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JOURNAL |
CONCHYLIOLOGIE.
PARIS,
IMPRIMERIE DE M V° BOUCHARD-HUZARD,
RUE DE L'ÉPERON, 5.
JOURNAL
DE
CONCHYLIOLOGIE
PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION
De MM. CROSSE, FISCHER et BERNARDI.
3e série. — Tome He.
VOLUME X.
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A PARIS, CHEZ H. CROSSE, RUE TRONCHET, 95.
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JOURNAL
DE
CONCHYLIOLOGIE.
1er Janvier 16862.
Sur l'anatomie des Hipponyx,
PAR M. P. Fiscner.
$ 1. Le genre Hipponyx, créé par Defrance en 1819, ne fut longemps connu qu’à l’état fossile.
La présence d'un support calcaire, sorte de valve infé- rieure, avait vivement excité l'attention des naturalistes, qui voyaient là un passage très-évident des Gastéropodes aux Acéphales; l’Hipponyx était presque, à leurs yeux, une coquille bivalve (1). Nous discuterons plus loin la va- leur qu’on doit tirer de l'étude du support calcaire.
Quoy et Gaimard comblèrent donc une lacune impor- tante en faisant connaître l'animal de l'Hipponyx. Les pre- miers documents qu'ils publièrent furent consignés dans la zoologie du voyage de l’Uranie.
(1) Il me suffira de dire, au sujet des incertitudes qui régnaient sur la place à attribuer aux Hipponyx dans la méthode, que G. B. Sowerby les classait parmi les Rudistes, et Morris parmi les Brachiopodes.
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Pour ces auteurs, le pied est membraneux ; l'animal ne saurait effectuer que des mouvements d’élévation et d’a- baissement de la coquille; les yeux n'existeraient pas. A droite de la tête, se voit un appendice simulant un troi- sième tentacule et rapporté à un organe excitateur. Enfin, dans la ligne médiane, sous le cou, entre la tête et le bord antérieur du pied, on retrouve un autre appendice plus mince, ressemblant à une spatule, et dont l'usage est in- connu.
Ces notions étaient très-incomplètes, et mème erro- nées, car, si les Hipponyx ont des yeux, ils sont privés de pied. En outre, les anatomistes de l’Uranie n’avaient pas examiné les organes de la respiration et de la génération. Cependant le dessin qu'ils ont donné, dessin très-fidèle du reste, prouve qu'ils l'avaient exécuté d’après un indi- vidu porteur de nombreux embryons, qui apparaissent, grâce à la transparence du manteau.
Plusieurs de ces omissions furent réparées dans la z00- logie du voyage lAstrolabe. Quoy et Gaimard y décrivent les animaux d’un certain nombre d'Hipponyx, reconnais- sent les yeux, les ovaires, la plaque linguale, et figurent les embryons.
Depuis cette époque, aucun travail n’a été produit sur l'anatomie de ces animaux. MM. Adams dans leur Genera, M. Gray dans son Guide, démembrent les Hipponyx en deux genres :
1° Cochloolepas (Klein). Impression musculaire du pied (?) sur une plaque testacée distincte du sabstratum.
2 Amalthea (Schumacher). Appendices buccaux mo- dérés. Impression musculaire du pied sur le substratum lui-même.
Dans le premier genre, figurent l’ÆZ. radiata, d’après le dessin de Quoy (Uranie), l'H. antiquata, etc.
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Dans le second genre se trouvent les H. austrahs et conica.
MM. Adams ont fait figurer ces deux espèces, mais leurs dessins sont bien mal choisis; celui de l’Æ. australis, em- prunté à Quoy, représente un individu monstrueux ou incomplet, ainsi que Quoy en convient lui-même; celui de l'A. conica, dessin original de MM. Adams, est probablement fait d’après un échantillon altéré par le sé- jour dans l'alcool. En effet, les tentacules manquent, les yeux sont placés sur les côtés du mufle. Une sorte de pied se montre au devant de la surface inférieure du muscle adducteur. Ce dessin rappelle celui des animaux de quel- ques Crépidules.
J'étais très-désireux d'examiner de nouveau l'animal des Hipponyx, lorsque M. Schramm me fit parvenir quel- ques exemplaires de l'A. antiquala, recueillis avec soin et maintenus fixés sur leur substratum. Je vais donc don- ner ici les résultats de l’examen de cette espèce.
$ 2. L'Hipponyx antiquata vit à la Guadeloupe et dans toutes les Antilles, attaché aux pierres et aux madré- pores. Chez cette espèce comme chez beaucoup d’autres, tantôt le support testacé existe, tantôt il manque; mais, quand il existe, il a tous les caractères de la coquille : ce n’est pas alors une simpie pièce accessoire, mais une vé- ritable valve inférieure, constituée de la même manière que la valve supérieure, et sécrétée comme elle par le manteau.
D'où vient alors que son existence n'est pas constante ?
Nous connaissons déjà un grand nombre de faits qui expliqueront cette apparente anomalie. On sait que les Ta- rets peuvent sécréter une calotte calcaire terminale, mais seulement lorsqu'ils arrivent au contact de l’eau, après avoir complétement perforé le bois. Dans l’intérieur
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d’une pièce de bois la calotte manque toujours ; elle n’au- rait pas, d’ailleurs, sa raison d’être. Les Gastrochènes, fixés sur une coquille très-mince, forment un tube cal- caire complet après l'avoir traversée, tandis que dans une pierre le tube accessoire manque.
Il en est de même pour les Hipponyx. Si leur substra- tum est large, suffisant pour abriter complétement le feuillet inférieur du manteau, ils se contentent de le creu- ser légèrement, et y adhèrent, sans sécréter, un support testacé.
Mais si, au contraire, le substratum est étroit, le man- teau, n'étant pas à l'abri, sécrète une valve inférieure qui non-seulement le protége, mais consolide l'animal qui, privé complétement de pied, a besoin d’être fixé solide- ment.
Ces considérations rendent compte des différences pré- sentées par le substratum des Hipponyx, et réduisent à néant les coupes que l’on a tenté d’introduire dans ce genre.
La même espèce peut appartenir à l’un ou à l’autre des nouveaux genres, suivant qu’elle se fixe sur tel ou tel sub- stratum.
Il n’en est pas moins intéressant de constater chez ces Gastéropodes le pouvoir d'attaquer profondément les corps, de les creuser régulièrement pour y insérer leur muscle adducteur. Cette propriété est plutôt du domaine de certains Acéphales.
Je crois que quelques genres voisins, Pileopsis et Calyp- trœa, jouissent peut-être du même privilége (4), et j'ai exa-
(1) Le fait est certain pour le Calyptræa equestris, ainsi que Cuming l’a constaté pour la première fois. Owen, qui en a exa- miné l’animal, a proposé le genre Litholepas pour les Calyptrées
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minéune petite Calyptrée qui avait creusé son substratum ; on y voyait très-neltement l'empreinte du pied. Quant aux Pileopsis, les espèces à substratum creusé ou garni d’un support rentreront probablement dans les Hipponyx après un examen satisfaisant de l'animal. Les différences anato- miques entre les deux genres sont assez considérables pour les fairereconnaître immédiatement.
$ 5. L'animal de l’Hipponyx est généralement aplati en dessous, plus ou moins bombé en dessus; mais, en des- sus comme en dessous, l'aspect est semblable; de chaque côté on aperçoit le manteau et l'impression musculaire. Il n’y a donc pas vestige de pied ; cet organe, qui a existé à l’état embryonnaire, s’est atrophié immédiatement, et a disparu sans laisser la moindre trace. La locomotion est impossible, et l'Hipponyx est destiné à vivre toujours sur le point où il s’est fixé. C'est là ce qui le distingue essen- tiellement du Pileopsis, avec lequel il a des rapports in- contestables, mais celui-ci possède un pied, et peut se dé- placer.
Les deux feuillets du manteau rappellent, à s'y mé- prendre, les feuillets des Acéphalés apodes (Ostrea) ; en avant, ils sont ouverts pour laisser passer la tête, intro- duire l’eau dans la cavité branchiale, et permettre aux embryons de sortir. Les bords du manteau sont garnis de tentacules coniques.
Un muscle en fer à cheval, à concavité antérieure, réunit les deux lames du manteau, et relie au substratum la coquille ou valve supérieure. Par la direction de ses fibres, son insertion, sas usages, il est réellement adduc- teur, et représente le muscle si puissant des Acéphales;
a support, et ce genre correspond aux Calyptra de M. Gray (Guide, p. 119).
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nouvelle preuve de la similitude qui existe entre l'adduc- teur des Acéphalés et le muscle columellaire des Gastéro- podes. Il est à noter que le muscle en fer à cheval des Patelles, des Fissurelles, des Émarginules, des Cabo- chons, elc., se rendant au pied, et celui-ci faisant ven- touse, ces animaux exéculent les mêmes mouvements d'adduction que les Hipponyr. La surface inférieure du muscle des Æfipponyx remplace donc le pied dans ce mouvement. Or, pour tous les animaux que je viens d’é- numérer, la locomotion se borne presque à l'élévation ou l’abaissement de la coquille; la progression est excep- lionnelle, comme on peut s’en assurer par des expé- riences directes. Les Zfipponyx ne sont donc guère privés par l'absence d’un pied qui ne sert aux autres que comme point d'appui pour faire la ventouse.
$ 4. En relevant le manteau, on met la tête à décou- vert; sa forme est remarquable, et dans la série des Gas- téropodes je ne connais rien qui y ressemble.
Le mufle, extrèmement long, se divise, à son extré- mité, en deux lobes buëccaux triangulaires, développés, rappelant les palpes labiales des Acéphalés d'autant mieux que la fente buccale longitudinale est située dans l’infun- dibulum que constituent les deux lobes à leur naissance. La face interne de chaque lobe est concave, et forme une rigole.
Les tentacules, minces, cylindriques, allongés, viennent se perdre insensiblement sur les côtés du mufle. Les yeux sont placés à leur base, en dehors, un peu en avant; ils sont petits, noirs, complétemenb sessiles, ce qui les dis- tingue des yeux de Pileopsis portés sur un renflement du tentacule.
L'œil, examiné à un fort grossissement, est légèrement conique, à grand diamètre dans le sens de l'axe visuel.
PS 1 À Ne Une sclérotique très-épaisse et transparente enveloppe la choroïde qu’on aperçoit au travers. L'ouverture pu- pillaire est latérale. La forme de cet œil rappelle celle de l'organe visuel des Paludina. Le grand axe a 1/15 et le petit 1/20 de millimètre.
Le mufle est continué et terminé par la poche linguale; celle-ci, étroite, conique, sans renflement, se termine en pointe aiguë près du musele adducteur (portion gauche) : des languettes tendineuses Ja fixent à sa naissance, vers les deux extrémités antérieures et internes du muscle adducteur.
Je crois que le mufle est très-protractile, surtout chez les individus à support. La protraction jointe à l’élonga- tion naturelle du mufle doit permettre à l'animal d’avan- cer sa bouche assez loin.
La plaque linguale, dont la dentition est représentée par la formule (5. 1. 5), ne ressemble nullement à celle des Patelles, Fissurelles, Émarginules, etc.; elle a beau- coup de rapports avec celle des Prleopsis.
La rangée médiane (rachis) est composée de plaques tra- pézoïdes, munies supérieurement d'une dent unciforme assez longue et de bords latéraux finement denticulés.
La première rangée interne est large, courte, subqua- drangulaire ; les deux autres rangées sont en forme de crochet transverse, et terminées par une pointe aiguë à bord finement denté.
Au-dessus de la plaque linguale naît le tube intestinal. On voit d’abord une dilatation constituant l'estomac (?) ou un jabot, et dans laquelle débouchent les conduits excré- teurs des glandes salivaires. Je n'ai pu m’assurer de la pré- sence d’une deuxième dilatation sur le trajet du tube in- testinal; je ne sais donc pas s’il existe plus loin un esto- mac membraneux, comme celui des Patelles. Dans ce
ir) MAD ES cas, la première dilatation serait un pharynx ou un jabot.
L'intestin, arrivé à droite sur les côtés du muscle ad- ducteur, se recourbe, se porte en bas, puis à gauche, aborde le foie qui l’embrasse et, après de nombreuses cir- convolutions, regagne le côté droit à côté du muscle ad- ducteur, et se termine dans la cavité branchiale, près du tentacule droit, en faisant une légère saillie. Je pense que la saillie du rectum en a imposé à Quoy et Gaimard, qui l’ont décrite ( Voyage de l'Uranie), mais avec doute, comme une sorte de troisième tentacule ou organe exci- taleur.
$ 5. En fendant le manteau près du muscle adducteur (côté droit), et en le rejetant à gauche, on peut examiner le système branchial.
Les branchies ont la même structure que celles des Pi- leopsis, Crepidula, ete.; elles adhèrent au manteau vers la partie antérieure de la voûte de la cavité branchiale. On compte une vingtaine de feuillets triangulaires, étroits, à base antérieure, à sommet libre postérieur, flottant. Le cœur est placé à gauche de la série des feuillets.
Le nombre restreint d'exemplaires que je possédais ainsi que leur petite taille ne m'ont pas permis d'étudier le système nerveux. Je me suis néanmoins assuré de la présence d'organes auditifs.
La poche auditive, exactement globuleuse, a 1/56 de millimètre de diamètre. Son enveloppe extérieure cellu- leuse est assez épaisse, de couleur foncée par le dépôt de granulations pigmentaires. L’otolithe est unique, {rès-bril- lante, semblable à celle des Acéphalés et de quelques Mol- lusques gastéropodes (Cyclostoma Cuvieri, elegans, etc.).
$ 6. Entre la tête et Je feuillet inférieur du manteau existe un organe très-singulier, qui a été vu par Quoy et Gaimard,; c'est une lame en forme de spatule, libre en
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avant où elle s'applique, au-dessous du mufle. Après s'être rétrécie pour constituer un pédicule, elle s’élargit et s'in- sère, d’une part, au manteau, de l’autre aux téguments de la base de la tête. Elle flotte, par conséquent, dans une cavité limitée par le manteau en dessous et en arrière, et par la tête en avant. Quoy et Gaimard ont considéré la cavité comme une sorte de poche incubatrice ; l’organe en spatule est, d’après eux, destiné à diriger les œufs dans les follicules placés sur le bord antérieur du pied.
Je rapprocherais volontiers l'organe en spatule des Hip- ponyx de la fraise des Pileopsis. Celle-ci, située sous le cou et en avant du bord antérieur du pied, est formée par les nombreux replis d’une double membrane qui, dans l’extension, servirait, d’après Cuvier, à prolonger le pied en avant et à faciliter la reptation de l'animal.
M. Deshayes, qui a étudié en Algérie l'animal du Pi- leopsis, croit plutôt que la fraise sert à retenir les em- bryons ou à déposer les œufs. Du reste, Quoy et Gaimard ont remarqué que les œufs (?) des Hipponyx sont placés dans la coquille, en avant du pied. Nous allons voir que l'expression « œufs » n’est pas tout à fait exacte.
Sur deux des trois individus que je possédais, il m’a été facile de constater la présence d’embryons déjà munis de leur coquille.
Toute la cavité branchiale du côté droit, en avant et en arrièré de la tête, était remplie d’une immense quantité d’embryons réunis par une membrane très-mince qui les séparait en plusieurs groupes globuleux. Les embryons se voient par transparence du manteau. Les paquets d'em- bryons s’insinuaient si profondément parmi les autres vis- cères, que je suis porté à croire que l'ovaire les contenait lui-mème, et que, par conséquent, l'animal est compléte- ment vivipare.
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Il est, en effet, diflicile d'admettre qu’une si grande quantité d'embryons se soient développés ailleurs que dans les viscères, et soient venus après la ponte se réfugier dans la poche branchiale et la poche incubatrice. Dans cette hypothèse ils ne seraient pas enveloppés d’une membrane commune les divisant en cinq ou six groupes.
L'animal a été pris au moment de la ponte, lorsque les embryons allaient devenir libres. On sait qu’à partir de ce moment les jeunes Hipponyx se fixent soit sur leurs pa- rents, soit sur le corps qui sert de support, et augmen- tent ainsi la colonie. On a rapporté des Cérites, des Strombes entièrement recouverts d’Hipponyx de tous les âges.
La coquille des embryons est mince, transparente, quoique d’une teinte légèrement blanchâtre ; elle est plus calcaire que celle des embryons de la plupart des Gastéro- podes. Sa surface extérieure est finement striée en long; les stries transversales sont plus marquées, assez irrégulières et sublamelleuses ; elles représentent l’origine des lamelles concentriques de la coquille adulte.
La spire se compose de deux tours et demi, à enroule- ment régulier, mais croissant très-rapidement; un enfon- cement (rès-marqué existe sur le dernier tour, près de la suture. Le péristome est mince et tranchant ; une dépres- sion ombilicale assez large donne à la coquille un aspect particulier.
Dimensions de la coquille embryonnaire :
Diamètre antéro-postérieur.. . 4/9 de millimètre.
Hautéur:té tits non Serres 5/9 —
Existe-t-il un opercule? c'est là une question qui m'a vivement préoccupé. Dans mes premières observations mi- croscopiques, j'ai constamment aperçu, dans l'ouverture
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buccale de la coquille, une partie qui la clôturait à une certaine profondeur, et qui réfléchissait la lumière comme une surface brillante; j'y ai distingué une spirale et une sorte de nucléus subcentral.
Plus tard je n'ai plus revu cette partie, mais les jeunes embryons avaient été isolés de la membrane protectrice qui les réunit en groupe, et l’opercule avait pu tomber.
Tout me porte donc à croire, et d’après l’analogie et d’après mes premières observations, que les Hipponyx, à l’état embryonnaire, sont operculés.
La légère opacité de la coquille des embryons m’a em- pêché de les étudier complétement : je ne donnerai donc que quelques notions générales sur leur structure.
A l’état de contraction, l'embryon ne remplit pas toute sa coquille; le muscle columellaire enfonce l'opercule. En avant, on aperçoit une ligne obscure, sinueuse, qui n'est autre chose que le bord cilié du velum : celui-ci a la forme normale bilobée des Gastéropodes.
En arrière, il est facile de reconnaître par transparence, et d'isoler même, en écrasant l'embryon, deux petits corps noirâtres, pigmentaires, qui, grossis fortement, offrent tous les caractères des yeux : leur forme est semblable à celle des yeux de l’animal adulte.
Au-dessous, deux corps brillants, exactement arrondis, à noyau concentrique, décèlent la présence des organes auditifs. En représentant par 2 le grand diamètre de l’œil de l'embryon, le diamètre de la capsule auditive est À 3/4. On se souvient que chez l’animal adulte le grand diamètre de l'œil est de 1/15 de millimètre, et le diamètre de la cap- sule auditive 1/56, c’est-à-dire plus que moitié moindre; or, en comparant ce rapport à celui des mêmes organes à l’état embryonnaire, on s’assurera que le rapport de grandeur des mêmes organes change considérablement, et que chez
.
Cap Q ES l'embryon, ou bien l'œil est proportionnellement moins développé que chez l'adulte, ou bien la capsule auditive l’est davantage.
Enfin le sommet de la spire est rempli par une matière foncée formée par le foie.
$ 7. On peut conclure de l'examen des Hipponyz :
4° Qu'ils diffèrent beaucoup des Pileopsis par la forme de la tête, l’absence totale de pied, etc., caractères suffi- sants pour les séparer génériquement ;
2° Que, par les branchies, la plaque linguale et les or- ganes génitaux, ils offrent, avec les Pileopsis, des affinités qu’on ne doit pas perdre de vue dans la nomenclature ;
5° Que l'absence du pied est un caractère d’une assez grande valeur pour constituer même une famille des Hipponycidæ ;
4° Que la présence ou labsence d’un support testacé n’a pas de valeur pour séparer les Hipponyx en genres ni mème en espèces;
5° Que les Hipponyx sont probablement hermaphro- dites comme les Patelles, c’est-à-dire qu’à certaine époque tous les individus ont des organes mäles, et plus tard des organes femelles seulement : de plus, ils sont vivipares ;
6° Que l'embryon ne diffère pas sensiblement de celui des Gastéropodes pectinibranches, étant pourvu d’un ve- lum cilié, d’une coquille spirale, d’un opercule, etc.
Explieation de ls Planche Il.
Fig. 4. Animal adulte de l’Hipponyx antiquata vu en dessus : — a, tentacules ; b, mufle; c, lobes buc- caux; d, manteau; e, muscle en fer à cheval; f, cavité creusée dans le substratum.
Fig.
O1
— 11 —
2. Le même vu en dessous : le manteau légèrement
abaissé ; — mêmes leltres; g, intérieur de la co- quille ; À, organe en spatule.
. Le mème vu en dessus : le manteau est enlevé ;
— mêmes lettres; 2, yeux ; #, dilatation da tube digestif; /, glandes salivaires; m, intestins n, anus ; 0, foie ; p, poche linguale.
. Le même vu en dessus : le manteau est coupé à
droite et rejeté à gauche; — mêmes lettres ; q, branchies ; r, sacs embryonnaires.
Les grossissements de ces quatre figures sont de quatre fois le diamètre. Plaque linguale : — a, rachis; b, première dent ; c, deuxième; d, troisième.
Coquille embryonnaire vue par-dessus. La mème vue par-dessous.
OEil de l'animal adulte.
Capsule auditive du même.
Le grossissement des cinq dernières figures est très-considérable.
Note sur l’Hipponyx Danieli, et calalogue des espèces du genre actuellement connues,
PAR H. CROSSE.
Nous avons décrit et figuré, en 1858, dans le quatrième numéro de la Revue et magasin de Zoologie, et sous le nom de Capulus Danieli, une charmante espèce, prove- nant de la Nouvelle-Calédonie, et remarquable par l’élé- gance de sa coloration inférieure, ainsi que par son cro-
2
chet d’un rouge pourpré très-vif, qui tranche sur le ton fauve du reste de la surface externe. Les rares exemplaires qu’il nous avait été donné de voir de cette espèce, encore peu répandue dans les collections, étant minces de test et libres, nous avons dû la mettre, provisoirement au moins, dans le g. Capulus. Tout récemment, nous avons eu la bonne fortune de pouvoir examiner un individu de cette espèce très-adulte et encore en place, ce qui nous permet de fixer d’une manière définitive le genre auquel on doit la rapporter.
Ce mollusque, dont nous devons la communication à notre honorable confrère M. Bourguignat, était fixé sur un Pecten Janus, Montrouzier (P. distans, Reeve non La- marck), et avait creusé son empreinte assez profondément sur la coquille, aux dépens de la substance de cette der- nière. D’après ce caractère, il appartiendrait au genre Amalthea, non pas tel que Schumacher l’a créé (car ce n’est qu’un double emploi du g. Capulus ou Paileopsts), mais tel que MM. Adam l'ont circonscrit dans leur Genera, en n’y comprenant que les coquilles capuliformes, qui se creusent une cavité sur les corps auxquels elles adhèrent, si ce genre pouvait être maintenu. Mais il n’en est rien, ainsi que le démontre notre collaborateur M. Fischer, dans le travail qui précède cette petite note. Le mème mollusque devient un Hipponyx, où un Amallhea, selon que la surface qui le supporte, c’est-à-dire la partie du corps étranger auquel il adhère, est étroite ou suffisamment large; c’est la condamnation formelle et définitive du g. Amalthea.
Notre espèce appartient donc au genre Ælipponyx, et sa synonymie doit être établie comme il suit :
Hipponyx DANIEL.
Capulus Danieli, Crosse, Rev. Zool., 1858, p. 161, pl. 5, fig. 2,2 a, 2 b.
Nous devons également rectifier dans quelques détails la diagnose de l’espèce, dont nous n'avons, dans le prin- cipe, eu sous les yeux que deux i..dividus seulement.
L’Hipponyz Daniel est une coquille de forme presque ovale, et plus mince de test que la plupart de ses congé- nères, bien que pourtant, à l'état très-adulte, elle épais- sisse sensiblement ; elle présente, sur toute sa surface ex- terne, des stries longitudinales très-fines, qui partent du sommet ; en bon état de conservation, elle est revêtue, sur toute sa superficie, le crochet excepté, d’un épiderme d’un fauve plus ou moins clair. Le crochet est porté en avant, contourné et d'un rouge carminé très-intense; les stries y sont moins apparentes que sur le reste de la coquille, ce qui le fait paraître presque lisse. Les séries de côtes ou rides très-prononcées que nous avions signalées dans notre diagnose primitive ne constituent pas des caractères spé- cifiques ; car nous ne les avons plus rencontrés dans les derniers exemplaires qui ont été soumis à notre apprécia- tion. Elles n'étaient, probablement, que la répercussion de côtes ou des ondulationss du corps étranger sur lequel nos coquilles se trouvaient fixées. Au reste, on connaît la grande irrégularité de forme que peuvent affecter les co- quilles adhérentes. La coloration intérieure de notre espèce varie avec l’âge : à l’état jeune, la couleur dominante est un beau rouge carmin, à peine interrompu par quelques taches ou bandes d’un blanc rosé; plus tard les deux nuances se partagent à peu près également la superficie interne de la coquille, qui présente alors les jolies radia- tions alternativement blanches et carminées de notre
LOGE figure 2 b de la Revue zoologique. Enfin, dans les vieux individus, le blanc rosé devient de plus en plus la nuance dominante, et l'autre couleur n'apparaît plus qu'en cer- tains endroits par transparence, et en outre sur toute l'étendue du bord circulaire. L'Hipponyæ Danieli n’a été recueilli jusqu'ici que dans les eaux de la Nouvelle-Ca- lédonie.
Nous joignons à notre note la liste des espèces actuel- lement connues dans le g. Hipponyx.
G. Hipponyx, Defrance.
A. Espèces vivantes.
4. H. ANTIQUATUS.
Patella antiquata, Linné, Syst. nat., p. 1259.
Hipponyz mitrula, Defrance (Sowerby, Thes., p. 569, pl. 75, f. 18-20).
Hipponyx panamensis, C. B. Adams, Panama shells, p: 218; n° 528.
Amalthea panamensis, H. et À. Adams, Genera, vol. 1, p. 974.
Hab. Antilles, Pérou, Panama, Sénégal.
Cette espèce offre les caractères tantôt du g. Hipponyx et tantôt du g. Amalthea : ce dernier est donc inutile.
2. H. SUBRUFUS.
Pileopsis subrufa, Lamarck, vol. 7, p. 611.
Hipponyx subrufa, Sowerby, Thes., p. 570, pl. 75, fig. 21-23.
Hab. Côtes du Pérou, I. Lobos.
3. H. BARBATUS.
Hipponyx barbata, Sowerby, Thes., p. 369, pl. 75, fig. 26-27.
Hipponyzx australis, Menke, Zeit. et Mal., 1847, p. 186, non Deshayes.
St — à
Hab. Océanie, I. de la Société.
4. H. RADIATUS.
H. radiata, Quoy et Gaimard, voy. Uranie, p. 454, pl. 69, fig. 1-5.
IT. crispa, Menke, teste Carpenter in Proceed. Zool. Soc., 1856, p. 4.
Hab. Panama, I. Gallapagos.
Cette espèce nous offre encore un exemple frappant de la profonde inutilité du genre Amalthea. MM. Gray, So- werby, H. et À. Adams l’admettent tous sans difficulté dans le g. Hipponyx, parce qu'on la rencontre habituel- lement avec un support calcaire sécrété par elle. De leur côté, MM. Quoy et Gaimard ont trouvé leur individu typique « appliqué ou plutôt enfoncé assez profondément « à la face externe d'un Pterocera chiragra (voy. Urame, 1.c.).» Ce fait, qui n’a rien que de normal, puisque la sur- face d’un Pferocère est assez large et plane pour permettre à un Hipponyx d'y adhérer et d'y trouver un logement . suffisant sans avoir besoin de sécréter de support, n’en établit pas moins d’une façon évidente que l’H. radiata estun Æ'pponyx où un Amalthea, selon les cvrconstances, et que par conséquent il faut supprimer le g. Amalthea, comme parfaitement inutile.
5. H. TICAONICUS.
Hipponyx Ticaonica, Sowerby, Thes., p. 570, pl. 75, f: 28, 29.
Hab. Iles Philippines, Ticao.
6. H. AUSTRALIS.
Patella australis, Lamarck, Anim. s. vert., vol. VIT, p. 541.
Hipponyx australis, Deshayes, Encycl. méth., t. IF, p. 274.
= dE =
Hipponyx australis, Quoy et Gaimard, Voy. Astrolabe, t. LIL, p. 554, pl. 72, f. 25-54.
Hab. Australie.
7. H. ACUTUS.
Hipponyx acuta, Quoy et Gaimard, Astrolabe, t. WI, p. 457, pl. 72, f. 58-58.
Hab. Havre Carteret, Nouvelle-Irlande.
8. H. FOLIACEUS.
Hipponyx foliacea, Quoy et Gaimard, Astrolabe, t. WI, p. 459, pl. 72, f. 41-45.
Hab. Ile de Guam, archipel des Mariannes.
9. H. SUTURALIS.
Hipponyx suturalis, Quoy et Gaimard, Astrolale, t. III, p. 440, pl. 79, f. 59-40.
Hab. Ile de Guam.
10. H. DANIELr.
Capulus Danieli, Crosse, Rev. zool., 1858, p. 161, pl:5, f, 2.
