Sitnon), OU Pelegromius, humaniste, naquit à Bois-le-Duc vers 1507, et y mourut en 1572. Il fut pro- bablement l'élève du collège des Frères de la vie commune, établi en sa ville natale, et s'y lia d'amitié avec le célèbre drama- turge Macropedius. Ses études termi- nées, il entra dans l'ordre de Saint- Guillaume et fit sa profession dans le couvent de Baeseldonck, à Bois-le-Duc. Il devint siiccessivement prieur de cette maison en 1542 et provincial de l'ordre en 1557. En 1537, il publia, sous le titre de Sylva Sijuonymorum, une liste des synonymes latins avec traduction fla- mande, destinée aux collèges. Huit ans après, il donna une refonte complète de cette oeuvre, à Bois-le-Duc, chez J. Schoefi"er, avec épître dédicatoire du 1" janvier 1546, iidressée à Philippe Nigri, doyen de Sainte-Gudule à Bru- xelles. Ce traité eut de nombreuses édi- tions avec texte français ou flamand ; la dernière que nous ayons rencontrée est de 1615 (Amsterdam, Henri Bar- nard , imprim. à Delft, par Brunon Schinckel, 420 pages; in-S»). Pelgrom écrivit en 1540 une histoire de sa ville natale, en latin. Une traduc- tion flamande de ce travail parut en 1629, à Amsterdam, sous le titre : Oor- spronck vans' Hertoghen- Bosch, int' jaer 1540 in 't Latijn beschreven door Simon Pelgrom, van s' Hertoghen-Bosch, prior ende provinciael vande ordre der Guilhel- mijnen. Mitsg. int corte het voornaemste so inde voorgaenden, als dese laetste bele- geringhe voorgevallen Amsterdam, Broer Jansz.; in-S". La même année, on en imprima une version anglaise ; A des- cription of ' Shertogenbosh translated on dutch Tongue, London , for ISlicholas Bourne, 1629. Alphonse Roersch. Valère André, Ire éd., p. 718; 2e édit., p. 812. — Sweertius, p. 676. — Paquot, t. VI, p. 283. — Editions citées. — Vander Aa, s. v. PEiiicuY {Gertrude-Cornélie-Marie de), peintre, fille de Jean-Philippe de Pelichy, bourgmestre de Bruges, née à Utrecht en 1743, morte à Bruges le 6 mars 1825. Elève, à Paris, de Joseph Benoit Suvée (voir ce nom), elle se fixa à Bruges en 1777 et, entre autres œuvres, y peignit les portraits de Joseph II et de Marie-Thérèse. Ils lui valurent le titre de membre honoraire de l'académie de Vienne. Le musée de Bruges possède des échantillons du talent de cette artiste peu connue et d'ailleurs de rang secon- daire. Henri Hyinans. W.-H. James Wealc, Catalogue du Musée de l'Académie de Bruges, 1861. — Ad. Siret, Dic- tionnaire des Peintres. PEL,icuY { Jean -Marie -François - Théodore- Ghislain baron «e), né à Bruges, le 12 mai 1774, mort dans cette ville, le 18 novembre 1859. Il s'enrôla en 1795, comme cadet, au régiment de 877 PELLENS — PELS 878 I Klebeck, infanterie au service de Sa Majesté impériale et royale, devint lien- tenant en 1798 et capitaine en premier d'état-major en 1804. 11 quitta l'armée en 1807, après la bataille de Presbourg. Rentré à Bruges, il y épousa, le 15 juin 1807, Marie-Joséphine van Hnerne.née à Bruges le 5 juin 1786, y décédée le 7 avril 1828, fille de Joseph-Antoine van Huerne, seigneur de Schierveldc et de Puyenbeke et de Mnrie-Anne-José- phine de Schietere. Nommé, en 1828, membre du corps équestre de la Flandre occidentale, il y siégea en 1829 et en 1830. Cette même année, il fut élu député au Congrès national par les dis- tricts de Bruges et deCourtrai. Il y vota l'exclusion de la maison de Nassau, se prononça en faveur de l'élection de l'archiduc Charles d'Autriche, fut du nombre des quatre-vingt-quinze députés qui proposèrent d'élire le prince Léopold de Saxe-Cobourg et vota en faveur de ce prince. Il adhéra aux dix-huit articles. Après l'expiration des travaux du Con- grès, le baron Jean de Pelinhy fut élu sénateur, en 1 831, par l'arrondissement de Bruges. Il conserva son mandat jus- qu'en 1859, époque où il donna sa démission. Membre du conseil communal de la ville de Bruges, depuis le 23 juillet 1835, le baron de Pelichy fut appelé, le 25 février 1841, aux fonctions de bourgmestre de cette ville, en remplace- ment de feu M"" Coppieters 't Wallant. Il quitta volontairement ces fonctions en 1856. Il fut aussi tuteur de l'hôpital de la Potterie, où l'on voit encore son por- trait. Le baron Jean de Pelichy jouissait d'une grande faveur auprès du roi Léopold ler^ auquel il avait rendu des services à la cour d'Autriche, mais il refusa obstinément les honneurs que le roi voulait lui conférer. Il eut également des relations intimes avec le nonce Pecci, actuellement le pape Léon XIIÏ, auquel il donna plusieurs fois l'hospitalité à Bruges. 11 mourut à Bruges, le 18 no- vembre, 1859, laissant un fils Joseph, baron de Pelichy, prêtre, et une fille, Marie, épouse du baron Louis- Gilles de Pelichy. Le baron Jean de Pelichy était décoré de la Croix de fer, commandeur de l'Ordre de Léopold, chevalier de l'ordre du Christ et de l'Eperon d'or. p. Vincent-M. van Caloen, Ch. Poplimont, La Belgique hiraldique, t. VIII, p. 322. — Slein d'Allenstein, Annuaire de la No- blesse, 184«. p. -157; i&i9, p. 177. - J. Gaillard, Bruges et le Franc, p. 20o. — J. Parent, Diction- naire d'histoire et de géographie, t. III, p. 734. — Slein d'Alteni^tein, La Noblesse belge, i896, p. 1819. — P. Roger, Biographie générale des Belges, p. 231. PELi.EMS {Jean), écrivain ecclésias- tique, né dans le pays de Liège, vers le milieu du xvie siècle, mort à Anvers, le 24 septembre 1604. Il entra jeune dans les ordres de Saint-François, et, dans une retraite absolue, il se consacra avec pas- sion à l'étude des langues, notamment du grec et de l'hébreu qu'il possédait à fond. Il devint, en 1578, lecteur en théologie chez les Récollets flamands à Louvain, et bientôt gardien du couvent de son ordre à Deventer. Lorsqu'il mou- rut, il était directeur des religieuses de Sainte-Claire, à Anvers. Il a laissé en manuscrit un ouvrage en trois livres intitulé : De Virtutibus theoîogicis,Fide, Spe et Charitate. Louis Tierenicyn. Paquot, Mémoires, t. X, p. 270. — S. Dirks, Hist. frères mineurs, p. 126. — Sweertius, A thenœ belgicœ, p. 4o9. — Sanderus, Chorogr. sacra Brabant., t. III, p. 1S7. P£LS {Baudouin), orfèvre, né à Tour- nai, décédé en cette ville en 1654. Il est un des nombreux orfèvres de talent qui, au xvii^ et au xviti* siècles, pro- duisirent en grande quantité, à Tournai, les pièces d'orfèvrerie et la vaisselle de table, dont beaucoup de spécimens re- marquables existent encore de nos jours. Fils de Rasse Pels, Baudouin épousa en 1594, à Saint-Jacques, Marie Cachoir; il acquit le droit de bourgeoisie àTournai en 1601 et mourut en cette ville, pa- roisse de la Madeleine, au mois de juin 1654. Doyen du métier des orfèvres et des peintres, qui marchaient sous la même bannière, Pels fut pendant de longues années le fournisseur delà ville, de plusieurs puissantes abbayes et de nombreuses familles notables. Il laissa des fils et des descendants qui conti- 879 PELSAERT 880 nuèrent, pendant tout le xvii® siècle, l'exercice de la même profession. E -J. Soil. De la Grange el Cloquet, Etudes sur l'an, à Tournai, t. Il, — Archives communales de Tour- nai. PEL^SARRT (François) (ou Pelser [t], conformément au journal-manuscrit de Pierre Van den Broeck, un autre Anver- sois, de service aux Indes), marchand et voyageur, originaire de la ville d'An- vers, d'après le récit du naufrage du Batavia; né vers la fin duxvie siècle, et décédé à Batavia en septembre 1630. Nous ignorons sa jeunesse et la manière dont il acquit les aptitudes spéciales indispensables pour prendre du service à la Compagnie des Indes Orientales. Ce que nous connaissons de sa carrière embrasse un cycle d'une dizaine d'années; Pelsaert fournit d'ailleurs lui-même bon nombre des éléments permettant d'ébaucher sa biographie. En 1618, il fut admis en qualité decommis auxiliaire (" assistent «), abord du bateau Wapeu van Zeeland; promu marchand adjoint en juillet 1620, il se rendit, après avoir visité Masulipatam, à Surat, où il arriva le 6 décembre 1620; dès le 20 janvier 1621, Van deii Broeck envoya Pelsaert à Agra, avec le factorien principal Wouter Heute ; il lui octroya le titre de marchand le 2 8 octobre 1623, et lui confia, le 22 mai 1624, la direc- tion du comptoir d'Agra devenu vacant par suite de la mort de Heute, Notre concitoyen y soigna les intérêts de la Compagnie en qualité de « principal facteur « . Dans la • très humble remon- trance Il adressée aux directeurs, il dé- crit la ville d'Agra et plusieurs autres centres de trafic, il donne des détails sur l'état politique du pays, sur les habi- tations et la manière de vivre des indigènes, et il s'occupe longuement, à raison de son importance, de la cul- ture et du travail de l'indigo. Puis il parle du commerce des épiccs en un pro- gramme très fouillé, très bourré de chiffres, qui permettra à la Compagnie de ne plus travailler à perte, si elle veut tenir compte des usages de la région et notamment du désir des marchands indi- gènes d'éviter les gros achats, pour ne pas être obligé d'emprunter a 10 et 12 p. c. On sent l'homme compétent, habitué à combiner et à calculer, et qui prétend faire honneur à la position qu'il occupe. Ce rapport fait regretter la disparition d'un autre mémoire de Pelsaert où étaient détaillés, avec échantillons et prix à l'appui, les divers articles de droguerie qu'on pouvait se procurer dans le pays (borax, mercure, sel ammoniacal, etc.). Après un séjour de quatre années à Agra, Pelsaert revint très malade à Surat et s'embarqua pour la Hollande, le 16 décembre 1627, à bord du Dordrecht, placé sous le commandement de Job Christian Grijp, et sous la direc- tion du pilote Adrien Jacobsz, que nous allons retrouver sur le Batavia. A peine rentré dans sa patrie adoptive, il dut repartir pour les Indes. Ici prend place l'événement tragique de sa car- rière. Le 28 octobre 1628 au dire de Pelsaert, le 27 octobre 1628 d'après la lettre du pasteur fiijsbert Bastiaensz annexée à diverses éditions du récit de la catastrophe survenue au Batavia, trois navires quittèrent le port de Texel, suivant la décision prise par les directeurs de la Compagnie des Indes Orientales : le Dordrecht, V Assendelft et le Batavia ; ce dernier était commandé par Pelsaert; il avait sous ses ordres l'agent commercial adjoint Jérôme Cor- nelisz et le pilote Adrien Jacobsz. La tempête ne tarda pas à disperser la petite escadrille. Mécontent d'une puni- tion que le commandant lui avait fait infliger au cours du voyage de retour de 1627-1628, et des reproches qu'il lui avait adressés pour son inconduite à bord, le pilote, arrivé au Cap de Bonne Espérance, résolut de se venger. Pen- dant la nuit du 4 juin 1629, il poussa le Batavia, par 28>^ 20' lat. S., sur des récifs situés à trente milles de la côte occidentale d'Australie, mais que les naufragés croyaient éloignée de neuf railles seulement. Ces récifs sont appelés : Récifs ou Abrolhos d'Houtman, et un des groupes et un des îlots portent encore le nom de Pelsaert. I 881 PELSAERT 882 Devant l'impossibilité de remettre le bâtiment à tlot, et malgré les ditlicviltéset les lamentations des femmes, des enfants et des malades, on débarqua cent vingt passagers dans deux îles, dont les noms n'ont eu qu'une existence éphémère ; un certain nombre d'hommes s'obsti- nèrent à ne pas quitter le Bafaria. Le manque d'eau fraîche se faisant sentir, Pelsaert en chercha en vain dans les îlots voisins; le l-t juin, il aborda même au continent, par 22^ 17' lat. S., et figure ainsi parmi les premiers voyageurs qui en foulèrent le sol; on constata la pré- sence de nègres et de grandes termi- tières, mais on ne put recueillir de l'eau en quantité suffisante. Force fut de faire voile, dès le 16 juin, pour Batavia, où l'on arriva le 5 juillet 1629. Dix jours plus tard, on s'embarqua sur le Saerdam avec les secours voulus ; à cause des vents contraires, on ne put arriver aux Abrolhos que le 17 septembre. Rejoint aussitôt par Weybbe Heys, devenu le chef de quarante-sept compagnons restés fidèles, l^elsaert fut mis au courant des tristes événements survenus pendant ses trois mois d'absence. Ces premières in- formations furent confirmées de tous points au cours d'une enquête minu- tieuse,faite du 18 au 23 septembre 1 629, et où la torture fut appliquée pour arra- cher des lambeaux de vérité. Toutes les pièces de cette enquête sont encore con- servées. Il en résulte qu'après être resté une dizaine de jours sur l'épave du Batavia, Jérôme Cornelisz était venu échouer dans l'île Batavia's Kerckhof; il y avait pris le commandement et s'était montré très humain. Mais bientôt, sous prétexte que le nombre de bouches à nourrir était trop considérable, il résolut, d'accord avec son conseil composé de quatre membres, de supprimer cent vingt de ses compagnons. Pour faciliter le mas- sacre, il répartit son monde dans quatre îles au lieu de deux, et fit ligotter et noyer une partie des soldats. La basse besogne pouvait commencer; elle fut accomplie en peu de jours. Les miséra- bles se réservèrent quelques femmes, y compris la fille ilu pasteur G. Bastiaensz, et firent main basse sur les riches étoflFes et joyaux formant partie de la cargaison. Tel était l'ascendant de Jérôme Cor- nelisz devenu, le 20 août 1629, capi- taine général de ses trente-six complices, qu'il lui buffisnit de remettre un poignard ou un sabre à un de ses sicaires, pour que la victime dont il avait fait choix fût à l'instant immolée, t^ept brutes surtout, âgées de dix-huit à vingt- quatre ans seulement, furent les instru- ments aveugles des ordres du chef; une d'elles ne se rendit pas coupable de moins de dix-sept assassinats. Si quelques malheureux échappèrent à la tuerie, ou le dut à la fidélité, au courage et aux sentiments humains du soldat Weybbe Heys. Attaqué à deux reprises dans son île, il repoussa ses agresseurs, fit leur chef prisonnier et tua quatre de ses prin- cipaux aides. Dès le 18 septembre, tous les mutins furent mis aux chaînes et l'en- quête ouverte. Jérôme Cornelisz et sept autres vauriens furent condamnés à la pendaison et exécutés le 1er octobre; les charges n'étant pas encore suffisamment établies, le jugement relatif à quelques autres prévenus fut suspendu pour être prononcé à Batavia, où l'on arriva à une date que nous ne savons pas déterminer, mais qui est antérieure au 24 août 1629, puis(iue Pelsaert fut nommé ce jour là membre extraordinaire du conseil des Indes. Il résulte de lettres écrites par le conseil des XVII directeurs, le 27 août 1630 et le 23 novembre 1631, que la conduite de Pelsaert, à l'égard des mutinés du Batavia, fut hautement désapprouvée, sous prétexte que l'élé- ment féminin avait été la pomme de discorde parmi les naufragés; (jue notre Anversois fut même accusé d'avoir vendu à son profit des joyaux et des objets en or et en argent ayant appartenu à la Compagnie des Indes, et qu'on eut tort d'excuser toujours les abus qu'il commit au cours de sa carrière. Ajoutons enfin ([ue Pelsaert accom- pagna, le 29 avril 1630, eu qualité de vice-commandant, quatre vaisseaux envoyés à Djambi pour mettre les Por- tuguais à la raison. Sa mère vivait encore le 17 mars 1632. 883 PELSERS 884 Nous connaissons deux travaux de François Pelsaert : 1 . Ongelvckige voyagie, van 't schip Ba- tavia, nae de Oost- Indien. Gebleven op de Ahrulhoa van Frederick Houtman, op de hoogte van 28 1/3 graet by zuyden de lÀnie-Aeqvinoctiael. Uyti/eraren onder den IL Francoys Pelsert. Vervalende soo 't verongelucken des sckips, als de gron- welycke Moorderyen onder 't gehergde Scheeps-voick , op 't Eylant Bataviaes Kerck-hof voorgevallen , nevens de Straffe de Hantdadigers orergekomen . Geschiet in de jaren 1628 en 1629... Tôt Amster- dam, voor Jan Jansz. Annol647; in-4°, avec pi.; p. 1-60, voyage du Batavia. D'après Tiele, il existe une édition an- térieure à 1635. Il y a plusieurs éditions ou reproduc- tions connues de ce recueil : 't Amstel- redam, voor Joost Hartgerts,- 1648 (3 éditions ou réimpressions); — tôt Amsterdam, voor Jan Jansz. Anno 1 648 ; — 't Utrecht, by Lucas de Vries, 1649; — 't Amsterdam, voor Joost Hartgers. Anno 1651; — 't Utrecht, by Lucas de Vries, 165S; — 't Amsterdam, Gedruckt by Gillis Joosten Saeghman, s. d. (entre 1663 et 1670). Autres reproductions ou extraits : [M, Thévenot]. Relations de divers voyages curieux... Paris, J. Langlais; info. MOCLXIIl , t. ler, Ire partie, et MDCXCVI, t. 1er, Ire partie, n» 23, p. 50-56; Constantin de Renneville, Recueil des voyages qui ont servi à réta- blissement et aux progrès de la Compagnie des Indes Orientales (d'après Commelin), 2e édition. Amsterdam, 1754, t. Ifr, Ire partie; — John Callender, Terra j4ustralisC'ognita... ^d'inhuTgh : Printed for the Author. MDCCLXVI, t. II, no VIII, p. 335-353; - Desbrosses, Histoire des navigations aux Terres Aus- trales, t. It, p. 451-456; — Prévost, Histoire des voyages ; in-4o,t.XI, p. 200; in-12o,t.XLII,p.9; — John Pinkerton, A gênerai collection of the best and most interesting voyages and trnvels. London 1S08-1814, t. XI;— R.-H. Major, Early voyages to Terra Australis. London 1859 (d'après Thévenot). Un épisode du voyage de Fr. Pelsaert a paru, en 1 630, à Rotterdam, chez CornelisPransz, sous le titre : Droevighe tydinghe tan de aldergouwelykste (sic) moordery, ghesckiet door einigke matrosen op 't schip Batavia; in-40, 4 ff. 2. Très humble remontrance que Fran- çois PeUart, principal facteur de la Com- pagnie hollandaise des Indes Orientales, présente aux Directeurs de cette mesme Compagnie, sur le sujet de leur commerce en ces quartiers là; avec son advis de la manière dont ils le doivent continuer à V advenir, fondé sur la connaissance qu'il a acquise de ce pays en sept années de temps qu'il y a demeuré & fait leurs affaires. [M. Thévenot]. Op. cîY , MDCLXIII. t. 1er, 2e partie, et MDCXCVI, t. 1er, 2e partie, n» 27, p. 1-20. Ce mémoire daté » Au comptoir de la Compagnie Hollandaise en Agra, le 15février 1627 • doit-il être identifié avec le manuscrit in-f» signalé dans le cata- logue d'une vente de livres, qui se fit à Leyden chez Pierre Leffen, le 30 no- vembre 1666 : » Voyage te landt naer Agra in Ostindie, en curieuse beschrij- vinghe van 't hof van den groote Mogor, geschreven en nimmer gedruckt » ? F. Van Orlroy. Les deux opuscules ci-dessus mentionnés de Fr. Pelsaert; le premier a été utilisé par tous les historiens qui se sont occupés de ce voyageur (Piron, l.evensbeschr. — De Sainl-Genois, Vlaemsche school, dSoo, p. 75. — Slaes, Antw. reizigers, 18i>3. — Heeres, Hel aandeel derNeder- landers in de ontdekking van Australie, 4606- <7fi5, Leiden. 