This is a reproduction of a library book that was digitized by Google as part of an ongoing effort to preserve the information in books and make it universally accessible.

Google books $$s

https://books.google.com [=]

Google

À propos de ce livre

Ceci est une copie numérique d’un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d’une bibliothèque avant d’être numérisé avec précaution par Google dans le cadre d’un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l’ensemble du patrimoine littéraire mondial en ligne.

Ce livre étant relativement ancien, 1l n’est plus protégé par la loi sur les droits d’auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression “appartenir au domaine public” signifie que le livre en question n’a jamais été soumis aux droits d’auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à expiration. Les conditions requises pour qu’un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d’un pays à l’autre. Les livres libres de droit sont autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont trop souvent difficilement accessibles au public.

Les notes de bas de page et autres annotations en marge du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir du long chemin parcouru par l’ouvrage depuis la maison d’édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains.

Consignes d’utilisation

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages appartenant au domaine public et de les rendre ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. Il s’agit toutefois d’un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées.

Nous vous demandons également de:

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l’usage des particuliers. Nous vous demandons donc d’utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un quelconque but commercial.

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N’envoyez aucune requête automatisée quelle qu’elle soit au système Google. S1 vous effectuez des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer d’importantes quantités de texte, n’hésitez pas à nous contacter. Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l’utilisation des ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile.

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet et leur permettre d’accéder à davantage de documents par l’intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en aucun cas.

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l’utilisation que vous comptez faire des fichiers, n’oubliez pas qu’il est de votre responsabilité de veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n’en déduisez pas pour autant qu’il en va de même dans les autres pays. La durée légale des droits d’auteur d’un livre varie d’un pays à l’autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier les ouvrages dont l’utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l’est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous vous exposeriez en cas de violation des droits d’auteur peut être sévère.

À propos du service Google Recherche de Livres

En favorisant la recherche et l’accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le frangais, Google souhaite contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer

des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l’adresse http : //books.gqoogle.com

RP PR qe cm due D. nn -Guérall r Om nn un à a —— | | ] à + rage LE] + u a RE LOU Loan er het à Le, j à , m6 ... .

Ad #2

ÉLL

He |

D ES 4

71

LAN CR NE tre ON PRESENT PAU AT TR ne RTS BU A: IN ln 2 VON 7 EL vil à * LP De À ur

JS

.

. L s T + L + AN De à \ h en” À . - Lu C'EN fe OI x à a ùC7( Nr. 2 APRES CLR TER ; 22 Jre A ' FSU LR Vers JS TT APS fe CARLA TE ol ST ' \f

» re + : Ye AT " Fes

æ

Et

pr

Par 27 fr

sr TT rer

pe

(ET À

CN LT Ce

. : US CATS

a

PAPE se 4 W, . # "+ \ QE 2 2 | d * À PACE ANNE 7 ss js PTE À AA 4e LS x Vas q Moss a à Ag AA ar A4 An A AAA,

P, “AuMA2D. ANS R£26AE SAT ass \ SA FA A 1/47 AARA"* et As AR AAAAA AA RLRE

" Æ AS Añn A AA AAAA A ATEN

D: 212 - 22 8 AA sait z A/ Pan Ta R + = 2 S22:£ A nn nat AAA AE AAA: : / À:Â: 21228 PAPAS nan RRAA AAA die aRAAAA AAA | AAA AAA A 1 af AAIRER RAA A A ana A AR ARA ANT AATARTRS AY AAA DR AARTÀ! RRRRMGA RARE RÉRRERRS Sn AARAÈ À AAA 2 RAA

ee LF = à AA L rs A2 AA M AAA 2 AA AA: zAfâ

AA _ RE a sil Ua \ À Ai 22 An À YA AT AA - AL ANR pe tt \éthags ve AAA ARARARRE RARE af

ME AAA RER

S ARE MEN nr A pas AE? ns F2 222 TARA RAR AA ARS AT ARR ANA RAARAAR AA OR RE RRRAAAAAARAAARAA A AARAARAARA"

| æ

7 mn Pr

VE

D AN 'Ee

n ASAR

. «Ar

ERP 7. un

PAT A2 | AA F4 4 rer V7 } ludli nf - A À SARA aidias. AA A4 a À 2 | AAA%A LA 2 pate Len FA , PA SA 0/1 32% : AAC «A TIAAAAAA A" k sRAN an TT er s 7" _ARAA A à nPT NES. Len æ D ACTA <

! ï tes da

ARAA AAA anAre RAA ATAUIA CES

- à " = pa 2 = + LILAS n : PA Î # “a | A Aï = a AN WY = + s % AA ai | ”. " .

A "'añaaf Nan

>

YF 02e

}

>)

> > 2») pin

> » »

Mere RC EAÀ à D AAAAA ANT ARENA n | À. A A;

NS

RRnn arr

A aA me +. PPS pa AA PSE AU AAA AAA AR SR PARA 2

?

}

A } D Dh? >_

32: DD

» A : Anna AA pRronree ARA PA à un LEE Me ann RE $ | À ANR À AARAr c AARAA AAî SA : AAA RAA A NArT | ON ITU af ACER ARAN AQU RARr SANT LATE à al: | ALT RP ee ACT ANRT APRES “ER à A” A M SAR AE N AAA Las Fra ET No à À M AA A NUE SAC A AAA CS | A PL L ss An An AAA nAME > a RRAIE AAMAAne #77 À Æ = 5 à Ra sa RU (us aan AAA 2PAR 2" n" AAù AA AfanAîr AC] A PA AT N... as ro de out | aus ARARRRRR AS nn R Æ pApe À AA À R ARAAA SRE | ‘ati | T an auf AT AAA NARNIA A7 AN"

AY.

322.0. 28

fi FE ELR FALL he L ue | ; | | CHRONIQUE DE METZ DE JACOMIN HUSSON 1200 1525

D'APRÈS LE MANUSCRIT ‘AUTOGRAPHE DE COPENHAGUE ET CELUI DE PARIS

PAR

H. MICHELANT

Bibliothécaire au département des manuscrits de la Bibliothèque impériale Membre du Comité des travaux historiques Membre honoraire de la Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle Correspondant de l'Académie impériale de Metz, etc., etc.

e

<<

0. METZ

ROUSSEAU-PALLEZ, ÉDITEUR

° INPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ D'ARCHÉOLOGIE ET D'MSTOIRE .DE LA MOSBLLE

14, RUE DES CLERCS

…—

M.R.eCC.LXX

CHRONIQUE

DE METZ

DE JACOMIN HUSSON

—— ntm marne 2

CHRONIQUE

DE METZ ,

#

DE JACOMIN HUSSON

1200 1525

PUBLIÉ D'APRÈS LE MANUSCRIT AUTOGRAPHE DE COPENHAGUE ET CELUI DE PARIS

} PAR

H, MICHELANT

Bibliothécaire au département des manuscrits de la Bibliothèque impériale Membre du Comité des travaux historiques ° Membre honoraire de la Société d'archéologie et d'histuire do la Moselle Correspondant de l'Académie impériale de Metz, etc., cie.

+

METZ

_ ROUSSEAU-PALLEZ, ÉDITEUR

IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOCIE BE LA MOSELLE

14, RUE DES CLERCS

M.D.CGC.LXX

Ce lpte veux

INTRODUCTION

La chronique de JacominHusson complète à peu près l'historiographie messine pour la fin du quinzième siècle et le commencement du seizième ; mais il faut avouer qu’elle n’y ajoute rien d’essentiel ni de neuf; si l’on se demandait pourquoi elle est parfois dénuée de l'intérêt que l’on trouve dans d’autres documents analogues, on verrait qu’il faut attribuer ce défaut à l’infériorité relative de l'écrivain que la date de sa naissance a placé entre deux hommes supérieurs sous plus d’un rapport; ils nous ont en effet laissé des rela- tions plus importantes et plus complètes que la sienne, sur laquelle elles ont eu en outre le privilége d’une publicité antérieure. De ces rivaux, le premier était Jean Aubrion que ses contemporains nous peignent comme : « ung tres élo- » quent homme, saige et discret, tout plein de bon conseil.

» bien renommé, grand coutumier, et toujours plein de

II | | INTRODUCTION.

» bonnes nouvelles. » Son Journal nous donne le récit exact et détaillé de tous les événements qui se sont passés à Metz et dans le pays Messin depuis 1464 jusqu’en 1501. Malgré les incorrections du style, c’est une des sources les plus précieuses pour cette époque, source à laquelle n’ont pas manqué de puiser ses successeurs, notamment Jacomin Husson, qui, venu immédiatement après lui, avouait n'avoir fait que le reproduire, bien qu’il ait plus tard cru devoir supprimer ce témoignage, consigné de sa propre main !. Il n’a pas à la vérité copié servilement Jean Aubrion; il l’'abrége en beaucoup d’endroits ou n’ajoute que des détails de peu de valeur; mais tout en tenant compte d’un aveu, sur lequel il a pensé avec raison pouvoir revenir, il ne faut pas perdre de vue que Jacomin Husson, qui faisait remonter sa chronique jusqu’au douzième siècle, a rempli toute la période antérieure à 1464, par des récits empruntés à d’autres chroniqueurs, parmi lesquels nous citerons plus particulièrement le doyen de Saint-Thiébaut, qui lui-même reproduisait Guillaume de Nangis et ses continuateurs. Cette partie de sa rédaction forme environ le tiers de son ou- vrage ; en outre, depuis 1501, Jacomin Husson ne suit plus Aubrion qui avait cessé de vivre; à partir de sa com- pilation prend un caractère plus original ; et comme. cette partie comprend à peu près le dernier tiers de sa chronique, nous ne pouvons pas le considérer comme un simple pla- giaire ; nous irons même plus loin, en supposant qu'il a pu

Voir la note 222, p. 343.

INTRODUCTION. mn

Ÿ

fournir quelques matériaux à un autre chroniqueur que son génie naturel a mis à la tête de tous les écrivains d’un pays peu lettré à la vérité; mais ces emprunts seraient insignifiants, et Philippe de Vigneulles, malgré l’infério- rité de son origine et le manque d'instruction première, | grâce à ses heureuses dispositions, nous a laissé dans ses Mémoires et plus tard dans ses grandes Chroniques, un monument bien plus curieux’ que le travail de son pré- décesseur. |

Pour n'avoir pas la même importance, ce dernier n’est cependant pas sans valeur ; d’abord il nous fournit quelques fois des indications omises par d’autres chroniqueurs et qui peuvent servir à contrôler leurs allégations; ensuite, et c'est un de ses principaux mérites à nos yeux, il nous- offre un nouveau type de cette bourgeoisie du quinzième siècle, qui commençait à s'intéresser aux affaires du pays et.

croyait utile de consigner les événements qui la frappaient ;. _les observations malignes qu’elle y ajoutait nous montrent un nouveau réveil de l'esprit public et en quelque sorte une renaissance du mouvement historique. En effet, ce ne sont-plus des clercs, des religieux, des chanoines comme. Froissart qui s'emparent du domaine de Phistoire. Elle est descendue d’un degré : ceux qui l’écrivent sont des mar- chands, des gens de métier, bons bourgeois, exerçant une certaine influence dans leur voisinage , dont il faut quelque- fois prendre Pavis dans des circonstances délicates pour leur faire embrasser plus chaudement les intérêts de la cité. Tel avait été, à un degré supérieur, Aubrion qui avait occupé le

IV INTRODUCTION.

poste de secrétaire dans diverses ambassades et avait parti- cipé à des affaires importantes comme jurisconsulte : tel Philippe de Vigneulles que ses voyages, sa fortune et sur- tout son esprit et son humeur avaient introduit dans une sphère plus élevée que celle l’aurait appelé sa nais- sance ; tel enfin Jacomin Husson, qui fut délégué à diverses reprises par sa paroisse pour discuter des intérêts graves et qui forme comme un trait d'union entre les deux autres dont il reproduit le type à un degré inférieur, autant que nous pouvons en juger d’après le peu d'indications qu’il _nous a laissées sur lui-même. Soit par modestie ou par toute autre cause, il évite de se mettre en scène et c’est à peine si de son livre nous pouvons tirer quelques ren- seignements sur sa personne.

Il naquit sans doute à Metz, et il ne faut pas le confondre avec un Jacomin Husson, originaire de Pont-à-Mousson, qui d'après une communication de M. Aug. Nicolas, archiviste de la ville, aurait en 1560 prêté le serment exigé des étran- gers lorsqu'ils voulaient se faire recevoir dans la bourgeoisie messine. À quelle époque faudrait-il placer la naissance de notre chroniqueur ? Bien qu’on ne puisse se baser que sur des hypothèses assez vagues, en la fixant de 1455 à 60, on ne s’écarterait pas beaucoup de la vérité. En effet, il signale en 1475 une escarmouche entre les Français de Gorze et les gens de Marange, dans le voisinage de Saint-Ladre, d’où il se sauva à grand’peine. Sans prétendre tirer des con- clusions positives de ce fait, nous pouvons admettre qu’il ne devait guère avoir moins de quinze à vingt ans, ce qui,

INTRODUCTION. V

en 1494, lui en donnerait de trente-quatre à trente-neuf, lorsqu'il accompagna chez le doyen de la ville le Maître- échevin qui venait solliciter pour une femme nommée Belsebonne, démarche qui semble établir qu’il possédait une certaine influence. En 1501, il relate la mort de Jean Aubrion, dont il continue en quelque sorte le journal en abrégé ; en 1509 et 1516, le Conseil de la ville voulant offrir un joyau de valeur à l’évêque de Liége et à la duchesse de Lorraine, en fait l’acquisition chez Jacomin Husson, sans doute comme étant un des marchands les plus en renom et les mieux fournis à cette époque; en 1512, il est élu avec les trois autres délégués de la paroisse Sainte-Croix à la- quelle nous savons qu’il appartenait, comme habitant une maison en Rimport, près de la porte de Moselle, pour délibérer sur une demande de subsides réclamés par l’empereur; et sans doute la considération personnelle dont il jouissait et son âge avaient motivé le choix de ses concitoyens. Nous ignorons à quelle époque il mou- rut, mais comme sa chronique s’arrête brusquement à l'année 1518, nous pouvons placer sa mort à peu près à cette date ; il devait avoir de cinquante-huit à soixante-trois ans.

Si d’un fait isolé nous pouvions tirer quelque indication sur son caractère, l’obligeance avec laquelle, dans une année de cherté, il céda du bois à un pauvre boulanger avec faculté de le lui rendre lorsqu'il serait à bon marché, dénote un homme humain et désintéressé. Sa devise Trop

est trop annonce un esprit modéré ; enfin quelques légers

VI INTRODUCTION.

traits de malice, des réflexions sensées jetées au milieu des événements qu'il raconte, complètent le portrait et offrent un type assez rapproché de Philippe de Vigneulles que l’on peut regarder comme le dernier chroniqueur messin. Celui- ci a poussé son récit jusqu’en 1525, et vingt-sept ans plus tard, le roi de France s’emparait de la ville de Metz. Depuis la perte de son indépendance, Metz, comme République, n'a plus d'histoire proprement dite, ou plutôt elle se rat- tache à celle du pays dont elle fait partie. Cependant la fusion ne s’est pas faite immédiatement ; avant que l’assi- milation soit complète, traitée en ville conquise, la Cité a enduré de longues souffrances, de rudes vexations qui sont consignées çà et dans les Mémoires du temps, sans qu'il ait été permis d'élever trop haut la voix pour faire entendre des plaintes.

Sa chute était du reste facile à prévoir : deux causes sur- ‘tout l’ont amenée. Metz n'avait pas trop de toutes ses forces pour résister à des voisins dont la puissance avait peu à . peu pris un accroissement considérable, tandis que la sienne, même en restant stationnaire, déclinait par le fait. La prolongation du pouvoir dans certaines familles dont le nombre allait toujours en diminuant, avait amené des luttes violentes avec le peuple, qui, fatigué de la tyrannie et des exactions de l'aristocratie, s'était soulevé à diverses re- prises. Il avait même, au quinzième siècle, réussi à secouer le joug; mais la noblesse, revenue après quelque temps d’anarchie, avait abusé de son triomphe et par perdu en partie l’affection et surtout la confiance du peuple, si

INTRODUCTION. VII

essentielle pour le maintien de la chose publique. Dans cet état de décadence, Metz devait tôt ou tard échoir, soit à l'Empire, soit à la France, vers laquelle la poussaient plus vivement sa langue, sa position géographique et ses rela- tions, tandis que ses intérêts et ses affections auraient la rattacher plus intimement à l’Empire, seul capable de la protéger efficacement; mais trop heureuse de s’exempter des charges que lui aurait imposées un lien plus étroit, elle voulait veiller seule à sa défense et ce n’est qu'à regret qu'elle accordait de temps en temps, sous le titre de cadeau ou d'emprunt, des subsides que l’empereur sollicitait sans oser les imposer. Fatale insouciance qui devait ruiner l’in- dépendance d’un petit peuple si jaloux de ce bien, qu’il n'avait jamais pu supporter nulle intervention, nulle im- mixtion dans ses affaires intérieures. Mais ce n’est pas ici le lieu d'entrer dans de semblables considérations et nous avons à nous occuper exclusivement de la chronique de Jacomin Husson et des divers manuscrits qui nous l'ont. conservée.

Le manuscrit original de la Chronique de Jacomin Husson est un petit in-folio ou grand in-quarto, de 180 feuillets cotés, écrit en cursive ; le papier fort, pour l’époque, porte pour marques, sur quelques feuillets seulement, la lettre P, ou une étoile à six ou huit branches grossièrement dessinée. Ces filigranes désignent-ils la fabrique de- Metz, c’est ce que nous ne pouvons décider, faute de termes de compa- raison, mais on peut le suppposer. Ce volume relié en par-

chemin, avec coins et fleurons en or sur le dos et sur Îles

VIT INTRODUCTION.

plats, porte à l’intérieur la vignette bien connue de l’inten- dant Foucault avec ses armes et la légende : « Ex biblio- theca Nicolai Joseph Foucault, comitis consistorianti. » Une grande partie de sa bibliothèque entra dans celle de Colbert; mais la Chronique de Metz”, après avoir passé par les mains de Ludewig, arriva au comte Otton de Thott, qui sur la fin du dix-huitième siècle, légua sa riche collection, qui ne comptait pas moins de 4154 manuscrits”, à la Bibliothèque de Copenhague, elle est conservée sous le 369, fonds de Thott*“. Le premier feuillet, sur la marge inférieure duquel on lit : À. Jourdain, 1642, et le second contiennent diverses séries de sentences rimées, proverbes ou apo- phthegmes, sans valeur, et les trois suivants, plusieurs ballades qui, plus que médiocres sous le rapport de la versification, méritent cependant d’être publiées en raison des indications historiques qui s’y rencontrent. À la suite vient un récit abrégé des origines fabuleuses de Metz, qui n'est que la translation en prose du début de la Chronique rimée ; il est intitulé : « Coment la cité de Mets fuit premier comensée et de qui et coment. Il occupe les feuillets 6 à 8; au % se trouve la délibération prise par les quatre délégués de la paroisse de Sainte-Croix : « assçavoir Michiel Chevers- son, Jehan Nol, clerc des Tresse, Franssoy Calat, Jacomin

Husson, » chargés d'examiner une demande d'impôts faite

* Citée par le P. Lelong, t. IIL, p. 593, 38,773. Catal. Bibliothecæ Thottianæ, tomus VII, Havniæ 1795, &.

*”* Description des manuscrits français du moyen âge de la bibliothèque royale de Copenhague, par L. Abrahams. Copenhague, 1844, in-#°.

INTRODUCTION. IX

par l’empereur en 1512. Au bas de la page on lit d'une écriture du dix-septième siècle : « Metis avara scientiarum noverca. » Le feuillet 10 porte au recto ces indications : « Croniques appartenant à Jacomin Husson, le merchampt,» accompagnées de son monogramme, et d’une main plus récente : et depuis à Jaicques Anthoine Escripvain demeu- rant en la haulte pier, 1598 » suivie de la signature Anthoine avec paraphe. Au-dessous on lit: L’an mil Ile fuit abattue » ly maistre tours de Port Muzelle qui estoit est à present » la mason Jacomin Husson, car on y ait trouvés des » fermettez enmuriée les serre solient elstre et les » chennes solloit estre d’ancienneteit l’une des fort » entrée de la Cité, devant qu’elle fuit agrandie ; et quand » on l’abattont, on trouvont ung escriptures en l’abyme de » la tours, en escript, atours d’ung pille[r]s ceellés de plom » en lestre d’or: Vesy ung ediffiement ediffiez de gens » noble, lequel une foy par faultes de justice serait gou- » vernée et vanrait en main de gens non noble en tempz » à venir & cetera. » Plus bas est transcrit le huitain qui donne la date de la guerre de Lorraine, 1490. Comme cette pièce a été publiée par Huguenin* et par Larchey “*, nous croyons inutile de la reproduire ici, car l’orthographe en est tellement défectueuse qu'il est impossible de la restituer pour y trouver le millésime qu’elle doit indiquer. Le verso jus- qu'au feuillet 16 contient une liste des Maîtres-échevins,

* Chron., p. 56. ** Journal d’Aubrion, p. 257.

X INTRODUCTION.

commençant à 1170, qui n’est autre que celle qu’a donnée D. Calmet, en tête de la Chronique du doyen de Saint- Thiébault. La suite du manuscrit, f. 17 à 180, contient la Chronique écrite de la main de l’auteur avec des ratures et quelques additions sur les marges ; celles du haut portaient la date en titre courant, ce qui facilitait les recherches, : mais le ciseau du relieur en a enlevé une partie. Chaque article commence par un alinéa dont l’initiale se confond avec des vignettes, à l'encre, occupant toute la marge intérieure ; elles représentent des visages grotesques, des animaux vus à mi-corps, des fleurs et des feuillages de divers genres d’un goût et d’une exécution médiocres. Enfin sur le verso du dernier feuillet on lit les noms de Jean de Viller, Johannes de Viller, Didier de Viller, Johannes Gérardin, et au bas, tracé au crayon, le nom d’Anthoine, avec paraphe, déjà inscrit au feuillet 10.

Le second manuscrit 5395 F. Fr. (ancien Cangé 49 et ensuite 402, olim Regius 9864), est un petit in-folio couvert en basane, contenant 113 feuillets cotés, de 38 à 47 lignes ou environ, à la page, sur papier mince, portant pour fili- grane un chameau. Jusqu'au folio 9 il contient une copie assez incorrecte de la Chronique de Jacomin Husson ; le reste comprend une petite Chronique attribuée par M. Prost, à François Le Gournaix ‘. M. Maréchal,. dans le curieux travail qu’il a donné avec M. Didion sur les épidémies dans

+

1 Voir l'excellente notice qu’il a publiée dans les Mémoires de l’Aca- démie de Metz. Année 1859, p. 215.

INTRODUCTION. . XI

le pays messin, avait cité fréquemment ce manuscrit t. À cette époque on avait perdu la trace de celui de Foucault, que l’on n’a su à Copenhague que par une indication in- complète de Pertz et surtout par le catalogue d’Abrahams. Cest d’après cette dernière version que nous nous étions proposé d'établir notre texte ; malheureusement les événe- ments survenus en Danemarck et en Allemagne n'ayant pas permis alors d'obtenir la communication de l'original, il a fallu se contenter de la copie de la Bibliothèque Impériale dont la pagination a été soigneusement indiquée. Cependant l'orthographe en est si irrégulière et s’écarte tellement de la bonne langue en usage à Metz à cette époque, que nous ayons .cru pouvoir ramener ce texte à une meilleure leçon, en prenant pour type les écrits les plus corrects de Philippe de Vigneulles ; et l'original transmis plus tard avec la plus grande facilité par le gouvernement danois, au Ministre de l’Instruction publique, a démontré que la version de Jacomin Hnsson, moins défectueuse que celle du copiste, se rappro- chaït beaucoup du texte, tel que nous avions tenté de l’établir, aussi l’avons-nous suivie exactement à partir de la feuille 40; néanmoins nous ne Croyons pas qu'on puisse employer ce texte pour des travaux de philologie qui demanderaient une grande précision; sous ce rapport on ne connaît que la translation en prose de Garin le Loherain, par Philippe de Vigneulles, ses contes, et sa grande chronique qui

4 Tableau historique, chronologique et médical des maladies endé- miques, épidémiques et contagieuses qui ont régné à Metz, dans et le Pays-Messin depuis les temps les plus reculés, etc. Metz, 1863, in-&.

XII INTRODUCTION.

puissent avec les chartes donner un spécimen de la langue écrite du Pays-Messin au seizième siècle. Un travail gram- matical et lexicographique semblait donc inutile. La chro- nique de Jacomin Husson n'offre aucune difficulté à qui- conque à étudié les documents historiques de cette époque, et en cas de besoin le lecteur trouvera toutes les explica- tions désirables dans le glossaire que M. Larchey a placé à la fin de son excellente édition du Journal de Jean Aubrion. Les notes, quoique nombreuses, paraïîtront peut-être insuf- fisantes à quelques lecteurs ; on n’a pas cherché à les multi- plier pour étaler une érudition assez facile après tout. Les index, qui auraient pu être réunis, ont été scindés dans le but d’intercaler dans celui des noms géographiques tous les faits qui intéressent les localités désignées, afin de faciliter l'emploi de ces indications à ceux qui s’occupent de lhis- toire du pays ; l'index des noms de personnes, aussi com- plet que possible, a semblé pouvoir dispenser d’une table chronologique, qui n'aurait été qu'un abrégé de la chro- nique. À la suite de ces explications, l’éditeur ne se dis- simule pas que son travail ne puisse encore donner lieu à de nombreuses et de justes critiques ; aussi s’arrêtera-t-il, et s'adressant comme Jacomin Husson , au lecteur, il lui dira en toute humilité : « Se il heust mieulx sceu faire ; tres voullentiers l’eust fait. Prenez en grez son petit sens. »

H. MICHELANT.

CRONIQUE qui commence du temps de S' Bernay de plusseurs chouses noutoires et admiratives -advenues permey le monde, et principalement des Papes de Rome, des Roys de France et de plusseurs des sei- gnours d’Almaigne et des Maistres-eschevins de Mets et de plusseurs chouses adrvenues en Mets princi- palement. |

Et premier l'an de graice Nostre Seigneur mil cent et xiii. St Bernard, en l’aige de xxii. ans, entrait en l’orde de Citial. L’an de graice mil cent et xv. l’abaiée de Clerval fuit fondée, et fuit Sainct Bernard le premier abbey, et en celle dite année fuit fondée l’abaiée de Pontigney :.

* En celluy temps fuit fondée l’abaiée de Premonstrés *,

En celluy temps les Romains firent ung pape appellé Jehan; maix pour ceu que l’empereur n’avoit point esteit à l’election, it en fit ung aultre qui fuit appellé Burdin :.

|

2 CRONIQUE.

En celluy temps florissoit maistre Hugue de St Victour, docteur qui fit moult de belle escripture.

En celluy temps avoit. ii. papes à Rome : lung appellé Inocent et l’autre Pierre Léon +; maix por ceu que ledit Pierre Léon estoit plus puissant d’amys que Inocent, ledit Inocent s’en vint en France et fuit receu comme pape des princes et seignours de France et d'Almaigne.