Hipponyx Danieli, Crosse (4'° partie du présent ar- ticle).
Hab. Nouvelle-Calédonie.
11. H. TRIGONUS ?
Patella trigona, Gmelia, p. 5714, n° 116.
Cochlolepas trigona, H. et À. Adams, Genera, vol. I, p. 576.
Nous n'avons aucun renseignement positif sur cette es- pèce, que nous ajoutons à notre liste sur la foi de MM. Adams, qui l’ont comprise dans le g. Cochlolepas, synonyme du G. Hipponyæ (partim).
12. H. GRANULOSUS.
Hipponyx granulata, À. Adams, Proceed. Zool. Soc.,
1855, p. 176, pl. 20, f. 5, nec Basterot.
Li, QUE
Hipponyx granulosa, A. Adams, Genera, vol. I, p. 575. . Hab. Côte occidentale d’Afrique.
D’après la description de l’auteur, cette espèce offre le caractère singulier d’être ornée de granulations blanches, disposées en séries longitudinales sur la surface extérieure; mais, comme l'échantillon typique a été recueilli sur une baguette de Cidaris, munie elle-mème de granulations disposées également en série, il est plus que probable qu'il n’y a là qu’un phénomène de répercussiou analogue à celui dont nous avons parlé pour l’Hipponyx Danieli, et que l’on rencontrera des individus de l’/7. granulala peu ou point granuleux, si leur point d’attache est lisse.
15. H. SERRATUS.
Hipponyx serratus, Carpenter, Proceed. Zool. Soc., 1856, p. 5.
Hipponyx foliaceus, Menke, Zeit. f. Mal., 1851, p. 56, nec Quoy et Gaimard.
Hab. Mazatlan.
14. H. COSTELLATUS.
Hipponyx? barbatus, var. coslellatus, Carpenter, Proceed. Zool. Soc., 1856, p. 4.
Hab. Antilles.
15. H. GrayaANvs.
Hipponyx (Amalthea) Grayanus, Menke, Zeit. f. Mal., 1855.
Hipponyx radiata, Gray, C. B. Adams, nec Deshayes, nec Quoy et Gaimard.
Hab. Mazatlan, Panama.
16. H. TUBERCULATUS.
Hipponyx tuberculatus, Carpenter, Proceed. Zool. Soc., 1856, p. 4.
Hab. Antilles.
17. H. EFFODIENS.
LS OM
Hipponyx (Amalthea) effodiens, Carpenter, Proceed. Zool. Soc., 1856, p. 5. Hab. Antilles. 18. H. conrcus. Amalthea conica, Schumacher, p.184, pl. 24, f. 4.
B. Espèces fossiles.
19. H. SPIRIROSTRIS. Pileopsis spirirostris, Lamarck, vol. VIF, p. 611. Pileopsis spirirostris, Deshayes, Coq. foss., t. UE, pl. 5, f. 13-15. Hab. Fossile de Grignon. 20. H. corNucorIÆ. Pileopsis cornucopiæ, Lamarck, vol. VIT, p. 614. Hipponyx cornucopiæ, Defrance, J. des Phys., 1819, mars, f. 4. Var. £. Junior. Pileopsis retortella, Lamarck, vol. VII, p. 6LA (auctoritate Deshayesi). Hab. Fossile du calcaire grossier et des sables moyens. 21. H. DILATATUS. Pileopsis dilatata, Lamarck, vol. VIE, p. 615. Hipponyx dilatata, Defrance, L. e., f. 5. Hab. Fossile de Grignon, du calcaire grossier et des sables moyens. 22. H. GRANULATUS. Hipponyx granulatus, Basterot, p. 72, pl. 4, f. 44. Hipponyx Sowerbyi, Defrance, Journ. Phys., 1819, p. 88, 219. Hab. Fossile des faluns de Dax. 25. H. comprus. Hipponyx comptus, Deshayes, Anim. s. vert., vol. IE, pl. 4, f. 1G-18. Hab. Fossile du calcaire grossier.
UD —
24. H. ELEGANS. Hipponyx elegans, Deshayes, Coq. foss., p. 25, pl. 5, f. 16-19. Hab. Fossile du calcaire grossier et des sables moyens. 25. H. HEBERTI. Hipponyxz Heberti, Deshayes, Anim. s. vert., vol. I, p. 270, pl. 4, f. 26-28. Hab. Auvers (sables moyens). 26. H. comarus. Hipponyæ comatus, Deshayes, Anim. s. vert., vol. IT, p.274; pl.:45, .f. 9,:40. Hab. Grignon (calcaire grossier). _ 27. H. PATELLOIDES. Pileopsis patelloides, Deshayes, Cog. foss., vol. I, p. 25, pl. 5, f. 25-95. Hipponyx patelloides, Deshayes, Anim. s. vert., vol. EF, p. 271. Hab. Auvers (sables moyens). 28. H. SUBLAMELLOSUS. Hipponyx sublamellosus, Deshayes, Anim. s. verf., vol. IT, p.274, pl: 4, f. 44, 45. Hab. Grignon, etc. (calcaire grossier). 29. H. Tusa. Hipponyx tuba, Deshayes, Anim.s.vert., vol. IF, p.272, pl. 4, f. 25, 25. | Hab. Parnes (calcaire grossier). 90. H. OPERCULARIS. Pileopsis opercularis, Deshayes, Cog. foss., vol. IE, p. 28, pl. 5, f. 20-22. Hipponyx opercularis, Deshayes, in Lamarck, 2° éd., vol. VIT, p. GIS. Hab. Parnes, Mouchy, etc. (calcaire grossier). 51. H. SULCATUS.
— 90 = Patella sulcata, Borson, in Mem. Tor., 25, p. 185. Hipponyx sulcata, Deshayes, in Lamarck, vol. VII, p. 617. Hab. Faluns de Dax, Bordeaux, etc. 92. H. PpyeMæus. Hipponyx pygmæa, Lea, Contrib. Geol., p. 95, pl. 5, (275: Hab. Alabama (terrain tertiaire). 99. H.? BARRANDEI. Capulus Barrandei, Hôrnes et Pastsch, Foss. Moll., p. 658, pl. 50, f. 21. Hab. Baden (Autriche). 94. H.7 AQUENSIS. Pileopsis aquensis, Grateloup, Conch. Adour, pl. 1, f. 56-59. Hab. Faluns de Dax. 55. H.? ANCYLIFORMIS. Pileopsis ancyliformis, Grateloup, !. c., pl. 4, f. 40-43. Hab. Dax et Gaas. 96. H.? BISTRIATUS. Pileopsis bistriata, Grateloup, 1. c., pl. 44, 45. Hab. Dax. 57. H.? ORNATISSIMUS. Capulus ornatissimus, d'Orbigny, Prodrome, vol. I, p. 292. . Hab. La Falaise (étage danien). Espèce voisine de l'A. spirirostris, d'après A. d'Orbigny. 58. H.? CONSOBRINUS. Capulus consobrinus, d'Orbigny, Prodrome, vol. I, p. 292. Hab. Vigny, la Falaise (étage danien). Espèce voisine, d’après d’Orbigny, de l'A. cornucopie. 59. H° DUNKERIANUS. |
M 0
Hipponyx Dunkeriana, Bosquet, Bull. Acad. Belg., XV, p. 604.
Hab. Craie supérieure de Maéstricht (étage sénonien).
40. H.? Dixon.
Hipponyæ Dixoni, Deshayes, in Anim. s. vert., vol. I, p. 268.
Hab. Craie blanche supérieure (Angleterre).
Quelques-unes des espèces fossiles que nous venons de mentionner sont encore, pour nous, douteuses. En cffet, bien qu’elles se rapprochent plus des Hipponyx que des Capulus par leur facies général et leurs affinités, elles n’ont pas jusqu'ici été recueillies avec leur support, et par conséquent on ne peut affirmer avec une certitude abso- lue qu’elles fassent partie du g. Hipponyx, bien que cela soit très-probable. Il en est d’autres, plus douteuses en- core à nos yeux, que nous aurions pu joindre à notre liste (P. sulcosa, Brocchi, etc.); mais l'abstention nous paraît plus sage jusqu’à plus ample informé.
On voit, par ce qui précède, que le g, Hipponyx ne re- monte pas plus haut que la craie supérieure (étage séno- nien), où l'on n’en connaît que peu d'espèces. Le nombre des représentants du genre augmente sensiblement dans les terrains tertiaires, pour atteindre son maximum de dé- veloppement dans les mers actuelles. La distribution géo- graphique des espèces vivantes dont l'habitat est connu nous apprend les faits suivants : 4 espèces, les Æ. anti- quatus, costellatus, tuberculatus et effodiens, vivent dans les mers des Antilles. Dans la partie du Pacifique qui baigne le Centre-Amérique, du Pérou à Mazatlan, on trouve 5 espèces, les H. Grayanus, serratus, radiatus, subrufus et antiquatus. Cette dernière espèce parait posséder un area très-étendu; on signale sa présence dans les deux mers d'Amérique et au Sénégal. Les Æ. granulosus et an-
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hiquatus sont les seules espèces du genre qui aient été re- cueillies sur le littoral de l’Afrique (côte occidentale). Enfin l'Océanie possède 7 espèces, les 7. Dame, sutu- ralis, foliaceus, acutus, australis, Ticaonicus, barbatus. Il n’en existe point, à notre connaissance, en Europe ni en Asie. L’océan Pacifique est la mer dans laquelle le genre Hipponyx atteint le plus grand développement : on y rencontre 42 des 16 espèces dont l'habitat est connu. H. C.
Déductions paléoentologiques appliquées à la conehyliologie de notre époque,
par M. le baron P. ne RycKknozr.
Parmi les faits nombreux que nous révèle la paléonto- logie, il en est un, riche en déductions, dont les conchy- liologues ne me parajssent pas avoir tiré tout le parti pos- sible ; il se rattache à un sujet qui, dans le Journal de Conchyliologie, a été l’objet de plusieurs articles ; je veux parler de la dispersion de certains Mollusques sur un ho- rizon géographique très-étendu. Cette question, envisagée comme l'ont fait jusqu’à présent les conchyliologues, me paraît devoir rester éternellement insoluble. Le cercle d'idées dans lequel ils se meuvent est trop restreint. Les causes invoquées ne répondent pas à la grandeur des effets, car le seul élément qui intervient pour produire un si grand résultat est l’aveugie hasard dont il est impossible de méconnaître parfois les prodiges, mais que l’on ne peut raisonnablement considérer comme l’unique agent d’un ordre de choses aussi étonnant au premier aspect. Je
— 99 — constate donc que, malgré la valeur personnelle des cham- pions qui sont entrés en lice, la question n'a pas fait un pas; il nous reste, de ces discussions, quelques savantes pages que chacun voudra lire ; mais de solution, point. Je crois qu’il faut s'adresser à un autre ordre d'idées, et pui- ser dans le passé l’enseignement du présent. A cet effet, je citerai quelques coquilles fossiles qui occupent un vaste horizon géologique ; je choisis de préférence mes exemples dans l’époque sénonienne, comme étant relativement rap- prochée de nous, et généralement mieux connue dans ses extensions géographiques; je me bornerai à un petit nombre de citations, afin d'éviter les longueurs.
En 1849, Forbes, traitant des fossiles de Pondichéry, Yeradachellum et Trichinopoly, décrivit, sous le nom d’Aspergilloides, un magnifique Gastrochæna, connu de- puis longtemps, en Belgique en Hollande ct, depuis 1860, au Texas, sous le nom d’Americana, Gabb.
En 1819, Lamarck donna le nom de Larva à un Ostrea qui, depuis, a été rencontré aux États-Unis et aux Indes orientales.
Le Nautilus Dekayi, Morton, 1897, est actuellement connu aux États-Unis, au Chili (île de Quiriquina), aux Indes orientales et en Belgique.
Le Baculiles anceps, Lamarck, 1822, a été, depuis lors, retrouvé dans ies mêmes contrées que le N. Dekayi. Quant aux espèces communes à l'Europe et aux États-Unis, à ces derniers et au Chili, au Chili et aux Indes orientales, à Pondichéry et à l’Europe, elles sont par trop nombreuses pour me permettre d'en faire mention ici. On m'objectera probablement que les Céphalopodes ayant des habitudes vagabondes, il n'y a rien de bien merveilleux à ce qu’on les rencontre à la fois en Belgique et à Pondichéry : c’est bien mon avis, mais alors il faudra admettre que les con-
DORE NE
ditions climatériques n'étaient pas les mêmes qu'aujour- d’hui, car les cinq VNautilus actuellement connus parcou- rent toujours la même zone isotherme, sans jamais venir s’égarer sur nos côtes. Mais un Gastrochæna, un Ostrea, animaux sédentaires par excellence, n’ont pu se transporter du Sud au Nord et de l'Est à l'Ouest ; il faudra bien conclure que cette dispersion est due à la coexis- tence de plusieurs germes sur les divers points, et encore une fois, comme conséquence logique, que les conditions climatériques étaient différentes de ce qu’elles sont aujour- d'hui. En effet, la faune et la flore sénoniennes prouvent, avec la dernière évidence, que la température d’alors per- mettait aux animaux et aux plantes, dont les congénères vivent actuellement dans les régions intertropicales, d’at- teindre, en Europe, tout leur développement. Cette tempé- rature uniforme était donc indépendante des lignes iso- thermes qui, actuellement, président à l’animalisation et à la végétation du globe. De ces données, qui n’ont rien de spéculatif, découlent deux vérités qui me paraissent in- contestablement acquises à la discussion, savoir la plura- lité des germes dans la création sénonienne et un climat uniforme sur toute la surface du globe. Si nous passons ensuite en revue l’époque actuelle, nous reconnaîtrons qu'aux horizons géologiques ont succédé des horizons géo- graphiques, tout aussi surprenants, et emdrassant des espaces trop étendus pour imputer au concours de homme l'existence d’une faune commune. Si des Mollusques per- forants ou se fixant par un byssus ont pu être transportés loin du lieu natal par la navigation, cette possibilité cesse lorsqu'il s’agit de la plupart des Gastéropodes et des La- mellibranches, et cependant l’on signale de nombreuses espèces appartenant à ces deux catégories d'animaux vi- vant dans des mers fort éloignées les unes des autres. II
OR Des
est vrai que parfois les moyens auxquels on a recours pour conclure à l'identité de ces coquilles laissent à dé- sirer. Ainsi, par exemple, M. Ducros cite des Oliva exis- tant à la fois aux Antilles, dans l'océan Pacifique (4) et dans les mers du Japon. Mais ce savant, pour arriver à celte identité, procède par voie d'interpolations. Celte mé- thode artificielle, bien appliquée par un conchylioiogue qui reprendrait son difficile travail en sous-œuvre, aurait nécessairement pour résullat de réduire ce beau et riche genre à ce qu’il était du temps de Gmelin. Aussi, soit dit en passant, il me paraît que deux coquilles étant données, l’une des Antilles et l’autre du Japon, il conviendrait de les distinguer spécifiquement chaque fois que l’identité ne - serait pas complète. J'ai cité M. Ducros, parce que son travail, que j'ai suivi pour le classement de mes Oliva, s’est présenté le premier à ma mémoire. Quoi qu'il en soit, s’il y a des identités èmpar/aites ou contestables, je recon- nais qu’il y a des identités d'espèces dans le sens rigou- reux du mot : je ne comprendrais même pas qu’il en fût autrement ; il suffira, pour m'expliquer le phénomène, d'admettre que ces espèces, comme tant d’autres, nées dans des conditions climatériques autres que celles de nos jours, aient survécu au dernier bouleversement qui a anéanti tant d'animaux qui vivaient pendant la période subapennine. En d’autres termes, je crois, et je suis en- trainé vers celte croyance par les faits constatés à l’époque sénonienne, faits qui sont rigoureusement les mêmes pour toutes les époques géologiques, que les Mollusques qui occupent aujourd'hui un'horizon géographique très -
(1) A. d'Orbigny m'a affirmé ne pas avoir rencontré d'espèces communes aux deux océans qui baignent l'Amérique , si ce n’est à leur point de rencontre.
étendu préexistaient à la révolution qui a produit Îa dis- tribution actuelle des terres et des mers, et que ceux qui sont en quelque sorte parqués datent d'une création plus récente.
Cette théorie étant appliquée aux Mollusques terrestres et fluviatiles, il sera facilede nous rendre compte de lexis- tence de Mollusques européens sur les points les plus di- vers du globe. Si l'intervention de l'homme y est pour quelque chose, on ne peut cependant pas raisonnablement la généraliser d’une façon absolue, et il faudra bien ad- mettre que ces espèces occupaient des terres restées émer- gées, et des eaux qui n’ont pas subi de mélange d’eau salée, lorsque les mers subapennines qui s’étendaient du pôle nord aux îles Moluques ont changé de lit. Cet événe- ment concorde, pour l'Europe, avec un abaissement de température assez brusque, assez intense pour avoir pu saisir dans la glace les Mammifères, et les conserver, ainsi enveloppés, jusqu’à nos jours. Beaucoup de Mollusques sep- tentrionaux succombent, sans doute, à cette époque, mais . d’autres s’enfoncent dans les sables ou parviennent à un niveau convenable pour les nouvelles nécessités qui leur sont faites; dans tous les cas, les Mollusques non septen- trionaux ont le temps de contracter de nouvelles habi- tudes, tandis que les Mollusques terrestres, admirable- ment constitués pour la circonstance, se construisent, pour la première fois, un épiphragme, et que les Mollusques d’eau douce pénétrent plus avant dans la vase, en atten- dant le retour de jours meilleurs.
Je pourrais ici terminer ma trop longue argumentation, mais je tiens à rendre compte de quelques faits déjà con- nus de Cuvier, et dont or s’est préoccupé dans les derniers temps, l’existence de Mollusques et de végétaux communs
au sud-ouest de l'Angleterre, à la Bretagne, au Portugal et à l'Espagne.
Au risque d’ennuyer les conchyliologues, en général peu partisans de la géologie, j'aurai encore une fois re- cours aux documents que nous fournit cette science. La céologie positive nous enseigne que, avant le percement du canal de la Manche et du déiroit de Gibraltar, l'Angle- terre, la France le Portugal et l'Afrique ne faisaient qu’un même continent, auquel je suis forcé de rattacher tous les groupes d'îles dispersés dans l'Océan. Si je n’avais publié ces idées il y a quinze ans, je serais contraint à les adop- ter, depuis les doctes recherches auxquelles s’est livré M. Morelet sur les îles Açores. Ce savant explorateur a changé en certitude les hypothèses des géologues. Je de- manderai aux incrédules ce que sont devenues les eaux des mers subapennines, qui, en se retirant, ont découvert les 2/5 ou les 5/4 des terres actuellement émergées ; ils m'accorderont, sans doute, qu'aucune goutte n'ayant pu être détruite, elles ont dù envahir des continents aussi vastes que ceux qu’elles venaient d'abandonner. La direc- tion des deux détroits me semble indiquer suffisamment de quel côté les emprises ont été faites.
La réunion des îles Canaries et des Açores à un même continent européo-asiatique étant acceptée, la présence, sur trois points aussi éloignés les uns des autres, d’un même Mollusque terrestre, surtout d’un même Mollusque fluviatile, n’en reste pas moins un fait inexplicable en de- hors de l’hypothèse de plusieurs centres de création. La propagation d’une espèce terrestre, sous l'influence d’un climat uniforme qui la dispensait de passer la moitié de son existence er hibernant, devait être rapide; et, quoique la durée de l’époque subapennine nous soit inconnue chrouologiquement, l’expression géologique de celte du-
3
— 34 — | rée se traduisant par un dépôt sédimentaire de 600 mè- tres, elle a dû nécessairement être fort longue : malgré toutes ces conditions favorables, l’émigration doit avoir été arrêtée bientôt par des obstacles infranchissables.
Parmi tous les animaux terrestres, les Mollusques étaient probablement les seuls constitués pour échapper à une crise aussi instantanée que violente, crise à laquelle ont succombé les animaux doués d’une organisation supé- ricure.
Passons à un autre ordre d'idées. On m'a souvent de- mandé si la création malacozoaire se poursuivait encore de nos jours, c’est-à-dire si de nouvelles espèces apparais- sent à l'époque actuelle sur le globe.
En 4845, en donnant un aperçu géognostique sur les environs de Tournay, je m’exprimais ainsi : « Parmi les « nombreux animaux qui vécurent dans cette partie des « mers carbonifères, les uns se montrent dès les pre- « mières couches et parcourent toute la série des bancs ; « d’autres s'éteignent beaucoup plus tôt, ou n’apparais- « sent que plus tard, soit pour s’anéantir de suile, soit « pour atteindre la fin des mers carbonifères, etc. » Quelques années plus tard, à propos d’un aperçu géognos- tique des environs de Visé, j'ai dit « que l'apparition et la « disparition des animaux çarbonifères avaient été succes- « sives à Tournay, que la création ne s'était pas faite d’un « seul jet, que l'extinction de certaines espèces avait pré- « cédé la fin de l'époque carbonifère. Cette assertion, qui « pouvait paraître hasardée pour Tournay, où les roches « sont disséminées, ne l'est pas à Visé, où elles forment « un tout que l'on pent embrasser d’un coup d'œil. Ccux « qui s'y sont livrés à des recherches paléontologiques « pendant plusieurs années ont pu vérifier mes observa- « tions Ainsi, par exemple, les Euomphalus pentangula-
— 3) — « lus, planorbis, bifrons, le Proituctus sublævis ne se « rencontrent qu'à une profondeur de 59 mètres. On les « chercherait en vain à un niveau moindre, Les Mega- « lodon, les Solenopsis n'apparaissent qu’à 5 ou 4 mè- « tres, l’Aganides planorbis, le Cirrus armatus, les Por- « cellia Woodwardi et Puzosi appartiennent à la toute « dernière création, etc. » Les choses se passent-elles en- core ainsi? La division de l’année en saisons, la diminu- tion de la ch:leur du globe ont-elles coupé court à toute création un peu compliquée? Le matérialiste, qui pense avoir créé un Cryptogame ou un Infusoire, me répondra sans hésiler, non ; le déiste me demandera pourquoi Dieu s’arrêterait dans son œuvre: son plan serait-il accompli ? Pour moi, je me garderai bien de répondre. P. DE R.
Description d’une espèee nouvelte de Verticordia,
PAR M. P. Fiscuer.
VERTICORDIA DESHAYESIANA. (PL. 5, f. 10-11.)
esta rotundata, crassa, subqlobosa, albida, margi- nibus dentatis, intus Mmargarilacea, radiatim sulcata, coslis Â7, crassis; marginibus denticulatis, interstitiis profundis ; apice antice involuto ; vulva sublævigata.
Diam. maj., 7 mul.
Coquille arrondie, épaisse, subglobuleuse, blanchâtre, à bords dentés, nacrée à l'intérieur, sillonnée longitudi- ualement : le test porte 17 côtes épaisses, denticulées la- téraiement : les interstices sont profonds : sommet enroulé eu avant, el cachant la lunule ; vulve lisse.
A PRE
Hab. Mers de la Chine, où elle a été recueillie dans du sable de fond. — Plusieurs exemplaires.
Obs. Cette espèce se rapproche du Verticordia cardi- formis, Sow. (fossile du crag), qui porte 16 côtes. Elle est intermédiaire, par le nombre de ses côtes, entre les V. acu- üicostata, Phil. (45 à 15 côtes), et granulata, Seguenza (20 côtes).
Ce caractère la distingue nettement des deux espèces vivantes, qui ont beaucoup moins de côtes rayonnantes.
Nous lui donnons le nom du savant auteur des Animaux sans vertèbres du bassin de Paris. PE;
Description d'une nouvelle espèce de Fuseau ,
Par M. A. L. Morcu.
Fusus (Sipmo) Livipus, Môrch. (PI. 4, f. 1.)
T. abbreviato-fusiformis, sordide alba, spira aperturam subæquans; anfr. plano-conveæi, liris planis, lœviusculis, castaneis, approæimatis, 26 in anfractu ullimo, 9-10 in penultimo; interstiia lirarum angusta, lirulis ancrementi conferlis cancellata ; epidermis membranacea dilute oli- vacea; apertura subovalis dilute livida, canali patula, breviuscula, obscure livida, iridescente; columella arcuata medio obsolete angulala; pariele aperturali hiris castaneis callo tenui polito pellucido margine externo incrassato ob- teclis; labro arcualo cum canali sensim confluente, leviter refleæo, intus crenulalo, linea pallide olivacea marginato, sulcis obsoletis, diaphanis, intrantibus.
LUE es
Long. 50, long. spiræ fractæ cire. 25, long. aper- turæ cum canali 25, lat. aperturæ 12 mull.
Hab. ad insulam Terræ nov.
Nous ne connaissons de cette espèce, qui fait partie de la collection de M. E. A. Romberg, qu’un seul exemplaire dont la spire est cassée et fermée par une cloison. L'épi- derme, en grande partie disparu, est olivâtre et sillonné dans le sens des stries d’aceroissement. Dans le voisinage de la columelle et de la suture, où l’épiderme paraît mieux conservé qu'ailleurs, on remarque de petites aspérités cy- lindriques, nombreuses, et dont les plus grandes forment comme une série dans le milieu de chaque sillon (ira). Au microscope, ces petits corps paraissent hérissés d’épines comme un Cactus. C’est probablement un polypier dessé- ché, appartenant au G. Coryne, et, par conséquent, un corps étranger à l'épiderme. Notre espèce diffère du Fusus Spuzbergiensis, Reeve (Belcher, Voyage, p. 595, tab. 392, f. 6 a. b.), par ses tours de spire moins convexes et plus étroits. De plus, ses côtes cpirales sont plus rapprochées, sa lèvre externe est moins arquée et se confond insensi- blement avec le canal, tandis que le Fusus Spitzbergiensis présente un angle distinct entre le canal et le bord droit. Les sillons externes apparaissent très-distinctement dans l'intérieur de la bouche, et sont très-prononcés vers le bord de la lèvre. O. A. L. M.
Description d’une nouvelle espèce de Rasea,
par M. P. Fiscuge. NASSA GALLANDIANA.
Testa conico-elongata ; anfractus 9-10 sensim accres-
ds 9e centes; primi 5 subrotundati, lœves ; sequentes 5 longitudi- naliter et fortiter costati, sutura crenulala; ullimi nitidi, longitudinaliter striati; sutura profunda, funiculata; an- fractus ullimus antice et concentrice sulealus ; canali bre- viusculo ; columella leviler callosa, alba; margine dextro, subincrassato, 1ntus sulcato.
Testa colore pallide corneo, maculis subquadraus ful- vis, serialim el transversim ordinatis, zonala.
Long. A7, lat. 7, long. apert. 8 mill.
Coquille conique-allongée; 9 à 40 tours de spire s’ac- croissant lentement; les 3 premiers sont subglobuleux, lisses; les 5 suivants fortement et longitudinalement cos- tellés, à suture crénelée, les derniers brillants sont fine- ment striés en long; la suture cest profonde et bordée; le dernier tour est sillonné concentriquement en avant, au- tour du canal. Columelle blanche, un peu calleuse ; bord droit épaissi, sillouné intérieurement. La couleur de la coquille est d'un jaune pâle, avec des zones transverses de taches brunes subquadrangulaires.
Hab. Baie de Lagos (Portugal), Cadix (Espagne). — Rapportée par M. Galland. (Collection de M. Petit de la Saussaye.)
Obs. Cette espèce a beaucoup de rapports avec le Nassa trifasciala, À. Adams (Proceed., p.115, 1851), qui habite dans les mêmes parages (baie de Vigo); mais elle s'en distingue par sa forme beaucoup plus élancée, son dernier tour à peine ventru, sa spire plus longue, sa coloration, etc. Elle se rapproche également du Nassa semistriata, Bors., espèce fossile très-répandue à Dax, Turin, etc.
Nous la dédions à M. E. Galland qui l'a découverte à Cadix, et qui a rapporté des côtes d'Espagne plusieurs coquilles intéressantes. P:.F.
RER" RE
Diagnoses de meuf espèces nouvelles provenant de Siam,
par M. Le poctTEuR L. PFEIFFER.
1. Heuix Crosser, Pfr. (PI. 5, f. 2, 5.)
T. pervie perforata, turbinata, solidula, confertim arcuato-costulata (lineis spiralibus obsolete decussatula), parum nilens, carneo-fulvida ; spira conoïdea, obtusula ; anfr. 6 1/2 convextusculi, regulariter accrescen(es, ul- limus carinatus, non descendens, sublus parum conveæus, medio lœvigatus, albidus; apertura parum obliqua, sub- angulato-lunaris, intus margaritacea ; perist. rectum, marginibus subparallelis, columellari calloso-incrassalo, juæta perforationem vix dilatato. — Diam. maj. 28 1/2, min. 25, all. 47 mul.
Coquille perforée, turbinée, assez solide, munie de pe- tites côtes arquées ct serrées, peu brillante et d’un fauve carnéolé; spire conoïde, légèrement obtuse; tours de spire au nombre de 6 4/2, légèrement convexes et s'accroissant régulièrement, dernier tour caréné, non descendant, mé- diocrement convexe et blanchâtre en dessous, lisse à Sa partie médiane; ouverture médiocrement oblique, suban- guleuse, d’un blanc pacré à l'intérieur; péristome droit, à bords subparallèles, bord columellaire épaissi, à peine dilaté dans le voisinage de la perforation. — Hab. Siam.
