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ADÉMAR pE CHABANNES

PRÉFACE

VIE ET CEUVRES D'ADEMAR DE CHABANNES!

Adémar de Chabannes naquit vers l'an 988. Il se dit quadragénaire dans sa lettre sur l'apostolat de Saint- Martial, écrite en. 1028 ?.. A tort, on l'a longtemps appelé de « Chabanais ». Son témoignage suffit à détruire cette erreur commise par les anciens éditeurs et que le dernier et le plus autorisé, G. Waitz, a répé- tée. Parlant du lieu d'origine de sa famille, Adémar

l'appelle « Campanense juxta. castellum. Potentiam. ? »

1. Principaux ouvrages à consulter sur Adémar : AnBELLOT, Efude Ahiísto- rique et littéraire sur A. de C. dans Bulletin Societé archeol. et histor. du Limousin. t. xxit. Limoges 1873. ^9 p. CasrAriGNE (Eusébe), Dissertation sur le lieu de naissance et sur la famille du chrontqueur Ademar.... dans Bull. Soc. archéol. de /a Charente, A. 1v, 1852, p. 80-96. Histoire littéraire de la France (1746) t. vir, p. 300-8. Warrz, Preface en téte de leédi- ton contenue au t. iv. des Scriptores des Monumenta Germanic | (1851), p. 106-13. WarrENBacH, Deutschlands Geschichtsquellen (1886), t. 11, p. 187. Mowon, Etudes sur l'histoire de Hugues Capet. dans la Heeue historique,

t. xxvii, p. 262 (1885). Chroniques de Saint-Martial de Limoges, publiées par DuPrrs-Acirm, pour la Société de l'Histoire de France (1874). Préface, p. iij. Cf. aussi l'article Ademar dans le Hepertoire des Sources historiques du Mogyen-Age. par labbé U. Cnrvarirk. L. Deristk: Notice sur les mss. originaux d A. de C. Paris, 1896.

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2. « À vobis... abscessi, reveriens ad Egolismam civitatem ubi ab ipsa tenerrima aetate quadragenarius vitam in monasterio beati Eparchii tran- sigo. » MaziLLON, Analecta, 1v, p. 71. Micsz, Patrologie, t. cxr1, p. 261. 3. Commemoratio abbatum Lemovicensium (D. Bouquet, t. x, p. 151, Labbe, Nova bibliotheca manuscriptorum, t. 11, p. 172). Certains ont lu Cabanense. Peu importe, car ailleurs Adémar appelle son. pere : Aaimundus Cabanensis. Les deux formes sont équivalentes (Cf. 1. 11, c. 45. p. 167).

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VI ADÉMAR DE CHADBANNES

Chabanais ! ne peut répondre à cette désignation, mais bien Chabannes, domaine situé à trois lieues de Cháà- teau-Ponsat, dans l'arrondissement de Bellac (Haute- Vienne), et que les parents du chroniqueur possédaient « in proprio Jure hereditario ?. » Adémar nous apprend dans le méme passage qu'il était arriére-petit-neveu de l'évéque de Limoges, Turpin d'Aubusson. Ce prélat avait une niece, Officia, qui épousa Foucher de Cha- bannes. De cette union naquirent trois fils. L'ainé, hoger, devint chantre de Saint-Martial. Le. deuxieme, Adalbert, en fut doyen et prévót. Le plus Jeune, Rai- mond, se maria avec Hildegarde ou Aldéarde, sceur d'Ainard, prévót du Dorat, et d'Abbon et Raymond, « strenuissumi duces ». Adémar de Chabannes est le fils de Raimond et. d'Hildegarde ?*. Il était donc d'ex- traction noble. Rien n'autorise pourtant à confondre sa famille avec celle des sires de Chabanais, ce qu'a fait D. Rivet *. M. Waitz estime avec raison que les Chabannes menaient une vie obscure sur leurs terres et ne furent jamais mélés aux affaires publiques, ni. aux évenements militaires de leur temps.

Tout enfant, Adémar fut donné au monastére de Saint-Cybard, à Angouléme, il devait passer la plus

grande partie de sa vie, mais n'y fut pas élevé. Ses

1. Chabanais, ch.l. de cant. de l'arr. de Confolens (Charente).

2. Il faut rejeter les autres identifications de Campanense. M. Arbellot place ce domaine dans la commune de Saint-Pierre de Fursac, cant. de urand-Bourg (Creuse), et M. Marvaud, (Histoire des vicomies de Limoges, t. 1, p. 86), dans le canton d'Oradour-s-Veyre, arrondissement de Hoche- chouart (Haute-Vienne).

9. ob. ox15.6 49. p. 4167-

4. Histoire littéraire de la France, vir, 320.

PRÉFACE VII

oncles paternels, le firent bientót venir à Saint-Martial de Limoges, ils remplissaient chacun, avec éclat, une fonction élevée. Roger, le chantre, fut le maitre du jeune moine !. Il lui donna, avec le goüt des lettres et de l'histoire, ce grand amour et cette profonde véné- ration pour le patron de l'abbaye, que le religieux de Saint-Cybard devait manifester un jour en déployant un zele sans pareil pour établir l'apostolat et déve- lopper le culte de saint Martial. C'est à Limoges, à l'áge de vingt-deux ans, qu'Adémar eut la vision de la Croix, racontée dans sa chronique. Fort effrayé, il ne put que pleurer. et garda secréte cette aventure *.

Revenu à Angouléme la prétrise luifut conférée, il y passa sa vie à copier età composer des livres. On connait plusieurs manuscrits qui sont assurément de sa main, etla plupart de ses biographes les ont signa- lés. Il en existe notamment à la Bibliothéque natio- nale de Paris ?, et à l'Université de Leyde. M. Delisle vient de publier un mémoire sur les cuvres auto- graphes d'Adémar:. C'est une étude compléte de la question et nous aurons plusieurs fois occasion de la citer, notamment à propos du fragment de la chronique d'Adémar contenue dans le manuscrit 6190 du fonds latin de la Bibliothéque nationale?. Parmi les ouvrages qu A-

démar fit transcrire à Angouléme et auxquels il mit assu-

1. « Rogerius... meus magister et patruus » Lcttre sur l'apostolat de S. Mar- tial. V. aussi L. ir, c. 46, p. 168.

DOE Tn c. 46, p. 168.

3. Fonds latin, n? 1121, 2353, 6190, etc.

4. Notice sur les manuscrits originauz d'Adema: : de C halLannes par M. Léo- pold DrrisLr. Paris. Imp. Nat. 1896. (Tiré des Notices et extraits des mss.)

9. V. plus loin, p. xxv.

VIIH ADÉMAR DE CHABANNES

rément la main, suivant M. Delisle, on s'accorde à citer : le Liber pontificalis copié pour Rohon, évéque d'Angou- léme, et en téte duquel notre chroniqueur placa un double acrostiche avec le nom de l'évéque et le sien ', le De officiis ecclesiasticis d' Amalaire, qu'une note d'A- démar désigne sous le nom de SympAose, le livre des Consultations de Zacheus et d'Apollontus ?^, et un ma- nuscrit de la vie de saint Martial en lettres d'or?.

Le premier ouvrage historique d'Adémar est une his- toire abrégée des abbés de Saint-Martial, jusqu'à 1025. Labbe l'a publiée sous le titre de Commemoratio abba- tum. Lemovicensium basilicae S. Marcialis apostoli ?. Puis il composa la chronique qui fait l'objet de la pré- sente édition. Les autres ceuvres sont des sermons, et la célebre Lettre sur l'apostolat de saint Martial dont nous avons tiré plus haut une note autobiographique. Cette épitre circulaire, adressée à plusieurs grands per- sonnages^, représente un supréme effort d'Adémar en faveur d'une question qu'il souleva, pour ainsi dire, et rendit brülante. Il n'eut pas le premier, comme on l'a dit, l'idée de faire admettre saint Martial au nombre des soixante-douze disciples du Christ et de prouver qu'il

avait recu le Saint-Esprit et le don des langues avec les

1. Mabillon, 4aalecta, p. 432 (2» édit.). Les premieres lettres forment ces mots : Atoho episcopus Christi, et les dernieres ceux-ci : J[demarus servus Christi, Si l'on juge par ces vers du talent poétique d'Adémar, il semble aussi médiocre que celui de la plupart de ses contemporains.

2. D'Achery, Spécilegtum., xii, 2 p. 185. Ces trois écrits sont dans le ms. 2400 de la Bibl. Nat. V. Delisle, op. cit. p. 56.

3. Nova bibl. mss, ri, p. 271. Duplés-Agier, Chroniques de Saint-Mar- tial, préf. p. iij.

^. Arnaud, évéque de Rodez, Thierry, évéque de Metz, limpératrice Cunégonde, lempereur. Conrad rm, le pape Jean xix et Guillaume, due d'Aquitaine.

PRÉFACE IX

douze apoótres, en un mot, de le proclamer apótre du second ordre. Maisil dépensa pendant de longues années une ardeur infatigable pour la défense de cette opinion. Tous les ouvrages d'Adémar portent la trace de son dévouement à cette cause. Dans la Commemoratio abba- tum Lemovcicensium, il signale déjà une assemblée qui se serait tenue en France, entre. 1014. et 1020, devant le roi Robert, pour discuter sur l'apostolat de saint Mar- tial. L'éclat qu'apporta Adémar à soutenir sa thése ne fut pas étranger à la convocation des deux conciles de Limoges en 1028 et 1051. Le premier se tint au mois d'aoüt. Adémar y assista avec la plupart des prélats, des abbés et des moines d'Aquitaine, et discuta avec Benoit de Cluse qui lui fut un adversaire violent'!. Il revità cette occasion son pére et sa mére et plusieurs de ses parents. C'est lui qui précha le jour de la dédicace de l'Eglise; enfin, à la suite de cette assemblée, il écrivit la lettre dont nous venons de parler. M. Delisle a prouvé qu'Adé- mar est aussil'auteurdu procés-verbal du concile de 1031, conservé dans le méme manuscrit que les sermons?. M. Waitz inclinait déjà à le penser, en raison de la ressem- blance qui existe entre ce procés-verbal et la Lettre sur l'apostolat : méme argumentation, et méme vénération témoignée à saint Martial?. Cette hypothése était ren- due plus vraisemblable encore par la rectification de la

date de la mort d'Adémar. Aucun document ne signa-

1. V. Waitz, préface, p. 109.

2. Bibl. nat. fonds latin 2469. D. Rivet avait écrit à tort que les sermons attribués à Adémar par Baluze et publiés par lui, n'étaient pas de cet auteur (Histoire litteraire de la France, vii, p. 305. v. Delisle, op. cif. p. 36.)

3. V. Waitz, préface, p. 110.

X ADEÉMAR DE CHADANNES

lant sa présence au concile de 1031, D. Rivet en avait conclu que le moine d'Angouléme était déjà mort à cette époque. Vivant, il n'eüt pas manqué, pensait le savant bénédictin, d'assister à une assemblée réunie pour délibérer sur le sujet qui le passionnait le plus. La date extréme des faits rapportés dans la chronique d'Adémar, 1028, lui paraissait confirmer cette hypo- thése !. Le célébre érudit n'avait pas supposé qu'A- démar püt étre absent de France au moment de la réu- nion du concile. Il n'ignorait pas cependant qu'Adémar avait fait le pélerinage de Jérusalem aprés avoir écrit la lettre sur l'apostolat, en 1028. Sur le point de partir, le moine légua à l'abbaye de Saint-Martial un grand nom- bre de manuscrits, notamment celui que l'on conserve à Leyde (Lat. Voss. octavo 15), et dont il a écrit beaucoup de morceaux. Une mention posthume inscrite en téte de l'ouvrage en indique la provenance. Elle fait connaitre aussi qu'Adémar ne revint plus dans son pays el mourut en Palestine en 1034?. La chronique de Ber- nard [tier, en qui il faut avoir pleine confiance, signale en effet, à cette date, le décés à Jérusalem d'un moine d'Angouléme, nommé Adémar, qui doit étre identifié

avec notre chroniqueur?.

1. Plusieurs auteurs ont accepté l'opinion de D. Rivet. M. Waitz la met en doute, mais le savant allemand ne connaissait pas la vraie date de la mort d'Adémar.

2. V. Delisle. Op. cif. p. 61.

3. « Anno gracie uxxxirr7^, obiit Ademarus monachus qui jussit fieri vitam sancti Marcialis cum litteris aureis et multos alios libros, et in Jherusalem migravit ad Christum ». (Chroniques de Saint-Martíial, éd. Duplés-Agier, p. 47).

PREFACE XI

IH

LA CHRONIQUE D'ADÉMAR DE CHABANNES

Adémar n'a écrit que deux ceuvres historiques: la Commemoratio abbatum Lemovcicensium et la Chroni- que que nous éditons. L'étude approfondie de la pre- miére n'entre pas dans notre plan, et serait peu utile pour faire apprécier la valeur de l'écrivain. Disons seulement que, dans sa briéveté, elle présente certaines des qualités et aussi les défauts que nous allons cons- tater dans la Chronique. Ce n'est pas une énuméra- tion séche des abbés de Saint-Martial. On y relate les principaux faits de l'histoire de l'église limousine et quelques événements appartenant à l'histoire générale de 848 à 1025, et, malgré des inexactitudes et des er- reurs chronologiques, elle contient d'utiles renseigne- ments. La rédaction n'est pas riche en développements ; elle vaut mieux pourtant que celle de beaucoup d'annales.

La Chronique, sans étre un livre de premier ordre, constitue, au moins dans ses parties originales, une source de réelle importance.

Les éditeurs lui ont donné différents titres. Dans les meilleurs manuscrits elle n'en porte aucun. Cer- tains copistes l'intitulent Historia Francorum ; d'autres lui attribuent le nom de l'une de ses principales sour-

ces, les. Gesta regum Francorum. M. Waitz a placé en

XII ADÉMAR DE CHADANNES

téte de son édition cette désignation : Ademari Aisto- riarum libri tres. Peut-étre Labbe a-t-il été le mieux inspiré de tous en l'appelant tout simplement: Chroni- con Ademari Cabannensis.

L'euvre se divise en trois livres. Letroisiéme, seul, est original depuis le 16* chapitre. Tout ce qui précéde ne renferme que quelques passages ajoutés et par Adémar aux sources reproduites plus ou moins fidélement par lui.

Le premier livre va del'origine des Francs à la mort de Pépin le Bref (768. Adémar la emprunté à deux sources: aux Gesía regum Francorum jusqu'au cha- pitre 51 (727), etaux Continuations de Frédégaire, pourle reste !. M. Bruno Krusch remarque dans a préface de son édition des Gesta regum qu'Adémar a connu deux des manuscrits cités dans la liste qu'il en dresse et qu'il les a traités « tanta licentia ut ubique a fide ma- nuscriptorum recesserit?. » A la vérité, Adémar suit les Gesta, presque phrase à phrase. Il ne s'écarte jamais de ce modéle, mais il en modifie sensiblement la forme sans la rendre méconnaissable. Les principaux changements qu'il lui fait subir sont des améliorations. Il allége les périodes, corrige des fautes, et rend le texte, sinon

élégant, du moins correct ?. Il s'attache moins fidéle-

1- Cf- livre r;;p- 90; 2, Monum. Germ.. Scrip. rerum merovingicarum, t. 11, p. 233.

3. Il:est facile d'en citer plusieurs exemples dans deux parag., seulement.

Les Gesta portent: Hortabatur contra Egidio, Adémar corrige: Egidium. c. 6,

cum Dasina regina uxorem, -— Uxore. c. 6. multo. populo interfecerunt, Populos. c. 7. commovit maximo exercitu, Exercitum.c.7.

PREFACE XIII

ment à la reproduction. des Continuations de Frédé- gaire dont il omet quelques passages et change davan- tage lestyle. Les passages originaux intercalés par Adémar dans le premierlivre sont: la naissance et la mort de saint Cybard', la nomination d'Aptonius comme évéque d'Angouléme ?, la consécration de la basilique de saint Cybard ?, la défaite de Théodebert prés la fo-

rét de Boixe '

, l'exaltation de la sainte Croix par Era- clius et le baptéme des juifs de France sous Dagobert », quelques détails sur les événements qui suivirent la mort de Thierry 5, l'origine du surnom de Charles Martel*, les erreurs de calcul touchant la Páque et la mort de Charles Martel?, l'élection. de Pépin le Bref *, les donations de Pépin à Saint-Martial !^, et quel- ques épithétes ajoutées à certains noms de personnes, quelques explications supplémentaires dans le récit des faits. j

Le deuxiéme livre est consacré au régne de Charle- magne. Adémar l'a emprunté tout entier aux. Annales Laurissenses majores.ll a traité cette source comme celles du premier livre. Il abrége parfoisle texte et modi- fie le style, mais la transcription est souvent faite ad

eerbum, et le plagiat est toujours évident. Adémar a

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XIV ADEÉMAR DE CHABANNES

placé en téte de ce livre une liste généalogique et chro- nologique des rois de France jusqu'à 768, qui n'est pas dansles Annales Laurissenses. C'est l'addition originale la plus considérable du livre II. Outre cela, on n'y trouve, comme faits particuliers ajoutés par le moine d'Angouléme, que la confirmation de différents domai- nes à Saint-Cybard par Charlemagne !, la venue en Fran- ce, à sa suite, de chanteurs romains, de grammairiens et de calculateurs ?, et quelques détails sur la mort de lempereur?.

Le troisiéme livre embrasse la période qui s'étend de 814 à 1028. Les quinze premiers chapitres (jusqu'en 829), sont encore tirés des Annales Laurissenses. A signaler seulement comme passages originaux dans cette partie: la réunion à Aix des abbés pour intro- duire la régle de Saint.Benoit dans les monasteéres *, quelques détails sur la révolte de Bernard, roi d'Italie », etl'énumération dessavants du temps de Louis le Pieux$. Du chapitre XVI à la fin, la Chronique est l'eeuvre per- sonnelle d'Adémar, etreprésente, pour le X* et le XI* siécles, «le principal document que nous possédions sur «l'histoire d'Aquitaine 7. Elle renferme aussi. quelques précieux renseignements pour l'histoire générale, mais

c'est surtout pour le Midi que le chroniqueur est bien

I Gh. :1. 9. Ch. 8. S Uh» 25- Ipuuhred- B Xhs 4. 6. Ch. 5

7. Moxop, Etudes sur-l'histoire de Hugues Capet. Revue Historique, xxvm, 1885, p. 262.

PRÉFACE XV

informé.Sa connaissance des événements arrivés au nord dela Loire est vague. Nous ne pouvons faire mieux que reproduire ce qu'a écrit M. Waitz !, soit sur les sour- ces et le mode de composition de la partie originale de ce troisiéme livre, soit sur la confiance qu'on peut avoir dans la véracité du chroniqueur, soit enfin sur le style de celui-ci.

On ne saurait dire Adémar a trouvé la matiere des additions faites par lui aux Gesta. regum, aux Continua- lions de Frédésaire et aux Annales Laurissenses dans les deux premiers livres et au début du troisiéme. Ses moyens d'information pour la suite sont plus faciles à déterminer. Il a utilisé de courtes chroniques qui se trouvaient assurément dans la bibliothéque de Saint- Cybard: Chroniques d'Aquitaine, Annales de Limoges, Annales d'Angouléme ?. Ses. oncles et les vieux moines qui l'entouraientle renseignérent sur les événements de leur région, postérieurs à la date à laquelle s'arrétent ces sources. La süreté de ces informations orales est grande.Aussi peut-on, comme le fait remarquer M. Waitz, s'y fier presque sans réserve. La chronique d'Adémar ne renferme que de légéres erreurs quand elle traite de faits connus des contemporains de l'auteur. Tout ce qui inté- resse Saint-Cybard et Saint-Martial y est noté avec soin et les chartes de ces deux monastéres paraissent avoir

été familiéres à l'historien. Il n'estpas moins attentif aux

1. Préface de son édition dans les Scriptores des Mon. Germ. t. 1v, p. 108. 2. V. Monum. Germ., Scriptores, i. 11 et t. 1v, ces chroniques sont publiées.

XVI ADÉMAR DE CHADANNES

faits militaires, politiques et méme domestiques des ducs d'Aquitaine, des comtes de Poitiers, d'Angouléme, de Limoges et de Périgueux, du IX* au XI'siécle. Les grands événements de la France et des pays voisins ne lui échappent pas. Par les pélerins qui reviennent de Palestine, il connait les affaires de Jérusalem, de Cons- tantinople et d'Allemagne. ll en sait qui intéressent Rome, l'Angleterre et l'Espagne. Sa chronologie est quelquefois en défaut, mais jamais trés éloignée de la vé- rité. Enfin, il signale les phénoménes naturels extraor- dinaires, saisons anormales, cométes, tremblements de terre, etc.

Le style d'Adémar ne vaut guére mieux que celui de la plupart de ses contemporains. Pourtant, s'il n'est ni élégant, ni orné,le latin en est clair, rarement incorrect, généralement dégagé d'expressions lourdes, de périodes emphatiques. La langue est plate et incolore, mais sim-

ple et ne fatigue pas parles faux brillants si goütésà son

1 S E A : , époque. Bien plus, quelques pages témoignent d'un effort

réel pour peindre et sont presque dignes d'un vérita- blehistorien, comme le portrait de Guillaume-le-Grand, comte de Poitiers, et le récit dela mort dece prince!. Cu- rieux encore est le passage il compare lelangage des Maures amenés de Narbonne à Limoges, et qu'il a cer- tainement vus et entendus, au glapissement de jeunes chiens ?. Adémar ne se contente pas comme un vul-

aire annaliste d'enregistrer les faits; il réunit par des g P

1. Ch. 41 et dernier ch.

2. E. XII; 6.53.

PRÉFACE XVII

transitions plus ou moins heureuses ceux quilui parais- sent s'enchainer naturellement. Là, sans doute, est la cause de ses erreurs de dates. Il sacrifie l'ordre chro- nologique à l'association de certains événements, et ne prévient pas le lecteur. Au contraire, l'expression eodem lempore qu'il emploie souvent pour relier deux faits trompe celui qui la prend à la lettre, car elle n'est qu'une simple transition, commode mais inexacte. L'importance de la chronique d'Adémar n'a pas échappé à ceux de ses successeurs qui ont écrit sur l'histoire d'Aquitaine : tous l'ont mise à contribution ou reproduite presque intégralement. L'auteur des Gesta episcoporum Engolismensium! est dans ce cas. La chro- nique de Saint-Maixent ou de Maillezais est composée en partie à l'aide d'extraits de celle d'Adémar, con- tenus dans un manuscrit du Vatican?. Tels chroni- queurs n'ont emprunté que certains passages à Adémar, d'autres ont fait du 3* livre un canevas autour duquel ils ont brodé. L'auteur de la compilation du ms. 5926 de la Bibl. nat., dont nous reparlerons bientot plus longuement, n'est qu'un interpolateur d'Adémar. ll ajoute à sa source principale un grand nombre de faussetés ; il introduitsans scrupule ou. sans discerne- ment dans l'histoire des légendes qu'il emprunte à des poémes et à des récits imaginaires. Ces remaniements ont nui jadis dans l'esprit de beaucoup à la réputation d'Adémar. On a pris pour son propre travail cette con-

1l. Publiés par Labbe, B/bl. mss. t. 11, p. 249. 2. Fonds dela reine Christine, n: 692, (12: s.) V. Waitz, préface, p. 110.

XVIII ADÉMAR DE CHABANNES

trefacon et on l'a regardé comme un homme mal infor- mé, trop crédule et sans critique, reproduisant aveu- glémentles plusgrossiéres erreurs et les plus ridicules

fantaisies !.

Les manuscrits qui contiennent soit en totalité, soit en partie, la Chronique d'Adémar de Chabannes sont assez nombreux. Nous allons les passer en revue dans l'ordre des lettres de l'alphabet qui les désignent dans cette édition.

A. Biblioth. nat. ms. lat. 5927. Ce manuscrit appar- tint autrefois à de Thou. ll est le plus important de tous parce qu'il est le plus ancien et renferme la Chro- nique toute entiére. On connait assez d'autographes d'Adémar pour affirmer qu'il n'est pas de la main de l'au- teur et, de plus, il est l'euvre de plusieurs copistes ; mais il a été transcrit au XI* siécle en Aquitaine, peut- étre à Limoges ou à Angouléme; il est donc trés voi- sin du manuscrit original. Le parchemin en est de bonne qualité, l'écriture soignée et nette, les fautes ra- res et faciles à corriger. Sur 165 f* dontil est composé, la Chronique en occupe 131. On y trouve de plus: la copie d'un diplóme royal en faveur de l'église d'Angouléme daté « de castro Fronciaco » (f" 32) ; une convention entre Guillaume, duc d'Aquitaine, et Hu- gues Chiliarque éditée par Labbe, Bibl. nov. mss., t. II, p. 185 (f* 133), et un fragment de la vie de Charlemagne d'Eginard. Plusieurs initiales sont ornées et peintes,

1. V. plus loin l'examen plus détaillé du ms. 5926.

PRÉFACE XIX

notamment celle du f^ 165, un H qui commence le cha- pitre 2 du III* livre et un V au. f" 280, dans le corps duquel est représenté un personnage assis et bénissant, avec les attributs royaux. A la fin du IlI* livre, une peinture grossiére et inachevée représente un empe- reur assis sur son tróne avec deux personnages à ses cótés. La chronique, dans ce manuscrit, ne porte aucun titre, et les trois livres n'y sont distingués que par des initiales plus grandes. Le premier livre est précédé d'un index incomplet des chapitres. Les deux suivants n'en ont pas. A lui seul, A pourrait suffire pour établir le texte. Nous allons voir quels précieux éléments de critique offrent pourtant les autres manuscrits.

B. Bibl. nat. ms. lat. 9767 (ancien suppl. lat. 142). Nous placons, comme M. Waitz, ce manuscrit en deuxiéme ligne parce qu'il semble avoir été copié sur le précédent. ll est composé des mémes matiéres et finit au méme passage de la vie de Charlemagne. Labbe a consulté au college de Clermont un ms. en tout semblable à celui-ci et qui pourrait bien étre le méme. B estdu XV* siécle, sur papier et contient 72 f^ dont 62 sont occupés par notre Chronique. En téte du premier li- vre on lit : /ncipit. liber de origine de gestis Francorum. Plusieurs rubriques analogues forment des espéces de titres en téte de divers chapitres. Il n'y a d'index nulle part dans ce ms., quiestl'oeuvred'un scribe inintelligent

et sans expérience et les fautes abondent!. Une

|. Nous n'avons pas utilisé B dans notre édition. Les variantes qu'il eüt fallu noter à chaque ligne sont des fautes comme celles-ci : valida pour

XX ADÉMAR DE CHABANNES

grosse lacune, entre beaucoup, porte sur le chap. 58 du 1** livre. Peut-étre le copiste a-t-il connu le ms. inter- polé, car on trouve certaines additions de celui-ci dans B. Dans le 2* et le 3* livre, il ne numérote pas les cha- pitres, mais les majuscules indiquent qu'il suit bien l'ordre des paragraphes de A.

C. Biblioth. nat., ms. lat. 5926. Nous avons déjà dit quelques mots de ce manuscrit qui est l'euvre d'un interpolateur du XII* siecle. Il appartint à Ant. Faure, puis passa dans la bibliothéque d'Adrien de Valoisoüle irouva Labbe. Il est de petit format, en parchemin et comprend 141 f** réunis par quaternions, signés des let- tres A-R. Les matiéres y sont disposées de la facon sui- vante: f^ 1 à 66: les livresret i1 de la Chronique d'Adé- mar ; 66-82: la Vie de Charlemagne par Eginard ; 82-116: la Vie anonyme de Louis le Pieux ; 116-139: le III* livre d'Adémar, depuis le ch. XVI. Les deux derniers feuil- lets sont occupés par une liste de livres ou catalogue de bibliothéque écrit au XVI* s. L'exécution de C est médiocre. Ni titres, ni paragraphes. En revanche, nom- breuses négligences et fautes grossiéres qui révélent un copiste sans instruction. Un accident ou l'humidité a maculé et détérioré un certain nombre de feuillets. Quant au fond, il ne montre pas non plus un. homme informé ni d'esprit critique. Ce doit étre, suivant l'hypo- thése de M. Waitz, un moine de Limoges. L'écriture

est celle des manuscrits copiés à Saint-Martial, et les

magna, armis pour ann:s, aliquo pour reliquo, magno pour romano, (L.1, c.1), sans coimpterles mots passés et des lacunes plus considérables encore.

PRÉFACE XXI

nombreux renseignements donnés par Adémar sur ce monastére sont complétés ici avec une suite et une exaclitude qui décélent un familier de la célébre abbaye !. C'est le seul intérét de ces interpolations : voilà pourquoi nous les avons reproduites, comme l'éditeur allemand, au-dessous du texte authentique ?. Parmi beaucoup d'additions erronées, on trouvera d'utiles informations sur l'histoire d'Aquitaine. L'in- terpolateur suit tantót le texte d'Adémar lui-méme, tantót les sources de celui-ci, les Gesta regum, etc.

Cette maniére de procéder a induit Labbe en erreur : nous le montrerons en examinant son édition. De plus il puiseà la Vie de Louis le Pieux?, aux Annales d'Aqui- taine*, aux Gesta episcoporum Engolismensiun? .G. Waitz fait remarquer que les emprunts faits à cette derniére source prouvent que l'interpolateur écrivait aprés 1159, date de la rédaction de cette derniere chronique^*. Les pre- miers passages originaux du livre I manquent dans C ; l'auteur du 5926 n'en rapporte pas avant le ch. 41, f? 28. À cet endroit, l'écriture devient meilleure etily a moins de fautes ; letextese rapproche du ms. A. Le scribe a avoir entre les mains, de l'avis de G. Waitz, non le ms. 5927, mais un exemplaire moins bon.

Voici maintenant quatre manuscrits qui ont entre eux

1. Voyez dans lelivre 1r, les chap. 19, 20, 22, 25, 35, 42, 49, 97.

2. Les passages rapportés en note, empruntés à C., sont tous précédés d'un * ajouté à la lettre désignant la note.

BOUE- 1p ch. 16.

4, dÓbch- 48, 19.

5. eh. 16, (Gesta.c. 13), 24 (Gesta. c. 19), 60-66 (Gesta, c. 25).

6. V. Préface, p. 110. V. aussi l'article de M. Waitz sur ce ms, dans I 4r- chiv. t. vil.

b

XXII ADÉMAR DE CHABANNES

les plus grands rapports. Nous les comparerons aprés avoir donné la physionomie de chacun d'eux.

D. Biblioth. de Montpellier, ms. n? 94. In f», parchemin, du XII* s., provenant de la bibliothéque du collége de Troyes. Sur 159 f^ qui le composent, la Chronique d'A- démar en occupe 49 et finit au. 24" chap. du livre III par ces mots: in eicaria Piltacense et alias quas. pluri- mum ecclesias. Le reste du volume contient la Chroni- que de Paul Orose. Le premier f? est endommagé et plu- sieurs autres sont maculés. C'est la méme main qui a écrit avec assez de soin tout ce qui est d'Adémar. Des capitales rouges ou bleues commencent leschapitres, pla- cés dans le méme ordreque dans A. Aucun titre n'y est donné à la chronique et les 2* et 3* livres n'y sont pas distingués. Le premier seul a un index des chapitres.