4899). —Le Bibliophile belge, t. V (484«), p. 449-420. — Tiele, Mémoires bibliogr. sur lesjourn. des navig. néerl.,e\, Nederl. bibliogr. van land en volkenkunde. — Divers renseigne- ments inédits communiqués par M"" le professeur Heeres. PEiiSE»s(«7eaw), médecin -chirurgien, né à Diest au commencement du xvi* siècle, mort à Bruges en mars 1581. Tout jeune encore, écrit-il lui-même, il s'adonna à l'étude de l'art médical et fréquenta beaucoup de chirurgiens sa- vants et expérimentés. Après avoir pra- tiqué en plusieurs endroits, il s'établit à Bruges où une brillante clientèle le décida à se fixer. Le d' De Meyer, le seul qui, à notre connaissance, ait fait des recherches sur J. Pelsers, fournit sur lui des renseignements inexacts au sujet de ses fonctions de médecin des 885 PELSERS 886 pestiférés. D'après les comptes de la | ville (le Bruges, Josse van (1er Heyle ! était médecin des pestiférés lorsque, le 17 avril 1545, le mngistratlui adjoignit, , comme second, Jean Pelsers, aux gages de 10 livres de gros l'an, pour un terme i de dix ans. Pendant la peste de 1546, 1 Pelsers reçut une indemnité de 3 11. gr. i à l'occasion de son déménagement. Ce i n'est qu'à partir de l'exercice de sep- ^ tembre 1547 à septembre 1548 que son traitement fut majoré de 2 11. gr., et depuis 1549-1550 on lui alloua 20 s.gr. pour sa robe de drap rouge (saisoene laken-roode keirle). A l'expiration de son engagement, Pelsers eut pour successeur Gomaire Mauritius. Celui-ci, lors du décès de Josse van der Heyle , devint premier roode meester et fut remplacé, en qualité de second, par Othon van der Heyle. En 1566-1567, le poste de médecin des pestiférés n'eut pas de titulaire. L'année suivante, J. Pelsers qui, dans l'inter- valle, était toujours resté ckirurgien- petisionnnire , fut admis comme roode meester unique, avec un traitement an- nuel de 24 livres de gros, plus 20 s. gr. pour robe. Le 22 juin 1570, le magistrat imposa à tout le personnel de la maison du peste-meester , sans excepter l'épouse de celui-ci, de porter la verge rouge (les membres d'une famille où la peste avait sévi devaient se munir d'une verge blanche). Pelsers protesta contre cette mesure, mais grâce à l'intervention du bourgmestre et de deux échevins l'inci- dent fut aplani. Pelsers continua de soigner les malades atteints par le fléau et, le 15 mars 15 71 (n. s.) il accepta les fonctions de médecin des pestiférés pour un terme de dix ans, moyennant un trai- tement annuel de cent florins carolus, plus 20 s. gr. pour son leirlaken; il devait, de plus, instruire dans l'art chi- rurgical un enfant de l'école I5ogaerde et soigner, en cas de peste, trente fa- milles pauvres, sans rétribution aucune. H lui était, en outre, imposé de donner les mêmes soins à tous les indigents, sauf à recevoir une indemnité pour four- niture de médicameuts, et de soigner, en temps ordinaire, douze malades at- teints de variole, etc., à la réquisition du magistrat. Pelsers fit preuve, de dévouement, surtout pendant les épidémies de 1546, 1569-1572, 1574-1575, 1577 et 15S0- 1581. Ce fut au cours de cette dernière invasion de la peste que Pelsers suc- cond)a. Peu de temps avant son décès, le magistrat lui avait adjoint Jean van Goethem, d'.Anvers. Le 17 mars 1581, Antoine Michiels succéda au vieux pra- ticien tombé sur la brèche. Jean Pelsers a laissé deux ouvrages qui, d'après le d'' T)e Meyer.sont estimés et ont eu une certaine vogue. En voici les titres : 1 . Examen cJiirurgorum inliou- dende cîaer onderwiis, oprechte (jîiesckicte, ende naecteleeringhe der chirnrgienen ende barbiers. Bruges, Hubert Goltzius, 1565; petit in-16, 182 pages, plus 16 pages de tables. Le travail, dédié aux magis- trats de Bruges, est un manuel de vul- garisation destiné aux chirurgiens-barbiers qui n'entendent pas le latin, le grec, l'hébreu ou l'arabe ; l'auteur y résume les éléments de la médecine et surtout de la chirurgie proprement dite. Il fut réimprimé en 1612 à Dordrecht, chez Nicolas Vincenten, pour compte du libraire Pierre Huybrechts. — 2. Fan de peste , een générale niethodus om te cureren die contagieuse ziecte der pestïlen- tiaelecortse rnetliaersymplhoniata. Bruges, Pierre de Clerck, 15 69; in- 1 6 de 112 ff., sans compter 15 ff. comprenant le titre, le privilège , l'épître dédicatoire aux magistrats de Bruges, les tables, deux poésies flamandes d'Edouard de Dene et trois pièces en vers latins, dont une de l'auteur. Le collège échevinal, en retour de l'hommage, octroya à Jean Pelsers une gratification de quatre livres de gros. Dans la dédicace, le roode meester proteste contre les charlatans, les ensevelisseurs et les ensevelisseuses (quack-zalvers, reuweghen en schrob- bers), qui se font passer pour maîtres et maîtresses dans l'art de guérir la peste, tandis qu'ils n'en ont aucune pratique ni connaissance et sont pj-us redoutables que la maladie elle-même. I>es hallege- boden ou ordonnances de la ville rela- tives à la peste semblent s'inspirer des 887 PELT — PENNEMAN conseils et des prescriptions de Jean Pelsers. A.-C. De Schrevel. (De Meyer), Esqidsses biographiques des prati- ciens distingués de la ville et du Franc de Bruges, depuis i400 jusqu'à nos jours, dans la Suite aux Analectes médicaux. Ile partie. — Archives de la ville de Bruges : Comptes de la ville de Bruges ; Secrète resolutie boecken. pei.seb[t] {Jean). Voir Felsaeré, PEI..T {Théodore- Antoine vaw), ou Peltanus, théologien et polygraphe, né en 1511 à Overpelt (Limbourg), mort à Augsbourg, le 2 mai 1584.. Il étudia la philosophie à Cologne et ayant pris l'habit de jésuite, en cette ville, en 1550, il partit pour Rome où il devint un des premiers professeurs du collège romain ouvert cette année. Il enseigna, à Rome, la rhétorique et le grec, pendant deux ans, et à Naples, de 1552 à 1556, les lettres grecques, latines et hébraïques. Après un second et court séjour à Rome, en 1556, il enseigna à Ingolstadt le grec, l'hébreu et le maître des sentences. Il professa ensuite à Munich, de 155 9 à 1561, et retourna, en 1562, à Ingol- stadt pour y enseigner la théologie jusqu'en 1574. Il se retira alors à Augsbourg où il finit ses jours. D'après le P. Agricola {Hist. provincice Germa- nice, t.P"^, p. 276) Peltanus serait entré au noviciat comme frère coadjuteur et aiirait exercé le métier de cordonnier avant de s'adonner aux études, mais ce détail biographique n'est pas confirmé par les renseignements puisés dans les archives de l'ordre des Jésuites. Peltanus publia, sous forme de thèses, de très nombreux traités de controverse, des traductions en latin d'auteurs ecclésias- tiques grecs et des ouvrages de théologie originaux. On peut lire, dans la Biblio- tlièque de la Compagnie de Jésus du P. Somraervogel, la longue liste de ces nombreux écrits, qu'il paraît superflu de reproduire ici. Heiii'i van Ncusb. Manlellus, Uasselettim, p. 126. 268. Becdelièvre, Biogr. liégeoise, t. I, p. 268. — Didot, JSouvelle biographie (Paris, 1862). — Allqemeine Deutsche Biographie (Leipzig, 1887). — Sommervogel, Bi- bliothèque de la Compagnie de Jésus (1895). PEWWEKifM {Jean- Baptiste), sculp- teur, à Gand, est considéré comme l'au- teur de l'ancien autel de la chapelle des âmes du purgatoire de l'église Saint- Michel, de la même ville, construit en vertu d'un contrat du 3 septembre 1683. Pennekyn avait sculpté, conformément à un arrêt du conseil de Flandre, une statue de sainte Pharaïlde, placée en 1684 au-dessus du grand portail de l'église Saint-Nicolas. Elle coûta six livres de gros . Edm. Marchai. Kervyn de Volkaersbeke, Les églises de Gand. pe;«i«emaker , Pannemaker ou Pennemaeckers, peintre, qui doit être né vers 1620 et sur la vie duquel on possède fort peu de renseignements. Il aurait été élève de Rubens, puis, plus tard, il se fit religieux et prononça ses vœux au couvent des Récollets, à An- vers. On ne connaît qu'une seule œuvre de cet artiste : c'est un tableau de grandes dimensions, représentant r.<^scewsiow. Les personnages qui figurent sur cette toile, tels que la Vierge, saint Jean, saint Pierre et les autres apôtres, sont figurés en grandeur nature. Ce tableau fut d'abord placé dans la chapelle du Saint- Sacrement de l'église du couvent des Récollets, à Anvers. Il surmontait le monument commémoratif élevé à la mé- moire de Juste Canis, mort eu 1664, et de Catherine de Hase, décédéeen 1610. Enlevé par les Français à la fin du xviiie siècle, il fut restitué en 1815 et se trouve aujourd'hui au musée d'Anvers. Fernand Donnel. Siret, Dictionnaire des peintres. — Vander Aa, Biographiscli ivoordenboek der Nederlanden. — Piot. Rapport sur les tableaux enlevés, etc. — Inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers. — Sleph. Schoulens, Geschie- denis van het voormalig mindcbroedersklooster van Antwerpen. — F.-J. Vanden Branden, Ge- schiedenis der antwerpsche schilderschool. — Catalogue du Musée d'Anvers. PEMMEiHAiw {François), prédicateur, naquit à Gand et vécut au xvie siècle. Il entra dans l'ordre des Frères mineurs et se fit une grande réputation comme prédicateur. Devenu gardien du couvent de l'Ecluse en Flandre, il fut pris par les Gueux, un jour qu'il allait prêcher à Saint-Laurent, et massacré par eux le 889 PENNEMAN 890 24 juin 1575. D'après Sanderus, il avait recueilli dans de volumineux ma- nuscrits des notes et des extraits divers, fruit de ses lectures nombreuses. Nous ignorons ce que ces manuscrits sont de- venus. Léonard Willem». Â. Sanderus, Gandavum, p. 435. — Wadding, Scriptores otdinis minoj-um (1630), p. 131-132. PEN^'E.VAN (François), religieux du XVII* siècle qui s'intéressait à l'astrono- mie. Nous ignorons le lieu et la date de sa naissance. Il entra dans l'ordre des Cisterciens et fut reçu moine à l'abbaye des Dunes sous l'abbé Bernard Camp- mans (1623-1642). Il était encore dans cette même abbaye lorsqu'il fit paraître, en 1643, chez A. Bouvet, à Louvain, un opuscule de cent cinquante-six pages concernant la découverte des satellites de Jupiter et de Saturne. En. voici le titre : Novem Siellœ circa Jovem, circa Saturnum sex, circa Marlem ?ionnullœ, a P. Antonio Reita detectœ et satellitibus adjudicatœ. De primis (et si malevis de universis) D. Pétri Gassendi judicium. B. Joatinis Caramuel Lobkowitz ejusdem judicii censura . . . publicabat Franc. Pen- neman Bun. rel. Voici à quel propos cet ouvrage fut composé. On sait que Galilée découvrit, en 1609, les premiers satellites de Ju- piter , découverte qui produisit une énorme sensation. Or, en 1642-1643, le P. capucin Antoine Schyrle de Rheita, se trouvant à Cologne, crut découvrir cinq nouveaux satellites de Jupiter, six satellites de Saturne (alors que le pre- mier satellite de cette planète n'a été découvert qu'en 1655, par Huyghens) et plusieurs satellites de Mars (alors qu'il est démontré aujourd'hui qu'il n'y en a point). Rheita s'empressa de faire hommage de sa prétendue découverte au pape Urbain VIII, en donnant aux satellites le nom à'astres urbanoctaviens . La découverte de Rheita fit naître de longues controverses. Et l'on finit par s'apercevoir que ce que Rheita avait pris pour des satellites étaient des étoiles du Verseau. A part la dédicace au prieur de l'abbaye des Dunes, Bernard Bottyn (dédicace datée de Louvain, 8 septembre 1643), il n'y a absolument rien de François Penneman dans l'ouvrage qu'il publia. Plusieurs des pièces de ce travail sont textuellement reproduites dans les Opéra om nia, t. IV, de Gassendi (édition de Lyon, 1658). Voici le détail de ce que contient le recueil : 1° (p. 1) Observation (de Rheita) communiquée à Gabriel Naudé, à Paris, avec une planche (cf. Gassendi opéra, t. IV, p. 511; 2o(p. 3) Lettre du 6 jan- vier 1643 de Rheita àErycius Puteauus (Rheita y parle de son livre Oculus Enoch et Eliœ, sive Radius sidereo- mystives qui doit paraître) (cf. Gassendi opéra, t. IV, p. 512); 3° (p. 12) Avis de Gassendi sur la découverte de Rheita, sous forme de lettre à Gabriel Naudé (4 avril 1643) (cf. Gassendi opéra, p. 513); 4o (p. 60) Lettre du 1er juil- let 1643 de Carumuel Lobkowitz à Gas- sendi; 5° (p. 61)Lettredul6niars 1643 de Lobkowitz à Rheita; 6» (p. 65) Lettre du 17 avril 1643 de Rheita à Lobkowitz, avec un post-criptum de la semaine suivante (24 avril) exprimant sommaire- ment ses opinions sur certaines ques- tions astronomiques, qu'il traite plus amplement dans son Oculus. P. 81 et 83, figures indiquant les positions des satellites de Saturne, le 17 janvier et 5-9 février 1643 (fig. reproduites p. 128 et 129). P. 85 et 87, position des satellites de Jupiter (19 décembre 1642 et 17-23 janvier 1643 (fig. repro- duites p. 120 et 123). P. 88 et 89, figures indiquant les phases de Vénus et de Mercure. P. 90, Suaire du Christ que Rheita croit voir dans le ciel; 7o (p. 9 1) Lettre du 30 avril de Lobkowitz à Rheita; 8o(p. 109) Lettre du 28 mai de Lobkowitz à Rheita, lui faisant part d'observations astronomiques faites à Bruxelles en 1635-1636 et en 1621 par Florent van Langren ; 9° (p. 117) Lettre du 3 juillet de Lobkowitz à Fabio Chigi évéque de Nardo (le recueil de Penneman porte episcopus Merilonensia à la place de Neritoneusis), qui plus tard (1652) devint évéque d'Imola et cardinal, et enfin fut élu pape (1655) sous le nom d'Alexandre VII. Chigi écrivit un approbatur pour V Oculus I9i PENNEQUIN — PENNINC 892 (fo 20). En résumé, à part les cinq lettres de Lobkowitz (4°, 5o, 7o, go, 9°), le recueil de Penneman n'offre rien qui ne se retrouve ailleurs. Ajoutons que les Novem Stellce sont ordinairement reliés avec un ouvrage de Lobkowitz, Perpen- diculorum inconstantia (également de Louvain, A. Bouvet, 1643). La controverse concernant les astres urbanoctaviciis fut continuée par Rheita dans son Oculus Enoch (Anvers, Jérôme Verdussen, 1845), p. 171 et suiv. Nous y trouvons : 1° une lettre de Rheita à Gassendi, du 1er mars 1645 {Respondetur paucis Judicio Eximii Domini Gassendi super stellas novas nobis quondam circa Jovem Jideliter obser- vatas) ; 2° une lettre de Jean Stampioen (le jeune), mathématicien du prince d'Orange et maître de Huyghens datée du 23 avril (1645), dans laquelle il déclare avoir vu, avec son télescope, les satellites découverts par Rheita; 3o lettre du 19 août 1644 de Rheita à Lobkowitz. François Penneman n'ayant rien publié de personnel, nous ne pouvons juger de ses connaissances astrono- miques. Il mourut à Courtrai, le 31 dé- cembre 1679. Léonard Willems. Houzeau, Catalogue des ouvrages d'astrono- mie (1878), p. 213. — Bulletin du Bibliophile belge, 1. 1. p. 123. — Chronique de l'abbaye des Dunes (publiée par la Société d'émulation de Bruges), p. 101. PEMWEQUi:* (Pierre), écrivain ecclé- siastique, né à Lille en 1588, mort à Arras, le 17 mars 1663. A l'âge de dix-sept ans, il entra dans la Compagnie de Jésus et, lorsqu'il eut terminé son noviciat, il se destina à l'enseignement. 11 devint successivement professeur d'hébreu et d'écriture sainte à Douai, recteur des collèges d'Arras et de Mons, et enfin provincial. Ses principaux ouvrages sont : 1. Primum Societatis Jesu saculum Deipara Virgini Mariœ sacrum. Arras, Gérard de Raisme, 1640; in-4o, 5 ff. lira, et 158 p. Cet ouvrage contient trois livres d'élégies; il a été réimprimé à Douai, in-S» de 158 p. — 2. Jntrodvction à l'amovr de Diev. Mons, Jean Havart, 1644; in-S", Ire partie, 8 flf. non chiffrés, texte 272 p.; 2e partie, 283 p.; 3e par- tie, 6 ff, non chiffrés, texte 853 p. Cet ouvrage a été réédité à Mons, chez Jean Havart, en 1645, et chez Philippe de Waudret, en 1654. L'auteur en a publié une traduction latine, à Anvers, en 1661; in-4o de 766 p. Le P. Fr. de Smidt en a donné une traduction fla- mande. — 3. Traité des trois retraites intérieures, contenant septante-deux médi' tntions et plusieurs maximes et vèritez. Mons, Jean Havart, 1644; pet. in-8o, 311 p. et 9 ff. non chiffrés. Une seconde édition est sortie des presses de Philippe de Waudret, en 1655. — 4. Entretiens spirituels. Mons, veuve Jean Havart, 1656; pet. in-8'J, 197 p. Une seconde édition a paru en 1657. Léopold Devillers Hip. Rousselle, Bibliographie monloise,'Ç). 