Nous dédions cette espèce à M. Crosse, directeur du Journal de Conchyliologie.
9. Hezix conrocuiLA, Pfr. (PI. 6, f. 1.)
T. late umbilicala, convexo-conica, sohdula, sublente
—_ 0
striatula et granulata, subdiaphana, pallide cornea; spira, magis minusve elata, vertice minuto ; anfr. Gconveæiusculi ullimus non descendens, acute carinatus, infra carinam convexior; aperlura diagonalis, angulato-lunaris ; perist. sublabiatum, marginibus subeonverqgentibus, supero sub- recto, columellari brevi, verticali, patente, transverse uni- plicato, extus suleato, cum basali reflexo anqulum for- mante. — Diam. ma. 15, min. 11, alt. 6 4/2 mil.
B. Major, depressior, pallide fulvida; diam. ma. 14, min. 12 2/5, alt. 6 5/4 mill.
Coquille largement ombiliquée, convexo-conique, assez solide, faiblement striée et granuleuse, subdiaphane, de couleur cornée pâle; spire plus ou moins élevée, à sommet peu saillant; 6 tours de spire légèrement convexes, der- nier tour non descendant, muni d’une carène aiguë et plus convexe au-dessous de la carène; ouverture diago- nale, anguleuse, demi-circulaire; péristome sublabié, à bords convergents, bord columeïlaire court, vertical, muni d’un pli transverse, sillonné extérieurement et formant angle avec la partie basale du péristome.
Var. B, plus grande, plus déprimée et d’un fauve pâle.
Hab. Siam.
3. HELIx prycHosryLa, Pfr. (PI. G, f. 2.)
T. late umbilicata, turbinafo-subdepressa, solidula , conferte striatula, diaphana, griseo-cornea; spira magis minusve elevata, verlice minulo ; anfr. G modice convexi, uliimus obsolete angulatus, antice non descendens'; aper- tura diagonalis, lunari-subcircularis ; perist. albo-labia- um, marginibus approæimatis, callo crassiusculo junctis, supero et basali reflexis, columellari profunde et trans- verse umiplicalo. — Diam. maj. 9, man. 8, alt. 5 4/2 mil.
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PTS 1 Mes
8. Depressior, anfr. 5 1/2, diam. maj. 9 1/4, min. 8, alt. 5 mill. :
Coquille largement ombiliquée, turbinée, subdéprimée, assez solide, couverte de petites stries serrées, diaphane et d’an gris corné ; spire plus ou moins élevée, à sommet peu saillant ; 6 tours de spire médiocrement convexes, dernier tour formant un angle peu marqué et ne descendant pas en avant; ouverture diagonale, subcireulaire; péristome blanc, à bords rapprochés, réunis par une callosilé assez épaisse, réfléchi dans ses parties basale et supérieure; bord columellaire muni d’un pli transverse profond. — Hab. Siam. .
Ces deux espèces (Helix goniochila et ptychostyla) for- ment un petit groupe naturel, dont j'ai décrit une troisième (Helix repanda, Pfr., de Camboja, dens les Proceed. z0ol. Soc., 1861). |
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4. Heuix BREvVISETA, Pfr. (PI. 5, f. 4, 5.)
T. umbilicala, depressa, lenuruscula, setis brevissimis confertis exasperala, subdiaphana, pallide fulvida ; spira vix elevata; anfr. 5 convexiusculi, ullimus antice vix des- cendens, infra medium obsolele subangulatus, circa um- bilicum magnum, infundibuliformem subangulatus ; aper- tura parum obliqua, rotundato-lunaris; perist. album, nitidum, mar ginibus convergentibus, supero ef basal ar- cualis, refleæis, columellari brevi, sursum dilalato, pa- tente. — Diam. maj. 29, min. 18 1/2, alt. 10 1/2 mul.
Coquille ombiliquée, déprimée, assez mince, hérissée de soies très-courtes et serres, subdiaphance et d’un fauve pâle; spire à peine saillante; 5 tours de spire légèrement convexes et dont le Gernier descend à peine en avant; ce dernier forme un angle peu marqué au-dessous de sa partie médiane et un autre autour de l’ombilic, qui est
MIA TS grand et infundibuliforme; ouverture légèrement oblique, presque arrondie; péristome blanc, brillant, à bords con- vergents; bords supérieur et basal arqués, réfléchis ; bord columellaire court, dilaté à sa partie supérieure. — Hab. Siam.
5. HeLIX TENELLA, Pfr. (PI. 5, f. 6, 7.)
T. umbilicata, depressa, tenuis, striata, pellucida, pal- lide cornea ; spira plana; anfr. vix ultra 4 convexiusculi, ultimus non descendens, supra medium obsolete angulatus, subtus inflatus, circa umbilicum latum, inf undibuliformem subangulalus ; apertura oblique, lunato-rotundata ; perist. tenue, marginibus convergentibus, dextro et basali bre- viter eæpansis, columellari subdilatalo, patente. — Diam. maj. 16, min. 15 1/2, alt. 8 null.
Coquille ombiliquée, déprimée, mince, légèrement striée, transparente, de couleur cornée pâle; spire plane; tours de spire dépassant à peine le nombre de 4, légère- ment convexes; dernier tour non descendant, présentant un angle peu marqué au-dessus de sa partie médiane, renflé en dessous, avec uu autre angle semblable, autour de l’ombilic, qui est grand et infundibuliforme ; ouverture oblique, presque arrondie; péristome mince, à bords con- vergents ; le bord droit et la base présentent une courte expansion ; le bord columellaire est légèrement dilaté. — Hab. Siam.
6. STREPTAXIS SIAMENSIS, Pfr. (PI. 6, F. 5.)
T. émpervie umbilicata, depresso-piriformis, soli- diuscula, leviter costulato-striata, diaphana, albida ; sptra conoidea, vertice minulo, valde excentrico; sulura levis, submarginata; anfr. 6 1/2, penullimus exsertus, subacute carinatus, ultimus antrorsum devians, subtus
lævigatus, nitidus; apertura twuncato-oblonga, lamella parietali linguæformi, parum intrante, coarctata; perist. albo-callosum, reflemum, marginibus subparallelis, dextro antrorsum fleæuoso dentibus 2 (supero parvulo, altero majore), basali dente À et columellari obliquo dente 1 (omnibus submarginalibus) munito. — Diam. maj. 11 1/2, min. S 1/5, alt. 6 mill.
Coquille à ombilic non pénétrant, déprimée, piriforme, assez solide, légèrement striée, diaphane, blanchâtre ; spire conoïde, à sommet peu saillant et très-excentrique; suture légère, submarginée; tours de spire au nombre de 6 112; l’avant-dernier tour ‘est caréné; le dernier, poli en dessous, brillant, présente une déviation notable en avant; ouverture tronquée-oblongue, resserrée par une lamelle pariétale en forme de languette et peu pénétrante; péristome muni d'une callosité blanche, réfléchi, à bords subparallèles; le bord droit, flexueux en avant, est muni de 2 dents (la plus haute petite, Fautre plus grande), le bord basal d'une seule et le bord columellaire d’une autre, qui est oblique. Toutes ces dents sont presque marginales. — Hab. Siam.
7. Buumus Crosset, Pfr. (PI. 5, f. 4.)
T. dextrorsa, subper/forata, ovato-conica, subtilissime slriata, sub epidermide decidua virescente nitida, rosea ; spira conica, apice oblusulo, fusco-violaceo ; sulura sub- marginata; anfr. 6 1/2 convexiusculr, ultimus spira bre- vior, basi non allenualus ; columella fusco-violacea, sub- verticalis; apertura vi obliqua, rhombeo-ovalis ; perist. lilaceum, expansum et reflexum, marginibus villa casla- nea junclis, columellari sursum fornicatim dilatato. — Long. 57, diam. 20 mill.
EC RP
8. Sinistrorsa, anfractu ultimo magis inflato, medio obsolete angulato.
Coquille dextre, subperforée, ovale-conique, très-fine- ment striée, luisante et rosée ous un épiderme verdâtre, non persistant; spire conique, à sommet légèrement obtus et d’un violet foncé: suture submarginée; tours de spire au nombre de G 6 1/2, légèrement convexes; dernier tour plus court que la spire et non atténué à la base; co- lumelle presque droite et d’un violet foncé; ouverture à peine oblique, ovale-rhomboïde; péristome de couleur lilas, développé et réfléchi; bords réunis par une bande ce couleur marron ; bord columellaire dilaté à sa partie su- périeure.
Var. B, sénestre; dernier tour plus renflé, faiblement anguleux à sa partie médiane.
Hab, Siam.
Nous donnons à cette espèce le nom de M. Crosse.
8. HyprocENxA (OupHaLoTRoPIs) FüLvIDA, Pfr, (PI. 6, f. 4.)
T. perforata, ovato-conica, lenwuscula, sublævigata, fulvida, saturatius nebulosa vel macutatu : spira conica, apice aculo ; sutura levis, sublate marqinala; anfr. Re Convexiusc:h, ullimus spiram subæquans, bus globo- sus, circa perforalionem carina brevi munilus ; aper- lura vix obliqua, angulalo-ovalis ; perist. simpleæ, rectum, margine columellari arcuato, reflexiusculo. — Long. 7 4/2, diam. 5 5/4 mill.
Coquille perforée, ovale-conique, mince, presque lisse, d'un fauve clair, avec de nombreuses maculations; spire conique, à sommet aigu; suture légère, bordée: 8 tours de spire à peine convexes et dont Je dernier, à peu près égal à la spire, globuieux à la base, est muni d’une pelite carène aux alentours de la perforation ; ouverture à peine
MY NS
oblique, ovale-anguleuse; péristome simple, droit; bord columellaire arqué et légèrement réfléchi. — Hab. Siam.
9. Rurosroma BERNARDH, Pfr. (PI. 6, f. 5.)
T. late umbilicata, subdiscoidea, solidula, capillaceo- striata, sericea, olivaceo-fulva ; spira parum elevata, ver- lice minuto, prominulo; anfr. 5 convexi, ultimus teres, Jjuxta suturam tumidus et leviter sulcatus, antice solutus et supra incisuram peristomalis tubulo brevi curvatulo munitus; aperlura libera, fere verticalis, circulanis; perist. subincrassalum, breviler expansum. — Diam. maj. 15, min. 12, all. 7 mill.
Coquille largement ombiliquée, subdiscoide, assez so- lide, finement striée et d’un fauve olivâtre; spire peu éle- vée; 8 tours de spire convexes; dernier tour renflé près de la suture et légèrement sillonné, détaché en avant et muni, au-dessus de l’incision du péristome, d’un tube court et légèrement incurvé; ouverture libre, presque verticale, circulaire; péristome légèrement épaissi et à faible expansion. — Hob. Siam.
Le genre Rhiostoma fut proposé par M. Benson en 1860 (Annals and Magazine of natural History, third ser. V, p. 96). Il comprend des coquilles ptérocycloides dont les caractères principaux sont les suivants : (esfu subdiscoidea, late umbilicata; anfractus ullimus solutus, lateraliter descendens; apertura libera, superne 1ncisa, tubulo vm- perfeclo, retroflexo, rimam coronante. Operculum breviter cylindricum, multiplicatum, apice plano, lævigato, intus profunde excavatum. M. Benson rapporte à ce genre deux espèces connues, le Cyclostoma Housei, Haines, de Siam, et le Pterocyclos tener, Menke, de Cochinchine (décrites dans ma Monogr. Pneumonop., suppl., p. 29 et 52), et une troisième, Rhiostoma Haughtom, n. sp., de Texas-
iG-— serim. Quoique bien différente de ces trois espèces, notre Rh. Bernardii appartient évidemment au même Lyne gé- nérique. LP
Description d'un Cône mouveau,
par M. BERNARDI.
Conus BARTHELEMYI, Bern. (PI. 1, f. 12.)
C. Barthelemyi, Bernardi, Journ. Conch., 1861, p. 285 (1).
Coquille oblongue-turbinée, solide, assez épaisse ; spire peu élevée, fortement canaliculée, blanche, marquée de taches ou flammules brunes et orangées ; suture bordée; 9 à 40 tours de spire striés, à sommet oblus ; dernier tour légèrement comprimé vers le sommet et au-dessous de Ja zone blanche qui existe à sa partie médiane, et couvert de stries transverses, nombreuses, très-fines et onduleuses. La coloration générale du dernier tour est d’un beau jaune orangé très-vif et très-intense; une zone assez large, d’un blanc légèrement rosé, le partage vers sa partie médiane : on y remarque également quelques taches d'un beau brun foncé, presque rondes ou allongée: dans le sens longitu- dinal de la coquille, et qui se trouvent sur la zone elle- même, ou dans son voisinage immédiat, mais disposées sans symétrie. L'ouverture est blanche, la base un peu renflée, traversée par quelques forts sillons et d'un blanc orangé.
(4) Voir, pour la diagnose latine, le numéro du {* juillet 1861 du Journal de Conchytiologie, p. 285.
LRU 2e
Long. 70, diam. max. 57 mil.
Hab. les îles de l’Archipel Chagos ou Diego Garcia (mer des Indes).
Nous avons reçu le dessin d’un autre individu de cette magnifique espèce, sans contredit l'une des plus belles et des plus intéressantes du genre; les taches brunes y sont plus nombreuses sur la partie dorsale de la coquille.
De toutes les espèces actuellement connues du genre Cône, il n° y a guère que le €. Aurisiacus, dont on puisse rapprocher notre espèce; elle ne le rappelle que par la spire et l'aspect général, et elle en diffère par sa forme moins allongée, sa taille, sa solidité, sa coloration, et par l'absence des cordons transverses, si prononcés dans Île C. Aurisiaeus, avec lequel il est impossible de la confondre.
Nous dédions cette remarquable espèce, qui fait partie de la collection Liérard, à notre respectable ami M. Bar- thélemy-Lipommeraye, conservateur du musée de Mar- seille. B.
Description d'espèces nouvelles,
par H. CROSSE.
4. Ricunuza Reeveana (PI. 4, f. 3.)
R. clathrata (var. B.), Reeve, non Lamarck, Conch. ic., G. Ricinula, pl. 2, f. 9 a (testa juvenilis).
T. rotundalo-ovala, crassa, carina spinifera cincla, griseo-albida ; spra mediocri, apice subacuto ; anfr. 7 spiraliter striati, ullimus spiram superuns, varicibus cirea 9, spinas parvulas, breves, obliquas gerentibus longitudinaliter, el striis numerosis, minulissime squama-
— 48 —
US transversim ubique impressus: columella plcato-ru- gosa, in medio lœvi, albo et vivide violaceo colore varie- gala, margine dextro albo, intus denticulato, fauce pur- Pureo-violacea. — Long. 46, diam. ma. (Cum spinis) 39 mail. — Hab. Nouhiva insularum Marquises dic- larum.
Coquille ovale-arrondie, assez épaisse et d’un blanc grisätre; spire peu élevée, sommet assez aigu; sept tours de spire striés transversalement, et munis d’une carène couronnée de petits tubercules épineux : dernier tour plus grand que Ja spire, portant neuf varicés longitudinales, hérissées, à intervalles presque égaux, de tubercules épi- neux, courts et obliques, et marqué transversalement, sur toute la superficie, de stries nombreuses et finement écail- leuses; columelle rugueuse, principalement dans le voisi- nage de léchancrure, lisse au milieu, et dont la colora- tion offre un agréable mélange de blanc et de violet très- vif; bord droit, d'an blanc pur, denticulé à quelque dis- tance du limbe, intérieur d’un beau violet pourpré. — Long. 46, plus grand diam. 59 mill.
Cette belle espèce, rare encore dans les collections, a été réunie à tort par M. Recve, qui, sans doute, n’aura eu à sa disposition qu'un très - mauvais exemplaire, au R. clathrata de Lamarck, dont il se distingue facilement à première vue. Notre espèce diffère du R. clathrata par ses neuf rangées de varices épinenses par tour (l’autre n'en a que sept), sa spire moins courte, ses tubercules épi- neux beaucoup moins développés, son système de colora- tion tout à fait distinct, sa columelle moins rugueuse, les denticulations de son bord droit beaucoup plus faibles et placées plus à l’intérieur, et enfin par la nature de ses stries transverses, qui se prolongent, sans modification, sur les varices et les tubercules épineux, tandis que, dans
Lune; SR l’autre espèce, elles se trouvent remplacées, à l’endroit correspondant, par des stries d’une autre nature et telle- ment fines, qu’elles sont presque invisibles à l'œil nu. Le R. Reeveana, dont nous donnons la figure, fait partie de la riche collection de M. Thomas, qui en possède deux exemplaires : nous en connaissons un autre individu très- adulte dans la collection de M. Deshayes.
2. RICINULA OZENNEANA. (PI. 1, f. 4, 5.)
R. Oxenneana, Crosse, Journ. Conch., vol. 9, p. 285.
Coquille (1) petite, et de forme ovale-globuleuse, atté- nuée à ses deux extrémités, renflée vers sa partie médiane et de couleur blanche; spire assez saillante et comptant environ cinq tours et demi, dont le dernier est plus grand que le reste de la coquille : ce dernier tour compte cinq à six côtes ou varices longitudinales, arrondies et fortement prononcées; il est orné, dans le sens de l’enroulement de la spire, de stries transverses, nombreuses et inégales entre elles : ouverture violacée, pourvue d'un léger sinus près de la suture; columelle et bord droit munis de den- ticulations ; quelques vestiges de perforation ombilicale.
Notre espèce a de grandes affinités avec le R. porphy- rostoma, Reeve (Conch. ic., Ricinula, pl. 2,f.7): elle s'en distingue en ce qu’elle est plus petite, plus globu- leuse, et porte des côtes longitudinales plus prononcées et moins nombreuses; elle est aussi moins étroite d’ou- verture, proportionnellement à sa longueur, et blanche à l'extérieur, tandis que l'espèce de l’auteur anglais est d’une couleur olivacée livide, avec des sillons transverses d'un blanc cendré. Nous dédions au docteur C. Ozenne,
(1) Pour les diagnoses latines de cette espèce el de la suivante, voir le Journal de Conchyliologie, 1861, vol. IX, p. 285. 4
SEE" JE de Paris, cette Ricinule, qui fait partie de notre collection, et dont nous ignorons le lieu de provenance.
5. M1ITRA UZIELLIANA. (PI. 1, f. 2.)
M. Uzielliana, Crosse, Journ. Conch., vol. 9, p. 285.
Coquille ovale oblongue, d’un jaune fauve pâle et uni- forme; le croisement de ses stries d'accroissement dans le sens longitudinal, avec de nombreuses stries transverses, lui donne un aspect treillissé; 8 à 9 (ours de spire, dont le dernier est plus grand que le reste de la coquille; columelle munie de quatre plis et calleuse vers la suture; ouverture oblongue, jaunâtre dans le voisinage du bord droit, et intérieurement d’un blanc livide ; bord extérieur légèrement comprimé à sa partie médiane, et crénelé in- térieurement.
Longueur 25, plus grand diamètre 11 millim.
Hab. Taiti?
Bien que nous n’eussions trouvé nulle part de figure ni de description qui nous parût s'appliquer convenablement à cette espèce, nous aurions hésité à la publier comme inédite, à cause de ses caractères peu tranchés, si notre honorable ami M. Cuming, dont la compétence en cette matière est irrécusable, ne nous avait affirmé, à deux re- prises différentes, qu'il la considérait comme nouvelie. Elle a quelques rapports avecle Â7. Grelloisi, Recluz (Journ. Conch., vol.4, p.247, pl.7, f.8); mais celle-ci est blanche ct plus allongée : on peut la rapprocher également du M. pellis-serpentis, Reeve (Conch. ic., 66), qui s’en dis- tingue d'ailleurs par son ouverture plus large et blanche, ‘a coloration générale plus claire, et ses clathratiors ou stries croisées à angle droit beaucoup plus marquées. Le seul renseignement que nous puissions donner sur l'habi- Lat de cette coquille repose sur une étiquette que nous y
Re avons trouvée adhérente, et qui portait le nom de Taïli ; dans tous les cas, elle à bien l’aspect-des espèces du Paci- fique. Nous prenons la liberté de la dédier à M. V. Uzielli, conchyliologue zélé de Livourne. H:'CS
Description d'espèces marines recueillies par M. G@. Cwming dans le mord de ïa Chine,
s
PAR H, CROSSE.
Nous devons à notre honorable ami M. H. Cuming la communication de quelques espèces intéressantes et, pour la plupart, nouvelles, qui ont été recueillies par son neveu, M. G. Cuming, dans la baie de Talienwhan (nord de la Chine).
Avant de décrire celles d’entre elles qui nous ont sem- blé inédites, nous nous faisons un devoir de lui témoigner notre gratitude pour la complaisance avec laquelle il a bien voulu les mettre à notre disposition.
1. NEPTUNEA CuminGr. (PI. 5, f. 12.)
T. ovato-ventricosa, parum crassa, pallide rubigineo- fulva, zonis obscurioribus, irregularibus, longitudinaliter suffusa, apice rotundato, obtuso; anfr. 6, primus lœvis, cœleri spiralhier obsolete striati, carinati, tuberculorum serie fere ad suturam productorum in carina coronali, ullimus spiram superans, infra carinam convexus, tuber- culis aut lamellis, an costas longitudinales, parum promi- nulas utrinque desinentibus, in carina ornatus; columella flexuosa, alba, basi abbreviata ; apertura ovato-pirifor-
LE mais, margine dextro simplice, fauce albida. Operculum…
Long. 80, diam. max. 52 mal.
Hab. in sinu Tahenwhanenst Chinæ septentrionalis (coll. Cuming).
Coquille ovale-ventrue, peu épaisse pour sa taille, et d’un fauve rubigineux clair, avec des zones longitudinales plus foncées , inégales et régulièrement réparties. Les tours de spire sont au nombre de six : le sommet de ia spire est arrondi et en forme de bouton ; le premier tour (état embryonnaire) est lisse et peu coloré, les autres sont marqués de stries obsolètes dans le sens de l'enroulement, et présentent une carène couronnée de tubercules peu dis- tants et qui se prolongent, en s’atténuant, presque jus- qu'à la suture; le dernier tour, plus grand que la spire et convexe au-dessous de la carène qu’il porte à sa partie su- périeure, est crné de tubercules plus ou moins lamelleux, qui se continuent des deux côtés de la carène, en formant des sortes de rides longitudinales peu saillantes ; la colu- melle est blanche, légèrement infléchie, la base est atté- nuée, l’ouverture ovale-piriforme et blanchâtre à l’inté- rieur, le bord droit simple.
Ce Neptunea (1), quoique bien distinct, n’est pas sans quelques rapports avec les Fusus despectus, L., fornica- tus, Gray, et surtout arthriticus, Valenciennes (Journal de Conch., vol. 6, pl:12, fig. 5). Il diffère de ce dernier par
(1) Le G. Neptunea, créé nominalement par Bolten et adopté par la plupart des auteurs anglais qui l’ont caractérisé plus sé- rieusement, comprend un groupe de coquilles à forme très- tranchée, confondues autrefois parmi les Fuseaux et distribuées exclusivement dans les mers septentrionales, depuis le détroit de Behring et les mers du nord de l’Europe jusqu’au Kamtschatka, à la mer d’Ochotsk, au Japon et au nord de la Chine (ex., les T'. despectus, fornicatus, arthrilicus, etc.). H. C.
Le à Ph sa coloration interne et externe, qui n’est pas la même, sa carène plus prononcée, placée plus haut, ses tubercules lamelleux ; de plus, il compte un tour de spire de moins. L’exemplaire dont nous donnons la figure est adulte; néanmoins l'espèce devient plus grande, car nous avons entre les mains un individu non encore adulte, dont les dimensions sont les suivantes : longueur 99, plus grand diamètre 61 millimètres. Nous donnons à cette espèce, qui, ainsi que les suivantes, fait partie de la collection Cuming, le nom de l’infatigable naturaliste qui nous l'a communiquée.
2. LiTTORINA SOUVERBIANA. (PI. 1, f. 6, 7.)
T. subglobosa, solidiuscula, carinata, fuligineo-brun- nea, spira brevi; anfr. 4 superne depresstusculi, ultimus sptraliter carinis impressus inæqualiter prominulis, distan- _tibus, nigro alboque articulatis, spira pallidior; apertura subrotundala, fuligineo-castanea; columellain parte basali callosa margine simplici.
Long. 15, diam. max. 10 mull.
Hab. in sinu Talienwhanensi (Colt. Cuming).
Coquille subglobuleuse, assez solide, carénée, à spire courte, et d’un brun fuligineux; quatre tours de spire, légèrement déprimés dans le voisinage de la suture, et dont le dernier, moins foncé que le reste de la coquille, est muni transversalement de carènes plus ou moins arti- culées de blanc et de noir, inégalement saillantes et assez distantes les unes des autres ; ouverture presque arrondie, d'un marron fuligineux à l'intérieur ; columelle largement calleuse à sa base, bord droit simple, péristome plus’ clair de ton que l’intérieur de la coquille.
Long. 15, plus grand diam. 40 mill.
Hab. baie de Talienwhan.
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On ne peut confondre cette espècequ'avec le L. castanea, Adams et Reeve (Voy. Samarang, p. 49, pl. 14, f.8), qui s'en rapproche beaucoup. Notre espèce est plus déprimée, plus large à la base, et ses carènes sont en plus petit nombre; de plus, l'intervalle qui sépare les carènes entre elles est entièrement lisse, tandis que la surface de l’autre Littorine est notablement rugueuse. Nous dédions cette espèce à M. le docteur Souverbie, auquel notre journal doit la communication et la description de presque toutes les es- pèces de la Nouvelle-Calédonie, si intéressantes pour la plupart, qu'il a publiées jusqu'ici.
5. LAMPANIA CuMmin@i. (P1. 1, f. 10, 11.)
T.turriculata, tenuis, spiraliter obsolete striala, nigres- cens, albo-zonala ; anfr. cirea 9 subplanis, ultimo spiræ terliam parlem æquante; columella truncata, ad suturam leviter callosa; margine dextro simplice, sinualo; aper- lura subovata, anfractus ullimi colore in fauce apparente; basi albicante.
Long. 20, diam. max. 6 mill.
Var. 8, nigrescens, umicolor.
Long. 21, diam. max. 7 mull.
Hab. in sinu Talienwhanensi (Coll. Cuming).
Coquille turriculée, mince, couverte de stries trans- verses, très-peu apparentes, d’un brun noirâtre, avec une zone blanche à la partie de chaque tour qui avoisine la suture; environ neuf tours de spire, presque planes, et dont le dernier égale à peu près le Liers de la longueur to- (ale : columelle tronquée portant, près de l'insertion avec le bord droit, une faible callosité; bord droit simple, sinueux; ouverture presque ovale, reproduisant, par trans- parence, la coloration extérieure du dernier tour ; base blanchâtre.
Long. 20, plus grand diam. 6 mill.
Var. B, noirâtre, unicolore, un peu plus grande et à stries plus apparentes.
Long. 21, plus grand diam. 7 mill.
Le G. Lampania à été créé par M. Gray pour quelques Cériles, à*forme particulière, répandus principalement dans les mers de Chine, où on les rencontre dans les es- tuaires formés à l'embouchure des flenves : ce sont des coquilles marines qui marquent déjà une tendance à se familiariser avec l'eau Gouce. Nous n’aurions point adopté cette coupe, si l'orercule des espèces qu'elle renferme n'était pas fort différent de celui des Cérites ordinaires, en ce qu'il est complétement rond, à nucléus central et mul- lispiré ; il se rapproche davantage de celui des Potamides, également mullispiré, mais dans d’autres proportions. Les Cerithium zonale, Bruguière, australe, Quoy et Gaimard, et Cecilei, Philippe, font partie du G. Lampania.
Les individus de notre espèce, que nous avons eus entre les mains, sont, selon toute apparence, imparfaitement adultes ; dans les vicux individus, la coloration extérieure doit se reproduire à l'intérieur de l'ouverture d'une façon beauconp moins marquée : nous donnons à ce Lampania le nom de notre honorable ami M. Cuming.
4. MurEex Monacuus. (PI. 4, f. 8.)
T. jusiformis, suberassa, castanea, albo variegata ; anfr. circa 8 quadrivaricosis, inter varices obsolete tu- berculats, varicibus albis, compressis, subplicalis, acutis, ultüimo anfractu spiram superante, sutura allo incrassata; aperlura ovali-elongata, canali clauso, postice leviler in- eurvo ; perist. candido, margine dextro obsolele denticu- lato; fauce castaneo-albicante, penultima varice intus
4
transparente.
= HO
Long. 4% (anfr. summis deficientibus), diam. max. 26 mill.
Hab. in sinu Talienwhanensi (coll. Cuming).
Coquille fusiforme, assez épaisse, d'une couleur marron avec des parties entièrement blanches; tours de spire au nombre de huit environ, portant quatre varices blanches, comprimées, tranchantes, très-légèrement plissées, et, dans l'intervalle des varices, un tubercule peu marqué; suture encrassée par un dépôt de la sécrétion blanche; ou- verture ovale-allongée, canal fermé et légèrement incurvé en arrière; péristome blanc, bord droit muni de denti- culations obsolètes ; intérieur de l'ouverture d’un blanc brunâtre, laissant apercevoir, par transparence, l’avant- dernière varice.