E. Biblioth. de Montpellier, ms. n? 377. In 8, parche- min, XII*-XIII*? s., 75 f». Le dernier feuillet offre au recto une liste des rois de France qui s'arréte aprés Louis VII, et au verso, on a collé un feuillet de garde en par- chemin portant un fragment de litanies écrit au. XI s. La chronique d'Adémar va du f* 1 au f? 60 et s'arréte au méme endroit que dans D. Deux mains semblent avoir collaboré à la copie de ce ms. Aux f* 60 et 61 est transcrit un fragment de chronique anonyme qui va de la mort de Charles le Chauve à Hugues Capet, et le reste du volume est un extrait d'Adon de Vienne sur lempereur Charles. Chaque livre est précédé d'un index des chapitres. Le catalogue imprimé de la

bibliothéque de Montpellier porte cette mention :

PRÉFACE XXIII

Coder biblioth. Bucheriane D 78. 1721 (bibliothéeque du président Bouhier. Un annotateur du XVIII* s., voyant la chronique terminée en 940, en a conclu en marge qu'elle s'arrétait et que l'auteur vivait à cette époque.

F. Biblioth. de-Montpellier, ms. n? 27. In f*, parche- min, XIV* s. Ce manuscrit a deux numérotations : 133 [^ d'abord sont consacrés à la chronique de Robert d'Auxerre, puis 28 autres à celle d'Adémar. Il y a un index avant chaque livre, mais celui dulivre III est différent de celui de D et de E depuis le chapitre V. Nous avons reproduit les deux versions dans notre édition. Comme dans les précédents mss. la chronique s'arréte au ch. 24 du lI. IlIL et lescribe a ajouté : Explicit hystoria Francorum, et qui scripsit sit benedictus. Amen. Les ch. 18 et 22 du 3* livre sont intervertis.

G. Biblioth. de Berne, ms. n? 208. Ce magnifique volume, gros in 4^ de 240 f^, a été écrit par plusieurs mains au XII* et au XIII* s. et renferme un grand nom- bre d'ouvrages et plusieurs chartes insérées ca et là. Il appartenait à Pierre Daniel, en 1564, et à Bongars en 1602. La description compléte en a été donnée par M. Ha- gen, p. 255 du Catalogus codicum Bernensium, auquel nous renvoyons. La chronique d'Adémar occupe les f" 58 v*-87, et se termine par les mémes mots que dans D, E, F, avec la formule : Explicit hystoria Fran- corum. Écrit sur un parchemin trés fin, ce ms. est trés soigné et décoré partout de lettres peintes et ornées. Il est semblable aux précédents pour les index, mais

XXIV ADÉMAR DE CHADBANNES

présente quelques bonnes corrections qui leur man- quent, surtout à D et à E '.

Ce serait ici le lieu de placer les deux mss. conservés au Vatican qui contiennent aussi. Adémar. Nous ne les avons pas eusentre les mains: nous n'avons donc pu les utiliser pour les variantes et nous ne les désignons par aucune lettre. Mais nous les avons fait examiner?. Ils ap- partiennent àla méme famille que les quatre précédents, finissent au méme point et n'ont avec eux aucune diffé- rence importante à signaler. L'un, du XIII* s., porte le n? 1795 des manuscrits. L'autre, du début du XIII* s., est le n? 905 du fonds de la reine Christine ?.

Il est facile de se convaincre, croyons-nous, en par- courant les variantes notées dans la présente édition, de la grande ressemblance qu'ont entre eux les quatre mss. D, E,F,G. Ils ne sont pas dérivés directement de A. Leur source commune est un ms. inconnu,du XI* siecle sans doute, incomplet, mais plus soigné que A, puisque certaines fautes de celui-ci ne se retrouvent pas dans les mss. de Montpellier et de Berne. Ces quatre copies présentent les mémes lacunes aux chap. 12, 17 et 29 du 1" livre*. Les plus semblables entre eux des quatre sont F et G. Le plus ancien a étre le modéle de l'autre. E offre, au chap. 29 du livre 1, une lacune que

n'ont pas les autres, et a quelques fácheuses corrections.

7

1. V. Archiv der. Gesellschaft für aeltere deutsche Geschichtskunde. t. v. p. ^88.

2. M. Mirot, notre confrere, éléve à l'Ecole de Rome, a bien voulu prendre ce soin. Nous le remercions icl de son obligeance.

2. V. Archiv, t. v, p. 116 et t. 11, p. 422.

^. V. nos notes à ces passages.

PRÉFACE XXV

D est le moins soigné de tous. Le copiste y a laissé plus de fautes et 1] n'a pas inséré dans beaucoup d'endroits la liaison eero commune à E, F, G.'

H. Biblioth. nat. mss. lat. 6190. Nous sommes ici en présence d'un manuscrit qui n'a rien de commun avec les autres et qui mérite une attention particuliere, bien qu'il ne contienne que de courts fragments d'Adémar. Ces fragments forment un tout si différent du texte tel qu'il se trouve dans les manuscrits précédemment décrits que nous avons cru devoir le reproduire en appendice. Ils occupent cinq feuillets. Quatre d'entre eux, numérotés 53,54,55 et57, contiennent des passages qui correspondent, avec des lacunes et des interversions que nous notons dans la publication, aux chap. 27-38, 46, 47, 52, 58-66 du livre III. Le cinquiéme feuillet, numé- roté 56 et intercalé aprés coup, offre d'autres passages du méme livre. Le premier, qui commence au bas du f? 55 est pris au milieu du portrait de Guillaume le Grand, (l. III. ch. 41), et les autres sont une forme particu- liére des chap. 53, 49, 54 et 56. M L. Delisle reconnait dans ces feuillets du ms. 6190 l'écriture du chroniqueur et y voit « un reste de la premiere rédaction dela chro- « nique d'Adémar... Le commencement, dit-il, ne s'éloi-

« gne pas beaucoup de la rédaction définitive; mais ce qui

1. La filiation des mss. étudiés jusqu'à présent s'exprimerait ainsi, sui- vant nous : Original C X ——À Ut A DE G

To —— E ——

B F

XXVI ADÉMAR DE CHABANNES

« suit n'est guere qu'une sorte de canevas ou un recueil « de notes dont l'auteur s'est servi quand il a mis la der- « niere main à sa chronique!». Et dans une savante disser- tation, à laquelle nous renvoyons, M. Delisle démontre, àl'aide de comparaisons entre le texte du ms. 6190 et la rédaction connue, la thése qu'il soutient. G. Waitz n'avait vu dans ce texte qu'un extrait informe de l'oeuvre d'Adémar.

Dans l'impossibilité de rattacher ces fragments au texte ordinaire, nous les avons publiés à part. Pithou et Duchesneont éprouvé le méme embarras que nous et l'ont formellement exprimé *. Suivant Duchesne, le f^ 56 n'est pas de la méme main que les quatre autres. Pour toute cette question purement paléographique nous renvoyons au mémoire de M. Delisle ?.

Jusqu'au XVI* siecle les fragments du ms. 6190 occu- paient six feuillets et non cinq. C'est le premier qui a été perdu. Les passages qu'il contenait correspondaient aux chapitres 20-24 du livre III. Il y a fort peu de différence entre cette rédaction et la bonne. Nous l'avons cepen- dant reproduite dans l'appendice d'aprés Pithou, avant le texte des feuillets subsistants. Nous ne mention- nons ici que pour étre complet le ms. 6182 de la Biblioth. Nat. (fds latin), du XVII* siécle, qui contient un

1. V. Delisle, op. cit. p 92 et ss. Nous devons à l'obligeance de M. L. Delisle d'avoir pu consulter son. mémoire en bonnes feuilles; nous l'en remercions vivement.

2. Pithou, Historiae Francorum ab anno 900 cd.a.1283 scriptores veteres xz, p. 79. Francfort, 1596. Duchesne, ZHi/st. Franc. scriptores coaetanet, X. 1v, p. 80, Paris 1641.

3. V. aussi Archiv, t. riz, p. 28, 34.

PRÉFACE XXVII

extrait d'Adémar semblable à celui qua publié D. Pierre de Saint-Bomuald, cité plus loin. C'est un résumé chronologique quis'arréte à l'élection de Geof-

froy II comme archevéque de Bordeaux en 1027 !.

La chronique d'Adémar a été publiée plusieurs fois partiellement. Pithou (Seriptores XII coaetanei, Paris, t. II, p. 6, Francfort, p. 130) édita d'abord le 2* livre, sans nommer l'auteur, d'aprés le manuscrit A. Du- chesne le reproduisit (Scrzpt., II, p. 68). Puis Pithou fit de nouveaux extraits de notre chronique sous le titre Aquitaniae historiae fragmentum, d'aprés le manus- crit H (Script. XII coaetanei, Paris, II p. 416, Francfort, p. 517). Duchesne les reproduisit encore en les augmen- tant (Scriptores, I1 p. 632 et IV. p. 80) Il en inséra aussi un petit fragment dans les Historiae Normannorum scriptores (p. 19).

Besly (Histoire des comtes de Poitou,... Paris 16547), a donné comme pieces justificatives de son livre les prin- cipaux passages d'Adémar, d'apres ^.

L'histoire de D. Pierre de Saint-Romuald n'est qu'une compilation d'Adémar et de quelques autres chro- niques ?.

Enfin Labbe donna une édition complete que nous

|. Nous n'avons pu voir un autre manuscrit d'Adémar conservé à la Biblioth. impériale de Saint-Pétersbourg (Ff. 1v, 35,) etvenant de Dubrowsky. Ce ms., du XIII: siécle, est, suivant les rédacteurs du Neues Archiv (V. p. 600), fort semblable à ceux que Waitz a utilisés. Il est incomplet des chapi- tres 47 à 58 du livre r.

2. Ellea pour titre : « Historiae Francorum seu chronici Ademari Engo- lismensis epitome... cum notis nonnullisque interpolatis quibusdam ctiam additis a domno Petro a S. Romualdo fuliensi (Parisius, ap. Champoudry, 1652).

XXVII ADÉMAR DE CHABANNES

avons déjà citée. Mais il manqua complétement de cri- tique. Il se servit surtout du ms. interpolé et ne reconnut pasla valeur du principal ms. A. De celui-ci il tira seu- lement quelques passages dans le livre I, omit tout à fait le livre II, parce que Pithou et Duchesne l'avaient publié, et supprima toute la partie non originale du livre 111.

C'est dans Labbe et dans Duchesne que D. Bouquet a pris les nombreux passages d'Adémar qu'il a repro- duits dans plusieurs tomes des Zistoriens de France!.

La meilleure édition est celle de G. Waitz, parue en 1841, dans le t. IV des Scriptores (Monumenta Germa- niae). Elle est précédée d'une préface à laquelle nous venons de faire beaucoup d'emprunts, mais aussi quel- ques rectifications et additions. G. Waitz n'a publié que les parties originales d'Adémar, surtout d'aprés le ms. ÁÀÁ, en ajoutant en note les interpolations de C. Les notes historiques, dans cette édition, sont assez rares et peu importantes.

On a pensé quil serait bon de posséder dans le méme volume le texte entier d'Adémar, édité d'une facon crilique. Nous essayons de satisfaire ce désir. Pour tenir compte de la différence d'intérét entre les parties puisées par le moine d'Angouléme à diverses sources et celles qu'il a composées lui-méme, nous imprimons les premiéres en petits caracteres, et les autres en plus gros.

TT A IDED.

| 9 -. V, p. 185, t. vr, p. 223. t. vir, p. 225, t. vri, p. 332. t. x, .

gi cg p. 144-164

PRÉFACE XXIX

Les notes ou nous relevons les variantes des tomes portent sur les trois livres entiers. Elles sont désignées par des lettres. Quand l'une de ces lettres est précé- dée d'un astérique, elle concerne spécialement le ms. C dont elle signale une lacune ou rapporte une addition.

Les notes historiques, rares pour le 1** et le2*livre, ont été multpliées dans le 3', surtout pour ce qui regarde l'Aquitaine. Nous avons cru superflu d'annoter les Gesta regum et les autres chroniques dont il existe de bonnes éditions. Nous renvoyons à celles-ci.

Les numéros qui sont en marge du texte représen- tent les dates des événements racontés. Nous les avons omises à dessein dans le 1*' et le 2* livre, sauf pour quelques passages originaux. Les marges n'auraient pas suffi à contenir celles de tous les faits énuméreés et dont un certain nombre sont légendaires.

Suivant l'usage adopté pour cette Collection de Tex- tes, une table alphabétique des noms de lieux et de personnes cités dans les trois livres et l'appendice ter- mine le volume. Elle est, comme dans l'édition de Su- ger, de M. Auguste Molinier, rédigée en írancais, mais les formes latines y sont relevées à leur ordre. Un sommaire, abrégé pour le premier et le deuxieme livre et plus développé pour le troisieme, fait suite à cette

préface '.

1. En terminant, nous adressons nos plus vifs remerciements à notre dévoué maitre, M. Auguste Molinier, qui nous a sans cesse prodigué ses excellents avis pendant la confection de ce travail, entrepris sur son conseil, et dont il a surveillé la publication.

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SOMMAIRE

LIVRE I

Table des chapitres (p. 1 .

I. Origine des Francs. Enée en Italie. l'ondation de Sicambre (p- 5).

II. Défaite des Alains révoltés contre Valentinien par les Troyens, unis aux Romains, qui prennent le nom de Frances (p- 5).

III. Révolte des Francs contre l'Empereur /p. 6.

IV. Les Francs luttent contre les Romains. Ils s'établissent sur les bords du Rhin. Pharamond |p. 6.

V. Clodion. Ses victoires à Tournai, à Cambrai et sur la Somme. Mérovée. Les Huns en Gaule, à Orléans. Childéric chassé se retire en Thuringe, attendant d'étre rappelé par son conseiller Wiomade (p. 7.

VI. Retour de Childéric. Son mariage avec Dasine. Naissance de Clovis (p. S).

VII. Prise de Cologne et de Tréves. Syagrius succéde à Egidius mort. Incendie d'Angers par les Saxons. Victoire de Childéric sur Paul (p. 9.

VIII. Victoire de Clovis et de Régnachaire sur Syagrius qui se réfugie prés d'Alaric. Il esttué et dépouillé |p. 10 .

IX. Le vase de Soissons. Soumission des Thuringiens (p. 10/.

X. Premiére mission d'Aurélien à la cour de Gondebaud, roi des Burgondes, pour Clovis |p. 11.

XI. Aurélien demande à Gondebaud la main de sa niece Clo- tilde pour Clovis. Mariage de Clovis et de Clotilde. Naissance de S. Cybard (p. 12).

XXXII ADÉMAR DE CHADANNES

XII. Clovis réclame à Gondebaud le trésor qui doit former la dot de Clotilde (p. 14).

XII. Clovis étend son royaume jusqu'à la Seine, puis jusqu'à la Loire. Daptéme et mort de son premier fils Ingomir. Naissance d'un second, Clodomir (p. 15).

XIV. Guerre contre les Alamans et les Suéves. Victoire de 'Tolbiac. Daptéme de Clovis et de son peuple par S. Rémi p. 16).

XV. Guerre contre les Burgondes. Gondebaud et Godegiséle sont battus à Dijon. Clovis soumet Gondebaud à Avignon. Trem- blement de terre à Vienne. Incendie du palais de cette ville. havages de la région par les bétes fauves. Priéres publiques ordonnées par S. Mamert (p. 17).

XVI. Clovis et Clotilde édifient une basilique à S. Pierre. Expédition contre les Wisigoths. Dévotions de Clovis à S. Martin de Tours. Miracles en faveur de Clovis à Poitiers. Victoire de Vouillé et mort d'Alaric. Défaite des Arvernes commandés par Apollinaire. Amalric, fils d'Alaric, se réfugie en Espagne. Thierry, fils de Clovis, soumet tout le pays depuis les Wisigoths jusqu'à la Bourgogne. Clovis passe l'hiver à Bor- deaux, prend Toulouse et Ángouléme il fait consacrer l'évéque Aptonius. Revenu à Tours, Clovis y recoit de l'empereur Anastase le titre de consul. Il revient à Paris dont il fait la rési- dense royale (p. 19).

XVII. Clovis fait périr Régnachaire, roi de Cambrai, ainsi que son frere Richaire, Régnemir, et beaucoup d'autres de ses parents / 9099 (p. 22).

XVIII. Mort de Clovis. Clotilde se retire à Saint-Martin de Tours. Les quatre fils de Clovis se partagent son royaume. Amalric fils d'Alaric, épouse leur sceur. Invasion. des Danois. Ils sont battus et leur chef, Cothelaic, est tué par Théodebert, fiis de Thierry (p. 23).

XIX. Les fils de Clotilde envahissent la Bourgogne pour venger le meurtre de Gondegisile et de sa femme. Sigismond et Gondemar sont vaincus. Gondemar s'enfuit. Clodomir enferme Sigismond à Orléans et le fait jeter dans un puits avec sa famille, (p. 23).

XX. Clodomir bat. Gondemar à Véseronce et meurt en le pour- sulvant. Les Francs dévastent la Dourgogne et tuent Gondemar.

SOMMAIRE XXXIII

Clotaire épouse la veuve de son frére, Gondieuque. Clotilde recueille les enfants de Clodomir, Théodebald et Clodoald |p.24 .

XXI. Expédition de Thierry, Théodebert et Clotaire contre Ermenífred, roi de Thuringe. Les Thuringiens sont défaits. Fuite d'Érmenfred. Thierry le fait tuer par trahison ainsi que ses enfants (p. 24. ]

XXII. Expédition de Childebert contre Amalrie, roi des Wisigoths, pour venger sa sceur des cruautés de son mari. Défaite et mort d'Amalric. Childebert prend Toléde et raméne sa seur à Paris elle meurt (p. 25).

XXIII. Meurtre des enfants de Clodomir (p. 26;. XXIV. Mort de Thierry. Son fils Théodebert lui succéde

et s'allie à Childebert pour marcher contre Clotaire qui se réfugie en Neustrie. Une tempéte les empéche de l'atteindre. Elffrayés ils font la paix avec lui. Mort de S. Cybard (p. 27.

XXV. Expedition de Childebert et de Clotaire en Espagne. Siége de Saragosse. Childebert éléve une église à S. Vincent à Paris. Défaite des Lombards par Théodebert |p. 28.

XXVI. Mort de Théodebert et de Clotilde. Les trois femmes et les sept fils de Clotaire. Mort de Théodebald, fils de Théode- bert, roi d'Austrasie. Clotaire recueille son héritage. Il défait les

Saxons et ravage la Thuringe |p. 28).

XXVII. Révolte de Cramne, fils de Clotaire, contre son pere. Mort de Childebert qui s'était uni à son neveu. Fuite de Cramne en Bretagne. Clotaire l'y poursuit, le fait prendre et brüler avec sa famille (p. 29).

XXVIII. Mort de S. Médard. Mort de Clotaire. Ses quatre fils se partagent le royaume (p. 30).

XXIX. Invasion des Huns. Sigebert les repousse, puis traite avec eux. Lutte de Sigebert et de Chilpéric. Chilpéric est vaincu et son fils Théodebert envoyé en exil. Les deux fréres fontla paix et Théodebert est délivré. Caribert répudie Ingeberge et épouse tour à tour les deux filles de sa femme : S. Germain lexcommunie. Consécration de Saint-Cybard. d'Angouléme par S. Germain et S. Grégoire. Mererius succede à Aptonius comme évéque d'Angouléme (p. 31).

XXX. Mort de Caribert. Sigebert épouse Brunehaut, et Chilpérie Galsuinte. Frédegonde pousse Chilpérie à tuer Gal-

XXXIV ADÉMAR DE CHABANNES

suinte et lui fait répudier Audovére pour devenir sa femme p. 32).

XXNI. Mort de l'empereur Justinien auquel Justin succéde. Expédition de Clovis, fils de Chilpéric, à Bordeaux. Théodebert, lils ainé de Chilpéric, fait une expédition au sud de la Loire et ravage àussi les territoires de son oncle Sigebert. Il meurt à S.-Amand-de-Boixe. Sigebert et Chilpéric "luttes au nord. Assassinat de Sigebert. ( Gondovald enléve Childebert, fils de Sigebert, et l'emmene en Austrasie (p. 34).

NX NEL hilpé ric envole Drunehaut en exil à Rouen. Mérovée, fils de Chilpérie, épouse sa tante. Chilpérie s' empare des ene époux et les amene à Soissons. ll enferme Mérovée au monastére de Saint-Calais. Mort de S. Germain, évéque de Paris. Chilpéric rend Brunehaut à son fils Childebert. Mort de Samson, fils de Chilpéric .p- 36).

XNXNIIT.. Chilpéric, sur les conseils de Frédégonde, établit des impóts iniques. Remords des deux époux éprouvés par la maladie etla mort de leurs enfants (p. 37).

XXXIV. Folie de l'empereur Justin. Tibére lui suecéde. Mort d'un troisieme fils de Chilpéric. Naissance de Clotaire. Childe- bert ravage llItalie. Mort de Gontran à Chálons (592). Adultére de Frédégonde et de Landry, maire du palais. Assassinat de Chilpéric. Clotaire 1I regne sous la tutelle de Frédégonde et de Landry (584) (p. 38).

XXXV. Lutte de Childebert, roi d'Austrasie, et de Frédé- gonde. Défaite des Austrasiens à Droisy. Frédégonde ravage la Champagne (p. 40).

XXXVI. Mort de Frédégonde. Thierry, fils de Childebert, sur les conseils de son aieule Brunehaut, fait la guerre à à Clotaire. Thierry ravage la région de la Seine jusqu'à Essonnes (p. ^1).

XXXVII. Sur les conseils de Brunehaut, Thierry attaque son frére Théodebert et le bat à Tolbiac (612). Théodebert se retire à Cologne. Thierry le fait tuer, prend cette EO et revient à Metz ou il Vis périr les enfants de Théodebert ( (p. 42)

INDXCNSVITDTTA Thierry veut épouser sa niéce. Brunehaut l'en détournant, il veut la tuer. Celle-ci le fait empoisonner et tue ses enfants (613) (p 42).

AXXIX. Clotaire réunit sous son sceptre les trois royau-

SOMMAIRE XXXV

mes de Neustrie, d'Austrasie et de Dourgogne. ll fait mourir Brunehaut. Paix générale. Gondovald, maire du palais (p. 43).

XL. Dagobert, roi d'Austrasie (622). Les Saxons se soulévent contre lui. Clotaire le secourt et tue Bertrand, leur duc. II ravage la Saxe et y fait périr tous les hommes plus grands que son épée (p. 43).

XLI. Mort de Clotaire (629). Dagobert lui succede. Exaltation de la Sainte-Croix par l'empereur Héraclius qui envoie des présents à Dagobertet le prie de faire baptiser tous les juifs de son royaume. Ercanald, maire du palais. Dagobert associe son fils Sigebert au duc Pépin en Austrasie, et garde avec lui Clovis

(633) (p. 45).

XLII. Mort de Dagobert (639). Clovis II lui succéde en Neustrie. Sigebert, en. ÁAustrasie, aprés la mort de Pépin (643 nomme Grimoald, son fils, maire du palais. Mort de Sigebert (656). Grimoald exile Dagobert, fils de Sigebert, en WIcosse et met son propre fils sur le tróne. Les Franes s'em- parent de Grimoald etle livrent à Clovis II qui le fait mourir

(p. 45).

XLIII. Peste en Neustrie. Mort de Clovis II (657;. Clotaire II lui succede |p. 46 .

XLIV. Ebroin maire du palais. Mort de Clotaire II (673). Thierry, son frére, lui succéde en Neustrie, et Chbildéric II, autre fils de Clovis II, en Austrasie avec Vulfoald. Les Francs déposent Thierry et RAUS Ebroin à Luxeuil. Childéric seul roi. Il mécontente les Francs qui le tuent ainsi que sa femme (675). Vulfoald retourne en Austrasie. Ébroin s'échappe de Luxeuil, fait tuer Leudése, maire du palais, et persécute S. Léger et son frére Guérin (p. 46).

XLV. Pépin et Martin, maitres du pouvoir en Austrasie, mar- chent contre Thierry et Ebroin. Ebroin les bat prés de Laon et tue Martin |p. 47j.

XLVI. Meurtre d'Ebroin. Waraton lui succéde comme maire du palais. Lutte de Pépin et de Gislemar, fils de Waraton. Mort de S. Ouen, évéque de Rouen (p. 48).

XLVII. Mort de Waraton. Bercaire lui succéde. Sa lutte contre Pépin. Mort de Bercaire. Pépin devient maire du pa- lais de Thierry. Il délégue ses pouvoirs à Norbert et rentre en Austrasie. Sa femme Plectrude et ses fils Drogon, duc de Cham-

pagne, et Grimoald p. 48.

AXXVI ADEMAR DE CHADBANNES

XLVIH. Mort de Thierry (691). Clovis lui succéde et meurt 695. Son frere Childebert monte sur le tróne. Grimoald, fils de Pépin, devient maire du palais aprés la mort de Norbert. Expédi- tions de Pépin contre Radbod et les Suéves. Mort de Drogon (708). Pépin a d'Alpaide un fils, Charles Martel. Mort de Childebert /711:. Dagobert II lui succede. Mort de Grimoald. Son fils Théo- doald lui succede (714) (p. 49).

XLIX. Mort de Pépin. D'iscordes entre les Frances. Ragenfred succédeà Théodoald chassé 715). Il bat avec Dagobert les Saxons et fait alliance avec Radbod. Plectrude fait enfermer Charles Martel qui s'échappe (p. 49).

L. Mort de Dagobert (715). Le clerc Daniel est mis sur le tróne sous le nom de Chilpérie II (716). Charles Martel le bat ainsi que Hadbod à Ambléve p- 50).

LI, Il bat de nouveau Chilpéric et Ragenfred à Vinchy le 21 mars 717. ll prend Cologne. ll met sur le tróne Clotaire IV, son cousin, fils de Clovis II (719). Chilpéric et Ragenfred appellent à leur secours Eudes, duc d'Aquitaine, Charles les met en fuite et les poursuit jusqu'à Tours. Mort de Clotaire IV (720). Charles se fait livrer Chilpéric II et le rétablit sur le tróne. Chilpéric II meurt. Thierry, fils de Dagobert II, lui succede. Charles poursuit Ragenfred et ravage l'Anjou. Il. devient maire du palais. Prise d'Angers et mort de Ragenfred (p. 50;.

LII. Expéditions de Charles contre les Saxons et les Alamans (725), contre Eudes, duc d'Aquitaine (731). Charles bat les Sar- rasins, qu'Eudes a appelés à son secours, à Poitiers (732). Il est surnommé Martel (p. 52).

LIII. Expédition de Charles en Bourgogne (733). Il. prend Lyon. Mort d'Eudes, duc d' Aquitaine. ORO soumet cette région, Soumission des Frisons (734. Nouvelle expédition en Bourgogne etjusquà Arles et Marseille (738). Soumission des Saxons [p. 52).

LIV, Charles et Childebrand, son cousin, exterminent les Sarrasins à Ávignon. Destruction de Narbonne, de Nimes, d'Agde et de Béziers. Maladie de Charles Martel à Verberie. Mort de Thierry. Childérice, son frére, lui succede. Le pape Grégoire envole les clefs du sépulcre de S. Pierre à Charles Martel et lui demande son appui contre les Lombards. Charles partage son royaume entre ses fils. Expédition de Pépin et de son oncle Chil- debrand en Bourgogne. Troubles célestes. Date de Páàques dérangée par lignorance des calculateurs (740). Présents de Charles Martel à Saint-Denis. Il meurt le 22 oct. 741 (p. 53).

SOMMAIRE XXXVII

LV. Expédition de Carloman et de Pépin contre Hunald, duc d'Aquitaine (742). Prise de Loches. Ils partagent le royaume à Vieux-Poitiers. Expédition de Carloman en Alamannie (743) ; les deux fréres en Baviere et en Saxe (745). Carloman se retire dans un monastére (7^6, (p. 56.

LVI. Expédition de Pépin en Baviére. Soumission de Tas- sillon, due de Baviére, et de Grippon, réfugié chez les Saxons (747). Pépin donne à ce dernier douze comtés. Grippon se sépare de Pépin et se réfugie prés de Waifre, duc d'Aquitaine. Ambassade envoyée au pape Zacharie pour le consulter sur l'élection de Pépin comme roi par les Franes (749). Pépin est proclamé roi (752) (p. 57).

LVII. Expédition de Pépin en Saxe (753). Mort de Grippon en Gascogne. Le pape Etienne en France. Carloman transporte de France au Mont-Cassin les restes de S. Benoit (754. Etienne sacre Pépin et ses deux fils, Charles et Carloman. Pépin soumet les Lombards (755-56). Mort de Carloman. Deuxieme expédition contre Astolphe, roides Lombards. Pépin donne au pape l'exarchat de Ravenne. Mort d'Astolphe (p. 58.

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; LVIII. Constantin envoie des présents à Pépin (757). Sou- mission de Tassillon, duc de Baviere, à Compiegne (758. Sou- mission des Saxons (759). Naissance et mort d'un fils de Pépin portant son nom. Expédition d'Aquitaine. Soumission de Wailfre (760). Nouvelle révolte de ce duc (761;. Victoires de Pépin en Auvergne, en Limousin /|762;. Troisieéme expédition en Aquitaine. Prise de Thouars (763). Quatriéme expédition en Aquitaine. Prise de Cahors. Révolte de Tassillon. Pépin en Baviere. Cin- quieme expédition d'Aquitaine |p. 59.

LIX. Concile de Gentilly touchant la Trinité et le culte des saints (767). Pépin prend Narbonne, Toulouse, Albi et le Gévaudan (768). Sixiéme expédition d'Aquitaine. Victoires en Limousin. Septiéme expédition d' Aquitaine. Mort de Waifre /768 . Mort de Pépin le Bref (768) (p. 61.

XXXVII ADÉMAR DE CHABANNES

LIVRE II

Table des chapitres (p. 63)

I. Généalogie et chronologie des rois de France jusqu'àla mort de Pépin le Bref (768. Charles et Carloman en Aquitaine. Vic- toire d'Hunald. Confirmation à l'abbaye de Saint-Cybard de divers domaines (p. 65.

IIl. Mort de Carloman (771). Charlemagne salué roi à Corbeny par les grands. Assemblée de Worms (772). Expédition de Saxe. Sécheresse qui cesse par miracle. Expédition contre les

Lombards (773). Siege de Pavie (775). Expédition de Saxe (n. 74) (p.173);

III. Continuation du siége de Pavie. Didier est pris. Nou- velle campagne en Saxe. Prise de Siegsbourg et d' Eresbourg (775). Triple défaite des Saxons. Défaite et mort de Rotgaud, chef des Lombards révoltés (776) (p. 73).

IV. Nouvelle révolte des Saxons. Ils sont massacrés à la faveur d'un miracle. Leur soumission et leur baptéme (7706) (p. 74).

V. Assemblée de Paderborn (777). Expédition en Espa- gne (778). Soumission de l'Espagne, de la Gascogne et de la Navarre. Révolte des Saxons qui sont battus (778). Défaite des Westphaliens (779). Nouvelle défaite des Saxons (780). BDaptéme de Pépin, fils de Charlemagne, par le pape Adrien, à Rome (781). Charlemagne fait sacrer Pépin, roi d'Italie, et Louis, roi d'Aquitaine. Entrevue de Charlemagne et de Tassillon, duc de Baviére, à Worms. Tassillon se soumet de nouveau (p. 75).

VI. Révolte et défaite des Saxons (782). Mort de la reine Hildegarde (783). Défaite des Saxons sur le bord de la Hase. Mort

de la reine Berthe, femme de Charlemagne. Il épouse Fastrade. (p. 78).

VII. Révolte des Saxons et des Frisons. Charles, fils de Char-. lemagne, les bat ainsi que les Westphaliens (784). Défaite des Saxons (785). Assemblée de Paderborn. Soumission de Witikind et d'Albion baptisés à Attigny. Les Dretons soumis par le séné- chal Audulfe (786). Charlemagne à Florence et à Rome (p. 79).

