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BOOK 016.091. F844C v 27 c 1 FRANCE # CATALOGUE GENERAL DES MANUSCR1TS DES BI8UOTHEQUES
3 T1S3 OOOSbôMO M
CATALOGUE GÉNÉRAL
MANUSCRITS
DES BIBLIOTHÈQUES PUBLIQUES
DE FRANCE
L'auteur et les éditeurs déclarent réserver leurs droits de reproduction et de traduction en France et dans tous les pays étrangers, y compris la Suède et la Norvège.
Ce volume a été déposé au ministère de l'intérieur (section de la librairie) en décembre 1894.
l'HHtH. — TVPOORAPHIB DE H. PLON, NOURRIT ET C", Rl!K GAKANCIKRK, 8.
MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION TUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS
CATALOGUE GÉNÉRAL ^
S" i
DES
MANUSCRITS \
DES BIBLIOTHÈQUES PUBLIQUES
DE FRANCE
DEPARTEMENTS — TOME XXVII
AVIGNON
Par M. L.-H. LABAXDE
TOME I
PARIS
LIBRAIRIE PLOIST
E. PLON, NOURRIT et O, IMPRIMEURS-ÉDITEURS
RUE GARANCIÈRE. 10
1894 Tous droits réservés
INTRODUCTION
La Bibliothèque d'Avignon ' doit son origine, comme la plupart des établissements similaires, aux lois, arrêtés el décrets de l'Assemblée législative et de la Convention, sup- primant les congrégations religieuses et confisquant leurs biens au profit de la nation. Pourtant, il n'avait tenu qu'à peu de chose que la vieille cité des papes ne lut dotée, même avant les villes voisines de Carpentras et d'Aix, de collec- tions bibliographiques mises à la disposition du public. Tel était en effet le projet longuement caressé par l'arche- vêque François-Maurice de Gonteri (1705-174*2). Il crut, un moment pouvoir le réaliser; ce fut à la mort de l'archidiacre Pertuis, qui laissait une riche bibliothèque et des manu- scrits. L'archevêque en acheta une grande partie de ses propres deniers et les réunit à la librairie du collège-monas- tère de Saint-Martial. C'était ce qui devait constituer le fonds primordial de la bibliothèque publique, « mais ce projet échoua, parce que ce vertueux prélat épuisa par ses charités immenses envers les pauvres les moyens qu'il avoit destinés pour cette fondation 2 » . Les Bénédictins de Saint-
1 Sur la Bibliothèque il n'a encore paru qu'un mémoire dans le Messager dr Vaucluse, nos 235 et 239, et publié par V. Chambaud en 1839, sous le titre de : Notice sur les bibliothèques anciennes et modernes du département de Vaucluse.
- Cambis-Velleron, Catalogue raisonné des principaux manuscrits de sou cabi- net, p. 74 et 580.
tome xxvn. &
n INTRODUCTION.
Martial lurent obligés de vendre ses volumes, pour payer les dettes de sa succession '.
Bien que le goût des études et l'amour des livres lussent fort développés à Avignon pendant le XVIIIe siècle, on dut attendre que la Révolution, centralisant pour le profit de tous les citoyens les trésors amassés dans les librairies des couvents, des collèges et des séminaires, réunît cette « immense et monstrueuse collection de livres » , dont par- lait en 1810 le docteur Calvet.
Depuis lors, la Bibliothèque d'Avignon s'est accrue dans des proportions presque inespérées, soit par les donations qui lui ont été faites, soit par les acquisitions qu'elle a effec- tuées.
La présente étude sera donc divisée naturellement en trois parties, qui comprendront :
1° Les librairies des établissements ecclésiastiques et uni- versitaires, dont les débris, encore conservés au XVIIIe siècle, ont formé l'ancien fonds;
2° La création et l'organisation de la Bibliothèque pen- dant la Révolution ;
3° Ses accroissements et son régime, principalement depuis sa fusion avec la bibliothèque léguée à sa ville natale par Esprit Calvet.
I
Si, pendant le cours du moyen Age, il y eut à Avignon de merveilleuses collections de manuscrits, cela tint à plu- sieurs causes, dont la principale est certainement le séjour des papes dans celte ville au XIVe siècle. Une autre fut la fondation d'une Université; une troisième, l'établissement
1 Voir le méritoire d'Esprit Calvet, public ci-après, p. lxxx.
INTRODUCTION. m
de riches couvents, tels que les Dominicains, les Cordeliers et les Célestins.
Les publications de Aï. Faucon ' et du R. P. Ehrle2 sur la bibliothèque des papes d'Avignon nous ont suffisamment édifiés sur la passion avec laquelle les souverains pontifes recueillirent les anciens manuscrits et sur l'activité qu'ils déployèrent pour obtenir des copies. L'importante librairie qu'ils avaient installée dans leur palais, les suivit à leur départ : on sait que Pierre de Luna, antipape sous le nom de Benoît XIII, la fit enlever presque toute pour la trans- porter à Peniscola, et que s'il en resta quelques volumes, ce fut tout à fait accidentellement. La plupart de ces oubliés passèrent ultérieurement au collège du Roure, et l'on verra plus loin ce qu'ils devinrent; d'autres, en bien petit nombre, finirent par arriver à la Bibliothèque d'Avignon. J'ai dit ailleurs3 que c'étaient les manuscrits actuellement cotés 1, 2, 100, 136, 203 et 255. A cette liste il faut joindre le livre des statuts provinciaux du diocèse d'Avignon, donné par Urbain V à l'église de Notre-Dame des Doms, le 7 mars 1364 (ms. 2599).
A l'exemple des papes, les cardinaux de la cour romaine, dont les palais s'élevaient sur l'un et l'autre bord du Rhône, à Avignon et à Villeneuve, avaient formé eux aussi des librairies. Remarquons, avec Al. Victor Le Clerc4, que la plupart de ces pontifes et de ces prélats avaient passé par
1 La librairie des papes d'Avignon (fascicules 43 et 30 de la Bibliothèque des Ecoles françaises d'Athènes et de Rome), 1880-1887, 2 vol. in-8°.
2 Historia bibliothecae romanorum pontifiai m tum Bonifatianae tutn Avenio- nensis, t. Ier (t. VIII de la Biblioteca dell' Academia storico-giuridica), 1890, in-4°.
3 Les manuscrits de la Bibliothèque d'Avignon, provenant de la librairie des papes du XIIe siècle, communication faite au Congrès dos Sociétés savantes de 1804 et imprimée dans le Bulletin historique du Comité des travaux historiques et scientifiques, année 1894, p. 145.
4 Discours sur l'état des lettres en France au XIVe siècle, t. XXIV de V Histoire littéraire de la France, p. 10 et suiv.
iv INTRODUCTION.
les Universités et abordé l'enseignement ; par conséquent ils étaient naturellement portés à recueillir les manuscrits de tous les ouvrages auxquels ils s'intéressaient. Malheu- reusement, il nous est resté peu d'inventaires de cette glo- rieuse époque, et nous ne connaissons guère que les biblio- thèques réunies par Aîné de Saluées, Jean Allarmet, dit de Brogny ' ; Gui de Malesec 2, Pierre Blau :! ; celles du cardi- nal Pierre Corsino, de l'évêque Gilles de Bellamera et de tant d'autres ont à peine laissé trace de leur existence.
Le bienfait le plus apprécié, à notre point de vue, qui résulta du séjour des papes à Avignon, fut la création d'ate- liers de copistes et de miniaturistes, dont les travaux conti- nuèrent pendant tout le XVe siècle. C'est ici l'occasion de rappeler les noms de Philippe de Ilevest 4, Jean Bacon, venu d'Angleterre5; Jean de Toulouse6, Jean Durand7, Nicolas d'Assise, moine au couvent des Cordeliers d'Avignon8; Fir- min Barthélémy9, maître Itier et Gautier Alaman, chanoine de Saint-Thomas de Strasbourg 10; Guillaume Prévost et Jean «Soffredi11 » , maître Richard12, Robert Charpentier13, Jean Annot u, Hervé de Vie 15, Geoffroy le Moine 16, Jean Car-
1 Nous aurons l'occasion plus loin de savoir en quoi consistaient leurs collections de livres.
2 Le détail de ses manuscrits nous est fourni par son testament en date du 20 sep- tembre 1407. (Fr. Duchesnc, Histoire de tous les cardinaux françois, t. II, p. 461.)
3 L'inventaire de sa bibliothèque a été publié par L.-H. Labande , dans son étude sur ce personnage, parue dans les Annales du Midi, 1895, p. 97.
4 Faucon, t. Ier, p. 30, note 7. — Krhle, p. 148, 151, 152, 154.
5 Ehrle, p. 148.
6 Id., ibidem.
7 Id., p. 153. *ld., p. 156.
9 Id., p. 156, 162.
10 Id., p. 157, 158, 160, 161, 162. " Id., p. 160, 161.
14 Id., p. 161.
13 Id., p. 163.
14 Id., p. 166.
15 Id., p. 167.
16 Id., p. 168.
INTRODUCTION. v
rière, Jean Rousset et Jean Lardât1, Alain « Landebri » , clerc de Bretagne *2; Guillaume de « Gresilha » , clerc du diocèse de Chartres3; Michel Bouteiller4, Hugues Tour- neur, prieur de « Bureriis » ; Richard Fabre5, Germain Sicard6, qui étaient à la solde des souverains pontifes pour la copie des manuscrits, en même temps que les clavaires des évêques d'Avignon confiaient la confection de leurs ter- riers et de leurs cartulaires à Bernard de Cros, chanoine de Saint-Didier; maître Florent" de Sabulo » , Etienne Blandin, Jean Dolbel, notaire 7. Il est à observer que tous ces ateliers fonctionnaient sans préjudice des monastères, dans lesquels se poursuivaient également les travaux de transcription8. Les manuscrits, une fois achevés d'écrire, passaient entre les mains des miniaturistes et des enlumineurs. Quelques- uns nous sont connus pour le XIVe siècle par les extraits de Cameralia que le R. P. Ehrle a publiés, et par le compte de l'évêché d'Avignon, qui forme le registre G 9 des Archives départementales de Vaucluse. Signalons d'abord une artiste femme du nom de Marie 9, puis André de Beau- vais 10, Bartolot ou Barthélémy de Paris11, Hugues Tour-
» Ehrle, p. 169.
2 Id., p. 167.
' Id., p. 170.
* Id., ibidem.
5 Id.. p. 171.
'' Archives départementales de Vaucltise, G 9, fol. 57.
7 Ibid., G 9, loi. 68 v°, 187.
8 A l'exception du Dominicain Antoine Anglade, qui s'attacha à saint Vincent Ferrier et qui fit la copie des mss. 66, 84, 85, 610, 1032, nous ne connaissons pas de nom de copiste pour le XIVe siècle ; mais nous avons Jean Bergundi en 1411 (ms. 607), « Molario » Guillaume en 1435 (ms. 1092), Henri de « Heylicheem » en 1454 (ms. 322), tous chez les Frères Prêcheurs d'Avignon.
9 Archives départementales, G 9, fol. 187. (Cf. ahhé Requin, Documents iné- dits sur les peintres, peintres-verriers et enlumineurs d' Avignon au XVe siècle, extraits des Comptes rendus de la réunion des Sociétés des Beaux-Arts des départements, 1889, p. 5.) Cette citation, comme toutes celles qui seront faites ici de cette étude, renvoie a la pagination du tirage à part.
10 Uhrle, p. 155, 156. 157, 158, 159, 160, 16J. " Id., p. 167.
vi IXTRODUCTIOX.
neur ' , Gautier de Rhodes2, Bernard de Toulouse 3 et surtout le fameux Jean de Toulouse \ dont on peut admirer de belles miniatures dans le Missel dit de Clément VII (n° 130). M. l'abbé Requin, dans ses Documents inédits sur les peintres, peintres-verriers et enlumineurs d'Avignon au XVe siècle, a encore signalé l'enlumineur Jean Bondinelli en 1387 5.
Le même auteur a révélé6 les noms de tous les arti- sans et enlumineurs de manuscrits au XVe siècle, la plu- part d'après les archives notariales. Ce sont les suivants : Alain, « scriptor littere formate », en 1437; Michel Sanche, originaire du diocèse de Séez, en 1441 ; Jean des Plans, d'Uzès, en 1448; Nicolas Prévôt, écrivain et enlumineur, du diocèse de Chartres, en 1458; Guiot Baletet ou Batelet, aussi « escripvain et enlumineur » , qui composa le Livre d'heures, aujourd'hui conservé sous le n°2595 de nos manu- scrits, et sur lequel on trouve des documents de 1408 à 1491 ; Colin de « Toysie », originaire de Tournai, en 1472; Guil- laume Gastel, du diocèse de Rennes, de 1475 à 1485; Georges Trubert, qui fut au service du roi René, de 1482 à 1487; Antoine « Bolety « , en 1485; Etienne « Bolety « , du diocèse de Troyes, de 1482 à 1491 ; Olivier Bon Ami et Pierre Maurice, originaires de Paris, en 1492; Robert de « Rubella » , également de Paris, que l'on trouve à Avignon depuis 1493 jusqu'en 1506; enfin Simon « Bonabuti », de Sanilhac, élève de Robert de « Rubella » , en 1493. On con- naît encore le copiste Imbcrt Joinel, pour lequel on a le prix-fait d'un manuscrit qui lui fut commandé par un étu-
1 Ehrle, p. 171.
2 ld., ibidem.
3 Archives départemonlales, (!'.), fol. 1 ST * Ehrle, p. 171.
1 P. 5.
8 Documents inédits, passim.
IYTROniJCTIOW
diant d'Avignon : c'est un document assez intéressant, surtout à cause de sa rareté1, pour qu'il puisse prendre place ici :
Tradicio ad scribendum pro venerahili viro domino Geraldo Brochuti, in decretis baccalario , in Avinione studcnte.
Anno quo supra Domini MCCCCLXI0 et die uni" niensis jullii, constitutus supradictus dominus Geraldus Brochuti, qui gratis, etc., tiadidit Ymberlo Joynelli, clerico loci de Argentono, diocesis Bituricensis, scriptori, ad scri- bendum tercium librum Panormitani super lercio Decretalium, cum pactis sequentibus. Et primo, quod dictus dominus Geraldus teneatur et debeat eidem Ymberto tradere exemplar ad scribendum dictum librum et dare pro quolibet cisterno quinque grossos et providere sibi de papiro necessario et solvere in quolibet cisterno sibi expedito, prout ita facere promisit, etc. Et vice versa fuit de pacto quod dictas Ymbertus teneatur et debeat dictum librum bene et decenter scribere, melius quod poterit, et continuare, prout jam incepit, necnon ipsum librum finire, nec per alium scriptorem scribi facere; quinymo ipsum librum sua manu scribere, donec fuerit completus et finilus, nisi casus fortuitus superveniat, necnon dictum exemplar custo- dire, ac illud reslituere eidem Brocbuti tociens quociens fuerit requisitus, prout ita facere promisit, etc. Et pro securitate dicti domini Geraidi Bro- chuti, dominus Pelrus Mergerii, in decretis baccalarius, et Jobannes Ber- teli, clericus dicte diocesis Bituricensis, in Avinione studentes, ad preces et rerjuisicionem dicti domini Ymberti et nomine ipsius, pro premissis per eumdem Ymbertum observandis erj]a dictum dominum Geraldum, se îeddi- derunt et quilibet ipsorum se reddidit fidejussorem et principalem observa- torem, etc. Quas quidem promissionem, fidejtissionem, etc., dicte partes promiserunt teneiï... Acta fuerunt bec Avinione in appotbeca mei notarii, presentibus ibidem Henrieo Sily, clerico, notario publico civitatis Corisopi- tensis, et Jolianne Porteroni, aurifabro, habilatoribus Avinionensibus, tes- tibus, etc.
[Minutes du notaire Jean Lorini, conservées dans le fonds Pons, et déposées aux Archives départementales de Yaucluse, registre n" 1.394, fol. 78.]
Une autre question serait à étudier : c'est celle qui a trait au commerce des livres à Avignon pendant le moyen âge. Les documents sont rares, car la généralité des actes concerne seulement des ventes faites par de simples par-
1 M. l'abbé Requin a publié le prix-fait de l'enluminure d'un Missel commandé par le cardinal Jean Rolin à Jean des Plans, d'Uzès (Documents , p. 66), et le prix- fait de la copie et de l'enluminure du Commentaire de Xicolas de Lire sur la Bible, demandé par Jean Feutrier à Xicolas Prévôt (p. 178).
vin INTRODUCTION.
ticuliers à d'autres particuliers1. Il semble bien pourtant (pie les Juifs aient eu la spécialité d'être courtiers et mar- chands de manuscrits. Les Dominicains en achetèrent un en 1463 à des Juifs d'Avignon (c'est le n° 280) ; dans les comptes de l'Université, on trouve des sommes allouées à des Juifs pour prix de leur courtage2. C'étaient eux encore qui, sans doute mieux au courant que d'autres de la valeur des livres, étaient chargés ordinairement de l'estimation des meubles et des manuscrits, dont on faisait l'inventaire lors d'une suc- cession3. La chose était même tellement passée dans les habitudes que le cardinal Lagrange dut interdire dans son testament ce mode de procéder \
Les artistes indiqués ci-dessus, et combien d'autres igno- rés! ont dû produire des œuvres nombreuses : les papes et les cardinaux en ont sans doute emporté beaucoup; cela n'empêcha pas de riches librairies de se créer à Avignon en plusieurs endroits.
A. — LA MÉTROPOLE.
Les évêques et plus tard les archevêques d'Avignon ne paraissent pas avoir cherché à réunir dans leur propre palais des collections de livres; il n'existe aucune trace de bibliothèque formée par eux, même au XVIIe ou au
1 Vente d'un Code avec miniatures, au prix de 18 ducats d'or, par Jean a Palu- rani », prêtre, à Claude de Faucon, bachelier es lois, 18 décembre 1455. (Minutes du notaire Antoine « Agulhacii », fonds Pons, aux Archives départementales de Vaucluse, registre n° 26, fol. 115 v°.) — Vente d'un Missel, au prix de 24 florins, à la confrérie de Saint-Crépin, par Jean « Alieudi », de (îrenoble, prêtre, 14 juil- let 1461. (Minutes du même, n° 38, fol. 104.) — Vente, pour 4 écus d'or, d'une Bible, par Pierre de « Batuto », chanoine d'Uzès, au notaire Antoine a Agullia- cii », 19 octobre 1464 (Minutes du même, n° 41, fol. 14 v"), etc.
2 Archives départementales de Vaucluse, I) 133, fol. 146, à la date du 7 mai 1448.
3 L'estimation des meubles et des livres du cardinal Pierre Blau fut faite par un JuiL
4Fr. Duchesne, Histoire de tous les cardinaux françois, t. II, p. 467.
INTRODUCTION. ix
XVIIIe siècle. Ainsi, dans l'inventaire dressé en 1672 ', à la mort de l'archevêque Azo Ariosto, on ne signala en fait d'ouvrages que le Bréviaire de ce prélat. Il existe bien des bulles, par lesquelles les papes Jules II et Clément VII mena- cèrent de châtiments ceux qui détenaient injustement les livres, chartes, etc., de l'archevêché2; mais il ne s'agissait là évidemment que de pièces d'archives.
Par contre, les chanoines de l'église cathédrale, puis métropolitaine, conservèrent de très bonne heure dans leur trésor de précieux ouvrages. Peu sont arrivés jusqu'à nous : en effet, les 63 manuscrits de la Bibliothèque d'Avignon, que l'on sait pertinemment avoir appartenu à Notre-Dame des Doms, sont presque tous liturgiques. Sur ce nombre, 36 ont une origine connue et révèlent d'anciennes dona- tions; les n09 100 et 204 provenaient de la chapelle des papes; le n° 39 (Homélies d'Origène et lettres de S. Augus- tin) avait été donné en 1237 par Guilhem, abbé de Saint- Ruf; le n° 28 (Ordo epistolarum) avait appartenu au cardi- nal Faidit d'Aigrefeuille; Eudes Monnoyer, prévôt de l'église, avait fait écrire, de 1363 à 1368, le Rituel, qui forme aujourd'hui le n° 101 ; l'évêque Gilles de Bellamera avait fait composer le livre d'offices du n° 177; les Statuta provincialia du diocèse (n° 2599) avaient été donnés par Urbain V; enfin les manuscrits 145-172 et 226 étaient échus au chapitre à la mort de Georges d'Armagnac.
A n'en pas douter, ce ne sont là que des épaves de collec- tions liturgiques et de richesses bibliographiques jadis pos- sédées par les chanoines. Leur librairie reçut en effet quelques donations importantes. Le célèbre canonisfe Gilles de Bel- lamera, après avoir professé à l'Université, joué un rôle utile à la cour de l'antipape Benoît XIII et administré en
1 Archives départementales fie Vaucluse, G 269. a-Ibid., G 7, fol. 72, 80; G 20, fol. 337.
x IYTRODUCTIOX.
qualité d'évêque l'église d'Avignon, leur légua sa biblio- thèque, qui ne pouvait manquer que d'être fort belle '. Plus tard, ce fut le cardinal Georges d'Armagnac, archevêque et pro-légat d'Avignon, qui leur laissa au moins tous les livres de sa chapelle. Cette dernière libéralité nous est plus con- nue; un inventaire, dressé le lendemain même de la mort du prélat, c'est-à-dire le 2*2 juillet 1585, nous a conservé la liste de ces précieux ouvrages. Je le transcris ici; en le par- courant, on y reconnaîtra facilement les manuscrits indiqués ci-dessus comme provenant de ce cardinal.
Extrait de l'inventaire de la chapelle de Georges d'Armagnac.
Cinq livres d'esglise en champ plan, reliez en cuyr blanc, sçavoyr le Psautier, Antiphonerc des dimanches, Antiphonere des Saints, Gradueil et les Introils;
Ung vieulx livre de musique2;
Premièrement une Bible en latin, en deux grandz volumes de vellin escriplz a la main, les images iluminez, couvertz de velours de roze sèche;
Troys libvres des Comenleres de Délira (sic) sur les Espitres de S. Pol, escriptz a la main et couvertz de mesme velours que dessus;
Les euvres de S. Thomas d'Aquin, en seze volumes, couvertz veau, la tranche violete;
Ung livre escript en parchemin, a la main, du Miracle du Saint Sacrement, faict a Laon, avec deux seaux pendans;
De Puiherhaut, Sur les oppositions des Epitres et Evangiles, couvertes en veau rouge doré, la tranche dorée, en deux volumes;
Milleloquium de S. Amhroise, couvert en veau rouge, la tranche violete;
Platine, De la vie des papes, en parchemin blanc;
Ung petit livre italien couvert, parchemin blanc, intitulé : Xovo Portolano ;
Constitutions apostoliques de Castagne, en parchemin blanc;
Claude de Sametes , De rébus Eucarestie controversia, in folio, couvert veau rouge, la tranche dorée ayant au dessus les armoyries de Monseigneur;
Milleloquium Augustini, en veau rouge, la tranche violette;
Ung livre in folio des affigies de noz Sainctz Pères jusques a Pie quint;
Nycephoie Calisle, De l'histoyre ecclésiastique, in folio, couvert parche- min blanc, en françois;
1 Cambis-Velleron, Catalogue raisonné des principaux manuscrits de son cabi- net, p. 73.
9 A la suite de cet article, le manuscrit présente un espace blanc où devait être écrit le titre : Sequitur inventarium librorum.
IXTRODl'CTIOY. xi
Ung gros Breviere romain a neuf trous, couvert de carton et parchemin blanc;
Les Annales de France, en françoys, dorées;
Un g lyvre escript a la main, en françois, intitulé : Les marques de la vr.iye église de Jésus Christ, couvert parchemin doré;
Cinq livres in quarto de musique vellin, escriptz a la main, illumine/, commençans : Pater noster, couverte de velours gris;
Quatre livres de musique en velin, imprimez, commençans : Liber pri- mus de Malhiardo, couvertz en veau rayé de gris;
Cinq aultres lihvres de musique de motelz, escriptz a la main sur papier, couvertz vellin noyr, rayé, doré et argenté, dans un sac cuyr noyr;
Livre de Jean du Serez en parchemin blanc, in 8°; Letre sur le Saincl Sacrement eu parchemin, in oclavo; Letre sur les Adverlissemans crestiens, parchemin blanc, in octavo;
Neuf aultres semblables et reliés de mesmes;
Ung Brevyere romain, in oclavo, couvert veau noyr doré;
Ung Heures en latin, avec la gerbe et devise de Monseigneur, en velin gris doré;
Les prières ordineres par mondict seigneur en autre in octavo parche- min blanc, rayé d'or;
Deux lihvres du Bapfesme des Huguenotz, en ung volume in octavo, veau rouge, la tranche dorée, composez par Monsieur Sargent, religieux de Sainct Dominique et prêcheur de mondict seigneur;
Le livre des préparations de la saincte Messe, escript à la main, en velin illuminé, avec le nom de Monseigneur a chascun feuillet; au premier fullet, les armoyries de mondict seigneur, couvert velours cramoysy;
Ung lyvre servantaux processions, escript en velin a la main, illuminé, avec les armoyries de mondict seigneur, couvert peau de Levant bleue, rayé d'or;
Le Concile de Trante, couvert parchemin blanc;
Les Homélies d'Eschines, in octavo, couvert en bazane noyre;
Le lyvre de Don Eloy Gougoins, Des perfections de PEsglise, in oclavo, couvert veau rouge;
Ung Breviere romain, couvert en veau rouge, rayé d'or;
Les euvres de Martini Aportueta ('?), docteur de Navarre, en quatre vo- lumes in quarto, dont en y a deux couvertz parchemin blanc et deux veau rouge, avec les armoyries de Monseigneur par dessus;
Les euvres d'Anthoyne Georgio, de Bologne, sur les euvres de saint Jean, en parchemin blanc, la tranche dorée;
La Somme de frère Jean Benedicti, religieux de l'Observance, en françois, in quarto, couvert velin rouge, la tranche verte;
Elogium Henrici secundi, Galliarum régis, in folio, couvert veau rouge, surdoré, avec les armoyries de Monseigneur;
Opéra Sancti Bernardi, en latin, in folio, couvert de bazane jaune viehle, appartenant aux frères Jacobins de ceste ville;
Epitome Pontifficum Romanorum a sancto Petro usque ad Paulum quar- tum, couvert parchemin blanc, in folio;
xii INTRODUCTION.
Georgii Vincolii Quadragesimales conriones, in-folio, couvert bazane tancte (sic), appartenant aux frères Celestins de ceste ville;
Ung petit lyvre d'oroisons, escript a la main, couvert parchemin blanc, in quarto ;
Hieronimi a Laurentiis Commentarii, in quarto, couvert parchemin blanc ;
Vingt sept livres des messes solemnelles des bonnes festes de l'année qui se disent a la chapelle du Pape, escriplz de main, en papier, illuminés, cou- vertz velin rouge avec rayes d'or, les tranches dorées, ormis deux quy sont couvertz de noyr et quatre de violet;
Ung aultre semblante livre du Synode, escript a la main, sans estre illu- miné, couvert de velin rouge, la tranche dorée;
Ung livre de messe de mortz, escript en velin, illuminé a la main, cou- vert de velours noyr, avec blouques d'argent et armoyrie de mondict sei- gneur par dessus;
Ung Pontifical romain, couvert velours rouge, avec courdons et au pre- myer fullet y a une grande croix rouge de Flurance;
Ung petit popitre painct, avec les armoyries de mondict seigneur, avec ung petit tapis d'escarlate rouge par dessus.
[Archives départementales de Vaucluse, G, fonds du Chapitre métropolitain, 103, fol. 21.]
D'inventaire et de catalogue général de la librairie du chapitre de la métropole, il n'en existe plus; à l'heure actuelle on ne possède que le relevé dressé dans la pre- mière moitié du XVe siècle par les rédacteurs de l'inven- taire du trésor de Notre-Dame des Doms ' ; mais ces der- niers n'ont pris note que des livres existant dans la sacristie et ont omis de parti pris tous les ouvrages que renfermait alors la bibliothèque elle-même. Si incomplet soit-il, il est cependant intéressant à plus d'un titre; je n'hésite donc pas à le transcrire.
Inventarium Ubrorum exislentium infra sacristiam et in parvo crotino.
Et primo : iinum magnum Pontificale, quod incipit in suo secundo folio : De benedictione diaconissae, elc, et finit in penullimo folio : intercessorie.
1 Ce document, qui se trouve aux Archives départementales de Vaucluse, G, fonds du Chapitre métropolitain, n° 34, a été publié par L. Duhamel, dans la Revue des Sociétés savantes, 7 e série, t. Ier (1879), p. 272.
INTRODUCTION. xm
Item, aliud Pontificale parvura, quod incipit in secundo folio : De officio quintae feriae, et finit in penultimo : liber iste.
Item, aliud parvum Pontificale, quod incipit in secundo folio : Incipit or do, etc., et finit in penultimo : renunciatio propriis.
Item, unus liber benedictionum episcopalium, cum lermaliis argenli deaurati, cum armis quondam domini Tarbiensis episcopi, prepositî Avinio- nensis, qui incipit in secundo suo folio : tagiis, et finit in penultimo : ser- vientis.
Item, unus liber, in quo sunt preparationes episcopales quando vult cele- brare, incipiens in secundo folio : crux, et finit in penultimo : non.
Item, un u m Missale novum, quod incipit in secundo folio : hic mutatur sol, et finit in penultimo : dixit vallc.
Item, aliud Missale magnum cum calendario, incipiens in secundo folio : met Deus, notalum, et finit in penultimo : libi, etiam notatum.
Item, aliud magnum Missale cum calendario, quod incipit in secundo folio : sacerdotem, et finit in penultimo : longe.
Item, unum magnum Missale cum calendario, quod incipit in secundo folio in littera rubea, et finit in penultimo : asperges.
Item, aliud Missale cum calendario, incipiens in secundo folio : stipulis, et finit in penultimo : propitiare ad.
Item, unum aliud Missale parvum cum calendario, cum certis benediclio- nibus, incipiens in secundo folio : titur, et finit in penultimo : secundet ut.
Item, unum Breviarium calhenatum ad usum romanum.
Item, unus Collectarius noms, incipiens in secundo folio : Domi.tira prima, et finit in penultimo : tune.
Item, unus liber Evangeliorum novus, qui incipit in secundo folio : dixe- runt, et finit in penultimo : sis ecclesiam.