271, i76 et 310. — De Backer et Sommervogel, Biblio- thèque des écrivains de la Compagnie de Jésus (Liège, 1872), t. Il, col. 1831 et 1832. PENNINC, poète flamand du xiiie siècle, au plus tard des premières années du xive, auteur de la plus grande partie (plus que les deux tiers) de l'épo- pée moyennéerlandaise de Gauvain, le Roman van TFalewein. Le poète se nomme au commencement de son œuvre, oii il dit qu'il a veillé mainte nuit pour la composer et prie Dieu de lui pardonner les fautes qu'il y a commises : God die dor ons was gheboren Ende vanden stene maecte bruot, Verlene mi die wijsheit groot In desen bouc, sonder meswende. Van beghinnen toten ende! Dies biddic Gode dor sine ghenade Dat hi mi vergheve die mesdade Die ic an dese redene doe Bede spade ende vroe. Dies bal Penninc, diene maecte Ende menighen nar.ht daer omme waecte Eer hijt vont in sijn ghedochte, Dat hi den boec ten ende brochte Daer hi tbeghin of heift gfuseit. Le vœu de Penninc ne fut pas exaucé: un autre, Pierre Vostaert, dut finir son travail, comme il appert des vers 11173 suivants : Penninc die dichie desen bouc, So tviet hort mine roue. Mine was niet wel bedocht, Hine hnd de jeeste ten ende brocht. Pieter Vostaert maketse vort, So hi best mochte, na die wort 893 PENNINC 894 Die hi van Penninghe vont bescreven; Hei dochtem scade uaer achter bleven Die jeeste ; maer daert ende brect, le wune metit Uttel ère sprect Den dichtre ; ooc verliest hi niedc Bede pitte ende arbeide, Dot toe niet wert es ère keerse. Omirent drie ende derlich hondert verse Heefter Pieter of ghedicht, So hi vrayst mochte in, rime slicht. Il est donc probable que la partie composée par Peuninc finit au vers 7834. Le roman relate certaines aventures de Gauvaiu, le plus parfait des chevaliers de la table ronde. Un jour que le roi Arthur et ses chevaliers finissaient de dîner, un échiq\iier d'ivoire, orné de pierres précieuses, d'or et d'argent, entre par la fenêtre ouverte, reste déposé par terre pendant quelques instants, se re- lève et part par où il est venu. Le roi désire vivement posséder cet échiquier merveilleux, et promet sa couronne et son royaume à celui d'entre ces cheva- liers qui s'en rendra maître et le lui apportera. Seul Gauvain ose tenter l'a- venture : il part aussitôt et poursuit le joyau encore visible dans les airs, mais qui bientôt disparaît dans une mon- tagne. Gauvain y pénètre à son tour et parvient, à travers une fente de rocher gardée par un dragon et ses quatre pe- tits, dans le pays de féerie (het Wonder- land), dont le roi se trouve être le pos- sesseur de cet échiquier et l'avait fait apparaître devant la Table ronde pour attirer chez lui un des compagnons. 11 promet à Gauvain de lui donner le joyau, pourvu que celui-ci lui apporte l'épée aux deux • rengcs » , qui rend toujours vainqueur celui qui la porte, et qui est actuellement dans la posses- sion du roi Amoris. Après de nombreuses aventures, les unes aussi merveilleuses que les autres, Gauvain arrive chez Amoris ; ce roi aime Isabelle, que son père retient dans un château imprenable. Amoris remet l'épée à Gauvain et promet de lui en faire don si celui-ci délivre Isabelle et la lui ra- mène. Gauvain s'y engage et se met en route. Après maint nouvel incident, il réussit à pénétrer dans le château malgré tout ce qui le défend ; mais il est accablé par le nombre de ses ennemis et jeté en prison. Quand Isabelle voit Gauvain, elle reconnaît en lui un héros qui lui est apparu en songe, et qui, depuis ce temps, occupe constamment son imagination; Gauvain, de son côté, trouve pour la première fois en elle l'idéal féminin qu'il a rêvé. Ils s'aiment donc et se le disent, et la jeune femme travaille à délivrer son amant ; mais ils sont trahis et en- fermés chacun dans un affreux cachot. Ils en sont tirés par l'âme d'un chevalier que Gauvain avait vaincu, mais auquel il avait procuré, en même temps, un enterrement convenable et digne de son rang. Dans une des aventures qui suivent, Gauvain perd l'épée d'Amoris. 11 révèle alors à Isabelle le véritable état des choses : Amoris ne lui a confié l'épée et ne la lui donnera qu'en échange d'Isa- belle ; celle-ci déclare qu'elle aime mieux mourir que d'appartenir à Amoris. Heu- reusement Gauvain retrouve l'épée, et, plus heureusement encore, quand, es- clave du serment prêté, il amène Isabelle au château d'Amoris, il apprend que celui-ci vient de mourir. Gauvain retourne chez le roi de féerie, non sans rencontrer encore bien des combats et des épreuves, et obtient, en échange de l'épée aux deux " renges ", l'échiquier merveil- leux qu'il apporte au roi Arthur. Celui-ci donne de nombreuses et splendides fêtes en l'honneur de Gauvain et de son amie qui, — ainsi finit Pierre Vostaert, qui connaissait bien son héros — , se mariè- rent, à ce qu'on raconte, sans qu'il ose l'afïirmer. Tel est, dans ses grandes lignes, le contenu du roman de Gauvain. Pour apprécier l'œuvre de Penninc et de son continuateur, la question est avant tout de savoir si elle est originale ou non. La première alternative semble la plus probable. Il est vrai que le roman ne nous est connu que dans une version néerlandaise, et que Penninc dit, au commencement de son poème : Vanden coninc Arture Es bleven menighe avonlure Die nemmermee ne wert bescreven : ?lu hebbic ene scone upheven ; Consticse ivel in twalsce vinden, le soudse jou in dietsce ontbinden. Mais le fait qu'on n'a pas retrouve 895 PEPERS 896 l'original français ne prouve naturel- lement rien : il y a encore d'autres exemples de pertes semblables. Ensuite, Penninc fait plusieurs fois allusion à une source, quoiqu'il ne précise pas {Eist alsmen ghescreven siet, vs. 2386; seit die jeeste , vs. 10885 ; aegliet ighedichte , vs. 10829; so ici ghedicht late vs. 11052). Enfin, Vostaert parle d'une manière formelle d'un poème français lorsqu'il dit, vs. 11136 et suiv. : Waleweiti, die edel ridder vercoven, Prosenteerde, dat weiic wel, Sineii oom dat scaecspel, Bede vor luren ende vur vrouwen, Dat sijt aile mochten scouwen. 0ns orcont die ualsce taie Dat het verlichte aile die sale, So uterlijc waest ende so diere. L'hypothèse de Jonckbloet que Pen- ninc, à rencontre des poètes qui feignent de s'appuyer sur un original latin ou français, a voulu faire passer une tra- duction pour une œuvre de sa propre invention, semble donc fort plausible. Mais, même comme traducteur, Pen- ninc n'est pas sans mérite. Il a fait preuve de bon goût en choisissant une œuvre dont la valeur intrinsèque est très notable, que tout le monde reconnaît comme un des romans les mieux cons- truits du genre auquel il appartient, et il nous a laissé une traduction digne de son original. Sa langue est très pure, ses vers très bien construits et très harmonieux, exempts de ces chevilles qui déparent la plupart des chansons de gestes moyen-néerlandaises. Willem de Vreese. Le Roman de Walcwein nous est conservé dans un manuscrit de VàlJO, édité par Jonckbloet, 1846-1848 ; il y a en outre un fragment important d'un second manuscrit : voy. Verdam, dans Verslayen en mededeelingen der Koninklijke A ca- demie van wetenscliappen (Âmsl.), Afd. Leiter- knndr, 3c série, t. VllI, p. 21 et suiv. (■1891).— Jonckbloet, Gescinedenis der middetmederland- sclie dichtkunst, 1. 1, p. 7'J el i,\x\\ .,QiGeschiedenis der nederl. letterk,, 4e édit., 1. 1, p. S'*3 et suiv. — 'le Wiiikel, Gescliiedcnis der nederl. letterk., t. I, p. 178 et suiv. — G. Paris, dans V Histoire littéraire delà France, t. XXX, p. 82-84. —Très important au point de vue de la composition du roman, est l'article du !)■■ Koopmans dans Taal en letieren, t. X, p. 4G.'i et suiv. Pour les questions purement pliilolosiiques (iiii se rallacbenl au texte, voyez Pelit, liiblioiirapltie der middelnederlandschc taal- en letlcrknnde, no 451, qui est cependant à compléter. PEPERjti (Pierre), sculpteur, né à Bruges vers 1 7 3 0 , serait décédé le 2 8 juin 1785, d'après Imraerzeel, tandis que selon d'autres auteurs il seraii mort le 20 juin de cette même année 1785. Pierre Pepers fut élève de Pierre van Walleghem à qui l'on doit quatre bas- reliefs du baldaquin, représentant les Il quatre docteurs de l'église « ainsi que la" statue de la Vierge «, qui surmonte la belle chaire de vérité sculptée en 1743 en collaboration avec Jean van Hecke, de Dadizeele, et P.-J. Schaerlaeken, pour l'église Notre- Dame, à Bruges. Ilsuivitfructueusement les cours de l'académie de Bruges que dirigeait alors le peintre Mathieu De Visch. Il alla ensuite se perfectionner à Paris, vers 1751, chez René Michel, dit Michel- Ange Slodtz, fils du célèbre Auversois Sébastien Slodtz^ " sculpteur des bâtiments du roi « (Louis XIV). Doué d'un réel talent, il a été rangé parmi les bons sculpteurs brugeois de l'époque classique. Il travailla aux colos- sales statues de l'église Saint-Sulpice que l'architecte Servandoni acheva en 1749. Pendant son séjour à Paris, il se fit remarquer par une petite figure de Cupidon qu'il sculpta pour la marquise de Pompadour. De retour à Bruges, il y exécuta, vers 1759, un groupe de grandeur naturelle, ayant pour sujet Il la Charité », qui fut acquis par Joseph Veranneman, seigneur de Watervliet. Le magistrat de la ville lui confia, vers 1761, l'exécution de l'écusson m.unici- pal, ayant comme supports le lion et l'ours, placé au dessus de la pompe du marché aux œufs ; on assure que ce travail attira l'attention par son éner- gique modelé. En 1767, on commanda à Pepers la statue de Saint-Jean Népo- mucène, destinée au pont de l'Eeck- houtte. Parmi ses nombreux travaux exé- cutés pour des particuliers, on cite " Hercule terrassant le lion de Numi- die " , pour le château de l'évêqueCaïmo, et les statues de saint Pierre et de saint Paul pour le palais épiscopal. L'abbé de Saint-André lui commanda un autel, en 1779, pour l'église Notre-Dame de 897 PÉPIN 898 I Bruges; il se chargea de la sculpture du bas-relief central représentant la • Des- cente de croix • ; son fils Pierre. luort jeune encore, sculpta un des chérubins. Pierre Pepers collabora à la belle chaire de vérité faite par Henri Pulincx père pour la cathédrale Saint-Sauveur. Il sculpta aussi une statue de la Vierge pour la maison des dentellières. On lui attribue erronément deux statues, sculptées vers 1730 (année de sa nais- sance) : le groupe de la • Vierge et de l'Enfant Jésus • et le • Christ sur la croix • qui ornent le pourtour du chœur de la cathédrale Saint-Sauveur, Il figure de lui, dans l'église Saint-Michel, à (îand, une belle épitaphe de la famille Moortgat surmontée d'un ange soutenant un grand écusson armorié. Ce motif date de 1769. L'excellent sculpteur brugeois Maxi- railien Louis van Lede fut un de ses élèves. Edm. Marchai. E. Marchai, La sculpture et les chefs-d'œuvre de l'orfèvrerie belge. pÉpiw LE Vieux, l'Ancien ou de Landen, maire du palais, mort en 639. La famille des Pépin (Pippin) est origi- naire de la Hesbaye.du jtagus hesbanien- sis, qui s'étendait depuis Louvain jusqu'à Liège et avait pour limites le Démer, la Meuse et la Méhaigne. Elle appartenait vraisemblablement à cette classe d'opii- mates, (ïe proceres, guerriers et proprié- taires de latifundia, descendants des premiers conquérants francs que leur position rapprochait naturellement du trône. Pépin, appelé plus tard V yincie» et de Landen, était, d'après les Annales Melte7ises, tils de KarlmannouCarloman, que les historiens de sa vie appellent prince, princeps, et qui était proba- blement un grand propriétaire foncier revêtu d'un commandement militaire. Il aurait • gouverné toute la population - depuis la forêt charbonnière et les • rives de la Meuse jusqu'aux limites • des Frisons ». Il eut deux enfants : Pépin et Amelberge. Pépin était richement possessionné dans le triangle formé par Bruxelles, Cologne et Toul. Son nom est cité pour BIOGR. NAT. — T. XVI. la première fois en 613, lorsqu'il se sou- leva, avec Arnulphe, contre Brunehaut : • Chlotaire pénètre en Austrasie, Ar- • nulphe, Pépin et autres grands ayant • pris parti pour lui ». C'est le rensei- gnement le plus ancien que l'on possède sur les ancêtres des Carolingiens et c'est lachronique de Prédégairequi le fournit. L'unité de l'Etat franc fut acquise, mais elle ne fut maintenue que pendant peu d'années, l'idée particulariste étant trop enracinée dans l'esprit des grands. En 623, l'Austrasie, le pays à l'est des Vosges et des Ardennes, auquel s'ajou- tèrent des territoires s'étendant jusqu'à la Loire, devint un royaume particulier, et Dagobert, fils de Chlotaire, en fut nommé roi. Pépin lui fût adjoint en qualité de maire du palais, et Arnulphe, appartenant aussi à une noble famille franque, devint le conseiller du jeune souverain. L'institution du maire du palais flo- rissait chez plusieurs tribus germaniques, Wisigoths, Lombards, Burgundes,Anglo- Saxons; mais nulle part les fonctions de ce personnage ne lui valurent une telle influence que chez les Francs où elles finirent par lui donner l'hérédité. Au vue siècle, le mujordomus est dé- signé chez les Francs comme prince, comme vice-roi {subregulus). C'est à cette dignité — équivalente à celle d'un grand maître de la cour dans les temps mo- dernes et à la fois d'un ministre-prési- dent — que Pépin fut appelé. Avec Arnulphe, il fut proprement le régent d'Austrasie. Sa main ferme assurait l'ordre et la justice, peu favorables à la violence des mœurs de l'époque. Lorsque Chlotaire II mourut, Dagobert se rendit maîtrede laNeustrie etde la Bourgogne, son frère Charibert ne conser-vant que des territoires au sud de la Loire. Après la mort prématurée de ce dernier, Da- gobert régna de nouveau sur l'empire franc tout entier. Toutefois le centre de gravité s'était déplacé. Dagobert s'était transporté en Neustrie et résidait à Paris. L'Austrasie avait perdu sa cour et était devenue un pays secondaire; la position du maire du palais austrasien s'en trou- vait diminuée en proportion. 39 899 PÉPIN 900 Les espérances que Dagobert, le der- nier mérovingien de quelque importance , avait fait concevoir lorsqu'il était encore dirigé par Pépin, ne se réalisèrent pas. Le jeune roi tomba dans la débauche, le vice héréditaire de sa maison. Pépin se crut autorisé et obligé de faire des repré- sentations à son ancien pupille, occasion propice pour ses ennemis de l'écarter ; ils exigèrent sa mort. Dagobert se con- tenta de reléguer le censeur importun à Orléans comme mentor de son fils Sigi-» bert, qu'une de ses femmes venait de lui donner. C'était l'exil. Dagobert se vit forcé, pour regagner les sympathies des Austrasiens, après la guerre malheu- reuse contre les Wendes, de donner à l'Austrasie, en la personne de Sigibert, un nouveau roi (634) ; toutefois, la régence du pays ne fut pas confiée à Pépin, mais bien à son beau-fils Ansgi- sil, fils de saint Arnulphe, et à l'évêque Cunibert de Cologne. Ce n'est qu'après la mort de Dagobert (639) que Pépin obtint à nouveau le majordomat. Il mou- rut l'année suivante. « Sa mort, dit u Frédégaire, fut pour tous, en Austra- II sie, une douleur pas petite, parce qu'il » était aimé de tous pour son amour de « la justice et sa bonté ". Pépin de Landen avait épousé Iduberge ou Itta, dont il eut Grimoald, Begge et (îertrude. Il favorisa le développement du christianisme en Belgique et fonda le monastère de C'alfberg {Calfmontanum) , établi à Meldert {Meldradium) , près de Hasselt, dans celte Hesbaye qui était le berceau de ses pères. Comme maire du palais, il seconda les missions de saint Eloi et surtout de saint Amand qui avait demandé l'assistance du bras séculier. Sous son administration, saint Amand releva le siège de saint Servais à Maes- tricht, fonda l'abbaye d'Elnone sur la Scarpe et les abbayes jumelles de Saint- Pierre à Gand, dont l'une fut appelée depuis l'abbaye de Saint-Bavon. Après la mort de Pépin, sa veuve et sa fille Gertrude consacrèrent une partie de leur fortune à fonder l'abbaye de Nivelles où elles se retirèrent et qui devint leur lieu de sépulture, L'hagiographe Surius rapporte que Pépin fut inhumé dans sa cité de Landen et que son corps y reposa jusqu'à ce qu'on le transportât à l'abbaye de Ni- velles. Baroa Emile de Borchgrave. Don Bouquet, Recueil, etc., t. III et IV. — Potz, Mon. germ., t. I et II. — Boll., Acia sanct., III. — Warnkœnig et Gérard, Hisi. des Carolin- qiens, 1. 1. — H. Bonnell, die Anfânge des Karo- lingischen Hauses (1866). — E. Mûhlbacher, Deutsche Geschichte unter den Karolingern, (1896). pÉpiM LE Gros, ou le Moyen, ou DE Herstal, maire du palais, prince et duc des Francs. La date de sa naissance est inconnue ; il mourut en 7 14. Il était fils d'Ansgisil, fils lui-même de saint Arnulphe, et de Begge, fille de Pépin de Landen (voir ce nom). On croit qu'il naquit à Chèvremont, sur la Vesdre, où son père paraît avoir habité. Celui-ci fut assassiné par un ennemi personnel, nommé Gondovrin. Pépin tua le meur- trier, soit en combat singulier, ainsi que le racontent les Annales Mettenses, soit dans son lit, dans une localité sur le Rhin, comme le croit Frédégaire. Il dis- tribua les biens de l'assassin aux fidèles qui l'avaient aidé à en faire justice. C'est un des rares renseignements que l'on possède sur la jeunesse de Pépin le Gros, qui aurait été ainsi surnommé à cause d'une particularité physique, ou le Moyen [der Minière), comme on l'appelle en Allemagne. On sait encore qu'il fixa d'abord sa résidence à Herstal (d'où son autre surnom qui lui fut donné posté- rieurement), sur la rive gauche de la Meuse, puisa Jupille, sur la rive droite. Il avait une habitation dans chacune de ces deux localités. Seul descendant mâle de Pépin de Landen, après la mort de Grimoald et de son fils, il recueillit l'immense fortune territoriale de son aïeul. D'autre part, il hérita aussi, en partie du moins, des possessions de son grand-père, saint Arnulphe. Il aurait possédé, en Belgique, Ochinzala , aujourd'hui Steenockerzeel ou Nederockerzeel ; dans la Campine, Ham ou Hamme et Pudel ; près de Bruxelles, Vilvorde et Nivelles; près de Tirlemont, Landen et Meldert; dans le pays de Liège, Herstal (désigné, en 722, 901 PÉPIN 902 clans une charte de Charles Martel, comme bien de la couronne), Jupille et Chèvremont ; plus bas, sur la Meuse, Susteren et Maeseyck; près de Namur, Andenne et Fosses ; en Ardenne, Lon- glier, Amberloux, Audage (Saint-Hu- bert) et Priim. Son grand-père, Pépin de Landen, avait des possessions éten- dues dans le Brabant septentrional où fut bâtie la ville de Gertruidenberg, sur un territoire appartenant à sainte Ger- trude, fille de Pépin de Landen. Après une guerre heureuse contre les Frisons, Pépin d'Herstal acquit encore des terri- toires considérables dans le Nord des Pays-Bas jusqu'à Groningue. La preuve en est dans les actes de donation que fit Charles Martel à l'église d'Utrecht en 722 et 726. Après la mort de Grimoald, les Caro- lingiens disparaissent pendant vingt ans de l'histoire. Des luttes sanglantes dé- chirent l'Austrasie ; mais les maires du palais exercent leur pouvoir; ils sont les facteurs dirigeants ; les rois