L’an de grace mil cent et xxxi. le roy Loys de France estant fort ancien, considérant qu’il n’avoit guaire à vivre, avoit. ii. filz, Loys et Philippe; ledit roy fit coroner et sacrer roy Philippe son filz à Rains en moult sollempne triumphe et à retorner pour faire son entrée à Paris, en chevalchant parmey Paris en moult grant magnificence, ung pourcial se boutait entre les jambes de son cheval et tellement tresbucha qu’i morut, qui fuit une mervilleuse adventure; et bientost après pape Inocent tint ung concille à Rains auquel fut coroné Loys l’autre filz, vivant encor son père.

L’an- mil cent et xxxi. l’empereur Luther * avecque plus- seurs barons, seignours de France et d’Almaigne, espirituelz et temporelz menait pape Innocent à Rome et le remint en son siège et fuit demis Pierre Léon.

En celluy temps florissoit par bonne œuvre le comte Thiebault de Champaine qui fut père et deffendeur dez vefves femmes et des orphenins; lequel Thiebault engendra Odille qui fut femme au roy Louys de France et mère de Philippe le grant qui conquist maint belle terre et adjoustait au roialme ‘de France.

En celluy temps florissoit aussy Guillame, comte de Navaire, qui fuit homme de moult grant perfection; car il laissait les honnours de ce monde et entra en l’ordre des “AAUIHIeNx pour servir à Dieu.

L’an mil cent et xxxvii. fit si grande sacheure en France que les rivieres, les puis, les fontaines tellirent en plusseurs

lieux, de quoy olt grant necessiteit d’yawes pour bestes et pour gens.

ANNÈE MIL CENT XXXVII. 3

En cellay temps les Juifs qui estoient en Engleterre, prin- rent ung enfant et le crucifièrent 5.

En celluy temps Loys roy de France retorna de 1a Terre- saincte; pour jalosie il répudiait sa femme Aliénor et jurait qu’elle estoit sa cousine, de quoy il perdit la duchié d’Acqui- taine qu’il tenoit de Aliénor sa femme; maix apres ceste répu- diation, Henry, le duc de Normandie la print à femme, per quoy moult grande discension fut entre le roy et le duc; de laquelle Alienor nacquist ji. filles, dont l’une fuit donnée au roy de Castille, de laquelle nacquist Blanche qui depuis fut royne de France, et l’autre fut donnée à Alexandre * empereur de Constantinoble et l’autre au duc de Sansonne, de laquelle nacquist Othe qui depuis fut empereur de Rome; et l’autre fut donnée au comte de Tolouse” ; et après la répudiation de la dite Aliénor, le roy print à femme la fille de l’empereur d’Espaigne; maix assez tost après elle molrut, et puis ül espousæ Odille, l4 seur de Thiebault, comte de Blois.

Apres la mort de Conraid l'empereur tint l'empire Fidry. s

En celluy temps estoit Pierre Lombay qui fut evesque de Paris, lequel compila le volume de sentence qui se lissent maintenant aus escolles et fit les grants glozes sur le Psaul- tier et les glozes sur Îles Espitres de st Paul;

Et en celluy temps estoit celluy Pierre qui fist l'Istoire scolastique. |

En celluy temps furent esleu ii. Papes, pour laquelle chouse grand tribulation fut en l’esglize; car les ungs obéissoient à lung et les aultres à aultre.

En celluy temps furent faits les grants miraicles à Nostre Dame de Rochemadour *. | L'an mil cent Ixxii. l’empereur Fidry (fol. 2) destruit Milam.

En celluy temps l’Arsevecque de Colongne translata les corps des iii. Roys à Colongne, qui estoient à Mila.

En celluy temps pape Alexandre vint en France pour une grande discension qui estoit d’ung qui vouloit estre pape.

À * CRONIQUE.

L’an mil cent et Ixv nacquist Philippe, filz du roy Loys.

En celluy temps avoit ung prevost à Arras, filz d’une poure femme de Chattres, appellé Robert '°, qui tenoit en son gower- nement l’esvechié de Tornais et celle d'Arras et disoit on qu’il avoit ung diable privez qui l’avoit mis en si grant honneur.

En l’an mil cent Ixxix., le jour de la Toussaints, Philippe, filz Loys le debonnaire ‘! fut coronez à Rains, vivant son père qui avoit esteit rois xl. ans, auquel coronement estoit le roy Henry d'Angleterre, qui tint d’une part la corone du josne roy qui n’avoit d’aage que xiüii. ans. Celluy Philippe olt en moult grant réverance le nom de Dieu et des Saincts et fist crier partout son royalme que tous ceulx qui jureroient villainnement se- roient griefment pugnis. L'année après son père morut et fut ensevelit en l’esglise de Verbel * qu’il avoit fait fonder, et Odille sa femme fit faire ung moult noble tombel sur luy.

L’an mil cent jïii. xx. il avint à Orliens, ainsy comme ung prebstre avoit sacrez le corps de noustre Seigneur et il le vou- Joit user, le sainct Sacrement apparut tout rouge de sang ; si vint le roy Philippe qui le vit aussi vermeil comme sang et le corporal tout taiché de rouge, et tout ensamble manière avint à teritoire de Vandomes et d’Arrais.

En celluy temps estoit sainct Pierre de Clerval.

En celluy temps fist paver le roy Philippe la ville de Paris et fit cloire de murs le boix de Vincenne.

L’an mil cent iii. xx. et vi. Salhadin submest à luy tout Orient et print la cité de Jherusalem.

En celluy temps le roy Philippe fit chasser tous jengleurs, flateurs, battelours, tout telle manière de gens qui ont grant ‘dons des grants seignours, qui estoient très mal emploiés et les avoit plus chier donner aux pouvres gens pour l’amour de Dieu.

L’an mil cent ïii. xx. et x. le roy Philippe de France et Richair, le roy d'Angleterre, avec leur compaignie, allèrent Oultre mer pour deffendre la Terre-Saincte contre Salhadin, roy de Surie. |

ANNÉE MIL II. C. ET II. 5

L’an dessus dit moururent en Aicre le comte de Flandre, le comte Thiebault et le senechal de France. Et pour ceu que le comte de Flandre n’avoil point de hoirs de son corps, la comté encheut à Baudowin, son nepveu, filz du comte de Henalx; lequel Baudouin fut depuis empereur de Constinoble.

En celluy temps le roy de France envoiait en, Danemark pour avoir l’une des seurs du Roy.

Er cellry temps maintes villes ardirent de la fouldre du ciel et ncipallement la cité de Chastre avecq l’esglize fut tout arse.

L’an mil ïi, c. et ii. ceulx de Rowant et de Normandie consi- dérant que nul secours n’avoient du roy d’Angleterre et que les François les tenoient assigiez, se randirent au roy de France.

L'an mil üi, c. et vii. sainct François establit ordre de l’Ob- servance des Frères mineurs.

Après la mort de Fydri fut coroné Oth empereur par pape; et l’année aprez le roy Phelippe fit fermer de murs la cité de Paris.

L’an mil li. c. xiüi. Loys, filz du devant dit roy Phelippe ot victoire en Anjoulx contre le roy d’Angleterre, et Phelippe son père ot victoire en Flandre contre Oth l’empereur et contre les Flamans. | |

L’an mil ii. c. et xxi. aprez que ledit roy Phelippe olt heu maiïnte belle victoire contre les Angloys, les Flamans, les Poitevins, les Normans et mains aultres, il rendit l'ame à Dieu et est ensepvelit à Sainct Denis. Il conquist et adjoustait au royaulme de France les comtez cy aprez: la comté de Normandie, Acquitaine, Poitoul, la comté de Veremendois, de Cleremont, de Pontif, d’Alanson, du Mainne, de Tours, d’Angien et de Vallois.

En celle année, le premier dimanche d’Aoust, Loys son filz fat coroné roy à Rains et Blanche, sa femme à royne.

L'an mil ii. c. xxxvi. fut coroné roy à Rains Sainct Loys, le

{

G CRONIQUE.

premier dimanche des Advents et n’avoit d’aige que xiiii. ans. En l’encommencement de son royame, il ôlt moult d’adver- saires, maix par l’ayde de Dieu, il les sormontait tous.

L'an mil ii. c. et xliïii. ans id espousa Mergueritte, fille du comte de Provence.

L’an dessus olt si grant sécheresse en France qu’i ne plut dès le Dimanche aprez Noël jusqu'à la Saincte-Croix en Sep- tambre, et furent les vins si boins et si 078 que en grant temps n’avoient esteit pareils.

En celle année fut Maistre-eschevin Zambay Maquerel de Mets. (fol. 3.)

L’an mil ii. c. et Nii. fut Maistre-eschevin ke sire Nicolle Govion. Adonc furent ordonné que on les appelleroit Sire.

En celluy temps cheut une merveilleuse tempeste et chent entre les aulires une si grousse pierre, en laquelle pierre estoit entailhée Fymaige d’un crucifit et escript dessus Jehesus Naza- venus, rex Judeorum.

Ea celluy temps furent prins ii. hommes d’armes de France en Sarazinemme; maix les Sarazins qui desiroient à veoir la vaillance des François, pour veoir la maniere de combaittre à la mode françoize ordonnirent qu’i se combateroient, et celluy qui gaingneroit eschapperoit: et vont bien armés et enbait- tonés lesdits ii. Francois, et incontenant eulx armez commen- cirent à frapper sus ées Sarazins; car enssy l’avoient ils promis Pung l’autre et en tuèrent tant que ce fut grand merveille.

L’angnil ïi. c. et xlv. pape Innocent tint ung concille à Lyon.

En celluy temps St Loys print la croix pour aller Oultre mer.

En celluv temps ftorissoit Sainct Amant qui fut evesque de Canturbie.

L'an mil à. c. xlviii. le vanredy après la Panthecouste, Sainct Loys se pertit de Paris pour aller Oultre mer, avecque lux. à. de ses frères: Robers comte d’Artois et Charles comte d'Angien.

En celluy temps estoit Sainet Dominicque des Frères Proi- chours.

ANNÉE MIL Il. C. LI. 7

En lan mil ii. c. et li. s’asamblirent tant de Pastorialx ‘2 pour aller Oultre mer et tousjours multiplioient, qui furent en sy grant nombre qu’i commencirent à faire beaulcoup d'oultraige en paissant paiis. À la tin ceulx de Blolurges, aveque aultres, les assallirent et tuèrent leur maistre qui estoit de Honguerie et furent ces miserables Pastorialx deconfis. |

En l’an ii. c. et lii. ot une mervilleuse discension entre les escolliers séculiers de Paris et les religieulx.

En l'an ïi. c. et Ixiii. que St Loys fut retornez d'Oultre mer . pour cause de la mort de sa mère, il mariait son filz Phelippe à Yzabelz, fille du roy d'Aragon. Adoncques le roy d’Aragon 1y quictait tout ceu qu'il avoit en Carcassonne, en Bigora, en Bercelonne et en Cathelonne.

Après la mort Alexandre fut pape de Rome Orban qui fut de Troyes, lequel donnait à Charles la comté d’Angier et à ses hoirs jusque à la iiiie. génération le royalme de Cezille, la duchiez de Poulles et toute les terres qu’il avoit usurpez à Manfroy, filz de l’empereur Fidry, qui estoit condempnez comme hérite.

L’an mil üi. c. Ixvii. Sainct Loys fist son filz Phelippe che- valier ; et l’année après Ysabel, femme dudit Phelippe, olt ung enffant qui olt nom Phelippe, que depuis fut roy de France.

L’an mil üi. c. et Ixix. Sainct Loys et. ïïi. de ses enfans s’en allirent la seconde fois Oultre la mer; et l’année après de mil ü. c. et xx. Sainct Loys devint mallaide, et quant il olt son filz Phelippe bien informé de vivre en l’amour de Dieu et du gouvernement du royalme, le lendemain de feste Sainct Burthemin il molrut, et fut son corps aporté à Sainct Denis en France.

En celle année Ysaibel, femme au noviau roy Phelippe morut, et son oncle le comte de Poitiers et la comtesse de Toulouse, sans hoirs de leur corps; et ainsy ces deux comtez enchurent au roy Phelippe, lequel fut coroné à Rains, l’an mil ii. c. et lxxi. ans, le jour de la Nostre Dame en my-aoust et tint l’espée devant luy Charle son oncle, comte de Valois.

8 CRONIQUE.

L'an mil ii. ©. lxxitii. le concille general fut à Lion, on temps Pape Gregoire et durait dez Maye jusque à la Magdalene, onquel concille olt v. c. qu’avesques, qu’arcevesques et plus de cent et 1. abbeys et furent condempnez les Sachier # et tes Bigames et privés de tous previtaiges.

L’an mil ii. c. et Ixxv. le roy Phelippe print à femme Marie, fille à duc de Brabant; et l’année après Loys, l’ainé friz dudit roy morut, pour laquelle mort ung grant maistre de Ka court du roy appellé Pierre de la Brousse commançait à maxiner contre Ja royne Marie, disant qu’elle désiroit la mort de ceulx qui n’estoient point ses enffans, afin que les siens rengnassent. Cestui Pierre n’amoit point la royne pour ceu [que] la royne ne faisoit point de feste de sa femme et ce faisseit la royne por- tant que sa femme portoit autant d’estat que faïsoient les grants dames de la court. Et doncque le roy enquist bien diligemment de la vérité; maix la royne fut trovée innocente. Ledit Pierre qui estoit grant consillier etgouvernour du royalme, fut pendus par la gorge au gibet de Paris, l’an mil ii. c. Ixxvüii. le lendemain de la St Pierre et St Paul, en (fol. 4) la présence de gens sans nombre, qui ne se povoient assez eSmerveillier d’ung si grant homme venir à telle fin.

En celluy temps ang pape espaignoille, appellé Jehan, se cuidant estre grant astronomien, regardant on corps des estoilles trovait que debvoit vivre bren longuement; maix sa science ne Juy valut gaire, car en resgardant on corps des estoilles, en une gallerie, ka traweur de dessus cheut dessus luy et fut tué ainsy. Il fallit bien de son entendement et aprez luy fut pape Gaienten, que fut appellé Nicolle.. Aprez cestuit . Nicolle qui ne vesquit que üïi.-ans fut fait pape Martin.

L’an mil ii. c. et ülii. xx. le roy d'Aragon avecque grant ost entra on royalme de Secille et olt mult grant guerre entre luy et le roy Charles.

Item, pape Mertin en celle année envoiait en France ung cardinal pour mestre le royalme d’Arragon en la main Charle,

ANNÉE MIL II. C. fINT. XX. ET X. 9

comte de Vallois, le second filz de France, auquel le pape Pavoit donné, et a retourné.

En celle dite année le roy Philippe morut à Verbomie.

L’an milii. c. ii. xx et x. Aicre fut prinse et i. olt mult grant occision de crestiens.

En celle année Charles, le comte de Valois, frère au nowal roy Phelippe, print à femme la fille Charles, roy de Secille et pour ledit mariage luy donnait la conne d’Angier et la comté du Maine.

L’an mil ii. c. iiüi. xx. xiii. Odars, le roy d'Angleterre, quitait au roy Phelippe de France quanqu’il tenoit de luy; car bien Je cuidoit gaingnier par force d'armes et qu’'i deust tout re- cowerer ; et ainsy commençait la guerre en Gascongne.

L’an mil ii. c. iii. xx. xvi. Guy, le comte de Flandre se re- beait contre le roy Phelippe, 1y relfujsant fiellté] et hommage, pour laquelle chouse grant guerre commençait en Flandres. L'année après le comte de Bar qui avait à femme Alienor, fille du roy d'Angleterre, comenca à gaster la comté de Champaigne; maix contre luy fut envoyé Gauthier de Chastillon, qui des- truit et gastait tout le comté de Bar.

Item, en ladite année fut Maistre-eschevin de Mets ly Ser Jaicque Goulle; et en celle année, la vigille de St Jehan Baptiste, le roy de France s’en allait en Flandre, enmenait grant ost de gens d’armes et assigeait Lille, laquelle se randait bientost et le comte demanda trewes.

En celle année Sainct Loys fut canonisié.

L’an mil ii. c. ii. xx. xix. le pape Boniface fit la paix entre le roy de France et le roy d'Angleterre, et pour estre la paix plus ferme, il fit pranre à femme le roy d’Angleterre Mergueritte, suer du roy de France, Ysaibel. ‘*

L’an mil ii. c. jüii. xx. xix. fut Maistre-eschevin de Mets le Ser Jaicques, filz Ser Philippe le Gornaix.

En celle année s’assemblèrent à Waucollour le roy de France et Abers, le. roy d’Allemaigne pour faire ne per- pétuelle ensamble. **

40 CRONIQUE.

L'an mil iii. c., le Se Symon de Chambre fut Maistre- eschevin de Mets et adoncques defaillirent les Maistres-es- chevins qui se faisoient par escord et les commençait on à faire par les Paraiges. ‘°

En ladite année les villes de Flandres qui s’estient rendues au roy de France, ledit roy plaiçait ses garnisons, desquelles estoit capitaine et gouvernour Jaicques de Sainct Pol. Maix portant qu’il les tenoit plus rudement qu’il ne leur plaisoit, la ville de Bruge et les aultres se rebelloient et de nuit, comme ils dormoient, les tuërent et murtrirent en leur lit.

En ladite année fut mult grande allée de pellerins à Rome. Je ne sçay quelles gens avoient semé permy le monde qu’il y avoit à Rome plenier remission.

En celle dite année olt mult grand discension entre le pape et le roy de France pour ceu que le pape Boniface avoit fait aulcune constitucion pour submettre à soy contre le royalme de France, de laquelle chouse le roy fut mult forment corocié, et mandait au pape qu'il luy pleust à rappeller ceste consti- tution, maix le pape n’en voult rien faire. Adoncque le roy deffendit que or ne argent ne fut portez hors de son royalme; se fut le pape couroucié plus que de devant, et envoiait ung sollempnez messaigier au roy, qu’il laissait ceste deffense, la- quelle le roy n’en volt rien faire et fist commander à mes- sagier que bientost se departist du royalme. Quant le pape sot les nouvelles, fit citer les prélas du royalme de France personelment, et (fol. 5) Le roy leur deffendit qu’i n’y allaissent point, et appellait ledit roy encontre le pape pardevant le concille, auquel appel se consentirent les prélas de France; et quant le pape le sot, il gettait sentence que tous lesdis prélas fussent deposez de tout degrey et bénéfice. Adoncque le roy qui se doubtait d’aulcune sentence venue on royalme, fit très estroitement garder les passaiges, que nulz messagier de Rome n’entrassent on royalme. :

L’année après, environ la Penthecoste, le roy envoyait à

ANNÉE MIL III. C. ET I. 11

Rome ung chevallier de Provence appellé Guillame de Mon- garet ‘”, lequel chevallier par l’ayde d’aulcuns des nobles de Lombardie entra à Rome, à toute la banière du roy déploiée, et vint en la chambre du pape; et tantost les gens du pape s’enfouyrent excepté ung cardinal d’Espaigne et ung homme lai et print tout le tresor du pape. Incontinant le bruit se levait et fut crié alarmes ; adoncq monta ledit chevallier et ses gens bien hastivement à chevalz et s’en retorna de Rome, et à bout de v. jours ledit pape morut et fut esleu pape frère Nicolle, evesque d’Ostie qui estoit de l’ordre des Freres Pres- chours, et se fist appeller Benedic. !*

L’an mil üü. c. et ii. on moy de Septembre le roy envoiait en Flandre le comte d'Artois avecque grant ost de gens d’armes, et quant il vinrent devant Cortrais, les Flamans allirent en l’en- contre et fut ledit comte et la pluspart des François deconffits et tuez des Flaimants.

En ladite année fut Maïstre-eschevin de Mets le Ser Jacques de Heu, par mil. üii. c. et ii. ans. Après la mort de Benedicq qui ne vesquit que environ ung an, les Cardinalx esleurent pape Biertran, ercevesque de Bourdiaulx et fut appellé Clement, et fut l’an mil. ji. c. et ïij et tint la court longuement per deça les mons.

En celluy temps avoit à la court du roy Phelippe de France ung chevalier de Normandie appellez Enjoran de Maregney, duquel le roy creoit tout son consille et se gouvernoit total- lement du consille dudit Enjorant; et combien qu’i fut de pouvre lieu attrais, il fut en sy grant graice devers le pape qu'il fist ung sien frère arcevesque de Cambray et puis arce- vesque de Sens, ct un aultre frère evesque de Bravay et ung sien cousin cardinal. 2 |

En Pan mil iüi. c. vi. etles Juifz furent chassiés hors du royalme de France, et l’année après les Temples furent prins tous en ung jour, de laquelle prinse ils ne se prenoient garde, car ils estoient si fort et en si grand nombre; car s’ils eussent sceu, on

12 | CRONIQUE.

ne les eust sceu prenre si de légier; car le Grant-Maistre de l'Ordre leur congnitte que tantost qu’i recevoient ung homme on luy faisoit faire serment qu’i garderoit les secrets du Temple, et luy faisoit-on renier Jhesu Crist et marchier contre la croix et baisier le dariere de celluy qui le recepvoit en profession ; et adoncque on luy donnoit congiet de faire son orQure avecque les hommes comme avecque les femmes.

En ladite année de mil iüi. c. et vi. fuit Maistre-eschevin de Mets Ser Estenne Fessaulx.

En l’an mil üïi. c. et vi. fuit esleu Henry comte de Lucem- bourg et confermé de pape Clement à Poittier. *'

En lan mil iii. c. et xiüi. le glorieux empereur morut, la- quelle mort fut moult plainte par toute Cristienté : aussi fut-ce dommage. ??

En celluy temps avoit en France une béguine moult subtive que on appelloit Mairgueritte de Henault ** laquelle fist ung livre de moult de faulseté, de sorcerie et disoit c'on debvoit user de son corps tout ensy que la voulonté venoit et sans péchié. Maix ladite béguinne fut condaimpnée à Paris et son livre brulé par l’ordonnance du pappe Clement.

En celluy temps. ïi. chevaliers, Pung avoit à non Gaulthiez d’Anoy et l’autre Philippe d’Anoy, on mois de May furent trowé lung avecque Mairgueritte royne de Navaire, femme à Loys, Painné filz du roy de France, et l’autre avecque Blanche, femme du frere le roy de Navarre, appelé Charle, pour lesquelz crimes lesdis chevalliers furent escorchiés tout vifs, et puis pandus à Pontoize et les genitoires coppées et trayenés au gibbet et les dames morurent en prixon en grant misere.

L'an mil ji. c. xiüi. fuit Maistre-eschevin de Metz Ser Thiebault de Heu.

En ladite année mourut le roy Phelippe de France, qu’on appelloit le biaulx roy Phelippe, et Loys son filz rengnait après luy et ot à femme la fille du roy de Honguerie, et fuit moult grant mortaliteit. **

ANNÉE MIL I. C. ET XV. 48

En l’an mil ii. c. et xv. fut Maistre-eschevin 1y sire Nicolle Baudoche. Enjoran fut pendu au gibet de Paris, de qui nous avons fait ci-devant mention qui estoit le (fol. 6) second aprez le roy. Il fut apellé devant le noviaul roy et accusé de plu- sieurs excusations auxquelles il ne sot respondre ; pour laquelle chouse il fut condempné à estre pendu au gibbet de Paris, la vigille de l’Ancension, en la présence de plus de 1. mille per- sonnes.

En celle année commencèrent les plus grandes pluies en France que durèrent presque. ii. ans; pour laquelle chouse fut moult grant chier temps, que grant pueple et grant beste mou- rurent. |

En lan mil ii. c. et xvi. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Jehan Lacourt, et adoncq revint le boin mairchié de vivre.

En celle ditte année le sabmedi apres la Penthecouste morut Loys, roy de France ; et pour ceu qu’il n’avoit point d’hoirs mailes de son corps, Philippe son frere, comte de Poitiers, fut fait roy, qui fut de boin gouvernement et ramenait à con- corde beaulcoup de discords qu’i trovait en son royalme. *‘

En l’an mil üii c. et xvii. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Poince Chameurs du paraige de Porsailly, et adoncque furent mins les Maistres eschevins en butte de bois.

En l'an mil ïïi. c. xviii. il pleust à Dieu oster les grant famines qui avoient troup duré et la grant mortalité de gens et de bestes, et fut encommancée en ladite année à faire la feste et sollemp- nilez du Sainct Sacrement en France que jamais on n’avoit fait per avant.

En ladite année fut Maistre-eschevin de Mets Ser Pierre Paillat, en l’an mil üïi. c. xviii. ; et en ladite année fut fait le palais de Mets et valloit la quarte de bledz xvi. sols et la quarte de vin x. deniers.

En l’an mil iii. c. et xx. fut Maistre-eschevin de Mets Ser… 26

En ladite année ne sçay de quel esperit ot en France si grant

14 CRONIQUE.

commolion de Pastorialx que voulloient aller oultre mer et d’aultres gens qui avecque eulx s’asamblirent, qui furent ung grand host et s’en allirent jusque à Languedoch et firent grant domaige aux Juifz et en tuèrent plussours, et puis ne sçay comment ils se despartirent et esvanuirentcomme fumée. ??

Et en ladite année furent les grants feux à Mets le jour d’une Sainct Salvour ; les corbelz portoient brandon de feu en l’air et brulait Salnerie.

En l’an mil iii. c. xxi. fut Maistre-eschevin de Mets, Pier Bouquin dit Chielaron.

Eu ladite année, en France, en Aquitenne, les Musiaulx 28 furent ars, car les trahites vouloient empoisonner les fontaines “et les puits affin que Îles gens devenissent muziaulx ou ils mol- rient, et avoient jay comme on disoit divisez les royalmes d’un chacun comte et aultres signouries dez païs el debvoit l’ung estre roy de France et l’autre d'Angleterre et fut longtemps que nulz n’osoit boire de nulle yawe, se ce n’estoit yawe de rivière courant, et disoit-on que les Juifs en estoient consentant, aussy on en ardit plussours avec les Musiaulx: et en ladite année fut pendus Jordain de Lille qui avoit espousé la niepce du pape Jehan.

En celle année ung maistre en divinité proichait que tous ceulx qui s’estoient confessez à religieulx à Pasque, il con- venoit qu’i se confessent de rechief a leur curé des mesmes peschiés ou ilz n’estoient point absolz. Cela venu à la congnis- sance du pape le mandait par commandement et luy dit dont - ]y venoit ceste folie de proichier tel heresie, et se le pape, les evesques avoient point autant de puissance de confesser que les curez ; respondit que oy. Or donc, plus que religieux ont leur puissance. porquoy ne porront-ils confesser, aussy bien comme les curez et encor sanz congié pour cause de la puis- sance qu’il ont des papes et des evesques, encore absordre d’aulcuns cas que les curez ne porroient; lequel maistre ne pout nier la proposition du pape ne repliquer. Le pape le

ANNÉE MIL III. C. XXIV. 15

contredit de révoquer et se desdire publicquement en ses sermons et en ses escolles à Paris, lequel maistre le fist, com- bien que moult luy en despluit. **

En celluy temps ung fluve de ventre print en Auoust à Philippe le Debonnaire, roy de France, de quoy il molrut; et pourtant qu'il n’avoit point d’hoirs mailes de son corps, Charle son frere qui estoit comte de la Marche fut esleu, lequel tint moult bien justice au commancement de son royalme, et fit pandre de Gascogne et trayner au gibet pourtant qu’il avoit oultragié maintes femmes et desflorer plussieurs vierges, ung qui s’appelloit Jordain de Lille.

L'an mil iii. c. xxiv. fut maistre eschevin de Mets Ser Joffroy Grognat.