Long. (sans les premiers tours qui manquent) 44, long. probable 50, plus grand diam. 26 mill.
Hab. la baie de Talienwhan.
La disposition des couleurs de cette espèce et le nombre de ses varices rappellent un peu le Murex rorifluus, Reeve (Conch. ic., suppl., Murex, 190), fort différent d’ailleurs par la taille et la forme de son ouverture. Le canal et l'ouverture ont de grands rapports avec ceux du M. ènor- natus, Recluz (J. Conch., vol. 2, pl. 6, f. 7, 8), bien que l'ouverture de ce dernier soit plus arrondie : notre espèce en diffère notablement, d’ailleurs, par sa taille beaucoup plus grande, sa forme plus allongée et sa coloration difré- rente tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Nous avons pu constater, sur un individu jeune, que les tours embryon- naires étaient d’un blanc laiteux.
5. Murex TALIENWHANENSIS. (PI. 1, f. 9.)
T. fusiformis, subventricosa, sordide albido-fuscescens; anfr. 7 obsolete carinali, supra carinam subplant, infra
a AR
convexiusculi, transversim inæqualiter granulato-costu- laki, longitudinaliter varicibus 4-G ornali compressis, subplicats, anfractus ullimus subventricosus, spiram su- perans; suturis impressis; canali clauso, incurvo ; aper- lura subovata, columella albicante, castaneo-notata, mar- gine dextro minute denticulato, albido, fauce castanco- albicante.
Long. 40, diam. max. 24 mill.
Hab. in sinu Talienwhanensi (Coll. Cuming).
Coquille fusiforme, assez ventrue et d'un blanc rous- sâtre sale; sept tours de spire, à carène émoussée, presque planes au-dessus de la carène, assez convexes au-dessous, marqués de pelites côtes transverses, inégales, granuleuses et portant de quatre à six varices longitudinales, compri- mées et plissées légèrement: dernier tour assez ventru, plus grand que le reste de la coquille; sutures des tours bien marquées ; canal fermé, légèrement incurvé; ouverture à peu près ovale; columelle blanchâtre, marquée de roux ; bord droit blanchâtre, marqué de fines denticulations; intérieur de la bouche d’un roux blanchâtre.
Long. 40, plus grand diam. 24 mill.
Hab. la baie de Talienwhan.
Cette espèce est excessivement voisine du Murex inor- natus, Recluz, des mers de Corée. D'une coloration presque semblable, il est un peu plus grand de taille; de plus, ses côtes transverses sont légèrement granuleuses, et ses va- rices plissées et formant collerette, au lieu d’être complé- tement mutiques comme dans l'autre espèce. Nous avons vu un autre exemplaire du M. Talienwhanensis, qui fait partie de la collection Thomas. HC
SO
Description des Coquiiles fossiles des environs
de Hawterive {{rème),
PAR M. MicHaup.
Nous publiâmes, en 1855, dans les Annales de la So- ciété Linnéenne de Lyon, une notice sur les coquilles fos- siles que nous avions découvertes dans les environs de Hauterive. Des occupations impérieuses et multipliées, et l’état de notre santé, nous forcèrent à retarder la publica- tion de la suite de notre travail : toutefois, pour avoir éprouvé du retard, notre œuvre n'en sera que plus com- plète, puisque, dès aujourd'hui, nous pouvons porter à environ 180 le nombre des espèces rencontrées dans cette localité; 70 à 75 appartiennent aux marnes d'eau douce, et 100 environ gisent dans la molasse et dans les marues marines; quelques espèces ont leurs identiques à l’état vivant; une espèce remarquable à son analogue vivant encore (ans lAmériqne du Nord.
Dans la première partie de ce travail, nous faisons con- naître 26 espèces, dont 17 sont nouvelles; parmi ces der- nières, nous devons signaler deux Hélices de la plus grande dimension, et la plus grande Clausilie connue, à l’état fos- sile, jusqu’à ce jour. Les autres espèces sont remarquables par leurs formes particulières.
La continuation de notre publication comprendra d'abord Ja suite des espèces qui se rencontrent dans les marnes d’eau douce; dans une prochaine livraison du Journal de Con- chyliologie seront décrites les coquiiles marines de la mo- lasse, qui parait ayoir beaucoup d’analogie avec les faluns de la Touraine, pujsqu'une certaine quantité d'espèces sont
AT
communes à ces deux localités. Cependant la plupart sont particulières à Tersane, hameau de la commune de Hau- terive. L'étage où se trouvent ces coquilles ne parait pas encore bien déterminé, mais, comme des recherches nom- breuses font aujourd’hui partie des études assidues des géologues, le résultat ne peut manquer de déterminer d’une manière certaine la position paléontologique de ces fossiles, que l’on est porté généralement à regarder comme miocènes.
Pour la publication de nos nouvelles découvertes, nous avons dû désormais donner la préférence au Journal de Conchyliologie, dont les planches, gravées avec soin, ne laissent rien à désirer; sa spécialité offrait, d’ailleurs, plus de publicité, tant en France qu'à l'étranger, pour nos travaux.
GENRE LIMAX.
Le genre Limax n’est représenté dans les marnes d’eau douce de Hauterive que par l'osselet calcaire d’une espèce à laquelle il serait difficile d’assigner un nom spécifique, plusieurs espèces étant pourvues de ce rudiment de co- quille intérieure. Nous nous bornerons donc à signaler la présence du genre dans ces terrains.
GENRE SUCCINEA.
0
1. AMBRETTE DE PFEIFFER, SUCCINEA PFEIFFERI, Rossm.
Rossm., Iconog., F, p. 92, tab. 2, f. 46.
Suec. Levantina, Desh., Morée, Zool., p.170, pl. 19, f. 25-27.
Nous rapportons avec doute à cette espèce, comme va- riété, la coquille qui se trouve à Hauterive, et dont il nous eüt été facile de faire une espèce nouvelle, car elle est
== 60 —
généralement plus petite et proportionnellement plus al- longée. Quand on place la coquille dans sa position nor- male, la spire est plus élevée : nous n'avons pas pensé que ces différences fussent suffisantes pour établir une bonne espèce.
2. AMBRETTE OBLONGUE, SUCCINEA OBLONGA, Drap.
Drap., Hist. Moll., p. 59, n°2, pl. 5, f. 25-94. La variété de Hauterive présente une ouverture plus évasée que celle du type de Draparnaud.
GENRE HELIX.
4. Héuce pe BerNarni, HELixX BERNARD, Michaud. (PI. 5, f. 4-6.)
Testa discoidea, planorbulari, superne concava, subtus convexa, umbilicata; umbilico infundibuliformi, amplo, profundo; anfrachibus quinis compressis, lœvigatis, con- vexiusculis, sensim crescenlibus, ultimo ad aperturam constriclo, rolundato ; apertura obliqua, elongala, peran- qusla ; peristomate subarcualo, reflexo, labialo ; margi- nibus callo junctis.
Plus grand diamètre. . . . 5-6 mm.
Hanteur HR RARE D Longueur de l'ouverture. . 2 Hauteur (7 PAPA 1/2
Fossile de Hauterive; Combe de Claray.
Coquille discoide comme un Planorbe, concave en des- sus, convexe et largement ombiliquée en dessous; ombilic profond; spire composée de 5-6 tours lisses, convexes, étroits et serrés, le dernier arrondi au pourtour et resserré vers l’ouverture ; celle-ci oblique, très-étroite et allongée;
St Aus péristome un peu arqué, réfléchi en dehors et formant la lèvre; les deux bords réunis par une fine callosité.
Cette jolie espèce, de la forme générale des Helix ob- volula, Drap., et involuta, Thomas (in Sandberger, die Conchylien, p.352, tab. 5, f. 10), est très-voisine du Dre- panostoma nautihfornus, Porro (Malac. Comasca, p.25, tab. 1'°, f. 5), dont cependant elle est parfaitement dis- tincte. ù
Nous donnons à cette intéressante espèce le nom de M. Bernardi, ancien directeur du Journal de Conchy- liologie. à
2. HÉLICE STRIGELLE, HELIX STRIGELLA, Drap.
Drap., Hist. Moll., p. 84, n° 11, pl. 7,f.1, 2 et 19.
La variété fossile est beaucoup plus petite que celle qui vit dans les Pyrénées; c’est la variété que l'on rencontre dans les environs de Lyon, dont elle ne diffère pas.
5. HÉLICE-LAMPE, HELIX LApicIDA, Linné.
Drap., Hist. Moll., p. 111, n° 47, pl. 7, f. 55-57.
Carocolla lapicida, Lam., Anim. s. vert. 2° édit., t. VIIL, p. 148, n° 16.
L'espèce fossile de Hauterive ne diffère pas des petites variétés qui vivent en France.
. 4. HÉLICE SPLENDIDE, HELIX SPLENDIDA, Drap.
Drap., Hist. Moll., p. 98, n° 25, pl. 6, f. 9-11.
Daudebard, Hist. Moll., pl. 40, f. 1-6.
Cette espèce fossile se rencontre à Combesse, dans les marnes bleues, et à Tersane, dans la molasse; ces deux localités font partie de la commune de Hauterÿve.
C’est une petite variété, avec où sans fascies,
CR EE
5. HÉLICE VERMICULÉE, HELIX VERMICULATA, Mull.
Drap., Hist. Moll., p. 96, n° 24 (par erreur 26), PI. 6, f. 7-8.
Daudebard, Hist. Moll., p. 57, pl. 59, a, f. 5-6.
C’est une petite variété, fortement martelée et quelque- fois fasciée; elle se rencontre à Hauterive, dans les marnes d’eau douce de la Combe de Claray ct sur le territoire de Tersane, de la même commune, parmi les coquilles marines de la molasse.
6. HÉLICE STRIÉE, HELIX STRIATA, Drap.
Drap. ist. Moll., p.106, n° 59, pl. 6, f. 18 à 20 seu- lement.
Cette espèce fossile ne diffère pas de sa congénère vi- vante, sans bandes; je ne l'ai encore trouvée qu’à Com- besse, dans les marnes bleues.
7. HÉLICE NÉMORALE, HELIX NEMORALIS, Linné.
Drap., Hist. Moll., p. 94, n° 22, PI. 6, f. 5-5. L'espèce fossile est en tout semblable à l’espèce vivante.
8. HéziceE DE JourpAN, HELIX Jourpant, Michaud. (PI. 5, f. 42, 15.)
Testa subdepressa, superne convexa, lœvissime striala, sublus convexa quoque, late umbilicata, umbilico pro- fundo; anfractibus quinis, convexiusculis, ultimo ad peri- phæriam rotundato, sutura profunda; apertura subro- tunda ; peristomale simplice, aculo.
Plus grand diamètre. . . . . 10 mm.
Hatteuet MP EE SAR
Longueur de l’ouverture. . . 5-6 Fossile de la Combe de Claray.
_— 63 —
Coquille discoiïde, déprimée, convexe en dessns et en dessous, striée très-finement et largement ombiliquée ; ombilic profond; cinq tours de spire un peu convexes, le dernier arrondi au pourtour ; suture bien marquée ; ou- verture arrondie, péristome simple et tranchant.
La forme de cette coquille rappelle celle de certaines variétés de l'Hélice striée, mais elle est bien moins forte- ment striée et est bien distincte de sa congénère par ses caractères particuiiers.
Nous prions M. Jourdan, professeur à la faculté des sciences de Lyon, naturaliste très-distingué, de vouloir bien agréer la dédicace de cette nouvelle espèce.
9. Hézice pe Victor, HEezix Vicroms, Michaud. (PI. 5, f. 1-5.)
Testa orbiculato-depressiuscula, umbilicata, supra sub- striala, subtus lœvissima ; anfractibus quinis sensim cres- centibus, ultimo ad periphæriam obluse carinato; sulura sais profunda ; apertura subrotunda ad umbilicum angu- lata; labro solidulo, non marginato.
Plus grand diamètre. . . . . 2 mm. OO MON NSP ( Longueur de l’ouverture. . . 1
Coquille déprimée, ombiliquée, très-finement striée en dessus et très-lisse en dessous ; spire composée de cinq tours qui s'élèvent et croissent insensiblement, le dernier obtusément carëné à la partie supérieure du pour- tour; suture bien prononcée; ouverture arrondie, mais déprimée dans sa longueur et anguleuse du côté de l'om- bilic; péristome solide, sans être bordé.
Cette espèce est voisine de l’ÆHelix pygmæa, Drap.; mais elle en est bien distincte par ses caractères particuliers, et elle est plus grande qu’elle.
Na, es
10. Hézcice D'ANTONIN, Hezix AnNrTonint, Michaud. (PL:5,:6; 7; 8.)
Testa trochformi, globosa, umbilicata, regulariter striata ; anfrachibus quatuor, ultimo ad periphæriam sub- carinalo; sulura profunda ; aperturarotunda ; labro re- flexo, acuto.
Plus grand diamètre. . 21/2 à 5 mm. Hauteur. . : 2 Ouverture... 4e. mm. eviron.
Coquille conoïde, globuleuse, ombiliquée et régulière- ment striée (vue à la loupe); spire composée de quatre tours s'élevant sensiblement, le dernier un peu obtusé- ment caréné; suture profonde; ouverture ronde, peu mo- difiée par la saillie du dernier tour ; péristome tranchant, légèrement réfléchi.
La forme de cette coquille rappelle celle de l'Helix ru- pestris, Drap.; mais, en les comparant, il est facile de re- connaître la différence qui existe entre ces deux espèces ; la nôtre est, d’ailleurs, plus petite, et son ombilic est com- parativement plus étroit.
41. HÉLICE RUDÉROIDE, HELIX RUDEROIDES, Michaud. (PI. 5, Fr 9410)
Testa orbiculata, depressa, late umbilicata, utrinque conveæiuscula, supra requlariler sculpta, sublus subuliter strata ; anfractibus quinque, ullimo ad periphæriam ob- tuse carinato ; sulura profunda ; apertura depressa; labro simplici, subreflexo.
Plus grand diamètre. . 5 à 6 mm. Hauteur. "6. ul a2)—
Coquille orbiculaire, déprimée, largement ombiliquée,
plus convexe en dessous qu’en dessus, sculplée, en dessus,
= 68 =
de stries très-marquées et régulières. Ces stries s'atténuent et s’effacent presque en se dirigeant vers l’ombilic ; spire composée de cinq tours dont le dernier est caréné ; suture bien marquée, ouverture déprimée, péristome simple et comme réfléchi.
Cette espèce, pour la forme générale, peut être compa- rée aux Helix lenticula, Fér., et ruderala, Studer; elle est bien plus petite que la première , ses stries et sa carène sont moins prononcées; elle est aussi plus petite que la seconde où les tours de la spire sont plus concaves, et où la trace de la carène est presque nulle; les sillons sont
aussi moins prononcés, et plus recourbés que dans notre espèce.
12. Hézice DE Duvaz, HEezIx Dovazn, Michaud. (PI. 5, f. 14, 16)
Testa trochiforni-depressa, umbilicata, utrinque con- veæiuscula, subihissime striata ; anfractibus senis, sen- sim crescentibus, ultimo ad periphæriam obtuse carinato; suturaprofunda; apertura semilunari, coarctata, depressa; perisiomate crasso, semireflexo; columella biplicata, pl- cis externis, umbilicali minore.
Plus grand diamètre. . . 2 à 2 1/2 mm. HAMENR AR Ne à 4 Longueur de l'ouverture. 1 —
Coquille en forme de petit troque surbaissé, ombiliquée et un peu convexe des deux côtés, très-finement striée (les stries ne sont visibles qu’à la loupe); spire composée de six tours qui s’élèvent très-insensiblement, le dernier est orné, dans la partie supérieure de son pourtour, d'une carène obtuse; suture assez marquée; ouverture rétrécie, dépri- mée; péristome épais et peu renversé; columelle ornée
5
PME de deux plis bien visibles, tous les deux extérieurs, le plus rapproché de l’ombilic est plus petit.
Cette espèce, quoique très-rapprochée, par sa forme gé- nérale, de l'Helix labyrinthicula, nobis, s'en distingue cependant très-facilement par sa forme moins élevée, sa surface plus lisse, son ombilic plus large, son péristome peu renversé, et par la position des plis de la columeile qui sont extérieurs dans notre nouvelle espèce.
Nous prions M. Duval, conservateur du musée d’his- toire naturelle de Rennes, de vouloir bien agréer la dédi- cace de cette jolic espèce comme un souvenir d'amitié.
15. HÉLICE CRISTALLINE, HELIX CRISTALLINA, Mull.
Drap., Hist. Moll., p. 118, n° 56, pl. 8, f. 15-20. L'espèce fossile ne diffère pas des types vivants.
11. HÉLICE BRILLANTE, HELIx NITENS, Michaud.
Mich., Compl., p. #4, n° 77, pl. 15, f. 1-5. Exactement semblable à l'espèce vivante.
45. HÉLICE RIDÉE, HELIX RuGoSsA, Lamarck.
Lam. Anim. s. vert., 2° 6d., p. 69, n° 91.
Hel. Groyana, Daudeb., tab. syn., p. 44, n° 276.
Nous n'avons pu recueillir qu’un seul échantillon et quelques fragments de cette espèce.
16. HÉLICE PYGMÉE, Hezix PyGMÆA, Draparnaud.
Drap., Hist. Moll., p. 114, n° 51, pl. 8, f. 8, 10.
Nous avons aussi recueilli quelques œufs fossiles d'Hé- lices, mais il ne nous a pas été permis de déterminer à quelles espèces ils appartiennent ; néanmoins le fait lui- même nous paraît intéressant à signaler.
2 ENT
GENRE BULIMUS.
À. BuLIME DE SERINGE, BuLIMUS SERINGI, Michaud.
Testa ovato-oblonga, lœvigato-striata, perforata, an- fractibus septenis, subplams, sutura mediocri separatis, ullimo carinato ; apertura oblonga…
LONSDEUR PP ARE PUR URSS 049 ne Diamètre du dernier tour. . 4à 5 —
Coquille ovale-allongée, lisse, n’offrant que quelques très-fines stries d’accroissement (visibles seulement à la loupe), perforée. Le fragment que je possède n’a que sept tours de spire, très-peu convexes, et s’aplalissant de plus en plus au fur et à mesure que l'animal augmente sa co- quille; la suture n’est pas très-prononcée, et, parvenue au sitième tour, elle est accompagnée d’un petit filet formé par la carène qui orne le milieu du dernier tour ; ouver- ture allongée, mais trop incomplète pour en décrire la forme et celle du péristome.
Nous n'avons pas cru devoir faire figurer cette espèce à cause de son état incomplet ; toutefois nous la signalons provisoirement, espérant la retrouver plus entière dans nos recherches ultérieures.
Nous la dédions au célèbre professeur de botanique M. Seringe, que la mort vient d'enlever à la faculté des sciences de Lyon.
GENRE ZUA.
1. ZUE LÉVISSIME, ZUA LÆvVissimA, Michaud. (PI. 4, fig. 9.)
T'esta oblonga, perovata, lœvissima, nitida; anfractibus
so Ve Mess
senis vix convexis, ullimo mazimo ; sutura simplici vix conspicua; apertura oblongo-ovoïdea ; labro submargi- nato ; columella arcuata, subtruncata ; apice Obluso.
DOHSUEUES APN MEME 7à8 mm. Diamètre du dernier tour.. 5 — Longueur de l'ouverture. . 21/2 —
Coquille ovale, très-allongée, très-lisse, luisante; spire composée de six tours à peine Convexes, le dernier for- mant, à lui seul, les deux tiers de la coquille; suture linéaire et très-peu prononcée ; ouverture ovoide-allongée ; péristome comme épaissi intérieurement ; columelle ar- rondie, offrant une callosité obtuse simulant une tronca- ture ; sommet obtus en forme de bouton.
Si nous comparons notre nouvelle espèce au Zua (Acha- tina) lubrica. on voit qu'elle est plus allongée, plus cylin- drique, que son ouverture est plus ovoide, que les tours de spire sont moins bombés, et que le dernier est plus grand comparativement. On ne peut le confondre avec le Zua Boissyi, Dupuy, qui est plus petit, qui présente une forme plus cylindrique, et dont l'ouverture est beaucoup plus courte relativement ; le dernier tour est aussi beau- coup moins allongé : en un mot, notre espèce est bien distincte de ses congénères.
9. ue courte, Zua BREvIs, Michand. (PI. 4, f. 10.)
Testa ovata, lævissima, nitida ; anfractibus quaterns subconvexis, ultimo majore, primis subphicatis; sutura simplici ; apertura triangulari; peristomate submarginalo, in medio subcalloso; columella convexa, perobliqua ; apice obtusissimo.
Longueur EME ER SRE Diametret AIDERTIES RDC RAIEMEREERSNIES Long. de l'ouverture. 1 —
AE US
Coquille ovale, très-lisse, luisante; spire composée de quatre tours un peu convexes, le dernier plus grand pro- portionnellement, les premiers paraissent légèrement plissés; suture un peu marquée; ouverture présentant une forme triangulaire, arrondie vers les angles; péri- stome un peu épaissi intérieurement, simulant un cal vers le milieu ; columelle très-oblique formant une forte saillie dans l'ouverture; sommet obtus en forme de bouton.
Espèce tout à fait distincte des espèces connues, plus courte et moins cylindrique que le Zua Boissyi, Dupuy, les tours de spire moins convexes que ceux du Zua lu- brica, dont elle se distingue facilement par tous les carac- tères propres à chaque espèce.
GENRE AZECA.
4. AZÈQUE pe BauDon, AzEcA Bauponi, Michaud. (PI. 4, f. 8.)
Testa ovoidea, lœvissima, nitida; anfractibus septenis ? vix convexis; sutura superficiosa; aperlura piriformi, perobliqua, coarctata; peristomate bilabiato, intus obtuse marginato, biplicato; columella partim callosa; apice obtuso, mamillato?
Longueur présumée. . . . 5à 6 mm. Diamètre du dernier tour . . 2 112 —
Coquille de forme ovoïde-allongée, très-lisse, luisante; nous présumons qu’elle a sept tours de spire à peine con- vexes; suture très-peu sensible; ouverture très-oblique, piriforme, rétrécie; péristome épaissi par un bourrelet en forme de lèvre arrondie et orné intérieurement de deux plis obliques et sinueux qui se perdent dans l’ouverture; un de ces plis est placé au milieu du bord extérieur et
— 79 — L l'autre au-dessous de l'insertion des deux bords; la colu- melle n’est calleuse que jusqu’au milieu à peu près; som- met obtus et sans doute mamelonné.
Cette coquille est extrèmement fragile; les individus que nous avons pu nous procurer sont assez incomplets pour qu'il nous ait été impossible d'établir les premiers tours de spire.
Cette espèce est facile à distinguer de ses autres congé- nères dont elle diffère essentiellement par la forme et par les accidents de l’ouverture.
Nous offrons cette espèce à notre ami le docteur Bau- don, de Mouy (Oise). C’est lui qui a bien voulu se charger des dessins de nos fossiles d’eau douce; il les a exécutés avec cette exactitude et ce soin qui en font un de nos premiers dessinateurs en histoire naturelle.
9, AzÈQUE DE Lory, AZECA Lorvyi, Michaud. (PI. 4, f.7.)
T'esta ovoidea, lœvissima, nitida; anfractibus septenis subconvexis; sulura subimpressa; apertura piriform, perobliqua, coarctato-subobstructa, quadriplicata; pe- ristomale bilabialo ; columella partim callosa ; apice ob- uso, manullalo.
Éoneneup: 42) 2070 0 NO GAME Diamètre du dernier tour. . . 21/2 —
Coquille en forme d'œuf allongé, très-lisse et luisante; spire composée de sept tours très-peu convexes ; suture à peine marquée; ouverture piriforme, très-oblique, ré- trécie et presque obstruée par les quatre plis qui ornent son intérieur; le péristome est bilabié à cause du cal for- mant cordelelte qui en accompagne presque toule la lon- gueur et s'étend sur la columelle; un des plis est placé sur le bord extérieur (labro), un second à l'insertion des
ER ETC deux bords à l'angle inférieur; deux autres, dont un est en forme de croissant, sont placés sur la columelle.
Cette espèce se reconnait facilement aux caractères de son ouverture qui sont très-compliqués.
Nous sommes heureux de dédier cette jolie espèce à M. Lory, professeur de géologie à la faculté des sciences de Grenoble, qui s'occupe beaucoup de la géologie de ce pays. k
Nous croyons être le premier à faire connaître le beau et intéressant genre Azeca à l'état fossile.
GENRE CLAUSILIA.
1. Crausizie DE Lory, CLausiziA Lorvi, Michaud. (PIE AE. 749)
Testa fusiformi, subrimata, longitudinaliter striata, strus flexæuosis, cancellatis ; anfractibus 12-14 convexius- culis, primis lœvibus, sutura perspicua separalis, aper- lura ovata; fauce coarctala; peristomate continuo, reflexo, produclo, superne angulato, ançulo rotundato ; cervice gibbula, columella quadrilamellata, lamella inferiore bi: fida, intermediis minoribus, superiore arcuata; apice 0b- Luso el mamillalo.
Loneuenr ere SAS G. mm. Plus grand diamètre. . . . ‘© 4-5 —
Coquille en forme de fuseau allongé; fente ombilicale peu marquée, couverte de stries longitudinales flexueuses traversées dans les intervalles par d’autres stries plus fines et visibles seulement à la loupe ; spire composée de 12 à 14 tours un peu convexes, dont les trois ou quatre pre- miers sont lisses ou presque lisses; suture bien marquée ; ouverture ovale se rétrécissant vers l’intérieur ; péristome continu, bien détaché, évasé, formant un angle arrondi
APTE
dans sa partie supérieure; gorge gibbeuse par derrière, plus fortement striée que le reste de la coquille; colu- melle ornée de quatre lamelles, dont la plus inférieure est bifide et présente assez régulièrement la forme d’un y dont la queue va se perdre dans la cavité buccale, les deux intermédiaires sont plus petites, la plus supérieure est arquée et se perd également dans l’ouverture; sommet obtus, arrondi en forme de bouton et plus gros que les quelques tours de spire qui suivent.
Parvenu au 8° ou 10° tour de spire, l'animal grossit rapidement sa coquille et semble en abandonner la partie supérieure, qui se détache au moindre choc, ainsi que cela a lieu dans le C{. syracusana, et dans plusieurs autres es- pèces de Clausilie et de Bulime; elle est bien distincte de ses congénères.
Nous dédions cette espèce à M. le professeur Lory, de la faculté des sciences de Grenoble.
9. CLAUSILIE DE BAUDON, CLaAusiLrA BaAuponi, Michaul. (PI: 4 27.)
Testa subcylindrico-fusiform, gracili, longitudinaliter striata, stris flexuosis, alus striis subtilissimis decussan- tibus ; anfractibus 10-12 complanatis, primis lœvibus aut sublævibus; sutura notala, marginulata; apertura piri- formi; fauce angusla ; peristomale producto, reflexo, continuo; cervice gibbula; columella quadrilamellata, lamellis mediis minimus ; apice obtuso.
ongueuri it. he tt ill 10-11 mm. Plus grand diamètre. . . . 2à21/2 —
Coquille presque cylindrique, allongée, effilée, cou- verte de stries longitudinales flexueuses qui viennent tra- verser d’autres stries très-fines visibles seulement à la loupe; 40 à 12 tours de spire presque plats, les premiers
RL L'INRES
sont lisses ou presque lisses; suture bien marquée et accompagnée d’un petit cordon; ouverture piriforme; gorge étroite; péristome continu, saillant et réfléchi ; cou bossu ; columelle couverte de 4 lamelles, dont les deux intérieures sont très-petites, les deux extérieures plus élevées se rapprochent en se perdant dans la cavité aper- turale; sommet obtus.
Cette Clausilie est la plus effilée et la plus cylindrique de toutes celles que je connais, elle est très-facile à recon- naître.
Dédiée à notre savant ami le docteur Baudon.
3. CLAUSILIE DE MicHELOTT:, CLAUSILIA MICHE- LOTTI, Michaud. (PI. 4, f. 20.)
Testa cylindricoidea, gracih, levigata, mitida; anfrac- tibus 9-10 vix convexis, sulura perspicua separals ; aper- tura piriformi ; peristomate continuo, producto, submar- ginalo, parum reflexo ; cervice extus rugosa ; columella bilamellata; labro biplicato et uni-tuberculato; apice obtuso.
Lonsneuri anus acid A 49: mm. Plus grand diamètre. . . . 2 —
Coquille presque cylindrique, atténuée un peu vers les deux extrémités, paraissant lisse à l'œil nu, mais couverte de rares et de légères stries longitudinales quand on l’exa- mine à la loupe; spire composée de 9-10 tours peu con- vexes, séparés par une suture assez marquée; ouverture piriforme-arrondie; péristome continu, avancé, légère- ment bordé et un peu réfléchi; cou rugueux; columelle couverte de deux lamelles qui tendent à se rapprocher en s’enfonçant dans la cavité buccale ; bord extérieur orné de deux plis et d’un petit tubercule; sommet obtus.