remplissent le rôle de simples figurants. Lors d'un changement de règne, la noblesse, im- patiente de la domination des maires, fait une tentative pour restreindre leur puissance (673) ; elle demande que le maire d'un royaume ne remplisse pas simultanément la même dignité dans un autre ; ce qui tendait à la séparation et l'indépendance des deux pays ; mais la tentative échoue. L'énergique et violent Ebroin terrasse ses adversaires. Il réunit le majordomat en Neustrie et en Bour- gogne et par là prépare l'union de tout le royaume. L'Austrasie lutte encore pour son indépendance ; mais Ebroïn triomphe à la bataille de Langres. Le roi d'Austrasie, Dagobert, le même que Grimoald avait enfermé dans un couvent et qu'on alla chercher lorsqu'on eut besoin d'un détenteur du trône, fut tué et le maire Wulfoald succomba avec lui. Toutefois, l'Austrasie ne jugea pas encore sa cause irrémédiablement perdue. Elle se laissa diriger par Martin, en qui l'on croyait voir un Carolingien, et par Pépin d Herstal, * lesquels, après la mort de • Wulfoald, régnaient en Austrasie ». Si cette souveraineté n'était pas revêtue de la dignité du majordomat, à supposer même qu'elle fût illégale, elle se justifia aux yeux des populations lorsqu'elle entreprit la lutte pour l'indépendance du pays. Les débuts furent malheureux. L'armée d'Austrasie fut battue dans le bois du Fay, près de Laon (680). Pépin se sauva; Martin, lorsqu'il se rendit plus tard, fut traîtreusement assassiné. Ebroïn imposa a l'Austrasie son roi titu- laire, Theuderic III, le dernier fils de Clovis II. Tout le royaume franc était entre les mains souveraines d'un maire unique. Bientôt, toutefois, les choses chan- gèrent de face. Ebroïn tomba sous le fer d'un Franc (681) et le meurtrier trouva asile chez Pépin. Le successeur d' Ebroïn, Waratto, se vit amener à conclure un traité avec Pépin et se contenta, à ce qu'il semble, d'obtenir, pour la forme, la reconnaissance de Theuderic. Une puissante opposition s'organisa contre le successeur de Waratto et mari de sa fille, Eerther, qui devait la dignité majordomale à sa belle-mère Ansfled. Pépin était à la tête des mécontents. Il conduisit de nouveau l'armée austra- sienne contre la Neustrie et cette fois avec un succès complet. Dans la bataille de Testry sur l'Omignon (près de Pé- ronne), il remporta une victoire décisive (687). La journée de Testry est l'aurore de la grandeur de la maison carolingienne. « Depuis lors, dit un contemporain, « Pépin commença à être, avec Theude- « rie, le prince du royaume et le maire » du palais ». Des sources postérieures disent, parlant de cette même année : « Pépin commença à régner • , et les plus anciennes annales, celles de Saint- Amand, inaugurent leur récit par la bataille de Testry : » Pépin reçut le roi « Theuderic avec ses trésors et sa cour, » régla tout et retourna en Austrasie «. Il reçut le roi comme on reçoit une pièce d'inventaire ; car il ne pouvait ni ne voulait gouverner en son propre nom; la race des Mérovingiens demeurait, après comme avant, l'objet du principe de légitimité. Si après cette victoire mémorable 903 PÉPIN 904 Pépin prit le titre de dux et princeps Francorum, ce fut apparemment afin d'égaler en rang les ducs des AUemans ou Souabes, des Bavarois et autres qui, étant chefs de nations, se croyaient su- périeurs au maire du palais. Ces ducs firent plus d'une tentative pour se sous- traire à la domination des Francs; mais Pépin les contraignit à l'obéissance. Il marcha successivement contre les Bava- rois, les Bretons, les Gascons et les Aquitains ; il les soumit successivement au pouvoir royal. Déjà en 689, il avait vaincu les Frisons et les Saxons sans cependant incorporer le pays de ces derniers à la monarchie. Le plus remuant de ses ennemis de cette monarchie était Radbod, duc des Frisons, nation sous laquelle on comprenait, à cette époque, les peuples établis entre les bouches de l'Escaut, de la Meuse et de l'Ems, ayant pourlimite méridionale le paysd'Anvers. Ces peuples s'étaient séparés des Francs auxquels ils avaient été cependant con- traints de payer tribut. Radbod, saisis- sant un moment favorable, reprit les armes ; mais il fut vaincu par Pépin à Wyk-by-Duurstede et obligé de deman- der la paix. Il l'obtint en restituant le pays conquis et en se reconnaissant à nouveau tributaire des Francs d'Austra- sie. En résumé. Pépin eut la gloire de ratterrair la monarchie franque si souvent ébranlée par la guerre civile et d'en reconstituer l'unité. Il est le premier des maires du palais qui se soit fait un nom comme chef militaire. Il ne quitta pas l'Austrasie pour la Neustrie comme l'avaient fait les Mérovingiens ; il plaça auprès du roi un de ses fidèles appelé Nordbert, comme une sorte de vice-maire et, après avoir pacifié et réformé la Neustrie dans le sens germanique, il retourna dans son domaine d'Herstal, transférant ainsi le siège de la puis- sance franque des bords de la Seine aux rives de la Meuse et conservant, par cette conduite, toute sa popularité parmi les Austrasiens qui avaient été l'instru- ment et qui restèrent l'appui de sa grandeur. A l'exemple de ses ancêtres, il favorisa l'extension du christianisme en Belgique où il s'efforça d'introduire en même temps la civilisation romaine. Ce fut sous l'influence de cette double pensée qu'il épousa une femme aquitaine, Plec- trude, dont il eut deux fils : Drogon, qui devint duc de Champagne, et Grimoald. Après quelques années de mariage, il prit une autre femme, Alpaïde, dont il eut Hildebrand et Charles Martel. On a beaucoup disserté sur le caractère de cette seconde union : » Aliam duxit » uxortm nobilem et elegantera dictam " Alpaïdera », dit le continuateur de Frédégaire. Selon Mirœus, on lisait sur le tombeau d' Alpaïde, retrouvé en 1618 à Orp-le-Grand, près Jodoigne : » Al- " pais comitissa conthroralis Pepini du- « cis. " L'expression conthroralis est am- biguë; elle désigne tout aussi bien l'épouse que la concubine. Il est probable que Pépin, se conformant aux mœurs ger- maines qui autorisaient les princes à avoir plusieurs femmes, considéra Al- païde comme une seconde épouse et que l'église condamna cette seconde union comme adultérine et vit dans Charles Martel un enfant naturel, ce qui ne fait pas doute pour nous. Charles Martel étant né en 688 et plusieurs diplômes émanés conjointement de Pépin et de Plectrude et datant de 687, 690, 691, 706et714,ilen résulte que Pépin avait probablement répudié un moment Plec- trude pour épouser Alpaïde et qu'il la reprit plus tard ; en eiîet, Charles Martel avait un frère, nous l'avons vu, nommé Hildebrand, né avant lui, et les fils de Plectrude, Drogon et Grimoald, étaient plus âgés que Charles Martel. Un crime qui s'accomplit presque sous les yeux de Pépin et d'Alpaïde a fait naître contre eux des préventions graves. L'évêque de Tongres, Lambert, canonisé sous le nom de saint Lambert, habitait une villa non loin de Jupille.à l'endroit où s'éleva plus tard la ville de Liège. A la suite de contestations entre ses gens et ceux d'un seigneur nommé Dodon, il fut assassiné par ces derniers (16 sep- tembre 696), de complicité, dit-on, avec Pépin et Alpaïde, auxquels il avait reproché le scandale de leur conduite. 905 PÉPIN 906 Si Alpaïde fut la cause de ce crime, elle s'efforça de l'expier en se retirant dans un monastère fondé par elle à Orp-le- Grand. Pépin, de son côté, fit pour la religion et pour l'église des choses qui doivent imposer silence à ceux qui vou- draient charger sa mémoire du reproche d'impiété et d'immoralité. Non seule- ment il aida Lambert à propager le chris- tianismedanslaïoxandrie, mais lorsqu'il eut soumis les Frisons, il couvrit de sa protection saint Luitbert, saint Willi- brord et tous les missionnaires qui s'in- troduisirent chez les peuples du Nord pour y prêcher la foi. Un grand chagrin abrégea les jours de Pépin. Son fils Drogon était mort en 70S. Son autre fils, Grimoald, qu'il ché- rissait tendrement, tomba sous les coups d'un satellite de Radbod — dont il avait épousé la tille — dans la chapelle de Saint-Lambert où il priait pour l'auteur de ses jours (avril 714) et qui avait été élevée par Plectrude, dont l'évéque avait défendu la cause. Pépin ne lui survécut guère. Ildécéda àJupille le 16 décembre 714.. Baron Emile de Borcbgrave. Mêmes sources que pour la notice de Pépin de Landen. — Les historiens de Li^ge. pÉpi.'v LE Bref, maire du palais, prince et duc, puis roi des Francs. Né à Jupille en 714, mort en 768 à Saint- Denis, il était fils de Charles Martel et de Chrotrude. Son père était le chef le plus puissant de l'P^urope. Avant de mourir, bien qu'il ne fut pas souverain de nom, il partagea le royaume franc entre ses deux fils: Karloman et Pépin. La situation de ces jeunes gens était celle de véritables souverains ; ils exer- çaient le droit de supériorité dans toute sa plénitude et d'une façon plus étendue que leur père. Dans leurs diplômes, ils ne prennent que le titre de » maire du palais • , mais dans les lois chacun d'eux se nomme • prince et duc des P'rancs ». Leurs chartes ne portent plus le nom de témoins; ils signent, comme le roi, sans témoins, ce (|ui était jusqu'alors un pri- vilège de la couronne, cieulement, les documents marquent une difïérence en apparence insignifiante, en réalité signi- ficative. Tandis que Charles Martel avait employé le pluriel, apanage de la ma- jesté, • nous «et » nôtre », Karloman parle de lui-même au singulier, » je » et » mon », alors que Pépin, à l'exemple de son père, emploie le » nous » et le • nôtre », indice qu'il avait une idée plus haute de sa position et du but auquel il tendait. Le partage fait par Charles Martel n'en était pas moins un att'aiblissement de l'empire franc. Des déchirements ne pouvaient être conjurés que par l'intime union des deux frères. Cette union exista. Elle leur fut utile contre leur frère naturel Grifon. La mère de ce dernier, Sveanahilde, était outrée de ce que son fils n'avait pas été apanage à l'égal de ses frères. D'autres aussi avaient sup- posé qu'il aurait été mieux traité. Saint Boniface lui avait demandé sa protection pour l'église et les chrétiens de Thuringe • si Dieu lui donnait le pouvoir ». Charles Martel, qui n'était pas, lui non plus, de naissance légitime, n'avait-il pas pu faire valoir ses prétentions à l'hé- ritage de son père? Poussé par sa mère, Grifon se souleva espérant se rendre maître du royaume. Cerné à Laon par Karloman et Pépin, il dut se rendre, fut interné par Karloman à Neufchâteau, dans le Luxembourg, et Swanahilde fut enfermée dans un couvent. La crainte du bras puissant de Charles Martel avait contenu les peuples vaincus par lui. A sa mort, ils cherchèrent à recouvrer leur indépendance. On voit s'insurger tout à la fois Aquitains et Allemans, Bavarois et Saxons. Karloman et Pépin unissent leurs forces et réduisent successivement les révoltés. Au bout de quatre ans, toute résistance est brisée. Mais les révoltés avaient un prétexte, c'est que le royaume des Francs n'avait pas de gouvernement légal, pas de roi, le pouvoir des maires, privé de souverain, ne reposant que sur la force dont ils disposaient. Cette pensée amena Karloman et Pépin à introniser derechef, après six ans d'interrègne, un nouveau roi mérovingien. Il s'appelait Childé- ric lU. On ne connaît que son nom ; on ignore qui était son père. Ce fantôme 907 PÉPIN 908 était une formalité ; ce roi, le dernier des Mérovingiens, un simulacre. Pépin l'écarta lorsqu'il eut joué son rôle, rôle lamentable, avoué par Childéric lui- même dans une charte : » le maire du « palais, Karloman, dit-il, qui nous a " placé sur le trône «, tandis que les maires ajoutent à leur titre officiel cette réserve : « (maires) auxquels le seigneur » a confié le soin du gouvernement « . Les capitulaires témoignent de ce soin. Karloman et Pépin réglèrent la question ecclésiastique de concert avec Boniface. Après la réforme de la discipline cléri- cale, ils règlent la restitution des biens ecclésiastiques distribués par Charles Martel à ses guerriers, et la législation civile dans ses rapports avec l'église, notamment en matière de mariage, d'a- dultère, etc. En 750, Pépin restitue, sur les conseils de Boniface, à quelques évêchés la moitié ou le tiers des biens confisqués avec promesse de rendre le tout ultérieurement. Karloman s'était peu à peu fatigué de gouverner. Déjà en 746 il déclarait vouloir se retirer du monde. On possède peu de renseignements sur les mobiles de sa retraite, piété ou peut-être re- mords des cruautés commises sur les Allemans. Il recommande ses filles à Pépin et se retire d'abord dans un cou- vent à Rome, puis au Mont-Cassin. Voilà Pépin seul maître du royaume des Francs. 11 se croit assez puissant pour pouvoir être généreux. Il rend la liberté à son frère Grifon et lui aban- donne des biens considérables. L'ambi- tieux et turbulent prince se sauve chez les Saxons. A sa voix, ils se soulèvent, bientôt suivis par les Bavarois, par toute l'Allemagne du Sud. Pépin est obligé de les soumettre les uns après les autres. Il se montre magnanime envers Grifon; il lui donne douze comtés en Neustrie. Grifon cherche à soulever les Aquitains; mais le sort des Bavarois et et des Saxons leur impose; ils restent impassibles. Pépin cherche alors à régler la ques- tion du trône, la première question capitale de son règne. Childéric, nous l'avons vu, n'était que l'ombre d'un roi. Sans instruction, sans autorité, sans prestige, il n'existait que par la volonté et du consentement du maire du palais ; mais depuis que les Carolingiensavaient, par le travail des maires, reconstitué l'unité du royaume, la couronne repré- sentait l'unité du pouvoir. Pépin, maître de fait de tout le territoire, devait songer à en devenir maître de droit. l'U coup d'Etat était chose facile, mais un acte de violence dénonce géné- ralement que le droit fait défaut. Une solution amiable paraissait plus désirable afin que la nouvelle dynnstie ne se vît pas contester le droit qu'elle allait créer. Elle avait besoin, à cette fin, du consen- tement explicite du peuple, qui donnait son approbation aux lois, et des grands, qui se donnaient de plus en plus comme les représentants du peuple. Le droit ainsi acquis trouvait sa sanction dans la consécration ecclésiastique. L'autorité du pape était incontestée. Le successeur de Saint-Pierre était l'instance suprême dans toutes les questions de conscience; on rangeait parmi celles-ci l'obligation de fidélité des sujets non moins que la déshéritance d'un droit au trône. Il était de l'église d'établir , dans le royaume franc, un ordre de choses légal ; un royaume fort consolidait et assurait non seulement les institutions ecclésiastiques, mais l'organisation civile nouvellement introduite , toutes les réformes ébau- chées. Pépin avait promis sa protection au pape qui, en retour, lui avait fait entrevoir « l'approbation de sa souve- « raineté de par le pouvoir de ses su- « jets «. Situation analogue en fait, non en droit, à celle de la souveraineté du pape dans le duché de Rome vis-à-vis de la suzeraineté impuissante de l'empereur de Byzance : telle était la position dua- liste des maires du palais francs. Il D'après le conseil et du consente- • ment de tous les Francs «, il fut convenu d'envoyer une ambassade au pape Zacharie et de solliciter sa suprême décision. L'évêque Burchard, de Wiirz- bourg et Fulrad, abbé de Saint- Denis, ce monastère si dévoué aux Carolingiens, dans lequel Pépin avait été élevé — , l'un représentant l'Austrasie, l'autre la 909 PÉPIN 010 Xeustrie — , furent chargés de la mis- sion. • Ils demandèrent, dit Eginhard, • relativement aux rois en Francie, qui • pour lors n'avaient plus de pouvoir • royal, si c'était bien ou non. Et le • papeZacharie fit mander à Pépin qu'il • valait mieux que celui qui avait le • pouvoir s'appelât aussi roi, plutôt que • celui auquel il ne restait plus de pou- • voir royal et qu'en vertu de l'autorité d apostolique, afin que l'ordre ne fût • pas troublé, Pépin devînt roi ». A la réception de cette sentence, le peuple fut convoqué à Soissons, et, • par • l'élection des Francs, par la consécra- • tion des évéques pt par l'hommage des • grands, Pépin fut, avec son épouse • Bertrade, élevé sur le trône, suivant • l'ancien usage «.L'onction fut donnée par saint Boniface, légat apostolique, assisté des évêques. On ne dit pas si Pépin fut hissé sur le pavois ; mais, fait nouveau, l'onction donnée à l'épouse du roi fit, à partir de ce moment, partie intégrante du cérémonial du couronne- ment des rois des Francs. On place com- munément cet événement à l'année 752; d'après des recherches nouvelles, il est probable qu'il remonte à la première moitié de novembre 751. Ce fut d'une façon tout aussi paci- fique et sans effusion de sang que s'ac- complit le détrônementde la race royale. Le roi Childéric III fut envoyé tran- quillement au couvent de Saint-Bertin et tonsuré comme un simple moine ; son fils Théodoric, interné, l'année suivante, au couvent de Sainte-Wandrille. Ainsi disparurent, sans bruit, de l'histoire, les Mérovingiens. Pépin était l'obligé de Zacharie qui lui demanda aide et assistance contre les Lombards. Zacharie avait fait un arrangement avec Luitprand, le roi des Lombards, avec qui il désirait vivre en paix. Les bons rapports se maintinrent sous le successeur de Luitprand, Patchis; mais après celui-ci, Aistolphe prit aux Byzantins les dernières villes qui leur restaient en Italie, l'exarchat de Ra- venne, etc. Le duché de Rome, posses- sion byzantine de nom, tenait encore. Aistolphe l'assiégea et le successeur de Zacharie, Etienne II (752), invoqua le secours du roi des Francs. Pépin ne s'y refusa pas, mais il fit valoir qu'il lui fallait le consentement des grands et de l'armée. Un second appel du pape adjura • tous les princes du peuple » franc » de condescendre