En celle année fut canonisié Saint Dominique des Preschours.

Item, l’année après morut d’enffant la femme le roy de France Charle, et apres print (fol. 7) ledit roy Charle à femme, jeune fille du comte d’Avreux, Loys, qui estoit sa cousine germaine. 5?

En celluy temps avoit à la cour dudit roy de France ung qui avoit à nom Pierre Remy 5: qui estoit estrait de pouvres gens et estoit son pere moistriers en une dez moitresse de Sens et de- puis il gardoit les bestes, et depuis qu'i fut mort, ledit Pierre les gardit v. ans et depuis il fut vignerons ; et néanmoins il devint en si grant prospérité qu’il gouvernoit le realme de France et en faisoit quasi à sa volontey. Il estoit fort bel homme et faisoit de luy plus que mestier ne luy fust esteit, et néanmoins il fut pendu et trayné au gibet de Paris pour ses forfaits et desmerites. .

Item en ladite année de mil iii. c. xxiv. fut la cité de Mets assigiée par le roy Jehan de Behaigne empereur, Badowin ersevecque de Trewe, Ferry, duc de Lorenne, Edowars, comte de Bar. ‘*

Item, en ladite année firent seb de Mets ung statut que toutes les censes qu’on debveroit aux esglizes ne qu’il acques- teront par quelque manière que ce fuit, seroient à rachait.

16 CRONIQUE.

L’année après ceulx de Bruge prinrent le comte de Flandres leur seigneur et le tindrent longuement prisonnier. 55

En l’an mil ïüi, c. xxv. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Hugues Hunebojat et adonc faillont les Proudons. |

En celle année fut si grant sacheresse en France qu’i n’estoit homme que jamais l’eust veu pareille, et le temps d’yver fut sy aispre et sy angousseux de froit que la rivière de Seine fut sy fort engellée que on chaurioit à grant puissance par dessus, et au degeller les glaices furent sy impetueux qu’elles rompirent les. ii. pons de Paris.

En celluy temps morut le noble Charles, comte de Vallois et d’Angier, père à Philippe, le comte du Mans, qui depuis fut roy de France.

En l'an miliñ. c. et xxvi. conspiration fut faite contre Edowart, roy d'Angleterre. Ledit roy avoit en se court ung chevallier appellé Huet le despenciers, per le concelle duquel le roy se . gouyernoit du tout et la royne qui estoit suer au roy de France n’amoit point ledit chevalier. Et pour abrégier l’estoire, ledit Huet vint à tel fin que la royne le fist prendre et mettre | en prison ; après le fit prenre et ly fist tirer tous les boiaulx de son corps et les faire ardre devant ses yeulx, luy encor vivant, et puis 1y fit copper la teste et mettre en jïii. quartiers et puis pandre aux ilii. villes principalles d'Angleterre et fist coper la teste à son père et ung evesque qui estoit son oncle.

Et en celle année fut Maistre-eschevin de Mets Ser Gilet le Belz.

En l’an mil ïüi. c. xxvii. fut Maistre-eschevin de Mets Ssr Thiebault Feriat, et adoncque on fit les Grant-maistres de chacun mestier de Mets.

En ladite année morut, la vigille de la Purification Nostre Dame, Charle le roy de France et de Naple, et pour ce que ledit roy n’avoit point de hoirs mailes de son corpz, le royalme escheut à son cousin germain, Philippe le comte de Vallois et d’Angier, que fut filz au vaillant prince dont

ANNÉE MIL HI. C. XXVHI. 47

nous avons dessus fait mention ; et fut cestui Philippe toroné à Rains en l’an mil ic. xxXv, le Dimanche après la Penthe- couste, et incontinent fut accusé per devant le novial roy Pierre Remy de quoy nous avons fait mention, qui estoit trésorier maistre et gouverneur du royalme, pour laquelle chouse ledit Pierre fut amenés en prison à Paris; la main mise az siens, fut trowé, sans les grants rantes, biens meubles, vaissellement pré- cieux en plus grant nombre que nulz princes n’en polroient avoir, futtrovez d'or et d'argent la somme de x1rc. fois mil Hvres sans les aultres biens dont nulz n’en scauroit estimer la vallue. Et portant que ledit Pierre Remey ne solt mie suffisamment respondre az aticles que on ly opposoit, il fut condempné au gibbet de Paris à estre pendus le lendemain de la sainct Marke en ladite année; ledit Pierre Remey l’avoit fait faire tout nou- vellement; et fut le premier qui fut pendu et avoit ledit Pier fait entaillier en l’un des pillers : « Qui plus hault monte qu'i ne doibt, de plus hault chiet qu'? ne volroit. » El pourtant ly eust-il esteit plus convenable d’ensuyvir plus moyen estat que tant amasser et sy hault monter pour finer si misérablement.

En l'an mil ji. c. et xxviii. Se Burtrand de Jurie fut Maistre-eschevin de Mets.

En ladite année olt moult grant guerre en Flandres pour ce que les Flamans ne voulloient mie obéir à comte leur seignour'; ledit comte mins la comté en la maïn du roy Philippe, pour daquelle chouse ledit roy y allait et menait avecque soy le roy de Navarre, le roy de Boesme, le duc de Bourgonne, le duc de Burtaine, le duc de Borbon et le duc de Lorenne avecq plussours aultres princes (fol. 8) et seignours en grant nombre, <t fut fait adoncque moult grandes occisions de Flamañs, pour daquelle chouse toutes les bonnes villes de Flandres se rendont au roy, et puis rendit au comte le païñis et la comté; lequel comte depuis que le roy fut retournez en France fit pendre une grant quantité des plus grants pour ceu qu’ils avoient esté causé de la guérre.

2

18 CRONIQUE.

- En Pan mil iii. e. et xxx. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Nicolle Boitalle.

En laditte année une chouse moult merveilleuse avint à Lygney sus Marne , d’une dame qui morut, de laquelle l'arme revint par plussours fois et parlait'en la présence de plussieurs personnes, en requerant suffraiges, especialement messes à sa mère, à sa fille et à son genre, et dixoit que messes vallent singulierement à armes de PUFRATOIRE et moult d’aultres chouses qu’elle leur dit.

L’an mil iii. c. et xxxi. fut Maistre-eschevin de ‘Mets Ser Hanry Roucel.

En ladite année fuit messire Robert d'Artois banis du royalme de France. |

L’an mil ii. c. et xxxiii fut Maistre-eschevin de Mets Ser Poince Cunemans.

L'an mil ïii. c. xxxiiii. fuit Maistre-eschevin de Mets Ser Grant Borchon.

L’an mil ii. c. xxxv. fut Maistre-eschevin de Mets Ser

François Tompat. Adoncques furent ars les bigots et fut abbatuz le Grant-maistre des mestiers de Mets. Item en ladicte année la duchié de Guienne tremblait si fort

et si terriblement que Îcs gens ne sçavoient fouyr de paour.

de la mort, et fut le jour St Thomas.

En l'an mil üi. c. xxxvi. fut Maistre-éschevin de Mets Ser Philippe Marcoul et mourut dans la dite année ct on en fitung aultre ondit paraige de Port Muselle.

En l’an mil in. c. et xxxviil fut Maistre-eschevin Ser Jehan

Noiron ; adoncques fit rayer les gouz en vignes partout ‘’.

En ladite année le roy Philippe fit parfaire la tour du bois de Vincennes. | :

L'an mil üi. c. xxxix. li Ser Jehan de Marieulle fut Maistre- eschevin de Mets. Adonc furent mis les Maistres-eschevins en butte d'argent on chappiron.

L’an mil iii. c. xl. fut Maistre-eschevin Ser Jehan Bau- douche, l’amant.

: ANNÉE MIL III C. XLI. 19 . L'an mil iü. c. xli. fut Maistre-eschevin Ser Nicolle Piédé- chaulx.

L'an mil ji. c. et xl. fut Maistre-eschevin Sgr Poince de Vy. | L'an mil iii. c. xliii. Ser Thiébault de Metry fuit Maistre-

_ cschevin.

En celle année SEE pendus les Tort soutenne, faulx seel- lours.

En laditte année ot messire Olivier de Clisson la teste coup- pée à Paris ez haulle et plussours aultres seignours chevaliers et escuiers.

Item encor en ladite année fut le roy d’Angleterre à Poissy et à St Germain, et ardit tout le païis ets’en vint per Normandie et print la ville de Cheu.

Item en ladite année fut la cruelle baitaille de Crécy, du roy Philippe de Valois et des Flamens, il y olt une piteuse tuerie.

L’an mil jüi. c. xlün. fut Maistre-eschevin Ser Thibault Herbel et ly escheut iii. eschevinaiges.

L’an mil iii. c. xlv. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Wil- laume Willambey. | =

L'an mil iii. c. xlvi. fut Ser Jehan Baudoiche, chevalier, * Maistre-eschevin de Mets. En celle année furent les roisins engellés as seps on moys de septembre, le samedy Apres la Exultation Ste-Croix.

Item, en celle dite année fut le roy de France deconfis en Abeville, en Poitiers **, par le roy d’Angletere et fut une mouit mervillouse bataille et y fut mort le roy Jehan de Bahaigne, le duc Rawou de Lorenne, le comte de Flandre, le comte d’Allençon, le comte de Blois, le comte de Salm et plussours signours et sans nombre d’aultres, et y furent aussy morts des seignours de Metz; Ser Rougiez de Heu, chevallier fut prins des Anglois et enmoiné prisonnier en Angleterre.

Item, en celle meyme année fut prins Calais, mais devant

X CRONIQUE.

qu’elle fut prinse, le siège y fut ung an et par terre et par mer et fut adoncq la grant bataille de Crecy dessusdite.

En cele année fut coroné roi des Romains Charles de Behengne et empereur d’Alemaigne.

L’an mil ii. c. xlvi. fuit Maistre-eschevin de Mets, Ser Willame le Hungre. En celle année fut noïié Uguegnon le Belz, bouchiez de Viez-boucherie et ung sien frère avecques ly, por ceu que luy et son frère volrent rebeller contre la Cité, le Maistre- eschevin et contre les Treize et plusieurs aultres bouchers avecque eulx, pour ce que les Treize avoient jugié ledit Ugue- gnon à xxx. livres et bani xx. ans pour aulcunes malvaises parolles qu’il avoit dit et aulcuns maulvais traitez qu’il queroit contre les Treize, la Justice et les bourjois de traïsons, dont tous les Treize s’en allont en Viez-boucherie avecq plussours aultres gens pour prenre ledit Uguignon (fol. 9), son frère et plussours aultres bouchiers qui s’estoient alliez avec luy et en trovérent plussours desarmez ensamblez enmy Viez- boucherie et fut prins le dit Uguignon et son frère et menés on pallais. Et tantost s’assamblèrent les bourjois de Metz armés et embastonnés pour moner noier ledit Uguignon et son frère au Moyen-pont des Mortz, à la portainne de couste l’Ospitault St Jehan en Chambre. Et les aultres frères dudit Uguignon et plussours aultres bouchiers s’en fuyont, Gereirdin Chaussy, Jaicomin Lambellin, Clement Haultain, le filz Callait le bouchier, Collin Besainge et plussours aultres. Et tantost la Justice les banist, les ungs xx. ans et les aultres xl. ans, et y ot aussy plussours paxours banis avec, pour ceu qu’ilz sa-

voient ledit jour, secretement armés, cuidant aidier ledit Ugui--

gnon.

En lan mil ii. c. xlviü. fut Maïstre-eschevin S# Poince le Gronnais de Mets.

En celle année fut noié Collin de Boussange, le bouchier pour ceu qu'il brisait son banement.

ANNÉE MIL II. C. XLIX. 21

En ladite année fut grant mortalité en France et durait ung an et demy ; et morut en Paris bien Ix, mille personnes et fut aussi si grande en Avignon qu’il y molroit tous les jours plus de ilii. ou v. c. personnes pour une espaice de temps et saison.

En Pan mil ïüi. c. xlix. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Thiebault Lambert; et en celle année fut abaïttue per ceux de Mets la maixon de Sainct Eve, l’une dez maixons Damelecourt, Thilycourt, l’ostel de Rodde delez Moustier en Allemaigne, la maison de la garde delez Vy, la maison dez Dudelange, près de Forpach, et furent prins dedans xiiii. que maistre que vairlet, et en y olt xii. des pendus tout devant la maison et ii. la teste coppée et furent pendu par un de leur compaignon.…… * qui estoit leur menestre; et celle année fut grande mortalité de peste, et furent en celle année par le monde les Baitans gens en grand nombre qui se bailtoient tous nudz a à sang collant “”.

En l’an mil iüi. c. et li. Se Gillet le Bel fut Maistre-oschovin de Mets.

En celle année furent les vins si boins et si forts de mer- veille. |

En celle année olt moult grant guerre en Mets contre la du- chesse de Lorraine et des Allemans, et vinrent devant Mets à grant puissance par ii. fois, l’une jusque Flevey et l'autre jusque Chamenat, et en rallont sans rien faire, fors qu’il ardont plus- sour villes; mais ceulx de Mets yssirent fuers et saillirent après jusqu’à devant Nancey et ardirent le paiis en l’entour et gaingnirent les ii. forts maixons de Rozires et brulirent ladite Rozires, et assalirent Froway et gaingnirent le bourg et y prin- rent plussours prisonniers et furent tout devant le Gay et le de- briserent et jeurent on paiis üi. jours et ii. nuittiés. Ceulx de Mets estoient bien ïïi. c. hommes d'armes, desquels estoit condusseur chief et capitaine Ssr Thiebault de Blamont che- valier ; et au retourner rencontrent bien vii. c. hommes, qu'à pied qu’à chevalx, qui les combatirent et desfirent, et en y olt

22 CRONIQUE.

vii. xx. des mors des Lorains et de ceulx de Mets que ung tout seulz; maix il y ot plusseurs dez blessez et navrez.

En l’an mil üii. ec. et li, Se Nemmery Baudoche fut Mais- tre-eschevin de Mets.

En celle année ‘cessait la guerre et en ladite année fut la duchié de Bar en grant guerre.

En lan mil iii. c. et li. fat Maistre-eschevin de Mets Ser Jehan Drowin.

. En celle année vint en Mets Charles de Behaïgne, roys de Romains et s’en allait à Rome pour estre empereur.

Encor en eelle meysme année il vint en Mets luy et sa femme, les vii. elisours et moult d’aultre grant seignorie avec- que, et fut receupt comme empereur de ceux de Mets, et ly allait à devant l’esvesque de Mets Edowars “, avecque toutes les ordres en noble prosassion, Li à la croy devant le Pon- thieffroy.

Celluy jour fist ledit empereur duc le comte de Jullet, ct fu ledit empereur en APR tenir sa court et y fut servis à tauble.

En l’an -mil iü. c. et lin. Ser Baudoche Nicolle fut Maistre-

eschevin de Meis.

En celle année fut gaingnié Conflant par ceulx de Mets.

En l’an mil Hi. c. et }v. Ser Thiebault Bugle fut Maistre- eschevin de Mets.

‘En celle année fut prins le roy de Navaire on chastel de Rowant #, et y morurent plussours chevaliers de Normandie.

Ên ladite année fut comptés à Mets cent et xv. mil meuds de vin, chacun meuds xii. deniers pour la Maltosie, comme on paiont maintenant pour la cowe xii. deniers.

En Pan mil iüi. c. Ivi. fut Maistre-eschevin de Mets Sr Joffroy Nimes.

En celle année fut déconfis le roy Jehan de France devant Poittiez et mis en prison; et fut le jeudy devant la Toussaint.

En celluy an commensait la Jacquerie en Bialvoisin.

ee mdr en

ANNÉE MIL IN. C. Lil. 93

Et en ladite année furent les grants croillements en Mets et en plussours paiis le jour de la Saint Luc, qu’i cheut plus de xxviii. forteresses devers Baille et à long du Rin.

En l'an mil üüi. c. et lvii. fut Maistre-eschevin de Mets Se Jehan Ablecourt.

En celle année fut tué Jehan, verlet monseigneur d’Orliens; après cela fait, Estenne Maircel (fol. 10) prevost de Paris et ses alliez s’en alloient en la Chambre on Pallais et tuèrent le merchault de Chanpenne et celluy de Cleremont ; et celluy jour fut tué messire Regnalt Dasy, le jeudi devant la sainct Denis.

En l’an mil iñi. c. et vit. Se Burthe Faxin fut Maistre-esche- vin de Mets, et en ladite année furent pandus ïiii. charées de pillars, et fut Lagney sus Marne prinse et pilliée des Anglois.

En l'an mil iü. c. et lix. fut Maistre-eschevin de Metz Abert Boullais, et adoncq furent perdus les buttes de quoy on faisoit le Maistre-eschevin de Mets #5.

En l'an mil ji. c. et Ix. fut Maistre-eschevin de Metz Ser Pierre Delaitte et ly escheut ii. eschevinages.

En lan mit üi. c. Ixi. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Girard Paperel.

En ladite année fut mors l’esvecq Edowars de Mets.

En celle année furent les verjus si groz, viii. jours devant la sainct Jehan, comme groz poys et pour piller.

En l’an mil ii c. et Ixii. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Pierre Renguillon.

En ladite année morul le roy Jehan de France en Angleterre et fut Charles, son filz, roy de France apres ly.

En l’an mil iüi. c. et Ixiii. fut Maistre-cschevin Ser Pierre Fes- saul et ly cheut iii. eschevinages.

En celle année furent les grants Bretons en vaulx de Mets et ardont iii. villaiges et furent sus St Quentin.

En l’an mil iii. c. et Ixiiii. fut Maistre-eschevin de Mets Ssr Nicolle François.

En celle année le comte de Blamont oll aute guerre contre

Z4 CRONIQUE.

Fevesque de Strasborc et contre Monseigneur de Salme, sei- gneur de Viviers et contre Ser Thiebault de Halmestenne, lequel menait les Bretons à son ayde et puis retornèrent en l’ayde de Pier de Bray contre ceulx de Mets.

Item, advint en ladite année d’une proude femme et sa bru qui demoroient de coste St Mamin, furent tuées et mertries de nuit et leur fat prins ce qu’elles avoient d’or et d'argent ek fut le fait incognu jusqu’à xx. seprmraincs après, que celuy qui avoit fait le crime se mariait, et s’apelloit Estenne, filz maistre Ferry; mais au donner les jualz à sa fiancée furent recognus ; lequel fut incontinant prins, trayné on pillorey et mis sus la roue.

Item, en ladite année oïrent débat ceulx de Mets encontre Ser Jehan de Vienne, esvesque de Mets, pour Jehan le filz Plantesaulge, pour ce que le saellour et les officiers avoient pris pour aulcun meffait dont les Trezes le requerirent az Or- dinaires, qu’i lepr voulsissent dékvrer ; lesquels respondirent qu'ils n’oseroient faire sans leur soverain. Adoncq tout en Fhoure s’en allont les Trezes en Ia Court-l’evesque et le prin- rent et amonèrent dehors malgré le saellour. Incontinant s’en allait le saellour et emportait le seel et cessait la grant Court et la petite plus d’ung an. “*

En lan mil ji. c. et Ixv. fut Maistre-eschevin Ss Nicolle Drowin.

En celle année olt grant guerre entre ceulx de Mets et Pierre de Bay{r] pour la ville de Noweroy que Seigneur Poince de Vy avoit achatté à Ser duc Robert de Bart. *

Item, en ladite année fit le plus grant vent devant l’Assump- tion Noustre Dame que ce fut mervuilleuse chouse, tellement que une partie du til de Sainct Pierre-az-Ymaiges cheut ; le gibbet cheut à terre ; les grand ormes de Sainct Vincent furent rayés et plusours aultres édifices et arbres sans nombre.

En ladite année fut Ser Jehan de Vienne, esvecque de Mets, translaté en l’aveschiez de Vermoixe par permutation, à

ANNÉE MIL If. C. LXVI. . 25

la requeste de l’empereur Charle, et l’eveschiez de Mets fut pour Thiedry Bayer,

Item en ladite année fut prins ung homme de Maigney qui s’appelloit Lowillairt; fuit traigné en pillory et mis sur la roue.

ltem, encour en ladite année apres la sainct Remy vinrent les Burtons on paiis de Lucembourch, de quoy le comte de Brabant les rechaussait jusqu’à delà Bar-le-Duc; mais aulcuns furent prins et pendus.

En celle année vint en Mets l’esvecque Thiedry, le dimanche après la Toussainct, après ce qu’il olt diné à Nomeny.

En lan mil üüi. c. et Ixvi fut Maistre-eschevin de Mets Se Lowy Crouellot et 1y escheut le iiie, jour l’eschevinaige Ser Nicolle Drowin qui avoit esté Maistre-eschevin l’année devant.

En celle année deffiait Palmaire ‘’ la cité de Mets pour ce qu’il avoit donné à comte de Xpalheim aulcun don des héri- taiges Jennat Baïitaille, qui disoit qu'ills] ly estoient escheu à Pentecouste sa femme, pour ce qu’elle avoit sorvequit ung filz qu’elle avoit dudit Jennat Baitaille.

Item, en ladite année ledit Palmaire olt sa paix. Encor en ladite année espiait ledit Palmaire Burtrand le Hungre qui alloit ouyr messe à Nostre Dame aux Champs et le print et l'anmenait per force en ung jairdin devant, et voulloit qu'i ly crantait de venir qu’i ly plaroit; laquelle chose il ne voult rien faire, mais pour paour du peuple, il le laissait et s’anfouyt.

Item, en celle année olt Joffroy de Lutange la teste coppée et Hanri d’Anserville estmes pour plussours mesfaits.qu'ils ayoient fait contre la Gité et as bonnes gens.

En ladite année fut prins le chaustel de Very, la partie Jehan de Very, per ceulx de la comté de Bars.

En lan mil ii c. Ixvii fut Maistre-eschevin S# Arnouk Lambert.

En ladite année orent ceulx de Mets grant guerre contre Pierre de Bayfr|, et fut prins le chaustel de Merchault le sabmedy devant la st Benoy, et ne tint à guere que on heust prins

26 CRONIQUE.

Bocconvilles et le seigneur (fol. 11) de Bay{r] dedans, se ne furent esté les Allemans qui firent ung grant cry, de quoy ils furent avertis; lequel Ser Hanry se retirait vistement on chastel, car il estoit en la basse court, on baille.

Item, ceulx de Mets allont asigier le lundi devant la saint Jehan le chastel de Metz, onquel Hanry de Helz estoit encloz pour plussours mesfaits qu’il avoit fait contre la ville et y estoit aussy ung sien frère, moine de Gorse, et la femme dudit Hanry avec luy encloz ; lequel ne se voult point randre, synon que saulfz son corps et ses biens. Mais au darien, quant il vit dressier les eschielles ei que tout se perdoit, les artilleries- prests, se randit à ceulx de Mets, son corps, ses biens, son chastel, à leur volonteit, et le lendemain devant le grant mous- tier de Mets, il olt la teste coppée. |

En l'an mil ii. c. Ixvii. fut Maiïstre-eschevin Se" Nicolle Noiron. | |

En celle année fut prins le chaustel de Musy par ceulx de Mets, le jeudi apres l’Anunciation Notre-Dame et fut tout ars

“et la ville desoubz.

En celle année Se Robert de Henviller qui alors estoit borjois de Mets et estoit seigneur de Gravilette olt debat en- contre Ser Jean de Mallatour, chevalier ; et disoit ledit Ser Jehan que Se’ Robert estoit aulcunement traistre. Et adoncques ledit Ser Robert ly presentait son corpz et fut la journée le ïïie. jour d’Apvril en la court du comte de St Pol, et fut Fx journée à Ligney en Baroy. Et quant ledit Ser Robert vint à la journée ct au lieu assigné, acompagnié de vi. xx. hommes de Mets, josnes seigneurs et bourjois, pour luy faire honnour, et qu’i | virent que Ssr Jehan de Mallatour ne se comparoit ne aultre por luy, leure passée s’en retournèrent pour s’en venir devers - Mets, pasiblement avecque leurs compaignons, sans ce qu’ils craindaissent personne. Et veci venus en l’encontre d’eulx le duc Robert de Bar, Ser Jehan de Salme le josne; à tout grant puissance vinrent courir sus ceulx de Mets, criant: tue, tue ;

ANNÉE MIL HI. C. LXVIII. | 97

max il trouverent à qui parler, car ils se desfandirent comme lyons et, pour abrégier, couppirent les polenne, gaingnont la place et prinrent et amonirent en Mets le duc Robert de Bar ; le Ser de Petite pierre, le comte de Salmen y fut tué avec plus- sours aultres.

Et pour sçavoir quant que se fuit,

L’an mil II. C. et LXVHI.

Fut mort le Salme à grant bruit,

Et le Barbez prins per ceulx de Mets

Et ses bourjois menez à Mets:

Et si vous dit sans nulle glouse,

Ce fuit le jour Sainct Ambrose “.

Item, en ladite année valloit la quarte de bleds en Mets xxxur. s. et la quarte de soille xv. s. Et tantost en la moxon la quarte de froment ne valut que x. s. et le soille vi. s., et le vin qui avoit esteit bien chier devint à boin merchiez et ne valoit le meudz que xx. Ss.

En celle année ceulx de Mets allont avecque le comte de Saint Pol assigier une place près de Gondrecourt, en la- quelle Callait dez Hermoizes, Francque de Lautel et plussours malfaitours esloient, et y furent ceulx de Mets xv. jours. Au darien se prinrent à la miner, et quant ils se virent ainsy contraits, se randont à ceulx de Mets et au comte de Sainct Pol; et tantost en firent pandre xHI. tout devant la porte et firent abaïittre la tour, et aussitost qu’elle fut cheut, firent coupper la teste à Callais des Hermoixes, tout devant les aultres estoient pandus.

En lan mil jüi. c. Ixix. Ser Nicolle Marcoulx fut Maistre- eschevin de Mets. En ladite année les prisonniers qui avoient estoit prins avec le duc Robert, s’en rallont sur leur foy.

Item, en ladite année furent prins iïi. gentilhommes qui estoient à Philippin Des Armoixe à Laidonchant per ceulx de la Teppe et amenés à Mets la vigille de la Pantecouste, et tantost il en y olt ïi. des pandus à gibbet de Mets.

28 | CRONIQUE.

Item, encor en ladite année s’en allont ceulx de Mets avec [e duc de Lorenne abattre Belville, et à bout de iii. sepmaines elle fut prinse et abattue par ceulx de Mets, et fut le premier qui entrait Jacomin, filz Genat Simon et Maheu son frère.

En ladite année le roy de France assigeait Callais et bien- tost le roy d’Angleterre à grant puissance les alloit secourir ; maix le roy de France s’an fouyt.

Encor en ladite année, devers la sainct Remy, le duc de Lorenne avecques ceulx de Mets et le Ser de Fenestrange assi- gèrent Pierfort, mais on ne scet à quelle occasion ils laissirent la place et s’en allèrent et laissirent leur artillerie.

Item, en ladite année ceulx de Mets gaingnont et ardont le Nuefbourch de Brii, la vigille de la Toussaint et le bourc desoubz Mouson.

Item, la vigille de la saincte Lucie après, eut de Mets aba- tirent Cheresy.

En l'an mil iii. c. et Ixx. Ser Jehan Baudouche, filz Ser Nem- mery Baudouche, fut Maistre-eschevin de Mets.