Cette coquille est encore une des espèces presque cylin-
driques; sa forme générale rappelle celle du CL. trregularis, Liegler in Rossmassler, Jcon., heft 2°, page 14, pl. 7, fig. 112. Mais, outre que notre espèce est moins ventrue et presque lisse, elle en est très-distincte par les carac- tères de l'ouverture.
J'ai pu décrire les premiers tours de spire, quoiqu'ils n'aient pas été figurés ; car, depuis que les dessins ont été faits, j'ai recueilli la partie supéricure de cette espèce.
Nous la dédions à M. Michelotti, savant géologue de Turin, auteur de nombreux ouvrages sur les fossiles du Piémont.
4. CLAUSILIE DE Fischer, CLAUSILIA Fiscuert, Michaud, (PI. 5, f. 18.)
esta fusiformi, longitudinaliter striatula; anfrac- hbus..….… convemiusculis; sutura satis profunda; aper- tura subpiriformi-ovata ; peristomate continuo, producto, angulato, reflexiusculo; cervice extus rugostuscula; co- lumella bilamellata…
ÉONSUCRE. jette PARUE Di ? Diamptresst saut Léon. ete ?
Coquille fusiforme, légèrement striée en long; tours de spire au nombre de...., peu convexes ; suture assez mar- quée; ouverture ovale-piriforme; péristome continu, avancé, bordé et légèrement renversé; cou rugueux, orné intérieurement d’un petit bourrelet qui s'aperçoit dans la partie inférieure de l'ouverture; columelle couverte de deux lamelles qui se rapprochent à mesure qu’elles des- cendent dans la cavité de l'ouverture.
Je n'ai pu recueillir que quelques tronçons ou frag- ments de cette espèce, dont je prie M. Fischer, l’un des directeurs du Journal de Conchyliologie, de vouloir bien agréer l'hommage.
Do De
GENRE PUPA.
1. MAILLOT SANS PLIS, Pupa iNoRNATA, Michaud.
Mich., Complément, pag. 65, n°8, pl. 15, fig. 21-22.
Dupuy, Hist. Moll., p. 425, n° 56, pl. 20, fig. 48.
Notre espèce fossile ne diffère de l'espèce vivante qu'en ce que le seul échantillon que nous avons pu recueillir est plus court.
9. MAILLOT BIPLISSÉ? Pupa BipLicATA? Michaud.
Mich., Complément, page 62, n°7, pl. 15, fig. 35-54.
Dupuy, Hist. Moll., page 406, n° 25, pl. 20, fig. 5, ct | pl. 25, fig. 1.
Nous n’avons pu nous procurer que deux échantillons de cette espèce, encore l'ouverture n'est-elle pas bien complète; nous ne sommes donc pas parfaitement cer - tain de son identité avec l'espèce vivante, ce qui nous laisse quelque doute dans l'assimilation.
Nous remarquons, toutefois, dans l'ouverture de l'espèce fossile les deux plis qui constituent l'espèce vivante, et la forme extérieure est exactement semblable dans les Ceux ctats. Nous espérons pouvoir lever cette incertitude dans nos recherches ultérieures. j 5. MAILLOT DE Joga, Puora Jogæ, Michaud. (PI. 4, f. 6.)
Testa elongato-conica, late umbilicata, lœvissima, ni- tida; anfractibus 6-7 subplans, sutura perspicua sepa- rats, apertura ovata, triplicata; peristomate subcontinuo, produclo, marginalo, reflexo ; una plica in labro, altera in columella, tertia in labio ; apice obtuso.
Lénguenrs tenant 8 ES nn Diamètre du dernier tour. . 41112 —
AR | 7 rate
Coquille conique-allongée, largement ombiliquée, très- lisse et luisante; ombilic peu profond ; spire composée de 6-7 tours très-peu convexes ; suture bien marquée; ou- verture ornée de trois plis, ovale, arrondie dans sa partie inférieure ; péristome presque continu, un peu détaché, bordé, réfléchi; bord extérieur présentant une callosité en forme de pli; columelle plissée ; ce pli est le plus ex- térieur, le troisième pli est sinueux, il est placé sur le bord columellaire, tout près de la partie ombilicale; sommet obtus.
Nous n’avons découvert qu'un seul individu de cette espèce, mais il est bien complet et il se distingue facile- ment de ses congénères par une forme qui lui est propre.
Nous nous faisons un plaisir de dédier cette jolie espèce à M. Joba fils, sous-intendant militaire, naturaliste fort distingué.
GENRE VERTIGO.
1. VERTIGO DE BAUDON, VERTIGO Bauponi, Michaud. (PI. 4, f. 2.)
Testa maulissima, subcylindrica, umbilicata, lœvissi- ma, nitida, apice contracla; anfractibus 5-6 convextis ; su- Lura profunda ; apertura subrotunda; fauce coarctata, 3-6 plicala aut dentata; peristomate subcontinuo , reflexius- culo; una plica aliquoties bifida in columella, cæteris quatuor in parle inferiore peristomatis ; apice obtuso.
Longueur entre à 24/9 ren Diamètre. . . . . moins d’un millimètre.
Coquille très-petite, un peu rétrécie vers le sommet, ombiliquée, très-lisse et luisante; 5 tours de spire con- vexes; suture très-prononcée; ouverture arrondie ; gorge rétrécie par quatre plis ou dents; la columelle est aussi
DRE, Pre, quelquefois couverte d’un pli bifide; péristome presque continu, un peu renversé, quelquefois simple, couvrant la columelle d'une légère cal osité; sommet obtus.
Espèce très-distincte par sa forme particulière et par les ornements de son ouverture.
Dédiée à mon ami Baudon.
2. VERTIGO DE CROSSE, VERTIGO CRossEI, Michaud. (PI. 4, €. 5.)
Testa minutissima, cylindrica, umbilicala, lævissima, nitida, anfrachbus quinis, convexiusculis ; sutura sub- profunda ; apertura subrotunda, edentula ; peristomate so- lulo, submarginato, subreflexo; apice obluso.
Longueur... :.,%..:2à21/2:mm. Diamètre mises 4
Coquille très-petite, cylindrique, ombiliquée, très-lisse et luisante ; avec le secours d’une forte loupe on remarque des stries longitudinales très-fines ; spire composée de > tours peu convexes ; suture assez marquée ; ouverture arrondie, sans dents ni plis; péristome légèrement bordé dans l’intérieur, un peu renversé, mais non continu; sommet obtus.
Cette espèce est bien distincte et facile à reconnaître parmi ses congénères. Nous la dédions à M. Crosse, direc- teur du journal de Conchyliologie, si utile à cette science, en le priant de vouloir bien accepter cette dédicace comme un témoignage d'amitié.
5. VERTIGO DE NOULET, VerTiGo NouLeri, Michaud. CPI AE 1.)
Tesia minutissima, subconica, umbilicata, lœvissima, mhda ; anfractibus quinis, converiusculs ; suqura satrs
ES eu
profunda ; apertura subtriangulari, quinqueplicata ; pe-
ristomate sinualo, acuto, sSubmarginato; apice obtuso. Longiieurs AA) sr de1/9 one Diametre me er; mm. environ:
Très-petite coquille, s’atténuant peu à peu, ombiliquée, lisse et luisante ; cinq tours de spire convexes; suture bien prononcée ; ouverture présentant une forme triangu- laire, ornée de cinq plis dont deux sont placés parallèle- ment sur la columelle; les trois autres sont sur le bord droit qui forme une sinuosité sur le côté droit ; péristome presque continu, légèrement épaissi dans Pintérieur et tranchant ; sommet obtus.
Dédié au docteur Noulet, professeur de géologie à l’école de médecine de Toulouse, auteur de plusieurs ou- vrages paléontologiques très-estimés sur le sud-ouest de la France.
4. VERTIGO TRÈS-PETIT, VERTIGO MINUTISSIMA, Hartmann. (PI. 4, f. 4.)
Hartmann, p. 220, n° 28, pl. 2, f. 5.
Lamk., Anim. s. vert., 2 édit., t. 8, p. 189, n° 46.
Nous rapportons notre espèce à celle de Hartmann ; mais nous ne pensons pas, Comme cet auteur, qu'on puisse la regarder comme le Pupa muscorum de Drap., puisque dans sa description, 1l.dit que son espèce a une et même quelquefois deux dents. |
C'est cependant à l'espèce de Hartmann que je crois pouvoir rapporter le fossile de Hauterive, si toutefois elle ne doit pas constituer une espèce nouvelle.
EST je
GENRE PLANORBIS.
4. PLANORBE: VOISIN, PLANORBIS AFFINIS, Michaud. (PL 4, f. 15.)
Testa discoidea, crassa, utrinque late sed non profunde umbihicata, lœvigata, sublus subcarinata ; anfractibus trinis ultimo maximo, ad periphæriam rotundato, apertura rotundata ; peristomale crasso, disjuncto, apice utrinque COnSpicuo.
Diamétes he sin nets an de": 0 mini
Coquille discoïde, épaisse, largement ombiliquée, mais peu profondément, lisse, subcarénée en dessous ; spire composée de trois tours dont le dernier très-grand pro- portionnellement et enveloppant tous les autres; ouver- ture presque ronde; péristome épais et non continu; sommet trés-apparent des deux côtés.
On ne peut confondre cette espèce avec les jeunes indi- vidus du Planorbis Thiollieri, Mich., de la même localité.
2. PLANORBE LUISANT, PLANORBIS NiTIDUS, Muller.
Müller, p. 163, n° 349. Drap. Hist. Moll., p. 46, n° 10, pl. 2, f. 17-19.
9. PLANORBE APLATI, PLANORBIS COMPLANATUS, Linné.
_Helix complanata, Linné, Syst. nat., p. 1242. Planorbis marginatus, Drap., Hist. Moll., p.45, n° 8, pl. 2, f. 41,12 et 15.
4. PLANORBE TUILÉ, PLANORBIS NAUTILEUS, Linné.
Helix nautileus, Linné, Syst. nat., p. 1241. Planorbis imbricatus, Müller, Verm., p. 165, n° 551. — — Drap., Hist. Moll., p. 44, n° 4, pl. 4, f. 49 à 51.
2.804 5. PLANORBE CARÉNÉ, PLANORBIS CARINATUS, Müller.
Helix planorbis, Linné, Syst. nat., 662. PI. carinatus, Müller, Verm., p. 157, n° 544. — Drap., Hist. Moil., p. 46, n° 9, pl. 2, n° 13, 14 et 16.
6. PLANORBE DE MARIE, PLANORBIS MARIÆ, Michaud. (PI. 4, f. 14.)
Testa discoidea, compressa, utrinque subplana, nitida ; anfractibus sems, coarctalis, sensim crescentibus, ultimo inferne ad periphæriam subcarinalo; sutura profunda ; aperlura rotundata ; peristomale simplice, acuto.
DiAMELPE AS nu an ee Sn DAS OR EL AU he 1/2
Coquille discoide, comprimée, aplatie des deux côtés, luisante, n’offrant que quelques très-fines stries longitu- dinales, vue à la loupe; six tours de spire très-resserrés l’un sur l’autre et croissant très-insensiblement; le dernier est comme caréné au pourtour inférieur; suture bien marquée ; ouverture arrondie ; péristome simple et tran- chant.
Espèce rapprochée de la variété B du Plan. vortex, Drap., Hist. Moll., p. 44, n° 6, pl. 2, f. 6-7, mais diffé- rente par ses caractères spécifiques.
GENRE LYMNÆA.
1. LYMNÉE PETITE, LYMNÆA TRUNCATULA, Muller.
Müller, Verm., p. 130, n° 325. Lymneus minutus, Drap., Hist. Moll., p. 53, n° 8, pl. 3,f. 5-7.
— 61 —
GENRE ANCYLUS. 1. ANCYLE DES LACS, ANCYLUS LACUSTRIS, Linné.
Patella lacustris, Linné, Syst. nat., p. 783, n° 672. Ancylus lacustris, Drap., Hist. Moll., p. 47, n° 1, pl. 25-27.
GENRE CYCLOSTGMA.
1. CYCLOSTOME ÉLÉGANT, CYcLosToMA ELEGANS, Drap. Nerita elegans, Müller, Hist. Verm., p. 177, n° 565. Draparnaud, Hist. Moll., p.52, n° 1, pl. 1, f. 3-8. Par les nombreux échantillons que nous nous sommes
procurés et par leur gisement géologique, nous avons
acquis la certitude que cette espèce se trouve fossile à
Hauterive, ce dont nous doutions lorsque nous publiâmes
la première partie de ce travail.
2. CYCLOSTOME DE BAUDON, CycLosrowA Bauponi, Mich. (PL. 4, f. 12.)
Testa ovato-conoidea, subumbilicata, sulcis transversis numerosts cincla, striis lon guudinalibus minimis clathrata; anfractibus senis, convexis, reqularilercrescentibus, ultimo maore; sulura profunda ; aperlura rotunda, superne sub- angulata; peristomale continuo, simplici, acuto, subpatulo; apice lævigato, obtuso.
Longueur. . . . ... . . 15-20 mm. Diamètre du dernier tour. 10
Coquille ovale-allongée, présentant un ombilic peu pro- fond , ornée de sillons transverses nombreux et saillants, que viennent croiser de fines stries longitudinales qui ne s’aperçoivent que dans les interstices; six tours de spire convexes, croissant très-régulièrement, le dernier plus
6
PU: L'IRRE
grand relativement aux autres; suture bien exprimée; ouverture presque ronde, ne formant qu'un trés-petit angle dans sa partie supérieure; péristome continu, simple, tranchant, mais légèrement évasé; les deux ou trois pre- miers tours sont lisses.
GENRE ACME.
À. ACMÉE FAUVE? ACMÉE FUSCA? Dupuy. (PI. 4, f. 41.)
Dupuy, Hist. Moll., p. 525, n° 1, pl. 27, f. 1. Testa cylindracea, levissima; anfractibus semis aut qui- nis convexis, regulariler crescentibus : sutura perspicua ;
agertura ovala, superne angulata ; peristomate submargt- nalo, subcontinuo; apice obluso.
Longueue, =. um, 8 4Æmm: Diamètre du dernier tour. 1 » environ.
Coquille presque cylindrique, atténuée insensiblement vers le sommet, qui est obtus, très-lisse, composée de 5-6 tours de spire croissant régulièrement, séparés par une suture assez apparente; ouverture ovale, un peu an- guleuse dans sa partie supérieure; péristome comme bordé, presque continu.
Nous avons cru devoir faire figurer cette coquille, qui semblerait un peu différente de l'espèce de Dupuy, si nous nous en rapportions strictement à la description et à la figure qu’en a données cet auteur.
2. ACMÉE CONIQUE , ACME CONICA, Michaud. (Non figurée.)
Testa ovato-conica, lævissima; anfractibus quinis con- vexis, sulura profunda separatis; apertura ovata, superne angulata; peristomate simplici, aculo; apice obtuso.
Longueur. A4 mue. PRINT mm Diamètre du dernier tour, plus de 1
PU. el Coquille en cône allongé, très-lisse; cinq tours de spire convexes, séparés par une suture profonde proporlionnel- lement; ouverture ovale, formant un angle dans sa partie supérieure; péristome simple et tranchant ; sommet obtus. Cette espèce est beaucoup plus courte que l Acme fusca, et la grosseur de ses tours de spire augmente très-subite- ment, ce qui lui donne une forme conique, tandis que sa congénère est presque cylindrique. Je n'ai pu faire figurer cette coquille, le péristome s'étant brisé en le détachant.
GENRE PALUDINA.
1. PALUDINE VIVIPARE, PALUDINA VIVIPARA, Draparnaud.
Cyclostoma viviparum, Drap., Haist. Moll., pl. 1, f. 16-17.
2. PALUDINE SALE, PALUDINA TENTACULATA, Linné. (PE 4 145)
Helix tentaculata, Linné, Syst. nat., p. 774, n° 616.
Cycl. impurum, Drap., Hist. Moll., p.56, n° 7, pl. 1, f. 19-20.
Palud. impura, Lam., Anim. s. vert., 2° édit., t. VII, p. 514; n° 5.
Nous avons fait figurer cette espèce à l’état jeune, parce qu'elle nous paraît différer d’une manière tranchée de l’état adulte.
GENRE MELANOPSIS.
1. MÉLANOPSIDE RONGÉE, MELANOPSsIS PRÆROSA, Linné.
Bucc. prœærosum, Linné, Syst. nat., p. 1205. Melanopsis buccinoïdea, Férussac, Syst, p. 70, n°1.
NS —
Melanopsis lævigala, Lam., Anim. s. vert., 2° édit., EME D. 490, 1h42:
Fossile de la molasse de Tersane, où elle se rencontre généralement roulée.
GENRE PISIDIUM.
À. PisipiE CASERTANE, PISIDIUM CASERTANUM, Poli.
Cardium Caserlanum, Poli, p. 65, pl. 16, F. 4.
Cyclas fontinalis, Drap., Hist. Moll., p.150, pl. 10, fs a;
C'est la variété lenticulaire dont quelques auteurs ont fait une espèce particulière.
GENRE UNIO.
Il existe à Combesse, localité tout près de Hauterive, dans une marne bleue, plusieurs espèces de Mulettes fos- siles; mais le test s’exfolie si facilement que, malgré toutes les précautions que j'ai eues, il m'a été impossible, jusqu'à ce jour, de m'en procurer autre chose que des fragments fort incomplets et indéterminables. G. M.
Diagnoses d’stétieéens fossiles des environs de Constantine {suite) (1),
PAR H. CROSSE.
4. HELIX DESOUDINIANA.
T. imperforata, depresso globosa, solida, sublævis:;
(1) Voir Journ, Conchyl., {°° octobre 1861, p. 356.
HER) + UMR
anfr. 5 1/2, summi plantusculi, ultimus inconspicue .subcarinatus, basi inflalus, antice subito defleæus ; aper- tura obliqua, lunaris, ringens ; peristoma crassum, mar- ginibus callo lalo junctis, dentem emittente magnum, oblh- quum, insertioni et partim margin supero adhærentem : margine Supero stricto, brevi, dextro unidentalo, basali crasso, dentem obtusum gerente. — Diam. maj. 20, min. 18, alt. 15 mul.
Ls
2. HEzix DUMORTIERTANA .
T._ ümperforata, depresso - globosa læviuscula, infra bifasciala ; anfr. 5 convexiusculi, suturis satis profunde incisis, ullimus obsolete subcarinalus, antice descendens ; aperlura ovalo-lunaris, marginibus callo tenui Juncüis ; columella lala, subinflexa, margine dextro incrassato, non reflexo. — Diam. maj. 22, min. 18, altit. 4 maull.
Var. 8. minor, infra et Supra bifasciata. — Diam. maj. 20, min. 17, allit. (spira partim deficiente)?
9. HELIX SUBSENILIS.
T'. imperforata, depresso-globosa, crassa, læviuscula ; anfr. 5 convexo-planulati, ultimus obsolete subcarinatus, antice deflexus ; peristoma crassum , duplicatum, margi- mbus callo valido junctis; cotumella obtuse unidentata. — Diam. maj. 25, min. 20, alt. 13 mil.
Var. 8. magis planulata: columella fere edentula. — Diam. maj. 25, min. 20, alt. 12 mil.
Here,
A fe UE
Diagnose d’un Coneholepas fossile des faluns de Touraine (1),
PAR P. RAMBUR.
CoNCHQLEPAS DESHAYESI.
T'. umbilicata, convexo-gibbosa, capuliformis, tenuis ; anfr. 2 4/2, spira conspicua, apice prominulo , ultimus oblique inclinatus, utrinque concavus, spiram 1nvolvens, transversim coslis impressus numerosis, inæqualibus, quarum due, cœæteris majores, altera basalis, validior, altera spiræ vicina, carinarum imaginem adumbrant ; apertura amplissima, perobliqua, ovata, sinu parvulo, continuo, in parte basah, instructa, margine interno dila- tato, subreflexo, libero, marqine externo simplice. — Long. 60, diam. max. 59 mill.
Var. B. paulo minor, margine interna non libero, ad- nato. — Long. 51, diam. max. 48 mill.
P. R.
(1) Cette belle et rare espèce, qui appartient à un genre non encore signalé en Europe à l’état fossile, sera figurée et plus am- plement décrite dans un de nos plus prochains numéros. H. C.
Core
BIBLIOGRAPHIE.
Sur la Production artificielle des perles , rap- port fait, par MM. Moquin-Tandon el Cloquet, à la Société zoologique d’acclimatation (1858).
Tout le monde connaît les essais à peu près infructueux des naturalistes européens pour faire produire les perles aux animaux des Unio, Anodonta, Ostrea , etc. Pendant longtemps on a cru qu'il suffisait de percer la coquille, de la fracturer légèrement, de blesser le Mollusque, pour voir le manteau sécréter une perle plus ou moins régulière. Les Chinois paraissent avoir mieux compris que nous les conditions nécessaires à la formation des perles, et leur procédé suppose chez eux une connaissance approfondie de la formation des couches qui composent les coquilles. Il est triste de nous voir ainsi devancés, quand nous au- rions pu mettre à profit les recherches célèbres de Réaumur sur la structure du test des bivalves.
Vers l'embouchure du Ning-Po, habite une belle Alas- modonte, que les Chinois utilisent pour obtenir des perles artificielles et des médaillons en relief. En cassant ces perles, on trouve au centre une petite pierre de 5 milli- mètres de diamètre environ, blanche, grossièrement ar- rondie; elle a été taillée dans une coquille marine et semble être de la nacre assez fine.
L'examen des coquilles d’Alasmodontes margaritifères montre que les perles sont rangees en séries flexueuses et réunies entre elles par un filet de nacre; si l’on casse celui-ci, on met à découvert un fil.
SN
Quant aux camées, ils sont constitués à l’intérieur par une lame mince de métal en relief appliquée sur la valve par sa face concave et recouverte d'une couche de nacre sur sa face convexe.
Tels sont les résultats obtenus par les Chinois, et je puis en garantir l'exactitude, depuis que j'ai vu deux valves d'Alasmodonte déposées au musée de l’École de médecine : l’une porte un grand nombre de perles bien arrondies, l'autre est chargée de camées de nacre, d’un effet aussi agréable qu’original.
Voici maintenant, d'après MM. Barthe et Maisonneuve, le procédé mis en usage par les Chinois : ils entr'ouvrent les Alasmodontes sans les blesser, et maintiennent l'écar- tement des valves au moyen de coins de bois. [ls soulèvent alors le manteau et creusent dans la valve un petit trou qui sert à fixer sur la face interne de la coquille les corps étrangers qu'ils y introduisent, lames de métal en relief, ou petites pierres unies par des fils. Les corps étrangers sont, par conséquent, placés entre la coquille et la face ex- terne ou sécrétante du manteau , et les dépôts subséquents de nacre les recouvrent à la longue. Les Alasmodontes, ainsi préparées, sont portées dans des étangs entoures de baguettes et de fascines, afin de les empècher de fuir. Au bout d'un certain temps l’incrustation nacrée est parfaite.
Je renvoie, pour plus de détails, au rapport de MM. Mo- quin-Tandon et Cloquet, et à l Année scientifique et indus- trielle de L. Figuier (1861, p. 205). P. FiscHER.
NO
Sull origine delle æerle e sulla possibilita di pro- durle arüfcialmente, relazione di Amtomio Villa (1). Milano, im-8, 19 pages (1860).
Je rapproche du travail que je viens d'analyser un mé- moire intéressant sur le même sujet, dû à M. A. Villa, de Milan. L'auteur examine successivement les divers tra- vaux modernes relatifs à la production artificielle des perles.
Defilippi, dans une publication insérée en 18592 (jour- nal i! Cimento) , considérant que la matière qui compose la perle à la même composition que la nacre, et qu’elle est constituée par des lames concentriques à un noyau cen- tral, pose en principe que l'étude de ce noyau doit donner la clef du problème de la production des perles. Il admet, comme plusieurs autres auteurs, qu’un corps étran- ger, placé accidentellement au contact du manteau, sert de noyau dans un grand nombre de cas, mais il va plus loin en avançant que le noyau peut être, primitivement, une . matière organique. du mucus, ou un produit pathologique de l'animal.
Une observation très-curieuse vient confirmer ses idées. Il avait recueilli, dans une localité restreinte, un grand nombre d'Anodonta cygnea dont le manteau contenait des perles , et presque tous ces Mollusques étaient remplis d'une espèce d'Helminthe { Distoma duplicatum ); or l'examen des perles formées le plus récemment démontra que leur noyau n’était autre chose qu’un ou plusieurs de ces parasites. Ainsi s'expliquaient l'abondance des perles dans certaines localités et leur rareté dans d’autres.
(4) Extrait del Politecnico, fase. XLVHI.
HO
La conséquence des travaux de M. Defilippi était d’étu- dier les espèces parasites des Mollusques margaritifères, et de placer ceux-ci dans les localités où les Trématodes abondent.
Cette théorie s'applique à la formation des perles sans noyau calcaire; mais des observations plus anciennes dé- montrent qu'il est plus facile d'arriver à la production ar- üficielle des perles par l’interposition de corps étrangers solides.
Broussonnet avait déjà écrit qu’en Finlande on obtenait des perles en glissant sous le manteau des morceaux de nacre arrondis, et Blainville a parlé de corps étrangers in- troduits dans des Pintadines par les Indiens.
Les notions se sont étendues depuis que l'on connaît les essais des Chinois, essais qui remontent déjà à une époque assez éloignée.
En effet, dès 1772, G. À. Grill Abrahamsson, dans un article inséré dans les actes de l’Académie royale des sciences de Suède (vol. XXXIIT), expose qu'il a pu ap- prendre, durant son séjour à Canton, les moyens dont se servaient les Chinois pour obtenir des perles.
Faujas Saint-Fond assure avoir vu une coquille fluvia- tile de la Chine, transpercée par un fil sur lequel s'était déposée une belle perle.
Woodward (Manuel de Conchyliologie) confirme l’asser- tion de Faujas, et cite des exemplaires d’Alasmodontes du Musée britannique, sur lesquelles on constate la présence de fragments de nacre fixés par des fils métalliques et recouverts d’une couche de nouvelle formation.
Hague , consul anglais à Ning-Po (mémoire inséré, en 1857, dans le journal de Siebold et Kolliker), décrit les procédés des Chinois. Siebold (appendice au mémoire de Hague) complète ces explications, et figure une valve de
RE OS
Dipsas plicata avec une série de perles, et une autre sur laquelle sont inerustés dans la nacre des médaillons chi- nois.
Il reste néanmoins à expliquer l’abondance des perles dans le manteau des Heleagris.
D'après les renseignements fournis à M. Villa par un de ses amis, M. G. Osculati, qui a suivi, à Mascate (golfe Persique), la récolte des perles, les Heleagris, après leur pêche, sont laissés assez longtemps à l'air, jusqu’à la mort de l'animal; on croit que, dans cet espace de temps, les perles se forment ou s’accroissent, si elles sont déjà pro- duites, de telle sorte qu’un Mollusque, privé de perles au moment où il est retiré de l’eau, peut en présenter après sa mort.
M. Villa conclut, des divers travaux publiés sur la forma- tion des perles, que celles-ci reconnaissent diverses causes de production : compression, fracture, perforation de la coquille, introduction d'animaux parasites, de corps étran- gers, excitation du manteau par une cause morbide inhé- rente ou étrangère à l'animal, etc.; mais les notions ac- tuelles sont suffisantes pour que la question de la produc- tion artificielle des perles quitte le domaine des théories pour entrer dans celui des faits évidents. Quand verrons- nous les premières tentatives d'exploitation ?
P. FISCHER.
y GUN
—
Observation sur l’existence de divers Mollusques et ÆZoophytes à de très-grandes profondeurs dans la mer Méditerranée Che par A. Milme- Edwards. În-8, 11 pages. 1861.
Depuis les recherches de Forbes, on sait que le nombre des animaux qui vivent au fond de la mer décroit très- rapidement à mesure que la profondeur des eaux aug- mente. Les recherches de Forbes n’ont pas été étendues au delà d'une profondeur de 250 brasses (420 mètres) ; mais, en raison de la loi de décroissance qui semblait res- sortir de ces observations, Forbes fut porté à croire qu'à une pelite distance de cette himite extrème il ne devait exister aucun être animé.
Des recherches bathymétriques faites récemment dans d’autres parages par Lovén, Darwin, Dana, etc., semblent confirmer la théorie de Forbes.
Des travaux plus récents de Bailey, de Wallich prou- vent que les limites assignées par Forbes à l'extension de la vie animale sont trop restreintes; mais ils n’ont trouvé, dans leurs sondages, que des Foraminifères , des spicules de Spongiaires et point de Mollusques. En outre, on peut se demander si ces débris de corps organisés n’ont pas été entrainés par des courants sous-marins.
M. À. Milne-Edwards à profité habilement d'une excel- lente occasion pour vérifier la loi de Forbes. Le conduc- teur électrique de Cagliari à Bone traverse une large vallée sous-marine; il y avait séjourné deux ans, lorsqu'on fut
(1) Extrait des Annales des sciences naturelles, 4° série, t. XV n° ,
is QE
obligé de l’en retirer. Plusieurs de ces tronçons furent pêchés à une profondeur de 2,000 à 2,800 mètres, et sou- mis à l'examen de M. Milne-Edwards.