à sa prière. Etienne lui-même vint en France. Jus- qu'alors, si un souverain pontife quittait l'Italie, c'était pour aller à Constan- tinople rendre ses hommages à l'em- pereur, encore suzerain nominal de Rome. C'était la première fois qu'un pape fou- lait le sol franc. L'entrevue avec Pépin eut lieu à Châlons. Pépin promit à Etienne de l'assister. Afin de dégager sa parole, il commença par envoyer une mission à Aistolphe, lui demandant de cesser ses attaques contre la résidence du pontife romain. Avant que la réponse du Lombard lui parvînt, la grande as- semblée populaire, \g champ de mars, se réunit à Braisnes, près de Soissons (1er mars 754). Elle avait à décider de la paix ou de la guerre. Eginhard rap- porte que certains grands, que Pépin avait accoutumé de consulter, s'oppo- sèrent énergiquement à la guerre. Aussi les hostilités ne furent-elles décidées qu'à Quiercy, au nord de Soissons, dans l'assemblée qui eSt lieu après Pâques. Celle-ci eut d'ailleurs une autre portée plus considérable. C'est à Quiercy que Pépin, par une charte solennelle, signée aussi par ses fils Charles et Karloman, assura à l'église de Rome la restitution des possessions que les Lombards lui avaient enlevées, document envisagé avec raison comme la charte fondamen- tale de l'Etat pontifical. Aistolphe avait répondu négativement à la sommation de Pépin. Lorsqu'il s'aperçut que le danger, qu'il avait jugé illusoire, devenait menaçant, il recourut, en vue de le détourner, à un moyen très particulier. Il détermina le frère de Pépin, Karloman, religieux au Mont- Cassin, à se charger de faire revenir Pépin sur sa résolution. Mais Karloman échoua et il fut relégué à Vienne (Isère) où il mourut peu après (17 août 754). Trois semaines auparavant. Pépin et ses deux fils, Charles et Karloman, 9H PÉPIN 912 avaient été oints par le pape comme roi et comme patrices, et la femme de Pépin , sacrée reine. Etienne II donna sa béné- diction à la nation franque et obligea les grands, sous peine d'interdit et d'ex- communication, à ne jamais reconnaître d'autres descendants royaux que ceux sur lesquels il avait répandu l'onction sainte. Allusion évidente aux fils de Karloman qui, d'ailleurs, furent mis hors d'état de nuire. Avant de passer les Alpes, Pépin, à la demande du pape, fit une nouvelle tentative de conciliation . Il essaya encore d'une autre démarche lorsque déjà l'ar- mée s'ébranlait. Aistolphe se refusa à toute entente. Pépin, traversant Lyon et Vienne, où il laissa Bertrade et Karlo- man, dirigea son armée sur Saint-Jean de Maurienne, la dernière ville du terri- toire franc, où un service solennel fut célébré pour le succès de ses armes. Puis il traversa le Mont-Cénis et entra en Piémont. Les Lombards y avaient fait de grands travaux de défense. Aistolphe prit l'offensive. Le choc des deux armées eut lieu dans la vallée de Suse. Aistolphe fut battu et demanda la paix. Le pape appuya sa prière. Pépin dicta des condi- tions dures : la cession de Eavenne et des autres conquêtes,*une indemnité pour l'église, la reconnaissance de la suzerai- neté franque et l'engagement qu'il ne chercherait pas à s'y soustraire. Ais- tolphe promit tout sous serment et livra des otages. Pépin retourna, en octobre, en Francie. Aistolphe viola toutes ses promesses. Il ne restitua rien au pape et entreprit une guerre d'extermination contre les Etats du pontife. Le jour de l'an 756, Rome fut cernée par trois corps d'armée lombards. Etienne II conjura Pépin par des épîtres personnelles et par une lettre rédigée au nom de saint Pierre de lui venir en aide. L'armée franque se diri- gea de nouveau sur l'Italie (mai 75 6). Aistolphe leva le siège de Rome. Une mission de l'empereur de Byzance vint trouver Pépin à Pavie. Elle réclamait la restitution du territoire conquis par Aistolphe. Elle faisait des offres sédui- santes pour la rétrocession de Ravenne et de l'Exarchat. Pépin les repoussa. 11 répondit, d'après le biographe du pape. « que ces villes ne pouvaient d'aucune » façon être enlevées au pouvoir de » saint Pierre et au droit de l'église « romaine et du pape ; il confirma, par Il testament, que ce n'était point pour » la faveur d'aucun homme qu'il avait « déjà souvent accepté la lutte, mais par Il amour pour saint Pierre et pour la " rémission de ses péchés; il affirma Il aussi que tous les trésors de la terre " ne pourraient le déterminer à repren- K dre à saint Pierre ce qu'il lui avait » une fois donné «. Pépin poussa avec une vigueur nou- velle le siège de Pavie. Aistolphe de- manda derechef la paix. Il réparerait le mal qu'il avait fait ; il se soumettrait au jugement des Francs et du clergé. Pépin lui accorda la vie et lui laissa son royaume. Mais il fut condamné à livrer le tiers du trésor qu'il avait caché à Pavie; il donna de plus grands cadeaux que précédemment, il s'obligea par de nombreux serments et en livrant des otages à ne plus rien entreprendre contre Pépin et les grands de Francie, à payer le tribut annuel stipulé et à évacuer ses conquêtes. Ce territoire, Ravenne et l'Exarchat, et Comacchio, les pays de- puis l'embouchure du Pô jusqu'à Ancône, Pépin en fit don au pape, par une charte délivrée en forme solennelle, afin de mettre un terme à d'ultérieures reven- dications de l'empire de Constantinople. L'abbé Fulrad de Saint-Denis fut chargé, avec la coopération d'une commission lombarde, de prendre possession de vingt villes cédées et de les remettre au sou- verain pontife. Il déposa sur le tombeau de saint Pierre les clefs des villes et la charte de donation de Pépin. Telle est l'origine de l'Etat de l'église. Aistolphe mourut peu après des suites d'un accident de chasse. Son frère Ratchis quitta sa cellule du Mont-Cassin et re- monta sur le trône; il fut généralement reconnu ; mais Didier, qui avait été duc de Tuscie, se posa en prétendant. Il promit, sous serment, la restitution des villes de l'Exarchat encore occupées par les Lombards, Faenza, Imola, Ferrare 913 PÉPIN 914 dans l'Emilie, etc., et même Bologne. Etienne II lui donna la préférence. Rat- chis retourna dans son couvent et Didier qui s'engagea, par surcroît, à maintenir la paix avec l'église et la fidélité qu'il devait à Pépin, fut couronné roi (mars 757) du consentement de Pépin. Il y eut des démêlés entre le pape et Didier, mais Pépin ne descendit pas une troisième fois en Italie. 11 ménagea des accommodements. L'empereur Constan- tin Copronyme lui députa une nouvelle mission dans le but de revendiquer pour l'empire la reprise de Ravenne, de la Pentapole et de Rome. 11 lui envoya en même temps un orgue, probablement la première merveille de ce genre qu'eût vue laErancie. Pépin maintint la validité des arrangemeuts antérieurs et ses rela- tions avec Byzance demeurèrent paci- fiques. Copronyme attachait plus de prix à ses victoires d'iconoclaste qu'à des conquêtes guerrières. Il y eut d'ailleurs des négociations spéciales entre les cours franque et grecque concernant le culte des images. Pépin se plaça strictement au point de vue catholique; dans la querelle de l'iconoclasie comme dans la question de la descente du Saint-Esprit, ou, comme disent les Grecs, ■' s'il des- • cend du père et repose sur le fils », Pépin se décida également pour la doc- trine catholique (concile de Gentilly, 767). Toutes ces occurrences donnèrent lieu à une correspondance active entre les papes et la cour franque. Les papes se montraient très préoccupés d'entourer Pépin de tous les respects et ils pous- saient à la culture intellectuelle de ses sujets. Paul 1er lui envoya tous les livres grecs qu'il put rassembler, une gram- maire, une géométrie, un Aristote avec Denis l'aréopagiste. Remedius, frère de Pépin et évêque de Rome, introduisit le chant ecclésiastique romain en Francie et lorsque le maître de chant romain fut rappelé, Pépin envoya des moines francs à Rome pour l'y apprendre. Il était de tradition quel'élection d'un nouveau pape fût notifiée à l'exarque de Ravenne et que celui-ci demandât, comme représentant de l'empereur, l'approba- tion de l'élection avant que l'élu fût sacré. L'exarque avait cessé d'exister; à sa place, il y avait le roi franc » Pa- • tricedcRome ». En vertu du droit tra- ditionnel, on notifia à Pépin l'élection des nouveaux papes Paul 1er (757) et Constantin II (767), en employant la formule usuelle ; mais on ne demandait plus son approbation. Pépin ne mani- festa aucune prétention à faire revivre le privilège de l'exarque. Il n'intervint pas non plus lorsque, en la personne de Constantin II, un laïque, appartenant à une des premières familles de Rome, s'empara par violence du siège pontifi- cal. Il le perdit, à la vérité, de la même façon l'année suivante et son successeur, Etienne III, prit soin que l'intronisation d'un laïque sur le trône de Pierre fût rendue impossible, en vertu de la déci- sion d'un synode auquel prirent part (les évêques francs. Il convient de faire connaître briève- ment les mérites de Pépin sur le terrain de la législation. Il y avait cent trente- quatre ans que la dernière loi mérovin- gienne avait été promulguée; c'était le capitulaire de Chlotaire II (614) donné une année après la réunion del'Austrasie avec le royaume franc occidental, époque à laquelle les ancêtres des Carolingiens apparaissent pour la première fois dans l'histoire. Pendant cette longue période, le droit public général perdit de sa force; les droits particuliers des tribus se dé- veloppèrent. Lorsque Karloman et Pépin acquirent la souveraineté, ils jugèrent indispensable de soumettre la législation existante à une refonte complète, répon- dant à une situation ou à des besoins nouveaux. Quand Pépin y mit la main, l'homme qui l'avait aidé dans ses premiers essais législateurs, saint Boniface, n'était plus de ce moncfe; mais son nom demeure indissolublement lié, non seulement à la christianisation des vastes contrées de l'Allemagne centrale, mais même de l'organisation ecclésiastique en Belgique. Le concile de Leptines — (aujourd'hui les Estinnes,près de Binche) — où Pépin avait une résidence, dont quelques ves- tiges subsistent encore aujourd'hui et 91S PÉPIN 916 que Boniface présida en 743, est célèbre dans nos annales. C'est pendant la pé- riode de 755 à 757, interrompue par la seconde campagne d'Italie, que Pépin porta particulièrement son attention sur les affaires intérieures. Il continue l'œuvre inaugurée, par le capitulaire antérieur, au synode de Verneuil, près Senlis (755). Il s'occupe surtout des mi- sères de l'église, attendant que des temps plus tranquilles permissent d'entnmer des réformes dans la discipline ecclésias- tique. Les décisions furent codifiées par une loi royale. Deux autres capitulaires eurent spécialement trait au droit ma- trimonial , aux empêchements de ma- riage, au divorce. Ils attribuèrent à la femme un droit égal à celui de l'homme, contrairement à la loi germanique, qui donnait à l'homme une plus grande liberté qu'à la femme. Les empêchements furent fixés, de même que la parenté spirituelle. Pépin régla aussi la question du divorce pour adultère, pour refus de la femme de suivre son mari, si, en vertu de sa charge, il était obligé de changer de résidence, pourerreursurlapersonne, si un homme libre épousait une femme non libre ou réciproquement; pour ma- ladies incurables, etc. Le droit matrimo- nial, quoique placé sous l'influence de l'église, était encore exclusivement laïque et le pouvoir édictait les peines les plus sévères contre les contrevenants. Pépin innova en ce qui concerne les assemblées de la nation. On changea le " champ de mars » en « champ de mai » . On pense que si la date des réunions fut retardée de deux mois, ce fut pour des raisons militaires, les expéditions ayant les assemblées pour point de départ. Le désir de Pépin de mettre de l'ordre dans son royaume était extrême ; il n'entre- prit point de campagne en 759, afin d'améliorer les affaires intérieures; mais les sources ne disent pas quel était l'objet principal de ses soins à ce moment. Il eut à abattre de nouvelles révoltes des Saxons. Il les soumit, leur imposa l'obéissance et leur envoya des mission- naires chrétiens. Cinq ans plus tard, ils se soulevèrent de nouveau; ils furent refoulés jusque vers Munster. Au champ de mars de 7 5 5 parut le neveu de Pépin , fils de sa sœur Hiltrude, le jeune duc Tassilon de Bavière qui revint à l'as- semblée de Compiègne. Il jura sur les reliques des saints d'être un vassal loyal et fidèle et il le fut tout d'abord. Mais la vassalité lui imposait de dures obli- gations. Il devait prendre part avec son armée à la campagne contre les Aqui- tains. Prétextant une maladie, il se sauva du camp de Pépin et gagna la Bavière. Son armée le suivit. Pépin songea à le châtier. Une famine qui désola le royaume l'en empêcha. Il dut aller au plus pressé, la soumission de l'Aqui- taine. De 760 à 768, Pépin n'entreprit pas moins de huit campagnes contre les Aquitains. Le duc Waïfer finit par être assassiné par ses propres sujets; le pays de la Loire aux Pyrénées était conquis; triomphe décisif du roi des Francs. Il revenait, vainqueur, mais malade, brisé par les fatigues. Il s'arrêta au monastère de Saint-Martin, à Tours, auquel il fit de riches donations et at- tendit la mort à Saint-Denis. Du consen- tement des grands, ecclésiastiques et séculiers, il partagea son royaume entre ses deux fils, Charles et Karloman : le premier obtenant la plus grande partie de l'Austrasie et une fraction de la Neustrie; le second la Bourgogne, la Provence, la Septimanie, l'Alsace et l'Allemanie ; ils eurent chacun la moitié de l'Aquitaine. Pépin expira le 24 sep- tembre 768, à peine âgé de cinquante- quatre ans. Né à l'aurore de la civilisa- tion. Pépin fut supérieur à son siècle. Obligé de livrer de nombreuses guerres, il ne se dévoua pas moins aux œuvres de la paix; il se montra constamment géné- reux envers ses adversaires. Il fut grand par lui-même et il paraîtrait plus grand s'il n'avait eu pour fils Charlemagne. Baron Emile de Borcbgrave. Frédégaire. — Eginhard. — Dom Bouquet, Recueil, etc., t. V. — Potz, iWon. germ. hist., t. I et II, passim. - Waitz, Deutsche Verfassûugs- geschichte. — Warnkœnig et Gérard, Histoire des Carol., t. I. — E. Mùnlbacher, Deutsche Ge- schichte unter den Karolingern. — Lejeune, Re- cherches sur la résidence des rois francs aux Esiinnes (1857). — L. Oelsner, Jahrbiicher des frankischen Reiches unter Kônig Pippin (1871). 917 PÉPIN 918 PÉPIN (Jean), sculpteur; il paraît dans les anciens documents sous le nom de Pépin de Huy, Jean de Huy ou de Wit; il y est aussi désigné sous son vrai nom, Jean Pépin de Huy. Artiste de grand talent, il n'en est pas moins resté inconnu jusqu'au mo- ment où, dans la dernière moitié du xixe siècle, deux savants archivistes, en exhumant desdoruments contemporains, ont fait connaître quelques-uns des tra- vaux de sa laborieuse carrière. 11 est sans aucun doute originaire de Huy, ville du pays de Liège, dont les environs fournissent des marbres et des pierres de bonne qualité, et où vivaient de nombreux ouvriers sculpteurs. Pépin semble avoir quitté son pays natal de bonne heure pour s'établir en France, où se développait alors à Paris, la rési- dence royale, un brillant foyer d'art. L'artiste hutois a dû s'y fixer, au plus tard , dans les premières années du xive siècle. Il s'y est marié et sa famille tenait un rang honorable dans la bour- geoisie etla classe laborieuse parisiennes. l\ avait pour beau-frère Raoul le Chape- lier, tisserand et bourgeois de Paris, demeurant aux Champs-aux-Bretons; celui-ci, dans un document daté de l'an 1312, sert de caution à Pépin, avec Yves le retondeur et Jean de Mitteri, chasublier, parent et ami du sculpteur. Les deux sceaux dont se servait succes- sivement celui-ci portent les outils de sa profession : le premier, un maillet dans une étoile; le second, un buste couronné, vu de face, entouré d'instru- ments de travail : équerre, compas, maillet, ciseau. Le premier travail important de Pépin, cité dans les documents, remonte à l'année 1311. A cette époque, Mahaut, comtesse d'Artois et de Bourgogne, petite nièce de saint Louis, qui vivait entourée d'une cour brillante dans son château de Hesdin, et qui y employait bon nombre d'artistes, était devenue veuve. Elle voulut élever à son mari Othon, comte de Bourgogne, un tom- beau somptueux digne de son rang et de l'amour de sa femme. La comtesse Mahaut s'adressa à cette fin à Jean de Huy, et lui fit payer, à titre d'avance sur son travail, cent soixante livres pour • fournir une tombe en " marbre qu'il doit faire pour le corps • de Mgr de Bourgogne ». La comtesse attache une telle importance à cette œuvre que Jehan lui promit, par son serment, « touchiès les sains « euvangilles, à faire bien et loiaument " et livrer à Paris cette image, la mi- « aoust prochain, à venir en un an «. La convention intervenue entre la dame et le sculpteur entre dans des détails très précis sur la manière dont celui-ci doit exécuter sa tache ; il devait faire « l'image d'un chevalier armé ; un escu, « une épée, unes bracières intour la dite " image; le chevalier devait avoir un lyon " souz les piez, et au-dessus des épaules « deux petits anges étendant les mains » pour tenir l'oreiller sur lequel reposera " la tête de l'ettigie. Une inscription sera « taillée tout autour de ta tombe; la » statue devait être d'alabastre blanc, Il bon et fin " . L'effigie serait payée cent quarante livres parisis. Sur les côtés de la tombe, couverte d'une table de marbre noir où était couchée l'effigie du comte Othon, Jean de Huy et un autre imagier, Jean de Brequessant, qui tra- vaillait déjà au château de Hesdin en 1299, devaient sculpter une arcature et des personnages, probablement des pleu- reurs. Les deux imagiers donnèrent quittance de cette partie du mausolée de soixante-quatre livres, reçues le 21 décembre 1313. Lorsqu'ils