En cette année, ii. chevaliers salvaiges jostérent en Cham- paissaille à fer amollu, tout à pied et bien armés et se ferurent de daigue sy mortellement, et si fort se navrèrent qu'il se fuissent tués, se n’eust esté la Justice qui les despairtait; et y avoit à celle heure plus de xv. mil personnes.

Item, en celle dite année ne plust point on moix de Mars, on moix d’Aupril ne on moix de Maye et fit si froy qu’à mer-. veille.

En ladite année le duc Robert de Bars olt si son accord à ceulx de Mets, parmy Ix. mil france qu’il debvoit paier et que jamais n’en paiait rien, Comme je croy, et furent aussi deliverés les aultres prisoniers.

En celle annéé le boin pappe Urbain vint en Avignon. Tan- tost devers Noel il molrut dont ce fut grand (fol, la dopmaige, car on disait que on l’avoit enherbé,

En celle année fut tué d'une lance oi non Herborjat d’ung Picquayf{r|. |

. ANNÉE MIL HI. C. LXXI. 29

En l’an mil jti. c. et Ixxi. fut Sr Joffroy Cucrdefer Maistre- eschevin de Mets.

En celle année vint atour de Mets xiiii. chevals avecque le duc de Lorenne pour aller en l’ayde du comte de Xpalhem ; maix il retornont, ne sçay pourquoy, et firent moult grant domaige on paiis de Mets.

En celle meyme année vint le jour st Pier et sainct Pol ung Albanoy de Ga:le “* avecque vii. xx. chevalx et iii. xx. piétons en l'aide de ceulx de Mets contre le duc de Lorenne et Pier de Bars. Item vint encor en leur ayde Jehan Rollant et Biaulx Rius avecq ii. c. chevaulx et cent piétons, lesquelz avecque ceulx de Mets corurent en Lorenne et brulirent beaucoup de paiis et y firent ung mervilleux dopmaige et ardont le bourc don Nucufz-chaustel et la moitié de Rouzire et furent on paiis l’es- pace de xxii. jours, sans rien perdre, et prinrent le Ser Tiedry de Graulx par force et son filz, dedans son chaustel et brulirent ledit chaustel. |

En celle année encour, se combatirent le duc de Brabant encontre le marquis de Jullet et le duc de Guelres, entre Dure Nostre Dame d’Aiez, et perdit les champs le duc de Brabant. Le Ser de St Pol y fuit tués, le duc de Guelres et y fut prins le filz dudit conte de St Pol, le comte de Naimurs et plusieurs aultres y furent prins et tuez.

Item, en celle année vint le duc de Éérénte devant Mets à grant puissance par devers Ouiresaille, et demandait la bai- taille à ceulx de Mets; mais ceulx de Mets n’orent mie con- seille d’eulx combaitre ; touteffois ung Lorain et ung Messain se combaitirent de iii. coups de lance, iii. coups de daigue, iii. coups - de hache et ne furent mie blessiez.

En ceste année, devers la Toussaint, furent faites trevves jasqu’à la Panthecouste et retournirent les Lorens, le vanredi après la Toussaint.

En ladite année fut prins Perrin de Foucieulx qui estoit en la chaisse de la ville, et Hy fut jh la teste le vanredi après la saint Luc.

30 CRONIQUE.

En l'an mil. ii c. Ixxii. Ser Jacques le Gournaix fut Maistre- eschevin de Mets.

En celle année Ser Pier Fessaulz esloit en la chambre des Trezes pour dire la vérité d’aulcunes chouses qu’i sçavoït, et en ses parolles il cheut tout mort à revers doz, sans jamais renuncier.

En celle année, le mardy après le Sainct Sacrement, fit si grant mouvement et crollement de terres en la cité de Mets que ce fut chouse bien espouvantable, et orent les gens grant paour; le dimanche après, vii. de ceulx de la garnixon de Pierfort vinrent par desoubz Saint Clement, corurent en Cham- papennes jusques à la barre de St Thiebault.

En celle année fut gaingnié Sougne qui estoit plain des ennemys de Mets, de quoy on en couppont à v. les testes et xxix. dez pandus.

En celle annee fut Bietris, fille Symon de Halferdanges, son marit et ii. aultres femmes arsses entre les deux ponts, pour ce que se melloient d’ung cas deffandu en sainte esglize; et fut prins pour ledit cas Willamme de Chambre qui estoit nep- voulz à maistre Guillamme, le saiellour, lequel s’atranglait en la volte et fuit traigné jusques en l'Ile, il fut ars.

Et en celle année encour, furent mors d’ung trait de pouldre, devant Sampegny, Remion de Metrey et Joffroy Grongnat, ii. seignours de Mets, tout d’une seulle plumée et d’ung trait.

En celle année fut deliveré de la prison le duc de Brabant que le duc de Jullers tenoit, per le moien de l’empereur son frère et des vii. esliseurs. |

Item, en celle année fut assomé en son lit le curé de Nostre- Damme-au-Martire, d’une haïiche, per ung sien nepveulx qui demouroit avec ly et le gardait v. jours; maix au darien fut sceu, et fut prins, monné au pillory et traignié et mis sur la roue.

Item, vii. de la garnison de Pierfort vinrent corant jusque la baire de Sainct Thiebault, et blessirent Burtrand de Noviant,

ANNÉE MAL II, C. LXXHI. 31

Simonin Lowv, Joffroy Dex; maix il leur fut chier vendu, car la sepmainne après furent corre devant Pierfort il en tuërent vi. et plusseurs $e noicnt en fuiant; et se ce ne fut csté la nuit qui leur survint, ils heurent fait une belle conqueste et les eussent tous desconflis.

En l'an mil iii c. et Ixxii. fut Maistre-eschevin de Mets Ssr Jehan Dex. Il luy escheut l’eschevinaige Ser Jehan Baudouche chevallier, et fut adoncque déconfis en ung champ de baitaille à Boullay Willegrin.

En ladite année ceulx de Mets orent paix contre Pier de Bay{r] et tous ses aidants et en fut fait l’aiccord à Pont-à-Mouson per le moien de l’evesque de Mets, l’evesque de Toul et l’evesque de Verdun ct estoient lous trois présents.

En ladite année le comte de Savoie brullait tous les bourcs de Millan.

Item, en ladite année le filz le roy d'Angleterre avec grant puissance vint parmey la France jusqu’à Rains pour combaitre au roy de France; maix il ne trowait ne le roy ne aultre qui vousist combaitre.

_ En celle année furent les vawes si grandes par tout le monde et n’avoient esté depuis le déluge pareilles ; elles déracinont ville, villaige, maison, édifice, arbre et aultre chouses assizes sus rivière, car il plut depuis la sainct Remy jusque à Bures,

excepté viii. jours qu’i gellait.

En l’an mil iü. c. Ixxiiüi. fut Maistre-eschevin de Mets Ssr Jehan Simon Baroy.

En celle (fol. 143) année fuit Muselle et Saille sy très haultes que c’estoit chouse incredible, qui ne l’eust veu et y olt moult de domaigè en plussours villes, vilaiges, chaustiaulx, maixons que furent enmonnés des rivières el yawes.

En lan mil ii. c. Ixxv. fuit Maistre-eschevin de Mets Ser Nicol Morel et 1y escheut l’eschevinaige Sr Thiebault de Metry.

En celle année vint une grant compaignie de gens d’armes devant Mets, qui s’en alloient en Ostriche contre le duc d’Os-

32 CRONIQUE.

triche ; s'arestont à Longeville et à Saint Mairtin et per tout le Vaulx, et estoient bien xx. mille, lesquelz menassoïent de tout ardre le paiis et de fouldrier les raisins qui estoient doncque près de murir, s'ils n’avoient argent. Maix nous seigneurs con- clurent qu’i valloit mieulx leur donner argent que de laissier faire ung tel dommaige et leur fut donné xxv. mil francs et ainsy les deschassirent et valut mieulx ainsy que pix.

En l’an mil iii. c. et Ixxvi. fat Maistre-eschevin de Mets Ser Poince Lowe.

En celle année vint Pesveque Thiedry de Bopart en Mets et begnist l’esglize de Sainct Vincent et celle des Cordelliers et fist les ordres on grant moustier, tout pourveant, le sabmedi de Scicientes et visitant touttes les aibayes de Mets de moinnes et de nonnains, et fit faire une procession à Sainct Arnoult le diemange des Palmes et y fut fait ung sermon bien matin en la crowe de St Arnoult.

En l’au mil iii. c. Ixxvii. fut Maistre-eschevin de Mets Ssr Jehan Bertrand.

En celle année l’esvecque Thiedry de Boppart olt debat aulx chanonges de la grant esglize de Mets, de Saïinct Salvour, por- tant qu’i les voulloit visiter ; et il appellont à court de Romme et quant il portont les premiers croix, il leur framirent les huix de leur esglize et ne sonont nulles clouches et ne allirent ne les moinne ne les nonnains point à la procession, ne aussy les cureys. |

Item, en ladite année ung chanonne de la grant esglise fut mis On Pallais pour ung homme qu’il avoit navré à mort et y fut iii. semennes. À la fin les Trezes le randont au chappitre et “il jugèrent à estre x. ans en chartre. |

En ladite année l’empereur Charle allait en pellerinaige à Sainct Maur des Foussez et de à Paris, et te roy de France de receut à mont grant honnour; car il estoit filz de sa seure et ly fit de grants dons qui montoient à plus de Ix. mil frans.

En l’an mil iüi c. et Ixxviit. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Pierre Borgniers.

ANNÉE MIL If, C. LXXIX. 33

En ceste année morut le Sainct-Père Urbain en mey-ka- resme, et fut fait ung pape nouvel don cardinalle de Genewre nommé Clément.

En celle année ii. seigneurs de Mets furent tués avecques les gens le seignour de Wernepeth ; car il furent rancontrés de ceulx de Biche; lequel seigneur de Biche en prinrent et tuërent plus de üäii. xx.; et s’appelloit l’ung Perrin Baudoche et l’autre Burthmon Paillat.

En l’an mil iii. c. Ixxix. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Nicolle de Ragecourt.

En celle année le cardinal d’Aigreville vint en Mets et y de- mourait ung an, et toulte la clergie de Mets, de Verdun et de Toul obéirent à luy, fors que l’evesque de Triewe et l’esvecque des Proichours ‘*.

En l’an mil iü. iii. e. xx. fuit Maistre-eschevin Ser Arnould Noiron.

_ En ladite anaée fut commencée premier la Bullete à Mets, et fut ordonné de paier pour chascune livre vi. deniers comme on fait encor de présent.

En celle année le duc de Bars avecque ceulx de Verdun assigeait Chargney que Pier de Bay ‘* tenoit par force et fuit prinse ; et en l’année molrut ledit Pier de Bay que ne fut mie grant dompmage et fut ensepvelit aux champs, et molrut aussy le boin abbé de Gorsse qui estoit de Petitepierre, et estoit tré- sorier de la grant esglize de Mets et curé de Sainct Simplice, ung nommé maistre François.

En l’an mil iii c. ji. xx. et i. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Burthe Paillat, |

En celle année les moinnes de Golr]ze eslirent ung abbé et le Sainct-Père Clément y envoiait ung bourguinon et les moinnes ne le voulurent mie ressoire; touttesfois à la fin ils eurent accord ensamble.

liem, encor en celle année ceulx de Mets firent faire la grousse clouche que on appelle Muite, laquelle il convint

3

94 | CRONIQUE.

fondre par ii. fois, et firent faire ung clouchier de boix ; et devant la ditte mutte faite, on sonnoit la grousse clouche de St Hillaire, comme on fait à present Mutte. :

En l’an mil iii. c. iiii. xx. et ii. Ser Pierre Fessaulz fuit Maistre-eschevin de Mets.

En celle année furent abattues touttes les fraries de Mets ".

En celle année ceulx de Gant olrent grant discort encontre le comte de Flandre et ly abaitirent ung chaustel qui avoit costé plus de c. mil livres, pour une nouvelleteit qu’i vouloit eslever on païs; et firent une grande bataille le peupple et le comte tellement que le peuple entrait en la ville le comte se tenoit, et s’en fouyt ledit comte par une posterne et n’y ozait demourer ;-et fist après le comte une grande malvistiet, car il y avoit à Gant ung boin merchant lequel 1y exurait par ses lettres scellés et qu’i venist (fol. 14) parler à luy à Bruges, dont aulcuns grants seigneurs 1y consillont qu’i n’y allait mye. Quant il fut venus devant le comte, icelluy comte fist pranre i. tonnelz fichié plain de brouches de fer et le fist getter tout nudz dedans et roillier aval la ville *e R' --e ; et ceu fust fait devant que la baitaille fut.

En l'an mil iii. c. et itü. xx. et iii. Ser Nicolle Drowin fut Maistre-eschevin de Mets.

En celle année fist le roy de France une chevalchiée en Flandre et y furent faicts vi. chevalliers de Mets : Ser Nicolle de Heu, Ser Lorant le Gornaix, Ss' Jehan Drowin, Ser Wiry le Gornaix, Ser Jaicque Burtrant et Ser Jehan Braidy.

_ En celle année fut mort Wesselin, le duc de Brabant.

En celle année molrut l’evesque Thiedry, esvecque de Mets, xv. jours devant la Chandellour; et en celle année firent les viefz Trezes des nowels Trezes, pour ceu qu’i n°y avoit point d’esvesque.

En l'an mil ii. c. et ii. xx. et ji. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Joffroy de Varixe.

En celle année fut reçeu pour esvecque Pierre de Lucem-

ANNÉE MIL HI. C. IN. XX. II. 35

bourch, frère à comte de Saint Pol et de Liney et fut receu de Messeigneurs de Chappitre le jour de la Pentecouste et 1y firent Messeigneurs de la Cité ung présent de iüi. c. francs en boin vaixellement d'argent et nomait avecque lui ledit evesque plussours capilaines de Burtons que gaisterent tout le paiis de Mets bien v. sepmaines durant qu’il y furent; et y avoit bien de Burtons ïii. c. bassenats que ces iii. capitaines con- duxoient. Ces ilii. capitaines, quant il se volurent départir dou paiis de Mets, demandèrent argent à la Cité pour ung compai- gnon que Jehan Loivey dexives, qui avoit esté tué on Champ- paissaille, et il y avoit bien ix. ans, et dont il avoit fait bonhe. acquitance ; mais la Ville ne leur volt riens donner, dont il deffiont la Ville et bouttont le feu à Loweny et en plusseurs lieux ; et dont Messeigneurs de la Cité lowont iiii. xx. sol- dieurs et les tuixentes iii. mois, dont plusours bonnes gens en paiont c.‘sous pour paier les soldiours et pour dechaussier nos ennemis.

En celle année vint à Lucembourch le roy des Romains et roy de Behaigne ; avec 1y le duc de Taixey 5? et plusseurs grants seigneurs et corrurent en la duchié de Bars devers Louwy, ils firent moult grants dommaiges, tant que le duc de Bairs en- voiait per devers luy le comte de Legney, pour faire tractié avecque ledit roy; et fit tellement qu’il olt escord, et fit venir ledit duc de Bair devers luy à Lucembourch et reprint de luy ses armes, ce que faire ne vouloit par avant.

Item, ceulx de Mets envoyèrent à Lucembourch devers ledit roy des Romains Ser Nicolle François, Ser Jehan le Gournaix, Ser Arnoult Baudoche, Ser Jehan Genetel pour les affaires de la Cité; lesquelz iii. seigneurs enmoinnèrent avec- ques eulx Ser Olrey de Fenestrange et Ser Hanry de Morhange pour eulx aidier et consillier, et firent tant que de plussours entrefaits et debats qui estoient entre la Cité et la duchié de Lucembourch, il olrent bonne paix, qui fut ung grand bien pour la Cité. |

30 CRONIQUE.

En ladite année, le diemange apres la sainct Mairtin, vint en Mets ledit roy des Romains et n’y demourait que ii. jours ; et la Gité luy fit don de bien la value de ix. livres, et le chancellier olt cent francs pour sceeller une lettres que ceulx de Mets ont de luy, qu'i ne povoit ne ne debvoit jamaix rien demander sur leur franchisse.

Item, la Ville donnait aux serviteurs du roy des Romains messaigiers, menestrez xlv. florins de Mets, et le roy fit donner au sergent des Trezes xx. frans.

Item, quant ledit roy des Rommains entrait à Mets, les Trezes qui pour l’eure estoient, avoient fait faire chescun ung rolle de wellouwey, partie noire et partie rouge.

Item, les Trezes avoient commandé à tous les eschevins des parouches de Mets, qui fissent sonner touttes les clouches de Mets, dès que ledit roy des Romains entreroit en Mets et jus- qu’à qui seroit en son logis, et fut ensy fait.

En lan mil iii. c. et itii. et v. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Jaicque Burtrand, chevallier. |

En celle année vint en Mets l’esvecque de Mets, Pierre de Lucembourch, lequel fit faire une procession generalle à Sainct Vincent et la Ville ly fit present de cent quartes d’awoinne, de deux cowes de vin et de ii. grais buefz.

En celle année fut commencée à faire la tour pres du pont Rengmont et fut amandée ladite porte du pont Rengmont ‘.

En ladite année vint devant Mets le comte de St Pol et se lougèrent sur Sgr Nicol de Heu à Annery et y demouront iii. jours, et mandait à la Gité que on, vousist desfaire les xüii. War- dours, pour ceu qu'ilz empechoient la justice que son frère l’evesque de Mets avoit fait, qui s’appeloit Pierre de Lucem- : bourc.

En l’an mil it. c. ii, xx. et vi. fut Maistre-eschevin de Mets . $er Joffroy Lohiers.

En celle année le duc de Lorenne marià sa fille au Ser de Coissy 54.

ANNÉE MIL III. C. HI. XX. VII. 37

En celle année deffiait Ser Girard de Belzchem, et pour et on nom de luy, deffiait la Cité le duc de Jullet, et vinrent devant Mets à grant armée et puissance et plussours aultres Allemans et boutirent le feu à Hauconcourt et Tallange à la Follie, et de allirent logier on Vaulx et ardont Mollin et Chauzelle et St Ruffine, Scey, Chaustel, Rouzerieulle et Longeville, et adoncques se delougièrent et allont lougier à Ars sur Muzelle et à Ancey; et adoncques firent Messeigneurs les Trezes huchier sur la pierre devant le moustier, qu’i ne fût nulz clerc ne lay qui ransonnaixent nulle de lour ville, ne que nulz ne prestait _ argent pour les ransonner sus la peine de c. livres d’émende, s’il y olt plussour qui ne le tinssent mye. Et adoncques se delo- geont les Allemans, sy allont passer Muzelle à Belleville et à Dieuleway, et passèrent la rivière de Saille et ardont plussours villaiges sur ceulx de Mets, que je ne sçay nommer, et boutont le feu à Maigney, on Hault chemin et Nowesseville et Servigney et Choibey et aultre part, et de lay il en allont oultre et retraiont vers leur paiis. Et quant il furent retrait, ceulx de Mets par- tirent ung mardy et orent deux bombardes et s’en aillèrent devant le Neufchaistel devant Thionville et y boutont le feu, et aussy en plussours villes autour de Boullay.

En l’an mil ii. c. iii. xx. et vii. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Jean de Vy.

En celle année molrut Pierre de Lucenbourch, evesque de Mets. |

En celle année furent prinses les trois maisons de Loweney . per le comte de Sainct Pol, qui estoit seigneur de Leney.

Item, en celle année, le xxvie jour de Maye vint le comte de St Pol devant l’abbaye Gorze, et envoyait à ceulx de Mets, s’il vouloient point donner argent à comte de St Pol. Les seigneurs de la cité lÿy mandirent qu’i ne luy donneroient point d'argent et donc, comme enragé, il se vint logier à Wauppey, devant Mets et demandait la baitaille et y fut i. jour ou il., puis se delougeait et s’en allait à Leney.

38 CRONIQUE.

En celle année vint en Mets, le jour des Roys, Rau!z de Coussy pour evesque de Mets ** et fut receut des seigneurs de Chappitre et virrent avecq luy le Ser de Coucy, le viels comte de Miaulx ; et la ville fit present à l’esvecque de iïi. c. florins et au Se de Coucy de it. €. ; et v. sie aprez à pertirent de Mets.

En Pan mil ix. c. ii. xx. vi. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Nicolle Baudoucthe et ly escheut. iïi. eschevinaiges, l’un de Ser Jaicques le Gournaix, le granit mardy de Pasque, l’autre de Ser Joffréy de Varixe, ke vie jour Apvri, et l'autre de Sëer Nicolie Bäudouche. s:

En l'an mil it. e. iüit. et ix. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Burthe Pappemiatte.

En celle année, la vigille de Noel fit Ie plus grant vent que “depuis cent ans n’en avoit fait le pareille.

Le propre jour fut prinse Verton par le seigneur de Leney en Barroy ; et en ladite année avoit grant division en l’Esglise, car on faisoit pappe sur pappe, per force des parties que on tenoit.

En Pan mit ïüi. c. ri, xx. et x. fut Maistre-eschevin de Mets Ssr Nicolle le Gournaix.

En l’an mil iüt. c. iii. xx. et xi. fut Maistre-eschevin de Metz Ser Nicolle Gronat l’anney, père de Ser Nicole Grongnat que fut ung boin joutteur.

En l'an mil ii. e. ïiti. xx. et x. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Jehan Renguillon.

En ladite”année le Turcq rescripit à Pappe, tout ainsy qu'il est cÿ apres escript :

« Morbasiäns à Arestin filz du riche roy Olofernus, per grace du grant Mahon, descendus de la lignée du grant prophete Jhesu de Nazaret, dispon de Babillonne, grant can de Tartarie, baron de Turquie, prince des environ, empereur d’Argonne, de Persse, de Honguerie, seigneur de Belle moryne et de la terre des Juifs jusque en paradis terrestre, con- questeur de touttes Crestientés, tenant em subjection l’em—

ANNÉE MIL HI. C. HI. XX. XIII. 39

pereur de Constantinoble, seigneur de Tarse Tasperone, la haulte Morée et aussy de la basse, ayant esperance de brief conquester tous les royaulmes qui se disent Crestiens.

» À toy, grant prestre de Romme, mandons et faisons assa- voir que de novel est venus à nostre congnissance que toy et ung qui se nomme Lowy Lowis de Vaillois, Roy de France, Vous voulles faire guerre et ait donné et donne plainniere remission à tous ceulx qui prenront armes contre Nous et Nous feront guerre, laquelle chouse ne creons point que le hault Dieu de nature t'a donné ycelle puissance. Sy te man- dons très expressement et incontinent que tu te veulles désister d'icelle grant foullie, et aussi faire cesser à Lowis tan allié et à tes iii. chevaliers de Rodde, de Pize, d’Offanise et de Grèce, ou sy non, saiche que Nous te yrons veoir en brief temps, acompaigné de Ixvi. roys, eulx et toutte leur puissance, et si feront de ton temple comme ait esté fait de celluy de Saincte Suffie de Constantinoble, Et avecq ce te mandons et à celly Lowy de Vallois, roy de France, ton allié que nous ly ferons copper la teste en le milleur ville ou cité de son. royalme, et affin que tu saiche que nous avons puissance de ce faire, Nous te envoyons dons insuperable, or, pierres précieuses et drap d’or. Plus rien ne te mandons pour le present ; noustre grant Dieu te gart. Escripte en nostre grant riche [cité] du Kaire le xe. de septembre, l’an de Mahomet ii. c.; de nostre rengne le ve. et signée par le hault en la marine, maistre Bastin et du secretaire Jasper “”. »

En l’an mil ji. c. iii. xx. et xiii fut Maistre-eschevin Se Wiriat Bouchatte.

En l’an mil ji. c. iii. xx. et xiil. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Jaicque de Laitre.

En celle année fut faite la grande baitaille en Honguerie de- vant Pollin * on paiis des Sarrazins, en laquelle baitaille furent mort les ii. fils le duc Robert de Bair, Monseigneur Henry et

40 CRONIQUE.

Jehan, Monseigneur et plusieurs des vailkants seigneurs de Mets: Se Lorent Grongnat, Ser Jehan Braidit, Ser Jehan Corbelz ; et y fut prins Se Jehan, duc de Bourgonne, lequel fut amené devant Baisaicle pour le décapiter. Mais il sorbvint ung Juif ou ung Sarrazin qui recriait que on ne ke fit point molrir, et que per ly seroit encor encore une grant partie de la Crestienteit destruite, et il y molrut plus de cent mil personnes.

En l'an mil ii. c. äüii. xx. et xv. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Nicolle de Metry.

En celle année furent les grants feus à Sainct-Vincent, si grants que les clouchiers furent ars et touttes les clouches fondues et fut en la grant sepmaine de Pasque.

Item en ladite année vint en la terre de Mets le comte de Sainct Pol et vint boutter le feu en plussours bleds per devant les Ponts, et en celle année fut esleu pappe Pier de M Lune qui fut appelez Benedicq**.

En l’an mik iii. c. ji. xx. xvi. fut prise la ville de Danviller per les François, et fut Maistre-esehevin de Mets Se Willame Faulquenelz en ladite année.

En Pan mil in. fi. xx. et xvi. fut Maistre-eschevin de Mets Ssr Thiebault Baitelle.

En celle année le jour du grand jeudi Se Aymé de Salbruche et Callait de Mexey firent ung champ de bataille en la ville _ d’Yvoixe ® et fut ledit Se Aymé deconffit et mené en prison, et depuis le roy d’Almaine le fit quicter et ly fit randre ses armes et fit depuis mainte chevalchié.

En l’an mil iii. c. iii xx. et xviii. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Nemmery Bauldoche.

En celle année furent prins plussours gendarmes qui souvent pilloient et roboient sur le paiis de Mets et n’en povoit on avoir aultres raisons, sinon de belles parolles, et ne avoit que faire la Ville à eulx, entre lesquels furent prins les deux principaulx, Cornement Russe de Blanche Esglize et Jehan de Waudrevenge, ÿ. gentilshhommes, lesquels olrent la teste eoppée devant la

ANNÉE MIL HI. C. III. XX. XIX. &1

grande esglize de Mets et le lendemain en y olt xi. de pendus, et en molrut en prison qui estoient naverés xviii. et furent pendus la vigille de Noël.

Item, en ladite année Jehan Emblecol et Hannes de Sainct- Jullien, son genre, qui estoient de Paraige et estoient tous ii. amans furent bannis et fourjugiez à tousjours mais de Mets et et leurs biens confisquez à la ville, pour ceu qu’i s’en estoient allés, fuyant nuytamment, pour plussours faulz escripts qu’i se faisoient l’ung et l’autre et mettoient en leur arche; de quoy les gens sur qui ils faisoient lesdits faulx escripts se complain- doient à Dieu et au monde; et fut trouvé qu’ils en avoient fait pour plus de iii. mil et v. c. livres, c’on debvoit à l’un et à l'autre. Jehan Emblecol, qui estoit viez, morut à Pont à Mousson il estoit, fuyant de cousté le Se du Vergiez, et voulloit faire guerre; mais les seigneurs de Mets tousjours saiges firent tant qu’il fut prins et amené à Mets, et tantost fuit traingnez on piloris et pendus as gibets de Metz.

Item, ancor en ladite année ii. moynes de Sainct Clement et ü, clersons volrent enherber leur abbé qui s’appelloit Ser Thiebault Lowe. Le cas fut sceu, furent prins et molrut l’ung des moynes en prixon et l’autre s’en fouit et fut deschassié plus de xv. ans el fut à la fin absolt à Romme don pappe et olt sa paix, et les deux clerssons furent pandus as gibbets.