Item, alius liber Epistolarum novus, qui incipit in secundo folio : vestrae innotescat, et finit in penultimo : data.
Ilem, unus liber Passionum novus, qui incipit in secundo folio : pau- peres, et finit in penultimo : nunc.
Item, unum Missale cum calendario in membranis, quod incipit in secundo folio post calendarium : hic mittalur, cum littera rubea, et finit penultimo folio : miris est.
Item, unus liber Hymnorum et Passionum notalum per totum in mem- branis, incipiens in secundo folio : assatim, et finit in penultimo : Agnus Dei.
Item, Missalia quinque, in quibus sunt duo nova empta per D. Laboreti.
Item, liber unus Evangeliorum in membranis noviter ligatus.
Item, liber unus Regulae canonicorum regularium, qui incipit in secundo folio : nec erigunt cervices.
De libris autem existentibus in eboro tam Gradualia quatn Responsoria ac alii, cujuscumque sint qualitatis aut denominationis existant, non est opus quod dentur inventario, cum singulis diebus atque horis per singulos sup- positos ipsius ecclesiae videantur et habeantur per manibus.
De libris autem existentibus in bibliotheca pro nunc nullum fiet inventa-
xiv INTRODUCTION.
ri uni, cuin dicatur quod dudiim luerunt laxatae litterae episcopales, etiam sub poena excommunicationis lalae contra omnes quoscumque habentes et detinenles et illos non restituantes libros extrados a dicta bibliotheca, et sic arbitratur quod nullus est immemor suae salutis.
Ordinatur enim quod unum Graduale et liber vocatus le Martyrologe reperietur et relinquelur, prout expedit et est necessarium.
De uno ex Responsoriis videatur per dominos administratores seu redores dictae ccclesiae, et, si sit opus, quod reparetur detur ordo.
Le prévôt du chapitre métropolitain était spécialement chargé de la garde des titres et des archives de l'église, prin- cipalement de ceux de la prévoté. A l'installation de ce fonc- tionnaire ecclésiastique, il y avait donc lieu de procéder au récolement et à l'inventaire de ce dépôt. J'ai eu la bonne fortune de rencontrer celui qui lut rédigé en 1448, lors de la nomination de Pierre Durand. Les manuscrits de la Bibliothèque d'Avignon étant en notable partie composés de pièces d'archives, ce document ne paraîtra pas déplacé ici, d'autant plus qu'il contient encore la désignation d'autres ouvrages.
Sequitur inventarium sive repertorium librorum et jurium prepositure ecclesie Avinionensis, receptorum sub hujusmodi invenlarîo a venerabili capitulo ecclesie Avinionensis per reverendurn Patrem dominum Petrum Durandi, dicte ecclesie Avinionensis preposilum, sub anno a nativitatc Domini millesimo quadringentesimo quadragesimo octavo et die ullima mensis novembris, in mei Jobannis Guichardi, clerici Lugdunensis diocesis, habitatoris Avinionensis, publici auctoritatibus imperiali et regia in regno Francie notarii, presentia et discretorum virorum dominorum Guillelmi Ferrandati, presbiteri bénéficiât! dicte ecclesie, et Pétri Gaufïidi, clerici, in teologia baccalarii, et magistri Alziarii Durandi, notarii publici, curie Sancli Pétri Avinionensis scribe, testium ad hoc vocatorum, etc., neenon etiam per me dictum notarium descriptum, receptum et designatum in presentia venerabilis viri domini .lacobi Rostagni, belemosinarii dicte ecclesie, per dictum capitulum ad infrascripta peragenda, ut dicebatur, deputati, et domini Pétri Ricardi, dicte ecclesie precentoris, prout seriatim sequitur :
Et primo, fuit reperta in quadam capella a parte que est a parte Boree, recti dicte ecclesie et ante introitum graduum cori dicte ecclesie, in qua est sepultus bone tnemorie dominus Renediclus papa, ima capsia de sappo, longiludinis quinque palmorum vel circa, clausa cum chue, in qua luerunt reperta et inventariata sequentia :
Et primo, unus liber in pergameno, continens census et servicia dicte prepositure, copertus cum poslibus et corio viridi, qui liber incipit in prin-
INTRODUCTION. xv
cipio sui primi folii : Victor existons, et finit in eodeni in prima pagina : pontificalus vero, et finit in sui penultimo folio : magister Raymundus Grassi.
Item, unus liber magnns, coopertus de postions et circa ligaturnm de corio viridi, continens recognitiones et servitia dicte prepositure, et incipit in primo sui folio : In notnine Domini, et finit in eodem : hue apposui con- suetum, et incipit in ultimo folio : et singulorum premissorum.
Item, unus liber papireus, in quo sunt scripte cappellanie in ccclesia Avinionensi fundate.
Item, unus liber vocatus terrerius feudorum dicte prepositure, in papiro scriptus, coopertus de corio nigro, incipit in primo folio : Johanna filia, et finit in eodem : als très pilars, et finit in ultimo folio : Henricus nota- rius.
Item, unus liber papireus, coopertus de corio albo, in quo sunt descripln servitia dicte prepositure, incipit in primo folio : Liber censuum, et finit in eodem : de Carniolo, et finit in sui ultimo folio : notant recepit.
Item, unus alius liber in pergameno scriplus, in quo sunt instrumenta acquisition uni factarum per dominum Johannem papam XXII pro quatuor capellaniis in dicta ecclesia fundatis.
Item, quidam liber papireus, in quo sunt descripla servitia domini pape Jobannis XXII et domini comitis Belliforlis.
Item, quidam alius liber in pergameno scriptus de Iictera formata, in qua sunt descripta nonnulla officia ecclesie, et incipit in primo sui folio in rubio : Ad honorent Dei, et finit in eodem : de profectione novitiorum, et finit in sui ultimo folio : cum electis.
Item, unus alius liber in pergameno descriptus, in quo sunt scripta Sta- tuta antiqua presentis civitatis Avinionensis, coopertus cum postibus.
Item, quidam alius liber in pergameno scriptus, in quo est scripta Régula beati Augustini.
Item, unus liber in pergameno descriptus, in quo conlinentur Statuta canonicorum regularium, édita per dominum Benedictum papam duode- cimum.
Item, quidam liber parvus in pargameno (sic) descriptus nonnullorum castrorum, in quibus dictus dominus prepositus ecclesie Avinionensis recipit census.
Item, unus liber notarum brevium, dictus Manuale magistri Terrici de Tornala, de anno Domini millesimo CCCLXXVII, in papiro scriptus et in stricta forma compositus.
Item, quidam liber in pergameno scriptus, coopertus de corio rubeo, in quo continentur ordinaciones et libertates civitatis Avinionensis.
Item, quinque libri Manualia notarum brevium separati et divisi, de diversis annis, scriptarum per magistrum quondam Guillelmum Mosterii, notarium publicum.
Item, unus liber notarum extensarum ejusdein magistri Guillelmi Mos- terii, de anno M°CCC.LXXXV0.
Item, decem libri seu Manualia notarum brevium per magistrum Jobau-
xvi INTRODUCTION.
nem Surrelli, notarium publicum, quondam sumptarum, de diversis annis.
Item, unus alius liber notarum exlensarum per dominum magistrum Johannem Surrelli sumptarum, de diversis annis.
Item, unus Cartularius notarum exlensarum sumptarum per magistrum Andream Genesii, de anno Domini millesimo CCCC.XVK
Item, unus liber antiqus in pergameno scriplus, coopertus cum postibus papiri et pelle viridi, in quo est fundacio ecclesie Avinionensis predicle, ut dicitur. Et incipit dicttis liber : Auctoritas ctenimjubet, etc.
Item, ultima in eadem capsia fuit reperla bulla conservatoric dicti domini prepositi, de bonis que habet extra regnum, in pergameno descripla, bul- lata bulla plumbea more Romane curie impendenti, et fuit per dominum Joliannem papam XXII concessa.
Item, quidam magnus rotulus pergameni, in quo sunt descripte in forma publica Recognitiones prioratus Castri Raynardi, ad eumdcm dominum pre- positum pertinentis, quarum Recognitionum prima fuit sumpta et signala sub anno a nativilate Domini millesimo CCCC.XVI0.
Item, quidam alius rotulus pergameni antiquus, in principio modicum devastatus, in quo sunt descripte in forma publica Recogniciones certe prio- ratus Gravisionensis, diocesis Avinionensis, quarum prima fuit sumpta sub anno Domini millesimo CCC.LV1II0 et secunda mensis febroarii.
Item, unus alius rotulus pergameni antiquus, satis largus, in quo sunt descripte et grossate in forma publica Recogniciones prioratus Darbentane; in principio dicti rotuli est instrumentum procuralionum magistri Bertrand.! Auriaci, factum de anno Domini millesimo CCC° primo et quinta novembris.
Item, unum magnum instrumentum pergameni de buxo, sumptum per magistrum Johannem Surrelli, sub anno Domini millesimo CCC nonage- simo et die décima nona januarii.
Item, unus liber papireus Statutorum provincialium.
Item, unus liber papireus parvus cum postibus papiri, Orationum, scriptus desuper : Iste liber est mei Poncii de Sadone, etc.
Item, liber notarum brevium magistri Poncii Surragni, quondam notarii publici.
Item, ultima premissa in eadem capsia reperta fuerunt nonnulla instru- menta publica cedule scripture, tam in pergameno quam in papiro, descripte tain publiée quam private, que omnia omissa fuerunt designare, propter eorum prolixitatem.
Quibus premissis sic inventariatis... Actum in dicto capitulo, presentibus quibus supra, etc.
Continuacio inventarii predicti.
Anno a nativitale Domini millesimo IIIIC.XLIX° et die sabbati quarta mensis januarii, ego notarius predictus inventariavi et descripsi sequentia...
Et primo, in predicta capella reperta fuit una capsia satis pulcra, clausa, in qua fuerunt reperta sequentia :
Et repertus fuit unus saccus plenus instrumenlis pergameni grossatis,
INTRODUCTION. xvn
inter quos est uniiin instrumentum acquisicionis certorum censuum acqui- sitorum in loco de Felerne, diocesis Vapincensis, antiquum sumptum per magistrum Dalmatium Dulcis, anno M°IHcl 11°, quinto kalendas decembris.
Ilem, unum aliud instrumentum eidem instrumenta preeedenti alligatum, factum anno Domini M°IIICXXXVI0, die oclava mensis aprilis...
Item, unus liber in pergameno parvus, copertus de postibus papiri, in quo sunt instrumenta censuum bladorum; incipit in primo folio : Rubrice instrumentoruminfrascriptorum yinfra quem librum sunt duo instrumenta pergameni.
Testis itaque premissis ac inventario de bonis et juribus predictis, sic ut premictitur, per me notarium descriptis et designatis, in presentia quorum supra lestium ad bec vocatorum, eisdem die et bora terciarum, persona- liter constitutus preiatus dominus preposilus in clauslro dicte ecclesie Avi- nionensis...
Et hic est finis presentis manualis.
Guicharm.
[Bibliothèque d'Avignon, ms. 2487, fol. 154.]
Les autres églises d'Avignon étaient fort riches au moins en livres liturgiques : il suffît, en effet, de rappeler que chaque fondation de chapellenie (et ces chapellenies furent innom- brables) entraînait donation du missel et des autres livres nécessaires à la célébration des offices. De tout cela il ne nous est pour ainsi dire rien resté. Au siècle dernier déjà, la plupart de ces manuscrits avaient disparu : en des temps malheureux on les avait vendus, ou bien la négligence de leurs possesseurs les avait égarés. Pourtant on conservait encore quelques volumes auxquels étaient attachés de pré- cieux souvenirs : c'est ainsi que le marquis de Cambis-Vel- leron vit dans les archives de la collégiale de Saint-Pierre et étudia au point de vue liturgique le Alissel du cardinal Simon de Langham, mort le 22 juillet 1376 et inhumé en la Char- treuse de Bonpas1. Ainsi peut-être nous est parvenu cet autre Alissel, de magnifique composition, qui appartint à l'église de Saint-Didier et qui porte les armoiries du cha- noine de Naples Ricardi de Ricardinis (n° 138).
1 Observations littéraires, manuscrit de la Bibliothèque d'Avignon, ri*- 2000, fol. 39 v°.
TOME XXVII. b
xviii .INTRODUCTION.
II. LES DOMINICAINS OU FRÈRES PRÊCHEURS.
Si des églises on passe aux couvents d'Avignon, il est facile de constater les mêmes dilapidations. Pourtant les regrets sont tempérés : deux bibliothèques, très riches en manuscrits importants, ont été conservées au moins en par- tie. La première est celle des Dominicains; la seconde, celle des Célestins.
Les Frères Prêcheurs s'établirent de très bonne heure à Avignon; leur couvent devint vite célèbre, tant par l'opu- lence à laquelle il arriva que par les hommes éminents qui y vinrent professer. S. Thomas d'Aquin y enseigna la phi- losophie ; le pape Jean XXII aimait à le fréquenter ; plus tard, S. Vincent Ferrier y résida pendant de longs mois. De plus, des fondations y furent faites pour l'entretien de moines étudiants, surtout depuis la création de l'Université avignon- naise. Ce fut donc un des monastères qui, jusqu'à la Révo- lution, reçurent le plus de bienfaits. Il serait trop long d'énumérer les illustres personnages, papes, cardinaux, évêques, seigneurs, qui se sont intéressés à ses destinées. Bien des manuscrits ont certainement fait l'objet des libéra- lités des fidèles, et les renseignements que nous avons sur ce point ne font que confirmer cette supposition. Malheureuse- ment les documents concernant les Dominicains sont telle- ment réduits que les Archives départementales de Vaucluse n'en conservent plus que quelques misérables liasses, où il n'y a rien à glaner au sujet de leur bibliothèque.
Nous savons cependant que le pape Jean XXII leur donna la première partie de la Somme de S. Thomas (n° 251) : une mention très explicite, consignée sur un feuillet de ce manuscrit et bien des fois publiée, ne laisse aucun doute à cet égard. A ce propos, on a dit et répété très souvent que
INTRODUCTION. nx
ce pontife avait été un des principaux bienfaiteurs de ces religieux et leur avait laissé tous ses livres. C'est là une erreur parfaitement démontrée par M. Faucon ' et le R. P. Ehrle2, et sur laquelle il n'est pas besoin d'insister ici. M. Faucon pensait pourtant que le Sanctoral de l'évêque de Lodève, Bernard Gui (n09 296, 297), qui est arrivé cà la Bibliothèque d'Avignon par l'intermédiaire des Frères Prê- cheurs, venait encore de Jean XXII : le P. Ehrle l'a juste- ment contesté. Cet ouvrage, dit-il, a plutôt été donné par l'auteur lui-même. La chose n'est pas impossible; mais en tout cas Bernard Gui n'a certainemement pas laissé aux Dominicains d'Avignon le manuscrit de sa compilation his- torique sur leur Ordre. Pour s'en assurer, il suffit seulement de constater que de toutes les listes de prieurs qui sont dans ce volume, celles de différents couvents ont été continuées pour plusieurs années, notamment celle de Carcassonne qui va jusqu'en 1368, tandis que pour Avignon aucune addition n'a été portée.
Gui de Malesec, connu sous le nom de cardinal de Poi- tiers, enrichit aussi la librairie dont il est maintenant ques- tion. Voici le texte même de sa donation, extraite de son testament en date du 12 septembre 1407 3 :
« tem, lego conventui Fratrum Praedicalorum de Avinione libros infe- rim designatos. Et primo, Alilleloquium Augustini; librum de Trinitate beati Hilarii; librum de vera religione, cum multis aliis tractatibus Augus- tini in eodem volumine, coopertum postibus cum pelle alba; librum Con- fessionum, incompletum, sine postibus; librum Alexandri de Alis super secundo et tertio Sententiarum in duobus voluminibus; très libros Origenis in tribus voluminibus super Velus Testamentum, et Historiam scholas- ticam. »
On peut affirmer que la plupart des ouvrages ci-dessus
1 Op. cit., t. Ier, p. 39.
s Op. cit., p. 579, 580.
3 Fr. Duchesne, Histoire de tous les cardinaux français, t. II, p. 461.
xx INTRODUCTION.
mentionnés, pour le moins, sont perdus pour nous. Que l'on juge d'après cela si les 168 manuscrits, que nous possédons aujourd'hui de l'héritage des Dominicains, représentent la totalité des livres qu'ils ont eus à un moment donné! En dehors de la première partie de la Somme de S. Thomas et des ouvrages de Bernard Gui déjà signalés, 34 de ces manuscrits portent la mention de leur provenance : ce sont presque tous d'anciens livres de prieurs et de Frères, dont les dépouilles ont appartenu au couvent après leur mort. Voici leurs noms : Antoine Anglade (n09 66, 84, 85, 610, 1032), maître Barthélémy « de Riquetis » (n09 260, 2082), Martial d'Auriheau (n09 309, 321, 1214), Pierre « Rupliy » (n° 311), Mathieu Chanzet (n° 323), Pierre Potier (n° 330), Claude Bassinet (n° 334), Nicolas Bermond (n° 495), Claude «Pandrani » (n° 592), François Arnaud (n° 595), « Mar- honno Vicenti » (n" 605), Claude Fabre (n° 607), Etienne Bœuf (n° 1083), Louis Selaqui (n° 1100) et Louis Perrin (n° 1118).
C. LES CÉLKSTIXS.
« La bibliothèque la plus splendide et la plus entière de cette ville (d'Avignon), disait en 1644 le P. Louis Jacob dans son Traicté des plus belles bibliothèques publiques et par- ticulières1, est celle des Pères Celestins, qui, outre un grand nombre de livres imprimez, possède encore divers anciens manuscrits. »
On sait quelle fut l'origine de ce monastère. Le cardinal Pierre de Luxembourg ayant désiré être enterré dans le cimetière des pauvres gens, situé hors de la porte du Pont- Fract, sa tombe Cul immédiatement l'objet de la vénération
1 Paae611.
IXTRODUCTION. «i
universelle. Des miracles s'y produisirent, et les l'ouïes s'y rendirent en pèlerinage. Robert de Genève, l'antipape connu sous le nom de Clément VII, ordonna d'abord d'entourer cette sépulture d'une grille de fer; en 1389, Marie de Bre- tagne, reine de Sicile, veuve de Louis III d'Anjou, fit con- struire au-dessus une petite chapelle en bois. La dévotion des fidèles ne lit qu'augmenter, à tel point que le Souverain Pontife résolut de fonder un monastère en cet endroit; il y appela des religieux du couvent des Célestins de Gentilli et leur constitua en premier fonds de propriété toutes les offrandes faites au tombeau du Bienheureux. Un inventaire en fut dressé le 18 septembre 1393 1 ; nous y remarquons les mentions suivantes : « Duo Missalia ad usum romanum. Liber cantus novi, cum armis cardinalis de Novo Castro (Jean de Neufchâtel). »
Immédiatement on se mit à l'œuvre et, le 25 juin 1395, en présence des ducs Jean de Berry, Philippe de Bourgogne et Louis d'Orléans, on posa la première pierre de l'église. Les dons affluèrent avec une telle rapidité que le monastère devint aussitôt un des plus riches et des plus importants de la ville d'Avignon : rien d'étonnant à cela, la cour ponti- ficale, le roi de France, les cardinaux, les oncles et le frère de Charles VI, les membres de la maison de Luxem- bourg', etc., rivalisèrent de zèle pour le combler de lar- gesses. Aussi relevons-nous nombre de mentions de manu- scrits donnés à cet établissement.
C'est d'abord François de Conzié, archevêque de Nar- bonne et camérier du Pape, au nom de Clément VII. Celui-ci avait eu le dessein, peu de temps avant sa mort, de fonder à Annecy un monastère de Célestins, pour lequel il avait fait
1 II a été conservé par le P. Xicolas Malet, dans son Histoire des Célestins d'Avi- gnon, ms. 2885, fol. 6, et publié par L. Duhamel, Les œuvres d'art du monas- tère des Célestins d'Avignon, dans le Bulletin monumental, 1888, p. 235.
xxn INTRODUCTION.
préparer divers objets mobiliers, entre autres des livres. Dans ses comptes, on trouve en effet, à la date du 6 juillet 1393, la somme de 25 florins, payée « magistro Johanni de Tholosa, illuminatori, pro solvendo sexdecim scriptoribus et notatoribus, qui faciunt libres Celestinorum, quos domi- nus Papa vult mittere apud Ancssiacum, Gebennensis dio- cesis1 jj . Malheureusement, il n'eut pas le loisir de mettre son projet à exécution : il mourut le 16 septembre 1394. Mais François de Conzié prit occasion de la translation de sa dépouille mortelle dans la nouvelle église des Célestins d'Avignon, le 8 septembre 1401, pour remettre à ceux-ci les présents que Clément VÏI destinait aux futurs religieux d'Annecy. Voici donc ce qui fut inscrit à ce propos dans le martyrologe du monastère; je ne copie que ce qui a rapport aux manuscrits :
« Idem dominus camerarius monumentum ibidem marmoreum cum can- cellis ferreis notabiliter et honorifice construi fecit, necnon occasione hujus- modi multa ipsius domini démentis bona pro quodam monasterio ordinis nostri, quod idem dominus Clemens, dum viveret, in Anessiaco, Geben- nensis diocesis, facere proposuerat, dudum preparata... nobis et monas- terio nostro donari procuravit, videlicet : duo magna et notabilia dominica- rum et sanclorum Gradualia, Antiphonaria duo solennia, quatuor Psalteria magna, duas Biblias solennes, Collationes Patrum notabiles, Spéculum sanclorale in tribus magnis voluminibus, unum iMissale notabile et ununi aliud competens8... »
Rappelons que la Bibliothèque d'Avignon garde au moins deux de ces ouvrages : une Bible, en deux volumes (n0' 1, 2), et un Missel (n° 136).
Le même martyrologe, dont la rédaction primitive est
1 Ëbrlc, p. 171. — A rapprocher encore ces deux mentions extraites des Catne- ralia : 8 novembre 1390. a Ilem, magistro Michaeli Buticularii, scriptori, qui scribit unum Missale pro domino nostro Papa, in deductionem laboris sui, X flor. currentes; valent VIII flor. camere, XVI sol. ■> (Erhle, p. 170.) — 10 novembre 1390. « Item, magistro Johanni de Tholosa, illuminatori librorum, in deductionem eorum que sibi debentur pro illuminationc nnius Missalis, <|uod facit fieri dominus nosterPapa, XX flor. currentes ; valent XVIII (lor. camere, III I sol. i (Id., p. 171.)
2 Martyrologe des Célestins, ms. 1753, fol. 11.
IMTRODI'CTIOW xxin
antérieure à 1422, rapporte ensuite les quelques donations de livres qui suivent :
De Jean Allarmet, cardinal de Brogny, deux Missels1, dont un est qualifié de « notabile » . (Se P. Malet, dans son Histoire des Célestins, est plus explicite : « duo Missalia elegantioris formae, picturis et effigiebus sanctis illus- trata2. » )
De François de Conzié, déjà nommé, un très beau Mis- sel3. (Le martyrologe de 1717, publié par L. Duhamel, porte : « insuper multos et diversos libros... donavit4. »)
De Jean de « Vernhio » , registrateur des lettres aposto- liques : « Unam Bibliam competentem, unum librum beati Dyonisii Ariopagite, aliquos alios parvos libros 5. »
De Gérald Gui, chanoine des églises du Puy, de Carpen- tras et de N.-D. de Villeneuve, abréviateur et copiste des lettres apostoliques, un Missel et trois Bibles6.
De Henri du Mont, prévôt de l'église de Riez et secré- taire du cardinal de Florence, qui fit les Célestins ses léga- taires universels : « Unum pulcherrimum et notabile Decre- tum, unam Bibliam parvi voluminis, glosam ordinariam super Matheum et Marchum, glosam ordinariam cum textu epistolarum Pauli, Exposicionem magistri Nicholay de Lira super Psalterium, librum de Anima, Summam de viciis et virtutibus modici valoris, Summam confessorum, unam Legendam auream, librum Ruralium commodorum, Epi- stolas Pétri Blesensis7. »
De Bernard « de Fabrica » , chanoine de l'église Saint- Pierre d'Avignon : « Quasdam Décrétâtes, tractatum mora-
1 Martyrologe des Célestins, ms. 1753, fol. 13.
* Ms. 2885, fol. 169 v°.
* Ms. 1753, fol. 17 v".
A Les œuvres d'art du monastère des Célestins d'Aoionon, loc. cit., |>. 220.
5 Martyrologe îles Célestins, ms. 1753, fol. 21 v°.
6 Ibid.,îa\. 26.
7 Ibid., fol. 26 v\
xxiv INTRODUCTION.
lem de septem viciis, quemdam parvum librum Scintillarum Bede'. »
Signalons encore le cardinal Hugues de Saint-Martial, qui laissa par testament tous ses biens aux Célestins d'Avi- gnon, en 1399 2.
Cependant ce martyrologe est loin d'être complet et de rapporter toutes les donations de livres ; il a même parfois oublié quelques généreux bienfaiteurs. C'est ainsi qu'il a omis d'indiquer que le cardinal Amé de Saluées avait laissé deux Missels3, et que le cardinal Guide Malesec avait fait le legs que voici :
k Item, lego convenlui Coeleslinoruni Avinionensium libros qui sequun- tur. Et primo, librum qui vocatur Stimulus sahationis humanae, cum pos- tibus et cum bistoriis depictis ab infra; librum Papae, cum pelle rubea; et Flores Bernardi, cum postibus et pelle viridi. »
Pendant ce même temps, les charges des religieux étaient lourdes, et, pour y faire face, ils durent consentir à de pénibles sacrifices. Le P. Nicolas Malet, leur historien, nous apprend qu'ils furent contraints de vendre des livres et objets pré- cieux « pro arreragiis beneficii de Gigoniano » . Il signale même, parmi les manuscrits aliénés, un Graduel cédé aux Célestins de Gentilli au prix de 32 florins, le Bréviaire « Gaillardi de Nova ecclesia » et les œuvres de S. Denis l'Aréopagite4.
Depuis 1422, les legs ou donations de livres continuèrent à être enregistrés dans le martyrologe des Célestins, ou bien le souvenir en a été conservé par d'autres documents. Il faut donc mentionner ici les libéralités de Pons Tren- quier, docteur es lois, qui laissa à ces religieux par testa-
1 Martyrologe îles Célestins, ins. 1753, loi. 27.
s Ibid., fol. 20.
3 P. Malet, ms. 2885, fol. 176 v°
* Ibid., fol. 430 v°.
INTRODUCTION. xxv
ment, le 23 lévrier 1433, tous ses manuscrits et vête- ments et toute sa vaisselle d'or et d'argent ' ; du cardinal Jean Ilolin, qui donna à la chapelle fondée par lui dans leur église un Missel magnifiquement enluminé par Jean des Plans, d'Uzès2; de Jean Cadard, conseiller du Hoi et sei- gneur du Thor, et de son fils Pierre, qui avaient promis, le 9 juillet 1449, de bâtir une chapelle et de l'orner de calice, missel, ornements, etc.3; du cardinal Pierre de Foix, qui fit les mêmes largesses'4; de maître Pierre « Manhaci », maître es arts, bachelier en décrets, recteur des écoles du diocèse de Limoges et habitant du Buis, qui légua quelques livres estimés 120 florins, avant de s'endormir du dernier sommeil en 1451 5 ; de Jean Busquet, chanoine de Saint- Didier et recteur des écoles d'Avignon, dans l'héritage duquel les Célestins trouvèrent une valeur de 3,000 florins en manuscrits, objets mobiliers et argent monnayé 6 ; de l'illustre Madeleine Lartessuti qui, en 1538, leur remit le Corpus juris avilis (n° 059), dont la merveilleuse facture a excité l'admiration générale, même chez ceux qui, au siècle dernier, faisaient profession de dédaigner les productions du moyen âge; de Gabriel « Autanesii » (n° 347); et enfin, au XVIIe siècle, du frère du P. Nicolas Malet, qui laissa pour 1,400 francs de livres et de meubles7. Ce ne sont là que les noms de quelques bienfaiteurs ; il y en eut certaine- ment beaucoup d'autres, que le temps a fait oublier.
D'ailleurs, ces donations ne furent pas la seule source d'où provinrent les manuscrits aujourd'hui conservés en la
1 Sou testament est conservé aux Archives départemeulales de Vaucluse, H, fonds des Célestins d'Avignon, n° 16. Cf. Martyrologe, ms. 1753, fol. 33 v°. ! Abbé Requin, Documents , p. 18 et 66. 5 Ms. 1753, fol. 35. * lbid., fol. 36.
s lbid., fol. 38. Cf. P. Malet, ms. 2885, fol. 331 v". 8 lbid., fol. 39. 7 Ms. 2885, foi. 331.
xxvi INTRODUCTION.