eurent terminé la sculpture, la tombe fut livrée à deux peintres ; le marché conclu avec eux existe encore. Ainsi sculptée et peinte, la tombe fut expédiée à l'abbaye de Cherlieu, où le corps reposait dans la chapelle de la Trinité. Cette tombe, décrite par Dom Martene, qui donne la longue inscription que la comtesse y avait fait mettre, fut détruite en 1793; l'on n'en a conservé que des débris sans importance. L'œuvre ayant été terminée à l'entière satisfaction de la comtesse d'Artois, Jean Pépin devint, pour ainsi dire, son sculp- teur en titre; à partir de ce moment, elle lui confia une série de travaux dom- 919 PÉPIN 920 les plus importants seuls sont à noter. En 1315, Jean de Huy reçoit trente- deux livres " pour la façon d'une petite « tombe de marbre, pour Jehan, jadis » fil Madame que Diex absoiile qui gist Il à Pauligné «. Cette tombe, après avoir été peinte, fut transportée à l'église des Dominicains de Poligny, où reposait le corps de l'enfant. Un travail considérable et qui heu- reusement existe encore, du moins dans ses parties essentielles, fut commandé par la comtesse Mahaut à Jean Pépin et à quelques autres tombiers, ses collabora- teurs : c'est le tombeau de Robert d'Ar- tois, autre fils de la comtesse. L'œuvre futachevée en 1320. La sculpture, après avoir été payée quatre cent quarante livres, fut confiée au peintre Pierre de Bruxelles qui, pour la polychromie du mausolée, reçut quarante livres parisis. Ce monument demeura dans Téglise des Petits Augustins, où elle avait été placée après l'incendie du couvent des Cordeliers, survenu en 15 80, jusqu'à la Révolution. Démoli alors, il fut trans- porté au musée des Augustins, et, lors de la dispersion de ce musée, il a été transporté à l'église Saint-Denis, près de Paris, où il se trouve actuellement. Le baron de (luilhermy, dans son ou- vrage : Monographie de Véglise royale de Saint-Denis, a décrit ce tombeau et Va fait graver sous le titre de « prince inconnxx « (v. p. 253). Il ne connaissait pas non plus l'artiste auquel on doit ce gisant, mais il dit que « cette statue est Il l'une des productions les plus char- " mantes de l'art du xive siècle «. M"" Jules-Marie Richard, à son tour, décrit longuement cette sculpture, mais plus heureux que M"" de fiuilhermy, il a réussi à identifier le personnage re- présenté et à faire connaître l'imagier qui l'a taillé. Il dit de son côté : » C'est " une œuvre remarquable par son carac- " tère de vérité et de dignité; elle " atteste à la fois le profond sentiment " et la grande habileté du sculpteur; » c'est malheureusement la seule statue " que l'on puisse attribuer avec cer- " titude à Jean Pépin de Huy ". Mgr Dehaisnes, qui en a donné une photo- gravure dans son ouvrage : Histoire de Vart dans la Flandre, V Artois et le Hai- naut, n'est pas moins élogieux que les deux autres savants pour l'œuvre de Pépin. Il a d'ailleurs été fait un excel- lent moulage de la statue de Robert d'Artois pour le musée du Trocadéro, à Paris. Jean Pépin continua à travailler pour la comtesse d'Artois et à jouir de ses largesses jusqu'à la mort de cette bien- faitrice, survenue en 1329. Dans les comptes de la maison de Mahaut, on trouve la mention de nom- breux travaux qu'elle a commandés au sculpteur. En 1312, elle lui achète, au prix de huit livres, « une ymage en ala- bastre » . En 1320 il fait, pour les religieuses de ThieuUoye, une image d'albâtre que Pierre de Bruxelles orne de peintures. Le 22 septembre 1322, Pépin reçoit soixante et une livres en payement d'un dossier en marbre noir pour le monas- tère de Sainte- Claire. La même année, il sculpte, au prix de trente livres, deux images en albâtre, « qui furent portées en Artois « . Enfin, en 1329, il taille encore pour la comtesse « une ymage de Notre-Dame « et une de saint Jacques, doussier et » trépied de alabastre », le tout couvert de peintures, au prix de septante-sept livres, que Mahaut envoie aux Frères Prêcheurs de Saint-Denis, et » une « ymage de Notre-Dame d'alabastre, » dossier et trépied en marbre noir «, du prix de septante-sept livres, pour les daines Chartreuses de Gosnay. Outre le payement de ses travaux, la comtesse lui donne, en 1325, une robe " des draps des écuyers ». On ignore la date de la mort, comme celle de la naissance, de Pépin de Huy. J. Helbig. Dehaisnes, Histoire de l'art dans la Flandre, l'Artois et le Hainaiit. — Une petite nièce de saint Louis, Mahaut, comtesse d'Artois et de Bourgogne (1302-13'29), par Jules-Marie Richard (Paris, H. Champion, 1887). — Monographie de l'église royale de Saint-Denis, tombeaux et figures historiques, par le baron de Guilhermy (Paris, V Didron, 4848). — Voyage littéraire de deux religieux Bénédictins de la congrégation de Saint- Maitr (Paris, iTll). 9î\ PÉPIN — PEPYN 922 PÉPIX (Jean- Antoine- Joseph), juris- consulte, fils de Jean-Baptiste et de Marie-Christine Maresteau, naquit à Mons et fut baptisé en la paroisse de Saint-Germain, le 12 janvier 1722. Il avait obtenu le grade de licencié en droit et exerça d'abord comme avocat au conseil souverain de Hainaut. Par lettres pa- tentes du 3 novembre 1767, il fut nommé conseiller de longue robe de ce siège, et le 31 décembre 1782, il fut promu à la charge de président en rem- placement de Martin-Joseph de Mullen- dortf; il prêta serment en cette qualité le 23 janvier suivant. En mai 1788, Pépin fut appelé à la présidence du con- seil de Tournai-Tournésis. Sans doute par jalousie declocher, Hoverlant montre à son sujet une vive acrimonie; » uu • avocat montois, nommé Pépin, écrit-il, • remplaça le comte Philippe de Neny ; • il arriva à Tournay tout bouffi et • chamaré des Chartres du Hainaut et • dont il prétendoit appliquer les dispo- • sitions à tort et à travers; comme il ne • connaissoit guère que cela, il en parloit • sans cesse; c'étoit un homme brusque, • chagrin, entêté, avec peu d'éducation; • il mourut à Tournay, en 1792, sans • exciter aucun regret » . Ce portrait peu flatteur est contredit par les conseillers tournaisiens, collègues du président; Pépin avait dû quitter Tournai lors de l'entrée des Français en novembre 1792, et n'avait pu reprendre ses fonctions après l'évacuation de cette ville, en 1793, se trouvant malade à Ath, où il mourut le 14 mai. Avisé de son décès, le conseil de Tournai-Tour- nésis décida d'en faire en ces ternies la notification au gouverneur général : Nous annonçons à V. A. R., avec la plus vive douleur, la perte que nous venons de faire de Jean-Antoine Pépin, président, grand bailli de ce conseil, décédé hier, à 3 i/2 heures après-midi, en la ville d'Ath; cet homme, qui réunissait à un degré éminent toutes les qualités qui constituent le vrai magistrat, est universellement re- gretté. • Pépin, qui appartenait à une famille noble, avait épousé Françoise-Joseph Flaraeng, veuve de Norbert-Joseph Wa- ghemart, écuyer. Il a laissé un recueil manuscrit, inti- tulé : Mémoires contenant diverses ré- flexions et annotations sur les chartes du pays et comté de Ilaynaut, en trois vo- lumes in-folio. Une copie existe à la bibliothèque publique de Mons. Ernest Matthieu. A. Mathieu, Biographie monioise, p. 240. — Etat civil de Mons et d'Ath. — Hoverlant, Essai chronologique pour servir à l'histoire de Tournay, t. 93, p. 406. —Conseil de Tournai. — Tournésis registre aux résolutions du 8 décembre t790 au 20 juin 179t, fo 7, archives de l'Etal, à Mons. vwivi%w» {Henricus) . Voir Pipp/nck (Henri). PEPYiv (Martin), peintre d'histoire anversois du xviiR siècle. Il naquit à Anvers et fut baptisé dans la Cathédrale, le 21 février 1.5 75. Son père, Guillaume, était originaire de Bruxelles et s'était établi à Anvers comme fripier ou bro- canteur; en cette qualité, il vendait des tableaux et, en 1593, il fut admis à la corporation de Saint-Luc. Son fils fut reçu, en 1600, sans qu'il soit fait men- tion de son entrée en apprentissage, ni de son maître. Il paraît avoir acquis rapidement une certaine vogue après avoir obtenu la maîtrise ; en 1602, trois élèves entrèrent dans son atelier ; en 1613, il en reçut encore un; en 1620, trois; en 1625, un dernier. Aucun de ces huit disciples n'acquit quelque no- toriété. Le premier décembre 1601, il épousa Marie Huybrechts dont il eut cinq enfants; la plus jeune, Catherine, entra dans la carrière du père et nous a laissé quelques œuvres. Il mourut entre le 18 septembre 1642 et le 18 sep- tembre 1643. En 1632, Antoine Van Dyck peignit son portrait, œuvre excel- lente que possède le musée d'Anvers. Martin Pepyn atteignit un âge assez avancé; son talent était estimé par ses contemporains et cependant nous con- naissons à peine une quinzaine de ses œuvres. Le musée d'Anvers possède le Passage de la mer rouge, daté de 1626 et peint pour l'abbaye de Rozendael, près de Waelhem ; la Prédication de saint Luc, un volet du tableau de l'autel de la 923 PEPYN 924 confrérie de Saint-Luc dans la cathé- drale d'Anvers, avec son revers peint en grisaille ; le revers du second volet du même tableau représentant, comme son pendant, deux évangélistes. Le même musée conserve les deux principaux tableaux du maître, appartenant aux Hospices civils d'Anvers et provenant de l'église de l'hôpital de Sainte-Elisa- beth. Ce sont deux triptyques peints en 1626, représentant l'un des scènes de la vie de sainte Elisabeth de Hongrie, l'autre des épisodes de saint Augustin ; les différents sujets sont choisis de façon à faire ressortir la bienfaisance des deux saints envers les pauvres et les malades. L'hôpital de Sainte-Elisabeth conserve encore le portrait du révérend Kobert Hubar sur son lit de mort, peint en 1624. A la cathédrale d'Anvers se trouve un Saint Norbert en adoration devant le Saint -Sacrement, peint en 1637 pour le monument funéraire de Bernard Rottiers et de sa femme Isabelle-Jacqueline Pen- ninck, érigé dans l'église de l'abbaye de Saint-Michel à Anvers; l'église Saint- Paul possède une Sainte-Famille avec plusieurs saints, tableau qui fut fait pour l'épitaphe érigée en 1643 par Corneille Celi à sa mère Béatrice Nypyser, veuve de Georges Celi. L'église Saint-André possède une Sainte Anne entourée de sa famille. Hors d'Anvers nous connaissons de lui, au musée de Bruxelles, la Patronne des orphelins, provenant de la trésorerie de Bruxelles; au musée de Stockholm, une Présentation au temple: au musée de Valenciennes, Saint Bernard et Guil- laume d' Aquitaine : au musée de Bâle, une Madone; au musée de Wiesbaden, une Circoncision et son pendant, une Adoration des rois datée, de 1641. Pierre de Balliu grava d'après lui une Suzanne au bain dont la trace s'est perdue. Martin Pepyn était de deux ans plus âgé que Rubens; il entra dans la carrière immédiatement avant le grand maître et subit moins que tout autre peintre con- temporain sa toute puissante influence. 11 suivit les errements des derniers ita- lianisants et le maniérisme des maîtres de la fin du xvi* siècle. Sa facture est très soignée, délicate jusqu'à l'afféterie, sa couleur brillante, aux reflets cha- toyants et peu naturels; sa composition par contre est habile et dans certains tableaux, parexemple Xa Sainte- Elisabeth distribuant ses biens aux pauvres, on re- trouve des motifs employés par Rubens. Son Saint Norbert est d'une pâte plus moelleuse et permet de croire que, dans un âge plus avancé, il ne resta pas in- sensible aux tendances qui prévalaient alors dans l'école d'Anvers. Sa fille Catherine naquit le 13 février 1619. En 1653, elle fut reçue dans la corporation de Saint-Luc comme fille de maître. L'abbaye de Tongerloo possède d'elle les portraits de deux abbés de l'abbaye de Saint-Michel, à Anvers : l'un, Jean-Chrysostome van der Sterre, daté de 1657; l'autre, Norbert van Cou- werven. La fortune ne lui sourit point; dans un âge avancé, elle ouvrit une boutique de tableaux et d'objets d'art de peu de valeur dans une maisonnette de l'allée des Beggards, où elle mou- rut dans la misère, le 12 novembre 1688. Max Rooses. Liggeren de la corporation de St-Luc. — Théo- dore van Lerius, Catalogue du Musée d'Anvers. — Id., Abraham Jansseiis, Marten Pepyn en de schrijveis dei- levens van de Nedeilandsche kunst- schilders iï^ns Album der St-Lucasgilde.—¥.-Jos. Vanden Branden, Gescinedenis der Antwapsche school, et Getuigenis over het portret van Marten Pepyn [Vlaamsche school, i898, p. 412). TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOTICES CONTENUES DANS LE SEIZIEME VOLUME BIOGRAPHIE NATIONALE âB OPRODE (Joachim), écrivain ecclésiastique. Voir Oprode (Joachim van ou ab). AERDT DE GELAESMAEKERE, peintre ver- rier. Voir Ort (Arnouid). AGRIM (Jean-Prosper-Désiré, comte O'Kelly d'), historien. Voir O'Kelly d'Agrim (Jean-Pros- per-Désiré, comte). ALDENBURGIUS (Johannes), théologien. Voir Oudenburg (Jean d'). ANTOINE DE PALERME, peintre. Voir Pa/erme (Antoine van). A PALUDE (Lyntherides Arnold), poète latin. Voir Paludanus (Lyntherides Arnold). ARAMACUS (Bartolus), géographe. Voir Orte- lias (Abraham). ARRIGO FIAMMINGO, peintre. Voir Pa/MdonMS (Henri). AUBEh (Martin), peintre. Voir Obée (Martin). AURANTIUS (Pasquier), traducteur. Voir Pas- quier d'Orange. AUTBERTUS, évêque de Liège. Voir Otbert. AVBEE (Martin), peintre. Voir Obée (Martin). BARTOLUS ARAMACUS, géographe. Voir Or- telius (Abraham), BEER Uean de), écrivain ecclésiastique. Voir Palude (Jean de). BORRE (Jean-Baptiste Pauwels vande), peintre. Voir Pautuels (Jean-Baptiste). BOUVETTE (Albert d'Olreppe de), publiciste. Voir Olreppe de Bouvelte (Albert d'). BOUVETTK (Frédéric-Gustave d'Otreppe de), homme de guerre. Voir Olreppe de Bouvetle (Frédéric-Gustave d'). BOUZY (Antoine Olivier, dit de), peintre et conspirateur. Voir Olivier (Antoine), dit de Bouzy. BROECK (Barbe vanden), graveur au burin. Voir Paludanus (Barbe). BROECK (Grispin vanden), peintre. Voir Palu- danus (Crispin). BROECK (François vanden), écrivain ecclésias- tique. Voir Paludanus (François). BHOECK (Guillaume vanden), sculpteur. Voir Paludanus (Guillaume), BROECK (Henri vanden), peintre. Voir Palu- danus (Henri). BROECK (Henri vanden), écrivain ecclésias- tique. Voir Paludanus (Henri). BROECK (Jean vanden), théologien. Voir Palu- danus (Jean). BROECK (Lyntherides Arnold vanden), poète latin. Voir Paludanus (Lyntherides Ar- nold). BROECKE (Raphaël vanden), sculpteur. Voir Paludanus (Raphaël). BROICH (Henri von dem), écrivain ecclésias- tique. Voir Paludanus (Henri). 927 TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOTICES. 928 C CALDERON (Don Rodrigue), comte de La Oliva. Voir Oliva (Don Rodrigue Calderon, comte delà). CAMBRAI (Odon de). Voir Odon de Cambrai. CULEMBOURG (Floris de Pallant, comte de). Voir Pallant (Floris de). r> DESMARAIS (Jean), professeur à l'université de Louvain. Voir Paludanus (Jean). DES MArtETS (Henri), écrivain ecclésiastique. Voir Paludanus (Henri). DESMAKEZ (Jean), maître d'école. Voir Po/m- danus (Jean). DESMAREZ (Jean), professeur à l'université de Louvain. Voir Paludanus (Jean). DIXMUDE (Ulivier de). Voir Olivier de Dix- mude. DOLiESLAoHER (Jean), tapissier hautelisseur. Voir Oltslaegher (Jean d'). DOKENGE (Pasquier), traducteur. Voir Pas- quier d'Orange. DU GAUCQUIER. Voir Nuceus (Alard). e: EGIDIUS A LEODIO, frère prêcheur. Voir Orp ((jillesde Liège ou d'). LGRINUS (Sclandus), théologien. Voir Orlzen (Iman). ENkICO FIAMMINGO, peintre. Voir Paludanus (Henri). ESQUEMELING (Alexandre-Olivier), voyageur. Voir Oexmelin (Alexandre- Olivier). EX PALUUE (Arnold), médecin. Voir Palude (Arnold Ex). EXQUEMELIN (Alexandre-Olivier), voyageur. Voir Oexmelin (Alexandre-Olivier). FIAMMINGO (Arrigo ou Enrico), peintre. Voir Paludanus (Henri). FRANÇOIS (Theodoricus), chroniqueur. Voir Pauli (Theodoricus). GAND (Odon de). Voir Odon de Gand. GAND (Olivier de), sculpteur. Voir Olivier de Gand, GEMBLOUX (Olbert de), écrivain ecclésiastique. Voir Olbert de Gembloux. GILBERT D'OUTRE, prêtre. Voir Outre (Gil- bert d'). GILLES DE LIÈGE, frère prêcheur. Voir Orp (Gilles de Liège ou d'). GrtASS (Alphonse-Albert-Henri O'SuUivan de), diplomate. Voir O'Sullivande Grass (Alphonse- Albert-Henri). GRASS (Jean-Patrice O'Sullivan de), adminis- trateur. Voir O'Sullivan de Grass (Jean-Pa- trice). H HALLOY (Jean-Baptiste-Julien d'Omalius d'), géologue. Voir Omalius d'Halloy (Jean- Bap- tiste-Julien d'). HERSTAL (l'épin de), maire du palais. Voir Pépin le Gros. HULIESLAEGHER (Jean d'), tapissier haute- lisseur. Voir Olieslaegher (Jean d'). HURTO (Giovanni de), contrapuntiste. Voir Orto (Giovanni de). JACO (le colonel ou le général). Voir Paslur (Jacques), dit le colonel ou le général Jaco. JACQUES DE S\INT-ANT01NE, écrivain ecclé- siastique. Voir Otimaert (Jacques), en religion Jacques de Saint-Antoine. JEAN DE LOS, peintre. Voir PeecAs (Jean). JEAN VAN OUDENAERDE, architecte. Voir Oudenaerde (Jean van\ JEAN D'OUDENBURG, théologien. Voir Ouden- i'Mr<;(Jeand'). JOANNES A MALINIS. Voir Paesschen (Jean van). JOANNES PASCHASIUS, PASCHA ou PASQUA . Voir Paesschen (Jean van). JOHANMES ALDENBURGIUS, théologien. Voir Oudenburg (Jean d'). JOIGNY Db PAMELE (Jacques de), théologien. Voir Pame/e (Jacques de Joignyde). LA MOTTE (Valentin de Pardieu, seigneur de). Voir Pardieu (Valentin de). LANDEN (Pépin de), maire du palais Voir P^- pin le Vieux. LA OLIVA (Don Rodrigue Calderon, comte de). Voir Oliva (Don Rodrigue Calderon, comte de). 929 TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOTICES 930 LE DAIN (Olivier). Voir Olivier Le Dain {et non Le Daim). LE PAPE (Jacques), maître d'écola. Voir Papa (Jacques). LIÈGE (Gilles de), frère prêcheur. Voir Orp (Gilles de Liège ou d'). LOS (Jean de), peintre. Voir Peecks (Jean). LYNTHERIDES ARNOLD PALUDANUS, poète latin. Voir Paludanut (Lyntherides Arnold). m: .«.