Parmi les corps organisés fixés sur le câble sous-marin, et dont la conservation des parties molles attestait l’exis- tence, l’auteur cite
4° OsrreA cochlear. Individu adulte dont la valve in- férieure était moulée sur le câble.
Cette espèce vit normalement à de grandes profondeurs, car les corailleurs, dont la pêche se fait par 400 à 150 mè- tres, la ramènent souvent dans leurs engins.
2° PECTEN opercularis ; var. Audouini, Payr.
3° PECTEN Testæ.
4° MoxoponrTa limbata.
5° Fusus lamellosus.
En outre, un certain nombre de Coralliaires, Bryo- zoaires, quelques Gorgoniens et deux Serpules.
M. Milne-Edwards fait ressortir ce qu’il y a d’intéressant dans les conditions physiologiques de ces animaux sous une pression aussi considérable, et à une distance où la lumière solaire doit être très-affaiblie ; ce qui n'empêche pas la formation de coquilles à test vivement coloré.
Nous recommandons à nos lecteurs cette brochure, qui contient des faits neufs et des vues ingénieuses sur une partie, encore peu connue, de la distribution géographique des Mollusques.
P. FiscHER.
DONS) |"
Observations sur un mode particulier de parasi- üsme offert par un Mollusque gastéropode du genre Stylifer (1), par M. M. Hupé, Paris, 1860, 8 pages, 1 pl.
La plupart des Stylifer recueillis avec leur animal vi- vaient en parasites sur des oursins et des astéries; l'espèce des mers d'Europe, par exemple, se rencontre assez fré- quemment aux environs de la cavité buccale de lEchinus hvidus.
M. Hupé signale un nouveau mode de parasitisme des Stylifer, et ses observations sont intéressantes par les circonstances tout à fait imprévues qu’elles nous appren- nent.
En examinant un Echinoderme du genre Cidaris (C. im- periahs, Sk.), l’auteur remarqua que deux baguettes pré- sentaient un développement tout à fait anormal : elles étaient globuleuses, irrégulièrement sphéroïdes; à leur base se voyaient deux petites fentes verticales en forme de boutonnières, placées sur les faces opposées. La sec- tion des baguettes démontra que chacune contenait dans sa cavité deux coquilles de Siylifer adultes, et un certain nombre de coquilles embryonnaires à peine formées.
Les Styhfer ont dû s'établir, à l’état jeune, dans la dé- pression que l'on voit à l'extrémité des baguettes de Ci- daris, et l Echinoderme, en s’accroissant, a enveloppé les parasites, dont la communication avec l’eau de mer était assurée par les petites ouvertures déjà signalées. M. Hupé,
(1) Extrait de la Revue et Magasin de zoologie, mars 1860, p. 118 et suiv.
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ne pense pas que ces ouvertures soient le résultat d’un tra- vail actif de l'animal ; il croit plutôt que l’interposition d’une partie du Mollusque a empêché son emprisonne- ment complet dans la baguette.
L'espèce de Stylifer observée par M. Hupé, et décrite sous le nom de Styhifer Orbignyanus, provient de la Nou- velle-Hollande, et fait partie de la collection paléontolo- gique du muséum.
Nous sommes heureux de signaler à noslecteurs ce mé- moire de notre confrère, qui témoigne d’un excellent es- prit d'observation.
P. Fiscner.
Étude synonymique sur les Mollusques des Alpes maritimes publiés par A. Risso en 1826, par M. 3. K. Bourguignat (1).
L'auteur s’est proposé, dans ce nouvel ouvrage, de faire une appréciation critique et une étude synonymique sur le principal ouvrage d'un naturaliste qui jouissait , il y a quelques années, d’une certaine notoriété, et dont la ré- putation a beaucoup baissé dans ces derniers temps; nous voulons parler de Risso, auteur de l’histoire naturelle des principales productions de l’Europe méridionale, et parti- culièrement des environs de Nice et des Alpes maritimes. L'opinion des conchyliologues était loin d'être fixée sur
(4) Un vol. grand in-8, 84 pages de texte, 4 planche litho- graphiée par Levasseur, Paris, 1861. Chez Baillière et fils, rue Hautefeuille, 19, et chez Rothschild, rue de Buci, 14. Tirage à 100 exemplaires.
Ge
la valeur de la plupart des nombreux genres et des non moins nombreuses espèces de ce naturaliste. Aussi sommes- nous heureux de voir que notre honorable confrère a pro- fité de l’occasion qui s’est offerte à lui récemment d'exa- miner les types de Risso, pour nous dire, avec connais- sance de cause, ce que l’on doit penser de cet auteur et de sa valeur scientifique.
L'ouvrage que nous analysons débute par une préface qui n’est pas précisément un panégyrique, et qui est suivie de quelques détails biographiques sur Risso et de la liste de ses ouvrages, avec la date de leur publication. Nous trouvons ensuite une étude sur l'œuvre qui molive ce travail.
Sur les 4,085 espèces mentionnées par Risso, M. Bour- guignat laisse de côté les Mollusques marins, étrangers à ses études actuelles, et porte spécialement son attention sur les 125 qui sont terrestres ou fluviatiles. On ne peut s'empêcher de voir avec étonnement, dans Risso, des coupes profondément absurdes à côté d’autres qui sont beaucoup meilleures et qui révèlent même une grande connaissance des Mollusques. M. Bourguignat, qui constate le fait, pré- tend, pour l'expliquer, que Risso a su profiter très-habile- ment, dans l'intérêt de son ouvrage, du séjour que Leach, le savant anglais, fit à Nice en 1820, et qu'il a été beaucoup moins heureux toutes les fois qu'il s’est trouvé réduit à ses propres lumières; de là des éclairs de talent et d’érudition à côté d’énormités scientifiques, de noms déplorablement écorchés, etc. Nous laissons à l’auteur la responsabilité de l'opinion qu'il avance, mais nous ne pouvons nous empè- cher de reconnaitre qu'il donne, à l'appui de son hypo- thèse, des raisons qui semblent de quelque valeur. Il rap- pelle, par exemple, que 10 des genres nouveaux de Risso se trouvent reproduits textuellement, comme genres nou-
— NT — veaux également, dans le manuscrit de Leach (1820), pu- blié en 1852 par les soins de M. Gray. Or, si les beaux esprits se rencontrent quelquefois, il est difficile d’ad- mellre que ce soil à ce point-là, et lon se trouve amené à conclure beaucoup plus naturellement que l’un des deux auteurs à copié l’autre.
M. Bourguignat décrit, sous le nom ce T. episcia, une coquille qui se trouvait confondue, dans la collection de Risso, avec des Testacella bisulcata, et qui, d’après lui, doit constituer une espèce nouvelle. Il passe successive- ment en revue toutes les espèces terrestres et fluviatiles de l'auteur Niçois, en donnant sur chacune d’elles son appré- ciation motivée, et arrive aux conclusions suivantes qui résument son travail : sur 125 espèces de Mollusques ter- restres et fluviatiles, 64 sont présentées par Risso comme nouvelles; 10 seulement d’entre ces dernières peuvent être conservées, tandis que les 54 autres doivent être re- jetées en synonymie. On voit que le bagage scientifique de cet auteur se trouve considérablement réduit, du moins en ce qui concerne les espèces terrestres et fluviatiles, par l'exécution quelque peu sévère de notre honorable con- frère, dont le livre, d’ailleurs, sera consulté utilement par les conchyliologues, et en particulier par ceux qui s’oc- cupent spécialement des formes européennes.
H. CROSSE.
K'essiles des environs du lae de Lugano, par le professeur abhé Jos. Stabile, membre de la Société helvétique des sciences naturelles (1).
L'auteur, après quelques pages consacrées à l'étude géo-
(1) Lugano, 1861, 32 pages petit in-8.
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logique des terrains qui entourent le lac de Lugano, pages dans lesquelles il établit que l’on doit rattacher la faune fossile des diverses couches aux époques triassique et ju- rassique, donne le catalogue des nombreuses espèces dont il a pu constater la présence. Il décrit en même temps quelques espèces nouvelles appartenant aux genres Am- monites, Neritopsis, Patella et Pecten. Ce travail intéres- sant sera consulté avec fruit par les géologues qui vou- dront se renseigner exactement sur les richesses paléon- tologiques de la partie du Tessin et de l'Italie septentrio- nale qu’il embrasse. Nous ne ferons à l’auteur qu'un seul reproche, c'est qu'il donne ses descriptions d'espèces nou- velles uniquement en français. On doit décrire en latin. comme on doit dire la messe en latin, et exactement pour la même raison dans les deux cas. Si le latin est la langue exclusivement employée pour les prières principales de l'Église romaine, c'est qu’il fallait une langue universelle qui püt être comprise par tous les catholiques, quelle que fût leur nationalité. La science, elle aussi, est universelle, et son langage doit pouvoir être compris de toutes les races humaines, surtout quand il s’agit de constater l'exis- tence d’un être nouveau pour elle. Cette réserve faite, nous n'avons que des éloges à donner à l’auteur, qui s’occupe avec persévérance de faire connaître les Mollusques vivants et fossiles de son pays, et que nous ne saurions trop encou- rager dans cette voie utile. H. Cross.
45008
NÉCROLOGIE.
L'année 1861 a été funeste pour les sciences en général, et particulièrement pour la science malacologique, qui a à déplorer des pertes bien regrettables.
S. M. Don Pedro V, roi de Portugal et des Algarves, que nous nous honorions de compter au nombre de nos souscripteurs, vient de succomber à la fleur de son âge, enlevé à sa famille et à son peuple avant d’avoir pu faire tout le bien qu’il méditait d'accomplir. Né le 16 sep- tembre 1837, devenu roi, en 1855, par la mort de sa mère, marié, en 1858, à une princesse allemande et veuf après un an de mariage, il est mort à vingt-quatre ans, universellement regretté. Il portait un grand intérêt à tout ce qui regardait l’instruction publique et particulièrement les scivnces naturelles, et cherchait, par tous les moyens possibles, à propager les lumières dans son royaume, même aux dépens de ses intérèts privés. C’est ainsi qu'il a fondé plusieurs écoles et ordonné la construction d’un ob- servatoire astronomique, en consacrant à tout cela une partie de sa liste civile. Ce prince possédait de grandes connaissances en conchyliologie, et surtout en ornitho- logie, et il les devait à une étude assidue, favorisée par d’heureuses dispositions naturelles. Son musée particulier se compose d’une très-belle collection de coquilles et d'une magnifique suite d'oiseaux qui a mérité les éloges du prince Ch. Bonaparte, juge très-compétent, mais assez difficile à &atisfaire. Il laisse, dit-on, de nombreux manu- scrits, roulant presque tous sur des matières politiques. Nous espérons que S. M. Don Luiz, qui, lorsqu'il n'était que due d'Oporto, partageait les goûts scientifiques de son
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frère, saura, lui aussi, trouver dans les sciences naturelles un délassement des travaux pénibles et des soucis de la royauté (1).
Un de nos plus zélés conchyliologistes, M. Liérard père, est mort dans sa soixante-dix-neuvième année. I! avait, depuis quelques années, quitté l’île Maurice pour venir ha- biter Paris, et nous avons nous-mêmes plus d'une fois été à même d'apprécier son amour pour la science et la no- blesse de ses sentiments.
M. de la Fresnaye vient de mourir à Falaise. Il s’occu- pait de malacologie et surtout d'ornithologie, et a écrit des articles intéressants sur cetle dernière partie de la science.
Le capitaine Martin, de Marseille, était connu de tous les conchyliologistes par les belles collections qu'il avait rapportées de ses voyages et par ses recherches sur les Mol- lusques du littoral méditerranéen (2).
M. de Koch, conseiller privé de S. A. le dnc de Bruns- wick, était au nombre de ces amateurs éclairés et instruits
(4) Nous devons la plus grande partie des délails ci des:us à l’obligeance de notre honorable correspondant M. Barboza du Bocage, directeur du musée de Lisbonne, qui a bien voulu nous les communiquer : qu’il nous permette de lui en témoigner notre gratitude ! HCrÉTP
(2) Nous devons ici rectifier une erreur involontaire qui à élé commise dans notre dernier numéro, p. 344, à propos du Pyrula provincialis, espèce dont la création est attribuée, à tort, au capi- taine A. Martin, tandis qu’elle appartient, en réalité, à son ho- monyme M. H. Martin, des Martigues. Suum cuique. J
HNICETEU"E,
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qui répandent et font aimer la science; nous avons égale- ment à regretter sa perte.
Nous apprenons aussi la mort de M. de Trenquelléon, con*eiller général du département de Lot-et-Garonne. Voici quelques mots d'une lettre que nous adresse à ce sujet notre excellent confrère M. Gassies :
« M. le baron de Trenquelléon est décédé à son château « de Feugarolles le 5 mai dernier; c’est une perte pour « la conchyliologie. Élève de Lamarck, il connaissait par- « faitement les {types de cet auteur, ainsi que ceux de Fé- « russac, avec qui il avait eu de nombrenses relations. Sa « bibliothèque et ses collections ont été d'un grand se- « cours pour moi lorsque j'étais seul, isolé, à Agen. Il « connaissait parfaitement nos fossiles, que, du reste, « nous avions recueillis ensemble dans les environs de « Nérac et dans les landes d’Albret. Si la mort ne füt « venue le surprendre, nous avions formé le projet de « publier en collaboration la paléontologie de cette con-
« trée. « M. de Trenquelléon était âgé de soixante-neuf ans. Il
« laisse une collection fort au courant de la science, « formée et augmentée pendant cinquante ans, et une « bibliothèque assez riche en auteurs importants. »
Enfin nous avons à regretter la mort de M. le docteur de Grateloup, de Bordeaux (1).
Tels sont les noms que nous devons ajouter à notre né- crologie, déjà si longue, depuis que le journal est fondé. Puissions-nous, l'an prochain, n'avoir pas à remplir un aussi triste devoir | H. Crosse et P. FiscHER.
(4) Voir la notice nécrologique ci-après.
2.409, =
Notice nécrologique sur la vie et les travaux du docteur de Gratelouy.
Le 25 août 1861, un grand nombre de médecins et de personnes de toutes les classes accompagnaient la dépouille mortelle du docteur de Grateloup, décédé à Bordeaux, sa ville d'adoption.
Des paroles émouvantes, prononcées sur sa tombe, ent relracé la vie de cet homme de bien, dont la longue car- rière a été consacrée à l'exercice dévoué de sa profession et à l'étude des séiences naturelles. On a rappelé ces qua- lités du cœur qui lui attiraient l'affection de tous ceux qui avaient le bonheur de le connaître; ce zèle éclairé pour les sciences, qui a fait de sa vie un noble exemple d’abnéga- tion et de désintéressement : nous tenons à honneur, plus que tout autre, de consacrer quelques lignes à la mémoire bien chère d’un homme qui a encouragé nos débuts, et dont l'amitié nous était si précieuse.
J. B. P. Sylvestre de Grateloup, né à Dax le 51 dé- cembre 1789, était issu d'une très-ancienne famille. Un de ses oncles, J. B. Grateloup, a laissé un grand nom dans la gravure; ses œuvres sonttrès-recherchées des amateurs. Ledocteur Grateloupacquit lui-même beaucoup d'habileté dans cel art difficile, et grava plusieurs sujets dont le faire rappelle celui de son maitre et parent.
Après avoir pris ses grades universitaires, Grateloup se dirigea vers Montpellier pour compléter ses études médi- cales. C’est là qu'il connut Draparnaud dont il devint l'élève de prédilection. Il grava pour lui des planches de son Histoire des Mollusques de France. Les leçons et l'exemple de Draparnaud développèrent chez le jeune étu-
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diant un goût très-vif pour l’histoire naturelle, qui, dès lors, s'empara complétement de lui, et ne le quitta qu’à la tombe. Combien sont raresaujourd’hui ces vocations si dé- cidées, ces carrières si bien remplies, ces labeurs si prolon- gés, qui nous rappellent les vertus d’une autre époque, et nous font mépriser les petites ambitions, les vues inté- ressées, qui étouffent (rop souvent la science!
Après avoir passé sa thèse de médecine en 1806, Gra- teloup revint dans sa ville natale, qu'il quitta plus tard pour Bordeaux. Dès lors sa résolution était fixée. Il se consacra entièrement à la géologie et à la paléontologie du sud-ouest de la France, et tout le monde connaît les progrès immenses que ses travaux déterminèrent. On peut dire qu'il a créé l'histoire des faluns de Dax, et cette loca- lité, jusqu'alors inconnue, a pris l'importance qu’elle doit occuper sans retour. Les fossiles de Bordeaux ont été éga- lement étudiés par notre regrettable confrère; il en a donné une liste très-complète et a décrit sous le nom de Squalodon un des Vertébrés les plus intéressants et les plus rares de la faune paléontologique.
On doit à Grateloup un grand nombre de travaux sur la médecine, la botanique, la cryptogamie, la minéralogie ; mais nous rappellerons surtout les ouvrages qu'il a con- sacrés à la conchyliologie.
Son catalogue des Mollusques terrestres et fluviatiles vivants du département des Landes est une des plus an- ciennes de ces faunes locales de la France qui nous ont fait connaître si exactement les richesses de notre sol.
Dans son mémoire sur plusieurs espèces de coquilles nouvelles de Mollusques exotiques, Grateloup décrivit un grand nombre d'espèces rares.
Enfin, à partir de 1855, il commença la publication de quelques parties détachées d'un grand ouvrage auquel il
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travaillait depuis plus de vingt ans. Il avait conçu le projet de réunir tous les documents épars dans la science et rela- tifs à une géographie conchyliologique; cette œuvre im- mense n'effrayait pas sa verte vieillesse, mais il ne devait malheureusement pas la terminer. Nous possédons néan- moins une distribution géographique des Limaciens, un catalogue des Mollusques terrestres et fluviatiles de la France et de l'Algérie, une faune de la Gironde. Ce dernier ouvrâge, daté de 1859, est un témoignage de l'activité scientifique de notre regretté confrère, alors que la cruelle maladie qui devait l'emporter l'avait déjà atteint profon- dément. Une amélioration passagère put donner à ses nombreux amis l’expoir de le conserver longtemps encore, mais ses forces étaient épuisces, et, le 24 août, s'éteignit celte existence si honorable, cette vie si bien remplie.
Voici la liste des principaux ouvrages géologiques et conchyliologiques de M. Grateloup.
Notice sur les roches du bassin de FAdour. (Act. Acad. sciences, Bordeaux, 1845.)
Mémoire sur les faluns ou dépôts marins tertiaires miocéniques du bassin adourien. (Idem, 1842.)
Catalogue zoologique, renfermant les débris fossiles des corps organisés appartenant aux animaux vertébrés et in- vertébrés, découverts dans le bassin géognostique de la Gironde; précédé de la classification des terrains de ce bassin. (Idem, 1858-40.)
Tableau descriptif et méthodique des Mollusques terres- tres et fluviatiles vivants observés dans le département des Landes, arrondissement de Dax. (Act. Soc. Ein., Bor- deaux, 1829.)
Mémoire sur plusicurs espèces de coquilles nouvelles de Mollusques exotiques vivants. (Idem, 1840.)
Tableau méthodique des coquilies fossiles provenant des
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terrains marins grossiers (faluns) des environs de Dax. (Idem, 1827-29.)
Description d’un genre nouveaÿ de coquille terrestre fossile nommé Ferussina. (dem, 1827.)
Description d’un nouveau genre de coquille fossile de la famille des Néritacées, appelé Nerilopsis. (E. V.)
Conchyliologie fossile du bassin tertiaire de l'Adour (Divers mémoires sur la). (Idem, 1856-1840.)
Tableau statistique et comparatif des coquilles fossiles du bassin de l’Adour et des divers bassins tertiaires euro. péens. (Idem, 1858).
Conchyliologie fossile du bassin géologique de l'Adour (in-4, Bordeaux, 4840).
Tableau géographique, etc., et catalogue général des Mollusques terrestres et fluviatiles vivants et fossiles de la France et de l'Algérie. — En collaboration avec M. V. Raulin (Bordeaux, 1833).
Distribution géographique de la famille des Limaciens (Bordeaux, 1855).
Essai sur la distribution géographique, orographique et statistique des Mollusques terrestres et fluviatiles vi- vants du département de la Gironde, suivi de la faune spéciale girondine et d’une notice bibliographique des divers ouvrages publiés dans le département (Bordeaux, 1858-1859). P. Fiscxer.
NOUVELLES,
Nous apprenons que notre honorable correspondant M. Gwyn Jeffreys est de retour d’un voyage scientifique
qu'il a fait aux îles Shetland, principalement dans le but 8
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d'y opérer des draguages. Il a recuvilli trois espèces de Moïlusques entièrement nouvelles pour la science, Mar- garita elegantula, Aclis Walleri et Nassa? Haliaëti, plus douze autres qui n’avaient point encore été recueillies dans les îles Britanniques. Il ne fait que signaler les pre- mières el se propose de les décrire plus longuement dans l'ouvrage qu'il prépare en ce moment sur la Conchylio- logie anglaise.
M. Deshayes, le savant professeur, que tous nos lecteurs connaissent, au moins de réputation, s'est décidé, par suite des demandes qui lui étaient faites, à ouvrir, chez lui, des conférences sur la Conchyliologie. Nous nous empressons de faire connaître cette bonne nouvelle, et nous ne saurions trop engager nos abonnés à profiter de l’occasion qui leur est offerte dé s’instruire dans une science qu'ils aiment. Le savoir éprouvé de M. Deshayes, et les riches matériaux qu'il accumule depuis si longtemps dans ses collections, ne peuvent que donner à ses leçons un intérêt puissant. — On s'inscrit place Royale, 48.
Parmi les ouvrages de conchyliologie qui sont actuelle- ment sous prexse et doivent paraitre sous peu, nous signa- lerons les suivants :
4. Le deuxième et dernier volume du Manuel de conchy- liologie et de paléontologie conchyhologique de M. le doc- teur Chenu, que nous avons vu en feuilles et qui comprend les Acéphalés, les Brachiopodes et une table générale des matières : nous avons pu nous convaincre de visu qu'il ne le cédera en rien aux parties précédentes pour le luxe de l'exécution matérielle et le nombre des espèces figurées.
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2. Les Spiciléges malacologiques de M. J. R. Bour- guignat, qui formeront un volume accompagné de 15 planches noires ou coloriées, et qui feront suite à ses Aménilés.
5. L'ouvrage de M. Jeffreys, auquel nous faisons allu- sion plus haut et qui doit comprendre la conchyhologie des diverses îles Britanniques ( British Conchology by J. Gwyn Jeffreys, F.R.S.F.G.S., etc.). I sera publié en trois parties richement illustrées, et néanmoins d’un prix peu élevé. La première partie, contenant une introduction générale et une étade détaillée des coquilles terrestres et fluviatiles, doit paraître au printemps de l’année 1862.
Nous apprenons le retour de M. Arthur-Philibert Grasset. Il a visité successivement la côte occidentale d'Afrique, les États-Unis, les Antilles, et particulièrement l'ile de Porto-Rico, qu'il a explorée au point de vue scien- tifique.
M. Toreli, chef de l'expédition suédoise au Spitzberg, dont nous avons parlé dans un de nos précédents numéros, a donné récemment, à la réunion scientifique de l’uni- versité de Christiania, quelques détails sur son exploration de cette côte peu fréquentée. Deux faits très-intéressants ont été signalés par lui.
Il paraît tout à fait constant que le Gulf-Stream vient donner contre la côte de Spitzhberg.” Les effets, même atténués, de ce vaste courant d’eau chaude, qui, né dans le golfe du Mexique, traverse l'Océan pour aller se perdre dans les mers du nord de l’Europe, doivent, selon toute
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apparence, se manifester par une action très-marquée sur le développement de la vie animale dans cette partie des mers polaires : au point de vue de la distribution géogra- phique des espèces, il nous semble impossible qu'il n’y ait point une différence très-sensible et parfaitement appréciable entre la faune malacologique de la partie du Spitzherg, visitée par le courant du golfe et les régions voisines moins favorisées.
On a fait, dans le cours de l'expédition, des expériences pleines d'intérêt sur l'existence de la vie animale et de la vie végétale dans les eaux les plus profondes. On a re- cueilli, à des profondeurs de 2,500 mètres, des Mollusques et des Zoophytes. C’est un accroc de plus à la prétendue loi de Forbes, d’après laquelle toute espèce de vie animale cessait complétement à une profondeur de quelques cen- taines de brasses. Ce ne sera probablement pas le dernier.
M. Levasseur, notre dessinateur, nous prie de rectifier une erreur qui s’est glissée sur les planches 1, 5, 4 et à du présent numéro, dont M. A. Baudon est indiqué comme le seul auteur. C’est d’après les excellents dessins de notre honorable correspondant de Mouy que M. Levasseur a lithographié les planches 5 et 4; mais les planches 1 et 5 ont été exécutées par lui seul d’après nature, et devraient, conséquemment, porter son nom. H. CROSS.
EEE
PARIS, — [IMP, DE MAD. VEUVE BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L'ÉPERON, J.
JOURNAL
CONCHYLIOLOGIE.
1°" Avril 1863.
Sur la place que doivent occuper dans la méthode les genres Selémye, Vénéricarde el Léda,
par M. C. RÉcLuz.
1. Genre SOLÉMYE (Solemya), Lk.
Le genre Solémye a été diversement classé par les con- chyliologues méthodistes; voulant rechercher, au moyen de la méthode dont je me sers pour le classement des mollusques acéphales de nos côtes, quelle place ce genre doit occuper, sans rompre les rapports naturels, je me suis livré à cet examen, et le résultat obtenu m'a semblé se rapprocher beaucoup plus du rang que Lamarck lui avait accordé, que de celui qui avait été donné par d’autres zoologistes. C’est ce résultat que je viens soumettre à appréciation des nombreux lecteurs de ce journal.
Le classement du genre Solémye m’a toujours paru avoir été plutôt le résultat d'observations incomplètes que du raisonnement basé sur l’observation. Bruguière, qui
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F7 de
l'opéra le premier, considérant probablement que la forme de la coquille de la Solémye se rapprochait plus de celle du Solen que de tonte autre, par son étendue, sa recti- tude et son étroitesse, l’admit à côté de ce genre. Cuvier. Sowerby, Blainville, Rang et Deshayes (Élém. conch.) suivirent la même opinion; ce dernier seul la motiva. Lamarck s’écarta beaucoup du sentiment général et en fut blâmé; Férussac et Latreille placèrent les Solémyes près des Mactres et des Anatines. Cette divergence d'opinions tendrait à prouver qu'on n’était pas salisfait du rang que Bruguière avait imposé à ce genre. Comme ces derniers, il m'a paru naturel d'examiner la question, afin d'établir mon jugement avec connaissance de cause, et pour cela j'ai voulu comparer les caractères zoologiques et conchy- liologiques des deux genres.
1. Manteau. 1 est cylindrique comme celui des So- lens; mais, au lieu de s'ouvrir directement au côté anté- rieur, son ouverture s'étend jusque dans Île tiers anté- rieur de son bord ventral, dont la marge des lobes est en- tourée de tentacules courts, qui manquent dans beaucoup de Solens. Sa partie postérieure présente à l'observation deux ouvertures entourées d'une ligne de cirres courts; la supérieure, perforée, peut s'élendre en un siphon de 0",005 à 0",004 dans son plus grand développement; l'inférieure est close par une membrane, comme cela se voit parfois dans les Moules. L'animal de ce genre, en effet, bouche l'ouverture de son siphon et de son faux siphon, au moyen d'une membrane très-mince, qu'il dé- veloppe et étend graduellement, de façon à en masquer l'issue comme on le ferait avec un rideau poussé-de haut en bas. Je n'ai vu l'animal de la Solémye que conservé dans l'alcool; il ne m'est donc pas possible de dire si la membrane qui bouche le siphon branchial se replie supé-
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rieurement dans l’état de vie pour donner passage à l’eau qui doit baigner les branchies ; toutefois cela me parait probable, la nature ne faisant jamais rien en vain ; à quoi d'ailleurs pourrait servir un siphon toujours clos?
2. Bouche. Dans les Solens, les palpes labiales font suite aux lèvres, dont elles ne sont qu’une extension; elles sont läncéolées, oblongues, divisées par une ligne longi- ludinale et striées en travers par des lamelles fort courtes. Dans la Solémye, les palpes labiales sont falciformes, pe- tites, Striées et placées, non de chaque côté de la bouche, mais de chaque côté de la racine du pied. Sous ce rap- port, la place qu’occupent ces organes a quelque analogie avec celle qu'ils ont chez l'animal de la Nucule noyau. Dans celle-ci, les palpes sortent, de chaque côté du corps, sous forme de lanières, allongées, linéaires, striées en travers, crénelées à la marge, et s'étendent jusque sur le pied.