Bibliothèque d'Avignon; plusieurs ont été écrits dans le couvent par ceux qui l'habitaient ou bien ont fait partie des archives mêmes des Célestins ; tels sont les n08 223, 229, 271, 315, 348, 351, 352, 015, 627, 697, 957, 1321, 1323, 1363, 1438, 1753, 1754, 1755, 1870, 2782, 2885. Enfin, quelques autres ont pris place dans leur librairie, après avoir appartenu à des monastères du même Ordre : ils y ont sans doute été apportés par des religieux, ou encore ils y sont arrivés après la dispersion des moines qui les peu- plaient : c'est ainsi que les Célestins de Marcoussis ont pos- sédé les mss. 11 et 1439; ceux de Villeneuve près Soissons, le ms. 16; ceux des Ternes, les mss. 90 et 238; ceux de Sens, le ms. 131 ; ceux de Gentilli, les mss. 233, 1098 et 1358; ceux d'Ambert, les mss. 237, 348 et 611; ceux de Rouen, le ms. 331; ceux de Vichy, le ms. 712; et ceux de Saint-Pierre « de Castris » , en la forêt de Cuise, le ms. 714. On sera peut-être étonné de ne pas trouver prononcé dans cette nomenclature le nom de Jean Gerson, qui passe pour avoir légué toute sa bibliothèque aux Célestins d'Avi- gnon. Selon certains auteurs, elle aurait été le fonds prin- cipal de leur librairie. A l'appui de cette affirmation, on cite une lettre écrite de Lyon par Gerson lui-même, au mois de novembre 1428, et publiée dans toutes les éditions de ses œuvres*. « J'ai eu le dessein, dit-il dans cette lettre, de réunir pendant ma vieillesse un trésor de livres salutaires, autant que me le permettait ma pauvreté. Il m'a paru con- venable d'en faire le dépôt chez des Célestins (ici Gerson fait un jeu de mots bien digne de son temps : « In Coeles- « tinis, velut in quibusdam coelis aut coelestibus habita- « culis » ), principalement parce que j'ai deux frères qui ont fait profession dans cet Ordre. Accueillez donc favorable-
1 Voir notamment l'édition de Paris, 1521, 2e partie, fol. 209, 2e col.
INTRODUCTION. xxvn
mont mon projet, Pères et Frères très chers, et lorsque ce petit trésor vous arrivera, gardez-le dans voire couvent d'Avignon, non pas pour l'aliéner, ni pour le cacher, mais pour le communiquer selon le gré de votre supérieur. » Il ajoute qu'il s'est disposé à dresser le catalogue de tous les ouvrages ainsi donnés, non seulement de ceux qu'il a écrits lui-même, mais encore de ceux qui ont été composés par d'autres auteurs. Cette lettre est donc bien explicite; d'autre part, je me garderai bien d'en contester l'authenticité, faute de moyens de critique. Cependant il est à peu près certain que jamais les Célestins d'Avignon n'ont recueilli la bibliothèque de Gerson. Aucun texte, sinon le document ci-dessus analysé qui annonce seulement une intention, ne l'indique : le martyrologe n'en parle en aucun endroit, il ne nomme même pas Gerson ; pas un acte des XV et XVIe siècles n'y fait allusion. Voici encore une autre raison : à supposer que les Célestins aient réellement hérité du chancelier de Paris, que seraient devenus ces manuscrits? Xous connais- sons la provenance de près de la moitié de ceux que ces religieux nous ont conservés : aucun ne peut être attribué à cet héritage. Bien plus, de tous les traités théologiques, philosophiques, etc., possédés en manuscrits par les Céles- tins au siècle dernier, il n'y en a pas un seul de Gerson, quand il y en a plusieurs, et de très rares, de son contem- porain Pierre d'Ailly. Les intentions de Gerson n'ont donc pas été exécutées; il a suffi pourtant qu'elles aient été mani- festées pour que, dès le XVIe siècle, la tradition s'accréditât que les Célestins d'Avignon tenaient la plupart de leurs manuscrits de la libéralité de ce personnage et pour qu'eux- mêmes, les premiers intéressés, en fussent persuadés.
Il n'existe pas actuellement d'ancien inventaire des livres de ces religieux; le seul que nous ayons a été dressé en 1765, alors que depuis un siècle leur bibliothèque ne rece-
xxviii INTRODUCTION.
vait plus guère d'accroissement. Je publie ici toute la partie relative aux manuscrits; elle est suffisamment détaillée pour que nous reconnaissions aisément les volumes; afin de faci- liter encore les recherches, j'ai fait suivre entre crochets le numéro (pie porte aujourd'hui l'ouvrage décrit. Ce catalogue est extrêmement important pour nous, car il nous donne une liste complète de ce que conservaient les Célestins d'Avignon à la veille de la Révolution; il nous permet en outre de con- stater que leurs richesses bibliographiques ne nous sont pas parvenues intégralement; quelques ouvrages, et non des moins précieux, ont disparu. A remarquer enfin que le livre d'heures du Bienheureux Pierre de Luxembourg n'y est pas porté; ce manuscrit était en effet gardé comme relique et placé à part.
Catalogus tum codicum manuscriptorum tum librorum typis manda- torum in omni génère scicntiarum, qui extant in bibliotheca RR. PP. Celes- tinorum Avenionis... anno salutis M.D.CC.LXV.
Codices manuscripti,
Quorum plurimi ex bibliotheca Joannis Gerson, Parisiensis Academiae cancellarii, quam RR. PP. Celeslinis Avenionensibus dédit, ut patet illius epistola Lugduni scripta, anno incarnationis M. CCCC. XXVIII...
Scriptura sacra et lilurgia. In-folio.
1 B 1. Biblia, in rnembrana maxima, tribus in voluminibus disposita, quorum pritnum continet Pentateuclium Moisis, cum libris Josue, Judicum et Ruth; secundum, libros Regum IV, Paralipomenon II, Esdrae II, Tobiae, Judith, Esther et Job; terlium vero Novum Testamentum; cum lilteris miniatis et figuratis [1-2].
Haec tria Bihliorum volumina pertinuere ad Clementem VII, electum in summum pontificem 20 septembris 1378 et mortuum 16 septembris 1394; sepultus est Avenione in eclesia PP. Celeslinorum, quam edificare curave- rat, dum tenuit Sedem.
1 B 2. Ribliorum volumen alterum, in rnembrana minori, in quo sunt librî III Salomonis, scilicet Parabolae seu Proverbia, Ecclesiastes et Canti- cum canticorum, libri Sapientiae et Ecclesiastici, prophetiae Isaiae et Jere- miae, una cum lamentationibus et oratione ejusdem, prophetiae Baruch et epistolae Jeremiae ad captivos Babylone sedentes, prophetiae Ezechielis et
INTRODUCTION'. xxix
Danielis, duodecimque Prophetarun: minoruiu et Machabaeorum libri II; cum litteris minialis et figura lis.
1 B 88. Missale secundum consuetudinetn curiae Homanae, cum figuris et litteris miniatis et deauratis, in membrana [136].
Pertinuit hoc Missale ad Clementem VII, cujus insignia sunt in capite.
1 B 89. Missale, ad usuin Palrum Celeslinorum de Avenioue, cum litteris miniatis, in membrana.
1 B 91. Psalterium, ad usum domini de Boucicault, F ranci ae marescalli, cum figuris et litteris miniatis et deauratis, in membrana [10].
1 B 92. Psalterium aliud, ad usum Patrnm Celestinorum de Avenione, una cum hymnis per annum, cum litteris miniatis, in membrana.
I B 90. Epistolae et prophetiae quae leguntur in missa per annum, ad usum Palrum Celestinorum, cum figuris et litteris miniatis, in membrana [29].
1 B 94. Capitula et orationes per annum, ad usum Palrum Celestinorum, cum litteris minialis et deauratis, in membrana [221].
1 B 93. Lectiones offîcii per annum, ad usum Patrum Celestinorum, cum litteris miniatis et majusculis figuratis, in membrana maxima [119].
1 B 95. Antiphonarii suplemenlum, ad usum Patrum Celestinorum, cum litteris miniatis, in cbarta magna.
Scriptura sacra et liturgia. In-octavo.
■i A 112. Biblia, in membrana purissima, majori forma, cujus inilium sunt haec verba : Frater Ambrosius, et terminatur bis alteris verbis : cum omnibus vobis. Amen. In illis [sic) autem reperiuntur omnes libri la m Veteris quam Novi Testamenti secundum ordinem Vulgatae, et sunt libri III et IV Esdrae. Est etiam post librum Apocalypsis index vocum bebraicarum, cum interpretatione, in ordine alphabetico dispositus. Post indicem repe- riuntur adhuc capitula Bibliorum, metrificata per fratrem Bartholomaeum Trudetini, ordinis Praedicatorum, a libro Genesis usque ad Isaiam inclu- sive; et licet scripta cum litteris miniatis, sicut sunt omnes libri Veteris et Novi Testamenti et index vocum bebraicarum, videntur et sunt rêvera recen- tioris caracteris, quamvis saeculi XV.
4 A 113. Biblia, in membrana puriori, majori forma, cujus initium sunt baec verba : Frater Ambrosius, et terminatur bis alteris verbis : cum omni- bus vobis. Amen. In illis (sic) autem reperiuntur omnes libri tam Veteris quam Novi Testamenti secundum ordinem Vulgatae et sunt libri III et IV Esdrae. Est etiam post librum Apocalypsis index vocum bebraicarum, cum interpretatione, in ordine alphabetico dispositus. Post indicem, caracteribus diversis, reperiuntur Teslamenta duodecim Patriarcharum, in quibus sunt aptissimae atque pulcherrimae de Cliristo prophetiae, quas nuper transtulit magister Norbertus Grossum Caput, Licoliensis (sic) episeopus, de graeco in latinum, tum summulae sacrae Scripturae seu sufficientia librorum Biblie, nominaque librorum Bibliae et expositores sacrae Scripturae. Omnia autem haec cum litteris miniatis [4].
xxx INTRODUCTION.
4 A 114. Biblia, in membrana puriori, minori forma, incipientia (sic) hisverbis : Frater Ambrosius, etterminata his alteris : cum omnibus vobis . Amen. Sunt in capite istius codicis aliquot Scripturae loca et index episto- larum el evangeliorum, quae anni tempo rib us legebantur in missa diebiis dominicis festivitatibusque per annum, ex quo indice videtur liaec Biblia scripta fuisse ante XII saeculum. Sunt etiam in fine diversis caractcribus quaedam circa Evangelium anli<pia carmina, post quae legitur : « Anno Domini M.CCCC.LXXXIII0, mensis martii, die veneris, fuit reperta ista Biblia per fratrem Petrum de Podio, sacristain, in capella Sancti Marlialis. « Quae verba sunt scripta caractère omnimode diverso, absque litteris minia- tis, quae sunt in codice.
4 A 115. Biblia, in membrana puriori, minori forma, his verbis inci- pientia (sic) : Frater Ambrosius, et his alteris terminata : cum omnibus vobis. Amen. Laus libi sit, Clirisle, quod liber explicit vite. Post haec verba sunt aliquot Scripturae loca, alio caractère scripta, tum index vocum hebraicarum caracteris quo scripta Biblia et pariter cum litteris miniatis. Post indicem vero alia Scripturae loca, caracteris similis aliorum locorum etdemum variae annotationes circa festivitates per annum, quae festivitates indicant codicis hujus anliquitatem.
5 A 89. Introitus et orationes pro missis aliquot festivitatum, aliquotque sanctorum, ad usum PP. Celestinorum, cum litteris miniatis. Incipit hic codex bis verbis : Missa in honorent sanctissimae Trinitatis , finit et ter- minatur istis : de sancto Martino, quae sunt de tabula. Continet hic codex Medilationes aliquot sancti Bernardi. In charla [144].
5 A 92. Diurnale anliquissimum in charla, ad usum PP. Celestinorum, cum litteris miniatis [105].
4 A 13. Psalterium antiquissimum, in quo sunt etiam cantica et litaniae cum orationibus juxta ritum antiqutim. In membrana, cum litteris miniatis, figuratis et deauratis.
4 A 11. Capitula officii per annum et lectiones officii defunctorum. In membrana, cum litteris miniatis [120].
4 A 72. Liber Psalmorum, in charta, cum nolis tum interlineatis tum in margine; sunt etiam in fine hymni aliipiol [21],
Scriplura sacra et liturgia. //i-12 et aliis minoribus formis.
4 A 110. Biblia, in membrana purissima, forma minori, cujus initium : Enim quanti hodie putant se nosse litteras , quae verba sunt paragraphi quinti epistolae sancti Hieronymi ad Paulinum. Ultima autem verba : cum omnibus vobis. Amen. Kst adhuc in fine index vocum hebraicarum, cum interpretatione, per ordinem alphabeticum. Et scriptus est codex cum lit- teris miniatis majusculisque figuratis eadem manu.
G A 9S. Breviarium, in charta cum litteris miniatis, ad usum PP. Celes- tinorum [131].
0 A 24. Breviarium, in membrana, cum litteris miniatis, ad usum PP. Celestinorum. In hoc codice sunt rubricae ordinis [129].
INTRODUCTION. xxxi
6 A 99. Diurnale monasticum, in charta, ciim litteri s miniatis. Scriptus calendarius est initio codicis [10].
0 A 20. Officium diei, de tempo re et sanctis pro toto amio, ad iisuui ordinis Celestinorum, cum litteris miniatis [125].
G A 27. Officium beatae Mariae Virgînis, cum variis praecalionibus, ad usum ordinis sancti Benedicti. In membrana, cum litteris miniatis.
G A 36. Orationes diversae, in membrana, ad usum ordinis Celestino- rum [223].
7 A 30. Psalterium, in membrana, ad usum ordinis Celestinorum, cum litteris miniatis [14].
7 A 29. Breviarium velustissimum, in membrana, ad usum ordinis Celes- tinorum, cum litteris miniatis [130].
7 A 28. Breviarium vetustissimum, in membrana, ad usum ordinis Celes- tinorum, cum litteris miniatis 132].
7 A 33. Diurnale, in membrana, ad usum ordinis Celestinorum, cum litteris miniatis [104].
7 A 32. Diurnale cum calendario, in membrana, ad usum ordinis Celes- tinorum, cum litteris miniatis et deauratis.
7 A 31. Psalterium cum canlicis, in membrana, ad usum ordinis Celes- tinorum, cum litteris miniatis [12].
7 A 34. Diurnale monasticum, cum calendario, in membrana, ad usum ordinis Celestinorum, cum litteris miniatis [27],
7 A 35. Diurnale monasticum, cum calendario, parlim in membrana, parlim in charta, ad usum ordinis Celestinorum, cum litteris miniatis.
7 A 110. Diurnale monasticum, in membrana, ad usum ordinis Celesti- norum, cum litteris mininlis.
7 A 37. Psalterium beatae Mariae virginis, tum Psalmi poenilentiales et Manuale sancti Augustini, parlim in membrana, partim in charta, cum lit- teris miniatis [11].
Expositores. In-folio.
1 A 1. Augustini de Ancona, ordinis sancti Augustini, Commentarii in Evangelium sancti Matbaei, in membrana, volumina duo, quorum secun- dum incipit bis verbis : Egressis aulem Mis, et terminatur istis : in saoula saeculorum. Amen. Post quae sunt tituli capilulorum omnium. Primum vero bis verbis incipit : Cum quietum silentium, et istis terminatur : înstruen- dum, sicut dicit Gregorias. Codex hic est cum litteris miniatis scriptus et sunt majusculae figuratae et deauratae [71-72].
1 A 2. Ludolphi Carthusiani de Vita Christi, in membrana, volumina tria, quorum primum incipit his verbis : Stat etiam Dominus Jésus, et ter- minatur istis : apud te semper manere. Amen. Post quae sequitur index capi- tulorum et tabula de contentis in boc volumine, pro lectura refectorii. Diversa manu scriptum volumen secundum incipit his verbis : Et abiit ilerum Jésus, et bis terminatur : misericordia mereri. Amen. Et sequitur rubrica. Verbis istis incipit volumen terlium : Aune, secundum Hieronimum, et istis termi-
xxxn INTRODUCTION.
nalur : corporis et animae singulorum. Amen. Posl quae sequitur rubrica. Sunl autem litterae majusculae miniatae, figuratae et deauratae.
2 A 7. Aimonis magîstri Expositio in Epistolas quae leguntur in ini^sa per annum, in membrana. Incipit hic codex his vérins : Paulus, servus Jesu Christi, et lerminatur istis : a virlute viri vocantur. Prima liltera majuscula deaurata, caeterae veto miniatae.
Exjiositores. In-quarto.
3 A 55. Aliquot Scripturae loca commenlario illustrata, necnon SS. PP. Sententiae aliquot circa virtutes et vitia, in charta, sub hoc titulo Loc. com- mun, scripta.
4 A 69. Expositio titulorum totius Psalterii et brevis elncidatio omnium Psalmorum, tum expositio canticorum Veteris et Novi Testamenti, necnon Hortulus florum multifarius sacrae Scripturae, Palrum et doctorum cum ecclesiasticorum, tum prophanorum flore conspersus et denique variarum vocum interprctatio ordine alphabetico. In charta [56].
Expositores. /w-8° et minori forma.
5 A 79. Expositiones aliquot in Evangelia per annum. In charta.
6 A 88. Expositio missae, una cum epilogo mysteriorum ejusdem. In charta, cum litteris miniatis [90].
5 A 91. Nicolai de Lyra, ordinis fratrum Minorum, prologus super Psal- terium, tum sancti Hieronimi in Sepharhallim, quod interpretatur volumen Hymnorum; Prologus et ejusdem liber Hymnorum, editus secundum hebrai- cara veritatem; et etiam antiquorum Scripturae interpretum nomina. In charta, cum litteris miniatis [55].
6 A 95. Sententiae ex libris Proverbiorum, Ecclesiastes et Ecclesiaslici, cum cominentariis. In charta.
Sancti Patres. In-folio.
2 A 4. Sancti Gregorii magni Dialogorum libri IV^, una cum Collationibus SS. Palrum a Joanne Cassiano, cum litteris miniatis et in membrana.
2 A 9. Apologetica sancti Gregorii Nazianzeni, tum sancti Nili monachi Instituta de septem principalibus viliis, et sancti Hieronimi opus de vitis Palrum et illorum dictis, cum nolis in margine Apologeticae. In membrana et cum lilleris miniatis.
2 A 44. Sanctus Hieronymus in vitas Palrum , codex in charta, incipiens a prima Collatione abbatis Moysi de monachi destinatione vel fine, et ter- minatus ad Collationem abbatis Abrahae de mortiticatione, cum litteris miniatis [2i2].
2 A 5. Sancti Hernardi, abbatis Clarevallensis, Sermones per anni circu- lum, a dominica prima Adventus. Qui codex lerminatur sermone pro fes- tivitate unius confessoris. In membrana, cum litteris miniatis.
INTRODUCTION
Sancli Patres. In-quarto.
3 A 56. Fulgentii abbatis epistola ad Franconem monachum; item, Fran- conis rescriptum ad abbatem Fulgenlium et ejusdem Franconis de gratia Dei liber, in tomos XII divisus. In charta [340].
Sancti Patres. In-8° et minori forma.
5 A 17. SancUis Augustin us de cognilione beatae vitae; item, sancti Ber- nardi Sermones de Adventu Domini, et sancti Thomae de Aquino aliquot Exempta de traclatu de cognitione, amore, fruitione, etc. Partim in mem- brana, partim in charta, cum litteris minialis.
6 A 22. Sanctus Auguslinus de Doctrina Christian a libri IV. In membrana, cum litteris miniatis.
4 A 71. Sancti Eucherii, Lugd.une.nsis episcopi, epistola ad Valerïanum de contemptu mundi; item, alia epistola ad sanctum Hilarium, Lerinensem monachum, de laude eremi; tum Sermones sancti Bonaventurae de nominc Jesu; demum venerabilis Patris Pétri Dorlandi, carthusiani, de tribus volis Carlhusiensium, de bello seu mililia spirituali ex verbis Apostoli : Induite vos armatura Dei. Ad Ephesios, 6; et de bello spirituali Gedeonis, ser- mones très. Cum litteris miniatis, in charta [348].
3 A 70. Sancti Bernardi Expositio in régulant sancti Benedicti, cum indice in capite. In charta.
6 A 101. Ejusdem meditaliones, cum ipsius Documenta (sic) in capite, et orationes sancti Bonaventurae ante horas canonicas et etiam ejusdem sancti Bonaventurae ex sanctis Patribus verba selectiora. Cum litteris miniatis, in charta [216].
5 A 89. Sancti Bonaventurae opuscula varia, cum litteris miniatis.
6 A 93. Collectio epistolarum aliquot sanctorum Patrum, scilicet sancti Hieronimi ad Heliodorum, Celanciam, Nepocianum, Paulinum, Anacho- retas, Rusticum monachum, et consolatoria seu ad patientiam exhorlatoria; tum sancti Cypriani tractatus super oratione Dominica; ejusdem epistola ad martyres, ad clerum et plebern; una cum tractatu de lapsis, epistola ad Lucium, ad Nemesianum, ad martyres, tractatus de Fide, epistola ad cle- rum, pro descendentibus in carcerem ob confessons nomine detentis, trac- tatus notabilis ad Donalum ; epistola sancli Bernardi de morte et duae epi- stolae sancli Augustini ad Volusianum. In charta, cum litteris miniatis [245].
5 A 87. Aliquot pia opéra sancti Augustini et aliorum sanctorum Patrum, cum primo versu 150 Psalmorum in capite. In charta, cum litteris miniatis.
Theologi. In-folio.
2 A 46. Tractatus de sacramentis in génère et in particulari et de Incar- natione, ad mentem divi Thomae ad III partem... In charta.
TO.UE XXVII. C
INTRODUCTION.
Theologi. In-quarto.
3 A 51. Summa de virtutibus et vitiis, cum indice materiarum in Une, secundum ordinem alphabeticum. In char ta [315].
Theologi. /n-8° et minori forma.
5 A 82. Compendium theologiae, sive Summa de Fide brevis et profunda, édita a bealQ Thoma de Aquino. In charta, cum lilteris miniatis [262].
6 A 38. Compendium totius theologiae, compositum ab Aegidio, Bituri- censi archiepiscopo, cum tabula in capite super illud, per ordinem alphabe- ticum. In membrana, cum litteris miniatis.
5 A 21. Summa poenitencialis, ex diversis autoribus, in IV partes divisa, quarum I" : De criminibus quae principaliter in Deum committuntur; II* de ii[s] quae erga proximum; III» De ministris, irregularitatibus ordinando- iiini, etc. ; IV*verode matrimonio, cum decisionibus super quodlibet caput, et in tine capitula Decretalium et tabula alphabetica materiarum, a fratre Rémundo, ordinis Predicaforum. In membrana puriori, cum litteris miniatis.
5 A 18 Epilogus de Trinitate et alia varia opéra. In membrana, cum lit- teris miniatis [357].
Spirituelles. In-quarto.
3 A 10. Medilaliones piae ac devotae, intermixtis orationibus de vita et morte Cbristi, cum cilalionibus in margine; tum orationes de suffrages sanctorum, cum titulo capitulorum. In membrana, cum litteris miniatis. Addilae sunt in fine manualia, quaedam piae aliae orationes, et in eodem codice reperiuntur Meditationes Joannis de Tuire cremata, S. R. E. cardi- nalis, impressa Albiae anno 1481, cum figuris in capite cujuslibet Medi- tationis positis et depielis de ipsius mandalo, in eclesiae ambitu Sanctae Maria e de Minerva, Romae.
3 A 50. Spéculum Ecclesiae, a domino Hugone cardinale compositum. In charta, cum litteris miniatis [326].
3 A 52. Sanctae virginis M Ichiadis Contemplationes vel eliam Médita- tion es. In charta, cum lilteris miniatis [355].
3 A 58. De Profectu religiosorum, in très libros dispositus, cnm tabula titulorum pro unoquoque in fine. In charta, cum litteris ininiatis [241].
4 A 20. Dialogue entre le Père et le Fils, dans lequel le Père enseigne son Fils et le Fils demande a son Perc ce qu'il ne sçait point sur ce qu'il faut croire et pratiquer pour le salut. Item, l'Alteracion et disputacion du corps et de l'ame, qui fut révélée a un saint, sur la cause de leur damna- tion; ouvrage écrit en vers. Plus, le livret appelle le Doctrinal de la Foi, fait en françois pour les simples gents. Plus, les VI maîtres qui parlent de tribulation. Plus, les Notables autoritez de plusieurs saints docteurs de l'Eglise, mises en françois. Plus, des dévotes méditations sur la Passion de N. S. J. C. Les XXX règles qui enseignent a vivre selon l'esprit en l'amour
INTRODUCTION. ïxxv
de Dieu. Le Jardin amoureux de l'arae dévote, composé par Pierre d'AUy, avec des cantiques, et la piteuse complainte et oroison dévote de l'humaine créature, qui de l'état de péché nouvellement a Dieu veut retourner. Codex in membrana, cum litteris miniatis [3441.
3 A 59. Dialogues pieux entre les religieux. Plus, une explication du Pseaume Miserere mei, Deus. Plus le Miroir des pécheurs et les Com- plaintes des damnez, et enfin la vie de sainte Barbe et celle de sainte Mar- guerite, écrites en vers divisés par stances. Codex in charta, cum litteris miniatis, diversis manibus scriptus [615].
4 A 69. Règle de perfection, comprenant la volonté extérieure, intérieure et supereminente de Dieu, et correspondante aux vies active, contemplative et unitive. Il y a a la fin une espèce d'ana pour divers sujets. Codex in cliarta [434].
Spirituelles. fn-$° et minori forma.
5 A 81. Ilinerarium ad sanctam civitatem Christi, cum variis aliis operi- bus, ex S. S. Palrum extractis, neenon meditationibus et orationibus manu diversa scriptis. Parlim in membrana, partira in charta, cum litteris miniatis. Et in capite, dictamen de Incarnalione Verbi secundum VII artes libérales et de Passione, Cruce et V vulneium Christi, in membrana [345].
5 A 90. Spéculum Sapientiae, seu Apologcticus quadriparlitus beati Cyrilli. In charta, cum litteris miniatis [243].
5 A 84. Diversa opéra pia ex sanctis Patribus, in charta, cum litteris miniatis [240],
6 A 94. Orationes diversae ex sanctis Patribus, in membrana, cum litteris miniatis [212].
6 A 117. Corona mystica beatae Mariae virginis, cum una oratione huic Coronae accommodata. In cliarta [358].
5 A 19. Recueil de divers sujets de dévotion, ou il est traité de ce que les parreins et marreincs doivent enseigner a leurs filleuls. De la vision qu'eut saint Paul de ce qui se passe en enfer; cette partie est en latin. Plus une explication des litanies, en françois, avec les motifs des souffrances. Codex in membrana, cum litteris miniatis.
7 A 107. Expositio instrumentorum bonorum operum in officina spirituali regulae sancti Benedicli existentium. In charta, cum litteris miniatis.
6 A 20. Liber, cui nomen Stimulus amoris; et est in capite devotissimus de vila et passione Christi tractatus metrice scriptus, a sancto Bonaventura, ut dicitur, compositus. In membrana, cum litteris miniatis.
Concionatores. In-folio.
1 A 41. De Abbatis villa magistri Sermones in Ëpistolas dominicales, ab Adventu Domini usque ad Pascha, cum prologo. lu cliarta [8GJ.
2 A 49. Recueil de divers anciens sermons, pour l'Avenl et le Carême; en langage du tems. In charta [627].
xxxvi INTRODUCTION.
Concionatores. In-quarto.
3 A 54. Sermones varii pro quibusdam festivitatibus per annum et de sanctis. Codex latino idiomate scriptus et vetustissimus, in charta [614-].
3 A 73. Sermones dominicales et pro quibusdam sanctorum festivitatibus per annum. Vêtus codex, latino idiomate sciiptus, in charta [618].
4 A 73. Sermones seu homeliae de tempore. Codex parlim latino, partim gallico idiomate scriptus, in charta [620].
4 A 16. Sermones seu homiliae pro festivitatibus, una cuin visionibus monialis Elisabeth, anno 1103, sedente Eugenio II. In membrana, cum litteris miniatis et figuratis [593J.
Concionatores. /n-8° et in minori forma.
5 A 83. Sermones de tempore et de sanctis per annum. Codex latino idiomate scriptus, in charta, cum litteris miniatis [608].
6 A 86. Sermones sancti Hilarii, episcopi, ad monachos. In charta, cum litteris miniatis.
5 A 86. Sermonum fratris Jacobi de Voragine, ordinis Praedicalorum, extracti aliquot utilissimi. In charta, cum litteris miniatis [611].
Jus utrumque. In-folio.
1 B ad K 1. Corpus juris canonici absolutum , in membrana, forma niaxima, cum litteris miniatis, figuratis et deauratis, a domina Magdalena Lartissuta, quondam marchionissa de Porcelet, datum die xix decembris, anno M.D.XX.XVIII, ut patet ejusdem subscriptione manu propria in capite primi folii, in quo sunt de[)icta ejus insignia gentilitia. Incipit autem hic codex his verbis : Humanum genus qui, etc., et terminatur istis : beatissi- mus Joannes [659].
1 A 3. Juris utriusque répertoria varia, codex antiquissimus a diversis autoribus scriptus, in membrana, cum litteris miniatis [762].
2 A 43. Summa Bertholina, in (pia sunt in capite doclarationes de bre- viaturis sive de nominibus doctorum et librorum, qui in ea continentur, et in fine tabula materiarum in ordine alphabetico disposita. Codex in charta, ex hereditate domini Gabrielis Autanesii, sacerdotis dioecesis Avenionensis, cum litteris miniatis [347].
2 A 45. Repertorium magistri Henrici Boick super VI. Decretalium ; code.v manu diversa scriptus in charta, una cum Tractatu de potestate eccle- siastica et saeculari, opus multae erudilionis, neenon alius Tractatus de Antichrislo, non minoris érudition is ; qui duo ultimi codices cum primo unum solum componunt et sunt pariler scripti in charta [1087].
Jus utrumque. In-quarto.
3 A 60. De judicio veritatis pro parte démentis Vil contra Bartholo-
I.YTROnrCTION. xxxvi
maeum de Barri, et est in fine carmen hujusce temporis «Tf n 1 1 i co idinmale scriptum. Codex in charta.
4 A 74. Elucidationes sancti concilii Tridentini ah illustrissimis cardina- libus Congregationis emissae in lucem. Codex in charta [652].
Historki sacri et profani. In-folio.
1 A 39. Historia monasteriorum Celés tinorum Franco-gallorum secun- dum ordinem chronologiae scripta, cum série priorum cujuslibet monasterii ab ejusdem fundatione usque ad annum 1640, unacum, quolibet anno, successis eventibus memoria dignioribus, multis in orbis partibus, cumque notis in margine. Codex in charta manu diversa scriptus [1438].
1 A 40. Historia generalis ordinis Celestinorum ab eorum origine deducta, cum ejusdem ordinis progressa in Galliis, chronographico modo descripta a Pâtre Nicolao Malet, Molinensi; quae historia terminatur ad annum 1669, cuique additae sunt illustrium Celestinorum hisloriae particulares. Siint in capite depicta insignia sancti Pétri Celestini, ordinis Celestinorum et provin- ciae Franciae. Codex in charta [1363].
1 A 42. Historia beati Pétri de Luxemburgo, S. R. E. cardinalis, a tem- pore ejus obilus, in qua est illius testamentum et quae peracta sunt pro ejusdem canonisatione, unacum occasione fundationis monasterii PP. Ce- lestinorum de Avenione sub titulo beati Pétri de Luxemburgo, anno 1393. Codex in charta.
2 A 8. Constitutiones religionis sancti Pétri de Murrone, confessons, olim Celestini papae V. Codex in membrana, cum litteris miniatis et icône sancti Pétri Celestini depicta, relicta Sede apostolica et veste religiosa induti [727].