SOMMAIRE XXXIX

VIHI. Soumission d'Arégise, duc de Bénévent (787). Disputes sur le chant, à Rome, entre les Gaulois et les Romains. Charle- magne tranche le différend en faveur du chant grégorien qu'il fait enseigner en France. Charlemagne raméne de Rome des lettrés et des caleulateurs. Trahison de Tassillon (p. 80).

IX. Soumission de Tassillon à Ingelheim (788). Guerre entre les Grecs et les Lombards. Luttes contre les Avares et les Bavarois (p. 84).

X. Expédition en Esclavonie (789). Soumission des Wiltzes. Expedition en Baviere. Défaite des Avares (791) (p. 85).

XI. Nouvelle défaite des Avares. Condamnation de l'hérésie de Félix d'Urgel par le pape Adrien (792) p. 85).

XII. Concile des évéques de Gaule, de Germanie et d'Italie à Francfort (794). Mort de la reine F'astrade. Hévolte et soumis- sion des Saxons (795). (p. 86).

XIII. Mort du pape Adrien (796). Charlemagne recoit à Aix les dépouilles des Huns prises par Henri, duc de Frioul. Sou- mission et baptéme de Thudun, roi des Huns. Victoires de Pépin en Pannonie. Soumission des Saxons (797). Charlemagne envoie Louis en Espagne avec le Maure Abdelle, et Pépin en Italie et reste en Saxe à Herstelle (p. 87).

XIV. Charlemagne recoit les envoyés d'Alphonse, roi de Castille (798). De retour à Aix il recoit des ambassadeurs de Constantinople. Les Daléares ravagées par les Maures et les

Sarrasins (p. 88).

XV. Charlemagne recoit le pape Léon à Paderborn (799). BRévolte et soumission des Avares. Défaite des Maures et des Sarrasins.Soumission de la Bretagne.Azan, gouverneur d'Huesca, envoie les clefs de sa ville à Charlemagne. Courses contre les pirates. Charlemagne à Rouen et à Tours (800). Il envoie une armée commandée par Pépin contre Bénévent et se rend à home. Justification du pape. Charlemagne recoit les clefs du Saint-Sépul- chre. Il est couronné empereur le 25 déc. par Léon III. Nouvelle expédition contre Bénévent. Tremblement de terre en Italie (801). Charlemagne recoit l'ambassade d' Aaron, roi de Perse, en Italie (801). Paix de Barcelone (p. 89).

XVI. Ambassade d'Hélene, impératrice de Constantinople, pour faire la paix entre les Grecs et les Latins (802). Charlemagne en Saxe. ll y regoit les ambassadeurs de Nicéphore (803)

(p. 92).

XL ADEMAR DE CHABANNES

XVII. Transfert de tous les Saxons en France (804). Paix avec Godefroy, roi des Danois. Léon III en France et à Aix-la- Chapelle (p. 93).

XVIII. Charlemagne accorde une résidence à Cagan, roi des Huns (805). Son fils Charles bat les Esclavons. Il recoit à Thionville les ambassadeurs de Vénétie et de Dalmatie. Assemblée pour le partage de ses Etats entre ses fils (806). Campagnes de Charles en Esclavonie et en Bohéme. Pépin chasse les Maures de Corse. Soumission des Navarrais (p. 9^.

XIX. Eclipses de lune et de soleil (807. Présents du roi de Perse à Charlemagne. Pépin chasse les Maures de Sardaigne et fait la paix avec le patrice Nicétas (p. 96 .

XX. Charlemagne envoie Charles contre les Danois. ll rétablit sur son tróne Eadulf, roi d' Irlande (808) (p. 97).

XXI. Défaite de la flotte grecque à Comacchio. Louis en Espa- gne. Prise de Porto-Baratto par les Grecs. Charlemagne secourt les Abodrites attaqués parles Danois (809) (p. 98).

XXII. Concile à Rome touchant la Sainte-Trinité. Mort de Horich. Essai infructueux d'alliance avec Ámoroz, gouverneur de Saragosse. Les Maures reprennentla Corse et la Sardaigne. Pépin soumet la Vénétie. Mort de liotrude, fille de l'empereur. Une flotte du nord ravage la Frise. Charlemagne en Saxe. Mort de Godefroi, roi des Danois, et retraite de ce peuple. Ambassade de Nicéphore, et d'Abulas, roi d'Espagne. Paix avec ces deux souverains, et avec Hémingus, roi des Danois (810) (p. 99).

XXIII. Confirmation deces traités de paix. Assemblée d'Aix- la-Chapelle. Charlemagne envoie trois armées dans trois parties de son royaume. Construction d'un phare à Boulogne-sur-Mer. Ambassade des peuples du Danube à Aix. Mort de Charles et de Pépin, fils de l'empereur (811) (p. 102).

XXIV. Mort d'Hémingus, roi des Danois, et de Nicéphore. Ambassade de Michel, empereur de Constantinople, à Aix. Bernard fils de Pépin, en Italie. Défaite des Normands par les Ecossais. Paix avec Abulas, roi des Sarrasins, et le duc de Béné- vent. Soumission des Wiltzes. Association de Louis à l'empire dans une assemblée à Aix-la-Chapelle. Bernard élu roi d'Italie. Conciles sur la discipline ecclésiastique à Mayence, à Reims, à - Chàlons, à Arles. Paix avec les Danois. Les Maures ravagent la Toscane et la Narbonnaise et sont battus en Sardaigne. Michel, empereur de Constantinople, battu par les Bulgares, se fait

SOMMAIRE XLI

moine. Léon, son successeur, bat Crumas, roi des bulgares. (813) (p. 103.

XXV. Mort de Charlemagne à Aix,le 28 Janvier 814 (p. 105.

LIVRE III

Table des chapitres (p. 107).

I. Louis le Pieux confirme les alliances faites par son pére. Il envoie ses fils Lothaire en Daviere, et Pépin en Aquitaine, et Bernard, son neveu, en ltalie (814). Louis en Saxe. (815). Cons- piration à Home contre le pape. Guerre contre les Sarrasins. Révolte à Rome apaisée par le duc de Spoleéte (815) (p. 109.

II. Soumission des Suéves et des Gascons. Etienne II in- forme Louis le Pieux de son élection au tróne pontifical. Couron- nement de Louisà Reims par ce pape (816). Concile d'Aix ou Louis ordonne une vie uniforme pour tous les moines et leur prescrit de suivre la regle de S. Benoit, qu'il a fait rédiger par Amalaire (817) (p. 111).

III. Ambassades d'Abd-er-Hhaman, fils d'Abulas,roi des Sarra- sins, et de l'empereur Léon. Louis secourt Hériold, roi des Danois, contre les fils de Godefroi. Il recoit les excuses de Pascal élu pape sans son consentement. Accident arrivé à l'empereur. Deuxieme récit du concile d'Aix. Louis associe son fils Lothaire à l'empire. Campagne contre les Abodrites et les Saxons (817) (p. 112).

IV. Révolte de Bernard. Il se soumet, mais est condamné à mort. Son supplice. Soumission des Bretons. Mort de la reine Hermengarde. Ambassades diverses prés de Louis (818 (p. 114).

V. Déposition de Salomir, roi des Abodrites, et de Loup Centule, duc de Gascogne. Assemblée d'Aix. Additions aux lois et aux capitulaires. Louis épouse Judith de Baviere. Enu- mération des savants de l'époque. Expédition en Pannonie. Guerre en Dalmatie entre Ludewit, duc de Pannonie, et Borna (819) (p. 115),

VI. Pépin soumetla Gascogne. Guerre contre Ludewit révolté (820) et contre les Sarrasins. Confirmation à Nimégue du partage

XLIH ADÉMAR DE CHABANNES

de l'empire fait en 817 entre les fils de Louis le Pieux. Ambas- sade du pape prés de Louis (821) (p. 117).

VII. Mort de Borna, duc de Dalmatie, et de l'empereur Léon. Lothaire épouse Hermengarde, fille du comte Hugues. Assemblée de Thionville. Réconciliation de Louis et des complices de Ber- nard. Mort de Salomir renommé roi des Abodrites (821) (p. 118).

VIII. Découverte d'une épée énorme en Thuringe. Mort de Winigise, duc de Spoléte, devenu moine. Pénitence publique de ERA pourle meurtre de Bernard. Expédition en Pannonie. Louis envoie Lothaire en ltalie et Pépin en Aquitaine. Ambassades diverses à Francfort (822) (p. 120).

IX. Louis réconcilie les princes danois. Lothaire couronné roi d'Italie par le pape Etienne. Louis examine l'accusation portée contre le pape d'avoir fait périr les fideles de Lothaire (823) (p. 121).

X. Céadragus, roi des Abodrites, à Compiegne; Hériold y vient demander du secours à Louis. Phénoménes extraordinaires arrivés en l'an 823. Ambassade bulgare. Mort de Suppon, duc de Spoléte, et du pape. Eugene II lui succede. Expédition en Bre- tagne. Ambassade de Michel II, empereur d'Orient, à Rouen (824). Défaite d'Eble et d'Asinarius en Espagne.Paix de oic et du pape Eugene (824). Assemblée de Nimégue. Paix avec les fils de Godefroi (825). Louis refuse d'étre l'arbitre des Bulgares. Diverses ambassade à Ingelheim (826) (p. 122).

XI. Baptéme d' Hériold, roi des Danois, à Mayence. Georges, prétre de Vénétie, construit un orgue à Aix- la-Chapelle. Assem- blée d'Ingelheim : jugement de Céadragus et de Gloinus (826) (p. 126).

XII. Translation des restes de S. Sébastien à Soissons. Ravages des Sarrasins en Espagne. Révolte des Danois et des Bulgares contre leurs princes. Mortdu pape Eugene et de son successeur Valentin. Grégoire IV leur succede (827) (p. 127).

XIH. Assemblée d'Aix pour les affaires d'Espagne. Louis envole une ambassade à Constantinople Lothaire marche contre les Sarrasins (828) (p. 129).

XIV. Lutte des fils de Godefroi et d'Hériold. Ils demandent l'arbitrage de Louisle Pieux. Le comte Boniface en Afrique (828) (p. 129).

XV. Tremblement de terre à Aix-la-Chapelle. Fausse alerte

J

SOMMAIRE XLIII

donnée contre les Normands. Assemblée de Worms. Lothaire en Italie (829) (p. 130).

XVI.! Destruction du monastére de Saint-Philibert de Noirmou- tiers et destruction de l'ile par les Normands (830). Mort d'Eudes, comte d'Orléans, luttant contre Lambert, comte de Nantes. Dé- faite de Renaud, comte d'Erbauges, par les Normands (835). Translation du corps de S. Philibert de Noirmoutiers en Bour- gogne (836). Mort de Pépin, roi d'Aquitaine (15 déc. 838), fonda- teur de plusieurs monastéres. Mort de Louis le Pieux. (20 juin 840). Bataille de Fontenay entre ses fils (25 Juin 841) (p. 131).

XVII. Partage de l'empire entre les fils de Louis le Pieux (aoüt 843). Mort de l'impératrice Judith à Tours. Mort de Renaud, comte d'Erbauges. Prise de Nantes par les Wefaldinges. Charles le Chauve ravage la Bretagne (843). Mort de Bernard, comte de Poitiers, UV EPT contre crinem de Nantes (844). Mort de Séguin, comte de Bordeaux et de Saintes, tué par les Normands qui brülent Saintes (845). Charles le Chauve bat Nominoé, duc de Bretagne. Les Normands ravagent l'Aquitaine. Ils brülent les monastéres jusqu'à Beauvais et Noyon (p. 133).

XVIII. Charles le Chauve réunit un concile à Limoges; les cha- noines de Saint-Martial deviennent moines (848). Geoffroy, tré- sorier de ce monastére, ne veut pas devenir régulier et enléve à Saint-Martial, Saint- Junien. et. Saint-Pierre-du-Queroyx. Les religieux de Saint - Martin. de Tours se font chanoines. Peste dans leur monasteére qui les enlévetous. Troisiéme expédi- tion de Charles le Chauve en Bretagne (850). Nominoé, aprés son départ, détruit Rennes et Nantes, Il meurt (851). Charles bat son fils Erispoé. Lambert, comte de Nantes, est tué par Gauzbert, comte du Maine (852). Charles, avec l'aide de son. neveu Pépin, soumet la Bretagne. Mort d Erispoé (857). Les Normands battent Rannulfe I, comte de Poitiers, et Renaud d'Erbauges à Brillac. Mort de Gauzbert, victime des Nantais (865) (p. 154;.

XIX. Charles est sacré à Limoges et retourne en France (855). Lothaire se fait moine. Mort de son frere Louis. Charles le Chauve, empereur (876). Les Normands ravagent l'Aquitaine. Mort d'Hélie, évéque d'Angouléme (875). Dévastation de S. Cybard. Turpion, comte d'Angouléme, est tué par les Normands (^ oct. 863). Mort d'Emenon, son frére, luttant contre Landry, comte de Saintes (21 juin 866). Il laisse un fils, Adémar, comte de Poitiers Charles le Chauve nomme V ulgrin comte de Poitiers et d'An- gouléme, et Oliba évéque d'Angouléme. L'évéque Frédebert

1. Ici commence la partie originale de 14 chronique.

XLIV ADÉMAR DE CHABANNES

vient pour fonder à Saint-Cybard, une église en l'honneur du Sau- veur. Il mourra avant d'y avoir réussi (p. 136).

XX. Louis le Bégue succéde à Charles le Chauve (877). Les Bavarois et les Alamans prennent pour roi Othon, les Lombards élisent Adalbert, puis Hardouin, les Romains Albéric dont le frére Octavien est élu pape. Charles le Simple succeéde à Louis le Begue (898). Mort de Vulgrin (886), d'Oliba (892) à qui succede Anatole jusqu'en 895. Descendance de Vulgrin. Déposition de Charles. Eudes, roi de France (887). Rodolphe, roi de Bourgogne, batles Normands. Conversion de Rollon (912) (p. 138).

XXI. Amitié de Rannulfe II, comte de Poitiers, et de Rollon. Mort de Rannulfe à la cour d'Eudes (892). Son fils Ebles confié à S. Gérald. Mariage d'Adémar, fils d'Emenon, et de Sancie, fille de Guillaume I, comte de Périgord. Eudes nomme Adémar comte de Poitiers. Fondation du monastere de Cluny par Guillaume I (910), qui donne des biens aux églises. Ebon de Bourges fonde le monastere de Bourg-Déols (917) (p. 140).

XXII. Othon I, roi de Baviere, soumet les Lombards. ll devient empereur de Rome (962). Othon II lui succede (973). Mort d'Eudes (898) et de son fils Arnulfe qui regne quelques mois. Charles le Simple luisuccéde. Lesseigneurs francais lui opposent le duc Robert (922). Charles le Simple, aidé par Othon, lutte contre Robert qui périt (15 juin 923). Le duché de France est donné par Charles à Hugues, fils de lobert. Charles le Simple meurt (929). Louis IV, roi de France (936). Nicéphore II, empereur grec, prend ÁAntioche (968). L'impératrice le fait assassiner(969) (p. 141).

XXIIT. Mort d'Adémar, comte de Poitiers, enseveli à Saint- Hilaire (2 avril. 926). Mort de Guillaume le Jeune, duc d'Au- vergne. Ebles le bátard, fils de Rannulfe II, devient comte de Poitiers et d'Auvergne (928). Il a pourfils Guillaume Téte d'E- toupe. Alduin I succéde à Vulgrin, son pére, comte d'Angouléme (886-27 mars 916). Il restaure les murs d'Angouléme. Invasion des Normands en Poitou, sous Gombaud, évéque d'Angouléme. Transfert dans cette ville du bois de la Croix conservé à Char- roux. Alduin veut le garder et embellir, à Angouléme, une église dédiée au Sauveur, pour l'y déposer. Ill tombe malade. Famine à Angouléme. Alduin rend le bois de la Croix à Charroux et fait des dons à cette abbaye. Il meurt le 27 mars 916. Bernard, fils de Guillaume I, comte de Périgord, fait périr Lambert, vicomte de Marcillac, et Arnaud, son frére, pour venger sa sceur Sancie. Guillaume Taillefer, fils d'Alduin, rend les possessions des défunts à leur frere Odolric et le fait vicomte. Bernard devient

Nd

SOMMAIRE XLV

comte de Périgord (920), et Guillaume Taillefer, comte d'An- gouléme (916). Adémar et sa femme Sancie meurent (926)

(p.143).

XXIV. Foucaud, évéque d'Angouléme, succede à Gombaud (941). Guillaume Taillefer et Bernard de Périgord rétablissent la vie monastique à Saint-Cybard et en nomment Mainard, abbé (v. 947). Guillaume fait d'importantes donations à ce monastére et les confirme par testament. Il donne aussi à Saint-Martial (p. 145).

XXV. Ebles, fils d'Ebles, duc d'Aquitaine, devient évéque de Limoges (944). Guillaume Téte d'Etoupe, second fils du duc, lui succede et devient comte de Limoges, du Velay et de Poitiers. Ill nomme son írére Ebles, abbé de Saint-Hilaire et de Saint- Maixent. L'évéque Ebles fortifie Limoges et Saint-Hilaire ou il éta- blit des chanoines. Il. reléve Saint-Maixent et Saint-Michel-en- l'Herm.Hélie I, comte de Périgord, créve les yeux à Benoit, choré- véque d'Ebles, qui en meurt de chagrin. Iélie, d'abord vainqueur de Giraud et de son fils Gui I, vicomte de Limoges, est pris ensuite par ce dernier et enfermé à Montignac. ll s'échappe et meurten allant à Rome en pélerinage. Son frere Aldebert, pris aussi et enfermé à Limoges, est délivré et épousela sceur de Gui, dont il a Bernard (p. 146).

XXVI. Sous Turpin d'Aubusson, évéque de Limoges, Odon et 'Théotolon, chanoines de Saint-Martin de Tours, deviennent moi- nes à Cluny, Odon en est abbé (926-943). ll a pour successeur S. Majolus. Odon restaurela regle monastique à Cluny. Théotolon devient archevéque de Tours (v. 932) (p. 148).

XXVII. Mort de Rollon, duc de Normandie (932). Daptéme de son fils Guillaume Longue-Epée. Il est tué par Arnoul, comte de Flandre (943). Richard | lui succede. Il installe des moines au Mont Saint-Michel, età Fécamp il estenterré (20 novembre

996). Lothaire succéde à Louis d'Outre-mer sur le tróne de France (95^) (p. 148).

XXVIII. Origine du surnom de Guillaume Taillefer. Tl meurt le 6 aoüt 962. Liste deses successeurs. Démélés d'Arnaud Bou- ration avec Saint-Cybard. Il meurt (962). Arnaud Manzer ou le Bátard devient comte d Angouléme (975). Gauzbert, frére d'Elie I, a les yeuxcrevés d expier le supplice infligé par son frere au chorévéque Benoit (p. 149).

XXIX. Mort d'Aymeri, abbé de Saint-Martial (973 ou 974^), aprés avoir détruit Chambon (p. 150/.

XXX. Mort de Guillaume Téte d'Etoupe (963). Son fils

XLVI ADEMAR DE CHABANNES

Guillaume Il lui succéde et épouse Emme, fille de Thibault, comte de Blois. Le roi Lothaire va en Aquitaine età Limoges. ll meurt à son retour empoisonné par sa femme (986, 2 mars). Son fils Louis lui succéde un an et meurt (987). Charles de Lorraine est éloigné du tróne. Election d' Hugues Capet. Charles lui est livré par Ascelin, évéque de Laon (2 avril 991), et meurt enfermé à Orléans. Ses fils Charles et Louis, expulsés de France, se réfugient à Rome, prés de l'empereur. Refus du duc d' Aquitaine de se soumettre à Hugues. Le roi assiege Poitiers. Repoussé, il est poursuivi par le duc jusqu à la Loire. Les Francais restent vain- queurs. Paix entre les adversaires. Hugues Capet restaure Saint- Denis et plusieurs autres monasteres. Guerre entre Guillaume, duc d'Aquitaine, et Geoffroy, comte d'Anjou (v. 987). Geoffroy est vaincu. Il recoit Loudun des mains de son vainqueur (p. 150).

XXNI. Mort d'Othon II. Son fils, Othon III, lui succéde (983). Il fait convertir les Hongrois. Gerbert, moine d'Aurillac, voyage en France et en Espagne. ll est nommé archevéque de Ravenne (999), puis est élu pape sous le nom de Sylvestre II. Tentative de Crescentius, préfet de Rome, pour détróner Othon III. Il est en- fermé à la Tour Saint-Ange, puis pendu (998). Mort de S. Majolus, abbé de Cluny, à qui succéde Odilon (994). Mort d'Hugues Canet. Son fils Robert lui succede (996) (p. 152;.

XXXII. Lutte de Basile, empereur grec, contre les Bulgares (1000-1014). Illes soumet (1014), puis, suivant son veeu, se fait moine (1018). Il soumet les Ibéres (1022) (p. 155).

XXXIII. Mort de Richard I, duc de Normandie (996). Son fils Richard II lui succede. Mort d'Othon III. Son cousin Henri II lui succede. Tentative malheureuse d'Héribert, archevéque de Co- logne, pourle détróner(p. 155).

XXXIV. Adalbert, comte de Périgord, est vainqueur devant Poitiers (990). Il prend Tours pour Foulques Nerra, à qui Eudes de Blois la reprend. Guillaume Fier-à-bras, duc d'Aqui- taine, meurt à Saint-Maixent (3 février 995). Son fils Guillaume III lui succede. Adalbert de Périgord prend Gencay deux fois, puis meurt. Boson, son frere, lui succéde. Le duc d'Aquitaine tente d'enlever Bellac à ce dernier. Gui, vicomte de Limoges, défend son cháteau de Brosse (1001) (p. 156).

XXXV. Arnaud, comte d'Angouléme, fonde le monastére de Saint-Amand-de-Boixe. Mort à S. Denis de l'évéque d'Angouléme . Hildegaire (v. 990). Alduin lui succede. Guillaume II, comte d'An- gouléme, succéde à Arnaud. Les successeurs de l'évéque Alduin depuis 964. Peste à Limoges (994). Triduum ordonné par lé- véque Alduin. Exhumation de S. Martial. L'évéque Alduin réta-

SOMMAIRE XLVII

blit des chanoines à Eymoutiers. Il inflige des chátiments au peu- ple limousin. Lutte de Gui et de Boson pour DBrantóme. Gui est vainqueur (v. 999) (p. 157).

XXNXVI. Grimoald, évéque d'Angouléme, obtient du comte d'An- gouléme le monastere de Saint-Cybard ; il donne à son frere Aimeri Trémolat. Aimeri le donnelui-inéme plus tard à ses chefs. Gui I enferme Grimoald qui ne veut pas lui livrer BDrantóme. L'évéque Grimoald se plaint au pape Gerbert (1003). Sentence rigoureuse. Paix entre Gui et l'évéque (p. 159).

XXXVII. L'empereur Henri assiege Pavie (100^). Il fait une expédition en Pouille (1022). Il fonde l'évéché de Bamberg que le pape Benoit consacre à la Mérede Dieu. Benoit et Odilon, abbés

de Cluny (p. 160).

XXXVIII. Lutte d'EÉrmengaud, comte d'Urgel, contre les Maures etles Sarrasins. ll meurt. Le roi sarrasin embaume sa téte et la porte dans les combats (p. 161).

XXXIX. Abbon, abbé de Saint-Benoit-sur-Loire, est recu à Saint-Cybard. Il meurt à la HRéole (13 nov. 100^), tué par les Gascons. Bernard, duc de Gascogne, venge sa mort en dévastant la Réole. Gauzlin, fils naturel d Hugues Capet, nommé abbé de Saint-Benoit-sur-Loire, puis archevéque de Bourges (1014). Mort de Bernard, duc de Gascogne (25 déc. 1010). Son frere Sanche lui succede. Guillaume III, duc d'Aquitaine, épouse Brisque, sceur

de Sanche (v. 1004) (p.161).

XL. Miracle au tombeau de S. Cybard (v. 1003). Transfert du bois de la Croix de Charroux à Saint-Cybard (p. 162).

XLI. Mariage de Guillaume Taillefer II, comte d'Angouléme, et de Gerberge, fille de Geoffroy Grisegonelle, comte d' Anjou. Portrait de Guillaume III. le Grand, duc d'Aquitaine. Sa piété. Ses pélerinages à Home età Saint-Jacques-de-Galice. Sa puissance politique et sa valeur guerriére. Ses alliances. ll donne Loudun à Foulques Nerra, comte d'Anjou. ll nomme Rainaud abbé de Saint- Maixent (1014), et Fulbert trésorier de Saint-Hilaire. Dons aux monastéres. Ses fondations : Maillezais et Bourgueil. Il prend Rochemaux à Boson. Son amitié pour Guillaume Taillefer Il à qui il donne d'importants domaines (p. 163).

XLII. L'évéque Alduin, aidé par Guillaume Taillefer, cons- truit BeauJeu, prés Saint-Junien, pour se protéger contre Jourdan de Chabanais. Jourdan bat les troupes de l'évéque et de Gui, vicomte de Limoges, mais périt. Son frere tient Aimeri de Roche- chouart prisonnier jusqu'à la destruction de Beaujeu (p. 165).

LUC

XLVIII ADÉMAR DE CHADANNES

XLIII. Geoffrov, abbé de Saint-Martial, y ramene le corps du patron de l'abbaye injustement retenu à Saint-Voulry (p. 166).

XLIV. Emma, vicomtesse de Limoges, est emmenée en cap- tivité de Saint-Michel-en-I' Herm par les Normands (v. 1000). Des trésors leur sont en vain offerts pour son rachat. Richard, duc de Normandie, la délivre et la rend à Gui, son mari (p. 166).

XLV. Mort de Boson II, comte de Périgord (1006). Périgueux est laissé à son fils Hélie par Guillaume-le-Grand, qui donne la Marche à Bernard I. Bernard, fils d'Adalbert I, Pierre I, abbé du Dorat, et Humbert Drus, tuteurs de Bernard. Humbert Drus défend Bellac contre le roi Robert. Pierre I a pour conseiller le prévót Ainard, lequela deux fréres, Abbon et Raimond, et une sceur, Aldéarde. Mariée à Raimond de Chabannes, neveu del évéque Turpin et frére d'Adalbert, prévót et doyen de Saint-Martial, elle est la mére d'Adémar, l'auteur de la présente chronique. Pierre I, bon administrateur du vivant d'Ainard, devient aprés sa mort et celle des fréres d'Ainard dur et injuste. Il brüle Mor- temart. ll est dépossédé de son pouvoir sur ce domaine par ses parents unis à Guillaume-le-Grand et à Guil. Áu retour d'un pélérinage à Jérusalem, il augmente encore sa puissance et sa

gloire (p. 167).

XLVI. Phénoménes physiques de l'an 1010. Vision d'Adémar de Chabannes (p. 168).

XLVII. L'évéque Alduin tente de convertir tous les juifs de Limoges (1010). Destruction du Saint-Sépulchre le 29 sept. 1010. Persécution des chrétiens par les Sarrasins d'Egypte. Les paiens ne peuvent détruire completement l'église du Saint-Sépulchre et celle de Bethléem, miraculeusement protégées. Restauration du Saint-Sépulchre. Punitions imposées par Dieu aux Sarrasins. Les Arabes ravagent leur pays. Mort de leur roi (p. 169).

XLVIII. Mort de Raoul, évéque de Périgueux. Arnaud lui suc- cede. Gauzbert de Malemort est fait prisonnier par Ebles, vi- comte de Comborn. Il meurt à Jérusalem et fait des miracles aprés sa mort (1010) (p. 171).

XLIX. Voyage d'Alduin et de Guillaume-le-Grand à Rome. Miracles au tombeau de S. Martial. Alduin veut embellir et agrandir Saint-Etienne. Il meurt à Ahun (1012). Son neveu Géraud lui succede. Récit de son sacre à Saint-Hilaire de Poitiers par Seguin, archevéque de Bordeaux, devant plusieurs évéques. L'abbé Geoffroy commence à restaurer Saint-Martial (1017). Accidents au tombeau du saint par l'exces de foule qui s'y presse. Les Ma- nichéens apparaissent en Aquitaine (p. 171).

SOMMAIRE XLIX

L. Lutte de Guillaume Barbe sale, l'un des comtes de Mácon, et d'Hugues, évéque d'Auxerre et comte de Chalon qui reste vain- queur (1019). Mort de Geoffroy II, abbé de Saint-Martial (1019). Hugues I lui succéde. Ses démélés avec l'évéque de Limoges, Géraud, qui meurt (1020). Jourdan le remplace (p. 173).

LI. Eudes, prince de Dol, prend Argenton-s-Creuse au vi- comte Gui. Il construit Massai que ne peut enlever le roi Robert. Achévement de la basilique de Saint-Martin de Tours(1014). Dédi- cace de Saint-Pierre d'Angouléme. Tremblement de terre qui dété- riore l'église de la Hésurrection à Angouléme. HBéfection du clocher. Mort de Gilbert, évéque de Poitiers. Lambert lui suc- céde (1020) (p. 174).

LII. Tremblement de terre à Rome. Sacriléges Juifs punis par Benoit VIII. Hugues, chapelain du vicomte Aimeri de Hhoche- chouart, tue un juif d'un soufflet, à Toulouse. Les Maures de Cordoue à Narbonne. Ils sont battus et captivés en grand nombre par les chrétiens. Vingt sont envoyés à Saint-Martial (p. 175).

LIH. Les Normands en Aquitaine (1018). Ils triomphent par ruse de Guillaume-le-Grand. Il ne se débarrasse d'eux et ne délivre ses prisonniers qu'à force d'or (p. 176).

XLIV. Suite du portrait de Guillaume-le-Grand. Son amour de l'étude. Ressemblance de ce prince, à cet égard, avec plusieurs souverains (p. 176).

LV. Les Normands en Irlande. Canut, roi de Danemarck, épouse la veuve d'Ethelred II, roi d'Angleterre, se fait baptiser, et devient roi des deux pays (1017). Les Normands, sous Raoul, vont à Rome et, avec l'assentiment du pape, dévastent la Pouille. Ils battent les Grecs et les Russes. Les Grecs barrent le chemin de Jérusalem (1017). Les Normands, sous Roger, battent les Sar- rasins en Espagne. Ceux-ci font la paix avec Érmessinde, vicom- tesse de Barcelone (1018) (p. 177).

LVI. Découverte du chef de S.Jean-Baptiste à Saint-Jean-d'An- gély (oct. 1010). Grand concours de peuples et de princes dans cette ville. Transfert des restes de Saint-Martial à Limoges (27 oct. 1010). Miracles de S.Léonard et de S. Antonin. Renaud, abbé de Saint-Jean-d'Angély, désigné par Odon de Cluny, succede à AI- duin (v. 1012). Il a lui méme pour successeur Aimeri (v. 1018). Dé- couverte du báton pastoral de S. Cybard. Miracles divers. Querelle des gens de Saint-Jean et de ceux du duc d'Aquitaine qui rétablit la concorde. Incendie de Poitiers. Il embellit la cathédrale Saint- Exerre (n. 179).

LVII. Mort de Giraud, évéque de Limoges (1020). Difficultés

L ADÉMAR DE CHADANNES

pour l'élection de son successeur. Assemblée de Saint-Junien, convoquée par Guillaume-le-Grand. Election de Jourdan, prévót de Saint- Léonard, au siege pontifical (1022j. Récit de son instal- lation à Limoges pendantle voyage de Guillaume-le-Grand à Rome (1021). Gauzlin, archevéque de Bourges, l'excommunie parce que Jourdan n'a pas recu son approbation. Jourdan se sou- met (1022) (p. 182).