5. Branchies. Elles sont doubles dans les Solens, lon- gues de la moitié du corps, minces, molles, striées en tra- vérs, à feuillets de chaque côté tombant l’un sur l’autre, comme ceux d'un livre fermé, selon l'expression bien choisie de M. Deshayes, et à lamelles ou vaisseaux adhé- rents l’un à Pautre. Dans la Solémye, les branchies, quoi- que simples en apparence, sont doubles de chaque côté du corps; les feuilléts qui les forment sont développés comme ceux d'un livre ouvert; leur point de jonction est une côte lamelléuse et coriace, soudée le long du bord dorsal de l'animal, ce qui les fait ressembler à une plume privée de son tuyau : les lamelles, au lieu d’être réunies côte à côte lés unes aux autres, sont si peu adhérentes pendant la vie du Mollusque, qu'après sa mort elles se détachent, en grande partie, en filaments, comme on le voit assez sou- vent chez les Moules conservées quelque temps dans l'alcool,
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4. Pied. I ressemble un peu, pour l'étendue et la grosseur, à celui des Solens de la première section de Lamarck; mais, au lieu d’être terminé en massue, en toupie, ou de s'épanouir en fer de lance, il offre plus de ressemblance avec une sorte de tête de tenaille globu- leuse et fermée, dont on voit les crans, et, quand il déve- loppe son extrémité, celle-ci .s’épanouit en un disque bordé de tentacules. Ce pied présente encore plus d'ana- logie avec celui des Nucules qu'avec l'organe du mouve- ment des Solens.
Ainsi, quel que soit l'organe essentiel que l'on compare entre les animaux des deux genres, il est difficile d'établir des rapports convenables; car, ni par les accidents du manteau, ni par la place qu’occupent les appendices la- biaux, ni par les branchies, nienfin par la forme du pied, les Solémyes ne se rapprochent des Solens. Leur seul rap- port, même éloigné, avec ce dernier genre, est d'appar- tenir à la mème sous-classe. Comment donc les rapprocher dans une même famille? Serait-ce par la coquille? Exa- minons ses caractères : :
La coquille des Solémyes est cornée, très-peu calcaire, fermée de toutes parts, arrondie en avant, en arrière, et revêtue d’un épiderme permanent qui la déborde dans tout son contour inférieur. Celle des Solens est calcaire, bâillante et plus ou moins tronquée à ses deux pôles, et revètue d’un épiderme très-mince, caduc, non débordant.
Les sommets de la Solémye sont placés près du côté postérieur; c’est le contraire dans les Solens avec lesquels nous la comparons, et où ces sommets sont presque situés à l'extrémité antérieure.
La charnière des Solémyes ou plutôt son plan cardinal manque de dents, tandis que celui des Solens en est tou- jours pourvu.
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Les chondrophores (supports du ligament cartilagineux où interne) sont postérieurs et er grande partie intérieurs, sous forme de cuillerons obliques, figurant, quand les valves sont rapprochées, un espace triangulaire et profond, dans lequel le ligament, qui est unique et cartilagineux, vient se fixer : il s'y trouve recouvert par un prolonge- ment de l’épiderme qui n’en laisse rien apparaître au dehors du bord dorsal. Dans les Solens, il y a un double ligament reposant sur des chondrophores extérieurs ou lames ascendantes (callosités nymphales des auteurs), comme dans les Tellines, Donaces, Psammobies et autres Nymphacés tellinaires de Lamarck. Le ligament cartila- gineux s'étend, recouvre et adhère à ces lames chondro- phoriques, et le fibreux le recouvre et vient $’insérer, par ses extrémités, à leur base dans une rainure fine et hori- zontale (Desmaphores).
Les impressions musculaires des Solémyes sont dissimi- laires; la postérieure est ovale-oblongue, l’antérieure tri- gone-arrondie. Elles sont également dissimilaires dans les Solens : l’antérieure fort étroite, très-allongée, et la posté- rieure ovalaire. Ces impressions sont reliées, dans les So- lémyes, par une ligne palléale simple, mais dans les So- lens celle-ci est profondément excavée. Ce caractère seul peut suffire à exclure tout rapprochement entre les deux genres.
De cet autre examen résulte que, quant à la forme ge- nérale du test, à la position des sommets, au tégument, aux impressions, de même qu’au bord cardinal, on ne peut trouver aucun rapprochement entre la Solémye et les Solens. Pour résumer ces caractères en peu de mots, nous dirons que la Solémye est un Mollusque dimyaire, bisi- phonophore, sans sinus palléal et à ligament intérieur; et que le Solen est un Mollusque bisiphonophore, à sinus
Cr À MS palléal et à ligament externe, c'est-à-dire appartenant à.- une section opposée.
2, Genre VÉNÉRICARDE (Venericardia), Lk.
A part Lamarck qui a introduit les Vénéricardes dans ses Conques marines à la suite des Vénus, tous les autres classificateurs les ont placées à côté des Cardites ou con- fondues avec ce dernier genre. C’est ainsi que 4° Cuvier (4817) les classe dans la grande famille des Mytilacés, : entre les Cardites et les Crassatelles; 2° Férussac (1819) suit Cuvier en sous-divisant les Mytilacés de cet auteur en quatre familles, dont celle des Cardites se compose des Cardites, Cypricardes et des Vénéricardes ; 3° Blainville (1895) les range dans sa famille des Submytilacés. à la suite des Anodontes, Mulettes, et les confond avec les Car- dites à titre de sous-genre; 4° Rang (1829) copie Blain- ville; 5° Latreille (4825) les introduit dans son quatrième ordre, des manteaux tubuleux (!), famille des Cardiacés, à la suite des Cardites; 6° M. Deshayes (1855) abandonne l'opinion de son maître pour se ranger à celle de Blainville. Ce savant la motive longuement dans une note insérée à la page 380 du tome VI*, nouvelle édition de l'Histoire des Animaux sans vertèbres de Lamarck. 1 y expose sa manière de voir sur les caractères de la charnière, sem- blable dans les deux genres, et de l'impression palléale simple dans son contour; puis il ajoute, p. 582:
« Il est nécessaire de rapporter ici que dans les Conques l'impression palléale n’est jamais simple; on voit posté- rieurement une inflexion triangulaire, cela dénonce que tous les animaux de cette famille sont pourvus postérieu- rement de deux siphons : les Vénéricardes et les Cardites n'en ont pas; les bords du manteau sont libres dans loute leur étendue, enmme cela a lieu chez les Mulettes, Jusqu'à
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présent, on a regardé, comine d’une grande valeur, l’exis- tence ou l'absence des siphons, la réunion ou la sépara- lion des lobes du manteau, et l’on s’est servi avec avan- lage de ces caractères pour la formation des familles. Si celle des Conques, pour être naturelle, ne doit contenir que des animaux-siphonés postérieurement, et il est cer- tain que cela doit être ainsi, 1 devient évident que le G. Vénericarde doit étre transporté ailleurs ; et, comme nous avons vu qu'il se confond avec les Cardites, il devra subir les changements de rapport devenus nécessaires pour ce dernier. »
Je ferai observer que dans les Cardites et les Vénéri- cardes il y a un siphon anal et un siphon branchial incom- plets, et que, si l'on ne voit point de sinuosité palléale sur les valves, c’est que dans les Cardites le muscle fibulaire qui donne lieu à cette sinuosité manque complétement, tandis que dans les Vénéricardes il existe très-développé, mais disposé autrement que dans les Conques marines. La conclusion donnée par M. Deshayes, qui n'est autre que celle de Blainville, adoptée par Rang, est fausse en tous points : les Vénéricardes ne sont point des Cardites, et vice versd.
- Dans la nouvelle Classification des Mollusques adoptée par M. Deshayes pour son Supplément aux Coqulles fos- siles du bassin de Paris, et publiée dans le dernier numéro du Journal de Conchyliologie, ce savant ne parle plus des Vénéricardes, il adopte définitivement l'opinion de Blain- ville.
Pour juger sainement la question du classement des Vénéricardes dans la méthode naturelle, il importe de connaître l'animal des deux genres Cardite et Venéri- carde. Nous allons comparer successivement des individus des deux genres.
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Genre Cardite (Cardita, Brug ).
L'animal du Cardila antiquata, dont j'ai pu examiner trois exemplaires, m'a fourni les caractères suivants :
Animal revêtu d'un manteau ouvert dans presque tout son contour, à lobes minces, bordés d’un muscle circu- Jaire assez épais, rubané, crénelé par des cirres peu mar- ‘qués (sans doute à cause de leur contraction dans la li- queur alcoolique), réunis au côté postérieur et portant là deux perforations : l'anale entière, bordée de cirres très- courts tout autour, l'inférieure (fausse trachée) désunie par le bas (comme dans les Moules) et également bordée de cirres. Bouche à 1èvres membraneuses très-courtes, pro- longées de chaque côté par une paire de palpes labiales courtes et triangulaires. Un seul feuillet branchial de chaque côté, allongé, à peine strié et réuni postérieure- ment à l’autre. Pied très-petit, lancéolé, fendu sur le liers postérieur de sa marge inférieure, et là, muni d'un byssus articulé avec les muscles de la glande {comme dans les Arches), penniforme, à axe corné, rougeûtre, linéaire, comprimé dessus et dessous, bordé, sur les côtés, de fila- ments courts disposés en ligne droite. Ce byssus est très- remarquable par sa forme; je n’en ai jamais vu de-sem- blable sur aucun autre animal.
Lamarck paraissait avoir appris de quelque observateur que les Cardites ont un byssus, car il dit : « On dit que quelques espèces s’attachent aux corps marins par des fils à la manière des Moules et des Arches. » M. Deshayes combat ce fait en ajoutant : & Lamarck semblait croire que certaines Cardites ont un byssus : quelques individus gêènés dans leur accroissement et devenus irréguliers ont donné lieu à cette opinion, qui nous paraîl.sans. fonde- ment. » (Desbayes, in Lamk., 6, p.425.)
J'ignore si toutes les Cardites ont un byssus; tout ce
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que je puis affirmer, c’est que la Cardita antiquata en pré- -sente un fort singulier que je possède et que j'ai extrait de son pied. À ce sujet, j'ajouterai que les Avicules sont égale- ment byssifères : leur byssus est en forme de long et gros tendon, atténué en alèêne, couleur de chair et comme char- nu, divisé, à l'extrémité, en filaments noirs et courts, avec lesquels elles se fixent aux corps sous-marins (1). Ce byssus paraît continu comme celui des Moules, Pinnes, Dreis- sènes, elc., tandis que celui des Arches et des Cardites est articulé avec le muscle de la glande qui les produit; on voit, à leur origine, des crans circulaires s'engainant avec d'autres crans de la glande, et sur quelques-uns un ma- melon central qui vient se loger dans un (rou correspon- dant du byssus. G. Vénéricarde.
Venericardia australis? Encycl. méth., p: 232, f. 5, bene.
L'animal de ce genre, étudié sur cette espèce du Séné- gal, présente les caractères suivants : : Animal convexe, subtrigone, revêtu d'un manteau ou- vert dans tout son contour inférieur, d’un muscle adduc- teur à l'autre, à lobes épaissis sur les bords par un muscle circulaire, et crénelés en dehors vers la marge qui se ter- “mine par des crénelures profondes, régulièrement espa- -:cées, dont les intervalles sont occupés par des cirres courts - et tronqués carrément. Une sorte de cloison partage leur cavité en deux loges inégales ; cette cloison obcordiforme a-la moitié de ses parois soudée avec les lobes du man- -teau sur les côtés et porte dans le centre un fube petit,
{1} Le muscle tendineux des Térébratules se divise de même, ‘à son extrémité, en filaments noirs qui s’entrelacent avec les corps sur lesquels ces animaux se fixent. C..R:
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court, cylindrique, charnu, paraissant nu à son orifice ex- terne, mais entouré, à son orifice interne, d’une valvule en forme de gaine dont les côtés remontent jusqu'au-des- sus de l'anus el vont se terminer au muscle postérieur. La moitié inférieure de cette cloison est désunie dans le cen- tre, à lobes arrondis dans le bas et garnis tout autour de cirres courts. Cette cloison est formée par deux muscles fibulaires soudés supérieurement et libres inférieurement : ces bords libres m'ont paru former, dans l'état de vie de l'animal, une sorte de faux siphon, comme dans les Moules et Cardites. Cette cloison, située vers le tiers postérieur du manteau, se trouve débordée, par conséquent , en arrière et forme, comme dans les Mollusques phragmatochlamy- dés (1), une poche dans laquelle le siphon unique de cet animal vient se loger dans la contraction.
Bouche petite, entourée de lèvres membraneuses, grandes, prolongées de chaque côté en une paire de palpes labiales très-grandes, ovales-lanceolées, striées en tra- vers et finement crénelées à la marge.
Une paire de feuillets branchiaux de chaque côté, très-: inégaux : les externes étroits, très-courts, postérieurs ; les internes une fois plus larges, plus antérieurs, un peu plus épais, striés en travers et finement crérelés à la marge; tous les feuillets, réunis en arrière avec leurs correspon- dants, se prolongent jusqu’à-l'orifice interne du siphon.
Pied très-grand, lancéolé, comprimé sur les côtés et sinueux sur sa marge supérieure, entier et saus trace de byssus.
Il résulte de ces détails que le G. Venéricarde n’appar-
(1) M. Réeluz range dans celte division les Acéphales, dont la cavité intérieure du manteau est divisée, par une cloison, en deux loges. La loge postérieure recoit les siphons dans leur con- traction. Cet F,
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tient point 4° à la famille des Vénusiens ou des Pullas- triens, parce qu'il n’a qu’un siphon et que sa coquille ne montre aucune trace de sinuosité palléale, 2° ni à celle des Carditéens par la présence de sa cloison palléale, 3° en- fin qu'il doit former une famille distincte de toutes celles connues.
Cette famille, par son tube unique et sa singulière fausse trachée branchiale, appartient au sous-ordre des Monosi- phonophores, section des Phragmatochlamydés, et doit être classée avant les Cardites, selon notre manière de voir.
C’est donc à tort, comme je le disais en commen- çant, qu'on a voulu confondre les Vénéricardes avec les Cardites. Ce sont deux genres distincts, dont le premier semble faire le passage des Pullastriens aux Cardites par embranchement. La classification d’après la charnière n’est pas toujours exacte, alors même qu'on fait intervenir la présence ou l'absence de l'excavation palléale ; ainsi qu'on le voit par cet exemple, il faut, avant de conclure, exa- miner les caractères de l'animal; sans cela, le-rang qu'on assigne au genre est souvent incertain.
Payraudeau avait transporté le Cardita antiquata dans les Vénéricardes, et Schumacher en avait fait une section des Cardites de Bruguière : toutes les Cardites dont j'ai vu l'animal ont la même organisation; elles sont pourvues d’ur :byssus penniforme et articulé, et n’ont qu’un seul feuillet branchial; iln’y a donc pas lieu de séparer les es- pèces de ce genre en plusieurs coupes.
5: Genre Lena, Schumacher (LemBuLus, Risso). Lamarck sépara les Mucules des Arches de Linné et en
constitua un genre particulier dans son Sys/ème des Ani- maux sans vertèbres de 1801. La charnière uniforme de
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toutes les espèces, abstraction faite des formes différentes et de quelques autres caractères auxquels on ne faisait point attention de son temps, détermina Lamarck à ne point scinder ce genre en plusieurs autres. Il n’en fut pas de même de Schumacher, qui en sépara les espèces navi- culaires pour les réunir sous le titre générique de Leda. Risso, d’après Leach, suivit les mêmes errements et nomma ce mème genre Lembulus. Toutefois ce savant naturaliste consolida les caractères du genre par un signe tiré de son Mollusque : « Animal ayant deux siphons allongés, égaux, cylindriques, réunis par leur base.» Quoique ce füt là une simple énonciation, elle était suffi- sante pour faire comprendre l'utilité de ce genre compa- rativement à celui des Nucules. Depuis, d'Orbigny et Môller créèrent, aux dépens des Nucules, deux autres genres : le premier, celui des Nuculines, et, le second, l'Yoldie. De ces quatre genres, je n’ai à comparer ici que les vraies Nucula aux Leda, les seuls qui me soient bien connus. Leur forme différente et les caractères particu- liers de l'animal de chacun militent en faveur de leur sé- paration, ainsi que nous allons le démontrer; mais il res- tera à déterminer s'il convient de les laisser dans Ja même famille, à l'exemple de MM. Gray ou Deshayes, ou de leur donner d’autres rapports. M. Gray classe cette famille en- tre les Soléniens et les Myadiens; M. Deshayes, à l'exemple de Lamarck, la place à côté des Arches. Donnons d’abord la description des animaux des Nucules et des Leda, puis nous en tirerons des conclusions. 4. Nucula nucleus (N. Margaritacea, Lamk.).
L'animal de cette espèce est ovale-trigone, épais, en touré d’un sillon profond dans toute la région dorsale avec un creux correspondant aux chondrophores en cuillerons de la coquille; son manteau, très-mince, est ouvert d’un
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muscle adducteur à l’autre, sans trace de siphons, ni de lacune au bord postérieur, et à lobes très-légèrement épaissis à la marge. Bouche grande, située un peu au- dessous du muscle adducteur antérieur, entourée de lè- vres épaisses, disposées en fer à cheval, plissées en forme de peignes, à divisions linéaires, posées l'une au-dessus de l’autre et s'appliquant face à face; palpes labiales nulles, mais montrant en arrière et tout auprès de l'origine des branchies, de chaque côté, un appendice allongé, linéaire, en forme de lanière, crénelé en arrière et s'étendant jusque sur le milieu du pied. Cet organe, dont je ne puis m’ex- pliquer l’usage qu'en admettant son emploi comme bras pour servir à la préhension, est le seul exemple que j'aie vu jusqu'à présent parmi les Mollusques acéphales, avec celui des Soléniens, Branchies composées de quatre feuil- lets égaux, oyales-oblongs, réunis par leur côté postérieur, très-finement striés en travers et à marge entière. Anus situé un peu au-dessous du muscle adducteur postérieur ; tntestin filiforme, enveloppant par deux circonvolutions un foie volumineux, entouré par un ovare très-grand, rempli: d'un nombre considérable d'œufs très-petits, ovoïdes et verdâtres. Pied très-grand, occupant la moitié inférieure de la coquille, un peu aminci à son origine, ovale, aigu en avant, prolongé légèrement en talon en ar- rière, assez renflé et séparé de la portion supérieure par un faible sillon circulaire. Ce pied porte, à la marge infé- rieure et sur les côtés, de profonds sillons, distants, régu- liers, entre lesquels sont des espaces imprimés de stries très-fines, ce qui le rend profondément et inégalement crénelé de tentacules assez longs. Celte marge inférieure s'ouvre, dans toute sa longueur, en un disque ovale et aigu aux deux extrémités, placé en dessous et bordé par les tentacules latéraux.
— 192 — 2 Leda senegalensis, Nobis.
L'animal est allongé, recouvert d'un manteau très- mince, ouvert dans les 5/6 de son contour ventral, à lobes épais, bordés en dedans d'un cordon musculaire dédou- blé : la duplicature interne filiforme est à peine striée; l'externe membraneuse est adhérente aux valves. Ces lobes sont soudés à une cloison membraneuse interne, perpen- diculaire aux sommets de la coquille, laquelle partage la cavité palléale en deux loges très-inégales; à la face postérieure de cette cloison sont soudés deux siphons cylin- driques réunis à leur base et séparés dans tout le reste de leur étendue, el à orifice externe profondément divisé en tentacules triangulaires. Lorsque l'animal contracte ses siphons, ceux-ci se retirent dans la loge formée par le prolongement postérieur des lobes. Ces siphons, dans l'état où je les ai vus, étaient annelés : le sont-ils égale- ment dans l'état de vie ou simplement dans la contrac- tion alcoolique? — Bouche très-petile, transverse, bordée de lèvres membraneuses, courtes, unies ou non plissées, terminées de chaque côté en une paire de palpes labiales allongées, étroites, épaisses et profondément striées en travers par des lamelles courtes el très-rapprochées. Branches formées d’une paire de feuillets sur chaque côté du corps, disposés d'avant en arrière, elliptiques, tnégaux : les externes un peu plus étroits que les internes, et tous les quatre réunis postérieurement entre eux. Pied grand, ovale-lancéolé, exiga en avant, allongé, fendu sur la marge antérieure, qui s'ouvre en ventouse de forme navi- culaire, à bords simples et tranchants.
J'ai souligné les caractères différentiels des deux genres, afin de montrer à l'instant, au lecteur, ceux de ces mêmes caractères qui séparent génériquement ces deux animaux.
La coquille de cette espèce a les caractères suivants :
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coquille transverse, inéquilatérale, arrondie et close en avant, plus allongée et atténuée en bec en arrière, où elle est un pen bâillante, plus ou moins tronquée et légère- ment échancrée ; valves anguleuses près du bord supéro- postérieur, revêtues en dehors d’un épiderme peu persis- tant, sous lequel elles sont sculptées de sillons fins, réguliers et disposés en série oblique, rapprochés et fort élégants. Intérieur d'un blanc jaunâtre, non nacré: char- nière formée d'un chondrophore en cuilleron trigone, subrectangulaire, obliquant en arrière, légèrement in- fléchi vers les valves, contenant un ligament cartilagineux el accompagné, de chaque côté, par une série de petites dents aiguës. Impressions musculaires écartées : l’anté- rieure grande, arrondie, longitudinale; la postérieure ovale, transverse. Impression palléale arquée; angle pal- léal très-court et subaigu en arrière.
La coquille des vraies Nucules ne pouvait avoir et n’a pas de sinuosité palléale; sa forme rend sa charnière brisée; dans celle des Leda il y a une sinuosité palléale arquée, et la charnière est droite. La forme des coquilles, d’ailleurs, est complétement différente; les premières ovales-trigones, les secondes naviculiformes, à peu près comme l'Arca No. Si nous appliquons ici le raisonnement que faisait M. Deshayes au sujet des Cardites et des Véné- ricardes, il est indubitable qu’on accepterait la séparation des Leda des vraies Nucules; aussi je ne ferai aucun effort pour en démontrer la nécessité, les faits parlent d’eux- mêmes; celte séparation ne saurait maintenant faire question. Mais ce qu’il importe d'examiner, c’est si ces deux genres doivent faire partie d’une même famille. Si lon devait s’en tenir à la forme de Ja charnière, il n'y au- rail aucun motif pour les séparer en deux familles dis- tinctes; mais, si les caractères des animaux sont consi-
dérés comme plus importants, alors on sera forcé de con- venir que, d’après ceux de ces derniers, ils doivent ètre séparés en deux familles, appartenant même à des tribus différentes. Les vraies Nucules sont des Dimyaires asipho- nophores, et les Leda des Dimyaires dissiphonophores, phragmatochlamydés et à ligament intérieur. Sans doute il faut tenir compte des coquilles dans les rapports à éta- blir entre les genres, puisque la coquille fait partie essen- tielle de l'animal; mais ici, quel est le caractère le plus important : de la charnière, ou de la présence ou de l’ab- sence du sinus palléal? N'est-ce pas ce dernier, puisqu'il traduit la présence ou l'absence d'organes importants? C'est cette particularité, jointe à la présence des palpes labiales, à la différence des branchies et du pied, à l’exis- tence de la cloison palléale et des siphons, caractères bien plus solides que la charnière, qui m'a conduit au classement que j'ai adopté et que je crois bien plus naturel que l'association des Leda aux Nuculides. C. R.
Nouveaux documents sur les Céphalopodes gigantesques,
PAR MM. CROSSE ET FISCHER.
L'histoire des Céphalopodes gigantesques vivant dans les mers actuelles a été longtemps très-obscure. Nos connais- sances se réduisaient à quelques passages, au moins con- testables, des auteurs anciens grecs et latins, et à une série de traditions confuses des peuples du Nord, dans lesquelles le vraisemblable et le merveilleux s’unissaient si étroite- ment, qu'il était impossible à un esprit un peu lucide d'y ajouter créance. Un seul auteur, parmi les modernes, s’est
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occupé spécialement du sujet, mais son intervention a été déplorable. Il a augmenté la confusion en rapportant aux Céphalopodes gigantesques des animaux désignés claire- ment comme des Cétacés, et a introduit dans leur histoire une foule d’assertions purement imaginaires, dont le moindre effet a été d'éloigner les naturalistes sérieux d’une étude aussi embrouillée. L'imagination fertile de Denys de Montfort a cherché à lutter avec celle des Olaus Ma- gnus, des Pontoppidan, et je ne sais si, en bonne con- science, elle ne les dépasse pas dans la voie de l'absurde. Montfort est plus coupable que ses devanciers, hommes ignorants et se faisant l’écho des fables scandinaves, parce qu’il possède un fonds d'instruction que ceux-ci n'avaient pas, et parce qu'il recherche complaisamment l'erreur ; sa réputation de naturaliste en a souffert singulièrement; les conchyliologues français sont au moins surpris de voir les auteurs étrangers adopter ses genres, dont un grand. nombre n’ont existé que dans son esprit.
Avant de commencer notre travail, nous devons pré- venir les lecteurs que, si nous rapportons des fables an- ciennes, nous n’y attachons qu'une minime importance. Néanmoins nous ne saurions les délaisser complétement, car il est rare que les fictions les plus étranges en appa- rence n’entourent pas quelque vérité. :
$ 1. Du grand Calmar de la Méditerranée. — Aristote parle d’un Céphalopode gigantesque long de 5 coudées (22,510), qui rentre dans la division des Calmars. . C'est à la même espèce que se rapportent les fables de Pline (lib. IX, cap. XXX), d’Ælien (lib. XII, cap. VD), de Strabon (lib. INT), de Fulgose (lib. I), d’Aldrovande, etc.
Pline tenait l’histoire de ce Calmar de Trebius Niger, l'un des lieutenants de L. Lucullus pour l'Espagne.
Il raconte que, toutes les nuits, le Calmar venait à 10
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terre enlever des poissons placés dans la saumure. « L'ani- « mal était d’une grandeur monstrueuse.....; il écartait « les chiens par sa redoutable haleine; tantôt il les flagel- « lait de l'extrémité de ses pieds; tantôt il employait contre « eux ses deux bras majeurs, qui étaient si forts, que « leurs coups ressemblaient à des coups de massue; enfin « on eut bien de la peine à le tuer avec plusieurs tridents. « Sa tête fut montrée à Lucullus; elle était de la gros- « seur d'un tonneau et de la capacité de 45 amphores. « On lui montra aussi ses barbes (c'est-à-dire ses bras et « ses pieds); leur grosseur en était telle, qu'un homme « pouvait à peine les embrasser ; elles étaient noueuses « comme des massues et longues de 50 pieds. Les cavités « dont elles étaient parsemées ressemblaient à des bassins « et pouvaient contenir la quantité d'une urne. Les dents « répondaient à sa grosseur. On garda comme une chose « merveilleuse ce qui restait de son corps, et cela pesait « 700 livres. »
En faisant la part des exagérations de Pline, il est évi- dent qu'il s’agit ici d’un Décapode, ainsi que létablit la distinction faite par l’auteur entre ses pieds et ses bras majeurs (bras tentaculaires). En outre, Pline décrit la grosseur des cupules des bras sans parler de griffes; tous ces détails confirment notre opinion, et nous pensons que l'animal de Pline est voisin -des Calmars et des Omma- strèphes.
Une note de M. P. Gervais (Compt. rend. Inst:, 20 jan- vier 1862) va compléter notre démonstration en -fournis- sant des détails authentiques sur les grands Calmars de la Méditerranée.
Les pêcheurs de Cette ont capturé un Céphalopode long de 1°,850 et qui fait partie des collections de la faculté des sciences de Montpellier. M. Steenstrup y a reconnu une
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espèce décrite par lui sons le nom d'Ommastrephes pte- ropus, voisine de l'Ommastrephes Bartrami de l'océan Atlantique et de la Méditerranée.
« Le grand Calmar de Montpellier présente les carac- « tères des Ommastrephes Bartrami et pleropus, et plus « particulièrement ceux de la seconde espèce. C’est la « même forme générale, sauf un peu plus de longueur du « manteau. Les mâchoires et la membrane qui les en- « toure, les tentacules et leur ventouse, la nageoire sont « aussi parfaitement semblables, et l’on voit même, aux « bras de la troisième paire, la membrane véliforme qui « a valu à la deuxième espèce le nom de pteropus.
Dimensions.
« Bras de la première paire. . . 0°,500
« Bras des trois autres paires. . 0 ,380 à 0,390
« Bras tentaculaires. . . . . 0,810
« Tête et eorpsiii : 4731 «17,110 #1.,080
« Plus grande largeur de la na-
« geoire. DOUNE 0,151; 0580
« Bord supérieur de la nageoire. Q ,250
«Bord inférieur de la nageoire. 0 ,525
« Longueur de l'osselet dorsal. . 0 ,600
« Ainsi le corps el les bras tentaculaires donnent une « longueur de 1°,830. »
La même espèce existe au musée de Copenhague, après avoir fait partie du cabinet de M. Eschricht, qui l'avait recueillie à Marseille. L'individu conservé est celui qui a servi de type à la description de M. Steenstrap.
Le musée de Trieste possède le corps d’un animal ana- logue trouvé sur les côtes de Dalmatie.
Enfin M. Vérany cite (Céphal. med.) un Calmar long de 42,655 (corps et bras), et pesant 15 kilog.
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En présence de ces fails nombreux, il n’est plus permis de douter de l'existence, dans les eaux de la Méditerranée de très-grands Céphalopodes du genre Ommastrephes, Le développement de la nageoire et de la membrane véli- forme de la troisième paire de bras fait penser que ces animaux n’habitent que la haute mer et sont très-bons nageurs, ce qui explique leur rareté dans les collec- tions.