En l’an mil iüi. c. ii. xx. et xix., le jour de la ste Katherine pertirent de Mets ces seigneurs cy apres nommez pour aller en Prusse : premier Se Jacques Dex chevallier, Jehan Noiron, Jehan de Vi, Lowy Paillat, Jehan de Waudrewange, Perrin le Gournaix, Jchan Faquenel, Guexeriat, Guichard, Boullay et Morisce de la Tour, et s’en alirent à Nancey pour s’en aller en la compaignie du duc Charles de Lorenne ; et en ladite reze furent faits trois chevaliers novels des seigneurs de Mets: Se Jehan Noiron, Ss Guexere Bollay et Se” Jehan de Wau- drewange. Et avoient les seigneurs de Prusse Ixx. mille che- valx et le duc Witasse iiii. xx. mil chevaulx, qui estoit ung duc

42 CRONIQUE.

Sarazin qui servoit les Prussois, lesquels jussent à la gellée et en la nege à ciel descouvert; et conquestirent xl. luées de paiis du paiis de Samech ‘' et de Caldée.

Faxins.

En ladite année le sabmedy des Palmes revinrent de Prusse, les seigneurs devant dits, et en celle année furent les grans perdons à Romme.

Item, en ladite année fut grande mortalité.

En ladite année fut fait empereur Ruppert, comte palantis et duc de Baiwiers se. :

En lan mil üiii. c. et i. fut maistre-eschevin de Mets li sire Jehan Abrion.

En ladite année fut prinse la forteresse de Dudelange per le duc Robert de Bars et ly firent ceulx de Mets grant ayde de vivre et de aultres chouses.

Item, en ladite année fut Symon Chevallat bien grant entre les seignours de Mets et estoit Treze et amant; fut forjugiés el banni de Mets et ses biens confisqués à la Cité pour aulcuns meffais qu’il avoit perpetrez.

Pierre Fessaulx.

Et le vanredi apres la Magdellaine, [Collair] 4: de Merchey et Philippe de Noweroy venoient de Courrent en Allemaigne et enmenoient une grant pance, avint que le sire.de Boullay, le Ser de Bruncq et messire Conraid Baier avecq de leurs amys et priérent des seigneurs de Mets qu’i les voulsissent acompaignier; et y allait Ser Nicolle Grongnat chevalier, Se Thiebault de Vy, Pierre de Tournay, Baudowin Dex et plusseurs aultres et les chassirent jusques Grehier et mirent pied à terre ; et furent desconffis et le pant rescous et Callait de Mexy fut tuez bien pres du parel Calard Mergoten Piat.

Jaicque Dex, et ne se fit rien dez Noel en ladite année, qui fût digne d’escripre.

ANNÉE MIL HIT. C. Li. 48

En l’an mil iii. c. et jüi. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Jehan Renguillon, le jonne.

En l’an mil iii. c. et v. se fit une Jaicquerie en la cité de Mets, laquelle commençait le lendemain de la sainct Jehan- Baptiste qui estoit le jour de la sainct Elloy. Se ellevcrent tel- lement contre les seigneurs de Mets qu’i prinrent tous ceulx qu’i polrent avoir et les menont on Palais; et ceulx qui polrent fouyr, s’en fuyont ils polrent mieulx, en leurs forteresses et après de leurs amys. Et yceulx mutins firent le jour de la sainct Pierre, sans cause et sans raison, coupper la teste d’ung des nobles seigneurs chevaliers de Mets, qui s’appelloit Ser Nicolle Grongnat. Dieu ly faice mercy! Et gouvernont iceulx multins par lour mavaistié la cité de Mets ang an, v. sepmaines moins; mais Dieu ne les benoits saincts ne voulrent plus souffrir ceste grant malvistié; car le jour de l’Anscenssion les seigneurs de Mets rentrerienten Mets bien maitin et regaingnont la Cité avecq layde de leurs amis et n’y olt que ung homme tué, maix ils en prindent plussours et les mirent on Pallais. Et tantost en y olt des noiez au Pont des Morts xxxi. qui avoient esté des plus maulvaix, car à eulx n’apertenoit le gouvernement .

Hem, en ladite année iñi. grants seignours prinrent guerre contre la cité de Mets, sans cause et sans nulles raixons; lesquelz bien abusez la cuidoient bien destruire, c’est assa- voir : le comte de Salverne, le comte de Nausowe, le comte de Salmes, le Ser de Boullay et Jehan d’Aulrez, lesquels s’'assamblerent en baitaille à Genetroy contre la Cité ; en laquelle baitaille furent prins plussours de nos seigneurs de Mets et plussours aultres de la Cité par la maulvaise conduitte et gouvernement de plussours des Jaicques devant dits, qui voulrent tout conduire et gouverner et n’en sçavoient du tout rien. Et fut celle dite baitaille faicte la vigille de la sainte Katherine, ung jeudi.

Item, en ladite année furent faictes alliences de ceulx de : Mets et du duc Charle de Lorenne et du Ssr Regnal Raoul de Coucy, evesque de Mets, le second jour de Janvier.

A4 , CRONIQUE.

En l'an mil ji. c. et vi. on mois de Jung, le mercredy après sainct Sacrement, environ les vi. heures devant midi, il fist eclipse et bien fort nuit, et estoit le ciel bien estellé et bien clair. Et fut en ladite année Maistre-eschevin de Mets Ser Jehan le Gournaix.

Cuer de fer.

En ladite année furent les gellées moult merveilleusement grandes et duront xii. sepmaines.

En ladite année fut tué le duc d’Orliens per ung appelé Rollet à la fauveur du duc Jehan de Borgonne, à Paris, la nuit de la sainct Clément en yver, en revenant de l’ostel du roy, dont moult de mals en sont advenus on royaulme de France; et depuis en fut prins la cité de Paris, et il y fut tué le comte d’Arminacle et furent faictes plussours baitailles, l’une à Pont-St-Clouz et aultre part. Et quant la cité de Paris fut prinse, le comte de Nerbonne, messire Ennequin, prevost de Paris et Ser Barbazan emportent le Daffin en Daffiné et le servirent bien et loyallement ; et depuis les dessus dits trois seigneurs firent tant qu’i firent tuer le duc de Borgonne. Pour scavoir quant le duc d’Orliens fut tué, Contere brachium peccatoris. | contre Jehan de Balviers, leur evesque, pourtant qu’il ne voulloit mye estre prestre, et firent les dits Liégois ung aultre evesque; et tantost ledit Jehan de Balviers fist une grant armée et olt en son ayde le duc Jehan de Bourgonne, avec grant puissance. Et incontinent que les Liégeois sorent qu’ils estoient aux champs, comme mal consilliés et mal advisés, saillirent dessus eulx à leurs grants despens, leur estandart desploié ; frapirent sur eulx et orent (elle baitaille qu'i molrut des Liegeois en la plaice plus de xxxiii. mil. Et depuis fut mariez ledit Jehan de Balviers à la duchesse de Brabant et de Lucembourch et ne vesquit gaire depuis *. Et estoit pour icelle année Maistre-eschevin de Metz Ser Nicolle Lowe.

mn

ANNÉE MIL III. C. IX. 45

Item, en celle dite année olrent grant alliance ensamble contre tous et envers tous le duc Charles de Lorenne, Ser Raoul, evesque de Mets, le duc Robert de Bair, son annez filz, Edowars, mairquis du Pont et seigneur de Dun-le-Chastel, et ceulx de Mets, laquelle alliance devoit durer * vi. ans sans contredire ; ne sçay qu’il en advint.

En l’an mil ji. c. et ix. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Poince le Gournaix.

En ladite année fut fait en Avignon pape Alexandre et ne fut pape que ung ans.

En Pan mil iii. c. et x. ans fut Maistre-eschevin de Mets Sr Nemmery Renguillon. En ceste dite année ne se fit rien de nouveaulx pour metire en escript.

Ser Arnoult Fessault. ><

En celle année {fut] fait pape en Avignon Baltasar, que fut appellé Jehan, lequel ne rengnait que iiii. ans +.

En Jan mil ji. c. et xii. fut Maistre-eschevin de Mets Ssr Plerre le Gournais. saint Jehan ewangeliste, c’on dit l’Apocalice, que durait iii. jours en Chainge, en haulte et magnificque triomphe; et fut Ser Joffroy, menistre de la Trinité, sainct Jehan, qui merveil- leusement fit bien son debvoir, et Fourelle, clerc des vii., portait l’original des personaiges *”.

En l’an mil üüi. c. et xüi. fut Maistre-eschevin de Mets Ssr Nicolle Drowin, le jeune.

En ladite année, le viii. jour d’Aoust, vint en Mets le cardinal de Cambrey, maistre en saincte Théologie, passé par l’Uni- versité de Paris, pour reformer les religieulx et religieuses de Mets; et furent les chanonnes et la clairgie à procession au devant de Juy jusque à sainct Arnould *.

En l’an mil ïüi. co. xiiii. fut Maistre-eschevin de Mets Sr Joffroy de Varixe.

46 CRONIQUE,

*..e

En l’an mil üüi. c. et xv. fut Maistre-eschevin de Mets Se Warin de Toul. |

En ladite année, le diemange, vigille de la Magdelene, qui estoit le jour de la st Victour, fut receu pour evesque de Mets Ssr Conraid Baier pour ung change qu'il avait fait de son eveschié de Noion à Ssr Raoul de Coucy contre celle de Mets.

En celle année fut grant guerre de Henri de la Tour contre les seigneurs de Mets et n’avoient que faire avec luy, sinon qu’ils avoient aydié à abaitre le Saulcy *; et tantost apres il def- _ fiait la cité de Mets et amenoit grant armée de Bourguignons et s’en vinrent gesir on Vaulx de Mets, à Mollins, à Ste Ruffine, et y jurent trois jours et abatirent le gibet et prinrent la forte- teresse de Mollins, et puis s’en allirent bouttans le feu en plusseurs lieux, et fut le jour de la st Augustin.

Item, encor en ladite année le jour de feste sainct Creppin et sainct Creppinet, on moys d'Octobre, fut faite la grant bataille à Agincourt * des Anglois contre les Franssoys, en laquelle la plus grant partie des granfs seignours de France furent tuez et prins, entre lesquels furent prins le duc d’Orliens, le duc d’Angoleme, le comte de Vertus et plussours autres, et y furent tuez le duc Edowars de Bair et ses freres, le duc de Braibant, le comte de Wauldemont, les enffans de Blamont et plus 1x. mil autres; et per ainsy fut la duchiez de Bair sans hoirs, excepté Se Lowy, filz le duc Robert de Bair, lequel estoit cardinal et evesque de Verdun, qui se mist en la possession de la duchiez de Bair. Et tantost vint le duc des Monts ”°, qui avoit espousé l’une des filles dudit duc Robert, qui demandoit et voulloit avoir ladite duchiez, lequel olt plussours des nobles qui ce consentoient et 1y firent grant fauveur, car ilz ne fai- soient point grant estime du cardinal, car ils l’appelloient presbstre. El quant il vit qu'il ne polvoit mie joyr de son fait, il mandait Regné, filz du duc Regné, filz du roy Lows, son cousin, qui estoit filz de la plus ainée fille du duc Robert son pere, et 1y donnait la duchiez de Bair en mariage, faisant

ANNÉE MIL IN]. CU. XVI. 41

dudit Regné et de l’ainnée fille du duc Chairle de Lorenne. Maix le duc des Montz entreprint moult grant [guerre] pour cestuit et à la fin en fut prins prisonier et monné à Nancey, et ly fallut quicter tout le droit qu’il y povoit avoir et que son filz y pretendoit avoir, luy et tous ses hoirs.

En Pan mil iii. c. et xvi. fut PalIreesCRCYIn de Mets Ser Jehan Renguillon

En lan mil iii. c. et xvii. fut Maistre-eschevin de Mets le sire Andreu de NANreNranRe Drovwin fut Maistre-eschevin de Mets.

En ladite année rengnoit pappe Mairtin, lequel fut fait pappe à concile de Constance et rengnait xiii. ans, et on dit temps avoit grants scismes en saincle Esglize ; et on dit concile de Constance furent condempnés à estre brulés ii. heretiques: Husson et Gerome ?' ; lequel pappe Mairtin gouvernait moult bien papaliteit et fut trowé apres sa mort xiii. millions de ducats en son tresor; et pour sçavoir quant il molrut, Laus ejus ecclesia sanciorum.

Arnoult Cuer de fer.

En ladite année fut tué le duc Jehan de Bourgogne à Monterwals 7? sus Senne par ung appellé Phillippe Josquin et Ser Tenneguin, et puis s’en allirent demourer en Provence. Pour sçavoir la date que ledit duc Jehan de Bourgogne fut tué, vous le trouverez-Cy, Crucifige, di eum.

Je croy que encore les y ait on bien.

En l’an mil ii. c. et xx. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Arnoult Baudouche, le- jonne, qui demouroit darien Sainte Croix.

En ladite année fut tué le duc de Clarance ** et deconffis avecque x. mille Anglois par les François.

48 | CRONIQUE.

En ladite année fut fait le jeus de sainct Vy par frère Joffroy, ministre de la Trinité, la vigille de la sainct Privez, et y fit le curé de Sainct Vy xl. sols d’avantaige.

ltem, environ iii. ans devant avoit esté grant guerre entre ceulx de Mets et Ser Ferry de Chambley, pourtant qu'il avoit esté consentant de prenre la forteresse d’Annery, laquelle fut prise furtivement par ung trahistre, appelé Hanry le Bahignon de qui on ne se gardoit mie; car Collignon de Heu à qui ladite maison appartenoit, se fioit si fort de luy qu’il avoit commandé que toutes fois qu’i venroit, que la place Iy fut ouverte. Celluy Hanry vint et fit semblant d’amonner des chairs pour chairgier du vin et sus lesdits chairs estoient gendarmes, et Wainchelins de la Tour estoit tout prest à grant compaignie, qui entroit dedans, et ainssy la prinrent et la delivrèrent en la main du duc Charles de Lorrenne ; [malgré] que pour le temps avoit pension en Mets ledit Wainchelins pour estre amis et pour aidier la Cité en tous ses affaires et le paiïis et avoit ainssy saellé ; et souffrit plussours mals faire sur la Cité, cloiant l’oieul toute la guerre durant, qui durait iii. ans jusque l'an iii. c. et xxili. que paix en fut faite. Et en faisant ladite paix fut quittée ladite pension, les lettres rendues, et la forteresse rendue aux seigneurs de Mets; et bientost après fut ledit trahistre Hanri rencontré des soldiours de Mets, fut prins, amonné à Mets, mis on pillory et wainé à Pont des Mortz et desquartellé et mis les pièces per les portes. |

En l'an mil iii. c. et xxi. fut Maistre-eschevin de Mets Sfr Nicolle Grongnat.

En ladite année furent les yawes si grandes que on ne veoit __ point les arches du Pont des morts.

En ladite année commençait la guerre du duc des Monts ad cause de la duchié de Bair, comme nous avons dit ci-devant, contre Rengné, duc de Bair et genre de Charles de Lorenne: et y fut la garnison de Briey tantost de conffite.

Item, en ladite année de la guerre fut ledit duc des Monts prins par la garnison de Louwy et mené en prison à Nancey.

ANNÉE MIL NII. C. XXII. 49

Item, en ladite année fut assegiée la cité de Toul per le duc Charles de Lorenne, et à bout de trois sepmaines il olrent accord per une penssion qu’il olt chesqu’an, que ancor dure.

En Pan mil iii, c. et xii. fut Maistre-eschevin de Mets Guexire Hurel.

En ladite année molrut Hanry qui se disoit roy de France et d'Angleterre, et genre du roy Charles de France.

Item, en ladite année molrut aussy ledit Charles de France.

Eu ladite année la cité de Miaulx en Brie fut assigiée des Aunglois ; finallement elle fut prinse.

En ladite année fut le duc de Mont delivré de prison.

Item, en ladite année futung chamoys que ung chescun paiot ung denier por le veoir.

En l’an mil iii. c. et xxi. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Nicolle Roucel. ;

En ladite année fut le vin à boin mairchié, c’on avoit une cowe de vin pour xii. sols et ung tonnelz d’une cowe coutoit xüi. sols et donnoit on une cowe de vin pour ung tonnel ven- dange, et fut ladite année bien pluvieuse et grant mortaliteit de peste, de bosse et de xantelle qui durait plus de ii. ans.

Item, en ladite année desrobait et print la cité de Marsalle le roy d'Aragon, lequel la fourageait et brullait toutte.

Item, en ladite année Charies, duc de Lorenne, contraindit tellement Se Robert de Commexy et ie Ser de Chastelvilain qu’i se vinrent rendre à 1y.

En l’an mil. iii. c. et xxiiii. Ssr Jacque Rollegnat fut Maistre- eschevin de Mets. |

En ladite année le xviie. jour de Febvrier, Madame de Bair, fille de Charle, duc de Lorenne, fit sa première venue au Pont à Mousson et à sa venue y olt une moult noble joutte de plus- sieurs seignours.

Item, en ladite année furent les yawes si petites dedans bien ii. mois qu’y n’y avoit mollin mollant sus Muzelle ; et adonc-

que furent mis et appliqués les mollins à prouffit et utiliteit de

la Cité. 4

50 CRONIQUE.

En l’an mil üii. c. et xv. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Nicolle de Rachecourt.

En ladite année le premier jour d’Aoust [fut] fait le jeu de | sainct Victour en Chainge, qui duroit trois jours.

Item, encore en ladite année, le ve. jour d’Octobre, Piersson Froway, escripvain du Pallais, fut mis on pillory et trayné au gibbet de Mets et mis sus une r{oJue, pourtant qu’il avoit vollu trahir le chastel de Mousson et aultres demerites qu’il avoit ai ts.

En l’an mil iii. c. et xxvi. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Willame Chaverson.

En ladite année, le premier jour de May, vii. hommes de Servigney battoient ung homme en la voie de St Jullien, desquelz vii. on en print iii. et menés enchiez le Doien et le sabmedi après furent menés à Pont des morts, chescun un sac sur l’espalle et fussent estés noiés, se n’eust esté à la prière et requeste de Ser Willame Chaversson qui estoit Maistre- eschevin de Mets et de Collignon de Heu; maix ils orent chescuns les ii. oreilles couppées et banis. oo

Encor en ladite année furent les yawes si grandes par ii. fois que ce fut grant merveille, le jour de la sainct Remy et le jour de la sainct Jehan.

Ea l'an mil iii. c. xxvii. fut Maistre-eschevin Ser Pierre Deudenvy.

En ladite année, la vigille de la Pantecouste fut fait en Mets une grant sollempniteit et triumphe d’une coronne de cire de plussours coullours de cire, fleurs et ymaiges, qui pesoit iii. xx. x. livres. de cire, qui fut portée aval la cité de Mets par les escollaistres de la grant esglise de Mets. lesquelz estoient tous en‘propoint de rouge drapt damas, chevachant à haulte selle en grant triumphe, acompaignez de leurs amis, c’est assavoir ; de Aburtin Boulay, Collignon Dex, Perrin Dudenys, Ferry de Bourch et Ferry de Boudange et Lerdenoy, tous à esperons dorez.

ANNÉE MIL HIT. C. XXVINI. 51

Item, le xvie jour de Julet furent noiez Simonin Lanonne et sa femme, le pauxour pour leurs demerites 74.

Item, en ladite année, viie jour du mois de Septembre, Ser Nicolle Chaullon, abbé de Sainct Martin devant Mets, fit cuillier environ une hottée de pommes en ung gerdin on ban St Mairtin dont moult de mal en advint ; car le duc Charles de Lorenne en fit requeste à la Cité que randue et restitution y en fat faitte, per l'information des bons moinnes dudit St Mairtin, portant que les dites pommes avoient esté aportées à Mets. Maix les seigneurs de Mets n’en volrent rien faire ; lequel duc Charles fit faire guerres per dessoubs le chapperon par ung appellé Dedier de Chauffour, lequel deffiait la Cité ; et souffrit tous ses gentilhommes de deffier à l’instance dudit Dediet de Chauffour , et les soustenoit par toutes ses bonnes villes, chaustialz et forteresses contre la Cité, quel dommaige qu’i ly fissent. Et quand les seigneurs de Mets virent l’oustraige que on leur faissoit, trouvèrent manière de eulx revengier; trou- vérent ung gentilhomme d’Almaïgne auquel ceulx de Mets acompagnont la moitié de Very; [il] entreprint guerre ouverte contre le duc de Lorenne ct fut incontinant destruite la ville de St Mairtin devant Mets.

En Pan mil iiüi. c. et xxviii. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Jehan Paperel.

Durant la guerre devant dite le duc de Lorenne, voiant qui ne joieroit mie de son intencion, fit clorre les païis de Lorenne et de Baïr et de l’eveschié de Mets, qu’i n’y eust si hairdis, sur perdre la vie, que nulz n’amenaist aulcuns vivres en Mets ne on paiis, et requist la dame de Lucembourch ; maix elle com- mendait tout le contraire.

Item, en ladite année Jehan George, amant de Mets, fit encom- mancier l’esglize des Freres en grant Meze; et y avoit devant ung frere appellé frere Guillaume qui proichoit merveilleuse- ment bien *.

En ladite année Regney, duc de Bair, et ceulx de Verdun

52 CRONIQUE.

reprinrent le chastel appellé Nueweville que ung capitainne de France, appellé Guillaume de Flevey, avoit heu prins furti- vement.

Item, en ladite année fut moinné St Soibey 6 à Nancey pour la doubte de la guerre.

Encor en ladite année fut prins le chastel de Paisseavant 77 *_ per le duc Renney de Bair, que se tenoit ung tiran appellé Utaisse de Wernoncourt, le pire de tous aultres homes.

Item, en ladite année, le xe. jour de Decembre, Ssr Nicolle Lowe, chevallier, Mairtin George, amant et citain de Mets revinrent du sainct voiaige de Jherusalem et y fut fait ledit Ser Nicolle Lowe chevalier.

Les noms des Paraiges qui ont rengné et gowerné en Mets depuis l’an mil ïi. c. jusques à présent ”*.

Premier. Legoulz. les Faulcon.

les Corbelz.

les Pietdechaulz. les Brixepain.

ceulx de Portmuzelle.

ceulx de la Court. ceulx de Porcelly.

ceulx de la Portainne.

les Noxe.

les Tegnemenne. les Bellegraie.

les Barons.

les Amgeborch.

les Clinoie,

ceulx de la Fousse. les Salvaige.

ceulx de Gorse.

des Gournaix.

ceulx de Chastel. les Maquerel.

les Govions.

les Benoy.

. les Bellegraie.

les Jottal.

les Gemel.

les Baudouche.

les Chamures.

les Wittier.

ceulx de Laitre. les Paillat.

les Grognat.

les Axel.

les Bel.

les Barbez.

les Raichecourt. ceulx dessus le murs. ceulx de St Jullien.

ANNÉE MIL III. C. XXVIII. 33

ceulx de Chambre. les dit le Roy. les Merciez.

les Brullevaiche. les Bonneamis. les Chappelle. les Poioize.

les Collon.

“les Reton.

les Truant.

les Falquel.

les Noviant.

les Lowe.

les Faxin.

les Facolz.

les Chevallat. les Humborjat. les Bel.

les Fairiat. ceulx de Jurue. les Lohiers.

les Cunemant. les Bourchon.

. les Toupat.

les Marcoulx.

ceulx de Sempecourt.

les Cheving. ceulx de Cologne. les Graicechaire. les Baitelle.

les Moelen.

les Mariens.

les Fourat.

les Goulle.

les Hancque.

les Chadron.

les Hesson.

les Heu.

les Chielairons. ceulx de la Court. les Reffault.

les Bergue.

les Roucol.

les Bouquin.

les Ruecol.

les Trebuchet. les Froideviande. les Noiron.

_ les Marville.

les Bellebarbe. les Renguillon. les Willambault. les Hongre.

les Barbel.

les Rollegnat. les Boullait. ceulx de Laitre. les Chavigne. les Drowin.

les Bugley.

les Mynne.

les Culecol.

les Paperel.

les Pappemiatte. les Fessault.

les Corbella.

les Cuerdefer. les Dex.

54 CRONIQUE.

les Mortel. les Boujous. les Borgniere. les Brenequin. les Warixe. | les Chevallat. les Serrire. les Chaversson. les Burtrant. les Traval.

Jaique le Hungre.

En ladite année le duc Charles de Lorenne vit bien qui n’aueroit point de recreance des seigneurs de Mets pour le fait de la houttée de pommes. Le darien jour de Maye il envoiait son hural qui apportait les deffiances à Mets et tantôt le viiie. jour de Jung après, il envoiait bien xv. c. chevalz et v. mi hommes de pied devant Mets et abatirent le gibet et vinrent fauchier les bledz.dez Sainct Andreu jusques à Augny et retourni- rent en leur païiis; et puis il fit deffier ceulx de Mets par le duc Rennel de Bair et per le mairquis de Baulde, ses ii. genres et per le duc Steffz de Bawiere et per l’archevesque de Collonne ; ets’en vinrent le lundi, xi°. jour de Jullet, avec grant multitude de gens d’armes, cuidant destruire tout le paiis de Mets. Aussi y firent ilz ung bien grant dommage et prinrent Creppey, Maigney, Goin, et vinrent copant vignes, arbes, faulchant bledz jusques à perdevant le bourg de Maïzelle, vinrent ez vignes de Malleroy et firent dressier en haut de Chastillon il. grousses bombairdes qu’i firent traire dedens Mets bien xxix. Cops pour ung jour. Et durait ladite guerre pour le fait de la male houttée de pommes bien trois ans. Ledit duc com- mandait c’on chargeait la bombarde que trayt jusque la grant esglize ; elle fut tellement chairgiée qu’elle rompit et plus n’en tirait on. |

Item, en celle dite année iii. prestres de Nancey cuidant que leur seigneur duist bientost gaingnier Mets, s’en venoient devers luy pour luy demander des grans benefices de Mets ; furent rencontrés des piétons de Mets, lesquels les despoul-

ANNÉE MIL EI. C. XXVIL. 9

firent en chemise et les envoiont quérir des bénéfices devers le duc, mais ils en olrent en leur sanglante estrainne,

En ladite année, le xviie. jour de Jullet, fut sacré à Rains Charles, roy de France et serorge à duc Regné de Bair et y fut fait chevalier Ser Lowe de Mets.

Item, en ladite année advint une moult mervilleuse chouse d’une jeune fille native de pouvres laboroux de la ville de Donremey, près de Wacollours, laquelle, ne sçay en quel vertu, s’en vint parler au roy de France et 1y dit qu’elle Payderoit à ravoir son royaulme et fit tant per sa force et boin gouver- nement avec les gens d'armes de Frânce, qui estoient à demy decouragés, que en moins de iii. mois ledit roy recovrait une grant partie de son royalme qu’il avoit perdu par la force des. Anglois ; et s’apelloit Janne, la pucelle de France.

Item, en la dite année, durant la guerre devant dite, nous gens. d’armes de Mets chevachoient à graut puissance bien près du wey le Hotton, et furent rencontrés des Lorens, de laquelle rencontre il y en olt des prins de ceulx de Mets cent et xvii. hommes : qui fut une bien grande perdie, la plus grande que la Cité fit jamais, au moins depuis li. c. ans.

Item, encore en ladite année, le jour de la sainct Lorant, ceulx de Mets yssirent hors et s’en allirent bruler et fouraigier la ville de Moyeuvwre et retournirent ledit jour, tous chairgiés de tous baigues.