LVIII. Cométe. Incendies en France et en Italie : à Charroux, à Orléans, à Saint-Benoit-sur-Loire (v. 1014). Déposition de Pierre, abbé de Charroux, simoniaque ; élection de Gombaud, abbé de Saint-Savin (p. 184).

LIX. Supplice de dix chanoines de Ste-Croix d'Orléans, ma- nichéens (1022). Persécution des Manichéens à Toulouse et dans diverses régions de l'Ouest (p. 184).

LX. Aimeri, seigneurde Rancogne, se révolte contre Guillaume Taillefer. Il. est tué par Geoffroy, fils de Guillaume (1024, avril). Querelle de Geoffroy, vicomte de Marcillac, et de son frére Odolric avec leur frere Alduin pour Rouffiac. Is le trahissent et luicrévent les veux. Guillaume Taillefer assiege Rouffiac, bat les deux freres um prive de tout bien et donne HBouffiac à Alduin (1024) p. 185).

LXI. Vision et mort de Roger, chantre, et d'Adalbert, bibliothé- caire de Saint-Martial. Mort d'Hugues, abbé (1025, 27 mai), à qui succede Ulric (p. 186).

LXII. Eclipse de lune (24 janv. 1023) et autres phénoménes célestes. Mort du pape Benoit VIII à qui succéde Jean. XIX (1024). Mort de l'empereur Basile (1025), d'Héribert, archevéque de Cologne, d'Henri, empereur d'Allemagne (1024) à qui succede Conrad le Salique. Lutte de Conrad et de Conon pour la pourpre. Destruction du palais de Pavie. Le tróne impérial offert par les Italiens à Guillaume III le Grand ; il le.refuse. Mort de Gui I, vicomte de Limoges (1025). Adémar lui succéde (p. 187).

LVIII. Mort d' Hervé, trésorier de Saint-Martin de Tours, et restaurateur du sanctuaire dela Ste Vierge (1022) (p. 189.)

LXIV. Foulques Nerra, comte d'Anjou, trahit Herbert, comte du Mans, et l'enferme dans le Capitole de Saintes (1029 mars) il reste deux ans. Mort de Richard, duc de Normandie, à Fécamp. (1026). Son fils Richard Il est empoisonné (1028). ll a pour successeur son frére Robert (p. 189).

LXV. Pélerinage de Guillaume Taillefer à Jérusalem par l'Allemagne, en compagnie de nombreux barons, Etienne, roi de

SOMMAIRE LI

Hongrie, l'accueille splendidement | 1026, 7 oct.) Arrivée à Jéru- salem (1027 mars). Retour à Angouléme | (juin), par Limoges. ll tombe malade de langueur. Il nomme Amaltred, abbé de S Saint- Cy- bard (p. 189).

LXVI. Incendie de Saintes. Procés d'une femme accusée d'avoir causé la maladie de Guillaume par maléfices. Epreuve du duel. Le comte lui pardonne, Il meurt (6 avril 1028) et est enterré à Saint- Cybard. Son épitaphe. lécit de ses funérailles, Son fils Alduin lui succéde. Ses libéralités à son avénement (p. 190).

LXVII. Geoffroy, frére d'Alduin, lui enléve Blaye par ruse. Alduin le lui reprend, lui pardonne et partage Dlaye avec lui (1028, 14 avril) (p. 193).

LXVIII. Alduin donne l'église Ste-Marie dans le Bordelais, à Saint-Martial, avec l'ile dela Dordogne ou elle est située. Péleri- nage à Jérusalem de Guillaume d'Aquitaine, puis des évéques de Poitiers et de Limoges etde Foulques Nerra (p. 194).

LXIX. Concile de Charroux (1027 ou 1028). Assemblée de SE Geoffroy est nommé apipios de Bordeaux (|1027)

(p- 194).

LXX. Sanche, roi de Navarre, à la téte des Gascons, bat les Sarrasins et ravage l'Espagne. Alphonse, roi de Galice, les bat, mais meurt percé d'une fléche à Viseu (1027, 5 mai) (p. 194).

ds eM. e

ADEMARI CABANNENSIS CHRONICON

LIBER PRIMUS

CAPITULA :

I. De origine et gestis Francorum vel eorum certaminibus ; Il. Quod gens Alanorum contra Valentinianum imperatorem rebellaverunt eosque Franci devicerunt et tributa Franci

concessa sunt;

III. Ubi imperator exactores misit ut tributa solverent Franci; IV. Quod idem imperator exercitum commovit adversum?

Francos et de adventu eorum in partes Hreni fluminis et de primo rege eorum;

V. De morte Faramundi* regis et de Clodione filio ejus, vel de Chunorum incursu in Gallias;

V]. Ubi Chyldericus rex erectus est de regno;

VII. Quod Franci super se statuunt Egidium romanum atque

deiciunt et Childericum recipiunt;

VIII. Ubi capta est Agrippina civitas, et de morte Egidii, et de Adovagrio, duce Saxonorum;

IX. De morte Childerici et bello Clodovei contra Siagrium;

X. De petitione episcopi ad regem Clodoveum ut urceum red- deret, et quia devicti Toringii sub tributo servierunt;

a) adversus F. b) lF'aramundi deest F.

1. Cet index des chapitres est rapporté ici d'aprés le ms. A. Les autres mss. le reproduisent avec quelgues modifications.

2 ADEMARI CHRONICON

XI. Quod Aurelianus, legatarius Clodovei, vestitus cultu peregrino, ad opus domni sui sponsavit Crotchildem ; XII. Ubi Clodoveus rex misit ad Gundobadum* pro sponsa

sua Crotchilde !.

XIII. Quod iterum Clodoveus misit ad Gundobadum pro the- sauris Crochildis ;

XIV. De predicatione Crochildis ? ad Clodoveum ut Regem regum crederet ;

XV. De bello contra Alamannos ubi Clodoveus, necessitate compulsus, verum Deum sibi invocat in adjutorium et a sancto Remigio baptizatus est;

XVI. Ubi Burgundiones, a Clodoveo devicti, ejus dominio se subdunt et de hominum devoratione a bestiis ;

XVI. De miraculis Dei* Clodoveo ostensis et quia, devictis Gotthis, Alaricum interfecit ;

XVIII. De bello Clodoveicontra Regnacarium parentem suum f. De morte Clodovei, et quia quattuor filii ejus in regnum succe- dunt, et de Danis qui in Gallias intrant;

XVIII. Quod Clotmiris? et Childebertus et Clotharius bellum ineunt adversus Burgundiones :

XX. Quod iterum Clotmiris, Burgundionibus devictis, ipse interfectus est; XXI. De caede magna quod Franci Thoringorum populum

prostraverunt et de Ermenfredo, rege eorum; XXII. De bello quod Childebertus exercuit adversus Gothos et Amalrici interfectione ;

XXIII. Consilio impio Childebertus et Clotharius pertractantes, nepotes suos interficiunt et regnum patris eorum invadunt; XXIV. De morte Theodericietregno Teodeberti et bello adver-

sus Clotharium ; XXV. Quod Childebertus et Clotharius in Hispaniam diri-

c) Gondobaldum E, F. d) Crothildis F. e) Domini E, F. f) Paren- lem suum deest F. g) Chlotmiris F.

1l. Dans lindex des deux mss. E et EF, les chapitres XII et XIII sont réunis en un seul.

CAPITULA LIBRI PRIMI 3

gunt, Cesaraugustam obsident, et quia Longobardi sub tributo vixerunt ;

XXVI. De morte Theodeberti et Crochildis et Theodoaldi*, et quod Clotharius regnum ejus recepit et bellum contra Saxo-

nes;

XXVII. Quod Chrannus conjurationem adversus patrem suum fecit cum Childeberto et de obitu Childeberti ;

XXVIII. De morte Clotarii et quia filii ejus in regnum succe- dunt ;

XXIX. Ubi Chuni ! Gallias appetentes prostrati sunt et bellum inter Sigebertum et Chilpericum et de uxoribus Chariberti; XXX. De morte Chariberti, et quia Sigebertus Brunichildem accepit uxorem sibi, et Chilpericus Galsuntam, et de Frede- gunde!;

XXXI. De bello quod fuit inter Sigebertum et Chilpericum et de morte Sigeberti;

XXXII. Quod Brunichildis in exilio retruditur, eamque Mero- vecus in uxorem accepit et bellum Campaniorum;

XXXIII. De pessimis descriptionibus quas Chilpericus fecit;

XXXIV. De Justino et Tyberio imperatoribus ; et de Italia subjugata et de transitu Guntranni regis, et quod per ingenium Fredegundis interfectus est Chilpericus;

XXXV. Ubi Fredegundis bellum cum Austrasiis egit, eisque devictis, Campaniam succendit;

XXXVI. De morte Fredegundis et bello Theodeberti contra Clotharium ;

XXXVII. De consilio pessimi Brunichildis et quia Theode- ricus fratrem suum occidit * ;

XXXVIII. Quod Theodericus neptem suamad conjugium sociare voluit, et Brunichildis ipsum Theodericum occidit! ;

XXXIX. Quod Austrasii et reliqui Franci Clotharium in mo- narchiam elevant, et Brunechildem occidunt;

XL. Ubi Saxones adversus Dagobertum pugnam ineunt, ducemque eorum Clotharius interficit et non longiorem homi- nem ex eis reliquid quam sua spata erat";

h) Theodoalli F. i) Huni E, F. j) et de Fredegunde dees( F.

k) occidit deest E, F, G. 1) et Brunichildis ipsum Theodericum occidit deest E, F, G. m) quam sua spata erat deest E, F. G.

4 ADEMARI CHRONICON

XLI. De morte Clotharii et regno Dagoberti ;

XLII. Quo tempore regnum Francorum concidit, et de morte Clodovei et regno Clotharii ;

XLIII. Ubi Ebroinus major domus eligitur, Clotharius rex moritur ; regnum assumunt Theodericus et Childericus ;

XLIV.— Quod Martynus et Pipinus, duces Austrasiorum, bellum agunt contra Ebroinum et Theodericum ;

XLV. Ubi Ébroinus occiditur. Warato" major domus assu- mitur ;

XLVI. Warato moritur et Bercarius in loco ejus constituitur, Pipinusque, eis devictis, major domus efficitur;

XLVII. De obitu Theodorici et regno Clodovei, et Childe- berti et Grimoaldo majore domus;

XLVIII. De morte Childeberti et regno Dagoberti; et Grimoal- dus occiditur, et honorem patris sui Theodoaldus ambit ;

XLIX. De morte Pipini etbello Francorum inter se et, Theo- doaldo fugato, Raenfredus in principatum electus est;

L.— De morte Dagoberti et regno Chilperici; et? bellum gessit

Carolus contra Ratbodum P;

LI. Quod Karolus pugnam gessit contra Chilpericum et RHaenfredum in loco Unciaco, eisque devictis et fugatis omne regnum Francorum in suam redigit potestatem. Zrpliciunt capituli !.

n) Warrato F. o) et quod E, F. p) Ratholdum F.

1. Cet index est incomplet. Il y a en réalité 59 chapitres.

ADEMARI CHRONICON

1. Principium regni Francorum eorumque originem vel gentium illarum, ac gesta proferamus. Est autem in Asia oppidum Trojanorum ubi est civitas que Ilium dicitur, ubi regnavit Eneas. Gens illa fortis et valida, viri bellatores, atque rebelles nimis, inquieta certamina objurgantes, per gyrum finitima debellantes. Surrexerunt autem reges Grecorum adversus Eneam cum multo exercitu pugnaveruntque contra eum cede magna', corruitque illic5 multus populus Trojanorum, fugit itaque Eneas et reclusit se in civitatem llium. Pugnaveruntque adversus hanc civitatem annis decem. Ipsa enim civitate subacta', fugit Eneas tyrannus in Italiam locare gentes ad pugnandum. Alii quoque ex princi- pibus, Priamus videlicet et Antenor, cum reliquo exercitu Troja- norum duodecim millia intrantes in naves abscesserunt, et venerunt usque ripas Tanais fluminis. Ingressi Meotidas paludes, navigantes pervenerunt intra terminos Pannoniarum, juxta Meo- tidas" paludes, et ceperunt edificare civitatem, ob memoriale eorum, appellaveruntque eam Sicambriam, habitaveruntque illic annis multis, creveruntque in gentem magnam.

2. Totidem tempore" gens Alanorum prava ac pessima rebellaverunt contra Valentinianum imperatorem ltomanorum ac gentium. Tunc ille exercitum movit hostem maximum de Roma, contra eos perrexit*, pugnam iniit, superavitque eos ac devicit. Illi itaque cesi super Danubium fluvium fugerunt, et intraverunt in Meotidas paludes. Dixit autem imperator: « Quicumque « potuerit introire in paludes istas et gentem istam pravam « eJecerit, concedam eis tributa donaria annis decem. » Tunc congregati Trojani fecerunt insidias, sicut erant docti et cogniti, et ingressi sunt in Meotidas paludes cum alio populo Romanorum,

q) multa À. r) valida B. s) illuc G. t) subjecta G. u) Meotides F, G. v) Post idem tempus E, F, G. x) contra perrexit D, E, F, G.

à

i9) ADEMARI CHRONICON

ejeceruntque inde Alanos percusseruntque éos in ore gladii. Tunc appellavit eos Valentinianus imperator « Francos » attica lingua, hoc est feros, a duricia vel audacia cordis eorum.

3. gitur post transactos decem annos misit memoratus imperator exactores * una cum primario! duce de Romano senatu, ut darent consueta tributa de populo Francorum. Illi quoque, sicut erant crudeles et inmanissimi, consilio inutili accepto, dixerunt ad invicem : « Imperator cum exercitu Romano non potuit eicere « Alanos de latibulis paludum, gentem fortem ac rebellem ; nos « enim qui superavimus eos, cur solvimus tributa? Consurgamus « igitur contra primarium hunc vel exactores istos, percutiamus- « que eos, et auferamus cuncta que secum habent, et non demus « Romanis tributa, et erimus jugiter liberi. »

Insidiis vero apparatis * interfecerunt eos.

4.— Audiens hec?, imperator, in furore et ira nimis succensus, precepit hostem commovere Hhomanorum et aliarum gentium cum Aristarco, principe militie, direxeruntque aciem contra Francos. Fuit autem ibi strages magna de utroque populo. Videntes enim Franci quod tantum exercitum sustinere non possent, interfecti ac cesi? fugerunt, ceciditque ibi Priamus, eorum fortissimus. Illi quoque egressi a Sicambria venerunt in extremas partes Hreni fluminis, in Germaniarum oppidis, illicque inhabitaverunt cum eorum principibus, Marchomire*, filio Priami, et Sunnone, filio Antenoris; habitaveruntque ibi annis multis. Sunnone defuncto, acceperunt consilium ut regem sibi unum? constituerent, sicut cetere gentes. Marchomiris quoque dedit eis hoc consilium, et elegerunt Faramundum, ipsius filium, et levaverunt eum regem super se crinitum. Tunc habere et leges ceperunt quas eorum priores gentiles tractaverunt his nominibus : Wisogastus, Áro- gastus, Salegastus, in villis que ultra Hrenum sunt : Inbotagin, Salecagin et Widecagin *.

y)exauctores D. z) preparatis D, E. a) hoc F. b) ac cessi A, D, F. " c) Marcomire E. dj unum deest D, E, G. e) Salecagin et Widecagin, eest E.

1. Les meilleurs éditeurs des Gesía rcgum Francorum ne saventsi ce mot est employé adjectivement ou sil désigne un personnage.

LIBER PRIMUS 7

9. Mortuo quippe Faramundo rege, Clodionem, filium ejus crinitum, in regno sul patris levaverunt. Id temporis f crinitos reges habere ceperunt, venientesque sagaciter in finibus Torin- gorum $, ibi resederunt. Habitavit itaque Clodio rex in Disbarco castello, in finibus Toringorum, in regionem Germanie". In illo tempore, in his partibus, cytra Hrenum! usque Ligerem! fluvium habitabant Romani; ultra Ligerem quoque ! dominabantur. Bur- gundiones itaque paganissimi in arriana doctrina prava teneban- tur, inhabitantes juxta Hrodanum* fluvium, qui adjacet Lugduno civitati. Clodio itaque rex misit exploratores de Disbarco, castello Toringorum, usque ad urbem Camaracum. lpse postea cum grandi exercitu Hrenum transiit, multos Romanorum populos occidit atque fugavit. Carbonariam silvam ingressus, Tornacensem urbem optinuit !. Exinde usque ad Cameracum civitatem veniens, illic resedit pauco temporis spatio; Romanos quos ibi invenit interficit. Exinde usque ad Sonnam fluvium occupavit omnia.

Clodione rege defuncto, Meroveus, de genere ejus, accepit regnum. hegnavit Clodio annis viginti. Ab ipso Meroveo rege utili, reges Francorum Merovingi sunt appellati. Eo tempore Huni Hrenum transierunt, Metis succenderunt, Treveris des- truunt, Tuncrus ? pervadunt, usque Aurelianis pervenientes. Id temporis sanctus Ánianus episcopus virtutibus fulgebat precla- rus, et veniente ad eum Egidio, patricio Romanorum, et Tursonio, rege Gothorum, auxiliante Domino, Huni ab ipsa civitate, orante sancto Ániano, cum Attelano, rege eorum, devicti atque prostrati sunt". Ipse itaque Meroveus genuit filium nomine Childericum, qui fuit pater Clodovei, regis incliti atque fortissimi. Erant enim tunc Franci pagani atque fanatici, adorantes idola et simulachra,

f) Per id tempus E. g) Thoringorum F, G. h*) Propterea Germania omnes regiones gentium que ultra Renum flumen sunt hoc nomine nuncu- pantur Germanies, eo quod immania corpora sint, immanesque nationes sevissimi et obdurati semperque indomiti ferocissimi quorum fuisse centum pagos tradit scriptura add. C.— i) Rhenum F. j) Ligerim E, F. k) Rhodanum F. 1l) obtinuit F. m) Tungris F. —n*) Ce passage depuis Eo tempore manque dans C.

1. Il faut ici le mot Go/Ai, qui est dans les bons mss. des Gesta, et que B a intercalé aussi. (V. Préface).

8 ADEMARI CHRONICON

et nondum Dominum celi ac terre qui creavit? eos cognoscentes. Erat quoque tunc in ista parte Galliarum ex Romanis Egidius rex, ab imperatore missus. Childericus itaque rex, filius Merovei, cum esset nimis luxuriosus, et regnaret super Francos, cepit eorum filias diludere atque destruere. Illi autem cum grandi furore propter hoc indignantes, voluerunt occidere eum et eicere de regno. Ille, haec audiens, vocavit amicum suum, prudentem consiliarium ?, nomine Wiomadum, et petiit cum eo" consilium qualiter animos furentium Francorum posset mitigare. Tunc dederunt inter se signum qualiter certa indicia cognoscere debe- rent, si ad pacem quandoque redissent. Tunc diviserunt inter se aureum unum pro signo. Unam medietatem Childericus rex secum portavit, aliam partem Wiomadus retinuit dicens

« Quando istam partem tibl transmisero,scias me Francos tecum « habere pacatos, et securus revertere in pace. » Abiit ergo Childericus in Toringam * et apud regem DBisinum nomine latuit.

6. Franci vero, relicto Childerico, Egidium principem homanorum in regnum super se statuerunt, malum consilium tractantes. Qui cum octo annos super eos regnaret, finxit se Wio- madus amiciciam cum eo sociare, dum ab eo, quid cogitaret, agnosceret. Hortabatur autem Egidium alicos Francos dolose opprimere. llle audiens consilium ejus, acrius cepit opprimere eos. Illi vero in timorem ac seditionem versi, verum " consilium a Wiomado expetierunt quid facere deberent". At ille dixit eis : « Quare non recordamini quomodo ejJecerunt Romani opprimentes « gentem vestram et de eorum terra ejecerunt eos ? Vos vero eje- « cistis regem vestrum utilem et sapientem, et elevastis super vos « militem istum imperatoris, superbum atque elatum, non* « bonum consilium fecistis, sed nimis malum. » Et illi responde- runt : « Callidus enim erat nobis*. Penitet nos hoc fecisse « contra regem nostrum. Utinam meruissemus invenire eum, et « cum pace regnaret super nos. » Tunc amicus ille regis misit partem solidi quem * prius inter se diviserant, dicens: « Rever-

0) qui creavit, dees? F, G. p) voluerunt eicere eum de regno D. q) consiliarium deest E. r) ab eo E. s) Thoringiam F, G. t) agnos- cere D. u) iterum D, E, F, G.— v) quid facerent D, E, F, G,— x) nonneD. y^) Quia sine lege male utebatur filias vestras, penitet... C. z) quam G.

LIBER PRIMUS ()

« tere ad regnum Francorum quia pacificata sunt omnia.» Ille vero, cognoscens hoc signum dimidium aureum, intellexit certa indicia quod a Francis desideraretur ; ipsisque rogantibus, reversus estin regnum suum. Nam dum in Toringa? fuit, cum Basina regina, uxore Bysiniregis, ipse Childericus rex adulterium commisit. Regno Francorum recepto a Childerico ^, Egidium principem Romanum desuper se Franci expulerunt aregno. Dasina quoque illa regina Bisini, regis Toringorum, relicto viro suo, ad Childericum venit. Cumque interrogasset eam quid quereret aut pro qua causa ad eum de tam longinqua regione venisset, respondisse fertur : « Novi utilitatem et pulchritudinem tuam quod utilis sis et sapiens, « ideo veni ut habitem tecum. Nam si in extremis finibus maris uti- « liorem te cognovissem, ipsum et petissem * atque ei me copulas- « sem ». Ille gaudens ad conjugium suum? eam copulavit. Illa vero, concipiens ex eo, peperit filium vocavitque nomen ejus Clodoveum. Hic fuit rex magnus super omnes reges Francorum et pugnator fortissimus.

7. In illis diebus, ceperunt Franci Agrippinam civitatem super Hrenum, vocaveruntque eam Coloniam, quasi coloni inha- bitarent in eam. Multos populos Romanorum a parte Egidii illic interfecerunt, etipse Egidius fugiens evasit. Venientesque Treve- ris civitatem, super Mosellam fluvium, vastaverunt terras illas et ipsam succendentes ceperunt*. Post hec igitur, mortuus est. Egi- dius, Romanorum rex, et Siagrius filius ejus in regnum ejus rese- dit, constituitque sedem regni sui in Suessionis civitate *. Tunc Childericus rex commovit maximum$ exercitum hostium" Fran- corum et usque Aurelianis civitatem pervenit, et terras vastavit. Adovagrius, Saxonorum ! dux, cum navali hoste per mare usque Andegavis civitatem venit, illamque terram succendit, et magna tune cedes illic fuit. Redeunte igitur Adovagrio de Andegavis, Childericus, rex Francorum, exercitu commoto, illic advenit; Pau- lum comitem qui ibi erat, occidit, ipsamque urbem cepit, i et domum que inerat ea civitate igne succendit, indeque reversus est.

a) Thoringa D, E, F, G. b) Recepto Childerico D, E, G. c) expetisa

sem E. d) suum deest D.— e*) Nam anteaab Unis fuerat diruta et adflict- add. C. f) civitatem, A. g) maximum deest F. h) hostium deest. E.— i) Saxonum F. G. j*) Adovacrius itaque de Andegavis vel de aliis civita-

tibus obsides accepit add G.

10 ADEMARI CHRONICON

8. Post hec mortuus est Childericus rex, regnavitque annis XXIII et Clodoveus, filius ejus, regnum Francorum viriliter rece- pit. Anno autem quinto, Clodoveo regnante, Siagrius, filius Egidii, Suessionis civitate quam pater ejus tenuerat, residebat, super quem Clodoveus cum Hegnacario, parente suo, cum hoste ad- venit, conveneruntque ad bellum. Illis autem inter se fortiter com- pugnantibus, Siagrius lesum cernens exercitum suum, per fugam lapsus, ad Alaricum, regem Gothorum, aufugit ad urbem Tolosam. Clodoveus vero missos suos ad Alaricum direxit, ut red- deret Siagrium ; si autem reddere non vellet, parare* se ad pre- lium. Ille autem timens Francorum iram, tradidit Siagrium missis Clodovei. Qui cum ei presentatus fuisset, jussit eum occidi, totum- que regnum ejus ac thesauros recepit.

9. Eo tempore multe ecclesie a Clodoveo ejusque exercitu depredate sunt. Eratque ipsetunc fanaticus et paganus. De qua- dam autem ecclesia urceum mire magnitudinis pulchrum hostes ejus tulerunt, cum alio ministerio ecclesie et ornamentis multis. Episcopus autem ecclesie ipsius missos suos ad regem direxit, deprecans, ut si alia vasa ecclesie recipere non mereretur vel illum urceum reddere juberet. Hec audiens rex, missis ait: « Sequi- « mini nos usque Suessionis civitatem quod ibi cuncta que adqui- « sita sunt! et quae postulatis adimplebo. » Veniens autem rex Suessionis civitatem, cunctam predam que adquisita erat rogat afferre" in medium, dicens : « Rogo vos, o fortissimi ac nobilissimi « pugnatores, ut mihi dare urceum istum non negetis. » Hecrege dicente, illi. Franci qui bono animo fuerunt, aiunt: « Omnia, « gloriose rex, que cernis,tua sunt, et nos tuo dominio sumus « subjugati. Quod tibi bonum videtur, hoc fac. Nullus enim « tue potestati resistere ausus est. » Cum hec illi benigne dixis- sent, unus Francus levis, cum vociferatione, elevata bipenne " quod est francisca, percussit urceum illum dicens : « Tu nihil « accipies, rex, nisi quod tibi sors dederit vere? ». Obstupefactis omnibus, rex injuriam suam pacienter mittens ?, acceptum urceum nuntio ecclesiae reddidit, servans iram in corde abscon-

k) parant D, F, G. I) et quae postulat episcopus E, F. sita sunt pos- tulat. A. m) ut afferretur E. n) bipenni F, G. o) vera D, E, F, 3, p) sustinens F.

LIBER PRIMUS 11

sam. Transacto anno, Clodoveus rex omnem exercitum suum cum armorum apparatu jussit venire, ostensurum in campo Marcio armorum suorum nitorem. Verum ubi rex cunctum exercitum suum circuivit, venit ad hominem illum qui antea urceum percus- serat, et ait ad eum : « Nullus tam inculta* et sordida arma habet « quam tu, quia nec clipeus, neque lancea, nec bipennis est tibi « utilis. » Accepit autem rex franciscam quod est bipennis, et projecit in terram. At ille cum se inclinasset colligere eam, rex statim elevatis manibus suis", franciscam suam in capite ejus de- ficit, et ait: « Sic tu, Suessionis civitate, superiore anno, in urceo « illo fecisti. » Illoque mortuo, exercitum rex de ipso campo jussit discedere in pace ad eorum propria. Grandis? pavor et tremor pro hae causa in Francorum populo deinceps consurrexit. Clodo- veus exinde' anno decimo regni sui, commoto Francorum grandi hoste, in Toringam abiit, Toringosque plaga magna prostravit ; devictoque populo eorum, totam illam terram vastatam sub tributo servire fecit.

10. —1n illo tempore, Gundoveus rex erat Burgundionum", qui ex genere Atanarici" regis fuisse perhibetur. Huic fuerunt quattuor filii : Gundobadus, Godegselus*, Chilpricus, et Gotmarus. Gundo- badus igitur Chilpricum* fratrem suum interfecit gladio, uxorem- que ejus, ad collum saxo ligato, in aquam necari jussit, filiarum- que ejus duarum seniorem quidem que vocabatur Crona?, mutata veste, exilio condempnavit, juniorem vero nomine Crotchildem? domi retinuit. Clodoveus itaque, dum frequenter legationem in Burgundiam mitteret, Chrochildis puella invenitur a legatariis. Qui, cum eam vidissent pulchram, elegantem atque sapientem, Clodoveo nunciaverunt hec. At ille, hec audiens ^, iterum lega- tionem ad Gundebadum misit Aurelianum legatarium suum, Cro- childem neptem suam petendam. Erat enim Chrochildis christiana. Quadam die dominica, cum ad missarum sollempnia Crochildis venisset, Aurelianus, missus Clodovei, acceptis vestibus pauper- culis, vestes quas secum vestitas habuerat sociis suis in silva reli-

q) occulta E, r) elevata manu E, F, G. s) grandis vero E, F, G. t) exinde deest E, F, G. u) rex Burgundionum regnabat D. rex Burgundiae E. regnavit Gundoveus rex Burgundionum F, G. v) Athalarici, F, G. x) Godeselus E, F, G. y) Chilpericum F, G, z) Cronna D, E, F, G. a) Crotildem F. b) Audiens at ille E. Hee deest F, G.

12 ADEMARI CHRONICON

quid, et ante ecclesie, in atriculam, in medio pauperum consedit. Transactis itaque missarum solempniis, Crochildis juxta consue- tudinem solitam cepit elemosinam dare pauperibus; cumque ad Aurelianum pauperem se simulantem venisset, misit aureum unum in manu ejus. Et ille osculans manum ipsius puelle retraxit pallium ejus retro. Post hec, illa ingressa cubiculum suum, misit ancillam suam vocare peregrinum illum. At ille, anulum Clodovei regis manu tenens, reliqua ornamenta sponsalia reposita retinebat in sacculo suo, relicto eo retro secus hostium* camere. Cui ait Cro- childis: « Die mihi, homo juvenis, cur te pauperem simulas, vel « pro qua causa retraxisti pallium meum ? » Et ille dixit : « Loqua- « tur, obsecro, servus tuus secreto tecum. » Et illa ait : « Loquere ». Qui dixit : « Dominus meus Clodoveus, rex Franco- « rum, misit me ad te, et vult te habere reginam. Ecce anulus ejus « et reliqua ornamenta sponsalia. » Qui ut respexit retro hostium camere, non invenit sacculum suum et molestus cepit tristari?. Illa vero sollicite cum eum requireret, ait: « Quis tulit pauperis « istius sacculum?»Et invenit eum,recepitque illa ornamenta spon- salia abscondite. Acceptoque annulo quem Clodoveus rex miserat per Aurelianum, reposuit illum in thesauro avunculi sui: « Clodo- « veo, inquid, salutem dicito, licitum non est christianam pagano* « nubere. Vide ut hanc causam nemo sciat. Quomodo jubet Domi- « nus Deus meus, quem ego coram omnibus confiteor, sic fiat! Tu « vero, vade in pace ». Atille veniens, nuntiavit hec domino suo.

11. Anno secutof, misit Clodoveus Aurelianum legatarium suum ad Gundebadum pro sponsa sua Crochilde. Audiens hec Gundebadus, territus corde, ait: « Ut sciant omnes fortissimi « consiliarii et amici mei DBurgundiones qualem occasionem « querat Clodoveus adversum nos, nunquam novit neptem « meam. » Et ait ad Aurelianum : « Tu explorare venisti domos « nostras occasione querenda*, renuntia domino tuo: Frustra « mendacium locutus est habere sponsam neptem meam.» Et Aurelianus constanter loquitur dicens ei : « Sic mandat dominus « meus, Clodoveus rex, si vis ei dare sponsam suam, locum ei

c) ostium F. d) contristari D, F, G. e) paganam A, F, G. f) in- secuto, D, E, F, G. g) quaerendi F, G.