1 A 47. Histoire généalogique de la maison d'Orléans depuis Charles V, roi de France; celle de la maison de Coucy, celle des ducs de Savoye, fon- dateurs du monastère des Celestins de Lyon; celle de la maison de Colom- biers en Vivarez et celle de la maison de Luxembourg. Codex in charta [1870].
1 A 48. Histoire de la ville d'Avignon et de son terroir, avec plusieurs autres histoires du païs et la relation de divers prodiges arrivez dans le monde, pendant qu'il s'est passé quelque chose de remarquable dans cette ville. Codex in charta [2782].
Historki sacri et profani. Iti-cpiarto.
2 A 68. Histoire evangelique de Notre Dieu et Sauveur Jesus-Christ, en- semble de ses douze pairs et saints apôtres, à l'honneur d'icelui et consola- tion des chrétiens, par le Père Pierre de Sure, celestin de Lyon, écrite en vers, avec des notes marginales. Codex in charta, forma magna [351-352].
3 A 53. Vita sancti Sabae, abbalis archimandritae, cum prologo sancti Hieronimi presbyteri. Item, Doctrina sancti Basilii, episcopi Capadociae, ad monachos. In charta, cum litteris miniatis [1357].
xxxvin INTRODUCTION.
3 A 07. Vitae provincialium et priorum congrcgationis Celestinorum provinciae Galliae, a P. Nicolao de le Ville, celestino Ambianensi. In charla
[1439].
3 A 64. Constitutiones Celestinorum provinciae Franciae et partium eidem adjacentium. In charta, cum litteris miniatis [7281.
3 A 61. Constitutiones Celestinorum provinciae Franciae et parti um eidem adjacentium, cum série provincialium in diversis temporibus per capitula provincialiaelectorum, cum quibusdam ordinationibus in ipsis capi- tulis factis. In charta, cum litteris miniatis [730].
4 A 75. Constitutiones Celestinorum provinciae Franciae Gallicanae in très libros dispositae. In cbarta [733].
3 A 62. Constitutiones monachorum Celestinorum provinciae Franciae ac partium etiam unitarum, cum ordine ad communicandum inlirmum. In charta [735].
3 A 66. Constitutiones monachorum ordinis sancti Benedicti, congrega- tionis Celestinorum provinciae Gallicanae, in très libros dispositae, cum indice capitum cujuslibet libri in fine. In charta [734].
4 A 76. Institutiones ordinis sancti Benedicti, extractae ex libro vetustis- simo sacri Montis Cassini mss., quibus addita sunt gallico idiomate novitio- rumexercitia secundum diei horarum seriem et illorum brevi cum methodo. In charta [732].
3 A 65. Privilégia ordinis Celestinorum, una cum appendice multorum quae necesse erit adicere libris R. P. D. Arnauldi, dum iterum imprimen- tur. In charta [1441].
3 A 57. Vitae aliquot sanctorum et sanctarum, qui coenobiticam vitam duxerunt. In charta [1358].
3 A 63. Constitutiones Celestinorum provinciae Franciae et partium eidem adjacentium, una cum ordinis ceremoniis. In charta, cum litteris miniatis [729].
4 A 12. Régula beati Benedicti primi ordinis Humiliatorum, in mem- brana, cum litteris miniatis, et Exhorta tio beati Benedicti ad monachos, in charta [708].
4 A 77. Advisamenta praticanda, ordinata in capitulo provinciali anni 1567. In charta [1440].
Historici sacri et profani. /n-8° et minori forma.
4 A 78. Historia evangelica in très libros disposila, sive Knchiridion novae legis, quod Pandecta vocari potest, cum indice materiarum in capite. Codex in charta.
4 A 106. Aliquot summorum pontificum chronologia, videlicet a Paulo III, electo anno 1549, usque ad Innocentium IY, anno 1591, cum illorum insi- gniis, necnon aliorum quorumdam SS. PP. a Nicolao IV ad Joannem XXII et legalorum Avenionensium, gallico idiomate. In charta.
5 A 15. Régula sancti Benedicti, una cum modo faciendi professionem. In membrana, cum litteris miniatis.
INTRODUCTION. wxix
6 A 108. Régula sancti Benedicti, cnm variis notis in capite et in fine. In charta, cum litteiis miniatis [712].
7 A 97. Régula sancti Benedicti, cum tabula capitulorum in ca[)ite, et libellus de orationibus missae, tum constitutionibus ad missale et ceremo- niis missae. In charta, cum litteris miniatis.
7 A 111. Constitutiones Celestinorum provinciae Galliae, cum indic1 alphabetico eorum quae continentur in constitutionibus. In charta [731].
7 A 109. Régula sancti Benedicti, cum ejusdem in regulam suam pro- logo. In charta [713].
6 A 159. La vie, mort et miracles du B. Pierre de Luxembourg, par un religieux celestin de la maison d'Avignon. In charta [1873].
Phiiosophi. In-folio.
2 A 6. De venenis et animalibus venenosis, necnon de minutis, vilibus et tediosis animalibus, scilicet pediculis, pulicibus, culicibus, etc., cum figuris aureatis, necnon litteris miniatis etRenali, régis Siciliae, insigniis. In meni- brana purissima.
Phiiosophi. //i-S°, etc.
5 A 80. De Remediis adversae fortunae, a Francisco Petrareha, cum lil- teris miniatis. In charta [1098].
6 A 96. Francisci Pelrarchae Dialogus de sapientia. In charta, cum lit- teris miniatis [233].
D. — AUTRES COUVENTS : CORDELIERS, AUGUSTINS, CARMES D'AVIGN0\ ; CÉLKSTIX'S DE GEXTILLl ; CHARTREUX DE VILLENEUVE ET DE BOXPAS.
Des autres couvents et communautés religieuses la Biblio- thèque d'Avignon a bien recueilli quelques manuscrits; mais on ne possède que très peu de renseignements sur les col- lections qu'ils ont possédées jusqu'au XVIIIe siècle.
Cordeliers. — Un des monastères les plus riches et les plus anciens était celui des Cordeliers, qui avait reçu de nombreuses dotations et où avaient été ensevelis plusieurs cardinaux et personnages illustres. Leur librairie, au dire du P. Louis Jacob, « a été autrefois considérable, suivant la remarque qu'en fait François de Gonzague, ministre gênerai de cet ordre, en son Histoire seraphique » ; mais, ajoute-t-il,
xl INTRODUCTION.
«je ne sais pas par quel malheur cette bibliothèque est deperie, qu'a présent il ne se voit pas quinze cents volumes ' » . Nous savons cependant que Gui de Malesec ne les oublia pas dans la distribution de ses manuscrils, et qu'il leur donna plu- sieurs traités de S. Isidore réunis en un volume, la « Glosa Hilarii super Mathaeum » , le « Quot modis » , le « Brevilo- quium pauperis » et 1' « Itinerarium fralris Bonaventurae » . On peut aussi inférer delà libéralité de Pons Trenquier, qui leur laissa 25 florins pour acheter un Missel destiné à la cha- pelle de SS. Philippe et Jacques établie par lui en leur église2, que chaque fondateur de chapellenie fit pareille largesse. En 1872, M. l'abbé André publia dans la Revue des Sociétés savantes l'inventaire de la sacristie des Cordelicrs, qui avait été dressé en 1350 : ce document signale seize Missels, deux Responsoria, deux Officialia, un volume des Evangiles et un autre des Epîtres, quatre Psautiers, un Martyrologe et un Collectaire.
Augustins. — Les Augustins, qui avaient hérité du « grand amas de livres •>■> du cardinal florentin Pierre Corsini, mort à Avignon, le 16 août 1405, ne surent pas davantage con- server ce précieux dépôt; à l'époque où écrivait le P. Jacob, il ne restait même plus un feuillet de tous ces volumes3. Ils avaient encore été dotés par le cardinal de Poitiers des ouvrages suivants :
« Item, logo conventui Auguslinorum Avinionensium praedicto sequenles libros. Et primo Historiam tripartitam; omnes libros sancti Thomae de Aquino, videlicet Lecturam ejusdein super quatuor Evangelia, in duobus voluminibus, cum postibus, altero eorum cooperto pelle crocea et alio viridi; tertiam parlem Summae, coopertam de postibus, quarum una per médium estfracta; Summam contra Gentilcs, cum postibus et pelle alba; primam Secundae, cum postibus et pelle alba; secundam Secundae, cum
1 Traicté des plus bellrs bibliothèques , p. 610.
- Voir son testament cité plus haut, p. \\i\ note 1.
3 Page 609
INTROIHCTIO.Y. xi.i
postibus et pelle azurea; tabulam super secundam Secundae et super quarto Summarum, ou m postibus ; et librum p ri m uni Summae de theologia.
De tout cela il ne nous est rien parvenu.
Carmes. — A l'exemple de l'auteur du Traicté des plus belles bibliothèques, «je puis dire de môme de celle des P. Carmes, laquelle est bien descheue de sa splendeur qu'elle avoit il y avoit 200 ans1 ». Cette librairie avait été aussi l'objet des libéralités de Gui de Malesec, dont elle avait reçu ces volumes :
« Et primo, librum Aristotelis super nalurali pbilosopbia, cum postibus etduplici pelle, quarum interior est rubea; libros Senecae vel quasi, in uno volumine, cum postibus et pelle rubea; Declamationes Senecae, cum polie viridi et sine postibus; et Tabulam Senecae ad Lucillum, cum pelle rubea et sine postibus. »
La Bibliothèque d'Avignon possède encore des manuscrits provenant de trois couvents situés au dehors de la ville : des Célestins de Gentilli près de Sorgucs, des Chartreux de Villeneuve et des Chartreux de Bonpas. On a seulement quelques détails sur la librairie des deux derniers.
Chartreux de Villexeuve. — Fondée par le pape Inno- cent VI, la Chartreuse de Villeneuve était fort opulente au moyen âge et dans les temps modernes. Elle était comblée des libéralités de la plupart des cardinaux de la cour romaine, qui avaient groupé leurs palais d'été autour de ses murailles. Aussi le cardinal de Poitiers, dont il a déjà été si souvent question ici, n'eut-il garde de les oublier dans ses disposi- tions testamentaires et leur laissa-t-il les Méditations de S. Anselme, le « De institutione monachorum » de Cassien, et un « Memoriale » .
A la mort d'Antoine Calvet, conseiller du Roi, juge en la cour commune royale et ordinaire de Villeneuve (17 no-
' Page 611
xi.n INTRODUCTION.
vembre 1694), l'importante bibliothèque qu'il avait ras- semblée et dans laquelle se trouvaient des manuscrits fort précieux, si l'on en juge d'après ce qu'a rapporté le marquis de Cambis-Velleron ', fut partagée en deux parties. L'une fut vendue à Giroud, libraire d'Avignon; l'autre fut achetée par les Chartreux. Ils y trouvèrent, parmi quelques ouvrages très rares, « un gros rouleau en cuir... contenant une partie de la Bible en caractères hébraïques sans points, que les connoisseurs estiment avoir été écrite du tems de S. Jérôme » . « La tradition constante dans la maison de Messieurs Calvet et même chez les Chartreux, ajoute M. de Cambis-Velleron, est que ce cuir, qui contient la Bible hébraïque, est une peau humaine... En effet, la peau de ce manuscrit, que j'ai examinée avec attention, est très diffé- rente du parchemin fabriqué avec des peaux de chèvre, de mouton, de bélier et de brebis. »
Vers le milieu du XVIIe siècle, ces religieux fondèrent et dotèrent une CSiartreuse à Marseille; une bonne partie de leurs manuscrits fut alors enlevée de leur couvent et adressée au nouvel établissement. C'est fort heureux, car la Bibliothèque de Marseille a pu recueillir soixante-treize manuscrits, qui sans cela auraient probablement eu le même sort que tous ceux qui sont restés à Villeneuve et qui depuis la Révolution ont été dispersés : la Bibliothèque de Nîmes n'en possède maintenant que dix-sept, et celle d'Avignon, quatorze, qui lui sont venus à la suite d'acquisitions.
Le marquis de Cambis-Velleron, dont le témoignage a été cité ci-dessus, nous a transmis avec ses Annales de la ville d'Avignon les notes qu'il rédigea sur la Chartreuse de Ville- neuve. C'est un véritable document sur la situation de ce monastère vers le milieu du siècle dernier; j'en extrais
1 Cambis-Velleron, Catalogue raisonné des principaux manuscrits de son cabinet, p. 633.
INTRODUCTION. xt.ni
donc ce qui a rapport à la bibliothèque, qui seule nous intéresse ici.
La bibliothèque.
Elle est au-dessus de l'appartement de dom prieur : le vaisseau n'en est pas vaste, mais outre qu'elle est bien disposée, et que le moindre espace y est mis à profit, il y a deux dosdanes au milieu qui contiennent en seize rangs une grande quantité de moyens et de petits volumes.
Le manuscrit le plus précieux et le plus singulier est un gros Jrouleau de parchemin, de douze toises, quatre pieds de long, par dix-huit pouces de large, contenant une partie de la Bible en hébreu, que les connoissenrs estiment avoir été écrite du temps de saint Jérôme, les colonnes n'ont que quatre pouces et demi de large, et le volume contient depuis le premier verset de la Genèse jusqu'au trente-deuxième verset du troisième livre des Nombres. Il est conservé avec soin dans un petit coffre fait exprès, avec deux autres manuscrits moins considérables, dont l'un est la suite du pre- mier, mais peu étendu, et l'autre une répétition de la Genèse, par une autre main1.
Sous le coffre, qui contient ces rouleaux et manuscrits, est un médaillier en deux armoires, dont chacune contient vingt-sept tiroirs, remplis de médailles de toutes les grandeurs, et de différents métaux.
Outre ces manuscrits il y a une très belle Bible, en quatre grands volumes in folio en très beaux caractères gothiques, écrite par un chartreux de la maison en l'année mil quatre cent quatorze. Les livres de la sainte Ecriture n'y sont pas rangés selon l'ordre ordinaire, mais l'usage des Chartreux; c'est le fruit d'un travail immense, et d'autant plus admirable, que les lettres initiales de chaque verset sont peintes en miniature de plusieurs couleurs, qui conservent encore toute leur vivacité*.
Les livres suivants sont d'une grande beauté soit pour l'impression, soit pour la reliure. Telles sont les trois Bibles polyglottes : savoir celle du car- dinal Ximenès, celle de Paris et celle d'Angleterre; les conciles en trente- huit volumes in-folio, impression du Louvre; l'Histoire byzantine, vingt-six volumes in-folio, aussi du Louvre; les Annales de Baronius, vingt volumes in-folio; le Talmuth hébreu, sept volumes in-folio; le Grand Atlas, siv volumes in-folio; les œuvres de Cardon, dix volumes in-folio ; l'Histoire naturelle d'Aldrovandus, douze volumes in-folio. On y trouve une quantité d'autres grands volumes in-folio, contenantles Saints Pères, les théologiens, les philosophes, mathématiciens, canonistes, interprètes, controversistes.
1 La Bibliothèque de Nîmes conserve quelques manuscrits hébreux qui provien- nent de la Chartreuse de Villeneuve, n05 10 à 13, 17 à 27, 43.
- Les quatre volumes de cette Bible appartiennent aujourd'hui à M. Félix Di;;onnet, d'Avignon, qui les a communiqués à la commission chargée d'organiser l'Exposition des arts rétrospectifs de cette ville en 1891. (Cf. Labande et Maze- rolle, Catalogue de cette exposition, p. 46.)
xliv INTRODUCTION.
Il y a trois volumes qui m'ont paru rares et singuliers, surtout par leur grosseur, sçavoir : deux Bréviaires in-folio de 1650 pages chacun, les deux volumes faisant Tannée; et le dictionnaire latin de Robert Etienne, de 3,200 pages, impression de Paris.
Il y a environ dans cette bibliothèque trois mille cinq cent volumes de toute grandeur; la plus grande partie sont des in-folio et des in-quarto. Les autres moindres volumes étant plus portatifs, sont dispersés dans toute la maison, car cetlc bibliothèque est bien la plus grande, mais elle n'est pas la seule. Dom prieur en a une fort belle, bien fournie surtout de livres modernes qu'il connoist parfaitement, et il fait tous les ans des acquisitions considérables, ('elle de dom vicaire, Jean Crozet, de Marseille, est fort nom- breuse et bien choisie. Chaque officier garnit d'ailleurs la sienne suivant son goût, et chaque religieux en a aussi une, plus ou moins grande, ce qui fait encore autant de volumes répandus dans la maison, qu'il y en a dans la bibliothèque principale. Il y a aussi deux beaux globes, l'un céleste, l'autre terrestre, de plus de cinq pieds de circonférence, qui paroissent fort exacts, et faits avec précision.
[Bibliothèque d'Avignon, ms. 2778, fol. 398 v\]
Chartreux de Boxpas. — Massilian nous a conservé dans le tome XXVII de ses manuscrits (n° 2405) le catalogue dressé en 1775 de la bibliothèque de ces religieux, qui eux aussi avaient reçu des témoignages de bienveillance du pape Jean XXII et du cardinal Gui de Malesec. Le premier leur avait remis le 3 mars 1330 un livre des concordances de la Bible ' ; le second leur avait fait cette donation :
« Item, lego conventui Carthusiensium de Bonopassu, Avinionensis dioc- cesis, libros sequentes. Et primo, librum Oralionum in papiro, coopertum pelle viridi, quem fecit praepositus Ulicensis quondam ; vitas Patrum in papiro, sine postibus; librum qui intitulatur Stimulus animae, eu ni pelle rubea; Viridarium consolationis, cum Meditalionibus Be mardi in eodem volumine, cum postibus et pelle quasi alba; et librum sancti Bernatdi, ubi sunt plura opuscula sua, cum postibus et pelle rubea. »
Ces ouvrages ne sont pas signalés dans le catalogue que nous possédons aujourd'hui : on doit donc en déduire que là encore le temps a l'ait son œuvre. Voici les manuscrits qui seuls sont annoncés; les numéros actuels sont indiqués en Ire crochets à la suite de chaque article.
1 Ehrle, op. cit., p. 581.
INTRODUCTION. xlv
Page 13. De nouiinibus linguae sanclae, de Sayllis.
Page 22. Mss. liber antiquissimus de missa papali et de ordine clerico- rum. In-12. Et libellas de miseria bumanae conditionis.
Page 24. Ritus benedictionis et consecrationis virginum monialium, m s. 205].
Page 33. In primam et secundam partera D. Tliomae Aquinatis annotata, ms. 2 vol. in-4°. Paschalis de Saillv [266, 267].
Page 38. Un ms. traittant des matières theologiques et qui regardent quelques anecdotes de l'Ecriture sainte. In-4°.
Page 44. La Vie de Jésus-Christ, par Bernardin de Monterai!, ms. In-12.
Page 89. Exhortationes sanctorum Palrum ad profectum perfeclionis monachorum. Ms. en velin. In-in.
Page 91. Manuscrit intitulé : Introduction à la vie religieuse et parfaite. In-4°.
Page 9i. Abrégé de la méthode de servir Dieu, en ms. In-12.
Page 129. Séries juris canonici. Petit ms. in-12.
Page 141. Annotationes in quatuor libros Justiniani imperatoris. Ms. in-8° [754].
Page 148. Commentaria in Aristotelis phisicam et metaphisicam. Ms. in-8" [964].
Page 187. Pars prima de malerîa rhetoricae seu prima ad eloquentiam via, ms.
Page 213. Historia ecclesiastica Eusebii, Caesariensis episcopi, in lalinam linguam translata a Rulîno. 1 vol. in-fol. en parchemin, ms. [1348].
11 est permis de douter que cet inventaire soit complet; il ne mentionne pas en effet le « De vitis Patrum » , du XVe siècle, qui pourrait fort bien être un des volumes donnés par Gui de Malesec (n° 277), ni le recueil de ser- mons et opuscules théologiques du XVIe siècle qui forme le n° 619 de nos manuscrits, ni le « Directoire des frères con- vers 55, du XVIIe siècle (n° 724), ni le recueil de traités philosophiques du n° 1127, ni enfin la « Vie de D. Louis de Lauseray 55 (n° 1880). Ajoutons que la Bibliothèque d'Avignon conserve encore une série d'ouvrages litur- giques qui semblent avoir été écrits dans la maison de Bonpas pendant la première moitié du XVIIe siècle, et qui ne sont naturellement pas compris dans le catalogue de 1775.
XLVI INTRODUCTION.
E. — BÉNÉDICTINS DE SAINT-MARTIAL, UNIVERSITÉ D'AVIGNON, COLLÈGES D'ANNECY, DE SAINT-MICHEL, DE SENANQUE, DU ROURE ET DES JÉSUITES.
1/ Université d'Avignon, créée par une bulle de Boni- face VIII en date du 1er juillet 1.303, eut rapidement, grâce au séjour des papes dans cette ville, un épanouissement merveilleux. Elle eut d'illustres processeurs qui ensei- gnèrent dans ses chaires et de généreux protecteurs qui la comblèrent de privilèges. L'institution d'un monastère-col- lège devant lui donner encore plus d'activité, Clément VII, l'antipape, n'hésita pas à poursuivre d'anciens projets d'Urbain Vet à appeler, en 1378, des Bénédictins de l'Ordre de Cluny dans le couvent, qui prit le vocable de Saint- Martial. L'abbé Jacques de Causans et le cardinal arche- vêque d'Arles, Pierre de Cros, furent chargés des négocia- tions : c'est à eux, ainsi qu'à Jacques de Cadolle, ancien prieur de Guillestre et premier recteur du collège, que l'on fut redevable de la fondation de la bibliothèque; Jacques de Causans ' et Jacques de Cadolle 2 donnèrent tous leurs livres. Quant à Pierre de Cros, il chargea ses exécuteurs testamentaires de payer les frais de la construction d'une chapelle, du local de la bibliothèque et du clocher du nou- veau monastère. Voici l'acte qui fut passé le 2 décembre 1388 pour l'exécution de sa volonté. Les détails de l'édifice y sont indiqués si exactement qu'il sera facile de les recon-
1 « Item, pridie nouas julii, depositio domini Jacobi, abbatis Cluniacensis, primi l'undatoris nostri, qui dédit collegio omues libros suos et quedam alia. » (Nécrologe
de Saint-Martial, manuscrit de la Bibliothèque d'Avignon, n° 2466 fol. 112.
Voir encore aux nones de juillet, fol. 113 v°.)
2 « Primo, xiiu" kalendas augusli, Jacobus de Cadolla, prior quondam de Guil- lestra et primus rector presenlis collegii, qui dédit nobis libros suos et quedam alia ornementa altaris. » (Même uécrologc, ibid., fol. 112.)
INTRODUCTION.
naître sur la partie du couvent de Saint-Martial qui existe à l'heure actuelle.
Prix-fait pour la construction d'une chapelle, de la bibliothèque et du clocher de Saint-Martial, aux frais de la succession du cardinal Pierre de Cros. 2 décembre 1388.
In nomine Domini, amen. Noverint universi, lam présentes quain fut u ri, quod cuin bone memorie reverendissimus in Christo Pater et domintis, dominus Pelrus, tituli Suiutorum Nerei et Acbillei, sancte Romane ecclcsie presbiter cardinalis, vulgariter nuncupatus Arelatensis, ex cordiali et spe- ciali devotione quam ob reverentiam almorum confessorum Marcialis et Benedicti, in collegio de Cluniaco Avinionis, dum viveret, habebat, propler quod suo iiltimo testamento per me notaiium publicum infrascriptum, una cum certis notariis, sub anno, indictione, die, mense et pontificatu in eodem contenlis, accepto ordinasset et disposuisset quoddatn campanile cum una capella et libraria in dicto collegio de bonis suis fiendum et edificandum, prout in eodem testamento conlinetur, hinc est et fuit quod anno a nativi- tate Domini millesimo trecentesimo octuagesimo octavo, indictione unde- cima, et die secunda mensis decembris, pontificatus sanctissimi in Clnislo Patris et domini nostri domini démentis, divina providentia pape septimi, anno undecimo, in mei notarii publici et testium infrascriptorum, ad boc vocatorum specialiter et rogatorum, presentia personaliter constituti vene- rabiles et citcumspecti viri domini Jobannes Sebaterii, doctor in decretis, auditor, et Geraldus Mercaderii, bacallarius in legibus, camerarius et exe- cutores dicli domini cardinalis, una cum quibusdam aliis eorum coexequto- ribus, gratis et sponte et ex eorum certa scientia, volentes, ut dixerunt, voluntatem et ordinationem supradicti domini cardinalis de dictis campanili et capella adimplere, ad faciendum, edificandum et construendum dictos campanile, capellam et librariam, discretis viris Berengario et Petro .Mon- tanliac, lapicidis, civibus et bahitatoribus Avinionis, tradiderunt, concesse- runt et concordarunt in modum et formam qui secunlur. In primo fuit actum, conventum et concordatum inter dictas partes quod dicti Berengarius et Petrus, magistri lapicide, et par ipsos magistros promissum et ad sancta Dei euvangelia per eosdem et quemlibet ipsorum, sacris Scripturîs eorum propriis manibus sponte tactis, juratum ante omnia (juod ipsi et quilibet ipsorum dictum opus utiliter, bene et fideliter facient et edificabunt cum bono et securo fundamento, taliter quod dictum opus sit et esse debeat per- petuum absque ruyna, ad dictum et ordinationem et cognitionem magistro- rutn juratorum in talibus expertorum civitatis Avinionis. — Ilem, luit actum, conventum et concordatum inter dictas partes et sollempni stipula- tione vallatum quod dicti magistri omnia universa et singula pro prediclo opère (iendo et perficiendo et in ipso opère necessaria et de bona materia habere debeant, non vetusta vel corrupla, etfacere teneantur eorum propriis sumptibus et expensis. — Item, fuit actum, conventum et concordatum inter
xi.viii INTRODUCTION.
ipsas partes quod dicti magistri debeant facere uni ru m a parte Sorgie magis profundum quam fund;imentuin presbilerii de novo factum, quatuor palmis; et debeat babere de spissitudine septem palmos usque ad bardatum prime crote. — Item, fuit actum et conventum et inter dictas partes con- cordatum quod ipsi magistri supra capellam conlinuabunt edificium in qua- drato infra muros ab utraque parte duas cannas, et quod omnes mûri habeant de spissitudine quilibet quinque palmos ; et sic dicti magistri con- tinuai debeant usque ad secundam crotam, vocatam libraria; et quod ipsa crota sive libraria fiet de altitudine crote magne ecclesie ; et quod dicti magistri teneantur facere fenestras et armaria necessarios (sic). — Item, fuit actum, conventum et concordatum inter dictas partes quod dicti ma- gistri continuent et continuare debeant diclum campanile supra secundam crotam et ecclesiam magnam et ipsum campanile reducant ad octo pannos, et ibi facere debeant audiencias, id est ausidas, necessarias pro campanis ; et sic ibi finire debeant campanile in principio agulbe eu m oclo filholis, et clarvays, cum deambulalorio inter clarvays et agulha; et quod dicta agulba habeat de altitudine quinque cannas; et in summa totum campanile liabeat de altitudine decem et septem vel decem et octo cannas ad minus, a primo lapide fundamenti computando. — Item, fuit actum, conventum et concor- datum inter dictas partes quod in casu qtio diclum campanile liabeat decem et octo cannas, dicti domini execulores mediam cannam prefatis magistris solvere teneantur; et niebilominus , si diclum campanile plus quam de decem et oclo cannas de altitudine ascendet, eciam illud plus dicti domini executores dictis magistris solvere debeant. — Item, fuit actum, conventum et inter dictas partes concordatum quod dicti magistri facere debeant unam vitem in dicto campanili pro ascendendo et descendendo infra murum, qui esse debeat septem palmorum, prout est superius dictum, et in altitudine usque ad secundam crotam; et quod dicta vitis babere debeat in largitudine unam cannam. — Item, fuit actum, conventum et inter dictas partes con- cordatum, quod dicti magistri in omnibus mûris et arcubus teneantur dimiltere formam pro magna ecclesia et capclla crotandi et edificandi. — Item, fuit actum, conventum et inter dictas partes concordatum, quod ipsi magistri facere teneantur bugetum de cadastis subtus arenum predicte capelle a parte cellarii. — Item, fuit actum, conventum et concordatum inter dictas parles quod lapides quos dicli magistri movebunt de parietibus antiquis ecclesie, sint ipsorum magistrorum et ad eorum usum pro dicto opère edificando. — Item, fuit actum, conventum et inter dictas partes con- cordatum quod dicti magistri debeant dimittere murum antiqum ecclesie clausum cum opère novo. — Item, fuit actum, conventum et inter dictas partes concordatum quod prefati magistri diclum opus fecerint et comple- verint et complevisse et fecisse debeant et teneantur infra festum beati Johannis Baptiste proxime futuruin. — Item, fuit actum, conventum et inter dictas partes concordatum quod dicti domini executores pro toto supradicto opère, juxta modum et formam supradictos fiendo, dictis magis- tris dent, solvent et tradant ac dare, solvere et tradere teneantur mille et quatercentos et quinquaginta ilorenos auri currentes, valons quilibet viginti
INTRODUCTION. xlix
quatuor solidorum monete currentis Avinionis; de quibus quidem mille et quatercenlis et quinquaginta florenis auri prefati Berengarius et Petrus Montanhac, lapicide supradicti, reeognoverunt et in veritale palam et publiée confessi fuerunt se habuisse, excepisse a diclis dominis exequtoribus, in diminutionem summe predicte, sexcentos florenos auri currentes et valons supradicti; quos quidem sexcentos florenos auri, ratione et ex causa ac valore predictis, dicti Berengarius et Petrus, in prcsentia mei notarii et les- tium infrascriptorum, ibidem realiter et de facto a diclis dominis habuerunt et receperunt, continua et reali numeratione subsequla. De quibus quidem sexcentis florenis auri dicti Berengarius et Petrus Montanhac fuerunt con- tenti et soluti et pagati, et dictos dominos executores et executionem supra- dicti domini cardinalis et omnes universos et singulos, quos hujusmodi tangit negocium vel tangere poterit quomodolibet in futurum, et omnia eorum bona mobilia et immobilia, presentia et futura, quittaverunt penitus et absolverunt, et paclum sollempne et spéciale eis fecerunt de aliquid occasione ipsorum sexcentorum florenorum auri non pelendo. — Item, fuit actum, conventum et inter dictas partes concordatum quod residuum summe predicte mille et quatercentorum et quinquaginta florenorum auri dicti domini executores dictis magistris, faciendo et continuando opus pre- dictum et quando primam capellam perfecerint, et deinde dum erit opus et necessarium, solvent et expédient sic et (aliter quod ipsi magistri debebunt contentari. Et insuper promiserunt et convenerunt dicti magistri Berenga- rius et Petrus Montanhac, pro eorum parte et quolibet ipsorum in solidum, et dicti domini executores etiam pro eorum parle sibi ipsis vicissim et ad invicem... (Suivent les formules habituelles des contrais.) Acta fuerunt Avinione in hospitio et in caméra paramenti dicti domini cardinalis, anno, indictione, die, mense et pontificatu quibus supra; presentibus religioso et veneiabilibus et discretis viris dominis Raymundo Rabasse... Et ego Galhar- dus de Gordonio, clericus Calurcensis, publicus apostolica et imperiali auc- toritate notarius, qui premissis omnibus supradiclis, dum sic per dictas partes una cum lestibus prescriplis agerentur et fièrent, presens fui, vidi, audivi, in notam recepi, publicavi et inde in banc formam publicam redegi, manuque mea propria scripsi et signum meimi consuetum apposui et me subscnpsi, in testimonium premissorum, requisitus etrogatus.