Quant aux Octopus, leur taille peut atteindre un déve- loppement remarquable. « Le plus grand Poulpe que j'aie « vu avait environ 5 mètres de longueur et pesait 15 kilog. « Un vieux pêcheur adroit et intelligent le rencontra « contre le môle du port de Nice, le saisit de ses propres « mains en se baissant sur sa nacelle, lui retourna le corps « et finit par s’en rendre maître non sans beaucoup de « fatigue. » (Vérany, I. c., p. 20.)
$ 2. Des grands Céphalopodes des mers du Nord. — Les traditions des marins du Nord sont univoques au sujet de l'existence, dans ces parages, d'un animal immense, le Kraken, qui occupe le premier rang par sa taille « (das grosse thier in der welt, » Pontoppidan, cap. VIIT, p. 594, t. Il, 1754), et qui ressemble plutôt à une île qu'à un être organisé « (similiorem insulæ quam bestiæ, » O0. Magnus, De pisc. monst.).
Il serait fastidieux d’énumérer toutes les histoires mer- veilleuses qu'on a débitées sur son compte; mais l’impres- sion qui en est restée dans l'esprit des naturalistes du Nord a été assez forte pour déterminer Linné à accorder au Kraken une place dans sa faune de Suède ( Hacrocos- mus. Fauna suecica verm., p. 386), et même dans son système (Sepia macrocosmus), Bosc (Hist. nat. verm., p. 36) a suivi l'exemple de Linné, et le Kraken est de- venu, à ses yeux, une sorte de Sèche. Montfort (Hisf. nat.
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— 129 —
Moll.) s'évertue à en faire un être différent de son Poulne colossal.
Nous savons aujourd’hui quel degré de confiance on peut accorder à Pontoppidan, qui est encore coupable de l'invention du serpent de mer, et qui n'hésite pas, ainsi que Montfort son imitateur, à produire des dessins à l'appui de ses descriptions fantastiques.
Mais il n’est pas moins constant que de très-grands Céphalopodes ont été pris dans les mers du Nord.
Früs (Nov. Act. cur., vol. IF, p. 147), parle‘d’un Poulpe colossal engagé dans les rochers du golfe d'Ulwangen en 1680.
M. Steenstrup (1), dans la réunion des naturalistes scandinaves tenue en 4847, a communiqué des éclaircis- sements sur deux Céphalopodes gigantesques capturés, en 1639 et 1790, sur les côtes d'Islande.
En 1856 (2), M. Steenstrup a complété ses recherches sur les Céphalopodes gigantesques de l'Atlantique en don- nant des observations intéressantes sur un Céphalopode jeté sur le rivage du Jutland. Le corps de l'animal, dépecé par les pêcheurs pour servir d'amorce à leurs lignes, fournit la charge de plusieurs brouettes, et le pharynx, qui a été conservé, était de la grosseur d’une tète d’en- fant.
Le Céphalopode du Jutland et ceux de l'Islande appar- tiennent au type des Calmars. Le premier a reçu le nom
(1) Forhandl. skand. naturfoslk. Copenhague (1847) , 1849, p. 950-957.
Ueber zwei riesenhafte dintenfische welche in den jahren 1639 und 1690 an die islandische küste getrieben sind. Fror. tagesb ne 130, zool. bd. T (1850, p. 196-99).
(2) Oplysninger, ete. Forhandl. skand. naturfoslk. Christiania (1856), 1857, p. 182-185.
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d’'Archileuthns dux; les deux autres sont désignés provi- soirement, par M. Steenstrup, sous le nom d’Architeuthis. monachus.
Il est probable que c’est au même Architeuthis dux que se rapporte un tronçon de bras montré par M. Steen- strup à M. À. Duméril, et dont la grosseur égalait celle de la cuisse d’un homme (Moquin-Tandon, Compt. rend., 50 décembre 1861).
_ Les musées de Hollande renferment des débris de très. grands Céphalopodes. Le colonel Smith, dans la deuxième séance de l'association britannique pour l'avancement des sciences, tenue à Plymouth en juillet 1841, à fait con- naître diverses parties d'une Sèche (?) gigantesque con- servée dans le musée de Harlem, et a produit un dessin du bec et de quelques organes (1).
Plus récemment, M. Harting a décrit les fragments de deux Céphalopodes gigantesques conservés en Hol- lande (2).
J'ignore si l'habitat précis des Céphalopodes de MM. Smith et Harting est connu; il se pourrait très-bien: qu'ils eussent une origine étrangère, comme les fragments conservés au musée du coilége des chirurgiens de Londres et dont nous parlerons plus loin.
Un Octopode des mers du Nord, le Cirrhoteuthis, at- teint des dimensions considérables. Un fragment de ten- tacule pris durant le voyage du prince Napoléon avait la grosseur du bras.
L'existence de ce Céphalopode éclaircit peut-être un passage très-obscur d'Olaüs Magnus sur ce qu'il appelle Ahanc ou Ahunum.
(1) Sur les Sépiaires gigantesques, V'Instilut, X, 1842, n° 498, p. 85-86. (2) Mémoires de l'Acad. roy. sc. d'Amsterdam. 1860.
— 131 —
« Os ejus continuatum est ventri.....…. Est autem adeo « crassum hoc animal, quod urgente périculo pingue- « dinem et pellem suam, uti Hericius, super caput re- « duplicet et contrahendo se caput abscondat. » (De prsc. monst., cap. XXXVIIT, p. 767.)
Olaüs Magnus fait-il allusion au pouvoir que possèdent les Cirrhoteuthis de rabattre au-dessus de leur cavité buc- cale leurs bras unis par une vaste membrane? Nous le croyons; et d’autres passages de la description s’appli- quent, d’ailleurs, à un Céphalopode. Tels sont ceux où il est question de la voracité de cet animal ; de la forme glo- buleuse du corps; de la brièveté de la tête, contiguë au ventre ou sac viscéral, etc.
Les mers du Nord seraient donc habitées par plusieurs espèces de grands Céphalopodes, Octopodes et Décapodes. La profondeur de leurs eaux conviendrait au genre de vie de ces animaux, encore trop peu connus et néanmoins assez remarquables pour que les chroniqueurs aient con- servé le récit de leur apparition (Chroniques islandaises). Le soin qu'ont pris les historiens de les signaler démontre, en outre, leur extrème rareté ou, du moins, la difficulté dés observations qui leur sont relatives.
$ 5. Des grands Céphalopodes du Pacifique. — Nous n'avons encore que peu de documents sur ces-Mollusques, dont l'existence a été pourtant constatée dans diverses lo- calités.
Dom Pernetty (Voyage aux îles Malouines, t. If, p. 76) s'exprime en ces termes au sujet d'un Céphalopode :
-« Au sentiment des marins de la mer du Sud, le Cornet « est le plus gros poisson de la mer. Ces marins disent « aussi qu’il s'attache et s'accroche aux navires... Notre « capilaine et son frère, qui ont fait plusieurs campagnes « dans la mer du Sud, m'ont aussi assuré ce fait; mais
— 1932 —
« ils ont ajouté qu'ils n’en avaient pas vu de cette gran- « deur démesurée, mais qu’ils en avaient mangé de 150 « pesant ou environ. »
Molina (Hist. nat. Chili, p. 175, 1789) se fait l'écho de Pernetty, quand, à propos de son Sepia tunicala, il ajoute ce qui suit :
« Les navigateurs exagèrent sur le volume de cet « animal et sur sa force; mais il est sûr que celles que « l’on prend dans la mer du Chili ne pèsent pas moins « de 150 livres. » ï
Pour épuiser les renseignements incomplets sur nos animaux, disons encore qu'un baleinier employé à la pêche du Sud assura à Swédiaur, en 1785, que son équi- page avait harponné une baleine (4) portant dans la gueule un bras de Poulpe long de 27 pieds et gros comme un mât de navire (Journ. de phys., t. I, 1784).
Nous arrivons à un Céphalopode mieux connu et dont les restes ont été examinés par un grand anatomiste, R. Owen; nous voulons parler de ce qu’on a appelé tour à tour la grande Sèche de :Cook, Sepia unguiculata de Molina, le Calmar à griffes, etc.
Voici la relation de Banks et Solander, qui ébsëkvéShnt leur Céphalopode après avoir doublé le cap Horn et en se rendant aux nouvelles îles de la mer du Sud, environ par les 30°44’ de latitude S. et 110°55’ longitude O.
€ M. Banks trouva aussi une grande Sèche qui venait « d'être tuée par les ciseaux ; son corps mutilé flottait sur « l'eau; elle était très-différente des Sèches qu'on trouve « dans les mers d'Europe, car ses bras, au lieu de suçoirs,
(1) Les dauphins et les cachalots se nourrissent principalement de Céphalopodes; mais le fait parait douteux pour les baleines, qui recherchent presque uniquement des Mollusques ptéropodes de très-petile taille (Clio).
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«-étaient armés d'une double rangée de griffes très- « aiguës ressemblant à celles du chat et qui se retiraient, « comme celles-ci, dans une gaîne charnue, d’où elles « pouvaient être retirées à volonté. » (Sec. voy. de Cook, t. Il, p. 501)
Quelques restes de cette Sèche furent envoyés à Londres et donnés au musée du collége des chirurgiens. M. Owen nous apprend que, « dans ces débris, le bec et les lèvres « sont semblables au dessin du musée de Harlem, fait « par le colonel Smith. Les nageoires ont une forme « rhomboïdale qui permet à l'animal de nager en avant et « en arrière. En comparant les dimensions de ce Cépha- « lopode, d’après les bras existants, avec celles des ani- « maux adultes et parfaits de la même espèce, mais de « taille moindre, on trouve que son corps doit avoir au « moins 4 pieds de long, et que, en y ajoutant les tenta- « cules, il doit dépasser 7 pieds de longueur. » (Assoc. brit. pour l’av. des sc., 2° session, 18414, 1. c.)
M. A. d'Orbigny, après avoir eu communication du dessin d'un bras de la Sèche de Banks, y reconnut les ca- ractères distinctifs de son genre Enoploteuthis et la nomma E. Molinæ ,; en y rapportant le Sepia unguiculata de Molina.
Est-ce le même animal que Péron (1) a vu et dont il nous parle trop brièvement? « Le même jour (9 janvier), « non loin de l'ile de Van Diémen, nous aperçûmes dans « les flots, à peu de distance du navire, une énorme es- « pèce de Sépie, vraisemblablement du genre Calmar, de « la grosseur d’un tonneau. Elle roulait avec bruit au mi- « lieu des vagues, et ses larges bras, étendus à leur sur- « face, s'agitaient comme aulant d'énormes reptiles.
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(1) Voyage aux terres aust,, t. 1, p. 18.
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« Chacun de ces bras n'avait pas moins de 6 à 7 pieds de « longueur sur un diamètre de 7 à 8 pouces. »
Enfin le capitaine de vaisseau Cécille, dans son voyage de l’Héroïne, a vu un énorme Céphalopode passer près de son bord (Férussac et d'Orbigny, Hist. Céph., p. 52).
$ 4. Des grands Céphalopodes de l'Atlantique. — K est à remarquer que Denys de Montfort raconte plusieurs combats avec des Poulpes gigantesques rencontrés près de la côte d'Afrique. La présence aujourd’hui bien positive de ces animaux dans les mêmes mers nous porte à croire que ces fables ont un fond de vérité.
On a vu à Saint-Malo, dans la chapelle de saint Thomas, dit notre crédule naturaliste, un ex-voto représentant le danger couru par un navire de ce port mouillé à la côte d’'Angole, où il faisait la traite. Un Poulpe d’une épouvan- table grosseur s’accrocha au bâtiment et tenta de le couler.
Un nommé Grandpré, auteur d’un voyage en Afrique, se porte garant, auprès de Montfort, de l'existence de Poulipes monstrueux sur les côtes de ce pays, à une cer- taine distance des terres.
Un autre marin, Jean Magnus Dens, fut, d’après Mont- fort, attaqué par un Encornet gigantesque, à une certaine distance de la côte d’Afrique, par le travers de l'île de Sainte-Hélène et du cap Negro.
Laissons ces documents suspects pour rapporter des as- sertions émanées de naturalistes sérieux, parmi lesquels . Quoy et Gaimard, Rang et, tout récemment, M. Berthelot méritent toute confiance.
Voici la relation de Quoy et Gaimard (Zool. de l'U- ranie, t. [, 2° partie, p. 411) : « Dans l’océan Atlantique, « près de l’équateur, par un temps calme, nous recueil- « Jimes les débris d’un énorme Calmar; ce que les oiseaux « el les squales en avaient laissé pouvait encore peser.
— 125 — « 100 livres, et ce n’était qu'une moitié longitudinale, « entièrement privée de ses tentacules, de sorte qu’on « peut, sans exagérer, porter à 200 livres la masse en- «_tière de cet animal (1). »
Rang (Manuel des Moll., p. 86) n’est guère explicite. « Nous avons rencontré, au milieu de l'Océan, une espèce « bien distincte des autres, d’une couleur rouge très- « foncée, ayant les bras courts, et de la grosseur d'un « tonneau. »
Enfin la corvette l’Alecton, commandée par M. Bouyer, lieutenant de vaisseau, a rencontré, près de Ténériffe, un Céphalopode qui paraît se rapprocher beaucoup de celui dont parle Rang. Le rapport de M. Bouyerau ministrede la marine a été communiqué à l'Institut, dans la séance du 30 dé- cembre 4861. M. Sabin Berthelot, consul de France aux Canaries, à adressé à M. Moquin-Tandon une note relative au même Céphalopode, dont il a examiné un fragment ; nous la reproduisons en entier.
« Le 2 novembre dernier, l’aviso à vapeur l'Aleclon, « commandé par M. Bouyer, lieutenant de vaisseau, est « venu mouiller sur notre rade, se rendant à Cayenne. « Cet aviso avait rencontré en mer, entre Madère et Té- « nériffe, un Poulpe monstrueux qui nageait à la surface « de l’eau. Cet animal mesurait de 5 à 6 mètres de lon- « gueur, sans compter les huit hras formidables, couverts « de ventouses, qui couronnaient sa tête. Sa couleur était « d'un rouge de brique; ses yeux, à fleur de tête, avaient « un développement prodigieux et une effrayante fixité. « Sa bouche, en bec de perroquet, pouvait offrir près de
(1) Les fragments de ce Céphalopode existent ou existaient au muséum ; nous ne les y avons pas vus. « Quelques-uns des viscères « du nôtre sont déposés dans la galerie d'anatomie comparée du « muséum. » (Quoy et Gaimard, I. c.)
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0,50. Son corps, fusiforme mais très-renflé vers le centre, présentait une énorme masse dont le poids a été estimé à plus de 2,000 kilog. Ses nageoires, situées à l'extrémité postérieure, étaient arrondies en deux lobes charnus et d’un très-grand volume.
« Ce fut le 50 novembre, vers midi et demi, que l'équi- page de l’Alecton aperçut ce terrible Céphalopode na- geant le long du bord. Le commandant fit stopper aus- sitôt, et, malgré les dimensions de l'animal, il ma- nœuvra pour sen emparer. On disposa un nœud cou- lant pour essayer de le saisir; des fusils furent chargés et des harpons préparés en toute hâte; mais, aux pre- mières balles qu’on lui envoya, le monstre plongea en passant sous le navire, et ne torda pas à reparaître à l’autre bord. Attaqué de nouveau avec les harpons, et après avoir reçu plusieurs décharges, il disparut deux ou trois fois, et, chaque fois, se montrant quelques in- stants après à fleur d’eau, en agitant ses longs bras. Mais le navire le suivait toujours ou bien arrêlait sa marche , selon les mouvements de l'animal. Cette chasse dura plus de trois heures. Le confmandant de l’Alecton voulait en finir à tout prix avec cet en- nemi d'un nouveau genre. Toutefois il n'osa pas ris- quer la vie de ses marins en faisant armer une em- barcation que ce monstre aurait pu faire chavirer en la saisissant avec un seul de ses bras formidables. Les bar- pons qu'on lui iançait pénétraient dans des chairs mol- lasses et en sortaient sans succès. Plusieurs ‘balles l'avaient traversé inutilement, Cependant il en reçut une qui parut le blesser grièvement, car it vomit aus- sitôt une grande quantité d'écume et de sang mêlés à des matières gluantes qui répandirent une forte odeur de musc. Ce fut dans cet instant qu’on parvint à le saisir
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avec le nœud coulant; mais la corde glissa le long du corps élastique du Mollusque et ne s'arrêta que vers l'extrémité, à l'endroit des nageoires. On tenta de le hisser à bord. Déjà la plus grande partie du corps se trouvait hors de l’eau, quand l’énorme poids de cette masse fit pénétrer le nœud coulant dans les chairs et sépara la partie postérieure du reste de l’animal. Alors le monstre, dégagé de cette étreinte, retomba dans la mer et disparut.
« On m'a montré, à bord de l’Alecton, cette partie pos- térieure.
« Je vous adresse un dessin assez exact de ce Poulpe colossal, fait à bord par un des officiers de l’A/ecton (1). « Je dois ajouter que j'ai interrogé moi-même de vieux pêcheurs canariens, qui m’ont assuré avoir vu plusieurs fois, vers la haute mer, de grands Calmars rougeätres, de 2 mètres et plus de long, dont ils n'avaient osé s’em- parer. »
Nous ferons remarquer que la description de M. Ber-
thelot confirme la relation de Rang ; ces deux naturalistes s'accordent pour donner au Céphalopode la même colo- ration. « rouge très-foncée » (Rang), « rouge de brique » (Berthelot). Les pècheurs parlent de grands Calmars rou- geâtres des mêmes parages.
Les dimensions du Céphalopode des Canaries sont: Longueur du corps. . . . . 15 à 18 pieds.
Longueur des bras, . . . . 5 à 6 Longueur totale. . , . . 20 à 24 Largeur de la bouche, environ. 1 pied 1/2.
{1) Le dessin, très-ncomplet mais parfaitement concluant au
point de vue de la classification générique du Céphalopode, est publié dans le journal l’llustration, numéro du 1°" mars 1862,
C.et F,
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La longueur des individus vus par les pêcheurs vers la haute mer est de 2 mètres et plus. La taille du Céphalopode capturé par l’Alecton serait done exceptionnelle.
Quoique les relations de MM. Bouyer et Berthelot soient insuffisantes, au point de vue zoologique, pour caracté- riser complétement le Céphalopode de l'Atlantique, nous allons essayer de déterminer à quel genreil peut appartenir.
Et d’abord, bien que les descriptions ne mentionnent que huit bras, il est de toute évidence qne notre Céphalo- pode est un Décapode. La forme allongée du corps, la brièveté proportionnelle des bras, la présence de nageoires seulement à l'extrémité postérieure se réunissent pour le rejeter absolument de la division des Octopodes. Il est pro- bable que les bras tentaculaires manquaient ou qu'ils n’ont pas été vus.
Parmi les Décapodes, nous éliminerons rapidement les Sepia , qui n'ont aucun rapport de forme avec notre animal ; nous agirons de même à l'égard des Sepiola, Se- pioloidea, Cranchia, Sepioteuthis, etc. La grande division des Décapodes onychoteuthidés ne peut comprendre l’es- pèce des Canaries, puisque les bras de celle-ci sont cou- verts de ventouses et non de griffes. Les Ommastrephes, qui renferment quelques espèces de très-grands Céphalo- podes, diffèrent du Calmar des Canaries par les dents du bord supérieur des bras sessiles et par la mobilité des yeux. Le Céphalopode vu par M. Bouyer avait, au contraire, des yeux d'une effrayante fixité.
Tout nous porte à croire que notre espèce appartient à la famille des Loligidæ de d'Orbigny et au genre Lohigo de Lamarck; nous proposons pour elle le nom de Loligo Bouyeri, qui rappellera ainsi aux naturalistes l'officier qui a donné le plus de détails sur le Céphalopode gigantesque des Canaries.
— 139 —
$ 5. Il nous reste à traiter une question importante et qui domine l’histoire des Céphalopodes gigantesques : la durée de l'accroissement de ces Mollusques.
Aristote a commis une grave erreur en limitant à deux ans la vie des Poulpes. Tout porte à croire, au contraire, que leur existence est très-longue. Déjà A. d’Orbigny avait défendu cette dernière opinion, en se basant sur la len- teur de l'accroissement des Sepia. De jeunes individus nés en été n'avaient acquis que 0",050 en trois mois, et pour- tant des adultes atteignent la taille proportionnellement énorme de 0°,500 et plus.
L'examen de Céphalopodes très-grands appartenant à des espèces bien connues et à taille normale déterminée semble prouver que leur accroissement n’est pas limité comme celui des vertébrés supérieurs (mammifères, oi- seaux), et qu'il continue durant toute la vie. En cela, les Céphalopodes ressembleraient aux poissons, dont la taille est illimitée, et, si l'on accorde à ceux-ci des années et mème des siècles de vie, on ne peut les refuser à ceux- là. Le Poulpe commun, long de 5 mètres et vu par M. Vé- rany, devait certainement être très-âgé.
Ces prémisses étant posées, et en admettant que, dans tous les genres de Céphalopodes, quelques individus puis- sent atteindre des dimensions anormales , on doit se de- mander ce qu’il fant penser des Céphalopodes gigantesques observés à diverses reprises par les naturalistes et dont on vient de lire l’histoire. Sont-ce simplement des individus . gigantesques d'espèces connues? sont-ce des espèces dis- - tincles?
Nous rappellerons, en faveur de la première hypothèse,
1° Que, dans presque toutes les grandes divisions des Céphalopores, on a cité des animaux gigantesques (Oc-
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lopus, Loligo, Ommastrephes, Sepra, Cirrhoteutlis, Eno- ploteuthis, etc.); 4
2° Que les Céphalopodes fossiles nous offrent aussi des exemplaires monstrueux de grosseur, principalement dans les genres Ammonites, Nautilus, etc.;
5° Que la rareté même des observations relatives à ces animaux serait en présomption du développement anormal et individuel d'une espèce à taille moyenne bien inférieure ;
4° Que le Calmar des Canaries, par exemple, qui me- surait 5 à 6 mètres, est rapproché, par les pêcheurs, d’un Calmar moins rare et dont la longueur n’est que de 2 mè- tres environ.
En faveur de la seconde hypothèse, on pourrait répondre
1° Que la rareté de ces animaux est liée à leurs mœurs
et même à leur taille, qui leur fait rechercher les mers très-profondes, par conséquent que nous avons vu seule- ment des individus affaiblis, à demi morts ou échoués ; - 2° Que la taille de quelques-uns est tellement hors de proportion avec la taille ordinaire des espèces voisines, qu'il est plus sage de les considérer comme des espèces distinctes.
Quoique nos tendances nous entraînent vers la première hypothèse, nous nous abstiendrons de conclure; les docu- ments que nous possédons sur la question étant si incom- plets, que nos déductions n'auraient pas une valeur sé- rieuse ; mais nous avons voulu indiquer les difficultés de l'étude des Céphalopodes gigantesques, afin d'appeler sur ce sujet toute l'attention des zoologistes.
P: Foær Hi :C.
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Du genre wWoodia , Deshayes ,
PAR OTTO SEMPER.
Le genre Woodia a été créé, en 1858, par M. Des- bayes (1) pour quelques petites coquilles, tant fossiles que récentes, qu’on avait, jusque-là, rangées tantôt dans le genre Lucina, tantôt parmi les Tellines et les Astartés. Ces espèces, dont le nombre, relevé par M. Deshayes, s’é- levait à six, lui parurent offrir un tel ensemble de caraclères constants et spécifiques, qu'il se vit forcé de leur reconnaître une valeur générique. Il ne tarda donc point à ériger en genre ces espèces, bien que leur nombre fût encore aussi restreint que nous venons de le dire, et il appliqua à son genre le nom d’un des plus célèbres pa- léontologues de l'Angleterre, qui, de son côté, avait déjà pressenti la nécessité de la nouvelle coupe générique.
Le livre de M. Deshayes se trouvant aux mains du pu- blic, nous ne reproduisons ici ni la diagnose latine du genre, ni l’histoire de ces anciennes espèces, admirable- ment détaillées par M. Deshayes (2).
Notre but, d’ailleurs, n’est point de critiquer le travail
(1) Anim. sans vert. bass. Paris, 1, p. 790 et suiv.
(2) Les caractères du genre #oodia sont les suivants : coquille arrondie, équivalve, équilatérale, close, lisse ou ornée de stries excentriques, ayant les bords obliquement crénelés. Charnière assez épaisse, présentant, sur la valve droite, une seule grande dent triangulaire, médiane, déprimée ou subcanaliculée dans le milieu; sur la valve gauche, deux dents étroites, inégales, diver- genties, quelquefois un rudiment de dents latérales. Nymphes petites, déprimées, donnant insertion à un petit ligament externe. Impressions musculaires petites, égales, ovales ou obrondes. Im- pression palléale simple (Deshayes). H°'C.
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de ce savant; nous ne saurions, au contraire, assez re- connaître la sagacité dont il a fait preuve, et nous nous sommes empressé d'accepter les considérations émises par lui à ce sujet.
Seulement nous nous permeltrons une observation : dans la diagnose du genre, nous trouvons la phrase sui- vante : « Marginibus (interne) oblique crenulatis. »
Il paraîtrait, pourtant, que cette observation n’est juste qu'à une exception près. Toutes les espèces fossiles dont nous avons pu examiner les figures nous ont mon- tré, il est vrai, ces crénelures divergentes du bord palléal ; mais l’unique espèce actuellement vivante nous semble en être entièrement dépourvue; du moins, Wood et Philippi assurent que le bord interne du Woodia digitaria, L. sp., est entièrement lisse.
Les espèces rangées par M. Deshayes dans son genre ont été divisées en sections, dont l’une, comprenant les es- pèces striées au dehors, se trouve tant fossile que récente, tandis que l’autre, embrassant les espèces à surface lisse, n'a été recueillie jusqu'ici qu’à l’état fossile.
Comme nous croyons qu'il y a lieu de réunir au genre Woodia encore quelques autres espèces, outre celles énu- mérées par M. Deshayes, et comme l’une d’entre elles nous semble exiger un troisième groupe, nous nous per- mettrons de présenter ici le catalogue de toutes les es- pèces, en y joignant la description d’une espèce nouvelle.
Voici maintenant la liste des espèces :
I GROUPE. Parvati (1), Semper. Espèces striees. 1. WoopIA DIGITARIA, L. sp.
(1) Les dénominations des trois groupes sont empruntées à la mythologie sanscrite. 0.S.
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Tellina digitaria, L. Gm., p. 1120. Lucina digitalis, Lamk., V, p. 544. Themnitz, VI, pl. 42, fig. 121, Encycl. méth., pl. 2992, fig. 5. Philippi, Enum. Moll. Sicilie, X, p. 55, pl. 5, fig. 19. Lucina curviradiata, Nyst., pl. 6, fig. 42. Astarte igitara, L. sp., Wood. Crag, Moll., IF, pl. 17, fig. 8. Localités. Pliocène, Anvers, Angleterre, Sicile. A l’état vivant : Méditerranée. 2. WoopIA EXCURRENS, Wood. sp. Aslarte excurrens, Wood. Crag, Moll., UT, pl. 17, fig. 9. Localité. Pliocène, Angleterre (Coral-Crag Sutton). 5. WooprA BuRDIGALENSIS, Deshayes. Lucina digitalis (nec Lamk.), Basterot, Hém. foss., Bordeaux. Localité. Pliocène, bassin de la Gironde. 4. WooprA PLICATELLA, Bosquet sp. Astarte plicatella, Bosquet, Lamellibr. N. Limb. Belg., D:°#:; fie 5: Localité. Oligocène inférieur à Lethen.
IT° GROUPE. Sita, Semper. Espèces lisses.
5. WooprA CRENULATA, Deshayes. Woodia crenulata, Deshayes, À, s, v. Paris, L p. 799, pl. 59, fig. 9-11, Localité. Éocène, calcaire grossier. Parnes, Mouchy. 6. Woopia marGiNaALIS, Deshayes, À. s. v. b. Paris, I, p. 729, pl. 59, fig. 4-4. L Localité. Éocène, sables inférieurs, Mercin, Aizy. 7. WooprA PROFUNDA, Deshayes.
— 144 — Woodia profunda, Deshayes, loc. cit., p. 795, pl. 59,
fig. 5-8. Localité. Éocène, sables inférieurs, Mercin, Aizy, La- vasine. 8. WoopiA DESHAYESIANA, Semper, nov. sp. Localité. Oligocène inférieur à Westeregeln.
IIIe GROUPE. Rohini Semper. Espèces inéquilatérales à surface slriée ou treillissée.
9. WoopiA LAMELLOSA, Sandberger.
Woodia lamellosa, Sandb., Cog. B. Mayence, pl. 25, fig. 5.
Localité. Oligocène inférieur, bassin de Mayence.
Ce dernier groupe constitue un type distinct qui ne se trouve jusqu'ici que dans l’oligocène inférieur du bassin de Mayence, d’où il semble exclure les deux autres groupes.
L'ensemble de la formation tertiaire de l'Allemagne du Nord ne nous a présenté, jusqu'ici, qu'une seule espèce, appartenant à ce genre; c’est celle à laquelle nous avons donné le nom de notre célèbre ami, M. Deshayes; en voici la description :