LIBER PRIMUS 13

X prepara denominatum ubivis quando Crochildem sponsam « suam recipiat". Si! autem non vis, ille cum exercitu Franco- « rum in occursum tuum venire disponit. » Et ille ait : « Ubi- « cumque vult veniat, et ego contra eum ire dispono cum hoste « plurimo Burgundionum, ut decidat ruina ejus ad internicionem « quam perpetravit coram multis gentibus, et vindicetur sanguis « multorum? qui effusus est in manibus vestris. » Audientes autem hec, Burgundiones qui erant consiliarii ejus, timentes valde * iram Francorum et Clodovei!, consilium dederunt Gunde- bado dicentes : « Inquirat rex a ministris et cubiculariis suis si « fuerunt aliquando deportata munera per ingenium a legatariis « Clodovei regis ut non inveniatur occasio super populum tuum « et regnum tuum, et victor valeas superare eum, quia nimis « furibunda est Clodovei nequitia. » Burgundiones "', sicut soli- tum est, hoc consilium dederunt regi suo. lequirentes autem, invenerunt in thesauris regis anulum Clodovei inscriptione vel imagine inscriptum. Tunc contristatus valde Gundebadus rex, jussit puellam de hac causa inquiri. Etillaait : « Scio, domine mi « rex, ante hos annos tibi pro munere aurea munuscula a missis « Clodovei allata et mihi, ancille vestre, anulum in manu positum « parvulum. Ego vero in thesauris vestris eum recondidi. » Et ille dixit " : « Simpliciter et sine consilio hoc factum fuit. » Accep- tamque eam cum ira Aureliano tradidit. llle autem acceptam Crochildem cum magno gaudio cum sociis suis ad Clodoveum regem adduxerunt eam Suessionis civitatem in Franciam ?. Gavi- sus est autem Clodoveus rex, eamque in matrimonium copulavit. Cum esset sero die illa, quando simul nuptiali more accumbere deberent, at illa prudentie sue more conversa, confisa in Deum ait : « Domne mi rex, audi ancillam tuam, et concedere digneris quod « deprecor, antequam famula tua vestre dominationis coeam. » Et rex ait : « Postula quid vis, et ego concedam. » Et illa postu- lavit dicens : « Primum peto ut Deum celi, patrem omnipotentem « credas qui te creavit. Secundo, con(itere Dominum Jesum

h)accipiat E. ij sin autem A, D, E. j) vindicetur causam multorum F. vindicem sanguinem G. k) valde dees? F, G. 1) et Clodovei deest F, G. m) Burgundiones vero E, F, G. n) Et ille dixit, dees? D, E, F, G. 0) Suessionis civitatem in Franciam deest E, F, G.

pet S

14 ADEMARI CHRONICON

« Christum filium ejus qui te redemit, regem omnium justorum P, « totam ineffabilem majestatem omnipotentiamque coeternam « agnosce, et agnitam crede, et idola vana derelinque, que non « sunt dii sed sculptilia vana, incendeque ea, et ecclesias sanctas, « quas succendisti, restaura. Et memento, queso, ut requirere « debeas portionem genitoris mei et genitricis mee, quos avun- « culus meus Gundobadus malo ordine interfecit, si sanguinem « eorum Dominus vindicet. » Et Clodoveus ait: « Unum restat, « quod petis, difficile ut deos meos relinquam et deum tuum « colam, aliud vero quod petis, ut potuero, faciam. » Et illa dixit : « Hoc maximum ' peto ut Dominum Deum omnipotentem, qui est « 1n celis, adores. »

E

Eo tempore Sanctus Eparchius natus est patre comite Petrogorice, nomine Felice, qui postea, plenus sanctitate, patronus Egolisme T civitatis factus est ' '.

12. Eo tempore Clodoveus iterum in Burgundiam Aurelia- num ad Gundebadum dirigit propter thesaurum Crochildis regine sue. Gundobadus itaque in ira commotus ait : « Numquid in « manus Clodovei traditur regnum meum aut thesauri mei? « Nonne testatus fui tibi, Aureliane, ut non venires amplius in « regnum meum explorare * substantiam meam. Per salutem prin- « cipum juro, revertere cito et recede a me ; sin autem, ego inter- « ficiam te. » Cui Aurelianus respondit dicens : « Vivit Dominus « meus Clodoveus rex et Franci qui cum eo sunt, quia non timeo « minas tuas dum Dominus meus advivit, et sic mandat filius « tuus proprius Clodoveus rex, ubi pro thesauro uxoris sue « domine mee adveniat ".» Igitur Burgundiones, sicut est consue- tudo *, dato consilio Gundobado regi suo, dixerunt : « Da nepti « tue aliquid de facultate thesauri sui que ei contingit quia sic

p) Regem omnium justorum deest E. q) maxime F, G. r) Engolisme F, G. s) expoliare E. t) Eo tempore... factus est deest C. u) La phrase : sic mandat adveniat deest E, F, G. v) sicut est consuetudo

deest E, F, G.

1. Si l'asserticn d'Adémar est exacte, saint Cybar serait vers 493 et aurait vécu fort longtemps puisqu'il mourut le 1er juillet 581, suivant le méme chroniqueur. V. plus loin p. 28.

LIBER PRIMUS 15

« justum * esse decernitur, habeasque foedus? et amiciciam cum « Clodoveo et gente Francorum, ne forte irruant in terram nos- « tram, quia populus validus et ferus est, sine Deo. » Audiens- que eorum consilium Gundobadus dedit? per manus Aureliani ad partem Clodovei maximam partem thesauri sui, aurum et argen- tum, ornamenta multa et ait : « Quid restat aliud nisi ut omne « regnum meum cum Clodoveo dividam. » Et dixit ad Aurelia- num : « Revertere ad Dominum tuum quia habes ei quod deferas « munera multa que non laborasti. » Et ait Aurelianus : « Filius « tuus dominus meus est Clodoveus rex. Omnia vestra communia « erunt. » Et dixerunt sapientes Burgundiones : « Vivat rex qui « tales habet leudos ! » Reversusque est Aurelianus cum thesauris multis ad dominum suum in Franciam. Clodoveus itaque rex habebat filium de concubina, nomine Theodericum.

13.— Eo tempore dilatavit Clodoveus amplificans regnum suum usque Sequanam ; sequenti? tempore usque? Ligerem fluvium oc- cupavit; accepitque Aurelianus castrum Malidunense * omnemque ducatum regionis illius. Tunc concepit Crochildis ex Clodoveo et peperit filium ; quem, cum baptismo consecrare vellet, non enim credebat rex Dominum Deum, regina enim! cotidie pre- dicabat ei ; at ille nolebat audire eam. Interea regina parat baptis- mum, ornat ecclesiam velis atque cortinis,ut cor regis ad creden- dum compungeretur. Baptizatus est autem puer quem Ingomirem* vocavit, quiin ipsis albis egrotans obiit. Pro quo rex nimis con- tristatus reputabatincrepando dicens : « Quia si! in nomine Deo- « rum meorum dedicatus fuisset vixitque? utique. Quia in nomine « Dei veri" baptizatus est, vivere non potuit. » Regina vero dice- bat Deo gratias ago quia me nonduxit indignam ut de utero meo « primogenitum in regnum suum recipere dignaretur. Ego autem «in corde meo nullum dolorem pro hac causa retineo». Post hunc vero genuit alium filium quem baptizatum Clodomirem vocavit. Et hic cum aegrotare coepisset dixitrex : « Non potest aliud esse « nisi et de isto sic sit ! quomodo fuit de fratre ejus, ut baptizatus «in nomine Christi vestri cito moriatur ». Sed orante regina et

x) Justum deest D, E, F, G. y) phedus D. z) dedit deest D. aj se- quenti vero E. F, G. b) usque ad G. c) Milidunense E, F, G, d) vero E, F, G. ej Ingomirim F, G. f) si dedicatus E, F, G. g) vixissetque D, E. atque vixisset, lF', G. h) vestri F, G. i) sic fiat E, F, G.

16 ADEMARI CHRONICON

Domini misericordia procurrente, recepit sanitatem. Regina vero non cessabat predicare regi ut Deum verum coleret, et idola vana que colebat derelinqueret. Sed nullo modo animum ejus ad cre- dendum commovere poterat, donec tandem aliquando bellum contra Alamannos Suevosque? moveretur in quo compulsus est confiteri quem antea negaverat.

14. Factum est autem, pugnantibus inter se Francorum et Alamannorum exercitibus, ut populus Clodovei nimis caderet. Aurelianus videns, ait ad regem : « Domine mi rex, crede tantum- « modo Deum celi quem regina tua predicat». Ille vero, ad caelum elevatis oculis commotus lacrimis, dixit: « Jesu Christe, quem Cro- « childis uxor mea predicat esse filium Dei vivi*, qui subvenis in « periculis, qui das auxilium in te sperantibus, tuum adjutoriüm « devotus expostulo, ut, si mihi victoriam super his hostibus dede- « ris, et expertus fuero illam virtutem, quam de te populi predi- « cant, credam tibi et in nomine tuo baptizabor.Invocavi enim deos

^

« meos et, ut video, elongati sunt ab auxilio meo, unde credo eos nullam habere potestatem qui sibi credentibus non succurrunt.

^ A

« Te verum Deum ac Dominum invoco, teque credere desidero, « tantum ut liberer ab adversariis meis. » Cumque hec orans cla- maret, Alamanni in fugam lapsi! terga verterunt. Cumque regem suum vidissent mortuum, Clodoveo se subdunt, dicentes : « Parce, « precamur, domine rex, ne pereat plus populus ; Jam tui sumus. » Tunc jussitrex imminente Jam plaga cessare, Alamannos cepit et ipsos vel terram eorum sub jugo tributarios constituit. Facta vic- toria, reversus est in Franciam ad reginam suam, narravitque ei qualiter per invocationem nominis Jesu Christi victoriam meruit optinere. Acta sunt hec anno duodecimo " Clodoveo regnante. Tunc regina vocavit abscondite sanctum Remigium, urbis Remen- sis episcopum, deprecans eum ut regi viam salutis ostenderet, quem sacerdos ad baptismum venire predicabat. Et ille ait : « Libenter te audiam, beatissime pater, sed unum restat quod? « populus qui me sequitur non vult relinquere deos suos. « Vadam adhortari eos juxta verbum tuum. » Conveniens autem

j) Sevosque D, E.— k) vivi deest. F, G. 1) versi G. m) anno XV» D, E, F. n) ait deest E, G. o) quia D, E, F, G.

LIBER PRIMUS 157

rex, cepit populum adhortari. Et procurrente ? misericordia Dei et potentia ipsius, omnis populus Francorum una voce excla- mavit, dicens : « Mortales deos relinquimus, gloriose rex, et Deum « verum, immortalem, quem Remigius predicat, credere parati « sumus ». Nunciantur hec sancto Remigio. Ille, gaudio magno repletus, jussitbaptismi lavacrum preparari. Velis depictis, adum- brantur platee, fabricantur aecclesie, componitur baptisterium,bal- sama redolent et talem odoramentorum gratiam Dominus submi- nistravit in populo ut aestimarent se collocatos in odoribus Para- disi. Rex ergo prior petit se a sancto Hhemigio baptizari. Venit novus Constantinus ad baptismum, abnegatis diaboli pom- pis; cui ingresso ad baptismum, sanctus Dei sic ait ore facun- do: « Miüs depone colla, Sicamber, adora quod incendisti, « incende quod adorasti. » Erat autem vir sapientissimus sanc- tus Remigius, rhetoricus, in virtutibus magnis preclarus ?. Igitur rex omnipotentem Deum in Trinitate confessus, baptiza- tus est in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti, delibutus sacro crismate cum signo sancte crucis Domini nostri Jesu Christi. Baptizantur de exercitu ejus amplius quam tria millia virorum. Baptizantur sorores ejus his nominibus : Albofledis et Landechil- dis in ipsa die. Daptizatur postea cunctus populus Francorum, viri et mulieres.

15. Posthec Clodoveus contra Gundebadum et Godegiselum' fratrem ejus perrexit cum multo exercitu Francorum. llli, hec audientes, populum multum Burgundionum moventes, ad bellum preparant, venientesque Divione castro super Oscaram fluvium, ibique contra se fortiter compugnantes, a Clodoveo* Gundebadus et Godegiselus atque Burgundiones valde cesi, terga verterunt ad fugam. Clodoveus, sicut solebat, victor extitit, afflictoque exer- citu Burgundionum, Gundebadus et Godegiselus in fugam versi, vix evaserunt. Gundebadus in Avennionem civitatem super Hro- danum ingressus, ibi se reclusit. Clodoveus illic eum persecutus, obsedit, ut eum de civitate extractum interimeret. Quod ille audi- ens, pavore perterritus, metuebat neei mors repentina succederet. Habebat tamen secum virum illustrem Aredium', strenuum

p) precurrente D, E, G. q*) Cecis visum restituens, mortuis vitam reparans, demonia eiciens, add. C.— r) Godegisilum F, G. s) a Clodoveo deest E, F. t) Aredium nomine E, F, G.

t2

18 ADEMARI CHRONICON

atque sapientem, quem ad se accersitum ait: « Vallant me undi- « que angustie, et quid faciam ignoro, quia veniunt hi" barbari « super nos ut, nobis interemptis, regionem totam evertant. » Ad hec Aredius ait : « Oportet te lenire feritatem hominis hujus, ne « pereas. Nunc ergo, si placet, in oculis tuis ego a te fugere ad « eumque transire me simulo*. Cumque ad eum accessero, ego « faciam ut neque te, neque hanc noceat regionem, tantum ut v quod tibiper meum consilium demandaverit implere studeas,

« donec causam tuam Dominus prosperam facere sua pietate

« dignetur ». Et ille: « Faciam, inquid, quecumque mandaveris ». Hec eo dicente, vale dicens Aredius discessit, et ad Clodoveum regern abiens ait: « Ecce ego tuus humilis*, piissime rex, ad tuam « potentiam venio, relinquens illum miserrimum Gundobadum. « Quod si me pietas tua? recipere dignatur, integrum in me « famulum atque fidelem et tu et posteritui habebitis. » Quem ille promptissime colligens, secum retinuit. Erat enim jocundus in fabulis, strenuus in consiliis, Justus in judiciis, et in commisso fidelis. Denique Clodoveo cum omni exercitu circa muros urbis residente, ait Aredius : « Si dignanter, o rex, celsitudinis tue glo- « ria? paucos humilitatis mee sermones vellet^ accipere, consilium « licet non egeas, tamen fide integra ministrabo. Idemque vel* tibi « congruum vel civitatibus erit, per quas transire deliberas. Cur, « inquid, retines exercitum cum loco firmissimo tuus resideat ini- « micus ? Depopularis agros, prata depascis, vineas dissecas, oli- « veta? succendis, omnisque regionis fructus evertis; interim et «ili nocere nihil prevales. Mitte potius legationem et tributum « quod tibi annis singulis solvat, impone ut et regio salva sit et ut « tributa solventi perpetuo domineris. Quod si noluerit, tunc « quod libuerit facias ». Quo consilio rex accepto, hostem patrie redire jubet * ad propria. Tunc, missa legatione ad Gundobadum, ut ei per singulos annos tributa imposita reddere debeat jubet. At ille et de presenti solvit et deinceps soluturum ! se esse promittit. Clodoveus vero, ablatis thesauris, cum preda maxima reversus

u)hic E, F, G. v) simulabor D. x) humilis dees? F, G. y) pietate iua D. pietas vestra F. z) dignaretur E. a) gloriam E. b) velis E. velit F, G. c) vel deest F, G. 4) olivetas E, e) jussit D, E, F, G. f) soliturum D. solviturum F, G. g) acceptis F.

LIBER PRIMUS 19

est victor"*. His temporibus, fuit in Vienna urbe terre motus maxi- mus, ibi multe aecclesie et domus multorum concusse fuerunt et subverse. Illic bestie multe oberrantes, lupi, ursi, ac cervi ingressi per portam civitatis devorantesque plurimos, per totum annum hoc faciebant. Nam veniente dominica sollempnitate sancti Pasche, sanctus Mamertus, quiin ea urbe erat episcopus, dum missarum sacrificium in ipsa vigilia celebraret, palatium regale, quod in ea civitate erat, divino igne succensum est. Cumque hec agerentur, adpropinquante Ascensione Domini, indixit Jejunium vir sanctus Deitriduanum in populo cum gemitu! et contricione spiritus. Tunc cessavitipsa tribulatio et subversio. Deinceps omnes ecclesie Dei, cum auctoritate apostolici romani, hoc exemplum agentes, usque ad presens ipsas letanias triduanas ubique celebre recolunt ante Ascensionem Domini.

16.— Tunc Clodoveus rex, cum venisset Parisius civitatem, ait ad reginam suam et ad populum suum : « Satis mihi molestum est « quod Gothi arriani partem obtimam Galliarum teneant. Eamus « cum Dei auxilio et eiciamus eos de ipsa terra, nostrisque dicio- « nibus subiciamus, quia valde bona est. » Placuitque hoc con- silium proceribus Francorum. Tunc Crochildis regina consilium dedit regi dicens : « Faciens faciat Dominus Deus victoriam in « manibus domini mei regis! Audi ancillam tuam et faciamus « aecclesiam in honore beati Petri, principis apostolorum, ut sit « tibi auxiliator in bello. » Et rex ait : « Placet hoc quod hortaris. « Ita faciam. » Tunc projecit in directum a se bipennem? suam, quod est francisca, et dixit : « Sic fiat aecclesia beatorum aposto- « lorum, dum, auxiliante Domino, revertemur *. » Commovit autem rex cunctum exercitum suum, populum Francorum et Pictavis diri- git. Ibi enim tunc Alaricus, rex Gothorum, commorabatur. Multa pars etiam hostium per territorium! Turonicum transibat. Prece- pit autem rex pro reverentia sancti Martini" ut nihil aliud nisi herbam presumerent" ad eorum equos sustentandum. Direxit ita- que nuntios rex ad beati Martini basilicam cum muneribus multis et equum suum velocissimum, quemrex amabat plurimum et ait :

h*) Tout ce passage depuis Clodoveus illic eum persecutus, obsedit, sauf les derniers mots, manque dans C. i) gemitu conitricione À. j) bipen- nam A, D, E. k) dum revertemur, deest E. 1) perterritorum A, G. m) martyri À. n) presumerent accipere F, G.

20 ADEMARI CHRONICON

« Ite et forsitan aliquid victorie et sancti sermonis accipietis ab « Scripturis sanctis. » Tunc, datis muneribus, nunciis dixit : « Si « tu, Domne, adjutor mihi es et gentem hanc incredulam tibi? « meis manibus traditurus es, in ingressu sancti Martini dignare « mihi revelare, ut sciam si propitius mihi sis famulo tuo. » Ve- nientes autem pueri ad beati Martini aecclesiam, cum jam ad ipsa limina pervenissent, primicerius aecclesie hanc antiphonam impo- suit dicens : « Precinzisti me eirtute ad bellum et subplantasti insur- « gentes in me subtus me, et inimicorum meorum dedisti mihi dorsum « et odientes me disperdidisti. » Qui, psallentium voces ut audie- runt, Domino? gratias agentes, dimisso ibi equo regis et aliis mu- neribus multis cum leticia et exultatione nuntiaverunt regi. Cum venisset autem rex ad fluvium Vinzennam ? cum exercitu suo, in quo loco vadare deberet non inveniebat ; inundaverat enim a mul- titudine pluviarum. Deprecatusque " Dominum ut ei vadum osten- deret nocte illa; mane autem facto, cerva mire magnitudinis ante eos, Domini nutu, precedens, vadum ostendit, illaque vadante, populus quoque sequens vadavit. Veniente autem rege Pictavis, dum procul ab aecclesia sancti Hylarii tentoria fixisset, ea nocte farus ignea ex ea visa est exisse. Apparuit nempe super ipsa ten- toria in auxilium Clodovei regis cum virtute beati Hilarii. Precepit autem rex hosti suo ut nec cybum, nec ullum stipendium de ipso pago tollerent, nec ulla spolia. Clodoveus autem rex cum Alarico, rege Gothorum, in campo Vogladinse super fluvium Clinno 5! milia- | rio decimo ab urbe Pictavis, prelium commisit. Illisque inter se compugnantibus, Gothi, cum rege suo nimis collisi, terga verterunt. Clodoveus, sicut solebat, victor extitit. Cumque Alaricum interfi- ceret, duo Gothi cum contis eum ex adverso in latera feriunt, sed propter loricam qua indutus erat, eum non livoraverunt'. Dominus autem adjuvabat eum in cunctis que agebat. Maximus autem tunc ibi Arvernorum populus quicumque, Apollonare" duce, ibi venerat, corruitin gladio Francorum cum multis senatoribus. De hac pugna Amalricus evasit per fugam, filius Alarici, etin Hispaniis", regnum

0) tibi deest F, G. p) Deo F, G. q) Vizennam F. r) Deprecatusque est E, F, G. s) Cluino F, G. t) vulneraverunt. F, G. uj Apollinare F, G. v) etin Hispaniis deest D, F, G.

1. Le Clain.

LIBER PRIMUS 21

patris sui, sagaciter recipit. Clodoveus autem Theodericum, filium suum, per Albiensem et Rothenis civitatem ad Arvernum dirigit. Qui pergens, omnes urbes illas a finibus Gothorum usque Bur- gundiam subjugavit, et in potestatem patris sui restituit. Regna- vit igitur Alaricus annis XII. Clodoveus quoque Burdegalensi ci- vitati tota hyeme resedit ; thesauros vero plurimos Alarici, regis Gothorum, de Tholosa abstulit *. Omnesque urbes illas accipiens, cum ad Egolismam civitatem veniret, tantam ei Dominus gratiam contulit ut in ejus adventu muri corruerent. Interfectis* Gothis qui ibidem erant, ipsam urbem adprehendit, omnemque terram illam subjugavit. In ipsa civitate! consecrare fecitin episcopatu ve- nerabilem virum Aptonium? capellanum suum, expulso primo episcopo arriano Gothorum de eadem civitate*. Et tam in ipsa Egolisma quam in Sanctonico vel Burdegala Francos precepit manere ad Gothorum gentem delendam. Deinde Turonis civita- tem reversus, multa munera basilice beati Martini tribuit. Equum vero, quem antea ad ipsam ecclesiam transmiserat, matriculariis illis datis centum solidis se velle recipere mandavit. Quibus datis, equus ille nullatenus se movit ; cumque alios centum solidos dedis- sent, statim ipse equus solutus abiit. Tunc cum leticia rex ait : « Vere beatus Martinus bonus est in auxilio et carus in negotio. » Ab Anastasio imperatore codicellos accepit Clodoveus rex pro consulatu. Tunica blattea ^ indutus rex, in basilica beati Martini, corona aurea capiti suo imposita, ascenso equo, aurum et argen- tum in atrio quod est inter civitatem et ecclesiam beati Martini, presente populo, manu propria aspersit, atque voluntate beni- gnissima dispensavit. Ab ea die tanquam consul et augustus est

x) cireumiensque vicina loca in Caturcinio, in loco qui Vinantus dicitur, monasterium in honore beati Martini construxit, et ob. amore ipsius con- fessoris maximis honoribus ac diversis thesauris abundantissime ditavit add. C. y) Interfectis igitur E, F, G. z) Antonium E.— a*) Tout ce pas- sage original manque dans G. b) baltea F, G. c) super caput ejus E. ————————————MM—— Áá—

1. Angouléme.

2. Aptonius I quiserait mort vers 510, n'ayantoccupélesiége pontifical que deux ans. L'Historia pontificum et comitum Engolismensium est d'accord

avec Adémar pour attribuer à Clovis le remplacement bien naturel d'un évéque goth et arien par son chapelain, aprésla prise d'Angouléme, en 508.

b

2 ADEMARI CHRONICON

appellatus. Turonis autem egressus, Parisius civitatem veniens, ibi sedem regni sui constituit.

17. Deinde commotus est contra Regnacarium parentem suum. Erat autem ipse Regnacarius apud Camaracum civitatem, effrenisin luxuria; habebat quoque consiliarium nomine Faronem!, simili spurcicia luculentum *. Cum enim aliquid muneris aut cibi ei deferebatur, dicebat : « Sint ista mihi et consiliario meo Fa- « roni. » Pro qua causa indignati Franci quierant cum eo, consen- ciebant Clodoveo, commoventes eum adversus Regnacarium. De- ditque eis Clodoveus pro hac causa bratteas et armillas assimi- latas de'auro,sed deintus eramen cuprum? erat et foris deauratum subdole factum, pro munere leudibus " Regnacarii, qualiter super ipsum invitarent eum. Commoto deinde Clodoveus exercitu, contra Regnacarium parentem 'suum ire disposuit. Misit ergo Regnaca- rius speculatores ad cognoscendum, interrogans cujus esset hostis major. Qui responderunt mencientes : « Tibi est fortior et tuo Fa- « roni consiliario. » Venientibus autem Clodoveo et Regnacario ad pugnam, fortiterque inter se preliantibus, Regnacarius cesum cernens exercitum suum fugere nititur. Sed ab ipsis traditoribus comprehensus, ligatis a tergo manibus, una cum Ricario!, fratre suo, Clodoveo presentatur. Cui dixit Clodoveus : « Cur humilias- « ti gentem nostram ut te vincere permitteres ? Nonne melius tibi « fuerat mori? » Et elevata bipenne in capud ejus eam defixit, et mortuus est. Et conversus ad fratrem ejus, ait Si tu solatium « fratri tuo prebuisses, ille ligatus non fuisset. » Similiter et ipsum in capite percussum interfecit et mortuus est. Post mortem eo- rum, cognoscentes traditores eorum aurum quod a: Clodoveo ac- ceperant esse viciatum, dixerunt hoc regi. Rex autem respondens, dixit eis: « Merito tale aurum debetaccipere, quidominum suum « ad mortem tradit. Sufficiat vobis vitam tantummodo habere « concessam, ne inter tormenta deficiatis. » Illi, hec audientes, gratiam et vitam solummodo optantes habere adeptam cupiebant, sibi sufficere dicentes ei gratias. Fuerunt supradicto Regnacario parentes quorum frater fuit Regnemiris nomine apud Cinomannis civitatem, qui, jubente Clodoveo rege, interfectus ) est. Quibus

d) Pharonem F, G. e) lutulentum. A, D. f) de deest F, G. g) ciprum A, D, E. h) leudis F, G. i) Richario F, G. j) interemptus F, G.

LIBER PRIMUS 23

peremptis, omne regnum eorum et thesaurum Clodoveus accepit, interfectis multis et magnis regibus parentibus eorum.

18. Post hec omnia mortuus est Clodoveus rex in pace, se- pultus* in basilica beati Petri! quam ipse vel regina sua edificave- runt. Mortuus est! anno quinto postquam cum Alarico, rege Gotho- rum, pugnavit ?. Regnavit quoque simul annis XXX. A transitu sancti Martini usque ad transitum Clodovei regis fuerunt anni CXII. .Crochildis regina post mortem" viri sui, Turonis civita- tem frequenter pergens, ad basilicam sancti Martini diutissime commorata Domino serviebat; Parisius raro visitabat. Igitur post mortem viri sui hi" quatuor filii ejus : Theodericus, Clodomiris, Childebertus et Clotharius, regnum ejus inter se diviserunt equa- liter. Habebat quoque Theodericus filium nomine Theodebertum strenuum et utilem, et elevatum? in magna potentia. Ámalricus quoque, filius Alarici, regis Gothorum, sororem eorum ad conju- gium petiit, quam illi non negantes cum ornamentis illi optimis tradiderunt, eamque sibi in matrimonium adsumpsit". In illo tem- pore Dani cum rege suo, nomine Cothelaico *, cum navali hoste per altum mare Gallias petunt, devastantes et captivantes omnia, et, plenis navibus de captivis, altum mare intrant, rege eorum ad litus maris residente. Quod cum Theoderico nunciatum fuisset, Theodebertum filium suum cum magno exercitu in illis partibus direxit. Qui, consecutus eos, pugnavit cum eis cede magna atque" prostravit, regem eorum interfecit, predam tulit et interram suam restituit**.

19 In illis diebus Chrochildis regina cum venisset Parisius, ait ad filios suos : « Non me peniteat, filii, dulciter vos enutrisse. « Precor, indignamini', injuriam meam et patris mei et matris « mee mortem vindicate. » llli hec audientes, in iram magnam commoti, cum magno exercitu Burgundiam petunt contra Sigis- mundum et Gotmarum reges, filios Gundebadi. Tunc temporis

k) sepultusque est F, G. Ij est autem E, F, G. mj obitum F, G. n) hii E, F, G. o) elevatique sunt A, D, E. p) sumpsit F, G. q; Co- thelaino E, F, G. r) atque cede magna F, G. s*) Tout ce passage depuis In illo tempore Dani, manque dans C. t) ut indignemini F, G.

1. Plus tard Sainte-Geneviéve. 2. C'est-à-dire cinq ans aprés la bataille de Vouillé.

24^ ADEMARI CHRONICON

edificabat Sigismundus rex monasterium sanctorum martyrum Agaunensium "in Burgundia, sancti Mauricii cum sociis suis sex milibus sexcentis sexaginta sex "*. Illi autem commoverunt hostem Burgondionum contra Clodomirem regem, et Childebertum, et Clotharium fratres, filios Clodovei. Illisinter se compugnantibus, fugerunt cesi Burgundiones cum Gotmaro*; Sigismundus vero dum ad sanctos Agaunenses fugeret, consecutus est eum Clodo- miris, apprehenditque eum cum uxore et filios eorum, et captos" in pagum Aurelianensem adduxit atque in carcerem retrudi jus- sit. Beatus autem Avitus, qui erat tunc vir sanctus Dei abbas in Aurelianis civitate, Clodomirem rogabat* ut non occideret eos, sed ille nolebat audire eum. Tunc interfectum tam? Sigismundum quam uxorem ejus et filios projecit eum in puteum in loco qui vocatur Columpne vicus.

20. Post hec, iterum commovit exercitum Clodomiris, in Burgundiam pergens, contra Gotmarum. Cumque venissent cum magno hoste in pago Viennense, in loco qui dicitur Visorantia, Gotmarus, locatis gentibus, cum Clodomire? preliabatur, Burgon- dionesque valde collisi, cum Gotmaro fugerunt. Cumque eos per- sequerentur Clodomiris nimis valde, concurrissetque antecedens eos cum equo veloci, in medio eorum est ingressus. Qui ex adver- sa parte percussus, corruit mortuusque est. Quod videntes Franci, nimio dolore et ira commoti, Gotmarum persequentes exterminant, Burgondiones perimunt, cunctasque regiones vastantes, a puero usque ad senem interimentes, reversisunt. Clotharius* hec audiens, uxorem fratris sui accepit in conjugium, Gundeucam * nomine. Filios quoque Clodomiris orfanos*, Theodoaldum et Clodoaldum, Crochildis regina nutriebat', retinens 8 eos secum.

21. Inillo tempore Theodericus et Theodebertus, filius ejus, et Clotharius rex, cum Francorum exercitu Hrenum transeuntes, n Toringam dirigunt contra Ermenfredum", regem Toringorum. Hec audientes Toringi, fossatos fecerunt et subdole desuper coo- peruerunt cespitibus. Cumque ad bellum ibidem pervenissent, in-

i

u) Agaunensium dees/ E, F, G. v*) sancti Mauricii... sex deest C. x) Gothmaro F, G. y) captivos F, G. z) rogabat dees£ À. a) inter- fectam A. tam dees/.À, D, E, F, G. b) ClomireA. c) Clotharius vero E, F, G. d) Gundoveam F, G. e! orfanos deest F, G. f) nutribat A, D. g) retinentes A. h) Hermenfredum F, G.