[Bibliothèque d'Avignon, ras. 2466, fol. 136. Copie par Ménard, d'après l'ori- «jinal conservé dans les a archives du monastère et collège de Saint-Martial d'Avi- gnon, chartrier, tome II, fol. 169 » .]
Le cardinal d'Amiens, Jean de la Grange, sur la tombe duquel fut élevé en l'église des Bénédictins un superbe mau- solée, leur fit aussi des libéralités : il leur donna entre autres un Missel en trois volumes ' . Dans ce même ordre
1 « Item, vm° kalendas mayy snblatus fuit de medio reverendus in Christo Pater dominus cardinalis Ambianensis... Deditque prefatus unum Missale, in tribus
TOMB XXVII. tf
l INTRODUCTION.
d'idées, il y a également à signaler Jean de « Ceposa » , sacristain du monastère-collège, qui laissa sept livres pour le service divin1, et Etienne Leisand ou de la Chapelle, égale- ment sacristain (mort en 1444), qui donna un Psautier2. Gui de Aîalesec, en 1407, s'était adressé plus spécialement à la bibliothèque du collège, quand il avait légué « librum qui vocatur Mare historiarum. .. Item, legendam et histo- riam sancti Martialis, cum officio notato, in duobus volumi- nibus. 35
Cependant ces collections à peine formées furent pendant plusieurs siècles complètement éclipsées par l'établissement d'une autre librairie dans le même monastère. En effet, le cardinal Amé de Saluées, par son testament en date du 21 juin 1419, donna, pour l'usage des pauvres étudiants, à l'Université d'Avignon, où il avait pris le grade de bachelier et afin de lui permettre de commencer une bibliothèque, un a Corpus juris civilis » , en un volume; vingt-huit livres, avec leurs répertoires composés par Gilles de Bellamera; le «Commentaire sur l'Infortiat » , de Geoffroy de Saligny, en sept volumes; une Bible et la Concordance de la Bible. Il faisait encore d'autres legs de manuscrits précieux à l'Univer- sité d'Orléans et au collège des cardinaux; quanta ceux dont il ne disposait spécialement, il voulait qu'ils fussent partagés également entre Avignon et Orléans3. Le legs était de consé-
voluminibus, et munimenta saccrdotalia cum ornamento altaris. » (Nécrologe de Saint-Martial, ras. 2466, fol. 112.)
1 « Item, ii kalendas martii obiit Johannes de Ceposa, monachus et sacrista col- îeyii predicti per XXV annos vel circa, qui contulit prefato collegio VII libros ad ustim et servicium divinum. » {Id., ibid., fol. 112.)
* 2 des ides de niai. « Hic obiit dominus Stephauus Lezandi, alias de Capella, anno Domini M°CCCC° XLIIII0, sacrista bujus loci... dédit colle;jio unuin Psalte- rium et tuappas lineas formosas. » (Id., ibid., fol. 113.)
3 Archives départementales de Vaucluse, D 3, fol. 62 v°; D 13, fol. 182. — Publié, pour la partie concernant Avignon, par Marcel Kournier, Les bibliothèques de l'Université et des collèges d'Avignon (extrait de la Nouvelle Revue historique de droit français et étranger (janvier-février 1891), p. 3; Les statuts et privi- lèges des Universités françaises, t. II, p. 383).
INTRODUCTION!. Li
queute : en 1436, on en fit un inventaire qui a disparu1. Les docteurs de l'Université furent d'abord quelque peu gênés par cette libéralité : il leur manquait un local pour conser- ver ces livres en toute sécurité et les mettre en même temps à la disposition des étudiants. Ils finirent par jeter les yeux sur les nouveaux bâtiments de Saint-Martial et demandèrent à l'abbé de Cluny l'autorisation d'y établir la librairie fondée par le cardinal de Saluées. Ils l'obtinrent le 7 septembre 14272 et purent dès lors commencer l'aménagement dans l'église même du monastère des chapelles de Saint-Michel et de Saint-Etienne, qui furent désignées pour la future bibliothèque. De 1430 h 1432, on y travailla; quand tout fut achevé, les livres furent apportés et chacun d'eux fut retenu par une chaîne de fer, fermée par une serrure. Il fut en effet interdit formellement, par un article des statuts de l'Université, à toute personne, de quelque condition qu'elle fût, d'emporter les manuscrits3. Voici du reste le détail des sommes que dépensèrent pour cela les primiciers :
Compte de 1430-1431. — Item, pro aliquibus reparacionibus faclis super teclum ubi débet esse libraria studii IX gros.'4.
Item, dominus Poncius, pro complemento nonaginta quatuor florenorum et grossorum quatuor sibi debitorum pro edilîcacione librarie in Sancto Marciali, kabuit VII flor.5.
Compte de 1431-1432. — Item, vu febroarii, tradidi Nicholao Theppa, factori heredum condam Antbonii Coppe, ad causam fuslium Universitati vendilorum pro libraria, summam X flor.
Item, eodem die, tradidi predicto Xicbolao Tbeppa pro libraria dicte L'ni- versitatis ultra premissa, pro complemento dictarum fuslium dicte librarie, et per manus bedelli, summam XXI flor., sol. VIII, VI den.
Item, eodem die, pro expensis factis pro fustibus extrabendis de domo
1 Archives départementales, Dl, fol. 19 v°.
*Ibid., D 3, fol. 59 v°. — Publié par AI. Fournier, Les bibliothèques de l'Uni- versité et des collèges d'Avignon, p. 3. — Les statuts et privilèges des Universi- tés françaises , t. II, p. 404.
3 M. Fournier, Les bibliothèques de l'Université et des collèges d'Avignon, p. 4.
* Archives départementales de Vaucluse, D 133, fol. 156.
5 lbid., fol. 156 v°.
LII introduction:.
mercatorum et cadrigis, sarratoribus et aliis ad hoc neccessariis, et ad ponendum dictas fastes infra ecclesiam Sancti Marcialis, quoniam pons fuit fractus primo viagio • ^r. VII den. II
Item, vicesima ejusdem mensis, pro libraria predicta et l.gmiabns et clavellis, per manus bedelli tradidi j-i
Item présente bedello, tradidi quatuor grossos lignifabris, ut essent dili- gentes et accédèrent in propria ad dictas fustes festinandum et ducendum. 3 gros. II1I.
Item penultima die ejusdem mensis, tradidi bedello ad causam dicti edif- ficii librarie, pro lignifabris, ultra premissa VI flor. et VIII gros.
Item, plus tradidi, die xxmi marcii, dictis lign.fabns pro Enali paga- mento laborum prestitorum in libraria I11 U01'-
Item, tradidi, die nu aprilis, duos florenos per manus bedelli magistro Johanni Grizi, sarralherio, in deductione laborum suorum, pro ferramentis et cathenis librarie studii °r* . "
Item eodem die, tradidi Petro Sabet... et ejus uxori, comoranlibus in carrerià Carraterie, ad causam empcionis ferri ad faciendum cathenas et virgas ferreas pro libraria predicta, solvi. .... flor. VIII et V11I gros.
Item in ipsius bedelli presencia, tradidi magistro Johanni Gnsii, sarrel- herio pro ferramentis librarie seu ejus laboribus in dicta libraria Umver-
. . ' i ,. flor. II.
sitatis factis i \ '
Item pro finali computo facto in apotheca Ludovici de Ambrosinis cum eius factore ferratarie et pro clavellis, ad causam dicte librarie, in universo
J , , .... III flor. et VIII gros.
ascendit . , /'
Item, ultra tradidi, vi mensis junii, pro dictis ferramentis eidem Johanni
Grisii, ferralherio, alios ; \ ^or- ";
Item tradidi eadem die Johanni de Tune, per manus magistri Anthonu bedelli,' pro postibus dicte librarie XVI gros, et XII den.
Item, magistro Johanni... gipperio, pro ingipando fenestras, ex parte ecclesie dicte librarie, in universo omnibus computatis III hor.
Item 'tradidi lignifabro qui fecit portam dicte librarie, pro tribus jorna-
... ' I flor.
hbus ."";"■ • i •
Item eidem lignifabro tradidi pro faciendo duo scanna nova m ecclesia deqironocum scabellis, tam pro postibus, clavellis, quam pro ipso lignifabro.
XI gros, cum dimidio1.
Les primiciers furent chargés de veiller à la bonne con- servation de cette librairie : souvent ils eurent à payer dif- férentes sommes pour réparations aux bâtiments; souvent encore ils durent envoyer chez le relieur les cahiers disjoints des volumes fatigués par l'usage. Les extraits des comptes
1 Archives départementales de Vaucluse, U 133, fol. 157, 158.
INTRODUCTION. lui
de l'Université que je transcris ici même sont très détaillés et utiles à relever à ce point de vue; les articles qui con- cernent la reliure sont d'autant plus intéressants qu'ils donnent quelques noms d'ouvrages conservés dans la biblio- thèque.
Compte de 1434-1435. — Item, pro illo qui ligavit librum secunde partis Consiliorum domini Lgidii, ubi erant sisterni scisi, solvi. . . gros. 1III1.
Compte de 1436-1437. — Item, x januarii, solvi Johanni de Sarraceno, pro vitris librarie XIIII flor.
Item, die xi januarii, solvi gipperio pro labore, quando posuit clidas fer- reas ante fenestras vitreas librarie studii XX gros.
Item, pro reparacionibus duorum librorum per me primicerium incathe- natorum VI gros.
Item, die xxvi marcii, emi XL cathenas pro parvis libris, pretio gross. XIIII, présente magistro Anthonio, bedollo et ferralherio.
Item, pro factura anulorum positorum in supradictis cathenis et crapo- nibus in il lis positis et clavis etduabus clavibus positis, una in magna caxia studii, que est in ecclesia Sancti Desiderii, et alia in uno coffro depicto, qui est infra librariam XII gros.
Item, pro L craponibus positis in anulis parvorum librorum. V gros.
Item, pro pergamenis de quibus factum est inventarium librorum et caxie privilegiorum * gros.
Item, pro reparacionibus sexdecim voluminum copertorum de novo.
IHIflor., gros. VI.
Item, pro XXIIII gaffetis novis positis in libris VI gros.
Item, pro scriptore qui scripsit inventarium triplicatum. . . 111 flor.*.
Compte de 1437-1438. — Item, xvn septembris, dedi uni magistro qui preparavil tectum librarie M gros.
Et pro uno saco de morterio I gros.3.
Compte de 1438-1439. — Item, die tercia augusti, tradidi cuidam theo- licerio, qui reparavit tectum librarie studii et stetit tribus diebus in dicto
opère.
Iflor.
Compte oe 1439-1440. — Item, solvi pro incacernasione (sic) libri domini Bonifacii I gros.5.
Compte de 1447-1448. — Item, pro religando librum qui dicitur Cen- suale ecclesie romane, qui est in libraria gros. VI.
Item, pro religando unum ex libris Lecture domini Gaufridi. gros. VII.
Item, die vin" junii, solvi magistro Andrée, sarralherio, pro catlienis ad
1 Archives départementales de Vaucluse, D 133, fol. 162 v°. 3 Ibid., fol. 166. 3 Ibid., fol. 151. * Ibid., fol. 146. "Ibid., fol. 147 v».
Liv IXTRODUCTIOX.
ponenilum libros in libraria et uno cadenato cura clave et sera et pro sex cramponibus, in universo, ut constat in dicto libre
flor. I, gros. VII, XII den.'. Compte de 1449-1450. — Item, pro reclavando libros et una clave ac
aliis reparationibus factis in libraria, dedi bedello V gros.
Item, ultra pro reparatione postium soli librarie, dedi, die uni decembris,
sacriste Sancli Martialis pro dando fusterio III gros.
Item, die xv ejusdem, pro reparatione porte librarie, giperio.
V gros., VI den.2. Compte de 1455-1456. — Item, die ix" mensis januarii, anno a nativi- tate Domini M CCCC LVI°, Mosse Aiment, judeus et ligator librorum, habuit pro religatura Decreti Universitatis quinque grossos, et libri vocati Bracho et duorum aliorum parvorum qui fuerunt religati de novo. . . XV gros. Item, die xixa maii, Johannes Macboni, taulicerius, pro tectura librarie Universitatis, tam pro tegulis et morterio quam pro operis suis (sic) et sui
manuoperarii, habuit flor. I, gros. V, don. XII3.
Compte de 1456-1457. — Item, pro religando très libros librarie, scilicet domini Gaufridi et ubi sunt Décréta rationum ponlificum, babuerunt Judei.
flor. I, gros. XI. Item, pro cathenis ferreis et aliis neccessariis in reponendo diclos libros
in libraria, ha!)uit seralharius, vicinus meus gros. VII*.
Compte de 1470-1471. — Sequitur expensa facta in reparacione librarie Universitatis de anno predicto Domini M°IIIlcLXXmo et de mense novembris : Primo, pro magistro Hugueto Grossi, giperio...
Suinma universalis predicte expense. . . VII flor., III gros., 1III den.5. Compte de 1471-1472. — Die vi novembris, pro reparacione vitrialium librarie Universitatis et firmalium librorum ejusdem, solvi. . . II flor.8. Compte de 1473-1474. — Die xxv mensis maii, solvi magistro Petro Jan- neti, librorum ligatori, pro duobus libris quos miebi apportavit dominus sacrista collegii monachorum Sancti Marcialis Avinionensis, discaternatos, ad faciendum ligari et aptari, ut feci per dietum ligaforem librorum et novis postibus coporiri VIIIl gros.7.
La bibliothèque de l'Université ne se composa pas seule- ment des livres légués par Amé de Saluées; elle dut recueillir
1 Archhes départementales de Vaucluse, D 134, fol. 146 v°. 5 Ibid., I) 134, fol. 18. 3 Ibid., fol. 83 v°et8'+.
* Ibid., fol. 90.
s Ibid., fol. 313 v°.
• Ibid., M. 321.
7 Ibid., fol. 349 v°. — Les rares articles du même genre concernant la librairie, de 1475 à 1511 (I) 134 et 135), n'offrent plus rien d'intéressant. Le ms. 2891 de la Bibliothèque d'Avignon, qui a conservé la copie d'extraits des comptes et des délibérations de l'Université au XVIe siècle, aujourd'hui perdus, signale des répara- tions faites à la librairie en 1564 (fol. 79 v°).
IXTRODUCTIOX. ^v
encore plusieurs donations. Les seules dont le souvenir se soit conservé jusqu'à nous sont celles du professeur en décret Hugues « de Gennasio » , du docteur es droits Pons Trenquier et de Pierre de « Riciis » . Le premier laissa à l'Université « unum librum in pergameno scriptum et de littera formali, nominatum Kepcrtorium P. de Braco », qui fut remis par Durand « de Chabreriis » , le 27 juin 1430 '. Le second par son testament, en date du 23 février 1439, avait légué à Jacques Guillot « de Aurelianis », professeur de droit, toutes les études de Barthélémy de Saliceto sur le Code, à la condition qu'à la mort de cet héritier elles feraient retour à l'Université *. C'est en 1462 seulement qu'elles y arrivèrent : le 27 octobre de cette année, le pri- micier eut à payer le prix de cinq chaînes destinées à retenir les cinq volumes de la « Lectura » de cet auteur3. Quant à Pierre de « Riciis » , c'est toute sa bibliothèque qu'il légua; le 20 juin 1565, il fut donné un florin aux deux por- tefaix qui apportèrent ses livres à Saint-Martial*. De plus, des acquisitions de manuscrits eurent lieu à plusieurs re- prises : elles sont signalées par les extraits suivants des comptes des primiciers :
Compte de 1447-1448. — Die wii" ejusdem mensis [aprilis 1448], sohi pro precio Lecture Dini super Codice, que est in lihraria, scilicet Celeslinis, ut constat in libro • • flnr- LX^ ■
Die viemaii, sohi pro precio Speculi judicialis, quod emi et quod est in libraria, prout constat in dicto libro, per bedellum flor. XL.
Item, pro religando hos duos libros, qui sunt cooperti de forti corio de Brésil rubeoet in quorum uno sun.t grossi clavi desuper, sohi. . flor. II, gros. VI.
Item sohi pro precio Decreti, quod emi et quod est in libraria. LX flor.
Item, solvi pro precio Clementinarum, que similiter sunt in libraria, prout de hiis constat in libro per bedellum XXI flor.
1 Mémoires sur l'Université, par le chanoine Poulie : Ms. de la Bibliothèque d'Aiignon, n° 2891, fol. 47.
2 Archives départementales de Vaucluse, H, Célestins d'Avignon, n° 16.
3 lbid., D 134, fol. 152 v°.
4 Ms. 2891, fol. 79 v°.
LVI IiVTRODUCTIOX.
Item, pro laboribus Judeorura, qui fecerunt emi seu portarunt. II flor ' Compte de 1151-1452. — Item, pro prima parte Barlholomei super Infor!
ciato in pergameno bono, et reposita in libraria XIII scuta.
Item, pro calhena et incathanalione VlIIIoros*
L'abbé de Cluny avait également autorisé l'Université, en 1427, à traiter avec un religieux de Saint-Martial pour la garde de toutes ces richesses bibliograpbiques. C'est seule- ment dans le compte de Jean Payer, évoque d'Orange et primicier, et à la date du 4 mars 1438, que l'on trouve la première mention d'une somme de 5 francs, payés à raison de 1 franc par mois au Frère Etienne Leisand, sacristain de Saint-Martial, pour la garde de la librairie universitaire3. L'inventaire des livres avait été copié au mois de juillet précédent, et l'expédition en avait été remise à ce religieux, pour établir sa responsabilité4. Les gages du bibliothé- caire étant payés plus ou moins régulièrement, il y eut des plaintes de la part des Bénédictins; aussi, le 11 août 1441, en même temps qu'il lui payait 6 florins pour une partie de l'arriéré de ses gages, le primicier Guillaume Fondera s'en- gagea-t-il vis-à-vis de lui à lui donner 1 florin à la fin de chaque mois et sans retard \ L'irrégularité dans les paye- ments ne cessa point pour cela; si, les premiers temps, le sacristain loucha son traitement tous les mois ou tous les deux mois, le moment arriva bien vite où il lui fut dû des sommes importantes. A tel point que le 9 novembre 1457, le primicier et Gautier de « Faleranco », sacristain, furent obligés de transiger : pour l'année du primiceriat de Jean Feutrier (1456-1457), celui-ci ne reçut que 6 francs et 6 gros de gages6. Plus tard, il arriva quelquefois que le sacristain
1 Archives départementales de Vaucluse, D 133, fol. 146
' Ibid., I) 134, fol. 32 v°.
8 Ibid., I) 133, fol. 108. — Voir encore au fol. 168 v°.
* Ibid., fol. 167 : 4 gros payés au copiste Pierre Odibert
i Ibid., M. 83.
'Ibid., I) 134, fol. 96.
INTRODUCTION. lvii
se déchargea de la garde de la bibliothèque sur le vice- sacristain : c'est en effet avec ce dernier qu'eut affaire le primicier Dragonet Girard (151 1-1512) ' ; mais il reprit bien vite (1522) ses anciennes fonctions2. Il paraît même qu'il ne les remplissait pas à l'entière satisfaction des doc- teurs de l'Université, puisque, le 10 novembre 1522, ceux- ci délibérèrent de traiter de nouveau avec le collège de Saint-Martial pour obtenir une meilleure surveillance3.
Les temps difficiles étaient venus pour l'Université et sa bibliothèque : le XVIe siècle marqua d'irrémédiables désastres. Si les visites de la librairie, que le primicier et les docteurs firent dans le courant du XVe siècle, ne révé- lèrent rien d'anormal4, celle de 1512 accusa une malheu- reuse situation. J'en transcris le procès-verbal; il est plus éloquent que je ne pourrais l'être pour décrire l'état lamen- table des livres et des bâtiments qui les renfermaient : tout menaçait ruine 5 ; la dispersion des ouvrages était com- mencée.
1 s. Ilem, solvi domino Johanni de Ghaneto, pro custodia clavium librarie nostre, vicesacriste Sancli Marcialis, flor. VI. » (Archives départementales de Vaucluse, D 135, fol. 356 v°.)
2 Archives départementales de Vaucluse, D 27, fol. 26. s Ibid.
* Voici le procès-verbal de la visite de 1445 : « Item, xvn jullii, R. P. D. Fran- cisco de Cass[anhis], et ego [primicerius, Bonifacius Ravinelli] ac bedellus, cum serviloribus nostris, accessimus ad vi^itandam librariam noslre Cniversilatis et reco- gnoiimus invenlarium librorum et designaciones et quod (sic) cisternos in quolibet libro de magnis, et reperimus juxta inventarium. Et fuit inter nos dictum quod, quia non erat nisi unum inventarium, quod facerem fieri alias duas copias collatas cum originali per magistrum Thomam, notarium, ita quod originale remittatur in magna capsa studii et alia pênes me et alia pênes custodem librarie, pro quibus copiis tradidi, xxvi jullii, VI grossos. « (Ibid., D 133, fol. 126.) — Une autre visite est signalée dans les comptes du primicier Christophe Botini, à la date du 19 octobre 1467. (Ibid., D 134, fol. 256.)
8 Voir également cette partie du compte du primicier (1511-1512) : • Subse- qucnter, pro reparatione librarie Univcrsitatis nostre, quia solaria tecti prime carrière minabatur ruynam, quia saumerium magnum prime camere et ligna omnia a parte fenestrarum erant totaliter putrefacta propter pluviam, ob defectnm eoper- ture tegularum et etiam solarium desubtus, adeo quod non poterat ire ad secundam cameram, in qua sunt libri, nisi a parte ecclesie, propter ea, ex deliberacione feci
lviii INTRODUCTION.
Item, quia reperata [sic) libraria nostre Universitatis in tectis et solariis que erant putrefacta et minabantur ruynam, uti superius deductum fuit, reverendi Patres domini Michael de Sancto Sixto, Franciscus Meruli, Nico- laus et Oliverius Rollandi, Perrinetus Parpalha et Bonifacius Saurini, jurium doctores, et ego Dragonetus Girardi, primicerias, umcum eis, accessimus ad dictam librariam pro visitandis libris; quibus visis, compe- rimus fere omnes solutos quatenis ferreis quibus solebant esse ligali, esse dissolutos et liberos clavosque quibus virge ferrée cum qualbenis intra dictas virgas seu barras ferreas introclusis, fuisse evulsos, adeo quod excepta una aut duabus barris, liberum erat cuicumque capere et transpor- tare volenti libros hoc facere potuisse. Reperimus eliam et comperimus pluies libros a locis suis et scannis solutis mutatos et ad alia scanna et loca transductos (sic) et transmitos contra eorum debitum ordinem mixtos. Qua- propter fuit visum et conclusum predictos libros debere reduci et ligari cathenis ferreis et virgas seu barras ferreas ferrere (sic) ab quibus sunt incluse debere clavellari S3u scannis quibus prius aderebnnl affigi, ne possint ab eis tolli nec evelli, et ulterius videre debere inventarium anti- quum diclornm librorum ad sciendnm si aliqui defficiant et ut suis debitis reponantur locis.
Subsequenter, pluribus vicibus ad presentem librariam accessi, unacum aliquibus et supradictis dominis doctoribus, aliquando cum aliquibus aliis dominis doctoribus ac aliquibus scolaribus, et, visitatis omnibus, comperi- mus nonnullos libros et pro majorî parte a suis locis mutatos, nonnullos vero defficere in totum, ab aliquibus autem aliquos quaternos foiv evulsos, in aliquibus dissulos. Verum etiam comperta fuere nonnulla volumina, que non erant ne que scri|)ta neque designala in antiquo inventario, que post illud fuerant ibi apposita. Propterea novumfieri feci inventarium seu reper- torium librorum tam antiquorum quam novorum in dicta libraria existen- tium, cum des.i;matione eorumdem, prout in eo continelur.
Verum, quia in predicto inventario antiquo, in primo scanno dicte librarie et primo loco erat scriplus et designatus liber conlinens in uno volumine totum Corpus juris civilis, cum suis glosis, pulcberrimum valde, de quo alias fuerint reperti et oblati septingenti ducati, qui (sic) alibi non reperiritur (sic) nec similis alicubi, scitur quod per antecessores nostros propter peiieulum perdicionis fuit a diela libraria extractus (sic), et per primiceiios pro lempore durante sui primiceriatus tempore custodiri tradi- tum unacum Decrelo, proposui corani dominis doctoribus collegialiter con- gregalis quod aliquando conlingit primiceiios aliquos a presenti civitate se absentare, dimisso predicto volumine ac aliis in manibus aliquorum, qui non sunt nec de collegio nec de liniversitate, quos primiceiios, si contin-
reparari et conveni et precium feci cum magislro Ludovico Fransoni, fusterio, pro reparandu solarium predictum desubtus et tectum desuper ad tlor. XVIII, cui primo tradidî flor. XII et postea, opère facto, reliquos VI flor. et sic... XVIII flor.
« Item, pro reparatione dicte librarie solii magistro Gland io Gagnerii, tcmliserio. . . flor. III, jjros. VIII. i (Archives départementales de Vaucluse, I) 135, fol. 355.)
INTRODUCTION. i"
aeret eos absentes mori vol non redire, nesciret Universités a quo petere nec recursum habere. Eapropter, proposui si videatur quod liber ille, conti- nens Corpus juris civilis, unacum Decreto, ponerentur in una capsia, duabus aut tribus clavibus clausa, que poneretur in aliqua ecclesia pre- sentis civitatis, in qua etiam capsia sive archa possent poni scripture ori- ginales et privilégia et documenta principalia et originalia Universitatis, ne amplius per varias et diversas incederent. Quo proposito, fuit conclusum et deliberatum per omnes dominos doctores collegialiter quod ita fieret et quod fieri facerem iinam archam sive capsiam cum duabus aut tribus cla- vibus, in qua predicti libri et scripture reponentur. Et postea, de.loco sive ecclesia in qua reponi et deponi debeat, deliberabitur.
Qua deliberatione facta, reperi in dicta libraria duas capsias, in quarum una erant très sere, due aperte et una clausa, cujus clavem non habebamus nec reperiri potuil; qua per serarium evulsa et aperta, reportus unus faci- culus diversarum clavium, quarum nulla conveniebat dictis seris. Quibus evulsis, sarrallerius dixit, factis clavibus, predictas seras esse bonas, immo optimas et que non possent fieri meliores. Et quia dicta capsia erat bona et sufficiens et bene ferrata, ea tamen reparata per fusterium in aliqua sui parle quam feci reparari et claves de novo cum aliqua sera fieri.
Solvi pro retroscriptis tribus clavibus, pro dicta capsia, magistro Jeo- fredo, sarrallerio, quam una sera nova, cadenato pro dicta libraria et cla- velandis barris seu virgis librorum quibus calbene librorum sunt intro- cluse, cum in Iota libraria non sit unus cadenatus, cum omnes virge sint clavellate, una excepta, et credo hoc ab antecessoribus meis factum ita fuisse ne esset ita facilis evulsio et extraclio librorum, pro premissis solvi
dicto magistro Jeofredo, sarrallerio û. I., gros. X., den. X.
Et quia antiquum inventarium erat in uno quinterno (sic), licet dupli- calum, nec erat verisimile non fuisse aliquod aliud factum fuisse inventa- rium, prêter illud duplicatum, attento quod, ut superius diclum extitit, aliqui defliciunt libri et aliqui repsriuntur libri in dicta libraria qui non repe- riuntur scripti in inventario, ea propter emi unum librum de papiro in forma unius folei (sic) papiri, in quo reponi feci, describi feci inventarium omnium librorum tam in pargameno quam carta papirea descriptorum cum illorum designationibus in secundo et penullimo foliis et in quolibet scannoexistencium, incipiendo primum scannum a parte porte seu introitus scilicet a parte parietis oppositi ante ingressum dicte librarie, prout in anliquo inventario dicebatur esse primum, in quo primo et secundo scanno illi proximo sunt opéra bone memorie domini Egidii de Bellamera, inci- piendo a Decreto, etc., usque ad duo volumina Consiliorum suorum, etc. In quo etiam libro ponelur inventarium seu repertorium omnium litte- rarum apostolicarum et regiarum, ac quorumcunque privilegiorum, liber- tatum et indultorum apostolicorum Universitatem tangenlium, necnon instrumentorum diversorum per plures et diversos notarios recepto- rum . . . Pro quo libro solvi grossos octo.
[Archives départementales de Vaucluse, D 135, fol. 357 v° et 358, à l'année 1512]
Lx IXTRODLGTIO.Y.
Les comptes des primiciers et les délibérations des doc- teurs manquent pour les années suivantes et ne permettent plus de suivre les destinées de la bibliothèque; mais l'on sait que l'Université se débattait au milieu de difficultés pécuniaires. C'est là sans doute qu'il faut chercher le motif de la vente de ses livres, qui eut lieu en 1578. C'est une simple note d'un secrétaire, mise sur le registre D 36 des Archives départementales (fol. 98), qui en a conservé le souvenir : « Nota qu'en cette année furent vendus les livres qui se trouvoient dans la bibliothèque de l'Université au collège Saint-Martial. » Un extrait du compte des recettes de Jean de Tulle, évêque d'Orange et primicier, copié au XVIIIe siècle par le chanoine PouIIp ', vient à l'appui de cette affirmation.