\RC DE SAINT-FRANÇOIS, écrivain ecclé- siastique. Voir Orsaeghen (François van). MARTLN (Mathieu), écrivain ecclésiastique. Voir aussi Ordin. MERODE ET D'ONGNIES (Anne-François, comte de), écrivain. Voir Ongnies (Anne- François, comte de Mérode et d'). IV NOBENUS, musicien. Voir Paesmans (Cilles). NUCEUS (Alard) ou DU GAUCQUiER. — T. XVI, col. 1. NUMAN (Philippe). — T. XVI, coL 1-11. NUTIUS (Martin) ou MARTIN NUYTS, impri- meur. — T. XVI, col. 11-12. NUTIUS II (Martin). — T. XVI, col. 13-U. NUTIUS III (Martin). — T. XVI, col. 14-13. NUTIUS (PhiUppe), imprimeur. — T. XVI, coL 12-13. NUTIUS (Philippe) ou NUYTS, théologien. — T. XVI, col. 13-16. NUYTS (David). — T. XVI, col. 16-17. NUYTS (GiUes). — T. XVI, col. 17. NUYTS (Martin), imprimeur. Voir Nutius (Martin). NUYTS (Philippe), théologien. Voir Nutius (Philippe). NYMMEGEN (Jean van), alias VAN VLIERDEN, orfèvre. — T. XVI, col. 18-20. NYPELS (Jean-Servais-Guillaume), criminaliste. — T. XVI, col. 22-28. NYPELS (Lambert - Pierre- Antoine- André-Ser- vais), homme de guerre. — T. XVI, col. 28- 31. NYPELS (Luc-Eugène), homme de guerre. — T. XVI, col. 32. NYS (Charles-Alexandre-Henri), publiciste. — T. XVI, col. 32-34. NYS (Corneille). — T. XVI, col. 36. NYS (Egide-Adrien de), sculpteur. — T. XVI, col. 34-33. NYS (Jacques), sculpteur. — T. XVI, col. 35-36. BIOGR. NAT. — T. XV NYS (Jean), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 36-37. NYS (Philippe-Alexandre-François), sculpteur. — T. XVI, col. 35. NYSSEN (Jean- Joseph), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 37-40. NYST (Henri-Joseph-Pierre), naturaliste. — T. XVI. col. 40-41. NYST (Henri-Joseph-Pierre), paléontologue. — T. XVI, col. 41-46. NYSTEN (Pierre-Hubert), médecin. — T. XVI, col. 46-30. o OSÉE (Martin), AUBÉE ou AVBÉE, peintre. — T. XVI, col. 31-34. OBERT (Antoine), médecin.— T. XVI, col. 34- 33. OCKEGHEM (Jean van), compositeur de musique. — T. XVI, col. 55-62. OCKET (André-François), chef pilote.— T. XVI. col. 62-64. O'CONNELL (Mme Frédérique-Emilie-Miethe), peintre. — T. XVI, col. 63-66. ODA. Voir Ode (La bienheureuse). ODBERTUS, évêque de Liège. Voir Otbert. ODE (Sainte). — T. XVI, col. 66-67. ODE (La bienheureuse) ou ODA. — T. XVI, col. 67-68. ODEVAERE (Joseph-Désiré), peintre. —T. XVI, col. 68-74. ODFRIDE, savant religieux. Voir Otfride. ODILE, pieuse liégeoise. — T. XVI, coi. 74. ODILON (Saint), XXIl» abbé de Stavelot. — T. XVI, col. 75. ODON DE CAMBRAI (Le bienheureux). — T. XVI, col. 75-78. ODON DE GAND (Le bienheureux). — T. XVI, col. 78. ODRADE (Sainte). — T. XVI, col. 78-80. ODULPHE (Saint). — T. XVI, col. 80-81. ODWIN, abbé de Saint-Bavon. — T. XVI, col. 81. O'DWYER (Jean), médecin. — T. XVI, col. 82. OEDINS (Jean), tapissier hautelisseur. — T. XVI, col. 82-83. OESBROECK (Daniel van), poète flamand. — T. XVI, col. 83-84. OEVELEN (Mathieu-Edouard van). — T. XVI, col. 84-85. OEXMËLIN (Alexandre-Olivier), EXQUEMELIN ou ESQUEMELING, voyageur. — T. XVI, col. 83. OEYENBRUGGHEN (Jean-Georges van), écri- vain ecclésiastique. — T. XVI, col. 86. 30 931 TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOTICES. 932 OEYENBURGH (Henri van), prédicateur. — T. XVI, coL 86. OFFIGNIES (Jean d'), homme d'État. — T. XVI, col. 86-87. OFFIGNIES (Thierri d'), homme d'Etat. — T. XVI, col. 87-89. OFHUYS (Gaspard) ou OPHUYS, écrivain ecclé- siastique. — T. XVII, col. 89-90. OFHUYS (Jean), peintre verrier. — T. XVI, col. 90-91. OGER (J.-J.), imprimeur. — T. XVI, col. 91. OGIER (Barbe), poète dramatique. -T. XVI, col. 91-93. OGIER (Guillaume), poète dramatique. — T. XVI, col. 93-98. OGIER (Simon), poète latin. — T. XVI, col. 98- 107. O'HEARN (François), professeur. — T. XVI, col. 107-112. OIGNIES (GUbert d');ou d'ONGNIES. — T. XVI, C01.H2-115. OISTEYNDE (Jean van), prédicateur luthérien. Voir Oostende (Jean Vanden). O'KELLY D'AGRIM (Jean -Prosper- Désiré, comte), historien. — T. XVI, col. 13-16. OLBERT DE GEMBLOUX, écrivain éclésias- tique. — T. XVI, col. 116-118. OLBRECHTS (Pierre-Joseph), administrateur et agronome. — T. XVI, col. 119. OLFRIDE, savant religieux. Voir Otfride. OLIESCHLAGER (Jean), en latin OLIVARIUS ou OLIARUS, poète latin. — T. XVI, col. 119- 121. OLIMAERT (Jacques), en religion JACQUES DE SAINT-ANTOINE, écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 121-123. OLINGER (Philippe), lexicographe. — T. XVI, col. 123-126. OLISLAEGHER (Jean d), DOLIESLAGHER, D'HOLIESLAEGHER, tapissier hautelisseur. — T. XVI, col. 126-130. OLISLAEGHER (Jean II d'). — T. XVI, col. 130-134. OLIVA (André), peintre. —T. XVI, col. 13S. OLIVA (Michel), peintre. — T. XVI, col. 135. OLIVA (Philippe), peintre. — T. XVI, col. 134- 133. OLIVA (Philippe ll),'peintre. —T. XVL col. 133. OLIVA (Philippe III), peintre enlumineur. — T. XVI, col. 135. OLIVA (Don Rodrigue Calderon, comte de La). T. XVI, Col. 136-137. OLIVARIUS (Joannes), poète latin. Voir Olieschlager (Jean). OLIVERIUS (Arnold), prédicateur. — T. XVi, col. 137. OLIVERIUS (Jean-Englebert), écrivain ecclé- siastique. Voir Olivier (Jean-Englebert). OLIVIER LE DAIN (et non LE DAIM). — T. XVL col. 138-141. OLIVIER DE DIXMUDE. — XVI, coL 142-145. OLIVIER DE GAND, sculpteur. — T. XVI. col. 143. OLIVIER (Antoine) dit de Bouzy, peintre et conspirateur. — T. XVI, col. 144-147. OLIVIER (Bernard), prédicateur. — T. XVI, col. 147-149. OLIVIER (Edmond-Alexandre-Alexis), littéra- teur. — T. XVI, col. 149-130. OLIVIER (Jean-Englebert) ou OLIVERIUS, écrivain ecclésiastique. —T. XVJ, col. 150. OLIVIER (Laurent-Joseph), peintre. — T. XVI, col. 150. OLIVIER (Philippe-Jean-Augustin) ou OLLL VIER, sculpteur. — T. XVI, col. 131-152. OLIVIER (Théodore-Edmond), médecin. — T. XVI, coL 132-153. OLIVIERS (Jacques), chirurgien. — T. XVI, col. 154-156. OLLIVIER (Philippe-Jean-Augustin), sculpteur. Voir Olivier (Philippe-Jean-Augustin). OMALIUS D'HALLOY (Jean-Baptiste-Julien d'), géologie. —T. XVI, col. 157-166. OMAZUR (Nicolas), poète flamand. — T. XVI, col. 167. OMMEGANCK (Balthasar-Paul), peintre. — T. XVI, col. 167-170. OMMEGANCK (Marie-Jacqueline), peintre. — T. XVI, col. 170. ONDEREET (Benoit-Charles-Joseph). - T. XVI, col. 170. ONDEREET (Charles), écrivain dramatique fiamand. — T. XVI, col. 171-173. ONDERMAERCK (Jacques), sculpteur.— T.XVI, col. 175. ONGERS (Jean), peintre. Voir Ongtien (Jean). ONGHENA (Charles), graveur. — T. XVI, col. 176-178. ONGHENA (Jean), poète flamand. — T. XVI, col. 178-181. ONGHENA (Liévin). — T. XVI, coL 179-180. ONGHERS (Jean) et non ONGERS, peintre. — T. XVI, col. 182. ONGHERS (Oswald), peintre. — T. XVI, col. 182-183. ONGNIES (Anne-François, comte de Mérode et d'), écrivain. — T. XVI, col. 183-189. ONGNIES (Gilbert d'). Voir Oignies (Gilbert d'). ONGOYS (Jean d'), imprimeur et écrivain. — T. XVI, col. 189-190. ONRAET (Jean-Baptiste), écrivain ecclésias- tique. — T. XVI, col. 191. 933 TABLK ALPHABÉTIQrE DES NOTICES. 934 ONREDENE (Daniel). — T. XVI, col. 19i-tJM. ONRLDK.NE (Race). - T. XVI. col. 195- 198. ONSENOORT (Antoine-Gérard van). — T. XVI, col. 198-203. ONULPHE ou ONULFE, hagriographe. — T. XVI, col. 205. OOGE (Jean), architecte. — T. XVI, col. 205 204. OOGHE (Jean), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 204. OOMS (Corneille), licencié es lois. — T. XVI, col. 204-207. OOMS (Jean-Baptiste), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 207-208. OOMSEL (Guillaume van), dit OONSELIUS, prédicateur. — T. XVI, col. 209-211. OORLOFT (Joseph-Philippe), peintre miniatu- riste. — T. XVI, col. 211. OORTELMANS (Adrien) ou WORTELMANS, peintre. —T. XVI. col. 212. OORTELMANS (Damien) ou WORTELMANS, peintre. — T. XVI, col. 215. OOST (Dominique-Joseph), peintre. — T. XVI, col. 214. OOST (François van), peintre. — T. XVI, col. 214. OOST (Guillaume van), peintre. — T. XVI, col. 214-215. OOST (Jacques van), dit le Vieux, peintre. — T. XV, col. 215-217. OOST (Jacques van), dit le Jeune, peintre. — T. XVI, col. 217-218. OOSTEN (Jean van), peintre. — T. XVI, col. 218-219. OOSTENDE (JeanVanden) ou VANOISTEVNDE, prédicateur luthérien. — T. XVI, col. 219. OOSTENRIJK (Louis van), lexicographe. — T. XVI, col. 219-220. OOSTERWIJK (Jean d'). — T. XVI.coI. 220-221 . OPBERGHEM (Norbert van), écrivain ecclésias- tique. — T. XVI, col. 22t. OPDEBEECK (Antoine), graveur. — T. XVI, col. 221-222. OPHEM (Charles-André van), sculpteur. — T. XVI, col. 222-223. OPHEM (Michel van), médecin. — T. XVI, col. 223. OPHEM (Michel van), frère mineur. — T. XVI, col. 22 i. OPHtMERT (Guillaume), peintre. — T. XVI, col. 224. OPHOVEN (Jean-Christian), généalogiste. — T. XVI, col. 224-225. OPHOVENS (Michel van), appelé aussi OPHO- VIUS, archevêque de Bois-le-Uuc — T. XVI, col. 225-229. ! OPHUYS (Gaspard), écrivain ecclésiastique. Voir Ofhiii/s (Gaspard). OPITEH (Chrétien de) ou UPLINTER, écrivain ecclésiastique. —T. XVI, col. 229-230. . OPPELT (Gustave-Louis), littérateur. — T. XVI, col. 230-233. OPRODE (Joachim van ou Ab), écrivain ecclé- siastique. — T. XVI, col. 233-254. OPSTAL (Antoine van), peintre. — T. XVI. col. 234. OPSTAL (Augustin van), écrivain flamand. — T. XVI, coi. 254-235. OPSTAL (Gaspard-Jacques van), peintre. — T. XVI, col. 235-257. I OPSTAL (Gérard van), ivoirier. — T. XVI, col. 257-245. ' OPSTRAET (Jean), théologien. — T. XVI, j col. 243-245. I OR A NGE(Pasquierd'), traducteur. Voir /'«sçî^^'r I d'Orange. ORBAN (Frédéric-Joseph), militaire. — T. XVI, I col 245-246. ORCENIUS (Iman), théologien. Voir Orfzen (Iman). ORDIN ou plutôt MARTIN (Mathieu), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 246; aussi T. XIII, col. 898. ORDINIE (Edouard van), graveur. — T. XVI, col. 247. ORESMIEUX (François d'), écrivain ecclésias- tique. — T. XVI, col. 247-248. OREYE (ArnouKl d'), seigneur de Rummen et de Quabeek. —T. XVI, col. 248-255. ORINUS (Thomas), poète flamand. — T. XVI, col. 235. ORLE.NT (Jean-Adolphe), avocat. — T. XVI, col. 2.55-257. ORLEV (Bernard van), peintre. — T. XVI, col. 257-281. OKLEY (Jean van), peintre. — T. XVI, col. 281-283. ORLEY (Philippe d'), homme de loi. — T. XVI, col. 283-285. ORLEY (Pierre van), paysagiste. — T. XVI, col. 283. ORLEY (Richard van), peintre. — T. XVI, col. 283-286. ORLEY (Valentin van), peintre. — T. XVI, col. 286-287. URP (Gilles de Liège ou d'), aussi EGIDIUS A LEoDlO, frère prêcheur. — T. XVI, col. 288. ORSAEGHEN (François van), en religion MaR- CUS A S. FRANCISCO, MAHC DE SAINT- FRANÇOIS, écrivain ecclésiastique.— T. XVI, col. 288-289. 935 TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOTICES. 936 ORSSAGHEN (Jean van), rhétoricien. — T. XVI, col. 289-290. ORT (Arnould) ou ORTKENS, AERI-T DE GELAESMAKERE, peintre verrier. — T. XVI, col. 290-291. ORTELIUS (Abraham ORTELS ou WORTELS dit), géographe. — T. XVI, col. 291-532. ORTKE^S (Arnould), peintre verrier. Voir On (Arnould). ORTMANS-HAUZEUR (Jean-François), bourg- mestre de Verviers. — T. XVI, col. 332- 333. ORTO (Giovanni de) ou HORTO, contrapuntiste, — T. XVI, col. 333-334. ORTS (Auguste), avocat. — T. XVF, col. 334- 342. ORTS (Englebert-Pierre), avocat. — T. XVI, col. 335. ORTS (Louis-Joseph), avocat. — T. XVI, col. 33S. ORTS (Pierre), licencié ès-lois à Louvain. — T. XVI, col. 334. ORTZEN (iman) ou ORCENIUS ou bien encore SCLANDUSEGRINUS, théologien. — T. XVI, col. 342-343. ORY (François-Joseph), homme de guerre. — T. XVI, col. 344-340. OS ou VAN OS, famille d'imprimeurs. — T. XVI, col. 345-348. OS (Godefroid de ou van), imprimeur. — T. XVI, col. 546-347. OS (Grégoire), imprimeur. — T. XVI, col. 548. OS (Pierre), DE OS ou VAN OS, de Bréda, imprimeur. — T. XVI, col. 345-346. OS (Tyman) ou TYMANUS PETRI OS, de Breda, imprimeur. — T. XVI, col. 347-548. OSTAEYEN (Antoine van), instituteur. — T. XVI, col. 348-349. OSTEN (Jacques-Octave), homme de guerre. — T. XVI, col. 349-330. OSTEN (Pierre- Jacques), homme de guerre. — T. XVI, col.[350-351. O'SULLIVAN DE GRASS (Alphonse-Albert- Henri), baron de Séovaud, diplomate. — T. XVI, col. 551-555. O'SULLIVAN DE GRASS (Jean-Patrice), admi- nistrateur. — T. XVI, col. 355. O'SULLIVAN (Jérémie), médecin. — T. XVl, col. 355-356. OSY (Jean d'), architecte. — T. XVl, col. 556. OTBERT, OTBERTUS, ODBERTUS ou AUT- BERTUS, évoque de Liège. — T. XVl, col. 556-362. OTERSGHADEN (Jean). — T. XVl, col. 363. OTFRIDE, ODFRIUE ou OLFRIDE, savant religieux. — T. XVI, col. 563-56i. OTHELBOLD, abbé de Saint-Bavon, à Gand. — T. XVI, col. 364-365. OTHO (Jean), philologue.— T. XVI, col. 365-570. OTHO (Jeanne), poète latine. — T. XVI, col. 570-372. OTHONIS (Gérard), écrivain ecclésiastique. — Voir Ottonis (Gérard). OTREPPE DE BOUVETTE (Albert d'), publi- ciste. — T. XVI, col. 372-373. OTREPPE DE BOUVETTE (Frédéric-Gustave d'), homme de guerre. — T. XVI, col. 573-374. OTS (Charles), compositeur de musique. — T. XVl, col. 574-576. OTS (Emilie), actrice. — T. XVI, col. 575-376. OTTEN (Thomas), prédicateur réformé. — T. XVl, col. 576. OTTENS (Gérard), écrivain ecclésiastique. Voir Ottonis (Gérard). OTTEREN (Hubert van), graveur, — T. XVl, col. 376-577. OTTEVAERE (Auguste- Ferdinand), peintre. — T. XVl, col. 377-378. OTTEVAERE (Ferdinand), écrivain. — T. XVI, col. 578. OTTHENS (Gérard), écrivain ecclésiastique. Voir Ottonis (Gérard). OTTONIS (Gérard) ou OTHONIS, OTTENS ou OTTHENS, écrivain ecclésiastique. — T. XVi, col. 579-580. OTTONIS (Jean), pédagogue. — T. XVl, col. 580-581. OUCLE (Dominique van).— T. XVI, col. 381 -382. OUDAERT (Nicolas), poète latin. — T. XVI, col. 382-385. OUDART (Charles- Victor), écrivain. — T. XVF, col. 383-385. OUDEGHERST (Jean), historien. — T. XVI, col. 38.')-o86. OUDENaERDE (Jean van), architecte. — T. XVl, col 586-387. OUDENBURG (Jean d') ou JOHANNES ALDEN- BURGIUS, théologien. — T. XVl, col. 587. OULTREMONT (Charles - Nicolas - Alexandre, comte d'), prince-évêque de Liège. — T. XVI, col. 587-592. OUTERMAN (Jacques) ou VAN RENINGHEN, théologien mennonite. — T. XVI, col. 392-596. OUTERS (Emmanuel van), écrivain ecclé- siastique. — T. XVl, col. 396. OUTERS (François van), ermite. — T. XVl, col. 396-399. OUTIES (Antoine -Joseph -Julien), ingénieur, T. XVl, col. 399-401. OUTRE (Gilbert d'), prêtre. — T. XVI, col. 401 . OUTREPONT (Charles-Lambert d'), juriscon- sulte. — T. XVl, col. 401-404. 937 TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOTICES. 938 OUTRKPONT (Charles-Thomas-François d'), homme de lettres. — T. XVI, col. 4(U-4(t6. OUVERTUS (Charles-François-Marie), archi- tecte. — T. XVI, col. 406-407. OVERD.XTZ (Louis), docteur en médecine. — T. XVI. col. 407-409. OVEKL.\ET (Antoine), dessinateur et graveur. — T. XVI, col. 409 415. OVERLOOP (Eugène-Jean-Isidore van), homme politique. — T. XVI, col. 415-417. OVERLOOP (Guillaume -Marie -Auguste van), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 417. OVERLOOP (Pierre-François van), médecin. — T. XVI, col. 418. OVERLOOPE (Pierre d'). — T. XVI, col. 418- 419. OVfcRSCHEE (Pierre van), OVERSCHIE (?), peintre. — T. XVI, col. 419. OVERSTRAETEN (Henri- Désiré- Louis van), architecte. — T. XVI, col. 519-425. OVERSTRAETEN (Pierre-Isidore van), diplo- mate. — T. XVI, col. 425-428. OVERSTRAETEN (Roland), traducteur. — T. XVI, col. 428-429. OVE (Félicien van), écrivain flamand. — T. XVI, col. 429. OYE (Jean d'), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 429-430. OYEN (Florent van), écrivain ecclésiastique. — T. XVI. col. 450-451. OYEN (Jacques van), sculpteur. — T. XVI, col. 457. OYEN (Jean-Henri van), professeur. — T. XVI, col. 451-454. OYEN (Sébastien van), architecte. — T. XVI, col. 454-437. OZERAY (Michel -Jean-François), homme de lettres. — T. XVI, col. 457-442. PACHTERE (Félix-François de), imprimeur. — T. XVI, col. 445-448. PAELINCK (Joseph), peintre. — T. XVI, col. 448-542. PAEPE (Henri de), frère mineur. — T. XVI. col. 452 453. PAEPE (Josse de), rhéloricien. Voir Pape (Josse de). PAEPS (Jean- Baptiste), prêtre. — T. XVI, col. 455-457. PAESMANS (Barthélemi) ou PASMANS, docteur en théologie. — T. XVI, col. 457. PAESMANS (Gilles), Nobenus, musicien. — T. XVI, col. 4b8. PAESSCHEN (Jean van), JOANNES PASCHA- BIOGR. NAT. — T. XVI SIUS, PASCHAou PASQUA, aussi JOANN ES A MALINIS. — T. XVI, col. 458-460. PAESSCHEN (Thierry van), navigateur. — — T. XVI, col. .460-463. PaEUW (Benoit de), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 464. PAEUW (François -Charles- Benoit de) ou DE PAUW, pédagogue. — T. XVI, col. 464- 465. PAGANI (Gaspard-Michel-Marie), mathématicien . — T. XVI, col. 465-469. PAGE (Ferdinand-Joseph-Ghislain, baron de), magistrat et jurisconsulte.— T. XVI, col. 470- 471. PAGE (Jacques), poète. —T. XVI, col. 471. PAGE (Martin), professeur. — T. XVI, col. 47!- 472. PAlLLOT(P.-Hippolyte-L.). - T. XVI, col. 472- 473. PAILLOT (Pierre-Claude), avocat. — T. XVI, col. 475. PAIX (Hubert-Joseph de). — T. XVI, col. 475- 476. PALAEDORPIUS (Jean), écrivain ecclésiastique. Voir Paludorpius. PALERME (Antoine van), peintre. —T. XVI, col. 476-480. PALFYN (Jean), médecin. — T. XVI, coi. 480- 498. PALIUAM (Henri), peintre. Voir Paludanus (Henri). PALLANT (Floris de), comte de Culembourg et baron de Witthem et de Weerde. — T. XVI, col. 499-505. PALLANT lA (Jeanne), appelée aussi ANNA ou JOANNA UTENHOVIA. — T. XVI, col. 505. PALLAVICINl (Antoine), cardinal. — T. XVI, col. 504-505. PALLUDE (Henri), peintre. Voir Paludanus (Henri). PALMAEBT (François-Edouard-Eloy), homme de guerre. — T. XVI, col. 505-506. PALMERS (Guillaume - Jean - Charles - Hubert), écrivain flamand. — T. XVI, col. 506-507. PALUDANUS (Arnould), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 507-508. PALUDANUS (Barbe) ou VANDEN BROECK, graveur au burin. — T. XVI, col. 508. PALUDANUS (Crispin) ou VANDEN BRuECK, peintre. — T. XVI, col. 509-511 . PALUDANUS(François)ou VANDEN BROECK, écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 511- 512. PALUDANUS (Guillaume), alias VANDEN BROECK ou VANDEN POI-L, sculpteur.— T. XVI, col. 512-515. 30. 939 TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOTICES. 