LIBER PRIMUS 25

telligentes quod equi eorum corruissent, indignati sunt valde. Fugitautem Ermenfredus cum Toringis usque Onestrudem flu- vium. Illic eum persequentibus Francis et ibi reparatis viribus contra Francos, tanta cedes ibi fuit de Toringis ut ipse fluvius ex eorum cadaveribus repleretur, et Franci super eos tanquam su- per pontem! transirent. Totamque regionem illam vastantes atque captivantes depopulantur. Ermenfredus períugam vix lapsus, evasit ; Franci autem cum multa preda et spoliis reversi sunt. Fue- runt enim Ermenfredo duo fratres: Balducius et Bertecarius. Post hec iterum Theodericus, data fide Ermenfredo, Tulbiaco civitate ad se eum venire fecit, cumque super murum ipsius civitatis col- loquerentur, compulsus de muro ipsius urbis? corruit ad terram et mortuus est, suosque infantes Theodericus interficere rogavit!.

22. Childebertus quoque cum esset Arvernis civitate, misit soror ejus, uxor Amalrici, regis Gothorum, nomenque puelle Crochildis regina, nuncios de Ispania ad eum *, dicens quanta mala vir ejus super ipsam insidiaretur propter catholicam fidem. Nam cum ad ecclesiam Christi iret orationem facere, stercora et multos fetores ipse super eam proiciebat, atque eam in tantum verberabat ut sanguinem in litum sudarium suum fratri suo trans- mitteret dicens : « Indignamini, dulcissimi fratres, laborem et in- « juriam meam, domni carissimi!. » Cum hecaudisset Childeber- tus, in ira magna commotus, hostem maximum collegit, in Hispa- niam pergit, pugnam cum Amalrico iniit. Gothis valde collisis, Amalricus fugam vertit, naves parat ad fugiendum. Cumque attin- gere conaretur ad ipsas naves, persecutus est eum exercitus Chil- deberti. At ille victum se cernens, ad ecclesiam Christianorum fugere nitebatur ; sed antequam ad introitum ecclesie pervenisset, quidam Francus lancea eum percussit, mortuusque est ibi. Tunc Childebertus Hispaniam devastans, Toletum urbem ingressus, thesauros magnos inde abstulit, et una cum sorore sua reversus est. Sed nescio quo periculo imminentis langoris, in ipso itinere,

i) per pontem A, D, E. j) ipsius urbis deest E, F. k)ad eumdem F, G. 1) domni carissimi deest E, F, G.

1. Ce fait est inconnu de Grégoire de Tours.

26 ADEMARI CHRONICON

mortua est, et Parisius deportata in basilica sancti Petri, juxta patrem suum sepulta". Childebertus" inter reliquos thesauros mi- nisteria ecclesiarum detulit de vasis salomoniacis preciosissimis, sexaginta calices, quindecim patenas, viginti capsas, evangelia ex auro purissimo gemmario opere celata?, pulchre ornata?, noluitque ea confringere, totamque per ecclesias dispensavit.

23. In illis diebus, Crochildis regina cum Parisius reside- ret, videns Childebertus rex quod filios fratris sui senioris Clo- domiris prefata regina mater ipsius enutriret et nimis eos dilige- ret, cogitans quod eos reges facere? cogitaret, dixit Clothario fratri suo : « Mater nostra filios fratris nostri secum retinet et tenere « diligit, eosque in regno fratris nostri vult elevare. Consilio ac- « cepto,pertractemus quid de eis faciamus. Áut tondamus' eos aut. « interficiamus, regnumque fíratris nostri, patris eorum, inter « nos dividamus. » Et miserunt ad reginam Parisius Archadium, nobilem virum et industrium, dolose dicentes : « Dic matri nostre « ut mittat ad nos filios fratris nostri, nepotes nostros, ut eos re- « ges constituamus. » Át illa credens hoc verum esse, gaudens, ipsos transmisit. At illi statim remiserunt Archadium ad reginam dicentes : « Hee sunt forcipes? et hic est gladius. Sic mandant «filii tui: si vis, tonde, aut gladio perime.» llla vero pre nimio dolore et amaritudine cordis cum lacrimis ait : « Satis undique me « angustie comprimunt. Si regnare non debent, quid mihi eos « enutrisse profuit? Melius est mori quam tondere Nec mora, ad- prehendit Clotharius puerum seniorem, proiciensque 'in terram, defixit cultrum in ascella ejus, qui,transverberatus, statim mortuus est. Frater quoque ejus junior" cum hoc vidisset, projecit se ad pedes Childeberti, flendo dicens : « Succurre mihi, piissime pater, « ne et ego peream sicut frater meus. » Tunc Childebertus, com- motus lacrimis, ait: « Obsecro te, dulcissime frater, ut hujus « vitam tua largitate mihi concedere jubeas, et quantumcumque « volueris, pro hoc dabo tibi.» Atille, ira succensus, ait: « Àut eice « eum ate, aut certe pro eo morieris. Tu es qui hoc consilium « malum perpetrasti, et modo vis liberare eum. » Hocaudiens,

m) sepulta est F, G. n) vero E, F, G, o) celatas, A, D, E. p) et pulehre ornatas À, D, E: «) facere vellet F, G. r) tondemus A, D. S) forpices A, D, E. t) proiciensque eum F, G. u) minor F, G.

LIBER PRIMUS 27

Childebertus projecit eum a se. Clotharius quoque elisiteum in ter- ram, defixo in ascellam ejus cultro, et interfecit, et pueros eorum nutricios similiter jugulavit, ascensisque equitibus ", abscessit. Regina, hec audiens, nimio merore attrita, cum magno psallentium apparatu et immenso luctu, corpuscula eorum Parisius deportata atque honorifice composita sepelivit. Quorum unus erat decem annorum et alius septem. Tercius,Clodoaldus, effugit, et per auxi- lium puerorum forcium liberatus est. Qui, postea relicto regno ter- reno,ipse propria manu se totondit* et, clericus factus, bonis operibus preditus * est. Qui, postea presbyter ordinatus, plenus virtutibus, migravitad Dominum, et Noviente villa Parisiace subur- bane depositus requiescit". Crochildis autem regina, in elemo- sinis profluens, cum summa abstinentia et sobrietate vitam degebat.

24. In illis diebus mortuus est Theodericus rex ; regnavit autem annis viginta tribus ?. Theodebertus quoque filius ejus re- gnum ejus recepit. Post hec Childebertus et Theodebertus com- moventes exercitum, contra Clotharium ire disponunt. Ille autem, hec audiens, et videns quod exercitui eorum resistere non posset, in silvam confugit in Árelauno, fecitque combros^, totam spem suam in Dei pietate transfundens. Crochildis regina, hec audiens, beati Martini sepulcrum adiit, ibique in oratione prosternitur to- tanocte vigilans ac deprecans ne inter filios suos bellum civile consurgeret. Cumque convenissent cum hostibus magnis contra Clotharium, ut sequenti die eum interficerent, mane facto, in loco, in quo erant congregati, orta est maxima tempestas, tentoria dis- rumpens, cum inmixtis * fulguribus cuncta subvertens, irrumpen- tibus! hymbribus cum tonitruis validis. Illi vero prostrati in terra corruentes, cesi? grandinibus validis, graviter verberati corruunt ; nullumque eis tegumen! remansit, nisi clipei tantum ; hoc maxi- me timebant ne ab igne celesti cremarentur. Sed et equi eorum dispersi sunt, ut vix in vicesimo stadio reperirentur. Multi enim de his non sunt inventi. Tunc illi lapidibus cesi et humo prostrati, penitentiam agentes, veniam precabantur a Deo, quod male contra

v)equis F, G. x) se tondit A, E. y) predictus À. zj requievit F, G. a) annis A, D, E. b) fecitque combros deest E, F, G.— c) mixtis F, G.— d) irrupentibus À.— e, cesis À. f) tegumentum F, G.

584

28 ADEMARI CHRONICON

sanguinem suum agere voluissent. Super Clotharium vero neque una quidem gutta pluvie cecidit, nec ullo modo sonitus tonitrui est auditus, nec anhelitus venti illo loco sentitur. Illico, mittentes nun- clos, pacem et concordiam pecierunt. Qua data, ad propria sunt re- versi. Peridemtempus, sanctus Eparchius!, presul Sanctionis et* pater Egolismensis, migravit ad Christum die primo men- sis julii ^.

?5. Post hec iterum Childebertus et Clotharius, commoto exercitu magno, in Hispaniam pergunt, quam vastantes succen- dunt, interficientes populum, Caesaraugustam ! obsident. Etpopu- lus, quiibi obsessus tenebatur, induti ciliciis, asperso capitecinere, in tanta humilitate ad Dominum conversi sunt, ut cum tunica beati Vincentii martiris muros civitatis psallendo circuirent. Mu- lieres similiter indute nigris palliis, dissolutis crinibus, plangentes sequebantur, ut illic Ninivitarum jejunium celebraretur. Reges! hec videntes, putabant eos aliquid maleficii gessisse. Tunc, adpre- henso uno rustico de civitate, interrogat * eum rex Childebertus quid hoc esset quod agerent. Qui ait: « Tunicam beati Vincentii « martyris deportant et cum ipsa, ut eis Dominus misereatur, exo- « rant. » Et ille ait: « Vade, dic episcopo civitatis ut cum fiducia « veniat ad nos, nihil dubitans. » Ille cum hocnunciasset episcopo, cum muneribus ipse occurrit eis. Childebertus vero Parisius ve- niens, ecclesiam in honore beati Vincentii martyris aedificavit. Tunc Theodebertus rex, filius Theoderici, in Italiam cum hoste plurimo abiit. Langobardos"' devictos atque prostratos maxima parte vas- tavit et eos tributarios subjugavit, et reversus est cum multis spo- liis.

26. Post hec, rex Theodebertus aegrotans, febre valida cor- reptus, mortuus est, regnavitque annis XIV. Regnumipsius in su- periores Francos et Austrasios Theodoaldus, filius ejus, accepit. Igitur bone memorie Crochildis regina migravit ad Dominum,

g) presul sanctionis et deest D, E, G, (Ces mots sont effacés dans le ms. A.) h*) Ce passage original manque dans C. i) Caesaraugustam civitatem D, E, F, G. j) Reges vero E, F, G. k) interrogavit F, G. 1) ageretur . F, G. m) Longobardos F, G.

1. Voir plus haut. p. 14.

LIBER PRIMUS 29

A

plena dierum, que, cum magno psallentium apparatu, Parisius de- portata in sacrario basilice Sancti Petri ad latus Clodovei regis, viri sui, sepulta est a filiis suis, Childeberto et Clothario regibus humata?. Ibi et beatissima Genovefa sepulta est. Clotharius quoque rex de diversis mulieribus septem habuit filios, id est de In- gunde : Gontarium?, Childericum, Charibertum?, Guntranum, Sigebertum et Clotsindam filiam ; de Radegunde quoque, sorore Ingundis, habuit Chilpericum ; de Gunsina, habuit Chranum. Pro amore enim Ingundis, eo quod esset pulchra et decora, etipse es- set nimis luxuriosus, Radegundem, sororem ejus, in conjugium accepit. Theodoaldus autem rex, filius Theodeberti, regis Austra- siorum, egrotans febre valida, mortuus est, regnavitque annis sep- tem. Regnum ejus Clotharius rex cum multis thesauris accepit. Eo anno rebellantibus Saxonibus, Clotharius rex, commoto Franco- rum exercitu, contra eos pugnam iniit super Visera', fluvium eorum, et exercitum maximum interfecit, terramque eorum vas- tavit, pervagans totam Toringam ac depopulans eo quod solatium Saxonibus prebuissent.

237. Chramnusque itaque filius Clotharii" erat pulcher ac de- corus, nimis acerbus et callidus. Qui cum ultra Ligerem a patre missus in loco ejus fuisset ?*, coepit regionem illam valde nequiter opprimere. Quod cum patri nunciatum fuisset, ille eum ad se venire precepit, sed Chramnus non voluit' jussionem patris im- plere, et durius agens, Wilecarii filiam nomine Chaldam duxit uxorem". Ápprehensis multis thesauris, Parisius veniens, cum Childeberto rege, patruele suo, sacramento constrictus est jurans se patri esse certissimum inimicum. Cum autem Childebertus rex egrotare coepisset diutissime Parisius febribus, decubans mor- tuus est, et in basilica beati Vincentii martyris quam ipse con- struxerat, est sepultus. Cujus regnum et thesaurum Clotharius accepit. Chramnus quoque cum evadere non posset patrem, Bri- tannos petiit. Ibi cum Conobro, rege Britannorum, ipse et uxor ejus et filie ejus latuerunt. Wilecarius autem, socer ejus, Turonis ad basilicam Sancti Martini confugit. Tunc ipsa basilica per pec-

n) humata deest D, E, F, G. o) Guntharium F, G. p) Carichbertum F, G, mot effacé dans A. q) Sigisbertum E.— r) Viseram À. s) Tout ce passage depuis coepit, Jusqu'à nunciatum fuisset manque dans D, E, F, G. t)noluit D, E, F, G. u) sororem A.

30 ADEMARI CHRONICON

catum Wilecarii et uxoris ejus succensaest. Quam postea Clotha- rius rex stagno" cooperire Jussit, et in illam, ut prius fuerat, eleganciam reparavit. Post hec, Clotharius rex, commoto exer- citu, contra Chramnum in Britaniam frendens direxit. Sed Chram- nus non timens contra patrem ad bellum cum Conobro, rege Britanorum, egreditur. Cumque fortiter compugnarent, Clotha- rius rex commotus lacrimis ait : « Respice, Domne, de celo et « juste judica illud quod inter Absalon et patrem ejus David* « posuisti. » Conlfligentesque pariter Drittanorum rex in fugam vertitur et ibi cecidit, Chramnus quoque dum per fugam evadere conaretur, naves in mare paratas habens, dum uxorem et filios liberare vult ab exercitu patris, obpressus captus atque ligatus est. Quod cum Clothario regi nunciatum esset, jussit eum cum uxore et filiabus igne consumi. Inclusique sunt tugurio cujusdam paupercule, et Chramnus super scamnum extentus, orario suggil- latus est, et sic postea super eos Ipsa casella incensa est et igne combusti sunt.

28. Tunc quoque illis temporibus beatus Medardus episco- pus, plenus virtutibus et gloria, migravit ad Dominum, quem Clo- tharius rex Suessionis civitatem cum magno psallentium appa- ratu gloriose sepelivit, datis illi* multis facultatibus. Rex vero Clotharius ab beati Martini sepulchrum abiit, illie diutissime orans, ibique multa munera largitus est per multas basilicas sanc- torum. Post hec in Cotia silva, dum venationem exerceret, febre valida correptus, exinde Compendio villa rediit. In qua, cum graviter vexaretur, dicebat : « Vah! Vah! quid putatis * qualis « est ille rex coelestis qui sic tam magnos reges interfecit. » In hoc enim tedio positus, spiritum exhalavit anno quinquagesimo primo regni sui. Quem quattuor filii sui cum magno honore Sues- sionis deferentes, in basilica Sancti Medardi sepelierunt. Chilpe- ricus vero post patris sui mortem thesauros qui in villa Brinaco erant congregati, accepit, et Francos utiliores petiit ipsosque muneribus multis subdidit sibi, et mox Parisius ingreditur, se- demque Childeberti regis occupat, sed non diu licuit ei hoc possidere, nam conjuncti fratres ejus eum exinde expulerunt, et

v) stramno F, stamno G. x) David deest F, G. y) illis À. z) pu- tasti A.

LIBER PRIMUS 31

sic inter se hi quattuor, id est Charibertus, Guntramnus, Chil- pericus atque Sigebertus, divisionem legitimam inter se fecerunt, Accepitque Charibertus regnum Childeberti sedemque constituit Parisius; Guntramnus regnum Clodomiris accepit, Aurelia- nusque sedem instituit ; Chilpericus vero regnum Clotharii patris sui accipiens, Suessionis civitate sedem statuit ; Sigebertus autem regnum Theoderici accepit, sedem habere Remis civitate? con- stituit.

29. Post mortem Clotharii regis, Huni commoti cum Cageno, rege suo, Gallias venire destinant. Contra quos Sigebertus exer- citum movit ; contra eos fortiter pugnaturus accessit, Hunos pro. stravit atque devicit et in ore gladii eos fugavit. Sed postea rex eorum àmicitias cum Sigeberto petiit et per missos suos pacer cum eo postulavit, reversusque est in regnum suum. Dum autem illic moraretur Sigebertus, Chilpericus frater ejus, hoste collecto, Remis pervasit, Campaniam succendit et predatam vastavit. Sigebertus quoque rediens victor ab Hunis, contra Chilpericum exercitum movit, Suessionem civitatem occupat, ibique inventum Theodebertum filium Chilperici apprehendit et in exilio transmi- sit. Accedens autem contra Chilpericum, bellum commovit. Quo victo atque fugato civitates suas in sua dominatione restituit. Theodebertum vero filium ejus apud Pontinonem villam custo- diri jussit per annum integrum. Quem postea, clemens ut erat, muneribus ditatum patri reddidit sanum, datis sibi sacramentis ne unquam contra eum aliquid agere deberet, quod postea pec- catis ingruentibus fuit inruptum. Charibertus rex Ingobergam duxit uxorem, habebatque ipsa regina puellas duas cujusdam pauperis filias nimis pulchras et speciosas ; nomen senioris Mar- covefa, nomen junioris Merofledis vocabatur, in quarum amore Gharibertus rex nimis exarserat". Nam et patrem earum lanefi- cli -compositorem fieri jusserat Ingoberga *, et aífligebat eas nimio odio pro hac causa. Ob hoc nimis iratus rex Caribertus Ingobergam reliquid, et Merofledem accepit uxorem !. Post hec, et Marcovefam sororem ejus iterum ad conjugium copulavit, pro

a) civitate deest E, F, G. b) exarsit F, G. c) Tout le passage depuis Charibertus rex Ingobergam Jusqu'à et affligebat est omis dans E. d) ad uxorem À, D, E.

32 ADEMARI CHRONICON

qua causa a sancto Germano, Parisiorum episcopo, excommuni- catus est. Sed cum rex eam relinquere nollet, percussa Dei judicio mortua est. Eo tempore Sanctus Gregorius, archiepiscopus Turonensis, magnis virtutibus fulgebat. Per idem tempus sanctus Germanus, Parisiorum episcopus, missus a rege Chariberto Egolismam civitatem, consecravit basilicam Sancti Eparchii, ubi ipse nuper sepultus fuerat ; adfuit cum eo venerabilis Gregorius, episcopus Turonensis, et in ipsa basilica multa pignora reliquiarum beati Martini episcopi collocantes, dedicaverunt eam in ejusdem sancti Martini honore. Denique, 1n altare ipsius, ab eodem sancto Germa- no atque sancto Gregorio consecrato, sancte Crucis actenus apparent impressa signacula. Item, in honore sancti Petri consecraverunt ecclesiam sedis epicopalis, quam Clodoveus rex supradictus a novo incoari jusserat, destructa priorisede, quam Gothi arriana maculatione fedaverant, in honoresancti Saturnini. Ordinaveruntque in ipsa civitate episcopum no- mine Mererium , qui in Francia capellanus regis fuerat. Aptonius enim nuperrime obierat in Christo. * -

30. Non post multum tempus rex Charibertus mortuus est Blavia castello, et in basilica Sancti Romani sepultus. Cumque Sigebertus rex videret quod fratres ejus indignas sibi acciperent uxores et ancillas ad conjugium copularent, legationem in His- paniam mittit et cum multis muneribus Brunichildem, Atanagildi regis filiam, peciit. Erat enim puella elegans opere pulchra et ingeniosa, quam pater ejus non denegansí, cum magnis the- sauris ili direxit£. llle cum magno apparatu et immenso gaudio eam accepit uxorem. Et quia arrianae legi ^ subjecta erat, eam Sigebertus rex in nomine sancte Trinitatis baptizari prece- pit. Haec videns Chilpericus, cum jam plures haberet uxores,

e*) Cette derniere phrase deest E, F, G. Ce passage original manque

dans C.— f) Manque depuis elegans Jusqu'à denegans D, E, F, G.— g) directa est F, G. h) Arriana lege A, D, E.

1. Grégoire de Tours, l'appelle Maracharius (V, 37).

LIBER PRIMUS 33

sororem Brunichildis, nomine Galsuintam, expetiit promittens per legationem se alias uxores dimittere. Pater vero has pro- missiones audiens, ipsam filiam suam cum multis thesauris ei transmisit, nam ipsa Galsuinta senior aetate erat Brunichilde /. Chilpericus enim cum magno gaudio eam accepit in conjugio, c! ipsa in nomine sancte Trinitatis baptizata, christiana magna ! effecta est. Per odium autem Fredegundis valde pessime, grande scandalum ortum est inter eos. Dicebat illa ad regem Galsuinte injurias sufferre * non posse, et propter ipsam inimicam Frede- gundem petiit ut, relictis thesauris quos secum ab Hispania detu- lerat, liberam! eam redire dimitteret ad patrem suum ; sed ille eam mollibus verbis blandiebatur. Post hec, per consilium pessi- mum Fredegundis eam per noctem in stratu suo" strangulavit. Post cujus obitum, ob ejus meritum, virtus a Deo ostensa est. Quo facto, fratres Chilperici, hoc indignantes, eum de regno eicere voluerunt. Habebat tunc Chilpericus tres filios de Audovera regina sua, id est Theodebertum, Meroveum et Clodoveum. Nunc autem ad cepta redeamus, qualiter Fredegundis dominam suam Audo- veram reginam deceperit, nam ipsa Fredegundis ex familia infima fuit. Cum autem Chilpericus rex in hoste cum Sigeberto, fratre suo, contra Saxones ambulasset, Audovera regina gravida re- mansit, que peperit filiam. Fredegundis vero per malum ingenium consilium dedit ei dicens : « Domina mea, ecce domnus meus « rex victor revertitur. Quomodo potest filiam suam non bapti- « zatam gratulanter" recipere? » Cum hec audisset regina, bap- tisterium preparari precepit, vocavitque episcopum ut eam bap- tizare deberet. Cumque episcopus adfuisset, non erat matrona adpresens que puellam suscipere deberet et ait Fredegundis : « Numquid similem tui invenire poterimus qui eam suscipial « modo? Tu ipsa suscipe eam. » Illa vero hec audiens, eam de sacro fonte suscepit. Venienti autem regi victori exiit Fredegun- dis obviam ei dicens : « Deo gratias quia dominus noster rex « victoriam recepit de adversariis suis, nataque .est tibi filia. « Cum qua dominus meus rex dormiet hac nocte, quia domina « mea regina commater tua est de filia tua Childesinta ? » Et ille

ij de Brunichilde A, D, E, G. j) magna deest E, F, G6. k) ferre F, G. ])libera A. m) in stratu suo deest F, G. n) gratulanter deest D, F, G.

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34 ADEMARI CHRONICON

ait : « Si cum illa dormire nequeo, dormiam tecum. » Cumque introisset rex in aulam suam, occurrit ei regina cum ipsa puella, et ait : « Nefandam rem fecisti per simplicitatem tuam, jam con- « jux mea amplius ? esse non poteris. » Jussitque eam sacro vela- mine indui cum ipsa filia, deditque ei predia multa et villas. Epis- copum vero, qui eam baptizavit, exilio condempnavit, Fredegun- dem vero copulavit ad reginam.

31.— Tunc Justinianus imperator apud Constantinopolim? civi- tatem obiit, et Justinus suscepit imperium. Clodoveus quoque junior, filius Chilperici, abiit usque Burdegalensem urbem. Cum illic, nullo inquietante, sederet, Sigulfus quidam a parte Sige- berti regis missus cum exercitu se super eum objecit. Quem fu- gientem cum tubis et bucinis quasi fugientem cervum inseque- batur, qui vix ad patrem labens, Parisius pervenit. Chilpericus? quoque Theodebertum filium suum seniorem qui antea Sigeberto juraverat, ultra Ligerim cum hoste direxit. Qui abiens, civitates Sigeberti avunculi sui pervasit, id est Turonis, Pictavis et reli- quas. Apud Pictavos autem contra Gundoaldem ducem pugnavit, collisusque exercitus Gundoaldi fugit, magnamque illie cedem Theodebertus de hoste Gundoaldi fecit". Commoto inde exercitu, Lemovicinum Cadurcinumque 5 abiit, easque pervasit, atque vas- tavit, ecclesias multasincendit, ministeria detraxit, clericos inter- fecit, monasteria virorum dejecit, castimoniam puellarum ! delu- sit et cuncta devastavit. Fuitque in illo tempore pejor in ecclesiis gemitus quam tempore persecutionis Maximiani et Diocletiani imperatorum. Cum has discordias disseminarent fratres inter se, commoto iterum Chilpericus exercitu, usque HRemis accessit, cuncta incendens atque debellans". Quo audito, Sigebertus, con- vocatis gentibus * que ultra Hrenum sunt, Parisius venit et contra fratrem * ire disponit. Mittitque nuntios Bituricensibus vel Turo- nicis, ut contra Theodebertum ire deberent. Quod illis dissimu- lantibus, rex Godegiselum et Guntranum duces in capite direxit. Qui, commoventes exercitum, adversus eum pergunt, contra Egolismam ubi residebat propterfortitudinem murorum. Ille

o) amplius deest D, V, G. p) Constantinopoli A. q) Chilpericum A.— r) interfecit E. s) Lemovicum Caturcinumque F, G. t) castimoniam deest A, D, E. u) devastans F, G. v) convocans gentes F, G. x! fra- trem suum F, G. É

LIBER PRIMUS 325

quoque, derelictusa suis, cum paucis remansit, sed tamen ad belluni ire non dubitabat. Venientesque ad pugnam octo milibus ab Egolisma, juxta fluvium Carantam, secus silvam Buxam *', Theodebertus devictus prosternitur mortuusque estibi. Ab Aunulfo quoque duce collectus, Egolismam civitatem portatus ibidem sepultus est apud Sanctum Eparchium. Sigebertus vero et Chilpericus pugnabant inter se in Francia*. Tunc Chilpericus per Rodomum*? fugiens cum uxore sua ac filiis, civitatem ingressus, ibi se reclusit atque munivit. Sigebertus vero civitates illas que ultra Parisius sunt posite usque Hotomagum accepit. Regressus inde, Parisius introiens, ibi venit ad eum Brunichildis cum filiis suis. Tunc Franci qui quondam ad Childebertum seniorem aspe- xerant, ad Sigebertum legationem mittunt ut ad eos veniret. Et illi, Chilperico derelicto, ipsum super se regem stabiliunt. Ille, hec audiens, misitque fratrem suum in supra memorata civitate Tornaco ut eam? obsideret*, et ille, cum exercitu sequeretur eos. Cui beatus Germanus, Parisiacensis episcopus, dixit : « Si « abieris et fratrem tuum interficere nolueris, victor redies. Sin « autem aliud cogitaveris, morieris. Sic enim Dominus per Salo- « monem ait : « Foveam quam fratri tuo parasti, cades? in eam.» Quod ille audire neglexit. Veniente autem illo apud villam cui nomen est Victoriacum, collectus est ad eum omnis exercitus impositumque super clipeum regem super se statuunt. Tunc Fre- degundus* inebriavit duos pueros Taraonenses, dixitque eis : « Audite consilium meum et pergite ad Sigebertum, et simulan- « tes fingite ut eum regem levare debeatis super vos, eumque « interficite. Si evaseritis vivi, ego mirifice honorabo vos et « filios vestros. Si autem illic perieritis, ego pro vobis elemosi- « nas multas per loca sanctorum dare promitto. » Illi vero nec dubii, fero ut erant corde, ad eum venientes cum aliam causam

y) Buxa F, G. z) Tout le passage compris entre qui commoventes e/ in

Francia, es£ cite par Waitz comme original (p. 113). Il n'y a; en réalité. que les membres de phrases écrits ici en gros caractéres qui sotent imputables

á à Adémar. Le reste est dans les Gesta (v. éd. Krusch. p. 295). Le ms. n'a pas ces passages originaur. a) Rodomo À, D, E. b) ut eam deest A.

c) obsiderent A. d) incides F, G. e) Fredegundis F, G.

1, Forét de Boixe, prés 5t Amand-de-Boixe (Charente).

36 ADEMARI CHRONICON

suggerere simularent, abstractis scramsaxis utraque ei latera fe- riunt. Át ille vociferans ac corruens, emisit spiritum, mortuusque est. Illic et homicidae illi corruerunt. Chilpericus namque nesciens mortuum esse fratrem suum, timebat alia die sequente a fratris hoste se hoccupari, usquequo Fredegondis rei veritatem ei pre- dixit, mortuum esse fratrem suum. Tunc egressus Chilpericus a Turnaco ! cum uxore sua ac populo, vestitum Sigebertum vesti- bus ornatis apud Lambros vicum sepelivit. Unde postea Sues- sionis in basilica Sancti Medardi juxta patrem suum Clotharium sepultus est. Mortuus est autem anno xiij regni sui. Illo quoque mortuo, Brunichildis cum filiis suis Parisius residebat plena luctu, nesciens quid agere deberet. Gundoaldus autem dux ad- prehensum Childebertum filium ejus parvulum furtim per noctem abstulit, et cum eo in Austrum fugit. Collectisque gentibus super quas pater ejus regnaverat, regem eum constituerunt.

32. Chilperieus vero rex Parisius veniens apprehensam Brunichildem apud Rodomum civitatem in exilio retrusit, the- saurosque ejus quos Parisius detulerat, abstulit, et filias ejus Meldis urbe teneri precepit. Chilpericus enim filium suum Mero- veum cum exercitu ultra Ligerem dirigit. At ille; relicta ordina- tione patris, dum per Cinomannicum reversus matrem suam Audoveram visitare se fingeret, l'otomagum civitatem veniens, ibi Brunichildi regine conjungitur, eamque sibi in conjugium copulavit. Hec audiens Chilpericus, quod scilicet contra fas et legem canonicam uxorem avunculi sui accepisset, nimis amarus 8 festinanter ad ipsam urbem perrexit. Illi vero cum cognovissent quod eos separare decerneret, ad basilicam Sancti Martini que est ligneis tabulis super murum constructa confugiunt. Rex vero cum eos per ingenium inde" eicere non posset, dolose eis jurat quia, si voluntas non fuerit eorum, ille eos nequaquam separa- ret. Hec sacramenta illi audientes, de ipsa basilica egressi sunt ; osculatisque ! dolose, epulavit cum eis. Post paucos autem dies, ipso Meroveo assumpto, Suessionis civitatem rediit. Cum ibidem morarentur, de Campania hostes colliguntur contra Chilpericum. Ille similiter exercitum commovit, ad pugnam direxit. Campa-

f; Tornaco F, G. g) amaro animo F, G.— h) inde deest F, G.— i) oscu- lansque F, G.

LIBER PRIMUS 37

nienses nimis cesi, in fugam dilabuntur, multosque ibi nobilissi- mos viros occidit. Que postquam acta sunt, rex Chilpericus propter conjugationem Brunichildis vel maleficia, Meroveum suspectum habebat. Et reversus de ipsa hoste ac pugna, irritatus a Fredegunde, expoliatum eum armis commendatumque custo- dibus, tractat quid de eo facere deberet. Post hec eum tondit ac presbyterum ordinari precepit, et cum veste sacerdotali monas- terio Innisona, in Cinonnanicum, eum direxit, ut illic regulari ordine vivere deberet?. lllo tempore Sanctus Germanus, Pari- siorum episcopus, plenus virtutibus, migravit ad Dominum et in basilieam Sancti Vincentii cum gloria sepultus est!. Post hec Childebertus junior legationem ad Chilpericum misit propter Drunichildem, matrem suam, et ille pacifice reddidit eam. Tunc Samson, filius Chilperici, mortuus est.