Recepta ex tibris bililiothecae Universitatis, de consensu collegii venditis :
Primo, vendidi maestro domino de Laurentiis Corpus juris civilis, in
impressione de Treveri, pro pretio sex sculorum, valoris . . . XXX lib.
Item, Panormitanum, in sex voluminibus VIII lib.
, Goffredum, in quinque voluminibus X lib.
Item
Le même primicier porta dans ses dépenses les sommes suivantes :
Item, solvi, pro porta librorum bibliotbecae Universitatis e dicta biblio- theca Sancti Marlialis in domum meam \\ \i\,
Item, pro extimations librorum pretlicle bildiolbece II lib.
Die ultima aprilis 1580, recepi a R. D. rectore Sancti Marlialis pro scanms et virgis ferreis et aliis que erant in libraria Universitatis, prout fuerat conclusum, sex scuta ami valenlia XXX lib.
C'en était donc fait de cette librairie importante : il n'en resta plus que le Corpus juris civilis et le Decretum Gratiani, qui durent leur conservation k un fait particulier. Le pre- mier de ces ouvrages, dont anciennement on avait ofTert la somme de 700 ducats d'or, était de beaucoup le plus pré-
1 Ms. 2891, fol. 79 v°et 80.
IXTRODUCTIOM. '*'
cieux; il venait, on se le rappelle, du cardinal de Saluées. Dès 1448, chaque primicier sortant de charge transmettait à son successeur, avec la clef d'une barre de fer de la biblio- thèque, deux autres petites clefs fermant ce volume1. Le Décret de Gratien, acquis plus récemment2, avait lui aussi une haute valeur; on eut donc l'idée, en 1460, de l'uti- liser d'une façon plus matérielle et de l'engager comme nantissement dune somme de 25 écus, due par l'Université à Pierre de Lassone (Layssonia) 3. Ce ne fut que le 5 juin 1469 qu'il fut racheté par le primicier Christophe Botini4. Depuis lors, au lieu de le réintégrer à Saint-Martial, les primiciers le conservèrent par devers eux; ils enlevèrent également le Corpus juris et se transmirent l'un à l'autre ces deux volumes5. Le Corpus lui-même, malgré les souvenirs qui s'y rattachaient, fut à un moment dominé mis en gage pour 40 écus et déposé entre les mains de Guillaume Rici, auquel il fut racheté le 21 mai 1491 6.
Ces deux ouvrages, sortis de la librairie, eurent donc le sort des archives de l'Université; ils échappèrent à la vente de 1578, sans réussir pourtant à arriver à la Bibliothèque d'Avignon. En 1746, en effet, le pape Benoît XIV ayant confirmé et amplifié les privilèges de l'Université, les doc- teurs assemblés résolurent de les lui offrir en témoignage de reconnaissance. Voici la délibération qui fut prise à cette occasion, le 9 janvier ; elle donne quelques détails curieux sur les manuscrits en question.
Le seigneur primicier a encore dit que l'Université a dans ses archives
1 Archives départementales de Vaucluse, D 134, fol. 1.
* Peut-être est-ce le Decretum, signalé ci-dessus comme acquis en 1448. 3 Archives départementales de Vaucluse, D 134, fol. 120.
* Ibid., fol. 290.
» Voir notamment à la date 31 juin 1479 : Archives départementales de Vau- cluse, D 135, fol. 22.
9 Archives départementales de Vaucluse, D 135, fol. 133.
lxii INTRODUCTIOX.
deux manuscrits, l'un contenant le Décret de Gratian et l'autre le Corps du droit civil, qui avoient été légués à l'Université par le cardinal de Saluce avec plusieurs autres manuscrits, dont il ne reste plus aucun vestige, qu'il avoit été offert à l'Université de ce Corps du droit civil sept cents ecus d'or, comme il en est fait mention dans l'inventaire des livres de cette Université, fait en l'année 1427, et l'a rapporté Cadecombe dans ses Disquisilions légales, part. 1, cbap. xxtn, n08 51 et 55, et que la tradition est que ce Corps du droit civil fut un de ceux que le jurisconsulte Tribonien envoya par ordre de l'empereur Justinien aux gouverneurs des provinces, ainsi qu'il est dit dans la loy lr8 § fin. Cod. de Instit. cod. confirm., et ce fut sur ce manuscrit que fut faite l'édition du Corps du droit civil à Lyon, en 1550, sous le signe de la Salamandre, qui tient un des premiers rangs parmi les éditions du Corps du droit civil et est appellée l'édition d'Avignon, a laquelle Emile Ferreti, Govean et plusieurs autres avoient recours pour la conciliation des loix. Celte tradition est attestée par Antoine François Payen dans son Prodrome Justinien, par. 3 § (3, sect. 2, vers. 4 non minoris, pages 370 et 371. Ces deux manuscrits paroissent dignes d'être présentés a un souverain, et son sentiment seroit que l'Université suppliât Sa Sainteté de vouloir bien les agréer comme une marque de sa gratitude et de sa reconnoissance. Ce qui a été unanimement approuvé et applaudi par tous lesdits sieurs assemblés.
[Archives départementales de Vaucluse, D 34, fol. 9. — Cf. Bibliothèque d'Avi- gnon, ms. 1G05, fol. 244.]
Avant de les envoyer au Saint-Père, on livra ces deux volumes au relieur Icard, qui se chargea de réparer leur couverture et d'y appliquer des ornements1. Le Pape les agréa avec une vive satisfaction et chargea le cardinal Valenti, ministre et secrétaire d'Etat, de remercier l'Uni- versité, en lui annonçant « qu'il avoit fait placer ces deux précieux manuscrits dans la Bibliothèque du Vatican, avec une inscription qui informoit la posterilé que ces deux manuscrits avoient été donnés en présent au pape Be- noist XIV par lad. Université. Le cardinal Valenti écrivit en conséquence à lad. Université. Sa lettre fut imprimée et répandue dans le public2. »
1 Archives départementales de Vaucluse, I) 19V, fol. 298 v°.
2 Cambis-Velleron, Annales de la ville d'Avignon, t. IV (ms. de la Bibliothèque d'Avignon, n° 2779), fol. .'jO-'î. — Un exemplaire imprimé de la lettre du cardinal Valenti est dans le même volume, au fol. 328.
IXTRODICTIOX. IX1"
Il est certain que les religieux de Saint-Martial eurent la sage précaution de conserver à part leur propre bibliothèque. Aussi, après la dispersion des manuscrits de l'Université, leur librairie resta-t-elle en leur couvent et continua-t-elle à s'enrichir. On ne peut cependant nommer que deux bien- faiteurs : Gaspard de Simiane, abbé de la Coste, recteur du collège pendant une quarantaine d'années, mort en 1G861, et l'archevêque Gonteri, dont il a été parlé au commence- ment de cette Introduction. Au XVIIIe siècle, une grande partie des livres furent vendus, de telle façon que la Biblio- thèque d'Avignon n'a recueilli que très peu de manuscrits de cette collection.
Les étudiants et docteurs de l'Université n'avaient pas seulement à leur disposition les deux librairies de Saint- Martial; ils jouirent encore de celles des collèges d'Annecy, de Saint-Michel, de Senanque et du Roure.
On sait quelle fut l'origine du premier de ces établisse- ments, fondé par deux codicilles de Jean Allarmet, cardinal de Brogny, en 1424 et 1425. La bibliothèque tout entière du cardinal lui fut léguée; elle se composait d'une collection rare pour l'époque, Deux catalogues en ont été dressés; ils ont été publiés l'un et l'autre. Le premier se trouve dans l'inventaire des biens de Jean Allarmet, fait après son décès; sur les 171 manuscrits qui y sont compris, 113 sont indi- ques comme réservés pour l'usage du collège". Le second est le catalogue même de la bibliothèque du collège, dressé après la réception des livres. Celui-ci n'a pas été complète- ment édité3 : on a omis de citer tous les volumes à l'usage de la chapelle. Cet oubli est ici réparé.
1 Xéciologe de Saint-AIarlial : Dibliolhèque d'Avignon, ms. 2466, fol. 114 v°. »M. Fournier, Les statuts et privilèges des Universités françaises, t. II, p. 396. 3 M. Fournier, Les bibliothèques de F Université et des collèges d'Avignon, p. 6.
lxiv INTRODUCTION.
Sequitur invenlarium de bonis et rébus existentibus in collegio Beati Nicolai de Anniciaco, etc., faclum per execulores, elc, die notia mensis februarii, anno Domini Mm0 IIIe .XXX0, ut in nota per me Johannem de Cugereyo, notarium publicum, sumpta super hoc lacius continetur.
El primo de libris.
1°. Primo, unum leugendarium in pergameno scriptum, incipiens in primo folio de littera rubea : In nomine Domini nostri Jliesu Christi, et in secundo folio : catus a Pâtre, et finit in ultima columpna ultimi folii ejusdem : esse pro/iibetur ; coopertum pelle viridi.
2°. Item, unus alius liber de pergameno, dictus Anliphonarium notatum, qui incipit : Ecce nomen Domini h\ primo folio ejusdem, et in secundo : te verbum Domini, et incipit in penultimo folio ejusdem : ta Trinitas ; cooperlus pelle alba.
3°. Item, unum Graduale notatum in pergameno scriplum, incipiens in secundo folio ejusdem : tuas Domine, et in ultimo folio incipit : Deus Sabaotht ; coopertum pelle alba satis antiqua.
4°. Item, unus alius liber, dictus Processionarium, nomis notatus et in pergameno scriptus, incipiens in primo folio : Missus est Gabriel, et inci- piens in ultimo folio ejusdem : oro supplex ; coopertus pelle alba.
5°. Item, unum Epistolarium in pergameno scriptum, incipiens in secunda columpnn primi folii : secundum Johannem, et finit in penultima columpna ultimi folii : dico vobis et testi/icor ; coopertus pelle alba anti<|ua.
6°. Item, unumMissale novum in pergameno, incipiens in secundo folio ejusdem : amur qui te, et incipit in penultimo folio ejusdem : impleatur ; coopertum pelle rubea antiqua.
7°. Item, unum aliud Missale brève antiqunm in pergameno scriplum, incipiens in tercio folio ejusdem : qui habet, et incipit in ultimo : dicentem michi.
8°. Item, unus liber de offïcio et legenda Eucaristie in pergameno scriptus, incipiens in secundo folio ejusdem : suavilatem, et finit in penultimo folio : commemoratus.
9°. Item plus, unus alius liber de dicto officio Eucharistie non notatus, incipiens in primo folio in littera rubea : Leqenda Eucaristie, et finit in penultimo folio : in eternum ; non cooperlus postibus, etc.
10°. Item, quidam alius liber de magna forma de officio béate Lucie, notatus, in pergameno, qui incipit : Orante sancta Lucia, et finit : in eternum.
Item, plus, die vi. mensis octobris M0IIIIcXXKIIdo fuerunt per dominos exequtores traditi dominis vice rectori et Johahni Collungeti, procuratori pro et nomine dicti collegii, et ad ipsum collegium porlali libri in frase ripti pro usu ecclesie ejusdem :
Primo, unum Responsorium notatum, magne forme, scriptum in perga- meno.
INTRODUCTION. lxv
Item, alius liber ofiiciorum novorum, scilicet Trinitatis, Eucarislie et béate Marie.
Item, liber Lamentationum Jeremie, in pergameno. Item, alius liber hymnorum notatorum, scriptus in pergameno. Item, unum Psalterium, in quo sunt multa alia notata. Item, alius liber hymnorum notatorum in pergameno. Item, alius liber régule vicecancellarie, etc.
[Archives départementales de Vaucluse, D 206, fol. 18 et 22.]
La bibliothèque de Saint-Nicolas d'Annecy eut aussi ses bienfaiteurs : le 8 février 1433, Paul de Sade, évêque de Marseille, écrivit son testament, par lequel il lui laissa tous ses ouvrages de droit, à la condition que les recteurs du col- lège recevraient un étudiant du nom de Sade, ou, à son défaut, un étudiant de la ville d'Avignon ' . L'inventaire des titres de cet établissement mentionne encore, avec la procé- dure commencée en 1441 pour la délivrance de ce legs 2, une donation de livres faite le 3 juillet 1482 par François « Regalis » , pour assurer la fondation de deux anniver- saires3. Là encore, les volumes furent enchaînés sur leurs rayons et les statuts du collège en interdirent non seulement la vente, mais encore le prêt à qui que ce soit en dehors de la librairie 4.
M. Marcel Fournier a également publié les inventaires des bibliothèques des collèges de Saint-Michel et de Senanque, qui leur avaient été léguées par leur fondateur Jean Isnard, en 1454 5, et Jean Casalet en 1496 6. D'autres documents font complètement défaut pour étudier leurs
1 Massilian : Bibliothèque d'Avignon, ms. 2381, fol. 147 v°.
3 AI. Fournier, Les bibliothèques de l'Université et des collèges d'Avignon, p. 5.
3 Id. , ibid. '- — Les statuts et privilèges des Universités françaises , t. II, p. 486.
4 Id., ibid., p. 18.
5 Id., ibid., p. 19. — Les statuts et privilèges des Universités françaises , t. II, p. 455.
0 Id., ibid., p. 33. — Les statuts et privilèges..., t. II, p. 511.
TOME XXVII. e
LXV, INTRODUCTION.
destinées : on sait qu'une bonne partie de la librairie de Saint-Michel fut vendue par les exécuteurs testamentaires de Jean Isnard. Quant aux autres manuscrits, on en a perdu absolument toute trace. Celle du collège de Senanque était destinée à recevoir des accroissements, car un article de ses statuts spécifiait que les livres des religieux décédés dans l'établissement viendraient s'y adjoindre l.
Le collège de Saint-Pierre-ès-liens du Roure fut de créa- tion un peu antérieure à celle du collège de Senanque : ce fut le cardinal Julien de la Rovère, neveu de Sixte IV, plus tard pape sous le nom de Jules II, qui l'établit en 1476, alors qu'il exerçait à Avignon les fonctions d'archevêque et de légat du Pape. Sa situation lui permit de rendre d'importants ser- vices au collège. ïi obtint facilement pour lui une bulle qui l'autorisait à emporter et à garder les quelques livres, débris de la fameuse bibliothèque des papes, qui étaient restés dans le Palais d'Avignon, où ils se détérioraient de jour en jour'. Il était seulement exigé d'en dresser l'inventaire; cette pièce ne nous est pas parvenue. Il est vrai que le collège ne profita pas longtemps de ces volumes; une note extraite des manuscrits de Suarez nous apprend en effet qu'en 1594 on transporta à Rome tous les livres conservés à Avi- gnon, qui avaient appartenu aux souverains pontifes du
XIVe siècle3.
C'est pourquoi, quelques années plus tard (2 mai 1513), Antoine «de Ferrariis » , jurisconsulte originaire de Lyon et collégié de Saint-Pierre du Roure, voulut fonder une biblio- thèque dans cet établissement qui en manquait, et prit en conséquence les dispositions testamentaires suivantes :
' M. Fournier. Les statuts et privilèges, p. 37.
s M. Fournier, Les bibliothèques de f Université et des collèges cl Avignon, p. 31 ; _ Les statuts et privilèges des Universités françaises, t. II, p. 479. 3 Bibliothèque d'Avignon, ms. 2083, loi. 5.
INTRODUCTION. lxvii
Testamentum pro venerabili et circumspecto viro domino Anthonio de Fer- rariis, jurispcrito civitatis Lugdunensis, collecjiato collegii Sancti Pétri ad Vincula, de Ruvere vulgariter nuncupati, in aima Ùniversitate Avi- nionensi fundati.
Cum propter delictum primi parentis, mors que omnium, etc. Hinc est quod anno a nativitate Domini millesimo quingentesimo tercio decimo et die secunda mensismaii, personaliter constitutus dictus dominus Anlhonius testator, sanus corpore mentequeet intellectu, premissa considerans, gratis, etc., suum ultimum nuncupativum testamentum seu ultimam voluntatem fecit in hune qui sequitur modum.
Imprimis enim, quia anima est nobilior corpore...
Item, dat et légat dicto collegio de Ruvere, si contingat eum mori Avi- nione, ipso existente collegiato ejusdem collegii, omnes et singulos suos libros, proinhitio librarie comunis fiende per dominos rectoremetcollegiatos ejusdem, dummodo fiafc et inbiceatur infra duos annos a die sui obitus; alioquin vendantur et pecunie distribuantur pro missis dicendis pro ipsius testatoris anima et benefactorum suorum et bclemosina fienda in hospila- libus ipsius civitatis Avinionensis, ad voluntatem suorum exequtorum infra- scriplorum, si vivant, alioquin suorum successorum, vocato ad hec lecture dicti collegii qui tune erit.
Item, dédit et legavit dicto collegio...
[Notes brèves de François Alorini, aujourd'hui conservées en l'étude de Me de Beaulieu, à Avignon, année 1513, fol. 45.]
Dans les temps modernes, les deux collèges pontificaux de Saint-Nicolas d'Annecy et de Saint-Pierre-ès-liens du Roure, qui avaient survécu, furent unis par une bulle du pape Clément XI1; leurs bibliothèques furent donc fondues en une seule. C'est delà que provient entre autres le manuscrit actuellement coté 766, qui renferme un Breviariumjaris, la seule œuvre juridique connue du célèbre cardinal de Brogny.
A côté de ces établissements universitaires existait, dès le XVI siècle, le collège dirigé par les Pères de la Compagnie de Jésus. « Les Pères Jésuites, dit le P. Louis Jacob, ont faict une fort belle bibliothèque en toute sorte de bons livres, mesmes il y a quelques anciens manuscrits2. » Louis
1 Massilian : ms. 2381, fol. 149. 8 Page 611.
lxviii IXTRODIXTIOX.
Beau ou de Belli, protonotaire apostolique, par son testament daté du 20 décembre 1613, leur avait légué tous ses livres, à la condition qu'ils seraient placés à part dans la librairie commune du collège, et que l'image du donateur serait per- pétuellement exposée en face des rayons sur lesquels ils seraient placés, avec une inscription rappelant ce legs; il avait voulu en outre que son ex-libris fût mis sur la pre- mière page decliaque volume. Seulement les Jésuites obser- vèrent si bien ces conditions qu'ils isolèrent et rendirent complètement inaccessible cette bibliothèque. C'est pour cela qu'en 1763, le recteur du collège finit par demander l'autorisation de réunir ces volumes à ceux de la librairie commune, pour leur rendre au moins leur utilité1. Là se bornent absolument les renseignements que je possède sur celte collection.
Au siècle dernier, les Oratoriens, les Pères de la Doctrine chrétienne, les Frères des écoles, les Prêtres Missionnaires instruisaient également la jeunesse avignonnaise et possé- daient des bibliothèques. Peu de leurs manuscrits sont conservés : on ne connaît du reste pour ainsi dire rien sur leur provenance. On sait cependant que les Pères de la Doctrine chrétienne héritèrent en 1718 des livres de Joseph- François-Aïarie de Guyon, doyen de Saint-Agricol. Le cata- logue en a été dressé par le chanoine Brun et par Champ- saud, recteur de la Doctrine chrétienne, le 11 novembre de la même année2. On y relève 3 manuscrits : « Catena aurea manuscripta », en deux volumes; la Relation de la mort d'un vendeur d'huile, aujourd'hui n° 1371, et enfin un traité de l'infaillibilité du Pape. En 1727, le R. P. Gilli donna l'ordre de dresser l'inventaire des livres qui étaient dans la
1 Consultation de Brun, doyen de Saint-Agricol et vicaire général de l'archevê- ché, datée du 4 novembre 1763 : Bibliothèque d'Avignon, ms. 2816, fol. 388.
2 Bibliothèque d'Avignon, ms. 1611
INTRODUCTION. i<xix
maison des Doctrinaires d'Avignon. Notre Bibliothèque a conservé ce catalogue (n° 2886 des manuscrits); mais il est impossible d'y reconnaître si tel ouvrage est imprimé ou ne l'est pas. Il ne peut donc être d'aucune utilité ici.
Il est impossible de terminer cette première partie de l'Introduction sans au moins signaler le nom des particu- liers qui, aux XVIIe et XVIIIe siècles, se distinguèrent à Avignon par leur amour des livres : je veux parler de Fran- çois-Balthasarde Merles, seigneur de Beauchamp' ; du mar- quis de Pérussis 2, du marquis de Calvière 3, de Joseph-Louis- Dominique de Cambis, marquis de Velleron ; de l'abbé Brun, doyen de Saint- Agricol4; de Joseph de Seytres, marquis de Caumont, et enfin d'Esprit-Claude-François Calvet. Il sera question ci-après des collections de ces deux derniers. Quant à celle du marquis de Velleron, c'était une des plus impor- tantes que l'on pût voir au siècle dernier. Son possesseur avait un esprit extrêmement cultivé; ses connaissances histo- riques étaient bien au-dessus de celles de ses contemporains, et certainement, s'il avait pu mettre la dernière main à ses Annales de la ville d'Avignon, il aurait bâti un monument impérissable. Il a publié en un gros volume in-4° de 766 pages, tiré seulement à 70 exemplaires, le Catalogue raisonné des principaux manuscrits de son cabinet, où il décrit 195 ouvrages. Cet inventaire est très diffus; cepen- dant il donne une foule de détails intéressants, entre autres sur la provenance de quelques-uns de ses manuscrits : deux avaient appartenu à l'église métropolitaine (n09 ivetvi), un
1 Le catalogue de ses livres a été imprimé à Avignon en 1702, chez F. -S. Offray, in-12 de 123 pages.
3 Catalogue imprimé à Avignon, chez J.-J. Xiel et A. Aubancl, 1774, in-12.
3 Catalogue imprimé à Avignon, chez Mérande et Dubié, 1778, in-8°.
4 La Bibliothèque d'Avignon conserve les manuscrits suivants qui proviennent de lui : 30, 456, 472, 473, 474, 509. 551, 2695. 2696, 2697.
lxx INTRODUCTION.
aux Pénitents gris (n° v), trois à la Chartreuse de Villeneuve (n08 xxiii, lu et clxxiv), deux au noviciat des Jésuites d'Avi- gnon (n06 xxx et xxxiii), et un au collège de Saint-Martial (n° clxxiii). La Bibliothèque d'Avignon a eu la bonne chance d'acquérir quelques-uns des volumes décrits dans ce cata- logue, en même temps qu'elle recueillait la plupart des œuvres personnelles du marquis. On en trouvera la liste à la fin de cette Introduction.
II
Avignon et le comté Venaissin furent réunis à la France par décret de l'Assemblée nationale, en date du 14 septem- bre 1791. Dès ce moment, il fallut donc pourvoir à l'appli- cation des lois françaises. Celle du 18 août 1792 supprimait les anciennes communautés religieuses et réunissait leurs biens au domaine de la nation. Ce fut l'origine de la Biblio- thèque et du Musée d'Avignon.
Il a été démontré dans une publication parue il y a quel- ques années1, que la circulaire du ministre Rolland, du 3 novembre 1792, relative au triage, k l'inventaire et à Ja conservation des objets précieux, fut exécutée dans notre ville. Le décret de la Convention nationale du 8 pluviôse an II vint la compléter2 : il exigea que les administrations de district fissent dresser le récolement des inventaires qui avaient dû être faits des livres et manuscrits des commu- nautés ecclésiastiques, des émigrés et des condamnés; il leur demanda de proposer, parmi les édifices nationaux, un
1 Origines du Musée d'Avignon, par L. Duhamel, dans le Compte rendu de la réunion des Sociétés des beaux-arts des départements, 1889, p. 657. — Cette étude a été mise souvent à contribution pour celte partie de l'Introduction.
2 Les documents cités dans ce paragraphe sont tous extraits, à moins d'indica- tion contraire, des Archives départementales de Vauclusc, série T, Musées et Biblio- thèques, Avignon.
INTRODUCTION. L*xi
emplacement convenable pour la Bibliothèque publique, avec l'indication des dépenses urgentes, lesquelles proposi- tions seraient transmises au Comité d'instruction publique. Ce fut l'architecte Bondon qui fut chargé d'examiner quel local pourrait être affecté à l'établissement de la Bibliothèque . Sur son rapport, l'administration du district proposa, le 24 messidor an II, au directeur du département de Vaucluse l'immeuble national de Saint-Martial. Du 15 vendémiaire an III est le devis des dépenses nécessaires à la mise en état des bâtiments; il s'élevait à la somme de 55,458 livres 10 sous. Il fut envoyé au Ministère de l'intérieur , avec des observa- tions sur l'établissement de la Bibliothèque et du Musée publics « du département de Vaucluse d'Avignon... dans la maison nationale du couvent des cy-devant Bénédictins » . En même temps, l'agent national Bruny, en conformité de la loi du 8 brumaire an III, écrivait son « mémoire sur l'état des bibliothèques et de tous les monuments des sciences et arts qui sont dans l'arrondissement de ce dis- trict d'Avignon, ainsi que des dégradations et dilapidations qui ont été commises » . J'en extrais ce qui a rapport aux livres : c'est le meilleur document qui puisse exister sur l'origine et la formation de la Bibliothèque d'Avignon.
Livres.
Au milieu de toutes les divisions et tous les déchirements qu'il a falu éprouver dans ce district, pour rompre les chaînes honteuses dont la tyrannie papale nous avait garrotté depuis si longtemps, et jouir du pre- mier bien que la nature départ à ses enfants, il n'était guère possible que quelque partie ne fut en souffrance. Celles qui, après la liberté, doivent interresser le plus vivement des Républicains, l'instruction publique, la conservation des monuments des sciences et des arts, leur rassemblement dans un dépôt public, furent de ce nombre.
La première fut négligée.
La seconde n'a pas été exempte du vandalisme qui a ravagé la République.
Le dernier objet n'a pu être effectué et ne peut l'être de longtemps : il sera facile de s'en convaincre d'après les observations suivantes.
lxxii INTRODUCTION.
1° On n'a jamais eu de point central n'y de plan fixe pour le rassemble- ment des richesses littéraires; ce n'est que depuis peu que l'administration du district a fait choix du ci-devant couvent des Bénédictins pour y rassem- bler un jour les tableaux, les livres, les cabinets d'histoire naturelle et des arts, et y placer le jardin de botanique : ce local présente un ensemble à pouvoir réunir ces divers objets; le plan en est dressé, mais il s'agit de son exécution.
2° Le dépouillement des richesses littéraires est un vray cahos qu'on aurait pu prévenir ou rendre plus facile, si à la supression des cidevant maisons religieuses l'intelligence eut présidé au déplacement des livres; mais plusieurs bibliothèques furent confondues et entassées pèle et mêle : le plus grand nombre se trouve encore dans cet état.
Il existe actuellement trois dépots de livres : le premier au cidevant cou- vent des Célestins;
Le second au cidevant archevêché;
Le troisième à la maison de Seytre Caumont, émigré.
Dans le premier dépôt se trouve la bibliothèque des Célestins, dont le fondement vient de celle du fameux Gerson et qui fut augmentée par Clé- ment VII; elle contient quelques manuscrits et quelques livres du 2e âge de l'imprimerie, les manuscrits n'offrent guère que des ouvrages de théologie et de piété1. Un des plus curieux est la Bible de Clément VII in folio sur velin, in fol. forme d'atlas.
Plus le Décret de Gratien donné en 1588 aux Pères Célestins par Claire l'Artissute 9. Ce manuscrit parait antérieur au XIIIe siècle : ce qui le fait présumer, c'est la forme de la fhiare pontificale, qu'on voit dans plusieurs vignettes qui décorent cet in folio : elle ne porte point de couronne. On n'ignore pas que ce fut le pape Boniface VIII, qui occupa le siège ponti- fical depuis 1294 jusqu'à 1303, qui le premier surchargea la thhre d'une triple couronne Ce manuscrit est de la plus grande beauté, mais en le parcourant rapidement, nous avons vu avec douleur que quelques vignettes •en ont été coupées et avec elles des fragments du texte écrit derrière ces vignettes.
Il existe dans la même bibliothèque plusieurs autres manuscrits, il serait trop long et même impossible de les détailler, mais nous ne pouvons passer sous silence : 1" une Bible format grand in-8°, écrite sur velin très fin, a double colonne avec des lettres majuscules enluminées; l'écriture est remar- quable par sa finesse et sa netteté;
2° Autre manuscrit en deux volumes in folio sur velin contenant des dis- sertations sur S. Mathieu par frère Augustin de Ancona, de l'ordre des frères henniltes de S. Augustin;
3° Capitula et oraliones per annum, mss. sur velin, un volume in folio.
1 II n'est pas utile d'insister ici pour faire remarquer les erreurs contenues dans ces quelques lignes. Tout ce qui a été dit plus haut de la bibliothèque des Célestins suffit au lecteur.
5 Lisez : Donné en 1538 par Madeleine Lartessnti.
INTRODUCTION, i.xxui
Le catalogue de celte bibliothèque n'étant pas fait ', il est impossible de désigner les livres qui peuvent être de quelque utilité, par leur rareté et leur antiquité. Nous nous bornerons à vous dire que nous y avons remarqué YAstronomicon poëticon d'Iginius, imprimé à Venise par Erhard Radtolt, de Augusta, le 22 janvier 1485, format petit in 4°. Il est relié avec le Poli- dore Virgile, de Rerum inventorïbus, imprimé le 12 novembre 1506.
Les bibliothèques étrangères qui ont été mises dans le dépôt des Céles- tins, sont celles des Augustins Réformés, des Dominicains, des Capucins du grand couvent et des Bénédictins; elles furent confondues et tout le travail qu'on a pu faire jusqu'à aujourd'huy s'est borné à séparer les formats et à les placer de manière à être à l'abri de toutes dégradations.
Dans le travail, on s'est convaincu que les Dominicains avaient plusieurs manuscrits, parmi lesquels on a remarqué une belle Bible sur velin in folio ordinaire.
Les bibliothèques au cidevant archevêché sont :
1° Celle du cidevant archevêché.
2° Celle du cidevant chapitre de la métropole.
3° Celles des PP. Oratoriens.
4° Du séminaire Saint-Xicolas.
5° Celle des PP. Minimes.
6° Quelques vieux livres des Cordeliers.
7° Des Pères Recolets.
8° De la Chartreuse de Bonuas.
9° Des Grands Carmes.
10° Quelques vieux livres des PP. Augustins.
11° Quelques livres des FF. des écoles, servant à l'éducation de leurs élèves.