9i0 PALUDANUS:(Henri) ou PALIDAM, PALLUDE, POLLIDANO, POLLIDAMI, ARRIGO et HENRICOFIAMMINGO, VANDEN BROECK, peintre. — T. XVI, col. 513-515. PALUDANUS (Henri), DESMARÊTS, VANDEN POEL, VANDEN BROECK ou "encore VuN DEM 'BROICH, écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 515-016. PALUDANUS (Jean), DESMARAIS ou DESMA- RtZ, professeur à l'université de Louvain. — T. XVI, col 317-518. PALUDANUS (Jean) ou DESMAREZ, maître d'école. —T. XVL col. 518-519. PALUDANUS (Jean) ou VAiVDEN BROECK, théologien. —T. XVI, col. 519-520. PALUDANUS (Lynlherides-Arnold) ou A PA- LUDE ou VANDENJBROECK, poète latin. — T. XVI, col. 520-522. PALUDANUS (Michel), théologien. - T. XVI, col. 522-523. PALUDANUS (Raphaël) ou VANDEN BROECKE, sculpteur. — T. XVI, col. 524. PALUDE (Arnold-Ë.), médecin. - T. XVI, col. 524-523. PALUDE (Lyntherides- Arnold a) poète latin. Voir Paludanus (Lyntherides-Arnold). PALUDE (Jean de) ou DE BEER, écrivain ecclé- siastique. — T. XVI, col. 525. PAI.UDORPIUS (Jean), PALAEDORPIUS ou PALUDORPUS, écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 525-526. PAMELE (Guillaume de), président du conseil de Flandre. — T. XVl, col. 326-528. PAMELE (Jacques de Joigny de), théologien. — T. XVl, col. 328-542. PANDEREN (Egbert van), graveur au burin. — — T. XVI, col. 542-544. PANEELS (Guillaume), peintre graveur. Voir Panneels (Guillaume). PANEMAECKER (François et André), hautehs- seur. Voir /•flnTjemofrer (François et André de). PANHAUSEN (Jacques van) ou PANHUYSEN écrivain ecclésiastique. — T., XVI, col. 344. PANHAY DE RENDEUX (Renier), sculpteur et peintre. — T. XVl, col. 344-347. PANHUYSEN (Jacques van), écrivain ecclésias- tique. Voir Panhausen (Jacques van). PANNE (Pierre), conspirateur. — T. XVl, col. 548. PANNEEL (Michel), théologien protestant. — T. XVl, col. 348-549. PANNEELS (Guillaume) ou PANEELS, peintre- graveur. — T. XVI, col. 350-353. PANNEMAKER (François et André de) PANNE- QUIN, PANEMACKER, hautelisseurs. — T. XVl, col. 533-335. PANNEMAKER (Guillaume de), poète drama- tique. — T. XVl, col. 353. PANNEMAKER (Guillaume de), hautelisseur. — T. XVl, roi. 353-362. PANNEMAKER (Pierre de), hautelisseur. — T. XVl, col. 562-364. PANNRMAKER, peintre. Voir Pememnker. PANNEQUiN (François et André) hautelisseurs. Voir Pannemaker (François et André de). PANS (Waulier), sculpteur. —T. XVl, col. 564- 563. PANTIN (Guillaume), médecin. — T. XVI, col. 565-566. PANTIN (Pierre), helléniste et poète latin. — T. XVl. col. 567-571. PAPA (Jacques), PAPIUS ou LE PAPE, maitre d'école - T. XVl, col. 371-373. PAPE (Ferdinand-Charles -François-Joseph de) miniaturiste. — T. XVl, col. 374-379. PAPE (Gilles de) , médecin. — T. XVI , col. 579. PAPE (Jean-Baptiste de), poêle dramatique flamand. — T. XVl, col. 379-380. PAPE (Josse de) ou DE PAEPE, rhétoricien. — T. XVI, col. 380-381. PAPEBROGHIUS(Danie!),VANPAPENBROECK ou PAPEBROCH, hagiographe. — T. XVl, col. 381-388. PAPELEU (Victor-Eugène), peintre. - T. XVl, col. 389-590. PAPENBROECK (Daniel van), hagiographe. Voir Papebrochius (Daniel). PAPENHOVEN (Alexandre van), architecte et sculpteur. — T. XVl, col. 590-591 . * PAPENHOVEN (Gilles van). « antycksnyder ». — T. XVl, col. 592. PAPENS (Jean-Liévin), écrivain flamand. — T. XVl, col. 592. PAPEUS (Petrus), poète dramatique. — T. XVl, col. 59i>-593. PAPIUS (Jacques), maitre d'école. Voir Papa (Jacques). PAQUE (Guillaume;, violoncelliste. — T. XVl, col 593-595. PAQUET (Joseph), professeur. — T. XVl, col. 393-397. PAQUIE (Henri-Lucien) peintre. — T. XVl, col. 597. PAQUOT (Jean-Noél [Natalis]), bibliographe. — T. XVI, col. 597-609. PAQUOT(Julien-Nicolas), professeur. — T. XVl, col. 609-610. PARADAN (Pierre), abbé de Vlierbeek. — T. XVI, col. 610. PARADIS (Grespin), traducteur. — T. XVl, col. 610-611. n\ TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOTICES. 943 PARADIS (Guillaume de), écrivain ecclésias- tique. — T. XVI, col 611-6li. PARADIS (Jean) ou PARADYS, scribe. — T. XVl,col. til5-613. PARANT (Lambert- Joseph), sculpteur. — T. XVI. col. G15-6I4. PARDIEU (Valentin de), seigneur de la Motte et d'Ekelsbeke. — T. XVI. col 6ii-6l9. PARDON (Charles-Théodore-Egide), magistrat. — T. XVI, col. 619-62-2. PARENT (Ernest-Charles-Louis-Marie), publi- ci.ste. — T. XVI, col. 6-2-2-623. PARENT (Guillaume), médecin. — T. XVI. col. ti2ô-6ii. PARENT (Jean-Jacques-Floriraond), écrivain.— T. XVI. col. 6-20-626. PARENT (Nicolas), écrivain ecclésiastique. — T. XVI. col. 6-26-6-27. PARKNT (Pierre-Jean-Joseph). — T. XVI, col. 627-650. PAREZ (Adrien), sculpteur. —T. XVI, col. 630. PAREZ (Felix-Gonstantin), jurisconsulte. — T. XVI, col. 630-651. PAREZ (François-Edouard), peintre. — T. XVI, col. 631-532. PARFONDKY (Baudouin de), humaniste. — T. XVi,col. 652. PArtIUAENS (Albert -Joseph), historien. — T. XVI, col. 632-635. PARIDAENS (Ferdinand-Charles-Hyacinthe-Jo- seph), littérateur. — T. XVI, col. 635-635. PARIGOT (Julien-Jacques-Louis), médecin. — T. XVI, col. 633-657. PARIS "(Henri), philanttrophe. — T. XVI, col. 637-658. PARIZOT (Pierre), humaniste. — T. XVI, col. 638-639. PARIVAL (Jean-Nicolas) ou DE PARIYAL, his- toriographe. — T. XVI, col. 639-642. PARIZEL (Charles-Louis), prêtre. — T. XVI, col. 642. PARMENTIER (Adèle-Marie-Anne-Joseph-Ghis- laine). — T. XVi. col. 643. PARMENTIER (Ale.xandre). abbé de l'abbaye de Boneffe. — T. XVI, col. 645-646. PARMENTIER (Andié-Joseph-Ghislain), archi- tecte de jardins. — T. XVI, col. 643-644. PARMENTIER (Antoine), écrivain ecclésias- tique. — T. XVI, col. 644-646. PARMENTIER (Charles), archiviste. — T. XVI. col. 647-648. PARMENTIER (Joseph-Julien-Ghislain), maire d'Enghien. — T. XVI, col. 648-650. PARMENTIER (Louis), curé de Corbaix. — T. XVI, coL 646. PARMENTIER (Nicaise) .—T. XVI, col. 680-651 . PARMENTIER (Philippe), écrivain ecclésias- tique.— T. XVI. col. 651. PARMENTIKR (Philippe), sculpteur. — T. XVi, col. 6 1-653. PA ME.NTIER (Thomas), écrivain ecclésias- tique. — T. XVI. col. 653-654. PARTAUS (Jehan), ménestrel. — T. XVI, col, 6.'i4-65o. PARTOES (Ghislain-Joseph), consul. — T. XVI, col. h55-657. PARTOES (Henri-Louis-François), architecte. — T. XVI, col. 657-6.59. PARYS ((.uillaume van), imprimeur et graveur. — T. XVI, col. 660-661. PARYS (veuve Guillaume van), née Malhilde VANDE WAUWERE, imprimeur. —T. XVI, col. 661-662. PARYS (Jacques-Ignace van), chanoine. — T. XVI, col. 662. PARYS (Jean van), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 663. PARYS (Jean-Baptiste), jésuite. — T. XVI, col. 663. PARYS (Jean- Baptiste van), licencie eu droit.— T. XVl, col. 665-664. PARYS (Silvestre van), graveur. — T. XVl, col. 664-666. PAS ou HASCHEN (Henri van), architecte. — T. XVl, coi. 666-667. PASiHumbert de), clerc liégeois. —T. XVl, col. 667-668. PASCHA (Joannes) ou PASCHASIUS.Voir Haes- schen (Jean van). PASCHEN (Henri van), architecte. Voir Pas (Henri van). PASMANS (Barthélemi), docteur en théologie. Voir Paesmans (Barthélemi). PASQUA (Joannes) Voir Paessc/f^w (Jean van). PASQUET (Joseph- Emmanuel-Léon), aide-bi- bliothécaire. — T. XVl, col. 668-670. PASQUIER (Auguste-Victor-Joseph) , pharma- cien. — T. XVI, col. 670-674. PASQUIER (Charles-Isidore), pharmacien. — T. XVI, col. 674-675. P.VSQUIER D'ORANGE, DORBNGEou AURAN- TlUS„iraducteur. — T. XVl, col. 675. PASQUINI (Jules-Nicolas). — T. XVI, col. 676. PASTENAICKEN (Corneille), maître fondeur. — T. XVl, col. 677. PASTORANA. — T. XVl, col. 677. PASTUR (Jacques), dit le colonel ou le général JACO. —T. XVl, col. 677-678. PATENIER (Henri de), peintre. — T. XVI, col. 678-679. PATENIER (Joachim) ou PATENiR, peintre. — T. XVI, col. 679-689. 94H TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOTICES 94i PATERNOTTE (Antoine), poète lutin. — T. XVI, col C89-G90. PATIN (Charles-Philippe, \icomte de), aussi DE PATTYiN. — T. XVI, col. 690-G91, PATOUL-FIEUUU (Gustave de), littérateur. — T. XVI, col. 69i-693. PATRALIE (Sainte), vierge et martyre. — T. XVI, col. 695. PATRAS (Lambert), fondeur.— T. XVI, col. 696- 697. PATTEY (Henri-Jacques). — T. XVI, col. 097- 701. PATTVN (Charles-Philippe, vicomte de). Voir Patin (Charles-Philippe, vicomte de). PAUL (Bernard), peintre, — T. XVI, col. 701- 70-2. PAUL (Louis), peintre. — T. XVI, col. 702. PAUlET (Léon), littérateur. — T. XVI, col. 702-703. PAULI (Vndré), graveur. — Voir Paiiwe!s (André). PAULI (<;hai'les-Frédéric-Henri), peintre. — T. XVI. col. 703-704. PAULl-STRAVIUS (Georges), évêque.— T. XVI, col. 704-705. PAULI (Matthias), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 705-707. PAULI (Paul), poète flamand. — T. XVI, col. 707-708. PAULl-STRAVIUS (Richard), évêque. — T. XVI, col. 708-709. PAULI (Rombaut) ou PAUWELS, architecte.— T. XVT, col. 709-715. PAULI (Segerus) ou ZEGER PAUWELS, écri- vain ecclésiastique. — T. XVI, col. 713 7)4. PAULI (Theodoricus), ou FRANCOMS, ou THIERRY PAUWLLS, chroniqueur. — T. XVI, col. 714-7J6. PAULLUS (Gautier), poète latin. — T. XVI, col. 716-718. PAULY (André), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 718. PAU.MEN (André). — T. XVI, col. 718-719. PAUSACE (Colin), trouvère. —T. XVI, col. 719. PAUVV (Ferdinand-François de), poète drama- tique. — T. XVI, col. 720. PAUW (François-Charles-Benoit de), pédagogue. Voir Paeuw (F'rançois-Charles-Benoit de). PAUW (Jean de), chroniqueur. — T. XVI, col. 720-721. PAUW (Jean-Baptiste de), sculpteur. — T. XVI, col. 721-722. PAUW (Michel de), auteur dramatique. — — T. XVI, col. 722. PAUW ( (Sa poléon-Liévin- Bernard de), avocat. — T. XVI, col. 722-724. PAUW (Pierre-Jacques de), théologien. — — T. XVI, col. 725-729. PAUWfclS (Adrien), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 7-29-730. PAUWELS (André) ou PAULI, graveur. — T. XVi, col. 750-732. PAUWELS (Egide), architecte. — T. XVI, col. 732-733. PAUWELS (Félix-Charles-Ghristophe), archi- tecte — T. XVI. col. 733-750. PAUWELS DE VIS (Jean), jurisconsulte. — T. XVI, col. 751-752. PAUWELS (Jean-Antoine-François), littérateur. — T. XVI, col. 7.=)2-760. PAUWELS (Jean-Baptiste), dit PAUWELS VAN . DE BURRE, peintre. — T. XVI, col. 761. PAUWE .S (Jean-Englebert), compositeur de musique. —T. XVI, col. 761-763. PAUWELS fJeanne-Catherine), musicienne. — T. XVI, col. 763. PAUWELS (Joseph), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 765-764. PAUWELS (Joseph), peintre. — T. XVI, col. 764-765. PAUWELS (Louis), peintre. — T. XVI, col. 765. PAUWELS (Nicolas;, théologien. — T. XVi, col. 766-767. PAUWELS (Noé), orfèvre. — T. XVI, col. 767- 768. PAUWELS (Pierre), artiste forgeron.— T. XVI, col. 768-770. PAUWELS (Rombaut), architecte. Voir Pauli (Rombaut). PAUWELS (Thierry), chroniqueur. Voir Pauli (Thedoricus). PAUWhLS (Zeger), écrivain ecclésiastique. Voir Pauli (Segerus). PAUWENS (François), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 770-772. PAYEN (Antoine-A.-J.), peintre. — T. XVI, col. 772-773. PAYEN (Antoine-Marie-Joseph), dit LE VIEUX, architecte. — T. XVI, col. 773-774. PAYEN (Auguste), architecte, né à Tournai. — T. XVI, col. 774. PAYEN (Auguste), architecte, né à -Bruxelles. - T. XVI, col. 774-776. PAYEN (Nicolas), musicien. — T. XVI, col. 776- 777. PAYEN (Pontus), seigneur d'Essars, la Buc- quière, Hautecotte, avocat au Conseil d'Ar- tois. — T. XVI, col. 777-781. PAYEZ (Régnier), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 781-782. PECK (Pierre), PECKIUS ou PEGQUIUS, juris. consulte. — T. XVI, col. 782 784. 945 TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOTICES 046 PECK (Pierre). PECQUIUS ou PP.CKIUS. homme politique. - T \Y1, col. 784-791. PECLERS (François-Jpseph-Alexis\ littérateur. — T. \VI, col. 792-790. PECLERS (Henri-Lambert-Joseph), publiciste. — T. XVI. col. 796-797. PECQl'EUX (Louis- Jean), écrivain flamand. — T. XVI. col. 797. PEfQllUS (Pieire), homme politique. Voir Peck (Pierre). PECQIIUS (Pierre), jurisconsulte. Voir Peck (Pierre). l'EDE (Henri van) ou PEE, architecte. — T. XVI, col. 797-801. PEDRO DE TOLF DE (don).— T. XVI, col. 8(il- 803. Pt E (En^elhart van ou de), peintre. — T. XVI, col. 805-804. PEE (Henri van), architecte. Voir Pede (Henri van). PEE (Jean van), peintre. — T. XVI, col. 804- 803. PEtCKS (Jean) dit JEAN DE LOS, peintre. — T. XVI. toi. 803-807. PEELLAERT (Auguste, baron de). — T. XVI, col. 808-812. PEEMANS (Henri-Louis), avocat. — T. XVI, col. 812-814. PEEMANS (Jean -Joseph -Charles), écrivain ecclésiastique. - T. XVI, col. 814-813. PEE.NE (Henri van), architecte. — T XVI, col. 81b-816. PEENE (Hippolyte-Jean van), médecin. — T. XVI, col. 816-823. PEENE (Jacques-Hubert van), médecin. — T. XVI, col. 823-826. PEENE (Jean-Bernard van), poète. — T. XVI, col. 826-827. PEE^E (Mathilde van), poète. — T. XVI, col. 827. PEEREBOOM (AlphonseVanden),homme d'Etat. — T. XVI, col. 827-836. PEETERMAISS (Nicolas-Joseph), écrivain. — T. XVI, col. 856-838. PEtTERS (Adol;jhe- Bernard), avocat. — T. XVI, col. 838-839. PEETEBS (Armand) ou PETRI, écrivain ecclé- siastique. — T. XVI, col. 839. PEETERS (Barthélerai), PETRUS ou PETRI, théologien. - T. XVI, col. 839-8 i7. lEETERS (Bonaventure), peintre. — T. XVI, col. 847-849. PEETERS (Bonaventure 11), peintre. —T. XVI, col. 849. PEETERS (Catherine), peintre. — T. XVI, col. 849-850. PEETERS (Charles) ou CAROLUS PKTBI, écri- viiin ecclésiastique. — T. XVI, col. S.'îO-SdL PEETERS-WILBAUX (Charles), industriel. — - T. XVI, col 831 852. PEETERS (Clara), peintre. — T. XVI, col. 8:i2- 833 PEETERS (François- Luf) aus.M PETERS, peintre. — T. XVI, col. 833. PEETERS (Gilles ou Egide), peintre. — T. XVI, col. 833-8oi. PKK1ERS (Gustave-Adolphe), géomètre. — T. XVI, col. 831-853. PEETERS (Hubert), instituteur. — T. XVI. col. 853 856. PEETERS (Jacques), graveur. — T. XVI, col. 836. PEETERS (Jean), architecte. — T. \VI. col. 836-837. PEETERS (Jean), peintre. — T. XVI, col. 8.b7- 838. PEETERS (Jean-François- Charles, en religion Bernard), théologien. — T. XVI, col. 838-859. PEETtRS (J.). graveur. — T. XVI, col. 8;i9- 860. PEETrRS (Laurent), médecin. — T XVI, col. 860-862. PEKThRS (Léon), pharmacien-chimiste. — T. XVI, col. 862-864. PEETERS (Martin) ou PETRI, peintre. — T. XVI, col. 864-863. PELTERS (Philippe- Jacques), peintre. — T. XVI, col. 863. PEtThHS (Pierre-Egide), écrivain. - T. XVI, col. 863-867. PhGHEM (Adrien van) ou PETEGHEM, peintre. T. XVI, col. 867. PEHAERT (Mathieu) ou PEVAERT. — T. XVI, col. 867-869. PEISSAtST (Jacques-Antoine de). — T. XVI, col. 869-872. PELCKMANS (Michel- François), chroniqueur. — T. XVi, col. 872-873. PELtGROMIUS (Simon), humaniste. Voir Pelgrom (Simon). PELERIN (Adrien Louis), historien. — T. XVI, col. 873-873. PELGROM (Simon) ou PELEGROMHJS, huma- niste. — T. XVI, col. 873-876. P^ LICHY ^Gertrude-Cornélie-Maric de), peintre, t. XVI, col. 876. PELIGHV (Jean-Marie-François-Théodore-Ghis- lain, baron de). — T. XVI, col. 876-878. PELLENS (Jean), écrivain ecclésiastique. — T. XVI, col. 878. PELS (Baudouin), orfèvre. — T. XVI, col. 878- 879. 947 TABLE ALPHABËTIQUE DES NOTICES 948 PELSAERT (François) ou PliLSER[T]. — T. XVI, col. 879-884. PELSERS (Jean), médecin-chirurgien.— T. XVI, col. 884-887. PELSER[T](François).VoirPe/sffgr/ (François). PELT (Théodore-Antoine van) ou PELTANUS, théologien. — T. XVI, col. 887. PENNEKYN (Jean-Baptiste), sculpteur. — T. XVI, col. 887-888. PENNEMAECKERS, peintre. Voir Pennemaker, PENNEMAKER, PANNEMAKER ou PKNNE MAECKERS, peintre. — T. XVI, col. 888. PENNEMAN (François), prédicaieur. — T. XV , col. 888-889. PENNEMAN (François), religieux. — T. XVI, col. 889-891. PENNEQUIN (Pierre), écrivain ecclé.siastique. — T. XVI, col. 891-892. PENMNC, poète flamand.— T. XVI, col. 892 89o. PEPERS (Pierre), sculpteur. — T, XV., col. 896-897. PEPIN LE VIEUX, L'ANCIEN ou DE LANDEN, maire du palais. — T. XVI, col. 897-900. PEPIN LE GROS, LE MOYEN ou DE HERSTAL, maire du palais. — T. XVI, col. 900-903. PÉPIN LE BREF, maire du palais. — T. XVI, col. 903-916. PEPiN (Jean), sculpteur. — T. XVI, col. 9 1 7-920. PEPIN (Jean-Antoine-Joseph), jurisconsulte. — T. XVI, col. 921-922. PEPVN (Martin), peintre. — T. XVI, col. 922- 924. PETEGHEM (Adrien van), peintre, Voir Peghem (Adrien van). PETERS (François-Luc), peintre. Voir Peelers (François-Luc). PETRI (Armand), écrivain ecclésiastique. Voir Peelers (Armand). PETRI (Barthélemi), théologien. Voir Peeters (Barthélemi). PETRI (Carolus), écrivain ecclésiastique. Voir Peeters (Charles). PETRI (Martin), peintre. Voir Peelers (MartinK PETRUS (Rarthélemi), théologien. Voir Peeters (Barthélemi). PEYAERT (Mathieu). Voir Pehaert (Mathieu). PIERRE D'OVERLOOPE. Voir Overloope (Pierre d'). POEL (Guillaume vanden), sculpteur. Voir Paludanus (Guillaume). POEL (Henri vanden), écrivain ecclésiastique. Voir Paludanus (Henri). POLLIDAMI (Henri) ou POLLIDANO, peintre Voir Paludanus (Henri). Q QUABEEK (Arnould d'Oreye, seigneur de Rum- men et de). Voir Oreye (Arnould d'). :r RENDEUX (Renier Panhay de), sculpteur et peintre. Voir Panhay de Rendeux (Renier). RENINGHEN (Jacques van), théologien menno- nite. Voir Outerman (Jacques). RIMMEN (Arnould d'Oreye, seigneur de) et de Quabeek. Voir Oreye (Arnould d'). S SAINT-ANTOINE (Jacques de), écrivain ecclé- siastique. Voir Olimaert (Jacques), en reli- gion Jacques de Saint-Antoine. SAINT-FRANÇOIS (Marc de), écrivain ecclé- siastique. Voir Orsoe^/f^n (François van). SCLANDUS EGRINUS, théologien. Voir Ortzen (Iman). SEOVAUD (Alphonse-Albert-Henri O'Sullivan de Grass, baron de), diplomate. Voir O'Sullivan de Grass (Alphonse-Albert-Henri). T TOLÈDE (Don Pedro de). Voir Pedro de Tolède (don). XJ UTENHOVIA (Anna ou Joanna). Voir Pallantia (Jeanne). V VIS (Jean Pauwels de), jurisconsulte. Voir Pauwels de Vis (Jean). VLIERUEN (Jean van). Voir Nymmegen (Jean van) alias Van Vlierden. VON DEM BROICH (Henri), écrivain ecclé- siastique. Voir Paludanus (Henri). WAUWERE (Mathilde vande) veuve de Guil- laume van Parys, imprimeur. Voir Parys (veuve Guillaume van). WORTELMANS (Adrien), peintre. Voir Oortel- mam (Adrien). WORTELMANS (Damien), peintre. Voir Oorlel- mans (Damien). WORTELS (Abraham), géographe. Voir Ortelius (Abraham Wortels, dit). 190 8872 4 Réseau de bibliothèques Université d'Ottawa Échéance Library Network University of Ottawa Date Due -r- . -<. t 1