33. Chilpericus autem rex descriptiones novas et graves, per consilium Fredegundis, in cuncto regno suo fieri jussit. Erat enim illa ancilla nequissima, sed, propter pulchritudi- nem vultus, eam rex nimis amabat, et mala consilia semper audiebat ab illa et eam credebat super omnes consiliarios

Francorum*. Pro quibus descriptionibus malis, multi, relin- quentes villas, civitates vel possessiones proprias, alia regna pecierunt, dicentes melius esse peregrinari quam tali periculo subjacere. Sic enim fuerat statutum ut possessor de propria terra unam auforam vini per arpennum redderet. Sic et de reli- quis terris ex universa substantia faciebant, similiter et de mancipiis cuncta agebant. Populus vero valde oppressus, vocife- rabatur ad Dominum. Eodem tempore, rex Chilpericus graviter egrotavit. Quo recuperante, filius ejus Junior, necdum baptizatus, aegrotare ccpit. Qui baptizatus vix convaluit fraterque ejus senior nomine Clodobertus corripitur valida tabe et morbo. Fre- degundis vero, plena dolore filiorum et gemitu, ait ad regem repentens !: « Nos diu male agentes pietas divina sustentat. Nam

j^) Post hec eum tondit... vivere deberet deest C.— k*) Ce passage original manque dans C. 1) repenitens F, G.

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1. C'est depuis lors que St Vincent est devenu St Germain-des-Prés,

298 ADEMARI CHRONICON

« nos febribus et aliis malis corripimur et emendare neglegimus. « Ecce jam perdimus filios, ecce jam lacrime pauperum, lamenta- « cio viduarum, suspiria orfanorum interimunt ". Ecce auri et « argenti immensa pondera, cellaria et horrea plena redundant, « et nescimus cui congregamus ea.Ecce quod pulchrius habeba- « mus, perdimus : quid nobis proderunt ista omnia ? Nunc vero « tibi placeat consilium meum et jube reddi quod male pervasimus, « et descriptiones novas quas injuste nequiterque fecimus jube « incendi, ut si natos" perdimus, vel penam perpetuam evada- « mus. » Tune rex, conpunctus corde, tradidit omnes descrip- tiones iniquas ad comburendum igni. Post hec puer parvulus filius ejus moritur. Quem cum grandi merore Parisius in basi- lica Sancti Dionisii martyris deportantes, sepelierunt. Deinceps Clotbertus *, filius eorum alius, cum egrotare cepisset, compo- nentes eum in feretro?, Suessionis basilica Sancti Medardi duxe- runt. Proicientesque eum ad sanctum sepulchrum, voverunt vota pro eo. Sed media nocte deficiens, mortuus est. Quem in basilica Sanctorum martyrum Crispini et Crispiniani sepelierunt. Magnus quoque planctus hie omni populo: fuit. Nam mulieres cum viris suis lugentes flebant nigris vestibus indute, percussis pectoribus, hoc funus sunt prosecute, et multa * munera ac dona Chilpericus rex ecclesiis vel pauperibus et multas villas" lar- gitus est.

34. Eo anno Justinus imperator amens effectus, xvri1 anno imperii sui apud Constantinopolim civitatem obiit, Tiberius quoque imperium ejus suscepit. Post hec Theodericus puer, filius Chilperici, mortuus est. Peperit quoque alium filium his diebus Fredegundis quem Clotarium vocaverunt. Hic fuit postea rex magnus, qui genuit Dagobertum. Childebertus itaque Auster cum hoste in ltaliam abiit, ipsam devastavit et tributariam fecit. Maxime quoque discordie in illis diebus inter Chilpericum et Childebertum, nepotem suum, crescebant. Irritabant enim eos ex utrisque partibus Fredegundis et Brunichildis. Eo quoque tempore mortuus est bone memorie domnus Guntramnus rex, frater Chilperici regis, Cavilono'*, civitate Burgundie, in basi-

4 m) nos interimunt EF, G. n) nata À. 6) Clodobertus D, F, G. p) phe- retro F, G. q) multa deest F, G. r) et multas villas deest F, G.

s; Cabilone G.

LIBER PRIMUS 30

lica Sancti Marcelli martyris sepultus. Regnavit autem annis XXXI. Fredegundis vero filiam suam, nomine Ricundem, cum magnis opibus et infinitis thesauris in Hispanias ' Leuvildo regi uxorem filii sui cum magna legatione Gothorum direxit. Erat autem Fredegundis regina pulchra et ingeniosa nimis atque adultera. Landricus quoque tunc erat major domus palacii, vir ingeniosus et utilis, quem memorata regina amabat multum, quia in luxuria commiscebatur cum ea. Quadam autem die, matu- rius mane, cum rex ad venationem exercendam de villa Calense in Parisiaco dirigeret, cum amaret eam nimis, reversus in came- ram palatii de staplo equitum", illa capud suum abluebat aqua in ipsa camera; rex vero retroveniens, eam in natibus de fuste percussit. At illa, cogitans quod Landricus esset, ait : « Quare « sie facis, Landrice?» respiciensque sursum vidit quod rex esset, et nimis expavit. Rex vero, tristis effectus, in ipsam vena- tionem perrexit. Fredegundis vero vocavit ad se Landricum et enarravit hec omnia que rex fecerat dicens : « Cogita quid « agere debeas, quia crastina die ad tormenta valida exhibe- « bimur. »Et ait Landricus, contrito spiritu, commotus lacrimis : « Tam mala hora te viderunt oculi mei ! Ignoro enim quid agere « debeam, quia comprimunt me undique angustie. » Et illa dixit el : « Noli timere, audi consilium meum et faciamus hanc rem et « non moriemur". Cum rex de venatione, clauso Jam die, ad « noctem venerit, mittamus qui eum interficiat et proclament « quod Childebertus, rex Auster, insidiatus ei est. Illoque mortuo, « nos cum filio meo Clotario regnemus. » Cumque nox advenis- set, revertente Chilperico rege de venatione, missi sunt homi- cide inebriati vino* a Fredegunde, et dum rex de equo descende- ret, euntibus reliquis personis ad mansiones suas, ipsi gladiato- res percusserunt regem in ventrem suum duobus scramsaxis. At ille vociferans mortuus est. Adclamaverunt autem insidiatores quos regina miserat: « Insidie, insidie sunt hec Childeberti, « regis Austri, super dominum nostrum regem. » Tunc exerci- tus huc illucque discurrentes, cum nihil invenissent, reversi

t) Hyspaniam F, G. u) stabulo equorum F, G. v) movemur A. x) et A.

AQ ADEMARI CHRONICON

sunt ad. patriam suam.Malulfus itaque, Silvanectensis episcopus, qui in ipso palatio tunc aderat, indutum eum * vestibus regalibus, in navi levatum, cum hymnis psallentium cum Fredegunde nequam ancilla regina vel reliquo exercitu Parisius civitate in basilica Sancti Vincentii martyris sepelierunt. Regnavit autem annis xxii. Fredegundis autem cum Clotario rege parvulo, filio suo, et Landrico, quem majorem domus palatii elegerunt, in regno resedit. Franci quoque predictum Clotarium regem parvu- lum super se in regno statuerunt.

35.— Audiens autem Childebertus rex Auster, filius Sigeberti, nepos Chilperici, avunculum suum mortuum et maleficia Frede-

gundis, hostem collegit. Nam defuncto patruele suo, regnum Burgundie ipse acceperat. Burgundiones et Austrasii superio- resque Franci, simul commoti cum grandi exercitu, valde per Campanias digressi, pagum Suessionicum cum Gundoaldo et Wintrione patriam vastantes ingrediuntur. Hec audiens Frede- gundis, cum Landrico et reliquis Francorum ducibus hostem congregat, Brinacum veniens villam, multa dona et munera Francis dedit, exhortans eos ad pugnandum contra inimicos eorum. Cum autem didicisset quod nimius esset exercitus Aus- trasiorum, consilium dedit Francis qui cum ea erant, dicens : « De nocte consurgamus ad eos cum lucernis. Portent socii qui « nos precedant ramos silvarum in manibus, tintinnabulis super . « equos ligatis, ut nos cognoscere ipsorum vigiles custodes non « queant. Inlucescente initio diei, irruamus super eos et forsitan « eos devincemus *. » Placuitque eis hoc consilium. Cum autem denunciatum fuisset placitum, qua die ad preliandum in loco nuncupante Trucia, in pago Suessionico, convenire deberent, illa sicut consilium dederat de nocte consurgens cum armorum appa- ratu cum ramis in manibus vel reliquis que superius diximus, ascensis equis *, Clotarium parvulum regem in brachiis vehitans, usque Truciam pervenerunt. Cum autem custodes hostium Aus- trasionum ramos silvarum quasi in manibus agminum P Franco- rum cernerent, et tinnitum tintinnabulorum audirent, dixit vir ad

y) regem F', G. z) devineimus 4. agmine A, D.

aj equitibus À. b) montibus

LIBER PRIMUS A1

socium suum : « Nonne hesterna die in illo loco et in illo loco « campestria erant? Quomodo nunc silvas cernimus Et irridebat alter dicens : « Certe inebriatus fuisti, modo deluas. Non audis tin- « tinnabula equorum nostrorum Juxta ipsam silvam pascentium ? » Cum hec agerentur* et aurora diei initium daret, irruerunt Franci cum strepitu tubarum super Austrasios et Burgundiones dormientes cum Fredegunde vel Clotario parvulo interfeceruntque maximam partem de hoste illa, et innumerabilis multitudo maximus valde exercitus cecidit a majore usque ad minorem. Gundoaldus quoque et Wintro per fugam dilapsi, vix evaserunt. Landricus vero inse- cutus est Wintrionem, ille vero per auxilium equi velocissimi evasit. Fredegundus vero cum reliquo exercitu usque HRemis accessit, Campaniam succendit^ atque vastavit et cum multa preda et spoliis reversa est Suessionis civitatem f cum exercitu *uo.

36. Eo: tempore Childebertus rex Auster habebat filios duos, seniorem ex concubina, nomine Theodebertum, juniorem vero ex regina, nomine Theodericum ; ipsumque cum avia sua Bruni- childe in Burgundiam in regnum Guntranni regis magni direxit. Eo enim tempore mortua est Fredegundis regina et sepulta est in basilica SanctiVincentii martyris, Parisius. Theodericus itaque rex Burgundie erat pulcher et strenuus ac callidus nimis. Hic, per consilium avie sue Drunichildis, hostem maximum in Durgun- dia congregans, contra Clotarium, patruelem suum, direxit. Clo- tarius hec audiens, commoto Francorum exercitu, contra eum festinus perrexit. Convenientibusque simul cum hostibus in pago Senonico super fluvium ÁArvanam et pugnam invicem concitanti- bus, populus tantus ibidem cecidit, ut ipse fluvius de corporibus mortuorum repleretur, illaque aqua currere non valeret pre san- guine coagulato. In ipsa pugna fuit angelus Domini, gladio eva- ginato super ipsum populum. Clotarius rex lesum cernens exer- citum suum, in fugam dilapsus est secus fluvium Sequanairn, et Malitonensem castrum ingressus, postea Parisius penetravit. Theodericus vero regionem illam devastans atque succendens, usque Siscionam vicum cum multis spoliis reversus est.

c) agerent A, D, E. d) et mortuus est E. e) accendit F, G. f) civi- tate A.

A2 ADEMARI CHRONICON

37. Clotarius namque a Parisius exiit et. Arelauno silvam ingressus est. Drunichildis enim quotidie pejora consilia ipsi Theoderico ministrabat dicens: « Quare negligis et non requiris « thesaurum patris tui ac regnumejus de manu Theodeberti, cum « Ssclas eum non esse fratrem tuum, quia in adulterio ex concu- « bina patris tui procreatus fuit. » Hec audiens Theodericus, fero ut erat corde 5, hostem plurimum commovit et contra Theo- debertum, germanum suum, direxit et Tulbiacum castrum ad pugnam egressi sunt. Illis fortiter. pugnantibus, Theodebertus lesum videns exercitum suum, in fugam versus Coloniam civitatem ingreditur. Theodericoitaque terram Riboariensem succendente ac devastante, populus ille sub ejus manibus se tradidit dicens: « Par- « ce, domne rex, nos et terra nostra Jam tui sumus, noli amplius « delere populum.» Etille dixit : « Autadducite mihivivum Theo- « debertum, aut abscisum capud ejus mihi afferte, si vultis ut vobis « parcam. » Iliingressi in illam civitatem, alia pro aliis mentientes, dixerunt : « Sie mandat frater tuus : Redde thesaurum patris tui « quod apudte retines et sic posteaillerevertetur cum populo suo. » Cum hec ementiti dixissent, ille cum eis in palatium thesauri sui intravit, cumque apertas archas thesaurorum ornamenta require- ret, unus ex eis, abstracto gladio, retro eum in cervice percussit et acceptum capud ejus sustulerunt per murum civitatis Colonie. Theodericus hec videns, ipsam civitatem adprehendit, thesauris magnis acceptis. Cumque ei ipsi Franci seniores sacramenta jurarent in basilica Sancti Gereonis martyris, visum ei fuit ut percussus fuisset in latere dolose et dixit : « Observate ostia ", « nescio quis me de histis Riboariis percussit. » Cumque revol- vissent vestimenta ejus, non aliud invenerunt nisi signum par- vulum purpureum. Inde enim, cum multis spoliis, reversus est urbem Metensem, ibique Brunichildis regina advenerat, appre- hensosque pueros filios Theodeberti! interfecit, et minorem in albis ad petram, percusso cerebro, elisit.

38. Theodericus itaque videns pulchram filiam Theodeberti, neptem suam, voluit eam ad conjugium copulare. Cui dixit Bru- nichildis : « Quomodo potes accipere filiam fratris tui? » Et ille ait: « Num tu mihi dixisti quod non esset frater meus ? Quare

g) ut erat corde ferox F, G. h) hostia A, D, E. i) Theoderici A.

LIBER PRIMUS A3

« fecisti in me hoc peccatum ut fratrem meum occiderem, inimica? « mala?» Et, evaginato gladio, voluit eam occidere. llla vero a viris nobilibus qui circumstabant erepta, vix evasit, in cameram domus elapsa. In odium itaque nimium habita, pocionem venena- tam per manus ministrorum maleficorum regi porrexit. Theo- dericus vero rex hec ignorans bibit, languensque iniquo spiritu, in peccatis deficiens, mortuus est, et filios ejus parvulos ipsa Brunichildis occidit:

39. His regibus mortuis, Burgundiones et Austrasii cum reliquis Francis pace facta, Clotharium regem .in totis tribus regnis in monarchiam elevaverunt. Rex namque Clotharius, com- moto exercitu *, in Burgundiam dirigit, Brunichildem quasi ad conjugium accipere deberet, ad se venire rogavit pacifice. Illa vero, cultu regali ornata, venit ad eum ad castrum vel fluvium Tiroa. Qui cum eam! vidisset, dixit : « Inimica Dei, cur tanta « mala perpetrasti ? et tantam genealogiam regalem interficere « ausa fuisti ? » Tunc, coadunato exercitu, morte turpissima esse dignissimam Jubente Clotariorege, in camelo levata, et tota hoste "" girata, deinde equorum indomitorum pedibus ligata, dissipati membris, obiit. Ad extremum sepulchrum ejus ignis fuit et ossa ejus combusta sunt. Rex vero per circuitum, pace facta, reversus est. Gundoaldus, nobilis, major domus in aula regis, vir egre- gius atque industrius fuit.

40. Eratque Clothario regi tunc filius nomine Dagobertus, puer efficax atque strenuus, ad omnia sollers et versutissimus. Quem rex adultum una cum Pipino duce in ÁAustros regnaturum direxit. Austrasii vero et superiores Franci congregati in unum, Dagobertum super se regem statuunt. In illis quoque diebus, Saxones, rebelles nimis, commoverunt exercitum gentium pluri- marum contra Dagobertum regem vel Clotharium. Dagobertus vero, collecto hoste plurima ", Hrenum transiit et contra Saxones ad pugnam ire non dubitavit. Illisque valide pugnantibus, Dago- bertus super galeam capitis sui percussus est et abscisa est parti- cula de capillis ejus quam a retro stans armiger ejus collegit. At ille lesum cernens populum suum, dixit ad puerum suum :

j) inimici A. k) commovit exercitum D, E, P, G. lI) ea 4.— m) nocte

E. n) plurima deest, F, G.

A^ ADEMARI CHRONICON

« Perge velociter festinus cum crine capitis mei nunc ad « patrem meum, succurratque nobis antequam cunctus exercitus « corruat. » Qui velociter cucurrit et Ardennam silvam, usque fluvium venit?, ubi Clotarius rex cum exercitu plurimo pervene- rat. Cumque crinem filii sui ei ostendisset, ille nimio dolore commotus, cum strepitu tubarum de nocte consurgens, cum exer- citu Hrenum transiit, et in auxilium filii sui festinus pervenit. Cumque simul conjuncti ? in unum hilari corde manibus plaude- rent, super Visera fluvium tendentes, fixerunt tentoria. Bertaldus, dux Saxonorum, ex alia parte ripe hujus fluminis stabat paratus ad placitum ut ad pugnam procederet. Audiens autem hunc tumultum populi, interrogabat quid hoc esset. At illi responden- tes dixerunt : « Domnus Clotharius rex venit, et ob hoc laetantur « Franci. » Qui respondit cum cachinno dicens : « Mentitos vos! « deliratis cum Clotarium vobiscum habere dicitis, quia nos eum « mortuum? audivimus.»Rex quoque illic stabatloricatus et galea- tus, habens canos crines obvolutos'*. Cumque discoopertum galea apparuisset capud regis, cognovit eum Bertaldus esse regem, ait : « Tu hic eras blare jumente. » Rex valde indignatus hoc convitio, Viseram fluvium ingressus cum equo velocissimo, transnatavit, et fero ut erat corde, Bertaldum* persequebatur. Francorumque exercitus sequentes regem natando vix fluvium cum Dagoberto transibant per gurgites' inmensos. Rex itaque Clotarius persecutus Bertaldum, certabat valde cum eo. Dixitque Bertaldus : « Recede a me, o rex, ne forte interficiam te quia si « prevalueris adversum me, sic omnes homines dicent quod ser- « vum tuum Bertaldum gentilem peremisti, si autem ego interfi- « cero te, tunc rumor magnus in cunctis gentibus audietur quod « fortissimus Francorum rex a servo sit interfectus. » Rex autem nequaquam adquievit dictis ejus, sed magis consurgebat super eum. Equester itaque regis, a longe secutus, regi clamabat : « Confortare contra adversarium tuum, domne mi rex! » Erantque manus regis valde graves, erat enim loricatus, consur- gensque super eum interfecit, sustulitque capud ejus in conto, reversusque est ad Francos. Illi vero lugebant nescientes quid

o) venit deest. A, D, E. p) conjuncta À. q) commortuum 4, D. r) obvolutas À. s) eum F, G. t) urgentes E.

LIBER PRIMUS A5

regi contigisset, et, eo viso, gavisi sunt valde. Rex vero, tota terra Saxonorum vastata, et populo illo interfecto, non ibi majo- rem hominem viventem " reliquid nisi quantum gladius suus', quem spatam vocant, per longum habebat. Hic etenim signum in illa regione statuit reversusque est victor in terram suam.

41. Succedente vero tempore, mortuus est Clotarius rex senex. Regnavit autem annis x.ur. Regnum ejus Dagobertus, filius ejus, in monarchia in totis tribus regnis sagaciter accepit. Fuitque ipse Dagobertus rex fortissimus nutritor Francorum, severissimus in judiciis, ecclesiarum largitor. Ipse enim elemo- sinarum copiam de fisco palatii per ecclesias sanctorum primus distribuere jussit. Pacem in cuncto regno suo statuit, et in multis gentibus rumor ejus personuit. Timorem et metum in universis regnis per circuitum incussit. Ipse pacificus, velut Salomon, quietus regnum obtinuit Francorum. Tunc Audoenus episcopus exortus enituit. Tunc Eraclius imperator crucem Domini de fano Cosdroe, quod erat in Perside, victor detulit in lHieru- salem, et exaltacio sancte Crucis in sua civitate" tunc facta est. Eo tempore, piissimus imperator Eraclius Dagoberto munera misit, et rogavit ut baptizare compelleret omnes Judeos qui erant in omni regno? ejus; quod et factum est. Tunc defuncto Gundolando, majore domus inclito, Dagobertus rex Ercanaldum ?, virum illustrem, majorem domus statuit. Habe- bat igitur predictus rex de regina sua Nantilde, de genere Saxo- norum, filios duos : Sigebertum et Clodoveum. Sigebertum vero majorem filium suum in Austris una cum Pipino duce direxit in regno statuendum, Clodoveum autem juniorem? secum retinuit.

42. Post hec igitur rex Dagobertus, febre valida correptus, egrotans, mortuus est Spinogillo, villa in pago Parisiacensi, et sepultus est in basilica Sancti Dionysii martyris, planxeruntque eum Franci diebus multis, regnavitque annis xui. Clodoveum, filium ejus, Franci super se regem statuerunt, accepitque uxorem de genere Saxonorum nomine Baltildem, pulchram omnique ingenio strenuam. Post hec autem Sigebertus rex Auster, Pipino

u) viventem deest A, D. v) ejus l', G. xj in suam civitatem A, D, E, G. y) regione F, G. z) Erchanaldum E, G. Hercanardum l. a) minorem F, G.

46 ADEMARI CHRONICON

defuncto, Grimaldum filium ejus majorem domus instituit. Defuncto

postmodum Sigeberto rege, Grimaldus filium ejus b

, parvulum Dagobertum totondit, et cum Didone, Pictavensis urbis episcopo, in Scotiam peregrinandum direxit, filiumque suum in regno sta- tuit. Franci itaque hoc valde indignantes Grimaldo insidias pre- parant, eumque capientes ad condempnandum regi Francorum Clodoveo deferunt. Qui mancipatus in carcere Parisius vinculis constrictus, ut erat morte dignus, quod in dominum suum exer- cuit, valido cruciatu vitam finivit.

43. Eo tempore, Clodoveus rex brachium Sancti Dionisii martyris, diabolo instigante, abscidit, et per idem* tempusregnum Francorum casibus pestiferis concidit. Fuit autem ipse Clodoveus omni spurciciae deditus, fornicarius et inlusor feminarum, gule et ebrietate? contentus, hujus morte et fine nihil dignum historie referunt, quia nequitie se subdidit. Habuit tres filios ex Batilde regina : Clotarium, Childericum et Theodericum. Qui, postquam regnavit annis xvi, mortuus est, et Clotarium filium ejus super se Franci regem statuunt.

44.— Eo tempore defuncto Ercanaldo, majore domus, Franci in incertum vacillantes, prefinito consilio Ebroinum hujus hono- ris altitudine majorem domus in aula regis statuunt. His diebus, Clotarius rex puer obiit, regnavitque annis ir et. Theodericus frater ejus elevatus est rex Francorum. Childericum itaque alium fratrem ejus in Austros una cum Vulfoado duce regnum suscipere dirigunt. Tunc Franci adversus Ebroinum insidias preparant, et super Theodericum insurgunt, et eum de regno eiciunt, crinesque capitis amborum vi abstrahentes incidunt et Ebroinum tonsum Luxovio monasterio in Burgundiam dirigunt, et mittunt in Àus- tros legationem propter Childericum. Qui cum Vulfoado* duce veniens in regnum f Francorum elevatus est. Erat vero ipse Chil- dericus nimis levis et omnia incaute peragens, et Francos valde opprimens maximum scandalum eis faciebat. Nam unum Francum, nomine Bodilonem, ad stipitum tensum cedi valde sine lege pre- cepit*. Quod videntes Franci, in ira magna commoti, Ingobertus videlicet atque Amalbertus et reliqui majores natu Francorum,

b) deest depuis majorem jusqu'a filium ejus F. c) perinde À.— d) ebrie- iau A. e) Vulfoaldo E. f) regno E. g) percipit A.

LIBER PRIMUS A7

sedicionem contra ipsum Childericum concitant. Bodilo cum reliquis super eum surrexit, insidiatus et regem interfecit una cum regina ejus pregnante, quod dici dolor est. Vulfoaldus per fugam vix evasit et in Austros reversus est. Eratque in hoc con- silio beatus Leodegarius, Augustidunensis" episcopus, et Gerinus, frater ejus, consentientes. Ebroinus denique capillos crescere sinens, congregatis in auxilium sociis ! hostiliter a Luxovio coeno- bio egressus, in lF'ranciam revertitur cum armorum apparatu. Ad beatum vero Audoenum direxit quid ei consilium daret. At ille per internuncios hoc solum scriptum dixit ei: « De Frede- « gunde tibi subveniat in memoriam. » At ille, ingeniosus ut erat intellexit. Et, denocte consurgens, commoto exercitu, usque Isera* fluvium veniens, interfectis custodibus, ad Sanctam Maxentiam iransiit, et ibi quos reperit de insidiatoribus suis occidit. Leude- sius una cum Theoderico rege et sociis quamplurimis per fugam evasit et Ebroinus eos persecutus, Bacivo villa venit et thesauros regales apprehendit. Post hec Crisiaco veniens, regem Theoderi- cum recepit et Leudesium data fide sub dolo ad se venire man- davit. Quo facto, Leudesium interfecit et principatum sagaciter recepit, sanctumque Leodegarium episcopum diversis penis damp- natum gladio ferire jussit, Gerinumque fratrem ejus dira pe- na dampnavit. Reliqui vero Franci socii eorum per fugam vix eva- serunt, nonnulli vero in exilium pervagati, propriis facultatibus privati sunt.

459. Eo tempore, decedente Vuolfoado de Austro, Martinus et Pipinus junior, filius Andegisili, decedentibus regibus, domi- nabantur in Austria, donec tandem aliquando hi duces in odium versi contra Ebroinum, exercitu plurimo Austrasiorum commoto, contra Theodericum regem et Ébroinum aciem dirigunt. Contra quos Theodericus et Ebroinus cum hoste occurrerunt in loco nuncupante! Lucofao, qui simul cunjuncti sese invicem cede ma- gna prosternunt. Corruitque ibi infinita turba populi. Austrasii autem devicti, in fugam lapsi, terga verterunt, et Ebroinus cede magna insecutus est eos, vastavitque maximam partem illius re- gionis. Martinus per fugam elapsus, Lugdunum Clavatum ingres-

h) Augustudunensis F, G. i) auxilio consciis E. j) apparatis A D, E. k) Visera, F, G. 1) nuncupato F.

18 ADEMARI CHRONICON

sus, illic se reclusit. Pipinus autem altrinsecus vixevasit. Ebroi- nus, patrata victoria, reversus est, veniensque cum exercitu ircreco" villa nuncios dirigit ad Martinum ut, datis sacramentis, cum fiducia ad regem Theodericum veniret, hoc dolose et fallaci- ler super vacuas capsas ei jurantes. Ille vero,credens eis, Ercreco veniens, ibi cum sociis suis interfectus est.

46. KEbroinus itaque magis ac magis Francos crudeliter op- primebat donec tandem aliquando Ermenfredo Franco insidias parare dissimulat. Ille quoque, nocte clam super eum sagaciter consurgens, prefatum Ebroinum interfecit atque ad Pipinum in Austros fugiens evasit. Franci vero, consilio inito Waratonem ", virum illustrem, in loco ejus, cum jussione regis, majorem domus palatii constituunt. Accepitque Warato inter hec obsides a pre- dicto Pipino et pacem cum eo iniit. Erat id temporis memorato Waratoni filius efficax industriusque, fero animo et acerbis mo- ribus, insidiator patris sui eumque ab honore generositatis sup- plantans et erat nomen ei? Gislemarus. Cui beatus Audoenus epis- copus prohibuit ne hanc nequitiam contra patrem inferret, quod ille audire contempsit. Fueruntque inter ipsum Gislemarum et P:- pinum bella civilia et multae discordiae.Qui, ob injurias patris vc! alia peccata crudelia?, a Deo percussus, iniquissimum spiritum exalavit Juxta quod sanctus Audoenus ei predixerat. Illoque de- functo, Warato iterum honorem pristinum nactus est. Sub his diebus beatus * Audoenus, Rotomagensis episcopus, plenus dic- rum ac virtutibus preclarus, Clepiaco villa regali in suburbana Parisiorum civitate migravit ad Dominum, et cum gloria in basi- lica Sancti Petri Apostoli Rotomagum civitate sepultus est.

47. Succedente temporum curriculo, predictus Warato defunctus est, fuitque ei matrona nobilis ac ingeniosa nomine Ansefledis. Franci quoque" in diversa tendentes vacillabant. Inte- rim, Bercarium quendam statura pusillum, sapientia ignorabilem, consilio inutilem, majorem domus oberrantes statuunt Franci in- vicem divisi.Et Pipinus ab Austrasiis consurgens, commoto hoste quamplurimo, contra Theodericum regem et DBercarium aciem dirigit, conveniuntque ad prelium in loco nuncupante Textricio *. .

m) Ercreto F, G. nj Warantonem D, E, G.— o) ejus E, F, G. p) cru- deliter F, G. qj beatus deest F, G. r) quippe A. s) Textrico

F, G.

LIBER PRIMUS A49

Illisque inter se' belligerantibus, Theodericus rex una cum Ber- cario majore domus terga verterunt, et Pipinus victor extitit. De- cedenti tempore Bercarius ab adulatoribus occisus" est instigante Anseflide. Post hec Pipinus Theoderico regi cepit esse in prin- cipale regimine major domus et, thesauris acceptis, Nordeberto de suis quodam cum rege relicto, ipse in Austria remeavit. Erat- que Pipino principi uxor nobilissima et sapientissima nomine Plectrudis, et ex ipsa genuit filios duos. Nomen majoris, Drogo, nomen junioris Grimaldus, et Drogo ducatum Campanie accepit.

48. Obiit autem Theodericus rex postquam regnavit annis xviii, et Clodoveus, filius ejus, sedem regalem puer suscepit, pro- genitus ex regina Crochilde. Nec multo post ipse Clodoveus rex puer mortuus est, regnavitque annis " rt. Childebertus frater, vir inclitus, in regno statutus est et Nordebertus mortuus est. Et Gri- maldus *, Pipini principis filius Junior, in aula regis Childeberti major domus effectus est. Pipinus multa bella gessit contra Rat- bodum gentilem, vel principes alios, et contra Suevos, et quam- plurimas gentes. Et Grimaldus genuit filium ex concubina, nomine Theodobaldum. Sub idem tempus Drogo filius Pipini defunctus est, habebatque Pipinus prefatus princeps ex alia uxore nomine Calpiade filium Carolum, virum elegantem, egregium atque utilem. Tunc bone memorie gloriosus rex Childebertus migravit ad Do- minum et regnavit annnis xvit, et sepultus est Cauciaco* monas- terio in basilica Sancti Stephani prothomartyris. HRegnavitque Dagobertus filius ejus pro eo. Habebat igitur Grimaldus uxorem in matrimonio nomine Theotsindam, filiam Rabodi *, ducis genti- lis. Eratque ipse Grimaldus, major domus, pius, modestus, man- suetus et justus. Eo tempore egrotabat^ Pipinus, genitor ejus, et dum ad eum visitandum accessisset, nec mora in basilica Sancti Lamberti martyris Leudico peremptus est a Ratgario gentile, filio Belial. Teotbaldum vero, jubente avo, in aula regis in honore patris sede sublimi statuunt.

49. Eo tempore, Pipinus brevis supradictus, pater Drogo-

t) incerte À, G. u) occisum est À. v) annos A. x) Grimoaldus D. y) mortuus est F, G. z) Calciaco F, G. a) Ratbodi E, F, G. b) egrotavit F, G.