12° Du séminaire de Sainte-Garde.
On trouve également dans le même dépôt les livres :
1° De Tonduty-Blovac, émigré.
2° De Voulonne, émigré.
3° De Guilhen, de l'isle.
4° Quelques volumes de Gabriellis, de Cavaillon.
5° Quelques volumes de Nicolay.
6° Quelques volumes de ililhaudon et d'Hugues, condamnés.
Le dernier dépôt, chez Seytre Caumont, émigré, offre :
1° Les livres de cet émigré.
2° Ceux de Pecard, aussi émigré.
3° On y a transporté depuis peu quelques vieux livres des cidevant Celes- tins de Sorgues.
Il est inutile d'entrer dans des grands détails sur ce que renferme la bibliothèque de Seytre Caumont; le Comité peut s'en former une idée d'après le catalogue qui luy a été transmis. Nous nous bornerons d'observer qu'on
1 Le rédacteur de ce rapport oublie le catalogue dressé par les Célestins eux- mêmes en 1765.
lxxiv INTRODUCTION.
y trouve quantité d'auteurs italiens, entre autres une magnifique édition du Tasse, in folio, figures, presque tous les anciens historiens français, et un recueil manuscrit de lettres adressées à Seytre Caumont, associé à l'Acadé- mie des Inscriptions et Belles-Lettres, par le président Boubier, l'abbé Rotelin du Fossy, le cbevalier Folard et autres savants de ce temps.
La bibliothèque de Pecard, émigré, n'offre qu'une collection de bons livres dans divers genres; le seul à citer est le Theatrum mundy, in folio, forme de grand atlas, imprimé par Blaeii, n° 478, en deux volumes, conte- nant la description des Pays-Bas. Le Comité a reçu les cartes de cette biblio- thèque.
Les bibliothèques du séminaire de Saint-Charles et des cidevant Doctri- naires n'ont pas encore été déplacées.
C'est la vieille théologie et la jurisprudence ultramontaine, qui abondent dans les collections des cidevant corps religieux suprimés. Il serait à désirer que le Comité d'Instruction publique permit de mettre au rebut, parmi les livres de ce genre, ce qui n'est d'aucune valeur. Cependant dans tout ce fumier qui n'est pas même celuy d'Ennius, on trouvera peut-être quelques livres précieux.
Parmi les livres du séminaire de Sainte-Garde, on trouve le premier ouvrage de Milton, Pro populo Anglicano defensio contra Claudii anonimi alias Sa linasii defemionem Recjiam. Londiui, typisDuGuardianis, annol651, un vol. in 12.
Occupés actuellement à la confection du catalogue des livres de Tonduty- Blovac, émigré, nous avons déjà vu un volume in 4°, caractère gothique, qui contient le Songe du Berger, lequel parle de la disputation du clerc et du chevalier, ouvrage en prose; plus le Roman de la Rose, avec figures. Ces deux ouvrages ont été imprimés à Paris par Jean Petit, sans date. A la suitL' se trouve l'Espinette du jeune Prince conquérant le Royaume de Bonne Renommée, ouvrage en vers, imprimé à Paris, par Michel Lenoir, le der- nier octobre 1514.
Le travail bibliographique ne commence que d'être en activité dans ce district : les coopérateurs se proposent de réunir tous les manuscrits, de faire un travail particulier sur cet objet et d'en offrir le résultat au Comité d'Instruction publique; ils désigneront, autant qu'il sera possible, la biblio- thèque d'où chacun de ces manuscrits aura été tiré.
Il existe encore quelques livres dans la commune de Cavaillon, mais on n'y trouve aucun livre de goût, aucun manuscrit précieux [ni] ancienne édition de Plamtm et d'Elzevir; dans les bibliothèques des cidevant Dominicains et Capucins, des théologiens obscurs et barbares, des sermonaires, dont la plu- part composaient dans la manière de Robinet de Menot, prédicateur extra- vagant du seizième siècle, voilà ce qui occupait dans ces bibliothèques les places distinguées : on sait que le dieu du goût n'a jamais été couvert d'un froc. La bibliothèque du cidevant séminaire collège, si l'on excepte l'his- toire universelle composée en anglais par une société de gens de lettres, et une collection de quelques années du Journal des sçavants, le père des journeaux et celuy qu'on lisait le moins, n'offre rien de remarquable; on
IYTRODUCTIOX. lxxv
y voit des livres élémentaires faits par des Jésuites et quelques poèmes latins modernes par les mêmes. [Bibliothèque d'Avignon, ms. 1692.]
On a remarqué dans ce rapport officiel que plusieurs bibliothèques d'émigrés avaient été confisquées et réunies aux livres et manuscrits provenant des établissements ecclé- siastiques. La plus importante était certainement celle du marquis de Caumont, qui avait été formée principale- ment par son père, associé de l'Institut, et qui renfermait plusieurs volumes de lettres de savants français et étran- gers. Peu de ces documents sont arrivés à la Bibliothèque d'Avignon, et encore y sont-ils venus postérieurement à la Révolution, car on restitua à qui de droit les volumes con- fisqués. Cependant il est utile de faire connaître au moins les noms de ceux qui entretinrent un commerce épistolaire avec le célèbre marquis et d'indiquer les dilapidations dont cette précieuse collection a souffert. Voici ce qu'en a dit Esprit Calvet :
Une correspondance aussi suivie et aussi étendue nous met sous les yeux un phénomène littéraire qui peut-être n'avoit jamais été observé : au fonds d'une province, dans une ville éloignée des capitales, on voit un homme qui, avec de l'esprit et des connoissances, ne s'éloit néanmoins distingué par aucun ouvrage d'éclat, devenir le conseil et l'arbitre de tous les person- nages illustres de l'Europe, dont nous admirons les écrits. M. le marquis de Caumont, sans sortir de sa patrie, y fut pour ainsi dire le centre et le point de ralliement, où ils se portèrent comme de concert; en France, MM. d'Aguesseau, le cardinal de Polignac, l'abbé de Rothelin, l'abbé Bignon, le président Bouhier, le président de Mazaugues, le baron de Bimart, le chevalier Folard, Reaumur, Voltaire, Mirabeau, de Boze, Seguier, Sainte-Palaye, Falconet, de Maillet, Cary, de Mautour, les Pères de Montfaucon, Brunioy, Montauzan, Vitri, Panel; chés l'étranger, MM. le marquis Maffeï, le cardinal Passionei, le prince Ragotzi, le marquis Cap- poni, le comte Algaroti, Bentivoglio, Metastasio, Gori, Muratori, milord éveque de Rochcster, Hamilton, dom Gregorio Mayans i Siscar, bibliothé- caire du Roy d'Espagne, et plusieurs autres sçavans très estimés, quoique moins célèbres, recherchèrent le commerce de M. de Caumont et tinrent à honneur de le cultiver et de l'entretenir.
A l'époque de nos derniers malheurs, la maison de Seytres étoit recon-
lxxvi IXTRODUCTION.
nue depuis l'extinction des Thésan et des Ancezune, pour la plus ancienne du païs : le souverain venoit d'en décorer l'aîné du titre de prince; en fal- loit-il d'avantage pour qu'elle se ressentit plus que toute autre de la fureur d'une populace effrénée et sans doute sourdement excitée. L'hôtel de Cau- mont fut pillé' en 1793, les anciens titres furent brûlés, les meubles vendus, les tableaux enlevés, les livres dispersés, tout disparut, et ce n'est pas sans peine qu'on a recouvré, avec quelques autres effets, une partie des lettres manuscrites; mais la plupart de celles qui n'éloient pas reliées sont vray- semblablement perdues sans ressource, et même quelques recueils reliés au moins aussi précieux que les premiers; c'est dans ces volumes que se trouvoient malheureusement les lettres de M. le prince Ragotzi, l'abbé Bignon, Reaumur, Voltaire, le chevalier Vettori , florentin, l'évèque d'EIei- theropolis et de quelques autres; mes craintes sur la perte de ces derniers recueils sont d'autant plus fondées, qu'ils ont échappé à toutes mes re- cherches, ainsi qu'à celles de M. le chevalier Victor de Caumont, qui s'est généreusement empressé de me donner communication des lettres que j'ai transcrites.
[Bibliothèque d'Avignon, ms. 2374, fol. 3 v0.]
Malgré Je rapport de Bondon et les résolutions prises en l'an III, les différentes collections qui composaient la Biblio- thèque d'Avignon restaient séparées et enfermées dans trois dépôts différents : à l'archevêché, dans le couvent des Célestins et dans la maison de Seytres-Caumont. Pourtant, depuis le 5 messidor an IV, les bâtiments de l'archevêché étaient vendus au sieur Duroure, qui devait entrer en pos- session après évacuation de l'immeuble. Mais les choses restèrent en cet état jusqu'en l'an XII : c'était en vain que le « conservateur du Muséum et du dépôt littéraire » d'Avi- gnon, tel était le titre officiel que portait le citoyen Meynet, demandait que tous les objets fussent réunis dans un même local, où ils seraient visités par le public, à des jours déter- minés; l'argent manquait pour réaliser ces desiderata et surtout pour remettre en état convenable les bâtiments de Saint-Martial. L'État résolut donc de donner à la ville d'Avignon la jouissance des Bibliothèque et Musée natio- naux, en même temps que de l'ancien couvent des Bénédic- tins. Cette jouissance, spécifiée dans la dépêche ministé-
IXTRODl'CTIOX. lxxvii
rielle du 13 thermidor an XI, fut définitivement concédée par un arrêté du ministre Chaptal du 4 pluviôse an XII et par un arrêté du premier consul, en date du 7 du même mois. Le 20 ventôse suivant, le conseil municipal d'Avignon l'accepta et s'engagea à acquitter tous les frais d'installation et d'entretien du nouvel établissement.
Dès lors, la réunion s'opéra très rapidement : le 28 prai- rial an XIII la Bibliothèque et le Alusée étaient transférés à Saint-Martial, et, le 22 thermidor suivant, Calvet, biblio- thécaire de la ville, pouvait écrire au préfet de Vaucluse que tous les livres de l'archevêché, jusqu'à la plus petite feuille, avaient été apportés dans le nouveau local. Plusieurs années furent consacrées au rangement des volumes et au cata- logue. Enfin, le 11 janvier 1810, le Ministre de l'intérieur donna l'accusé de réception des trois volumes du catalogue de la Bibliothèque; ce sont très probablement ceux qui forment aujourd'hui les n03 5285-5288 des nouvelles acqui- sitions du fonds français des manuscrits de la Bibliothèque nationale. Quand tout fut en ordre, une salle de lecture fut ouverte au public; dans une lettre du 24 décembre 1812, le bibliothécaire Calvet annonce qu'elle était fréquentée par une dizaine de personnes en moyenne chaque jour.
La Bibliothèque d'Avignon, on le sait maintenant par tout ce qui précède, avait été formée principalement par les anciennes collections des établissements religieux. Un arrêté du représentant du peuple Goupilleau, en date du 18 brumaire an IV, avait bien ordonné que tous les livres existant dans les maisons nationales d'Apt, de l'Isle et du Thor fussent sans aucun délai transportés à la Bibliothèque de Vaucluse et chargé le citoyen Meynet d'y veiller; mais si quelques volumes de l'Isle et du Thor arrivèrent à la desti- nation voulue, il ne semble pas qu'il en soit venu un seul de la ville d'Apt.
""Hl INTRODUCTION1.
Malheureusement les librairies des couvents et commu- munautés supprimés ne demeurèrent pas intactes : les transferts qu'on leur fit subir lurent la cause de la perte de nombreux volumes; l'encombrement qui résulta des pre- mières opérations plus ou moins bien dirigées, facilita les vols et les détournements. Mais en général on peut dire que les dilapidations pendant la Révolution furent beaucoup moins sérieuses qu'on a cru devoir l'affirmer; car il faut observer qu'avant la réunion à la France certains couvents avaient déjà aliéné ou perdu de leurs collections. Malgré cela pourtant, la plupart des ouvrages qui sont signalés au XVIIIe siècle comme se trouvant en la possession de telle ou telle communauté, sont aujourd'hui conservés en la Biblio- thèque d'Avignon. Le fait le plus grave qu'on ait pu con- trôler officiellement, est l'enlèvement de la Bible de l'anti- pape Clément VII et des Commentaires d'Augustin Trionfo sur S. Mathieu, qui furent volés avec effraction dans l'an- cienne librairie des Célestins, où ils étaient restés. Le Missel du même pontile aussi disparut : par bonheur, il fut racheté, quoique mutilé, au prix de 30 francs, parle biblio- thécaire Calvet, avec l'agrément du préfet; les Commen- taires d'Augustin Trionfo et la Bible rentrèrent également (sauf le tome III de la Bible) à la Bibliothèque d'Avignon à une époque indéterminée *.
La confection du catalogue des livres avait permis de constater l'existence d'un grand nombre d'ouvrages doubles : un arrêté du ministre Chaptal permit d'en envoyer à Car- pentras, pour la bibliothèque de l'École centrale; au lycée d'Avignon près de deux mille volumes furent remis; le 11 mars 1811, un arrêté de M. Tempier, faisant fonction
1 Sur ces vols et détournements, cf. L.-H. Labande, Les manuscrits de la Bibliothèque d'Avignon provenant de la librairie des papes du XIVe siècle, mé- moire déjà cité.
INTRODUCTION.
LXXIX
de préfet, attribua encore au séminaire de la même ville une certaine quantité de livres de théologie : six mille volumes doubles furent ainsi distraits de la Bibliothèque. En même temps, un arrêté préfectoral du 20 décembre 1802 permit de donner une collection de livres dépareillés au libraire Ray, qui remit en échange quatre cents volumes d'ouvrages nouveaux. A la suite d'un autre arrêté du 10 décembre 1812, pris par le préfet Delattre, on « vendit encore à un libraire tous les livres doubles, dépareillés, mutilés et rongés, avec la charge de fournir à la Bibliothèque les ouvrages qu'on lui désignerait. Cette vente fut véritable- ment utile à la Bibliothèque et l'enrichit de très bons ouvrages de mathématiques, d'histoire, d'astronomie, etc., au nombre de trois cent soixante-seize l. » Si, après ces dif- férents échanges, les acquisitions à titre onéreux furent peu fréquentes, il convient cependant de signaler d'incessants envois du Ministère de l'intérieur, dont les lettres d'avis sont conservées aux archives départementales de Vaucluse.
Le 24 décembre 1812, Calvet adressa au préfet le tableau suivant des livres de la Bibliothèque :
DESIGNATION des
SÉRIES D'OUVRAGES
Théologie
! fabuleuse. . aucienne. . moderne. . Géographie, voyages. Hisloire naturelle . . . Histoire des arts. . . .
MANUSCRITS
IMPRIMES
PREMIÈRE DIVISION
TOTAL de
L.\ LIGNK
|
350 |
12.900 |
|
26 |
|
|
30 |
2.000 |
|
10 |
2.090 |
|
2 |
600 |
|
1 |
500 |
|
360 |
TOTAL par
DIVISION
18 . 869
Lettre du bibliothécaire Calvet, du 26 décembre 1812.
I.XXX
IXTRODTCTIOX.
DESIGNATION
des
SÉRIES d'oUVB.UES
MANUSCRITS
IMPRIMES
TOTAL de
LA LIGNE
TOTAL par
DIVISION
DEUXIEME DIVISION
Idéologie, métaphysique
Grammaire
Morale
Législation, jurisprudence
Politique, économie, commerce. . , Mathématiques, physique, chimie. Médecine
37 3
20
94 1
21 7
400 344
400 2.800 200 700 600
TROISIEME DIVISION
Poésie, théâtre
Architecture.
i Sculpture, lieaux-arts. < ¥, . '
Peinture . .
Art oratoire. Romans, etc Philologie . .
Musique.
Totaux.
L3
1
23
G19
500
60
30
20
2
500
300
500
25.832
437
347 420 2 . 894 201 721 607
513
63
30
20
3
523 300 503
5.627
1.955
26.451
26.451
C'est donc sans raison qu'on a voulu réduire l'importance des collections réunies par la Révolution. On s'est appuyé pour le faire sur un mémoire écrit par Esprit Calvet au mois de novembre 1797, où il a tâché d'établir qu'il n'y a et qu'il ne peut pas exister de Bibliothèque publique à Avignon, faute d'éléments suffisants. Voici ce mémoire : on se rendra compte facilement par sa lecture et par les quelques annota- tions rectificatives que j'y joins, du sentiment qui l'a dicté et qui peut s'expliquer par ce fait que Esprit Calvet avait rêvé d'être pour sa ville natale ce que d'Inguimbert et le marquis de Méjanes avaient été pour Carpentras et Aix.
Depuis la chute des Jésuites, les maisons religieuses d'Avignon, même les plus riches et les mieux disciplinées, avoient des livres et non des biblio- thèques ; c'est à dire, qu'on ne trouvoit dans aucun couvent un assortisse- ment de livres relatifs à chaque partie des sciences, belles-lettres et arts.
INTRODUCTION. lxxxi
On ne comptoit que très peu de gens de lettres parmi les particuliers, les Catnbis, les Calvière, les Pérussis n'existoient plus; leurs lumières et leur autorité auroient d'ailleurs été insuffisantes. L'ignorance des chefs devoit contribuer, autant que tout le reste, à la pénurie du dépôt public, et nos bibliothèques, qui heureusement avoient été épargnées, n'étoient point des- tinées à enrichir un prétendu musée, qui n'a ni lecteurs, ni administrateurs1.
L'ancienne collection des Célestins, autrefois estimée, n'étoit plus ali- mentée depuis un siècle8, il n'y avoit que les éditions du moyen âge de l'imprimerie, ni les premières ni les dernières ne s'y voyoient point3. C'étoit un tas informe de vieux livres sans mérite, mal habillés et la plu- part piqués de vers.
Les manuscrits de Gerson sur papier, qui s'y trou voient en plusieurs volumes, cependant mal en ordre, formoient une collection que des mains habiles auroient pu rendre utile, si on avoit mis des soins à les recueillir et à les transporter4. Il faudroit suivre ce qui en reste et le confronter avec les ouvrages de cet auteur imprimés à Anvers en 1706, en cinq volumes in-fol., sur les recherches de Dupin; on pourroit y découvrir encore diffé- rentes pièces inédites, mais ils ont été, en grande partie, égarés ou perdus. Gerson, dont le nom éloit Jean Charlier, né en 1363, avoit été d'abord chanoine de l'église de Paris, il se retira ensuite à Lyon, dans le couvent des Célestins, où son frère étoit prieur, et c'est de là que sont venus ces manuscrits chés les Célestins d'Avignon.
On croit avec fondement que la plupart des autres manuscrits de cette collection avoient appartenu à Clément VII, qui mourut à Avignon en 1304, et qui, après avoir été enseveli à Notre-Dame des Doms, fut transféré aux
' Cette critique est bien sévère pour un établissement en pleine voie de formation ; elle n'est même pas très juste. La Bibliothèque avait Meynet comme conservateur; elle était placée sous la surveillance et la direction de l'administration centrale du département, qui avait à faire approuver tous ses actes par le Ministre de l'intérieur.
2 C'est une erreur. Le catalogue de la bibliothèque des Célestins, dressé en 1765, mentionne deux cent trente-sept ouvrages imprimés pendant le XVIIIe siècle; l'édi- tion la plus récente est de 1764.
3 S'il est vrai que la bibliothèque des Célestins se composait principalement d'ou- vrages des XVIe et XVIIe siècles, il n'est pas exact cependant de dire que les pre- mières ni les dernières éditions des auteurs ne s'y trouvaient pas; la note précé- dente a déjà répondu en partie à cette affirmation. D'autre part, je relève dans le même catalogue l'indication de cent vingt-trois incunables datés (1450-1500); les éditions princeps, marquées par un signe particulier, y sont au nombre de deux cent quatorze.
J'ai déjà dit qu'on n'avait aucune preuve de l'existence réelle des manuscrit de Gerson dans la bibliothèque des Célestins du XVe au XVIIIe siècle, et qu'il y avait seulement une tradition fortement enracinée, même chez les Célestins, voulant que Gerson leur ait légué tous ses livres. Or le catalogue de 1765, qui rapporte cette tradition comme l'expression de la vérité, ne peut signaler parmi les manuscrits aucune œuvre du chancelier de l'L'niversité de Paris. Il ne serait donc pas raison- nable, sans autre preuve, d'imputer aux hommes de la Révolution le grief d'avoir dissipé ce précieux legs.
TO.ME xxvn.
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lxxxii INTRODUCTION.
Célestins1. La grande Bible de ce pape, ornée de ses armes, en onze ou douze volumes forme d'atlas3, s'y faisoit surtout remarquer; c'étoit le ma- nuscrit sur velin du plus grand volume qui eut jamais existé, ou du moins qui fut parvenu jusqu'à nous. Celte Bible avoit été anciennement dégradée en plusieurs endroits par l'enlèvement d'un grand nombre de miniatures, et avec elles, des fragmens du texte écrits au revers; elle pouvoit néan- moins être encore utile, et le nom de son premier propriétaire la rendoit respectable. Mais elle est entièrement détruite aujourd'huy; j'en ai vu les lambeaux en 1795 chés le relieur Firmin le jeune, à qui elle avoit été ven- due ou donnée; il l'avoit coupée en morceaux grands comme la main pour en faire des porte-feuille3.
J'ay eu autrefois entre les mains un manuscrit, format in-4°, sur velin, de la même collection, lequel avoit pour titre De animalibus , il me parut le plus important de tous ceux des Célestins; je n'eus pas le temps d'en prendre une notice et je n'ay pu sçavoir ce qu'il étoit devenu4.
Il y avoit aussi des manuscrits De Imitatione Christi, qui ne paroissoient pas des premiers5. C'étoit Tbomas à Kempis et non pas Gerson, tjui y étoit nommé pour auteur de cet ouvrage. On sçaitque l'abbé Vallart a depuis peu prétendu prouver que ce livre ne pouvoit pas être du premier, puisqu'il se trouve dans des manuscrits antérieurs à l'année 1380, époque de la naissance de Thomas. La première édition de ce livre est de 1492, absque loco6.
Je ne parle point de plusieurs Bibles manuscrites sur velin en petit for- mat, qui s'y trouvoient; on en distinguoit une par la finesse de l'écriture et par des lettres majuscules dorées, ou enluminées avec le plus grand soin. Les manuscrits de la Bible ont toujours été les plus communs, par la raison seule que les moines, ordinairement oisifs, s'imposaient la loi de faire une copie de l'Ecriture Sainte au moins une fois dans leur vie.
Les autres manuscrits de celle maison n'offroient guéres quedes ouvrages
1 La nomenclature des manuscrits provenant de Clément VII a été conservée par le rédacteur du martyrologe des Célestins (ms. 1753) ; je l'ai reproduite ci-dessus. Ces volumes sont loin de former & la plupart des autres manuscrils » de la biblio- thèque des Célestins.
2 Le catalogue de 1765 indique formellement que cette Bible n'avait que trois volumes.
3 Calvct doit encore s'être trompé; les trois volumes de la Bible île Clé- ment VII avaient été volés eu 1795 à l'ancienne bibliothèque des Célestins. Il est possible (|ue le relieur Firmin ait détruit le tome III, mais les deux autres existent encore; ils forment aujourd'hui les uos 1 et 2 de nos manuscrits. Il n'est donc pas juste d'affirmer que cette Bible « est entièrement détruite aujourd'huy i .
4 Ce manuscrit est en effet signalé dans le catalogue de 1765; aujourd'hui nous ne le possédons plus.
5 Les Célestins de Gentilli possédaient un manuscrit de l'Imitation; mais en 1765 ceux d'Avignon n'en avaient pas. Calvet a dû établir une confusion.
0 Erreur. Le Iiepertorium de Hain signale une édition non datée, d'environ 1480 (u° 9080), et plusieurs éditions datées de 1485 (nos 9086-9088), 1486 (n<'8 9089-9090), 1487 (n<>8 9091-9093), etc.
INTRODUCTION. lxxxiii
de théologie mal digérés et marqués au coin du mauvais goût de leur siècle1. On y voyoit des dissertations sur S. Mathieu en deux volumes in-folio sur velin par frère Augustini de Ancona de l'ordre des frères Hermites; et des Capitula et orationes perannum, 1 vol. in-folio, de même sur velin. Dans le cas que ces ouvrages n'existent plus 2, il est aisé de se consoler de leur perle. Celuy qui, après la Bible de Clément VII, auroit mérité le plus d'atten- tion, étoit un Dccrelum Gratiani sur velin, donné aux Célestins en 15883, ainsi qu'il y étoit marqué, par une Marie Lartisselle*, sur laquelle mes recherches ne m'ont rien appris5. Ce volume, dégradé depuis longtemps, par des morceaux du texte enlevés avec les miniatures, a disparu entière- ment0. L'auteur de cet ouvrage fut nutrefoy estimé jusqu'à l'admiration; les manuscrits n'en sont point rares, il y en avoit un autre parfaitement entier, dans la bibliothèque du Noviciat des Jésuites d'Avignon, qui fut acheté en 1769 par M. de Cambis, c'est celuy-ci dont il a donné la notice p. 248 du Catalogue raisonné des manuscrits de son cabinet, publié en 1770. On croit que le moine Gratien acheva cet ouvrage en 1151 7; nous en avons plusieurs éditions, la première est de Mayence, 1472, par Schoif- fer de Gerns'heym8; la dernière fut faite par ordre de Grégoire XIII en 1582 avec de savantes notes de Sixte Fabri, dominicain. Je dois faire observer que ce manuscrit des Célestins portoit une tbiare pontificale, chargée seulement de deux couronnes, ce qui prouve qu'il est antérieur an pontificat de Benoit XII, créé pape en 1334, puisque ce fut ce pape qui inogura de décorer la thiare d'une troisième couronne, ainsi que M. de Cambis le démontre, p. 91 et 93 du Catalogue cité, et non pas, comme on l'avoit cru assés généralement, Boniface VIII, élevé sur le thrône pontifical en 1294, après l'abdication de Célestin.
Vers le milieu de ce siècle, le P. Goujet, prieur de ce couvent, forma le projet de connoilre et de ranger sa bibliothèque, qui par son ancienneté paroissoit devoir renfermer des morceaux précieux; on jugea d'abord nécessaire d'avoir un catalogue des livres qui s'y trouvoient : Morenas,
1 Voir pour cette affirmation la partie du catalogue publiée ci-dessus.
s Ils existent encore : le second de ces ouvrages est le ms. 221; quant à celui d'Augustin Trionfo, d'Aucône, après avoir été volé avec la Bible de Clémeut VII, il est revenu à la Bibliothèque d'Avignon, où il forme les mss. 71-72.
3 La date exacte est 1538.
4 Le nom véritable est iWadeleine Lartessuti.
5 Et pourtant la famille Lartessuti, alliée des Porcelet, a joué un très grand rôle à Avignon. Madeleine Lartessuti, en particulier, a été la bienfaitrice de la ville au XVIe siècle et a consacré une partie de son immense fortune au public. Les papiers de cette famille sont conservés aux Archives municipales.
6 Erreur. Ce volume est toujours resté dans la librairie des Célestins, puis dans la Bibliothèque d'Avignon; il porte actuellement le n° 659. Trois miniatures seule- ment ont été enlevées. (Voir la description donnée par le catalogue à la page 367 du tome Ier.)
7 II l'a composé de 1139 à 1150.
8 Erreur. Le Repertorium de Main indique une édition imprimée à Strasbourg, en 1471 (n° 7883). Celle que Calvet désigne est le n° 7885 de Hain.
i.xxxiv IXTRODUCTIOW
rédacteur du Courrier de Giroud, première feuille périodique qui eut été imprimée dans cette ville, fut chargé de cet ouvrage; pour donner plus d'importance à cette opération, il fit croire à ces moines qu'ils possédoient des thrésors de littérature. Cependant il exécuta son entreprise, mais comme il n'avoit aucune connoissanee de bibliographie, il se borna à décrire les livres sans ordre de matières et tels qu'ils étoient placés dans les rayons; à la première lecture de ce détail, il fut aisé de s'appercevoir du peu de valeur de ces prétendues richesses, on fit disparoitre ce cata- logue qui n'a plus été retrouvé depuis. C'est le Morenas qui donna quelque temps après l'abrégé en 6 vol. in-12 de Y Histoire ecclésiastique de Fleuri.
On a cité avec complaisance certains livres de cette collection, desquels on exalte beaucoup l'extrême rareté, tels sont : Jacobi de A ncharano pro- cessus Lucifer i contra Jesum cor am judicc Salomone, d'une édition anté- rieure à celle de 1611, et Hycjini poëticum astronomicon, opus utilissimum, Venetiis per Erhardum Ratdolt, de Augusta, 1485, in-4°, goth., fig. Ces livres ne sont rares ni l'un ni l'autre, ils se trouvent dans toutes les grandes bibliothèques; l'édition de Y Astronomicon, qui précède de trois ans celle des Célestins, est la seule véritablement précieuse et recherchée, elle existe sous ce litre : Clarissimi viri Hygini poëticon astronomicon de mundi et spherae et utriusque declaratione liber, Venetiis, per Erhardum Ratdolt, Augustensem, 1 482, in-4°, goth., fig. '. Ces deux ouvrages sont aujour- d'hui perdus 2, il est aisé d'en sentir la raison; on les a cru prélieux d'après l'assertion de l'auteur du mémoire. Le Platon d'Henri Etienne, de 1578, en 3 vol. in-l'ol., qu3 j'y avois vu autrefois, a également disparu 3.
Voilà au juste l'état actuel de la bibliothèque des Célestins d'Avignon : j'ay cru devoir entrera ce sujet dans quelque détail pour la réduire à sa véritable valeur contre les préjugés de l'ignorance. A l'égard de celle des Célestins de Soignes, qu'on a pris la peine de transporter ici, elle ne peut être utile qu'à l'épicier *.
Parmi les autres religieux, les Recollels, les Picpus, les Observantins, les Carmes déchaussés, les Petits Augustins, les Frères des écoles, les Oratoriens mêmes, n'avoient pas un seul livre qui mérite d'être cité; quelques manuscrits sur velin, dont trois ou quatre avec des peintures, existoient chés les Recollets ; c'étoient des livres de chœur ou d'église. Ils furent enlevés avant que d'être portés au dépôt, on les vendit à Offrai, libraire, et M. de Vérone, prési- dent aux comptes de Grenoble, qui alors se trouvoit à Avignon, acheta de celuy-ci, au plus bas prix, ceux qui pouvoienl n'être pas entièrement inutiles.