Encor en ladite année ceulx de Mets prinrent, ardirent et fourageont [les environs] de Rodemack, le jeudi xv°. jour de Septembre.

Item, encor en ladite année, la vigille d’une st Michiel, les gens d’armes de Lorenne vinrent bien xx. mil on Vaulx de Mets et y firent moult de mal-et de dommages: mais nos gens d'armes, environ iii. c. les volurent aller courre et donner une escarmouche ; mais les Lorains leur donnèrent la chaisse- et les chaissirent jusques à la porte St Symphorien, et mirent ceulx de Mets pied à terre pour eulx desfendre et y fut tué ung noble Ser de Mets, appellé Collin Paillat.

56 CRONIQUE.

Item, en ladite année couroit ung malvaix loup qni estran- glait beaucoup d’enffans. |

Encor en ladite année il fut ordonné, le sabmedi après la st Luc, que toutes manieres de gens menans en Mets depuis xii. ans en amont, y paieroient per chacun sabmedi ung denier qu’i failloit porter en la maixon d’ung des Eschevins de la paroche, qui estoit comis pour le recepvoir.

Item, en ladite année Se Conraid Baier, evesque de Mets, vint pour faire alliance avec ceulx de Mets contre tous leurs ennemis, et olt xv. mille frans qui furent très mal emploiés, car il fit mal son debvoir, comme il avoit promins.

Encor en ladite année fut fait le biloway en Anglemur, les li. tours de cousté et d’aultre et Le petit baïlle devant *.

Item, en ladite année, le jour de la St Benoy, Ssr Jehan ‘* Deuamy, le jonne, fut Maistre-eschevin de Mets. Et faullont adoncques les escuelles de pouxon que on soulloit donner à Princier et aux abbeys et les x. livres des Trezes et des Amans.

tem, encor en ladite année, per la prouuesse et vaillance de Jalne la pucelle fut levé le siége des Anglois qui estoient devant Orliens, il y olt un grant muerte d’Anglois. Adoncque estoit ladite Jalne en grant autorité et per son consille et puissance elle amenait le roy en Champaigne et prinrent Troyes, Reins, et Chaillons; et plusseurs aultres villes se rendirent. Et tantost ce fait, ladite pucelle, le jour de la Nostre Dame en Septembre, s’en vint assigier Paris ; mais elle n’y fit pas bien son prouffit, car elle y fut fort bleciée, maix elle fut bientost guérie. |

Item, en ladite année, la sepmaine apres Noel, Philippe, duc de Bourgogne, espousait la fille le roy de Portingal *?. .

Item, en ladite année fut prins le Ser de Chastelvillain par ung capitaine de France appellé Fort-apice “.

En l'an mil üü. c. et xxx. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Jehan Deuamy, le jonne. AL

En ladite année furent engellées les vignes, le jour de la

ANNÉE MIL INII. C. XXXI. 57

sainct Clement, en Maye iie jour, qui estoient de mont belle apparence, et fallut faire serwoize pour ceu que les vins furent fort chiers. |

Item, le curé de St Hillaire molrut et se fit merveille en la maixon et atour de rompre les vaurrieres, tulles, ruer pierres, ung huttin merveilleux qui durait bien ung mois.

En ladite année, le darien jour du mois de May, Ser Michie Patenoustre, curé de Sainct Victour, Ser Demange Pingot, curé de Lubey et Jehan le vicaire, channone de Sainct Saulvour, furent tous trois prins et menés on Pallais et furent jugiés à vi. xx. livres et banis v. ans, pour une jonne femme qu’ils _prinrent neutament et enmenont bon leur plust.

Hem, en ladite année, le diemange viie jour de Septembre, les seigneurs de Mets firent annuncier per les parouches que nulz des menans de Mets ne du paiis ne paiessent rien à nulz des Hi. Ordres mendians de Mets de nulles censives quelconques de maixons ne de heritaiges, sus x. livres d'amende ; et furent certains clercs ordonnés pour les lever.

Item les vins furent mis à porte à Ix. sols.

En Pan mil jiii. et xxxi. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Nicolle Lohiers.

En ladite année furent rendus as dites ilii. Ordres touts leurs censives. |

Item, en Jadite année, le diemanche viie. jour de Jullet, environ les viii. heures apres midy, fut revelé aux seigneurs de Mets per ung merchant de Mets, appelé maistre Jehan Flavevantre, ane faulce et bien malvaise trahison que aulcuns malvais borjois avoient conspiré et entreprins de faire contre les seigneurs de Mets et la clergie, dont il en y olt plussours de banis et forjugiés, Jehan de Toloy, amant et sauchiez de Mets, Collignon Bonamy escripvain ; et en y olt plussours des noiés, tels que Jehan Thirion, le merchant et plussours aultres- et leurs biens eonfisqués ; et fut donnée audit maistre Jehan h prébende de l'hospital, pour qu’il avoit révélé la malvistié aux seigneurs et 1y donnèrent v. frans, que bien l’avoit deservs.

58 CRONIQUE.

Item, en ladite année, le xxiïïie. jour de Janvier, molrut Charles, le duc de Lorenne, et fit iii. jours ung mervilleux temps et horrible. Et tantost apres le duc Rengnié de Bair, qui avoit à femme l’année fille de Lorenne, se mit en possession de la duchié et se fit faire hommaige comme leur souverain seigneur.

Item, tantost après, le jour de la chiaire saïnct Pierre, Anthone comte de Wauldemont print les armes de Lorenne, comme le plus prochain de la duchié ; par quoy en vint grant guerre, comme vous orres ci après.

Item, encor en ladite année fut la piteuse journée de Bulnéville** du duc Rengnié de Lorenne et de Bair et du comte de Vauldemont, Anthonne, laquelle baitaille le duc de Vaulde- mont gagnait; et si avoit bien iii. hommes pour ung et fut faicte le second jour de Jullet, environ viii. et ix. heures du matin ; en laquelle journée en y olt des tués plus de xxvii. c. et des prins sans nombre; et y fut prins ledit duc Rengné, mes- sire Conraid Baier, evesque de Mets, Ser Thiedry Baier son frère, le Ser de Rodemake et plus de mil autres ; et y fut tué S8r Jehan, comte de Salmes, le comte de Saverne, Ser Barbasan et tant d’aultres seigneurs, chevaliers, escuiers, sans nombre.

Item, en ladite année les vins furent boins et à bon marchié et avoit-on une cowe de blanc vin ou rouge et bien bon pour xx. sols et pour moins, qu’estoit bien ce que plussours demandent.

Item, en ladite année, le sabmedi devant Noël furent mis jus les deniers qu’on paioit chescune sepmaine, chescune teste, comme dit est, de quoy on fut bien joieulx.

Item, en ladite année vint en Mets le duc de Brunexowisse *. Item, en ladite née fut fait pape Eugène et coronné à Rowen “.

En ladite année fut le prince d’Oirange desconffy par Rodigo et plussieurs aultres de ses nobles ®?. |

En l'an mil ji. c. et xxxi. fut Ssr Jaicque .de Miraubel Maistre-eschevin de Mets.

ANNÉE MIL ff. C. XXXIII. 59

En ladite année fut tenu ung concille à Baille pour la reformation ne nostre mère saincle Eglise, et tantost après fut envoyé à Metz l’officiaul d'Amiens qui avoit la commission du concille de Baile d’enquérir du fait de frère Guillaume des frères Baudes, qui avait fait plussours sermons en Mets, de quoy aulcuns avoient envie et en murmuront ®.

Encor en ladite année fut faite la paix entre le duc Renné et le comte de Wauldemont *, per ainsy que l’anney fiz du comte prenoit la fille ainée en mariage du duc Robert. Et tantost le duc Renné et le comte de Wauldemont avec leurs amys s’en allérent assigier une forteresse pleine de lairons, appellée Affincourt que tantost fut prinse, et tous les lairons pendus et leur capitaine appellé Perrin de Mondevez fut mené en la geolle à Bair, et y molrut misérablement en grant confusion. |

Adoncques furent trowés les faulx gros que Blaise faisoit ; fut prins, mené en palais et par plussours fois gehenné, mais jamais ne voult congnoistre.

Aubert Boullay.

En ladite année, on mois d’Avril, Monseigneur de la Marche avecque les Liegeois allèrent assigier La Tour en Airdenne qui estoit à Se Wainchelin de La Tour, en laquelle avoit _plussours lairons qui prenoient sur tout le monde; et bientost fut prinse et abatue ; mais les compaignons furent prins à mercy, salve leur vie.

En ladite année furent abattues les ï. Wennepert on mois d'Avril, pour ceu qu’il y avoit gens qui faisoient grant domp- nage en l’eveschié de Mets.

Item, le premier jour de Jung après fut ordonné que on ne paieroit d’or en advent pour chescune quarte de bledz que vi. deniers au mollin.

Item, y fut ordonné à Jehan Lasne qu’i rendit à ung chescun le tiers quart de l’argent pruté; et pourtant peut on bien dire : Beati qui habitant urbes, c’est assavoir, en Mets.

60 CRONIQUE.

Le xvie. jour de Janvier jottirent les enfants des seigneurs et gainnaïit Perrin George la jouste.

Le mercredi après, devant le saint Sacrement de l’autel, y fit eclipse et fort neutz environ les ii. heures apres midy, et veoit on les estoilles on ciel.

Ilem, en ladite année, on moys de Jung, Se Rengné, duc de Bair, fit ung mandement pour aller devant Grandpré avec le comte de Waudemont et plussours des seigneurs de Mets : Ser Nicolle Xapel, Ssr Gillat Baitaille, Perrin Renguillon, Le Warel et plussours aultres gens de bien de Mets, vi. xx. chevalx.

Item, le vi. jour d’Aoust après, Ser Robert, evesque de Xpire et ersevecque de Triewes, vint en Mets accompaignié de vii. xx. hommes d’armes et 1y fit la Cité présent de ii. grais buefz , xxx. chaustrons, ii. cowes de vin et de 1. quartes d’awoinnes. Et celluy jour on menoit pandre ung homme et fut tout haut sus la xuelle du gibbet, et pour l’amour dudit seigneur qui le demandait, il fut ramené en Mets et | deliveré audit Ser Robert.

Îlem, on mois de Novembre après furent commis aulcuns des seigneurs de Mets pour aller à Baile de coste l’empereur Sigismundus, pour reconformer les droits, franchises et statuts de la Cité: Ser Jaicques Dex, Ser Nicolle Lovwe, tous ii. cheva- liers, Ser Nicolle Xappey, maistre Dominic de Noweroy et Jehan de Lucembourch, clerc des vii. | |

Îtem, encore en ladite année, ung diemange, xxie. jour de Décembre, fut baptizé ung jeune homme sarrazin de xviii. ans que l’abey de Morimont avoit amonné, et fut Le Warel son parain et fut nommé Gilles.

Erowin.

Item, en ladite année, le viie. jour d'Avril, furent les vignes engellées qui estoient de grant et belle apparence, et fut la [renomée que ce fut pour le pechié que on avoit owré le grant vanredy et les iii. festes de Paisques, car en ces iii. jours les gens plusseurs firent foyer, ficher et ploier.

ANNÉE MIL III C. XXXHII. 61

En ladite année, le xiie. jour d’Avril fut faite une grant feste et jouste à haute selle on Champessaille et firent leur monstre avaul la Cité le diemanche meyme et firent grant feste on hault pallais par iii nutiés, et avoit es dites jouttes xxii. jouttants des bourjois de Mets, et xiiij. estraingers que cheva- liers que ecuiers, c’est assavoir : le comte de Salme, le Ssr de Fenestrange, le Ser de Harquestainne et son filz et y furent plusseurs dames estrainges.

En ladite année, le ii. jour de Maye aprez, à heures de vespres cheut une merveilleuse et grosse grelle, et fit ung terrible temps et cheut à Saint Lorent la tempeste.

Le mardi près, xie. jour de Maye, fut crié une grant joutte à Pont à Mousson et y furent plussours des seigneurs de Mets, entre lesquels estoit Ss° Nicolle Grougnat qui olt le pris et gaingnait les jouttes tous les ii. jours. Et quant nous seigneurs de Mets volurent retourner, xlv. soudiours de Mets leurs allirent à devant ; le Ser Robert de Comercy qui estoit à gaige et pensionaire de la Cité et avoit [fait] serment d’estre fidelle et léal à la Cité, et si avoit on en 1ly grant fiance, s’en vint em- bouxier en ung boix avec vii. xx. hommes d’armes, et vinrent courir sur nous souldiours, lesquels se deffendirent si vaillam- ment qu'ils en navrirent plussours et en tuont ung et en prinrent. Maix à la fin il y olt desdits souldiours prins xiii. et xti, chevals et en furent menez à Comercy. Et le xxviie. jour dudit mois les souldiours furent recrus et rendus sur une journée.

En ladite année, le jour de la Pentecouste vint à Mets Anthonne, comte de Wauldemont, et y fut bien ix. jours qui n’en ousoit pertir pour ceu c’on tenoit sur |y.

Item, y fut ordonné à Jehan Laisne qu’i rendit l’argent que on avoit presté à la guerre, ung quart, du duc Charles pour le fait de la male hottée de pommes. Tel seigneur fait il boin servir.

Item, en ladite année, le xve. jour de Jung, fut fait en Chainge

62 | CRONIQUE.

le j{eJus de saincte Katerine |fol. 24] qui durait trois jours; et fut Jehan Dediet, le notaire, saincte Catherine et Jehan Matheu, le pladioulx, empereur, et firent bien leur debvoir.

Le xxiie, jour après, maistre Guillaume Houwin archediacre de Mets, tint son senne à la petite Court et y [manda] des cureys pour ouyr la collation; maix ils ne voulrent mie respondre; si les fit contumax et excommunier; de quoy à la fnilen paiont cent viii. frans, sans les despens.

En ladite année fut ordonné à Jehan Laisne, le chaingeour, de rendre à ung chescun le presté qu’il avoit presté pour le fait de la guerre, ung quairt, que fut le tiers quairt.

Item, en ladite année fut receu pour chanonne en la grant esglize Henri Lowe, fils Ser Nicolle Lowe, le premier jour de Septembre; et fut la prébende de S# Jennot, pourtant qu’il estoit serf de condition ; et le xve. jour dudit mois, ledit jonne fils Henry Lowe molrut el ensy n’olt gaire de joie de sa cha- noinnerie.

Item, encor en ladite année, Regné, duc de Bair et de Lorenne, ceulx de Mets, ceulx de Lucembourch, l’evesque de Mets, l’abbey de Gorse, ceulx de Toul, le comte de Salme s’assemblèrent ei firent ung grant mandement pour aller devant Comexey. Et nous seigneurs de Mets pertirent à belle compaignie le jour de la Nativité Notre Dame; et y furent commis de part la Cité Ser Nicolle Xappel, Jehan Baitaille, Jehan de Waurixe, Jehan Bauldouche, Jehan de Banestroff qui estoit aux gaiges et portoit la banière. Et estoient ceulx de Mets ii. c. et Ixx. hommes d’armes, plusseurs archiers, mas- sons, cherpentiers, avec xxxv. chairs chairgiés d'artillerie, engins et aultres abillements de guerre; et se trouvèrent tous ensemble devant Comexey, pourtant qu’il y avoit ung ma)vais nid et plein de larrons qui prenoient sur tout le monde.

Or advint que Artus, comte de Richemont, serorge à duc de Bertaigne, conestauble de France, s’en vint à Chailons, à grant compaignie de gens d’armes, à la requeste du seigneur de

ANNÉE MIL HI. C. XXXV. 63

Comerxey et mandait à duc de Lorenne qu’i se voulsist departir et lever le siége. Adoncq ledit duc avec Ser Xappel et plusieurs aultres s’en allirent parier audit conestauble à Chalon et firent ensemble certain traitié, per quoy ils levirent le siége, onquel il s’en vint en Lorenne crier merci audit duc et à tous les aultres, jurant et promettant que jamais ne feroit mal ne dompmage à luy, son paiis, ne à tous les aultres qui y avoient esté; et mist son chaustel de Comerxy à leur volunteit, et furent tous prisonniers quittes.

Item, en ladite année, le xxiii* jour de Décembre, vint Poton de Sainctetraille *’, un capitaine de France, avec bien xv. c. chevalx logier on Vaulx de Mets et corrurent jusques à Scey, la vigille de Noël, et retornirent permey toutes les villes du Vaulx, prenant hommes, femmes et enffants et assallirent le moustier d’Ars, d'Ancey, et de Nouviant, et leur fut force d’eulx mettre à raison. Et le londemain nous souldiours en prinrent v. à Mollin et en tuont ii., et estoit le Rouffoux *' leur capitaine. Et tantost après s’en allirent à Xeuery et Arancey et Sainct Supplat, et firent ung dopmaige inumerable et s’en allirent

lougier à Perpon.

‘Item, en ladite année fit une moult mervilleuse gellée qui commençait le jour de la saincte Katherine ; et fit si très froit que depuis cent ans n’avoit fait si froit, car les rivières et les puis en plusseurs lieux furent engellés si terriblement que les oysiaulx, les bestes salvaiges ne sçavoient boire ne mainger et molroient de faim; car les neges estoient si haultes et sy espesses que on ne sçavoit à grant peine passer permey les rues, et charioit on per dessus toutes rivières aussy commu- nément comme en pleine terre ; et furent aulcuns oysiaulx contraints de grant famine vouler per devant le grant moustier et prenre des poixons ez gewe tout devant les gens; et durait la gellée plus de xii. semennes.

En lan mil iii. c. xxxv. fut fait Maistre-eschevin de Mets Ssr Dedier Wogenelz.

04 CRONIQUE.

En celle année, ès festes de Pasques revinrent ces roliers de France, Potton, Blanchefort et leurs gens logier à May la Tour, à Puxieulx, à Tronville, à Ville sur Yron et on paiis en l’entour y firent moult grant dopmage et puis s’en retornont en France. | |

En ladite année le comte de Chiffort anglais {fut] rancontré et naweré d’une colverine, dont il molrut.

En ladite année à cause de la grant froidière furent les vignes engellées ; maix on fit beaulcoup de cidre de pommes, car il fut tant de pommes que depuis cent ans n’en avoit tant esté de saulvaiges et de domaixes ?2.

Item, en ladite année morut ii. des plus grants chanoines de Mets et des plus riches seigneurs : Symon Noiron, tré- sorier qui estoit riche de plus de Ix. mil francs *s et Ser Jehan de Sainct Michiel, chancellier, que aussy estoit à merveille riche.

Item, le second jour de Mars après, les rottiers de France vinrent en Lorenne et faisoient biaulcoup de mal ; ilz furent deschaussiés desdits Loreins, du batard du Vergier, de maistre Lowy de Heraucourt, evesque de Verdun, jusque près d’'Es- Je et ratteints en une petite ville, ils furent he bien

: et si en olt xv. des prins °*.

En Pan mil iii. C. xxxvi., Ser Philippe Marcoult Lu Maistre- eschevin de Mets.

En ladite année, le xx° jour de Maye, vint la pucelle Janne qui avoit esté en France, et par son moyen fut reconquesteit ledit royaulme et remis le roy en son royaulme et sacré et coronné à Rains, il y ait faulte *, jusque la Grainge aux Ormes pour parler à aulcuns des seigneurs de Mets et se faisoit appeler Claude et puis s’en allait à Erlon et se tint après de la dame de Lucembourch [25 fol.] jusque ceu que le fils du comte de Wernembourch l’enmenait à Collogne decouste son père, le comte de Wernembourc, et l’amoit le comte mout fort. Et quant elle s’en voult venir, il ly fit faire une moult belle

ANNÉE MIL III. C. XXXVI. 65

curasse et puis s’en revint à Erlon et fut mariée à messire Robert des Armoises, chevalier, etl’amenait ledit seigneur à Mets en une maison qu'estoit à luy, après de Saincte Seguellene. Toutesfois on discit qu’elle avoit esté prinse devant Compienne et mise en la main des Anglois qui la firent bruler sur le pont de Rowen, maix ce fut une fiction.

Item, en ladite année fut faite la grousse tour sur le Champ à panne.

On dit mois fut ramonné Se Robert de Comerxy qui estoit prisonnier à Ser de Louppe, à Sierk, et puis à Dieuse, et après à Nancey.

Item, en ladite année, les seigneurs de Mets firent faire une moult grousse et noble bonbarde qui s’appelle la Redoubtée ; et sont ces verses escripts dessus, qui ci après sont escripts.

Fut faite, pour user mon temps

En la garde et pour la deffense, Qu’à ceulx de Mets feront offense, Pour les pugnir et justicier. Propice suis à tel mestier;

Et qui voulroit sçavoir mon non, La Redoubtée m’appelle on.

Le jour des Bures les jonnes seigneurs de Mets firent une joste on Champaisaille, tous sus blancs chevaulx et tous abilliés de baut *, sus petite selle d’Allemaigne ; et touttes les fois qu’i se attaindoient, cheoyent per terre tous deux et fut une joste bien joieuse à veoir et y olt granl rire.

Item, en ladite année valoit la quarte de vin en Mets x. deniers et n’en povoit on finer pour le prix, et n’osoit on vendre le vin, le cercle pendant à l’uix, en Mets.

Item, on mois de Mars après, ondit an, S# Henri de Ville, evesque de Toul, molrut, et tantost fut prins Mangin de Ramberviller, son saiellour; fut mis coiement sur ung chair

5

66 ‘CRONIQUE.

couchier sur de l’estrain, la teste dedans ‘ung tuppin; maix il fut incontinent estouffié ; et eust ledit Mangin bien paié pour sa rançon xii. mil salus*” que les dits qui l’enmonoient, cuidoient bien avoir.

En l’an mil iüii. ©. xxxvii. fut Maistre-eschevin S# Pierre RenguiHon. |

En la sepmainé de Pasque Ssr Robert de Comerxy fut deli- . Yeré de prison permey certain compromis, que jamais ne dobvoit mal faire sur les paiis de Bars ne de Lorenne, de Metz, de Toul ne de Lucembourch.

En ladite année furent engellées les vignes de Seille et ailleurs, dont ce fut grand dopmaige: car elles estoient de bien _ belle venue et apparence; et fit mervilleusement froy le xve,

jour de Maye, et le demeurant fut pluvieux et venteux très fort.

liem, en ladite année fut faite en Metz le Jeus de la Passion,

En ladite année fut grant discorde entre le duc Philippe de Bourgonne et les Flamans tellement que ledit duc Philippe voult prenre la vigille ** {la ville] de Bruge et les bourgeois ; maix il faullit et y perdit grant gent, et y fut tué le Ser de L’Isle Adam et plussours nobles,

Encor en ladite année fut grant discort entre dame Ysabel de Bawiere, dame du Lucembourch, et Ser Jehan de Rodemack, Ser de Boullay; car ladite dame n’estoit pas bien obéie de ses gens.

Item, en ladite année, Île xv° jour de Septembre, fut fait le Jeu de la Vangence on propre parque de fa Passion; et y fut faite moult ee la cité de Jherusalem et le port de J affé,

veoir.

Item, en ladite diée à ung lundi, darrien jour de Septembre, pertirent Joffroy Dex, Jehan de Warixe, Jehan Baudouche pour aller avec Ser Robert de Comexey au mandement du roy Charle de France qui tenoit le siege devant Monteral *” ; et y

‘ANNÉE MIL III C. XXXVII. 67

demourient avecque Se Wainchellin de la Tour et Gillet Baitaille, escuiers de Mets, lant que ladite Monteralz fut prinse, et y estoit le roy en personne. Et puis s’en revinrent en Mets, lesdits seigneurs avec leur capitaine, S& Wainchellin, le xvie jour de Décembre.

Item, en ladite année fut pendu ung homme appellé maistre Jenin le Racowatier, qui avoit desrobé ii. calices à Sainct Simplice, et cogneust qu’il en avoit en son temps desrobé xxii. En le menant au gibet en-ung tumerel, chantoit à haulte voix:

« Hé, Robinet! Tu m’as la mort donée. »

Item, encor en ladite année, on moix de novembre vinrent une grant compaignie de France que on appelloit les Escorcheux ‘*, qui estoient bien xxii. c. chevaux, sur la rivière de Meuzeeten ladite duchié de Bair et incontinent les Barisiens, Lorains, Se Conraid Baier, evesque de Mets, maistre Lowys de Heraulcourt, evesque de Verdun, avecq les fieds de Mets, leur corrurent sus, si vigoureusement que à la première fois en y olt que mors, que prins, iii. c. Îx. et vii. Mais ils se rassam- blèrent et encloirent plusseurs Lorains, desquels il en y olt des prins et des tués plusseurs et y fut tué ung jonne seigneur de Mets, environ de xv. ans, appellé Jehan de Varixe, et y fut prias et fort navré Hutüin de Serrier; et tantost on fist en Mets ung mervuilleux huchement, que chascun tiraist à forteresses.

Item, en ladite année, le xiii*. jour de Decembre, après la porte clowant, xxi. gendarmes de Comexey s’en vinrent courre par devant le Pont des morts et prinrent ung corchier de cheval, appellé Jehan Fessault, et le tinrent iii. jours et puis le ranvoièrent et ly firent dire qu'i ne demandoient rien as seigneurs de Metz.

Or advint que lesdits de Comexey s’en vinrent courre à Plaippeville, à la requeste d’ung qui s’appelloit Jaicomin Pichon de ladite Plaippeville, et enmenirent xix. prisonniers et rançonnont à xv. c. florins pour aulcuns cas que ledit Symonin disoit que on luy avoit fait (fol. 26).

68 CRONIQUE.

_ Le ixe. jour de Décembre molrut l’empereur Sigismundus en fut le duc Albert d’Ostriche esleu empereur, qu’estoit genrè dudit Sigismundus, l’empereur trespassé.

Le xve. jour de Febvwrier après fut fait une merveilleuse justice d’ung jonne compaignon de villaige et d’une vieille femme, qui avoit tué le mari de ladite vieille es festes de Noël et le gettait en ung aixement, tout nuds, près de la porte Serpenoise ; de quoy le fait fut accusé par la puanteur du corps qui porrissait. Ils furent prins et fut ledit compaignon defrouxié sur la rlolue, chascun membre en deux lieux et la vieille arse entre les ii. ponts.

Item, en ladite année, le second jour de Karesme s’en vinrent courre prenre et enmener les pouvres gens qui estient ez vignes par devant les Ponts, à St Mairtin, on haut de Vaulcon, à Plappeville et Thignomont et firent grant dommage à Longeville; car ils fourageont les maisons et enmenirent xx. hommes et furent devant Scey; mais ils n’y ousont entrer pour le trait des gens qui s’avoient mis en deffense, et prinrent leur chemin par Ste Ruffine et y firent grant dompmaige, et s’en allirent logier et gesir à Ars, il y firent moult grant dompmaige, et nonobstant qu’i fut Karesme, ils maingirent beaulcoup de baccon. Ce fut une piteuse entreprise et faisoit si bruyt c’on ne les veoit point, si n’oissient nous seigneurs et gens d'armes abandonner sur eulx, fors que à la cowe, et en prinrent vi. chevalchours qu’i congneurent que c’estoit le St de Comexey, le batard de Vertus, le grant Strech et le petit Strech, Charle de Servolle, plusseurs capitaines, en nombre d'environ v. c. chevals, de quoy les seigneurs de Mets furent moult esbahis, comment Robert, Ser de Comexey avoit fait ung tel outraige, lui qui gainñoit l'argent de la Cité et estoit pansionare et avoit sceellé et promis qu’i seroit pour la Cité partout il la polroit secourir et aidier; maix on dit que on nourrit bien tel chien qui depuis mord son maistre.