50 ADEMARI CHRONICON

nis et Grimaldi et Caroli Martelli, correptus febre valida, mortuus est, optinuitque principatum sub suprascriptis regibus annis xxvii et dimidio. Plectrudis quoque cum nepotibus suis vel rege cuncta gubernabat sub regimine discreto. Et postquam mortuus est supradictus Pipinus vetulus vel brevis, qui fuit proavus domni Karoli imperatoris magni, Franciin Francos in- vicem irruunt in Cosia silva, et sese mutuo durissima cede pros- ternunt, fuitque eo tempore validapersecutio. Theodoaldus autem, per fugam lapsus, ereptus est, et Ragenfredum in principatu ma- jorem palatii elegerunt. Qui, commoto exercitu, cum rege supra- dicto puero Dagoberto Carbonariam silvam transeuntes, usque Mosam fluvium terras illas vastaverunt et succenderunt, et cum hadbodo duce gentili amicitias feriunt. Tunc Plectrudis, uxor Pipini vetuli, cepit per ingenium Karolum Martellum, filium Pi- pini supradicti de alia uxore Calpiade, qui, dum sub custodia tene- retur, auxiliante Deo*, vix evasit!.

50. Sequenti? tempore Dagobertus rex egrotans mortuus est, regnavitque annis v. l'ranci vero Danielem quondam cleri- cum, cesarie capitis crescente, in regem elevant, et mutato nomine, Chilpericum vocant. Tunc exercitum movent, et usque Mosam fluvium contra Karolum Martellum dirigunt, et ex alia parte Fre- sones cum hatbodo duce consurgunt. Karolus Martellus super ipsos irruit, et maximum dispendium de sodalibus suis perpessus, per fugam lapsus abcessit. Succedente tempore, Chilpericus cum . Ragenfredo hoste commoto, Ardennam silvam ingressus usque Hrenum fluvium vel Coloniam civitatem pervenerunt, vastantes terram, et thesauro multo a Plectrude, uxore Pipini defuncti *, acceptol, reversus est. Karolus Martellus super eos irruit in loco qui dicitur? Amblava, et maximam partem de exercitu eorum pros- travit.

91. Eo tempore predictus Karolus, exercitu commoto, contra Chilpericum et Rageníredum consurgit. Contra quem illi hostem

c) Domino, F, G. d) Ce passage, depuis Tunc Plectrudis, est signale par Waitz comme original (p. 114). Il. se trouve pourtant, avec une simple diffe- rence de forme et la mention en moins d'un nom propre, dans les Gesta regum. En voici les termes: Carlus his diebus cum captus a Plectrude, femina sub custodia teneretur, auxiliante Domino, vix evasit. e) Subsequenti F, G. f) accepto deest A, D, E. g) qui dicitur deest D, E, I/, G.

LIBER PRIMUS 541

colligunt, bellum accelerant, sed Karolus Martellus pacem fieri postulat. Illis contradicentibus egressi sunt ad prelium in loco nuncupante Vinciaco ", inlucescente dominica die xir kl. aprilis in quadragesima. lllis quidem fortiter bellantibus, Chilpericus rex cum hagenfredo terga vertit et Karolus Martellus victor exti- tit, et regionibus illis vastatis et captivatis, cum multa preda in Austros reversus est. Deinde reversus Coloniam civitatem cepit et cum Plectrude, noverca sua, uxore Pipini patris sui, discep- tavit et thesauros patris sui recepit, regemque sibi statuit Clota- rium, consanguineum suum, filium Clodovei, qui fuit filius Dagoberti. Chilpericus itaque et Raenfredus Eudonem ducem Aquitanie expetunt in auxilium et munera multa ei tribuunt. llle, hoste Vuasconorum et Aquitanorum commoto, contra Karolum Martellum perrexit. At ille constanter occurrit ei intrepidus. Eudo territus, resistere non valens, fugit et reversus est fugiendo usque Parisius. Inde Sequanam fluvium transiit et ad urbem Aurelianis venit et Chilpericum cum thesauris regalibus! adduxit secum et ultra Ligerem accedens, vixque evadens terminos regionis sue cum Chilperico penetravit. Karolus persecutus eum usque Turonis, non repperit et reversus est. Eo anno Clota- rius rex, consanguineus ejus, obiit. Sequenti anno Karolus lega- tionem ad Eudonem direxit et amicitias cum eo fecit, Chilpericum mandans ut redderet. Eudo Chilpericum ei reddidit cum multis muneribus et Karolus Martellus, Chilperico recepto, regem eum constituit, oblitus cunctorum que in eo fecerat malorum, sed cum Raenfredo? amicicias facere noluit. Rex Chilpericus urbe Noviomo veniens, morbo obit, et regnavit annis vi. Franci vero Theodericum, filium Dagoberti junioris, in mo- nasterio Cala* enutritum, super se regem statuunt, consensu Karoli Martelli. Karolus vero princeps Raenfredum insecutus, Andegavis civitatem obsedit et, vastata regione eadem, cum plurimis spoliis reversus est et major domus effectus est ipse Karolus Martellus in regno Francorum. Sequenti anno

h) Viciaco F. i) magnis F, G. j; Ragenfredo F, G. X) Calac F, G.

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52 ADEMARI CHRONICON

Andegavis civitatem fortissime debellans cepit et Raenfredo interfecto reversus est !.

59.— Per idem tempus rebellaverunt Saxones et Karolus prin- ceps contra eos hostem commovit ac debellans eos victor reversus est. Evoluto anni circulo, coacta! agminum multitudine, Karolus Martellus Hrenum transiit, Alamanniam et Sueviam penetravit et usque ad Danubium accessit et, transmeato Danubio, fines Bau- garenses occupavit. Et subacta regione illa, cum multis thesauris et uxore patris sui Plectrude que timore ejus illuc fugerat et cum nepte sua Sonichilde victor in Franciam reversus est. Per idem tempus EÉudo dux a jure federis recessit. Quo comperto per inter- nuncios, Karolus princeps, commoto exercitu, Ligerim fluvium ^ transiit, et fugato Eudone, thesauris multis ab eo acceptis et populata ipsa terra, remeat ad propria. Tunc Eudo dux cernens se superatum atque derisum, gentem perfidum Saracenorum ad auxilium convocat contra gentem Francorum. Qui egressus de Hispania cum rege suo, nomine Abderrama, Garonnam transeunt, Burdegalam urbem perveniunt, ecclesias concremant, populos consumunt gladio, et usque Pictavis profecti, basilicam Sancti Hilarii igne concremant et ad domum Sancti Martini Turonis evertendam properant. Contra quos Karolus princeps audaciter aciem ministravit et, super eos irruens non longe a Pictavis ? ten- toria eorum subvertit, et cunctum exercitum eorum sternens in ore gladii, regem eorum Abderrama peremit et victor Franciam rediit et ex tunc omnes ceperunt eum cognominare Martel- lum, quia sicut martellus cunctum ferrum subigit, sic ipse, Deo" adjuvante, cuncta prelia frangebat.

53. Sequenti anno idem egregius bellator Karolus regionem Burgundie sagaciter penetravit, fines regni illius leudibus suis

l1) coacto A. m) fluvium Ligeris F, G n) Domino D, E. DEREN MNENENE MEME M.Kui ei o ccsoecocsl o

1. Tout ce passage n'est pas entiórement original. Il est combiné des dernieres lignes des Gesta Hegum et d'un fragment correspondant des Conti- nmuations de Frédégaire, auxquelles Adémar va emprunter maintenant la matiére de quelques paragraphes. (V. ed. Krusch dans les Scriptores rerum merov, p. 17^ pour les Continuations, et p. 328 p. les Gesta.)

2. Celte désignation de lieu, qui ne se trouve pas dans les Continuat. de Frédégaire, n'a pas été signalée comme originale par Waitz.

LIBER PRIMUS 53

probatissimis viris inlustribus ad conterendas gentes rebelles in fide statuit, et, pace patrata, Lugdunum civitatem suis fidelibus tradidit,et firmatis federibus Judiciariis reversus est victor fiducia- liter agens. In illis quippe diebus Eudo dux mortuus est. Quod audiens, Karolus Martellus, inito consilio procerum suorum, denuo Ligerim transiit usque Garonnam et Durdegalam civitatem venit et castrum Blavia cepit obsidione, et totam illam regionem subjugavit cum urbibus ac suburbanis, et victor cum pace reme- avit. Deinde ad crudelissimam gentem Fresonum maritimam nimis crudeliter rebellantem, navali evectione certatim prope- ravit et altum mare intrans penetravit insulas eorum Amniam, Strachiam? et Astracham et super Buronem fluvium castra ponens Bobonem ducem illorum fraudulentum consiliarium interfecit, et omnem exercitum Fresonum gladio prostravit, fana eorum idolatra contrivit et combussit igne, et cum magnis spoliis et preda victor reversus est in regnum Francorum. Iterum commoto exercitu, Burgundiam dirigit, et de Lugduno usque Massiliensem urbem vel Arlatum? cuncta in suam potestatem subegit et cum magnis thesauris et muneribus in sedem Francorum remeavit. Item con- tra Saxones paganissimos rebellantes, qui Hrenum fluvium con- sistunt, strenuus vir Carolus hostem commovit Francorum in loco ubi Lippia fluvius Hrenum intrat. Quo transmeato, maximam par- tem regionis illius prostravit et gentem illam sevissimam tributa- riam fecit et plures obsides ab eis accepit, sicque victor, opitulante Domino, remeavit ad propria.

94. Eo tempore, gens fortissima Hismahelitarum quos Sarracenos corrupto vocabulo nuncupant, irruperunt* Hrodanum fluvium, consencientibus infidelibus Christianis, et per dolum et fraudem cum rege suo Mauranto, Avennionem urbem munitissi- mam ac montuosam ingrediuntur, et collecto multo agmine Sara- cenorum, vastabant per circuitum omnes regiones. Tunc vir egregius, Karolus dux, germanum suum Childebrandum ducem, virum industrium, cum reliquis ducibus et comitibus cum apparatu hostili illuc direxit. Qui propere ad eandem urbem pervenientes, tentoria instruunt, undique circa ipsum oppidum et suburbana

o0) Amnamstrachiam F. p?) Arelatum EF, G. qp) opitulante Domino, deest F, G. —r) irruerunt F, &.

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preoccupant, et aciem instruentes, munitissimam civitatem obsi- dent. Et Karolus belligerator mox insecutus est eos cum forciori hoste et predictam urbem aggrediens, muros circumdat, obsidio- nem coacervat. Tunc, jubente Deo, in modum Hierico, cum stre- pitu Francorum et sono tubarum, cum machinis et restium funi- bus, muros arripiunt et mox menia murorum corruunt5, et urbem munitissimam ingredientes succendunt, omnes Sarracenos trucidant et suam dictionem cuncta restituunt. Victor igitur atque bellator insignis Karolus Hrodanum fluvium transiit, Gothorum fines penetravit et Narbonam celeberrimam et metropolim urbem eorum obsedit, super Adice fluvium, et munitionem in giro, in modum arietum, construxit, et regem Sarracenorum, nomine Atimot', cum satellitibus suis ibidem reclusit. Hec audientes majores natu et principes Sarracenorum, qui commorabantur in regione Hispaniarum, coadunato exercitu hostium " cum alio rege, Amorre nomine, viriliter armati consurgentes preparant se ad prelium contra Karolum Martellum. Contra quos Karolus odcu- rit super fluvium Birra* in palatio valle Corbaria. IHlisque mutuo confligentibus, Sarraceni devicti atque prostrati sunt, et cernentes regem suum interfectum, in fugam lapsi, terga verterunt et qui evadere potuerunt cupientes navali evectione fugere, in stagnum maris natando, mutuo se cohortantes insiliunt et mox Franci cum navibus preoccupatis, jacula armatoria super eos proiciunt et suffocatos in aquis interimunt. Sicque Francorum populi* trium- phantes de hostibus predam magnam et spolia capiunt, et, capta multitudine Sarracenorum captivorum, Carolus regionem Gothi- cam depopulat et civitates famosissimas, Narbonam et Nemausum", Agatem et Beteris * funditus destruunt, menia et muros confrin- gentes etigne subposito concremant ; Franci et omnia castra et suburbana ejusdem regionis exterminaverunt. Et devicto adver- sariorum agmine, Christo in omnibus presule, qui est capud salutis et victorie, salubriter remeavit Karolus cum Francis in solio principatus sui?. Sequenti anno, in mense febroario, predic- tum germanum suum Hharolus cum plurimis ducibus et

s*) Tunc jubente... et urbem deest C. t) Atinot D, F. u) hostium deest E, G. v) Birea F, G. x) populi deest A, D, E. y) Nemausiam F. G.

z Beteris deest E. a) Ici commence une autre paragraphe dans G.

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comitibus, commoto exercitu, in partes Provincie direxit et postea insecutus est eum, ad urbem Avennionem accedens, cunctam regionem usque litus maris magni dominationis? sue subdidit, et fugato rege* Sarracenorum, nomine Aronto, in inte- rioribus tutissimis rupibus maritimis, omni regione adquisita, Karolus victor regressus est, nullo contra eum rebellante. Et reversus Karolus in Franciam egrotare cepit in villa Vermeria super fluvium Iseram. Tunc mortuus est Theodericus rex, fius Dagoberti junioris, et Karolus Martellus in ipsainfirmi- tate sua jussit elevare in regem Hildericum, fratrem Theo- derici.Qui vecors erat,sicut et frater ejus fuerat,sed meliorem illo non poterant Franci invenire de prole regali. Eo tempore beatus Gregorius papa secundus misit Karolo principi claves venerandi sepulchri Sancti Petri cum vinculis ejusdem apostoli et cum muneribus magnis et infinitis per legationem, quod antea in nullis temporibus visum aut? auditum fuit, eo pacto ut Homanos defenderet de Langobardis qui multa mala in terra sancti Petri faciebant. Ipse itaque Karolus mirifico honore ipsam lega- tionem recepit, et per missos suos, id est Grimonem, abbatem Corbonensis monasterii, et Sigebertum, reclusum basilice Sancti Dionisii martyris, ad limina sanctorum Petri et Pauli misit mul- ta munera preciosa cum ipsis legatis Gregorii pape.

Igitur Karolus, consilio optimatum suorum expetito, filiis suis regna divisit. Et primogenitum suum Carlomannum sublimavit in Alamannia atque Toringia, alterum Pipinum misit in Durgun- diam et Eustriam*, Franciam et Aquitaniam. Ipso anno, Pipinus dux, commoto exercitu cum avunculo suo Childebrando duce et multitudine satellitum Francorum, Burgundiam dirigit et fines regionum preoccupat. Interim, quod dici dolor est!, nova signa in sole et luna et stellis apparuerunt, et ordo sacratissimus paschalis turbatus est per multas regiones per errorem et ignorantiam caleulatorum, qui bene nesciebant terminum paschalem repperire, et per multas civitates celebratum est pascha vel

b) dominationis dees? A. c) fugam regem A. d) nec E, F', G. e) Leus- triam F, G. f) dolorem A.

22. oct.

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in marcio, vel in aprili, vel in maio. Tunc Karolus Martellus basilicam Sancti Dionisii martyris Parisius muneribus multis ditavit, veniensque Carisiaco, villa palatii super Iseram fluvium, valida febre correptus, obiit in pace& anno septingentesimo qua- dragesimo primo ab incarnatione Domini. Et retro in alio anno dum turbacio fuit de pascha, debuit esse dominicus dies resurrectionis Kristi octavo kl. maii, quod fuit in ultimo anno cicli decemnovenalis, fuitque. terminus. pasche. dominica Osanna xv kl. mair'. Regnavit autem Karolus annis xxv, sed non est vocatus rex, quia ipse non permittebat seregem vocari nisi ducem Francorum, quia pueris regibus deferebat hono- rem nominis regalis, Theodorico videlicet et Childerico, quamvis ineptis, prudentia et sensu carentibus. Obiit xi kl. novembris, cunctis in gyro regnis adquisitis", sepultusque est in basilica Sancti Dionisii martyris.Pipinus autem vetulus, pater ejus, regnavit annis xvi in puerorum regum fideli- tate ?.

55. Igitur postquam Karolus Martellus, major domus, mor- tuus est, filii ejus Carlomannus et Pipinus pius, majores domus, duxerunt exercitum contra Unaldum!, ducem Aquitanorum, cepe- runtque castrum quod vocatur Loccas. Et in ipso itinere divise- runt regnum Francorum inter se, in loco qui dicitur Vetus Picta- vis, sicut pater eorum preordinaverat eis. Eodemque anno Car- lomannus Alamanniam vastavit. Deinde ipse duo fratres inierunt pugnam contra Odilonem, ducem Bajoariorum, et prostraverunt omnem exercitum ejus cum ipso, et Carlomannus in Saxonia cepit castrum Hoseoburg, et Theodoricum, ducem eorum, cepit. Item alia vice cum Pipino perexit in Saxoniam et omnia subjugavit in sua potestate. Tunc, a Deo inspiratus, Carlomannus confessus est Pipino, germano suo, quod voluisset seculum relinquere et in

g)in pace deest. F, G. h) adquitis À. i) Hunaldum F, G.

1. Ce passage original est intéressant pour l'histoire dela diplomatique.

2. Páques fut le 2^ avril en 740.

3. Ici Adémar commence ses emprunts aux Annales Laurissenses (Pertz, Seriptores, t. I, pp. 124-146).

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eodem anno nullum fecerunt exercitum, sed preparaverunt se uterque, Carlomannus ad iter suum, et Pipinus quomodo germa- num suum honorifice direxisset cum muneribus. Tunc Carloman- nus Romam pergens ibi se totondit, et in Sirapti monte monas- terium edificavit in honore Sancti Silvestri. Ibique aliquandiu ! stetit, et inde propter inquietudinem saeculi et principum Franco- rum qui ad Deum veniebant, ad Sanctum Benedictum in Cassinum usque pervenit et ibi monachus effectus est.

56. Eo tempore Grifo dux fugitin Saxoniam, et Pipinus pius iter faciens per Toringam, in Saxoniam introivit usque ad fluvium Missala in loco qui dicitur Scannigi, et Grifo fugiens in Bajoariam venit, ipsumque ducatum sibi subjugavit. Hiltrudem cum Tassi- lone adquisivit, et Switger* in solatium Grifonis venit. Pipinus autem, cum exercitu iter faciens illuc, totam DBajoariam sibi sub- jugavit, Grifonem secum adduxit et Lanfredum et per suum bene- ficium Tassilonem collocavit in ducatu Bajoariorum, Grifonem vero in Neustrie partes misit et dedit ei duodecim comitatus. Inde iterum Grifo! fugiens Wasconiam petiit et ad Waiferium, ducem Aquitanorum, pervenit. Tunc dolentes Franci, quia non habe- bant prudentem regem, sed jam per multos annos sustinuerant de regali prole insipientes viros, voluerunt elevare in regem Pipinum pium. Qui noluit adquiescere, sed adunatis cunctis primoribus Francorum, ex parte eorum misit Rome DBurca- dum", Wirzeburgensem episcopum et Golradum capellanum suum ad papam Zachariam. Qui, ex parte Francorum, interro- gaverunt de regibus in Francia qui, propter suam amentiam, illis temporibus non habebant regalem potestatem, si bene fuisset, an non. Et Zacharias papa, cum consilio nobilium Romanorum, mandavit Francis ut melius esset vocari regem illum qui haberet prudentiam et potestatem quam illum qui, sine regali potestate, solo nomine rex erat. Et ut non conturbaretur ordo regalis, jussit per auctoritatem apostolicam, Pipinum fieri regem qui erat de sanguine regali Francorum. Tunc Pipinus pius, filius Karoli Mar- telli, a cunctis Francis unanimiter gaudentibus electus est invitus

j)aliquando F, G. k) Suitger F, G. 1) Gripho F, G. m) Bur- chardum F, G.

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*-

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ad regem et unctus per manus sancte memorie Donefacii archi- episcopi, et elevatus est in regno" Suessionis civitate?. Childeri- cus vero, qui falso rex vocabatur solo nomine, tonsoratus est et in monasterium missus.

57. "* Pipinus igitur rex in Saxoniam iter fecit, et Hildega- rius episcopus ejus occisus est a Saxonibus in castro Juberg, et Pipinus victor extitit et pervenit usque ad locum qui dicitur Pümia. Ipso anno Grifo qui in Wasconiam fugitivus erat, a germano suo occisus est in dolo. Tunc Stephanus papa venit in Franciam adju- torium et solatium querens a Pipino? pio pro justicia sancti Petri. Similiter et Carlomannus monachus, germanus supradicti regis, per jussionem abbatis sui Franciam venit, ut reportaret in Cas- sinum corpus sancti Benedicti". Stephanus vero papa confir- mavit Pipinum unctione sancta in regem, et cum eo inunxit duos filios ejus Karolum, postea imperatorem, et Carlomannum in reges. Et domnus Bonefacius, archiepiscopus in Fresia, verbum Dei predicans, factus est martyr Christi*. Et Pipinus rex per aposto-

n) regnum A, D, E. o) Anno ab incarnatione Domini pccr add. C en marge. p*) Anno igitur pccLur Pipinus... C. q) a deest A, D, E. TA) venit, quasi ad conturbandam peticionem aposton dot unus MR :; anno, supradictus apostolicus Stephanus... C. s*) Anno vero sep- tingentesimo Lv sepe nominatus papa Stephanus cum e rege Pipino, post dedicationem Parisius in ecclesia beati Dionysii factam, iter in Aquitaniam faciens, usque ad locum qui Fliacus nominatur, devenerunt. Ibi enim piissimus rex Pipinus, divino monitus nuncio, monasterium in honore mundi Salvatoris construxerat, ad cujus consecrationem ipsum papam secum adduxerat. Sed divino preventus est miraculo. Nam, nocte diem consecrationis precedente, a nonnullis voces psallentium in eccle- sia eadem audite sunt, et die illucescente subito, nubes densissima, suavissimo flagrante hodore, totam ipsius templi superficiem ita coo- peruit ut omnino ingredi volentibus aditum denegaret. Circa vero illius ilerciam diei horam, nube discedente, domnus papa Stephanus cum episcopis ac clericis et rex serenissimus Pipinus ecclesiam ingredientes, parietes et altaria sacra unctione divinitus consecrata conspexerunt. Unde nimium admirati maximoque gaudio repleti, supradictus pontifex et rex clementissimus Pipinus, innumeras Deo gratias reddentes, eidem ecclesie diversos honores, villas, possessiones, castella ac plurima loca contulerunt, videlicet monasterium de Junante olim a potentissimo Francorum rege Clo- doveo constructum ac post multorum curricula annorum nimiis pluviarum fluviorum inundationibus funditus eversum, et monasterium de sancti Quin- üni de Galliaco, et heremitarum Conchense cenobium aliasque quamplures ecclesias, ac maximam partem cireumadjacentium regionum esse sub jure ipsius ecclesie constituerunt, ac ab omni humano servitio liberam fieri nisi sola Romani pontificis tuitione propriis privilegiis sancxerunt. His ita- que sollempniter pactis, Stephanus papa cum rege in Franciam reversi sunt. Eodemque tempore Pipinus rex per... add. C. (Un lecteur du 16? s. a écrit en marge de ce passage : hic habetur quomodo monasterium | Figiaci fuit edifficatum et divinitus consecratum.)

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licaminvitationem in Italiam perrexit querendo justiciam beati Petri apostoli. Aistulfus, rex Langobardorum, supradictam justiciam ve- tendo, Sclusas Longobardorum petiit etobviam Pipinoregi venitet inierunt bellum, et, Domino auxiliante et beato Petro apostolo in- tercedente, Pipinus rex victor extitit cum Francis. Eodemque anno Stephanus papa reductus est ad sanctam sedem per missos domini regis Pipini. Inclusus vero Aistulfus rex Papia civitate, justiciam sancto Petro pollicitus est se facere. Unde rex Pipinus obsides xr recepit et cum sacramento firmatis reversus est in Franciam. Carlomannus autem, monachus Vienna civitate, remansit una cum DBertrada regina infirmus, et languebat per dies multos et obiit in pace'*. Dum autem rex Pipinus prospexis- set" ab Aistulfo Longobardorum rege ea non esse vera" que antea promiserat de justiciis sancti Petri, iterum iter peragens in Italiam, Papiam obsedit et Aistulfum inclusit, et magis magisque de justiciis sancti Petri confirmavit, ut stabiles permanerent, sicut promiserat, et insuper liavennam et Pentapolim et omnem exar- chatum conquisivit et sancto Petro tradidit. Et reverso Pipino rege in Franciam, cupiebat Aistulfus nefandus mentiri et irrumpere sacramenta que ei juraverat, et quadam die, in venatione, subito percussus judicio Dei, mortuus est.

58. Interea misit Constantinus imperator regi Pipino cum aliis donis organas mirificas quas in Francia posuit. Tunc rex Pipinus habuit placitum cum Francis in Compendio, ibique Tassilo, dux Bajoariorum, in vassatico se commandans, per manus suas sacramenta juravit multa super reliquias sanctorum manus imponens et fidelitatem regi promisit Pipino et filiis ejus, domno Karolo et Carlomanno, sicut vassus dominis suis esse debet ; sic confirmavit supra corpora sanctorum Dionisii, Rustici et Eleu- therii, sancti Germani et sancti Martini ut omnibus diebus vite sue sic conversaret sicut sacramentis promiserat. Similiter homi- nes ejus majores natu juraverunt et ipso anno, Natale Domini et Pascha celebravit* in Corbonaco. Deindein Saxoniam per virtutem intravit in loco qui dicitur Sitnia" et multas strages de Saxonibus fecit. Et tunc Saxones polliciti sunt contra Pipinum facere omnes

t*) DCCLX add. C. u) perspexisset F, G. v) vera deest D, E, F. x) celebravit rex F, G. y) Sithnia F, G.

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voluntates ejus et honorifice se presentare, per singulos annos, in placito suo usque in equos trecentos. Et natus est regi Pipino filiis cui nomen suum imposuit, qui in tercio anno postquam natus est mortuus est ipse puer. Celebravitque Nathalem* Domini in Longlare et Pascha in Jopila. Tunc rex Pipinus cernens Wai- ferium, ducem Aquitanie, non consentire justiciis ecclesiarum et partibus Francorum, consilio inito cum Francis, venit in Aquita- niam usque ad locum qui dicitur Tedoat. Quod videns Waiferius, timore plenus, misit Otbertum et Cladinum?, comites, regi Pipino deditque eis obsides Adalgerium et Iterum comites ut omnia red- deret que rex Pipinus querebat in causis ecclesiasticis, et cele- bravit Nathalem et Pascha in Carisiaco rex Pipinus. Tunc Wai- ferius dux, minime cogitans de obsidibus vel de sacramentis suis, supra Pipinum regem exercitum commovit, quasi vindictam ^, venitque usque ad civitatem Cavalonnum. Et dum rex Pipinus sinodum suum teneret in villa que dicitur Dura, nunciatum est ei quod Waiferius in omnibus mentitus est. Tunc, cum Karolo filio suo primogenito veniens in Aquitaniam, cepit castella quorum nomina sunt hec : Burbonnis, Cantella*, Clarmontis, ita per pug- nam cepit. Et in. Arvernis multa alia castella cepit. per pugnam et multa castella per placitum se subdiderunt in ejus dominio. Et propter iram Waiferii ducis decertando supradictam provin- ciam pervenit usque Lemovicas, et quia non eum susceperunt Lemovicenses in pace, fortiter expugnans cepit ipsam civitatem et Inuros ejus destruxit, et celebravit Nathalem Domini? in Cari- siaco villa. Tercio veniens rex Pipinus in Aquitaniam cepit civi- tatem Bituricam et castrum Toarcis, et celebravit ipso anno Nathalem et Pascha in Gentiliaco villa. Tunc habuit placitum suum in Nivernis, et quartoiter faciens in Aquitaniam vastando pervenit usque Cadurciam, et revertendo per Lemovicas contulit Sancto Martialii bannum aureum quod ceperat in prelio Waiferii, simulque* donavit villam deSancto Valerico* canonicis Sancti

z) natalem F, G. a) Gladivum F, G. b) quasi vindictam deest F', G. c) Castella F, G. d) et pascha E, F, G. e*) bannum... simulque: deest C.

1. St Voulry, ancienne paroisse prés Limoges. (Haute-Vienne).

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Martialis. Et canonicis Sancti Stephani dedit villam que dicitur Salanniacensis! et remeavit in Franciam, et celebravit Nathalem et Pascha in Longlare. Tunc Tassilo dux Dajoariorum postposuit sacramenta et omnia que promiserat regi Pipino et per malum ingenium se inde seduxit'. Et dum Pipinus rex esset in Aquitania, ipse Tassilo per ingenia fraudulenta se subtrahens, Bajoariam petiit et numquam amplius faciem supradicti regis vi- dere voluit. Tunc Pipinus habuit placitum suum ad. Warmatiam et ipso anno in Franciam resedit, pertractans quid faceret contra Waiferium et Tassilonem, et celebravit Nathalem et Pascha in Carisiaco villa.Sequenti anno placitum suum habuit ad Attiniacum villam et nullum aliud iter fecit et celebravit Natalem et Pascha in Aquisvilla. Alio annorex Pipinus perexit quinta vice in Aquita- niam et placitum suum habuit in Aurelianis civitate, et castrum Ar- gentomum quod Waiferius destruxerat restauravit, et Francos ibi" misit qui continerent Aquitaniam. Similiter in Dituricas Francorum scaram collocavit et celebravit Natalem Domini in Salmontiaco villa, et Pascha in Gentiliaco.

59. Rex vero Pipinus in Gentiliaco habuit placitum et sino- dum magnam! inter Romanos et Grecos et Aquitanos et Francos de fide sancte Trinitatis et de sanctorum imaginibus que ponun- tur in ecclesiis, et postea contra Waiferium pergit in Aquitaniam cepitque pugnans Narbonam, et Tholosam, et Albiensem atque Gavaldanum, et reversus est in Franciam, et celebravit Pascha in Vienna civitate. Eodem anno, mense augusto, iterum sexta vice properat Aquitaniam, et Dituricas tenuit sinodum suum cum omnibus Francis, more solito in campo. Inde iter pergens usque Garonnam pervenit, et multas rocas et speluncas conquisivit, et reversus per Lemovicas cepit castrum Scoralliam! et Torren- nam *, et Petruciam, et celebravit Natalem Domini in DBituricas. Sequenti anno domnus Pipinus pius septima vice pergit Aquita-

f) deinde subduxit F, G. g) dum domnus F, G. h) sibi A. i) ma- gnum A, D, E. j) Coralliam F, G. k) Torennam FI, G.

1. Solignac, cant. et arr. Limoges.

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niam et cepit Remistannum castrum, et pervenit usque Sanc- tonas civitatem, et ibi, capta matre Waiferii et sorore ejus et nepte ejus in Capitolio, inde perexit usque ad Garonnam in locum qui dicitur Montis. Ibi Éroicus princeps adduxit ei aliam. soro- rem Waiferii captam et celebravit Pascha rex Pipinus! in castro quod dicitur Sels. Octava vice rex Pipinus cum Dertrada regina pergens Aquitaniam, et in Sanctonas civitate dimisit reginam cum familia sua, et ipse Petracoricas " perrexit. Ubi, commisso bello cum Waiferio, occisus est Waiferius, et victor extitit, Deo jubente, rex Pipinus et cum triumpho victorie reversus est Sanc- tonas. Ibique per aliquod dies commorans egrotare cepit, et per partes Turonorum revertens, ad sanctum Dionisium pervenit et ibidem obiens finiit, planxeruntque eum Franci planctu magno, et regnavit Karolus magnus filius ejus pro eo.

l) rex Pipinus dees? E, F, G. m) PetragoricasEL, G.

LIBER SECUNDUS

CAPITULA !

I. De genealogia domni Karoli regis et computatione annorum ab origine mundi.

II. De aqua sicienti exercitui Francorum divinitus attributa et ecclesia Sancte Marie ab igne defensa. III. Quod domnus Karolus Papiam