Ce qu'on appelloit une bibliothèque chés les Bénédictins de Saint-Martial n'étoit que les derniers restes dépareillés et dégradés d'une collection consi-
1 L'édition citée comme très rare par Calvet ne l'est pas plus que celle que pos- sédaient les Célestins; celle qui véritablement mérite ce qualificatif est celle de Ferrare, 1475.
2 Et pourtant le second de ces volumes était signalé dans le rapport officiel de Bruny. 'Erreur. La Bibliothèque d'Avignon le possède encore, avec l'ex-libris des Célestins. 4 Calvet oublie que ces religieux avaient quelques manuscrits précieux; je citerai
seulement le n" 329 actuel.
IXTRODUCTIOX. lxxxv
dérable que l'archevêque Gonteri s'éloit proposé de consacrer au service du public; ils furent, en grande partie, vendus à sa mort pour payer les dètes que son zèle à secourir les pauvres luy avoit fait contracter. Il n'y a pas plus de vingt ans, que j'y voyois encore quelques livres estimables; mais tout a été pillé ou dispersé depuis cette époque, et surtout dans ces derniers temps.
On auroit pu faire un choix utile des livres des Dominicains et des Cor- deliers; ils avoient les uns et les autres quelques bons ouvrages, au milieu d'un tas de livres d'ancienne théologie ou de jurisprudence ultramontaine- On vantoit chés les Dominicains une Bible manuscrite in-folio sur velin, que tien cependant ne distinguoit des Bibles connues. Tout ce qui étoit bon dans l'une et dans l'autre de ces bibliothèques a été vendu, dissipé ou détruit '. A l'époque du transport de ces livres, je vis chés une marchande d'épiceries un in-fol. G. F., qui avoit pour titre : Veterum matliematico- rum opéra, gr. et lat. Parisiis, etijp. reijiis, 1693. J'ay quelque raison de soupçonner que ce livre pretieux, dont on avoit déjà oté les couvertures et déchiré plusieurs feuillets, avoit appartenu aux Dominicains.
Les Grands Carmes, les Capucins, les Doctrinaires, les Minimes et les Chartreux de Bonpas étoient les seuls qui eussent des suites de livres inté- ressantes; les premiers possédoieut une collection complète des Pères publiés par les Bénédictins. Les livres des Capucins étoient ce que nous avions de plus choisi depuis la dispersion des Jésuites; on auroit tiré des morceaux prétieux de chés les Minimes et les Chartreux de Bonpas; enfin, la collection des Doctrinaires, où ils venoient de faire entier beaucoup de, livres de mathématiques, étoit un dépôt digne de l'attention des connoisseurs.
Les livres réunis des trois séminaires de Saint-Charles, de Sainte-Garde et de Saint-Xicolas égaloient et surpassoient même en mérite tout ce qui se trouvoit de ce genre dans les maisons religieuses; ces recueils seuls auroient fourni une portion importante d'une Bibliothèque publique, si on avoit donné les ordres nécessaires pour les conserver.
Mais ces bibliothèques des trois séminaires et des cinq derniers ordres cités ont été presque anéanties, sans qu'on puisse imaginer ce que la plu- part des livres sont devenus. Les corps d'ouvr.iges les plus remarquables, tels que la grande Histoire byzantine de l'imprimerie royale, qui étoit à Saint-Charles, la collection des Pères de la bibliothèque des Carmes, et un grand nombre d'autres ne se sont plus retrouvés s. Je ne doute pas que plusieurs n'ayent été enlevés avant l'entière évacuation des séminaires ou la dispertion des moines, mais la principale cause de leur perle a été la négli-
1 Comment se fait-il alors que cent soixante-huit manuscrits, pour la plupart très précieux, possédant l'ex-libris des Dominicains, soient aujourd'hui à la Bibliothèque d'Avignon?
2 Je ne sais si tous les livres de ces établissements religieux nous sont parvenus; mais on peut voir dans la Bibliothèque d'Avignon un très grand nombre de volumes, entre autres ceux de la collection des Pères, dont Calvet regrette la perte, avec les ex-libris des Carmes, des Capucins, des Minimes, des Récollets, des Augus-i tins, etc. (Voir encore à la fin de cette Introduction la liste des manuscrits qu eurl ontappartenu et qui sont conservé5.)
Lxxxvi IX'TRODUCTIOX.
gence qu'on a mise dans les moyens de les déplacer. On a vu surtout la bibliothèque de Saint-Nicolas transportée à l'arcbevesché par des soldats sur des civières, quelquefois avec un temps pluvieux; les livres tomboient dans les rues sans qu'on prit la peine de les ramasser, et les soldats se diver- tissoient à s'attaquer et à se poursuivre les uns les autres à coups délivres.
On jugera aisément qu'après un gaspillage et des dégâts aussi multipliés et aussi soutenus, il étoit impossible de former même un commencement de Bibliothèque publique; sur plus de vingt-cinq mille volumes1, qu'on voit dans les salles de l'archevesché, lieu du dépôt, à peine en trouveroit-on cinq cents qui méritent d'avoir place dans une collection ordinaire, le reste n'est qu'une masse inutile et méprisable qu'il faut se presser d'en écarter. On doit conclure de tous ces détails qu'avec d'excellens matériaux pour enrichir la ville d'Avignon d'une Bibliothèque, les dilapidations tolérées, permises, et peut-être, le dirai-je, dans certains cas ordonnées, en ont privé pour toujours le public.
C'est par réflexion que je ne parle point des bibliothèques trouvées chés les émigrés, elles étoient en général sans mérite : la maison Seytres-Cau- mont est la seule qui possédât des livres et des manuscrits à conserver, on y remarquoit une collection considérable de lettres originales du marquis Alaffeï, du baron de la Bastie, du président Bouhier, du chevalier Folard et de plusieurs autres sçavans françois ou étrangers, écrites au feu marquis de Caumont, associé honoraire de l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres. Heureusement, ce dépôt de littérature déjà transféré à l'arche- vesché, a été restitué au propriétaire, qui a prouvé qu'il n'étoit pas sorti de l'Etat et qu'il avoit constamment demeuré en Auvergne, pendant son absence, auprès de son beau-frère AI. de Alontboissier.
[bibliothèque d'Avignon, m<. 2348, fol. 366 v°.]
La conservation et l'inventaire des livres confisqués furent confiés à l'origine à Néry, ancien Chartreux de Bonpas, qui fut chargé également des archives et des collections du futur Musée. OnluiadjoignitM. Tempier, qui eut le titre de biblio- thécaire du district d'Avignon : c'est ce dernier qui rédigea un état, aujourd'hui perdu, des livres et des manuscrits con- servés en l'ancien couvent des Célestins, le 21 frimaire an III, et qui, le 5 floréal suivant, constata la disparition de la Bible de Clément VII et des Commentaires d'Augustin Trionfo. Mais dès le 10 pluviôse précédent, le représentant
1 II y en avait environ trente-deux mille; six mille ont été donnés à d'autres bibliothèques; celle d'Avignon en avait encore, en 1812, vingt-six mille quatre cenl cinquante et un. Les manuscrits étaient au nombre de six cent dix-neuf.
IXTRODUCTIOX. lxxxvii
du peuple Jean Debry avait nommé conservateur du Musée et du dépôt littéraire d'Avignon André-Joseph-Vincent-AIarie Meynet, ancien chanoine coadjuteur de Saint-Agricol ; le Ministre de l'intérieur approuva ce choix le (3 messidor an V et alloua sur son crédit particulier un traitement de 2,000 fr. Meynet rendit les plus grands services pour l'organisation des dépôts publics; par malheur, il devint suspect de roya- lisme à l'administration centrale du département, qui, le
14 thermidor an VII, le destitua de ses fonctions. Le Ministre de l'intérieur, ayant les meilleurs renseignements sur le zèle et les aptitudes de Meynet, refusa, les 30 fructidor an VII et 25 brumaire an VIII, d'approuver cette destitution ; force fut donc de réintégrer le conservateur par arrêté du 11 frimaire an VIII, confirmé le 14 nivôse suivant. Aleynet ne devait plus être inquiété; il mourut dans l'exercice de ses fonctions, le 15 ventôse an XII (6 mars 1804) , en léguant à l'établissement qu'il avait organisé avec tant d'affection sa bibliothèque particulière et son cabinet d'histoire naturelle. La veille de sa mort, le directeur des domaines et le préfet du département avaient pourvu provisoirement à son rem- placement et délégué l'archiviste Xéry. L'administration municipale d'Avignon ayant accepté la jouissance de la Bibliothèque et du Musée constitués parla nation, c'est elle qui délibéra, le 14 germinal an XII (4 avril 1804), de nom- mer le citoyen Calvet, conservateur de la Bibliothèque de la commune, aux appointements annuels de 600 francs. Le
15 messidor suivant, le Ministre de l'intérieur donna son approbation à ce choix. Calvet, ancien chanoine de la métropole, resta à la tête de la Bibliothèque et du Musée d'Avignon, jusqu'à sa mort qui arriva en 1824. C'est lui qui transféra à Saint-Martial les livres et tableaux restés à l'archevêché, qui en fit le classement général et en rédigea le catalogue, avec une louable activité.
L X X X V I I I
INTRODUCTION.
III
Le 25 juillet 1810, mourait à Avignon le Dr Esprit-Claude- François Calvet1. Son dernier testament olographe, en date du 10 janvier précédent, contenait les dispositions suivantes :
Appelé par goût à l'étude et au célibat, je m'étois proposé, dès l'âqe" de qumze ans, d'établir à perpétuité une bibliothèque publique dans ma Patrie, qui en manquoit; je le fis même lorsque mon âge m'eut permis de tester. Le gouvernement, ami des lettres, sentoit depuis longtemps l'utilité de cette institution; aussi, sans se douter de mon idée, il s'en est enfin occupe pour les principales villes de l'État.
Celle d'Avignon étoit une des mieux pourvues de livres, à cause des nombreuses bibliothèques de religieux et de séminaires supprimés; on en a iorme une immense et monstrueuse collection. Mais celle Bibliothèque ne pouvant être de long-temps en exercice par divers obstacles, je lèque laisse et donne à cette dite ville d'Avignon ma bibliothèque, pour la rendre publique avec ses manuscrits, auxquels j'ose associer mes propres manuscrits auto- graphes en s,x volumes in-folio, à demi reliés, et j'y joins tous les manu- scrits m-i» ou in-8» brochés ou prêts à l'être, au nombre d'une trentaine de volumes de lettres que j'ai conservées, de savants et de personnages con- sidérables, défendant néanmoins que les lectures nuisent aux études et tra- vaux militaires, sous la condition expresse que les livres et manuscrits de ma collection ne seront que pour ma bibliothèque et jamais confondus et mêles avec ceux de la bibliothèque établie par le Gouvernement, de laquelle .1 seroil bon de retrancher une grande partie des livres. Ma bibliothèque sera organisée en détail par huit citoyens, gens de lettres...
-Mes cabinets de médailles en or, en argent et en bronze", soit antique* soit modernes... appartiendront à ma bibliothèque... Les monuinens antiques et modernes, de différentes matières, formes et grandeurs, nui sont dans mes cabinets, au nombre à ce que je crois d'environ quatre mille (les médailles non comprises de douze mille à peu près), et en général tous les morceaux antiques, dont le catalogue est fait, à peu d'omissions près je me pla.s à les loger dans ma bibliothèque... Ces monumens n'entreront jamais, m dans l'ancienne Bibliothèque ni dans le cabinet d'ornithologie qui se forme actuellement. Ma nombreuse collection d'histoire naturelle appartiendra aussi à ma bibliothèque et y sera logée.
Je lègue de même et laisse de même à ma bibliothèque : 1» mon buste de marbre... 2° un portrait en petit sur toile dans le costume actuel..
Consequemment à ces préliminaires, je répète ici clairement et forte-
'Sur ce personnage, cf. L.-H. Labande, Esprit Calvet et le Xl'IlI* siècle à Avignon, clans les Mémoires de l'Académie de Vaucluse, t. X, 1891, p. 249.
IXTRODUCTIOX. lxxxix
ment que je laisse, lègue et donne à perpétuité à cette ville d'Avignon ma bibliothèque pour la tendre publique, ainsi que mes cabinets d'histoire naturelle et d'antiquités, sous la direction de huit hommes de lettres dont j'ai parlé. Et comme il est indispensable d'alimenter et d'enrichir surtout ma bibliothèque, je lègue, laisse et donne ù ladite ville pour celte destina- tion à perpétuité, ainsi que pour l'augmentation des cabinets, tous les biens qui seront détaillés après ces présentes1...
Ainsi donc Esprit Calvet voulait la fondation d'une biblio- thèque publique, distincte à jamais de la Bibliothèque déjà existante, qui recevrait comme ornements les différentes pièces de ses « cabinets » et qui s'enrichirait chaque année par les acquisitions faites au moyen des revenus laisses par lui. Bien que, par modestie, il ait défendu de prononcer jamais son nom « dans des inscriptions, affiches, journaux, gazettes, imprimés ou annonces quelconques avec indica- tion de ces dons », on s'empressa d'appliquer la dénomi- nation de Muséum ou de Musée Calvet à sa bibliothèque2.
L'acceptation de ses dispositions testamentaires par la ville d'Avignon fut autorisée par décret impérial du 9 avril 1811 3 ; le 20 juillet suivant, eut lieu la première réunion des huit administrateurs voulus par lui; enfin, le 14 janvier 1814, Pierre-Bertrand Dejean fut choisi comme conserva- teur de ses collections. Cette seconde bibliothèque était loin d'avoir l'importance de celle dont jouissait déjà la ville; le catalogue en avait été dressé par Esprit Calvet lui-même; il accuse 1,382 ouvrages imprimés, sans compter quelques volumes acquis depuis sa confection, et n'indique que trois manuscrits : le Lactance (n° 233? actuel), le « Liber solilo- quiorum sancti Isidori et expositio regulae beati Augustini »
1 Le testament de Calvet a été publié pour la première fois, en brochure sépa- rée, à Avignon, chez Laurent Aubanel, en 1817, et pour la dernière fois dans les Documents divers sur le Musée-Calvet d'Avignon, p. 1.
8 II est à remarquer que Calvet n'a pas prononcé une seule fois dans son testa- ment le nom de Musée ou de Muséum. C'est une bibliothèque et pas autre chose qu'il voulait établir.
3 Documents divers sur le Musée-Calvet d'Avignon, p. 29.
xc INTRODUCTION
(peut-être le n°24G actuel) et un « manuscrit anonyme d'en- viron 200 ans contenant la suite et les prix de ce temps des médailles impériales depuis Jules jusqu'à Héraclius ' » . En réalité E. Calvet était plus riche : il possédait les œuvres de Germain, de Marseille, quelques notes au moins du cha- noine de Véras et surtout cette belle collection de lettres à lui adressées par des savants français et étrangers. Sa bibliothèque renfermait en outre ses six manuscrits auto- graphes, qui sont utiles à consulter à plusieurs points de vue, et la copie faite par lui, en deux volumes, de lettres iné- dites de savants à Joseph de Seytres, marquis de Caumont2. Elle fut d'abord transportée dans les bâtiments de Saint- Martial, à côté de la Bibliothèque communale proprement dite. Je ne sais si elle fut jamais ouverte au public dans ce local; toujours est-il que l'aménagement était extrêmement défectueux, et que cet état de choses ne pouvait forcément qu'être provisoire. La municipalité d'Avignon, obligée par le testament de loger les collections léguées par E. Calvet, d'autre part disposant de ressources restreintes, crut agir au mieux des intérêts généraux, en réunissant la bibliothèque Calvet à celle qui lui provenait de l'Etat. Comme cette fusion était prévue et interdite expressément par le testateur, la commission, chargée par le conseil municipal de résoudre la difficulté, dut recourir à cet expédient, pour y arriver effec- tivement :
« Elle avait remarqué qu'à la vérité le fondateur [du Museum-Calvet] avait littéralement exprimé la prohibition de mêler et confondre les objets d'art et les livres par lui donnés à la ville d'Avignon avec d'autres livres; mais que son intention à cet égard devait être prise dans le sens qui le lui avait évidemment dicté : qu'il avait sans aucun doute voulu donner à entendre, par un sentiment naturel à l'homme qui cherche à se survivre à lui-même, qu'il craignait qu'en laissant arbitrairement la facullé de déplacer,
1 Ce catalogue est dans le ms. actuel 234G, fol. 277.
s Voir à la fin de l'Introduction la liste des manuscrits provenant de Calvet.
IXTRODUCTIOX. xci
mêler et confondre ses livres dans d'autres établissements, on ne méconnût ainsi la fixité et la perpétuité qu'il a voulu affecter à sa fondation, et qu'ensuite sa mémoire ne vint à tomber dans l'oubli; qu'en expliquant autrement cette clause prohibitive, on se jetterait dans une choquante con- tradiction ; qu'en effet AI. Calvet ayant, dans son testament, prévu le cas où des dons de livres seraient faits à sa bibliothèque et applaudi d'avance à ce moyen d'en augmenter la valeur, on devait en induire que la ville d'Avi- gnon pouvait au moins, autant que de simples particuliers, user de cette faculté de donner1... »
En conséquence, les délibérations du conseil municipal des 31 juillet 1820 et 12 mars 1820, confirmées par un arrêté du Ministre de l'intérieur, en date du 20 juillet 1826, firent donation de la Bibliothèque et du Musée de la ville au Museum-Calvet. Un règlement fut ensuite élaboré; il fut approuvé par les délibérations du Conseil d'Etat des 19 mars 1823, 26 août 1831 et 7 mars 1832, et soumit aux dispositions testamentaires d'Esprit Calvet l'ensemble des collections, qui depuis furent désignées sous l'unique dénomination de Musée-Calvet.
A la même époque, les bâtiments de Saint-Martial étant insuffisants, la ville acquit en 1832 l'ancien hôtel de Ville- neuve et y fit transporter les livres, tableaux et pièces d'an- tiquité. Enfin, en 1835, sous la direction de Joseph-Xavier- Bénézet Guérin, ces collections furent accessibles au public dans ce local qu'elles n'ont plus jamais quitté.
Ce transfert définitif marqua le point de départ de la prospérité de la Bibliothèque; des donations de livres et de manuscrits lui furent faites : celles de M. Esprit Requien, administrateur depuis 1819 et conservateur de 1849 à 1851, furent certainement les plus importantes. Requien était pénétré de cette idée essentielle, qu'une bibliothèque pro- vinciale doit valoir surtout parla réunion aussi complète que possible des publications sur le pays, et que par conséquent
1 Documents divers sur te Musée-Calvet d'Avignon, p. 34.
xcn INTRODUCTION.
il est absolument nécessaire qu'elle se les procure toutes, sans en dédaigner une seule, même la plus insignifiante. Il avait donc recueilli tous les livres, manuscrits, brochures, pla- cards, etc., où de près ou de loin il était question d'Avignon, du département de Vaucluse et des provinces limitrophes. «Je suis parvenu, disait-il le 5 janvier 1839, non sans peine et non sans dépense, à recueillir au moins 2,000 volumes imprimés, parmi lesquels beaucoup de très rares, je dirai presque uniques; je me bornerai à citer le recueil que j'ai formé de pièces imprimées ou manuscrites sur l'histoire et sur les événements d'Avignon depuis le XVIe siècle jusqu'à nos jours, recueil qui forme plus de 100 volumes de tous for- mats et qui contient plus de 10,000 pièces diverses. Parmi plus de 200 volumes manuscrits, tous plus ou moins pré- cieux, je ne citerai que les Statuts de la République d'Avi- gnon en 1243, l'Histoire des guerres du Comtat par de Pérussis, un Concile inédit et authentique de l'antipape Benoît XIII, l'Histoire d'Avignon par M. de Cainbis-Velle- ron, le monument le plus considérable qui existe sur nos annales; l'Histoire d'Avignon par M. Fransoy, celle de notre Révolution par M. Commin , etc. '. » Par la lettre dont je viens de transcrire un extrait, Requien offrit cette unique collection à l'administration du Musée-Calvet; le 15 mars 1839, un arrêté du préfet de Vaucluse autorisa celle-ci à 'accepter'2. Ajoutons que le généreux donateur ne se désin- téressa pas de la bibliothèque sortie de ses mains; jus- qu'au moment de sa mort, il veilla avec une scrupuleuse attention à ce qu'elle s'enrichît sans exception de toutes les publications concernant le pays. Que l'on me per- mette de regretter que, depuis 1851, cette excellente tra- dition, qui seule peut réussir à former en province des
1 Documents divers sur le Muséc-Calvet d'Avignon, p. 48. *lbid., p. 52.
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bibliothèques véritablement utiles, n'ait pas été maintenue.
Parmi les manuscrits de Hequien, il est une mention spéciale à faire des Mémoires de Commin sur la Révolution d'Avignon, surtout à cause des débats judiciaires auxquels la perte de ces volumes a donné lieu. Le donateur avait imposé à leur égard, ainsi que pour toute sa collection de livres et manuscrits sur la Révolution, intéressant des per- sonnes encore vivantes, cette condition de ne les commu- niquer « à qui que ce soit, du vivant des personnes qui y sont mentionnées ' » . Sans examiner si les règles les plus élémentaires de prudence en matière de conservation ont été observées, sans contester non plus la valeur de l'ouvrage de Commin, il est utile cependant de faire observer ici que l'original donné par AI. Requien, le plus complet, a-t-on dit, n'était pas le seul existant; que des copies en ont été prises, soit d'après cet exemplaire, soit d'après les autres; que tous les faits qui y sont rapportés sont dans le domaine du public et sont racontés beaucoup plus impartialement parles docu- ments conservés surtout aux Archives du département; enfin que cette histoire de la Révolution d'Avignon n'a d'intérêt que comme appréciations personnelles d'un témoin bien informé. Il est parfaitement possible de se rendre compte de cela d'après les deux volumes copiés par le chanoine Corenson, qui forment nos manuscrits 2064-2065.
De 1840 à 1851, M. Requien continua à donner des preuves de l'attachement qu'il portait au Musée-Calvet. Le 18 janvier 1840, il lui offrit sa magnifique bibliothèque d'histoire naturelle, une des meilleures qui existât : « Hors Paris, disait-il plus tard, il n'y en a point d'aussi nom- breuse v ; son cabinet d'histoire naturelle tout entier et l'herbier qu'il avait formé avec la plus grande sollicitude2.
1 Documents divers sur le Musée-Caloet d'Avignon, p. 56. *lbid., p. 55. Lettre de Requien, en date du 28 décembre 1839.
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Cette nouvelle libéralité fut suffisante à elle seule pour la création d'un musée et dune bibliothèque d'histoire natu- relle, que Requien prit à tâche d'enrichir jusqu'au jour de sa mort. Son testament (21 janvier 1849) fut enfin le digne couronnement de sa vie (il mourut le 30 mai 1851) : il con- firmait les dons faits de son vivant et léguait au même éta- blissement tous ses tableaux, dessins, albums, et surtout sa « précieuse collection d'autographes » , dont il avait com- mencé le catalogue, et sa « volumineuse correspondance ' » .
Le 5 janvier 1841, Charles-Agricol-Xavier-Régis Aloutte, ancien pharmacien des armées d'Italie et d'Orient, fit dona- tion à la Bibliothèque « des précieux manuscrits de AI. de Massilian sur l'histoire d'Avignon, du Comtat-Venaissin et de la principauté d'Orange » , ainsi que de tous les ouvrages qu'il possédait se rattachant à la même histoire, « désireux que je suis, disait-il, de compléter la belle collection Re- quien2 ». Vers le milieu du siècle dernier, Henri-Joseph- Léon de Alassilian, officier de marine, s'était retiré jeune encore en la ville d'Avignon et était entré dans les ordres. Devenu prévôt de l'église de Saint-Didier, il avait donné libre carrière à son goût pour l'histoire de son pays; il avait recueilli, au moins en copie, un grand nombre de documents, qui sont devenus d'autant plus utiles que les archives des communautés religieuses dans lesquelles ils ont été puisés, ont été dispersées en partie pendant la Révo- lution. Sa collection, passée, on ne sait comment, entre les mains de Al. Aloutte et donnée par celui-ci, se compose de 42 volumes manuscrits et de 51 volumes de recueils de pièces imprimées, pour la plupart d'une excessive rareté.
Depuis le 14 janvier 1841, Dominique-Victor-Hyacinthe Chambaud fut conservateur de la Bibliothèque. Il était fils
1 Documents divers sur le Musée-Calcet d'Avignon, p. 67.
2 Ibid., p. 64.
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du notaire Charles-Dominique Chambaud, qui avait ramassé toute espèce de documents sur la période révolutionnaire à Avignon et qui avait même commencé la rédaction de l'his- toire de ces temps troublés. Victor Chambaud continua les recherches de son père, compléta ses recueils, poussa plus loin ses études et forma lui aussi une magnifique collection de manuscrits sur Avignon et l'ancien comté Venaissin. Il eut la bonne fortune de sauver les copies que Ménard, chargé d'écrire l'histoire d'Avignon, avait prises au siècle dernier dans les archives des monastères de Saint-Martial, de Saint-Laurent, de Sainte-Catherine, de Saint-André de Villeneuve, etc., qui aujourd'hui ne sont plus représentées que par d'infimes débris. Victor Chambaud mourut le 8 octobre 1849; ses recueils de pièces et ses propres manu- scrits (car il avait écrit plusieurs mémoires historiques fort appréciés) restèrent à la Bibliothèque, qu'il avait dirigée avec autant de compétence que de dévouement.
Depuis 1852, il n'y eut plus de donations aussi Impor- tantes que celles qui ont été rapportées ci-dessus1. Mais, dès cette époque, d'incessantes acquisitions ont été effectuées. Il sera facile de s'en rendre compte en parcourant le cata- logue où sont indiquées les dates d'entrée des manuscrits. Il y en eut une, du 13 novembre 1854, qui fit arriver à la Bibliothèque d'Avignon 12 anciens manuscrits de la Char- treuse de Villeneuve; d'autres sauvèrent très probablement de la destruction la plus grande partie des riches archives des familles de Cambis et de Doni; enfin dans ces derniers temps (15 octobre 1892), furent achetés tous les manuscrits de la bibliothèque du chanoine Corenson, intéressant pour la plupart Avignon, le déparlement de ! aucluse et les pays
1 II convient cependant de signaler encore les libéralités de M. Félix Achard, qui, en janvier 1888, donna toutes les notes recueillies par son père, M. Paul Achard, ancien archiviste du département de Vaucluse.
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circonvoisins, ainsi que plus de G00 volumes ou brochures imprimés relatifs à la même région.
Il est utile, avant de clore cette Introduction, de présenter le relevé des travaux bibliographiques particuliers ' auxquels les manuscrits de la Bibliothèque d'Avignon ont donné lieu. Le bibliothécaire Calvet en a fait l'inventaire succinct; plus tard M. Chambaud en dressa sur fiches le catalogue très som- maire et leur donna à tous un numéro d'ordre : c'est ce qui constitue l'ancien fonds et son supplément. M. Moutte remit avec la collection Massilian une espèce d'inventaire, qui fut refondu entièrement par M. Camille Bourges, vers 1870. Victor Chambaud écrivit la table des matières contenues dans quelques-uns de ses recueils. Il existe aussi plusieurs catalogues partiels du fonds Requien : catalogue des manu- scrits, catalogue des brochures de la période révolutionnaire, « table analytique du recueil de pièces relatives à l'histoire d'Avigrîon depuis 1591, suivie de la table du recueil de pièces pour servir à l'histoire de la Révolution d'Avignon et du Comtat-Venaissin depuis 1789 ■>■> , enfin catalogue des auto- graphes commencé et non terminé par M. Requien lui- même. De 1852 à 1890, M. Deloye a enregistré sur les livres d'entrée, tantôt avec force détails, tantôt d'une façon plus que sommaire, les manuscrits acquis à titre gracieux ou onéreux.
1 La Bibliothèque d'Avignon a été comprise dans quelques catalogues généraux : 1° Haenel, Catalogi librorum manuscriptorum... (Leipzig, 1829, in-V>), col. 50- 61; 2" Dictionnaire des manuscrits..., tome XL de la Nouvelle Encyclopédie théologique de Migne (Paris, 1853, in-4°), col. 103-180; 3° Perlz, Arcliiv der Gesellschaft fur altère deutsche Geschichtskun.de zur Befôrderuny einer Gesammt- ausgabe des Quellenschriften deutscher Geschichten des Mitlelalters , t. VII (1839), p. 20S-210; 4° F. Schulte, Iter Gallicum (Wien, 1868, in-8°), p. 397-399; 5° Ul. Robert, Inventaire sommaire des manuscrits des bibliothèques de France (Paris, 1879-1882), p. 211-228; 6° G. Mazzatinti, Inventario dei manoscritti ita- liani délie biblioteche di Francia (Roma, 188(i-1888), p. 12-13.
L'inventaire de M. L'1. Robert était de beaucoup le plus complet; aussi ai-je pensé qu'il serait utile d'indiquer ci-après la concordance des numéros actuels avec ceux qui étaient donnés par lui.
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Mais depuis longtemps ces inventaires, restés manuscrits, ne suffisaient plus. Dès 1853, M. Amédée Chaillot fut chargé par l'administration du Musée-Calvet de préparer un cata- logue complet : il se borna à rédiger des Notes et observa- tions, qui forment aujourd'hui le n° 1695. Plus tard, M. De- loye entreprit le même travail : au mois de novembre 1890, il avait catalogué les nos 40-48, 00, 71-73, 80, 332, 483, 511 et 512 de l'ancien fonds, les tomes I à XL1I de la collection Moutte et les tomes I à XLVÏ du fonds Chambaud. En 1892, pour répondre au désir exprimé par la municipalité d'Avi- gnon, j'ai publié le catalogue sommaire des manuscrits de la Bibliothèque (Avignon, Seguin frères, 1 vol. in-8° de vi-433 pages), qui a servi de base à celui qui est aujourd'hui imprimé. Cependant l'ordre de quelques numéros a dû être modifié, pour permettre la réunion des volumes de mêmes ouvrages qui avaient, été séparés. Les changements les plus importants ont été motivés par l'accroissement des archives Athénosy, Cambis et Doni; ces deux derniers fonds ont même été rejetés à la suite de tous les autres manuscrits. On trouvera plus loin la <