Item, en ladite année vint courre le Rouffoulx :°! qui estoit

ANNÉE MIL III. C. XXXVHII. 69

à Fayey, à Very, Goin, Prenoy et prinrent plusseurs bons hommes et mubles et les allirent butener à Pont à Mousson et firent cest wangier pour le Grant Tex d’Anowe. ‘°? |

Item, toute ladite année fut fort pluvieuse et ne gellait comme rien. ,

En Pan mil ïiüi. c. xxxviii. fut Se Jehan le Gournaix, dit Crepey, Maistre-eschevin de Mets, et 1ÿ escheut l’eschevinaige de Ser Albert Boullay on mois de Mars ; et ondit mois fut esleu empereur le duc Albert d’Ostriche par les vii. esliseurs et ne vesquit que ung an empereur.

. Item, le xxviie. jour dudit mois furent pendus ii. compai- gnons : Jehan Baudowin, Jehan Pichon, le frère Simonin Pichon de Plappeville, pour lequel Simonin Pichon fit la guerre entre ceulx de Metz et le duc Robert de Comerxey; et le jiie. de Mets estoit, qui fut pendu pour larancin et les ii. aultres pour ceu qu’i favorisoient audit Ser de Comerxey contre . les ordonnances de la Cité.

Item, en l'entrée du moys d’Apvril après fut prinse Harowel en la duchié de Lorenne et le seigneur dedens et sa femme, appelée Willamme de Dommairtin, per le comte Arthoine à Payde de Foraxice, un capitaine de France. ‘93 . Item, le xiic. jour de Maye après fut fait la paix de Grant Tex . d’Anowe.

Item, en ladite année le Roufoux, avecque les prevostés de la duchié de Bair, s’en vinrent courre entre les ii. yawes à Fayiey, Cuverey, Flevy, Con, Loiville et vilaiges entour et prinrent prisonniers, meubles, bestes et tout ce qu’ils povoient avoir et prenre et les furent butener à Pont à Mousson ; et fut fait ladite course pour le fait du Grant Tex d’Anowe.

Ilem, en ladite année, le xviie. jour d'Octobre, de nuit furent derrobés Jehan d’Oultresaille, ung mairchant, par ïi. mair- chants de Xpire, bien la value de ïi. mil livres; et reprins à Pont à Chaussy per le moyen d’un convers des Célestiens, qui estoit serouge audit Jehan d'Outresaille, et des gens Jaicoub

70 CRONIQUE.

de Banestroff; et enmenoient les ii. fairons à Raville. Ils voloient avoir le butin, maix nos seigneurs firent tant qu'il fut trové qu'ils avient estés rués jus en la seignorie de Mets et fut restitué audit Jehan d’Oultresaille, ceu que beaucoup d’aultres seigneurs n’eussent point fait. Bénis soient ils!

IL est bien vrai que ci devant est fait mention comment li sires Joffroys Mynne fut Maistre-eschevin en J’an mil ïüi. c. el Ivi.; maix il n’est point fait mention de la venue de l’empereur Charles le Quart à mont honnorable compaignie, comme vous ores. Et premièrement l’arsevecque de Streves, l’arsevecque de Colongne, larsevecque de Mayence, le duc de Bawiere, le duc de Sasone, le mairquis de Brandeborch ; item, l’esvecque de Eiege, l’esvecque de Strabork, l’evesque de Verdun, le car- dinat de Portingal, lercevesque de Rowan, l’ercevesque de Sens, l’abbé de Clugny, le roy Jehan de France, le dalfin de France, le duc de Normandie, le duc de Bretaingne son fitz, le duc de Lorenne, le duc de Brabant, le duc de Bair, te comte de Poithies, le comte de Grantprey, le comte d’Étampe, le comte de Catrebailte, le duc d’Anjois, le duc de Savoye, le comte de Dempar, le comte de Salme, le comte de Salbourch, le comte de Dallemerque, le comte de Nasowe, le comte de Navarre, le comte d’Espaigne, le duc de Voiwam, seroge à l'empereur, le duc de Polenne, le comte de Xowarsenborch et de Starkenberch, qui estoit la plus excellente compaignie que on vit jamais en Mets pour une fois "*.

Item, on allait à devant de lui jusque à la croix à Ponthieffroy en [fol. 27] moult belte ordonnance, car tous les religious de Mets, tous les chanonnes et generalement toute la congregation de l’esglise, tous revestus, en procession, et y avoit ii. c. torches, et y furent portés üi. ciels pour porter sus l’empereur et sus Pemperesse, sa femme: et fuit porté cellui de dessus l’empereur per vi. chevalliers de Mets, c’est assavoir : Ser Philippe le Gour- naix, Ser Poince Guererdins, Ser Poince de Laitre, Ser Poince, le Gournaix, Ser Joffroy de Raichecourt, et Se Joffroy Axiez.

ANNÉE MIL II. C. XXXVIII. 71

Mem, dessus l’emperesse fut porté le ciel par vi. escuiers c’est assavoir : Gille le Belz, Perrin Xavin, Collignon Renguil- lon, le grant Jehan Renguillon, son frère, Jehan Lohier, et Jehan don Nuefbourch, jusque au grant moustier, et demourait ledit empereur en Mets jusque à l’Aparition et fut à la messe à minuit la vigille de Noel, en la grant esglize, acompaignié du cardinal des archevesques et evesques et des aultres princes dessus nommés; et estoient lesdits arcevesques et evesques tout revestus..les palhion en la teste; item, l’empereur vestu en habit impérial d’empereur, la haulte corone d’or en la teste et chantait la viie. lecon de matine, l’espée toute nue en la main; et le lendemain, jour de Noël, il tint court plenière en Champaissaille en ung grant parcq clous de palisses que on luy avoit fait faire; et fut assis à une table tout seul ledit empereur en triumphant habit impérial et l’emperesse sa femme à une aultre tauble avec le cardinal et les arcevesques et evesques et les aultres, princes, ducs, comtes, chevalliers à plusseurs aultres taubles et furent tous servis moull richement Sans fin.

A celle fois fit l’empereur duc le marquis de Jullet; item fit encore duc le comte de Lucembourch et fit ercore duc le comte de Bair.

Item ledit empereur fit faire et forgier de la monoie en Mets coursable et de bon argent, qui valloit son pris, et y avoit d’ung cousté ung aigle et de l’autre l’ymaige de l’empereur.

En ladite année, le jour du saint Sacrement de l’autel fut la Vigille de la Sainct Jehan, et fut en ladite année le roy Jehan de France prins des Anglois, et fut en celle année ung merwil- loux croillement de terre en Metz, le jour de Ja St Luc, et en plusseurs paiis, principallement à Baile et on paiis. et en l’entour, tellement que plussours forteresses. et édifices tombirent per terre, que fuit une chouse moult espouven- tauble ‘%,

Îtem, on dit mois de Maye fut crié en Metz que nuls ne por-

è EN |

12 CRONIQUE. |

taist pain, bledz, ne aultres vivres fuer de Metz, se n’estoit pour ceulx du païis de Mets; et estoit per tout si grant cherteit de bledz que on en povoit à peine finer; maix pour le bon gouvernement des seigneurs de Mets, il ne valut jamaix à plus hault de xii. francs à plus destroit, et tantost recheut à viii. francs et après la mouxon il revint à xii. francs.

Item, en ladite année, le jour de l’Ascension, nous soul- diours partirent de Mets pour aller à Aipremont, en garnison pour les seigneurs de Mets, contre le Se de Comexey; ce firent tant lesdits souldiours envers Ser Huet d’Apremont, qu’il leur mist en la main; ce que ledit Ser de Comexey fut mal complaint, et dont se tient bien de rire le Sër de Comexey.

Item, en ladite année fuit faite strewe entre les seigneurs de Mets et le seigneur de Comexey per le moyen du comte de .… Wauldemont, et revinrent les pouvres prisonniers qu’il tenoit et nous soldiours d'Apremont.

- Item, tantost on dit mois après, Se Conraid Baïer, ewesque de Mets et gowernour des ii. duchiés de Bair et de Lorenne, fit crier per tout le païis, sus grosse amende, que nuls p’amenaist quelconque vivre, boix ne aulires biens en Mets; et incontinent les seigneurs de Mets [firent] paireille huchement que nuls ne enmonaist ne portaist rien fuer de Mets ne du païis, ez dis iii. paiis.

Et on dit temps fut bien chier le pain et le vin pertout, fors en la cité de Mets, et fut ralongié le pont Quicquairaille qu’on dit le pont Se Nicalle Lowe; et en ladite année estoit grant mortalité et avoit tant de gens malaides aval Mets per les rues que c’estoit pitié, de chaulde malladie et ne vouloit on recepvoir nulz malaides en l’ospitaul se ils n’estoient de la Cité ne de la jurisdiction, pour la grant multitude des gens estraingiers qui venoient de toutes pars en Mets.

En ladite année fus fait le Jeus Sainet Aresme en Chaïnge et durait le premier jour de Septembre et le second ‘*.

Item, en ladite année fut ordonné que les bolengiers de Metz

ANNÉE MIL LL. C. XXXVIIL. 13

faisissent pain d’orge, d'awoine et de gruxon;-et leur fut ordonné certains mairchants pour resgarder sur leùr pain, et fut encor ordonné que chescuns boulangiers n’auroient que trois porcels, c’est assavoir: une true, une fleche et ung baccon ‘‘?.

Item, en ladite année fut refaite Marie, la grousse clouche de la grande esglize et la fist maistre Anthonne on moustier * Sainct Pierre as ymaiges, on moix de Septembre, le xxiiiie. jour.

Item, on mois d'Octobre après fut ordonné que nuls n’ache- tait bledz fors que les boulangiers, et que n’y aueroit que xii.

bolengiers qui fissent daraulz, et que nulz n’eust darals que

les seigneurs et gens malaides, per serment jurant.

Item, le xviie. jour dudit mois d'Octobre s’asemblérent le filz Jehan de Banerstroff, le filz seigneur de Puttelange [fol. 28] bien c. chevalz et s’en vinrent corre à Warixe ; maix les souldiours de Mets saillirent dessus et les poursuivirent de si près qu’ils les mirent jus, et valut Le butin et à tant fut butené, ix. c. iii. xx. et xviii. frans.

Item, ladite nuit fut dérobé ung mairchant de Mets appellé Jehan d’Outresaille, demourant en Wisenuef, per ii. mair- chants d’Almaigne; maix ils furent ratteints au Pont à Chaussey per ung frère que ledit Jehan d’Outresaille avoit, qui estoit convers des Gelestiens de Mets; maix les gens Jaicoub de Banerstroff les prinrent et les menirent à Raville, et les seigneurs de Mets les porsuirent tellement que tout fut restitué audit Jehan d’Outresaille ‘°°,

llem, en ladite année, iitie. jour de Janvier fut noié ung Treze de Mets et mené à Pont des morts, ung sac sur l’épalle, portant qu’il avoit prins vi. tasses d’argent au chastellain de la porte Serpenoize, en gardant à l’autre porte la sepmaine

de Noel, et s’appelloit Jaicomin Couppechausse.

* Item, on mois de Febvrier après fut prins Jehan de Belrains et mis en la jaolle à Mets et fut depuis le xie. jour de Febvrier jusques à xve. jour d’Aoust.

ÿ

74 CRONIQUE.

Item, le iïiie. jour de Febvrier vint ke Se de Pannoncel, ung capitaine de France, logier à Noviant bien viii. c. chevaulz, et le lendemain corurent à Corney, à Joiey et tuont ung homme de Corney; et ceulx de Corney en prinrent iii. et les amenont en la maison du Doien à Mets; et tantost les seigneurs de Mets firent faire une nef batileresse et mirent dedans, collveriers, abollestriers et aultres gens et en estoit capitaine Ser Jaicque Simon, et s’en vinrent devant Noviant et les en deschaissirent. |

Item, en ladite année, le mardi xie jour de Fevrier Joffroy Dex esposait dame Bille d’Aboncourt, qui estoit après le terme d’espouse, selonc l’ordonnance de l’aglize; laquelle dame Bille avoit esté femme du Ssr Abbey ‘” Boulay, son premier nepveu per dispensation du pape. | Sgr Jaicque Symon, et ly escheut en son année v. eschevi- naiges : l’une de Ser Nicolle Roucel don Neufbourg, Se Pierre Dudeney, Ser Jehan Papperel, Ssr Jehan Dudeney, et Jehan Chaversson, per une grande mortalité qui estoit en ladite année en Mets. | | |

Item, en ladite année estoit moult grant famine, cherteit et mortaliteit.

Item, en ladite année, le xviie. jour de Jullet fit ung mer- villoux temps de foudre, de tempeste après midi, tant que toutes les vignes furent tempestées et fondues per tout le Vaul de Mets; et si estoient de plus belle apparence qu’elles n’avoient esté depuis xl. ans, dont ce fuit grant piliet avec les aultres grants malx que jay en avoit. |

Item, le jour de lAssumption Nostre Dame fuit deliverés Jehan de Belrains de la prison de Mets et fuit homme à la ville toute sa vie ‘!°.

En l’an dessus dit, es quarte de temps de Noël, fut rendu le darien quairt du prest que on avoit fait à la guerre du duc Charles de Lorenne, par Jehan d’Ancey, le chaingeour.

ANNÉE MIL III. C. XL. 73

fem, Ser Conraid Baier, evesque de Mets, fut prins des Lorains dont il ne se gardoit et mené à Coudel, et Iy firent faire plussours promesses et crants; mais comme on dit en ung commun langaige: Frangite fidem, fides fragatur eidem, car il ne se tint point ceu que per force avoit promis et cranté.

Et fist este dite année ung moult bel esteit, car il ne pleust point depuis la sainct Remey jusque à la Conception Noustre Dame, et aussy fit ung bel yver.

Item, en ladite année, on mois de Decembre, ii. compaignon d'armes firent une entreprinse de jouter à fer amollu en en Champ à panne, l'ung appellé Hennequin de Flandre et ung alleman. Ledit Hennequin ne daingnait à avaller sa visière et disoit que pour une brode allemande ne l’avalleroit jay ; maïñ ledit allemand qui s’en apperceut, ly vint frapper sa lance dedans la bouche et ly perçait tout permey la gorge ; et toutte- fois ledit Hennequin en fut depuis repassé ; et ung an après it fut rencontré de ceulx de Goze et fut tué.

En Pan mil iü. c. et xl. fut Maistre-eschevin de Mets Collinon Roucel.

En ladite année fut faite la paix de ceulx de Mets et des Lorrains, laquelle guerre avoit esté esmeue et commencée per Andreu, filz le Se Ferry de Proie, chevalier, et per Philbert du Chastellet, por tant qu'ils avoient prins ung homme de Mets mairchand, appellé François le Cousson.

En l'an mil iüü. c. et xli. fut Maistre-eschevin de Mets Se Jehan Baudouche Brullay. Adoncque fut ordonné du consel de Mets que ceulx qui d’or en avant seroient mis en butte, seroient mis per élection ; por tant que aulcuns qui se cuidoient ingerer d’estre du Grant Consel, Maistre-eschevin, ou Vii. de la guerre, pour le deffault de marien, pour la grant mortalité qui avoit esté l’année devant, comme vous avez oy de plusseurs seigneurs morts “!. |

Item, en ladite année on mois d’'Apvril, le seigneur de Comersey racommençait la guerre contre ceux de Mets sans

16 CRONIQUE.

nulle cause du monde et corut ülii. ou v. fois, sans deffier, sus les abbeys et abbausses, tant que la guerre fut ouverte; et tantost le duc Robert envoyait ses deffiances. Incontinent les seigneurs de Mets envoièrent vi. soldiours jusque devers Comexey à leur adventure; lesquels vi. souldieurs mirent jus le capitaine de Chastaul Thiry, Maheu de Sernay et ung aultre appelé le bastart d’Arentiere et ung appellé Jehan de Cey et les amonont et déliveront à leurs maistres les Vi. de la guerre, à Mets.

Item, en ladite année partirent de Mets ïi. seigneurs, Joffroy Dex et Jehan Baudoche, le xviie. jour de Jullet, pour aller en Jherusalem, et y furent faits tous ii. chevaliers et revinrent le v<. jour de Mars après [fol. 29].

Item, en ladite année vint courre à Maigney le Ser de Comexey

et à Paulley, le jour de la saint Burthemin, sus le Dons du jour et y firent moult de mal.

Item , en ladite année ii. soldiours juoient aux ns. s’en- treprinrent tellement que l’un tuait l’autre et s’en allit armé et vint à la porte des Allemans. Il leur dit qu'ils ovrissent hasti- vement la porte et que les ennemis estoient aux champs, et que ses maistres l’y envoient.

Ilem, en ladite année Ser Conraid Baier rachestait Ars sus Muzelle et les cens que Collignon Roucel de Chainge y avoit de la somme de xiüi. c. francs. Mais après ledit rachait, ledit Sgr Conraid Baïer, evesque de Mets, fit paier à ceulx d’Ars xiü. c. francs, L. cowes de vin; à ceulx d’Ancey, viii. xx. [francs] et x. cowes; ceulx de Chaustel L. cowes et ceulx de Lessey avec ceulx de la Mairie xl. cowes de vin; et ii. boins hommes, le maire Pagel et Pierson le jonne, de Lessey, furent rançonnés et tailliés à c. florins de Rin; et ainsi ledit evesque trovait bien son rachait à leurs despens et coustanges, car ils l’avoient désiré.

Item, en ladite année, le xxiiie. jour d’Octembre fuit prins le chastel de Solieuvres furtivement et falsement per ung moynne de Goze, dan Joffroy d’Aipremont et prieux dudit

ANNÉE MIL III, C. XLIL. 71

Aiprémont, qui estoit ung apostat et estoit frère à la femme le demexoul de Soullieuvres, près du mont Saint Jehan ; et ne tenoit ledit moynne de compte de sa religion, et en la prenant luy meyme tuait le portier et le chapellain de léans ; et de sa grant mavislié la mist en la main du seigneur de Comexey ; et tantost après ceulx de Lucembourch y mirent le siège et envoiont prier aux seigneurs de Mets qu'ils leur voulsissent aydier et venir audit siège, et aussy firent ils bien vaillam- ment. |

Item, au retourner dudit siège, que nos soldiours rentrèrent en Mets, une mallaidie print Jehan de Vit, eschevin et Vii. de la guerre, ung moult notable et boin messin, de laquelle il molrut, dont ce fut dommaige, car il estoit leal messin, diligent du bien publicque. Perpignant, du paraige de Jurue; et en sonnant Meuite, comme on ait de coustume, elle fut fendue en sonnant le second coup et furent sonnés les aultres cops de Marie, Ia grosse clouche de la grant esglize ; et bientost fuit mairchandée de la reffaire et y mist le maistre bien demy an à la faire et furent escripts ces verses cy dessus :

« En l’onneur de Dieu le tout puissant, Fus faicte pour donner son nom, Quant les offices se reffont,

Pour les bans pranre et pour les lire, Se nulz y voulloit contredire ;

Et pour guerre me font on sonner, Pour gens mettre ensemble et armer; Et qui voulroit sçavoir mon nom,

Dame Meutte, ainsy m'appelle on. »

Item, le jour sainct Pierre et sainct Paul, ung chaïrpentier, appellé Pierson de Taixon, avalloit Meutte. Elle cheut jusque

18 CRONIQUÉ. -

sus la darienne volte et tuait iii. hommes; et quant ils la vou- lurent avaller toute baisse, elle cheut toute à terre et y olt la première fois avecque les iii. tués, vi. des blessés.

Item, en ladite année vinrent courre on Hault chemin sur v. ou vi. villaiges, le xxiie. jour d’Aoust, aulcuns seigneurs . d’Allemaigne sans cause; car on ne s’en gardoit point, c’est assavoir, le woé de Henalpier, le comte de Petitepierre, Rodobaier, et boutirent le feu à Vegey; après le feu bouté, ils envoyèrent leur deffiance; et tantost les seigneurs de Mets firent monter leurs soldiours à cheval, lesquels en prinrent trois qui estoient à trois seigneurs devant dits, et en tuont ung et prinrent iii. chevals de selle, et furent le londemain pendus, qui estoit la vigille de la sainct Burthemin.

Item, tantost après, on mois de Septembre fut regaingné la forteresse de Falquemont par messire Symon de Fenestrange à qui ladite Falquemont apertenait; mais Rodobaier lui avoit ostée injustement et y cuidoit boutter et logier ceulx de Comexey qui estient de guerre à ceulx de Mets; et tantost que ledit seigneur de Fenestrange l’eust regaingniée, il la mist en la main de ceulx de Mets pour entrer et rissir toute la guerre durant. Et tantost, le xxie. jour dudit mois de Septembre ceulx de Mets deffièrent ledit Rodobaier, Henri Baïer et Thiedry Baier chevalier, pourtant qu’ils aidient et soustenient leurs ennemis en leur forteresse de Chastel Brehaïin; et üi. jours après, xxiliie. jour de Septembre, les seigneurs et soldiours de Mets s’en allirent corre devant Chatel Brehain et ardirent iii, villaiges apertenant audit chastel et seigneurs.

Item, le iie. jours d'Octobre, tantost après, Rodobaïier che- valier, Se Henri son frère, Andreu de Peroie et Phillibert du Chaustellet, environ viii. xx. chevalx, s’en vinrent bouter le feu à Ancerville; mais les seigneurs et souldiours de Mets les suirent de si près qu'ils furent rateins pres de Chaustel Brehain: frapèrent tellement ensemble que ceulx de Mets gaingnirent li, chevaux de selle et v. compaignons d’armes, et fut ledit

ANNÉE MIL III. C. XLII. 70

Rodobaier navré et plusieurs aultres et en y olt des morts. Et fut gaingnié ung grant pannon que Andreu de Perroie portoit et fut mis devant Nostre Dame la Ronde, et fuit prixié le buttin xüii. ©. et xl. livres; et estoit capitaine pour le jour Jehan Boullay, Vi. de la guerre. Et tantost après cette journée, les seigneurs de Mets et Vii. de la guerre ordonnèrent iii. capi- taines, c’est assavoir: Henzelin de Morhange, à Burlixe xxv. chevals; Hanri Lallement à Ancerville, Tresjolly à Loweny et Jehan Mowe à Merdeney, chacun xxv. chevalz, lesquels firent durant la guerre très bien leur dobvoir.

En celle dite année de quoy nous parlons, fit le plus bel esteit, le plus chault et secq qu’il eust fait en grant temps, si chault que grant partie des vins furent aigres ez cuwes en la vendange; et l’yver après fit si très (fol. 30) grant froit et com- mençait la gelée à la sainct Nicollas et durait xii. sepmaines et furent les glaces très espesses et naïigeait les trois premiers jours de Février, sans cesser, tant que les neges estient bien iii. ou v. pieds de haut et à grant paine povoit on passer permy les rues. Jehan Remiat et luy escheut l’eschevinaige, Ser Poince Le Gournaix, le ve. jour après la sainct Benoy.

En ladite année estoient les seigneurs ci après de guerre à ceulx de Mets, c’est assavoir : Se Robert de Comexy, Callait de Fleville, Thiry Simon, iii. frères ; et Phillippe Pot de Savegney estoit leur capitaine, et estoient ancour ceulx de Mets de guerre aux aultres seigneurs Rodobayer, Se Hanri Bayer son frère et Se Thiedry Bayer leur oncle, lesquels estoient lougiés à Chastel Brehain.

Item, en ladite année, le xxviiie. jour de Mars vinrent ceuix de Fleville courir et boutter le feu à Maïixires et Hagondange, et furent jusque la grant Teppe.

En ladite année, le vite. jour d’Apvril fut arse une femme entre les ii. ponts, qui estoit née de Mairville, laquelle avoit fait ung vilain meurtre; car elle estoit garde d’une femme

80 | CRONIQUE.

beguine qu’elle solaçoit pour son argent, dessus les Murs. Mais pour la coitixe d’un pol d’argent qu’elle avoit, la faulse femme qui la dobvoit garder, ly coppait la gorge d’ung coutel et la gettait en ung aixement et son chien avecque elle le jour d’une st Vincent, et y fut bien xii. sepmaines que on n’en sçavoit rien, tant que on demandait à la faulse femme, qu’estoit devenue sa’ matresse? Que respondit: « Eh que sai- je? Elle est allée en son paiis. » Touteffois, per suspicion, elle fut prinse et tantost congneut son fait et fut arse le sabmedi apres le my-karesme.

Item, encor en ladite année, le viiie. jour d'Avril corrurent ceulx de Fléville jusqu’au moustier d’Ars et tuont iii. hommes et en prinrent v. de ceulx d’Ars ; et ceulx d’Ars se deffendirent si bien qu’i tuont ung homme d’armes et en navront plussours et gaingnont iii. chevaulz de selle.

Item, le xiie. jour d'Avril vinrent ceulx de Fleville, ceulx de Comexey avec Phillippe Pot de Savegney, le capitaine, boutter le feu à Thignomont, à Lorey, à Wauppey et rechaissont les seigneurs et gens d’armes de Mets jusques sur le Pont des Morts, puis s’en allèrent en une crowée de bledz Devant les Ponts et se mirent en baitaille bien l’espace de demy heure et puis s’en allèrent gessir à May la Tour.

Item, [lel vie. jour de Maye furent les vignes engellées, qui estoient de très belle apparence et fit merveilleusement froit le mois de Maye.

Item, on dit mois de Maye furent rués jus [ceux] de la garnison de Burlixe, dont Henzelin de Morhange estoit capi- taine pour ceulx de Mets, contre ceulx de Chastel Brehain, é’est assavoir le nepveu de Petitepierre, le filz du marchault, le mairquis de Baude et iii. aultres chevalcheurs et ix. chevalx de selle et furent butlenés en l’aitre saint Salvour et monfait le butlin à ii. c. iiii. xx. et xii. francs. |

Item, on dit moys, Jehan de Chailons qui estoit soldiour de Mets, avec vi. de ses compaignons s’en alloit devant Richart-

ANNÉE MIL III. C. XLIII. 81

Maney en Lorenne et la prirent et y bouttirent le feu, et fut tout arse, pour ceu qu'elle estoit à Callait de Fléville, qui estoit de guerre à ceulx de Mets.

En celluy temps fut achevée et parfaite la chapelle levesque et y mist on iii. ans à la faire ‘2.

Item, en ladite année, la vigille de la Penthecouste se partit le Demexoulx de Comexey, de Laudre, de Mary, de Sainct Piermon, d’Anowe, et s’en vinrent à Ars sus Muzelle et à Ancey et estoient bien iii. mil combaitants; de quoy Pierre Regnault, frere de la Hiere et Le Roussin estoient capitaines ; et le londemain, jour de la Penthecousie, ils corrurent jusque à St Arnoult et bouttirent le feu ez mainandies de St Clement ; puis retornirent et allirent abaitre le gibbet, et s’en rallirent logier à Ars et à Ancey, et y demouront permey les festes de Penthecouste et firent moult de mal entre les ii. yawes ; car ils coroient tous les jours et boutirent le feu à St Laidre et firent beaulcoup de mal as mallaides de St Privait ; et tantost qu’ils furent partis, on fit reffaire le gibbet ; de quoy il en y olt v. des pendus pour estrenner la chapelle.

Item, en ladite année, le viiie. jour de Juillet les seigneurs et soldiours de Mets s’en allirent devant Fléville ‘‘*, dont Ser Baudouche, chevallier, estoit capitaine, avec Ser Joffroy de Varixe, Jehan Boullay, Joffroy Chaverson et Perrin George et iii. ©. compaignons d'armes et bien xvi. c. hommes de pied, que de Mets, que don Vaul de Mets et coppont et faxont les bledz de Fléville, de Lexir et d'Oxeraille, et firent ung assaut devant Fléville, onquel assault furent blessiés ii. soldiours et ung prins; mais il leur fuit vendu bien chier, car ils ne rentront mie trelous en bonne santeit en ladite forteresse.

Item, tantost après, le jour de la division des Apostres, les seigneurs de Mets et soldiours, avec viii. c. compaignons de pied de Mets et du paiis, s’en allirent devant Chaustel Brehaïin qui estoit aux Bayer et prinrent la ville et la brullont et la fourrageont toute ; et estoit capitaine pour le jour Jehan

6

82 CRONIQUE.

de Waurixe et Phillippe Dex avec iii. c. compaignons d'armes, et n’y olt que ung seul homme mort de ceulx de Mets, le Merchaull d'Ancerville, encore par sa niceteit. Item, en ladite année fut encommencié le Pont aux loups per er Nicolle Lowe, chevalier, le darien jour de Juillet ‘'*. Item, encore en ladite année fut reffaite Mutte par maisire Anthoine. (Fol. 31.)

liem, les vins de ladite année ne furent mie bien à l’apetit-

des glouz, car ils furent de bien petite vallue et n’estoient quasy que verjus.

Item, en ladite année, on mois de Novembre fut faite la paix des iii. frères de Fléville et des seigneurs de Mets.

Item, le xxiie. jour de Novembre ensuivant Lucembourch fut gaingniée de Monseigneur Philippe, duc de Bourgngne.

Item, encor en ladite année vint en Mets Ser Conraid Baïer, lequel à bien grant peine fut exuré et y fit les Trezes et y fut parmy la Chandelovur. Et fuit adoncque faite la paix de Rodo- bayer, de Ser Thiedry Bayer et de Ser Hanry Bayer.

Item, le mecredy, xic. jour de Fevrier partirent de Mets environ cent hommes dont Ser Jehan Baudouche estoit capi- taine et allirent devant Comexy à la prière de Sgr Lowy de Heraulcourt, evesque de Toul et du mairquis du Pont qe faisoit sa première armée.

En l’an mil iüi. et xliiii. fuit Maistre-eschevin Wiriat de Toul et luy escheut l’eschevinaige Gueseriat Hurel.

En celle année fut faite la paix du roy Charles de France et du roy d'Angleterre, qui troup longuement avoit duré “*’.

En celle année fut ordonné ung grant pardon à Sainot

Anthonne du Pont à Mousson, per pape Eugene, d’un subtil: engien pour faire finance et amasser argent pour les Lorrains

et Barisiens, en l’intencion de prenre guerre contre ceulx de Mets; et tousjours queroient moiens et occasions de que- relles ; mais jamais ne la sçeurent trouver honnorablement ne à lour honnour.

ANNÉE MIL III. C. XLIIHI. 83

Item, en ladite année, on mois de Juillet fut faite la croix et le puixe devant le Pont des Morts, par Ser Nicolle Lowe.

Item, en ladite année, le iiiie. jour d'Aoust fut le feu on Palais de Mets per ung nids de sougne, et en fut banni le varlet du Palais.

Ilem, en ladite année, on mois d'Octembre fut la guerre des roys, du roy Charles de France et du roy Renné de Secille _et de toute leur puissance, lesquels furent autour de Mets et maistres de tout ceu qui estoit fuer de Mets bien demy an, de chaustels, de moustiers, de villes et de forteresses, et coutait ladite guerre à la cité de Mets plus de ii. c. mil escus d'or ‘"*.

Item, en ladite guerre, le xixe. jour de Maye vinrent Phillippotde Sevegney et Geraid Pestre avec viii. xx. hommes boutter le feu en une maison à Wauppey, et ne s’en gardoil-on point ; et puis ils envoyèrent leurs defliances.

Item, on moys de Jung après, ledit Phillippot de Sevegney et ledit Geraid Pestre furent tenus à tels qu’i vinrent faire les biaulx dits et furent toute leur vie hommes à la cité de Mets, encor à la prière de Hanry de La Tour.

Item, on moys de Jullct xv. soldiours de quoy Jehan de Chaillons estoit capitaine, alont courre devant Aspremont qui estoit de guerre à Mets et en revenant qu’i faisoient, le sire Callard du Saulcey avoit assamblé gens et mis des caque- tripes et de grand malvistiés en ung waid ils dobvoient passer, duquel on ne se gardoit en rien ; et corrut sur lesdits soldiours et en prinrent vii., et incontinent les butenèrent; et tantost fut la guerre overle contre luy; viii. jours après plus- sieurs des seigneurs de Mets, avec leurs soldiours, allont courre tout devant la baire de Pregney et prinrent leur capi- taine appellé Josquin et ung aultre homme d’armes.

Item, on moys d’Aoust fut faite une neufve tour entre le Pont des Mors et Sainct Vincent et les murs amendés par maistre Hanry de Ranconvalx ‘17.

Item, ondit moys on fist huchier à forteresse et on fit

81 CRONIQUE.

garnir les tours de chascun mestier de tous traits, de pierres, de pouldre et fut ordonné d’avoir des maisses de plomb et les tours bien gardées de jour et de nuict.

Item, en celle année furent vuidiés les foussés darien Sainct Medairt par les paroiches, et tantost après les foussés darien les Augustins, jusques au champ Nemery.

Item, le xixe. jour de Septembre fut rué jus, airs et abbatus Sainct Simphorien le bourch, et toutes les mainandies et y cuidoient bien venir logier les Escorchous de France; mais on les en gardait et adonéque fut ordonné de abaittre le Side de Maizelle.

Item, tous les jours coroient les Escorchours tout autour de Mets, et le xxiüie. jour de Novembre, devant midi, bien xv. c. chevalx s’en vinrent courre en l’isle du Pont des Morts, sus Wauldrinowe et avoient de lartillerie qui tiroit en Mets, vuiliglaires, v. ou vi. coups dont l’ung des coups tiroit on jusqu’à en Vizeneuf et furent bien une grosse heure ; et quant ils en furent allés, on fit coupper les saulx, waurixes, et ung gros orme qui estoit à pied du Pont des Morts. Et le lende- main plussours estoient allés vandangier les vignes de Waulcon el atour Sainct Mairtin, desquels il en y olt plussours des prins, hommes, femmes et filles.

Item, tantost après, certains hommes de Scey tuont ung

seigneur, fort bel homme et l’aportont jusques à.Pont des

Morts et trovèrent sur luy vii. livres en or et le buttenèrent.

jusques à solers à polaine. Et le jour de Ja saint Michiel, ceulx de Salney prinrent xi. hommes du Pont à Mousson, et en tuont ji, qui portoient vivres aux Escorchours qui estoient devant Eunery et devant Verry. Et ta nuit aulcuns soldiours de Mets s’en allèrent devant Goin et la waingnont et tuont le capitaine qui voulait païier une grant somme d'argent et iii. hommes d'armes avecque luy, et ramenont beaulcoup de chevalx et d’aultres bestes ct gaingnont ung boin buttin et bouttirent le feu en ladite Goin. |

ANNÉE MIL II. C. LXV. 85

Item, la vigille de la saint Remey Jehan de la Plaine, Guiot Caisin avecque plussours s’en vinrent courre à Longeville et gaingnont la fort maixon et prinrent ix. des Escorchoulx de dedans et iii. des ars; de quoy l’ung estoit ung que tous les jours venoit faire viraides tont permey l'Isle, monté sur ung cheval blanc, et estoit le filz de celuy qui avoit esté pendu, qui avoit desrobé xxii. calices, comme avez devant ouy. (Fol. 32.}t:

Item, le viiie. jour d’Octembre Jehan de Bair, Joffroy le Picquair reprinrent la fort maixon de Lorey per force de feu, et y prinrent vi. Escorchours ; et jiij. jours après fut reprinse Maigney, en laquelle furent prins xxi. compaignons et s’en y olt xv. de ars et prins xxxv. chevalx; et tantost la paix en fut faite le venredy.

Item, le venredy devant le mey karesme fut faite la paix, en ladite année, de la guerre des rois et de ceulx de Mets à Pont à Mousson, et revinrent les seigneurs de Mets de ladite journée le ve. jour de Mars; avec eulx le senechaulz d'Anjou et . ung hural vestu des armes de France ; et avoit duré vi. mois, et firent crier la paix, à son de trompes, devant la grant esglize de Mets aux xii. heures per ladite trompete, et Iy disoit Ser Nicolle Lowe ce qu’il debvoit dire: « Oiez, oïez, oiez. On » vous fait assavoir que le roy de France, le roy de Secille et » ceulx de Mets ont bonne paix et bon escord ensemble et » que ci en avant on ne faisse nulles entreprises sur eulx en » manière que ce soit, maix boins amis les ungs aux aultres. » Por sçavoir la date : Ad te clamaverunt et salvi facti sunt ; in te speraverunt el non sunt confust. 1444. de Warixe.

En celle année fut grant novelle de sorciers et sorcières qui gaistoient beaucoup de vignes et du bledz, et si en y olt . beaucoup des brulés en Mets et ailleurs, comme vous orrez. Îtem , en ladite annte fut ordonné que on paicroit aux

86 CRONIQUE.

molins pour chescun quarte de bled xii. deniers, sans [a moture, et fut ordonné le viie. jour d’Apvril.

Item, en ladite année fut encommencée la porte des Alle- mans per maistre Hanry de Rancowaulx, maçon de la Cité 115.

Item, tantost après, le viie. jour d’Avril fut gettée en Mets une grosse taille pour cause de la guerre des roys, sur tous estas, spirituel et temporel, et fut commandé que chescun eût porté sa somme dedans xv. jours; de quoy aulcuns presires ne polrent faire leur argent {et ils] furent bannis fuer de Mets, jusque ils orent fait leur argent et paié, primo: le curé de Sainte Segollenne, Ser Jehan de Mandre, Ser Conraid de Briey, curé de Saint Medart, Ser Dediet, curé de Scey, et depuis ils paièrent en Mets.

Item, le premier jour d’Aoust, en ladite année fut abattue la croix à Pont des Morts que Ser Nicolle Lowe chevalier avoit fait faire, per force de tempeste de vent et de grelle qui fit moult de mal en Mets et on paiis.

Item, on mois de Novembre fut anuncié per les parouches que toute manière de gens qui aueroient billon, signet ou argent de saudrée et ils les voulloient porter aux Lombairs ou en la maixon Johannes d’Ancey, le chaingeour, on leur donroit pour chacun marke ji. livres vi. sous, et pour chacun florin de Mets xii. sous vi. deniers, et que, le jour de Noel passé, on ne les prenroit que pour le prix accoustumé; et fut encore anuncié par les parouches que, quiconque, avoit gaiges à Lombairs, qu’ils les allissent racheter dedans le jour sainte Catherine, et ils les raroyent pour le prix principal, sans paier nulle monte, pour besoing d’argent que la Cité avoit, pour cause de la guerre.

Item, en ladite année olt grant debas en l’abaye de Gorse, por tant que le priour de Warangeville qui estoit fils Ser Ferry de Laudre, chevalier, le vouloit estre par force, por ceu que Monser de Calabre le soustenoit; et ung qui estoit esleu qui s’appeloit Ser Jaïcque Wisse, lequel le roy Charle de France

ANNÉE MIL HIIL C. XLVI. 87

soustenoit, et envoiait Joachin, ung capitaine, avec ses gens pour garder Gorse. Roucel, fut Maistre-eschevin de Mets.

En ladite année olt grant debat entre ceulx d’Ancey et ceulx de Dornat pour le fait des sautenne, de qnoy Joachin mist le siége devant le moustier d’Ancey et y furent bien x. sepmames, tant que Se Conraid Bayer, evesque de Mets, l’allait lever le jour de la division des Apostres, ainsi qu’il lour avoit promis.

Item, le jour de la saint Jehan pleut et grallait si très horri- blement en la cité de Mets, à v. heures apres mydy, qu’i sem- bloit que le monde deust finir, et aultrement ne le creoit on, et furent les fruits perduits et arbres gastés et rompus.

Et en ladite année Ser Nicolle Lowe fist reffaire la croix au Pont des Morts, plus belle et plus fort qu’elle n’avoit esté, et fut essevie dedans le mois d’Aoust par maistre Henri de Renconval, le maistre maçon de Mets; et fuit en celle année noié ung jonne homme tuxerant, qui n’avoit d’aige que xviii.ans.

Item, en ladite année fut bien poc de vin et se fussent . vendus bien chier, se n’eust esté la deffense ; car il fut ordonné que on ne vendit la quarte que vii. deniers, jusque la saint Remy que la vendange fui venue.

Item, en ladite année fut envoyé Ser Nicolle Lowe, che- valier, Ser Jehan Baudouche, chevalier, devers Monseigneur de Borgonne en Flandre, avec xxv. chevalx, pour le fait de la Cité et firent tant que Monseigneur de Borgonne fut boin ami à la Cité et bien content d’eulx. eschevin de Mets.

En ladite année, ledit Joachin, capitaine de Gorse et ses gens faisoient beaulcoup de mal sus le paiis de Mets et sus leveschié et ne queroient journellement que occasion de prenre guerre aux seigneurs de Mets ; mais lesdits seigneurs, comme saiges et bien advisés, se gowernirent si saigement et

88 CRONIQUE.

dissimulèrent tant que les vendanges furent à l’hostel et que la Cité fut remplie; maix quant ledit Jowachin vit que les seigneurs se gouvernoient si saigement et qu’il n’avoit cause de leur faire guerre, il print guerre contre Ser Conraid Baier evesque de Mets et tantost fut prins et mené à Gorse Androwin [fol. 33] d’Ariocourt et rançonné. Et en ladite année tinrent une journée à Sainct Clement l’evesque de Mets et Jowauchin avec les seigneurs de Mets; maix ledit Joachin cuidait trahir et lever ledit evesque ; mais Monseigneur levesque, ne sçay comment, en fut adverti. Incôntinent il s’enfuist par Sainct Amant et s’en vint à la porte St Thiebault ; et quant Jowachin vit qu’il avoit fally, s’en retornait luy et ses gens et s’en vinrent devant le moustier d’Ancey et leur jurèrent et pro- mirent qu’ils avoient acorde et fait la paix à leur evesque. Incontinent ceulx d’Ancey fort joyeux luy owerient le moustier, cuidant qu'il fût vrai; maix ils crurent trop de légier, car incontinent qu'ils furent dedans, commencèrent à crier : A mort, à mort, Ville «aingnée et la fouragèrent toute et prinrent et enmenèrent tous les boins prisonniers, bien xl., et Dieu sçait comment ils furent traitiez et ranssonnez.

Item, asses tost après fut faite la paix dudit Joachin et de Monseigneur l’evesque de Mets et ne rendit jamaix ledit Jowachin le moustier d’Ancey, qu’i n’eust x. c. frans permey le traictiet et la paix faisant.

Sgr Pierre Renguillon et Jehan de Waurixe partirent de Mets ladite année pour aller en Jhérusalem, et furent che- valiers audit voiaige.

Item, en ladite année avoit bicn poc de vin et vendoit on la quarte xii. deniers et n’en pouvoit on encore finer pour le prix et si estoient bien mendres; et se n’eust esté la servoise que on faisoit aval Mets, il eust fallu boire de Fiawe ; maix tantost en la vendange, il fut à si très grant merchié qu’on donnoit la quarte à vi. ang. qui estoit 7 deniers, et qui estoit aussy boin ou meilleur que celluy que on avoit vendu à xii.

ANNÉE MIL I. C. If. XLIX. 89

deniers ; et la quarte de froment pour ii. sous vi. denicrs et tout le meilleur pour iii. sous, que devant avoit esté bien chier, et fut comme on disoit ung grant miracle, veu que partout n’avoit point de vin et bien poc de bledz.

Bollay.

Toute l’année fut fertile et merveilleusement pleine de tous biens et à bon merchié, car le vin ne valloit que à vi. ang. ou à vili. le meilleur, et le bled à ii. sous vi. deniers et à iii. sous, de quoy les vignerons et labouroulx se plaindoient fort et disoient qu’ils n’avoient rien de leurs denrées.

En Pan mil. iii. c. xlix. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Jehan Baudouche et Iÿ escheut en son année l’eschevinaige de Jehan de Vy et il la donnait à Sser Jehan de Warixe, che- vallier, son seroge.

En ladite année de mil ïiii. c. et xlix., la vigille de la Chandelour, Tiriat Quarel qui estoit Treze tuoit sa femme pour ceu qu’il trowait ung chanonne, ex diacre de Merxal, de nuit en sa maison et navrit le prestre et s’en fouyt per dessus les murs en droit le mechaille ‘°, et ledit chanonne fut à c. livres d'amende; et quant Justice sceut la vérité, ledit Thiriat reust sa paix et ne perdit rien de ses biens.

En lan mil ïiti. c. et 1. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Joffroy Dex, chevalier, et 1y escheut l’eschevinaige Ser Jehan de Gournaix de Creppey.

En ladite année furent les grants pardons à Rome qu’on dit Yan Jubilez, et y furent moult de gens de Mets et en y olt vi. des mors aux chemins, de ceulx de Mets.

Item, en ladite année on fut sur le point d’avoir une bien malvaise guerre contre la cité de Mets, par le consille d’aulcuns Lorains, lesquels avoient tellement informé le roy de France et le roy de Secille et le duc de Calaibre qu’ils furent tout prests de revenir devant Mets, et firent crier per tous les paiis de Bair et de Lorraine que, sur paine d’estre trahistre, que nul

90 CRONIQUE.

n’amenait rien à Mets, ne que on ne leur facissent ayde, favear ne confort et que on ne parlit point à eulx. Et tantost les seigneurs de Mets firent faire pareille huchement et envoyeirent querir saul|f] conduit devant le roy de France qui estuit à Tours pour estre ouy et pour s’eulx excuser; lequel leur envoiait ung huraul appellé Guery, avec lequel s’en allirent Ser Nicolle Lowe, Se Poince Baudouche et Thiebault Lowe, lesquels firent tant devers le roy de France et de Secille que on vendangeait les vignes de Mets et du paiis paisiblement; et furent les vins bien boins, ronges et à boin merchié, de quoy les Lorains et Barisiens en furent bien mal contents, car ils avoient bien intencion de les vendangier, maix assez remaint de ce que fol pense. |

Item, en ladite année fut faite une vainne de paulx de saulx tout à travers de Muselle, par devant le. Pont des Morts, qui ne durait guère, et fut grant piece que nulz ne venoit en Mets, ne à pied ne à chevaulz, per le Pont des Morts.

Item, en ladite année les seigneurs de Mets firent faire en toutes lcs tours par tes mestiers, chacun en sa tour, de grousse artellerie, aultre que devant n’avoit esté faite.

ltem, encor en ladite année olt grand debat entre le roy. Charles de France et Ser Conraid Baïier, evesque de Mets, pour ceulx d’Espinal qui s’avoient donnés à Juy sans le consente- ment de leur evesque !**,

En l’an mil ii. c. et li. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Nemmery Renguilloh, du paraige d'Oultre Seille ; et tout Fannée estoient les Lorrains en leur errour et hayne, sans parler à ceulx de Mets ne sans rien y laxier venir, et ceulx de Mets pareillement.

En ladite année, le jour du St Sacrement de l'autel fut le jour de la St Jehan, que gaire souvent n’avient.

Item, le viiie. jour après Sgr Conraid Baier, evesque de Mets, partit de Mets et s’en allait en France devers le roy pour sçavoir s’il vouloit tenir Espinal pour sienne, ou s’il la vouloit rendre ; et y demourait bien xii. sepmaines, sans rien faire [fol. 34].

ANNÉE MIL Ii. C. Lil. 91

liem, en ladite annéc fut grande mortalité, principalement on Barroy, en Lorraine et à Colongne ct à Pont à Mousson.

Et en ladite année furent les vendanges bien tard et toute

l’année tardive, car les chevaulx chaurioient aval Mets v. jours après la Toussaincets et les chacuers owerts; et toutes fois quels petits que les vins fussent, ils se vendoient et les comptoit on ji, livres le cheralz. George, du Paraige du Commung, et 1y escheut l’eschevinaige de Jaicomin de Warixe et de Ser Jaicque Simon ; car en ladite année es'oit grant mortalitcit en la cité de Mets et estoient la plus grant partie des seigneurs et dames fuyant per cy, per là, et molrut ledit Perrin George en son année de Maistre-eschevin et son filz tantost apres ly, qui estoit Eschevin du Palais, et fut reffait ung nowels Maistre-eschevin on paraige du Commung, et le fut Ser Nicolle Paperel et olt l’eschevinaige de Perrin George; et demourait ledit Ser Nicolle Paperelz Maistre-eschevin jusque à la Sainct Benoy, et l’autre année aussy, car on ne fit point d’aultre Maistre-eschevin, et estoient toujours ladite année devant les Lorains et Barisiens en leurs fumée et mal- vais couraige.

Et en ladite année molrut la royne de Secille qui avoit tenu le paiis en’ cest estat ‘?'. Si en fit Dieu la paix.

Item, en ladite année molrut Sfr Nicolle le Gournaix, abbez de St Vincent, au mois d’Octembre, tout subitement après qu'il olt soppé, et fut esleu le priouix d’Offembach, Ser Nicolle Chapelle; maix il ne le fut point, car Maistre Guillamme Howin, ung cardinal, le volt estre et y envoyait ses procureulx qui firent mettre le cesse partout la Cité, iii. jours jusque la vigille de la Toussaincts, qu'ils olrent escord et fat le cardinal abbey ‘°?.

En Pan mil ji. c. et liii. comme dit est, demourait ledit Sgr Nicolle Paperel Maistre-eschevin de Mets toute l’année, et n'en fit point d’aultre.

92 CRONIQUE.

En ladite année, près du st Sacrement de l'autel, vint le duc de Calabre ‘** à Nancey, pour estre receu duc de Lorenne et gowernour de la duchiée de Bair; et tantost on mois de Jung après on commençait à traitier de la paix, et y furent commis de part la Cité, Ser Nicolle Lowe, Ssr Poince Baudoche et Jehan de Lucembourch, clerc des Vii. et tantost furent les chemins ouverts et la paix faite.

En lan mil üü. c. et lüii. fut Maistre-eschevin de Mets Ser Joffroy de Warixe, du Paraige de St Mairtin.

En celle année fut prinse et gaingnée Constantinoble du

Grant Turque, et ii. ans après le roy Lancellout de Honguerie la reprint avecque le blant chevalier ‘?*, et molrut des Turqgz plus de cent mil hommes à la dicte prinse. _ Et en ladite année se dobvoit faire le Maistre-eschevin on Paraige de Jurue; maix il n’y avoit pour l’estre que Jehan Chevin, lequel, pour tant qu’i n’estoit point des plus puissants d’avoir, craingnant les coustanges, s’en allait fuer de Mets, et fut fait le Maistre-eschevin on Paraige de Porsailly, comme vous orez cy après.

En Flan mil iii. c. et lv. fut Maistre-eschevin de Mets Jaicomin de Raigecourt, du Paraige de Porselly. Il se dobvoit faire on Paraige de Jurue ; maix, per faulte de marien, il se se fit on Paraige de St Mairtin, et ly escheut l’eschevinaige Ser Jacques Dex, chevalier, et il la donnait au filz Ser Nicolle Xappey, son nepvoulx.

Et le jour de la sainct Jude et sainct Symon molrut à Rome* le cardinal abbey de sainct Vincent, et fut encore esleu Ser Jaicque Chappelle, prioulx d’Offanbach; max ung aultre cardinal, appellé le cardinal de Grèce ‘** impetrait l’abaye de St Vincent, et covint aller à Rome ledit esleu, lequel fit tant devers ledit cardinal qu’i demourait abbey, permey labaye bien vendue chacun, an sa vie durant, jü. c. et xl. florins de Rin. Et adonc- ques fut frere Symon, prieulx des Carmes et evesque d’une eveschié en Grèce appellée Panadensis ‘*?, et puis suffragant de Mets.

ANNÉE MIL III. C. LXVI. 93

Cheversson, du Paraige de Porte-Muzelle et 1y escheut lesche- vinaige de Ser Jaicque de Ragecourt, dit Xappei.

En ladite année estoit nouvelle de tant de sorciers et sor- cières, et faisoient chouses merveilleuses, cruelles et horribles, tant qu’il en y olt plussours des ars en Mets et defuer.

Item, en ladite année ïii. varlets d’hostel qui servoient Ser Nicolle Drowin, ung seigneur de Mets et qu’il amoit bien, conclurent entre eulx de murtrir et assommer leur maistre de auyt en dormant et sa femme, la nuit de la sainct Jehan Baptiste et aussy tous les servants et servandes de l’hostel et de rober le tresor et chevance de leur maistre ; et puis, cela fait, dobvoient boutter le feu en la maixon et hastivement monter sus chacun ung des chevaux de l’houstel et s’en hati- vement fouyr en tandis que on seroit empeschié au feux. Maix comme Dieu ne voult souffrir ung si villain cas, ung aultre varlet que ne s’y voult consentir, contait le fait à son maistre,. ver ainsy qu’il ly dobvoit perdonner et salver sa vie. Et tantost le fait accusé, ii. desdits varlets furent prins et l’autre comme saige s’en fouyt.

Item, en ladite année fuit trouvé que on forgeoit en Mets des malvaises angevines, et tantost en firent reffaire les seigneurs des aultres toutes blanches et mettre une teste sus l’escu en differant des aultres et fut deffendu que on ne prenist plus nulle des autres sans testes [fol. 85].

En Plan mil ji. c. et Ivii. fut Maïstre-eschevin de Mets, Ssr Pierre Deudeny, don Paraige d’Oultre Seille et ly escheut ii. eschevinaiges, l’ung de Ser Wiriat de Toul et la tint pour ly et l’autre il la donnait à Ser Nemmery Renguillon, son nepvoulx, qui estoit celle de Ser Jehan Baudouche Bruillay.

Item, en ladite année fut sacré le dimange devant Noël, le

*_ xviiie. jour de Décembre, maistre Guillaume de Heraucourt,

evesque de Verdun en l’abaye et monastère de Sainct-Arnoult devant Mets, et y olt trois suffragants evesques: premier le

04 | CRONIQUE.

suffragant de Mets, frère Jehan Ysambart de l’ordre des Proi- chours, cvesque de Consopolite, le second le suffragant de Toul et le tiers le suffragant de Verdun, frère Symon, evesque de Panaden ‘**.

Item, en ladite année le bourial de Mets, ung pelletier appellé Steveny, tiroit ung cheval mort d’un cellier ; en tirant qu’i faisoit de grant force, l’une des jambes dudit cheval jay enroidie s’arrétait contre ung mur ; de grant force de tirer la jambe eschapait du mur et donnait sy grant coup contre l’esto- macque du bouriaul qu’i le tuait tout mort. Après fut fait bourial maistre Jehan que longuement le fut; et per ainsi ung mort tuait ung homme, qui est une aventure que n’avint jamaix plus.

En ladite année vint en Mets Madame la dafl]phinne, fille de . Savoye, et ly fit on présent ct ne demouraïit que une nuit en Mets